Verbatim Le compte rendu
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Motion de rejet préalable (suite)
Non ! Il n’y a pas de rappels au règlement pendant des explications de vote.
Que M. Vermorel-Marques vienne me répéter ses propos, s’il a du courage !
Monsieur Croizier, vous avez la parole.
Énième motion de rejet de La France insoumise, énième posture d’opposition, énième reniement lorsqu’il s’agit de prendre des mesures pour protéger nos enfants. Alors même que tout le monde s’accorde sur la nécessité d’agir, une énième fois, LFI choisit de renoncer, comme elle l’a fait lors du vote de la loi sur la protection des enfants, et, en définitive, de se soumettre aux géants du numérique.Certes, ce texte ne saurait constituer à lui seul une réponse au défi considérable que pose le numérique, mais il fournit des outils pour mieux encadrer les usages, mieux prévenir les violences et mieux protéger les mineurs. Le groupe Démocrate considère qu’en matière de protection des mineurs, chaque progrès compte. Refuser ce texte, c’est refuser d’avancer.La protection de l’enfance ne peut être un principe invoqué uniquement dans les discours. Il y a ceux qui parlent, qui parlent même […]
La parole est à M. Laurent Marcangeli.
Je ne reviendrai pas sur le fait qu’on ne compte plus les motions de rejet préalable et qu’elles deviennent très répétitives, voire assez fatigantes. Toutefois, vous avez bien le droit de les déposer.À cette tribune, vous passez votre temps à critiquer – c’est votre droit le plus absolu – l’économie capitaliste, les outils qui sont à sa disposition, les algorithmes et l’économie de l’attention.Et alors qu’une proposition de loi est soumise à votre sagacité pour protéger les plus jeunes de cette économie que vous combattez, ou prétendez combattre, vous proposez tout simplement de la rejeter de manière préalable. J’avoue faire partie de celles et ceux que cette motion de rejet surprend particulièrement.
Parce que vous ne comprenez pas le texte !
Voilà pour l’étonnement qui est le mien.Passé l’étonnement, je comprends que vous aviez besoin de dix minutes. Dix minutes pour faire une vidéo que vous sous-titrerez ensuite. Dix minutes pour nourrir les algorithmes de TikTok, comme vous le faites depuis maintenant quatre ans. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes HOR et EPR. – Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Dix minutes pour éventuellement pourrir le cerveau de nos plus jeunes sur TikTok. Je suis particulièrement inquiet à l’idée que demain, une petite fille de 11 ans se rendra peut-être sur TikTok, sur le fil de La France insoumise, qu’elle y entendra le discours de M. Boyard et y deviendra accro. Cela fait un peu peur ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes HOR, EPR, DR et Dem ainsi que sur quelques bancs du groupe RN.) En ce qui me concerne, je souhaite autre chose pour la jeunesse de France. […]
(La motion de rejet préalable, mise aux voix, n’est pas adoptée.)
· REJET motion de rejet préalable (main levée)
Discussion générale
Dans la discussion générale, la parole est à M. Joël Bruneau.
Nous sommes réunis pour voter une proposition de loi visant à protéger les mineurs des risques auxquels les exposent les réseaux sociaux. Après la commission mixte paritaire, et d’utiles échanges avec la Commission européenne, ce texte n’est plus doté que de trois articles.L’article 2 permet que l’auteur du délit de promotion d’objets et de méthodes visant à se donner la mort puisse faire l’objet d’une peine complémentaire de bannissement numérique. Il permet ainsi de sanctionner tout usage mortifère des plateformes : c’est évidemment plus que nécessaire.De même, interdire les réseaux sociaux dans les collèges et les lycées, comme le prévoit l’article 6, est une mesure de bon sens que nous soutiendrons. Cet article prévoit par ailleurs que soit inscrit dans le projet d’établissement un volet consacré à l’utilisation des technologies numériques, assorti d’actions de sensibilisation […]
La parole est à Mme Soumya Bourouaha.
Cette proposition de loi nous avait été présentée comme le plus ambitieux des deux textes en discussion – davantage que celui du gouvernement, nous disait-on. Pourtant, c’est bien la version gouvernementale qui est aujourd’hui soumise à notre vote. Au fil de son examen, ce texte a été considérablement vidé de sa substance. Il ne reste donc plus rien de l’ambition initialement affichée sous l’impulsion du gouvernement, ou peut-être du président de la République, soucieux d’achever son mandat par quelques mesures symboliques.Nous nous retrouvons avec un texte réduit à deux dispositions essentiellement déclaratives. La première vise à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans, sans que soient jamais démontrées les modalités techniques permettant de rendre cette interdiction effective. La seconde prévoit l’interdiction du téléphone portable dans les lycées, alors […]
Cela relève de l’Union européenne !
Ce texte ne change rien aux mécanismes qui rendent ces réseaux si addictifs. Les plateformes ne seront pas davantage responsabilisées. Elles pourront continuer d’imposer le profilage par défaut, les systèmes de recommandation hyperpersonnalisés, la lecture automatique des contenus ou le défilement infini – autant de fonctionnalités conçues pour retenir les utilisateurs le plus longtemps possible. Tant que nous ne remettrons pas en cause ces mécanismes, nous ne protégerons pas efficacement les enfants.J’en viens à l’article 6, relatif à l’interdiction du téléphone portable au lycée. Si nous partageons l’objectif d’en limiter fortement l’usage dans les établissements scolaires, cette disposition apparaît largement superficielle. Dans tous les lycées, les règlements intérieurs encadrent déjà strictement, voire interdisent l’utilisation du téléphone portable pendant le temps scolaire. […]
La parole est à M. Olivier Fayssat.
Les réseaux sociaux sont un vrai sujet : addictions, santé mentale, harcèlement, liberté d’expression, circulation de l’information et de la désinformation, ils sont le lieu de tous les excès et constituent un phénomène qui pèse sur le temps de travail et affecte jusqu’au fonctionnement de notre assemblée.Les conséquences sont amplifiées sur les plus jeunes, notamment en termes de déficit de sommeil, de troubles de l’attention ou de sédentarité, avec des risques de dépression, d’anxiété et de baisse de la concentration en classe. L’exposition aux écrans entraîne des retards dans l’acquisition du langage, dans la reconnaissance des émotions et dans la motricité fine.Outre ces effets dévastateurs, les chiffres sont édifiants : les utilisateurs de TikTok consultent l’application quarante fois par jour en moyenne ; les 4-18 ans y passent en moyenne une heure quarante-sept par jour ; et 63 % […]
…l’interdiction du portable à l’école et au collège en 2018 ainsi que la protection de l’image des enfants en 2024. Ce texte s’inscrit dans cette continuité, et nous saluons le travail de Mme la rapporteure, comme celui du Sénat, qui en a utilement renforcé certains points.La plupart d’entre nous, mais pas tous, voteront l’article 1er instaurant une interdiction d’accès aux réseaux sociaux avant 15 ans et la suspension des comptes déjà existants de mineurs de moins de 15 ans. Cet article présente un risque liberticide qui ne doit pas être négligé, et qui expliquera certaines abstentions dans nos rangs.Nous soutenons en revanche beaucoup plus unanimement l’article 2 relatif à l’infraction de promotion du suicide, et nous approuvons l’article 6 sur l’extension aux lycées de l’interdiction des téléphones à l’école, même si nous regrettons que la rédaction du Sénat renvoie au règlement […]
C’est une mauvaise vidéo TikTok !
Pour certains, c’est la mise en œuvre des mesures proposées – forcément plus compliquée que la théorie – qui peut poser problème, outre que l’interdiction portera atteinte à la liberté et à l’anonymat. Notre groupe manifestera en conséquence une diversité de votes, tandis que certains de ses membres s’abstiendront. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)
La parole est à Mme Laure Lavalette.
Le groupe Rassemblement national accorde une grande importance à la liberté d’expression et à la liberté d’opinion sur les réseaux sociaux, principes cardinaux de notre démocratie. La défense de ces libertés doit s’articuler avec la protection de notre jeunesse, que la fréquentation d’internet, et surtout celle des réseaux sociaux, expose à de multiples dangers. Cyberharcèlement et manipulation, contenus violents ou pornographiques, troubles du sommeil et perte de concentration, dégradation de l’estime de soi et de la santé mentale : les effets des réseaux sociaux sur les plus jeunes, désormais largement documentés, sont ravageurs.Les chiffres illustrent l’ampleur du phénomène : 67 % des élèves de primaire fréquentent déjà les réseaux sociaux ; chez leurs aînés, l’absence de compte ouvert sur l’un de ces réseaux est devenue l’exception puisqu’elle ne concerne que 7 % des collégiens et 4 […]
Ils s’abstiennent devant la Commission européenne !
C’est une abstention de combat !
La parole est à Mme Anne Genetet.
« Trop tard. » Ces deux mots, je ne veux jamais les entendre prononcer à propos d’un enfant. Trop tard pour apprendre, trop tard pour protéger, trop tard pour agir ; aujourd’hui, nous refusons qu’il soit trop tard. Il y a six mois, dans cet hémicycle, je vous ai parlé de mes petits-enfants. Je les imaginais me poser une seule question : « Vous avez fait quoi quand vous avez compris ? » La réponse, c’est ce texte, dont nous pouvons être fiers. La France franchit ici et maintenant une étape décisive : elle choisit de protéger ses enfants. Tous ensemble, nous pourrons leur dire que nous n’avons pas attendu que les dégâts soient irréversibles,…
Vous avez attendu dix ans !
…que nous n’avons pas cédé à la facilité du « c’est pas le moment », du « on verra plus tard », du « c’est pas possible ».
Vous l’avez fait pendant dix ans !
Ce texte constitue une avancée majeure : nous sommes le premier pays européen à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Je forme le vœu que beaucoup d’autres pays européens empruntent à leur tour le chemin que nous traçons ainsi. Nous ne pouvons plus laisser croire que le numérique relève uniquement de la responsabilité individuelle des familles. Ce n’est pas vrai : lorsque des entreprises parmi les plus puissantes au monde conçoivent des outils pour capter l’attention de nos enfants, quand leur modèle économique repose sur le temps qu’ils passent devant un écran, alors la puissance publique a le devoir d’intervenir. C’est exactement ce que nous faisons.
Il faudrait agir sur la télévision !
Nous protégeons la jeunesse mais aussi l’école : c’est tout l’objet de l’interdiction du téléphone portable au lycée.
On distribue des tablettes aux gamins !
Cette mesure n’est pas contre la technologie, mais pour l’attention, pour la concentration, pour les échanges entre les élèves, pour des salles de classe où l’on regarde son professeur plutôt que son écran, où l’on débat plutôt que de scroller, où l’on apprend à penser plutôt qu’à buller.Rien de tout cela ne serait arrivé sans une volonté politique. Je remercie tous ceux qui ont rendu ce texte possible : notre collègue rapporteure Laure Miller, dont la détermination et le travail remarquable ont permis cet aboutissement, Gabriel Attal, notre président de groupe, qui, lorsqu’il était premier ministre, érigeait déjà la protection des enfants en priorité politique, bien avant que le sujet ne devienne consensuel, et le président de la République, qui a très tôt assumé cette ambition. Je veux dire aussi ma gratitude à tous les collègues qui, au-delà de leurs sensibilités politiques, ont […]
La parole est à M. Arnaud Saint-Martin.
Après des mois et des mois de tergiversations, de surenchères morales anxiogènes, de négociations feutrées, mais aussi d’alertes des associations de défense des libertés publiques, d’avis critiques du Conseil d’État et in fine de tambouilles légistiques bicamérales en CMP, voilà que cette loi visant à interdire, sous prétexte de protéger la jeunesse, l’accès aux réseaux sociaux numériques aux ados de moins de 15 ans est soumise à notre vote. L’obligation de vérifier l’âge a des implications directement liberticides, car elle s’imposera à tout le monde, signant ainsi la fin de l’anonymat en ligne, pilier natif d’internet, d’un numérique alternatif et émancipateur. C’est aussi une loi paternaliste et répressive (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP), qui révèle la bien piètre conception que vous avez de l’enfance et de l’adolescence. Vous projetez sur elles vos propres […]
Mais redescends sur Terre !
L’hypothétique application de ce texte est fantasmée dès le 1er septembre prochain, alors même qu’il risque de ne pas être conforme à la Constitution, comme l’a indiqué le Conseil d’État. C’est pourquoi nous déposerons un recours devant le Conseil constitutionnel.
Entre deux lois régressives, le gouvernement et ce qu’il reste des parlementaires macronistes se tiennent au garde-à-vous, avec le soutien de la droite et de l’extrême droite. Le souverainisme de cette dernière est en carton-pâte, puisqu’elle valide le principe d’une soumission docile aux contraintes réglementaires qu’entend imposer de façon erratique la Commission européenne. Comme dirait l’autre, le respect des règles européennes, c’est quand ça les arrange !Dans les pays qui ont instauré l’interdiction, le prohibitionnisme est bête et méchant : c’est la pensée magique au service de l’inaction numérique. Les « Gafamx » et autres dealers de connectivité addictive dorment tranquilles : nul ne s’attaque à leur juteux commerce. Les gouvernements ont l’impression d’agir, mais l’interdiction est systématiquement contournée. Vous régulez à la marge, sans remettre en question ce business qui […]
C’est parfaitement irresponsable. À l’heure du dépôt de bilan du macronisme agonisant, il est tellement ironique et en même temps si consternant de constater les dégâts qu’ont faits vos politiques ! Car ce sont bien les macronistes qui ont instauré le tout numérique dans les établissements scolaires, encouragé les EdTech – les innovations technologiques appliquées au secteur de l’éducation – et les écrans partout, sous couvert de modernisation pédagogique – et ils continuent avec l’IA ! Un certain Jean-Michel Blanquer déclarait ainsi, au lancement de votre programme Territoires numériques éducatifs, en 2020, que « le numérique est porteur d’un message d’espoir pour notre école ». C’est bien Emmanuel Macron, le CEO – chief executive officer – de la start-up nation qui, de la Station F au Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle, a obsessionnellement déroulé le tapis rouge aux […]
…et maximisé la pénétration du numérique dans tous les plis de l’existence humaine !Sous l’empire Macron, la jeunesse a aussi été sacrifiée. Le fiasco du service national universel (SNU) en fut le symbole, aussi ridicule que coûteux, comme tant d’autres politiques publiques désastreuses. L’horizon est tellement peu réjouissant aujourd’hui. À peine autorisés à interagir sur les réseaux sociaux numériques à 15 ans, les ados devront participer l’année suivante à la journée dite de mobilisation, à l’issue de laquelle l’armée pourra vérifier leur bonne disposition à s’engager. (M. Emmanuel Mandon s’exclame.) Ce dont vous rêvez, c’est une jeunesse docile, une armée de soldats augmentés.Nous ne méconnaissons pas les effets potentiellement dévastateurs de la vie numérique, pourrie par les marchands d’algorithmes toxiques dévoreurs d’attention. Mais, qu’on le veuille ou non, les relations […]
Il faut, il faut, il faut…
L’enjeu est d’accompagner les sociabilités tous azimuts, de diversifier les sources d’épanouissement et de construction de soi, dans et hors des usages du numérique. Il faut aussi encourager, par la gratuité, l’accès aux loisirs, aux médiathèques, à la culture et aux sports populaires, et investir sérieusement dans la santé mentale, secteur en piteux état car victime de coupes budgétaires brutales.
Ah oui ? Je n’avais pas fait le lien !
Mais parce que vous ne le ferez pas, que vous vous donnez bonne conscience par une mesure d’interdiction et de contrôle, nous donnons rendez-vous aux Français en 2027. (« Ah ! » sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)
Il est temps de réparer tout ce que vous avez cassé et saboté. Un autre numérique émancipateur, au service de l’intérêt général, est possible. Il est même déjà là et c’est à la puissance publique d’en renforcer le déploiement. Vivement 2027 ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
La parole est à M. Arthur Delaporte.
Marie, Clovis, Maëlle, Morgane, Virginie, Samira, Mehdi : je revois les visages de ces enfants victimes des réseaux sociaux que j’ai entendus avec Laure Miller et des collègues membres de la commission d’enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs, que j’ai eu l’honneur de présider. Ces vies brisées me font penser à Saturne, le dieu du temps, qui dévorait ses propres enfants. TikTok, Snapchat, Meta, X : voilà les ogres des temps modernes, insatiables, guidés par le profit. Ils ont happé ce qu’il y avait de plus précieux dans nos sociétés : la jeunesse et le temps. Ils font du sordide un business soutenu par un modèle économique fondé sur la captation d’attention. La nocivité des plateformes fait consensus. Elles constituent un « océan de trash », pour reprendre l’expression de la rapporteure Miller, entre contenus dangereux, addictions, perte de sommeil, mal-être […]
Ce chemin d’équilibre est par exemple celui que cherche l’Espagne.L’enjeu est d’abord de protéger des fonctionnalités dangereuses en inscrivant sur une liste blanche les réseaux sociaux plus protecteurs, autorisés par exemple pour les 13-15 ans lorsqu’ils remplissent certaines conditions en matière de contenu, de conception de services, de prévention des usages addictifs ou de protection de la vie privée. C’était d’ailleurs l’esprit qu’avait adopté le Sénat, dans une approche proportionnée. Je regrette que le texte issu de la CMP revienne sur ce qui me paraissait être un point d’équilibre et prévoie une interdiction sèche et généralisée des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans qui ne laisse aucun espace pour un modèle alternatif et protecteur que nous avons toujours soutenu.Vous me direz qu’il reste Wikipédia. Certes, mais vous avez fait le choix de couper aux plus jeunes l’accès […]
La parole est à M. Lionel Duparay.
Je tiens tout d’abord à saluer le travail de notre collègue rapporteure, Laure Miller, qui a défendu ce texte dans le prolongement de la commission d’enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs.Les réseaux sociaux sont un formidable lieu d’expression démocratique et de production d’idées. Ils rassemblent une très grande diversité d’opinions non soumises au filtre des médias traditionnels. Ils informent, créent des connexions et permettent de témoigner de la réalité de la vie. Nous-mêmes, parlementaires, les employons pour faire valoir nos travaux et partager nos combats. Pour un citoyen qui dispose d’un esprit critique, d’une capacité de recul, ces plateformes peuvent être une ressource précieuse où trouver de l’information et forger son analyse.Pour un enfant en construction, au contraire, les réseaux sociaux sont une source d’isolement, d’éloignement du réel et […]
Et aussi des mesures éducatives !
C’est là notre différence avec certains collègues : nous ne baissons pas les bras, nous ne nous résignons pas au motif que tout serait trop compliqué à mettre en œuvre. Au contraire, nous nous battons pour que la promesse faite aux parents – la protection de leurs enfants – se concrétise. Certes, toute mesure technique est contournable, d’une manière ou d’une autre. Toutefois, si le défaitisme nous étreignait sur tous les sujets, nous ne ferions plus grand-chose. Il est de notre devoir d’essayer, résolument mais sans naïveté, car chaque enfant empêché de se rendre sur les réseaux est un enfant protégé des dangers qu’ils contiennent.Si un contrôle d’identité devait être mis en place, les données recueillies devront être strictement protégées, dans un cadre souverain, et les citoyens devront pouvoir continuer à s’exprimer librement, sans risque aucun de censure, de fichage, de flicage, de […]
Avant de donner la parole aux trois derniers orateurs inscrits, je rappelle que la conférence des présidents a décidé qu’il serait procédé à un scrutin public sur la proposition de loi telle qu’elle résulte de la CMP. Je fais annoncer ce scrutin dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Lisa Belluco.
Comme vous le savez, de nombreux pays s’interrogent sur la fixation d’un âge minimum pour accéder aux réseaux sociaux. Notre Parlement a choisi l’âge de 15 ans et le groupe Écologiste et social soutiendra majoritairement cette mesure.La question à laquelle nous essayons de répondre avec ce texte est la suivante : quelle place faut-il laisser aux réseaux sociaux et, plus largement, aux différents usages du numérique dans la vie de nos enfants ? Le large espace qu’ils y occupent est questionné par de nombreux parents, enseignants et élus. Les réseaux sociaux accaparent notre temps et celui des jeunes, accentuant la sédentarité et réduisant celui consacré aux apprentissages, aux vraies relations sociales et au sommeil, mais aussi celui passé dehors, au contact de la nature.Au-delà de ces considérations sanitaires, il faut rappeler que les réseaux sociaux sont des plateformes conçues par […]
Très juste ! Nous sommes d’accord !
Il faut sanctionner l’utilisation des dark patterns, des modèles addictifs. Il faut développer la prévention et réguler les contenus. Nous savons tous que si l’interdiction des réseaux sociaux va constituer un soulagement et une aide pour les parents, des enfants sauront la contourner. Il faut donc que les utilisateurs de tous âges soient protégés. Enfin, mon groupe demande des garanties sur le maintien de l’anonymat en ligne malgré la vérification de l’âge. Pouvez-vous nous les apporter, madame la ministre ?Enfin, parce que je suis écologiste, je ne peux m’empêcher de rappeler qu’une société entièrement basée sur le numérique est une société vulnérable qui vit d’une prédation inédite des ressources. Nos usages numériques ne sont possibles que parce que des entreprises pillent les sous-sols des pays du Sud, attisant au passage les conflits locaux et détruisant les ressources naturelles […]
La parole est à M. Laurent Croizier.
« Notre société doit être davantage consciente de l’importance de l’enfance, de la place à lui réserver dans la vie de tous les jours, mais aussi dans les projets à long terme. » Ces mots sont ceux de Simone Veil, alors ministre des affaires sociales, de la santé et de la ville. Ils résonnent avec une force toute particulière aujourd’hui dans cet hémicycle.L’enfance est le temps de la construction, de la découverte de soi, des autres et du monde. C’est l’âge de l’apprentissage, de l’émerveillement et d’une imagination sans limites. C’est aussi l’âge de la fragilité et de l’innocence.Chaque enfant porte en lui l’avenir de notre société. Protéger chacun d’eux, c’est la promesse d’un avenir meilleur pour chacun de nous.Pourtant, nous acceptons que les enfants passent en moyenne quatre heures par jour devant un écran : quatre heures quotidiennes durant lesquelles ils consultent des contenus […]
N’oublions pas que nos enfants sont notre avenir. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem ainsi que sur ceux des commissions.)
La parole est à M. Laurent Marcangeli.
Il y a trois ans, je montais à cette tribune pour défendre une idée simple : un enfant de moins de 15 ans n’a rien à faire sur un réseau social. Cette idée est devenue la loi du 7 juillet 2023. La majorité numérique, c’était elle qui l’instaurait, et le Parlement l’avait adoptée à la quasi-unanimité. Je revois encore cet hémicycle, ce jour-là, convaincu d’avoir agi et bien agi.Nous savons tous ce que cette loi est devenue. Rien : pas un décret d’application, pas une vérification d’âge, pas un compte fermé. Je crois pouvoir le dire : au sein de nos hémicycles, nous avions eu raison trop tôt et nous étions trop seuls. Qu’une loi nationale parvienne à s’imposer, sans le concours de l’Union européenne, à des plateformes mondialisées, qui pèsent davantage que plusieurs États réunis, voilà qui était impossible.Après ce triste constat, pourquoi adopter ce texte aujourd’hui ? Parce qu’autour de […]
La discussion générale est close.
Vote sur l’ensemble
Je mets aux voix l’ensemble de la proposition de loi, compte tenu du texte de la commission mixte paritaire.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 426 Nombre de suffrages exprimés 360 Majorité absolue 181 Pour l’adoption 279 Contre 81
(La proposition de loi est adoptée.)
Ordre du jour de la prochaine séance
Prochaine séance, ce soir, à vingt et une heures trente :Discussion, sur le rapport de la commission mixte paritaire, du projet de loi visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens ;Discussion, sur le rapport de la commission mixte paritaire, de la proposition de loi visant à moderniser la gestion du patrimoine immobilier de l’État. La séance est levée.
(La séance est levée à dix-neuf heures cinquante-cinq.)
Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra