Séance du 5 janvier 2022 /// n°111 /// 1 264 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 15e législature · session Session ordinaire 2021-2022

Séance du 5 janvier 2022 — 111e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Annie Genevard.

1 264prises de parole
94orateurs
22points à l'ordre du jour

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 1264 — page 1 / 7.

Annie Genevard president · DR #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)

Suite de la discussion d’un projet de loi

Annie Genevard president · DR #7

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion du projet de loi renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire et modifiant le code de la santé publique (nos 4857, 4858).

Discussion des articles (suite)

Annie Genevard president · DR #9

Cet après-midi, l’Assemblée a poursuivi la discussion des articles du projet de loi, s’arrêtant à l’amendement no 343 à l’article 1er.

Article 1er (suite)

Annie Genevard president · DR #11

L’amendement no 343 de Mme Marie-France Lorho n’est pas défendu.Je suis saisie de deux amendements, nos 519 et 622, pouvant être soumis à une discussion commune.L’amendement no 519 de M. Nicolas Meizonnet est défendu.La parole est à Mme Catherine Daufès-Roux, pour soutenir l’amendement no 622.

article 1er · amendement

Il a pour objet d’appliquer le passe vaccinal aux professionnels qui exercent des activités les exposant à des risques accrus de propagation du virus et de contamination, notamment en raison de la densité de la population accueillie ou prévue, de l’impossibilité d’observer les mesures de distanciation et d’aération, ou encore de la configuration et de l’équipement des lieux.

La parole est à M. Jean-Pierre Pont, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, pour donner l’avis de la commission sur ces deux amendements.

Jean-Pierre Pont rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République · RE #16

Défavorable.

La parole est à M. le secrétaire d’État chargé de l’enfance et des familles, pour donner l’avis du Gouvernement.

Adrien Taquet secrétaire d’État chargé de l’enfance et des familles · NI #18

Mon avis est défavorable sur l’amendement no 519. Par ailleurs, je demande le retrait de l’amendement no 622, qui vise à élargir l’application du passe vaccinal aux activités présentant un risque de contamination élevé. Nous comprenons et partageons votre préoccupation de protéger au mieux les professionnels de la contamination par le virus ; pour autant, la mesure que vous proposez ne nous semble pas souhaitable pour plusieurs raisons. Rappelons tout d’abord que l’employeur doit veiller au respect des gestes barrières, y compris au port du masque, afin de protéger la santé et la sécurité de ses salariés. Comme le Conseil d’État l’a reconnu, les règles définies dans le protocole national pour assurer la santé et la sécurité des salariés en entreprise face à l’épidémie de covid-19 constituent un ensemble de recommandations déclinant de manière opérationnelle les obligations de sécurité […]

#21

(L’amendement no 622 est retiré.)

#22

(L’amendement no 519 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Annie Genevard president · DR #23

La parole est à Mme Aurore Bergé, pour soutenir l’amendement no 593.

article 1er · amendement 593

Il s’inscrit dans le même esprit que l’amendement no 622. Nous avons été alertés par des professionnels et des employeurs sur l’impossibilité de respecter les gestes barrières dans certains métiers : je pense notamment aux tournages de cinéma, qui ne permettent ni de porter un masque, ni de respecter la distanciation ; il n’est donc pas possible d’y instaurer le passe vaccinal. Pour assurer la meilleure protection possible des salariés concernés, il paraîtrait logique que le passe vaccinal, auquel nous croyons, leur soit étendu. D’autres professions sont concernées, mais je cite celles du cinéma tant elles sont éloquentes.

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #26

J’entends les difficultés que vous soulevez, mais votre amendement ne me semble pas opérant dans la mesure où, quels que soient les critères retenus, le passe vaccinal ne s’applique qu’aux lieux et établissements recevant du public. Je vous demande donc de le retirer, sachant que nous examinerons plus loin un amendement relatif au passe sanitaire en milieu professionnel. À défaut de retrait, mon avis sera défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #28

Je demande également le retrait de l’amendement, pour les raisons que j’ai exprimées : l’employeur a l’obligation de veiller à la sécurité et à la santé de ses salariés, et cette obligation est régie par un protocole national.S’agissant plus précisément des professions du spectacle, la préoccupation que vous exprimez nous semble déjà largement satisfaite par les dispositions applicables aux établissements recevant du public (ERP). Ainsi, l’accès aux salles de spectacle, de concert ou de projection – activités couvrant un aspect de votre amendement –, relevant de la catégorie des ERP de type L, est déjà soumis à la présentation du passe sanitaire, et le sera à l’avenir à celle du passe vaccinal si le projet de loi est adopté. Pour toutes ces raisons, je vous propose de retirer votre amendement.

#30

(L’amendement no 593 est retiré.)

Annie Genevard president · DR #31

La parole est à M. Nicolas Dupont-Aignan, pour soutenir l’amendement no 488.

article 1er · amendement 488

Il vise à accorder un passe vaccinal aux professionnels des établissements qui y sont soumis, dès lors qu’ils ont reçu la première dose de vaccin et qu’ils s’engagent dans un schéma vaccinal complet.Nous nageons certes ici dans les détails, mais le projet de loi indique, dans des termes assez vagues, qu’un décret « peut prévoir les conditions dans lesquelles un justificatif d’engagement dans un schéma vaccinal vaut justificatif de statut vaccinal […] ». Cette formulation n’apporte aucune garantie suffisante. Que signifie que le décret « peut » prévoir ? Est-ce à l’appréciation du Gouvernement qui, une nouvelle fois, décidera de faire grâce ou non aux Français ? Mon amendement vise à donner le temps nécessaire aux salariés qui seront contraints de se faire vacciner. Il s’agit d’un amendement de repli, puisque je suis en total désaccord avec le projet de loi dans son ensemble.

#34

(L’amendement no 488, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Annie Genevard president · DR #35

L’amendement no 41 de M. Bruno Bilde est défendu.

#36

(L’amendement no 41, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)

Annie Genevard president · DR #37

La parole est à M. Stéphane Peu, pour soutenir l’amendement no 243.

article 1er · amendement 243

Par cet amendement d’appel, nous réaffirmons la nécessité de faire du vaccin un bien commun, en vue d’une vaccination universelle. Nous proposons ainsi d’exonérer du passe vaccinal les ressortissants de pays où moins de 50 % de la population est vaccinée.Après une troisième dose, peut-être aurons-nous besoin, à l’avenir, d’une quatrième dose. Or les pays les plus riches accaparent l’essentiel des doses de vaccin. Vous me répondrez qu’il existe le programme Covax, mais ce n’est jamais qu’une aumône soumise au bon vouloir de l’industrie pharmaceutique, entre autres. En Afrique, seuls le Maroc, la Tunisie et le Rwanda sont vaccinés à plus de 50 %. Nous invitons le Gouvernement à ne pas se satisfaire du programme Covax et à agir auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour que les brevets des vaccins soient levés. Contrairement à la France, l’Afrique du Sud et l’Inde en ont déjà […]

#40

(L’amendement no 243, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Annie Genevard president · DR #41

Je suis saisie de sept amendements identiques, nos 9, 128, 239, 388, 485, 543, 592.La parole est à M. Nicolas Meizonnet, pour soutenir l’amendement no 9.

article 1er · amendement 9

Il vise à supprimer l’alinéa 13, qui pose les jalons du fameux « super passe vaccinal 2G+ » conditionnant l’accès à certains lieux à un schéma vaccinal complet et à un test, ce que pratique déjà l’Allemagne. La volonté de recourir à un tel dispositif montre les faiblesses du passe vaccinal, puisqu’elle revient à admettre que la vaccination n’empêche pas la transmission du virus. Il est donc inutile d’imposer d’avoir reçu le vaccin et ses rappels comme condition du passe, puisque le test sera in fine la condition de validité de celui-ci. Étant opposés au dispositif du passe vaccinal, nous demandons la suppression de cet alinéa.

Annie Genevard president · DR #43

La parole est à Mme Laurence Trastour-Isnart, pour soutenir l’amendement no 128.

article 1er · amendement 128

Il vise à alléger le dispositif pour que la vie des citoyens soit plus libre et que chacun puisse librement se déplacer et avoir une vie culturelle et sportive, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.Je parlerai simplement, avec mes humbles connaissances de préparatrice en pharmacie. Un vaccin est un virus qui a été atténué ou désactivé.

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #46

Pas seulement !

On le pratique une fois, on peut le faire une deuxième fois, puis on fait un rappel dix ans plus tard – parfois cinq, en fonction des vaccins.

Or le vaccin dont il est ici question doit être refait tous les quatre mois et n’immunise pas réellement, puisque la personne vaccinée peut quand même être contaminante.

Je ne remets pas en cause son efficacité ni le fait qu’il empêche les patients de partir en réanimation et atténue les effets du virus qu’ils subissent. Cependant, j’ai l’impression…

Méfions-nous des impressions !

…qu’il ne s’agit pas d’un vaccin, mais d’un traitement, car l’ARN messager vient se fixer sur la cellule et l’empêche d’être contaminée par le virus, sans l’empêcher de développer une immunité. Or, on perd cette immunité, puisqu’il faut refaire le vaccin régulièrement. Il me semble donc que vous qualifiez de vaccin un traitement contre la covid-19.

C’est hallucinant d’entendre ça !

Annie Genevard president · DR #55

La parole est à M. Jean-Paul Lecoq, pour soutenir l’amendement no 239.

article 1er · amendement 239

Cette intervention viendra en complément des éléments défendus par mes collègues : le cumul du vaccin et du test est-il encore justifié dans le texte ? En effet, depuis que ce projet de loi a été écrit, beaucoup de choses ont été dites dans cet hémicycle, notamment cet après-midi. Ainsi, voilà quelques heures, M. Véran, ministre de la santé,…

Excellent !

…nous expliquait qu’une personne vaccinée transmettait – je ne sais plus le chiffre exact – dix ou vingt fois moins le virus…

Vingt fois moins !

…que si elle n’était pas vaccinée. Pourquoi donc ajouter un test (M. Jean Lassalle applaudit) pour quelqu’un qui transmet vingt fois moins le virus ?Si vous voulez – et c’est l’esprit de votre texte – favoriser la vaccination, il faut lui donner du crédit et du sens,…

Il y a deux variants !

…donc démontrer que ceux qui ont fait le parcours vaccinal comme vous le souhaitez ont un bonus, et n’ont pas besoin, dans certaines conditions, d’un test complémentaire. En vase clos, par exemple pour prendre un avion, on peut considérer qu’il est bon de procéder à un test complémentaire avant d’embarquer, mais admettez que, dans d’autres circonstances, on n’est pas obligé de demander à ces personnes un test en plus du vaccin.

Et les boîtes de nuit ?

Annie Genevard president · DR #65

La parole est à Mme Muriel Ressiguier, pour soutenir l’amendement no 388.

article 1er · amendement 388

Il va dans le même sens que les précédents et tend ainsi à supprimer l’alinéa 13. En effet, le cumul du vaccin et du test paraît tout à fait inutile et nous ne comprenons pas où est la cohérence : selon moi, le test suffirait amplement. On sait en effet qu’une personne vaccinée peut attraper quand même le covid, même s’il est vrai que le vaccin protège des formes graves. Alors, vaccinons-nous – et il me semble, du reste, que tous ici nous sommes vaccinés, à part quelques-uns –,…

Ah !

…mais le test suffit.De fait, et alors que la situation est déjà difficile après les propos qu’a tenus le Président de la République, le message que nous adressons aux Français est qu’on va leur demander de mettre ceinture et bretelles parce que nous ne sommes pas sûrs de ce qui marche ou ne marche pas. Si les tests sont efficaces – et, jusqu’à présent, il semble qu’ils le soient –, pourquoi voulez-vous plus ? Que cherchez-vous ? Ces amendements me semblent de bon sens : il faut supprimer cet alinéa 13, qui rend les choses incompréhensibles. Dans la situation où nous nous trouvons déjà, nous n’avons pas besoin de cela et, du reste, cet alinéa ne se justifie pas d’un point de vue médical et scientifique. (Mme Bénédicte Taurine applaudit.)

Annie Genevard president · DR #70

La parole est à M. Nicolas Dupont-Aignan, pour soutenir l’amendement no 485.

article 1er · amendement 485

On nage ici dans la grande absurdité !

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #72

C’est très cohérent !

Comme en Allemagne !

En effet, cette disposition du 2G – passe vaccinal et test – est complètement incohérente : d’un côté, vous refusez le test aux non-vaccinés qui veulent pouvoir continuer à vivre normalement, de l’autre, vous voulez exiger un test en plus d’un schéma vaccinal complet. Je dois être particulièrement limité, mais j’avoue que je ne comprends pas ce raisonnement. De deux choses l’une, en effet. Soit le test établit clairement qu’une personne négative n’est pas contaminée, auquel cas le passe vaccinal ne se justifie pas, car il représente une protection inférieure à un test négatif – on peut trouver dans un train des personnes vaccinées et positives, et qui se croient protégés, alors qu’on interdit l’accès à ce train à des non-vaccinés qui présentent un test négatif (Murmures sur les bancs du groupe LaREM), ce qui est la pire des incohérences. Soit le test n’est pas efficace, et il faut alors […]

Annie Genevard president · DR #76

La parole est à M. Michel Zumkeller, pour soutenir l’amendement no 543.

article 1er · amendement 543

Il y a une vraie incohérence. Voilà en effet plusieurs heures que nous débattons – chacun peut avoir son avis, et nous partageons beaucoup de choses –, et M. le ministre nous dit : « Le vaccin, le vaccin, le vaccin ! » Étant moi-même favorable au vaccin, cela ne me gêne pas. Lorsque certains de nos collègues ont proposé de renoncer au passe vaccinal et de revenir au passe sanitaire, donc aux tests PCR, on leur a expliqué que ce n’était pas possible : « Le vaccin, le vaccin, le vaccin ! » Et voilà que, subitement, il faut rajouter au vaccin un test PCR.

Oh !

Il y a là une incohérence.Par ailleurs, ce dispositif est renvoyé à un décret, de telle sorte que nous ne savons pas quelles sont vos intentions. Cette procédure s’appliquera-t-elle seulement dans des circonstances extraordinaires, ou aussi au quotidien ? Faudra-t-il, quand on ira le matin prendre un petit café, faire un test en plus du vaccin ? On ne le sait pas : dites-le. Et, surtout, il y a cette incohérence. Soit le vaccin est merveilleux – nous le souhaitons, et cela suffirait largement –, soit il faut permettre de faire autrement dans certains cas. Face à cette incohérence, expliquez-nous. Quant au recours au décret, je le répète, ce n’est pas acceptable. (MM. Nicolas Dupont-Aignan et Jean Lassalle applaudissent.)

Moi, j’ai compris que c’était une arnaque !

Annie Genevard president · DR #82

La parole est à M. Paul Molac, pour soutenir l’amendement no 592.

article 1er · amendement 592

J’ai les mêmes interrogations. En effet, le vaccin a été efficace pour partie : il n’empêche pas les contaminations ni la maladie de circuler, mais il a des effets tout à fait bénéfiques sur les cas graves et tout le monde en convient. En revanche pourquoi exiger les deux ? Je m’interroge donc : cela peut effectivement être une solution, mais dans quels cas et pourquoi ? Je ne comprends pas bien la nécessité de cette mesure.

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #85

Si et seulement si l’intérêt de la santé publique le justifie,…

Voilà ! Si et seulement si !

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #87

…la présentation du résultat d’un test de dépistage virologique pourra en effet être prévue, en sus du certificat de vaccination. Il s’agit d’une mesure de précaution sanitaire, adaptée pour les lieux qui présentent le plus de risques de propagation de l’épidémie. En effet, si vous entrez dans une discothèque muni du seul vaccin, vous pouvez être porteur du covid et le transmettre. En revanche, si vous avez été vacciné et produisez un test négatif, vous êtes clean…

Eh oui !

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #89

…et vous pouvez entrer dans les salles. Avis défavorable.

La parole est à M. le secrétaire d’État.

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #91

Je vais vous expliquer, monsieur Lecoq, et je suis certain que je vais vous convaincre, car c’est assez simple. Je vous rappelle, pour le cas où vous l’auriez oublié, que l’obligation de ce cumul est déjà en vigueur depuis longtemps pour le passe frontières. Depuis un certain temps déjà, en effet, nous exigeons des personnes venant de pays figurant sur une liste rouge le cumul d’une preuve de vaccination et d’un test négatif.

Un passe vaccinal, c’est autre chose !

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #93

En outre, nous ne sommes pas les seuls à envisager un tel dispositif : l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche ont ainsi adopté ce système « 2G+ », qui prévoit, dans certaines circonstances sur lesquelles je reviendrai, l’exigence de présenter à la fois une preuve de vaccination et un test négatif. L’alinéa 13 prévoit en effet que l’on puisse, de façon exceptionnelle, recourir à cette exigence, car le vaccin, comme l’a dit M. le ministre Véran et comme vous l’avez rappelé, divise par deux la transmission du virus.

Ah, ah, ah ! Par deux ?

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #95

Par ailleurs, comme tous les tests, et comme vous le savez bien, ces tests ne sont pas fiables à 100 %.Dans certains lieux et certains contextes, notamment les discothèques, sur lesquelles nous aurons l’occasion de revenir, la densité et une plus grande difficulté pour respecter les gestes barrières favorisent une contamination bien plus importante. Dans une discothèque, et sans qu’il s’agisse de stigmatiser ces établissements, la contamination est huit fois supérieure à ce qu’elle est dans un ERP – établissement recevant du public – classique. Dans les lieux de ce type, il faut que nous puissions exiger le cumul de la justification de la vaccination et d’un test négatif. L’alternative, c’est la fermeture.

C’est le cas !

On pourrait les rouvrir !

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #99

Or l’idée est de pouvoir repartir vers une activité normale de ces établissements, ou du moins plus normale ou normalisée compte tenu de la situation actuelle. L’alternative est entre le dispositif que cet alinéa permettra de mettre en œuvre dans des conditions exceptionnelles et la fermeture. Si vous préférez envisager la fermeture,…

Ah ! Ce chantage !

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #101

Ce n’est pas du chantage mais la réalité objective des faits (M. Nicolas Dupont-Aignan proteste) : soit on ferme, soit on se dote d’outils permettant d’envisager un retour vers une activité normalisée compte tenu de la situation.

C’est la gratuité !

Ils sont gratuits !

Non, c’est par ordonnance !

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #105

Ne faites pas de digression ! Ils sont gratuits.Pour toutes ces raisons, avis défavorable à l’ensemble de ces amendements.

La parole est à M. Nicolas Dupont-Aignan.

Monsieur le secrétaire d’État, j’entends votre remarque et je ne veux pas la fermeture des discothèques mais, dans ces conditions, un test négatif suffit : inutile de demander le passe vaccinal, et cela montre bien qu’on revient au passe sanitaire. Du reste, dans les avions, on exige un test négatif même des personnes déjà vaccinées. Pourquoi donc ne pas maintenir le seul test négatif pour celles qui ne le sont pas ?

Il est débile, il vient de le dire, dans l’avion !

La parole est à M. Ugo Bernalicis.

Je remercie le secrétaire d’État d’avoir donné un chiffre clair quant à la réduction de la transmission, qui serait donc de 50 %. Je ne sais pas, cependant, d’où ce chiffre est tiré et, pour ma part, j’ai vu dans les données du Conseil scientifique que le vaccin protégeait de dix à vingt fois moins face au variant omicron. Bien sûr, nous sommes tous d’accord sur le principe de la vaccination et, si vous voulez, je cotise une fois encore : il faut se faire vacciner, car cela protège des formes graves et des formes symptomatiques. Voilà pour la transmission.C’est la raison pour laquelle nous vous disons depuis le début que tout miser sur le vaccin est une bêtise et qu’il faut travailler à d’autres solutions qui permettent de combattre le virus et ne soient pas liberticides. On vous a parlé de grandes campagnes de tests à réaliser régulièrement, quand on le veut, partout dans le pays, et […]

Beaucoup d’orateurs ont demandé la parole. Compte tenu du nombre d’amendements, je ne peux la donner qu’à quelques collègues de plus. Je demande à tous d’être brefs – pas plus d’une minute. La parole est à M. Christophe Blanchet.

Monsieur le ministre, vous avez dit qu’on a huit fois plus de chances d’attraper le virus en discothèque.

Il vaut mieux parler de risques que de chances !

Vous faites référence à l’étude Pasteur, parue au mois d’octobre, qui a été réalisée entre le 11 juillet et le 12 août. Est-il normal qu’il y ait davantage de cas de contaminations dans un lieu clos quand tout le monde n’est pas vacciné ? Ma réponse est oui. Vous avez raison, s’il y avait huit plus fois plus de risques d’attraper le virus en discothèque, c’est bien parce que tous les gens qui y étaient à ce moment n’étaient pas vaccinés. Je l’ai dit ici au mois de juin dernier, les jeunes à qui on va demander un passe vaccinal ont eu accès à la vaccination à partir du mois de juin, ce qui fait que leur passe sanitaire n’a été totalement validé qu’à partir du 15 août. C’est pourquoi jusqu’au 12 août les gens qui allaient en discothèque se faisaient tester, mais qu’à partir du 15 août plus personne ne le faisait parce que 95 % des jeunes qui sortaient avaient un passe sanitaire. Vous avez […]

La parole est à Mme Jennifer De Temmerman.

L’alinéa 13 révèle toute l’incohérence de votre texte. Depuis le début, on cite beaucoup de chiffres, notamment ceux donnés par M. Véran, issus d’une étude publiée sur le site de la DREES – direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques – en lien avec le ministère de la santé, sur les formes symptomatiques et sévères du covid-19. J’appelle votre attention sur le fait que ces chiffres se basent sur des données allant du 1er février au 31 mai, c’est-à-dire à un moment où le variant omicron n’existait pas. Une mise à jour du 22 décembre 2021 prolonge les données jusqu’au 14 novembre. Lorsqu’on compare les deux chiffres – celui du début et celui mis à jour – on constate une chute catastrophique de la protection qu’apporte le vaccin contre les formes sévères et les formes symptomatiques.On entend des chiffres qui montreraient que le vaccin protégerait de la […]

La parole est à M. Jean Lassalle.

Alors que les choses commencent à se décanter, les Français reprennent un peu confiance dans les travaux que nous menons. En tant qu’ancien de cette assemblée, je tiens à vous féliciter, madame la présidente, pour votre courage parce que vous avez tenu votre rôle. Vous avez pratiqué un comptage négatif (Mme Caroline Fiat applaudit) et vous l’avez fait valoir. C’est à partir de là que le vrai débat a pu commencer. C’est suffisamment rare pour le souligner.

On n’est pas couchés !

J’étais là, cher ami. Moi-même, il m’arrive parfois de douter…À la suite du débat qui a lieu ici, pour la première fois un sondage montre que les Français s’interrogent sur l’attitude actuelle du Président de la République vis-à-vis de ce texte. (M. Jean-Paul Mattei proteste.)David Pujadas, un très grand journaliste qui suit nos travaux depuis trente-cinq ans, a déclaré tout à l’heure : on a certainement été trop loin, il va falloir rétropédaler. Qui est le « on » et qui doit « rétropédaler » ? Lorsqu’on cite un exemple, souffrez d’en prendre un qui tienne la route. Une fois de plus, vous avez parlé des discothèques alors qu’elles sont fermées. Aussi ne risquent-elles pas de poser problème. Parlez plutôt des clubs de libre-échangisme (Rires) qui, eux, sont ouverts. (Applaudissements sur les bancs du groupe FI et parmi les députés non inscrits.)

La parole est à M. Jean-Paul Lecoq.

Je ne reviendrai pas sur ces établissements, même si cela interroge. Je crois que notre collègue Blanchet avait dit, il y a déjà quelques mois, que les établissements classés X (Sourires) étaient ouverts tandis que d’autres étaient fermés. Cela avait étonné tout le monde. Mais, que voulez-vous, c’est ainsi ! Le virus ne passe pas quand il s’agit de certaines choses…Si je reprends la parole, c’est pour insister sur le fait que la mesure sera prise par ordonnances. Aussi, nous n’aurons pas les détails ni la possibilité de la commenter.

Nous proposons donc que vous nous donniez, dans l’hémicycle, de manière très précise, les conditions d’application de cette disposition. Si je vais en boîte de nuit quatre fois par semaine,…

Je t’ai vu !

…faut-il que je fasse un test à chaque fois ou mon test est-il valable deux jours, trois jours, quatre jours ?

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #134

Vingt-quatre heures !

Le test sera-t-il payant ? Est-ce le deuxième ou le troisième test qui sera payant, à moins que le premier le soit aussi ? Le fait d’agir par ordonnances pose une multitude de questions. Sur tous les bancs, nous vous demandons de préciser ce que vous écrirez dans ces ordonnances, de manière qu’on puisse réagir (M. Jean Lassalle applaudit) et que les Français qui nous écoutent puissent savoir exactement ce qui se passera demain. C’est le rôle de l’Assemblée nationale de permettre au peuple d’avoir connaissance de ce que vous préparez. (Mme Bénédicte Taurine, M. Jean Lassalle et M. Jean-Paul Dufrègne applaudissent.)

#136

(Les amendements identiques nos 9, 128, 239, 388, 485, 543 et 592 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Annie Genevard president · DR #137

La parole est à Mme Émilie Cariou, pour soutenir l’amendement no 296.

article 1er · amendement 296

Cet amendement de M. Taché vise à aménager le texte dans l’hypothèse où l’accès au vaccin serait rendu difficile par une défaillance, notamment dans l’organisation de son acheminement, même si celle-ci a été beaucoup améliorée dans nos départements.

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #140

Défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #142

Défavorable.

La parole est à M. Ugo Bernalicis.

Je serai bref parce que j’ai perdu assez de temps pour regarder, en replay, ce que disait le ministre Véran tout à l’heure sur l’infection…

Monsieur Bernalicis, je ne vais pas suspendre la séance !

Il a parlé de 85 % de réduction de la transmission alors que le ministre Taquet a parlé de 50 %. Je pense que c’est M. Taquet qui a raison.

#147

(L’amendement no 296 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Annie Genevard president · DR #148

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 38 et 523.La parole est à M. François Jolivet, pour soutenir l’amendement no 38.

article 1er · amendement 38

Comme l’ont dit certains collègues, la combinaison des alinéas 12 et 13 à l’article 1er permet au Gouvernement de déterminer, en cas de risque sanitaire supérieur, les possibilités d’un cumul entre le passe vaccinal et un test sérologique ou virologique.Monsieur le secrétaire d’État, je souhaite vous interroger sur les objectifs fixés par le Gouvernement parce que je n’ai pas trouvé d’étude d’impact dans le document qui a été transmis au Parlement. (Mme Caroline Fiat s’exclame.) N’assistons-nous pas à un tournant de la doctrine vaccinale, comme le disent certains professeurs de droit en matière de santé publique ? Nous sommes un Parlement qui a rendu obligatoire la vaccination pour onze maladies, dont un certain nombre de maladies virologiques – rougeole, oreillons, hépatite, rubéole, fièvre jaune – et nous faisons historiquement le pari, en France, que tout le monde est vacciné et que […]

Excellent !

Annie Genevard president · DR #152

La parole est à M. Christophe Blanchet, pour soutenir l’amendement no 523.

article 1er · amendement 523

Il prévoit la suppression du cumul du justificatif envisagé par le Gouvernement – passe vaccinal 2G+. Ce cumul est invariablement présenté comme étant envisagé en particulier pour les discothèques, comme si ces établissements étaient responsables de la propagation de l’épidémie. J’en veux pour preuve ce simple constat : depuis vingt-deux mois, ils sont restés fermés dix-sept mois, et le virus s’est propagé. Depuis un mois qu’ils sont à nouveau fermés, le virus ne cesse de battre tous les records de contamination – encore aujourd’hui, plus de 300 000 cas ont été recensés. Il faut bien admettre que le fait que ces établissements soient ouverts ou fermés ne semble en rien changer la propagation du virus, ce que paraît d’ailleurs confirmer l’étude ITOC, réalisée le 17 octobre à La machine du Moulin rouge, à Paris, qui ne semble pas montrer de différence entre les contaminations en […]

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #156

Défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #158

Je demande le retrait de cet amendement. À défaut, j’émettrai un avis défavorable.Je vais réitérer de façon synthétique les propos que j’ai développés. La vaccination est la meilleure protection contre ce virus. À cet égard, notre stratégie qui est la vaccination, la vaccination, la vaccination, ne change pas. Je veux préciser à M. Bernalicis qui a dû regarder un peu trop rapidement la vidéo de la séance… (Mme Caroline Fiat et M. Ugo Bernalicis protestent.)Madame Fiat, écoutez-moi puisque je vais apporter des précisions à votre collègue, sachant qu’il y a une confusion dans les chiffres qui ont été émis. La vaccination est la meilleure protection contre le virus. Le vaccin permet de réduire à 95 % les infections graves, à 70 % l’infection au variant omicron, à 85 % l’infection au variant delta, et de réduire de 50 % la transmission. Faites bien le distinguo entre infection […]

La parole est à M. Ugo Bernalicis.

Je ne sais pas si le règlement nous permettrait d’écouter l’enregistrement de la séance, mais cela nous serait utile en nous permettant de vérifier un point. Le problème n’est pas ce que vous dites, monsieur Taquet, et que je ne mets pas en doute. En revanche, en citant des chiffres tout à l’heure, M. Véran a fait une confusion entre d’une part l’infection symptomatique, contre laquelle le schéma vaccinal complet offre entre 75 et 85 % de protection selon le vaccin utilisé, d’autre part la contamination en tant que telle. Bien évidemment, la stratégie ne sera pas la même dans les deux cas : si un schéma vaccinal complet n’offre que 50 % de protection contre la contamination, il faut prendre d’autres mesures en complément – c’est d’ailleurs ce qui vous conduit à dire qu’il faut un test en plus. Sommes-nous bien d’accord sur ce point ?Si tel est le cas, ce que nous disons, c’est que cette […]

La parole est à M. Christophe Blanchet.

Monsieur le secrétaire d’État, je vous remercie pour votre réponse, qui apporte une précision importante, et je pense que toutes les personnes concernées auront bien entendu le message que vous avez souhaité faire passer au sujet de la mise en œuvre différenciée des mesures de prévention.Cependant, je me permets de souligner que l’étude Pasteur sur laquelle vous vous appuyez a été menée auprès de 8 857 personnes, avec des données recueillies a posteriori sur un mode déclaratif : les personnes prenant part à l’étude devaient indiquer où elles pensaient avoir été contaminées. Or, je rappelle que le virus est invisible et indolore, et qu’il ne prévient pas ! Les scientifiques ayant conduit cette étude reconnaissent eux-mêmes qu’elle comporte des approximations, les personnes interrogées disant avoir été contaminées dans des clubs de nuit, des bars de nuit, des restaurants de nuit ou en […]

#169

(L’amendement no 523 est retiré.)

Tout ça pour ça !

#171

(L’amendement no 38 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Annie Genevard president · DR #172

L’amendement no 42 de M. Bruno Bilde est défendu.

#173

(L’amendement no 42, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Annie Genevard president · DR #174

La parole est à M. Christophe Blanchet, pour soutenir les amendements nos 524, 525, 526 et 527, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

J’ai retiré l’amendement n° 523 au profit de ces quatre amendements qui ont pour objectif, non de répondre à la question consistant à savoir quand les jeunes de 18 à 35 ans et les autres Français vont à nouveau pouvoir faire la fête, danser et se rencontrer, notamment la nuit, mais à la question consistant à savoir comment ils pourront le faire légalement.Si la question n’est pas « quand », c’est que c’est déjà le cas depuis un mois. Alors que la nuit est officiellement fermée depuis un mois, les Français continuent de profiter de leurs loisirs festifs nocturnes, lors de soirées privées dont nous sommes tous témoins – sans parler du 31 décembre, qui reste une exception. Alors que ces soirées privées sont aujourd’hui dispensées de passe sanitaire et le seront demain de passe vaccinal, l’étude Pasteur réalisée fin novembre, qui a servi de base à la fermeture de la nuit, a établi que, sur […]

Allons, mes chers collègues, ne nous énervons pas ! Monsieur Blanchet a eu l’amabilité de défendre quatre amendements conjointement, c’est pourquoi il a bénéficié pour ce faire d’une minute supplémentaire.Quel est l’avis de la commission ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #182

Le premier amendement aurait pour effet de rendre le dispositif 2G+ uniquement applicable entre le sixième et le septième mois après la vaccination, puisque le certificat est désactivé à l’issue de cette période. Il rendrait même le dispositif inopérant à partir du 15 février, puisque le délai sera ramené à quatre mois. J’observe que la dose de rappel a été avancée à trois mois, et non six, cinq ou quatre mois, pour tenir compte de la baisse de protection dans le temps du vaccin.D’une manière générale, il est délicat d’esquisser un dispositif aussi précis et intangible, alors que l’état des connaissances sur le virus et sur la vaccination ne cesse d’évoluer : ce qui est valable aujourd’hui ne le sera pas forcément dans trois semaines. J’émets un avis défavorable à ces quatre amendements.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #185

Même avis.

La parole est à Mme Jennifer De Temmerman.

Le passe sanitaire a prouvé son inutilité, puisqu’il était censé nous éviter une cinquième vague qui est là. Quant au passe vaccinal, il est lui aussi d’une inutilité flagrante : ce n’est pas la vaccination que je remets en cause, mais le fait qu’on autorise des gens vaccinés et potentiellement contagieux à continuer à avoir une vie sociale alors qu’une autre partie de la population en est empêchée.Cela dit, je veux avant tout soutenir M. Blanchet quand il souligne l’inutilité de la surenchère qui consisterait à ajouter encore une disposition à votre passe vaccinal. Sur ce point, j’appelle votre attention sur le fait qu’actuellement, les trois pays d’Europe où l’on enregistre les taux les plus élevés de décès covid par jour en pourcentage par rapport à la population totale sont la Hongrie – où le passe sanitaire est en vigueur –, la République tchèque – où le passe vaccinal est en […]

La parole est à M. Jean-Paul Lecoq.

Je partage totalement les arguments développés par notre collègue Blanchet. Il faut savoir regarder l’état du pays et la situation dans laquelle se trouvent les jeunes. Il faut aussi remettre tout cela dans le contexte et garder à l’esprit toutes les explications que nous a données le ministre sur les contaminations, sur le vaccin indispensable pour protéger les plus faibles et les plus fragiles. Ceux qui vont en boîte de nuit ne sont pas forcément les plus faibles et les plus fragiles, a fortiori s’ils peuvent se prévaloir du 2G+.D’ailleurs, nous avons tous évolué depuis le premier confinement : aujourd’hui, la population française s’est complètement approprié la culture des gestes barrières. (M. Christophe Blanchet acquiesce.) Franchement, quand on regarde des reportages sur les personnes âgées vivant en résidence et qu’on voit nos anciens, tous vaccinés, manger face à face en ayant […]

Olivier Véran ministre des solidarités et de la santé · RE #192

Il faut être cohérent !

…car, si on veut maîtriser la situation, il vaut mieux que nos jeunes fassent la fête dans des espaces et des situations sanitaires contrôlés plutôt que dans n’importe quelles conditions.

#194

(Les amendements nos 524, 525, 526 et 527, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Annie Genevard president · DR #195

La parole est à Mme Emmanuelle Ménard, pour soutenir l’amendement no 400.

article 1er · amendement 400

Cet amendement reprend une demande récurrente de ma part depuis le début de l’examen de tous ces textes sur la crise sanitaire. La situation n’est évidemment pas la même en Bretagne qu’en Normandie ou dans l’Hérault et, dans chaque département, la situation n’est pas non plus la même selon que l’on se situe au nord, au sud, à l’ouest ou à l’est. Dès lors, il me semble judicieux de territorialiser les mesures par le biais des préfets, en concertation et en coopération avec les élus locaux. Ce serait, me semble-t-il, le gage d’une bonne acceptation de ces contraintes par les Français.

#197

(L’amendement no 400, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Annie Genevard president · DR #198

Les amendements nos 529 de M. Pascal Brindeau et 33 de Mme Emmanuelle Ménard sont défendus.

#199

(Les amendements nos 529 et 33, repoussés par la commission et le Gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

Olivier Véran ministre · RE #200

Ça y est ! C’est bien, on décolle !

Annie Genevard president · DR #201

Je suis saisie de trois amendements identiques, nos 389, 487 et 644.La parole est à M. Éric Coquerel, pour soutenir l’amendement no 389.

article 1er · amendement 389

Il vise à supprimer l’alinéa 14 de l’article 1er et nous permet de réaffirmer notre opposition au passe vaccinal. Je voudrais profiter de cette intervention pour revenir sur l’idée selon laquelle plus les minutes passent, plus nous débattons du passe vaccinal, plus l’adoption du projet de loi sera retardée – on parle désormais de la semaine prochaine –, et plus nous serions responsables du nombre de contaminations.

Olivier Véran ministre · RE #203

Sabotage !

Je suis étonné, chers collègues, car même si ce n’est pas la solution que nous aurions choisie, il existe aujourd’hui un passe sanitaire. Depuis que les tests sont payants, ce passe équivaut à une obligation vaccinale, à moins d’être très fortuné ou bien de ne plus avoir aucune activité sociale – ce que vous cherchez. Or le passe sanitaire n’empêche pas les contaminations : je l’ai dit à plusieurs reprises, le vaccin lui-même empêche la survenue de formes graves – au moins jusqu’au variant delta, nous verrons si c’est aussi le cas pour omicron – mais pas la contamination.Alors que nous sommes touchés par un nouveau variant dont on nous dit qu’il est plus contagieux et dont la plupart des spécialistes s’entendent sur la moindre gravité – ce qui devra être vérifié d’ici une à deux semaines –, je ne vois pas pourquoi nous nous précipitons pour adopter un dispositif encore plus […]

Annie Genevard president · DR #206

La parole est à M. Nicolas Dupont-Aignan, pour soutenir l’amendement no 487.

article 1er · amendement 487

Il vise à supprimer l’alinéa 14, en cohérence avec mon opposition au passe vaccinal. Comme l’a dit M. Coquerel, nous nous trouvons dans une situation surréaliste : alors que le passe sanitaire prévoit la possibilité de présenter un test négatif, l’épidémie flambe – 300 000 cas aujourd’hui nous dit-on, avec un variant omicron qui entraîne heureusement moins d’hospitalisations. Je voudrais que l’on m’explique comment en supprimant le test négatif, qui est la meilleure des protections, et en ne fondant le passe que sur le vaccin, on pourrait améliorer une situation qui n’est déjà pas bonne avec le passe sanitaire ! (Mme Nadia Essayan proteste.)Si cela vous gêne, c’est sans doute parce que c’est tellement évident que les Français s’en aperçoivent ! (M. Jean Lassalle applaudit.) C’est le problème : les faits démentent toute votre argumentation. Voilà pourquoi le Président de la République […]

…combien ont été supprimés et pourquoi il y en a moins depuis deux ans. C’est une question toute bête, toute simple, mais les Français n’ont pas le droit à une réponse et sont obligés de consulter les statistiques pour se faire leur idée. À quoi le Parlement sert-il dans ces conditions ?

Annie Genevard president · DR #212

L’amendement no 644 de Mme Cécile Untermaier est défendu.Quel est l’avis de la commission ?

article 1er · amendement 487
Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #214

Défavorable.

La parole est à M. le ministre des solidarités et de la santé pour donner l’avis du Gouvernement.

Olivier Véran ministre des solidarités et de la santé · RE #216

Défavorable également.

La parole est à M. Pascal Brindeau.

Vous n’avez pas vu, madame la présidente, que je souhaitais intervenir au moment où vous avez appelé mon amendement.

Je suis désolée.

Je ne vous en tiens pas rigueur. La question que mes collègues et moi posions au travers de cet amendement est finalement la même que celle qui est posée par les collègues qui viennent de s’exprimer : à quoi sert le passe vaccinal ? Quel est son objectif ? À l’alinéa 13, qui était visé par mon amendement, le texte prévoit de soumettre les personnes, dans un certain nombre de situations, à la présentation d’un passe vaccinal ainsi que d’un test PCR négatif. A priori, le but est de sécuriser entièrement les établissements ou les activités auxquels la personne pourra accéder, afin d’éliminer tout risque de contamination. Cela signifie donc, a contrario – chacun en est bien conscient –, que le passe vaccinal n’est pas une mesure barrière contre la propagation d’un virus mais qu’il s’agit d’une autre mesure, avec un autre objectif.

Voilà !

On sait depuis hier ce qu’en pense le Président de la République mais il faudrait que le Gouvernement fasse preuve de clarté quant aux objectifs qu’il poursuit lorsqu’il impose le passe vaccinal seul et lorsqu’il lui adjoint la présentation d’un test négatif, et qu’il clarifie également toutes les situations évoquées par les différents amendements. Nous attendons des réponses précises sur ces sujets. (MM. Nicolas Dupont-Aignan et Jean Lassalle applaudissent.)

#223

(Les amendements identiques nos 389, 487 et 644 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Annie Genevard president · DR #224

Je suis saisie de quatre amendements identiques, nos 95, 171, 270 et 282.La parole est à M. Fabien Di Filippo, pour soutenir l’amendement no 95.

article 1er · amendement 95

Il vise à permettre l’octroi d’un passe vaccinal dès l’entrée dans un schéma vaccinal. Je ne peux pas croire que le but, caché ou non, de la majorité soit d’emmerder les Français. Je pense plutôt qu’il est de voir un maximum de Français s’engager de leur plein gré dans le schéma vaccinal. Or avec des règles qui changent tous les quatre matins s’agissant des délais ou du vaccin utilisé, il est très difficile pour nos concitoyens de s’y retrouver. En outre, compte tenu du fait que vous avez prévu de revacciner 25 millions de Français, il devient de plus en plus difficile d’obtenir un rendez-vous. Les gens sont de bonne foi lorsqu’ils s’engagent dans un schéma vaccinal. Il serait tout à fait normal que, dès l’injection de la première dose, ils puissent bénéficier d’un passe vaccinal pendant les semaines qui les séparent de la deuxième dose. Cela serait de nature à les rassurer, à les […]

Et de bon sens !

Annie Genevard president · DR #227

La parole est à M. Philippe Gosselin, pour soutenir l’amendement no 171.

article 1er · amendement 171

Ces amendements ont été déposés avant certains événements qui ne vous ont pas échappé, avant certaines déclarations tellement populaires qu’elles sont parvenues à mobiliser une assemblée et à la désorganiser. Nous avons, pour notre part, un peu de bienveillance et nous ne considérons pas que, derrière chaque personne non vaccinée, il y a systématiquement un antivax, quelqu’un qui militerait contre la société et voudrait à tout prix la mort de ses concitoyens : il y a aussi des gens qui éprouvent de grandes difficultés psychologiques et d’autres qui sont éloignés de la médecine et des hôpitaux en raison des déserts médicaux. Il nous paraît donc nécessaire de leur tendre la main et de faire preuve d’empathie plutôt que d’emmerder ces gens, comme le dit le Président de la République.On peut leur reprocher, certes, de prendre le train en marche un peu tardivement, mais ils montent quand […]

Annie Genevard president · DR #230

La parole est à Mme Anne-Laure Blin, pour soutenir l’amendement no 270.

article 1er · amendement 270

Vous ne pourrez pas dire, monsieur le ministre, que nous ne faisons pas de propositions. Ce qui nous différencie de votre majorité, c’est que vous insultez les Français et voulez les contraindre plutôt que de les encourager, alors que nous voulons les accompagner. Pour nous, il est très important de les encourager à démarrer un schéma vaccinal. Nous sommes en effet attachés à notre politique vaccinale et souhaitons leur expliquer l’intérêt de la vaccination sans agir au détriment de nos libertés. Accompagnons donc les Français qui entrent dans un schéma vaccinal, afin qu’ils soient protégés et qu’ils protègent les autres.

Annie Genevard president · DR #232

La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 282.

article 1er · amendement 282

Vous l’aurez compris, ces amendements s’inscrivent dans une logique d’incitation plutôt que de punition – même si nous avons bien compris que le chef de l’État n’est manifestement pas dans le même état d’esprit. Je voudrais vous interroger, monsieur le ministre, sur une question récurrente au sujet de l’incitation à la vaccination par les médecins généralistes. Ceux-ci nous disent que, même s’ils sont évidemment soumis au secret médical – ce qui est tout à fait normal –, l’assurance maladie est réticente à leur communiquer la liste des patients dont ils sont le médecin traitant. Ils aimeraient pourtant disposer de cette liste afin de pouvoir inciter leurs patients à se faire vacciner. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi cette démarche d’incitation, réclamée par les médecins, n’est pas systématique et pourquoi vous préférez punir nos concitoyens ?

Olivier Véran ministre · RE #234

Vous ne connaissez vraiment pas les dossiers !

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #236

Il est défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Olivier Véran ministre · RE #238

Ces amendements sont intéressants car ils démontrent, mesdames et messieurs les députés du groupe Les Républicains, que vous reconnaissez vous-mêmes les vertus du passe vaccinal en termes d’incitation à la vaccination. C’est la preuve que l’on évolue !

Ça, c’est vrai !

Olivier Véran ministre · RE #240

J’ai d’ailleurs cru comprendre que certains députés qui avaient voté les amendements de suppression de l’article 1er pourraient finalement le voter. Tant mieux si nous arrivons à trouver un consensus, j’en suis ravi ! C’est tout l’objet du débat parlementaire. (Mme Anne-Laure Blin, M. Fabien Di Filippo et M. Philippe Gosselin applaudissent.)

Ne caricaturez pas !

Olivier Véran ministre · RE #242

Je ne caricature pas, je paraphrase. Vous avez dit qu’il fallait inciter à la vaccination en ouvrant le passe vaccinal à ceux qui s’engagent dans un parcours vaccinal. Vous allez donc encore plus loin que nous dans le mécanisme incitatif, et c’est tant mieux.Monsieur Hetzel, tous les médecins généralistes qui sont médecins traitants ont reçu à plusieurs reprises, depuis des mois, un e-mail leur donnant accès à la liste de la totalité de leurs patients non vaccinés, qui est disponible sur le site Ameli. Une très grande partie d’entre eux ont ouvert ces messages. Je les en remercie car ils participent ainsi à la campagne vaccinale. Vous n’êtes donc pas bien informé, monsieur Hetzel, à moins que ce ne soit le médecin qui vous a renseigné.

La parole est à Mme Marie-Christine Dalloz.

Je n’avais pas l’intention de réagir mais la réponse de M. le ministre m’y contraint. Depuis que les propos du Président de la République ont été rapportés hier, un certain nombre de professionnels de santé commencent à dire que ce n’est pas à eux de choisir les patients, et qu’ils ne refuseraient pas de soigner un alcoolique souffrant d’un problème au foie ou un ancien fumeur victime du tabagisme. Les soignants ne veulent pas exclure. Voilà l’erreur d’analyse que vous avez faite, monsieur le ministre.Vous dites que les députés Les Républicains sont favorables au passe vaccinal ; ce que nous souhaitons, c’est contribuer à améliorer le cadre juridique que vous proposez avec le présent projet. C’est notre rôle de parlementaires de l’opposition que d’améliorer le dispositif. Or vous l’avez reconnu vous-même aujourd’hui, il y a eu 66 000 nouveaux primo-vaccinés aujourd’hui ou hier, ce qui […]

La parole est à Mme Marine Le Pen.

Je suis désolée, monsieur le ministre, mais on ne peut pas vous laisser parler d’une incitation à la vaccination qui fonctionnerait : à un moment donné, il faut arrêter de raconter n’importe quoi ! (Exclamations sur les bancs du groupe LaREM.) Ce que vous mettez en œuvre n’est pas une incitation, c’est une sanction. Si vous dites demain que vous mettrez en prison tous ceux qui ne sont pas vaccinés, c’est sûr que ce sera une forte incitation, comme vous dites, sauf que ça s’appelle une punition !Puisque le président Macron est si fier de prendre la présidence du Conseil de l’Union européenne, permettez-moi de lui rappeler les dispositions adoptées par le Conseil de l’Europe. Le point 7.3.2 de la résolution 2361 impose « de veiller à ce que personne ne soit victime de discrimination pour ne pas avoir été vacciné, en raison de risques potentiels pour la santé ou pour ne pas vouloir se […]

La parole est à M. le ministre.