Séance du 9 février 2023 — 138e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Valérie Rabault.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Valérie Rabault.
Tours 201 à 400 sur 589 — page 2 / 3.
C’est pourquoi nous préférons pérenniser, en l’inscrivant dans la loi, le dispositif actuel de tarif réduit en priorité pour les étudiants boursiers ou précaires. De plus, nous avons identifié la nécessité de renforcer l’accès des étudiants à l’information car nombre d’entre eux méconnaissent malheureusement le dispositif leur permettant de bénéficier de la tarification réduite dès l’inscription dans leur établissement.Je tiens à rappeler que la France est le seul pays européen qui propose aux étudiants un repas complet au prix réduit de 3,30 euros partout sur le territoire, tarif maintenu depuis 2019. Et nous pouvons en être fiers, madame la ministre.Le Gouvernement a toujours fait des conditions de vie des étudiants une priorité, en prenant rapidement des mesures fortes, que ce soit lors de la crise sanitaire – je pense à l’instauration du repas à 1 euro pour les étudiants boursiers à […]
Ben voyons !
…et qu’un accompagnement fin dans les territoires est la clé de la réponse aux attentes des étudiants fragilisés.
C’est vous qui les avez fragilisés !
Les critères d’éligibilité au repas à 1 euro sont différents de ceux qui sont appliqués pour les demandes de bourses : ils sont strictement liés aux conditions de vie de l’étudiant seul et non à celles de ses parents ou de sa famille. Il est à noter que les élèves en situation précaire qui font des demandes d’aides reçoivent une réponse rapide et que 80 % de ces demandes sont acceptées. Les refus sont surtout dus à des dossiers mal remplis.
C’est leur faute. Heureusement que vous êtes là pour leur expliquer la vie !
C’est pourquoi il importe d’assurer un véritable accompagnement personnalisé et un suivi, plutôt que de généraliser le dispositif.
En fait, il n’y a plus d’étudiants précaires !
Mais laissez-la parler !
Qu’elle cesse d’être insultante !
Nous pensons qu’une action particulière doit être menée pour faire connaître davantage le dispositif auprès des étudiants précaires ; c’est l’objet de l’amendement que le groupe Horizons proposera lors de la discussion des articles.Par ailleurs, un plan ambitieux en faveur de l’amélioration des conditions de vie des étudiants sera prochainement présenté. Des consultations sont en cours ; elles se prolongeront jusqu’à la fin du mois et aboutiront à la présentation de différents scénarios prenant notamment en compte les critères d’attribution des bourses, les logements, la mobilité et la restauration, pour une application dès la rentrée de l’année universitaire 2023-2024. Car c’est bien de manière globale qu’il faut appréhender la condition étudiante, et non en privilégiant un seul de ses aspects.Aussi le groupe Horizons ne votera-t-il pas l’amendement du groupe Socialistes et apparentés […]
La parole est à M. Jean-Claude Raux.
Nous tenons à remercier le groupe Socialistes et apparentés d’avoir choisi de placer ce matin la question de la jeunesse au cœur de nos débats dans cet hémicycle. L’extension du bénéfice du repas à 1 euro à tous les étudiants est tout aussi nécessaire qu’humaine,…
Il a raison !
…mais la majorité en a décidé autrement.Au-delà des discours politiques et des divers engagements, rarement tenus, du Gouvernement, ce que retient notre jeunesse du précédent quinquennat, c’est qu’elle en a été la grande oubliée, au point, d’ailleurs, qu’elle a elle-même littéralement oublié d’aller voter lors des dernières élections puisque, il faut nous en souvenir, les législatives de 2022 ont été marquées par l’abstention massive des 18-24 ans. On reproche aux jeunes de se désintéresser de la politique, de ne pas suffisamment s’engager. Mais, dès lors qu’aucune politique d’envergure en faveur de la jeunesse n’est menée, dès lors qu’aucun signal ne leur est adressé, qui peut oser leur jeter la pierre ?Oubliés, ils sont désormais sacrifiés car, à l’heure où nous débattons des retraites, ils figurent bien sûr parmi les grands perdants de la réforme – un signal négatif de plus ! Nous […]
La parole est à M. Frédéric Maillot.
Goni vide y tien pas debout – un sac vide ne tient pas debout. On peine en effet à réfléchir le ventre vide. Ce qui nous apparaît comme une évidence, même si elle est éloignée de notre quotidien (Mme Caroline Parmentier applaudit), est une réalité pour bon nombre de nos compatriotes, en particulier les étudiantes et les étudiants. Oui, dans ce pays, de jeunes femmes et de jeunes hommes, qui sont l’avenir de notre société, hypothèquent leur avenir et leur santé par manque de moyens.Alors que notre système scolaire est l’un des plus inégalitaires de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), alors que les différentes réformes du bac et l’instauration de Parcoursup rendent de plus en plus compliqué un accès démocratisé aux études supérieures, les étudiantes et les étudiants qui parviennent à franchir tous ces obstacles plongent, pour nombre d’entre eux, dans la […]
C’est vrai !
Ces derniers se tournent alors vers les associations caritatives, et nous avons tous en tête les images insupportables de ces files d’attente formées d’étudiants en quête d’un repas.Nous voterons cette proposition de loi d’urgence, car elle permet de remédier à des situations concrètes de grande précarité. C’est à raison que le groupe Socialistes et apparentés a inscrit cette question à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, et c’est à tort que la majorité et ses alliés ont vidé ce texte de sa substance. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR-NUPES et SOC.)Des questions restent à traiter, en particulier celle du maillage territorial des Crous, car, dans ce domaine aussi, il existe des zones blanches : des villes entières où il n’y a ni restaurants ni cafétérias du Crous. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur plusieurs bancs du groupe LIOT.) Par ailleurs, la […]
Très bien !
Les députés du groupe GDR voteront pour la proposition de loi si elle respecte l’esprit de sa rédaction initiale ; ils ne voteront pas pour une version bas de gamme, affaiblie, une « version Wish ». (Sourires.)Un euro, ce n’est rien, mais cela peut permettre aux étudiants d’avoir le ventre plein. Or bien manger, c’est le début du bonheur. Nous avons la possibilité de donner un peu de bonheur : ne nous en privons pas ! (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR-NUPES et sur plusieurs bancs du groupe Écolo-NUPES.)
La parole est à M. Benjamin Saint-Huile.
Ce matin, fait rare dans cet hémicycle depuis le mois de juin, le constat est unanime. Nous venons d’approuver à l’unanimité la création d’une commission d’enquête sur le coût de la vie outre-mer : bonne nouvelle ! Et si chacun le dira avec ses propres mots, nous constatons tous la fragilité du monde étudiant, qui souffre d’une grande précarité.Il ne s’agit pas de dire que le Gouvernement n’a rien fait, madame la ministre. Vous en avez parlé dans votre propos et je ne doute pas que les oratrices issues de la majorité qui me succéderont à la tribune auront à cœur de revenir sur le gel des loyers ou encore sur la perspective d’une augmentation des bourses – même s’il y aurait évidemment des choses à dire sur ces éléments eu égard à l’inflation.Cependant, en dépit des actions qui ont été menées, la précarité étudiante s’aggrave en France. C’est dans ce contexte, madame la rapporteure, que […]
Généralisation !
Enfin, certains estiment qu’il faudrait presque instaurer des travaux d’intérêt général préalables et établir des devoirs en contrepartie du droit au repas à 1 euro. Comme si, pour pouvoir manger, il fallait s’acquitter d’abord d’un devoir. Soyons sérieux !Vous l’avez rappelé, madame la ministre, lors de la crise sanitaire, vous avez instauré une mesure analogue à celle qui est ici proposée, et elle a largement fonctionné. La situation des étudiants en France serait-elle désormais moins marquée par la crise qu’à l’époque ? La réponse à cette question est claire et partagée : c’est non ! (Mme la rapporteure et M. Bertrand Pancher applaudissent.)
Eh oui !
Il a raison !
Ainsi, le groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires est favorable à la proposition de loi telle qu’elle était initialement rédigée par Mme Keloua Hachi, que je tiens à saluer. (Applaudissements sur les bancs des groupes LIOT et SOC ainsi que sur quelques bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.)Nous y sommes favorables, car nous sommes conscients que, pour éviter de davantage fracturer la société et de reproduire les inégalités sociales, il faut apporter des réponses concrètes. L’égalité des chances, me répondrez-vous, suppose parfois de réfléchir à l’opportunité de ne pas donner accès à certains droits à tous. Comme certains d’entre vous, avant d’être député j’ai été maire et président d’agglomération, et j’ai pu observer les deux bouts de la société : les personnes qui ont droit à certaines aides mais qui n’y recourent pas – vous l’avez dit, madame la ministre, il […]
Elles sont aussi aidées !
…qui ont le sentiment qu’elles ne sont jamais aidées pour rien et que leur travail profite à des gens qui s’enorgueillissent d’une forme de paresse et d’assistanat. Fort de cette expérience, je puis vous dire que l’instauration d’un repas à 1 euro sans distinction de revenus permettra à chacun de considérer que nous accompagnons tous les étudiants pendant un moment de leur vie – du moins jusqu’à ce que la grande discussion relative aux bourses ait lieu et permette peut-être d’à nouveau distinguer les étudiants.
C’est très clair !
J’ajouterai une chose simple. J’entends qu’un tel dispositif serait trop compliqué et qu’il emporterait certaines conséquences. Or, quand il s’est agi d’instaurer la ristourne sur le prix du carburant, le Gouvernement et la majorité n’y ont pas adjoint un quelconque barème pour n’y rendre éligibles que les personnes jugées suffisamment pauvres. Et on parle ici de manger et de notre jeunesse !
Eh oui !
Enfin, dans quelques semaines ou quelques mois, vous nous parlerez de l’évolution du service national universel – évolution qui pourrait coûter près de 1 milliard d’euros, voire davantage.
Une gabegie !
Pour ma part, je considère que permettre aux étudiants de manger constitue la priorité absolue. (Applaudissements sur les bancs des groupes LIOT, LFI-NUPES, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES. – Mme la rapporteure applaudit également.)
Bravo !
Mieux vaut manger que faire des pompes !
Dans la vie comme en politique, plus que ce qu’on dit, on est ce qu’on fait : en ce qui nous concerne, nous soutiendrons cette proposition de loi, car elle aurait un impact direct pour les étudiants de France. (Mêmes mouvements.)
La parole est à Mme Anne Brugnera.
Le groupe Renaissance partage la préoccupation du groupe Socialistes et apparentés d’améliorer les conditions de vie et d’études de nos jeunes.
Mais ?
Nous sommes nombreux à nous consacrer à cette question depuis 2017, et dès le début de la présente législature, lors de l’examen du projet de loi de finances rectificative pour 2022 puis du projet de loi de finances pour 2023, nous avons collectivement voté des mesures améliorant leur situation.
Mais ?
S’agissant du logement et des frais généraux, nous avons revalorisé de 4 % les bourses sur critères sociaux,…
C’est moins que l’inflation !
…augmenté les APL de 3,5 %, et gelé le montant des droits d’inscription à l’université et des loyers des résidences universitaires. En ce qui concerne leurs besoins en soins, nous avons pérennisé les « chèques psy » pour leur permettre de consulter un psychologue, et avons voté la gratuité de la contraception pour les moins de 26 ans,…
Les préservatifs, ça ne se mange pas !
…ainsi que des protections périodiques, afin de lutter contre la précarité menstruelle. Pour les plus précaires que sont les boursiers et les étudiants en grande difficulté économique n’ayant pas accès aux bourses, une aide exceptionnelle de solidarité de 100 euros a été versée à la rentrée et le repas en resto U à 1 euro a été maintenu.Selon nous, l’objectif de cette proposition de loi doit être de pérenniser dans la loi les repas du Crous à 1 euro pour les publics que je viens d’évoquer : les boursiers et les étudiants en difficulté, notamment les étudiants étrangers.Je tiens à rappeler que c’est nous, et non un gouvernement socialiste et ses différents ministres de l’enseignement supérieur – ils auraient pu le faire –, qui avons instauré cette tarification très sociale en 2020, laquelle a d’abord été ouverte à tous, puis réservée aux étudiants précaires. (Applaudissements sur les […]
C’est ça la réalité !
Les autres étudiants bénéficient du tarif à 3,30 euros, lequel – il faut le dire, mes chers collègues – est également un tarif social, étant donné que le coût de revient d’un repas oscille entre 7 et 9 euros en raison de l’inflation.
Oui !
Et ce tarif de 3,30 euros, nous l’avons gelé dès 2019 afin de protéger l’ensemble des étudiants – contrairement aux socialistes, qui l’ont augmenté entre 2012 et 2017. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe HOR.)
Assumez vos responsabilités ! Vous êtes velléitaires autant que mauvais.
Cette offre de restauration est donc par nature déficitaire, et c’est évidemment l’État qui, par sa subvention pour charge de service public, compense ce déficit. Nous avons d’ailleurs augmenté les moyens des Crous dans le budget pour 2023.Nous avons également alloué une aide de 10 millions d’euros aux associations d’aide alimentaire à destination des étudiants.
Au nom de mon groupe, je tiens d’ailleurs à les remercier de leur engagement pour nos jeunes, comme toutes les autres associations et collectifs qui se sont mobilisés pour eux au cours de l’épidémie de covid-19, et qui maintiennent depuis leur soutien.
Alors tout va bien !
À cet égard, je souhaite évoquer l’association 1 cabas pour 1 étudiant, créée à Lyon et qui met en relation une famille et un étudiant en difficulté dans une même ville, afin de le soutenir et de tisser un lien.
C’est de la charité ça, madame !
Honteux !
Toutes ces associations apportent à nos jeunes une aide complémentaire à celle des Crous, comme des produits à cuisiner pour le petit-déjeuner, des produits d’hygiène, ou encore des clés USB,…
Ça ne se mange pas, les clés USB !
…comme nous pouvons le voir dans les distributions spéciales des Restos du cœur, organisées avec les syndicats étudiants à Lyon comme ailleurs.Je le répète, le groupe Renaissance partage l’ambition de cette proposition de loi : celle de lutter contre la précarité alimentaire des étudiants. Cependant, nous estimons qu’il faut davantage aider ceux qui en ont le plus besoin.
Ils en ont tous besoin !
Ce n’est pas ce qui ressort de votre politique !
Vous ne comprenez rien à l’universalisme !
C’est une question d’équité, une question de justice sociale. C’est pour cette raison qu’en commission, nous avons voté un amendement visant à réserver cette offre très sociale aux seuls étudiants boursiers et précaires, et que nous nous opposerons tout à l’heure à l’amendement no 11, qui tend à rétablir la version initiale du texte. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES.)Nombre d’entre nous, chers collègues, ont été maires ou adjoints au maire dans le domaine de l’éducation… (Exclamations prolongées sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES.)
Chers collègues, vous avez le droit de ne pas être d’accord avec l’oratrice, mais veuillez l’écouter.
C’est incroyable ! Irrespectueux !
Nous savons tous, nous qui avons exercé des responsabilités locales, qu’un tarif unique à la cantine constitue une réelle injustice et marque le refus d’une municipalité d’établir une tarification sociale. Un tarif unique est une injustice sociale. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES.)
N’importe quoi !
Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre !
C’est aussi pour cette raison que nous repousserons les amendements visant à instaurer la gratuité des repas des Crous. Comme le repas à 1 euro pour tous, il s’agirait d’une mesure démagogique qui accroîtrait les charges de ces organismes, qui créerait un effet d’aubaine ainsi qu’un engorgement des restaurants universitaires et qui, au bout du compte, ne répondrait pas à l’objectif de garantir aux étudiants précaires l’accès à une alimentation de qualité. (Exclamations prolongées sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES.)
Elle dit n’importe quoi !
La honte !
Chers collègues, nous ne pouvons plus entendre l’oratrice. Je le répète, vous avez parfaitement le droit d’être en désaccord avec ses propos, mais veuillez ne pas nous empêcher de l’entendre. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, RN, LR, Dem et HOR.) Écoutez Mme Brugnera, puis vous aurez la possibilité de dire tout ce que vous souhaitez. Madame Brugnera, vous avez la parole.
Nous sommes dans un monde civilisé !
Alors comportez-vous en personne civilisée !
Nous considérons que les étudiants les plus précaires…
Vous m’avez hurlé dessus en commission, madame Bonnivard !
Vous ne respectez rien !
S’il vous plaît ! Madame Bonnivard, vous ne pouvez à la fois demander au groupe LFI-NUPES de faire moins de bruit et ne pas en faire autant. Je vous prie donc également d’écouter Mme Brugnera. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et Écolo-NUPES ainsi que sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)
Nous considérons que les étudiants les plus précaires qui ne bénéficient pas d’une bourse, comme les étudiants étrangers, doivent être mieux informés sur l’existence de cette offre de repas à 1 euro qui leur est proposée. Aussi présenterons-nous un amendement visant à améliorer l’information qui leur est donnée. De plus, nous serons également attentifs aux amendements portant sur la qualité des repas servis.En conséquence, nous nous prononcerons pour cette proposition de loi, pourvu que celle-ci ne soit pas rétablie dans sa version initiale. Et je tiens à rappeler qu’une réforme des bourses sur critères sociaux est en cours.
Il y a urgence sociale !
J’espère qu’elle aboutira prochainement et qu’elle sera ambitieuse pour concerner davantage d’étudiants, lisser les seuils d’attribution, et augmenter le montant des bourses. Je souhaite également qu’elle aborde la question de la restauration universitaire et d’une tarification sociale adaptée à nos étudiants, à qui nous devons de meilleures conditions de vie, afin qu’ils puissent vivre sereinement leur vie d’étudiants, qu’ils réussissent leurs études et puissent emprunter le parcours qu’ils ont choisi. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE et Dem.)
On ne compte pas sur vous pour ça !
Il faudra penser aux classes moyennes !
La parole est à Mme Caroline Parmentier.
Notre jeunesse souffre et continue de souffrir. La crise du covid-19 a aggravé les difficultés économiques des jeunes, s’agissant aussi bien de leurs possibilités pour se loger que de leur accès à une alimentation suffisante. Depuis, les files d’étudiants devant les banques alimentaires ne désemplissent pas. Elles crèvent le cœur et sont une honte pour notre société ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.) En 2020, 43 % des étudiants ont renoncé à un repas quotidien pour des raisons financières. Les témoignages affluent sur les réseaux sociaux : ils sont souvent poignants. Plus de deux étudiants sur cinq ne mangent pas à leur faim parce qu’ils n’en ont pas les moyens.Le statut d’étudiant est l’un des plus précaires. Nous devons lutter contre cette injustice. Il est indispensable de permettre à notre jeunesse d’accéder à une alimentation adéquate, suffisante et à un tarif […]
C’est compliqué, quand même !
…tout en assurant un accès à une alimentation correcte. Les amendements déposés par le Rassemblement national vont dans ce sens.
Dans quel sens ?
Nous porterons une attention particulière à l’attitude du groupe Renaissance et de ses alliés, qui ont détricoté la proposition initiale. Pour améliorer la situation de nos étudiants en souffrance, les trois grands groupes de l’Assemblée nationale, Renaissance, la NUPES et le Rassemblement national, doivent trouver un terrain d’entente. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Ce n’est pas très clair !
La parole est à M. Louis Boyard.
Le stress, l’épuisement, la faim, le mal logement, le burn-out, l’abandon : ces situations d’étudiants se comptent en millions. Mes chers collègues, ça pourrait être vos enfants, mais, c’est bien le problème, ils sont pauvres parce que ce ne sont pas vos enfants.
Ils sont pauvres car ils ne dealent pas !
En parlant à des étudiants dans un amphithéâtre, je sais une chose : tous les étudiants en face de moi touchent moins de 973 euros ; ils vivent tous sous le seuil de pauvreté. Vous le savez très bien, dans votre système, tous les étudiants sont pauvres. Mais pourquoi tous les étudiants sont pauvres ? Eh bien, c’est très simple : quelle famille est capable, par ses propres ressources, de financer les études de ses enfants ? Quelle famille est capable de donner 563 euros à son enfant pour payer un loyer moyen, 250 euros pour les produits d’hygiène et alimentaires, 30 euros pour l’internet et le téléphone, 100 euros pour le gaz et l’électricité, et 30 euros pour le transport ? Quelle famille est capable de donner 973 euros chaque mois à son enfant pour qu’il puisse ne serait-ce qu’assurer ses besoins minimaux pour vivre pendant ses études ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe […]
Arrêtez d’insulter tout le monde !
Comme si les étudiants n’avaient pas déjà vingt-cinq heures de cours par semaine, des dizaines d’heures de révisions à la maison. Comme si les 35 heures n’existaient pas déjà pour eux. Comme si la moitié d’entre eux ne travaillaient pas déjà dans des entreprises qui profitent de leur précarité pour les sous-payer et pour les exploiter. Comme s’il n’existait pas cette injustice, celle de cet étudiant qui a travaillé pendant ses études…
Et vous ? Vous avez travaillé pendant vos études ?
…et qui, le jour de l’examen, se retrouve assis à côté de cet autre étudiant dont les parents sont riches. Comme s’il n’existait pas cette injustice qui fait qu’un étudiant regarde son voisin en se disant que, parce que celui-ci a la chance d’avoir des parents riches, il a eu deux fois plus de temps que lui pour réviser.
Bravo !
Mais, devant la précarité étudiante, vous pleurez. Vous pleurez quand vous voyez ces images d’étudiants à la file alimentaire. Vous pleurez, puis vous essuyez vos larmes au moment où il faut payer, au moment où il faut sortir le portefeuille de l’État pour abolir la précarité étudiante.
Vous n’avez pas le monopole du peuple !
Et vous répondez : « Vous savez, nous aussi, on est passé par là. Nous aussi, on a connu la précarité pendant nos études. » Très bien. Bravo. Et vous ne voulez pas abolir ce système qui vous a fait vivre les inégalités, la précarité, l’injustice ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.) Vous vous en êtes sortis et vous ne portez que la voix des étudiants qui ont réussi et jamais celle de ceux qui ont échoué ? Parce que c’est bien de cela qu’on parle : de députés qui appartiennent tous à la petite bourgeoisie…
Qu’est-ce que ça change ?
…et qui viennent expliquer que la précarité des étudiants fait partie de la compétition pour la réussite des études. (Vives protestations sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
Ça suffit ! Vous nous insultez toutes les heures, tous les jours ! Madame la présidente, faites votre travail !
Mes chers collègues, s’il vous plaît.
J’ai déjà essayé de vous convaincre qu’il fallait un revenu étudiant ; vous avez refusé. Aujourd’hui, ma camarade du groupe Socialistes et apparentés vous propose de rétablir une mesure que vous avez déjà appliquée auparavant : le repas à 1 euro pour tous les étudiants. Votre justification pour ne pas l’instituer à nouveau est hors-sol. Ce serait, je vous cite, une injustice, car il ne serait pas normal que des étudiants aisés puissent en profiter. Quant à ceux qui ne sont pas boursiers mais qui se trouvent en situation de précarité, ils pourraient se le voir accorder par une assistante sociale. Vous leur disiez : vous êtes pauvres, allez bosser.
Vous leur dites d’aller dealer !
Vous leur dites maintenant : vous êtes pauvres, allez voir une assistante sociale. Problème : il y a une assistante sociale pour 10 000 étudiants. En clair, vous leur dites : vous êtes pauvres, restez pauvres. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.) Finalement, vous vous comportez avec les étudiants comme vous vous comportez avec les retraités. Vous demandez à des familles qui n’en ont pas les moyens de financer la jeunesse ou le grand âge. Vous vous refusez à passer d’une solidarité familiale à une solidarité nationale, parce que cela impliquerait de faire payer les familles riches et cela vous est insupportable.
Et c’est lui qui veut mettre fin à la retraite par répartition !
Je veux m’adresser aux étudiants qui m’écoutent. Quand vous rentrerez dans votre amphithéâtre, regardez-vous les uns et les autres. Regardez-vous et rendez-vous compte que chaque étudiant dans cette salle est comme vous. Vous vivez tous avec moins de 973 euros par mois et vous n’en êtes pas responsables. Rendez-vous compte que Macron et ses députés ne changeront rien à vos vies. Rendez-vous compte que vous êtes plus nombreux qu’eux et que chaque fois que la jeunesse est sortie dans la rue, elle a été la bascule qui a réussi à changer les choses. Soyez solidaires, soyez unis : c’est votre seule force ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.) Ensemble, vous pouvez obtenir que l’État mette en place une allocation d’autonomie de 1 102 euros. Ensemble, vous pouvez obtenir le repas à 1 euro. Ensemble, vous pouvez être la bascule qui empêchera leur scandaleux projet de […]
Vous pouvez être fiers, les socialistes ! Vous restez sans rien dire, c’est une honte !
Vous êtes contre la démocratie !
Il est fort, ce Boyard !
La parole est à M. Fabien Di Filippo, pour un rappel au règlement.
Il est fondé sur l’article 70, alinéa 3, relatif aux mises en cause personnelles. Quand on parle des gens sans les connaître, on prend le risque d’avoir l’air stupide et ridicule. C’est ce qui s’est passé. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR ainsi que sur quelques bancs des groupes RE, Dem et HOR.)Je souhaite également invoquer l’alinéa 4 du même article car, en creux des propos de M. Boyard, il y a un appel à la violence en séance publique, ce qui est très grave. Cela devient une spécialité et cela m’inquiète pour mon pays. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)Quand j’entends M. Boyard, je ne suis pas en colère : je suis très triste, car je pense aux étudiants qui manifestent une vraie volonté d’ascension sociale. Ils travaillent le week-end et leurs parents font des efforts incroyables.
Ce n’est plus tout à fait un rappel au règlement. J’ai bien noté les deux premiers points sur l’article 70.
Ce n’est pas acceptable pour quelqu’un qui revendique d’avoir fait du trafic de drogue et qui revendique d’avoir travaillé pour un milliardaire. Je vous conseille, monsieur Boyard, de vivre en accord avec vos principes avant de donner des leçons. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR ainsi que sur plusieurs bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
Vous avez raison de rappeler l’article 70 sur les mises en cause personnelles, mais n’en faites pas vous-même. Ce sera beaucoup mieux pour la tenue de notre séance. La parole est à M. Antoine Léaument, pour un rappel au règlement.
Il s’agit d’un rappel à l’ordre – d’un rappel au règlement sur la base de l’article 70, alinéa 2, relatif aux scènes tumultueuses. Dire que nous sommes tous ici des bourgeois, c’est un fait statistique : nous gagnons tous autour de 5 000 euros par mois ; mais nous, nous défendons les intérêts des classes populaires et vous, ceux des classes bourgeoises. C’est tout ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LR et HOR.)
Classes bourgeoises dont tu fais partie !
Ce n’est pas vraiment un rappel au règlement.
La parole est à M. Alexandre Portier. J’espère que nous pourrons l’écouter dans un peu plus de calme.
Et un peu plus de sagesse ! Merci, madame la présidente.Offrir à tous les étudiants un repas à 1 euro : la promesse est belle, n’est-ce pas ? « Vous signez pour des études ? Eh bien, pour 1 euro de plus, le repas est offert. » C’est digne d’une mauvaise publicité, et c’est pourtant ce que vous nous proposez aujourd’hui. Vide comme un slogan publicitaire, l’idée est injuste, infantilisante…
C’est vous qui êtes infantilisant !
…et terriblement démagogique, mais elle pose la question de la relation au travail, à la solidarité, et surtout à nos jeunes. Nous pouvons au moins vous remercier pour cela.Premièrement, cette mesure est injuste, car, une fois de plus, elle concerne uniquement les très grandes villes.
Eh oui !
Derrière les belles incantations, le repas à 1 euro que vous demandez ne toucherait que les étudiants des grandes métropoles.
C’est faux !
Il y a des restos U en Corrèze, il y en a partout !
Comment accepter que soient une nouvelle fois écartés les étudiants des villes moyennes, eux qui sont déjà les éternels oubliés des politiques de transport et de logement ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.) Vous refusez de le voir, mais les premières inégalités sont territoriales avant d’être sociales. Comme l’a souligné la Cour des comptes, lorsque le repas à 1 euro a été décidé pendant le covid, l’éloignement des points de restauration a été un frein majeur. Oui, les études supérieures, ce n’est pas que Paris, Lyon ou Marseille.
Bravo !
Avec moins de 800 structures, l’offre du Cnous, le Centre national des œuvres universitaires et scolaires, ne couvre pas toutes les villes accueillant des sites universitaires. Dans notre pays, près de 20 % des étudiants n’auraient pas un accès direct à la restauration universitaire. Concrètement, ce sont donc près de 500 000 étudiants qui se retrouveraient laissés sur le carreau par votre mesure, car situés dans les zones blanches de la restauration universitaire. Ce sont notamment les étudiants des instituts universitaires de technologie (IUT), des brevets de technicien supérieur (BTS) ou encore des écoles d’infirmiers, et ceux des territoires ruraux. (Mme Émilie Bonnivard applaudit.)
Exactement !
La bonne nouvelle, c’est que nous avons mis une proposition sur la table pour y remédier. C’est le ticket restaurant étudiant, que notre collègue Anne-Laure Blin avait proposé en 2021. Ce serait la plus juste des mesures car elle est adaptée à tous les territoires et accessible aux boursiers comme aux non-boursiers.
Il fallait le faire avant !
Deuxièmement, le repas à 1 euro voulu par la NUPES est une mesure inique, mais aussi infantilisante. Aux difficultés financières des étudiants, la gauche ne répond que par l’éternelle antienne du chèque. Encore et toujours.
C’est la logique de l’assistanat.
Oui, il faut revoir de fond en comble le système des bourses. Oui, il faut aider les étudiants qui en ont besoin. J’ai été boursier, comme beaucoup, j’ai connu la galère et les petits boulots car mes parents ne pouvaient pas financer mes études. (Mme Rachel Keke s’exclame.) Et alors ? Depuis quand est-il devenu anormal de devoir produire un effort pour réussir ? Depuis quand est-il devenu anormal de devoir se battre pour financer ses études ? C’est quand même le plus sûr moyen d’avoir envie de les réussir et d’être fier d’y arriver par ses propres moyens. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.)Au fond, au cœur du repas à 1 euro se révèle tout simplement le triste symbole du divorce de la gauche et du travail. Vous mettez au même niveau ceux qui font des efforts et ceux qui n’en font pas.
Ça suffit !
Votre projet n’est pas de résoudre le problème des inégalités !
Avec vous, payer devient suspect et travailler un problème, voire une punition. Jusqu’à quand continuerez-vous dans cette spirale du mépris du réel et de la valeur des choses ? La solidarité nationale est précieuse. Elle doit être protégée et non pas dilapidée.Dans l’attente de la réforme du système des bourses, que nous attendons comme vous, nous vous proposons une chose simple : que tout étudiant qui souhaite bénéficier de ce repas à 1 euro s’engage en contrepartie deux heures par semaine au service d’une collectivité locale. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.)
On dirait une condamnation judiciaire ! C’est indigne.
Leur travail est de faire des études !
Mes chers collègues, vous avez parfaitement le droit de ne pas être d’accord, mais nous n’entendons plus l’orateur.
C’est une mesure facile à mettre en place, adaptable aux emplois du temps des jeunes ; elle constituerait en plus une première expérience précieuse pour la vie professionnelle à venir. Rien de bien extraordinaire : cela s’appelle tout simplement l’équilibre des droits et des devoirs. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.) C’est une politique de bon sens, celle de la main tendue et du juste retour – un principe cardinal pour faire société.C’est tout le contraire de cette mesure terriblement démagogique qu’est le repas à 1 euro. Démagogique, car coûteuse et méprisante. Coûteuse, car il n’y a pas d’argent magique : une telle mesure affaiblirait considérablement les moyens des vingt-six Crous de France dont l’activité de restauration est déjà structurellement déficitaire de 25 %. Méprisante, surtout, pour nos agriculteurs et pour les agents de la restauration universitaire puisque […]
Vous n’avez pas honte ?
Manger a un coût. Le travail de nos agriculteurs a un prix. Ils manifestaient encore hier à quelques dizaines de mètres d’ici. Arrêtons de les pressurer !
Supprimez la PAC, alors !
Alors que le tout-gratuit ravage déjà le domaine de la santé, vous rêvez de l’étendre à tous les secteurs d’activité. Loin d’être un idéal, c’est le plus sûr visage du cauchemar : celui d’un monde où plus rien n’aurait de valeur.Notre position est donc simple : acceptez notre proposition de deux heures d’engagement en contrepartie du repas à 1 euro et soutenez nos amendements, ou bien, collègues socialistes et de la NUPES, faites sans nous. La balle est dans votre camp. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.)
Vous n’aimez pas la jeunesse ! Vous n’aimez pas les étudiants !
Mes chers collègues du groupe LFI-NUPES, je vous prie de faire moins de bruit et d’écouter. Vous avez parfaitement le droit de ne pas être d’accord avec les opinions exprimées par les orateurs, mais il serait souhaitable d’avoir un débat plus serein.La parole est à Mme Sophie Mette.
Je souhaite tout d’abord remercier le groupe Socialistes et apparentés de nous donner l’occasion de braquer quelques instants le projecteur sur notre jeunesse, nos étudiants, alors qu’en cette période nos débats sont plus focalisés sur leur lointain avenir que sur leurs difficultés actuelles. Et pourtant cette jeunesse, des difficultés, elle en a connu et elle en connaît encore.Nous en avons tous conscience, les années de crise covid ont particulièrement touché les étudiants, qui ont souffert plus que tout autre de l’éloignement et du manque de lien social. Ils ont également subi de plein fouet l’impact économique de la crise avec l’augmentation de la précarité et la disparition de nombreux jobs à temps partiel qui permettaient jusqu’ici à nombre d’entre eux, quand ils étaient en difficulté, de boucler leur fin de mois. Nous gardons tous en tête ces images de jeunes faisant la queue […]
La discussion générale est close.
J’appelle maintenant, dans le texte de la commission, les articles de la proposition de loi.
Je suis saisie de cinq demandes de scrutins publics : par le groupe Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES) sur l’amendement no 11 ; par le groupe Rassemblement national sur l’amendement no 14 ; par le groupe Rassemblement national sur les amendements nos 10 et identique ; par le groupe Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES) sur l’amendement no 23 ; par le groupe Renaissance sur les amendements no 19 et identiques. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Estelle Youssouffa.
Instaurer le repas à 1 euro pour tous les étudiants permettrait de réparer les injustices du système boursier. Je pense aux étudiants ultramarins, très souvent exclus des bourses nationales à cause des sur-rémunérations dont bénéficient leurs parents. Je rappelle qu’en outre-mer, celles-ci visent à compenser le coût exorbitant de la vie. À Mayotte, le panier alimentaire coûte ainsi 64 % plus cher que dans l’Hexagone, mais ce facteur n’entre pas dans le calcul des bourses, qui discrimine les étudiants ultramarins, alors même que leurs familles ne peuvent pas les aider.Nos enfants, à nous ultramarins, partent étudier à des milliers de kilomètres du foyer familial, par-delà les océans. Ils ne peuvent faire leurs courses dans le frigo familial ; ils n’oseront pas dire au téléphone ou sur WhatsApp qu’ils n’ont pas assez pour vivre. (M. Max Mathiasin applaudit. – Applaudissements sur les […]
La parole est à M. Fabrice Le Vigoureux.
Trois euros trente : c’est actuellement le tarif social d’un repas au restaurant universitaire. Ce tarif, qui avait augmenté de 7 % en seulement deux ans, durant le quinquennat Hollande – faites ce que je dis, non ce que je fais – est gelé depuis la dernière législature, grâce au soutien de l’État et à un gros travail des Crous pour faire face à l’inflation des denrées alimentaires et pour respecter les objectifs de la loi Egalim dans la restauration collective, avec des labels de qualité, des circuits courts et des produits bio. En 2020, à ce tarif social unique au monde, nous avons ajouté un tarif super-social à 1 euro, pérennisé pour tous les étudiants boursiers et tous les étudiants en difficulté qui en font la demande. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE.)Quel sens y aurait-il à étendre ce tarif à tous les étudiants ? J’ai un enfant qui entrera à l’université à la […]
Exactement !
Toi aussi, tu es un petit-bourgeois !
…est-ce une utilisation judicieuse de l’argent public que de lui faire bénéficier d’un repas à 1 euro, de lui accorder 7 ou 8 euros de subvention pour ses repas ? (Mêmes mouvements.)
De toute façon, il n’ira pas au Crous !
N’est-il pas plus normal, plus juste, plus équitable qu’il contribue à l’équilibre des Crous un peu plus que beaucoup d’autres, qui n’ont pas les mêmes ressources, pour faire vivre un modèle solidaire, où chacun ne paye pas tout à fait autant, selon ses moyens ? Je ne comprends vraiment pas cette proposition égalitariste, démagogique (M. Louis Boyard proteste vivement),…
Monsieur Boyard, je vous invite à écouter l’orateur !
…qui bénéficie surtout aux plus aisés, tout en étant financée par tous les contribuables, y compris les plus modestes. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.)
La parole est à M. Frédéric Falcon.
Les étudiants français se trouvent dans une grande précarité. La crise sanitaire a été un point de bascule pour une jeunesse qui a été sacrifiée : tous les secteurs pourvoyeurs de jobs étudiants ont fait l’objet de fermetures administratives, privant durablement un pan entier de la jeunesse de sources complémentaires de revenus.Les étudiants sont actuellement confrontés à une inflation terrible, qui les fragilise encore davantage, au point que 56 % d’entre eux affirment ne pas manger à leur faim. En 2020, 43 % des étudiants ont renoncé à un repas dans la journée pour des raisons financières. Lorsque j’étais étudiant, au début des années 2000, nous connaissions certes des difficultés, principalement liées au logement, mais jamais nous n’aurions imaginé qu’un jour en France, la majorité des étudiants ne pourraient plus manger à leur faim.À propos de logement, je rappelle qu’Emmanuel […]
Voilà vos amis, la NUPES : le RN !
La parole est à M. Laurent Croizier.
Grâce à cette proposition de loi, nous pourrions nous honorer d’inscrire dans le marbre de la loi que les étudiants bénéficient d’une tarification sociale. Ce serait une avancée extraordinaire et la marque de notre attention pour ceux qui sont en grande précarité. Nous pourrions également nous honorer de prendre en compte ceux qui connaissent des difficultés passagères.Le débat est intéressant car il oppose deux notions, celle d’égalité – consistant à offrir les mêmes aides à tous – et celle d’équité – consistant à offrir l’aide la plus juste, selon les besoins de chacun.
Exactement !
J’ai toujours préféré l’équité à l’égalité.
On s’en doutait !
Ah !
Oui, si la possibilité d’inscrire dans la loi une tarification sociale des repas constitue un rendez-vous historique, je ne suis pas favorable à ce que l’on y précise le coût du repas lui-même. Que représentera 1 euro dans cinq, dix ou quinze ans ? (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES et GDR-NUPES.)
On ne sait pas comment le coût des matières premières évoluera !
C’est le principe de la tarification sociale qui doit être inscrit. Ce texte impose un débat digne, apaisé, sans insultes, car il pourrait être historique. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Dem et RE.)
La parole est à Mme Anne Le Hénanff.
Sur le papier, cette proposition de loi semble reposer sur une bonne idée, mais ce n’est qu’une apparence. En effet, la solution, même si elle est facile, n’est pas juste, alors que les Français attendent de nous que nous adoptions des textes pour répondre à leurs besoins.Le groupe Horizons et apparentés votera donc contre la généralisation du tarif à 1 euro à l’ensemble des étudiants. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR ainsi que sur plusieurs bancs du groupe RE.)
Je suis saisie de deux amendements, nos 11 et 14, pouvant être soumis à une discussion commune.La parole est à Mme la rapporteure, pour soutenir l’amendement no 11.
Il s’agit d’un amendement très important, les étudiants qui étaient présents dans l’hémicycle le savent. Pourquoi ? Il vise à rétablir le texte d’origine afin que tous les étudiants de France puissent manger pour 1 euro, deux fois par jour, dans tous les points de restauration agréés du Crous – cafétérias ou restaurants.J’ai demandé un scrutin public car chacun d’entre vous doit voter en son âme et conscience, et bien comprendre la portée de son vote. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.) Réfléchissez bien ! Si vous refusez ces repas à 1 euro, les files dans les distributions alimentaires continueront. N’est-il pas déplorable qu’au XXIe siècle, en 2023, des étudiants doivent faire la queue pour récupérer quelques fruits et légumes afin de pouvoir manger dans leur petite chambre ? Les repas à 1 euro, c’est tout ce qu’on vous demande ! […]
La parole est à Mme Caroline Parmentier, pour soutenir l’amendement no 14.
Le présent amendement vise à réécrire l’article 1er afin que le tarif d’un repas distribué par un Crous ne puisse être supérieur à 2 euros, et à 1 euro pour les étudiants boursiers ou en situation de précarité identifiés par le réseau des œuvres universitaires.Il est fondamental de soutenir notre jeunesse qui fait face, dans une proportion importante, à une précarité alimentaire réelle. À juste titre, cette proposition de loi rappelle qu’en 2020, 43 % des étudiants ont renoncé à un repas dans la journée pour des raisons financières. Cette situation alarmante implique d’assurer l’accès à une restauration financièrement abordable à l’ensemble des étudiants.Cependant, en raison des différences de situation, il convient de prévoir deux tarifications : la première, à 1 euro maximum, pour tout étudiant boursier ou en situation de précarité ; la seconde, à 2 euros, pour tous les autres […]
Quel est l’avis de la commission sur l’amendement no 14 ?
La commission a émis un avis défavorable et je suis également défavorable, à titre personnel, à l’amendement no 14 car il réintroduit une différence entre boursiers et non-boursiers…
C’est un moindre mal !
… alors que ma proposition de loi vise au contraire à traiter tous les étudiants de la même façon.
Quel est l’avis du Gouvernement sur les amendements en discussion commune ?
Madame la rapporteure, je tiens à préciser que votre amendement a une portée plus large que la proposition de loi initiale, contrairement à ce qu’indique votre exposé sommaire. En outre, vous le présentez comme une mesure d’urgence, mais ce n’est pas le cas puisque vous stabilisez la mesure dans la loi, en l’incluant dans les missions classiques des Crous.Vous demandez aux députés de voter en leur âme et conscience. Je reprends votre plaidoyer à mon compte et je vais tenter de vous expliquer pourquoi.La situation des étudiants précaires a-t-elle changé depuis la crise du covid ? Nous sommes conscients de leurs difficultés qui découlent de l’inflation ; mais c’est durant la crise du covid que le métier des Crous, et des assistants sociaux qui travaillent en leur sein, a changé. Ils sont désormais sur le devant de la scène et font à nouveau leur métier. C’est cela qui a profondément […]
Ce n’est pas vrai !
En outre, il ne s’agit pas d’un problème d’étudiants riches ou d’étudiants pauvres ; c’est un problème de responsabilité. Nous avons la responsabilité de former des citoyens…
Cela n’a rien à voir !
…et de leur inculquer les bases de notre modèle social – la solidarité (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES) – en garantissant à ceux qui en ont besoin un soutien collectif.
Notre modèle social, c’est la solidarité, pas l’assistance !