Séance du 12 octobre 2023 — 18e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Élodie Jacquier-Laforge.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Élodie Jacquier-Laforge.
| N° | Scrutin | Voix | Résultat |
|---|---|---|---|
| 2758 | l'amendement de suppression n° 5 de M. Echaniz et les amendements identiques suivants à l'article unique de la proposition de loi portant interdiction… | 127 / 83 | adopté |
Tours 201 à 400 sur 481 — page 2 / 3.
Le rapporteur évoquait la proposition de loi, ce n’est pas une mise en cause personnelle !
Le rapporteur insinue que nous avons changé d’avis. C’est faux ! Simplement, entre-temps, des circulaires ont été publiées, qui expliquent parfaitement ce qui est interdit et ce qui est autorisé. Nous n’avons donc pas besoin de loi.
Ce n’est pas un rappel au règlement !
La parole est à Mme Fabienne Colboc, vice-présidente de la commission des affaires culturelles et de l’éducation.
Je suis désolée de reprendre les propos de ma collègue Anne Brugnera : cette proposition de loi est une tromperie. Elle souhaite en réalité s’attaquer à la féminisation de la langue française.
N’importe quoi !
Décidément, les macronistes et les éléments de langage…
En effet, l’écriture inclusive est déjà encadrée par deux circulaires, de 2017 et 2021. Que disent ces circulaires ? C’est peut-être ce qui vous embête : qu’il faut promouvoir la féminisation de la langue française. Pourquoi ? Car cela permet d’améliorer l’égalité entre les femmes et les hommes. La langue et la grammaire doivent évoluer, en même temps que la société.Enfin, permettez-moi de douter de vos intentions quand, dans vos rangs, l’un des vôtres estime que les femmes sont mieux à la maison ! (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)Nous ne voterons donc pas la proposition de loi. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)
La parole est à M. le ministre de la transformation et de la fonction publiques.
J’ai parfois la réputation d’être trop bienveillant ou trop gentil. À vous entendre, monsieur le rapporteur, j’en viens à me dire que j’ai peut-être été trop gentil à votre égard à la tribune. Si j’appartenais à un groupe parlementaire qui présente une proposition de loi – je l’ai lue avec attention, malheureusement – visant à interdire, purement et simplement, les termes épicènes dans les textes administratifs, j’aurais honte de faire ainsi perdre son temps à la représentation nationale, alors que nous avons des problèmes plus sérieux à régler. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE et sur quelques bancs du groupe HOR.)Je m’adresse au rapporteur et aux rédacteurs du texte : votre proposition de loi est indigne.
Misogyne !
Je l’ai dit à la tribune : considérer que le terme « fonctionnaire » devrait être banni de toutes les démarches administratives est assez savoureux ! Vous ne pouvez tout de même pas interdire aux fonctionnaires de figurer sur leurs propres documents administratifs ! Réalisant l’indigence de la proposition de loi, vous proposez de la réécrire entièrement et d’en revenir finalement à ce que propose déjà la circulaire d’Édouard Philippe.Les difficultés que l’écriture inclusive peut créer en matière d’accessibilité des textes ou d’apprentissage ne font pas débat. Si vous la combattiez véritablement, nous ne serions pas en train de perdre notre temps et vous seriez en train de saluer l’action du Gouvernement, la circulaire du Premier ministre Édouard Philippe et celle du ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer. Nous ne perdrions pas notre temps à débattre d’un texte qui vise à […]
J’appelle maintenant l’article unique de la proposition de loi dans le texte dont l’Assemblée a été saisie initialement, puisque la commission n’a pas adopté de texte.
La parole est à M. Roger Chudeau.
Madame la présidente, permettez-moi de vous présenter mes hommages et non pas mes femmages. Je vous respecte trop pour cela et j’ai le sens du ridicule. Il est temps de recentrer le débat, après les absurdités et les caricatures que nous avons entendues à propos de notre proposition de loi. Celle-ci a pour ambition de protéger la langue française contre une entreprise insensée qui la défigure, l’abîme et la déconstruit en se parant du titre trompeur d’écriture inclusive.Selon l’Académie française, elle est en réalité un péril mortel pour notre langue. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
C’est lui qui menace le langage !
Comme le précise la Constitution, la langue française est la langue de la nation. Elle est un bien commun transmis par l’école, la famille, les œuvres de l’esprit et des arts, et les systèmes d’information. Elle est vivante, parlée par 500 millions de locuteurs ; ses évolutions sont naturelles et nous n’y trouvons rien à redire.La langue française est notre héritage et notre patrimoine, dont nous ne sommes pas les propriétaires, mais les légataires et les dépositaires. Nous avons le devoir de la conserver, de la protéger contre toutes les manipulations communautaires, de la transmettre comme un trésor patrimonial.
Et de la faire évoluer !
Vous parlez d’une évolution !
La langue française est, sur le territoire de la République, la langue de ce que le code civil appelle la communauté nationale. En prétendant la féminiser artificiellement, les tenants de l’écriture inclusive méconnaissent son histoire et ses principes constitutifs. Ils les travestissent plutôt, dans un sens communautaire, diversitaire et séparatiste.
Autant de néologismes barbares !
Ils portent atteinte à ce qui soude, unit et cimente la nation : notre langue. Cette pseudo-langue n’a évidemment rien d’inclusif. Elle ne peut être ni récitée, ni dictée, ni chantée. Elle dresse un obstacle insurmontable à l’apprentissage de la lecture pour quiconque, élève ou adulte, éprouve des difficultés dans ce domaine. Faut-il vous rappeler que la France compte 2,5 millions d’illettrés ? Cette aberration linguistique est exclusive et excluante. C’est pourquoi je vous invite à voter cette proposition de loi, pour que vive la langue française ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
La parole est à M. Léo Walter.
Je voudrais tout d’abord dire ma surprise de retrouver cette proposition de loi dans l’hémicycle : je pensais qu’elle aurait été retirée après le fiasco survenu en commission.Je tiens à rassurer M. de Lépinau : je n’utiliserai pas aujourd’hui le féminin générique. J’ai constaté à quel point être appelé monsieur la rapporteure l’avait angoissé, alors qu’il trouve parfaitement normal de dire madame le rapporteur à ses homologues. Nous voici au cœur du sujet : MM. Chudeau et de Lépinau s’effraient que l’on puisse utiliser une écriture permettant à la moitié de la population de se sentir incluse. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.)
Et l’autre moitié, de se sentir exclue !
Ils considèrent cela comme une entreprise de déconstruction de la nation – excusez du peu !Je ne reviendrai pas sur l’amateurisme du premier, qui a obligé le second à déposer un amendement de réécriture intégrale de l’article unique. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NUPES et SOC. – M. Erwan Balanant applaudit également.) Je ne répéterai pas qu’ils veulent interdire le point médian là où il n’existe pas – à l’école ou dans les actes d’état civil –, mais aussi là où leur proposition de loi serait inopérante en raison de la liberté académique : à l’université. Je ne soulignerai pas à nouveau l’ineptie de leur argumentaire qui soutient que « je » ou « vous » ne sont pas des pronoms personnels ; qui cite Simone de Beauvoir ou George Orwell pour affirmer que la langue ne façonne pas le monde, alors que l’ensemble de leurs œuvres dit exactement l’inverse (Applaudissements sur […]
La parole est à Mme Géraldine Bannier.
Puisque le centre a été accusé de tiédeur – argument éculé –, permettez-moi de rappeler que les centristes sont simples, clairs et précis. Nous dénonçons bien sûr les excès de l’écriture inclusive : si l’on crée le mot « femmage » en se rapportant au latin, il nous faudra rendre « virage » aux hommes, puisque, en latin, le mot « vir » désigne l’homme, alors que « homo, hominis » désigne l’humain – homme ou femme – et a donné « hommage ».
Ça, ils ne le comprennent pas !
Permettez-moi de vous lire deux phrases qui montrent les excès de l’écriture inclusive – je ne sais pas si vous allez les comprendre : « Tous.te.s celleux qui étaient là n’ont pas tous.te.s eu la chance de parler, mais tous.te.s étaient d’accord » et « L’éducateurice de mon enfant dit qu’iel a des talents de créateurice. »Nous sommes là pour dénoncer les excès, mais nous n’admettons pas qu’une loi vienne réguler l’usage, car c’est lui qui fait la langue française, avec un contrôle de l’Académie française. C’est bien l’usage le législateur suprême. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur quelques bancs du groupe RE.)
La parole est à M. Arthur Delaporte.
Nous avons débuté la journée par le musée des horreurs et nous la terminons par le musée des horreur.e.s. (Rires.) Chers collègues, quand vous signez une proposition de loi en listant d’abord les hommes, puis les femmes ; quand vous débutez la journée par des pseudo-leçons de féminisme que vous prétendez donner à la terre entière, avec votre proposition de loi sur l’endométriose, mais que vous la terminez en plaçant les femmes après les hommes, cela reflète une singulière conception de la société.
Ridicule !
À moins que ce ne soit véritablement votre conception ? Une conception antiféministe (M. Inaki Echaniz applaudit), qui fait de la lutte contre l’écriture inclusive le véhicule de votre vision profondément rétrograde et machiste. Assumez-le ! (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)Ce soir, il ne s’agit pas de parler du bonheur d’écrire avec des points, des e et des s, mais de désigner les femmes, qui ont le droit d’exister dans notre écriture comme dans la société.
Vous avez raison, l’Élysée manque d’une femme à sa tête !
Alors oui, c’est malheureux, à cette heure, de devoir encore débattre de vos inepties, de ce qui nous choque et vous ridiculise : le désir de faire de l’écriture inclusive un sujet de société, alors que finalement, tout le monde s’en fiche, même Mme la présidente du Rassemblement national. On ne va pas dire madame le président du Rassemblement national, on vit avec notre temps ! Vous, vous vivez dans le passé, avec des œillères. Ce serait anecdotique si ça ne concernait que le groupe Rassemblement national, mais ce que vous faites ici a une incidence sur l’ensemble de la société.
C’est long, et ce n’est pas bon !
Vous diffusez une idéologie rance, triste et terne, à laquelle, ce soir, nous continuerons de nous opposer. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et LFI-NUPES.)
Retournez avec vos amis de La France insoumise !
La parole est à Mme Marine Le Pen, pour un rappel au règlement.
Il se fonde sur l’article 100, relatif à la bonne tenue des débats. Je souhaite que la présidence de l’Assemblée nationale lance une enquête, afin de savoir qui a placé les noms des hommes avant ceux des femmes. En effet, ce n’est pas du tout la manière dont nous avions présenté les choses dans notre texte. (Exclamations prolongées sur les bancs des groupes RE, LFI-NUPES, Dem, SOC et HOR.)
C’est très grave, c’est une mise en cause des services !
Oui, mes chers amis, ce sont les services de l’Assemblée qui ont présenté le texte de cette manière. Je souhaite savoir qui en est responsable. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
C’est grave !
C’est bien noté, madame la présidente.La parole est à M. Arthur Delaporte, pour un rappel au règlement.
Il se fonde sur l’article 70, alinéa 3, puisque j’entends ici une mise en cause de la part de Mme Le Pen, alors que ce texte a été validé par le groupe Rassemblement national. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)
Cet article concerne les mises en cause personnelles, monsieur Delaporte.
Madame Le Pen, ici, vous ne pouvez mettre en cause ni les députés ni le fonctionnement de l’Assemblée nationale. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)
Socialiste !
La parole est à M. Sylvain Maillard.
Il se fonde sur l’article 100 relatif à la bonne tenue des débats. La mise en cause des services de l’Assemblée par la présidente Le Pen n’est pas acceptable. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)Chers collègues, nous avions soulevé ce problème il y a une semaine, lors des débats en commission ; vous n’aviez alors rien dit.
Vous n’aviez rien dit !
Ce soir, vous insinuez que la responsabilité incombe aux fonctionnaires de l’Assemblée. C’est inacceptable ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, LFI-NUPES, Dem, SOC et Écolo-NUPES.)
Sylvain Maillard est applaudi par LFI ! Il est applaudi par le Hamas !
Madame la présidente, je demande une suspension de séance.
La séance est suspendue.
(La séance, suspendue à vingt-deux heures quarante-cinq, est reprise à vingt-deux heures cinquante-cinq.)
La séance est reprise.Je vous demande votre attention.En préambule, je rappelle que toute prise de vue est interdite, à l’exception des prises de vue effectuées par les services de l’Assemblée nationale.
C’est bien de le rappeler !
Par conséquent, ceux qui diffuseraient ces vidéos s’exposeraient à des sanctions. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, RN, Dem et HOR.) La présidente de l’Assemblée nationale l’a rappelé à plusieurs reprises. Je souhaite que ce soit bien clair : ces vidéos ne doivent pas être diffusées.Plusieurs députés souhaitent faire un rappel au règlement. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Chacun pourra prendre la parole : Mme Le Pen, M. Echaniz, puis, vous, chère collègue.
Elle s’appelle Sarah Legrain !
Merci. Pouvons-nous nous écouter durant cette dernière heure de débat ?
La parole est à Mme Marine Le Pen, pour un rappel au règlement.
Depuis une semaine, on utilise le fait que les noms des hommes sont placés avant ceux des femmes dans la liste des signataires de la proposition de loi,…
C’est la troisième fois !
…pour en déduire que le Rassemblement national promouvrait je ne sais quelle politique sexiste.
Eh bien oui, mais assumez-le !
Après avoir mené une enquête,…
C’est vous !
…il en ressort que le tri alphabétique sur Excel a placé le M – pour « monsieur » – avant le Mme – pour « madame ». Cette erreur a été commise par un assistant parlementaire. (Protestations sur les bancs des groupes RE et LFI-NUPES.)
Ce n’est pas un rappel au règlement !
S’il vous plaît, chers collègues, pouvons-nous écouter Mme Le Pen ? Je vous remercie.
Je suis étonnée de constater que nos collègues font preuve d’une telle mauvaise foi, en essayant d’en tirer un argument politique, alors qu’il s’agit manifestement d’une erreur commise par un collaborateur…
Une collaboratrice !
Honte à vous !
C’est la première fois qu’on vous voit dénoncer des collaborateurs !
…et non des services de l’Assemblée (Exclamations sur les bancs des groupes RE et LFI-NUPES), ce qui aurait pu se produire sans que cela provoque une catastrophe ou un drame. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
C’est bien noté, je vous remercie. La parole est à M. Inaki Echaniz, pour un rappel au règlement. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
Il se fonde sur l’article 100, relatif à la bonne tenue des débats. Nous avons du mal à entendre les excuses de Mme Le Pen. Par ailleurs, il est toujours mauvais pour un président de groupe ou d’un parti de se défausser sur ses collaborateurs. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et LFI-NUPES.) Si elle avait un peu de courage, elle assumerait l’erreur de son groupe, consistant à ne pas avoir vérifié la liste des signataires de la proposition de loi. Est-ce la première fois ? Je crois que non. Le problème du tableau Excel est-il nouveau ? Je souhaite parler de la proposition de loi… (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur.)
Je vous remercie, vos propos étaient clairs, nous avons compris le sens de votre rappel au règlement. La parole est à Mme Sarah Legrain, pour un rappel au règlement.
Il se fonde sur l’article 100, relatif à la bonne tenue des débats.
Ça n’existe pas !
À partir du moment où se sont succédé un rappel au règlement, une suspension de séance, puis un deuxième rappel au règlement sur cette question, cela signifie que la présidente Le Pen souhaite en débattre. Nous devons pouvoir répondre par un rappel au règlement. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)Du reste, dès la semaine dernière, nous avons soulevé cette question car nous avons été très étonnés par la liste des signataires, tout comme nous avons pointé, en commission, le caractère indigent du texte. Le contenu du texte a révélé votre incompétence ainsi que votre capacité à… (Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice.)
Monsieur Echaniz, vous demandez un nouveau rappel au règlement ?… (Le brouhaha s’amplifie. – Plusieurs députés du groupe LFI protestent contre la coupure du micro.) Ça suffit, chers collègues ! Puisque c’est ainsi, je suspends la séance.
La séance est suspendue.
(La séance, suspendue à vingt-trois heures, est reprise à vingt-trois heures cinq.)
La séance est reprise.
La parole est à M. Inaki Echaniz, pour un rappel au règlement. Sur quel fondement, s’il vous plaît ?
Sur le fondement de l’article 100, relatif à la bonne tenue des débats.
Cela n’existe pas !
Une erreur peut se produire une fois – du reste, se défausser sur un collaborateur, c’est limite. (Protestations sur les bancs du groupe RN.) Mais que s’est-il passé avec le tableur Excel pour que la liste des signataires de la proposition no 1053, en date du 4 avril 2023, visant à redonner au baccalauréat sa qualité de premier grade universitaire débute ainsi : « Roger Chudeau, Alexandre Sabatou, Alexis Jolly » et ainsi de suite ? Uniquement des hommes, et ensuite les femmes !
Parce que le même tableau a été utilisé ! Quelle mauvaise foi !
Peut-être a-t-elle été dressée par le même collaborateur…
Merci, monsieur Echaniz.
…ou est-elle issue du même fichier Excel. En tout cas, ce n’est pas la première fois que le Rassemblement national se trompe dans l’ordre des signataires de ses propositions de loi.
Merci.
Lorsque les choses se répètent ainsi, on peut dire que c’est l’expression d’une ligne antiféministe.
Les Français qui crèvent la dalle doivent être effondrés de vous entendre !
Merci, monsieur Echaniz. Nous avons bien pris connaissance de votre rappel au règlement.La parole est à Mme Sarah Legrain, également pour un rappel au règlement.
Il se fonde sur l’article 100, relatif à la bonne tenue de nos débats.Je m’étonne que cette niche, qui a été un flop tout au long de la journée,…
C’est toi, le flop !
…s’achève sur un Cluedo géant au sein de notre assemblée. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
Ce n’est pas un rappel au règlement !
Mais puisqu’il en est ainsi, nous avons trouvé un coupable idéal – c’est mieux que d’attaquer les fonctionnaires ou ses collaborateurs : il s’agit du colonel Chudeau – dans la bibliothèque, avec le chandelier ! –, qui a l’habitude de déposer des propositions… (Rires et applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES. – Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice.)
Merci ! Nous allons reprendre nos débats.
La parole est à Mme Sophie Taillé-Polian.
Je vais m’efforcer de reprendre le fil de la discussion – ce n’est pas facile.Monsieur le rapporteur, monsieur Chudeau, au-delà des problèmes de tableur Excel, non, la langue française n’est pas attaquée par l’écriture inclusive. Vous voulez la défendre, mais il faut la simplifier,…
Parce que vous ne savez pas écrire le français !
…comme le demandent de nombreux linguistes depuis des siècles, pour éviter qu’elle ne soit trop difficile à maîtriser par tant de personnes.Monsieur le rapporteur, la beauté de la langue française ne tient pas à sa complexité, à sa difficulté à être abordée par tous et toutes. Oh, que non ! S’il faut la protéger, ce n’est certainement pas contre l’égalité et la mise en visibilité des femmes mais, au contraire, contre son incapacité à laisser toute sa place à la moitié de l’humanité.Non, la langue française n’est pas attaquée ; elle évolue avec la société, et vous n’y pourrez rien. L’égalité progresse, le combat pour les droits des femmes progresse,…
Bah oui !
…afin qu’elles prennent toute notre place dans la société. Votre aveuglement, votre opposition à cette quête d’égalité vous a conduits à rédiger une proposition de loi inepte.Vous vous en êtes d’ailleurs rendu compte, bien tard, puisque vous tentez vous-même à présent de la vider de sa substance en défendant un amendement de réécriture. Mais cette réécriture ne peut cacher le véritable objectif initial de votre texte, qui est de lutter contre l’égalité des femmes et des hommes dans notre langue et, plus largement, dans la société, objectif qui révèle votre identité profonde : le rejet de l’égalité entre les femmes et les hommes, comme vos positions historiques…
On parle de l’histoire de votre parti ?
…sur la place des femmes au foyer et contre l’interruption volontaire de grossesse en attestent ! (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES.)
La parole est à Mme Amélia Lakrafi.
Pour la bonne tenue des débats, je vais peut-être commencer par m’excuser d’être une femme (Exclamations sur les bancs du groupe RN) auprès de l’auteur de la proposition de loi, M. Chudeau. Il a réussi l’exploit de faire deux fois la même erreur : cela ne peut absolument pas être un hasard ! (Mêmes mouvements.) Faut-il que je m’excuse également de m’exprimer ? Dois-je demander l’autorisation ?
S’il vous plaît !
Ce texte est une plaisanterie, sur la forme comme sur le fond. La forme, nous en avons assez parlé. Sur le fond, le point médian est déjà proscrit. Par ailleurs, ce que l’on ne nomme pas n’existe pas : je comprends donc que le parti d’extrême droite veut invisibiliser 52 % de l’humanité !
Vous comprenez mal !
On ne peut pas s’asseoir sur la moitié de l’humanité !Le français est une langue magnifique. En quatre ans, elle a gagné 22 millions de nouveaux locuteurs. C’est une chance ! Pour les Français de l’étranger, notamment mes électeurs, en Afrique et au Moyen-Orient, cette langue est ouverte sur la modernité, la diversité, la démocratie, les Lumières : tout ce que nous représentons. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)
Non, vous ne représentez pas les Lumières !
Une langue doit se réinventer, car une langue figée est une langue qui meurt. Le français rayonne ! Le groupe Renaissance votera donc contre l’article unique. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.)
Sur le vote des amendements identiques nos 5, 6, 7 et 8, je suis saisie par les groupes Renaissance et Rassemblement national d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Inaki Echaniz, pour soutenir l’amendement no 5, tendant à supprimer l’article unique.
Pour ramener un peu de sagesse dans nos débats, je vais vous citer ce que Hubertine Auclert écrivait en 1899 : « L’omission du féminin dans le dictionnaire contribue, plus qu’on ne le croit, à l’omission du féminin dans le code (côté des droits). L’émancipation par le langage ne doit pas être dédaignée.
Quel talent !
Ça, c’est un orateur !
« N’est-ce pas à force de prononcer certains mots qu’on finit par en accepter le sens qui, tout d’abord, heurtait ? En mettant au point la langue, on rectifie les usages dans le sens de l’égalité des deux sexes. La féminisation initiale est celle de la langue, car le féminin non distinctement établi sera toujours absorbé par le masculin. »J’invite nos collègues du Rassemblement national à s’inspirer de Hubertine Auclert et à retirer leur texte ou à avouer qu’ils disent n’importe quoi. En tout cas, nous voterons pour les amendements de suppression. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)
La parole est à M. Jean-Claude Raux, pour soutenir l’amendement no 6.
« Cher-point médian-e-point médian-s » collègues (Rires sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – Exclamations sur les bancs du groupe RN), j’ai une confession à vous faire : je me suis converti. Je suis, comme beaucoup d’entre vous, amoureux de la langue française, et j’étais aussi un professeur habitué à manier une langue que je considérais comme un peu sacrée, somme toute figée ; j’étais un peu rigoriste sur les bords, en définitive, un peu rigide, moi aussi.Peut-être parce que j’avais oublié que, chaque année, de nouveaux mots entraient dans le dictionnaire, dont beaucoup sont étrangers – et sans quotas –, que la langue d’oïl du XIIe siècle n’était pas le moyen français du XIVe siècle, que l’imparfait du subjonctif, que j’apprécie chez Balzac, n’est plus qu’une affectation au XXIe siècle, que le passé simple s’écrit mais ne se dit pas et que la grammaire anglaise que j’ai enseignée […]
Très bien !
Surtout, à force de ne m’adresser qu’à une partie de la population,…
Mais c’est faux !
…j’ai compris que j’étais sclérosé ou, pour reprendre vos termes, que j’avais peut-être été contaminé (Exclamations sur les bancs du groupe RN) par l’extension du domaine de la lutte contre les stéréotypes de genre et pour l’égalité.Depuis, à vrai dire, je ne me pose plus la question de la défense rigoriste de la langue française ni même celle de l’esthétique qui, je vous le concède, s’en trouve un peu altérée.
C’est chez vous qu’elle est altérée, pas chez nous !
J’ai crié parfois : « Parle en point médian ! » Et, je vous le jure, non seulement on s’y fait mais, lorsqu’on a compris pourquoi on le fait, on peut ressentir une certaine fierté. (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES et sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)Bref, soyez « ouvert point médian e point médian s », pour sortir de votre immobilisme !
C’est nul !
Dans la vie et dans la langue, des symboles permettent de faire avancer des causes. Si celle de la lutte contre les discriminations ne vous convient pas, dites-le sans détour et sans chercher de prétexte !Le groupe Écologiste entend supprimer l’article unique de cette proposition de loi, qui s’inscrit dans un projet réactionnaire allant à contresens du projet de société inclusive et féministe fondée sur l’émancipation que nous défendons. (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES et sur quelques bancs du groupe RE.)
La parole est à Mme Anne Brugnera, pour soutenir l’amendement no 7.
Monsieur le rapporteur, nous ne sommes pas dupes de l’amendement de réécriture que vous venez d’évoquer ; il emprunte la formulation d’autres propositions de loi pour faire croire que vos combats sont les mêmes que les nôtres. Mais tel n’est pas le cas, car, nous l’avons dit, la question du point et du tiret médians est traitée dans des circulaires, dont la première date de 2017.
Nous ne vous avons donc pas attendus pour traiter cette question. Mais l’important, c’est que ces circulaires interdisent le point et le tiret médians dans les textes administratifs et scolaires et, dans le même temps, favorisent et encouragent la féminisation de la langue française. Et je crois bien que c’est cela qui nous différencie. Nous refusons l’emploi de graphies difficiles à lire et à comprendre et qui, de ce fait, sont excluantes, mais nous nous battons pour l’égalité entre les femmes et les hommes, laquelle passe, ne vous en déplaise, par le langage.C’est pourquoi nous proposons de supprimer l’article unique et, ce faisant, cette proposition de loi inique. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.)
La parole est à Mme Elsa Faucillon, pour soutenir l’amendement no 8.
J’ai déjà dit pourquoi nous avions hâte d’adopter ces amendements de suppression : nous souhaitons passer rapidement à autre chose. Mais je veux redire combien l’écriture inclusive est une chance pour l’égalité (Exclamations sur les bancs du groupe RN) et un danger pour votre idéologie réactionnaire. Vous ne souhaitez pas l’égalité hommes-femmes.
C’est vrai qu’elle est belle, la vôtre, d’idéologie !
Cette idéologie réactionnaire se heurte directement à la promotion des droits pour toutes et tous, pour chacune et pour chacun. Je dirai même qu’à lui seul, le mot « inclusion » ou « inclusif » est contraire à chacune des lignes de votre programme. En définitive, l’écriture inclusive est peut-être la seule chose que vous n’interdisez pas uniquement aux étrangers.Nous voterons évidemment pour ces amendements de suppression, car nous voulons pouvoir utiliser au jour le jour cette langue qui évolue parce que la société évolue. C’est une véritable chance ! (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES et sur quelques bancs du groupe RE. – Mme Ségolène Amiot applaudit également.)
Quel est l’avis de la commission ?
À titre personnel, mon avis est évidemment défavorable à ces amendements de suppression qui reviennent à refuser le débat de fond. Je suis effrayé par ce que je viens de voir.
Nous aussi !
La radicalité s’exprime à gauche de l’hémicycle.
C’est la charia !
Dans une conférence de presse, M. Mélenchon a tenu des propos très menaçants à l’égard de ceux qui ne pensent pas comme lui. Très sincèrement, si jamais vous preniez un jour le pouvoir,… (« Ah ! » sur les bancs du groupe LFI-NUPES)
Vu comme vous êtes nuls, ça va arriver !
…je crains que nous n’ayons des soucis. Mais rassurez-vous, nous sommes là pour l’empêcher. (Vives exclamations et applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Dans un duel entre Macron et Mélenchon, vous appellerez donc à voter Macron !
Nous avons entendu l’avis donné par le rapporteur à titre personnel. Madame la vice-présidente, est-ce également l’avis de la commission ?
La commission est favorable aux amendements de suppression.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Favorable.
La parole est à Mme Laure Lavalette.
Étant dans l’hémicycle depuis le début de la journée, je suis épatée de voir combien il y a peu de différence entre la majorité et ceux qui ont fait élire les députés de la NUPES ! (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
Nous avons des différences avec vous !
Les uns et les autres sont des Républicains ! C’est la République !
Ensuite, j’ai l’impression que la place des femmes au Rassemblement national suscite des fantasmes dans vos rangs. (Sourires sur les bancs du groupe RN.) Toutefois, je peux vous assurer que tout va bien !En étant un peu chauvine, je voudrais vous citer Frédéric Mistral (Exclamations continues sur les bancs du groupe LFI-NUPES), qui disait « Qui tient sa langue tient sa liberté. » Comme l’a dit M. le rapporteur, l’écriture inclusive est une succession de coups de boutoir dans notre langue et notre identité ; elle porte donc atteinte à notre liberté. (M. Manuel Bompard et Mme Ségolène Amiot font le geste de quelqu’un qui rame.)Cette écriture exclut plutôt qu’elle ne rassemble ; elle rend difficile l’apprentissage pour les personnes porteuses de handicap ou qui ont des difficultés cognitives. Elle est une arme de destruction massive de notre langue. En effet, sous prétexte de lutter contre […]
La parole est à M. Léo Walter.
Je suis heureux de prendre la parole après Mme Lavalette qui vient de s’exclure elle-même de l’arc républicain !Au cours de cette journée, vous avez inventé l’auto-obstruction ou l’autotrollage – je ne sais pas comment le nommer exactement. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.) Vous l’aurez noté, nous ne nous sommes pas associés aux amendements de suppression, car nous étions très heureux à la perspective de débattre des amendements que nous avions déposés et qui rendaient cette proposition de loi un peu intelligente. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)Je crois néanmoins que le supplice de M. Chudeau a assez duré et qu’il est temps de passer à autre chose. Avant de vous dire que nous voterons donc ces amendements de suppression, je m’inquiète au sujet de M. Pierre Meurin, car l’explication qu’a donnée Mme Le Pen ne permet toujours pas de […]
Je mets aux voix les amendements identiques nos 5, 6, 7 et 8.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 213 Nombre de suffrages exprimés 210 Majorité absolue 106 Pour l’adoption 127 Contre 83
(Les amendements identiques nos 5, 6, 7 et 8 sont adoptés ; en conséquence, l’article unique est supprimé.) (M. Arthur Delaporte applaudit.)
(La séance, suspendue quelques instants, est immédiatement reprise.)
La parole est à M. Roger Chudeau.
Devant ce déferlement de mauvaise foi, d’incompétence, d’hypocrisie,…
C’est vous qui avez mis en cause des fonctionnaires !
…qui aboutira à vider de son sens la proposition de loi dont je suis l’auteur, j’en demande le retrait.
Il est pris acte du retrait de la proposition de loi par son auteur.
La séance est suspendue.
(La séance, suspendue à vingt-trois heures vingt-cinq, est reprise à vingt-trois heures trente.)
La séance est reprise.
L’ordre du jour appelle la discussion de la proposition de loi de Mme Laure Lavalette et plusieurs de ses collègues visant la création d’un complément de revenu garanti par l’État pour les étudiants qui travaillent durant leurs études (nos 1150, 1703).
Mais où est passée Marine Le Pen ?
Elle a déserté sa niche ?
Va te coucher !
La parole est à M. Kévin Mauvieux, rapporteur de la commission des affaires sociales.
En septembre 2009, Kévin postule à l’accueil d’un supermarché de Pont-Audemer, dans l’Eure, parce qu’il vient d’avoir 18 ans et qu’il va entamer ses études. Les parents de Kévin sont de classe modeste : son père travaille dans la filière du bâtiment et travaux publics (BTP) et sa mère est femme de ménage. Pour payer son loyer, la fac, les trajets, la nourriture, l’électricité – et j’en passe –, Kévin travaille durant toutes ses études en caisse de supermarché les week-ends, les jours fériés et les vacances. Cela a été une chance pour son avenir de pouvoir si tôt s’insérer dans le monde du travail et d’en apprendre les codes. Il se demandait alors : mais où est l’État pour m’aider, pour m’encourager alors que j’ai le courage de travailler dur et de m’en sortir à la sueur de mon front ? L’État reconnaît-il mon courage ?Aujourd’hui, Kévin est fier de défendre la proposition de loi de Laure […]
Flagorneur !
La situation du pays est catastrophique sur le plan du pouvoir d’achat mais aussi de la dette. Ce n’est plus un secret pour personne, l’inflation galope en France depuis de nombreux mois, et les Français sont pris à la gorge. En particulier, les étudiants étouffent et suffoquent. Nos marges de manœuvre sont extrêmement serrées, quasi nulles, en raison des six années d’une Macronie à la folie dépensière et à la démagogie financière, qui pratique la politique des œillères face aux crises que le Gouvernement ne saurait voir et aux solutions, parfois simples et non coûteuses, qu’il ne saurait appliquer.Alors, retirons les œillères et observons. À la rentrée 2023, un étudiant sur deux affirme qu’il limite ou même renonce à des achats alimentaires. Près d’un étudiant sur deux déclare avoir déjà sauté un repas pour des raisons financières. Selon l’association Linkee, pour deux étudiants sur […]
Chers collègues de la minorité présidentielle, enivrés d’autosatisfaction, vous pouvez faire mentir les chiffres, mais pas les images. Faites preuve d’un peu de modestie. Une génération entière de notre future France est en souffrance : il est temps d’agir. Derrière tous ces faits se cachent des étudiants à la santé mentale fragilisée, dont les conditions de vie se sont fortement dégradées avec l’inflation, notamment lorsqu’il s’agit de se nourrir.Tous les partis politiques qui se succèdent depuis des décennies sont responsables de cette situation. Lors de son audition, l’Observatoire national de la vie étudiante nous confiait avoir été surpris de constater que, jusqu’à la crise du covid-19, les étudiants n’avaient jamais constaté la moindre amélioration de leurs conditions de vie, quel qu’ait été le parti au pouvoir, de la NUPES au grand complet aux Républicains – absents aujourd’hui – […]
Dans vos rangs non plus, il n’y a plus grand monde ! (Exclamations sur quelques bancs du groupe RN.)
Courage, il ne vous reste plus qu’une demi-heure à tenir !
Face à cette situation catastrophique, le Gouvernement manque clairement d’ambition ; il agit peu et mal. La réforme des bourses, totalement insuffisante, reste très en deçà des enjeux, et, à peine la moitié des 60 000 logements des Crous, les centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires, promis par Emmanuel Macron en 2017 sont sortis de terre sept ans plus tard.Autre réponse largement perfectible : celle du repas à 1 euro pour les étudiants les plus modestes – 3,30 euros pour les autres. Cette solution présente le défaut majeur de créer une nouvelle fracture territoriale dans notre pays, puisque les nombreux jeunes qui étudient dans des lieux plus ruraux n’ont pas accès aux restaurants universitaires, qui proposent des repas équilibrés et financièrement accessibles. Il leur faut se nourrir par leurs propres moyens, souvent grâce à la restauration rapide, guère bénéfique […]
Et pas en vendant de la drogue !
Il s’agit souvent d’étudiants de la classe moyenne, cette classe toujours oubliée, délaissée, pourtant si courageuse, qui n’ont droit qu’aux miettes accordées aux boursiers des échelons 0 ou 0 bis par des ministres qui peuvent ainsi dormir sur leurs deux oreilles.Ces étudiants ont des parents courageux qui font tourner la France, qui gagnent assez pour être ponctionnés en permanence mais trop pour être aidés, qui aimeraient financer entièrement les études de leurs enfants, dont ils sont fiers, mais qui ne peuvent leur apporter qu’un petit soutien ponctuel, quand la chance leur sourit. A contrario, nous constatons que les enfants issus de milieux plus aisés travaillent moins en marge de leurs études.Selon les chiffres, plus de la moitié des étudiants travaille en complément de ses études – un travail licite, j’entends (Applaudissements sur les bancs du groupe RN) –, à raison d’une […]
Pourquoi français ? Ce ne serait pas un peu inconstitutionnel, comme proposition ?
Car oui, la priorité nationale est et restera dans notre ADN, et pour de bonnes raisons : les Français doivent être prioritaires dans l’accès aux aides de l’État français. (« Excellent ! » et applaudissements sur les bancs du groupe RN.) Le complément de revenu, ouvert aux étudiants français âgés de 18 à 25 ans révolus, titulaires d’un contrat de travail, leur permettra de percevoir une prime égale à 20 % de leur salaire – 30 % pour les boursiers –, quels que soient le nombre d’heures travaillées et le revenu mensuel. Afin d’éviter les effets d’aubaine, cette aide, qui permettrait aux étudiants concernés d’obtenir en moyenne 100 à 150 euros de complément de revenu, serait plafonnée à 200 euros – 300 euros pour les boursiers. Il s’agit d’une solution bien moins coûteuse que la solution démagogique de l’extrême gauche (M. Aurélien Saintoul s’exclame), mais aussi plus équilibrée et plus […]
C’est dommage que vous ayez voté contre !
Seul prérequis : accepter d’aller chercher les profits réalisés indûment sur le dos des Français – y compris lorsqu’on va jusqu’à l’inscrire dans son programme ! –, pour les redistribuer là où ils sont nécessaires.
Merci de conclure, monsieur Mauvieux.
Je termine, madame la présidente, à l’instar d’Elsa Faucillon, qui a, tout à l’heure, bénéficié de temps supplémentaire.En reprenant le programme de Marine Le Pen, le Rassemblement national décide de mettre à l’honneur une proposition de loi mettant pragmatisme économique, bon sens politique, méritocratie et justice sociale (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES), au service de nos futures générations, celles qui étudient et travaillent avec courage. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Est-ce qu’avec l’allocation, il y aura une formation à Excel ?
La parole est à Mme la secrétaire d’État chargée de la jeunesse et du service national universel.
Jamais dans l’Histoire l’extrême droite n’a défendu un projet de société fondée sur la solidarité, une société du « tous pour un » émancipatrice pour notre jeunesse.