Séance du 6 février 2024 /// n°117 /// 678 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2023-2024

Séance du 6 février 2024 — 117e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

678prises de parole
119orateurs
30points à l'ordre du jour
4scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
3336 l'ensemble de la proposition de loi visant à garantir le respect du droit à l'image des enfants (lecture défnitive). 195 / 0 adopté
3337 l'amendement n° 36 de M. Delautrette à l'article premier de la proposition de loi renforçant la sécurité des élus locaux et la protection des maires (… 54 / 78 rejeté
3338 l'amendement n° 17 de M. Rome et l'amendement identique suivant à l'article premier de la proposition de loi renforçant la sécurité des élus locaux et… 26 / 106 rejeté
3339 l'article premier de la proposition de loi renforçant la sécurité des élus locaux et la protection des maires (première lecture). 121 / 13 adopté

Verbatim Le compte rendu

Tours 601 à 678 sur 678 — page 4 / 4.

Article 1er

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Marie Lebec ministre déléguée · EPR #1015

Deux peines sont évoquées dans cet amendement : la première est une peine complémentaire d’interdiction du territoire français. Comme l’a très bien dit Mme la rapporteure, la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration, prévoit désormais la possibilité de prononcer cette peine complémentaire pour tous les crimes et délits punis d’une peine d’emprisonnement d’une durée supérieure à trois ans. Plus tard dans le texte, il y aura un ajustement de coordination.Je ne vois pas non plus de raison de supprimer la peine d’interdiction de participer à des manifestations sur la voie publique : une telle peine est opportune. Mme la rapporteure a bien précisé qu’il s’agissait de punir des faits graves, qui portent atteinte à l’intégrité de nos élus. Cette peine est justifiée lorsque des violences ou des crimes sont commis à l’encontre de personnes chargées d’une […]

La parole est à Mme Edwige Diaz.

Nous sommes très défavorables à ces amendements. Tout à l’heure, le groupe La France insoumise a voulu déposer un article visant à supprimer le durcissement des peines. Heureusement, le bon sens l’a emporté et cet amendement a été rejeté. Maintenant, les députés insoumis reviennent à la charge en demandant la suppression des peines complémentaires. Or ces peines sont tout à fait justifiées : il est normal qu’une personne ayant agressé un élu soit interdite de manifestation, précisément parce que des élus se trouvent dans les manifestations. Vous, les députés insoumis, qui participez même aux manifestations interdites, vous devriez le savoir !Par ailleurs, il me semble aussi tout à fait normal de prononcer une peine d’interdiction du territoire français à l’égard d’un étranger qui a agressé un élu – on parle de faits de violence. Six élus par jour sont victimes d’agressions : ce chiffre […]

Eh oui !

Absolument.

…d’autre part, vous êtes déconnectés des attentes de votre électorat, qui souhaite à 57 % un durcissement des peines à l’encontre des agresseurs d’élus. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Excellent !

La parole est à M. Sébastien Jumel.

Premièrement, bien que mon nom ait été cité plusieurs fois depuis le début de la séance, il ne s’agit pas d’une proposition de loi Jumel-Spillebout. En effet, elle vient du Sénat – la nôtre viendra plus tard.Deuxièmement, si un argument devait justifier le vote des deux amendements, c’est bien l’intervention du RN que nous venons d’entendre. Le rapport que nous avons rendu permet de dire qu’il y a besoin d’étayer les outils statistiques afin de se faire une opinion sur l’évolution de la réalité du sort réservé aux élus.De plus, le Calae doit être doté de ressources supplémentaires. Les services déconcentrés de l’État, le préfet et le parquet doivent avoir des moyens complémentaires afin de pouvoir réagir en étroite relation avec les élus qui sont déstabilisés dans le cadre de leur mission. Cette absence de statistiques consolidées n’autorise personne à considérer que la question des […]

On n’y comprend plus rien !

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #1030

Je mets aux voix les amendements identiques no 17 et 115.

#1031

(Il est procédé au scrutin.)

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #1032

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 133 Nombre de suffrages exprimés 132 Majorité absolue 67 Pour l’adoption 26 Contre 106

#1033

(Les amendements identiques no 17 et 115 ne sont pas adoptés.)

Sur l’article 1er, je suis saisie par le groupe Renaissance d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à Mme Estelle Youssouffa, pour soutenir l’amendement no 15.

Il vise à renforcer les mesures de protection pour les catégories de personnes particulièrement exposées à la violence, notamment les élus. Il propose l’instauration d’une peine complémentaire automatique d’interdiction du territoire français pour tout étranger reconnu coupable de violences à l’encontre des membres de ces catégories.Cela concerne les militaires de la gendarmerie nationale déployés sur le territoire, les fonctionnaires de la police nationale, les agents de la police municipale, les gardes champêtres, les agents de douane, les sapeurs-pompiers professionnels et volontaires, les agents de l’administration pénitentiaire et, bien sûr, les détenteurs de mandats électifs.Actuellement, la loi prévoit la possibilité d’une peine complémentaire d’interdiction du territoire dans de tels cas de violence. Mon amendement vise à la rendre automatique.En l’espèce, je veux évoquer le cas […]

Quel est l’avis de la commission ?

Violette Spillebout rapporteure · EPR #1043

Je vous remercie pour votre amendement. Eu égard au témoignage de ce conseiller départemental, on comprend le désarroi que peuvent éprouver certains élus lorsque les peines ne sont pas, à leurs yeux, à la hauteur de ce qu’ils ont vécu, a fortiori lorsqu’ils continuent de vivre aux côtés de leur agresseur. Quels que soient les territoires, de nombreux élus y sont sensibles.Cependant, je vous demande de retirer cet amendement, pour deux raisons. Tout d’abord parce qu’il est satisfait. Dans la rédaction actuelle du texte, l’alinéa 8 prévoit la possibilité de prononcer une peine d’interdiction de séjour ; quant à la demande d’automaticité que vous avez évoquée, elle ne figure pas dans l’amendement tel qu’il est rédigé. Sur le principe, on peut être en désaccord avec l’automaticité de la peine et préférer laisser au juge l’appréciation de la situation.Ensuite, pour un étranger qui […]

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Marie Lebec ministre déléguée · EPR #1047

Votre témoignage est très révélateur des situations concrètes auxquelles un élu peut être confronté, mais j’abonderai dans le sens de la rapporteure. Si votre amendement semble justifié, il est cependant satisfait par le premier alinéa de l’article 222-47 du code pénal, qui prévoit la possibilité de prononcer l’interdiction de séjour, au titre de peine complémentaire, suivant les modalités prévues par l’article 131-31 du même code. Afin d’aboutir à une loi efficace pour protéger les élus sans être bavarde, je vous invite donc à retirer votre amendement.

La parole est à M. Hervé de Lépinau.

Tout à l’heure, sur les bancs de l’extrême gauche, j’ai cru entendre : « Lorsqu’on s’attaque à un élu, on s’attaque à la République ».

Je ne suis pas d’extrême gauche, je suis coco ! Ce n’est pas pareil !

C’est assimilé !

M. Jumel a raison, ce n’est pas la même chose !

À partir du moment où un étranger attaque la République, il n’a plus rien à faire sur le territoire national ; cela me semble être une évidence absolue.L’amendement de notre collègue Estelle Youssouffa met le doigt sur la situation dramatique d’un département français : Mayotte connaît une véritable submersion d’immigration irrégulière, tant depuis la côte africaine que depuis les Comores. La situation quasi insurrectionnelle dans laquelle se trouve l’île ne fait manifestement pas beaucoup réagir en métropole. Imaginons la même chose dans la Creuse ou en Haute-Savoie : les réactions s’alarmant de l’invasion migratoire subie par certaines parties de notre territoire seraient beaucoup plus unanimes. Il est évident qu’un étranger qui s’attaque à des élus n’a plus rien à faire chez nous : il doit être expulsé séance tenante. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

#1055

(L’amendement no 15 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #1056

La parole est à Mme la rapporteure, pour soutenir l’amendement no 67.

article 1er · amendement 67
Violette Spillebout rapporteure · EPR #1057

Il s’agit d’un amendement de modification purement technique et de cohérence juridique. Il fait référence au débat que nous venons d’avoir. L’article 222-48 du code pénal a été abrogé par l’article 35 de la loi visant à contrôler l’immigration et améliorer l’intégration ; nous ne pouvons conserver, dans cette proposition de loi, le renvoi à un article du code pénal qui n’existe plus. La peine complémentaire qui est évoquée pourra être prononcée dans le cadre de l’application de la loi déjà votée, sans nécessiter une mention explicite.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Marie Lebec ministre déléguée · EPR #1059

Favorable.

#1060

(L’amendement no 67 est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #1061

Je mets aux voix l’article 1er, tel qu’il a été amendé.

#1062

(Il est procédé au scrutin.)

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #1063

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 134 Nombre de suffrages exprimés 134 Majorité absolue 68 Pour l’adoption 121 Contre 13

#1064

(L’article 1er, amendé, est adopté.)

Article 1er bis

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #1066

La parole est à M. Sébastien Rome, pour soutenir l’amendement no 18.

article 1er bis · amendement 18

Il vise à supprimer la circonstance aggravante en cas d’atteinte aux biens. Par le passé, les législateurs n’étaient pas moins sensibles aux agressions contre les élus. Or la proposition de loi vise à faire passer les peines d’emprisonnement de dix à vingt ans.Comme l’a dit notre collègue Paul Molac en citant Robert Badinter, un justiciable ne se balade pas avec le code pénal sous le bras et ne pense pas aux peines, surtout lorsqu’il est pris d’un coup de sang. En revanche, lorsque les attaques sont calculées et que les actes révèlent une intention politique, nous estimons qu’une peine de dix ans correspond à l’exigence de punition des agresseurs des élus. Je pense notamment aux attaques perpétrées par l’extrême droite à Saint-Brevin-les-Pins ou à Grabels – il est regrettable qu’aucun ministre ne s’y soit déplacé.Nous ne voyons pas en quoi l’aggravation de la peine de dix à vingt ans […]

Il faut plus de moyens pour les élus !

Quel est l’avis de la commission ?

Violette Spillebout rapporteure · EPR #1072

Défavorable. Nous avons eu cette discussion en commission des lois et nous avons adopté un amendement de notre collègue Éric Poulliat. La disposition concernée, visant à combler un important vide juridique, est issue d’un travail effectué dans le cadre d’une mission parlementaire sur l’activisme violent, menée avec Jérémie Iordanoff.De quoi est-il question ? De la destruction, de la dégradation ou de la détérioration d’un bien appartenant à autrui par l’effet d’une substance explosive, d’un incendie ou de tout autre moyen de nature à créer un danger pour les personnes. Voilà ce que vous voulez supprimer. Soyons sérieux ! Cette proposition de loi doit être complète et concerner toutes les violences et les dégradations.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Marie Lebec ministre déléguée · EPR #1075

À la lecture de vos différents amendements, je constate qu’ils consistent, pour l’essentiel, à supprimer des mesures protégeant des élus, ce qui m’amène à m’interroger.

Eh oui, c’est grave !

Marie Lebec ministre déléguée · EPR #1077

Au-delà du fond, au sujet duquel la rapporteure vient très justement de s’exprimer, quelle est l’intention derrière votre volonté d’amoindrir la protection des élus ? Dans nos circonscriptions, nous avons tous connu des élus locaux et des parlementaires qui ont été menacés – quand nous ne l’avons pas nous-mêmes été. Certains ont connu de la violence verbale, d’autres ont reçu des menaces écrites et d’autres encore ont connu des situations nettement plus violentes : la rapporteure, dont la maison a été murée ; le maire de Saint-Brevin-les-Pins, qui a subi un incendie ; l’ancienne députée de Dordogne Jacqueline Dubois, dont les deux véhicules ont été brûlés devant chez elle ; l’ancien député de l’Eure Bruno Questel, dans le jardin duquel des coups de feu avaient été tirés.Quel est le sens de votre amendement ? Pourquoi cherchez-vous à amoindrir la protection accordée aux élus ? Sans […]

Alors, qu’attendez-vous pour le faire ?

Vous ne l’avez jamais fait !

Marie Lebec ministre déléguée · EPR #1081

Quel est alors le sens de vos amendements qui visent à supprimer des dispositions qui améliorent la protection des élus ? En toute sincérité, je m’étonne de votre démarche consistant à amoindrir le texte, alors même que nous sommes conscients des difficultés que rencontrent les élus et des violences auxquelles ils sont confrontés. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE.)

Eh oui !

La parole est à Mme Edwige Diaz.

Après une tentative de suppression des peines, puis un amendement tendant à supprimer les peines complémentaires, voici maintenant un amendement visant à supprimer l’extension de la circonstance aggravante.

Ce n’est pas très bon signe pour les maires !

Franchement, ce n’est pas sérieux de parler dans cet amendement de surenchère pénale. C’est même méprisant, car vous ignorez le traumatisme des élus qui ont vu leurs biens être dégradés. Vous ne pourriez pas tenir ces propos aux maires et aux élus de votre circonscription. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Tout à l’heure, vous vous êtes présentés comme étant les défenseurs des élus locaux ; je crois au contraire que vous êtes les protecteurs de leurs agresseurs. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Très bon résumé !

La parole est à M. Éric Poulliat.

Au cours des travaux que j’ai menés avec Jérémie Iordanoff, nous nous sommes aperçus qu’en l’état du droit se posait une difficulté : une atteinte grave commise vis-à-vis des élus est moins réprimée qu’une atteinte considérée comme non dangereuse. Il s’agit donc de rétablir une forme de justice et de rectifier l’échelle de la réponse pénale.On ne peut prétendre défendre les élus quand, par dogmatisme, on propose ce genre d’amendement, qui n’a qu’un seul but : affirmer une volonté politique cherchant à cautionner une forme de violence, quelle qu’elle soit.Avec l’article 1er bis, nous avons rétabli la justice. Les élus, quels qu’ils soient – parlementaires, simples conseillers municipaux ou maires –, seront protégés bien plus efficacement.

Exactement !

La parole est à M. Manuel Bompard.

Dans ce débat, nous pouvons déterminer quels sont les outils les plus pertinents pour protéger les élus, mais je ne crois pas qu’il soit pertinent d’expliquer que certains voudraient les protéger et que d’autres ne le voudraient pas.Madame la ministre, vous avez évoqué une discussion au cours de laquelle nous sommes convenus que l’indignation et les condamnations ne pouvaient être à géométrie variable en fonction de l’étiquette politique des élus visés. Je suis d’accord avec vous, notre demande en ce sens était légitime ; en ce qui nous concerne, elle l’est à chaque fois que des élus sont ciblés, menacés, agressés ou violentés.

Ce n’est pas vrai !

Vous ne trouverez pas un seul exemple de tels faits que nous n’aurions pas condamnés ; nous avons toujours été là.

C’est faux !

Taisez-vous !

En revanche, malgré notre discussion, je n’ai toujours pas entendu une seule prise de parole du Gouvernement ou d’un député de la minorité présidentielle condamnant les actions commises contre des élus de la France insoumise,…

Quelle honte !

…à savoir des menaces proférées par téléphone et devant leur permanence. Ce matin encore, ma collègue Farida Amrani a vu une personne cagoulée entrer dans sa permanence et s’en prendre à l’un de ses collaborateurs parlementaires, sans qu’aucun d’entre vous ne réagisse. (Protestations sur les bancs du groupe RE. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Exactement !

Je veux bien que nous débattions du fond, mais appliquez les principes que vous affirmez respecter à la tribune de l’Assemblée nationale ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Qui sème le vent…

#1107

(L’amendement no 18 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
#1108

(L’article 1er bis est adopté.)

· ADOPTION d’un article (vote à main levée)
Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #1109

La suite de la discussion est renvoyée à la prochaine séance.

Ordre du jour de la prochaine séance

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #1112

Prochaine séance, ce soir, à vingt et une heures trente :Suite de la discussion de la proposition de loi renforçant la sécurité des élus locaux et la protection des maires.La séance est levée.

#1113

(La séance est levée à vingt heures.)

#1114

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra