Séance du 28 février 2024 /// n°129 /// 550 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2023-2024

Séance du 28 février 2024 — 129e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

550prises de parole
81orateurs
15points à l'ordre du jour

Verbatim Le compte rendu

Tours 201 à 400 sur 550 — page 2 / 3.

Suites données à la commission d’enquête visant à établir les raisons de la perte de souveraineté et d’indépendance énergétique de la France

Il me semble qu’en écrivant que nous devons travailler à long terme et de façon consciente, c’est exactement cela que vous réclamez. Monsieur le ministre, je voudrais insister sur deux points : premièrement, comme tous mes collègues, et compte tenu de ce que nous venons de dire, j’estime qu’une loi de programmation est absolument logique et nécessaire ; deuxièmement, je rappelle que dans le monde où nous vivons, la souveraineté, qu’elle soit militaire ou alimentaire, est synonyme d’exportations, et qu’il convient de garder cette dernière notion en tête.Il y a plus de cent trente ans, Marc Sangnier définissait la démocratie comme « une organisation sociale qui portera au maximum la conscience et la responsabilité civiques de chacun ». Notre famille Démocrate fêtera cette année son centenaire, le centenaire de notre parti.

Je me disais bien qu’on voyait Bayrou dans le paysage depuis longtemps…

En tant que citoyen, Français engagé dans le monde, ingénieur énergéticien et même député, je me sens, au sein de cette famille, aussi utile qu’au premier jour. Concernant les suites de la commission d’enquête, vous pouvez compter sur le groupe Démocrate : nous resterons des vigies pragmatiques, ayant un point de vue global, lucides et responsables, en particulier au sujet de l’énergie. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et HOR.)

La parole est à M. Alexandre Loubet.

Le montant des factures énergétiques explose ; nous avons risqué des pénuries d’électricité. Près des deux tiers des Français déclarent avoir déjà renoncé à se chauffer, les faillites d’entreprises se multiplient, les communes éteignent leur éclairage public. En Macronie, la sobriété énergétique est devenue la norme : une situation digne d’un pays du tiers-monde, alors qu’il y a trois décennies la France, véritable paradis énergétique, bénéficiait d’une ressource abondante, d’un réseau de qualité, de prix parmi les plus bas d’Europe, que son indépendance assurait sa grandeur et le bonheur de nos compatriotes. Que s’est-il donc passé ? Les conclusions du rapport de la commission d’enquête sont claires : monsieur le ministre, vous avez échoué. Ce n’est pas seulement la guerre en Ukraine qui a mis fin à notre souveraineté énergétique, mais les choix de décideurs politiques qui à la […]

Pour qui sait lire entre les lignes, ce rapport souligne la responsabilité du Gouvernement dans le saccage de notre indépendance énergétique. M. Armand, le rapporteur de la commission d’enquête, membre du groupe Renaissance, vient lui-même de publier Le mur énergétique français, livre ainsi sous-titré : « le rapport accablant sur trente ans d’erreurs politiques ».

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Roland Lescure ministre délégué · EPR #342

Moi, je n’aurais pas osé !

Depuis près de douze ans qu’il est investi de responsabilités politiques, Emmanuel Macron nous conduit dans ce mur, et nous ne rattraperons pas trente ans d’erreurs avec ceux qui les ont faites. Il ressort donc de ce rapport qu’il est urgent, pour refaire de la France un paradis énergétique, d’appliquer le programme du Rassemblement national et de Marine Le Pen.

Roland Lescure ministre délégué · EPR #344

Bingo !

Tout d’abord, libérons-nous des règles absurdes du marché européen de l’énergie, retrouvons un prix français de l’électricité, conforme aux coûts de production sur le sol national ; cette mesure améliorera le pouvoir d’achat des ménages, la compétitivité des entreprises, et évitera de dilapider l’argent du contribuable – le bouclier tarifaire a fait gaspiller des dizaines de milliards d’euros.

On ne pourra plus exporter !

Ensuite, nous devons préserver et moderniser, grâce à une stratégie nationale ambitieuse, le modèle énergétique français : protégeons les barrages hydrauliques de la libéralisation imposée par Bruxelles, supprimons l’Arenh, qui pénalise lourdement EDF, accroissons la durée de vie du parc nucléaire existant et construisons, au lieu des six réacteurs que vous nous promettez, une vingtaine d’EPR.

Accélérons le développement des SMR et des nouvelles technologies comme l’hydrogène, créons une véritable filière de formation, exploitons – à condition bien sûr de pouvoir le faire de manière écologique – les ressources propres qui font la richesse de nos sous-sols : je pense au gaz de couche lorrain ou encore à l’hydrogène blanc, dont l’un des plus importants gisements au monde vient d’être découvert en Moselle, dans ma circonscription.Monsieur le ministre, tirez les leçons de ces décennies d’échecs, des conclusions de la commission d’enquête parlementaire. L’énergie constitue le moteur d’une société ; or la France dispose de tous les atouts nécessaires pour redevenir le paradis énergétique qu’elle était – encore faut-il le vouloir. Nous devons reprendre en main notre souveraineté énergétique, rendre à la France sa puissance, aux Français leur prospérité. (Applaudissements sur les […]

La parole est à M. Maxime Laisney.

Alors que le rapport de la commission d’enquête reproche aux gouvernements successifs d’avoir négligé de doter la France d’une stratégie énergétique et préconise « une loi de programmation énergie climat sur trente ans », Roland Lescure, tout juste nommé ministre délégué chargé de l’énergie, nous assurant qu’il n’y a pas urgence, reporte une nouvelle fois le texte que nous aurions dû examiner en juillet. Le monde s’est réchauffé de 1,5 degré Celsius au cours des douze derniers mois et les énergies fossiles représentent toujours plus de 60 % de la consommation du pays, mais aux yeux du ministre, il n’y a pas le feu au lac ! À cette irresponsabilité climatique s’ajoute l’abus de langage : comme l’ont rappelé plusieurs personnalités auditionnées, l’indépendance énergétique est une illusion, la souveraineté devant plutôt s’entendre, en la matière, comme la réduction de notre […]

…les cinq autres EPR existant dans le monde ont également tous connu des retards, des arrêts de tranche, et nous apprenons maintenant que le design de l’EPR 2 ne sera pas achevé à la date prévue ! Vulnérabilité financière : dans le Cotentin, le montant de la facture a été multiplié par six, et EDF annonce que la somme de 52 milliards pour six EPR 2 était sous-estimée. Vulnérabilité en matière de déchets : les piscines de La Hague débordent, l’absence de solutions empêche le démantèlement des centrales fermées. Vulnérabilité humaine : l’industrie nucléaire repose en grande partie sur les sous-traitants, qui réalisent 80 % de la maintenance et reçoivent ainsi la même proportion des doses de radioactivité. Vulnérabilité enfin aux accidents, car, explique le président de l’Autorité de sûreté nucléaire, « un accident nucléaire est toujours possible et ceux qui prétendraient le contraire […]

L’accident de Fukushima n’était pas nucléaire !

Cette vulnérabilité est pourtant encore aggravée, en ce moment même, par l’acharnement du Gouvernement à désorganiser la gouvernance française de la sûreté nucléaire afin de l’adapter aux start-up désireuses d’exploiter sans contrainte de petites centrales dans des sites Seveso : une folie ! Le nucléaire n’assurera donc ni notre indépendance ni notre souveraineté ; en revanche, il nous fait perdre un temps précieux dans la lutte contre le changement climatique, puisque même le scénario le plus optimiste ne prévoit qu’après 2040 l’entrée en service du sixième EPR 2 annoncé, ce qui nous conduirait à laisser s’accumuler les gaz à effet de serre au moment où nos émissions devraient tendre vers zéro.A contrario, les énergies renouvelables sont produites par des technologies dont le coût diminue, de plus en plus efficaces, développables rapidement, facilement rapatriables. Elles représentent […]

La parole est à M. le ministre délégué chargé de l’industrie et de l’énergie.

Roland Lescure ministre délégué chargé de l’industrie et de l’énergie · EPR #362

Permettez-moi de vous remercier de me donner l’occasion d’intervenir devant vous dans ce débat. J’en profite pour remercier le Président de la République et le Premier ministre (« Ah ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES) qui m’ont confié la lourde responsabilité, depuis maintenant trois semaines,…

Après quatre semaines d’attente ! Ça a dû être dur !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #364

…d’un portefeuille regroupant à la fois l’industrie et l’énergie.

C’est un bingo, cela ! Je le note !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #366

Je pourrai ainsi respecter l’une des nombreuses recommandations du rapport de la commission d’enquête – vous l’avez mentionné, monsieur Armand – et réunir deux stratégies essentielles pour faire de la France la première nation verte en Europe et dans le monde. Nous avons besoin d’une industrie forte et souveraine, d’une industrie verte et, pour cela, plusieurs d’entre vous l’ont rappelé, il nous faut produire une électricité décarbonée en masse, à des prix raisonnables. Je ferai en sorte que notre pays soit au rendez-vous.Au risque de satisfaire le président Schellenberger et de cocher l’une des cases du bingo susmentionné, je voudrais saluer le formidable travail de ma prédécesseure Agnès Pannier-Runacher…

Eh bien voilà ! Bingo !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #369

…qui a pris notamment des mesures visant à favoriser la sobriété exceptionnelle que nous avons connue il y a un an et qui ont permis à la France et aux consommateurs – ménages comme industriels – de changer leurs comportements et d’être au rendez-vous du défi…

Historique !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #371

…historique, vous avez raison monsieur Pradié, auquel la France était confrontée : l’année dernière, nous avons failli manquer d’électricité. L’une des raisons pour laquelle cela ne s’est pas produit, c’est que les Françaises et les Français ont consenti des efforts exceptionnels.

C’est aussi grâce à la centrale à charbon !

Et aux centrales nucléaires !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #374

Agnès Pannier-Runacher a également fait adopter deux lois essentielles, l’une relative à la production des énergies renouvelables et l’autre à l’énergie nucléaire, qui nous permettront d’accélérer le développement de ces deux types d’énergie. Elle a accompli un travail exceptionnel pour faire évoluer la régulation européenne et a lancé une Alliance du nucléaire, que nous continuerons, avec Bruno Le Maire, à faire prospérer. Elle a participé, avec votre serviteur, à la négociation d’un accord sur la régulation qui permettra à la fois de développer notre électricien national et de disposer de prix défiant toute concurrence. Merci à elle, donc, et je suis très heureux de marcher dans ses pas.Plusieurs d’entre vous l’ont rappelé, nous avons besoin d’une énergie abondante, décarbonée et pas chère, non seulement pour répondre à l’électrification des usages, mais aussi pour poursuivre la […]

Roland Lescure ministre délégué · EPR #377

Le travail de la commission a permis un débat public exceptionnel : deux anciens présidents de la République, plusieurs ministres, d’anciens présidents d’entreprises publiques et privées et des experts ont été auditionnés.

De nombreuses personnes auditionnées, sauf Roland Lescure !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #379

C’est vrai, Roland Lescure n’a pas été auditionné : c’est le seul manque que je note à votre liste exhaustive d’intervenants ! Votre travail a permis non seulement de porter un regard sur la politique énergétique de la France depuis trente ans mais aussi de battre en brèche plusieurs mythes.Grâce à vous, nous pouvons enfin sortir du mythe selon lequel la France aurait été davantage souveraine sur son mix énergétique dans le passé, souveraineté qu’elle aurait perdue. N’en déplaise au député Sansu, depuis des années, le mix énergétique français dépend à plus de 60 % des énergies hydrocarbures produites dans le reste du monde – et elle est encore dépendante aujourd’hui. Le défi majeur auquel nous faisons face, c’est de sortir de cette dépendance, d’acquérir une pleine souveraineté énergétique – et pas seulement électrique.

Je suis bien d’accord !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #382

C’est ce que nous nous attacherons à faire. Cela a d’ailleurs été bien mentionné par Xavier Albertini.

Un bon point !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #384

Grâce à vous, nous pouvons sortir d’un deuxième mythe, celui d’une France qui serait plus forte sans ses partenaires européens. Sur les quarante dernières années, nous avons exporté de l’électricité, monsieur Loubet, pendant trente-neuf d’entre elles ; c’est grâce à un marché européen de plus en plus intégré que nous avons pu le faire.

Cela n’a rien à voir ! Nous exportions de l’électricité avant les règles du marché européen !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #386

La seule année au cours de laquelle nous avons failli manquer d’électricité, heureusement que le marché européen était là…

Rien à voir avec la fixation des prix !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #388

…pour pouvoir nous éclairer. Nous avons donc bénéficié de la solidarité européenne contre laquelle vous vous élevez régulièrement.

Vous parlez des interconnexions !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #390

Enfin, nous pouvons désormais sortir du mythe selon lequel l’État français devrait disposer d’un opérateur unique, EDF, qui conduirait toute la stratégie. EDF est une entreprise exceptionnelle et continuera de l’être. Elle est, vous le savez, le leader d’une filière qui comprend à la fois des entreprises publiques et des entreprises privées, des jeunes entreprises innovantes…

Hercule n’est pas loin quand on vous entend, monsieur Lescure !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #392

Je parle bien d’une filière, dirigée par une entreprise de taille et de réputation internationale, EDF, qui permettra à la France d’être à la fois un leader dans l’innovation, le développement, la production et qui nous permettra d’atteindre la souveraineté énergétique dans les trente à quarante prochaines années.Votre commission d’enquête a permis de se projeter dans l’avenir : plus de la moitié des mesures sont réalisées. J’en citerai deux, qui me sont chères en tant que ministre de l’industrie : l’accélération de la décarbonation des sites industriels et le lancement d’un inventaire minier, qui nous permettra d’éviter de passer d’une dépendance à une autre. Bref, cette commission d’enquête a été très utile pour nous aider à dessiner notre feuille de route.Notre besoin, dans les années futures, est très clair depuis maintenant deux ans, presque jour pour jour, lorsque le Président de […]

Très bel exemple !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #397

Bref, nous devons regrouper tout ce que nous avons à notre disposition pour consommer moins et mieux et pour produire plus et mieux. De ce point de vue, j’aimerais le dire de manière claire, la guerre des religions est terminée !

Très bien !

Vive le concordat !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #400

Nous devons sonner la mobilisation générale, de manière à ce que, ensemble, nous poussions tous les feux qui nous permettront de remporter ce combat. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et Dem.)

Six députés applaudissent !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #402

Je comprends bien que M. le député Laisney soit un peu déçu de nous voir enterrer ici la guerre des religions ; mais nous ne devons plus opposer les énergies les unes aux autres – je reconnais que je l’ai d’ailleurs très peu entendu cet après-midi. Nous n’avons qu’un seul mot d’ordre : sortir de notre dépendance aux énergies fossiles et pousser les feux à fond en matière de réduction de la consommation et de décarbonation de la production.Chaque besoin entraîne des défis, a des avantages, chacun a son calendrier. J’ai bien entendu, ici ou là, votre attente d’un débat sur la planification énergétique – nous l’aurons. Bruno Le Maire et moi-même avons souhaité lever le crayon, l’espace d’un instant, pour identifier la meilleure manière d’y parvenir, mais nous aurons bien ce débat. En attendant, concentrons-nous sur l’essentiel : l’application concrète des mesures qui ont été votées par le […]

Ah ! On n’en peut plus d’impatience !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #406

Nous continuerons évidemment à développer l’aval du cycle, en espérant peut-être même un jour en assurer la clôture.

Excellent !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #408

Il faut attirer les talents, s’assurer de la stabilité du cadre financier réglementaire, poursuivre la simplification administrative, y compris – nous aurons l’occasion d’y revenir d’ici quelques jours – le rapprochement de l’ASN et de l’IRSN.

Roland Lescure ministre délégué · EPR #410

S’agissant des renouvelables, nous devons accélérer. J’ai bien entendu vos questions sur les décrets relatifs à la loi pour l’accélération de la production des énergies renouvelables – M. Castellani et Mme Battistel, notamment, l’ont évoqué. Permettez-moi de rappeler tout d’abord que la mesure phare, inscrite à l’article 15, ne nécessitait aucun décret mais appelait plusieurs actions de l’État, qui ont été engagées. L’État a publié, le 11 mai 2023, soit deux mois après l’adoption de la loi, la cartographie des zones géographiques. Le dispositif avance : nous instituons les comités régionaux de l’énergie – je souhaite participer moi-même à certains d’entre eux, de manière à montrer que la planification énergétique, cela marche au niveau régional et au niveau local. Nous pouvons identifier à la fois les besoins des municipalités et la volonté des régions d’avancer ensemble.De nombreux […]

Pas dans cinq ans !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #413

En matière d’énergies renouvelables, l’hydraulique a été évoquée – Mme Battistel l’a fait avec brio, comme elle le fait toujours.

Roland Lescure ministre délégué · EPR #415

Nous souhaitons accélérer pour trouver une solution. Ce n’est pas simple, d’autant que cela fait quinze ans que cela dure.L’éolien terrestre fonctionne. Son implantation suscite quelques défis locaux, je le reconnais bien volontiers, en particulier dans les régions dans lesquelles l’éolien terrestre est déjà très présent – certains disent même trop présent : dans les Hauts-de-France et dans le Grand Est. D’autres régions ont un peu de retard et se sont emparées du sujet : je pense notamment à l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine, qui ont présenté un programme accéléré de développement de l’éolien terrestre. Cette énergie est compétitive : elle a, soit dit en passant, rapporté 6 milliards d’euros au budget de l’État pour les années 2022 et 2023 – elle rapporte donc même des deniers publics !En ce qui concerne l’éolien en mer, il faut reconnaître que nous sommes un peu en retard. Je […]

En plus, c’est un ami !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #419

…une grande concertation – elle est déjà en cours, mais nous voulons l’accélérer – sur les usages de la mer, afin de changer de braquet et de planifier l’implantation des 45 gigawatts à horizon 2050.L’année 2023 a été record pour le photovoltaïque,…

Grâce aux stocks chinois !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #422

…avec 3,2 gigawatts installés – nous continuerons d’accélérer dès 2024 puisque nous visons 4 à 5 gigawatts. Le défi majeur du photovoltaïque, qui a été mentionné notamment par la députée Laernoes – que j’invite à échanger avec ses collègues écologistes des autres pays, car ils ne partagent peut-être pas tous ses préoccupations –, c’est non seulement de produire une énergie décarbonée en France, mais de le faire avec des panneaux fabriqués en France.

Absolument !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #424

Nous avons fait beaucoup de choses, vous le savez : le crédit d’impôt au titre des investissements en faveur de l’industrie verte a été voté par cette majorité, dans le cadre du projet de loi de finances, ce qui nous permet d’accompagner des projets d’installation d’usines photovoltaïques en France.Nous avons fait adopter au niveau européen – une fois encore, l’Europe nous protège – un règlement « industrie zéro émission nette », dit NZIA, qui permet d’accélérer le développement de productions fabriquées en France et de lancer des appels d’offres publics dans lesquels le critère de souveraineté et de localisation peut intervenir – n’hésitez pas à en parler à vos collègues européens de manière à ce qu’ils nous soutiennent.Le député Frédéric Petit l’a évoqué, les discussions franco-allemandes sont parfois, dirais-je, intéressantes…

Riches !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #428

…et j’imagine qu’elles le sont tout autant au sein de l’Assemblée franco-allemande. Mais nous avançons.Pour conclure, nous devons nous donner les moyens de devenir la première nation industrielle verte d’Europe. C’est le chemin vers notre souveraineté énergétique, sur laquelle vous avez travaillé avec efficacité pendant six mois.C’est un enjeu de souveraineté, c’est aussi un enjeu de prospérité. C’est un enjeu social. C’est un enjeu qui doit nous permettre de redonner espoir dans des territoires dans lesquels l’espoir industriel a depuis trop longtemps été effacé. C’est un enjeu majeur qui nous permettra de réconcilier économie et écologie, de replacer la France et l’Europe sur la carte mondiale. Nous soutenons ce projet au niveau national : France 2030, le crédit d’impôt au titre des investissements en faveur de l’industrie verte – j’en passe et des meilleures.Nous le soutenons aussi […]

Nous en venons aux questions. Je vous rappelle que la durée des questions et celle des réponses est limitée à deux minutes et qu’il n’y a pas de droit de réplique.La parole est à M. Aurélien Pradié.

Dans vos remerciements, vous auriez pu, monsieur le ministre, insister sur ceux à qui vous devez d’avoir désormais une définition claire de la nouvelle stratégie énergétique, à savoir les membres de la commission d’enquête et, singulièrement, son président Raphaël Schellenberger.

Roland Lescure ministre délégué · EPR #435

Je l’ai remercié !

Nous pouvons affirmer que le travail effectué par l’Assemblée nationale sur ce sujet est bien plus important que celui accompli par tous les ministres réunis de ce gouvernement en matière de stratégie énergétique.Puisque le sujet qui nous intéresse aujourd’hui est celui de la perte de souveraineté, il faut, à mon sens, se poser deux questions. La première est de savoir si vous croyez véritablement en la souveraineté.Durant des années, ce mot fut d’ailleurs dans votre bouche comme dans celle de nombreux membres de l’entourage d’Emmanuel Macron un gros mot, en matière énergétique, démocratique mais aussi alimentaire – il n’est pas nécessaire de le rappeler, vous avez suffisamment de crises à gérer depuis quelques jours. La question fondamentale est la suivante : croyez-vous réellement en la souveraineté dans un domaine aussi essentiel que l’énergie ?Dès l’après-guerre, celles et ceux qui […]

Et les vôtres, donc !

La souveraineté énergétique se fondait aussi sur l’hydroélectricité.

Merci de respecter votre temps de parole, monsieur le député !

Je conclus, madame la présidente.C’est tout le sujet : n’abandonnez pas la souveraineté énergétique liée à l’hydroélectricité. (M. Raphaël Schellenberger applaudit.)

La parole est à M. le ministre délégué.

Roland Lescure ministre délégué · EPR #447

Pour que la souveraineté soit une réalité, il ne suffit pas de sauter sur sa chaise en criant : « Souveraineté ! Souveraineté ! »

Roland Lescure ministre délégué · EPR #449

Vous parlez à un ministre de l’industrie qui a contribué, dans le cadre de la majorité au pouvoir depuis sept ans, à inverser la tendance séculaire de la France à la désindustrialisation.

Eh oui !

Il est bon de le rappeler !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #452

Depuis six ans, et pour la première fois depuis trente-cinq ans, nous créons de l’emploi industriel : nous avons créé plus d’usines que nous en avons fermées. Nous avons repris le chemin de la souveraineté industrielle qui consiste à produire en France des biens dont la production a été délocalisée durant des dizaines d’années : des véhicules, des médicaments, des trains…

Qui a vendu Alstom ?

Roland Lescure ministre délégué · EPR #454

Vous évoquez Alstom : la France dispose d’un champion mondial, Alstom, qui a acquis un producteur canadien pour en faire un des producteurs mondiaux.

Nous ne vivons pas dans le même pays !

Quelle blague ! Vous n’avez pas racheté Arabelle !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #457

S’il vous plaît monsieur Pradié, évitons les caricatures, sortons des guerres de religion, et ayons un débat de qualité – il l’a été jusqu’à présent. Interrogeons-nous sur les solutions : comment faire avancer ensemble – comme nous l’avons fait dans le domaine de l’industrie – notre capacité à être véritablement souverains dans le domaine de l’énergie ?Ne me dites pas que la France a un jour été souveraine dans le domaine énergétique. Depuis des décennies, la part des hydrocarbures, importés du monde entier, dans la consommation énergétique de la France s’élève à 60 %. La vraie souveraineté, ce n’est pas une souveraineté à 40 %, c’est une souveraineté à 100 %. C’est celle que je souhaite développer avec toutes celles et ceux qui sont prêts à le faire. Faites-le avec nous, travaillons ensemble et nous y parviendrons.

Qui détient les moyens de production ?

Qui est propriétaire ?

La parole est à M. Romain Daubié.

Le rapport de la commission d’enquête visant à établir les raisons de la perte de souveraineté et d’indépendance énergétique de la France met en lumière les choix passés responsables de cette perte de souveraineté. Elle résulte notamment d’un combat idéologique contre l’énergie nucléaire qui relève d’une hypocrisie de certains alors qu’en tant qu’élus, nous devons être responsables. L’énergie nucléaire doit occuper une place prépondérante dans le mix énergétique de la France. Elle est garante de la souveraineté énergétique, et je me réjouis de voir réapparaître de tels enjeux au cœur des politiques publiques du fait d’une relance sans précédent des projets nucléaires dans le prolongement du discours dit de Belfort.Monsieur le ministre, vous avez visité la semaine dernière, dans ma circonscription, la centrale du Bugey, qui est à l’origine de milliers d’emplois directs et indirects chez […]

La parole est à M. le ministre délégué.

Roland Lescure ministre délégué · EPR #467

J’ai grandi dans les années 1970.

Cela ne nous rajeunit pas.

Roland Lescure ministre délégué · EPR #469

En plein choc pétrolier, la France a fait le choix très courageux, très ambitieux et assez coûteux, d’investir dans l’énergie nucléaire. Ce parc électronucléaire comprend le réacteur du Bugey, fermé depuis trente ans, et quatre autres qui sont en bon état. La durée de vie de trois d’entre eux a été prolongée – j’espère que ce sera également le cas du quatrième. C’est grâce à ces investissements passés que nous disposons d’une électricité décarbonée parmi les moins chères d’Europe.

Eh oui !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #471

Je souhaite qu’ensemble nous trouvions les moyens pour que, à leur tour, dans trente ou quarante ans, nos enfants et nos petits enfants soient fiers de nos décisions. Les enjeux de régulation du tarif de l’électricité sont au cœur de nos préoccupations. Nous devons à la fois permettre aux consommateurs français, industriels et ménages, de bénéficier d’une énergie décarbonée bon marché, et donner à EDF les moyens d’investir pour que nos enfants puissent également en bénéficier. Tel est le sens de l’accord trouvé à l’automne : offrir un équilibre entre une couverture à la hausse des prix exceptionnels, avec un plafonnement quasi total pour 90 % de la facture, et des accords entre EDF et ses principaux consommateurs pour garantir, en particulier aux industriels, des prix raisonnables, mais aussi les investissements futurs.Cet accord existe et je profite de votre question pour encourager […]

Merci !

La parole est à Mme Félicie Gérard.

Quelles seront les suites données à la commission d’enquête visant à établir les raisons de la perte de souveraineté et d’indépendance énergétique de la France ? Depuis 2011, l’Arenh, sans doute en raison de tarifs trop faibles et de l’absence de prise en compte de l’inflation, mais aussi le bouclier tarifaire – instauré pour des raisons conjoncturelles – ont affaibli financièrement EDF. Malgré une bonne année 2023, sa situation financière se dégrade alors que des investissements gigantesques sont nécessaires pour construire les EPR dont la France a besoin. Pourriez-vous nous indiquer comment l’État compte organiser le financement des nouveaux EPR ? Sera-t-il intégré à la future loi de programmation ?

C’est drôle, ce genre de question. Ce serait intéressant de savoir si Édouard Philippe a vraiment une ambition pour la France. Il en dit quoi ?

La parole est à M. le ministre délégué.

Roland Lescure ministre délégué · EPR #478

Vous l’avez souligné : le défi majeur est de disposer d’électricité décarbonée pas trop chère – j’encourage encore une fois les industriels et EDF à signer des contrats dès à présent –, tout en investissant pour le futur, y compris dans les EPR 2. Nous sommes en train de finaliser les projets des EPR 2 et, à terme, nous serons capables d’en évaluer les coûts. Il est trop tôt pour vous répondre, mais nous devrons relever ensemble un défi majeur de financement.L’équation est simple : les consommateurs d’aujourd’hui en financeront une partie, par leurs factures et leurs impôts. Les consommateurs de demain en financeront une autre partie par l’endettement public, et les entreprises assurent également ce financement en investissant dans l’électricité pour améliorer leur productivité et leur efficacité. Pour financer ces programmes ambitieux, nous pourrons jouer sur trois leviers – les […]

La parole est à Mme Julie Laernoes.

Ma première question concerne la filière photovoltaïque française, qui connaît d’énormes difficultés et pourrait disparaître d’ici à quelques mois. Laisser crever cette filière qui a besoin d’aides directes donnerait un terrible signal alors que nous avons besoin des énergies renouvelables. Ne déportez pas le débat au niveau européen en Européen convaincu que vous êtes ; prenez des mesures comme lorsque vous avez sauvé une filière industrielle d’avenir française et européenne !Ma deuxième question porte sur la sûreté : il est impossible de ne pas l’évoquer lorsque l’on parle de la relance du nucléaire. Sans sûreté, il n’y aura pas de relance fiable. Le modèle français de sûreté, reconnu partout dans le monde, a contribué à rétablir une forme de confiance dans la France.

Ce n’est pas un modèle, c’est un parti pris !

Cette confiance est une composante essentielle du développement du nucléaire. Que l’on soit pour ou contre le nucléaire, la sûreté constitue une préoccupation majeure.De l’avis majoritaire des experts et des personnels de la filière, le projet de démantèlement de l’IRSN déstabiliserait tout ce que nous avons construit. Cette réforme est inefficace car elle complexifierait le processus de sûreté au moment même où EDF fait face à un double défi : maintenir le parc actuel au-delà des délais imaginés et construire de nouveaux réacteurs.Cette réforme est dangereuse parce qu’elle renonce à donner un statut favorable aux activités de recherche, parce qu’elle affaiblit notre expertise technique et réduit la transparence et le dialogue avec la société civile.Enfin, monsieur le ministre, cette réforme est injustifiée : personne n’a été capable de nous expliquer pourquoi l’on veut déstabiliser à […]

La parole est à M. le ministre délégué.

Roland Lescure ministre délégué · EPR #489

J’espère que vous le reconnaîtrez, même si vous ne l’avez pas voté : le projet de loi de finances pour 2024 a créé un crédit d’impôt au titre des investissements en faveur de l’industrie verte. Autorisé par l’Union européenne grâce à l’action de la France, il permet de financer des usines de panneaux photovoltaïques en France. Nous sommes les seuls à le faire, en réponse notamment à l’IRA, l’Inflation Reduction Act des Américains en 2022.Ensuite, nous avons négocié au niveau européen une capacité à inclure dans les appels d’offres publics des critères dits non-prix, tels que la souveraineté et le bilan écologique, ce qui permet d’exercer une véritable préférence européenne, réclamée par les parlementaires sur tous les bancs depuis des années et que nous n’avions jamais réussi à obtenir.Est-ce que cela suffit ? Peut-être faut-il aller plus loin. Le coût des panneaux solaires qui arrivent […]

Je parle de la question française.

Roland Lescure ministre délégué · EPR #493

Nous aurons le temps de discuter du modèle de sûreté du 11 au 13 mars puisque ces dates ont été retenues pour évoquer ici même le projet de rapprochement entre l’ASN et l’IRSN.

Nous nous réjouissons !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #495

J’espère que nous éviterons la caricature : personne ne souhaite démanteler qui que ce soit.

Quelle pudeur !

Dites-nous juste pourquoi !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #498

Nous souhaitons trouver une organisation qui assure la sûreté de l’industrie nucléaire française ; nous en débattrons.

Merci de conclure, monsieur le ministre !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #500

Personne dans cette assemblée n’est pour ou contre la sûreté. Nous allons travailler à définir des modèles différents qui nous permettront, je l’espère, de débattre de manière productive, mais sans caricature. (Mme Danielle Brulebois applaudit.)

L’exigence reste le sujet !

La parole est à M. Nicolas Sansu.

J’aborderai deux questions différentes. La première concerne les difficultés de recrutement et l’enjeu des compétences, sujets mis en exergue par l’ultime proposition du rapport dont nous débattons.La filière nucléaire, qui emploie 220 000 personnes, se heurte en effet à un manque chronique de professionnels dans les métiers manuels qui nécessitent un haut niveau de savoir-faire. Les besoins de recrutement dans les dix prochaines années sont estimés à 100 000 professionnels. Alors que les moyens déployés jusqu’à présent restent faibles, quels moyens budgétaires pérennes et quelles initiatives nouvelles le Gouvernement entend-il proposer pour renforcer l’attractivité de ces métiers, pour développer les dispositifs de formation dans la durée, et pour enfin instaurer un statut de l’énergéticien, garantissant à tous les salariés des droits de haut niveau comme le demande l’université des […]

La parole est à M. le ministre délégué.

Roland Lescure ministre délégué · EPR #507

Ce n’est pas devant l’ancien maire d’une ville que je connais bien, dans laquelle se tient tous les deux ans le championnat de France de soudure,…

On avait dit : « pas d’attaques personnelles » ! (Sourires.)

Roland Lescure ministre délégué · EPR #509

…que je vais nier le fait que les talents, dans le nucléaire, ont une importance majeure.

Bien sûr.

Il aurait surtout fallu éviter d’en perdre, des talents !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #512

Et si je ne m’abuse, le dernier championnat, auquel nous avons tous les deux assisté, a été remporté par une équipe de Framatome ; cela montre bien que l’industrie nucléaire s’appuie sur des talents exceptionnels, dont nous allons avoir de plus en plus besoin.La filière nous a remis en avril 2023, à Agnès Pannier-Runacher et à moi-même, un rapport dit Match qui, vous l’avez dit, chiffre à 100 000 environ les recrutements nécessaires dans le nucléaire, à tous les niveaux – ingénieurs, soudeurs, métalliers. Nous devons donc nous organiser pour relever ce défi majeur. Et nous le faisons !Vous m’avez demandé si les moyens étaient au rendez-vous, et je vous réponds que oui : dans le cadre du plan France 2030, le dispositif « Compétences et métiers d’avenir » est soutenu par une enveloppe globale de 2 milliards d’euros visant à améliorer les compétences et les formations relatives aux métiers […]

Les factures, elles ont beaucoup augmenté pour le consommateur !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #518

…et une compétitivité maintenue pour l’industrie. Je le répète – merci de m’en donner l’occasion : signez des contrats, messieurs les industriels et monsieur EDF ! Travaillez ensemble ; les prix sont bas, c’est le moment. Profitons-en pour financer le développement du nucléaire, mais aussi une industrie compétitive pour les quinze, vingt ou trente ans qui viennent.

Sacré défi !

La parole est à M. Michel Castellani.

Nombreuses sont les annonces faites sur la nécessité de retrouver notre souveraineté énergétique, mais rares sont les actions concrètes.

C’est drôle d’entendre un Corse parler de souveraineté !

On peut s’interroger sur la première version de votre projet de loi relatif à la souveraineté énergétique : son volet programmatique, qui fixait notamment des objectifs de déploiement du nucléaire, a tout bonnement été supprimé, et vous avez en outre indiqué vouloir vous donner du temps pour trouver un nouveau consensus avec la filière des énergies renouvelables.Monsieur le ministre, les objectifs environnementaux et de décarbonation ne doivent pas nous faire oublier la nécessité de retrouver une souveraineté énergétique. À titre d’exemple, même si la production nucléaire a augmenté de 41 térawattheures entre 2022 et 2023 selon RTE, elle reste en dessous des valeurs historiques. Ce constat révèle une perte évidente de souveraineté énergétique, ce qui a des conséquences directes, on le sait, sur le prix de l’électricité vendue aux entreprises.En effet, de nombreuses filières vous […]

(À seize heures trente, Mme Élodie Jacquier-Laforge remplace Mme Naïma Moutchou au fauteuil de la présidence.)

La parole est à M. le ministre délégué.

Roland Lescure ministre délégué · EPR #530

Vous l’avez dit : il ne faut en aucun cas sacrifier un objectif aux autres. Nous avons trois objectifs et je suis convaincu que grâce à l’industrie, ils sont réconciliables et donc conciliables : d’abord, décarboner notre économie – nous devons devenir la première économie verte en Europe et dans le monde ; ensuite, garantir la sécurité de nos concitoyens – c’est non négociable ; et enfin, assurer à la fois la protection du pouvoir d’achat, la protection des consommateurs et la compétitivité de notre économie.Les programmes énergétiques dans lesquels nous nous engageons – le renouvelable et, vous l’avez dit, le nucléaire – vont nous permettre d’y parvenir : ils nous permettront d’assurer à la fois notre souveraineté énergétique, notre compétitivité industrielle et la protection du pouvoir d’achat des consommateurs de demain. C’est un projet très ambitieux sur lequel nous allons essayer […]

La parole est à Mme Danielle Brulebois.

Vous l’avez dit, monsieur le ministre, l’énergie nucléaire a une importance stratégique dans le mix énergétique français, que ce soit pour notre indépendance énergétique ou pour la décarbonation de notre industrie.Vous l’avez dit aussi, nous allons réaliser des investissements importants pour permettre le renouveau de notre parc nucléaire – vous avez par exemple évoqué les EPR 2. Il est donc crucial d’amplifier la formation de nos jeunes, non seulement au niveau supérieur de la recherche, de l’ingénierie et de la haute technologie, mais aussi dans les métiers de base qui sont des métiers phares, très recherchés par notre industrie depuis que vous avez engagé la réindustrialisation de la France.Or ces métiers peinent à attirer nos jeunes. On l’a vu, nous avons été confrontés à des difficultés de recrutement dans la filière nucléaire, et elles ont été identifiées comme l’une des causes […]

La parole est à M. le ministre délégué.

Roland Lescure ministre délégué · EPR #539

Il se trouve que j’ai eu un peu de temps au mois de janvier – j’étais entre deux jobs ; j’en ai profité pour aller au cinéma. (Sourires.)

Ça ne nous intéresse pas beaucoup !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #541

J’y ai vu une publicité pour les métiers de l’armée de l’air et de l’espace. Cela fait vingt ans que l’armée fait très bien ce que vous demandez, c’est-à-dire donner envie aux jeunes de rejoindre des métiers dont la nature et le quotidien diffèrent fortement des images d’Épinal très anciennes que vous avez évoquées, en donnant l’exemple de la chaudronnerie.

Il faut laisser plus longtemps les ministres sans affectation ; ça leur donne des idées !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #543

Nous devons faire en sorte que l’industrie attire autant que l’armée et que les jeunes soient informés du fait que les métiers de demain ne seront pas ceux d’aujourd’hui ; c’est ce qui permettra de les attirer. À la fin du mois de mars se tiendra à Villepinte le salon Global Industrie 2024. Je vous engage vraiment à vous y rendre, car il met en lumière les métiers de l’industrie, ce qu’elle est aujourd’hui et ce qu’elle sera demain. Venez-y, et amenez des jeunes de vos circonscriptions ! Faites venir des classes, organisez des déplacements ! Nous l’avions fait l’année dernière à Lyon, lors du salon précédent, et le succès avait été exceptionnel.Nous devons montrer ce qu’est la réalité de l’industrie d’aujourd’hui, en insistant sur le fait qu’il y aura des dizaines, voire des centaines de milliers de nouveaux jobs dans les années qui viennent. Et nous devons aussi montrer que […]

La parole est à M. Emmanuel Lacresse.

Pour maintenir la souveraineté et l’indépendance énergétiques de la France, nous devons gagner la bataille du financement. M. le ministre l’a dit tout à l’heure : nous sommes loin du retour au monopole et au tout-nucléaire. Deux grandes cathédrales de l’investissement dans le nucléaire sont en voie d’achèvement : Hinkley Point, en Angleterre, qui est un projet d’EDF, et le tokamak de la Durance, qui est le plus grand au monde.Mais cette année, le budget de la France a ouvert d’autres crédits en matière d’énergie, par exemple pour l’hydrogène – plus de 800 millions d’euros – mais aussi pour l’injection de biogaz et pour l’électrification des territoires d’outre-mer, hors Pacifique, dans une perspective productrice. Le bois énergie, couplé au bois d’œuvre, est également encouragé : dans le budget de la forêt, plusieurs centaines de millions d’euros qui n’avaient jusqu’alors pas été […]

On n’a pas tout compris !

La parole est à M. le ministre délégué.

Roland Lescure ministre délégué · EPR #553

Merci, monsieur Lacresse, d’avoir résumé brillamment l’ensemble des défis auxquels nous faisons face en évitant d’opposer les uns et les autres – les différentes sources d’énergie entre elles, l’Europe et les territoires, les industriels et les consommateurs. Ces défis sont considérables et parmi eux, vous avez mentionné les conflits d’usage sur le foncier. Nous devons donc organiser la consultation et la concertation de manière à ce que ces conflits soient traités le mieux possible.J’ai été interrogé à plusieurs reprises sur l’agrivoltaïsme. Nous travaillons sur le décret qui permettra, nous l’espérons, de réconcilier souveraineté agricole et souveraineté énergétique, mais aussi de rassurer les agriculteurs : ce sont bien eux, et non des énergéticiens, qui produiront de l’énergie sur leurs terres, complétant ainsi leur revenu tout en continuant à faire de l’agriculture.

Tout à fait !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #556

Il a aussi été question de la biomasse : c’est un enjeu essentiel et elle va, elle aussi, donner lieu à des conflits d’usage considérables. La planification écologique, dont on a peu parlé – si je dois avoir un regret aujourd’hui, c’est celui-là –, a mis en exergue ce défi majeur, qui doit être traité en priorité de manière à ce que l’avion propre et la chaleur fatale, pour simplifier, puissent largement en bénéficier.Merci, donc, d’avoir exposé si clairement tous ces débats ; ce sont autant de défis que nous devons résoudre par le haut, en investissant dans l’avenir et pour longtemps.

Il n’y avait pas de question, il n’y a donc pas de réponse !

La parole est à Mme Brigitte Klinkert.

Je tiens tout d’abord à saluer le travail de qualité qui a été mené au sein de la commission d’enquête. Les leçons des erreurs commises depuis trente ans, mises en évidence par le rapport qui en est issu, ont été à mon sens tirées par notre majorité. L’ambitieux programme France 2030, lancé par le Président de la République, ainsi que le rachat à 100 % d’EDF par l’État vont donner une impulsion nouvelle permettant de relancer la filière nucléaire. C’est un enjeu de souveraineté énergétique mais aussi industrielle.Le contexte dans lequel nous nous trouvons est simple mais difficile : nous devons assurer notre souveraineté énergétique tout en conduisant la transition écologique, notamment en électrifiant nos usages. En réalité, ces deux défis sont menés de front dans la politique que nous mettons en œuvre : nous accélérons à la fois le nucléaire et le renouvelable, par deux lois qui ont […]

On note que Brigitte Klinkert demande un SMR après Fessenheim !

La parole est à M. le ministre délégué.

Roland Lescure ministre délégué · EPR #565

Merci de m’avoir posé ces deux questions et d’avoir mis en évidence, dans votre introduction, les défis que nous devrons relever pour assurer notre souveraineté énergétique mais aussi notre capacité à y parvenir, collectivement. En effet, aucun des objectifs que nous nous sommes fixés n’est inatteignable et nous réussirons, à condition de financer correctement les futurs investissements et, surtout, d’innover car nous ne pourrons pas garantir la souveraineté énergétique de notre pays, dans les trente, quarante, cinquante, cent prochaines années en appliquant les mêmes recettes qu’il y a cinquante ans !Nous disposons de plusieurs solutions pour assurer le financement, à commencer, bien entendu, par celle de la dépense publique qui provient soit de l’endettement, que financera le consommateur de demain, soit des taxes. Ce n’est pas pour rien que le contribuable paie des taxes sur […]

Sans rien produire !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #570

…qu’il s’agisse de développer le projet de petit réacteur modulaire, d’améliorer la gestion des déchets, de réussir à fermer le cycle, de rendre les futurs EPR 2 encore plus performants, de perfectionner le parc existant afin d’en augmenter la puissance, de l’adapter aux changements climatiques et d’en allonger la durée de vie. Vous conviendrez que ce vaste programme est enthousiasmant ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.)

La parole est à M. Nicolas Dragon.

En dépit de ses discours répétés sur la sobriété énergétique, l’efficacité énergétique et le tout-renouvelable, ce gouvernement s’est enfin rendu compte que la solution pour atteindre nos objectifs climatiques à court et moyen terme réside en réalité dans le développement massif de l’énergie nucléaire. Depuis deux ans, ce même gouvernement s’est appliqué à minimiser ses revirements et les conséquences néfastes de ses actions passées. Dois-je rappeler sa décision de fermer la centrale de Fessenheim ?Malgré la meilleure volonté du monde, il sera difficile d’épargner aux Français et aux entreprises, comme c’est déjà le cas dans mon département de l’Aisne, l’une des conséquences majeures de son égarement : l’augmentation inévitable des prix de l’électricité d’origine nucléaire.À ce sujet, le groupe Rassemblement national aimerait obtenir des éclaircissements sur les agissements futurs de […]

Le RN plaide pour l’Arenh !

La parole est à M. le ministre délégué.

Roland Lescure ministre délégué · EPR #579

Je vais essayer de répondre à votre question même si, sauf le respect que je dois à votre fonction, votre propos partait un peu dans tous les sens. Beaucoup de questions m’ont été posées, depuis deux ans, sur le dispositif tant décrié de l’Arenh qui permettait de financer des factures énergétiques dont le montant était bien moins élevé que partout ailleurs en Europe. Les industriels étaient les derniers à s’en plaindre, mais il faut bien reconnaître que le dispositif n’était pas très efficace car il consistait, en gros, à ponctionner EDF pour arroser tout le monde.Si les prix de l’électricité augmentent à présent, ce dont vous vous plaignez, c’est parce que nous mettons fin à l’Arenh. Pour limiter la hausse, nous avons précisément négocié un accord avec EDF l’automne dernier, lequel permettra en outre de désendetter EDF et de financer une partie des futurs investissements ! Nous […]

La parole est à Mme Florence Goulet.

Remplacer ce qui faisait la puissance et la souveraineté énergétique de la France par des intermittents de l’énergie restera dans la mémoire des Français comme l’un des plus grands scandales industriels et économiques de ces dernières années. L’objectif idéologique de réduire à 50 % la part du nucléaire, lancé par François Hollande et poursuivi par Emmanuel Macron, qui a fermé la centrale de Fessenheim, a été irresponsable. Une prise de conscience, bien trop tardive, n’évitera pas à la France un effet falaise qui conduira à des difficultés de fonctionnement dès 2030 – je vous renvoie aux pages 155 et suivantes du rapport de la commission d’enquête –, alors même que la finalisation des plans de conception du futur réacteur EPR 2 prend encore du retard.La France est tout bonnement devenue incapable de construire une centrale nucléaire : c’est dramatique. Les investissements devront être […]

La parole est à M. le ministre délégué.

Roland Lescure ministre délégué · EPR #586

M. Alexandre Loubet se souvient des longues discussions que nous avions eues autour des amendements « Don Quichotte » lors de l’examen du projet de loi relatif à l’industrie verte. Vous avez vos convictions et je les respecte, même si je les regrette, car je pense que nous pourrions dépasser les traditionnels conflits qui émaillent le débat sur l’éolien, terrestre ou marin, le solaire, le nucléaire etc. Nous avons besoin de tout !Cela étant, permettez-moi de corriger certains de vos propos. Vous dites que les énergies renouvelables sont coûteuses. Rappelons que, depuis deux ans, elles ont rapporté au budget de l’État 14 milliards d’euros ! Vous dites encore que l’éolien est un échec. Pourtant, plus de 10 % de l’électricité produite en France en 2023 provient du parc éolien.

Parce que les prix de l’électricité étaient très élevés !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #589

Bien évidemment ! Que les prix varient sur un marché, cela arrive !

Heureusement, les énergies renouvelables étaient là !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #591

L’enjeu est de parvenir à constituer et à financer, par des deniers publics et privés, un mix énergétique qui nous permette de surmonter les aléas des prix et du volume et d’assurer notre souveraineté énergétique pour les quarante à soixante prochaines années. Ne vous en déplaise, l’éolien terrestre et maritime, qui génère un peu de plus de 50 térawattheures, est une partie de la solution, tout comme l’hydraulique – qui est la deuxième source d’énergie renouvelable –, le solaire et le nucléaire !J’espère que nous pourrons poursuivre le débat pour progresser encore et atteindre cette souveraineté énergétique à laquelle nous aspirons tous.

La parole est à M. Laurent Alexandre.

L’intervention de Maxime Laisney vous aura rappelé qu’une politique énergétique cohérente se pense et se prépare en amont, avant que l’on consacre les moyens nécessaires à sa bonne application. Vous faites hélas tout le contraire, en votant des lois qui n’ont d’accélération que le nom puisqu’elles délaissent une partie des solutions – je pense en particulier aux énergies renouvelables.Je suis élu d’une circonscription rurale qui compte beaucoup de grands logements très anciens. Les chauffer coûte cher et il est bien souvent nécessaire d’engager des travaux d’isolation. Nous avons besoin d’une politique de rénovation énergétique adaptée à cette réalité. Ne serait-ce pas cela, précisément, la souveraineté : trouver des solutions qui correspondent à ce que vivent les territoires ?Or que faites-vous ? Vous retirez 1 milliard d’euros au dispositif MaPrimeRénov’. Pire, vous laissez se […]

La parole est à M. le ministre délégué.

Roland Lescure ministre délégué · EPR #601

Guerre des religions un jour, guerre des religions toujours ! On n’en sortira jamais ! Arrêtons d’opposer les sources d’énergie les unes aux autres ! Un certain nombre d’agriculteurs, j’en ai rencontré, sont d’ores et déjà heureux de pouvoir compléter leurs revenus – et je ne parle pas de substitution – en développant des sources d’énergie alternatives qui permettent de décarboner notre pays. Êtes-vous prêts à étudier toutes les solutions qui permettent de revaloriser la profession d’agriculteur ou tenez-vous absolument à ce que les agriculteurs restent pauvres, en France ?Je n’ai pas dit que ce n’était pas un défi. Je vous ai d’ailleurs expliqué, il y a quelques instants, que nous finalisions la rédaction d’un décret pour nous assurer qu’il s’agirait bien de permettre à des agriculteurs de compléter leurs revenus en installant des panneaux photovoltaïques et non l’inverse. C’est un […]

La parole est à M. Hadrien Clouet.

Monsieur le ministre, vous regrettiez, à juste titre d’ailleurs, que l’on ne parle pas de planification écologique et énergétique. C’est le moment de nous y mettre ! Le sujet est d’autant plus grave que, dans notre pays, notre taux d’indépendance énergétique, c’est-à-dire notre capacité à satisfaire de manière autonome nos besoins énergétiques, est de 25 % – et encore, je suis optimiste car, si l’on en croit M. Pascal Colombani, ancien administrateur général du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), il ne dépasserait pas 12 % ! Ne pinaillons pas : nous sommes tous d’accord pour reconnaître que les énergies renouvelables sont la source la plus autonome énergétiquement et la meilleure garante de la souveraineté nationale. Personne ne serait en effet capable de la couper, une fois qu’elle est branchée !Et pourtant, la France prend un retard considérable. On […]

La parole est à M. le ministre délégué.

Roland Lescure ministre délégué · EPR #611

À la guerre des religions, vous ajoutez la guerre des chiffres ! Où avez-vous trouvé le chiffre de 2 gigawattheures ? En 2023, nous avons installé une capacité de production d’énergie solaire de 3 gigawattheures, nous n’avions jamais fait mieux ! En 2024, nous devrions atteindre 4 à 5 gigawattheures. Dans les faits, nous accélérons. Nous installons des panneaux photovoltaïques en France – le seul défi étant qu’ils sont bien trop chinois à mon goût, Mme Laernoes l’avait déjà noté…

Sur ce point, nous sommes d’accord !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #613

Nous en installons certes moins que les Allemands, mais nos émissions de carbone par habitant sont plus de deux fois inférieures aux leurs. Nous jouons dans une autre ligue qu’eux…

Nous l’avons déjà dit ! C’est un autre mix !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #615

…en partie grâce au nucléaire, vous en conviendrez.Notre pays a de gros progrès à faire, et c’est le défi de ce débat sur la planification, mais reconnaissons que nous faisons plutôt partie des bons élèves de la classe, y compris pour ce qui concerne le développement des renouvelables. Nous sommes en ligne avec les objectifs que nous nous sommes donnés dans la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) en matière de panneaux photovoltaïques et d’éolien terrestre.

Non !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #618

Nous ne sommes en retard qu’en matière d’éolien marin. Le défi majeur est d’accélérer.

Accélérez la publication des décrets !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #620

Nous le ferons en poussant tous les feux.La plupart des décrets importants ont été pris. Il en reste un à signer, sur l’agrivoltaïsme ; je reconnais que c’est compliqué. Je me penche sur le sujet depuis quinze jours avec une main tremblante, si je puis dire. La difficulté consiste en effet à trouver l’équilibre entre d’une part, la préservation et le renforcement des fonctions agricoles et, d’autre part, la création d’une source de revenus complémentaire pour les agriculteurs.

On n’y est pas !