Séance du 10 avril 2024 — 177e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Sébastien Chenu.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Sébastien Chenu.
Tours 1 à 200 sur 554 — page 1 / 3.
La séance est ouverte.
(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)
L’ordre du jour appelle la suite de la discussion de la proposition de loi visant à accroître le financement des entreprises et l’attractivité de la France (nos 2321, 2428).
Cet après-midi, l’Assemblée a poursuivi la discussion des articles de la proposition de loi, s’arrêtant à l’amendement no 22 à l’article 3.Avant que nous ne la reprenions, j’aurais trois choses à vous dire. Tout d’abord, je remercie notre collègue Delogu, à qui je dois – il sait pourquoi – de présider dignement cette séance. Ensuite, étant donné la volonté commune que l’examen du texte soit achevé ce soir, je ne ferai pas de concessions au sujet des temps de parole, et je vous invite à les respecter strictement. Enfin, de manière plus grave, je souhaite que nous ayons tous une pensée pour la personne qui vient d’être assassinée à Bordeaux. (Applaudissements sur tous les bancs.)
La parole est à M. Gérard Leseul, pour soutenir l’amendement no 22.
Il est dû à Philippe Brun et vise à supprimer l’alinéa 2 de l’article, lequel prévoit que soit portée de 20 % à 30 % la proportion du total des actions et parts de l’entreprise pouvant être émises chaque année grâce à une offre publique adressée uniquement à un cercle restreint d’investisseurs. Nous souhaitons maintenir ce pourcentage à son niveau actuel.
La parole est à M. Alexandre Holroyd, rapporteur de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire, pour donner l’avis de la commission.
Suivant vos instructions, monsieur le président, je vais m’efforcer d’être un peu plus succinct. Cet amendement tend à supprimer un alinéa ; en toute cohérence avec notre position concernant les amendements de suppression de l’article, avis défavorable.
La parole est à Mme la ministre déléguée chargée des entreprises, du tourisme et de la consommation, pour donner l’avis du Gouvernement.
Même avis que le rapporteur : défavorable.
La parole est à M. Guy Bricout, pour soutenir l’amendement no 5.
Cet amendement dû à Charles de Courson vise à substituer, à la fin de l’alinéa 2, le chiffre de 50 % à celui de 30 %, c’est-à-dire à rehausser encore le plafond annuel, actuellement de 20 %, d’augmentation du capital d’une société anonyme, sans pour autant autoriser l’assemblée générale à déléguer ce pouvoir au conseil d’administration ou au directoire. Cela permettrait de renforcer le droit des actionnaires minoritaires tout en évitant de brider le développement des entreprises.
Quel est l’avis de la commission ?
Pour les raisons déjà évoquées, il est défavorable.
(L’amendement no 5, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Sur l’article 3, je suis saisi par le groupe La France insoumise-Nouvelle Union populaire, écologique et sociale d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Je suis saisi de deux amendements identiques, nos 23 et 41. La parole est à M. Gérard Leseul, pour soutenir l’amendement no 23.
J’espère qu’il suscitera des réponses plus étoffées du rapporteur et de la ministre, car il vise à la suppression des alinéas 3 à 7, qui tendent eux-mêmes à supprimer la supervision par l’État de la cohérence du prix d’émission des titres de sociétés cotées. Cette supervision consiste en ce que le prix soit fixé selon les modalités prévues par un décret en Conseil d’État pris après consultation de l’Autorité des marchés financiers (AMF).
La parole est à M. Sébastien Delogu, pour soutenir l’amendement no 41. Vous n’avez pas de cravate, monsieur Delogu ? (Sourires.)
Non, monsieur le président, puisque vous portez la mienne ! Je ne vous l’aurais certes pas prêtée en raison de votre appartenance politique, mais par égard pour vos fonctions, que je respecte énormément, je ne pouvais pas vous laisser sans cravate…Quant à l’amendement, il est identique au précédent. Cet article faciliterait les opérations financières aux dépens des petits actionnaires, puisqu’il permettrait à la direction d’une entreprise de décider des conditions d’émission des titres, au lieu que ces conditions soient fixées par décret après consultation de l’AMF. Cela reviendrait à retirer à celle-ci son mandat de contrôle des augmentations de capital, alors même qu’elle est précisément chargée de veiller à la protection des investissements ; en revanche, les dirigeants d’une entreprise sont choisis par les plus gros actionnaires,…
Eh oui !
…ceux qui ont le moins à perdre à de telles opérations.
C’est une honte !
D’ailleurs, l’AMF rappelle régulièrement que les sociétés cotées doivent informer correctement les investisseurs des conséquences des opérations reposant sur la dilution du capital ; elle signale également une recrudescence des signalements et réclamations émanant de particuliers qui ont perdu dans de telles opérations de financement une partie significative de leurs investissements. Soustraire des procédés risqués, dangereux, au garde-fou que constitue leur contrôle par l’AMF serait donc irresponsable. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
Quel est l’avis de la commission sur ces amendements identiques ?
Toujours pour les mêmes raisons, défavorable.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
La ministre est convaincue !
Si vous le permettez, monsieur le président, je vais prendre un peu de temps pour répondre. Premièrement, l’assemblée générale des actionnaires est l’enceinte par excellence où sont débattues les conditions d’augmentation du capital, y compris la décote. Deuxièmement, nous le disons depuis hier soir, les contraintes légales fragilisent en France, par rapport à ses pairs européens, le financement des PME. La taille moyenne des émissions est d’ailleurs beaucoup plus réduite chez nous que dans les autres pays, même plus petits que la France : 20 millions d’euros depuis 2020,…
Est-ce la faute de l’AMF ?
…contre 130 millions aux Pays-Bas ou encore 147 millions en Allemagne. Cela dit, si on ne me laisse pas le loisir de parler, je me contenterai de donner l’avis du Gouvernement. Laissez-moi donc terminer, s’il vous plaît, madame Chikirou…
Allez-y, madame la ministre.
Le mode de fonctionnement proposé existe du reste dans de nombreux États européens, nos concurrents, comme les Pays-Bas et l’Espagne, où la décote est fixée sans intervention institutionnelle. Avis défavorable.
La parole est à M. Gérard Leseul.
Ce n’est pas parce que cela existe ailleurs qu’il faut le faire ! Notre système est très bien régulé grâce à l’expertise de l’AMF ; or nous ne connaissons même pas l’opinion de celle-ci sur la question, puisque les propositions de loi ne font pas l’objet d’une étude d’impact. Votre réponse n’est pas sérieuse ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.)
(Les amendements identiques nos 23 et 41 ne sont pas adoptés.)
L’amendement no 87 de M. le rapporteur est rédactionnel.Quel est l’avis du Gouvernement ?
Favorable.
La parole est à Mme Sophia Chikirou. Vous souhaitez bien intervenir au sujet de cet amendement ?
Tout à fait, monsieur le président, et au sujet de la réponse faite par la ministre.
Je vous interromps tout de suite, madame Chikirou !
Il y a tout de même un sérieux problème… (M. le président coupe le micro de l’oratrice.)
Chère collègue, votre intervention ne peut porter que sur l’amendement en cours d’examen, non sur les amendements déjà mis aux voix. C’est d’ailleurs pour cela que je vous avais posé la question. Ne vous inquiétez pas, je vous redonnerai la parole ensuite !
Je mets aux voix l’article 3, tel qu’il a été amendé.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 49 Nombre de suffrages exprimés 40 Majorité absolue 21 Pour l’adoption 27 Contre 13
(L’article 3, amendé, est adopté.)
Je suis saisi de plusieurs demandes de scrutin public : sur l’amendement no 106, par le groupe Rassemblement national et sur l’article 4, par les groupes Renaissance et Rassemblement national. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Kévin Mauvieux, pour soutenir l’amendement no 106, tendant à la suppression de l’article 4.
L’article vise en effet à étendre aux prestataires de services d’investissement la possibilité de communiquer des informations aux homologues de l’AMF et de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Il est indiqué dans l’exposé des motifs que « cette mesure est bien sans impact sur l’article 1er » de la loi du 26 juillet 1968 relative à la communication de documents, dite loi de blocage, qui interdit de transmettre « à des autorités publiques étrangères » toute information « dont la communication est de nature à porter atteinte à la souveraineté, à la sécurité, aux intérêts économiques essentiels de la France ou à l’ordre public ». Or, en l’absence d’étude d’impact – car tel est bien le problème : vous avez recouru à une proposition de loi, au lieu d’un projet de loi, afin d’éviter de devoir fournir cette étude –, il n’existe aucune évaluation des conséquences d’une […]
Quel est l’avis de la commission ?
Ma réponse ne portera pas seulement sur cet amendement, mais aussi sur les deux suivants, les nos 125 et 91. En effet, l’article 4 jouera un rôle essentiel pour les sociétés de gestion françaises, qui se voient refuser par la Securities and Exchange Commission (SEC) l’autorisation d’opérer sur le marché américain, lequel représente la moitié du marché mondial. J’entends rassurer nos collègues : aucune information sensible ne sera communiquée. La dérogation existe déjà et s’applique à la majorité des acteurs financiers, notamment aux banques ; tout ce que prévoit cet article est de l’étendre aux gestionnaires d’actifs, essentiels au financement de l’économie. Rappelons que les gestionnaires européens ont perdu 40 % de parts de marché au cours des dix dernières années ! Avis défavorable.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Compte tenu des explications fournies par le rapporteur, auxquelles je n’ai rien à ajouter, avis défavorable.
La parole est à Mme Sophia Chikirou.
Pour le coup, cet article est le seul en faveur duquel nous voterons. Toutefois, je suis très surprise de votre réponse, monsieur le rapporteur : vous nous expliquez depuis le début que la proposition de loi vise à accroître l’attractivité de la place financière de Paris, et vous justifiez votre opposition à l’amendement du collègue Tanguy par le fait que les sociétés françaises, ne fournissant pas certaines informations confidentielles, ne peuvent être cotées sur les marchés américains. Il y a là un point faible qui se trouvait déjà, tout à l’heure, dans l’argumentaire de la ministre. L’AMF, autorité de régulation et de contrôle, est respectée, même crainte : c’est ce qui fonde la crédibilité, l’attractivité de la place parisienne. En lui retirant une partie de ses pouvoirs, l’article 3, contre lequel nous avons voté, l’affaiblit.
Cela n’a rien à voir avec l’amendement en discussion !
Ces contradictions révèlent une intention de dérégulation irraisonnée, sans étude d’impact, sans audition de l’AMF, sans avis du Conseil d’État ; nous pouvons nous interroger sur son résultat final ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
Je mets aux voix l’amendement no 106.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 54 Nombre de suffrages exprimés 53 Majorité absolue 27 Pour l’adoption 12 Contre 41
(L’amendement no 106 n’est pas adopté.)
Je suis saisi de deux amendements, nos 125 et 91, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à M. Kévin Mauvieux, pour soutenir l’amendement no 125.
J’entends vos arguments, monsieur le rapporteur, mais entendez également les miens : nous aimerions vous faire confiance, mais nous ne disposons d’aucune étude d’impact et des questions restent encore en suspens.Conformément aux termes de la loi de blocage, cet amendement de repli prévoit que la communication des informations ne doit pas être de nature à porter atteinte à la souveraineté, à la sécurité, aux intérêts économiques essentiels de la France ou à l’ordre public. Si vous êtes convaincu que ce n’est de toute façon pas le cas, cet amendement ne changera rien. Nous pouvons donc espérer, à tout le moins, un avis de sagesse.
La parole est à M. Alexandre Sabatou, pour soutenir l’amendement no 91.
Comme l’a souligné mon collègue Mauvieux, la démonstration n’est pas faite de l’absence de danger de l’article 4 pour les intérêts économiques et la souveraineté de la France. C’est pourquoi il serait de bon ton de compléter les trois alinéas de l’article par la phrase suivante : « La communication de ces informations ne doit pas pouvoir porter atteinte aux intérêts économiques des entreprises visées et ne pas nuire à notre souveraineté économique. » Dans l’éventualité où vous refuseriez cette modification, nous espérons que vous serez favorable à l’amendement no 92, après l’article 14, visant à demander un rapport qui permettrait de mesurer les conséquences des dispositions visées à l’article 4. Ce serait un bon compromis.
Quel est l’avis de la commission sur ces amendements ?
Ils sont satisfaits par le droit existant et il n’est pas utile de créer un doublon. Demande de retrait ou, à défaut, avis défavorable.
(Les amendements nos 125 et 91, repoussés par le Gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)
Je mets aux voix l’article 4.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 54 Nombre de suffrages exprimés 54 Majorité absolue 28 Pour l’adoption 43 Contre 11
(L’article 4 est adopté.)
Je vous informe que je suis saisi de plusieurs demandes de scrutin public : sur l’amendement no 42, par le groupe Rassemblement national et sur l’article 5, par les groupes Renaissance et Rassemblement national. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.
Je suis saisi de trois amendements identiques, nos 42, 52 et 109, tendant à supprimer l’article 5. La parole est à Mme Sophia Chikirou, pour soutenir l’amendement no 42.
L’article prévoit d’autoriser la commercialisation et la communication promotionnelle par des prestataires de service d’investissement agréés en France, en particulier sur les marchés non réglementés. En d’autres termes, il permet de faire la promotion du placement de l’épargne des particuliers auprès de prestataires, qui pourront alors boursicoter à leur bon loisir sur les marchés financiers.De tels placements n’ont aucune vertu sur l’investissement réel. Encore une fois, vous démontrez, à travers plusieurs articles de cette loi, que vos intentions ne sont pas honnêtes. En effet, 99 % des transactions financières ont lieu sur le marché secondaire, contre seulement 1 % sur le marché primaire. Il ne s’agit donc en aucun cas de mobiliser l’épargne des particuliers pour faciliter des levées de fonds et octroyer aux entreprises des moyens de développement, mais bien de permettre aux acteurs […]
L’amendement no 52 de M. Nicolas Sansu est défendu.La parole est à M. Kévin Mauvieux, pour soutenir l’amendement no 109.
Nous demandons également la suppression de cet article, qui prévoit d’autoriser la commercialisation et la communication promotionnelle par des prestataires de service d’investissement agréés en France, en particulier sur les marchés non réglementés. Il permet de faire la promotion par des investisseurs étrangers, hors Espace économique européen, du placement de l’épargne des particuliers. Comme l’a souligné Mme Chikirou, de tels placements n’ont aucune vertu sur l’investissement réel : 99 % des transactions financières ont lieu sur le marché secondaire, contre seulement 1 % sur le marché primaire. Il ne s’agit donc en aucun cas de mobiliser l’épargne des particuliers pour faciliter l’investissement.
Merci. Vous n’avez pas de vice caché, monsieur Mauvieux ?
Non ! (Sourires sur plusieurs bancs du groupe RN.)
Quel est l’avis de la commission ?
La règle actuelle de reconnaissance des marchés étrangers dont il est question est spécifique à la France et s’ajoute aux règles européennes, que la présente proposition de loi ne modifie en rien. De ce fait, elle pénalise les seuls acteurs français. L’article 5 clarifie donc le droit applicable, afin de permettre aux acteurs français d’atteindre le niveau de compétitivité nécessaire pour faire de la place de Paris un espace central. Avis défavorable.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
La modification de l’article L. 423-1 du code monétaire et financier proposée par l’article 5 supprime une restriction spécifiquement française, qui s’applique en complément des règles européennes – que le texte ne modifie aucunement, comme vient de le rappeler le rapporteur Holroyd. Avis défavorable également.
Je mets aux voix les amendements identiques nos 42, 52 et 109.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 53 Nombre de suffrages exprimés 53 Majorité absolue 27 Pour l’adoption 21 Contre 32
(Les amendements identiques nos 42, 52 et 109 ne sont pas adoptés.)
La parole est à M. Gérard Leseul, pour soutenir l’amendement no 24.
Compte tenu de la faiblesse des explications fournies précédemment, cet amendement vise à obtenir du rapporteur un éclairage sur le sens de l’article 5. Dans l’exposé des motifs, il est présenté comme supprimant une barrière spécifique à la France concernant les règles de commercialisation de produits négociés sur des plateformes de négociation de pays tiers. Nous ne comprenons pas en quoi une telle modification permettrait de simplifier les choses. En effet, la « barrière spécifique à la France » n’est pas explicitée avec précision et la lecture de l’article ne renseigne pas plus clairement sur sa nature. C’est pourquoi nous souhaiterions obtenir des informations supplémentaires de la part du rapporteur.Si la modification que vous introduisez ne change pas grand-chose, comme vous venez de le dire, alors conservons la rédaction actuelle du code monétaire et financier.
Quel est l’avis de la commission ?
Cette modification est sans doute celle qui appelle le plus d’explications. Il est question ici de marchés et non d’États. De ce fait, le concept de réciprocité est difficile à appliquer, puisqu’il ne s’agit pas d’une réciprocité au sens propre du terme, telle que la prévoit le droit financier. C’est pourquoi la rédaction proposée supprime nommément la condition de réciprocité, qui est inapplicable en pratique. Toutefois, elle reste à la main de l’État, de façon individuelle. De ce fait, elle est satisfaite par le texte tel qu’il est proposé.
(L’amendement no 24, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Sur l’amendement no 90, je suis saisi par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.L’amendement no 43 de Mme Marianne Maximi est défendu.
(L’amendement no 43, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
La parole est à M. Alexandre Sabatou, pour soutenir l’amendement no 90.
L’Autorité des marchés financiers est l’organe le plus adapté pour effectuer les contrôles. Le texte gagnerait donc en clarté à le mentionner. Tel est le sens de cet amendement de précision.
Quel est l’avis de la commission ?
Je vous confirme que l’AMF conserve toute sa place dans la procédure de reconnaissance des marchés étrangers. Pour être précis, les critères et la procédure de reconnaissance sont définis par les articles D. 423-1 à D. 423-3 du code monétaire et financier. L’amendement est donc satisfait.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Même avis.
Je mets aux voix l’amendement no 90.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 50 Nombre de suffrages exprimés 43 Majorité absolue 22 Pour l’adoption 11 Contre 32
(L’amendement no 90 n’est pas adopté.)
La parole est à M. Gérard Leseul, pour soutenir l’amendement no 25.
Il vise à réintroduire à l’alinéa 2 la condition de réciprocité, que vous évoquiez à l’instant.
Quel est l’avis de la commission ?
Même explication que tout à l’heure et même avis défavorable.
(L’amendement no 25, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)
L’amendement no 44 de M. Carlos Martens Bilongo est défendu.
(L’amendement no 44, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Je mets aux voix l’article 5.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 56 Nombre de suffrages exprimés 54 Majorité absolue 28 Pour l’adoption 34 Contre 20
(L’article 5 est adopté.)
Sur l’article 6, je suis saisi par le groupe Renaissance d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.
La parole est à Mme Véronique Louwagie, pour soutenir l’amendement no 13, portant article additionnel après l’article 5.
L’objet de cet amendement, relativement simple, est de mettre à jour les dispositions du code monétaire et financier afférentes au démarchage bancaire et financier, pour prendre en compte les plans d’épargne retraite d’entreprise, tels que les plans d’épargne pour la retraite collectifs (Perco) qu’ils remplacent depuis la loi relative à la croissance et la transformation des entreprises, dite loi Pacte.
Quel est l’avis de la commission ?
C’est un amendement simple, mais bienvenu. Avis favorable. (M. Daniel Labaronne applaudit.)
Quel est l’avis du Gouvernement ?
À amendement simple, réponse simple : avis favorable.
La parole est à Mme la ministre déléguée, pour soutenir l’amendement no 131.
Il s’agit d’un amendement rédactionnel.
(L’amendement no 131, accepté par la commission, est adopté.)
Je mets aux voix l’article 6, tel qu’il a été amendé.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 55 Nombre de suffrages exprimés 44 Majorité absolue 23 Pour l’adoption 44 Contre 0
(L’article 6, amendé, est adopté.)
La parole est à Mme Ségolène Amiot, pour soutenir l’amendement no 45.
C’est également un amendement très simple, qui vise à s’assurer que la conversion électronique des titres financiers sera opérée selon des méthodes conformes aux normes de sécurité les plus récentes. L’objectif est que la dématérialisation ne s’accompagne pas de risques pour la sécurité des particuliers qui investissent.
Quel est l’avis de la commission ?
Avis doublement favorable !
C’est mieux qu’un avis favorable, puisque votre amendement est déjà satisfait par le texte. C’est pourquoi je vous invite à le retirer.
La coconstruction, vous savez ce que cela veut dire ?
Vous avez raison, la méthode doit être la plus fiable possible et reposer sur les plus hauts standards de sécurité. C’est pourquoi, compte tenu de l’évolution rapide en la matière, nous proposons de renvoyer sa définition à un décret en Conseil d’État. D’ailleurs, mon rapport souligne que l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) pourra apporter son concours pour s’assurer que la méthode retenue sera la bonne et ne concernera pas seulement la convertibilité, mais aussi la compatibilité, le transfert, la remise et la modification des titres.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Avis défavorable, l’amendement étant déjà satisfait.
Souhaitez-vous maintenir votre amendement, madame Amiot ?
Je le maintiens.
Sur l’amendement n° 46, je suis saisi par le groupe La France insoumise-Nouvelle Union populaire, écologique et sociale d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.
La parole est à Mme Marianne Maximi, pour soutenir l’amendement no 46, tendant à supprimer l’article 10.
L’article 10 concerne la dématérialisation des assemblées générales d’actionnaires. Cela incarne bien, à nos yeux, le type de capitalisme dont vous êtes les fervents défenseurs. Derrière votre slogan « Le capitalisme à visage humain », on constate surtout qu’il n’y a pas de visage du tout, puisque les assemblées générales d’actionnaires pourront désormais se tenir en ligne.Lors de ces réunions, les actionnaires prennent des décisions qui ont des conséquences pour la vie de milliers de salariés : cela mérite donc bien de se déplacer – en commission, vous aviez avancé l’argument des frais de déplacement. Cependant, que devient un débat lorsqu’il se déroule sous forme numérique ? Imaginez, par exemple, que nous tenions nos séances en visioconférence pour réduire nos frais de déplacement et, ainsi, les dépenses de l’Assemblée nationale.
Oh là là !
C’est la même logique ! Vous prenez, encore une fois, le problème à l’envers. La tenue d’assemblées générales en présentiel est indispensable pour que s’exprime le contradictoire, pour que les petits actionnaires aient la possibilité, une fois par an, de se confronter à la direction et à ses choix. C’est pourquoi nous proposons de supprimer l’article 10.
Quel est l’avis de la commission ?
Avis défavorable mais, puisqu’il s’agit du premier amendement portant sur l’article 10, permettez-moi de développer un peu plus ma réponse.Je ne partage absolument pas votre vision des choses. De très nombreux petits actionnaires ne peuvent jamais s’exprimer lors d’une assemblée générale car ils ne sont pas présents physiquement. Retournement tout à fait prodigieux, le groupe La France insoumise reprend les argumentaires utilisés par les très grandes entreprises françaises pour limiter la capacité des actionnaires à échanger lors des assemblées générales.
Au contraire, cet article, que je suis ravi de présenter, prévoit de faciliter la participation de tous les actionnaires au dialogue actionnarial, répondant ainsi à une demande formulée depuis près d’une dizaine d’années par les petits actionnaires. Il représente une avancée essentielle pour la démocratie actionnariale. Votre opposition est consternante : elle traduit une volonté de faire taire les petits actionnaires dans les grandes entreprises. Avis défavorable. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.)
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Je souscris aux arguments du rapporteur, que je trouve pertinents. Les modifications envisagées sont celles préconisées par le rapport du Haut Comité juridique de la place financière de Paris (HCJP), qui a réuni dans un groupe de travail un panel équilibré d’experts. Je le répète, le dispositif retenu est optionnel. Il ne vise absolument pas, comme il est sous-entendu dans l’amendement, à substituer des assemblées générales à distance à celles tenues en présence physique de leurs actionnaires. Au contraire, en apportant souplesse et sécurisation, il renforce le développement de la participation hybride, en présentiel et en distanciel, des actionnaires, notamment des plus petits. Il favorise ainsi leur participation aux assemblées générales. C’est pourquoi j’émettrai un avis défavorable.
La parole est à Mme Sophia Chikirou.
Je répondrai quand même au rapporteur qui raconte vraiment n’importe quoi. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RE.)
Quand même !
Un peu d’humilité !
Peut-être est-ce dû à l’horaire ou à la fatigue – ou bien il est à court d’arguments. N’oublions pas que, ce qui est en jeu aussi, dans le domaine de la finance, c’est le temps. Derrière le marché et les réunions actionnariales, il y a des entreprises et du capital humain, comme on dit dans le jargon. Nous parlons de gens : des petits actionnaires, mais aussi des travailleurs. Lors d’une assemblée générale, on doit savoir ralentir, voire arrêter le temps, pour se placer dans celui de la démocratie, du débat, de la contradiction (M. Daniel Labaronne s’exclame), ce que vous avez beaucoup de mal à supporter, semble-t-il, monsieur Labaronne. Arrêtez de hurler ! Nous n’entendons que vous ici !
Oh là là !
Il faut savoir donner du temps aux choses, du temps au débat. (Exclamations sur les bancs du groupe RE.)
Je mets aux voix l’amendement no 46.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 58 Nombre de suffrages exprimés 56 Majorité absolue 29 Pour l’adoption 7 Contre 49
(L’amendement no 46 n’est pas adopté.)
La parole est à M. le rapporteur, pour soutenir l’amendement no 55 rectifié.
C’est un amendement de mise en cohérence technique.
(L’amendement no 55 rectifié, accepté par le Gouvernement, est adopté.)
La parole est à Mme Véronique Louwagie, pour soutenir l’amendement no 82, qui fait l’objet de deux sous-amendements.
J’avais déposé cet amendement en commission mais je l’avais retiré après en avoir discuté avec le rapporteur. L’article 10 prévoit de favoriser la numérisation des assemblées générales d’actionnaires et des réunions des organes de décisions des sociétés commerciales. Cette évolution est bienvenue et un grand nombre d’entreprises la demandent depuis longtemps. Pour simplifier encore davantage le fonctionnement des entreprises commerciales, l’amendement tend à étendre le recours à la consultation écrite des instances, y compris par voie électronique, pour certaines décisions sur lesquelles l’organe de direction est appelé à statuer – des procédures de ce type avaient été prévues durant la crise sanitaire.Dans un souci de sécurité juridique, cette évolution devra être prévue par les actionnaires eux-mêmes, dans les statuts ou le règlement intérieur, et ouvrira un droit d’opposition au […]
La parole est à Mme la ministre déléguée, pour soutenir le sous-amendement no 135 rectifié.
L’amendement de Mme Louwagie prévoit qu’un nombre déterminé d’administrateurs puisse s’opposer à la consultation écrite. Le sous-amendement vise à permettre à un membre unique d’exercer son droit d’opposition, s’il préfère que la décision soit prise dans le cadre d’une véritable discussion. Il s’agit de renforcer le droit d’opposition à la consultation écrite, laquelle est susceptible d’amoindrir la qualité des débats.
La parole est à M. le rapporteur, pour soutenir le sous-amendement no 137 et donner l’avis de la commission sur l’amendement ainsi que sur le sous-amendement du Gouvernement.
Le sous-amendement vise à subordonner la possibilité pour le conseil d’administration des sociétés anonymes de prendre, si les statuts le permettent, des décisions par consultation écrite, le cas échéant sous forme électronique, au fait que la présidence et la direction générale soient distinctes : il convient que le président-directeur général soit, en tout état de cause, tenu de réunir le conseil.Je suis favorable au sous-amendement du Gouvernement qui prévoit que tout membre du conseil peut s’opposer à la consultation écrite ou du moins demander un débat. La faculté de prendre des décisions par consultation écrite est importante, mais le conseil doit rester un espace de dialogue. Je rends donc un avis favorable à l’amendement de Mme Louwagie, sous réserve de l’adoption du sous-amendement du Gouvernement et de mon propre sous-amendement.
(Les sous-amendements nos 135 rectifié et 137, successivement mis aux voix, sont adoptés.)
Je suis saisi de deux amendements, nos 47 et 71, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à Mme Marianne Maximi, pour soutenir l’amendement no 47.
Par cet amendement de repli, nous souhaitons limiter la dématérialisation des assemblées générales d’actionnaires à des circonstances exceptionnelles – cela ne doit pas devenir une pratique instituée. L’article 10, s’il était adopté en l’état, pourrait empêcher qu’un regard extérieur soit porté sur la conduite de ces réunions. Élise Lucet avait ainsi assisté à certaines assemblées générales d’actionnaires d’entreprises d’énergies fossiles pour rendre compte de ce qui s’y passait. En favorisant le recours à la visioconférence, cet article interdira l’accès des journalistes d’investigation aux assemblées générales. On peut dès lors se demander s’il ne s’agirait pas plutôt d’un article anti-Élise Lucet ou anti-militant écologiste ?
La parole est à Mme Eva Sas, pour soutenir l’amendement no 71.
Il vise à sécuriser le maintien d’une présence physique lors des assemblées générales, même si celles-ci peuvent être tenues en partie en visioconférence. Tout comme nos collègues du groupe LFI-NUPES, nous souhaitons garantir le maintien d’un débat en présentiel. La société civile, y compris les activistes du climat, doit pouvoir s’exprimer dans les assemblées générales, ce qui nécessite une présence en personne.
Quel est l’avis de la commission ?
J’émettrai un avis défavorable à l’amendement no 47, car il s’agit d’un amendement de suppression qui ne dit pas son nom, ainsi qu’à l’amendement no 71. La possibilité de tenir des assemblées générales sous une forme exclusivement dématérialisée devra être prévue par les statuts, lesquels sont adoptés en assemblée générale extraordinaire à la majorité des deux tiers, ce qui rend assez peu probable le vote d’une telle disposition. L’article 10 permettra à chacun, au contraire, de s’exprimer, y compris à ceux qui ne sont pas actionnaires, devant l’assemblée générale. Je crois que c’était l’objet de votre inquiétude.
Quel est l’avis du Gouvernement sur ces deux amendements ?
Même avis. En ce qui concerne l’amendement no 71 de Mme Sas, ma réponse est exactement la même que précédemment. Je le rappelle, le dispositif retenu est optionnel : il ne vise aucunement à substituer les assemblées à distance aux assemblées en présentiel. Avis défavorable.
(Les amendements nos 47 et 71, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)
La parole est à Mme Eva Sas, pour soutenir l’amendement no 73.
Il vise à ce qu’un ou plusieurs actionnaires représentant au moins 5 % du capital social puissent s’opposer à ce que les assemblées générales se tiennent exclusivement par visioconférence. Je le répète, tenir une assemblée générale exclusivement en visioconférence nuit au débat démocratique – en l’occurrence à la démocratie actionnariale. Toutes les parties prenantes doivent pouvoir s’exprimer et demander une assemblée générale physique.
Quel est l’avis de la commission ?
J’émettrai un avis défavorable : le compromis trouvé en commission, un taux intermédiaire de 25 %, est le bon.
C’est énorme, 25 % !
Cela étant, je partage votre opinion : les seuils qui prévalent en France sont très élevés et mériteraient d’être revus pour l’ensemble des discussions en conseil et en assemblée générale. Nous y reviendrons lors de l’examen des amendements suivants.
(L’amendement no 73, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Je suis saisi de deux amendements identiques, nos 26 et 53. La parole est à M. Gérard Leseul, pour soutenir l’amendement no 26.
Il vise à réintroduire le droit d’opposition des actionnaires minoritaires à ce que les assemblées générales extraordinaires de modification des statuts se tiennent exclusivement par visioconférence. L’alinéa 12 porte la minorité de blocage, aujourd’hui fixée à 5 % des parts sociales, à 25 %, ce qui n’est pas raisonnable. Nous souhaitons maintenir le seuil actuel de 5 %.
La parole est à M. Nicolas Sansu, pour soutenir l’amendement no 53.
Mon argumentaire est le même que celui de mon collègue Leseul. Étant donné que l’article 1er prévoit de donner des droits de vote supplémentaires à certains actionnaires, il sera très difficile pour les petits actionnaires d’atteindre le seuil de 25 %. Ce n’est pas raisonnable.