Séance du 31 octobre 2024 — 29e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Naïma Moutchou.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Naïma Moutchou.
Tours 801 à 949 sur 949 — page 5 / 5.
La parole est à Mme Cyrielle Chatelain.
Nous voterons la suppression de ce énième rapport, parce que cette proposition de loi, qui n’abroge pas la réforme des retraites comme l’a rappelé Alexis Corbière, prévoit une succession de rapports.Collègues du Rassemblement national, nous pouvons regarder nos électeurs dans les yeux, parce que nous avons voté la censure du Gouvernement de Michel Barnier. Si la réforme des retraites n’est pas abrogée, c’est parce que vous n’avez pas voté la censure du Gouvernement.
Vous soutenez Michel Barnier ! Vous avez refusé Lucie Castets !
Vous leur avez permis de poursuivre leur travail de casse sociale. Il y a bien une alliance, une coopération, un soutien sans participation de votre part à un Gouvernement qui maintient la réforme des retraites. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.)Mardi dernier, vous auriez pu voter un amendement qui ouvrait le chemin le plus sûr à l’abrogation de cette réforme, mais vous avez refusé de le faire.Quant à nous, nous refusons l’arnaque selon laquelle vous vous intéresseriez aux Français. Nous ne vous avons pas vus dans la rue. Nous ne vous avons pas vus défiler. Nous ne vous avons pas vus aux côtés des syndicats. Vous n’avez pas voté la censure. Vous n’avez pas voté l’amendement au PLFSS. En vérité, vous ne souhaitez pas l’abrogation de la réforme des retraites !Vous avez toujours été inconsistants et ce n’est pas l’argumentaire très flou de Mme Le Pen qui nous […]
Vous ne comprenez pas ce qu’on dit. Avec vous, c’est La Retraite pour les nuls.
Nous refusons votre piège de débattre des heures durant d’un texte vide de sens, sans substance, et qui n’apportera rien aux Français, seulement pour que vous leur fassiez croire que vous vous préoccupez d’eux. Nous ne participerons pas à votre mascarade ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP, SOC et GDR.)
La parole est à Mme Claire Marais-Beuil.
J’hésite entre qualifier votre attitude de « pathétique » et de « grand-guignol », alors que vous devriez nous dire merci. Grâce à nous, députés du Rassemblement national, vous avez en effet enfin la chance d’exercer vos prérogatives de parlementaires au sujet de la réforme des retraites.
On aurait pu déjà le faire, mais vous avez refusé !
Nos compatriotes doivent se souvenir que l’Assemblée nationale n’a jamais eu l’occasion de se prononcer sur cette réforme que l’ancienne majorité – ou devrais-je dire minorité – macroniste, devenue la force d’appoint d’un bloc central toujours plus éloigné des préoccupations des Français, a fait passer en force.La proposition d’abroger la réforme des retraites est la concrétisation de la promesse faite aux Français de revenir sur cette loi injuste, qui a suscité une très forte mobilisation contre elle.Mesdames et messieurs qui représentez la gauche dans toutes ses nuances, l’heure n’est pas aux grandes envolées lyriques, aux effets de manche ou aux petits calculs politiciens qui vous permettraient de sauver vos boutiques électorales respectives. L’heure est à la responsabilité politique !
Mais il n’y a rien dans votre texte !
Souhaitez-vous sincèrement l’abrogation de cette réforme, à laquelle une majorité de Français se sont opposés ? Nous vous avons offert une occasion unique d’accorder vos actes à vos convictions ! Si vous souhaitiez vraiment cette abrogation, vous auriez dû la soutenir en commission, au lieu de dénaturer notre proposition de loi. Vous devriez aujourd’hui nous soutenir !
(L’amendement no 25 est adopté ; en conséquence, l’article 2 quater est supprimé.)
La parole est à M. Romain Baubry.
Nous vivons un moment de vérité. La vérité, c’est que des millions de travailleurs, de jeunes, de retraités et de familles se sont inquiétés de la réforme des retraites. En souhaitant que la voix de chacun compte, les députés du Rassemblement national ont proposé une motion référendaire à son sujet.La vérité, c’est que vous, de la gauche à la Macronie, vous êtes opposés à la voix du peuple. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.) Vous avez sacrifié les travailleurs de ce pays sur l’autel de vos calculs politiques, mais les calculs ne sont pas bons !L’appel au référendum n’avait rien de partisan : il y allait de la démocratie, que vous piétinez. Vous avez refusé de laisser les Français s’exprimer, vous les avez privés de leur souveraineté et leur avez retiré le droit fondamental de décider de l’avenir de leur régime de retraite, un sujet pourtant crucial ! Un référendum […]
La parole est à M. Antoine Léaument.
En pleine contestation sociale contre la réforme des retraites, j’ai rendu visite à de jeunes gens placés en garde à vue parce qu’ils se battaient contre le projet du Gouvernement.
On ne peut pas aller en garde à vue seulement parce qu’on s’oppose à une réforme, vous vous permettez quelques raccourcis !
M. Baubry, lui, était dans le camp d’en face : il était du côté de la police…
Oui !
…qui appliquait consciencieusement les ordres du gouvernement d’Emmanuel Macron, qui demandait que les étudiants qui luttaient contre la réforme soient mis en cabane. Alors que la Constitution dispose que nul ne peut être arbitrairement détenu, des arrestations et des mises en cabane ont été décidées afin que les jeunes gens arrêtent de se mobiliser.Vous avez été complices de la répression du mouvement contre la réforme des retraites, répression décidée par M. Macron. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Je comprends que vous en soyez gênés aujourd’hui.Je suis peut-être l’un des seuls à l’avoir fait, mais j’ai étudié le fond de votre proposition de loi. Aux termes de l’article 2 quinquies, le Gouvernement devrait remettre un rapport visant à présenter la manière dont le soutien à la natalité pourrait financer le régime de retraites. Vous défendez depuis longtemps l’idée que les […]
Faire des enfants, c’est justement ce que les Français veulent !
Une société sans enfants est vouée à disparaître !
Il y a pourtant une mesure simple pour financer notre système de retraite, mais vous la refusez : la régularisation des travailleurs sans papiers. (« Ah ! » sur les bancs du groupe RN.) De fait, on ne comprend pas bien : vous nous signalez un problème de démographie mais, dans notre pays, des gens travaillent alors qu’ils sont dans une extrême précarité. Leur régularisation permettrait de faire honneur à l’histoire de notre pays et à celle de notre république et d’améliorer la vie des gens, en les sortant de la précarité. Au lieu de vous concentrer sur l’utérus des femmes, il faudrait faire en sorte d’améliorer la vie des travailleurs ! Oui, je dis bien des travailleurs, ceux de notre pays ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Dieynaba Diop applaudit également.)
La parole est à Mme Sandrine Runel.
Il faut croire qu’il n’y a que de ce côté de l’hémicycle qu’on lit les textes. Mettre sur le dos des femmes et de la natalité la charge du financement de vos politiques, c’est tristement typique de vos propos conservateurs. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)Les femmes ne sont pas la variable d’ajustement du financement des retraites. Le corps des femmes ne rentrera pas dans vos tableurs Excel et vos lignes budgétaires. La naissance d’un enfant ne doit pas être le fruit d’une incitation politique et économique.Vous revenez toujours en arrière, sur toutes les avancées sociétales, féministes et progressistes des cinquante dernières années. Vous remettez les femmes dans leur rôle de productrices d’enfants et ça, c’est abject.
Il faut être deux pour faire un enfant !
La droite et l’extrême droite prônent la perpétuation de notre civilisation, mais dans quel but ? Celui d’éviter tout recours à l’immigration ! Sachez pourtant que l’immigration est une chance pour notre pays ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)La réforme que défend le RN ne traite pas de la pénibilité, et son financement n’est pas précisé : c’est une escroquerie ! Rappelons-nous que les femmes ne sont pas considérées dans votre réforme des retraites, car vous supprimez tous leurs droits. Tous ceux pour lesquels nous nous sommes battus pendant des années, tous ceux que nous avons réussi à conquérir : vous les supprimez tous !
Mais non !
N’importe quoi !
La parole est à M. Benjamin Lucas-Lundy.
Nous assistons au craquèlement d’un vernis, qui révélera bientôt une extrême droite assez classique. Classique car, comme M. Orban ou d’autres, elle propose aux femmes une nouvelle injonction à faire des enfants, en vue de je ne sais quel financement, pour faire je ne sais quoi. D’autres collègues l’ont rappelé avant moi : le RN défend une politique sexiste et patriarcale, et nous n’aurons de cesse de la combattre. Elle est même totalitaire, en ceci qu’elle enjoint les femmes à faire des enfants et qu’elle vise à contrôler leur corps et l’usage qu’elles en font. (Mme Marine Le Pen et M. Laurent Jacobelli font mine de rire.)Classique, l’extrême droite l’est depuis toujours : elle est obsédée par l’immigration, alors même qu’il est désormais reconnu que notre système de protection sociale tient grâce aux cotisations de celles et ceux qu’elle stigmatise et veut expulser.
C’est objectivement faux !
Votre politique migratoire, qui vise des travailleurs qui cotisent, aboutirait à la retraite à 70 ans ou 75 ans pour tous ! Voilà la réalité que les Françaises et les Français doivent connaître : vos promesses relèvent de la manipulation !La pédagogie étant l’art de la répétition, laissez-moi vous redire que nous ne débattons pas de l’abrogation de la réforme des retraites, qui ne figure pas dans votre proposition de loi. Elle ne sera pas l’enjeu de notre vote, qui ne concernera que quelques rapports bidon et vos obsessions natalistes ou anti-immigrés. C’est n’importe quoi ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.)
La parole est à M. Fabien Di Filippo.
Je confesse ma sympathie toute particulière pour cet article car, que vous le vouliez ou non, la question du système par répartition est avant tout une question de démographie.
Eh oui !
Quand le système par répartition a été créé, à l’époque du général de Gaulle, on comptait 4 enfants par foyer ; désormais, on en compte 1,8 et une baisse à 1,6, voire à 1,4 est projetée.Peu importe que l’âge du départ en retraite soit fixé à 60, à 62, à 64, à 68 ou à 70 ans, demain le système de retraite par répartition ne tiendra plus : c’est la réalité et c’est ce qu’il faudra avoir retenu de nos débats dans quelques années.Madame Runel, il ne faut pas toujours croire que lorsqu’on parle de natalité, on veut culpabiliser les femmes. Dans mon monde, encore très attaché à une forme de rationalité et où la biologie et la science occupent une place importante, il faut être deux pour faire un enfant. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.)
Merci à Fabien Di Filippo de rappeler cette évidence !
Il faut même être deux pour s’en occuper et je le revendique, d’autant qu’une politique nataliste doit aussi permettre aux parents de mieux s’occuper de leurs enfants et de mener de front carrière professionnelle et vie de famille. Politique nataliste, natalité, maternité : ce ne sont pas des gros mots ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Êtes-vous fier d’être applaudi par l’extrême droite ?
La parole est à M. Charles Sitzenstuhl, pour soutenir l’amendement no 18.
Dans ce débat, nous avons compté deux mensonges éhontés de l’extrême droite. D’abord, après plus de deux heures, nous ne savons toujours pas comment financer le système de retraite, alors que l’espérance de vie ne cesse de progresser.Ensuite, contrairement à ce que prétend le RN, les besoins migratoires de la France sont réels. Mon amendement tend donc à favoriser le débat sur ce sujet.Aucun chef d’entreprise ne soutiendrait qu’il n’a pas besoin de main-d’œuvre étrangère pour faire fonctionner sa société ou faire exécuter un certain nombre de tâches que nous ne parvenons plus à confier à nos compatriotes. Les échanges et visites d’entreprises qui ont eu lieu pendant le débat de la réforme des retraites l’ont montré l’an passé et cette position est celle que le patronat a lui-même défendue à la même époque. Cette réalité vous gêne, mais nous aurons besoin de conserver une immigration de […]
Très bien !
Quel est l’avis de la commission ?
Il est défavorable.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Même avis.
La parole est à Mme Laure Lavalette.
M. Sitzenstuhl, vous venez de répondre à M. Bayrou, qui nous invitait à choisir entre la natalité et l’immigration. Alors que c’est à cette dernière que vont vos faveurs, nous, nous n’avons pas baissé les bras et pensons encore que la natalité a toute sa place dans nos politiques. D’ailleurs, il fut un temps où même la gauche la défendait, ainsi que la famille.
Travail, famille patrie !
Les femmes françaises ont 1,7 enfant en moyenne, alors qu’elles désirent en avoir 2,5 : laissez-les donc libre d’avoir le nombre d’enfants dont elles ont envie ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)Il n’est évidemment pas question de forcer qui que ce soit et personne à part vous ne peut l’imaginer.
Bien sûr que si ! Regardez Meloni !
Évidemment, il revient à l’État de donner aux familles les moyens économiques d’avoir le nombre d’enfants dont elles ont envie. Figurez-vous d’ailleurs qu’à long terme, une politique nataliste est plus efficace qu’une politique encourageant l’immigration.
Non, non, non !
La vérité, c’est que vous méprisez les retraités ! La vérité, c’est que vous méprisez les ouvriers ! La vérité, c’est que vous méprisez les familles ! Les Français ne s’y sont pas trompés et, comme Mme la ministre que je paraphraserai volontiers, je me souviens moi aussi des élections européennes et législatives, lors desquelles les Français ont placé le RN très en tête dans les sondages.
Tout ça pour finir troisièmes !
Peut-être, madame Panot, mais le RN est arrivé en tête dans 93 % des villes françaises – ce n’est pas un sondage, mais un résultat ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Vous travestissez les statistiques !
Merci de nous laisser libres ! (Mêmes mouvements.)
La parole est à Mme Clémentine Autain.
Au moins les choses sont claires, madame Lavalette : vous venez de révéler la nature du projet politique que vous défendez pour nos retraites,…
Une France épanouie !
…à savoir inciter les femmes à faire des enfants. La liberté d’avoir des enfants ne repose pas sur les incitations à en avoir, mais sur la possibilité d’avorter quand on n’en veut pas. (Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.)
Aucun rapport !
Elle repose également sur le fait que la société offre aux femmes les moyens de s’épanouir lorsqu’elles ont un enfant, c’est-à-dire un service public de la petite enfance ou une protection contre la double peine au travail, parce qu’elles assument la majorité des tâches domestiques et parentales. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)Vos amis à vous, d’Orban à Trump, en passant par Meloni, contraignent les femmes et leur refusent cette liberté.
Vous voulez qu’on parle de vos amis ?
Et votre ami Adrien Quatennens, il respecte les femmes, peut-être ?
J’entends M. Di Filippo nous expliquer qu’il faut être deux pour faire des enfants, mais sachez-le et comprenez-le une bonne fois pour toutes : c’est dans le corps des femmes que cela se passe et c’est à elle de pouvoir se déterminer, en conscience.Et cette liberté-là, vous la leur refusez, parce que c’est le cœur de votre projet. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS. – Mme Danielle Simonnet se lève pour applaudir.) Votre projet est sexiste ; il oblige les femmes à s’enfermer dans la maternité. Nous, nous voulons des femmes libres et un partage des richesses. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)
Vous êtes des zinzins !
Or, depuis le début de l’examen du PLFSS, vous avez refusé de voter l’augmentation des cotisations et le partage des richesses, qui sont les seules solutions pour garantir une retraite digne aux ouvriers, aux ouvrières, aux employés et à l’ensemble des Français. (Vifs applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Vous êtes complètement à côté de la plaque !
Je mets aux voix l’article 2 quinquies.
(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 343 Nombre de suffrages exprimés 340 Majorité absolue 171 Pour l’adoption 194 Contre 146
(L’article 2 quinquies est adopté.) (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
La parole est à M. Kévin Mauvieux.
À ce stade du débat, il me paraît important de rafraîchir la mémoire de tout le monde. Il est beaucoup question de notre proposition de loi, et c’est normal, mais il ne faut pas oublier qu’elle se fonde sur une réforme des retraites qui a eu lieu il y a quelques mois. Il me semble utile de revenir sur ce qui s’est passé depuis le début de l’examen de cette réforme pour bien comprendre la place de chacun.Lorsque la réforme des retraites est arrivée, via le projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale (PLFRSS) pour 2023, il a fallu l’examiner dans des délais contraints. Je rappelle que nous avions alors deux options : soit faire en sorte d’aller jusqu’au vote pour rejeter la réforme des retraites ; soit bloquer les débats, ce qui revenait à valider la réforme. Or, à cette époque, le camp du Rassemblement national a fait le choix responsable d’aller au vote pour […]
Ce n’est pas vrai !
Nous avions là une première occasion de rejeter la réforme et vous avez fait en sorte qu’elle passe malgré tout.Il y a eu une deuxième occasion, avec la motion référendaire. Nous avons proposé de faire supprimer cette réforme par référendum, parce que nous savions que le peuple n’en voulait pas. Et que s’est-il passé à ce moment-là ? Les députés d’extrême gauche ont décidé d’aller à la buvette, parce que ce n’était pas leur motion référendaire, mais la nôtre, qui avait été choisie. Au moment où nous avions une deuxième occasion de faire tomber cette réforme, vous vous êtes absentés !Et il s’est passé la même chose à l’occasion des motions de censure : quand ce n’étaient pas les vôtres, vous étiez absents.
Et vous, vous n’avez même pas voté la motion de censure après la déclaration de politique générale de Barnier !
Bref, vous avez passé votre temps dans la rue, au lieu d’utiliser les arguments et les actes législatifs qui auraient permis de rejeter cette réforme.
Quelle mauvaise foi !
Il n’y a rien sur la retraite dans votre texte !
Et aujourd’hui, alors que nous vous proposons une nouvelle fois de rejeter la réforme des retraites, vous foutez en l’air tous les espoirs des Français de sortir enfin de ce tunnel. Vous êtes la béquille qui permet de maintenir la réforme ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
La parole est à Mme Mathilde Panot.
C’est une débâcle pour le Rassemblement national, qui est en train de se ridiculiser. Nous savions déjà que vous étiez des menteurs mais vous l’avez encore confirmé hier : alors que, dans le cadre de l’examen du PLFSS, vous auriez pu voter l’abrogation de la réforme qui a porté l’âge de la retraite à 64 ans, vous avez voté contre, avec les macronistes ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)
C’est faux !
Vous, vous avez fait élire Macron !
Nous savions déjà que vous étiez des menteurs, parce que vous avez refusé de censurer le gouvernement Barnier et, surtout, parce que vous avez voté contre la destitution d’Emmanuel Macron, qui a décidé de prendre deux ans de vie aux Français et aux Françaises. (Mêmes mouvements.)
Mes chers collègues, s’il vous plaît !
Je veux revenir sur le contenu de cette proposition de loi. Ce que vous nous proposez, ce n’est pas l’abrogation de la réforme qui a repoussé l’âge de la retraite à 64 ans. Tout ce qu’il y a dans votre texte, c’est l’article qui vient d’être adopté, par lequel vous demandez bien gentiment au Gouvernement de faire un petit rapport sur la natalité. Voilà ce qu’il reste dans cette proposition de loi ! (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)
Assez !
Vous parlez de liberté, madame Lavalette, mais il se trouve que je reviens d’Italie, où vos alliés gouvernent, avec Meloni. Là-bas, ils n’ont pas touché à la loi sur l’avortement, mais 80 à 90 % des médecins et des soignants pratiquent l’objection de conscience, ce qui contraint les femmes à faire des centaines de kilomètres pour avorter. Il y a des anti-droits, comme vous, qui font des cimetières de fœtus, sur lesquels ils écrivent le nom des femmes qui ont avorté (Protestations sur les bancs du groupe RN)…
Quelle honte !
…ce qui est absolument illégal et indigne, car le droit à l’avortement est un droit fondamental.
Il faut que vous alliez au Venezuela !
Oui, c’est ce que vous faites ! Et quand on bafoue le droit fondamental qu’est l’avortement, comme le fait Meloni, que se passe-t-il ? Il y a des femmes qui meurent, comme en Pologne ; il y a des femmes victimes de violences, comme en Hongrie, où elles sont obligées d’écouter le cœur du fœtus avant d’avorter ! Et cela entraîne même une augmentation de la mortalité infantile, comme on le voit au Texas.
Et en Afghanistan ?
Au Texas, on note une augmentation de 23 % des morts de nourrissons pour maladie congénitale, et cette hausse est directement liée à l’interdiction quasi totale de l’avortement dans cet État. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Et la liberté des femmes à Gaza ?
Vous êtes, non pas des pro-vies, comme vous aimez le dire avec les anti-droits, mais les pires anti-droits de ce pays. Et nous, nous disons, comme les républicains espagnols : À bas la mort, vive la vie ! (Les membres du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir.)
C’était nul !
La parole est à Mme Clémentine Autain.
Il est assez intéressant d’entendre l’extrême droite nous reprocher de perdre du temps à combattre dans la rue des lois de régression sociale.
Vous nous faites perdre du temps ici !
En 1995, vous n’étiez pas là quand nous, nous battions le pavé pour faire reculer le gouvernement d’Alain Juppé qui, sur la question des retraites, voulait déjà imposer des reculs sociaux. Chaque fois que nous sommes dans la rue, par millions, nous essayons d’arracher des droits. En 1936, c’est une mobilisation populaire qui a permis d’obtenir ce progrès considérable que sont les congés payés !Nous ne perdons pas notre temps dans la rue : nous sommes du côté du peuple, avec lui, pour exiger des progrès. Vous, vous n’êtes jamais à ses côtés ! Jamais vous n’êtes dans les mobilisations sociales, celles qui permettent de mettre le peuple en mouvement, de le rendre conscient et actif !
Ah ah !
Nous sommes tout de même avec la majorité des Français !
Vous êtes une arnaque totale. Vous mentez au peuple : vous prétendez le représenter, mais quand il s’agit de défendre concrètement ses intérêts, vous êtes à chaque fois du côté des multinationales, des logiques néolibérales, du marché et certainement pas du côté des intérêts de la grande majorité de la population.Et là, on atteint des sommets, puisque nous allons voter sur du vide ! Ce texte a été dépecé et tout ce que vous espérez, c’est de vous présenter devant les Français en leur racontant que vous auriez obtenu quelque chose – ou que vous auriez été empêchés de faire quelque chose – pour leur retraite. Tout cela est un faux nez. Vous êtes une arnaque sociale géante ; nous sommes là pour le dire et nous continuerons de battre le pavé, contre ces politiques et contre vous. (Applaudissement sur quelques bancs du groupe EcoS.)
La parole est à M. Sébastien Chenu.
Les propos de nos collègues d’extrême gauche sont intéressants, mais ils se heurtent à des réalités. À chaque fois que la gauche a été au pouvoir, elle a cherché à détruire les familles et le socle des familles. (« Oh ! » sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC.) J’ai des exemples très précis en tête, qui nous ramènent à une époque pas si lointaine, où certains d’entre vous siégeaient déjà sur ces bancs. Des économies sur les familles, avec la baisse du plafond du quotient familial ; la modulation des allocations de base pour les jeunes enfants ; le gel des prestations familiales : cela, c’était le quinquennat du président Hollande.Vous faites de grands discours, madame Autain, mais lorsque nos collègues Jean-Philippe Tanguy et Emmanuel Taché de la Pagerie ont déposé une proposition de loi pour prendre en charge l’endométriose, vous avez voté contre ! (Applaudissements sur les […]
Eh oui !
Or les femmes en souffrent ! Les femmes souffrent ici, mais aussi ailleurs ! Ici, vous faites de grands discours, mais que se passe-t-il à Gaza ? Les femmes sont coincées entre l’occupation et le contrôle social : 50 000 femmes enceintes sont privées d’un accès élémentaire à la santé, et pourtant, vous continuez de leur cracher au visage !
Quel est le rapport ?
Alors calmez-vous ! Arrêtez de donner des leçons et occupez-vous réellement des femmes dans le quotidien ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)
La parole est à Mme Clémentine Autain, pour un rappel au règlement.
Vous faites bien de me parler de l’endométriose !
Vous avez voté contre la proposition de loi !
Sur quel article se fonde ce rappel au règlement ?
Sur quel fondement faites-vous ce rappel au règlement, madame Autain ?
C’est un rappel au règlement pour attaque personnelle. Vous faites bien de me parler de l’endométriose ! Votre loi n’était ni faite, ni à faire. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Je ne suis pas la seule à ne pas l’avoir votée ! Nous sommes nombreux à ne pas l’avoir votée, parce qu’une proposition de résolution a permis d’inscrire l’endométriose sur la liste des affections longue durée, dite ALD 30. Malheureusement, le choix unanime de cette assemblée a été bafoué par le Gouvernement, qui n’a pas voulu appliquer ce qui avait été voté dans cet hémicycle. Ne vous trompez pas de responsables… (Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice.)
Merci, madame Autain, je crois que les choses sont clarifiées.
La parole est à Mme Élisa Martin.
Vous commandez donc un énième rapport pour connaître l’évolution du montant des pensions avant et après la réforme dite Borne.
Ce n’est pas nous ! Ce n’est pas notre texte, c’est vous qui l’avez adopté en commission !
Je vous invite à relire le compte rendu de nos échanges et vous serez parfaitement informés. Les principales victimes de cette réforme sont les femmes, parce que l’écart de salaire entre les hommes et les femmes est de 27 % – ce qui est absolument inacceptable en 2024, dans un pays comme le nôtre – et parce que leurs carrières sont plus hachées. Les autres grandes victimes de cette réforme des retraites sont les ouvriers et les employés, parce que ce sont eux qui ont les salaires les plus bas et que, d’une façon commune et partagée, vous avez refusé l’augmentation du Smic. Inutile de commander un énième rapport ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
La parole est à Mme Sophie Taillé-Polian.
La réalité, c’est qu’avec cette proposition de loi vide, vous occupez le terrain pour parler retraite. Vous appelez à l’abrogation de la réforme des retraites mais cela n’a aucune réalité concrète, puisque ce texte est vide.
Bien sûr.
Vous voulez abroger la réforme des retraites, mais vous vous gardez bien de proposer une quelconque solution de financement. La seule solution que vous proposez, c’est la natalité. Or je vous rappelle que faire des bébés et élever des enfants, cela prend du temps. Ce n’est donc pas une solution de financement à court terme, vous en conviendrez !
Il y a d’autres solutions !
Du reste, nous nous opposons à cette logique, car nous considérons que les personnes qui ont envie de faire des enfants ne le font pas pour la souveraineté de la France ou le renflouement des comptes sociaux, mais par amour.
Cela n’a rien à voir !
Alors ne leur dites pas de faire des bébés pour financer la sécurité sociale ! Nous, nous leur disons de faire des bébés s’ils en ont envie.En attendant, il y a un sujet que vous n’abordez jamais : c’est celui du financement. Vous n’apportez aucune solution.
Vous l’avez déjà dit !
Vous refusez toute augmentation des cotisations et proposez même sans arrêt de nouvelles exonérations,…
N’importe quoi !
…ce qui revient à assécher le financement de la sécurité sociale. J’en conclus que vous allez financer votre projet par la baisse des pensions. Mais cela, vous ne le dites jamais ! Jamais on ne vous entend parler du montant des pensions.Nous, nous sommes pour la retraite à 60 ans, et même avant pour les carrières pénibles, avec des pensions dignes de ce nom, sans décote. Nous, nous voulons maintenir le pouvoir de vivre et une vie digne pour tous les retraités. Ce que vous voulez, vous, c’est baisser les pensions ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes SOC.)
La parole est à Mme Aurore Bergé.
J’ai entendu parler d’arnaque sociale, mais la vraie arnaque, c’est de promettre aux Français une abrogation de la réforme des retraites. Cela appauvrirait nos finances publiques, au point que nous ne pourrions plus payer les pensions de retraite. C’est pour cela que nous avons assumé, au sein de l’ancienne majorité présidentielle, qui est désormais le bloc central, de conduire cette réforme.J’entends beaucoup parler aussi de la question des femmes. Mais ce sont elles qui ont le plus bénéficié de la revalorisation des petites pensions de retraite : elles représentaient deux tiers des 600 000 personnes qui en ont bénéficié en 2023 et du million de personnes qui en ont profité au 1er octobre. Si nous n’avions pas adopté la réforme des retraites, nous n’aurions pas permis la revalorisation des petites pensions, donc des pensions des femmes.
Eh oui !
C’est cela, la véritable justice sociale ! Aux deux extrémités de cet hémicycle, tout le monde est d’accord pour abroger la réforme des retraites, mais jamais sur le même texte, et jamais au même moment. Chacun devra faire face à ses contradictions et à ses ambiguïtés. Nous, nous sommes au clair, puisque nous avons soutenu la réforme des retraites, et nous nous opposerons aux textes des uns comme des autres. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)
Prochaine séance, cet après-midi, à quinze heures : Suite de la discussion de la proposition de loi visant à restaurer un système de retraite plus juste en annulant les dernières réformes portant sur l’âge de départ et le nombre d’annuités ;Discussion de la proposition de loi visant à assouplir les conditions d’expulsion des étrangers constituant une menace grave pour l’ordre public ;Discussion de la proposition de loi visant à réduire les contraintes énergétiques pesant sur l’offre locative et à juguler leurs effets sur la crise du logement ;Discussion de la proposition de loi tendant à l’instauration de peines planchers pour certains crimes et délits ;Discussion de la proposition de loi visant à moderniser les installations hydroélectriques pour renforcer la souveraineté énergétique de la France ;Discussion de la proposition de loi visant à exonérer de l’impôt sur le revenu les […]
(La séance est levée à treize heures.)
Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra