Séance du 8 novembre 2024 /// n°42 /// 676 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Session ordinaire 2024-2025

Séance du 8 novembre 2024 — 42e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Nadège Abomangoli.

676prises de parole
54orateurs
18points à l'ordre du jour
21scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
333 l'amendement n° 990 de M. Lottiaux à l'article 19 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 52 / 55 rejeté
334 l'amendement n° 234 de Mme Buffet et les amendements identiques suivants à l'article 19 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 86 / 10 adopté
335 l'article 19 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 103 / 2 adopté
336 l'amendement n° 1361 de M. Dive et les amendements identiques suivants après l'article 19 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 97 / 15 adopté
337 l'article 20 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 106 / 11 adopté
338 l'amendement n° 3325 de M. Dufau à l'article 21 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 38 / 91 rejeté
339 l'amendement n° 3230 de M. Le Gac à l'article 21 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 68 / 39 adopté
340 l'article 21 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 124 / 21 adopté
341 l'amendement n° 1139 de M. Lioret à l'article 22 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 71 / 70 adopté
342 l'amendement n° 1138 (rect.) de M. Lioret à l'article 22 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 71 / 77 rejeté
343 l'amendement n° 2106 de M. Lefèvre et l'amendement identique suivant à l'article 24 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 10 / 64 rejeté
344 l'amendement n° 291 de Mme Louwagie à l'article 24 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 91 / 54 adopté
345 l'amendement n° 3566 de Mme Louwagie à l'article 24 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 80 / 65 adopté
346 l'article 24 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 67 / 75 rejeté
347 l'amendement n° 3485 de Mme Diaz après l'article 26 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 72 / 65 adopté
348 l'amendement n° 2335 de M. Maudet après l'article 26 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 121 / 17 adopté
349 l'amendement n° 3104 de M. Jean-Philippe Tanguy après l'article 26 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 75 / 20 adopté
350 l'amendement n° 921 de M. Jean-Philippe Tanguy après l'article 26 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 70 / 36 adopté
351 l'amendement n° 58 de M. Ciotti après l'article 26 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 66 / 70 rejeté
352 l'amendement n° 205 de M. Pauget après l'article 26 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 68 / 68 rejeté
353 l'amendement n° 2741 de M. Rodwell après l'article 26 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 69 / 69 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 676 — page 1 / 4.

Nadège Abomangoli president · LFI #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à neuf heures.)

Première partie (suite)

Nadège Abomangoli president · LFI #7

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion de la première partie du projet de loi de finances pour 2025 (nos 324, 468). Hier soir, l’Assemblée a poursuivi la discussion des articles, s’arrêtant à l’article 17.

Article 17

Nadège Abomangoli president · LFI #9

La parole est à M. Matthias Renault, pour soutenir l’amendement no 3489, tendant à supprimer l’article 17.

article 17 · amendement 3489

L’article 17 prévoit un nouveau cas de fusion ou de scission réalisée sans échange de titres. Cette disposition résulte de la transposition d’une ordonnance ratifiée par la dernière loi portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne (Ddadue). Ces textes, assez techniques et peu discutés, comportent des autorisations et des ratifications relatives à des ordonnances elles-mêmes peu débattues.Dans l’évaluation préalable, qui figure en annexe du projet de loi de finances (PLF) pour 2025, il est indiqué, concernant l’article 17, à la rubrique « incidences budgétaires » que « la mesure présente un impact non chiffrable à compter de 2025 pour l’État, en l’absence de données disponibles ». Il serait pour le moins gênant de voter un article dont nous ne connaissons pas l’incidence fiscale. C’est pourquoi, au nom du principe de clarté et de lisibilité de la loi, notre […]

article 17 · amendement 3489

La parole est à M. le rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire, pour donner l’avis de la commission.

Charles de Courson rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire · LIOT #13

Cet amendement n’a pas été examiné en commission. Je répondrai cependant avec humour à notre collègue : si nous votions tous les dispositions que nous examinons dans la clarté et en fonction de leur évaluation, cela se saurait ! Sur le fond, il n’a pas tort ; néanmoins, ce n’est pas la première fois que nous nous prononçons dans ces conditions.L’objectif de l’article 17 est d’étendre le régime des fusions aux nouvelles opérations prévues par le droit commercial et j’y suis favorable. Par conséquent, j’émets un avis défavorable sur l’amendement.

La parole est à M. le ministre du budget et des comptes publics, pour donner l’avis du Gouvernement.

Laurent Saint-Martin ministre du budget et des comptes publics · LaREM #16

Même avis.

#17

(L’amendement no 3489 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
#18

(L’article 17 est adopté.)

· ADOPTION d’un article (vote à main levée)

Article 18

Nadège Abomangoli president · LFI #20

La parole est à M. Nicolas Ray, pour soutenir l’amendement no 575.

article 18 · amendement 575

Le dispositif de déduction pour épargne de précaution (DEP) est très utile pour le monde agricole, en ce qu’il permet de faire face à la volatilité des revenus, en réduisant la fraction imposable du bénéfice agricole. Il incite à une gestion pluriannuelle responsable des trésoreries des exploitations, en permettant de tenir compte de la multiplication des aléas climatiques, sanitaires ou naturels. Grâce à ce dispositif, en cas de difficultés, l’exploitant a la possibilité d’améliorer la trésorerie de son entreprise en réintégrant tout ou partie de la DEP.Le présent amendement propose que 50 % seulement des sommes déduites au titre de l’épargne soient réintégrés, contre 70 % actuellement. Cette mesure permettrait d’améliorer l’efficacité du dispositif et constituerait une véritable aide pour l’activité des agriculteurs.

article 18 · amendement 575

Quel est l’avis de la commission ?

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #24

Cet amendement a été rejeté par la commission. L’exonération, totalement dérogatoire, de la reprise de DEP à hauteur de 30 % des sommes utilisées est déjà très favorable ; la porter à 50 % me paraît complètement déraisonnable. Cela pourrait même avoir un effet pervers et dissuader les exploitants de souscrire un contrat d’assurance récolte. Avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #26

L’article 18 propose de nouvelles dispositions, bienvenues, qui permettent d’assouplir les modalités d’application de la DEP. Cependant, en allant trop loin, nous risquerions de passer d’un régime qui vise à faciliter le report d’imposition à un régime de défiscalisation. Gardons l’esprit de cet outil. Avis défavorable.

#27

(L’amendement no 575 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Nadège Abomangoli president · LFI #28

Je suis saisie de trois amendements, nos 281, 2674 et 776, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 281 et 2674 sont identiques. La parole est à Mme Véronique Louwagie, pour soutenir l’amendement no 281.

article 18 · amendement 281

L’article 18 est effectivement bienvenu puisque le dispositif de déduction pour épargne de précaution permet aux agriculteurs d’effectuer un lissage en fonction des variations de revenus. Il nous semble important de garantir, sans risque, la réintégration des sommes déduites. Or, tel qu’il est rédigé, l’article peut conduire à une ambiguïté. C’est pourquoi nous proposons de substituer aux mots « faire face aux dépenses résultant directement » la phrase suivante : « La survenance de ces risques est réputée établie à la suite ». Il est important, j’y insiste, de sécuriser la manière dont la réintégration des sommes déduites au titre de l’épargne de précaution sera effectuée et d’éviter tout risque juridique.

article 18 · amendement 281
Nadège Abomangoli president · LFI #30

Les amendements nos 2674 de M. David Taupiac et 776 de Mme Lise Magnier sont défendus.Quel est l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune ?

article 18 · amendement 281
Charles de Courson rapporteur général · LIOT #32

La commission a rejeté ces amendements. Par définition, la réintégration de la DEP est liée aux pertes résultant des aléas climatiques et sanitaires. Si, comme vous le proposez, nous décorrélons les dépenses mobilisées des pertes résultant de ces aléas, nous risquons d’en perdre le fondement même. De plus, cela inciterait les exploitants à réintégrer au maximum leur DEP lors des mauvaises années, sans lien avec leur besoin réel – ces mauvaises années pouvant être liées à tout autre motif, tels que des aléas économiques –, afin de profiter de l’exonération de 50 000 euros.L’amendement no 776 est différent, puisque l’exonération n’est même plus liée à un quelconque aléa. C’est totalement contraire à l’idée même de la création de la DEP. Avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #35

Je suis sensible aux arguments avancés par Mme Louwagie. Il faut accorder davantage de souplesse. Néanmoins, comme je l’ai précisé tout à l’heure, il ne faudrait pas basculer dans un dispositif qui perdrait l’esprit de la DEP. Ces amendements se ressemblent, même si le dernier est un peu différent.

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #36

Il est libertaire !

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #37

Ce n’est pas faux. Je m’en remets à la sagesse de l’assemblée sur ces amendements.

La parole est à Mme Lise Magnier.

Je retire l’amendement no 776, au profit du no 281 de Mme Louwagie.

#40

(L’amendement no 776 est retiré.)

La parole est à M. Joël Bruneau.

Je retire également l’amendement no 2674 de M. Taupiac.

#43

(L’amendement no 2674 est retiré.)

Cela n’a pas de sens, puisqu’il est identique au no 281 !

#45

(L’amendement no 281, modifié par la suppression du gage, est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Nadège Abomangoli president · LFI #46

Je suis saisie de cinq amendements identiques, nos 290, 578, 774, 820 et 2676. L’amendement no 290 de Mme Véronique Louwagie est défendu.La parole est à M. Nicolas Ray, pour soutenir l’amendement no 578.

article 18 · amendement 290

Il vise à compléter la liste des risques auxquels s’applique le dispositif de la DEP, actuellement limitée aux aléas sanitaires, naturels ou climatiques. Ainsi, les risques économiques en sont exclus. Or, compte tenu de la variation des cours ou encore des hausses des charges d’approvisionnement qui menacent l’équilibre financier des exploitations agricoles, il serait nécessaire d’élargir le champ d’application de la DEP aux risques économiques.

article 18 · amendement 290
Nadège Abomangoli president · LFI #49

L’amendement no 774 de Mme Lise Magnier est défendu.La parole est à M. Stéphane Travert, pour soutenir l’amendement no 820.

article 18 · amendement 290

Le dispositif de réintégration partielle instauré dans le cadre de la loi de finances permet de renforcer l’efficacité de la DEP lors de la survenance de risques sanitaires, naturels ou climatiques – risques qui sont de plus en plus fréquents. Cependant, les agriculteurs subissent également les conséquences de risques économiques – du fait de méventes, de variations des cours de leurs productions ou encore des hausses des charges d’approvisionnement auxquelles ils sont confrontés –, pour lesquels ce nouveau dispositif n’est pas applicable, alors que ces aléas ont un impact majeur sur les exploitations.C’est pourquoi le présent amendement prévoit d’élargir le champ d’application du dispositif de limitation à 70 % de la réintégration des sommes aux aléas économiques qui peuvent frapper les exploitants agricoles, ce qui permettra d’accroître l’efficacité d’un dispositif que nous avions […]

article 18 · amendement 290
Nadège Abomangoli president · LFI #53

La parole est à M. Joël Bruneau, pour soutenir l’amendement no 2676.

article 18 · amendement 2676

Je le retire au profit de celui de M. Ray.

article 18 · amendement 2676
#55

(L’amendement no 2676 est retiré.)

Quel est l’avis de la commission ?

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #57

La commission des finances a adopté ces amendements identiques. Je m’y étais opposé pour les raisons suivantes. Cela changerait complètement l’objectif initial de la DEP, qui était de faire face aux catastrophes naturelles, aux problèmes climatiques. Les amendements étendent l’exonération de reprise de la DEP aux cas des aléas économiques, ce qui est beaucoup plus large : il peut par exemple s’agir d’un effondrement des prix pour des raisons internationales qui n’ont rien à avoir avec la gestion de l’exploitation.La DEP est déjà un outil souple, que nous avons beaucoup réformé – je pense à la réévaluation des plafonds ou à l’indexation sur l’inflation. Les exploitants disposent d’autres outils fiscaux adaptés aux spécificités de la production agricole : le blocage de la valeur des stocks, l’étalement des revenus exceptionnels…

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #60

Avis défavorable.

La parole est à Mme Manon Meunier.

Les aléas économiques et la fluctuation des prix sur les marchés sont dus au fait que vous vous opposez à la régulation de ces derniers. En proposant comme solution d’exonérer les risques économiques que vous créez – au lieu de les réduire –, vous mettez un pansement sur une jambe de bois. (M. Bastien Lachaud applaudit.)

On n’a pas exonéré les risques économiques !

Les agriculteurs demandent des prix justes et des revenus fixes – ils veulent vivre de leur travail. La solution n’est pas d’exonérer les risques économiques mais d’instaurer un vrai rapport de force face à la grande distribution et de sortir des traités de libre-échange. Nous devons arrêter de laisser le marché faire la loi sur les prix agricoles. (Mêmes mouvements.) Il est hypocrite de proposer, pour remédier à un problème structurel et profond, toujours et encore la même solution, comme un pansement sur une jambe de bois : des exonérations fiscales qui appauvriront l’État. Les agriculteurs vous demandent de sortir des traités de libre-échange et de la dérégulation des marchés. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Dominique Potier applaudit également.)

La parole est à Mme Véronique Louwagie.

Je souhaite réagir aux propos de ma collègue. La déduction pour épargne de précaution n’est pas une exonération : c’est un lissage du revenu. Les entreprises agricoles sont probablement celles qui connaissent les plus grandes variations de revenu. Se limiter aux facteurs économiques comme vous le faites, c’est méconnaître le monde agricole.

C’est votre amendement qui mentionne les aléas économiques !

Ces variations dépendent d’un grand nombre de facteurs, parmi lesquels les aléas climatiques, sanitaires et économiques. Le dispositif ne constitue en aucun cas une exonération. Il est de notre responsabilité de créer des outils pour aider…

La dérégulation !

…à limiter les effets des aléas sur les variations de revenus.Je me satisfais de l’article 18, qui répond concrètement aux souhaits des agriculteurs.

#72

(Les amendements identiques nos 290, 578, 774 et 820 sont adoptés.)

· ADOPTION de plusieurs amendements (main levée) adts

Levez-vous le gage, monsieur le ministre ?

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #74

Oui.

Nadège Abomangoli president · LFI #75

Les amendements identiques nos 821 de M. Stéphane Travert, 1218 de M. Corentin Le Fur et 2677 de M. David Taupiac sont défendus.Quel est l’avis de la commission ?

article 18 · amendement 2676
Charles de Courson rapporteur général · LIOT #77

La commission a rejeté ces amendements qui visent à supprimer le plafond de 50 000 euros concernant l’exonération de reprise de la DEP. Si l’exonération était illimitée, les exploitants pourraient inscrire l’intégralité de leur revenu en déduction. Ce n’est pas raisonnable. Ces amendements vont beaucoup trop loin : ils dénaturent la DEP et la font exploser.La position de la commission s’explique par trois raisons. Premièrement, le plafond de 50 000 euros est relativement élevé quand on connaît le revenu moyen des exploitations.

Un député du groupe LFI-NFP #79

Exactement !

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #80

Pour les exploitants qui sont membres d’un groupement agricole d’exploitation en commun (Gaec), le plafond est multiplié par le nombre de participants. Il peut donc atteindre 200 000 euros – avec la limite de quatre personnes.Deuxièmement, le plafond est nécessaire pour limiter le coût de la mesure et éviter les effets d’aubaine. Madame Louwagie, vous n’aviez raison qu’à 70 % : ça n’est pas qu’un lissage du revenu. Les 30 % restants sont exonérés – vous vouliez même aller jusqu’à 50 %.

Je n’ai pas signé cet amendement.

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #83

Votre voisin, M. Ray, l’avait fait.Troisièmement, le bénéfice de la DEP est subordonné au respect de la règle de minimis, qui encadre les dérogations aux règles de droit européen applicables en matière d’aides d’État. En cas de suppression du plafond, cette règle ne serait pas respectée – les exploitants pourraient ne plus payer d’impôt pendant des années et accumuler des revenus. Adopter de tels amendements n’est pas raisonnable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #86

Même avis.

#87

(Les amendements identiques nos 821, 1218, 2677 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Nadège Abomangoli president · LFI #88

Les amendements nos 1606 et 1607 de M. le rapporteur général sont rédactionnels.

#89

(Les amendements nos 1606 et 1607, acceptés par le Gouvernement, successivement mis aux voix, sont adoptés.)

Nadège Abomangoli president · LFI #90

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 581 et 822. La parole est à M. Nicolas Ray, pour soutenir l’amendement no 581.

article 18 · amendement 581

Il concerne la provision comptable à l’article 18, qui remplace la déduction élevage. Cette disposition bienvenue, qui constitue une avancée nécessaire, pourrait toutefois être améliorée.L’amendement propose de ne pas réintégrer la provision au cours de l’exercice de sortie d’un animal lorsque la valeur globale du stock est au moins égale à celle constatée sur l’exercice de constitution de la provision, ce afin de tenir compte de la valeur du stock des animaux.En cas d’abattage du troupeau, il est proposé de ne pas rapporter la provision sur l’exercice d’abattage des animaux. En effet, l’exploitant subissant la perte de ses animaux aura du mal à supporter le poids fiscal de la réintégration de la provision.

article 18 · amendement 581
Nadège Abomangoli president · LFI #94

La parole est à M. Stéphane Travert, pour soutenir l’amendement no 822.

article 18 · amendement 822

Les arguments de mon collègue Nicolas Ray étant suffisants, il est défendu.

article 18 · amendement 822

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements identiques ?

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #97

Ces amendements relatifs à la provision pour stock de vaches visent à alléger la condition de conclusion d’un contrat d’engagement, à ne pas réintégrer la provision au cours de l’exercice de sortie d’un animal en cas de stabilité du cheptel et à ne pas rapporter la provision sur l’exercice d’abattage des animaux en cas d’abattage sanitaire.Il est utile d’inciter les exploitant à signer des contrats sur la vente de leurs produits pour leur garantir une plus grande visibilité sur leurs débouchés et contribuer à une meilleure adéquation entre l’offre et la demande. Ces contrats existent depuis 2010 et ils sont bien connus des agriculteurs ; la loi n’est pas imprécise sur ce sujet. Exonérer l’exploitant de l’obligation de reprendre la provision en cas de stabilité du cheptel est contraire à l’objectif de cette provision, qui est de favoriser une recapitalisation. La commission des finances […]

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #101

Même avis. J’ai bien entendu vos arguments. Le sous-amendement du Gouvernement restreint le champ d’application de l’amendement de Mme Christelle Petex que nous examinons dans un instant.

Il ne sera pas soutenu.

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #103

Aucun des cosignataires n’est présent pour le défendre ? Je demande une suspension de séance pour sous-amender ceux qui sont défendus.

Suspension et reprise de la séance

Nadège Abomangoli president · LFI #105

La séance est suspendue.

#106

(La séance, suspendue à neuf heures vingt-cinq, est reprise à neuf heures trente.)

Nadège Abomangoli president · LFI #107

La séance est reprise.La parole est à M. le ministre.

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #109

Il serait très complexe d’appliquer aux amendements identiques que nous examinons le sous-amendement que le Gouvernement a proposé à l’amendement qui suit, car ils ne concernent pas le même code juridique. Je formule donc un avis de sagesse mais il faudra modifier l’article lors de la navette, dans l’esprit du sous-amendement que le Gouvernement a déposé.

La parole est à M. le rapporteur général.

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #111

Faisons un peu de gymnastique : nous sous-amenderons l’amendement de M. Travert dans la suite du parcours législatif car l’amendement qui suit, sous-amendé par le Gouvernement, ne sera pas soutenu. Vous suivez tous ? (Sourires.) C’est très simple et très clair ! Exonérer l’exploitant de la reprise de la provision en cas de stabilité du cheptel est contraire à l’objectif de la provision qui est de favoriser une recapitalisation du cheptel. En revanche, rendre la reprise facultative en cas d’abattage sanitaire est intéressant. Le rapporteur général donnera donc un avis favorable à ces amendements une fois ceux-ci sous-amendés.

La parole est à M. Nicolas Ray.

Souvenons-nous que la contractualisation prévue dans les lois Egalim de 2018, 2021 et 2023 a été faible. De plus, allons au bout de la logique de simplification attendue par nos éleveurs en prenant en compte la valeur globale du cheptel et non la valeur par tête. Je maintiens donc mon amendement, qui pourra bien sûr faire l’objet d’une précision dans le cadre de la navette.

#114

(Les amendements identiques nos 581 et 822 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Nadège Abomangoli president · LFI #115

Les amendements nos 1608, 1610 et 1609 de M. le rapporteur général, sont rédactionnels.

#116

(Les amendements nos 1608, 1610 et 1609, acceptés par le Gouvernement, successivement mis aux voix, sont adoptés.)

Nadège Abomangoli president · LFI #117

Je suis saisie de six amendements, nos 1705, 584, 824, 1219, 658 et 2198, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 584, 824 et 1219 sont identiques. La parole est à M. le rapporteur général, pour soutenir l’amendement no 1705.

article 18 · amendement 1705
Charles de Courson rapporteur général · LIOT #118

Cet amendement prévoit de rehausser de manière progressive l’exonération de taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) visant les terrains à usage agricole en portant son taux à 30 % au 1er janvier 2025 – c’est ce que propose le Gouvernement dans le texte initial –, puis à 40 % au 1er janvier 2026 et à 50 % au 1er janvier 2027. Si le terrain fait l’objet d’un bail, le bénéfice de l’exonération est partagé entre le propriétaire et l’exploitant en fonction de la fraction de taxe foncière mise à la charge de l’exploitant. Cette mesure vise à rendre le portage du foncier agricole plus attractif et à réduire les impôts de production supportés par les exploitants agricoles.Dans l’état actuel du droit, les terrains à usage agricole bénéficient d’exonérations de taxe foncière sur les propriétés non bâties dont le taux varie selon leur localisation. Ils sont exonérés en totalité de […]

article 18 · amendement 1705
Nadège Abomangoli president · LFI #121

La parole est à M. Nicolas Ray, pour soutenir l’amendement no 584.

article 18 · amendement 584

Dans le même esprit, nous proposons d’augmenter le taux d’exonération permanente des parts communales et intercommunales de taxe foncière sur les propriétés non bâties à hauteur de 50 % contre 20 % actuellement, afin d’alléger l’impôt de production qui pèse sur les exploitations agricoles et de renforcer leur compétitivité – de même que la baisse de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) a bénéficié aux entreprises industrielles. Cet allégement de TFPNB permettra de diminuer les charges qui pèsent sur nos éleveurs et nos agriculteurs sur lesquels 99 % de cette taxe est répercutée. Cet amendement de bon sens vise à soutenir nos agriculteurs dans la crise qu’ils traversent.

article 18 · amendement 584
Nadège Abomangoli president · LFI #123

La parole est à M. Stéphane Travert, pour soutenir l’amendement no 824.

article 18 · amendement 824

Nos terres agricoles sont de véritables puits de carbone qui contribuent à atteindre les objectifs français en matière de captation de gaz à effet de serre. À cet égard, selon leur utilisation, les cultures qui y sont produites et la couverture permanente de leurs sols, elles constituent des atouts indispensables. C’est tout le sens et l’ambition de l’initiative « 4 pour 1 000 : les sols pour la sécurité alimentaire et le climat ». Dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, la taxation doit prend en compte la forte contribution non financière de l’agriculture dont l’ensemble de la société bénéficie. C’est pourquoi cet amendement vise à soutenir les efforts et la compétitivité de nos exploitations.

article 18 · amendement 824
Nadège Abomangoli president · LFI #125

La parole est à M. Corentin Le Fur, pour soutenir l’amendement no 1219.

article 18 · amendement 1219

La transmission des exploitations agricoles est un enjeu majeur, c’est pourquoi toute baisse des charges qui pèsent sur nos agriculteurs est la bienvenue. En l’occurrence, le coût de la mesure proposée est modéré, voire modique pour les finances publiques.

article 18 · amendement 1219
Nadège Abomangoli president · LFI #127

L’amendement no 658 de M. Julien Dive est défendu.La parole est à M. Jean-René Cazeneuve, pour soutenir l’amendement no 2198.

article 18 · amendement 1219

Je salue les mesures introduites dans le PLF par le Gouvernement, qui respecte ainsi les engagements pris en matière fiscale à l’égard des agriculteurs à la suite de la crise du début d’année. Je propose un effort supplémentaire consistant à porter l’exonération des parts communales et intercommunales de la TFPNB de 30 % à 40 %, afin de soutenir nos agriculteurs qui traversent une crise très importante liée aux aléas climatiques.

article 18 · amendement 1219

Quel est l’avis de la commission ?

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #131

Tous ces amendements ont pour objectif de porter l’exonération de TFPNB de 20 % à 30 %, voire à 40 % ou 50 %. L’amendement de Jean-René Cazeneuve propose de le porter à 40 % dès 2025. Les amendements nos 584, 824, 1219 et 658 visent à le porter à 50 % dès 2025. Mon amendement propose une progressivité de 10 points par an répartie sur les années 2025, 2026 et 2027. Sachant que le coût d’une hausse d’exonération de 10 points est de 50 millions d’euros, mon amendement entraîne un coût de 50 millions par an pendant trois ans ; les suivants de 150 millions dès 2025 ; l’amendement de M. Cazeneuve de 100 millions dès 2025.La commission donne un avis favorable à l’amendement no 1705 et défavorable aux autres.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #134

L’article 18 vise à porter l’exonération de TFPNB de 20 à 30 %, c’est-à-dire à l’augmenter de moitié. Le Gouvernement considère que cette mesure est suffisante et ne souhaite pas aller au-delà. Avis défavorable sur l’ensemble des amendements.

La parole est à M. Dominique Potier.

Les amendements s’inscrivent dans une logique de compétitivité. À cet égard, je voudrais rappeler deux chiffres.D’une part, la surface moyenne d’une propriété rurale agricole est de 7 hectares, mais celle d’une exploitation agricole est de 69 hectares par actif. Nous nous apprêtons pourtant à voter une exonération sans limite de surface.D’autre part, l’ensemble des exonérations fiscales touchant l’agriculture représente entre la moitié et les deux tiers du montant de la politique agricole commune (PAC). Or on sait que 50 % des aides de la PAC vont à 20 % des agriculteurs.Nous avons demandé à Bercy une étude évaluant l’impact de la fiscalité agricole sur chaque catégorie d’agriculteurs et son efficacité du point de vue de la compétitivité et de la transition écologique. N’ayant pas ces informations, nous sommes réservés quant à l’opportunité d’une exonération représentant plusieurs […]

La parole est à M. le rapporteur général.

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #141

Je tiens à rappeler que la France est le seul pays d’Europe à taxer le foncier non bâti, ce qui handicape les exploitations agricoles françaises par rapport à celles des pays voisins. C’est pour cette raison que certaines parties de la France sont déjà largement exonérées de la TFPNB, comme je l’ai rappelé : la Corse l’est à 100 %, la Guyane et les Antilles à 80 %. L’exonération sert donc la compétitivité, puisqu’elle vise à remettre les exploitations françaises à égalité.

#142

(L’amendement no 1705 est adopté ; en conséquence, les amendements nos 584, 824, 1219, 658 et 2198 tombent.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
#143

(L’article 18, amendé, est adopté.)

· ADOPTION d’un article (vote à main levée)

Après l’article 18

Nadège Abomangoli president · LFI #145

L’amendement no 668 de M. Julien Dive, portant article additionnel après l’article 18, est défendu.Quel est l’avis de la commission ?

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #147

La commission n’a pas examiné cet amendement. J’y suis défavorable à titre personnel, car il me semble excessif de proroger la DEP jusqu’en 2031. En principe, la prorogation d’une dépense fiscale se limite à trois ans.

#148

(L’amendement no 668, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)

Article 19

Nadège Abomangoli president · LFI #150

La parole est à Mme Eva Sas, pour soutenir l’amendement no 3571.

article 19 · amendement 3571
Eva Sas EcoS #151

Cet amendement a été déposé par ma collègue Dominique Voynet.Le PLF pour 2025 prévoit de nouvelles exonérations de fiscalité des plus-values lors de la cession d’exploitations agricoles, notamment lors des départs à la retraite.Il y a deux ans à peine, la loi du 29 décembre 2023 a déjà rehaussé le seuil d’exonération à 450 000 euros. Loin de faciliter la transmission des exploitations et l’installation des jeunes agriculteurs, ce dispositif facilite la cession et l’achat de machines, encourage la surmécanisation effrénée et entraîne les acquéreurs dans une spirale d’endettement infini. Dans un contexte qui nous appelle à davantage de sobriété, c’est le partage des moyens de production et l’utilisation optimale des équipements les plus coûteux – ce que permettent depuis belle lurette les coopératives d’utilisation de matériel agricole (Cuma) – qu’il faut encourager.L’exonération […]

article 19 · amendement 3571

Quel est l’avis de la commission ?

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #156

La commission des finances a rejeté cet amendement visant à supprimer l’exonération existante pour lutter contre la surmécanisation. L’approche que vous proposez est disproportionnée : en privant les entreprises agricoles de toute exonération sur les plus-values de cession, nous risquerions de fragiliser les transmissions. Elle est en outre déconnectée des prix du matériel agricole, que les exploitants ne renouvellent pas pour le plaisir.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #158

Même avis, pour les mêmes raisons.

La parole est à M. Dominique Potier.

L’amendement est bienvenu, car il pose une question capitale. Nous consacrons plus de 1 milliard par an aux exonérations de la plus-value sur le matériel mécanique. Selon une étude scientifique et comptable de la Fédération nationale des Cuma (FNCUMA) sur l’effet macroéconomique de cette mesure, l’exonération entraîne un surcoût qui dépasse 15 000 euros par entreprise pour le matériel. L’essentiel des bénéfices de cette plus-value très coûteuse pour l’État va principalement aux constructeurs de machinisme situés en Allemagne ou aux États-Unis.La France subventionne l’industrie allemande et américaine des tracteurs, moissonneuses-batteuses et autres matériels agricoles, et les entreprises agricoles françaises font face à un surcoût. C’est un échec total. Monsieur le rapporteur général, il faut sans doute procéder par étapes et commencer par convertir cette exonération en une aide à la […]

La parole est à M. le rapporteur général.

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #163

L’analyse de M. Potier n’est pas forcément erronée,…

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #165

…mais la réforme graduelle dont il parle n’est pas l’objet de l’amendement. L’amendement propose simplement de supprimer l’exonération. Ce n’est pas raisonnable !

Mais si !

#167

(L’amendement no 3571 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Nadège Abomangoli president · LFI #168

L’amendement no 825 de M. Stéphane Travert est défendu.

#169

(L’amendement no 825, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)

Nadège Abomangoli president · LFI #170

Je suis saisie de huit amendements, nos 79, 1336, 2202, 2957, 1249, 1568, 990 et 2950, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 79, 1336, 2202 et 2957 sont identiques. Les amendements nos 79 de Mme Émilie Bonnivard et 1336 de M. Vincent Thiébaut sont défendus.La parole est à M. Jean-René Cazeneuve, pour soutenir l’amendement no 2202.

article 19 · amendement 79 et 1336

Il tend à favoriser la transmission à titre gratuit de biens ruraux, sur le modèle du pacte Dutreil. L’augmentation de la taille des exploitations agricoles rend de plus en plus difficile leur transmission entre générations, dont nous avons pourtant besoin.

article 19 · amendement 79 et 1336
Nadège Abomangoli president · LFI #173

L’amendement no 2957 de Mme Lise Magnier est défendu.La parole est à Mme Françoise Buffet, pour soutenir l’amendement no 1249.

article 19 · amendement 79 et 1336

Dans le cadre du pacte Dutreil, la transmission à titre gratuit d’entreprises bénéficie depuis le début des années 2000 d’une exonération de 75 % sans plafond sous certaines conditions. L’amendement vise à faire converger le régime d’abattement applicable aux terres données à bail à long terme vers celui du pacte Dutreil, en supprimant le plafond d’exonération et en proposant une durée minimale de conservation de la propriété de dix ans.

article 19 · amendement 79 et 1336
Nadège Abomangoli president · LFI #176

La parole est à M. Hubert Ott, pour soutenir l’amendement no 1568.

article 19 · amendement 1568

Par cet amendement, nous avons pour ambition de favoriser la stabilité du foncier attaché aux exploitations agricoles et viticoles, indispensable à leur pérennité.Lorsque des terres ou vignes louées à long terme font l’objet d’une transmission à titre gratuit, elles bénéficient d’une exonération de 75 %, soumise à un plafond de 300 000 euros. Ce plafond est porté à 500 000 euros si le bénéficiaire de la transmission s’engage à conserver le bien pendant au moins dix ans. Au-delà de ces limites, l’exonération est de 50 %.En règle générale, la transmission à titre gratuit d’entreprises bénéficie d’une exonération de 75 % sans plafond. Une transposition de ce principe au capital foncier attaché durablement à une exploitation agricole ou viticole est d’autant plus nécessaire que la valeur de ce capital est très élevée au regard de sa rentabilité effective et quotidienne, ce qui constitue un […]

article 19 · amendement 1568

Merci de bien vouloir conclure, monsieur le député.

Nous devons l’accompagner, faire en sorte que ses lendemains soient souriants, car c’est la richesse de la France qui est en jeu. Allégeons donc la fiscalité lorsque le patrimoine auquel elle s’applique est avant tout un outil de travail.

article 19 · amendement 1568
Nadège Abomangoli president · LFI #184

Je propose que nous nous en tenions à des interventions d’une minute.La parole est à M. Matthias Renault, pour soutenir l’amendement no 990.

article 19 · amendement 990

Il vise à aligner les conditions de transmission des exploitations agricoles sur celles du dispositif Dutreil, en supprimant les plafonds d’exonération fixés à 300 000 et à 500 000 euros. En effet, le mécanisme actuel d’exonération ne tient pas compte de la valeur des exploitations. L’objectif est la stabilité du foncier, en particulier dans les exploitations viticoles.

article 19 · amendement 990
Nadège Abomangoli president · LFI #186

La parole est à M. le rapporteur général, pour soutenir l’amendement no 2950 et pour donner l’avis de la commission sur les amendements en discussion commune.

article 19 · amendement 2950
Charles de Courson rapporteur général · LIOT #187

Tous ces amendements tendent à faciliter la transmission. Les amendements identiques nos 79 et suivants, partant du constat que le pacte Dutreil n’inclut pas de plafond, visent à supprimer le plafond applicable aux entreprises agricoles individuelles à condition que le bénéficiaire de la transmission s’engage à conserver le bien pendant quinze ans, sous peine de devoir reverser au prorata temporis le montant de l’exonération. Les amendements nos 1249 et 1568 abaissent à dix ans la durée minimale de conservation du bien, ce qui est plus favorable au bénéficiaire. Enfin, l’amendement no 990 vise également la suppression du plafond fixé à 500 000 euros ; je rappelle que le taux d’abattement est de 75 % en deçà du plafond et de 50 % au-delà.L’amendement no 2950, que j’ai présenté, a le mérite de la simplicité. Il vise à élargir l’exonération à tous les cas de transmission, y compris à celle […]

article 19 · amendement 2950

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #192

L’avis du Gouvernement est défavorable sur l’ensemble de ces amendements, même si, comme le rapporteur général l’a bien expliqué, ils n’ont pas tous la même portée et ils proposent des dispositifs différents.Déplafonner a deux conséquences sur lesquelles je ne peux que m’exprimer défavorablement. Premièrement, le coût de cette mesure est potentiellement important. Deuxièmement, par définition, si on modifie ou si on supprime le plafonnement pour les exonérations de droits sur 75 % de la valeur du bien, cela va favoriser les plus hauts patrimoines ; ce n’est pas nécessairement un problème, mais c’est un choix. Je ne suis pas sûr que la priorité soit de favoriser fiscalement les hauts patrimoines. Comme l’a dit M. Potier, il est nécessaire d’évaluer la fiscalité agricole actuelle avant de modifier différents plafonds.À ce sujet, monsieur Potier, le rapport de la FNCUMA que vous avez […]

Ah ! C’est bien !

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #196

La contre-proposition du rapporteur général est intéressante, car elle tend à augmenter le montant du plafond tout en maintenant un plafonnement, ce qui me paraît nécessaire. Le coût de cette disposition serait plus contenu, néanmoins elle favorise également les plus hauts patrimoines.

La parole est à M. Dominique Potier.

Merci, monsieur le ministre, de nous transmettre le rapport sur la répartition des exonérations fiscales dans l’agriculture et leur impact sur les catégories, les régions et les systèmes différents. Ces documents nous seront très précieux. Les socialistes, comme d’autres groupes à gauche, voteront contre ces dispositions, suivant en l’occurrence l’avis du Gouvernement. En effet, elles sont iniques.Je me souviens très bien – je m’étais même garé tant j’avais été ému – en entendant, lors de la Saint-Vincent, Bruno Le Maire, dans la Marne, faire la promesse aux vignerons de Champagne qu’il ferait sauter les plafonds des exonérations pour la transmission. Je ne sais pas dans quel état il était, mais son manque de lucidité était évident. Renouveler les générations est un enjeu capital. Pour cela, il faut partager les aides.Monsieur le ministre, comme vous êtes dans des bonnes dispositions […]

La parole est à M. Jean-Paul Mattei.

Une terre agricole est un bien à part. En effet, c’est un bien qui est nécessaire à l’exploitation ; il peut faire l’objet d’une mise à disposition, il y a le bail à long terme… Pour bénéficier du pacte Dutreil, il suffit d’apporter les terres à une société commerciale. Cela présente un travers, car dans ce cas nous perdons le contrôle – quid des dispositifs en place ? – même si la loi Sempastous a essayé d’améliorer le système. Vous parlez de grandes exploitations, mais, en l’espèce, le foncier est immobilisé depuis longtemps.Votre argument pour rejeter ces amendements n’est donc pas satisfaisant. Il est vrai que les choses évoluent dans le bon sens : on est passé de 100 000 à 500 000 euros en quelques années. Néanmoins, je ne vois pas pourquoi moins bien traiter qu’un actif professionnel le capital foncier, alors même que le propriétaire le conserve et qu’il est exploité dans le cadre […]

Nous avons besoin du rapport du CGAAER.

La parole est à M. Hubert Ott.

Je connais le vignoble, en particulier le vignoble alsacien. Nous avons la chance d’avoir une viticulture familiale. Certes, les vignerons détiennent un patrimoine, mais ce patrimoine est un outil de travail. Les transmissions seront importantes dans les prochaines années – je ne vous apprends rien – ; dans ce contexte, il faut favoriser le maintien de la présence territoriale des familles d’exploitants. Si cette présence diminuait, nous perdrions une force économique évidente. Soyons à l’écoute de la réalité du terrain et proposons des réponses qui vont dans le sens de la pérennité des exploitations agricoles et de la réussite viticole française, qui en a bien besoin actuellement.

La parole est à M. Joël Bruneau.

Nous touchons du doigt un vrai sujet, qui mériterait mieux qu’un débat un peu tronqué autour de quelques amendements. En matière de transmission de l’outil agricole, il y a autant de situations que de formes d’agricultures. Ce qui est vrai pour le vignoble alsacien ne l’est pas pour la transmission d’une exploitation laitière, dont la surface est relativement réduite, pour prendre un cas que Stéphane Travert et moi connaissons bien. Dans ce dernier cas, agglomérer le sujet du foncier et celui de l’outil d’exploitation n’a pas grand sens. Je ne pense donc pas qu’on puisse traiter ces différents cas de la même manière en appliquant à la transmission des exploitations agricoles familiales les règles qui valent pour les sociétés commerciales, à savoir le pacte Dutreil. Ce sujet est, selon moi, plus complexe.

La parole est à M. le rapporteur général.

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #211

Avant que nous ne votions, je soulignerai que M. Mattei n’a pas tort intellectuellement. S’il faut passer par le montage de sociétés pour bénéficier sans plafond du pacte Dutreil, il est possible de contourner le dispositif actuel. Je vous rappelle cependant que certains veulent plafonner le Dutreil,…

Oui !

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #213

…par parallélisme et par souci de cohérence. En déposant l’amendement no 2950, j’ai essayé d’être pragmatique : cet amendement, qui a été voté par la commission, tend à faciliter les transmissions qu’elles soient réalisées ou non dans le cadre familial. Vous savez qu’il y a de plus en plus de reprises hors du cadre familial, notamment dans le cadre de reconversions professionnelles. L’amendement no 2950 offre donc l’avantage d’essayer d’embrasser tous les cas de figure, qui sont très variés.Je reconnais que M. Mattei n’a pas tort ; il pourrait proposer un sous-amendement à l’amendement no 2950 qui porte le plafond à 600 000 euros. Mais il faut être raisonnable, en cela comme en toute chose.

#215

(Les amendements identiques nos 79, 1336, 2202 et 2957 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
#216

(Les amendements nos 1249 et 1568, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Nadège Abomangoli president · LFI #217

Je mets aux voix l’amendement no 990.

#218

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Nadège Abomangoli president · LFI #219

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 108 Nombre de suffrages exprimés 107 Majorité absolue 54 Pour l’adoption 52 Contre 55

#220

(L’amendement no 990 n’est pas adopté.)

#221

(L’amendement no 2950 est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Nadège Abomangoli president · LFI #222

Sur l’amendement n° 234 et les amendements identiques, je suis saisie par le groupe Droite républicaine d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.Je suis saisie de plusieurs amendements identiques, nos 234, 283, 586, 826, 982 et 1220. La parole est à Mme Françoise Buffet, pour soutenir l’amendement no 234.

L’amendement vise à améliorer les conditions de transmission à titre gratuit des exploitations agricoles familiales en alignant les règles de fiscalité appliquées en cas de transmission des terres agricoles sur celles de l’entreprise familiale. Les terres agricoles étant le support nécessaire de l’entreprise, en cas de transmission, un traitement fiscal identique de l’ensemble des éléments de l’exploitation doit permettre la préservation du modèle économique agricole français composé majoritairement d’exploitations familiales.

article 19 · amendement 2950
Nadège Abomangoli president · LFI #225

La parole est à Mme Véronique Louwagie, pour soutenir l’amendement no 283.

article 19 · amendement 283

Nous devons effectivement trouver des mécanismes pour favoriser la transmission des exploitations agricoles et pour permettre à un grand nombre d’exploitants de se maintenir. Si rien n’est fait pour faciliter la transmission, nous assisterons à des regroupements qui produiront de très grosses exploitations, et nombre de jeunes agriculteurs n’auront pas la possibilité de s’installer. Tout ce qui favorise la transmission familiale va dans le bon sens, car cela répond à des préoccupations, à des souhaits. Actuellement, la transmission des terres agricoles ne bénéficie pas des mêmes conditions d’exonération que le régime fiscal applicable aux entreprises, ce qui crée de véritables difficultés. L’amendement vise donc à répondre à un besoin des exploitations agricoles.

article 19 · amendement 283
Nadège Abomangoli president · LFI #227

L’amendement no 586 de M. Nicolas Ray est défendu.La parole est à M. Stéphane Travert, pour soutenir l’amendement no 826.

article 19 · amendement 283

Dans la droite ligne de ce qu’ont expliqué Mmes Buffet et Louwagie, nous avons élaboré dans le projet de loi d’orientation pour la souveraineté agricole et le renouvellement des générations en agriculture (PLOA) plusieurs dispositifs pour faciliter la transmission des exploitations et le renouvellement des générations. Nous avons besoin de traduire dans le PLF ce qui a été défendu dans le texte qui sera prochainement débattue au Sénat.Enfin, je rappelle l’impérieuse nécessité dans les mois à venir de nous emparer de la question foncière grâce à une mission parlementaire transpartisane.

article 19 · amendement 283
Nadège Abomangoli president · LFI #231

La parole est à M. Benjamin Dirx, pour soutenir l’amendement no 982.

article 19 · amendement 982

Ces amendements identiques ont été adoptés en commission. Il est très important de pouvoir transmettre les terres agricoles, notamment les terres viticoles. Actuellement, parce que la fiscalité est trop importante, certains domaines sont rachetés par de gros industriels, que certains, sur les bancs d’en face, n’aiment pas – ce n’est pas le modèle que nous voulons – ou par des puissances étrangères. Nous devons donc à tout prix permettre la transmission de ces exploitations.

article 19 · amendement 982
Nadège Abomangoli president · LFI #233

La parole est à M. Corentin Le Fur, pour soutenir l’amendement no 1220.

article 19 · amendement 1220

Il s’agit d’un amendement essentiel. La transmission des exploitations est un enjeu fondamental, car la moitié des exploitants agricoles partiront à la retraite dans les dix prochaines années. Nous devons donc défendre un modèle d’exploitation familiale, favoriser la transmission et inciter les jeunes à s’installer en agriculture.

article 19 · amendement 1220

Quel est l’avis de la commission ?

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #236

Cette mesure est cohérente avec le Dutreil non plafonné et les systèmes qui maintiennent un plafond même réévalué – on a entendu ce que disait Jean-Paul Mattei. Le texte du Gouvernement prévoit une hausse du seuil d’exonération à 600 000 euros pour la transmission de terres louées à bail à long terme à de jeunes agriculteurs, désormais sans cibler ce public puisque vous avez adopté mon amendement. Donnons-nous le temps d’évaluer cette mesure et le pacte Dutreil, dont le coût est très mal chiffré.Il semble que les plafonds de 500 000 et 600 000 euros soient déjà largement suffisants pour couvrir la majorité des situations. L’extension proposée risque de créer des effets d’aubaine, pour quelques exploitations seulement.La commission a adopté ces amendements identiques. Je plaide simplement pour la modération, car nous améliorerons la progressivité au cours des prochaines années.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #240

Avis défavorable pour les raisons évoquées précédemment.J’en profite pour dire que la demande du Parlement est toujours prioritaire pour le Gouvernement : monsieur Potier, le rapport que vous avez demandé est en ligne. (M. Dominique Potier applaudit.)

La parole est à Mme Manon Meunier.

C’est un dialogue hypocrite : vous dites qu’il faut faciliter la transmission familiale des fermes et des petites exploitations à taille humaine, alors que les amendements précédents visaient à faire sauter tous les plafonds d’exonération, donc à faciliter les plus grosses structures et l’agrandissement des exploitations. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)Or c’est à cette échelle que la transmission est la plus difficile : les jeunes ne s’y retrouvent plus, parce qu’il faut des investissements monstrueux et que seuls les plus gros acteurs peuvent s’emparer des grosses fermes et des grosses exonérations. Un peu de cohérence, donc. Aidons les agriculteurs, définissons des plafonds et des échelles, afin de préserver les exploitations familiales, mais arrêtons de faire sauter les plafonds en parallèle. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

La parole est à M. Benjamin Dirx.

C’est exactement l’inverse qui se produit. Je prends l’exemple du dernier domaine vendu en Côte-d’Or : d’une superficie de 1,3 hectare, il est parti pour 15 millions d’euros. L’exploitant ne voulait pas cet argent : il souhaitait seulement conserver les terres sur lesquelles il avait travaillé, et son père et son grand-père avant lui. Il n’a pas pu empêcher ce qui s’est produit. L’acheteur, c’est Bernard Arnault, président-directeur général de LVMH – que vous dénoncez tous les jours. En ne votant pas ces amendements, vous créez Bernard Arnault. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Nous ne pouvons pas déplorer collectivement dans l’hémicycle que nos exploitants agricoles ne puissent pas vivre de leur production, et dire à ceux qui finissent par réussir que nous allons tout leur reprendre fiscalement ! Dans tous les cas, l’agriculteur ne peut pas vivre : ce n’est pas normal.

Qu’est-ce qu’une terre agricole de 1,3 hectare ?

Il y a déjà eu un pour et un contre mais je fais une exception : allez-y monsieur Le Fur !

Ces amendements reprennent les arguments de la gauche, je vous invite donc à les voter. Nous devons défendre l’installation et la transmission du modèle familial, et éviter le regroupement de fermes gigantesques.

La parole est à M. le rapporteur général.

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #252

Permettez-moi de clarifier le débat. Actuellement, il y a une exonération de 75 % jusqu’à 600 000 euros, et au-delà, sans plafond, de 50 %. Si nous votons pour la suppression du plafond de 600 000 euros, l’exonération s’élèvera à 75 % au-dessus de 600 000 euros au lieu de 50 % – on ne part pas de zéro.

Les 25 % restant, il faudra les payer.

Nadège Abomangoli president · LFI #254

Je mets aux voix les amendements identiques nos 234, 283, 586, 826, 982 et 1220.

#255

(Il est procédé au scrutin.)

Nadège Abomangoli president · LFI #256

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 129 Nombre de suffrages exprimés 96 Majorité absolue 49 Pour l’adoption 86 Contre 10

#257

(Les amendements identiques nos 234, 283, 586, 826, 982 et 1220 sont adoptés.)

Le Gouvernement lève-t-il le gage ?

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #259

Oui.

Nadège Abomangoli president · LFI #260

L’amendement no 85 de Mme Louise Morel est défendu.Quel est l’avis de la commission ?

article 19 · amendement 1220
Charles de Courson rapporteur général · LIOT #262

À titre personnel, je donne un avis défavorable à cet amendement qui n’a pas été examiné en commission des finances. Il tend à créer une donation-partage agricole permettant d’exonérer de 50 % les outils de travail et d’étaler le versement des indemnités par l’héritier repreneur aux autres héritiers. Le pacte Dutreil permet déjà une exonération de 75 % des droits de mutation à titre gratuit (DMTG) pour la transmission des entreprises agricoles, qui peut se cumuler avec une donation-partage avec soulte. Demandez à M. Mattei, il vous expliquera comment faire ce montage.Le seul apport de cet amendement est la possibilité pour l’héritier de différer le versement d’indemnités – je ne pense pas qu’il faille revoir le code général des impôts pour envisager ce type d’arrangement.

#264

(L’amendement no 85, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Nadège Abomangoli president · LFI #265

L’amendement no 86 de Mme Louise Morel est également défendu.Quel est l’avis de la commission ?

article 19 · amendement 1220
Charles de Courson rapporteur général · LIOT #267

Avis défavorable, pour les mêmes raisons.