Séance du 29 avril 2025 — 177e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Tours 401 à 600 sur 715 — page 3 / 4.
La parole est à Mme Estelle Mercier.
Après plusieurs semaines et de très nombreuses heures de débats – une durée à la hauteur des enjeux –, la proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic arrive au terme de son cheminement législatif.Nous partageons tous le constat que le trafic de drogue est une menace réelle pour notre société et nos institutions. Face à ce fléau, nos concitoyens et les élus de nos territoires nous demandent de faire preuve de responsabilité et d’efficacité : nous le leur devons.La ligne de conduite des députés du groupe Socialistes et apparentés a toujours été claire et constante : la lutte contre la criminalité organisée et le trafic de drogue doit constituer une cause majeure et prioritaire si nous voulons sortir la France du piège du narcotrafic qu’a décrit notre collègue sénateur socialiste Jérôme Durain – dont il faut rappeler qu’il est à l’initiative de cette proposition de […]
Très bien !
Et il y a urgence ! Urgence à se doter de nouveaux outils et de moyens à la hauteur de ce fléau, urgence à ne laisser aucun quartier ou territoire de côté. La République doit être présente partout et pour tous !Ce texte comporte des avancées notables, telles que la création d’un parquet national antistupéfiants pour lutter contre le haut du spectre et celle d’un état-major criminalité organisée (Emco) – chef de file visant à coordonner au plus haut niveau les moyens d’enquête et de police dédiés –, la mise en réseau des Jirs, la possibilité de fermer les établissements servant de couverture au trafic, de confisquer et de geler les avoirs, les outils de lutte contre le blanchiment d’argent, le renforcement du renseignement ou le nouveau statut du repenti.Si toutes ces dispositions, inspirées du rapport d’enquête sénatorial, vont dans le bon sens, nous vous alertons sur deux risques […]
Très juste !
Le bien-fondé des prisons de haute sécurité a été âprement débattu en commission et dans cet hémicycle. Ce débat est légitime, mais la violence, elle, ne le sera jamais dans notre démocratie. Les attaques coordonnées contre des centres de détention et des agents pénitentiaires survenues ces derniers jours constituent une atteinte directe à nos institutions. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Ces actes sont inacceptables, intolérables et doivent être condamnés sans la moindre ambiguïté. Au nom de mon groupe, je veux ici dire toute notre solidarité à l’égard des personnels pénitentiaires qui accomplissent leur mission dans des conditions de plus en plus difficiles. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.) Leur sécurité n’est pas négociable. Leur engagement mérite notre respect et notre protection.Certaines mesures de ce […]
La parole est à M. Olivier Marleix.
Les députés du groupe Droite républicaine voteront ce texte avec beaucoup de conviction parce qu’il protège les premières victimes du trafic de drogue dans notre pays, à savoir les jeunes. Je pense à ces jeunes de 13, 14, 15 ans dont les vies sont violemment heurtées – quand elles ne sont pas simplement brisées – par la consommation de produits stupéfiants ou de drogues. Je pense aussi à ces quelque 200 000 jeunes, souvent du même âge que les autres victimes, enrôlés d’office pour tenir les pieds d’immeubles, sorte d’enfants soldats de ces trafics. D’une manière ou d’une autre, la drogue cible toujours la vulnérabilité et nous avons besoin de la force de la loi pour protéger les plus vulnérables.Nous voterons aussi ce texte avec conviction parce qu’il est résolument énergique. Il faut l’avouer, ce n’est pas toujours ce qu’on ressent quand on examine un texte à l’Assemblée nationale […]
Oui, avec la justice !
…dans notre capacité à lutter contre les trafiquants. Il est sans doute inutile de rappeler les mesures que ce texte et la proposition de loi organique contiennent : création du Pnaco, nouveaux outils de lutte contre le blanchiment de la drogue, contrôle des installations portuaires, extension des pouvoirs de police des douanes, interdiction de régler la location des véhicules en espèces, quartiers d’isolement pour empêcher les plus gros trafiquants de continuer à agir depuis leur cellule, cadre renforcé pour les techniques de renseignement, accroissement des pouvoirs des préfets pour assurer la tranquillité locale.Mon seul regret est que nous ayons renoncé à mener un bras de fer – qui aurait pourtant été très utile – avec les messageries cryptées. Elles constituent aujourd’hui le refuge des pires trafics, des trafiquants de drogue et aussi – il convient que nous en ayons tous […]
Avant de donner la parole aux trois derniers orateurs, je rappelle que la conférence des présidents a décidé qu’il serait procédé à des scrutins publics sur les textes des deux propositions de loi issus des travaux des commissions mixtes paritaires. Je fais d’ores et déjà annoncer les scrutins dans l’enceinte de l’Assemblée.La parole est à M. Antoine Léaument.
Avec cette loi, vous ne réglerez absolument rien de la question du narcotrafic. Croyez bien que je le regrette, puisque nous aurions précisément souhaité une politique ambitieuse dans le domaine. Il faut d’abord faire le bilan de votre politique : son échec, c’est l’augmentation continue de la consommation de stupéfiants dans notre pays. La moitié des Français ont consommé du cannabis, 10 % de la cocaïne et 10 % de la MDMA.
Parole d’expert !
Le bilan de votre politique répressive, c’est une augmentation de la consommation, alors même que des politiques moins répressives, voire des politiques de prévention, par exemple vis-à-vis de l’alcool ou du tabac, ont permis de faire baisser la consommation de drogues dans notre pays. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Ce texte contient des mesures négatives, voire dangereuses. Je pense d’abord à l’interdiction administrative de paraître et à la rupture administrative des contrats de location dans les sociétés HLM, qui sont une manière de stigmatiser des populations bien particulières et de faire peser un risque d’arbitraire.Il m’est arrivé de dire que nous avons face à nous, quand nous siégeons, deux modèles : à notre gauche, une statue représentant la liberté, à notre droite, une statue représentant l’ordre public. Notre devoir de législateurs est d’essayer de trouver […]
Ah !
…si l’on ne réduit pas le marché, c’est-à-dire la consommation. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe LFI-NFP.) Pour cela, ce ne sont pas de mesures de répression qu’il faut prendre, mais des mesures de prévention et de soins pour éviter l’entrée dans la drogue, diminuer la consommation et permettre la sortie de la dépendance. (Mêmes mouvements.)
Quelle naïveté coupable !
Enfin, il aurait fallu légaliser le cannabis – une question dont nous n’avons pu discuter (Exclamations prolongées sur plusieurs bancs des groupes EPR et DR) – afin de priver les trafiquants d’une manne financière considérable (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) mais aussi de libérer les services de police et de justice d’une charge de travail. Jusqu’ici, les moyens mis en œuvre visent uniquement à lutter contre les consommateurs, jamais contre la consommation ni contre les grands dealers.Monsieur Retailleau, votre bilan, comme on a pu le constater tout au long de l’examen du texte, c’est l’absence et l’inefficacité. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
La parole est à Mme Anne Bergantz.
Nous voici sur le point d’adopter définitivement les propositions de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic. Ces textes ont fait l’objet d’un accord quasi unanime en commission mixte paritaire, prouvant que nos différents groupes partagent la volonté de mieux lutter contre le fléau que représente, pour nos concitoyens, le narcotrafic.Car oui, ces propositions de loi doivent nous donner les moyens de répondre à la détresse des dizaines de milliers de Français qui subissent au quotidien, dans leur quartier, les effets collatéraux de ces trafics – jusqu’à la fermeture provisoire d’une école maternelle à Saint-Ouen, comme on l’a appris ces derniers jours.Ainsi, en tant que véritable état-major de la lutte contre la criminalité organisée, l’Ofast verra ses compétences renforcées afin de mieux coordonner les services de police, de douane et de renseignement. Le nouveau parquet […]
La parole est à Mme Agnès Firmin Le Bodo.
Notre pays paie chaque jour le coût du narcotrafic. Ce coût est tout d’abord humain. Pensons à ces vies qui disparaissent injustement, victimes collatérales des règlements de comptes. Pensons à ces familles qui vivent dans des quartiers gangrenés par le narcotrafic, dont l’accès à l’espace public se réduit chaque jour : l’accès à l’école, aux soins ou encore aux loisirs s’en trouve directement affecté. La tranquillité, à laquelle aspirent légitimement nos concitoyens, se réduit comme une peau de chagrin, avec le sentiment que la République recule.Le coût est également économique. Europol estime que 86 % des réseaux criminels européens investissent et blanchissent leur argent dans l’économie légale. Sans réponse forte de l’État, ce sont autant de preuves qui disparaissent pour démanteler ces réseaux.Le coût est enfin politique, et même démocratique, comme une entorse faite à la promesse […]
La discussion générale commune est close.
J’appelle maintenant le texte de la commission mixte paritaire. Conformément à l’article 113, alinéa 3, du règlement, je vais d’abord appeler l’Assemblée à statuer sur les amendements dont je suis saisi.La parole est à M. Bruno Retailleau, ministre d’État, pour soutenir l’amendement no 5.
Cet amendement rédactionnel vise à garantir la constitutionnalité du texte.
(L’amendement no 5, accepté par la commission, modifiant l’article 3, est adopté.)
Les amendements nos 2 et 1 du gouvernement sont défendus.
(L’amendement no 2, accepté par la commission, modifiant l’article 3, est adopté.)
(L’amendement no 1, accepté par la commission, modifiant l’article 4 bis C, est adopté.)
La parole est à M. Gérald Darmanin, ministre d’État, pour soutenir l’amendement no 6.
J’ai présenté tout à l’heure à la tribune ces dispositions très importantes qui visent à préserver l’anonymat des agents pénitentiaires. Il y a deux amendements : l’un traite du régime carcéral spécifique des prisons de haute sécurité – dispositions qui avaient été adoptées mais qui ont été, si j’ai bien compris, supprimées par erreur par la CMP ; l’autre vise à préserver l’anonymat de l’ensemble des agents pénitentiaires.
(L’amendement no 6, accepté par la commission, modifiant l’article 15 bis B, est adopté.)
L’amendement no 9 de MM. les rapporteurs est défendu.
(L’amendement no 9, accepté par le gouvernement, modifiant l’article 19, est adopté.)
L’amendement no 4 du gouvernement est défendu.
(L’amendement no 4, accepté par la commission, modifiant l’article 22, est adopté.)
La parole est à M. Gérald Darmanin, ministre d’État, pour soutenir l’amendement no 7.
Il tend à préserver l’anonymat des agents pénitentiaires dans le cadre du régime carcéral spécifique des prisons de haute sécurité.
(L’amendement no 7, accepté par la commission, modifiant l’article 23 quinquies, est adopté.)
L’amendement no 3 du gouvernement est de coordination.
(L’amendement no 3, accepté par la commission, modifiant l’article 26, est adopté.)
L’amendement no 8 de MM. les rapporteurs est défendu.
C’est le seul qui soit véritablement rédactionnel…
(L’amendement no 8, accepté par le gouvernement, modifiant l’article 26, est adopté.)
Je mets aux voix l’ensemble de la proposition de loi, compte tenu du texte de la commission mixte paritaire, modifié par les amendements adoptés par l’Assemblée.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 498 Nombre de suffrages exprimés 464 Majorité absolue 233 Pour l’adoption 396 Contre 68
(L’ensemble de la proposition de loi est adopté.) (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR, DR, Dem et HOR.)
Je mets aux voix l’ensemble de la proposition de loi organique, compte tenu du texte de la commission mixte paritaire.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 494 Nombre de suffrages exprimés 485 Majorité absolue 243 Pour l’adoption 424 Contre 61
(L’ensemble de la proposition de loi organique est adopté.) (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR, DR, Dem et HOR, ainsi que sur les bancs de la commission.)
L’ordre du jour appelle le débat sur le plan budgétaire et structurel à moyen terme.La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
J’ai l’honneur de vous présenter, aux côtés de Mme la ministre chargée des comptes publics, Amélie de Montchalin, l’état d’avancement de notre plan budgétaire et structurel à moyen terme (PSMT). Ce PSMT permet d’établir une perspective sur plusieurs années, afin de proposer une trajectoire progressive et équilibrée, tout en étant soutenue et suivie.Sur le plan économique, nos prévisions de croissance ont été revues, dans un contexte géopolitique pour le moins tourmenté. Néanmoins, le scénario de croissance reste assez proche de celui retenu pour le projet de loi de finances (PLF) de janvier. Comme attendu, et comme le montrent les dernières enquêtes de conjoncture ainsi que la bonne tenue relative de la consommation des ménages, l’adoption du budget pour 2025 a permis de réduire l’incertitude qui pesait sur les acteurs économiques.Cependant, la forte dégradation de l’environnement […]
Bah, on n’y est pas !
Pour satisfaire cet engagement, nous maintenons notre objectif de déficit de 4,6 % en 2026, comme nous nous y étions engagés à l’automne dernier. Nous faisons ce qu’il faut pour éviter le dépassement des dépenses. À cette fin, la ministre chargée du budget et moi avons présenté des mesures d’économie à hauteur de 5 milliards d’euros. Nous vous donnons rendez-vous en juin, ainsi qu’aux partenaires sociaux, pour un second comité d’alerte, où nous vous tiendrons informés de l’exécution du budget.Dans sa conférence de presse sur les finances publiques, le premier ministre a affirmé une nouvelle méthode, celle d’un dialogue poussé entre le gouvernement, la représentation nationale, la commission des finances, les représentants des élus et les partenaires sociaux. Cette méthode doit nous permettre de partager l’exigence de redressement des comptes publics et d’identifier ensemble les moyens […]
La parole est à Mme la ministre chargée des comptes publics.
Il y a trois mois, le Parlement a adopté le projet de loi de finances pour 2025, à l’issue d’un compromis trouvé en commission mixte paritaire. Ce compromis nous oblige à un suivi renforcé de l’exécution du budget, afin de respecter les équilibres financiers qui ont été trouvés par vous, parlementaires.Le premier objectif que nous devons tenir est celui de la cible de déficit, qui ne doit pas dépasser 5,4 % en 2025. Ce suivi est d’autant plus nécessaire que les aléas et les risques ont décuplé cette année, sous l’effet de la crise à la fois géopolitique et commerciale que nous traversons.
Et de sept ans de présidence Macron !
Dans le cadre du rapport annuel d’avancement, nous venons vous rendre compte du respect de la trajectoire de redressement des comptes publics, à commencer par la cible de déficit pour 2025. C’est aussi l’occasion pour nous de vous présenter les principes de la construction du budget pour 2026.Le rapport est divisé en deux volets : l’un porte sur le constat des aléas et des risques, l’autre sur les mesures de correction pour tenir la trajectoire. Tel est le sens de la méthode du « quoi qu’il arrive », exposée lors du premier comité d’alerte, il y a deux semaines. Ce comité a été l’occasion de présenter pour la première fois en toute transparence, dès le mois d’avril, les recettes, les dépenses et les risques auxquels nous faisons face, dans le cadre d’une discussion réunissant parlementaires, acteurs de la sécurité sociale, collectivités territoriales et partenaires sociaux.La loi de […]
Bah non, ce n’est rien du tout !
…puisqu’elle représente 0,6 % des crédits ouverts par la loi de finances, ce qui rend l’effort tout à fait faisable.La moitié de ces 5 milliards correspond à l’annulation de crédits mis en réserve – le décret a été publié à la fin de la semaine dernière ; plus précisément, ce sont 3,1 milliards d’autorisations d’engagement et 2,7 milliards de crédits de paiement qui ont été annulés et ne seront donc pas consommés. Je le redis avec force : ces crédits proviennent essentiellement de la réserve de précaution initiale, dont le taux plein ne remet en cause ni la programmation ni les marges de manœuvre des ministères, puisque nous l’avons fixé, comme en 2024, à 5,5 %. En 2025, les ministères avaient d’emblée reçu de notre part, puis de celle du premier ministre, la consigne renforcée de ne pas programmer en début de gestion l’utilisation de leur réserve, devenue interministérielle. Ainsi […]
Oui, ça se voit !
…condition indispensable à ce que nous puissions parvenir à un nouveau compromis cet automne.
Que de compromis…
Le premier principe que nous voudrions partager avec vous et que, je crois, tous les Français comprennent…
Pas sûr !
…réside dans la maîtrise de nos dépenses, en particulier dans le fait que les dépenses de fonctionnement ne doivent pas progresser plus vite que l’économie : mécaniquement, si leur hausse dépasse la croissance, elle grève le déficit public. Cette logique s’applique à l’État comme à la sécurité sociale et aux collectivités territoriales.Deuxième principe, l’attribution des subventions publiques est trop souvent perçue comme un droit acquis par de nombreux acteurs. D’ailleurs, le plus clair des dépenses de l’État sont désormais des dépenses dites d’intervention, c’est-à-dire des subventions – aux ménages, aux entreprises,…
Surtout aux entreprises !
…aux associations, aux collectivités. Du coup, elles ont très souvent perdu leur effet déclencheur, ce qui accroît les effets d’aubaine et réduit l’efficacité de la dépense publique.
Si vous n’aviez pas supprimé la taxe d’habitation…
Plutôt que de se réduire à un guichet, l’État doit planifier et agir ; c’est pourquoi l’exercice, annoncé par le premier ministre, de refondation de l’action publique nous conduira à réévaluer l’action de l’État, son organisation, ses intentions, ainsi que celles de ses opérateurs et agences.Troisième principe : le redressement économique exige que soient dépassés les intérêts particuliers qui freinent l’action politique.
Ceux des actionnaires ?
Il convient que nos choix budgétaires reflètent des objectifs politiques clairs et concourent à l’intérêt général, qui doit prévaloir sur les intérêts particuliers. Il faut que nous acceptions que des décisions qui conduiraient à des pertes à court terme pour certaines catégories mais qui pourraient engendrer de la croissance, donc des gains pour des millions de Français, puissent être prises collectivement et assumées, en toute responsabilité.
Ça, ce n’est pas très clair !
Quatrième principe : nous devons mettre un terme aux dépenses que rien ne justifie plus. Les crises liées au covid et à l’inflation sont désormais derrière nous ; les mesures qui avaient été prises pour les surmonter et qui ont, j’y insiste, été utiles, n’ont plus de raison d’être.
La crise sociale, elle, persiste !
S’y ajoutent les coûts engendrés par la redondance, l’enchevêtrement des compétences et des responsabilités au sein d’une organisation de l’État que nous savons beaucoup trop complexe.Il faut mettre fin aux arrêts maladie… (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et GDR.)
Il faut moins de malades ?
…– leur nombre a augmenté de 25 % depuis 2021 – quand ils ne sont pas justifiés ou résultent de dérives ou de fraudes.
Faut-il justifier d’être malade ?
Et vous comptez mettre les gens en garde à vue ?
Bien sûr, ils pourront continuer à être délivrés aux personnes qui en ont besoin.
Oh ! Merci !
Pour obtenir un arrêt maladie, il faut être malade !
Ces arrêts témoignent de la solidarité nationale ; néanmoins, la fraude n’a pas sa place dans notre pays.Enfin, nous ferons tout notre possible pour rendre transparents le coût et la valeur des services publics, trop souvent méconnus de nos concitoyens.Pour conclure, deux lignes directrices guident notre action : tenir les objectifs inscrits dans la loi de finances initiale et fixer ensemble les conditions d’un retour sous les 3 % de déficit à l’horizon 2029. Je vous ai parlé de la réduction des dépenses publiques ; c’est là notre priorité, notre levier. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.) Je vous avais dit, dès le début de l’examen du budget, que la hausse des impôts des classes moyennes et populaires n’était pas notre boussole ; nous ne les avons pas augmentés en 2025, nous ne le ferons pas en 2026.
Les impôts des classes moyennes ont augmenté, ceux des riches ont baissé !
En parallèle de ces objectifs, nous avons une méthode, qui consiste à faire toute la lumière sur nos dépenses et nos recettes, en y associant les parties prenantes, à commencer par vous, mesdames et messieurs les députés : votre prérogative démocratique, celle d’évaluer l’action du gouvernement…
Vous, vous la dévaluez, c’est sûr !
…et, plus largement, l’efficacité de la dépense publique, est en effet primordiale. J’espère que cet enjeu majeur du Printemps de l’évaluation fera l’objet d’un débat nourri et nous permettra, à partir de vos propositions, de réduire nos dépenses tout en accroissant leur efficacité. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)
Taxez les riches, pas les malades !
La parole est à M. le président de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire.
Ah ! On va changer de discours !
On nous propose de débattre du plan budgétaire et structurel à moyen terme, qui remplace le programme de stabilité (PSTAB). Je ne m’appesantirai pas sur ce document, pour une raison simple : une note de l’association Finances publiques et économie (Fipeco) confirme que depuis 2017, aucune trajectoire établie par un document de ce type n’a été respectée au-delà de la deuxième année – et si ces trajectoires font fausse route, c’est parce que votre politique fait fausse route. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)La politique de l’offre et de la compétitivité était censée favoriser notre économie à force d’attirer les capitaux, de réduire le prix du travail ; sauf le doublement des dividendes, elle n’a atteint aucun de ses objectifs. Vous pensiez réindustrialiser : vous avez poursuivi la désindustrialisation du pays ; la part de l’industrie dans l’emploi salarié privé a […]
Eh oui ! Il faut tout vous dire !
Le problème, c’est qu’ils n’écoutent pas !
Or vous vous acharnez sur les dépenses, qui, au cours de la même période, ont déjà diminué de 0,6 % ! Cette baisse des recettes, c’est l’arme du crime, que vous vous obstinez à cacher.Face à ce constat, que fait le gouvernement ? Sans vote de l’Assemblée, il a aggravé les réductions de dépenses prévues par un budget pour 2025 déjà austéritaire et imposé par 49.3. Sans vote de l’Assemblée, il annule 3,1 milliards d’euros de crédits mis en réserve. Sans vote de l’Assemblée, il en gèle 7 milliards de plus ; or le gel est l’antichambre de l’annulation : cet argent, les services publics ne pourront pas y toucher et l’on nous expliquera, à la fin de l’année, qu’ils n’en avaient pas besoin. Je ne crois pas, madame la ministre, qu’il existe des mises en réserve indolores.Une annulation de 3,1 milliards, qu’est-ce que cela signifie ? Ce sont 133,7 millions de moins pour l’aide publique au […]
On coupe dans les crédits de la recherche : la honte !
Ainsi, le gouvernement esquive le Parlement et, soustrait à tout contrôle, accentue l’austérité.
C’est la loi !
Couper dans les dépenses publiques revient à couper dans l’économie. En octobre dernier, l’OFCE estimait l’effet récessif du premier budget Barnier à 0,5 % de croissance, soit près de 8 milliards de recettes fiscales en moins ; pourtant, vous poursuivez dans cette voie et, par ces coupes décidées par décret, vous persistez à soigner le mal par le mal. Le vrai comité d’alerte, madame la ministre, c’est notre assemblée, laquelle doit pouvoir se prononcer au sujet de ces modifications budgétaires, y compris en proposant de nouvelles recettes. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS.) Je réclame donc, pour le printemps ou le début de l’été, un projet de loi de finances rectificative. (Mêmes mouvements.)
Bravo !
Voilà pour l’année en cours. S’agissant de 2026, le gouvernement promet 40 milliards d’économies supplémentaires, à l’effet récessif assuré, tout en s’abstenant une fois de plus de toucher au coût exorbitant du capital. Faire des économies en s’attaquant aux niches fiscales, soit – mais il ne faut pas que ce soit un leurre. Concentrez vos efforts sur les plus importantes de ces niches, les mêmes qui profitent aux privilégiés : le crédit d’impôt recherche, critiqué par la Cour des comptes, dont les 7 milliards profitent surtout aux grandes entreprises ; le crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile, soit 6 milliards, dont la moitié, selon Attac, va aux riches qui emploient des domestiques. Faire contribuer les retraités…
Et les malades aussi ! La honte !
…en leur retirant l’abattement fiscal de 10 % ? Vous allez taper sur la consommation populaire. Les retraités ne sont pas des privilégiés : selon l’Insee, leur niveau de vie est proche de celui de la population générale, et même inférieur passé 80 ans. Faire payer les collectivités territoriales ? Elles assument, hors défense, 70 % de l’investissement public. (Mme Marie Mesmeur applaudit.) Restons sérieux !Mesdames et messieurs les membres du gouvernement, chers collègues, alors que le monde capitaliste quitte l’ère du libre-échange pour un dangereux affrontement commercial entre blocs politico-économiques, vous comptez affronter ce tsunami sans changer de barque ni de rames. J’en appelle à la raison. (Exclamations sur quelques bancs du groupe EPR.) Il faut accorder la priorité aux besoins des populations. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une politique de relance, de soutien […]
Écoutez le replay !
Il faut taxer les riches, pas les retraités ni les malades !
La parole est à M. le président de la commission des affaires sociales.
En 2024, le déficit de la sécurité sociale s’élevait à 15 milliards d’euros ; les prévisions pour 2025 vont de 22 à 24 milliards. Si l’on excepte 2020, l’année de la pandémie, il atteint donc un niveau inédit depuis quinze ans. Ces chiffres nous rappellent à la fois l’urgence d’agir et la responsabilité qui nous incombe de réduire nos déficits, ainsi que notre dette sociale. Certes, les budgets que nous avons adoptés pour 2025 comportent des mesures en ce sens, avec un objectif insuffisant mais réaliste : réduire le déficit public à 5,4 % du PIB. Toutefois, force est de constater que ces efforts ne seront pas à la hauteur des enjeux.La situation financière du pays doit constituer une préoccupation majeure : il y va non seulement de notre souveraineté, mais aussi de la préservation de notre modèle social. Il convient par conséquent d’adopter une démarche résolument réformiste.Dans un […]
Il a raison !
…et les réformes de l’assurance chômage et du marché du travail sont à poursuivre.Les freins à la création et au développement des entreprises doivent être levés. Il convient d’assouplir les contraintes qui pèsent sur l’économie et de faciliter la création d’emplois en allant au-delà des seules dispositions du projet de loi de simplification de la vie économique en cours d’examen.Afin d’assurer la pérennité de notre modèle social, il est urgent d’engager des réformes structurelles et de changer d’outils de pilotage.Il convient de remédier à la crise du financement de l’hôpital, d’améliorer l’accès aux soins, de pérenniser notre système de retraite, de financer le grand âge. Sur ces sujets comme sur d’autres, nous n’avons plus le temps de tergiverser.L’Ondam, outil de pilotage des dépenses de santé inventé il y a près de trente ans, n’est plus adapté à nos besoins. La logique d’enveloppe […]
Il a raison !
Lors de sa déclaration de politique générale, le premier ministre s’est engagé en ce sens. Nous sommes nombreux dans l’hémicycle à soutenir cette démarche et à attendre avec impatience le début des travaux en vue de bâtir une telle loi. Sera-t-elle prête pour 2026 ? Je ne le sais pas, mais je le souhaite. Il est temps de passer aux travaux pratiques.Nous devons préparer la France aux enjeux à venir : le vieillissement de la population, les défis en matière de santé, la solidarité intergénérationnelle. Pour cela, nous avons besoin d’une méthode lucide, efficace, transparente et juste. L’efficience et le pragmatisme doivent être nos boussoles et guider notre action.Plutôt que de prendre des mesures cosmétiques et céder aux effets d’annonce, nous devons transformer progressivement notre modèle et construire des solutions avec les professionnels de santé. Alors que notre système de soins […]
Très bien !
Les rapports d’information ne manquent pas de propositions concrètes sur des sujets essentiels tels que la santé mentale, les urgences psychiatriques, la gestion de la dette sociale, les congés parentaux ou encore l’allocation sociale unique. Je ne doute pas que ces travaux nourriront vos réflexions et que nous pourrons avancer ensemble sur la voie de ces réformes de structure si souvent évoquées mais jusqu’à présent rarement concrétisées. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR.)
La parole est à M. Charles de Courson, rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire.
Dans le cadre de ce débat sur le premier rapport d’avancement annuel du PSMT, je souhaiterais mettre l’accent sur quelques points.Premièrement, du fait des erreurs de prévision considérables constatées en 2023 et en 2024,…
Eh oui !
…les hypothèses macroéconomiques qui sous-tendent le rapport d’avancement annuel doivent être accueillies avec la plus grande prudence, en particulier dans un contexte international incertain.La prévision de croissance pour l’année 2025 a déjà été revue à la baisse par le gouvernement, passant de 1,1 % en octobre 2024 à 0,9 % en janvier 2025. Le rapport d’avancement annuel retient, quant à lui, une prévision de croissance abaissée à 0,7 %, afin notamment de tenir compte des conséquences des mesures douanières américaines. Cependant, les aléas sont encore nombreux et l’hypothèse gouvernementale d’une reprise de la consommation privée et d’un repli du taux d’épargne des ménages en 2025 me semble optimiste.À mon sens, Bercy doit revoir le modèle économique keynésien qu’il utilise depuis des décennies et reconsidérer la thèse selon laquelle le taux d’épargne aurait vocation à retrouver son […]
C’est vrai !
Madame la ministre, monsieur le ministre, pourriez-vous détailler les mesures envisagées par le gouvernement pour tenir la trajectoire présentée, en particulier s’agissant de l’année 2026 ?
Merci de conclure, monsieur le rapporteur général.
En conclusion, je tiens à rappeler que nous connaissons une très forte dégradation de la trajectoire de la dette publique. Je ne citerai qu’un chiffre : la charge de la dette devrait s’élever à 66 milliards d’euros en 2025, et augmentera en moyenne de 10 milliards d’euros par an jusqu’en 2029, où elle atteindra 108 milliards d’euros. Cette hausse continue des charges d’intérêts de la dette ne peut que nous inciter à définir une stratégie cohérente de réduction du déficit public afin de retrouver des marges de manœuvre dans nos choix de politiques publiques.
Chers collègues, je vous invite à respecter vos temps de parole, d’autant que, comme nous ne pourrons pas poursuivre ce débat ce soir, nous allons devoir prolonger la séance au-delà de vingt heures.La parole est à M. Thibault Bazin, rapporteur général de la commission des affaires sociales.
Nous sommes réunis pour débattre du rapport d’avancement annuel pour l’année 2025 dans le cadre du suivi du plan budgétaire et structurel à moyen terme que le gouvernement a envoyé à la Commission européenne en octobre 2024 et que cette dernière a validé en janvier dernier.En seulement deux mois, plusieurs modifications importantes ont été apportées aux prévisions macroéconomiques.D’abord, la croissance prévisionnelle pour l’année 2025 est révisée à la baisse : elle ne serait que de 0,7 %, contre les 0,9 % figurant dans les textes budgétaires adoptés définitivement en février dernier. Lors de l’examen en nouvelle lecture du budget de la sécurité sociale pour 2025, et alors que je venais d’être élu rapporteur général de la commission des affaires sociales, j’avais déjà fait part de mes inquiétudes quant au caractère très optimiste des prévisions de croissance alors même qu’elles avaient […]
Très bien !
Cela nécessite toutefois une transparence du gouvernement et de ses administrations concernant à la fois la situation réelle des finances publiques – vous y avez contribué, madame la ministre, depuis votre nomination – et la documentation des mesures envisagées pour réaliser les économies affichées. Une meilleure implication de la représentation nationale – qui est en prise avec les réalités des territoires – en amont de l’élaboration des textes financiers renforcera assurément l’acceptabilité des mesures que nous devons prendre pour aboutir au nécessaire redressement de nos comptes sociaux.Je crois pour ma part que nous devons agir avec vigueur sur plusieurs chantiers : l’amélioration de l’efficacité de nos dépenses sociales, la priorisation des dépenses à financer au titre de la protection sociale, l’amélioration du taux d’emploi, la lutte contre les fraudes sociales, la […]
La parole est à M. le président de la commission des affaires européennes.
J’ai lu et écouté avec beaucoup d’intérêt la priorité donnée par le gouvernement à la réduction du déficit public. C’est évidemment un objectif prioritaire, voire vital, pour la nation, afin de dégager des marges de manœuvre pour renforcer la résilience de notre modèle social, soutenir les transitions écologique et numérique, et répondre aux besoins de défense dans un contexte géopolitique tendu. Elle va de pair avec la poursuite des réformes structurelles, comme l’a souligné le rapporteur général de la commission des affaires sociales, en vue d’améliorer l’efficacité de la dépense publique, de transformer durablement notre économie et d’accroître le taux d’emploi pour combler notre retard par rapport à nos concurrents.Ce débat est essentiel car nous vivons un moment de vérité. Un choix crucial s’offre à nous aujourd’hui : soit nous nous montrons en mesure de rétablir rapidement nos […]
Ces rapports disent qu’il faut investir, et massivement !
Cette situation est due au manque d’investissement des pays européens, dont la France, dans les technologies d’avenir : les technologies vertes, l’intelligence artificielle et l’industrie de défense – en somme, tout ce qui va faire la richesse, la prospérité et l’indépendance de nos économies dans ce siècle.Il faut reconnaître qu’en l’espace de quelques mois – depuis plusieurs années à l’initiative du président de la République –, l’Europe a beaucoup changé. La nouvelle Commission a cassé certains dogmes : elle a appliqué la préférence européenne dans les marchés, a lancé, avec la directive omnibus, le plus grand exercice de simplification jamais entrepris, a donné la priorité aux secteurs stratégiques de notre industrie ; surtout, elle a gravé dans la loi l’idée que décarboner et réindustrialiser vont de pair. Les tabous se brisent au niveau européen ; une fenêtre d’opportunité s’ouvre […]
Il serait temps !
Le dernier axe de cette stratégie européenne n’est pas encore abouti : ce sont les investissements et le budget. Dans le cadre de la discussion budgétaire qui s’ouvre à Bruxelles, nous devons développer les ressources propres, les capacités à investir dans la durée, en empruntant sur les marchés et, surtout, en le faisant davantage ensemble. Nous avons besoin non pas d’aides d’État nationales qui fragmenteraient encore plus le marché unique, mais d’une réelle capacité européenne à investir dans nos priorités. Nous avons su le faire pendant la crise covid ; soyons capables de le faire maintenant, dans ce grand moment d’incertitude. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR. – M. le président de la commission des affaires sociales applaudit également.)
Très bien ! Vive l’Europe !
La parole est à M. Jean-Philippe Tanguy.
Pas trop long !
Restez poli, cher collègue Cazeneuve ! D’ailleurs, la scène complètement surréaliste que nous avons vécue il y a quelques minutes dit tout du bilan des macronistes. Alors que vous annonciez enfin des baisses de dépenses publiques, madame la ministre, vos propres députés, du moins ce qu’il en reste, se sont exclamés : « Enfin ! » Il aura fallu sept ans aux macronistes pour découvrir qu’il fallait enfin faire des économies ! Il s’agit d’un aveu terrible concernant ce que vous n’avez jamais fait : maîtriser la dépense publique.En vérité, vous ne le faites toujours pas : si l’on lit bien les chiffres pour 2025, la dépense publique continue d’augmenter de 43 milliards d’euros et les impôts de 50 milliards – dont plus de 20 milliards d’impôts nouveaux. Ainsi, vous continuez ce que vous avez refusé d’avouer sous serment – c’est ce qui est inquiétant. Lors de la commission d’enquête sur le […]
Je n’ai pas témoigné devant la commission d’enquête !
Pas vous, mais d’autres macronistes ont témoigné sous serment – je vous invite à lire et à écouter ces auditions,…
Vous n’étiez même pas présent lors de la restitution !
…où vos prédécesseurs nous ont expliqué qu’il s’agissait uniquement d’erreurs techniques. Mais non ! Il s’agit évidemment d’une absence totale de maîtrise des dépenses : il suffit pour s’en convaincre de lire le rapport de la Cour des comptes.
Vous n’avez pas lu le rapport !
Vous n’avez jamais maîtrisé les dépenses (Applaudissements sur les bancs du groupe RN) – les prétendues erreurs techniques dont vous avez inondé les Français en les désinformant étaient en réalité un maquillage massif des comptes publics pour acheter les élections et pour tromper les électeurs aux élections européennes et, plus grave, aux élections législatives.
Quelle honte !
Si la vérité avait été connue, ces élections auraient donné encore plus de députés au Rassemblement national et à nos alliés de l’UDR. (Mêmes mouvements.)
Ça, c’est vous qui le dites !
Vous avez maquillé les comptes et nous devons en payer les pots cassés par un plan qui pourrait en être un, mais qui, malheureusement, n’en est pas un – c’est le principal défaut de ce que vous présentez aujourd’hui et de ce que vous avez présenté devant la commission des finances.Monsieur le ministre, madame la ministre, je suis désolé de vous le dire : comme M. Bayrou lors de sa conférence de presse, vous nous dites ce que nous savons déjà. Vous êtes des marathoniens de l’enfonçage de portes ouvertes, des virtuoses du pipeau. Vous nous dites ce que les Français éprouvent déjà. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.) Il n’y a rien de nouveau – et, surtout, il n’y a pas de plan.Une preuve parmi d’autres : sur les 200 pages dont vous nous avez affligés, seules deux portent sur votre plan d’économie. Voilà votre grand plan de réduction des dépenses ! À titre de comparaison, il […]
Laissez-moi deviner… L’immigration ?
Premier tabou, l’immigration : vous n’en parlez jamais, ni dans vos plans d’économie ni dans vos plans de dépenses. Il serait trop difficile d’avouer aux Français les dizaines de milliards que nous coûte l’immigration incontrôlée.Deuxième tabou : les dépenses liées à l’Union européenne. (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.) L’année prochaine, la contribution à l’Union européenne augmentera de 6 milliards – nous allons passer de 25 milliards à 31 milliards. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Eh oui ! Ce sont nos engagements !
Continuons à dépenser un argent que nous n’avons pas pour enrichir nos concurrents, en particulier les États d’Europe de l’Est ! Grâce à l’argent des Français, ils pourront accueillir les usines de Picardie et de Lorraine – vous financez notre propre concurrence interne. Il n’y a pas que l’Asie qui nous concurrence de manière déloyale : il existe des pratiques déloyales au sein du marché commun.
Il a raison !
Non seulement vous ne les combattez pas, mais vous les enrichissez. Vous subventionnez notre propre concurrence au sein du marché européen.
Bardella, il n’est pas pour l’Europe, alors ?
De même, vous parlez toujours de la fraude fiscale, mais je vous rappelle que nous avons au sein du marché européen certains des plus grands paradis fiscaux, en particulier l’Irlande, un pays que nous avons sorti de la pauvreté avec l’argent des Français et qui aujourd’hui s’enrichit.
Vous êtes pour le Frexit ! Dites-le !
L’Irlande est le cheval de Troie des États-Unis et des multinationales américaines. Vous ne luttez jamais contre les pratiques de l’État irlandais lorsqu’il s’allie avec les multinationales américaines contre le contribuable français et européen.Tant que vous refuserez d’affronter ces vrais problèmes, vous n’affronterez rien et nous continuerons, et les Français avec nous, à payer durement ce que vous ne savez faire.Le plus inquiétant, c’est évidemment votre plan de redressement économique qui n’en est pas un – c’est un véritable moulin à prières. Les mêmes causes entraîneront les mêmes effets. Vous continuez la politique que vous avez menée depuis sept ans. Non seulement cette politique n’a pas fonctionné, mais la réindustrialisation dont vous parlez est en réalité la plus grave crise de désindustrialisation que nous avons connue depuis vingt ans. Nous arrivons à l’os, des filières […]
Vous n’arriverez jamais au pouvoir !
D’ailleurs, vous n’arriverez jamais à rien !
Nous demandons donc nous aussi que le Parlement reprenne le pouvoir par un projet de loi de finances rectificative, dans l’attente de la dissolution – le seul moyen de redresser la situation étant que le RN et Marine Le Pen arrivent au pouvoir. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
La parole est à M. Charles Sitzenstuhl.
Avec 113 % de dette et 5,8 % de déficit, la France ne va pas bien sur le plan budgétaire.
La faute à qui ?
Bravo pour le constat !
Cette situation oblige l’ensemble de la classe politique à un peu d’humilité,…
Vous en avez, vous, de l’humilité ?
L’humilité, vertu macroniste !
…et non à l’arrogance que nous venons d’entendre il y a quelques instants de la part de ceux qui se sont opposés à toutes les réformes – celle des retraites, celle de l’assurance chômage – ainsi qu’aux mesures d’économies que nous avons présentées au cours des dernières années. Chacun doit faire son autocritique, y compris les oppositions.
Et le président de la République ?
Mais regardons plutôt vers l’avenir. Le gouvernement fixe un objectif de retour sous les 3 % de déficit à l’horizon 2029. C’est un bon objectif, le groupe Ensemble pour la République le soutient. Il obligera à des efforts considérables, déjà entamés par Bruno Le Maire et Thomas Cazenave. Dès lors, deux questions se posent : le contexte de cet effort et sa nature.D’abord, s’agissant du contexte, monsieur Lombard, vous étiez à Washington la semaine dernière – nous nous y sommes d’ailleurs croisés.
Nous sommes contents de le savoir !
Vous l’avez entendu : les prévisions de croissance du Fonds monétaire international (FMI) sont à la baisse. Le Fonds ne table plus que sur une croissance de 0,6 % pour la France en 2025, alors que le budget a été construit sur la base d’une hypothèse de 0,9 %.
De 1,1 %, initialement !
Le déficit pour l’année 2025 va donc s’aggraver si rien n’est fait. Les annulations et les gels de crédits annoncés il y a quelques jours étaient nécessaires – nous les soutenons. Il faudra certainement en faire davantage au cours de l’année.Ensuite, le débat sur la nature de l’effort budgétaire à réaliser en 2026 est le plus difficile. Les recettes des oppositions sont connues : augmenter les impôts, taxer les Français – je ne développerai pas.
Les riches !
Aux membres du gouvernement, je dis néanmoins que cette voie du matraquage fiscal, il ne faut surtout pas l’emprunter. Choisissez plutôt la voie du courage, qui consiste à…
Taxer les pauvres ?
…ne pas augmenter les impôts.
Videz les caisses, comme Bruno Le Maire !
La France est déjà championne d’Europe des impôts. Le ras-le-bol fiscal reste un sentiment puissant dans le pays – vous ne voulez pas l’entendre.
C’est la classe moyenne qui paie à la place des plus riches !
Voilà pourquoi il n’est pas question de restaurer la taxe d’habitation sous quelque forme que ce soit. Nous ne sommes pas là pour flatter la nostalgie fiscale de certaines notabilités. Ici, à l’Assemblée nationale, où nous représentons directement le peuple, ce sont d’abord les intérêts des Français que nous devons défendre. L’intérêt des Français n’est pas de payer un nouvel impôt.Ne pas augmenter les impôts est aussi un impératif dans le contexte d’instabilité économique mondiale. Face à la guerre commerciale provoquée par Donald Trump, notre force doit être la stabilité : la stabilité fiscale, celle de nos marchés, celle de nos économies.L’instabilité américaine peut être une chance pour l’Europe et pour la France, à condition que nous gardions notre calme. Les investisseurs internationaux se rendent compte que les États-Unis ne seront plus l’eldorado du capitalisme libéral et de la […]
Qui est au pouvoir depuis huit ans ?
Un effort réel d’économies, c’est la baisse des niches fiscales, comme l’a annoncé Mme de Montchalin, et, surtout, la baisse de la dépense publique.Bien sûr, il y a ceux qui ne veulent rien changer,…
Si : nous voulons taxer les riches !
…rien supprimer, rien rationaliser, ceux qui craignent qu’on vienne toucher à leur petit pouvoir, assis sur leur petite bureaucratie et qui nous disent : « C’est impossible, on ne peut pas baisser la dépense publique ! » Pourtant, je suis allé voir les données. En 2024, la dépense publique s’élevait à 57 % du PIB. En 2019, elle était de 55 %, soit 2 points de moins ; en 2000, de 52 %, soit 5 points de moins, et elle était au même niveau en 1986. Sous François Mitterrand et Lionel Jospin, qui – que je sache – n’étaient pas d’affreux ultralibéraux, la dépense publique était donc inférieure de 5 points à son niveau actuel.Contrairement aux fables, il y a de la marge, il y a du gras. La dépense publique peut être réduite avec discernement dans notre pays et nous souhaitons que cela constitue un objectif du prochain budget. Il faudra avoir le courage de baisser les dépenses, de ralentir les […]
La parole est à M. Aurélien Le Coq.
Le gouvernement français est en guerre – en guerre contre son peuple. Votre plan budgétaire – peut-être devrais-je dire celui de la Commission européenne, aux ordres de laquelle vous obéissez docilement ? – est une déclaration de guerre sociale. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Votre gouvernement d’usurpateurs poursuit, mois après mois, son racket méthodique. Aux 31 milliards de saignée brutale et violente que vous imposez cette année, vous avez déjà ajouté 3 milliards d’amputation supplémentaire et 7 milliards de surgel.Derrière ces chiffres, ce sont nos gamins qui se retrouvent dans des classes surchargées, du fait des classes que vous supprimez dans tant d’écoles de nos quartiers populaires. Pour ceux-là, vous supprimez par décret 95 millions supplémentaires.
La honte !
Comme c’est curieux : 95 millions, cela représente les deux tiers de ce que vous aurait rapporté la suppression de 4 000 postes d’enseignants dans la loi de finances – vous savez, ceux pour lesquels vous avez menti à l’Assemblée en disant les maintenir, cela pour sauver vos places ! Les socialistes et le Rassemblement national vous avaient crus, pas nous. Ils seront donc bien supprimés – et tout cela, sans vote. Vous êtes drogués au 49.3 et aux décrets. Les députés doivent pouvoir se prononcer, un projet de loi finances rectificative doit être déposé ! (Mêmes mouvements.)Vous annoncez déjà pour l’année prochaine 50 milliards supplémentaires de massacre budgétaire. Derrière ces chiffres, ce seront des étudiants assis par terre dans leurs universités, des médicaments déremboursés, des malades pas soignés, des morts dans les couloirs des urgences, des familles qui dorment à la rue.
Eh oui !
Le plan budgétaire que vous nous présentez, c’est la mort programmée et méthodiquement orchestrée de ce qui fait la France : ses services publics. En bons Thatcher à la française, vous clamez qu’il n’y a pas d’autre solution. C’est la saignée austéritaire ou le chaos ! Le chaos, pourtant, est déjà là : 8,5 % de chômage à venir, déjà 43 % de plus chez les jeunes, 300 000 emplois déjà ou bientôt supprimés, une dette qui explose, une pauvreté généralisée.Si personne ne vous arrête dans votre folie destructrice, le ton est donné. Vous l’écrivez noir sur blanc : « Il s’agit à présent de consolider et poursuivre cet effort, avec plus de 100 milliards supplémentaires afin de réduire le déficit public en dessous de 3 % à l’horizon 2029. » Que tout le monde l’entende : si ce gouvernement reste en place, le massacre social ne s’arrêtera jamais ! (Mêmes mouvements.)Vous voulez réduire le déficit ? […]
Il faut taxer les riches !
Vous financez les licenciements des ouvriers d’ArcelorMittal en fermant les classes de leurs enfants et en sacrifiant les Ehpad de leurs parents. Et tout cela pour quoi ? Vous disiez que le problème, c’était la dette ? Mensonge ! Vous planifiez ici – c’est inscrit dans votre document – le passage de la dette de 113 % du PIB en 2024 à 117 % en 2029. Vous disiez que vous vouliez relancer l’économie ? Mensonge ! La croissance s’effondre déjà, à cause de votre austérité. Et vous osez dire qu’en coupant 100 milliards de dépenses de plus, dont 50 milliards dès l’année prochaine, la croissance moyenne des prochaines années serait de 1,3 % !Je donne l’alerte : votre plan est un faux en écriture, un mensonge en lui-même, une immense manipulation ! Plus de coupes budgétaires, c’est moins de consommation populaire et moins de croissance, et c’est à la fin moins de recettes et plus de déficit […]
La honte !
Les plus riches ont vu leurs impôts baisser l’année dernière, pendant que ceux de tous les autres augmentaient. Vous exonérez les patrons du financement de la sécu, pendant que vous faites payer l’addition à leurs salariés en puisant dans la TVA. Les Mozart de la finance sont les bourreaux des classes populaires. L’argent existe pour les obus et disparaît pour les retraites. Ils feront cracher du sang aux travailleurs de ce pays et saigneront l’État, la sécu et les collectivités jusqu’au dernier centime ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Députés socialistes et du Rassemblement national, voilà ce dont vous vous êtes rendu complices ! Désormais, la censure du gouvernement doit s’imposer. Travailleurs et précaires de tout le pays, le 1er mai, tous dans la rue pour s’en débarrasser ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
PS et RN, pour vous, c’est pareil, alors ?
C’est factuel !
La parole est à M. Mickaël Bouloux.
Depuis huit ans maintenant, Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs prétendent piloter la France d’une main experte. Or que voyons-nous aujourd’hui ? Une France cabossée, fracturée, épuisée par une politique d’austérité déguisée en modernité. Et ce plan budgétaire et structurel à moyen terme, loin de corriger cette trajectoire, ne fait que prolonger l’illusion. Sous des mots savants, sous des formules lissées par la technocratie, ce plan n’est rien d’autre qu’un catalogue d’économies budgétaires, qui fait le choix délibéré de l’affaiblissement de l’État, au moment même où les crises écologiques, sociales et internationales exigeraient au contraire un État stratège, protecteur et ambitieux.Où sont les grandes politiques d’investissement dont notre jeunesse a tant besoin ? Où est la planification écologique qui nous permettrait de préparer notre économie aux défis climatiques sans […]