Séance du 8 juillet 2025 /// n°10 /// 405 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Première session extraordinaire 2025

Séance du 8 juillet 2025 — 10e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Jérémie Iordanoff.

405prises de parole
52orateurs
13points à l'ordre du jour
16scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
2959 l'amendement de suppression n° 865 du Gouvernement et les amendements identiques suivants à l'article 3 (examen prioritaire) de la proposition de loi … 32 / 130 rejeté
2960 l'amendement n° 717 de Mme Brocard à l'article 3 (examen prioritaire) de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première l… 37 / 135 rejeté
2961 l'amendement n° 712 de Mme Brocard après l'article 1er bis de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première lecture). 93 / 79 adopté
2962 le sous-amendement n° 874 de la commission à l'amendement n° 800 du Gouvernement à l'article 2 de la proposition de loi portant création d'un statut d… 129 / 10 adopté
2963 l'amendement n° 800 du Gouvernement et les amendements identiques suivants à l'article 2 de la proposition de loi portant création d'un statut de l'él… 136 / 7 adopté
2964 l'amendement n° 478 de M. Bruneau à l'article 2 de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première lecture). 94 / 49 adopté
2965 l'amendement n° 780 de Mme Barèges à l'article 2 de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première lecture). 50 / 101 rejeté
2966 l'amendement n° 496 de M. Bilongo à l'article 2 de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première lecture). 12 / 121 rejeté
2967 l'article 2 de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première lecture). 149 / 0 adopté
2968 l'amendement n° 479 de M. Bruneau après l'article 2 de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première lecture). 12 / 137 rejeté
2969 l'amendement n° 715 de Mme Brocard après l'article 2 bis de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première lecture). 61 / 71 rejeté
2970 l'amendement n° 484 de M. Duplessy et l'amendement identique suivant après l'article 2 bis de la proposition de loi portant création d'un statut de l'… 36 / 114 rejeté
2971 l'amendement n° 412 de M. Hetzel à l'article 5 de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première lecture). 32 / 87 rejeté
2972 l'amendement n° 730 de Mme Brocard à l'article 5 de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première lecture). 39 / 107 rejeté
2973 l'amendement n° 458 de M. Delautrette à l'article 5 de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première lecture). 144 / 5 adopté
2974 l'amendement n° 731 (rect.) de Mme Brocard à l'article 5 de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première lecture). 13 / 137 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 405 — page 1 / 3.

Jérémie Iordanoff president · EcoS #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)

Suite de la discussion d’une proposition de loi

Jérémie Iordanoff president · EcoS #7

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion de la proposition de loi portant création d’un statut de l’élu local (nos 136, 1603 deuxième rectification).

Discussion des articles (suite)

Jérémie Iordanoff president · EcoS #9

Nous en venons aux articles 4, 3 et 27, examinés par priorité.

Article 4 (appelé par priorité)

Jérémie Iordanoff president · EcoS #11

L’amendement no 382 de M. Bruno Bilde est défendu.La parole est à M. Didier Le Gac, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, pour donner l’avis de la commission.

article 4
Didier Le Gac rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République · EPR #13

Avis défavorable.

La parole est à M. le ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, pour donner l’avis du gouvernement.

François Rebsamen ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation #15

Même avis.

#16

(L’amendement no 382 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Jérémie Iordanoff president · EcoS #17

La parole est à M. le ministre, pour soutenir l’amendement no 862.

article 4 · amendement 862

Il vise à supprimer l’alinéa 8 de l’article, qui prévoit la remise au gouvernement d’un rapport relatif aux coûts supportés par les communes pour des missions exercées par les maires au nom de l’État. Dès lors qu’il est très complexe de déterminer quelles sont ces missions, la mesure apparaît peu opérante.En outre, la remise d’un rapport complexifierait les relations et ne constituerait pas une réponse concrète aux difficultés éventuellement rencontrées sur le terrain. Elle risquerait de prolonger artificiellement des débats bien documentés, alors que des dispositifs de soutien financier existent déjà. Dans ce contexte, la demande de rapport semble particulièrement inopportune sur le fond et infondée juridiquement. Sa suppression permettrait de recentrer le texte sur les dispositions utiles et opérationnelles.

article 4 · amendement 862

Quel est l’avis de la commission ?

Didier Le Gac rapporteur · EPR #21

Favorable. Je ne suis pas sûr que ce rapport nous apprendrait quelque chose de neuf à propos des coûts supportés par les communes pour les missions exercées par les maires au nom de l’État. Ces coûts sont connus, il existe déjà des rapports sur ce sujet. Je préfère laisser le soin à la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation, présidée par mon cher collègue Stéphane Delautrette, de travailler, si elle l’estime utile, plus avant sur cette question – ce qu’elle fait déjà au demeurant.

La parole est à Mme Élisa Martin.

Pour notre part, nous sommes favorables au maintien de ce rapport. Vous affirmez que la situation est documentée : peut-être pourriez-vous alors nous communiquer les éléments, notamment les chiffres, dont vous disposez sur les missions exercées par les maires pour le compte de l’État ?Cette demande de rapport n’est pas anodine : un tel travail permettrait de distinguer ce qui relève de la politique publique menée par la collectivité locale et ce qui ressort des missions de l’État, par exemple la tenue des registres d’état civil ou encore, pour les communes concernées, l’organisation de la production des titres d’identité. Il serait dommage de se passer de ces informations. S’il existe déjà des rapports traitant des coûts relatifs aux missions exercées par les maires pour le compte de l’État, je vous demande de nous les communiquer. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

La parole est à M. le ministre.

Je le répète, des dispositifs de soutien financier existent déjà pour accompagner les communes dans l’exercice de ces missions. On peut citer la dotation particulière relative aux conditions d’exercice des mandats locaux, d’un montant de 123 millions – vous pouvez le noter – qui bénéficie aux petites communes sous une forme libre d’emploi, notamment via une part « socle » couvrant les charges liées au mandat d’élu. De même, la dotation titres sécurisés, destinée à soutenir les communes dans la délivrance des titres d’identité, que vous avez évoquée, a été significativement renforcée – vous auriez pu le signaler –, passant de 55 millions en 2022 à 100 millions en 2024. Dans ces conditions, nous n’avons pas besoin de rapport.

De manière exceptionnelle, je donne de nouveau la parole à Mme Élisa Martin.

Vous avez raison : la production des titres sécurisés a été mieux prise en compte. C’est heureux car avec les dispositifs dits « modernes » de fabrication, les coûts ont considérablement augmenté. Je vous remercie de nous avoir donné le montant des enveloppes allouées. Pouvez-vous à présent nous préciser quelle part des coûts supportés par les communes est couverte par ces dotations ?

Très bonne question ! (M. le ministre fait signe qu’il ne souhaite pas reprendre la parole.) Et très mauvais réponse !

#30

(L’amendement no 862 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Jérémie Iordanoff president · EcoS #31

L’amendement no 457 de MM. les rapporteurs est défendu.

article 4 · amendement 862
#32

(L’amendement no 457, accepté par le gouvernement, est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
#33

(L’article 4, amendé, est adopté.)

· ADOPTION d’un article (vote à main levée)

Article 3 (appelé par priorité)

La parole est à M. Emmanuel Duplessy.

Il s’agit d’un article important, qui prévoit une majoration de la durée d’assurance retraite d’un trimestre par mandat complet pour l’ensemble des élus locaux. Cette disposition nous semble de nature à valoriser l’engagement des élus et le temps qu’ils consacrent à leur mandat. Le temps qu’ils donnent à leur vie publique et à leur vie citoyenne est autant de temps ôté à leur carrière professionnelle. Dans la même logique que les indemnités, il convient de compléter les droits sociaux des élus pour rendre leurs fonctions toujours plus attractives, notamment à l’échelle locale. Je regrette une nouvelle fois que des amendements visent à proposer un texte moins-disant que la version du Sénat.

La parole est à Mme Élisa Martin.

Cet élément nous paraît tout à fait déterminant lorsqu’on parle du statut de l’élu. Je suis assez convaincue – et c’est d’ailleurs ce que révèle l’étude menée par le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), en partenariat avec l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité (AMF) – que, lorsque l’on s’engage pour exercer un mandat local, on ne regarde pas forcément le montant des indemnités.En revanche, il est certain qu’on étudie l’impact que cet engagement est susceptible d’avoir à moyen, voire à long terme, en fonction de l’âge que l’on a. Il est fondamental de compenser l’impact du mandat sur les droits à la retraite – parce que son exercice conduira à travailler moins ou à arrêter de travailler – pas forcément, on l’a bien compris, en termes de montant de pension mais en termes de durée de cotisation. Accorder un trimestre supplémentaire est […]

La parole est à Mme Marie-José Allemand.

Je rejoins mes collègues. L’investissement des élus locaux est très important et il est tout à fait naturel qu’ils puissent bénéficier de trimestres supplémentaires au regard de cet engagement. Les élus ne comptent pas leur temps, surtout dans les petites communes. L’article va dans le bon sens. (M. Philippe Brun applaudit.)

Jérémie Iordanoff president · EcoS #43

Je suis saisi de plusieurs demandes de scrutin public : sur les amendements nos 865 et identiques, par les groupes La France insoumise-Nouveau Front populaire et Écologiste et social ; sur l’amendement no 717, par le groupe Écologiste et social. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.Je suis saisi de trois amendements identiques, nos 865, 515 et 716, tendant à supprimer l’article 3.La parole est à Mme la ministre chargée du travail et de l’emploi, pour soutenir l’amendement no 865.

Astrid Panosyan-Bouvet ministre chargée du travail et de l’emploi · EPR #45

L’article 3 vise à créer, au bénéfice des élus locaux, une majoration de durée d’assurance d’un trimestre par mandat dans la limite de huit sur l’ensemble de la carrière. Si j’entends ce qui a été dit au sujet de l’investissement en temps très important de nos élus, je veux toutefois rappeler que cette mesure paraît exorbitante du droit commun en ce qu’elle rompt le lien contributif entre droits et cotisations, sur lequel est fondé notre système de retraites.

article 3

Très bien !

Astrid Panosyan-Bouvet ministre · EPR #47

En attribuant des trimestres de retraite aux élus locaux sans contrepartie de financement, cet article créerait une nouvelle charge qui aggraverait le déficit de notre système de retraites de plus de 45 millions par an et nous éloignerait de l’objectif de retour à l’équilibre. Plus grave, alors même que nous demandons des efforts importants aux Français pour rééquilibrer notre système de retraites – dont le déficit devrait s’élever à 6,6 milliards en 2030 – cette disposition conduirait à faire financer par la solidarité nationale, notamment les jeunes générations, des droits supplémentaires pour une catégorie spécifique de la population. C’est inacceptable !

article 3

Très juste !

Astrid Panosyan-Bouvet ministre · EPR #49

Sur le fond, ce dispositif n’apparaît pas bien conçu pour répondre à la question de l’impact de l’engagement en tant qu’élu local sur la pension de retraite. En effet, cet engagement n’induit pas la perte de trimestres de retraite. D’une part, selon les règles en vigueur, quatre trimestres de retraite sont acquis par an dès lors qu’une personne travaille au moins 600 heures annuelles, rémunérées au smic, ce qui correspond à un travail à temps partiel de 12 heures par semaine.D’autre part, les élus locaux perçoivent une indemnité soumise à des cotisations sociales leur ouvrant déjà des droits à la retraite. Enfin, la loi du 14 avril 2023 leur a ouvert la possibilité de cotiser volontairement à l’assurance vieillesse si l’indemnité n’est pas d’un montant suffisant pour y être obligatoirement soumis ainsi que d’effectuer des versements pour la retraite au titre des périodes de mandat.

article 3

Bravo !

Astrid Panosyan-Bouvet ministre · EPR #52

L’engagement dans la vie locale peut en revanche déboucher sur un niveau de pension moins important si l’élu s’est mis à temps partiel ou s’il a eu une progression de carrière moins importante. C’est un vrai problème – vous le savez mieux que quiconque. Or l’article 3 ne le résout pas. Il permet à un élu qui n’a pas tous ses trimestres de partir à la retraite à taux plein avec un peu d’avance. En revanche, pour un élu à la carrière complète, l’article 3 n’apportera aucune avancée – ni amélioration du niveau de pension ni anticipation du départ à la retraite.C’est pourquoi le gouvernement est favorable à la suppression de l’article 3 qui crée une charge nouvelle, injustifiée et exceptionnelle,…

article 3

Très bien !

Astrid Panosyan-Bouvet ministre · EPR #55

…qui rompt avec le principe contributif sur lequel repose fondamentalement notre système de retraites.Afin de remédier au problème du niveau de pension des élus locaux, le gouvernement a élaboré des propositions et des mesures alternatives. Toutefois, celles-ci n’ont pas recueilli l’adhésion des rapporteurs ni des associations d’élus. C’est pourquoi nous vous proposons, par cet amendement, de supprimer l’article 3. (M. Mathieu Lefèvre applaudit.)

« Applaudissements nourris ! »

Jérémie Iordanoff president · EcoS #58

La parole est à M. Mathieu Lefèvre, pour soutenir l’amendement no 515.

article 3 · amendement 515

Nos comptes publics brûlent et l’Assemblée nationale regarde ailleurs. (« Oh » et exclamations sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS.)

article 3 · amendement 515

La faute à qui ?

Cette mesure représenterait une dépense publique supplémentaire. Or notre système de retraites… (Les exclamations se poursuivent sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS.) Chers collègues, souffrez que l’on vous parle de nos comptes publics à l’heure où le déficit de l’assurance vieillesse… (Mêmes mouvements.) Est-il possible de se respecter et d’écouter les arguments de chacun ?

article 3 · amendement 515

3 300 milliards de dette !

Le déficit public de la branche vieillesse s’élèvera à près de 7 milliards à l’horizon 2030.

article 3 · amendement 515

La faute à qui ?

Or nous allons l’aggraver avec cet article qui n’a fait l’objet d’aucune étude d’impact et qui vise à créer un dispositif d’une grande complexité administrative, à rebours de tout ce qu’il faut faire en la matière et alors même que certains, parmi vous, sont favorables à la simplification de nos systèmes de retraite, et même à leur convergence. Cela n’a absolument aucun sens.

article 3 · amendement 515

Vous avez raison : supprimons les retraites de tous les élus, même des députés ! Vous retournerez travailler dans le privé !

Par ailleurs, il n’y a pas, comme je l’entends sur certains bancs, d’un côté, ceux qui défendraient les élus locaux, et, de l’autre, ceux qui ne les défendraient pas (« Si ! » sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC.) En revanche, il y a, parmi nous, ceux qui ont le sens de l’intérêt général,…

article 3 · amendement 515

Oui, nous !

…qui savent que chaque euro compte dans un pays qui connaît un endettement de 3 300 milliards d’euros et qui ne veulent pas laisser la facture de votre incurie aux générations suivantes.Par ailleurs, que direz-vous aux conseillers municipaux « de base » – si j’ose dire ? Que seuls les conseillers municipaux délégués et les adjoints peuvent bénéficier d’une bonification de leur système de retraite parce que l’engagement des autres est moindre ? Vous voulez introduire des inégalités de traitement absolument insupportables.

article 3 · amendement 515
Florent Boudié président de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République · EPR #71

Monsieur le président, les deux minutes sont écoulées !

Je lis et écoute les préconisations du Conseil d’orientation des retraites. Je suis également attentif aux propos de Mme la ministre qui a très justement expliqué qu’il fallait limiter les dispositifs dérogatoires et non contributifs. C’est le sens de l’histoire depuis 2003.Il faut évidemment supprimer cet article.

article 3 · amendement 515

On remercie le Mozart de la finance !

Jérémie Iordanoff president · EcoS #75

La parole est à Mme Anne Bergantz, pour soutenir l’amendement no 716.

article 3 · amendement 716

J’abonde dans le sens des propos qui viennent d’être tenus. On pourrait rapprocher ce dispositif de celui qui avait été instauré pour les sapeurs-pompiers volontaires. Cependant, la situation de ces derniers n’est pas comparable à celle des élus locaux qui, je le rappelle, perçoivent une indemnité de fonction soumise à des cotisations sociales, leur ouvrant des droits à la retraite dans des régimes de base et complémentaires.Par ailleurs, comme l’a dit Mme la ministre, la loi du 14 avril 2023 a déjà renforcé les droits des élus en leur donnant la possibilité de cotiser volontairement à l’assurance vieillesse ou de racheter des périodes de mandat.Dans un tel contexte, il nous semble que ce bonus créerait un avantage statutaire qui ne serait corrélé ni à une pénibilité ni à une interruption de carrière.

article 3 · amendement 716

Quel est l’avis de la commission ?

Didier Le Gac rapporteur · EPR #80

En tant que rapporteur, j’ai bien sûr entendu le point de vue des membres de la commission des lois, qui se sont montrés très attachés à cette disposition introduite par le Sénat.Cependant, à titre personnel, j’aimerais revenir sur certains points. Je suis d’autant plus à l’aise pour le faire que lors de la discussion générale, j’ai expliqué que, si je comprenais la volonté du Sénat de reconnaître l’engagement des élus en leur accordant un trimestre de retraite pour chaque mandat effectué, je regrettais qu’une telle mesure s’applique uniformément à l’ensemble des élus, y compris à ceux qui ont continué à valider normalement leurs trimestres au titre de leur activité professionnelle.Ceux qui, ici, ont été des élus locaux le savent bien : occuper une telle fonction n’empêche pas d’acquérir des trimestres de retraite. Il est même très peu probable qu’un élu local n’ait pas acquis tous ses […]

Ça revient au même !

Didier Le Gac rapporteur · EPR #87

Or l’article 3 ne règle absolument pas ce problème.En définitive, il n’apporte aucune solution : il ne permet aux élus ni de partir plus tôt, puisque la bonification est d’un trimestre par mandat, ni de bénéficier d’une meilleure pension.J’ai bien compris que les sénateurs souhaitaient faire plaisir aux élus locaux…

Mais non !

Didier Le Gac rapporteur · EPR #91

…en introduisant cette disposition. Toutefois, pour être franc, sa portée sera surtout symbolique puisqu’elle concernera très peu d’élus.En tant que rapporteur, je prends acte des arguments de la commission en faveur de cette mesure mais, à titre personnel, je soutiens ces amendements de suppression. Je proposerai d’ailleurs tout à l’heure un amendement de repli.

La parole est à Mme Violette Spillebout.

J’entends vos arguments. Cependant, je rappelle que nous avons mené, il y a un an et demi, au nom de la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation, avec mon corapporteur Sébastien Jumel et plusieurs députés ici présents, un travail collectif qui a abouti à un rapport, adopté à l’unanimité.Dans le cadre de cette mission d’information, au cours de laquelle nous avons mené de nombreuses auditions, il nous est apparu que le statut de l’élu local, qu’il faut créer, et son régime, que nous devons renforcer, comportaient des similitudes avec ceux des sapeurs-pompiers volontaires. C’est pourquoi nous avons proposé de reconnaître l’engagement des élus locaux au service de l’intérêt général comme on l’avait fait pour les sapeurs-pompiers.Notre proposition no 58, votée à l’unanimité, prévoit une bonification des trimestres de retraite, calquée sur le dispositif créé par la […]

La parole est à Mme Marina Ferrari.

Je soutiens ces amendements de suppression. Alors que nous demandons aux Français de faire beaucoup d’efforts, une telle mesure me semble préjudiciable. Je crains que nous ne mettions une cible dans le dos de nos élus en les faisant encore passer pour des nantis. (« Oh ! » sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS.)Madame Martin, vous avez expliqué tout à l’heure qu’un élu local ne cotisait pas. C’est faux et vous le savez très bien, puisque vous-même avez été adjointe au maire de Grenoble.Par ailleurs, les élus ont droit au Carel (complément d’assurance retraite des élus locaux) et au Fonpel ( fonds de pension des élus locaux), des dispositifs complémentaires très intéressants puisque la collectivité abonde 100 % de leur contribution.Nos élus locaux bénéficient donc tout de même de certains avantages en matière de retraite.

C’est très courageux, Marina ! Bravo !

La parole est à Mme Nicole Dubré-Chirat.

Une majoration de durée d’assurance retraite d’un trimestre par mandat effectué, dans la limite de huit sur l’ensemble de la carrière, c’est à la fois peu et beaucoup.Si un tel dispositif a été mis en place pour compenser l’impact sur la carrière de l’engagement des sapeurs-pompiers volontaires dans le cadre de la réforme des retraites – une mesure, au passage, qui n’est toujours pas appliquée alors qu’elle a été votée il y a plus de trois ans –, la situation des élus locaux n’est pas comparable.L’élu local perçoit une indemnité soumise à des cotisations sociales, qui lui ouvre des droits à la retraite. En outre, il peut, depuis la réforme des retraites, cotiser volontairement à l’assurance vieillesse si l’indemnité n’est pas d’un montant suffisant pour y être obligatoirement soumis, et effectuer des versements pour la retraite au titre des périodes de mandat.Une telle disposition […]

La parole est à Mme Élisa Martin.

Tout d’abord, si vous n’arrivez pas à résoudre les problèmes qui se posent en matière budgétaire, si vous rencontrez trop de difficultés, confiez-nous les clés et vous verrez qu’une fois aux affaires (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RN, EPR, DR et HOR)…

Vous tiendrez trois mois !

Surtout pas ! Ce serait un cauchemar !

…nous vous proposerons, avec Éric Coquerel, un budget reposant sur davantage de recettes fiscales, ce qui nous permettra de faire autre chose que votre politique d’austérité (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP) et de chasser le vent de misère que vous avez fait souffler et qui règne sur le pays.Ensuite, je partage l’idée selon laquelle la situation de certains élus locaux est comparable à celle des pompiers : comme eux, ils sont capables de répondre aux urgences, quelles qu’elles soient et à tout moment.J’entends parler de retraite complémentaire, de retraite par capitalisation. Cela suppose forcément un moindre revenu pour les personnes concernées. On peut donc s’interroger, d’autant plus que ce n’est pas ce dont il est question avec cette mesure. Je rappelle en effet que l’article prévoit que l’élu local bénéficie, en tant que membre de l’exécutif, d’un trimestre […]

La parole est à M. Stéphane Delautrette, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République.

Stéphane Delautrette rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République · SOC #121

Bien des choses ont été dites. Dans le prolongement des propos de notre collègue Violette Spillebout, je veux rappeler que les travaux de la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation ont été menés sous la législature précédente dans le cadre d’une mission d’information sur le statut de l’élu local qui lui avait été confiée ainsi qu’à Sébastien Jumel. Ces travaux ont jeté la lumière sur la question de la retraite des élus locaux et conduit à une proposition bien mieux-disante que celle qui nous arrive du Sénat.De quoi parle-t-on exactement ? Notre proposition de loi est censée susciter des vocations pour l’engagement local (M. Mathieu Lefèvre s’exclame) et non créer des privilèges pour les élus locaux qui, de toute façon, n’en veulent pas. Ils demandent que leur engagement en faveur de la société, de la République et de nos concitoyens soit reconnu.Savez-vous […]

Qui va payer ?

Exactement !

Stéphane Delautrette rapporteur · SOC #126

Combien le remplacement par des fonctionnaires de ces élus, qu’on peut qualifier de bénévoles, coûterait-il à la société ?

Quelle idée vous faites-vous de l’engagement ?

Stéphane Delautrette rapporteur · SOC #128

Je pense que les antennes de Bercy frémiraient à cette pensée : cela coûterait beaucoup plus cher que la mesure prévue par l’article. Vous aurez compris que je suis très opposé à sa suppression ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes SOC, LFI-NFP, EcoS et GDR.)Vous dites que les élus locaux ne sont pas comparables aux pompiers. Comparaison n’est certes pas raison mais je rappelle tout de même que les élus locaux sont bien souvent les pompiers qui agissent en lieu et place de l’État ! Comment aurions-nous géré la crise sanitaire sans le travail des élus locaux sur le terrain ? (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, RN, LFI-NFP, EcoS et GDR. – Mme Violette Spillebout applaudit également.)

La parole est à M. Didier Le Gac, rapporteur.

Didier Le Gac rapporteur · EPR #131

Les avis de mon corapporteur Stéphane Delautrette ne divergent guère des miens – je salue encore une fois la manière dont nous avons travaillé, en coconstruction et en étroite collaboration –, mais, sur le sujet de la retraite des élus locaux, nous ne sommes pas d’accord.Bien évidemment, nous estimons tous deux qu’il faut mieux reconnaître ces derniers, et que la revalorisation des retraites est un levier. Pour l’actionner, Stéphane Delautrette et d’autres commissaires considèrent qu’il faut jouer sur le facteur temps et ajouter un trimestre ; je pense pour ma part qu’il faut travailler sur le montant plutôt que sur la durée.

Il faut jouer sur les deux, mon capitaine !

Didier Le Gac rapporteur · EPR #134

Encore une fois, l’ajout de ce trimestre ne bénéficiera de toute façon pas à beaucoup d’élus puisque la plupart d’entre eux font plus qu’un tiers-temps.Plusieurs d’entre vous ont évoqué les sapeurs-pompiers. Il est vrai que nous avons voté en 2023 une loi qui leur octroie des trimestres de retraite supplémentaires. J’appelle cependant votre attention sur le fait que le décret afférent n’a jamais été pris !

Eh oui, mais c’est un problème, ça ! Respectons le Parlement !

Didier Le Gac rapporteur · EPR #137

Cela montre à quel point il est difficile d’aborder ce sujet ! Je ne voudrais pas que nous votions une mesure ce soir et que, dans trois ans, le décret d’application n’ait toujours pas été pris.

Jérémie Iordanoff president · EcoS #138

Je mets aux voix les amendements identiques nos 865, 515 et 716.

#139

(Il est procédé au scrutin.)

Jérémie Iordanoff president · EcoS #140

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 167 Nombre de suffrages exprimés 162 Majorité absolue 82 Pour l’adoption 32 Contre 130

#141

(Les amendements identiques nos 865, 515 et 716 ne sont pas adoptés.)(Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR. – M. Stéphane Delautrette, rapporteur, applaudit également.)

Jérémie Iordanoff president · EcoS #142

La parole est à Mme Anne Bergantz, pour soutenir l’amendement no 717.

article 3 · amendement 717

Cet amendement de repli tend à supprimer le dispositif du trimestre bonus, qui ne semble pas justifié, tout en préservant le II., qui permet de neutraliser l’effet de seuil dans le régime des non-salariés agricoles, pour les élus percevant une pension au titre d’un mandat. Cela pourrait constituer un ajustement technique pertinent, évitant que l’exercice d’un mandat local n’aboutisse à une perte de pension dans le régime agricole. Le maintien du II. permettrait de traiter une problématique spécifique sans introduire de régime de faveur général, ce qui assurerait un équilibre juste et ciblé.

article 3 · amendement 717

Quel est l’avis de la commission ?

Didier Le Gac rapporteur · EPR #145

Avis défavorable. Cet amendement supprime tout simplement la majoration de trimestre prévue à l’article 3. Or je ne suis pas favorable à cette suppression pure et simple. J’aurais préféré que nous disposions de plus de temps pour réfléchir à d’autres dispositifs, à des solutions alternatives touchant au montant des pensions plutôt qu’à la durée de cotisation. Je souhaite que nous avancions dans ce sens.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Astrid Panosyan-Bouvet ministre · EPR #147

Avis favorable. Comme je l’ai expliqué, l’article 3 prévoit une mesure exorbitante du droit commun en ce qu’elle rompt le lien contributif entre droits et cotisation, sur lequel est fondé notre système de retraites. Il crée en outre une charge nouvelle de 45 millions d’euros par an, qui aggrave le déficit du système de retraites. Il conduit également à faire financer par la solidarité nationale des droits supplémentaires pour une catégorie spécifique de la population, fût-elle élue. Enfin, cet article ne paraît pas bien conçu pour traiter de l’impact de l’engagement en tant qu’élu local sur la pension des élus locaux. C’est pourquoi je suis favorable à sa suppression, même partielle.

Mme Nicole Dubré-Chirat #148

Très bien !

La parole est à Mme Élisa Martin.

Mêmes causes, mêmes effets ! Nous sommes évidemment opposés à cet amendement de suppression. Il faut quand même assumer d’employer le terme d’exorbitante pour qualifier une mesure qui consiste à attribuer aux élus locaux un trimestre supplémentaire – un seul ! – par mandat exécutif complet !

Astrid Panosyan-Bouvet ministre · EPR #151

Eh bien oui !

De surcroît, vous affirmez qu’il s’agit d’une catégorie spécifique. C’est vrai, mais c’est surtout une catégorie particulière ! Il faut avoir en tête ce que vivent les élus locaux, en particulier dans les communes de plus petite taille. À votre avis, quand le toit d’une école fuit, qui monte dessus pour voir s’il est possible de remettre les tuiles en place ? C’est comme ça que ça se passe ! Je pense d’ailleurs que vous le savez parfaitement, car je ne peux pas concevoir qu’un ou une ministre de la République l’ignore.Il n’y a donc rien d’exorbitant dans cette mesure ! Nous ne parlons pas de n’importe quelle catégorie spécifique, mais bien des élus locaux !

La parole est à M. Jean-René Cazeneuve.

Je peux comprendre qu’on ait envie de soutenir les maires par des mesures d’accompagnement et de lutter contre le risque de manquer de candidats. En revanche, je ne comprends pas cette mesure très discriminatoire : pourquoi accorderait-on des trimestres supplémentaires de retraite aux maires et non aux présidents d’association ? (« Oui, très bonne idée ! » sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.) Eux aussi donnent beaucoup de leur temps pour nos concitoyens et ils ne sont pas payés ! Pourquoi n’en accorderait-on pas aux volontaires du Secours populaire ? (Applaudissements nourris et sourires sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.) Ils consacrent également un temps considérable aux autres !On a bien compris votre stratagème ! Vous voulez ouvrir une boîte de Pandore : des trimestres de retraite pour tout le monde ! Et qui va payer ? On voit bien ce que vous […]

Picsou !

Jérémie Iordanoff president · EcoS #159

Je mets aux voix l’amendement no 717.

#160

(Il est procédé au scrutin.)

Jérémie Iordanoff president · EcoS #161

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 176 Nombre de suffrages exprimés 172 Majorité absolue 87 Pour l’adoption 37 Contre 135

#162

(L’amendement no 717 n’est pas adopté.)(Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)

Jérémie Iordanoff president · EcoS #163

La parole est à M. Didier Le Gac, rapporteur, pour soutenir l’amendement no 866.

article 3 · amendement 866
Didier Le Gac rapporteur · EPR #164

On peut parler d’un amendement de repli. L’intention qui sous-tend l’article est certes louable mais je propose ici un dispositif plus ciblé, fondé sur l’équité et la réalité des parcours professionnels. Il s’agit de réserver cette majoration d’un trimestre par mandat aux seuls élus qui, du fait de leur engagement, n’ont pas pu valider l’intégralité de leurs trimestres dans le régime général. Il s’agit donc d’instaurer un mécanisme correctif destiné à combler les trous dans la carrière et non à créer un avantage forfaitaire supplémentaire qui serait systématiquement accordé à tous les élus, y compris à ceux qui auraient déjà cotisé à taux plein. Cette majoration ne pourra pas conduire à valider plus de quatre trimestres par an, afin de garantir la cohérence du dispositif.

article 3 · amendement 866

C’est la règle : on ne peut pas avoir plus de quatre trimestres par an !

Didier Le Gac rapporteur · EPR #166

Je vous propose donc de réserver ce trimestre supplémentaire aux élus qui n’ont pas pu cotiser, notamment à ceux qui ont définitivement ou totalement suspendu leur activité professionnelle.

article 3 · amendement 866

Quel est l’avis du gouvernement ?

Nous sommes défavorables à l’article 3, pour les raisons déjà évoquées. Mesdames et messieurs les députés, vous venez de choisir de conserver cet article.

Oui, nous sommes souverains !

Votre amendement, monsieur le rapporteur, semble représenter une solution de compromis en ce qu’il prévoit de limiter l’attribution de trimestres de retraite supplémentaires aux élus dont les carrières sont incomplètes. Il s’agit d’une position conforme à la justice sociale eu égard aux carrières hachées de certains de nos élus locaux.Puisque l’article 3 est maintenu en l’état, je vous invite à adopter cet amendement, qui prévoit une mesure d’équité – une valeur à laquelle je sais que vous êtes attachés.

La parole est à M. Paul Christophe.

Cet amendement du rapporteur met bien en lumière les limites de la discussion que nous venons d’avoir. J’ai été maire et je sais que, lorsqu’on s’engage, on ne le fait pas forcément pour percevoir une indemnité – je vous prie de le croire ! – et moins encore une pension de retraite ! On s’engage parce qu’on nourrit un projet, une envie de servir les autres. Franchement, si vous croyez que le petit bonus que l’article prévoit d’accorder aux élus suscitera des vocations, vous vous trompez.On ne peut pas valider deux fois le même trimestre de retraite. Notre collègue Pribetich l’a dit.

Oui, c’est la règle !

En effet ! Voilà qui limite considérablement la portée de votre ambition ! Au fond, M. Le Gac ne fait que rappeler la réalité des choses : cette grande avancée que vous mettez sur la table se bornera à apporter un complément à celui ou à celle qui n’aurait pas validé l’intégralité de ses trimestres.

Eh oui, voilà !

Je vous prie de croire que le gain qui en résultera ne sera pas loin de zéro ! Il faut prendre la mesure de ce que nous sommes en train d’examiner : ce n’est ni le grand soir, ni une évolution magique et ce n’est pas ce qui suscitera des vocations ! Pour y parvenir, il y a bien d’autres choses à faire, comme simplifier le rôle du mandat – cela renvoie aux travaux que nous avons menés précédemment.Il ne faut pas se payer de mots. Cette révolution n’en est pas une. Arthur Delaporte et moi avons déjà été confrontés à la même situation lors de nos travaux sur les TUC, les travaux d’utilité collective, et il y aura, ici aussi, un distinguo à faire entre trimestre validé et trimestre cotisé. On est en train d’agiter un leurre, et cela me paraît extrêmement dangereux. (Applaudissements sur les bancs des groupes HOR et LIOT ainsi que sur plusieurs bancs du groupe EPR.)

La parole est à M. Emmanuel Duplessy.

Rassurez-vous, collègue : personne ne prétend révolutionner la démocratie locale et les droits des élus locaux avec ce texte. On essaie seulement d’améliorer leur environnement à petits pas.Mais il y a tout de même des arguments que j’ai du mal à saisir. On nous dit que l’article est mal rédigé et qu’il concernera de toute façon très peu de personnes, et pourtant le rapporteur Le Gac propose de cibler encore plus précisément les élus concernés. Je ne vois pas bien l’intérêt de restreindre encore un dispositif qui ne concernait déjà quasiment personne. Et puis, on nous dit à la fois que le dispositif ne sert à rien, ne concerne personne ou presque, n’apporte aucun nouveau droit, aucun trimestre supplémentaire, aucune bonification de retraite, et qu’il va coûter un bras. (M. Damien Girard applaudit.) Je constate d’ailleurs que Mme la ministre évoquait il y a encore un quart d’heure un […]

Elle n’en sait rien !

Peut-être que dans cinq minutes, ce seront 30 millions… et dans une heure, 2 millions. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)

La parole est à M. Stéphane Delautrette, rapporteur.

Stéphane Delautrette rapporteur · SOC #186

Vous aurez compris que je ne partage pas la position de mon corapporteur, pour une raison évidente : ce qui s’appliquera, c’est la règle. Pourquoi, dès lors, vouloir créer une catégorie spéciale et se perdre dans des détails, sachant que, de toute façon, la disposition ne s’appliquera que si les conditions requises sont réunies et qu’elle ne concernera que certains élus ?Ce texte de loi, c’est un ensemble de mesures pour lever les freins à l’engagement local ; il faut donc le voir comme un ensemble de dispositions de nature à inviter nos concitoyens à s’engager dans la vie locale. Il est évident que la bonification des trimestres n’apportera rien à un élu qui serait déjà retraité,…

Les trois quarts d’entre eux.

Stéphane Delautrette rapporteur · SOC #189

…pas plus que le remboursement des frais de garde d’enfant n’apporte quelque chose à la personne qui n’a pas d’enfant (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS) ou la prise en charge des frais liés au handicap à quelqu’un qui n’est pas en situation de handicap. Ce sont toutes ces mesures, mises bout à bout, qui doivent pouvoir répondre à un maximum de situations. Il faut donc voir le texte dans son ensemble et surtout ne pas l’aborder de manière morcelée, en disant qu’il n’apportera pas d’amélioration. Je suis évidemment très opposé à toute mesure qui réduirait ce que contient la proposition de loi du Sénat en ce domaine. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et EcoS. – M. Édouard Bénard applaudit également.)

#190

(L’amendement no 866 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt

Vous votez comme le RN ! (Vives exclamations sur de nombreux bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS.)

M. Stéphane Delautrette rapporteur #192

Et cet après-midi, ça s’est passé comment ? !

#193

(L’article 3 est adopté.)

· ADOPTION d’un article (vote à main levée)

Article 27 (appelé par priorité)

Jérémie Iordanoff president · EcoS #195

Sur l’amendement no 509, je suis saisi par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à Mme la ministre, pour soutenir l’amendement no 864 rectifié, qui fait l’objet d’un sous-amendement.

Astrid Panosyan-Bouvet ministre · EPR #197

Cet amendement de réécriture de l’article 27 prévoit un dispositif alternatif à la prise en compte des indemnités de fonction dans le calcul de l’allocation de retour à l’emploi (ARE), par le versement d’une allocation mensuelle forfaitaire, ainsi que la suppression de l’assimilation des périodes d’exercice du mandat à du temps de travail effectif pour le calcul des droits liés à l’ancienneté.J’évoquerai d’abord le dispositif alternatif à l’allocation de retour à l’emploi. Je tiens au préalable à rappeler que l’ensemble des partenaires sociaux, organisations patronales comme syndicales, qui gèrent de manière paritaire le régime d’assurance chômage, nous ont alertés collectivement par un courrier sur l’impact qu’aurait une telle mesure sur les finances de l’Unedic, dont les dernières prévisions financières sont préoccupantes : les années 2025 et 2026 devraient se conclure respectivement […]

article 27

Très bien !

Astrid Panosyan-Bouvet ministre · EPR #205

Je précise que le gouvernement est favorable au sous-amendement qui va suivre.

article 27
Jérémie Iordanoff president · EcoS #206

La parole est à M. Didier Le Gac, rapporteur, pour soutenir le sous-amendement no 870 et donner l’avis de la commission sur l’amendement.

article 27
Didier Le Gac rapporteur · EPR #207

Le sous-amendement, cosigné par Stéphane Delautrette, est rédactionnel.Comme l’a rappelé Stéphane Delautrette, ce texte contient plusieurs mesures visant à simplifier, à conforter et à encourager le mandat d’élu, parmi lesquelles le fait de pouvoir bénéficier de l’allocation de retour à l’emploi. Les élus locaux qui ont cessé toute activité professionnelle ont droit à l’ADFM – qu’on abordera à l’article 26 –, un très bon dispositif qui leur permet de percevoir une allocation pendant un an pour compenser leur perte de revenus.L’article 27 concerne les élus locaux qui n’auraient pas complètement cessé leur activité professionnelle et qui perdraient leur emploi dans l’année suivant la fin de leur mandat ainsi que les droits au chômage afférents.Dans la rédaction du Sénat, la perte de revenus serait compensée par l’assurance chômage, alors même que leur situation n’a pas donné lieu à […]

article 27

La parole est à M. Stéphane Delautrette, rapporteur.

Stéphane Delautrette rapporteur · SOC #213

J’insiste sur l’importance de cet article, qui traite de la question de la fin du mandat et du retour à l’emploi des élus locaux qui, pour des raisons diverses – démission, refus de se représenter ou perte des élections –, sont amenés à revenir dans la vie active.Nous avons été cependant sensibles à l’interpellation des organisations syndicales et patronales sur le fait qu’il ne fallait pas faire peser cette mesure sur le budget de l’assurance chômage. Le gouvernement a bien voulu en discuter pour trouver la solution de financement ici proposée et permettre ainsi l’accompagnement des élus en sortie de mandat. Nous soutenons sa proposition.

La parole est à Mme Violette Spillebout.

S’agissant de la reconversion après le mandat, il faut tout de même avouer que le dispositif actuel ne fonctionne pas. Les travaux que nous avons menés à l’Assemblée nationale montrent que le bilan d’activité de ce fonds d’allocation différentielle de fin de mandat n’est pas satisfaisant : ainsi en 2021, sur une année pleine, seulement 172 dossiers d’élus ont été traités pour un peu moins de 1 million d’euros versés, et il est chaque année largement excédentaire – près de 2 millions d’excédent la même année.Même si nous allons voter l’amendement gouvernemental ainsi sous-amendé, j’insiste sur l’importance de l’implication de France Travail, madame la ministre. Au cours de nos travaux, nous avons fait une comparaison avec ce qui existait dans le privé : en cas de licenciement économique, le contrat de sécurisation professionnelle, établi entre l’entreprise, France Travail et le salarié […]

La parole est à Mme Agnès Firmin Le Bodo.

On voit bien que cette discussion rejoint les positions que le groupe Horizons & indépendants a défendues et ce qu’il pense de cette proposition de loi : elle va dans le bon sens, mais si elle créait réellement un statut de l’élu, il n’y aurait pas une telle discussion, on ne se poserait pas toutes ces questions ! (Mme Élisa Martin applaudit.) Le vrai problème est là.

Elle a raison !

Si nous avions créé un vrai statut de l’élu, ces aménagements – sur le principe desquels nous sommes d’accord – n’auraient pas lieu d’être. Nous aurions traité de la retraite, de la fin du mandat et éventuellement de la mutuelle. Nous aurons apporté des améliorations avec ce texte, mais nous n’aurons toujours pas créé un statut de l’élu local. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

#223

(Le sous-amendement no 870 est adopté.)

· ADOPTION d’un sous-amendement (main levée) ss-adt
#224

(L’amendement no 864 rectifié, sous-amendé, est adopté ; en conséquence, l’article est ainsi rédigé et l’amendement no 509 tombe.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt

Après l’article 1er  bis

Jérémie Iordanoff president · EcoS #226

Nous en venons à l’amendement no 712, portant article additionnel après l’article 1er bis.Sur cet amendement, je suis saisi par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Anne Bergantz, pour le soutenir.

article Après_ 1er bis · amendement 712

Il concerne les maires des villes de plus de 100 000 habitants. L’article L. 2123-23 du code général des collectivités territoriales rend possible, hors enveloppe globale, une majoration de 40 % des indemnités de ces maires, soit une indemnisation à 203 % de l’indice ou encore 8 344 euros mensuels. Si tant est qu’elle soit pertinente, il nous semble que cette majoration devrait rester dans l’enveloppe globale maximale. Tel est l’objet de l’amendement.

article Après_ 1er bis · amendement 712

Quel est l’avis de la commission ?

Didier Le Gac rapporteur · EPR #230

J’avoue que j’ignorais l’existence de cette possibilité de majoration de 40 %, particulièrement élevée. S’il le souhaite, le conseil municipal d’une ville de plus de 100 000 habitants peut prendre une délibération majorant de 40 % au plus l’indemnité du maire. Cette disposition ne me semble pas complètement justifiée mais, puisque le texte vise à favoriser le statut de l’élu, je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée sur cet amendement.

Quel est l’avis du gouvernement ?

La demande que la majoration de l’indemnité du maire d’une ville de plus de 100 000 habitants soit comprise dans l’enveloppe indemnitaire globale est déjà satisfaite dans l’état actuel du droit. Je suggère donc le retrait de l’amendement. À défaut, mon avis sera défavorable.

La parole est à M. Sébastien Huyghe.

Nous discutons d’un texte censé favoriser les élus, leur créer un statut et rendre attractif l’engagement politique au service de nos concitoyens. Dans ce cadre, je suis surpris que l’on propose la suppression d’un dispositif qui, s’il n’est pas souvent employé, est à la disposition des élus et permet une majoration de l’indemnité du maire dans les grandes villes, où la sujétion est importante. Nous serons donc défavorables à cet amendement.

Jérémie Iordanoff president · EcoS #235

Je mets aux voix l’amendement no 712.

#236

(Il est procédé au scrutin.)

Jérémie Iordanoff president · EcoS #237

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 176 Nombre de suffrages exprimés 172 Majorité absolue 87 Pour l’adoption 93 Contre 79

#238

(L’amendement no 712 est adopté.)

Article 2

Jérémie Iordanoff president · EcoS #240

Sur les amendements nos 22 rectifié, 800 et identiques, 871 et 755, je suis saisi par le groupe Rassemblement national de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à Mme Josiane Corneloup, pour soutenir l’amendement no 22 rectifié.

Étendre à l’ensemble des exécutifs locaux la disposition qui fixe par défaut les indemnités de fonction des maires au maximum légal participe à la reconnaissance de leur engagement. Mais il convient de considérer les incidences d’une telle disposition sur l’indemnisation des conseillers municipaux, simples ou délégués, ainsi que sur le positionnement du maire.En effet, si le conseil municipal élit le nombre maximal d’adjoints, les conseillers municipaux simples et délégués, qui ne disposent pas d’indemnités en propre dans les communes de moins de 100 000 habitants, ne percevront rien – la totalité de l’enveloppe indemnitaire aura été consommée. Cela pose une difficulté, en particulier pour les conseillers municipaux délégués, qui bénéficient d’un droit à indemnités de fonction dès lors qu’ils sont titulaires d’une délégation du maire.Par ailleurs, conférer au maire seul la […]

Quel est l’avis de la commission ?

Didier Le Gac rapporteur · EPR #247

L’amendement est satisfait, puisque nous avons supprimé en commission le principe visé ; par ailleurs, les alinéas mentionnés dans l’amendement ne sont plus les bons. Retrait et, à défaut, avis défavorable.

#248

(L’amendement no 22 rectifié est retiré.)

Jérémie Iordanoff president · EcoS #249

Je suis saisi de cinq amendements, nos 800, 454, 713, 871 et 755, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 800, 454 et 713 sont identiques. La parole est à M. le ministre, pour soutenir l’amendement no 800.

article 2 · amendement 800

Hier soir, le gouvernement a défendu, avec M. le rapporteur Le Gac ainsi qu’avec les groupes Modem et LR, un amendement pour revaloriser, de façon ciblée et progressive, les indemnités de fonction des maires des communes de moins de 20 000 habitants. Cette mesure, fruit d’un gros travail, répondait selon nous aux attentes exprimées par les élus locaux eux-mêmes et par de nombreux députés en commission des lois. Je rappelle que son coût est de 41 millions d’euros.Or vous avez adopté un autre amendement, qui abaisse la revalorisation des indemnités de fonction des maires en la cantonnant à l’équivalent de 2 points d’indice. L’article 1er tel que vous l’avez adopté est moins-disant pour les plus petites communes et coûte 34 millions d’euros.Dans un souci de reconnaissance des élus de proximité, je suis convaincu que l’article 2, qui concerne les adjoints, doit être en quelque sorte le […]

Jérémie Iordanoff president · EcoS #254

Les amendements identiques nos 454 de M. le rapporteur Le Gac et 713 de Mme Blandine Brocard sont défendus.La parole est à M. Didier Le Gac, rapporteur, pour soutenir l’amendement no 871.

article 2 · amendement 800
Didier Le Gac rapporteur · EPR #256

Il reprend le contenu de l’amendement no 652 de Mme Brocard, qu’elle a retiré et qui proposait une revalorisation des indemnités maximales des adjoints similaire à celle votée pour les maires hier soir. Concrètement, il prévoit une hausse de 1 point d’indice par strate, qui aboutirait à une augmentation limitée à 1,38 % dans les plus grandes communes et portée à 10 % dans les plus petites.Il y a un peu de confusion et je vais essayer de reprendre de la manière la plus claire possible. Dans le texte qu’ils nous ont transmis, les sénateurs proposaient une augmentation linéaire de 10 % pour l’ensemble des élus, quelle que soit la taille de la commune. À l’invitation des membres de la commission des lois, mon collègue corapporteur et moi-même avons revu la copie, d’une part parce qu’une hausse de 10 % était excessive et pouvait constituer un mauvais signal, d’autre part, pour moduler cette […]

article 2 · amendement 800
Jérémie Iordanoff president · EcoS #260

La parole est à M. Jean-Pierre Bataille, pour soutenir l’amendement no 755.

article 2 · amendement 755

Comme pour les maires hier, je propose une augmentation de l’indemnité des adjoints de 10 %, mais seulement dans les communes de moins de 20 000 habitants. Si l’amendement du gouvernement était adopté, je retirerais le mien.

article 2 · amendement 755

Dans cette hypothèse, il tomberait.Quel est l’avis de la commission sur les amendements nos 800 et identiques et 755 ?

Didier Le Gac rapporteur · EPR #264

Avis défavorable sur l’amendement no 755, qui vise à maintenir l’augmentation de 10 % pour les seules communes de moins de 20 000 habitants : nous n’en voyons pas bien la cohérence. Avis favorable, en revanche, sur l’amendement no 800 du gouvernement et les amendements identiques.

La parole est à M. Stéphane Delautrette, rapporteur.

Stéphane Delautrette rapporteur · SOC #266

Je souhaite apporter quelques éléments de clarification. Après le vote d’hier soir, pour avoir un texte propre, si je puis dire, il faut que les dispositions décidées pour les maires s’appliquent aussi aux adjoints. L’amendement adopté hier l’a été contre l’avis des rapporteurs. Toutefois, dans un souci de respect de ce qui a été voté, nous avons déposé l’amendement no 871 qui, par effet de miroir, vise à appliquer aux adjoints les règles décidées pour les maires. Cela ne signifie pas que nous cautionnions ou soutenions la mesure prise hier soir mais que nous vous engageons, si vous souhaitez confirmer votre vote, à adopter cet amendement, pour clore le débat sur les indemnités des maires et des adjoints.Toutefois, je pense que nous avons tout intérêt à privilégier une mesure à 41 millions d’euros plutôt que l’amendement adopté hier, qui ne porte que sur 35 millions et qui est moins […]

Quel est l’avis du gouvernement ?

Je remercie les rapporteurs pour leurs explications.À l’article 1er, le gouvernement a proposé – l’idée était d’ailleurs issue des travaux de la commission – de moduler l’augmentation suivant une progressivité inverse : 8 % d’augmentation pour les élus des communes de moins de 500 habitants ; 6 % jusqu’à 3 500 habitants ; 4 % jusqu’à 20 000 habitants. De telles augmentations représentaient un effort de 41 millions d’euros.Hier, Mme Brocard a retiré son amendement après que j’ai donné mon avis, mais cet amendement a été repris et adopté. L’article 1er, dans sa nouvelle version, ne prévoit plus une augmentation uniforme de 10 %, pas plus qu’une augmentation dégressive de 8 %, 6 % ou 4 %, mais une augmentation dégressive équivalente à 2 points d’indice, soit un peu moins que ce que nous proposions.Il s’agit aujourd’hui d’aligner les dispositions relatives aux adjoints sur celles des […]

La parole est à Mme Élisa Martin.

Nous arrivons à un moment crucial de nos débats. Je vous propose de raisonner un peu différemment et de considérer ce que vous souhaitez mobiliser, monsieur le ministre. Vous êtes prêt à accepter que l’augmentation de l’indemnité des élus locaux coûte jusqu’à 41 millions d’euros – étant entendu qu’il s’agit de l’argent des collectivités. Or, hier soir, nous avons voté une augmentation qui diffère tant par sa distribution entre les strates que par son volume total – 34 millions, auxquels nous préférons évidemment les 41 millions ! Tel est le premier point d’accord.Nous conviendrons ensuite que cette augmentation s’opère suivant un effet miroir, comme vous dites, – je crois même que c’est ce que prévoit la loi – entre l’indemnité des maires et celle des adjoints et qu’elle ne doit concerner que les communes ne comptant pas plus de 20 000 habitants.Nous avons toutefois une idée un peu […]

Merci !

Si vous le voulez bien, monsieur le président, vu l’importance du sujet, nous pourrions entendre la réponse de M. le ministre, puis suspendre la séance.

La parole est à M. le ministre.

Je précise que j’ai proposé deux voies, et non une troisième.

Et moi, je vous en propose une !

La parole est à M. Sébastien Huyghe.

Depuis le début de ce débat, il a été reconnu sur tous les bancs que des sujétions particulières pesaient sur les élus des plus petites communes, maires et adjoints, qui ne sont pas accompagnés par des fonctionnaires territoriaux aussi nombreux que les élus de plus grandes villes et que, de ce fait, une certaine revalorisation de leurs indemnités était nécessaire. Ce qui a été voté hier est donc en contradiction avec ce qui a été dit sur tous les bancs, puisqu’il s’agit d’augmenter le montant pour toutes les communes, indépendamment de leur nombre d’habitants.L’amendement du gouvernement permettrait donc de revenir à la logique qui était celle de tous les orateurs : augmenter de manière plus importante les indemnités des élus des plus petites communes, puis diminuer cette augmentation strate par strate jusqu’aux communes de 20 000 habitants. En toute logique, cette proposition élaborée […]

La parole est à Mme Blandine Brocard.

Je crois que nous retrouvons sur deux principes essentiels, qui doivent guider nos débats ce soir et auraient déjà dû le faire hier : le premier, c’est d’utiliser correctement les finances de notre pays ; le second, de valoriser vraiment l’engagement des maires et des élus des plus petites communes.Hier, j’ai présenté un amendement d’appel ou de réflexion, qui nous avait déjà guidés lors de nos débats en commission. Bien que je l’aie retiré, il a été adopté par la force du jeu parlementaire.Ce soir, – les rapporteurs et le ministre l’ont souligné – il faut que chacun prenne ses responsabilités, sachant qu’un parallélisme entre la revalorisation de l’indemnité des maires et celle des adjoints est indispensable et que nous nous accordons tous sur leur dégressivité. Pour ma part, je ne vois aucun inconvénient à ce que les indemnités des maires des plus petites strates soient davantage […]

La parole est à M. Joël Bruneau.

Je soutiens l’amendement présenté par le gouvernement. Je sais bien que dans ce pays, on a la passion de l’égalité, mais de fait, les sujétions d’un maire de petite commune n’ont rien à voir avec celles d’un maire d’une commune de plus de 100 000 habitants – je l’ai été –, ce qui ne signifie pas, évidemment, que ce dernier n’ait rien à faire. Il est donc justifié que la revalorisation soit progressive et qu’elle s’arrête à la strate des villes de moins de 20 000 habitants.

Très bien !

En outre, il serait peut-être assez malvenu d’augmenter le point d’indice des élus, alors qu’on sait pertinemment – on peut souhaiter le contraire, mais soyons lucides – qu’il n’y aura pas d’augmentation du point d’indice de l’ensemble de la fonction publique pendant quelque temps, je le crains.

La parole est à M. Emmanuel Duplessy.

Je veux redire notre attachement à l’idée de progressivité, mais aussi à une augmentation de 10 % en faveur des élus des petites communes. C’est la raison pour laquelle le groupe Écologiste et social n’a soutenu aucun amendement modifiant un article qui prévoyait une augmentation de 10 % pour les élus de toutes les communes. En effet, toutes les rédactions proposées étaient moins-disantes, non seulement pour les élus des grandes collectivités territoriales, mais aussi pour ceux des petites.La question qui se pose aujourd’hui est donc la suivante : y a-t-il une majorité en faveur d’une augmentation de 10 % dans les communes de moins de 3 500 habitants ? Les seuils que vous proposez pour les communes plus importantes nous conviennent, mais notre groupe reste très attaché à l’augmentation de 10 % pour ces hussards de la République, qui animent la démocratie locale dans nos villages et nos […]

Suspension et reprise de la séance

Jérémie Iordanoff president · EcoS #303

Les rapporteurs et plusieurs d’entre vous me demandent de suspendre. La séance est suspendue.