Séance du 6 novembre 2025 — 35e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Nadège Abomangoli.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Nadège Abomangoli.
Tours 1 à 200 sur 752 — page 1 / 4.
La séance est ouverte.
(La séance est ouverte à quinze heures.)
La présidente de l’Assemblée nationale a reçu de Mme Christelle Petex, députée de la troisième circonscription de la Haute-Savoie, une lettre l’informant qu’elle se démettait de son mandat de députée à compter d’aujourd’hui. Acte est donné de cette démission qui sera notifiée au premier ministre.
L’ordre du jour appelle la suite de la discussion du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (nos 1907 et 1999, 2057, 2049).
Ce matin, l’Assemblée nationale a poursuivi l’examen des articles de la deuxième partie du projet de loi, s’arrêtant à l’amendement no 1904 portant additionnel après l’article 8.
La parole est à M. Olivier Fayssat, pour soutenir l’amendement no 1904.
Aujourd’hui, il faut avoir détenu un bien immobilier durant trente ans pour être exonéré de prélèvements sociaux sur la plus-value immobilière. Nous proposons de ramener cette durée à dix ans, afin de fluidifier le marché immobilier, d’augmenter le nombre de ventes et, donc, le nombre de biens sur le marché, ce qui fera baisser les prix. L’exonération consisterait en un abattement de 20 % par an à compter de la sixième année de détention.Nous ne relancerons les secteurs du bâtiment et du logement que si nous cessons de martyriser les investisseurs et que nous supprimons des taxes et des normes. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR et sur plusieurs bancs du groupe RN.)
La parole est à M. Thibault Bazin, rapporteur général de la commission des affaires sociales, pour donner l’avis de la commission.
Nous devons effectivement demeurer attentifs au secteur du logement et apporter des réponses à la crise qu’il traverse. Cependant, je doute que votre amendement apporte une réponse structurelle. À mon sens, elle résidera davantage dans le statut du bailleur privé et dans le rendement cohérent et attractif qui lui sera associé – cela sera examiné dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) pour 2026. La réponse résidera également dans un dispositif de soutien à l’accession à la propriété, que nous évoquerons un peu plus tard avec les amendements de Mme Rossi et de M. Causse.En outre, le présent amendement conduirait à des pertes de recettes significatives tant pour la sécurité sociale que pour l’État. Le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) a recommandé de réformer entièrement – plutôt que d’aménager – le mécanisme de l’abattement fiscal selon la durée de détention d’un bien. […]
La parole est à M. le ministre du travail et des solidarités, pour donner l’avis du gouvernement.
L’amendement vise à fixer l’abattement, relatif à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux, à 20 % par an au-delà de la cinquième année de détention d’un bien immobilier. J’insiste sur la nécessaire stabilité fiscale en la matière : c’est ce dont le marché immobilier a avant tout besoin. Le système actuel d’imposition des plus-values immobilières semble bien connu des acteurs et globalement équilibré.Les abattements applicables selon la durée de détention du bien tempèrent la spéculation foncière à laquelle pourraient s’adonner les contribuables qui ne détiennent pas ce bien en tant que résidence principale. Ils permettent également, en les exonérant à terme, d’assurer une égalité de traitement avec les contribuables qui cèdent leur résidence principale.La proposition ne paraît pas opportune dans le contexte budgétaire que nous connaissons, tant pour l’État que pour la sécurité […]
La parole est à Mme Marine Le Pen.
Sur le principe, l’amendement déposé par le collègue Ciotti va dans le bon sens. Je suis en complet désaccord avec les arguments qui viennent d’être développés. La stabilité dans l’enfer, nul n’est tenu de la conserver. On diminuerait le délai ouvrant droit à exonération que l’ensemble des propriétaires et des professionnels de l’immobilier s’en réjouiraient. Cela créerait un appel d’air favorable aux transactions, qui n’existe pas aujourd’hui parce que les règles en vigueur contribuent à geler les comportements.Nous devons aussi tenir compte du fait que les gens deviennent propriétaires de plus en plus tard. (Mme Ségolène Amiot s’exclame.) Dans cette perspective, trente ans devient une durée d’attente considérable, bien plus que par le passé. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
La parole est à M. Hadrien Clouet.
Le groupe La France insoumise votera contre cet amendement, qui profitera essentiellement aux 3,5 % de ménages qui détiennent la moitié des logements en location. Vous voulez faire un chèque à des multipropriétaires, voilà la réalité de votre redistribution ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Vous dites : si on fluidifie le marché, il y aura davantage de biens en vente. Or c’est faux : ce n’est pas parce qu’on fluidifie le marché que les maisons poussent sur le sol – cela requiert du temps et du travail pour la construire ! En revanche, cela diminuera l’offre de locations puisque vous aurez étendu la durée durant laquelle les propriétaires peuvent tenter de vendre, favorisant les transactions entre propriétaires. Champions les artistes !Au demeurant, la situation présente résulte des dispositions voulues en 2011 par M. Fillon – j’espère que le groupe Droite […]
La parole est à Mme la ministre de l’action et des comptes publics.
Dans le cadre de l’examen du PLF, l’amendement no 377 de M. Le Fur a été adopté, qui réduit en effet de vingt-deux à dix-sept ans la durée au terme de laquelle s’obtient une exonération totale de l’imposition sur la plus-value de cession immobilière, pour les résidences qui ne sont pas des résidences principales.
Eh oui !
S’agissant du volet fiscal, le PLF pour 2026 favorise donc déjà une accélération des transactions. Nous avons eu un long débat à ce sujet dans le cadre de l’examen du PLF – je crois que vous y étiez présente, madame Le Pen. Nous y avons pris conscience qu’une réforme intéressante consisterait à diminuer les effets de seuil. Cependant, cela réclamerait d’instituer une période de transition pour ne pas pénaliser les personnes qui attendent la vingt-troisième – désormais la dix-huitième – année pour vendre. Le PLF a toutefois permis de lancer cette réforme de structure.
La parole est à M. Stéphane Delautrette, pour soutenir l’amendement no 121 rectifié.
Cet amendement a été déposé par notre collègue Inaki Echaniz, qui se trouve actuellement en commission des finances pour débattre de la deuxième partie du PLF pour 2026. Il vise à modifier la taxe sur la plus-value perçue lors de la cession d’un bien immobilier ou d’un droit relatif à un immeuble, hors résidence principale, afin d’instaurer une taxe à 30 %, stable dans le temps.Le but est de décourager le fait de conserver un bien sur une longue durée – surtout lorsqu’on approche de l’exonération totale – sans que le propriétaire l’entretienne, ce qui favorise un habitat dégradé alors que ce bien pourrait être mis en vente ou en location.
Quel est l’avis de la commission ?
La commission a rejeté cet amendement, qui introduirait un bouleversement considérable du régime fiscal applicable aux cessions de bien immobilier. L’incidence financière d’une telle mesure n’est pas documentée dans l’exposé sommaire. Sur la forme, cet amendement opère une coordination avec un amendement à la première partie du PLF, qui a été rejeté. Je vous demande de retirer, par cohérence, cet amendement qui ne trouve plus son complément dans le projet de loi de finances ; à défaut, avis défavorable.
Quel est l’avis du gouvernement ?
Je salue l’engagement de M. Echaniz et de Mme Annaïg Le Meur en faveur du logement. Cette question m’intéresse d’autant plus qu’elle est liée à celle de l’emploi et du travail.L’amendement vise à aligner le régime social sur le régime fiscal en ce qui concerne l’abattement sur les plus-values de cession immobilière en fonction de la durée de détention. J’entrevois plusieurs difficultés. D’abord, l’amendement évoqué dans l’exposé sommaire n’a pas été adopté dans le cadre de l’examen du PLF, au contraire de l’amendement no 377 déjà mentionné. Dès lors, cet amendement créerait une disjonction entre le régime social et le régime fiscal qui serait source d’une complexité indésirable pour les personnes concernées. Je vous propose donc de retirer votre amendement ; à défaut, avis défavorable.
La parole est à M. Jérôme Guedj, pour soutenir l’amendement no 220.
D’abord, un rapide point de méthode. Nous examinons les amendements portant article additionnel après l’article 8 et l’objectif que nous nous sommes fixé – après avoir épargné les titres-restaurant et les chèques-vacances – est de dégager des ressources afin de compenser les 960 millions d’euros désormais manquants pour le financement de la sécurité sociale. Plus de 160 amendements sont à examiner après l’article 8, qui portent soit sur des niches sociales, soit sur des exonérations de cotisations sociales, soit sur des taxes supplémentaires. Je ne sais comment nous parviendrons à les aborder de façon coordonnée ; cependant, gardons en tête à chaque fois qu’on examine un amendement qu’il aura un effet sur le rendement des autres.Le présent amendement a été adopté par notre assemblée l’année dernière. Il se trouve que les allégements généraux de cotisations sociales étant calculés sur la […]
Quel est l’avis de la commission ?
Monsieur Guedj, vous défendez cette cause depuis plusieurs années ; nous avons déjà eu ce débat lors des projets de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) précédents. Vous avez d’ailleurs, avec le député Marc Ferracci, déposé en septembre 2023 un rapport d’information très intéressant à ce sujet, en conclusion des travaux de la mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale (Mecss).Je vois plusieurs inconvénients à cet amendement. D’abord, cela risque de pénaliser, au sein d’une branche, les entreprises vertueuses pour quelque chose dont elles ne sont pas responsables.
Oui, je connais l’argument !
Cela instituerait une forme de culpabilité du fait d’autrui dont il n’est pas certain qu’elle serait admise par le Conseil constitutionnel, qui pourrait y voir un manquement au principe d’individualisation des sanctions ayant le caractère de punition.Une telle mesure pourrait également poser des difficultés d’ordre opérationnel. Une entreprise, notamment quand elle est divisée en établissements, peut relever de différentes branches. Certaines branches, de plus, sont régies par plusieurs conventions collectives.Du point de vue formel, vous pourriez opportunément réécrire votre amendement dans la perspective des prochains PLFSS. Dans sa rédaction actuelle, en effet, vous l’appliquez à plusieurs mesures d’exonération ou d’exemption d’assiette qui ne sont pas calculées sur le smic et qui ne devraient donc pas être concernées.Je vous demande donc, à titre personnel, de retirer votre […]
Quel est l’avis du gouvernement ?
Vous annoncez chercher des recettes, monsieur le député Guedj ; mais vous proposez là plutôt une forme d’incitation comportementale. Personne ne souhaite voir les salaires rester sous les minima de branche ; nous recherchons tous, au contraire, à ce qu’ils passent au-dessus. Si une telle incitation devait être votée, nous souhaiterions donc tous les deux qu’elle ne rapporte aucune recette, toutes les branches finissant par passer au-dessus du salaire minimum.
En effet !
Si cette mesure avait été adoptée il y a dix-huit ou vingt-quatre mois – en mettant de côté toutes les précautions légistiques du rapporteur général, que je fais miennes, et en supposant que les branches n’auraient pas renégocié – elle aurait eu un certain rendement. À l’heure actuelle, cependant, seules deux des 171 branches de plus de 5 000 salariés ont encore des minima inférieurs au smic – et je crois qu’elles ont engagé des négociations.
C’est le cas !
Vous pénaliseriez, de plus, les entreprises qui ont choisi de se démarquer de leur branche qui n’aurait pas tenu de négociations collectives. Marc Ferracci, qui est de retour sur ces bancs, est très attaché à ce que la négociation ait lieu au niveau de l’entreprise. Votre dispositif aurait beaucoup de sens dans le cas où celui qui paye la taxe dispose effectivement des leviers pour s’en libérer ; à défaut, il risque de se révéler déresponsabilisant, les entreprises ayant bien négocié se retrouvant affectées aussi bien que celles qui se seront laissées porter par la dynamique de branche.Il faudrait peut-être ressusciter la loi du 3 décembre 2008 en faveur des revenus du travail – une loi encore en vigueur mais qui n’est pas tout à fait appliquée. Elle dispose que les allégements généraux doivent être limités en l’absence de négociations annuelles. Si nous cherchons des recettes, nous […]
Tout à fait !
La parole est à M. Jérôme Guedj.
J’ai entendu vos explications et conscient que nous devons gagner du temps, je vais retirer mon amendement. Mais je vous le demande : sanctionnez effectivement les entreprises qui ne respectent pas la NAO – la négociation annuelle obligatoire – en les privant du bénéfice des allégements de charge. Continuons à creuser la question.
(L’amendement no 220 est retiré.)
La parole est à M. François Gernigon, pour soutenir l’amendement no 1210.
L’article L. 731-10-1 du code rural et de la pêche maritime consacre un principe d’annualité des cotisations sociales des chefs d’exploitation et d’entreprise agricoles. Ce principe implique que les cotisations sont dues pour l’année entière, indépendamment de la date d’installation ou de cessation d’activité – sauf en cas de décès de l’exploitant, où un prorata est appliqué.L’instauration, à la place, d’un calcul prorata temporis des cotisations – sur une base mensuelle ou trimestrielle – présenterait plusieurs avantages. Les exploitants jouiraient d’une plus grande flexibilité : les transmissions et cessations d’activité pourraient intervenir à tout moment de l’année, au gré des réalités économiques. Les départs à la retraite seraient facilités, le système actuel incitant les exploitants à cesser leur activité uniquement au 1er janvier pour éviter le paiement d’une année pleine de […]
Quel est l’avis de la commission ?
Votre exposé des motifs m’a permis de mieux comprendre la visée de l’amendement – mais aussi ce qui lui fait obstacle : son adoption risquerait d’être défavorable aux jeunes agriculteurs. Le droit en vigueur présente l’avantage d’exonérer de cotisations les exploitants en début d’activité, puisque ne sont pas redevables de cotisations, pour l’année en cours, ceux qui se sont installés après le 1er janvier, tout en bénéficiant du versement des prestations sociales. Je comprends pourquoi vous appelez de vos vœux un système au prorata ; il risque néanmoins de se faire au détriment des jeunes agriculteurs, que je préférerais ne pas pénaliser au moment où ils font face à des investissements importants.Je vous propose de retirer votre amendement, auquel je donnerai sinon un avis défavorable – à titre personnel, la commission ne l’ayant pas examiné.
Quel est l’avis du gouvernement ?
Mes arguments seront les mêmes. Le dispositif en vigueur doit être compris comme une aide à l’installation, l’appel à cotisation ne commençant que l’année pleine suivante. Par symétrie, après la cessation, les cotisations sont dues pour l’année commencée. Ce mécanisme favorise donc, comme nous le souhaitons tous, l’installation des jeunes agriculteurs. Demande de retrait ; avis défavorable sinon.
La parole est à M. François Gernigon.
J’ai présenté cet amendement dans un esprit d’équité avec les activités industrielles et commerciales ; je me rends néanmoins aux arguments de la ministre et du rapporteur général en le retirant.
(L’amendement no 1210 est retiré.)
Je suis saisie de plusieurs amendements identiques, nos 617, 1275, 1379, 1505, 1914 et 1940. L’amendement no 617 de M. Julien Dive est défendu.La parole est à M. Eric Liégeon, pour soutenir l’amendement no 1275.
La gestion des crises fait partie intégrante de la vie de l’entreprise agricole. Confrontés à des aléas à répétition et à la forte variabilité de leurs revenus, les agriculteurs doivent pouvoir cotiser au plus près de la réalité de leurs revenus annuels.C’est ce à quoi tend cet amendement, qui permettrait d’adapter les cotisations à la réalité économique des exploitations agricoles et de sécuriser leur trésorerie, tout en garantissant le financement de la protection sociale agricole.
La parole est à M. Philippe Vigier, pour soutenir l’amendement no 1379.
Nous pensons également que les crises climatiques, la fluctuation des prix et les difficultés énergétiques nous invitent à travailler à un système annualisé. Il existe actuellement deux options : un calcul sur la moyenne des revenus des trois dernières années, ou bien sur l’année n - 1. Les agriculteurs accueilleraient favorablement un calcul sur l’année en cours.Une telle mesure n’ayant vocation qu’à être appliquée à partir de 2027, elle n’aurait par ailleurs, monsieur le rapporteur général, aucune incidence financière sur l’année 2026.
La parole est à M. Lionel Vuibert, pour soutenir l’amendement no 1505.
Il s’agit d’éviter que les agriculteurs, du fait des aléas auxquels ils sont confrontés d’une année sur l’autre, aient à payer des cotisations trop élevées. Il y aurait là un bon outil de gestion pour l’avenir.
La parole est à M. David Taupiac, pour soutenir l’amendement no 1914.
Il vise à permettre aux agriculteurs de pouvoir opter pour une assiette basée sur les revenus de l’année en cours. Elle serait réputée révoquée par l’effet de la loi en cas de cessation d’activité, pour éviter que les résultats fiscaux de cette cessation n’aboutissent, l’année suivante, à un appel de cotisations sociales trop important, pénalisant ainsi les transmissions.
La parole est à M. Dominique Potier, pour soutenir l’amendement no 1940.
Je ne vais pas revenir sur les aspects techniques de l’amendement, pour en dire plutôt la philosophie. Il ne s’agit en aucun cas de nous priver de cotisations sociales ou fiscales – ce n’est pas la position du groupe socialiste, qui tient à maintenir ce régime de cotisation. Il importe, toutefois, que ce régime soit juste. Je défendrai ainsi tout à l’heure une mesure tendant à étendre la cotisation à des dirigeants n’ayant plus le statut d’exploitant, dans une perspective de lutte contre l’optimisation fiscale et sociale. Nous devons, en revanche, défendre cet outil de travail qu’est l’exploitation agricole, outil soumis à des aléas climatiques indépendants de la volonté de l’exploitant et qu’il se retrouve pourtant à devoir assumer. Or les outils actuels, moyenne triennale ou à n – 1, ne sont pas pertinents.Cette proposition doit nous rassembler : elle constitue un outil d’optimisation […]
Quel est l’avis de la commission sur ces amendements ?
Après cette série d’amendements identiques viendra une autre série d’identiques, elle-même suivie d’une autre série d’amendements en discussion commune ; or cette dernière série reviendra sur le problème qui nous occupe à présent. Dans la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) de l’année en cours – adoptée fin février – une disposition, introduite par le Sénat, donne au gouvernement la faculté – et rien d’autre – de mener une expérimentation rendant possible de cotiser sur une assiette forfaitaire représentative de l’année en cours. Le décret d’application, qui aurait dû l’être avant le 1er octobre, n’a pas été pris. Les échanges avec la caisse centrale de la MSA – la Mutualité sociale agricole – ont fait apparaître que le périmètre de l’expérimentation prévue par cette disposition n’était pas adéquat : elle ne concernait que trois régions quand il serait plus facile à la […]
Quel est l’avis du gouvernement ?
Le rapporteur général l’a dit avec la justesse dont il est coutumier : une expérimentation est en cours pour que la MSA ouvre cette possibilité d’un calcul des cotisations sur l’assiette de l’année en cours. Le Sénat, dans le cadre de la navette parlementaire, s’attachera à réécrire et à améliorer le cadre juridique de cette expérimentation.Les agriculteurs ont aujourd’hui un choix entre plusieurs méthodes de calcul dont il ne faudrait pas les priver.En outre, cette expérimentation est prévue pour trois ans afin que les agriculteurs puissent savoir si c’est une bonne ou une mauvaise solution, ou une option à conserver.Il est préférable que nous nous en tenions à ce qui a été voté à l’article 21 de la LFSS pour 2025. Dans le cadre de la navette, avec l’aide des services, nous pourrions réécrire les quelques dispositions techniques nécessaires. Mais ne créons pas un nouveau dispositif sur […]
La parole est à M. Dominique Potier.
Nous faisons confiance au rapporteur général et à la ministre ; l’objectif sera atteint grâce aux amendements suivants.
(L’amendement no 1940 est retiré.)
La parole est à M. Lionel Vuibert.
Monsieur le rapporteur général, quand vous parlez d’une expérimentation sur un périmètre élargi, cela concerne-t-il l’ensemble du territoire français ?
La parole est à M. le rapporteur général.
Je ne suis pas toujours sur la même ligne que le gouvernement – j’ai une certaine liberté en tant que rapporteur général.Plusieurs groupes ont déposé des amendements similaires. Mon amendement – que nous allons bientôt examiner – découle d’échanges avec la Caisse centrale de la MSA (CCMSA). Il porte sur la France entière car leur système d’information n’est pas adapté à une expérimentation ciblée sur trois régions, comme c’était initialement prévu.
(L’amendement no 1505 est retiré.)
La parole est à M. Philippe Vigier.
Le rapporteur général nous ayant apporté des précisions sur le périmètre et la temporalité, je retire l’amendement no 1379.
(L’amendement no 1379 est retiré.)
La parole est à M. Eric Liégeon.
Je fais également confiance au rapporteur général.
(Les amendements identiques nos 1275, 617 et 1914 sont retirés.)
Je suis saisie de quatre amendements identiques, nos 75, 1108, 1509 rectifié et 1930. La parole est à Mme Josiane Corneloup, pour soutenir l’amendement no 75.
La LFSS pour 2025 a apporté quelques corrections à l’assiette de la contribution sociale généralisée (CSG) des exploitants agricoles : elle inclut de nouveau les activités commerciales et non commerciales exercées par les chefs d’exploitation et d’entreprises agricoles.Toutefois, pour ces mêmes activités, le texte relatif à l’assiette des cotisations sociales continue, par erreur, de faire référence aux règles d’assiette applicables aux travailleurs indépendants, dont les modalités diffèrent de celles du régime social agricole.Afin de corriger cette erreur rédactionnelle du législateur, il est proposé de supprimer, à l’article L. 731-14 du code rural, la référence aux règles d’assiette des indépendants non agricoles visés à l’article L. 136-3 du code de la sécurité sociale.
Les amendements identiques nos 1108 de Mme Valérie Bazin-Malgras, 1509 rectifié de M. Lionel Vuibert et 1930 de M. David Taupiac sont défendus.Quel est l’avis de la commission ?
C’est amusant, vous avez tenté deux approches : les amendements dont nous débattons, puis les mêmes, déposés un peu plus loin, mais sur un autre code. (Sourires.)Vous avez raison, on peut parler de malfaçon légistique dans la définition de l’assiette des cotisations des non-salariés agricoles, issue de la réforme des modalités de calcul des cotisations sociales des travailleurs indépendants.Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais cette réforme était arrivée par un amendement gouvernemental que nous n’avions pas pu analyser lors de l’examen budgétaire.Je comprends votre intention : vous voulez vous assurer que les seuls bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et bénéfices non commerciaux (BNC) intégrés à l’assiette agricole sont ceux tirés d’une activité relevant effectivement du champ d’affiliation au régime des non-salariés agricoles.Mais il me semble plus judicieux de […]
Quel est l’avis du gouvernement ?
Je serai favorable à l’amendement n° 76 rectifié, sous-amendé par le rapporteur, puisqu’il permettra de résoudre, de manière performante et simple à la fois, le problème que vous avez tous soulevé.
(Les amendements identiques nos 75, 1108, 1509 rectifié et 1930 sont retirés.)
Je suis saisie de huit amendements, nos 13 rectifié, 311 rectifié, 667 rectifié, 2067 rectifié, 2165 rectifié, 2290, 2453 rectifié et 542 rectifié, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 13 rectifié, 311 rectifié, 667 rectifié, 2067 rectifié et 2165 rectifié sont identiques. La parole est à Mme Sylvie Bonnet, pour soutenir l’amendement no 13 rectifié.
En l’état du droit, les cotisations sociales des exploitants agricoles affiliés à la MSA sont calculées sur la base des revenus des années précédentes – soit sur ceux de l’année n – 1, soit sur une moyenne triennale.Ce décalage peut entraîner des difficultés de trésorerie, notamment en cas de fluctuation importante des revenus d’une année sur l’autre. Les exploitants peuvent alors être amenés à payer des cotisations élevées alors que leurs revenus récents sont en baisse, ce qui accentue leur fragilité économique.Nous proposons d’adapter le calcul des cotisations à la réalité économique des agriculteurs et de sécuriser leur trésorerie, tout en garantissant le financement de la protection sociale agricole.
La parole est à M. Vincent Descoeur, pour soutenir l’amendement no 311 rectifié.
Deux mots sur cet amendement de notre collègue Fabrice Brun, qui aborde également la question du décalage entre l’année de référence et l’année de cotisation. Comme d’autres, nous souhaitions prendre l’année n comme base de calcul.J’ai entendu, monsieur le rapporteur général, votre préférence pour un autre amendement. Pourriez-vous nous en préciser le périmètre et la date ? Je retirerai l’amendement dès lors que j’aurai compris ce que vous proposez.
Sur les amendement no 13 rectifié et identique, je suis saisie de demandes de scrutin public par les groupes Libertés, indépendants, outre-mer et territoires et Union des droites pour la République. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Éric Michoux, pour soutenir l’amendement no 667 rectifié.
Les cotisations des agriculteurs à la MSA sont calculées sur la base des revenus de l’année n – 1 ou sur une moyenne triennale. Ce mode de calcul peut poser des problèmes de trésorerie, en particulier lorsque l’activité varie fortement d’une année à l’autre. L’amendement vise à se caler sur l’année en cours, ce qui permettrait d’ajuster les cotisations à la réalité économique de l’activité. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe UDR.)
La parole est à Mme Nathalie Colin-Oesterlé, pour soutenir l’amendement no 2067 rectifié.
Cet amendement a été adopté en commission des affaires sociales. Il vise les cotisations sociales des exploitants agricoles affiliés à la MSA, lesquelles sont actuellement calculées sur la base des revenus de l’année précédente ou d’une moyenne triennale. Ce mode de calcul peut poser des problèmes de trésorerie, notamment en cas de fluctuation importante des revenus d’une année sur l’autre.Nous proposons d’adapter le système en prévoyant un calcul sur les revenus de l’année en cours, afin d’ajuster immédiatement les contributions sociales à la réalité économique des agriculteurs. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe HOR.)
L’amendement no 2165 rectifié de M. Charles de Courson est défendu.La parole est à M. le rapporteur général, pour soutenir l’amendement no 2290.
Je vais profiter de la défense de mon amendement pour clarifier les choses et répondre à Vincent Descoeur. Pourquoi vais-je demander le retrait de ces amendements au profit de mon amendement no 2290 ? Parce que ce dernier prévoit une expérimentation, alors que vos amendements visent un déploiement immédiat.J’ai échangé avec la MSA, qui insiste sur l’importance de l’expérimentation, avec un calendrier compatible avec les autres réformes dont elle a la charge.Pourquoi est-ce compliqué pour la MSA ? On lui demande d’appliquer la loi du 13 février 2023 visant à calculer la retraite de base des non-salariés agricoles en fonction des vingt-cinq années d’assurance les plus avantageuses dès le 1er janvier 2026 – notre collègue Julien Dive l’a évoqué hier. C’est une réforme très importante. À la même date, elle doit déployer la réforme très complexe de l’assiette de la CSG et des cotisations […]
La parole est à M. Nicolas Turquois, pour soutenir l’amendement no 2453 rectifié.
Pourquoi mon amendement est-il indiqué comme rectifié ?
La parole est à M. le rapporteur général.
Il a été rectifié pour corriger une petite coquille rédactionnelle.
La parole est à M. Nicolas Turquois.
Étant agriculteur moi-même, j’ai abordé ce sujet à de nombreuses reprises avec Charles de Courson. J’ai longtemps été plutôt opposé à un calcul sur l’année n. Pourquoi ? Nos revenus sont variables – certaines années sont bonnes, d’autres moins. La moyenne triennale m’a longtemps semblé le système idéal pour lisser les revenus. Quant aux calculs à partir de l’année n – 1, ils nous permettent aussi de savoir à peu près ce que nous allons payer en prenant nos résultats comptables.Mais sur l’année n, par définition, il y aura un décalage. Par ailleurs, lorsque l’année est très bonne, on a tendance à vouloir investir massivement pour défiscaliser – c’est une constante du monde agricole. En conséquence, si, dans les bonnes années, on paie moins d’impôts et moins de charges sociales, et que, dans les mauvaises années, on ne cotise pas non plus, au final, on ne se crée pas de droits.C’est […]
(L’amendement no 13 rectifié est retiré.)
La parole est à Mme Justine Gruet, pour soutenir l’amendement no 542 rectifié.
Il s’agit d’un amendement similaire. Les cotisations sociales des exploitants agricoles sont calculées sur la base des revenus de l’année précédente ou sur une moyenne triennale. En période de baisse d’activité, cela peut conduire à payer des cotisations calculées sur des revenus élevés, ce qui aggrave les difficultés économiques des agriculteurs.Je tenais à vous faire part de mon incompréhension : j’ai déposé un amendement portant sur le même sujet, mais il a été jugé irrecevable au titre de l’article 40 de la Constitution car considéré comme cavalier social.Alors que le sujet est identique, c’est une forme d’injustice car je ne peux défendre cet amendement dans l’hémicycle. Mais je suis ravie d’avoir pu défendre celui de mon collègue, M. Di Filippo !
Monsieur le rapporteur général, vous avez déjà donné l’avis de la commission ; vous souhaitez ajouter quelque chose ?
Madame Gruet, notre collègue Di Filippo est le seul à avoir repris exactement l’amendement travaillé en commission. Si je l’ai modifié – je vous dois cette explication –, c’est parce que laisser la date du 1er janvier 2027 nous exposerait à la censure du Conseil constitutionnel dans la mesure où l’amendement ne se rapporterait pas au périmètre de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.
C’est terrible !
Quel est l’avis du gouvernement ?
Pour l’amendement no 2290, dont la rédaction garde l’idée d’une expérimentation, je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée. On pourra le retravailler au Sénat mais l’écriture proposée est intéressante. Elle permettrait à la MSA d’organiser efficacement cette expérimentation, dans tout le pays ou dans les territoires où elle voudra la déployer, en informant de façon adaptée les personnes intéressées.Je propose aux auteurs des autres amendements de se replier, comme on dit, sur l’amendement no 2290 et de retirer les leurs, à défaut de quoi j’y serai défavorable. La proposition du rapporteur général est une excellente solution de compromis, applicable…
Et prudente !
…et prudente. Elle permet de tester la disposition avant de la pérenniser éventuellement ou de rendre l’option de la déclaration en année n possible pour ceux qui le souhaitent. Les arguments qu’on a entendus montrent que ce n’est pas évident.Pour résumer, demande de retrait ou avis défavorable sur tous les amendements sauf le no 2290, pour lequel je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée – tout en restant, vous l’aurez compris, très ouverte à cette proposition.
(L’amendement no 311 rectifié est retiré.)
Je mets aux voix les amendements identiques nos 667 rectifié, 2067 rectifié et 2165 rectifié.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 229 Nombre de suffrages exprimés 206 Majorité absolue 104 Pour l’adoption 96 Contre 110
(Les amendements identiques nos 667 rectifié, 2067 rectifié et 2165 rectifié ne sont pas adoptés.)
(L’amendement no 2290 est adopté ; en conséquence, les amendements nos 2453 rectifié et 542 rectifié tombent.)
Sur l’amendement no 213, je suis saisie par le groupe Droite républicaine d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Dominique Potier, pour soutenir l’amendement.
Je me réjouis que Mme la ministre et M. le rapporteur général soient attentifs aux recommandations de la MSA. L’amendement que je vais défendre est le fruit des observations de ce même organisme.Certains exploitants, par un jeu de montages juridiques, se livrent à une optimisation sociale dont le coût, pour la MSA, atteint 200 à 300 millions d’euros – vous excuserez l’imprécision mais il est difficile d’estimer l’optimisation à l’euro près – et augmente à un rythme de près de 20 % par an. Des exploitants deviennent ainsi dirigeants d’une SA (société anonyme) ou d’une SAS (société par actions simplifiée) et s’aménagent par ce biais un statut qui échappe largement aux cotisations sociales. Il s’agit d’un mouvement d’optimisation massif qui n’est pas organisé par des multinationales mais par le monde agricole lui-même – je m’étonne d’ailleurs qu’il ne soit pas couramment dénoncé.Il […]
Quel est l’avis de la commission ?
Cher Dominique Potier, collègue lorrain et voisin de circonscription, vous connaissez mon naturel prudent et ma volonté de m’en tenir au fond. La MSA avait en effet mentionné la mesure proposée parmi ses suggestions. L’amendement a cependant été rejeté par la commission car il va bien au-delà du régime de la MSA et son adoption aurait également des conséquences sur le régime général ; de fait, il aurait un impact sur l’ensemble des prélèvements sociaux applicables aux gérants de SARL (société à responsabilité limitée) et d’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée). On ne parle donc pas uniquement des exploitants agricoles qui se livrent à l’optimisation sociale ; tous les gérants de telles structures sont concernés.Cela introduirait une brèche dans la distinction entre revenus d’activité, soumis à cotisations, et dividendes qui, s’ils sont soumis aux prélèvements sociaux […]
Quel est l’avis du gouvernement ?
Votre proposition entraînerait une évolution qui, M. le rapporteur général l’a dit, oblige à une expertise approfondie sur ses conséquences juridiques et techniques en matière de définition des revenus, des droits sociaux et des modalités de recouvrement. Une telle évolution ne peut être engagée qu’à l’issue d’une concertation avec les acteurs concernés et d’une évaluation préalable de son impact économique. La position de prudence, revendiquée par M. le rapporteur général, est donc de mise.Comme vous le savez, un dispositif d’assujettissement des revenus distribués existe déjà pour les travailleurs indépendants, au-delà de 10 % du capital, afin d’éviter les effets d’optimisation que vous avez mentionnés. Votre amendement va bien au-delà et c’est ce qui nous préoccupe, puisqu’il étend cette logique aux dirigeants assimilés salariés : la totalité de leur revenu, actuellement traitée […]
La parole est à M. Dominique Potier.
La mesure proposée s’inscrit dans une démarche générale : nous nous sommes battus pour la requalification des indépendants ubérisés en salariés – ce combat n’est pas terminé ; la lutte contre l’optimisation fiscale est la grande bataille du XXIe siècle, qui doit conduire à une meilleure adéquation entre la réalité économique et les bases fiscales – aujourd’hui largement artificielles. L’amendement renvoie à un cas pratique : certains agriculteurs, notamment âgés, gardent le statut de dirigeant – empêchant par là le renouvellement des générations en agriculture et l’installation des jeunes agriculteurs – en se constituant en SA ; contrairement à leurs voisins, ils ne paient pas de cotisations. En conséquence, le budget de la MSA souffre d’un déséquilibre et nous sommes obligés de le compléter. Les Français le font volontiers pour soutenir l’agriculture ; mais pas pour soutenir le vol de […]
Je mets aux voix l’amendement no 213.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 231 Nombre de suffrages exprimés 231 Majorité absolue 116 Pour l’adoption 81 Contre 150
(L’amendement no 213 n’est pas adopté.)
La parole est à M. Hadrien Clouet, pour soutenir l’amendement no 852 rectifié.
Il cherche à appeler l’attention de l’Assemblée nationale sur la niche fiscale relative aux véhicules de fonction. On parle d’une flotte de 1,2 million de véhicules mis à disposition de salariés par un employeur, qui peuvent être utilisés tant pour les déplacements sur le lieu de travail que pour des usages privés. Cette pratique s’apparente à un complément de salaire indirect, en nature. En échange, l’employeur bénéficie d’une remise sur sa contribution et le salarié, d’une réduction d’impôt.D’une part, il s’agit d’une manière de contourner les relations salariales puisqu’on paie les salariés en nature plutôt que sous une forme monétaire. D’autre part, la flotte en question est composée à 92 % de véhicules hybrides ou thermiques ; elle se situe donc, sur l’échelle de la qualité écologique, en dessous de la moyenne de notre pays, ce qui pose un problème de santé publique et de […]
Quel est l’avis de la commission ?
Vous voulez moduler l’assujettissement aux cotisations et contributions sociales des avantages en nature liés à la mise à disposition d’un véhicule, pour favoriser le recours à des véhicules moins polluants. Vous n’avez pas vraiment développé cet aspect mais je connais votre fibre écologiste ! La commission a rejeté l’amendement.
D’un rien !
Il suffit d’une voix ! L’utilisation privée et personnelle d’un véhicule mis à disposition à des fins professionnelles constitue un avantage en nature. Vous ne le savez peut-être pas mais depuis le 1er février dernier, le barème applicable aux véhicules de fonction a été réformé dans le sens d’une très forte augmentation – je m’en étais ému auprès du cabinet de la ministre des comptes publics. Par ailleurs, la modulation que vous proposez n’est pas adaptée : elle pèserait sur les contributions dues par le salarié et non par l’employeur, alors que le salarié n’est pas toujours en situation de choisir le véhicule que l’employeur souhaite mettre à sa disposition. Je ne pense pas que vous vouliez pénaliser les salariés – j’ai cru comprendre que vous les défendiez. Enfin, le régime social des avantages en nature prend déjà en considération certains enjeux liés aux caractéristiques […]
(L’amendement no 852 rectifié, repoussé par le gouvernement, n’est pas adopté.)
La parole est à M. Paul Midy, pour soutenir l’amendement no 2289.
Il concerne le partage de la valeur et vise à clarifier le régime des « management packages », qui permettent d’aligner les ambitions de l’entreprise et de son management. Afin d’éviter de pénaliser les entreprises, l’amendement propose de pérenniser le volet social du dispositif existant.
Quel est l’avis de la commission ?
Vous êtes bien plus expert en la matière que moi. Le régime en question a été créé par la loi de finances pour 2025 ; il s’agit donc presque d’un amendement de coordination. L’amendement n’a pas été examiné par la commission mais à titre personnel, j’y suis favorable.
Quel est l’avis du gouvernement ?
Un travail de clarification a, en effet, été mené l’année dernière ; vous le confirmez par cet amendement en contrôlant cette niche fiscale – on peut présenter la mesure ainsi. Tout cela va dans le bon sens. Avis favorable.
Je mets aux voix l’amendement no 2289.
(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 220 Nombre de suffrages exprimés 150 Majorité absolue 76 Pour l’adoption 79 Contre 71
(L’amendement no 2289, modifié par la suppression du gage, est adopté.) (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur quelques bancs du groupe DR.)
La parole est à M. Jean-Luc Fugit, pour soutenir l’amendement no 986.
Il concerne également les véhicules de fonction. Le crédit mobilité, utilisé par des entreprises volontaires, permet aux salariés qui renoncent à leur véhicule de fonction de convertir sa valeur locative en une enveloppe budgétaire dédiée aux transports partagés, aux abonnements de transport en commun ou encore à la location de vélos ou d’engins de déplacement motorisés. Cette initiative, bien que vertueuse, n’est toujours pas reconnue fiscalement, puisque les sommes allouées à ces mobilités sont soumises à l’impôt sur le revenu et aux charges sociales, contrairement à l’avantage en nature que constitue l’attribution d’un véhicule de fonction.Cette inégalité freine l’adoption de solutions moins polluantes, qu’il s’agisse des émissions de CO2 ou de la pollution de proximité. Pour y remédier, je propose d’aligner le traitement fiscal du crédit mobilité sur celui des véhicules de fonction. […]
Quel est l’avis de la commission ?
Je connais votre engagement en la matière, monsieur le député. Des mesures existent pour favoriser le recours à des moyens de transport autres que la voiture : la prise en charge obligatoire de 50 % du coût des titres d’abonnement aux transports publics ou à un service public de location de vélo, le forfait mobilités durables ou encore la prime de transport.Vous parlez d’injustice, mais votre amendement pourrait en créer une autre puisque le dispositif proposé ne bénéficierait qu’aux salariés à qui l’employeur met à disposition un véhicule. Je ne suis pas certain qu’il soit équitable de donner à ces salariés un avantage social ou fiscal spécifique.Je suis à titre personnel défavorable à cet amendement, sur lequel la commission a aussi émis un avis défavorable.
Quel est l’avis du gouvernement ?
Le ministre du travail que je suis ne peut être favorable à une telle exonération de cotisations. Et ce, d’autant plus que le PLF pour 2026 contient des mesures de verdissement des flottes d’entreprise. Il ne faut pas opposer transition écologique et transition démographique. Donnons à la sécurité sociale tous les moyens pour qu’elle retrouve son équilibre !
La parole est à M. Jean-Luc Fugit.
Sans vouloir être désobligeant, je ne suis pas certain que mon amendement ait bien été compris.
Trop puissant !
Il vise à inciter les employés qui renoncent au véhicule de fonction à se tourner vers des mobilités plus durables. Nous devrions montrer de l’enthousiasme pour ce dispositif qui s’inscrit dans la transition écologique et vient en sus du forfait mobilités durables, créé par la loi d’orientation des mobilités – dont j’ai été l’un des rapporteurs. En matière de transition écologique et de lutte contre la pollution de proximité, il ne faut surtout pas opposer les solutions, mais les additionner.Comme les dépenses liées aux conséquences sanitaires de la mauvaise qualité de l’air baisseront, une telle mesure viendrait renforcer financièrement la sécurité sociale. Il n’est pas logique de rejeter cet amendement. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)
Je suis saisie de deux amendements, nos 135 et 878, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à M. Corentin Le Fur, pour soutenir l’amendement no 135.
Nous voulons récompenser la France qui travaille, en exonérant les heures supplémentaires de CSG et de CRDS.Les plafonds de défiscalisation des heures supplémentaires ont déjà été supprimés dans le cadre du PLF pour 2026, et je remercie ceux qui ont permis cette avancée notable. Il faut faire un pas de plus dans ce PLFSS. C’est une mesure de pouvoir d’achat, notamment pour les ouvriers qui, grâce aux heures supplémentaires, peuvent percevoir le petit complément de revenu qui leur permettra de vivre plus dignement. Soutenons le pouvoir d’achat de tous ceux qui travaillent ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.)
Sur l’amendement no 878, je suis saisie par le groupe Droite républicaine d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à Mme Justine Gruet, pour soutenir l’amendement no 878.
La droite défend cette mesure forte de valorisation du travail qu’est l’exonération des heures supplémentaires. François Hollande l’avait supprimée, et même si elle a été réintroduite en 2018, des obstacles injustes subsistent.Cet amendement va plus loin que ce qui avait été fait en 2007, puisqu’il est prévu d’exonérer les salariés de la CSG et de la CRDS sur les heures supplémentaires. Nous défendrons ultérieurement un amendement qui concerne les charges patronales. L’idée est de rendre le travail plus attractif et de récompenser les Français qui travaillent. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe DR.)
Très bien !
Quel est l’avis de la commission ?
Monsieur Le Fur, je vous invite à retirer votre amendement : son adoption entraînerait malencontreusement l’abrogation des articles du code de la sécurité sociale qui prévoient les exonérations de cotisations salariales et patronales applicables aux heures supplémentaires… Je ne pense pas que ce soit là votre volonté.Le groupe de la Droite républicaine livre un combat légitime, que je partage, pour la valorisation du travail. Cependant, je vous demanderai aussi, madame Gruet, de retirer votre amendement. J’ai analysé cette mesure et il s’avère qu’elle n’est pas neutre – son coût s’élèverait à 2 milliards d’euros. En tant que rapporteur général, je tente de conjuguer le redressement de nos comptes sociaux et la valorisation du travail, tout en évitant les irritants.Il faudrait retrouver le dispositif qui avait fait ses preuves sous la présidence de Nicolas Sarkozy, sans aller aussi loin […]
Quelle erreur !
Nous avons par la suite rétabli l’exonération des cotisations salariales, lors de la crise des gilets jaunes, une nuit de décembre 2018. Après les élections de 2022, une majorité s’est dégagée pour adopter des mesures de pouvoir d’achat, parmi lesquelles le rétablissement de la déduction forfaitaire, mais seulement pour les entreprises de moins de 250 salariés. Le jalon manquant, pour retrouver le dispositif en place du temps de Nicolas Sarkozy, c’est d’ouvrir cette déduction aux entreprises de plus de 250 salariés. C’est le sens de l’amendement que vous défendrez ultérieurement, au profit duquel je vous invite à retirer le présent amendement.
Quel est l’avis du gouvernement ?
Le gouvernement a bien conscience que les heures supplémentaires augmentent le pouvoir d’achat, un sujet majeur pour les travailleurs de ce pays. Toutefois, nous ne pouvons pas nous permettre une exonération aussi massive – pour un coût de 2 milliards – dans ce contexte contraint. Les fondamentaux du financement de notre sécurité sociale en seraient ébranlés.
Non, on ne peut pas.
Je rejoins le rapporteur général : le gouvernement examinera avec intérêt les amendements nos 879 et 2283.
La parole est à Mme Élisa Martin.
Le groupe de La France insoumise s’opposera à cet amendement qui vise à augmenter encore les exonérations de cotisations. Il a été précisé que le manque à gagner, pour la sécurité sociale, serait de 2 milliards, coût auquel il convient d’ajouter les 800 millions d’euros de perte pour les finances publiques – ce qui ferait plutôt 3 milliards.De surcroît, nous ne pensons pas que déséquilibrer encore davantage les comptes de la sécurité sociale soit une façon de considérer les travailleurs. Pour aller dans le sens des salariés, nous pourrions privilégier d’autres mesures, comme le partage du travail et l’augmentation des salaires.
La parole est à M. Christophe Bentz.
Notre groupe a voté plusieurs fois en faveur de la défiscalisation des heures supplémentaires, pour libérer le travail et donner davantage de pouvoir d’achat aux Français. En revanche, chers collègues de la Droite républicaine, nous ne pouvons pas vous suivre sur cet amendement : vous proposez de désocialiser les heures supplémentaires.
Vous, vous préférez augmenter les taxes !
Cela créerait un trou financier pour notre système de sécurité sociale, qui repose sur les contributions et les cotisations sociales. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)
Je mets aux voix l’amendement no 878.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 239 Nombre de suffrages exprimés 170 Majorité absolue 86 Pour l’adoption 25 Contre 145
(L’amendement no 878 n’est pas adopté.)
La parole est à Mme la ministre.
Monsieur le député Bentz, il me semble que, ce matin, vous avez voté un amendement qui retire à la sécurité sociale 5 milliards d’euros de financement.
Exactement !
Je suis donc très contente – je le dis sans malice – de vous entendre dire qu’il nous faut des recettes, et qu’il ne faut pas creuser de nouveaux trous.
Bien sûr !
L’amendement a été adopté grâce à vos voix.
C’est important, les entreprises !
Rassurez-vous, ils vont voter des taxes !
Je suis saisie de plusieurs demandes de scrutin public : sur l’amendement no 1232, par le groupe Horizons & indépendants ; sur les amendements no 212 et identiques par les groupes Droite républicaine et Écologiste et social. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à Mme Justine Gruet, pour soutenir l’amendement no 331.
Cet amendement me permet d’apporter tout mon soutien aux agriculteurs touchés par la DNC (dermatose nodulaire contagieuse des bovins). Il vise à sécuriser juridiquement l’exclusion des indemnités perçues au titre de l’abattage d’animaux reproducteurs d’un cheptel de l’assiette des contributions sociales.Les exploitations confrontées à la DNC subissent des pertes économiques considérables, les abattages imposés par les autorités sanitaires pouvant compromettre la pérennité même du cheptel.Les indemnités versées par l’État dans ce cadre ne sont pas assimilables à des revenus d’activité, elles constituent une compensation, destinée à réparer la perte d’un actif productif. Elles ne remplacent ni un revenu ni un bénéfice professionnel, elles dédommagent un préjudice économique direct. En conséquence, ces sommes ne sauraient être soumises à la CSG ou aux autres contributions sociales. Le […]
Quel est l’avis de la commission ?
Nous sommes tous sensibles à la situation des éleveurs contraints de faire abattre leurs animaux. Leur indemnisation constitue une question fondamentale.Votre amendement tend à introduire dans le code de la sécurité sociale des dispositions formulées moins précisément que le droit existant, qui prévoit déjà l’exonération sociale de ces indemnités. En outre, les amendements no 137 et identiques prévoient d’étendre cette exonération pour qu’elle porte à la fois sur la valeur du cheptel en stock et sur celle du cheptel immobilisé.Je vous propose de retirer votre amendement, sinon mon avis sera défavorable.
Quel est l’avis du gouvernement ?
On sait à quel point les abattages massifs sur injonction administrative survenus dans nos territoires à la suite des différentes crises sanitaires ont provoqué une grande souffrance chez les éleveurs. Nous connaissons tous l’engagement de la ministre Annie Genevard sur ce sujet. Il s’agit de circonscrire au mieux l’épizootie de DNC – chaque semaine, les questions au gouvernement nous rappellent l’importance de ce combat qui nous mobilise tous.L’article 10 du PLF pour 2026, dont nous débattrons bientôt, ajuste le régime fiscal des indemnités d’abattage afin qu’elles soient exonérées dans leur totalité. Aujourd’hui, l’exonération est déterminée en fonction de la valeur de remplacement des animaux, laquelle varie selon l’âge et la nécessité de recréer un cheptel. Pour mieux accompagner économiquement les éleveurs, nous proposons une exonération fiscale étendue, dès lors que les animaux […]
(L’amendement no 331 est retiré.)
La parole est à Mme Nathalie Colin-Oesterlé, pour soutenir l’amendement no 1232.
Il s’agit de valoriser le travail et l’engagement des salariés, tout en renforçant la compétitivité de notre économie et l’équilibre de nos finances publiques.L’amendement prévoit d’exonérer de CSG les rémunérations, majorations et éléments de rémunérations dans la limite de 3 500 euros par an. Cette mesure soutiendrait le pouvoir d’achat des salariés qui effectuent des heures supplémentaires, renforcerait l’attractivité de l’activité professionnelle et encouragerait le retour à l’emploi.D’autre part, il tend à porter la durée hebdomadaire du travail à 36 heures. La France se caractérise par une durée annuelle effective de travail inférieure à celle de nombreux pays comparables : elle atteint 1 673 heures, contre 1 790 heures en Allemagne et 1 740 heures au Royaume-Uni. Augmenter d’une heure la durée hebdomadaire du travail représenterait un volume de travail supplémentaire de 2,5 % par […]