Séance du 10 décembre 2025 — 89e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Tours 201 à 400 sur 678 — page 2 / 4.
Mais vous parlez bien mal de cette guerre à nos concitoyens, et la multiplication des propos va-t-en-guerre n’est pas à la hauteur de la situation. Ne croyez pas que les Français qui s’émeuvent de ces propos bellicistes soient des capitulards.
Et vous, vous croyez vraiment à ce que vous dites ?
Ce sont des citoyens inquiets pour l’avenir de leurs enfants ; ils ne comprennent pas les discours que vous leur tenez sur les guerres de demain. Malgré huit décennies de paix, nous ne pensons pas que la nation française et son peuple aient perdu le sens de la guerre.Je viens d’ailleurs, pour ma part, d’un territoire qui connaît bien la guerre. Ce territoire, la Marne, que je partage avec vous, madame la ministre des armées, a bien connu le prix des guerres d’hier ; il connaît aussi le prix des guerres de demain, celles qui se préparent dans nos camps de Champagne, à Mailly, à Mourmelon ou à Suippes – permettez-moi d’en saluer ici les officiers, les sous-officiers et les soldats.Non, les Français n’ont pas perdu le sens de la guerre, mais ils ne comprennent pas vos discours car jamais il n’existera de guerre menée pour et par l’Union européenne. Un peuple ne se résout jamais à la guerre […]
Exactement !
…et l’Europe, terre de civilisation, de culture et de solidarité, ne sera jamais, quoi que vous puissiez en dire, une nation. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)
Eh oui !
Quand on meurt au champ d’honneur, on ne meurt jamais que pour son pays et, à travers lui, pour les valeurs qu’il porte.
Dites ça aux Anglais !
Et aux Américains !
Sur les monuments aux morts de nos villages, on ne lit pas « Morts pour l’Europe » mais « Morts pour la France » ! (Mêmes mouvements.) Si les pays frontaliers de la menace russe sont aujourd’hui les pays les plus mobilisés, ils ne le sont pas en tant qu’Européens ; ils le sont en tant que Lettons, Lituaniens, Estoniens, Polonais ou Moldaves, peuples déterminés par leur histoire et par leur géographie. Et si nous sommes à leurs côtés, c’est en tant que Français, car nous sommes leurs alliés, pour défendre nos libertés et, surtout, pour défendre la civilisation que nous partageons ! (« Bravo ! » sur les bancs du groupe RN.) Mais encore faut-il affirmer collectivement cette civilisation et ces libertés, plutôt que de laisser l’Europe se confondre avec la vacuité d’une technocratie autocratique à laquelle personne, sur ce continent, ne s’identifie. Personne ne mourra jamais pour la défense […]
N’importe quoi !
Le tropisme bruxellois condamne à l’impuissance. Dans une démocratie, la guerre nécessite le consentement du peuple, qui veut savoir pourquoi il se bat et savoir qu’il se bat pour son pays. De quoi notre continent a-t-il donc besoin pour se défendre ? Il a besoin de ses peuples, il a besoin de ses nations. Pour dissuader la Russie, nous devons embarquer avec nous les peuples d’Europe et non organiser la défense de l’Europe malgré eux, sans eux, contre eux. Rien ne nous condamne à commettre, dans le domaine de la défense, les erreurs commises par l’Union européenne dans tous les autres domaines.Il faut donc combattre sans relâche le saut fédéraliste qui nous conduirait à la mise sur pied d’une armée européenne, dont la première conséquence serait la relégation mécanique de l’armée française. En la matière, les ambitions d’Ursula von der Leyen, ancienne ministre allemande des armées, sont […]
Très juste !
Après avoir dépouillé les vieilles nations d’Europe de la plupart de leurs attributs de souveraineté, l’accaparement illégitime de la souveraineté militaire viendrait parachever notre intégration au Léviathan bruxellois. (Exclamations sur les bancs des groupes EPR et Dem et sur quelques bancs du groupe SOC.)
Quelle diatribe ! On dirait du Gollnisch !
Vous nous direz que la voix de la France s’opposera à toute perspective d’armée européenne, quand bien même cette perspective est la conséquence logique du fédéralisme forcené intrinsèque au macronisme. Vous nous direz que personne n’a ce projet et que notre souveraineté sera préservée, mais permettez-nous de ne pas accorder de crédit à votre promesse ! Il nous avait été promis que notre souveraineté industrielle serait défendue ; elle a été sacrifiée.
C’est faux !
C’est complètement vrai !
Il nous avait été promis que notre souveraineté énergétique serait défendue ; elle a été sacrifiée.
C’est faux ! (« C’est vrai ! » sur les bancs du groupe RN.)
Il nous avait été promis que notre souveraineté alimentaire serait défendue ; elle s’apprête à être sacrifiée. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)
C’est faux ! (« C’est vrai ! » sur les bancs du groupe RN.)
Alors permettez-nous de préférer les actes aux promesses et de placer nos espérances dans l’alternance qui vient plutôt que dans votre gouvernement.Si demain l’armée française devait devenir le contingent français d’une armée européenne, si demain, l’intégration industrielle de la BITD européenne devait nous rendre dépendants de la Commission européenne, alors la souveraineté française aurait vécu.Vous pourrez investir tous les milliards, vous pourrez améliorer toutes les trajectoires budgétaires, si ce combat est perdu, l’armée française aura vécu. Or notre armée est consubstantielle à notre nation. Elle a accompagné toutes les étapes de son affirmation, elle a partagé toutes ses épreuves et toutes ses gloires. La nation française s’est en effet affirmée dans les rangs de l’armée de Charles V puis à l’ombre de la bannière de Jeanne d’Arc. Elle s’est illustrée dans toutes nos victoires […]
Aux adultes aussi !
…et surtout, préservons notre souveraineté militaire face aux appétits d’usurpation de l’Union européenne. Chaque recul de notre armée est un recul de notre nation et si l’armée française ne devait plus être demain qu’un contingent, la nation française ne serait plus qu’une région. Alors, pour que vive la France, vive l’armée française ! (Les députés des groupes UDR et RN se lèvent pour applaudir.)
Vive la République !
La parole est à Mme Marine Le Pen.
Vous avez sollicité la tenue de ce débat, qui sera suivi d’un vote. Son objet, j’y reviendrai, est officiellement d’obtenir un accord de l’Assemblée sur l’augmentation du budget de nos armées en 2026. Vous comprendrez donc, monsieur le premier ministre, que pour répondre à votre question, il est indispensable de prendre du recul et de donner à nos compatriotes, malgré votre intervention, des éléments d’appréciation que vous auriez omis.Depuis la loi de programmation militaire 2019-2025, il est indéniable qu’un effort majeur a été entrepris pour augmenter le budget de la défense. C’est d’ailleurs l’une des rares politiques que l’on peut mettre à l’actif du président de la République. Et cela d’autant plus que nos forces armées, dans tous les domaines, avaient atteint un niveau de déréliction qui entravait jusqu’à leur fonctionnement courant.Certaines urgences ont donc été traitées depuis […]
Où avez-vous vu ça ?
…car elle fait peser des risques majeurs sur notre souveraineté.Tout était d’ailleurs contenu dans le discours de la Sorbonne de septembre 2017. Depuis cette date, Emmanuel Macron n’a eu de cesse d’encourager l’ingérence des institutions européennes dans notre politique de défense. Il appelait même, voilà huit ans, à ce que l’Union européenne soit dotée à l’horizon 2030 d’un « budget de défense commun ».En faisant cela, Emmanuel Macron a encouragé et suscité une violation par la Commission des sacro-saints traités, qui excluent toute intervention européenne dans les questions de défense. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
Fake news !
Rien, depuis 2017, n’a semblé arrêter cette dérive. Sur le plan budgétaire, d’abord, plusieurs dispositifs européens ont été créés et financés directement, non pas par des crédits supplémentaires mais sur l’enveloppe de notre loi de programmation militaire. Pour ne citer que deux exemples, 8 milliards d’euros ont été décaissés pour le Fonds européen de défense et 17 milliards ont été prévus pour la Facilité européenne pour la paix, montants abondés en amputant nos armées de milliards d’euros dont elles avaient un impérieux besoin.Je passe sur le fait que ces enveloppes, prétendument européennes, ont servi dans leur immense majorité à financer l’achat de matériels extra-européens, le plus souvent américains.
C’est faux !
Amputer les budgets de défense nationaux pour construire une souveraineté européenne consiste donc en réalité à financer les industriels américains, coréens ou israéliens. Cela demandait beaucoup d’imagination mais vous l’avez fait ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)J’ai entendu vos propos sur la préférence européenne, monsieur le premier ministre, mais Mme von der Leyen, quant à elle, ne vous a pas entendu – voire ne vous a pas écouté, elle qui a annoncé avoir accepté l’achat massif d’armement américain dans le cadre d’un accord léonin passé avec le président Trump ! (Mêmes mouvements.)Pendant ce temps, les rapports publics se sont multipliés pour sonner l’alarme sur l’état des matériels français, leur nombre, leur disponibilité, et sur l’état dramatique de nos stocks de munitions, sans aucun vote des Français puisque ces décisions ont été prises dans le silence […]
Encore une fake news !
La deuxième donnée que nous nous devons de porter à la connaissance des Français est l’état réel du budget du ministère des armées. Je veux parler, bien sûr, des insuffisances désormais établies de la loi de programmation militaire 2024-2030, votée à l’été 2023.La LPM 2024-2030, vous la connaissez, c’est vous qui l’avez faite. Ses insuffisances évidentes, et surtout son insincérité, ne doivent pas vous être étrangères. Ce texte, et je l’assume parfaitement compte tenu du contexte géopolitique, notre groupe l’avait voté, sans enthousiasme ni même conviction, mais parce qu’il était de notre devoir, vis-à-vis des armées, de nos industriels, des Français, de doter la nation d’une trajectoire claire de remontée capacitaire.Et de fait, vous nous aviez expliqué, monsieur le premier ministre, que les limites apparentes de la LPM seraient comblées par des crédits supplémentaires votés chaque […]
Il ne fallait pas la voter ! Nous, on a voté contre !
…doit être réabondée pour être soutenable sur le plan budgétaire. Cet effort soi-disant supplémentaire de 3,5 milliards d’euros est au moins pour moitié dédié au renflouement du budget du ministère des armées aujourd’hui en grande difficulté. Et il ne permettra que pour une faible part des investissements nouveaux. Voilà la réalité. Cela aussi, vous le savez.Monsieur le premier ministre, je vais être encore plus claire. Cette assemblée sans majorité, c’est vous, partis du système, de LFI aux Républicains, qui l’avez fabriquée par vos accords électoraux de juin 2024, dans des centaines de circonscriptions. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)Cette assemblée incapable de voter un budget c’est votre création. Dans une démocratie saine, cette situation serait tranchée par un retour aux urnes, pour redonner une majorité claire et un cap à la nation. Vous n’avez pas fait ce […]
Ils vous ont déjà déjugée trois fois ! Voyons ce que dira le juge, à présent.
Les Français, aujourd’hui, n’ont pas besoin de votes fantoches, encore moins d’une mise en scène de la démocratie. Ils ont besoin de votes réels, effectifs, c’est-à-dire de nouvelles élections législatives au service du redressement de notre pays. Le vote et la délibération démocratique ne sont pas des hochets.Nous ne dévierons pas de notre cap : il est temps de rendre la parole, véritablement, aux électeurs, pas de noyer le déni de démocratie que vous opérez, en refusant d’organiser de nouvelles élections législatives, dans la mise en scène de votes dépourvus de tout effet. Voilà notre seul objectif, voilà notre seule boussole.Monsieur le premier ministre, pour nos soldats, pour nos armées, pour nos industriels, pour notre souveraineté, nous voterons pour ce texte, mais il aura été dit ici, et de la manière la plus claire qui soit, que nous ne sommes dupes de rien. (Les députés des […]
Tout a été dit, bravo Marine !
La parole est à M. Yannick Chenevard.
Le territoire est l’élément matériel de l’État, l’âme en est la souveraineté, selon Hugo Grotius, juriste, dont l’œuvre, Mare liberum, a influencé notre droit de la mer.La Géorgie en 2008, la Crimée en 2014, et le reste de l’Ukraine en 2022 : avec une économie de défense représentant 40 % de son PIB, la Russie produit plus d’armement qu’elle n’en a besoin pour sa guerre actuelle. Qui peut croire qu’elle s’arrêtera là ? Quelle sera sa prochaine victime ?La Chine dispose aujourd’hui de la plus grande marine du monde. Elle essaie de faire de la mer qui porte son nom un lac lui appartenant. Elle aligne soixante sous-marins et trois porte-avions actuellement – elle en disposera de six en 2035 : qui peut croire que la montée en puissance de son armée et, singulièrement, de sa marine sert à son autodéfense ?Depuis plusieurs années les États-Unis font basculer leurs forces en Asie. Cette zone […]
Très bien !
C’est ce que nous avons fait ; nous devons poursuivre dans cette voie. La représentation nationale doit aux hommes et aux femmes qui servent dans nos armées, parfois jusqu’au sacrifice ultime, d’augmenter nos dépenses de défense de 6,7 milliards d’euros.L’accélération de la dégradation de la situation internationale évoquée au début de mon intervention nous oblige à une mise à jour de la programmation militaire. Il conviendra peut-être de réaliser plus tôt certaines acquisitions ou programmes initialement prévus dans la prochaine LPM. Dans l’armée de terre, cela signifie acheter des lance-roquettes multiples (LRM), accroître les stocks de munition, augmenter le nombre d’heures d’entraînement, y compris pour les équipiers de chars, accélérer la « scorpionisation » des régiments, commander des fusils HK en nombre plus important.Dans l’armée de l’air et de l’espace, cela implique […]
Excellente référence !
Rédigées en 1943, elles évoquent la débâcle de 1940 et les efforts à entreprendre pour se ressaisir : « Notre communauté est déjà sensible. Il nous faudra certes l’exprimer pour rallier à elle. Ceci est effort de conscience et de langage. Mais il nous faudra aussi pour ne rien perdre de sa substance, nous faire sourds aux pièges des logiques provisoires, des chantages et des polémiques. Nous devons, avant tout, ne rien renier de ce que nous sommes. » (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem. – M. Jean-Louis Thiériot applaudit également.)
La parole est à M. Bastien Lachaud.
Le monde est au bord du gouffre ! Avec la fin de la mondialisation néolibérale, le système capitaliste est en proie à des convulsions permanentes. Le dérèglement climatique accélère les tensions. La loi du plus fort devient la norme. Les sociétés se fracturent. Les États se dressent les uns contre les autres. La compétition économique toujours plus impitoyable se mue en affrontement, d’abord larvé, puis armé.L’ordre international tel que nous l’avons connu après la fin de la guerre froide n’est plus qu’un souvenir. Les vieilles puissances déclinent tandis que de nouvelles s’affirment. Les États-Unis répondent à l’émergence de la Chine par une politique toujours plus hostile. Partout, les tensions s’accumulent et les conflits s’allument.Alors que le spectre d’un embrasement généralisé plane sur le monde, faute d’une vision, vous laissez la France glisser, sûrement et toujours plus […]
Oui, nous l’avons lue !
Soutien à tous les mouvements d’extrême droite, vassalisation de l’Union européenne, alliance avec le régime de Vladimir Poutine, guerre contre la Chine : voilà l’horizon des États-Unis. Quand ouvrirez-vous enfin les yeux ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Le réveil stratégique européen dont nous parle depuis des années le président Macron n’est en aucun cas une alternative : l’Union européenne répète inlassablement que l’alliance avec les États-Unis est son horizon indépassable ! Ainsi, vous nous enfermez dans un système où nos engagements militaires, nos choix industriels et même nos budgets de défense sont dictés par des injonctions extérieures.
C’est incroyable !
Au moment même où le monde glisse vers l’affrontement, vous privez la France de la seule ressource qui pourrait la protéger : son indépendance. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Depuis deux ans, vous répétez, martelez et imposez dans le débat public une rhétorique belliqueuse qui obscurcit les esprits et ouvre la voie au scénario du pire. Vous parlez de « réarmement massif », de « nation menacée », de « conflit imminent avec la Russie ».
Eh oui !
Vous allez jusqu’à faire dire au chef d’état-major des armées qu’il faudrait « accepter l’idée de perdre [nos] enfants »…
Quelle honte !
…et vous persévérez avec votre tout nouveau service national volontaire, bâclé et sans moyens. Au début du siècle précédent, on appelait cela le « bourrage de crâne », soit de la propagande pure et simple. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)
Et la seconde guerre mondiale ?
Cette rhétorique de l’urgence et de l’effroi a pour fonction de sidérer les esprits, d’empêcher toute réflexion, de réduire les oppositions au silence et d’accréditer l’idée que la fuite en avant militariste serait la seule réponse possible et crédible aux défis du monde. En agissant ainsi, vous confisquez et vous faussez le débat démocratique.
Justement, nous débattons !
Nous n’avons pas à craindre une guerre conventionnelle avec la Russie. Nous sommes une puissance dotée de l’arme nucléaire. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) La Russie ne nous attaquera pas sans craindre l’abîme, le chaos et la destruction.
Exactement !
Votre discours sur la guerre à venir affaiblit la France et sa capacité de dissuasion. C’est une prophétie autoréalisatrice : à force d’asséner que la guerre va advenir, que rien ne peut l’empêcher, on finit par ne rien faire pour l’empêcher. Et on l’obtient.
Vous n’avez rien appris de l’histoire !
Vous ne cessez d’affirmer : qui veut la paix, prépare la guerre. Rien de plus faux. Si l’on veut la paix, on prépare la paix par tous les moyens possibles ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) La guerre n’est jamais une fatalité : c’est toujours un choix politique. Notre peuple n’en veut pas et nous devons tout faire pour l’empêcher.Pendant que vous vous gargarisez de formules martiales, vous ne préparez pas sérieusement notre défense à affronter les défis de demain.
Ah bon, il y a donc des défis ?
Vous parlez d’économie de guerre, mais ce sont des mots aussi ronflants que creux. Il n’y a rien de concret derrière ces termes puisque vous laissez partir nos actifs stratégiques à l’étranger : Atos, ArcelorMittal, Vencorex et plus de 1 600 autres entreprises françaises passées sous pavillon états-unien en dix ans. Aucun pilotage. Aucune stratégie. Aucune réflexion. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Votre prétendue économie de guerre n’est donc qu’un prétexte pour préparer les esprits à l’idée qu’il faudrait se serrer la ceinture afin de financer la défense de la France. Vous justifiez ainsi vos politiques d’austérité et de casse sociale mais aussi vos erreurs de programmation, vos impréparations, vos renoncements.Car, pendant que vous dramatisez la situation, vous évitez soigneusement le véritable débat sur la question essentielle : l’état réel du budget de la défense […]
Eh oui !
Quand renoncerez-vous au Scaf ?Votre modèle est absurde. Derrière votre rhétorique martiale, il n’y a qu’une série d’échecs, d’abandons et d’aveuglements et, au bout du chemin, la détérioration de notre outil militaire et l’abaissement de la France,…
Quel sens de la nuance !
…l’impuissance face à la montée des tensions dans le monde et le risque d’une conflagration irréparable.Il faut tout changer pour restaurer nos capacités de défense et la souveraineté de notre patrie, pour construire la coopération internationale et la paix,…
Donc vous êtes pour ou contre la coopération ?
…pour prévenir le pire.Tout changer, c’est d’abord gouverner en fonction des besoins et donc en finir avec votre politique dictée par les injonctions extérieures, les effets d’annonce ou les lubies présidentielles. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Il faut partir du réel, c’est-à-dire s’interroger sur les moyens dont nos armées doivent être dotées pour protéger efficacement notre pays et sa population.Pour défendre notre territoire, il faut une vision d’une tout autre ampleur que l’inventaire improvisé que vient de nous livrer le premier ministre. Il ne suffit pas d’ajuster à la hâte notre programmation militaire. Il faut reconstruire une souveraineté d’ensemble : économique, industrielle, technologique et diplomatique.
Oui, il faut avoir une vision !
Un pays qui ne maîtrise plus sa production, laisse filer ses actifs stratégiques et dépend de puissances étrangères pour ses technologies vitales ne peut prétendre à une stratégie autonome. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Or c’est à cet état de dépendance et d’abaissement, auquel nous voulons mettre fin, que conduit votre politique.Il faut planifier notre outil industriel, rééquilibrer les rapports entre les secteurs public et privé et orienter l’économie et la production vers l’intérêt général. Nous avons besoin d’un grand plan de souveraineté, seul à même de redonner à la France les moyens de décider elle-même de son destin et ainsi d’éviter d’être entraînée dans les logiques de confrontation entre blocs opposés. (Mêmes mouvements.)Pour atteindre ces objectifs, il faut aussi rompre avec les structures d’alliance actuelles qui nous alignent, nous contraignent et […]
La situation, aujourd’hui, c’est plutôt les années 1930 que 1914 !
Il disait : « Pour résister à l’épreuve, il faut des nerfs d’acier ou plutôt il faut une raison ferme, claire et calme. » Retenons aujourd’hui la leçon. Ne cédons pas aux solutions simplistes, à la panique, à l’emballement guerrier. Faisons mieux !
Les socialistes avaient rejoint le gouvernement d’union sacrée en 1914 !
Si la France doit avoir les moyens de sa défense, c’est pour mieux être indépendante et non-alignée, pour mieux œuvrer à l’équilibre entre les nations et à la paix entre les peuples, pour mieux servir l’intérêt général de l’humanité. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir.)
La parole est à Mme Anna Pic.
Les grands équilibres géopolitiques des quatre-vingts dernières années disparaissent sous nos yeux et, avec eux, le multilatéralisme construit au sortir de la seconde guerre mondiale. Les institutions internationales et la construction européenne avaient fait naître l’espoir d’un monde où les règlements des conflits ne passeraient par les armes qu’à la marge. Or il nous faut nous rendre à l’évidence : nous assistons au retour de l’agressivité des grandes puissances ; le commerce et les échanges ne suffisent pas à la pacification du monde.La nouvelle conflictualité à laquelle nous sommes confrontés présente la caractéristique d’être protéiforme. Nous avons tous en tête les terribles images du front ukrainien, de ces canons, chars et missiles. Le grand public est nettement moins accoutumé aux menaces hybrides qui, d’une certaine manière, ont toujours existé mais sont de plus en plus […]
La parole est à M. Jean-Louis Thiériot.
Le 15 mars 1935, dans cet hémicycle, conseillé par celui qui n’était alors que le lieutenant-colonel de Gaulle, Paul Reynaud appelait, en vain, à la constitution du corps de bataille blindé qui nous a tant fait défaut en 1940. Il lançait à nos lointains prédécesseurs cet avertissement solennel en citant le chef du parti conservateur anglais s’exprimant à la Chambre des communes : « Je crois à la démocratie ; mais je crois aussi qu’elle doit être capable d’assumer ses responsabilités. » Et il ajoutait : « Messieurs, la responsabilité non pas du détail, mais de la direction générale de notre politique militaire, nous n’avons pas le droit de la passer à d’autres épaules. »C’est aujourd’hui à notre génération de relever le gant et de ne pas faire les mêmes erreurs. C’est à nous qu’il appartient de donner à notre pays l’armée de sa politique.Il n’est pas d’action sérieuse sur un outil […]
Absolument !
Je m’adresse avec gravité à ceux qui, par petit calcul politique, accusent le chef d’état-major de jouer avec les peurs. La France n’est pas la seule à le dire – écoutez les Baltes, les Polonais, les Danois ou encore les Allemands. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes DR, EPR et Dem.)
C’est vrai !
Absolument !
Sergueï Karaganov, stratège du Kremlin, a déclaré, comme on peut le lire dans la revue Le Grand Continent : « Cette guerre a déjà commencé. Simplement nous ne l’appelons pas encore ainsi. Notre véritable adversaire est bien l’Europe […]. »Bien sûr, la géographie commande. Peut-être ne sommes-nous pas en première ligne. Nous subissons des attaques hybrides – certaines ont déjà commencé. Il nous appartient d’éviter que cette drôle de paix ne se transforme en véritable guerre, à moins que l’on considère que la solidarité européenne et les traités, de l’Atlantique ou de l’Union européenne, sont des chiffons de papier.La défense de l’Est et la volonté de préserver une Ukraine indépendante, puissante et libre constituent la première de nos priorités en la matière.Nous sommes ensuite confrontés à une menace à 360 degrés. Il serait en effet absurde de nous focaliser sur le flanc est et […]
Excellent !
C’est pour cela, monsieur le premier ministre, que nous avons voté deux lois de programmation militaire. Vous aviez accepté que soit posé le principe suivant lequel il s’agissait d’un minimum susceptible d’être réévalué. C’est dans la suite de cette position de principe que s’inscrit la surmarche annoncée le 13 juillet.
Bravo !
Nous avons besoin de davantage de moyens pour l’activité opérationnelle, pour le renforcement de nos stocks de munitions bonnes de guerre, pour la défense surface-air (DSA), pour la trame drone, pour la guerre électronique ou encore pour la défense opérationnelle du territoire.Alors, bien sûr, nous soutiendrons cette accélération, qui n’est qu’une étape. Lors de l’actualisation de la LPM, il faudra faire des choix. Sans anticiper sur ce débat, dans le cadre de l’européanisation de l’Otan, notre priorité doit être de développer les strategic enablers – les facilitateurs stratégiques – pour la mobilisation desquels nous dépendons des capacités américaines. À ce titre, il est primordial de développer des capacités de frappe balistique conventionnelle dans la profondeur susceptibles de témoigner d’une volonté politique sans nous faire courir le risque de perdre des avions et des pilotes. La […]
Bravo !
Notre groupe y prendra toute sa part.À l’heure d’achever, je nous invite à méditer ces mots d’Henri de Kérillis, un des rares parlementaires de droite à avoir refusé les accords de Munich. Ici même, il avait lancé : « Avant ma classe sociale, il y a la France. […] Avant notre régime politique, il y a la France. Avant toutes mes préférences idéologiques, il y a la France. » Mes chers collègues, nous en sommes là. À nous d’être à la hauteur. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR et sur plusieurs bancs des groupes EPR, Dem et HOR.)
La parole est à M. Damien Girard.
Le groupe Écologiste et social souhaite que notre pays construise une architecture de sécurité globale qui prenne en compte les menaces asymétriques et l’exigence de lutte contre les ingérences étrangères, alors qu’en Europe et dans cet hémicycle, l’extrême droite est l’instrument qu’emploient Vladimir Poutine et Donald Trump pour nous affaiblir. Elle doit impliquer les entreprises de la BITD, base dont la solidité dépend directement des travailleuses et des travailleurs, qu’il faut associer à cette construction. Elle doit enfin faire de notre modèle social et de la transition écologique une force pour la robustesse de notre pays et la cohésion de notre peuple.Ces orientations exigent de faire des choix. Notre pays ne peut pas tout, mais il peut beaucoup, en décidant d’une stratégie cohérente, pensée pour le long terme. Face aux impérialismes russe, américain et chinois, notre choix est […]
Il a raison !
Monsieur le premier ministre, vous nous interrogez sur le futur de notre armée. Je vous confirme que nous pourrions approuver une hausse du budget des armées si des garanties précises étaient offertes quant à ses objectifs. Car oui : notre armée a besoin de moyens pour être en mesure de projeter au moins une division, relevable après six mois, afin de soutenir nos alliés européens. Notre armée a besoin de moyens pour porter à dix-huit son format de frégates de premier rang, quitte à financer cet effort en s’appuyant sur une production de coques blanches qui permette leur exportation. Notre armée a besoin de moyens pour fournir aux unités de véritables enveloppes de subsidiarité qui autorisent l’adaptation la plus efficace possible aux difficultés rencontrées par nos soldats.À cet égard, nous ne comprenons pas l’annonce unilatérale faite par le président de la République de […]
Ce n’est pas le sujet !
Pour le groupe Écologiste et social, la réserve constitue le principal levier à actionner pour renforcer massivement la défense de notre territoire et resserrer le lien armée-société. Nous attendons donc des engagements concrets : nos réservistes doivent être rémunérés sans retard, disposer d’un paquetage individuel complet et bénéficier d’une gestion des ressources humaines qui les valorise plutôt que de les cantonner aux tâches qui rebutent les militaires professionnels.De même, la hausse budgétaire dont nous débattons doit être l’occasion pour l’État de resserrer le pilotage stratégique de ses industriels. Je pense au Scaf, le système de combat aérien du futur, dont le développement doit aboutir malgré les difficultés de coopération. Je pense aussi à la Fonderie de Bretagne, dont les promesses de reprise par Europlasma tardent à se concrétiser, tant en termes de commandes que […]
Il faut faire des économies sur le train de vie de l’État !
L’adoption de la taxe Zucman par notre assemblée durant la dernière niche du groupe Écologiste et social démontre qu’il est juste et possible d’emprunter cette voie. Donnons l’occasion à nos grandes fortunes de démontrer leur patriotisme en contribuant à la solidarité nationale,…
C’est déjà le cas !
…alors que notre cohésion et notre souveraineté sont menacées.Vous nous posez une question volontairement floue. Vous ne nous offrez pas de garantie solide sur l’usage des dépenses qui seront engagées. Vous ne nous permettez pas d’articuler la question de la défense nationale avec le débat budgétaire dans son ensemble.Le groupe Écologiste et social s’abstiendra donc de voter sur cette déclaration.
Oh !
Nous réservons nos efforts et nos suffrages au véritable débat parlementaire qui aura trait à l’actualisation de la LPM. À cette occasion, le gouvernement devra tenir compte des demandes du Parlement s’il souhaite sincèrement bâtir un consensus de sécurité nationale. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)
La parole est à M. Christophe Plassard.
Comme l’ont indiqué plus tôt M. le premier ministre et notre collègue Loïc Kervran, qui appartient comme moi au groupe Horizons & indépendants et siège à la commission de la défense, l’heure est grave. On ne peut plus affirmer que la guerre est aux portes de l’Europe car elle est déjà sur notre sol : nous subissons des attaques hybrides et coordonnées. Ces attaques répondent à deux objectifs clairs : fracturer et affaiblir notre société ; tester nos limites. Dernier exemple en date : le survol de la base de l’île Longue par des drones. Si aucun soldat n’est entré par effraction sur notre territoire, les provocations sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus inquiétantes.Le chef d’état-major des armées a lancé récemment un appel à la lucidité, glaçant mais implacable : le meilleur moyen de garantir la paix est de nous préparer à nous défendre face à un choc qui pourrait arriver […]
La parole est à Mme Estelle Youssouffa.
Vous avez évoqué les territoires d’outre-mer, monsieur le premier ministre, et je tiens à vous exprimer mon inquiétude sur l’orientation prise par notre pays sur cette question. Car s’il est bien sûr nécessaire de renforcer notre posture face aux défis de sécurité auxquels est confronté l’Hexagone, la nature des menaces qui pèsent sur les territoires d’outre-mer est fondamentalement différente, immédiate et insuffisamment prise en compte. Comme l’affirme désormais sans détour la revue nationale stratégique de 2025, ces derniers revêtent une dimension stratégique essentielle, non seulement pour leur propre sécurité mais aussi pour celle de l’Hexagone. Les moyens dédiés doivent donc être à la hauteur : il s’agit ainsi de financer une défense sans avoir à arbitrer entre l’Hexagone et l’outre-mer.Vous avez évoqué la guerre hybride, caractérisée outre-mer par une contestation quotidienne de […]
Très bien !
…nos frères, nos sœurs, nos pères, nos enfants qui sont engagés, ceux de l’Hexagone, ceux de l’outre-mer, ceux qui ont répondu présents pour aider Mayotte après le passage du cyclone Chido. (MM. Elie Califer et François Cormier-Bouligeon ainsi que Mmes Marie Récalde et Natalia Pouzyreff applaudissent.)
La parole est à Mme Natalia Pouzyreff.
Le prochain budget de la défense nationale est d’une nécessité impérieuse afin de servir nos armées dans un contexte stratégique particulièrement dégradé. Les lois de programmation militaire impulsées par le président de la République depuis 2017 nous engagent dans une dynamique de remontée en puissance. Tout recul s’agissant des marches et surmarches prévues en 2026 à hauteur de 6,7 milliards d’euros, conformément à la trajectoire planifiée, détruirait la cohérence d’ensemble entre notre modèle d’armée et le réarmement de la France.Les entreprises du secteur de la défense, des grands groupes industriels aux PME, irriguent l’activité et l’emploi dans nos territoires ; elles représentent ainsi plus de 200 000 emplois. Renforcer l’outil de production passe par l’adoption du prochain budget de la défense, qui apportera la visibilité attendue par la base industrielle et garantira le flux de […]
Ça m’aurait étonné !
Je ne souscris pas davantage aux propos défaitistes de Jean Luc Mélenchon.
Tous deux sont une honte pour la France !
Ainsi, la France doit être à la hauteur des engagements pris en matière de défense et contribuer au réarmement de l’Europe, notamment à travers de multiples programmes conjoints avec nos partenaires européens. Le mécanisme d’achat sur étagère d’armements américains dans le cadre de la Purl, ou Priority Ukraine Requirements Lists – la liste des besoins prioritaires de l’Ukraine –, n’est pas un modèle souhaitable pour l’avenir de l’industrie en Europe. Voilà tout l’enjeu de gagner en autonomie stratégique et en souveraineté industrielle afin de ne plus dépendre des technologies américaines et chinoises. La France doit conserver son rôle moteur dans la structuration de l’Europe de la défense.L’augmentation graduelle des dépenses de défense déterminera à long terme, et même pour les générations à venir, la place de la France dans le monde et contribuera à notre indépendance nationale ainsi […]
Bravo !
La parole est à Mme Marie Récalde.
Dans ce monde où les crises s’accélèrent et se superposent, où le recours à la force est de plus en plus désinhibé, où le droit international ne suffit plus à garantir l’équilibre et où les enjeux climatiques, énergétiques et commerciaux s’additionnent, notre position ne souffre aucune ambiguïté : nous voulons la paix, une paix qui garantisse la liberté des peuples, notamment en Ukraine, une paix qui protège les démocraties partout dans le monde. Mais mesurons l’urgence de la situation car l’invasion russe en Ukraine et la rupture américaine confirmée le 5 décembre dernier depuis Washington par l’administration Trump nous imposent de prendre véritablement en main notre propre sécurité. Nos partenaires ne s’y trompent d’ailleurs pas : hausse sans précédent des budgets militaires, rétablissement de formes de service national, mobilisation des sociétés civiles… Tout témoigne d’un […]
Très bien !
Alors que nos alliés livrent des matériels neufs et financent leur production industrielle avec l’appui de programmes comme Safe, la France figure parmi les États membres de l’UE qui n’y ont pas eu recours pour aider l’Ukraine. Nos industries de défense, en particulier les PME, sont en attente de telles commandes.En tout état de cause, en cas de déploiement militaire de nos forces en Ukraine, nous réclamerions un débat suivi d’un vote – mais tel n’est pas le sujet aujourd’hui. Nous en sommes à l’heure des arbitrages et sommes tous conscients du besoin d’accélérer l’effort budgétaire. Toutefois, cette réflexion ne saurait aller seule. Il est également légitime de s’interroger sur l’équilibre entre la nécessaire montée en puissance de notre défense et la sauvegarde de notre modèle social. Je ne doute pas que vous clarifierez ce point.Dans des mots qui résonnent encore aujourd’hui […]
La parole est à Mme Valérie Bazin-Malgras.
La stratégie de défense nationale que nous examinons engage profondément notre pays, à un moment où plus de 200 000 militaires d’active et près de 47 000 réservistes opérationnels constituent le premier outil de souveraineté de la nation. Pourtant, ce socle humain est soumis à une pression opérationnelle croissante, avec un spectre d’engagements toujours plus large allant des opérations extérieures à la cyberdéfense en passant par la posture permanente de sécurité. Cela montre que la question des moyens humains est au cœur de notre capacité à assurer durablement la sécurité du pays.Il apparaît dès lors essentiel d’examiner avec précision la manière dont la montée en puissance humaine peut être accompagnée, car elle ne peut être envisagée sans une réflexion approfondie sur les capacités techniques et opérationnelles nécessaires. Plusieurs points exigent un éclairage précis. Cela commence […]
Eh oui !
Cela invite à s’interroger sur la manière dont le gouvernement entend expliquer aux Français la nature des menaces qui pèsent sur eux, préparer – sans alarmisme mais sans déni – la société à la résilience et articuler les efforts militaire, industriel et civique dans une stratégie cohérente.Les femmes et les hommes qui portent l’uniforme s’engagent chaque jour au service de la nation, dans la discrétion et avec une totale abnégation, ce qui implique une stratégie humaine claire, assumée et durable car la représentation nationale ne peut se contenter d’intentions. Elle doit disposer d’une vision complète des effectifs ainsi que de la formation, des conditions d’engagement et des perspectives offertes à celles et ceux qui se dévouent pour la France. En effet, l’avenir de notre défense tient non aux seuls équipements mais à la fierté, au courage et à l’engagement sans faille des hommes et […]
La parole est à Mme Catherine Hervieu.
Nous sommes réunis pour débattre de notre vision de l’avenir de la France et de l’Europe. Le groupe Écologiste et social partage pleinement le constat sur les menaces : l’altération du multilatéralisme, l’agression russe en Ukraine, qui bouleverse durablement la sécurité de l’Europe, les ingérences étrangères sur notre territoire et le risque cyber, le retour ou le renforcement des empires américain, russe et chinois, la reconfiguration de nos alliances, en particulier avec les États-Unis au sein de l’Otan et, enfin, les crises climatiques et sanitaires qui s’ajoutent aux crises géopolitiques. Nous évoluons dans un contexte politique où le débat démocratique s’est appauvri, notamment sur la défense, les grands enjeux sociétaux et le changement climatique.Nous constatons l’inquiétude d’une partie de la population et des élus sur la situation du continent européen face aux risques […]
La parole est à M. François Cormier-Bouligeon.
La France veut la paix. L’Europe veut la paix. Les pays baltes et ceux d’Europe orientale la veulent plus encore.
Oui !
Et plus que nul autre, l’Ukraine veut la paix. Mais nous voulons une paix véritable, une paix durable, une paix sûre,…
Au Moyen-Orient aussi !
…une paix fondée à nouveau sur un ordre international garanti par le droit. Nous ne voulons pas d’une paix naïve ou fragile. Quand le pacifisme est à l’Ouest alors qu’à l’Est, jour après jour, grandit l’appétit coupable, belliqueux et meurtrier de l’empire russe de M. Poutine, notre responsabilité est de dire que les démocraties occidentales sont menacées et de prendre les mesures pour nous protéger.Après la chute du mur de Berlin, les États-Unis, la Russie et la Chine ont continué à financer la défense à un haut niveau alors que les gouvernements européens ont désarmé. Ce temps est révolu. La semaine dernière, M. Poutine s’est déclaré « prêt à faire la guerre à l’Europe ». Hélas pour nous, ce n’est pas une surprise. Il veut créer un monstre, mélange de la Russie des tsars et de celle des soviets. Il a déjà vassalisé la Biélorussie et, par deux fois, il a attaqué l’Ukraine, en 2014 et […]
Ni Gaza !
Pour que cette proclamation d’une véritable solidarité européenne ne se résume pas à de vains mots, oui ! nous devons poursuivre et accélérer le renforcement et la modernisation des armées de la France entamés en 2017 par le président de la République, Emmanuel Macron, par ses ministres des armées successifs – que je salue –, par ces armées elles-mêmes – à qui va notre profond respect – et par l’industrie de défense française – que nous saluons, qu’elle soit implantée à Bourges, dans le Cher ou ailleurs sur le territoire.Nous devons poursuivre l’effort déjà consenti par nos concitoyens à travers nous, ici même, à l’Assemblée nationale, avec les deux lois de programmation militaire, d’une ampleur historique, inégalée, que nous avons votées, mon groupe, EPR Renaissance, comme d’autres : 295 milliards d’euros pour la première, exécutée à l’euro près, 413 milliards d’euros pour la seconde […]
La parole est à Mme Olga Givernet.
Le débat que nous tenons aujourd’hui au titre de l’article 50-1 de la Constitution n’est pas qu’une formalité. Il s’agit de rendre lisible et d’acter une décision budgétaire importante : l’augmentation de 6,7 milliards d’euros des crédits de défense. Il convient d’ailleurs de saluer le choix du gouvernement de soumettre cette déclaration à un vote, geste qui renforce la transparence démocratique et l’implication du Parlement.Depuis 2017, la France, sous l’impulsion du président de la République, a fait le choix de reconstruire son outil de défense, avec une progression de 77 % du budget d’ici à 2026. Cet effort n’était pas un choix de confort ; il répond à une réalité stratégique. Cette réalité n’a pas disparu ; elle s’est durcie. La guerre en Ukraine s’inscrit malheureusement dans le temps long : les attaques hybrides contre nos infrastructures européennes se multiplient et notre […]
Et se faire payer ?
La réussite de notre industrie de défense a pour condition la visibilité dans la commande et la constance des efforts de production. Tel est le constat qui ressort des travaux du groupe d’études industries de défense, que je copréside : nos échanges réguliers montrent que l’État, tout comme les financeurs, doit travailler main dans la main avec les acteurs de la BITD, qu’il s’agisse des grands groupes, des PME ou des sous-traitants. La conférence de financement de la défense du 20 mars 2025 à Bercy l’a rappelé : pour tenir la montée en cadence, près de 5 milliards d’euros de fonds propres supplémentaires seront nécessaires. Les industriels ont été clairs : l’heure n’est plus aux intentions, mais à la mise en œuvre.Nous avons en France des filières engagées, innovantes, capables de s’adapter, mais qui demeurent sensibles aux variations budgétaires. Lorsque les crédits tardent, les […]
Pour l’acier, nationalisons Arcelor !
Pour toutes ces raisons, notre groupe, Ensemble pour la République, votera pour la stratégie de défense nationale que vous proposez, monsieur le premier ministre. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)
Bravo, madame Givernet !
La parole est à M. Christophe Marion.
« La paix, la paix, la paix » : au lendemain des accords de Munich, ces mots répétés à l’envi se lisaient dans les yeux de tous les Français et sortaient joyeusement de toutes les lèvres. Pourtant, ce pacifisme qui irriguait une nation encore meurtrie par les séquelles de 14-18 n’a pas empêché une quasi-unanimité parlementaire, dès lors qu’il s’est agi d’augmenter les crédits militaires.Rendons hommage au Front populaire d’avoir soutenu cet effort à travers l’emprunt « Défense nationale » ou la création du futur Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) ! Rendons hommage à la clairvoyance des députés qui, au cœur des sombres années 1930, ont su dépasser les clivages partisans.
Très bien !
Même le Parti communiste vota l’ensemble des crédits du programme Daladier. Les députés qui s’abstinrent le faisaient uniquement par volonté politicienne de s’opposer à Blum, et je sais que nous sommes, aujourd’hui, à l’abri de telles postures, qui ne seraient pas à la hauteur du moment.
Très bien !
Voici, au fond, ce que nous apprend l’histoire de notre pays : on peut vouloir la paix et voter des crédits militaires en augmentation, justement parce que l’on défend la paix, dans un monde devenu instable et dangereux. Bercés par « la fin de l’histoire » de Fukuyama, nous pensions vivre une ère durablement pacifiée, mais chaque jour qui passe ressemble désormais à un réveil brutal – la semaine dernière encore, paraissait la nouvelle national security strategy. Ce réveil conduit à une prise de conscience salutaire qui commence déjà à porter ses fruits : nos voisins augmentent leur effort militaire et le plan ReArm Europe a vu le jour au sein de nos institutions européennes.La France, héritière du général de Gaulle, ne saurait apparaître comme niant l’urgence des défis sécuritaires et géopolitiques. Alors oui, cette surmarche de la LPM est un budget de rupture ! Mais elle est surtout un […]
Bravo !
La parole est à Mme Danielle Brulebois.
Je souhaite d’abord vous remercier, monsieur le premier ministre, de nous consulter sur un sujet aussi crucial que l’augmentation des moyens alloués à nos armées. Cette consultation est d’autant plus importante dans un contexte de débat budgétaire confus, qui a vu certains députés rivaliser d’imagination pour inventer des milliards de nouvelles taxes, annuler des crédits ou créer de nouvelles charges, faisant perdre toute cohérence et tout sens au projet de loi de finances.C’est un moment de vérité qui nous impose de choisir notre camp : pour ou contre un budget pour la France ?
Pour !
Pour ou contre le financement de nos armées ?
Pour !
Ce n’est pas la même chose !
Pour ou contre la protection de notre nation et de ses enfants ?
Pour ! Évidemment pour !
Alors que Donald Trump menace de lâcher l’Ukraine et l’Europe contre laquelle ses diatribes se font de plus en plus violentes, au plus grand bonheur de Vladimir Poutine et alors que certains partis de l’hémicycle conservent leur indulgence à l’égard du Kremlin,…
Eh oui !
Certains sont payés en roubles !
…ce vote mettra au jour les positions de chacun et révélera qui sont les vrais patriotes. Il est en effet indispensable d’augmenter le budget de notre défense pour préserver notre nation du péril le plus grave : la guerre. Alors qu’elle fait rage à nos portes, que les équilibres géopolitiques vacillent, que l’Otan s’affaiblit, que Trump se joint à Poutine pour affaiblir l’Europe et rêve de la vassaliser, nous devons, en tant que représentants de la nation, soutenir sans réserve notre défense nationale. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)La France, nation souveraine et indépendante, doit tout faire pour tenir son rang d’armée la plus puissante de l’Union européenne et pour préserver ses précieux atouts : une armée professionnelle engagée, respectée, technologiquement avancée et dotée d’équipements de pointe, une force navale puissante, une force nucléaire stratégique et un […]
Un excellent président !
…a annoncé le déploiement d’un service militaire volontaire, opérationnel dès 2026. Il renforcera le lien entre la nation et ses armées et offrira aux jeunes volontaires une formation civique et militaire de qualité. Il faut aussi encourager les autres formes d’engagement : la réserve opérationnelle, qui permet à des civils de s’engager aux côtés de nos militaires, ou encore les classes de défense, qui favorisent l’appropriation des valeurs républicaines et développent la culture de l’engagement chez les jeunes. Enfin, l’investissement dans l’industrie de défense, accessible aux particuliers grâce à des fonds spécifiques, est également une forme d’engagement citoyen.Chers collègues, notre responsabilité est claire. Tout renoncement nous mettrait en danger face à ces défis qui touchent à nos intérêts vitaux et à la survie de notre pays. Ce que nous allons voter ne sera pas un effort de […]
La parole est à M. Lionel Vuibert.
Depuis quatre ans, la haute intensité est revenue sur le continent européen et rappelle à la France qu’un pays qui veut rester maître de son destin doit investir durablement dans sa défense. La stratégie engagée, renforcée par la LPM 2024-2030, répond à cette exigence et je la soutiens pleinement. Cet effort doit être maintenu dans les prochains budgets car la défense est un engagement de longue durée qui repose sur nos forces armées, sur nos capacités et sur la vitalité de nos territoires.Cette stratégie a une dimension locale, sur laquelle j’insisterai. Elle existe partout où nos régiments montent en capacité et où nos entreprises s’engagent. Dans les Ardennes, nous le constatons clairement. Depuis deux ans, le 3e régiment du génie bénéficie de cette dynamique, avec l’arrivée d’équipements nouveaux, la modernisation des infrastructures, la consolidation de ses effectifs et […]
Bravo !
La parole est à M. le président de la commission de la défense nationale et des forces armées.
Un excellent président !
Face au retour de la guerre en Europe, à la fragmentation de l’ordre international, à la multiplication des menaces qui se superposent, chacun d’entre nous a conscience de l’importance de nos armées pour nous protéger, préserver notre prospérité, défendre notre liberté et garantir la paix. Face aux nouveaux défis qui s’imposent à nous, la nation doit faire bloc aux côtés de son armée. Et nous, parlementaires, devons plus que jamais agir en responsabilité : il nous appartient d’adopter un budget pour notre défense et d’éviter de porter un coup d’arrêt brutal à notre effort de réarmement.Si nous n’adoptons pas le projet de loi de finances pour 2026, cela se traduirait par le renoncement aux 6,7 milliards d’euros d’investissements supplémentaires prévus pour notre défense – une hausse indispensable à l’heure où la France doit pouvoir compter sur une armée solide et efficace.Or l’effort […]
Très bien !
Oui, mes chers collègues, alors que nous devons continuer à moderniser notre dissuasion nucléaire, il nous faut aussi renforcer les équipements de nos armées par plus de frégates, plus de Rafale et plus de munitions. Il faut intensifier nos efforts dans les domaines du spatial, du quantique, de l’intelligence artificielle, de la dronisation, de la lutte antidrones, de la défense sol-air, de la très haute altitude, de la guerre électronique, de l’artillerie et du feu dans la profondeur. Nous devons continuer à agir en faveur des conditions de vie de nos valeureux soldats, du personnel civil de la défense et de leurs familles, et donner plus de visibilité aux entreprises de la défense qui irriguent nos territoires. Enfin, il nous faut poursuivre nos efforts pour permettre à nos concitoyens de s’engager dans l’armée de la nation, sous la forme du service national ou de la réserve. (Mme […]
C’est vrai !
Pour conclure, la défense de la nation exige une mobilisation large des militaires, des entrepreneurs, des services de l’État, des citoyens et des élus. Gardons le cap ! Soyons conscients de notre force, et soyons fiers de notre armée et de nos soldats ! Mes chers collègues, soyons à la hauteur des enjeux : je fais le vœu qu’ensemble, depuis tous les bancs de l’hémicycle, nous garantissions à la France un budget pour sa défense. En avant ! Vive l’armée française, vive la République, et vive la France ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR et HOR ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC. – Mme Delphine Batho applaudit également.)
Vive la République !
La parole est à M. le président de la commission des affaires étrangères.
Une armée forte est le meilleur garant de la paix, car elle rend la guerre trop risquée pour l’adversaire. Cette affirmation de Charles de Gaulle résume en une phrase l’enjeu de nos débats cet après-midi. Oui, chers collègues, nous sommes tous profondément attachés à la paix, particulièrement celle et ceux qui, comme les Alsaciennes et les Alsaciens, ont payé un lourd tribut à sa défense. Des dizaines de fois par an, dans ma circonscription de Mulhouse, des cérémonies nous réunissent autour des monuments aux morts, où l’on rend hommage à trois, quatre, parfois cinq membres d’une même famille morts pour la France.Depuis quatre-vingts ans, ces sacrifices n’ont pas été vains : ils nous ont permis, génération après génération, de vivre dans la paix. Le nouveau désordre mondial fait peser sus nos concitoyens, sur la France et sur l’Europe, de nouvelles menaces.
Il a raison !
L’invasion de l’Ukraine a montré que les conflits d’ampleur n’appartenaient pas au passé. Elle a souligné l’importance de disposer de stocks, de capacités industrielles réactives et d’armées robustes. Les pays européens, de l’Allemagne à la Pologne, ont pris acte de cette funeste évolution.Les nouvelles formes de conflits hybrides dépassent largement les cadres traditionnels de conflictualité. Nous sommes désormais confrontés à une dynamique mondiale complexe, où le nouvel ordre transforme profondément la nature même des risques. Il est impératif que notre stratégie de défense prenne pleinement en compte cette réalité.Au-delà de l’Europe, la montée en puissance de nouveaux acteurs, l’instabilité au Proche et au Moyen-Orient, ou encore la multiplication des cyberattaques, attestent que le monde est entré dans une ère où la force, qu’elle soit militaire, numérique ou informationnelle […]
Contre l’avis du rapporteur !
…dans le projet de loi de finances pour 2026.
C’était moi !
À chacun d’entre nous, à présent, de se prononcer avec lucidité et responsabilité. Il y va de l’avenir de notre défense nationale et de notre capacité collective à protéger nos concitoyens, la France et l’Europe, mais aussi notre vision du monde, une vision multilatérale d’un monde d’État de droit et de libertés publiques. Soyons à la hauteur, comme vient de le dire le président de la commission de la défense. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem.)
Je n’ai pas entendu parler de diplomatie !
La parole est à M. le président de la commission des affaires européennes.
Notre débat de ce jour se déroule dans un contexte où les enjeux sécuritaires n’ont jamais été aussi cruciaux pour la France et l’Europe depuis la fin de la guerre froide, voire depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Vous avez rappelé en préambule, monsieur le premier ministre, à très juste titre, les nombreuses menaces qui pèsent sur notre pays et sur notre continent, mais soyons lucides, il ne s’agit plus seulement de menace, car la guerre est en Europe et le conflit ne s’arrête pas à l’Ukraine. C’est tout le continent qui est mis au défi par la Russie, laquelle ne fait plus aucun mystère de son hostilité à l’égard des Européens.Pour ceux qui se voilent la face et qui préfèrent incriminer notre pays ou l’Union européenne – il y en a eu quelques-uns cet après-midi –, en dépit des campagnes de désinformation, des attaques cyber, des drones qui survolent nos emprises, des actions […]
Les deux capitalismes !
Pour ce faire, ils comptent sur leurs relais en Europe. Nous observons dans tous les pays européens la collusion entre les partis nationalistes et populistes et ces puissances qui veulent nous soumettre. La France n’échappe évidemment pas à cette réalité. Nous savions que le Rassemblement national était la courroie de transmission de la Russie de Vladimir Poutine – une commission d’enquête à l’Assemblée nationale l’a étayé. (Mme Delphine Batho applaudit. – « Oh ! » sur les bancs du groupe RN.)
Exactement !
N’importe quoi !
Il est désormais aussi le principal relais de l’idéologie Maga puisqu’aujourd’hui, nous découvrons les propos du président du Rassemblement national, Jordan Bardella, qui depuis Londres a expliqué que la stratégie de sécurité américaine, laquelle propose l’ingérence en Europe, était une bonne stratégie. (« Oh là là ! » sur les bancs du groupe RN.) Voilà le véritable projet du Rassemblement national, un jour soumis à Moscou, le lendemain à Washington. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem. – Mme Delphine Batho et M. Gérard Leseul applaudissent également.)Et cet après-midi, dans les propos de Mme Le Pen, toujours plus prompte à reprendre le narratif de ceux qui nous menacent qu’à défendre notre pays, il y avait encore comme un goût de soumission devant les tyrans de ce monde. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Vous avez eu en effet dans votre intervention les mots […]
Il a raison !
C’est pourquoi, monsieur le premier ministre, face à toutes les menaces qui pèsent sur notre continent, il nous faut rapidement agir avec nos partenaires européens.
Il a raison !
L’Europe n’a pas d’autre choix que celui de la puissance. C’est ce que le président de la République, Emmanuel Macron, répète inlassablement depuis 2017 : il alerte sur le nécessaire réarmement de notre pays et de l’Europe. Votons ces crédits et allons ensemble sur ce chemin pour préserver un continent libre, prospère et en paix pour les décennies à venir. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur plusieurs bancs du groupe Dem. – M. Joël Bruneau applaudit également.)
La parole est à M. le président de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire.
Le gouvernement nous appelle à débattre et à voter à propos de ce qu’il appelle sa « stratégie de défense nationale ». D’abord, j’aimerais tout de même m’interroger sur les termes du débat. Le premier ministre parle d’une stratégie nationale. En quoi défend-elle nos intérêts nationaux ? Quel est l’objectif ? Voilà la question à poser, plutôt que d’énumérer des mesures techniques qui donnent l’apparence de l’expertise. Le vrai débat n’a pas lieu : il est ouvert et clos illégitimement par un général par voie de presse. Monsieur le premier ministre, avant de livrer la feuille de route d’un ministre des armées, j’attendrais d’abord un discours de premier ministre devant cette assemblée, un discours sur la stratégie : la France prépare-t-elle la guerre ou la paix ? Qui en décide ?On peut aussi s’interroger sur les raisons d’être d’un débat sur ce sujet, à ce moment précis. Si ce budget n’est […]
Et les Chinois, pas de problème ?
Face à tout cela, il y a une vision alternative de la politique internationale, qui ne repose pas sur la course aux armements, mais sur la responsabilité par la solidarité et la diplomatie. On peut tout à fait ne pas baisser les crédits de l’aide publique au développement de 52,3 % en deux ans et à périmètre constant.