Séance du 16 novembre 2022 — 55e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Élodie Jacquier-Laforge.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Élodie Jacquier-Laforge.
Tours 601 à 680 sur 680 — page 4 / 4.
Nous y parviendrons quand nous disposerons des compétences, des filières nécessaires, en aidant les ménages à monter des dossiers complexes et à trouver les meilleurs artisans afin qu’une rénovation globale de leur logement ne trouble pas trop leur quotidien.L’efficacité, c’est aussi tout ce que nous avons mis en œuvre pour développer les petites lignes de train.
Vous n’avez rien fait du tout !
Nous privilégions le transport intermodal, afin de diminuer l’empreinte carbone des transports. Plutôt que de seulement verdir chaque mode de transport, il s’agit de transformer nos modes de transport, avec des crédits à la clé. Je rappelle qu’avec le plan de relance, nous avons mis sur la table près de 35 milliards d’euros pour décarboner notre économie et accroître l’efficacité énergétique. Ainsi, près de 5 millions de tonnes de CO2 sont économisées chaque année dans l’industrie, grâce au plan de relance, mais je n’y reviens pas.Notre ligne est très claire : dans le cadre du plan d’investissement France 2030, 5 milliards d’euros sont prévus pour la décarbonation de l’industrie dans les dix-huit mois qui viennent ; s’y ajouteront les 5 milliards d’euros additionnels annoncés par le Président de la République.
Cinq ans de retard !
Mon collègue Roland Lescure, ministre délégué chargé de l’industrie, appliquera ce plan avec l’ensemble des filières concernées. Voilà les résultats concrets d’une stratégie menée pied à pied, secteur par secteur et avec une ligne claire.
Non, vous n’avez aucun résultat !
Enfin, il faut produire davantage d’énergie bas-carbone, pour mettre fin à notre dépendance aux énergies fossiles, que vous avez été nombreux à souligner.Monsieur Dupont-Aignan, nous n’avons jamais été souverains en matière énergétique : c’est un mythe.
Il est déjà parti, ça ne l’intéresse pas !
Nous sommes dépendants des énergies fossiles depuis des dizaines d’années.
La faute à qui ? La faute à vous tous !
C’est le cas depuis les années 1970, à cause d’une réalité physique : le gaz et le pétrole ne sont pas produits en France – quand ils l’ont été, cela a été en faible quantité.
En cinquante ans, vous auriez pu remédier à notre dépendance !
Vous n’avez fait aucune proposition, monsieur Tanguy !
Vous êtes nombreux sur ces bancs à promouvoir un mix énergétique équilibré pour sortir des énergies fossiles. Nous partageons cette approche ; c’est un enjeu d’indépendance pour le pays, de pouvoir d’achat pour les ménages, de compétitivité pour les entreprises.Monsieur Tanguy, je suis surprise par vos propos très déterminés en faveur du tout-nucléaire, car la position sur vos bancs n’a pas toujours été aussi claire. Citons ici Marine Le Pen, qui fixait en 2011 l’objectif d’une sortie du nucléaire « qui serait positive, qui limiterait les dangers pour le monde, [et passerait] par l’investissement massif dans la recherche concernant les nouvelles énergies. » (« Eh oui ! » sur les bancs du groupe RE.) Dois-je entendre que vous êtes prêts à considérer le développement accéléré des énergies renouvelables ? Ce serait une bonne nouvelle ! La même déclarait en 2017 : « le nucléaire est […]
Ça fait mal !
Un virage à 180 degrés !
Mais nous parlons désormais de réacteurs nucléaires de troisième ou de quatrième génération !
Monsieur Tanguy, vous citez de manière grandiloquente les grands hommes de notre pays – MM. Messmer, de Gaulle, Chirac.
Oh là là !
De grandes femmes aussi, comme Marie Curie !
Mais quand on sait quel rôle ils ont joué face à la montée de l’extrême droite, c’est choquant.
C’est nul !
Quel rapport avec le débat ?
Si je puis me permettre, ils doivent se retourner dans votre…pardon, leur tombe, quand ils vous écoutent vous associer à leur mémoire. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE. – M. Dominique Potier applaudit aussi. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)
Il vaut mieux s’y reprendre, quand on dit des bêtises ! Zéro !
C’était très clair. Le premier levier pour accélérer la sortie des énergies bas-carbone est le grand plan de développement des énergies renouvelables que nous avons lancé.Monsieur Marleix, soyez rassuré. Puisqu’il s’agit de rattraper notre retard par rapport à la trajectoire prévue dans la dernière programmation pluriannuelle de l’énergie, il est légitime de prévoir un projet de loi maintenant. En outre, nous nous engageons dans toutes les énergies renouvelables.
Mais sans aucune ambition ! Le Grenelle est dépassé !
Dans les prochaines semaines, nous lancerons un plan de développement de la géothermie ; celui-ci n’est pas de niveau législatif, car les acteurs de la filière n’en ont pas besoin à ce stade, comme nous l’avons constaté en travaillant avec eux.Les mesures réglementaires que nous avons prises ont permis de libérer 1 térawattheure de biométhane. Nous avons l’ambition de multiplier par dix notre production d’énergie photovoltaïque. Les éoliennes marines constituent une filière industrielle solide, qui emploie près de 6 500 personnes et pour laquelle notre pays est exportateur aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans d’autres régions du monde – nous pouvons en être fiers.
Sauf qu’on ne sait pas construire d’éoliennes flottantes en France !
Le diable est parfois dans les détails !
Vous avez raison, une planification est nécessaire. C’est la visée du projet de loi relatif à l’accélération de la production d’énergies renouvelables, qui a été voté au Sénat, avec 320 voix pour et 5 contre. Ce résultat montre que nous avons atteint un consensus concernant la nécessité d’accélérer la production d’énergies renouvelables et d’élaborer une planification qui laisse toute leur place aux élus locaux et qui permette d’accélérer la production d’énergies renouvelables.
Le diable est dans les détails !
J’invite chacun à contribuer à l’enrichissement de ce texte.
On verra !
S’agissant du nucléaire, vous avez évoqué la disponibilité du parc. La période pendant laquelle la maintenance a été la plus faible s’étend de 2002 à 2008, or cette chute de la maintenance explique une chute de la disponibilité des centrales et du productible nucléaire en 2009. Je vous invite à revoir les chiffres de 2009.
Nous sommes en 2022, madame la ministre ! Et Fessenheim, ce n’était pas non plus en 2009 !
Dominique Potier a souligné à raison les hésitations et les décisions tardives de ces vingt dernières années. Au fond, nous admettons que, les uns comme les autres, nous aurions pu faire mieux. Nous sommes collectivement responsables de cette situation, et c’est à nous qu’il appartient de dessiner le contour de notre politique énergétique à venir. Nous en sommes capables, en adoptant un projet de loi ambitieux sur les énergies renouvelables et en travaillant à relancer la filière nucléaire, avec le groupe EDF en bras armé de notre politique énergétique.La question a été posée : nous n’envisageons évidemment pas de démanteler EDF, qui est au contraire un élément central de notre stratégie dans les domaines du nucléaire, de l’hydraulique et des réseaux. Notre intention est d’atteindre l’excellence industrielle dans tous ces secteurs.Nous avons également l’ambition de lancer la production […]
C’est vrai !
Eh oui, c’est juste !
Nous avons pris nos responsabilités, y compris en allant prendre la rente inframarginale des producteurs d’électricité qui bénéficiaient d’un effet d’aubaine grâce à la hausse des prix de l’énergie, afin de la redistribuer aux plus précaires.Monsieur Marleix, vous avez raison, les prix ont augmenté de 15 %, ce qui représente une hausse sensible pour les plus vulnérables. C’est pourquoi nous l’avons accompagnée d’une hausse du chèque énergie, de façon à amoindrir son effet, pour eux comme pour les classes moyennes, puisque 40 % des ménages français le percevront.Concernant la réforme du marché de l’électricité à l’échelle européenne, depuis deux ans, Bruno Le Maire et mes prédécesseurs avancent des propositions qui vont dans votre sens. Je crois que nous nous retrouverons sur cet objectif : obtenir que le prix de l’électricité soit plus proche de la réalité de notre mix énergétique. Il y […]
Merci !
Je serai tout à l’heure à la COP27 ; la France est un des pays les plus engagés dans l’accompagnement des pays en développement : elle y consacre chaque année 6 milliards d’euros, notamment pour les aider à s’adapter au changement climatique, à développer des énergies renouvelables et à éviter d’augmenter le recours aux énergies fossiles. C’est d’ailleurs cette majorité qui a mis un coup d’arrêt au soutien à l’exportation des énergies fossiles.Nous suivons une ligne claire.
C’est récent !
Le Président de la République a montré le chemin, le Gouvernement est engagé, la Première ministre soutient la planification écologique, qui comporte un volet énergétique. Tout cela nous permettra d’élaborer ensemble une trajectoire de décarbonation de l’économie qui soit à la fois juste pour les Français et efficace pour lutter contre le réchauffement climatique. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
La parole est à Mme la Première ministre.
Avant de conclure ce débat, je remercie les oratrices et les orateurs : j’ai entendu des interventions constructives. J’ai constaté des différences d’approche, parfois de vision, entre nous. C’est normal en démocratie, et c’est sain. Mais j’ai également noté que certains objectifs étaient largement partagés et qu’il existe des convergences sur la stratégie pour la transition énergétique. C’est sur leur fondement que nous pourrons, que nous devrons, nous appuyer dans les années à venir. Je crois que nous partageons tous une volonté de sortir rapidement des énergies fossiles ; de baisser nos consommations, grâce notamment à une politique ambitieuse en matière de mobilités propres et de rénovation énergétique des bâtiments ; de diminuer les émissions de gaz à effet de serre ; de reconquérir notre souveraineté énergétique. Ce sont des points structurants ; ils montrent que, sur la plupart […]
Parce que ce sont les experts qui décident ?
Un mix diversifié constitue une protection, une liberté. Car je l’ai dit et je le répète ici, il n’y a pas de source d’énergie miracle pure et parfaite : chacune a ses risques et ses défauts.
Quel lieu commun !
Le nucléaire permet une production d’énergie massive, souveraine,…
Souveraine ?
…sans émissions et à un coût maîtrisé. Mais nous ne pouvons pas faire croire pour autant qu’il s’agit d’une source d’énergie anodine ou que nos réacteurs seraient à l’abri de défauts systémiques.
C’est une blague ?
De leur côté, les énergies renouvelables sont totalement décarbonées et bénéfiques pour l’économie,…
Le nucléaire aussi !
…mais il ne faut pas oublier qu’elles sont aussi intermittentes et qu’elles posent de réelles questions d’acceptabilité.
Moins que le nucléaire !
Travaillons donc ensemble à la planification territoriale avec le projet de loi relatif à l’accélération de la production d’énergies renouvelables – vous êtes nombreux à le demander.
Le nucléaire n’est pas renouvelable !
Une transition énergétique efficace passera donc par la diversification, en avançant sur deux jambes : le renouvelable et le nucléaire.Enfin, et je le regrette, j’ai observé au cours de ce débat quelques postures, des procès d’intention, et des écarts avec l’histoire et la réalité des faits. Dans un exercice de réécriture du passé dont le Rassemblement national est coutumier, l’extrême droite s’est inventé une constance en matière de nucléaire. (Mme Chantal Bouloux applaudit.)
Mais non !
Pour ma part, je me rappelle qu’il y a dix ans, la présidente de votre groupe plaidait pour la sortie du nucléaire. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, LR, Dem, HOR et LIOT.)
Très bon rappel !
C’est faux ! Vous vous trompez !
Fake news !
Nous étions peu après Fukushima, son opinion a sans doute changé avec les sondages : en matière d’énergie, ce sont manifestement vos idées qui sont renouvelables !Nous avons également évoqué l’état du parc nucléaire. Je le dis sans faux-semblants : personne ne peut se satisfaire de la situation.
En même temps, personne ne croit ce que vous racontez !
Mais je crois qu’il n’est pas besoin de rentrer dans les excès, de convoquer les heures les plus sombres de notre histoire, pour appuyer la démonstration. La situation est le résultat de vingt ans de gestion du parc : ceux qui donnent des leçons ne sont pas indemnes de responsabilité. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE et Dem.)
Mauvaise blague !
Avec une accélération depuis dix ans !
J’appelle donc chacun à faire preuve d’humilité et à chercher des solutions plutôt que des responsables. Le projet de loi relatif au nucléaire, présenté en conseil des ministres au début du mois, en offrira l’occasion ; il permettra de lever des contraintes administratives et d’accélérer certains projets. Travaillons-y ensemble.Mesdames et messieurs les députés, ce débat a été riche et dense. Il ouvre un cycle de notre politique énergétique avec, dans quelques jours, un texte visant à accélérer la réalisation des projets d’énergie renouvelable, puis, dans le même esprit, un projet de loi qui tend à accélérer les procédures d’autorisation relatives au nucléaire. Comme la ministre de la transition énergétique l’a expliqué, ce sont des textes d’urgence, qu’il faut examiner sans attendre la présentation d’une loi de programmation pour l’énergie et le climat, qui aura lieu à l’issue des […]
Vous faites tout à l’envers !
C’est une logique intermittente !
J’espère que beaucoup de nos concitoyens y participeront.Ce débat public et ces différents projets de loi constituent des étapes fortes, déterminantes pour notre souveraineté, pour le climat et pour le pouvoir d’achat.
À quand un projet de loi sur la sobriété ?
Ce sont des textes sur lesquels je suis sûre que nous pouvons trouver des points de convergence et d’accord. (Mme Christine Arrighi proteste.) Les enjeux sont grands : travaillons ensemble pour les Français ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
Le débat est clos.
Prochaine séance, ce soir, à vingt et une heures trente :Suite de la discussion du projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de l’intérieur.La séance est levée.
(La séance est levée à vingt heures.)
Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra