Séance du 30 janvier 2024 /// n°109 /// 782 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2023-2024

Séance du 30 janvier 2024 — 109e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

782prises de parole
117orateurs
9points à l'ordre du jour
1scrutins

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ScrutinVoixRésultat
3289 l’ensemble du projet de loi constitutionnelle relatif à la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse (première lecture). 493 / 30 adopté

Verbatim Le compte rendu

Tours 201 à 400 sur 782 — page 2 / 4.

Déclaration du Gouvernement et débat

Votez contre, alors !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #310

Au sujet des jachères, nous avons réuni une coalition de vingt-deux pays et nous sommes près d’aboutir à une nouvelle prolongation de la dérogation. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et Dem.) Nous ne nous laisserons pas faire. Nous prendrons les mesures nécessaires pour éviter toute surtransposition, d’où qu’elle vienne.Je le sais, nous ne sommes pas au bout du chemin. Il y aura de nouvelles conquêtes dans les jours qui viennent – je pense notamment aux jeunes agriculteurs et à la transmission des exploitations –, mais nous agissons vite, fort, avec détermination et respect pour nos agriculteurs. (Exclamations et rires sur les bancs du groupe RN.)

N’oubliez pas les éleveurs !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #313

Réarmer la France, c’est continuer à conquérir de nouveaux droits. Le Président de la République a fait de l’égalité entre les femmes et les hommes la grande cause de ses quinquennats. Elle sera au cœur des engagements de mon gouvernement. C’est le sens de la réforme du congé parental annoncée par le Président de la République. Aujourd’hui, ce congé ne laisse pas assez de revenus aux familles ; bien souvent, il est inégalement réparti dans le couple et éloigne durablement les femmes de l’emploi. Il y a là une inégalité que, comme toutes les inégalités, nous devons combattre : le congé parental sera transformé en un congé de naissance de six mois, mieux rémunéré, que les parents pourront se répartir entre eux.Conquérir de nouveaux droits, c’est reconnaître et défendre sans relâche le droit des femmes à disposer de leur corps. Nous inscrirons le droit à l’interruption volontaire de […]

C’est terrifiant !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #318

En suivant ce chemin, je propose aux Français d’avoir pleinement le contrôle sur leur vie. Je souhaite que la France retrouve pleinement la maîtrise de son destin, qu’elle soit pleinement souveraine. Une souveraineté industrielle, technologique et numérique, créatrice d’innovations et d’emplois. Une souveraineté énergétique, qui nous protégera des crises, protégera l’environnement et garantira des prix plus bas aux Français.

Ça ne protégera personne !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #320

Une souveraineté agricole, qui nous permettra de nourrir notre pays avec les meilleurs produits et d’assurer l’avenir de notre agriculture – j’aurai des annonces supplémentaires à faire à ce sujet dans les tous prochains jours. Une souveraineté culturelle, où notre création et notre patrimoine sont soutenus, où notre exception culturelle est protégée, où la culture, enfin, est accessible à tous.Je parle de souveraineté nationale, mais c’est aussi par l’Europe que nous parviendrons à la consolider. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.) Depuis 2017 et le discours de la Sorbonne du Président de la République, l’Europe a changé. Elle a surmonté les crises et pris ses responsabilités. C’est grâce à l’Europe que nous avons pu avoir des vaccins face à l’épidémie. (Protestations sur les bancs des groupes RN et LR. – « Mais si ! » sur les bancs du groupe RE.) Grâce à […]

La blague !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #323

Un pacte que je résume en une phrase : nous contrôlerons enfin qui peut entrer dans l’espace Schengen et qui ne le peut pas. Grâce à l’Europe, aussi, nous investissons massivement dans certains secteurs stratégiques et pour notre industrie.Ceux qui prônent la fin de l’application des traités sont les partisans d’un Frexit déguisé qui affaiblirait la France. (Applaudissements prolongés sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR, dont les députés se lèvent.) Moins d’Europe, c’est moins de puissance pour la France. (Sourires sur les bancs du groupe RN. – Applaudissements sur les bancs du groupe RE.) Je ne prendrai qu’un exemple, qui fera mal à certains ici : le Brexit. Ses partisans promettaient des jours heureux à l’économie britannique et au peuple anglais. La semaine dernière, à cause du Brexit, les derniers hauts-fourneaux de Grande-Bretagne ont fermé. (Exclamations sur les bancs du […]

Ça fait mal, la vérité !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #328

Voilà les grands principes qui guideront mon action, celle de mon gouvernement, pour la France et pour les Français – notre France qui n’a jamais perdu son ambition de grandeur, ces Français qui n’ont jamais manqué à leurs devoirs. Les axes que je vous ai présentés sont une réponse aux enjeux de la nation, probablement pas la seule, mais celle qui reflète l’ambition que nous portons, avec le Président de la République. Ils correspondent aussi aux rêves qu’une génération avait désappris : trouver un emploi stable, acheter un logement, fonder une famille, ne faire de sacrifices qu’acceptables en vue de l’ascension des enfants, aimer les paysages, une culture commune, une société libre et tenue. Dans une époque si difficile, il n’y a pas de réponse simple, mais il y a des espoirs tranquilles à raviver.J’assumerai toujours de débattre avec vous. Je respecterai toujours vos opinions, vos […]

Allez, on vote !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #331

Je ne rejetterai jamais la critique, tant qu’elle est constructive. Ces mots, je les adresse à vous et aux Français. Je sais leurs attentes, je sais qu’ils ne me pardonneront rien. Les temps sont troublés, les doutes nombreux, mais l’espoir est là. La France reste puissante parce que ce qui nous réunit est toujours plus fort, parce que la France, notre pays, notre nation, notre terre, demeureront notre fierté. Être français en 2024, oui, c’est une fierté ! Notre société est plus ouverte, plus audacieuse, plus pionnière que l’image que nous nous renvoyons parfois à nous-mêmes.

49.3 !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #333

Être français en 2024, c’est vivre dans un pays où l’histoire s’écrit, un pays qui n’a pas renoncé au progrès social,…

Surtout à la retraite !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #335

…à protéger les droits de tous et surtout de toutes, à en conquérir de nouveaux. Être français en 2024, c’est vivre dans un pays dont l’honneur consiste à se battre pour la stabilité du monde, pour la justice et pour la paix.Être français en 2024, c’est, dans un pays qui, il y a dix ans seulement, se déchirait autour du mariage pour tous, pouvoir être Premier ministre en assumant ouvertement son homosexualité. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR, dont les députés se lèvent. – Mme Éva Sas applaudit également.) De tout cela, je tire la preuve que notre pays bouge, que les mentalités évoluent, la preuve que nous n’avons aucune raison de céder à la fatalité. Alors, je n’ai qu’une chose à dire à nos concitoyens, quelle que soit leur couleur de peau, leur origine, leur adresse ou leur croyance : la France est votre pays et, en France, tout est possible ! Oui, nous […]

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #339

Parce que nous ne sommes pas n’importe quel pays. Nous ne serons jamais une puissance moyenne qui se résignerait au déclin avec fatalité. Nous ne sommes pas condamnés à subir, mais déterminés à agir et à prendre notre destin en main. Déterminés parce que sommes la France et que rien ne résiste au peuple français ! (Applaudissements très prolongés sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR, dont les députés se lèvent. – Les membres du Gouvernement se lèvent également. – « Une autre ! Une autre ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.)

La parole est à M. Jean-Paul Mattei. Chers collègues, merci à ceux d’entre vous qui quittent l’hémicycle de le faire en silence !

Quel respect pour l’orateur, madame la présidente ! C’est magnifique…

J’ai l’honneur d’être le premier orateur après votre prise de parole, monsieur le Premier ministre, et votre intervention confirme ma première impression : votre talent et votre énergie sont des atouts dans la période que nous traversons.

Il a raison !

Nous sommes prêts à passer tous les caps avec vous, et pas seulement le cap Horn. Pour quelqu’un de ma génération, la nomination d’un jeune Premier ministre a quelque chose de rassurant pour l’avenir.

Ah ben c’est gentil, ça !

Lorsque je me suis engagé en 1974 dans la campagne de Valéry Giscard d’Estaing, aux côtés, notamment, de Marielle de Sarnez, vous n’étiez pas né. Lors de votre arrivée à Matignon, j’ai été saisi du même sentiment qu’en 2017 avec l’élection du Président de la République. Je ressens ce mouvement, cette ardeur, et j’ai envie de dire : « Chiche ! » (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)Le discours que vous venez de prononcer s’inscrit dans la dynamique de l’esprit de 2017 : les Français avaient alors choisi l’optimisme, l’ouverture et les valeurs démocrates. Ce sont ces valeurs que vous représentez. Je vous sais conscient de la responsabilité qui vous incombe, conscient de la hauteur de la tâche qui est la vôtre et que vous abordez avec l’audace et la détermination nécessaires, en étant précis, attentif aux demandes concrètes des Français.Le groupe Démocrate, que j’ai l’honneur […]

Excellent ministre de l’agriculture !

…notre entier soutien en vue de résoudre la crise agricole actuelle. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur quelques bancs du groupe RE.) Cette crise est multiforme. Le reste des sujets que nous avons à traiter l’est tout autant : comment réindustrialiser le pays pour créer des emplois et assurer notre souveraineté ? Comment accueillir les travailleurs dans un territoire quand on ne dispose pas de logements pour les installer avec leurs familles ? Comment répondre à l’exigence de simplification sans verser dans le tout-numérique ? La mauvaise calibration du guichet unique montre qu’il nous faut faire confiance aux tiers et que nous avons besoin de maintenir le contact. Le succès des maisons France Services est, à cet égard, très parlant.

Bravo !

Comment demander aux Français d’assurer le renouvellement des générations quand il est impossible de disposer d’une pièce supplémentaire pour loger l’enfant à naître ? Comment redonner confiance quand la solidarité, l’ascenseur social et l’école sont en perte de vitesse, quand la culture est réservée à certains ? Comment prendre en charge nos aînés, soigner les Français, tous les Français, quel que soit le territoire dans lequel ils résident ? Voilà les défis qui sont devant nous. Notre devoir consiste à répondre à ces questions en menant les chantiers de front, en tenant compte de deux éléments fondamentaux : la crise environnementale, qui doit guider l’ensemble de nos politiques, et la crise préoccupante de nos finances publiques.Monsieur le Premier ministre, vous avez beaucoup insisté sur le travail, celui qui rémunère, celui qui fait vivre une famille ; vous avez parlé du travail […]

Très bien !

De la naissance aux derniers jours, le logement, plutôt que de représenter la première des inégalités, doit être un lieu d’émancipation. Il nous faut absolument bâtir en la matière une politique cohérente, humaine, adaptée à la société. Les solutions existent, même si elles passent par quelques bouleversements, y compris fiscaux. Certains États ont compris que, pour réussir, il fallait gouverner à trente ou quarante ans. En France, nous avons parfois pris l’habitude de gouverner à trente ou quarante jours. Cela ne peut plus fonctionner ; notre horizon doit être celui de la génération.Il en va de même dans d’autres domaines, tels que la démographie : année après année, nous voyons, sans réagir, le nombre de naissances se tasser. L’indicateur de fécondité est désormais au plus bas depuis la seconde guerre mondiale, si l’on excepte les années 1993 et 1994. La question démographique ne doit […]

Très bien dit ! Excellent !

Il faut une politique familiale et une protection de l’enfance ambitieuses, comme celles que nous avons bâties depuis six ans. La création, au sein de notre assemblée, d’une délégation aux droits des enfants en est une belle illustration.L’éducation, ensuite, constitue le cœur même de l’émancipation. Tous les élèves, dans toutes les écoles, doivent pouvoir se prévaloir des mêmes chances. Amélioration du suivi des élèves, classes à taille humaine, revalorisation du métier de professeur, tels sont les chantiers sur lesquels nous avons commencé à travailler ces dernières années et que nous devons poursuivre avec davantage de vigueur. Nous savons tous ici que la réussite du système éducatif dépend surtout du bien-être, de l’accompagnement et du nombre de professeurs. Encourageons les vocations ; appliquons une vraie politique de formation ; aidons-les à s’installer dans tous les territoires […]

TotalEnergies !

…et comment faire en sorte que les Français ne la subissent pas. C’est un enjeu important, auquel vous allez devoir vous atteler. Nous sommes tous convaincus que l’urgence est là ; nous ne devons pas assister impuissants à la dégradation du vivant.Concernant cette question, comme l’agriculture, la défense, la solidarité et la santé, notre partenaire le plus important reste l’Union européenne. L’année 2024 sera l’année européenne, et j’ai confiance dans le fait que les démocrates mettront toutes leurs forces dans la campagne afin de défendre les valeurs européennes : la liberté, l’État de droit, l’égalité, la solidarité. C’est d’autant plus important si l’on considère les bouleversements à l’échelle internationale, dont nous n’avons pas encore pris, je le crains, la pleine mesure. Je fais bien évidemment référence aux conséquences de la situation au Moyen-Orient, à la détresse et aux […]

La parole est à M. Boris Vallaud.

Monsieur le Premier ministre, nous connaissons déjà votre bilan, c’est celui du Président de la République : la crise du logement, la crise de l’hôpital, la crise agricole, la crise de l’école, la crise sociale, la crise des salaires, la crise des finances publiques. C’est la réforme de l’assurance chômage, du RSA, des retraites. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – Exclamations sur quelques bancs du groupe Dem.) C’est aussi ce moment coupable de bascule politique et morale qu’a été l’adoption de la loi consacrée à l’immigration, lorsque vous avez cédé à la droite et à l’extrême droite. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – M. Jérémie Iordanoff applaudit également.) Nous connaissons désormais votre projet, c’est celui du Président de la République : un projet libéral et conservateur ; la cohabitation assumée avec la droite, dont vous conduisez désormais la […]

Est-ce Arlette Laguiller qui est à la tribune ?

Nous voulons que le travail paye et qu’il paye bien. Nous ne voulons pas de cette France de travailleurs pauvres. Nous défendons l’égalisation de la fiscalité du capital et de celle du travail, la taxation des multinationales et des superprofits, un juste partage de la valeur. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC. – M. Benjamin Lucas applaudit aussi.) Pas vous ! Nous défendons l’augmentation des salaires et leur indexation sur l’inflation, une limitation des écarts de rémunération de 1 à 20. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Pas vous !

Taxons ! Taxons !

Nous voulons que la valeur soit du côté de l’utilité sociale. L’heure est venue d’une radicale reconsidération morale et économique des métiers du soin. Nous avons plus que jamais besoin des infirmières, des aides à domicile, des assistants d’éducation, des aides-soignantes. Nous voulons bâtir un modèle économique pour le XXIe siècle, où le travail est mis au service de la pleine santé. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Vous parlez d’emploi ; nous voulons parler de travail, des conditions de travail, de la santé au travail, du temps de travail et du temps libéré, de l’organisation du travail et des processus de production, du travail comme mise en commun et buts partagés. Nous défendons le dialogue social, le dialogue professionnel, la codétermination dans l’entreprise. Il faut se débarrasser non pas du travail – les gens aiment leur métier –, mais des rapports de […]

Exactement !

Quand l’État social de service public recule, les inégalités avancent et les injustices prospèrent. Les Français les plus modestes, privés d’interlocuteurs, aux prises avec des services sociaux chamboulés par l’austérité, fragilisés par vos réformes invariablement suspicieuses, en sont comme toujours les premières victimes. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC. – M. Benjamin Lucas applaudit également.) Ce qui caractérise le présent et, plus encore, l’avenir, c’est l’incertitude qui trie les vies et qui laisse les plus fragiles sur le bord du chemin. Nous devons imaginer les services publics de demain, une protection sociale qui apprivoise le hasard. L’État social de demain est celui du retour à l’universel : il n’oublie pas les catégories et les classes moyennes, lesquelles ont trop souvent le sentiment de n’avoir droit à rien. Autrement dit, ce sont des services publics […]

Bravo !

Il faut un cap, l’agroécologie et le renouvellement des générations ; un impératif, le juste partage de la valeur face à la prédation de la grande distribution et des industries agroalimentaires (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – M. Benjamin Lucas applaudit également) ; une condition, la protection de nos marchés face à une mondialisation déloyale. Il n’est plus possible de faire semblant. Nous avons besoin d’un plan de bifurcation écologique avec des investissements de l’ordre de 100 milliards d’euros par an, financés par une caisse d’amortissement de la dette climatique. Nous voulons un plan de réindustrialisation et de décarbonation de l’industrie, garant de notre souveraineté industrielle et alimentaire. Nous devons défendre nos intérêts souverains, préparer l’avenir, construire l’industrie de demain avec les ouvriers d’aujourd’hui. (Applaudissements sur les bancs du […]

N’importe quoi !

Vous avez trahi le peuple !

Pour un socialiste, c’est décevant.

Après sept ans de macronisme, les socialistes sont épuisés. Jamais le défi inégalitaire n’a été plus grand, ni l’idéal républicain d’émancipation si lointain. Les inégalités explosent, les injustices multiplient des frontières aussi infranchissables qu’invisibles. Quand les incertitudes sont fortes et que l’avenir paraît sans issue, l’entre-soi devient un refuge. Chacun défend alors sa colère et sa vision du monde. Il existe un autre chemin, un autre idéal. Pour y parvenir, tout n’est pas à refaire, tout n’est pas à abattre. Tout est entre nos mains. Je veux vous dire le sens profond de notre projet et de notre opposition : abattre les barrières qui, partout, s’opposent à la fraternité humaine. On me dira que la fraternité n’est pas un projet politique. C’est pourtant le seul qui vaille pour sortir les hommes et les femmes de la solitude dans laquelle les laisse votre politique. […]

La parole est à M. Laurent Marcangeli.

Il y a un an et demi, chers collègues, au début de la législature, je m’adressais à vous afin de souligner la difficulté de la tâche qui nous attendait. Je vous faisais part d’une conviction, celle que nous vivions un instant décisif dans la vie de notre pays. Force est de constater que je pourrais reprendre les mêmes termes pour décrire la situation actuelle : crise inflationniste, crise agricole, crise géopolitique, crise démocratique… Nous sommes toujours à la croisée des chemins. Nous assistons, jour après jour, à la complexification du monde qui nous entoure et les défis à relever sont tout aussi nombreux. Néanmoins, en dépit d’une situation politique inédite, nous avons fait adopter plus de cinquante textes, tous nécessaires, depuis l’élection de cette assemblée. Nous avons su trouver des consensus lorsque la chose était possible, des compromis lorsqu’elle ne l’était pas.Les […]

Et abandonnés par qui ?

Ils s’y sentent, pour beaucoup d’entre eux, prisonniers. Ils désespèrent de la qualité du débat public et ne manquent pas de nous le faire savoir. Je demande donc à chacun de sortir de ses certitudes en regardant la France telle qu’elle est, et non pas telle qu’on voudrait qu’elle soit.L’actualité récente démontre que la surtransposition des normes est une bombe à retardement pour les secteurs qui la subissent.

Vous gouvernez depuis sept ans ! C’est incroyable.

Les injonctions contradictoires, le dénigrement du travail, les règles imposées en dépit du bon sens font le malheur de notre pays, en particulier de son agriculture. Si nos sols et nos savoir-faire font de la France une grande et belle puissance agricole, ne les tenons pas pour acquis. Il nous faut à tout prix éviter que l’agriculture française connaisse un déclin similaire à celui de la sidérurgie au siècle dernier.

C’est vous qui la détruisez : au cours des dix dernières années, 100 000 fermes ont disparu !

Nous saluons donc les mesures annoncées par le Gouvernement. Elles vont dans la bonne direction, et je le dis sans rien renier de notre engagement pro-européen : nous voulons bien sûr une Europe qui s’affirme davantage sur la scène mondiale, une Europe au service de ses citoyens, mais aussi une Europe qui ne crée pas de contrainte excessive ni de concurrence déloyale.La question de la juste rémunération des agriculteurs pourrait d’ailleurs se poser dans d’autres domaines. Le travail doit payer, c’est une question de bon sens et même l’un des fondements de notre contrat social. Je pense à ceux qui cumulent les heures de travail, parfois même les emplois, sans arriver à boucler les fins de mois. Ce sont les mêmes qui, souvent, ressentent une pression fiscale accrue que ne compensent pas les contreparties offertes par notre système social. La société du travail doit devenir notre boussole. […]

Si la ministre de l’éducation nationale pouvait respecter le corps enseignant, ce serait déjà bien !

Et respecter Parcoursup !

Ils font le tri, à Stanislas !

Je connais, monsieur le Premier ministre, votre attachement à ce ministère qui fut le vôtre. Là encore, vous pourrez compter sur nous.Cette capacité à voir loin pour nos enfants se traduit également par la prise en compte de l’urgence écologique dans l’ensemble des politiques publiques. Le cycle des événements climatiques extrêmes s’accélère et trouble la quiétude des habitants de notre pays. Aux côtés de Christophe Béchu, nous prônons une écologie pragmatique,…

Celle des numéros verts ?

…fondée sur le réalisme et, toujours, le bon sens. En matière climatique comme ailleurs, nos arbitrages devront tenir compte du sentiment qu’ont beaucoup de nos concitoyens d’être pris dans un étau. Nous devons être attentifs aux conséquences qu’auront les hausses inéluctables des factures énergétiques et environnementales. Les prochains textes que nous serons amenés à voter devront intégrer cette réalité et permettre à la France de tenir son objectif de neutralité carbone d’ici à 2050. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe Écolo-NUPES.)Outre la protection de la planète et de la biodiversité, je veux rappeler notre engagement pour la protection des Français. En matière militaire, de justice et de sécurité, trois lois de programmation historiques ont été votées en un an par le Parlement. Elles dotent notre pays d’une trajectoire claire avec le fléchage sur plusieurs années des […]

Le groupe Horizons et apparentés l’a déjà affirmé : c’est aux acteurs locaux d’organiser l’offre de soins en fonction des besoins de chaque territoire. Si la baisse de la natalité nous inquiète, à juste titre, il faut aussi se préoccuper du vieillissement de la population, autre grand enjeu de notre siècle. La proportion des plus de 50 ans est amenée à doubler d’ici cinquante ans. Ce n’est rien de moins que la soutenabilité de notre système de santé qui est en jeu. Pour cette raison, nous ne pourrons pas faire l’impasse sur une loi dédiée au grand âge.L’année 2024 sera enfin, et c’est suffisamment peu courant pour s’y attarder, une année de révision constitutionnelle. Je fais partie de ceux qui pensent qu’il ne faut modifier la Constitution, clef de voûte de notre République, que d’une main tremblante. Certains changements apparaissent pourtant nécessaires, compte tenu de l’évolution de […]

La parole est à Mme Cyrielle Chatelain.

Monsieur le Premier ministre, vous venez il y a quelques instants de prononcer votre discours de politique générale. Vous avez présenté les priorités de votre gouvernement avec l’emphase qui vous caractérise. Là est tout votre talent : donner l’impression du mouvement, alors que tout reste figé. (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES. – Mme Raquel Garrido applaudit également.)

Exactement !

D’où votre mantra : de l’action, de l’action, de l’action. Vous saturez l’espace médiatique de déplacements, de mises en scène, de petites et de grandes annonces, espérant que cela nous fasse oublier l’état de la France : les services publics qui s’effondrent, les Français qui s’appauvrissent, le climat qui se détériore. Votre rôle se réduit donc à faire office d’écran de fumée. Reste que les actes ont des conséquences : après sept années que vous avez passées au pouvoir, au sein de la majorité et dans les gouvernements successifs d’Emmanuel Macron, permettez-moi, monsieur le Premier ministre, de vous juger non sur vos paroles, mais sur votre politique.

Très bonne idée !

Commençons par votre bilan face au péril climatique. Sous l’effet de l’activité humaine, le climat s’emballe. Si rien ne change, la Terre se réchauffera de 3 degrés d’ici à 2100 ; loin d’agir, les États se complaisent dans un statu quo qui nous mène à la catastrophe. La France ne fait évidemment pas exception. Le 10 mai 2023, le Conseil d’État exhortait votre gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour garantir la baisse de 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, inscrite dans la loi. Que faites-vous ? Vous supprimez les nouveaux objectifs climatiques. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) appelle à renoncer dès maintenant à tout nouveau projet pétrolier ou gazier dans le monde : vous refusez de stopper huit nouveaux forages en Gironde. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Écolo-NUPES.) Le monde est entré dans l’ère des catastrophes climatiques […]

Disent ceux qui boivent du Coca-Cola à longueur de journée !

Ils continueront à promouvoir des politiques environnementales ambitieuses : une loi de programmation pour la rénovation thermique, le droit d’accès à la nature ou encore la sortie des énergies fossiles.Monsieur le Premier ministre, votre politique est finalement très cohérente : vous défendez ceux qui accaparent la terre, tout comme vous encouragez ceux qui accaparent les richesses – d’ailleurs, bien souvent, ce sont les mêmes. Voici donc les conséquences concrètes de votre politique : un enfant français sur cinq vit dans la pauvreté, un Français sur quatre ne mange pas à sa faim, un sur dix a renoncé à se soigner, deux sur dix n’arrivent pas à payer leurs factures à temps.

Eh oui !

Compte tenu de vos annonces, ils vont être nombreux à se serrer encore davantage la ceinture. (M. Charles Fournier applaudit.) Pour trop de nos concitoyens, la vie se rétrécit : pas de vacances, pas de petits plaisirs, seulement le travail et les factures. Et vous avez volontairement capitulé face aux inégalités : soyons honnêtes, vous n’avez jamais cherché à les combattre. (Mme Sandra Regol applaudit.)

Exactement !

Vous êtes arrivé au pouvoir persuadé que – je vous cite – « la France souffre davantage d’inégalités de destin que d’inégalités de revenus ». Oui, combattre les inégalités de destin, c’est donner à chacun les moyens de s’émanciper, de s’épanouir grâce à l’éducation, à la culture, au sport.

Grâce à l’école publique !

C’est combattre pied à pied le séparatisme des riches (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES. – Mme Raquel Garrido applaudit également), c’est octroyer à l’enseignement public les moyens financiers et humains de mener à bien sa mission : offrir à tous les enfants de France l’occasion d’apprendre, d’aiguiser leur esprit critique et tout simplement de grandir.

Dans des classes mixtes !

Mais qui peut croire un instant que l’on peut combattre les inégalités de destin en laissant croître les inégalités de revenus ? Les possibilités ne sont pas les mêmes pour les 10 % de Français les plus pauvres, qui disposent pour tout patrimoine de quelques milliers d’euros sur un livret A, et pour les 10 % les plus riches, qui détiennent en moyenne un patrimoine de 1,1 million d’euros. (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES.)

Eh oui ! Ils mettent leurs enfants à Stanislas !

Un tel patrimoine ne constitue pas seulement une protection financière : c’est le droit à l’erreur, le droit de prendre son temps – le temps d’hésiter, de se construire, de se découvrir. Nous proposons donc l’évidence : non pas tout taxer, mais reprendre aux profiteurs, remettre les superprofits dans le pot commun et instaurer un ISF – impôt de solidarité sur la fortune – climatique. (Mêmes mouvements.) L’argent magique n’existe pas, le ruissellement spontané non plus. Il est de votre responsabilité de garantir la juste répartition des richesses.Pour gagner le combat de l’égalité, il faut mener une bataille féroce contre ses plus grands adversaires : l’accaparement et le surprofit. Là encore, force est de constater que vous avez volontairement capitulé. Vous parlez d’autorité, de sanctions contre les jeunes, contre les chômeurs, contre les précaires et globalement contre tous les […]

Elle a raison !

…aux actionnaires qui font des plus-values sur les difficultés des Français et considèrent les énergies fossiles mortifères comme une machine à cash. (Mme Sandra Regol applaudit.) Pendant que la planète étouffe, TotalEnergies réalise plus de 19 milliards d’euros de bénéfices. Pendant que les agriculteurs se démènent, la fortune des trois frères qui possèdent Lactalis représente 43 milliards. (Mme Marie Pochon applaudit.) Pendant que les nappes phréatiques s’assèchent, les actionnaires de Nestlé se sont partagé 19 milliards de dividendes. Le système marche sur la tête. En un an, les prix de l’alimentation dans les magasins ont augmenté de 8 %, alors que les prix d’achat auprès des agriculteurs ont baissé de 9 %. Les seuls gagnants restent les industries agroalimentaires, dont les marges, toujours en un an, sont passées de 28 % à 48 %. (Applaudissements sur les bancs du groupe […]

Évidemment !

C’est pourquoi les écologistes sont naturellement solidaires du mouvement des agriculteurs, de leur lutte pour vivre dignement. Depuis trente ans, les écologistes se battent contre les accords de libre-échange (Mêmes mouvements. – Mme Raquel Garrido applaudit également) qui soumettent ces professionnels à une concurrence déloyale, revendiquent pour eux un revenu minimum, souhaitent réformer la PAC et supprimer la dette qui oppresse les exploitants. Votre seule réponse, monsieur le Premier ministre, est de réduire les protections environnementales,…

La honte !

…ces normes qui protègent la santé de nos paysans et les terres qu’ils cultivent. Cette solution inadaptée vise à éviter d’affronter l’agrobusiness ; or choisir la facilité ne résoudra rien. La crise ne sera pas enrayée et le déclin de l’agriculture française continuera. En bref, depuis sept ans, vous avez activement, volontairement, sciemment capitulé face aux profiteurs de crise. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Écolo-NUPES.) Alors, mettons des mots sur votre politique. Parlons d’égoïsme quand le Gouvernement enrichit une infime minorité au détriment du reste de la nation. (Mêmes mouvements.)

Elle a raison !

Parlons d’impunité quand le Président décide d’utiliser son statut, l’autorité de l’institution qu’il représente et la visibilité dont il bénéficie, pour écraser la parole des femmes victimes d’hommes considérés comme intouchables. (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES.)

Eh oui !

Bravo !

Parlons de déchéance morale après l’adoption de la loi consacrée à l’immigration, qui reprend les obsessions et les mensonges de l’extrême droite (Mêmes mouvements), dont les milices défilent dans nos rues à Lyon, à Annecy ou à Romans-sur-Isère. Parlons d’incompétence quand vous êtes incapable, depuis un mois, de nommer un ministre du logement.

M. Kasbarian attend !

Étant donné vos annonces, vous allez encore fragiliser le logement social (Mêmes mouvements) ; du reste, vous prévoyez tout au plus 30 000 nouveaux logements dans vingt territoires, alors qu’il en faut 500 000.

Eh oui !

Le 9 janvier, monsieur le Premier ministre, vous vous adressiez à nous en ces termes : « Nous avons en commun le destin de notre nation ». Sur ce point, nous nous retrouvons : les décisions que nous prenons ici et maintenant façonneront notre destin et celui de nos enfants. Tout d’abord, soyez assurés que nous, votre opposition de gauche et écologiste, défendons dans cette assemblée une politique de progrès social et de justice climatique. Ensemble, nous avons voté la hausse du Smic, la prime alimentaire, l’interdiction de substances cancérigènes et celle des jets privés : vous vous y êtes systématiquement opposé.

Eh oui ! Vous n’êtes pas constructif !

Pour que notre destin commun soit grand, pour qu’il soit beau, c’est un changement radical dont nous avons besoin. En effet, vos capitulations successives ont amoindri la France. Elle doit reprendre son souffle, mais aussi sa place dans le concert des nations. La France était une boussole au niveau international ; sa parole, autrefois écoutée, a été abîmée par la présidence d’Emmanuel Macron. (Mme Sandra Regol applaudit.) Alors que la Cour internationale de justice (CIJ) alerte l’opinion sur le risque de génocide dans la bande de Gaza, la place de la France est claire : elle est du côté du droit, de la raison, de la paix et de la vie. (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES et sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)

Bravo !

La France doit activement œuvrer au retour des otages et exiger fermement un cessez-le-feu immédiat et permanent. (Mêmes mouvements. – Mme Elsa Faucillon applaudit également.)Victor Hugo définissait la France de 1789 comme « une grande lumière mise au service d’une grande justice ». Nous, écologistes, nous battrons sans relâche pour que la France redevienne la nation qui lutte de manière acharnée contre les inégalités. Nous nous battrons pour qu’elle se dresse enfin contre l’accaparement des terres et de l’eau, pour qu’elle reste une terre d’accueil, qui protège et nous rend fiers. Nous continuerons à nous battre pour une certaine idée de la France, la France qui ose, la France qui n’a pas peur, la France qui s’entraide. Malgré vous, malgré vos annonces rétrogrades, nous continuerons à faire vivre la lumière de la France. (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES, dont les […]

La parole est à M. André Chassaigne.

Lors de sa réélection en avril 2022 face au Rassemblement national, le président Macron avait déclaré : « Ce vote m’oblige pour les années à venir ».

Quel menteur !

Depuis, cet engagement n’a trouvé d’écho ni dans sa politique ni dans sa pratique du pouvoir. Les élections législatives avaient pourtant confirmé la nécessité, pour le camp présidentiel privé de majorité absolue, de gouverner autrement et de rééquilibrer les pouvoirs. Le mandat de Mme Borne s’est au contraire inscrit dans la continuité d’habitudes brutales, avec en guise de « pratiques nouvelles » vingt-trois 49.3. Et s’il fallait attribuer une palme en la matière, elle serait décernée au 49.3 qui s’est abattu sur le texte relatif à la réforme des retraites malgré l’opposition de 80 % des Français et de la majorité de l’hémicycle. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR-NUPES et Écolo-NUPES. – Mme Raquel Garrido applaudit également.)

Il a raison, c’est juste !

Violence institutionnelle et reniement des engagements : tel est le résumé de ce début de quinquennat, lequel a culminé en donnant à l’extrême droite une victoire idéologique majeure (Mêmes mouvements), en cédant toute honte bue aux fantasmes, par l’adoption d’un texte sur l’immigration contraire à la loi fondamentale, qui crée un appel d’air pour le racisme tout en fragilisant notre État de droit. Certes, plus d’une trentaine de mesures ont été censurées par le Conseil constitutionnel,…

La honte !

…mais l’irréparable avait été commis,…

Exactement !

…laissant derrière lui blessures et autres conséquences. (Mêmes mouvements.) Monsieur le nouveau Premier ministre, non seulement vous êtes comptable de ce triste bilan, mais vous avez été désigné comme commissaire politique par le Président de la République (Protestations sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR) pour poursuivre l’œuvre entamée. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR-NUPES et Écolo-NUPES.) Il vous a rappelé le 16 janvier que le détenteur suprême du pouvoir exécutif, c’est lui ! Vous venez de le confirmer : avec votre gouvernement mondain et de l’entre-soi (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Écolo-NUPES), vous servirez sa politique, elle-même au service des riches et creusant toujours davantage les inégalités, sans jamais douter, avec fierté, dites-vous – en réalité avec arrogance. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe GDR-NUPES.)C’est cette […]

Ça va venir !

Alors que le nombre de travailleurs pauvres et d’emplois précaires explose, que les réformes récentes et à venir menacent l’existence même d’un droit à l’assurance chômage, ce gouvernement ne compte pas de ministre du travail de plein exercice. Alors que la France traverse une crise du logement d’une ampleur inédite, que le nombre de personnes sans domicile a doublé en dix ans, que 3 000 enfants dorment dans la rue, que 18 % de la population vit dans un logement insalubre, ce gouvernement ne compte toujours pas de ministre du logement. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR-NUPES et Écolo-NUPES.)

Ça arrive !

Alors qu’outre-mer le taux de chômage est deux à quatre fois plus élevé que dans l’Hexagone, que s’y nourrir coûte 30 à 42 % plus cher, que s’y trouvent les plus grands déserts médicaux et que le scandale d’État du chlordécone attend la réponse de votre gouvernement, il n’y a toujours pas de portefeuille dédié à ces territoires. (Mêmes mouvements. – M. Philippe Naillet applaudit également.)Alors que notre pays a besoin de mesures radicales pour développer le transport ferroviaire et les transports en commun à la hauteur des besoins, dans l’urgence de la transition écologique, ce gouvernement ne compte pas de ministre des transports.Alors que l’école publique connaît une crise sans précédent, que près de 10 000 enseignants ont disparu depuis 2017, que la France poursuit sa chute vertigineuse dans le classement Pisa – Programme international pour le suivi des acquis des élèves –, il n’y a […]

Pas un mot sur ce thème dans votre discours !

Quelle honte de dire ça !

Où sont vos propositions pour réparer notre République abîmée, apaiser notre pays déchiré, pour répondre à la souffrance de la majeure partie du peuple maltraitée ? Face au désespoir des agriculteurs, vous avez fait le pari du coup de com’ sur un ballot de paille, mais vos annonces n’ont pas plus convaincu vendredi qu’aujourd’hui. Et pour cause : aucune mesure sérieuse afin de remédier dans la durée à la situation catastrophique qu’ils affrontent ; rien de concret pour lutter contre les distorsions de concurrence nourries par l’importation massive de produits non conformes à nos normes sociales ou sanitaires ; rien concernant les effets des traités de libre-échange déjà signés – vous vous contentez d’un vague engagement à propos du Mercosur, ignorant les autres négociations en cours ; rien sur les revenus des agriculteurs, les prix planchers ou la révision en profondeur du cadre des […]

C’est vrai ! Je m’en souviens !

L’hypertrophie présidentielle, associée à la servitude de l’exécutif et à votre pratique de la démocratie parlementaire, ne nous laisse que peu d’espoir. Votre refus de soumettre votre déclaration de politique générale au vote de la représentation nationale anéantit à lui seul (Mme Raquel Garrido applaudit) tous vos efforts en vue de convaincre des atouts que vous retireriez de votre jeunesse pour diriger ce gouvernement. Vous en avez la fougue, mais il vous manque l’essentiel : le courage et le panache ! (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR-NUPES et sur plusieurs bancs du groupe Écolo-NUPES. – M. Boris Vallaud applaudit également.)Quant à nous, députés du groupe GDR, communistes et progressistes des territoires dits d’outre-mer, nous resterons fidèles aux engagements que nous avons pris devant les Français. Dans le combat entre l’ombre et la lumière, nous nous opposerons au […]

La parole est à M. Bertrand Pancher.

Comme la plupart de mes collègues du groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires, je me suis rendu ces derniers jours à un barrage d’agriculteurs en colère pour leur témoigner notre solidarité et notre soutien. Mon passage n’était ni organisé par les services de la préfecture, ni filtré. Issu d’un territoire rural, fils d’agriculteurs, conscient des grandes difficultés qu’affronte cette profession et qui n’ont fait que croître, j’ai vu des visages graves. J’ai été frappé par leur colère, amplifiée, à l’instar de celle des professionnels de santé, des artisans ou des enseignants, par l’absence d’écoute et de concertation.Après la crise des gilets jaunes, celle des retraites puis celle des banlieues, cette mobilisation exprime – encore et encore – un appel à changer les modes de décision et une soif de transformation de notre logiciel démocratique. (Mme Raquel Garrido […]

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux, ministre de la justice #500

Et l’augmentation du budget de la justice ?

On comprend aussi qu’on ne prépare pas ainsi l’avenir de nos jeunes, y compris dans le domaine environnemental. Cette crise institutionnelle ne pourra se résoudre que par une réforme profonde de l’État – c’est là la priorité : un véritable choc de décentralisation, plus de consultations à travers le recours au référendum, un Parlement plus respecté, des corps intermédiaires mieux écoutés. (Mme Raquel Garrido applaudit.)Alors que la France affiche les dépenses publiques les plus importantes de tous les pays occidentaux, ses services publics fonctionnent de moins en moins bien. Quel paradoxe ! Les Français attendent des mesures fortes en matière de pouvoir d’achat, de partage de la valeur ajoutée et de participation. Ils veulent des hôpitaux qui fonctionnent, des Ehpad qui ne soient pas des mouroirs et de bonnes écoles qui ne soient pas réservées aux plus riches. (Mme Raquel Garrido et M. […]

La parole est à M. Sylvain Maillard.

Quel arrondissement, monsieur Maillard ? Vous allez chauffer les meetings de Rachida Dati pour les municipales !

Alors que vous venez de prononcer devant cette assemblée votre déclaration de politique générale, monsieur le Premier ministre, il est clair que l’année 2024 sera décisive – pour notre continent, d’abord, avec la tenue d’un scrutin qui déterminera quelle Europe nous voulons ; pour notre pays, ensuite, alors que les Jeux olympiques et paralympiques de Paris feront rayonner la France à travers le monde ; pour notre avenir, enfin, puisque les politiques que nous avons à adopter et à déployer dès maintenant définiront le visage de notre nation pour les décennies à venir.C’est dans ce contexte plein d’enjeux et de défis que vous avez été nommé. Ce choix constitue, pour les députés du groupe Renaissance, une marque de renouvellement autant que de fidélité à l’égard de la majorité parlementaire dont vous êtes issu. Cette majorité, c’est celle qui, en sept ans, a créé 2 millions d’emplois et […]

La preuve : ils ont même embauché les sarkozystes !

…celle qui a entamé la réindustrialisation de notre pays, où plus de 300 nouvelles usines se sont installées ; celle qui a investi dans notre souveraineté énergétique en relançant la filière nucléaire et en développant les énergies renouvelables comme jamais auparavant ; celle qui a renforcé les effectifs de la police et de la justice dans des proportions jamais vues depuis trente ans et redonné aux armées les moyens d’assurer leurs missions sur l’ensemble du globe. C’est cette majorité qui a accru l’égalité des chances en dédoublant les classes et en développant l’école inclusive, et qui lutte depuis sept ans contre les déserts médicaux grâce à la suppression du numerus clausus et à la libération du temps médical. (Mêmes mouvements.)Nous devons cependant aller plus loin. Vous avez fait, monsieur le Premier ministre, des annonces fortes en ce sens.

Houlà !

Cette majorité a su protéger nos concitoyens et nos entreprises pendant la crise liée au covid-19, comme nous les protégeons actuellement face à l’inflation, plus qu’aucun autre pays européen. Elle a fait de la France le premier pays d’Europe en matière d’investissements, tout en accélérant la transition écologique – nos émissions de CO2 ont baissé de plus de 4 % en 2023, nous permettant de respecter la trajectoire que nous nous sommes fixée. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE.) Elle a doté la France des moyens nécessaires à la protection de sa souveraineté alimentaire, à travers les lois Egalim.

J’y reviendrai. Je pourrais multiplier les exemples témoignant de l’action résolue que nous menons, depuis sept ans, pour libérer, protéger et transformer notre pays.

Pour le ruiner !

Monsieur le Premier ministre, vous vous inscrivez dans cette histoire. Vous avez désormais, avec votre gouvernement, à en écrire une nouvelle page. Vous avez d’emblée voulu vous placer sous le signe de l’action et du concret.C’est une nécessité, tant la politique risque de mourir de ce paradoxe : ne pas oser dire les choses et, en même temps, en dire trop, au risque de se perdre dans les discours au détriment des actes. Les temps que nous vivons, je le répète, nous imposent l’action plutôt que le verbe, l’incantation.

Il ne suffit pas de le dire, il faut le faire !

Parce que nous partageons ce constat, monsieur le Premier ministre, nous attendons de vous que votre action tienne toujours compte de la réalisation du dernier kilomètre, celui sans lequel il est impossible de changer réellement la vie des Français. Vos paroles devant cette assemblée et vos premières décisions démontrent l’importance que vous accordez à cet impératif ; il aura à s’incarner dans les nombreux domaines qui définiront la France de demain.L’agriculture constitue l’un des plus essentiels pour notre pays, premier producteur européen. Dans un monde aux échanges ultracompétitifs, nous devons continuer à défendre l’excellence des produits français en imposant nos normes de qualité aux pays qui veulent exporter leurs denrées chez nous.

Le Chili, par exemple !

C’est raté !

Vous avez refusé de le faire !

Les députés Renaissance veulent ces clauses miroirs, afin qu’il soit impossible d’importer des produits qui ne respectent pas nos normes. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.)

Au Parlement européen, vous avez voté contre !

Nous saluons votre détermination à les instaurer dans nos échanges commerciaux.

Vous êtes des menteurs !

Cette préoccupation d’une alimentation de qualité nous a poussés à déposer une proposition de loi consacrée au bien manger, qui sera examinée par cette assemblée au mois de mars. Afin que notre agriculture prospère, il faut que ceux qui la font vivre puissent eux-mêmes vivre de cette activité sans craindre le lendemain. Pour cela, en tant que législateur, nous ne pouvons tolérer que les lois votées par la représentation nationale soient contournées, voire bafouées. Aussi saluons-nous votre volonté de faire respecter par les distributeurs, les transformateurs et les industriels les lois Egalim et le texte que nous avons soutenu afin de sécuriser l’approvisionnement des Français en produits de grande consommation.

Il faut des fonctionnaires pour ça ! Des vétérinaires, des contrôleurs de la DGCCRF ! Vous en avez supprimé 1 000 !

Encore une fois, nous serons à vos côtés pour défendre l’agriculture et exiger qu’elle soit rémunérée à sa juste valeur. Nous continuerons dans les prochaines semaines à nous faire le relais des préoccupations des maraîchers, des éleveurs, des viticulteurs, des céréaliers, des agriculteurs et pêcheurs de nos territoires,…

Il y a longtemps qu’ils ne vous font plus confiance !

…à promouvoir des textes en vue d’améliorer leur quotidien, telle la proposition de loi du groupe Renaissance qui vise à protéger le mode de vie agricole face aux troubles de voisinage. Dans cette perspective, nous nous attacherons à enrichir toujours plus la future loi d’orientation agricole, à porter des mesures de nature à changer concrètement et rapidement la situation de ceux qui nous nourrissent. Ce choc de facilité que nous voulons pour notre agriculture…

Le choc, c’est l’échec !

…doit profiter à l’ensemble de nos concitoyens et des entreprises de notre pays, sans oublier les collectivités locales. Lorsqu’elle alimente le désordre au lieu de le résorber, la bureaucratie devient un poison.

Parole d’expert !

Après la crise du covid, nous avons commencé à supprimer des ralentisseurs, à remettre en cause des procédures dénuées de logique. Nous devons conserver cet élan dans le cadre de la future loi de simplification. Nous serons au rendez-vous pour l’amender et la renforcer. Ce chantier nous permettra de modifier profondément la vie de nos concitoyens tout en maintenant notre objectif de redressement des finances publiques. En effet, la bonne tenue de nos comptes constitue un impératif absolu de notre majorité.

En sept ans, 900 milliards supplémentaires de dette !

Nous tiendrons ensemble, monsieur le Premier ministre, la trajectoire de désendettement que nous nous sommes fixée jusqu’en 2027. Surtout, vous l’avez martelé dans votre discours, redonner toute sa pertinence à la valeur travail est indispensable pour que notre pays prospère. En premier lieu, il faut faire en sorte que le travail paie et refuser que des millions de salariés s’enfoncent dans la précarité ! Nous ne pouvons tolérer que ceux qui respectent notre contrat social et contribuent chaque jour à faire tourner nos entreprises connaissent l’angoisse des fins de mois difficiles. La classe moyenne, pilier de notre économie, se sent trop souvent la grande oubliée de nos politiques publiques.

Sept ans d’oubli de la classe moyenne, des agriculteurs, des fonctionnaires – de tout le monde !

À cet égard, les mesures que vous avez annoncées ici, monsieur le Premier ministre, vont dans le bon sens : le travail doit toujours payer plus que l’inactivité.

Payez mieux le travail !

Ce combat se trouve au cœur du projet défendu par le groupe Renaissance depuis sept ans, car le travail demeure l’essence même de l’émancipation de chacun. Il sera déterminant pour améliorer durablement le pouvoir d’achat des Français,…

Je ne suis pas d’accord avec vous !

…qui constitue leur principale préoccupation et doit donc être aussi la nôtre, en métropole comme outre-mer. Dans cette quête d’émancipation, l’accès de chacun à un logement est également essentiel. La crise que connaît ce secteur appelle des mesures. Les textes soutenus par notre groupe ces derniers mois – proposition de loi contre les occupations illicites, proposition de loi sur les meublés touristiques – constituent les premiers éléments en ce sens. Nous plaidions depuis longtemps pour un véritable choc de l’offre. Vous étiez attendu sur ce sujet, monsieur le Premier ministre, vous avez répondu par des annonces fortes.

Maillard, on ne t’écoute plus !

Le droit à la sécurité constitue un autre impératif, un droit fondamental. Aucun habitant ne devrait craindre de se promener dans son quartier, aucune femme ne devrait avoir peur de rentrer seule le soir, aucun citoyen ne devrait être victime de violences ou d’incivilité dans l’espace public,…

C’est bien de s’en rendre compte maintenant !

…aucun Français ne devrait redouter de représailles du fait de sa confession. À chacun, quels que soient son lieu de résidence, son genre, sa religion, nous devons assurer qu’il puisse vivre en paix dans son pays. Les députés Renaissance y contribueront dès ce printemps, avec une proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale aux infractions à caractère raciste ou antisémite et une autre prévoyant d’accroître la durée de l’ordonnance de protection des victimes de violence conjugale.J’ai énuméré les chantiers à court terme, mais je n’oublie pas ceux qui ont vocation à s’inscrire dans le temps long, car ils touchent aux fondements de notre identité. Le premier est bien sûr l’école : notre avenir se joue auprès des jeunes générations. Vous avez affirmé, monsieur le Premier ministre, vouloir donner à celles-ci de nouvelles raisons d’espérer ; nous y souscrivons. Pour cela, l’école […]

Ça manque d’enthousiasme : le mieux serait d’abréger !

Néanmoins, le plus grand défi de notre temps reste sans doute le changement climatique. Vous avez exposé, monsieur le Premier ministre, la planification écologique, indispensable en vue d’élaborer une écologie de l’innovation et de la solution plutôt que de l’obligation, une écologie qui rime avec l’ambition, jamais avec la décroissance.

C’est du Baudelaire !

Nous ne devons ni renoncer à nos ambitions en la matière, ni les concrétiser au détriment des Français. Par ailleurs, il faut redonner aux citoyens le goût de l’engagement. Notre majorité s’y emploie cette semaine en soutenant la proposition de loi visant à soutenir l’engagement bénévole et celle visant à reconnaître les métiers de la médiation sociale. Votre décision de pérenniser les cours d’éducation civique à l’école…

Pour apprendre les bienfaits de la mixité ?

…constitue un signe encourageant, de même que la généralisation du SNU que vous venez d’annoncer.

Encore un fonds Marianne ?

Le besoin d’engagement se fait également sentir dans notre démocratie. Nous devons honorer ceux qui la font vivre. Il est inconcevable que, dans notre pays, des élus soient impunément l’objet d’insultes, de menaces, de violences, voire de lynchage.

On attend que vous condamniez la pancarte insultant Sandrine Rousseau !

Servir ses concitoyens au sein de sa commune, de son département, de sa région, ou dans cette assemblée, ne devrait jamais amener à craindre pour sa vie ou celle de ses proches. Une démocratie qui se retourne contre ceux qui la servent se détruit elle-même. Honte à ceux qui, y compris sur ces bancs, ont nourri ces bas instincts par leur comportement outrancier ! A cet égard, la proposition de loi qui tend à renforcer la sécurité des élus locaux sera salutaire. Le retour de l’autorité passe par le respect des institutions et de leurs représentants.

Que les ministres arrêtent de mentir !

Pour mener à bien ces entreprises, l’esprit de compromis qu’exige la configuration de notre assemblée est indispensable. Je le redis devant l’ensemble des groupes de l’arc républicain :…

Avec qui avez-vous voté le texte sur l’immigration ? Humaniste en carton-pâte, vous avez offert une victoire idéologique à Le Pen !

…notre main est toujours tendue lorsqu’il s’agit de construire des majorités de projet. (M. Jean-René Cazeneuve applaudit. – M. Maxime Minot s’exclame.) Nous l’avons déjà fait : des textes transpartisans ont été adoptés. Nous devons désormais accentuer cet élan.

Chers collègues, s’il vous plaît !

Un autre élément, consubstantiel à notre projet depuis 2017, sera essentiel aux réformes projetées : l’audace. La France en a besoin pour tenir son rang dans le concert des nations et au sein de l’Europe (Exclamations sur les bancs des groupes RN et LR), préserver l’art de vivre à la française, faire valoir ses idéaux face aux bouleversements du monde, se réinventer en accord avec son histoire et ses valeurs ! Parce que votre action entend s’inscrire dans la vision du Président de la République, celle d’une France fière d’elle-même, je veux vous assurer ici, monsieur le Premier ministre, du soutien et de la confiance des députés Renaissance. Et pour conclure mon propos (« Ah ! » sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES, Écolo-NUPES et GDR-NUPES), je répéterai l’appel que Danton (Exclamations sur tous les bancs) lançait jadis à la tribune : « […] de l’audace, encore de l’audace […]

De l’audace, il en faut pour abolir les privilèges, pas pour les instaurer !

La parole est à Mme Marine Le Pen.

L’exercice auquel nous venons d’assister tient du rituel, un rituel presque mécanique – il l’est davantage encore aujourd’hui –, un catalogue, une succession de promesses diverses et variées, sans lien entre elles et d’un niveau pour le moins inégal. Ce n’est pas faire injure à M. le Premier ministre que de constater que son intervention se borne à la revue de détail d’une déclaration de politique générale que le Président de la République a faite avant lui, à sa place, lors d’une conférence de presse fleuve. Comme nous, et surtout comme le pays, vous subissez l’intempérance jupitérienne. Le nouvel équilibre institutionnel du quinquennat a ravalé – c’est malheureux – le Premier ministre au rang de figurant, de communicant, d’« un collaborateur », comme disait un ancien président.

Attention aux détails de l’histoire !

Avec M. Macron, cette atrophie institutionnelle est aggravée par une conception autocentrée du pouvoir. Ministre de tout, le Président de la République devient évidemment le premier de ses ministres. Pour aller droit au fait, je n’ai pas discerné dans ce discours lourdement tombé d’une fenêtre du Château les voies et moyens du redressement ; je n’ai pas senti le grand souffle qui emporterait le pays vers des lendemains heureux – à dire vrai, je n’ai senti aucun souffle ! Il ne suffit pas d’invoquer une volonté de mettre fin au conservatisme pour bousculer un système sclérosé par des décennies de politiquement correct, de connivences, de bétonnage de rentes de situation pas toujours légitimes. Loin d’y parvenir, vous perpétuez le modèle endogamique et oligarchique dont Mme Oudéa-Castéra apparaît comme l’incarnation archétypale.

Dit la « fille de » !

Venons-en au fond : l’avalanche de promesses à laquelle nous venons d’assister ne laisse entrevoir de réponses qu’à quelques urgences médiatiques, comme s’il s’agissait de gagner du temps. Je ne vois rien qui contribue au redressement des piliers effondrés : vous continuez à promouvoir une vision utilitariste, construite autour de mesurettes sans transcendance ni portée, fondamentalement post-politique et post-nationale.Dans ce catalogue de mesures éparses, parfois contradictoires, vous tentez d’allier un peu de gauche et un peu de droite : en réalité, vous accommodez le pire de la droite et le pire de la gauche. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.) Le pire de la droite, c’est, par exemple, la hausse des franchises médicales ou la nouvelle réforme de l’assurance chômage à venir ; le pire de la gauche, la hausse des taxes sur l’électricité ou la normalisation à outrance – je […]

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #576

Votre propre parti est en faillite !

La situation exige une remise à plat d’une autre ampleur, un grand mouvement appuyé sur une volonté nationale, la force retrouvée du pouvoir de l’État et une volonté populaire qui légitime l’action publique. En clair : la souveraineté, l’État, la démocratie. Pour cela, la première condition consiste à rendre au pays sa capacité de décider. Votre arrimage aveugle et inconditionnel à l’agenda bruxellois vous condamne d’office aux mêmes errements que vos prédécesseurs. À quoi riment les discours sur le volontarisme lorsque que vous savez avoir laissé les commandes intellectuelles et institutionnelles à l’autorité supranationale de l’Union européenne ? (Mêmes mouvements.) À quoi bon les déclarations sur l’agriculture qui serait au-dessus de tout lorsque vous êtes prisonnier des logiques décroissantistes du wokisme vert ?

Vous voulez vendre la France à Poutine ! (Protestations sur les bancs du groupe RN.)

Appuyé sur des ballots de paille, vous parlez de souveraineté française, tandis que l’Élysée use et abuse d’un oxymore, d’une incantation antinomique – la souveraineté européenne –, alors même que la très mercantile Union européenne a depuis toujours récusé le mot de souveraineté pour s’en remettre de manière obsessionnelle à la seule loi du marché. Pensez, monsieur le Premier ministre, qu’au moment même où les agriculteurs français manifestaient devant le Parlement européen,…

Ce sont vos attachés parlementaires qui vous ont dit ça ?

…à quelques mètres d’eux, dans un immeuble en verre, vos élus votaient pour un désastreux accord de libre-échange avec le Chili ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Eh oui, c’est factuel !

Cela ne vous a pas empêché, le lendemain, de promettre à ces mêmes agriculteurs, la main sur le cœur, de les défendre.