Séance du 30 janvier 2024 /// n°109 /// 782 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2023-2024

Séance du 30 janvier 2024 — 109e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

782prises de parole
117orateurs
9points à l'ordre du jour
1scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
3289 l’ensemble du projet de loi constitutionnelle relatif à la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse (première lecture). 493 / 30 adopté

Verbatim Le compte rendu

Tours 401 à 600 sur 782 — page 3 / 4.

Déclaration du Gouvernement et débat

Quant à vous, vous les avez abandonnés ! (Brouhaha.)

Les commentateurs amusés y verront les artifices du « en même temps ». Quant à moi, ces faux-semblants m’inspirent la plus grande peine, pour les agriculteurs, pour cette France rurale qui souffre, pour notre peuple que l’on trompe. La confiance, pourtant si nécessaire en ces temps de crise, ne peut revenir dans votre monde, où l’on privilégie le court terme, l’éphémère, l’apparence, où l’on pense pouvoir éteindre les contestations par des initiatives dilatoires, le mensonge, la ruse, ou bien à l’usure. Il ne sert à rien de vouloir écoper quand les membres de l’équipage, aux ordres du commandant, s’emploient – en même temps – à ouvrir des voies d’eau partout dans la coque du navire ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)Quel crédit peut-on accorder à ces incohérences ? Avez-vous seulement prise, en tant que Premier ministre, sur ce qui se passe, sur ce qui se décide, sur ce […]

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #589

C’est nul !

Confusion politique, lorsque les politiques ont abdiqué leurs responsabilités et que le terme même devient synonyme d’impuissance ; confusion institutionnelle, lorsque plus personne ne sait qui fait quoi, qui décide de quoi, qui est juridiquement en mesure de décider – le local, le national, le Parlement, le Président, le juge, le Conseil constitutionnel, Bruxelles, la presse, l’Otan ? Comble du paradoxe, sous la Ve République, qui lui donne le pouvoir de présider, le Président gouverne, tandis que le Gouvernement se contente d’administrer les affaires courantes. Que dire des régions qui ouvrent des ambassades à l’étranger, des communes qui subventionnent, sans objet municipal, le trafic d’êtres humains par le biais d’associations complices des passeurs (Applaudissements sur les bancs du groupe RN),…

Quelle honte de dire cela des humanitaires !

…d’un clan politique qui saccage la capitale de tous les Français, d’un préfet de police incapable de mettre fin aux ventes à la sauvette sous la tour Eiffel, d’une préfecture qui entretient des rapports troubles avec des individus impliqués dans l’acte terroriste de Trèbes ?Pour le Rassemblement national, il n’y aura de restauration nationale qu’à deux conditions : la restauration de la fonction publique et celle des moyens de l’État. La grande question qui se pose au pays ne tient pas seulement au programme de tel gouvernement, à la vision de tel président. Elle ne repose pas sur la bonne volonté, supposée ou réelle, de tel ministre. C’est le retour du politique ! (Mêmes mouvements.) C’est au politique qu’il appartient de décider, tout particulièrement dans les ministères, dans les assemblées, dans les régions, dans les communes. L’élu doit arrêter de se tourner vers le fonctionnaire […]

Ils doivent redevenir les inspirateurs des grandes impulsions publiques dont le pays a besoin. Le retour du politique, c’est aussi le fait de congédier la pensée magique du « quoi qu’il en coûte » ou « il suffit d’emprunter », celle des experts, des grands prêtres de la pensée unique, ainsi que la logique frileuse et désastreuse du « pas de vagues » quand il s’agit d’affronter les problèmes. À l’heure où vous parlez de réarmement – peut-être pour vous donner des airs guerriers –, je ne crois pas avoir entendu l’expression de réarmement régalien. Ce n’est pas un oubli, parce que ce n’est pas votre projet. Pourtant la question est d’importance : la France est-elle condamnée à s’enfoncer dans le laxisme judiciaire ? La politique peut-elle continuer à demander à la police de terrain de trouver les solutions sécuritaires ou sociales qui relèvent du politique et de lui seul ? L’entreprise […]

C’est du blabla !

…sur les forces supranationales comme l’Union européenne, les féodalités qui gangrènent la vie sociale et économique,…

C’est toi, le Moyen Âge !

…les inerties administratives ou d’habitude, la résignation de l’opinion, lassée des échecs de ses dirigeants. Le moyen – le bras armé ! – de cette reprise de contrôle, c’est l’État, pour peu qu’il soit respecté, c’est-à-dire restauré. La restauration de l’État, c’est la réhabilitation des grands corps, de la préfectorale ou des corps diplomatiques, le retour du sens de l’État et, au plus près des gens, partout sur le territoire, en métropole et outre-mer, la proximité des services publics.

Il n’y a rien de concret dans ce que vous dites !

C’est un État qui n’agit pas pour lui mais au service de la nation, un État conscient que son premier devoir est d’assurer la sécurité intérieure et extérieure, l’égalité des citoyens et la liberté de tous ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.) C’est un État dont les agents sont honorés, respectés, récompensés comme ils le méritent, à la mesure des services qu’ils rendent au pays. C’est un État doté des moyens de ses missions.La troisième condition du redressement réside dans la démocratie, c’est-à-dire le retour du peuple ou de ses représentants. Quoi que vous puissiez dire de votre prétendu changement de méthode, monsieur le Premier ministre,…

Il n’écoute pas !

…on ne peut que constater votre incapacité à sortir des logiques verticales. À votre décharge, après sept ans de pouvoir d’Emmanuel Macron, je ne crois pas que vous puissiez modifier ce qui apparaît comme une marque de fabrique du macronisme. Votre discours sonnait d’ailleurs comme un cruel réquisitoire contre ces sept années.

C’est pas génial !

Vous n’avez pas de majorité : au lieu d’en chercher une par le respect de vos alliés, l’écoute, le dialogue, éventuellement le compromis, vous comptez sur des ruses institutionnelles, en excluant par principe les voies transparentes et saines, pour trouver l’assise dont vous avez besoin. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.) L’élaboration de la loi par 49.3 – la mitrailleuse ! –, les décisions publiques au marteau, les atteintes au droit d’amendement sous prétexte de cavaliers législatifs ne sont pas admissibles dans une démocratie moderne.

La Constitution vous gêne !

Lorsque le Conseil constitutionnel, par sa lecture militante, participe au détricotage arbitraire d’un texte issu de la représentation nationale, il en ressort une impression de déni démocratique (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN), de piétinement du principe même de la démocratie.

Vous remettez en cause l’État de droit, madame Le Pen !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #612

Elle veut supprimer le Conseil constitutionnel, quelle honte !

Qui peut croire que le délit de séjour irrégulier n’aurait rien à voir avec l’immigration et devrait, à ce titre, être effacé du texte ? Aucun gouvernement ne peut, sans conséquences psychologiques pour le pays, légiférer sans vote et parfois sans débat, ignorer les contestations sociales, réprimer l’expression des souffrances populaires ou jouer, avec une délectation cynique, de la stratégie du pourrissement. Nul ne devrait pouvoir s’affranchir du respect de la volonté du peuple, fondement de la démocratie. (« Bravo ! » sur quelques bancs du groupe RN.) Vous devez cesser de considérer l’exercice de la démocratie comme une formalité administrative ; la conduite de l’État comme un passe-temps ; les institutions comme des instruments ; les fonctions ministérielles comme un jeu de chaises musicales.

C’est vide de sens, il n’y a rien dans votre discours !

Ce que nous attendons d’un gouvernement, c’est qu’il définisse clairement la grande voie autour de laquelle doit s’articuler toute action publique, toute projection pour l’avenir. Nous n’avons rien vu de tout cela, ni depuis sept ans, ni aujourd’hui ! (Les députés du groupe RN se lèvent et applaudissent.)

La parole est à Mme Mathilde Panot.

Les extrêmes en stéréo !

Vous nous avez maintenus dans l’attente, monsieur le Premier ministre : plus de deux semaines avant délivrer le discours de politique générale que vous devez à la représentation nationale ! Bien entendu, vous ne demandez pas la confiance de l’Assemblée, ce qui serait le moins que vous puissiez faire si notre démocratie fonctionnait. Vous ne la demandez pas, car vous ne l’obtiendriez pas : vous n’avez ni notre confiance, ni celle des citoyens. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – MM. Benjamin Lucas et Davy Rimane applaudissent également.)Vous nous avez maintenus dans l’attente, mais vous vous êtes rendu compte que personne ne vous attendait. Les agriculteurs en colère ne vous ont pas attendus pour réclamer de pouvoir vivre de leur travail. Leur avez-vous dit que votre majorité avait rejeté un texte que nous avions proposé en novembre dernier pour encadrer les marges de […]

Aurore Bergé ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations · EPR #623

Et alors ?

…elle a été présidente de la Fédération française de tennis pour 500 000 euros par an,…

C’est lamentable !

…avant de devenir ministre des sports, puis, tout récemment, de l’éducation nationale, des sports, des Jeux olympiques et paralympiques. La pauvre, elle gagnait, nous disait-elle, trois fois plus auparavant ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.)

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #627

Mme la procureure Panot !

Merci de nous avoir offert une si belle caricature de votre politique et de l’oligarchie que vous êtes, que vous représentez et que vous défendez ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Benjamin Lucas applaudit également.)

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #629

C’est sûr, la démocratie, c’est votre truc à vous !

Quand on lui parle de sa défense lamentable et de ses mensonges à répétition dans l’affaire du lycée Stanislas, où des thèses réactionnaires et hostiles à la République sont répandues, elle dit ne pas avoir menti. Non, c’est – tenez-vous bien – la réalité qui lui a donné tort…

C’est aussi vide que le discours de Le Pen !

C’est Closer, ici !

Il est vrai que, dans ce domaine, vous êtes des experts : que ce soit en matière de politique économique et sociale, d’écologie ou de démocratie, la réalité vous donne toujours tort. Pourtant, vous continuez. (« Eh oui ! » et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Benjamin Lucas applaudit également.) La réalité vous donne-t-elle encore tort ? Vous continuez. Vous mentez de nouveau ? Vous continuez !Monsieur le Premier ministre, Mme Oudéa-Castéra partage avec vous un arrondissement : du lycée Stanislas à l’École alsacienne, on se comprend bien entre grands bourgeois. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Benjamin Lucas applaudit également.)

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #635

Quelle honte !

Si Mme Oudéa-Castéra n’est pas encore partie, c’est pour une bonne raison : puisque vous êtes tous comme elle, pourquoi serait-ce à elle de s’en aller la première ? Elle pense ne rien devoir à personne, et sans doute vit-elle ses fonctions de ministre comme une peine infinie, car elle y gagne encore moins qu’à la Fédération française de tennis.

La pauvre !

Peut-être, toutefois, les effets cumulés de votre suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune compensent-ils cette perte de revenus. Ouf ! (Mêmes mouvements.)

C’est nul !

Monsieur le Premier ministre, l’étymologie du mot « ministre » est simple. Permettez-moi de vous la rappeler : ce mot vient de minister, qui signifie « serviteur » en latin. Tout gouvernement doit être un gouvernement de serviteurs. Le vôtre en est un, sans aucun doute. Mais vous ignorez qu’en démocratie, c’est le peuple que les ministres doivent servir. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Benjamin Lucas applaudit également.)

Et voilà !

Au lieu de cela, vous vous servez vous-mêmes et vous servez les plus riches, dont les intérêts ne se sont jamais aussi bien portés, au cours de la Ve République, que sous la présidence d’Emmanuel Macron. La fortune des 500 familles les plus riches de ce pays…

Oh là là, rappelez-vous qui parlait des 500 familles ! C’est honteux !

…a plus que doublé depuis 2017. Vous êtes leurs serviteurs zélés, mais vous oubliez la République et ses principes. Vous jetez ainsi en pâture celles et ceux qui arrivent sur notre territoire, pour ne pas parler des inégalités croissantes, du problème massif du logement, des sans-abri, des si nombreux travailleurs dont la paie ne suffit plus et de la situation sociale insupportable que vos politiques injustes font subir au pays. (Mêmes mouvements.)Monsieur le Premier ministre, vous n’êtes à la hauteur ni de la situation sociale ni de notre histoire démocratique (Mêmes mouvements), et encore moins de l’impérative nécessité de transformer nos modes de production pour relever l’immense défi écologique. Vous n’êtes pas à la hauteur !

C’est pathétique !

Une partie de la presse, sans doute sympathisante de votre gouvernement minoritaire, pond de vous des portraits ridicules, dans lesquels on s’extasie du fait que vous dormez peu. C’est peut-être pour cela que le pays semble conduit par une équipe de somnambules,…

N’importe quoi !

…ensommeillés dans leurs rêves de milliardaires, éblouis par les lumières télévisuelles, vivant dans un spectacle permanent que le pays regarde avec consternation. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Benjamin Lucas applaudit également.) Mais pendant que vous vivez de l’esbroufe éternelle, le pays souffre : vos tentatives d’hypnose ne fonctionnent pas !Les agriculteurs, à bout, comprennent que le libre-échange, la défense par une poignée d’un modèle intenable, les marges laissées sans contrôle sont la source de leurs difficultés quotidiennes. (Mêmes mouvements.)

Et votre agri-bashing permanent ?

Les enseignants, face à la création de groupes de niveau – mesure aussi stigmatisante qu’inefficace sur le plan pédagogique –, comprennent le caractère systématique de la destruction du service public qu’ils honorent.Les cheminots, que vous avez vilipendés et dont vous avez dégradé la condition sociale, voient disparaître peu à peu le service public ferroviaire que vous avez détruit méthodiquement pour libéraliser le rail, conformément aux directives européennes. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Benjamin Lucas applaudit également.)Les salariés du privé souffrent toujours davantage du partage violemment injuste de la valeur produite.Les soignants et les personnels du secteur médico-social constatent votre obstination à mettre en pièces, en dépit de leur engagement quotidien, le service public de la santé.Les chômeurs pâtissent un peu plus à chacune de vos […]

Eh oui !

Elles ont toutes la même source : le refus de partager les richesses pour rémunérer le travail, d’engager les investissements nécessaires pour la bifurcation écologique et la reconstruction de nos services publics. (Mêmes mouvements.) Vous déstabilisez profondément notre société en vous éloignant loin, bien loin, de la République sociale.Vous resterez dans l’histoire comme le pouvoir qui a ravalé la France au rang d’un pays qui a faim, un pays où des gens meurent de la rue, meurent du travail, meurent sur des brancards d’hôpitaux ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Benjamin Lucas et Mme Marie-Charlotte Garin applaudissent également.)

Eh oui, ce sont vos méfaits !

Et on mange même les enfants !

Une alternative existe, monsieur le Premier ministre. Le fait que vous ne demandiez pas la confiance en est la preuve : vous êtes minoritaire, et vous le savez. Vous nous avez fait attendre, mais personne n’attend plus rien de vous. À vous et aux citoyens qui nous écoutent à cette heure, je l’affirme : une alternative existe. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Benjamin Lucas applaudit également.)Oui, il est possible d’engager une tout autre politique. Augmenter le Smic à 1 600 euros net, convoquer une conférence générale pour l’augmentation des salaires, ramener l’âge de la retraite à 60 ans pour 40 annuités de cotisation, investir massivement dans les services publics, l’isolation thermique des logements et les énergies renouvelables, dans un pôle public de l’énergie ainsi que dans la formation et l’installation de nouveaux paysans, annuler la dette des […]

Démagogie et populisme !

Je vous entends déjà demander comment accomplir et financer cela. C’est simple : en cessant de servir ceux que vous servez, en taxant le capital,…

Et le capital agricole ?

…en rétablissant l’’impôt de solidarité sur la fortune (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Benjamin Lucas applaudit également),…

Ça a déjà été essayé, sans succès !

…en créant de nouvelles tranches d’impôt sur le revenu pour les plus riches, en rendant progressive la contribution sociale généralisée, en un mot : en organisant le partage des richesses. (Mêmes mouvements.)Une telle perspective peut vous sembler abominable ; c’est pourtant la clef de la cohésion du pays. Vous en êtes le facteur de division, en abusant des pouvoirs que vous donne l’actuelle Constitution. La Ve République vous rend, du reste, plus invisible que vous ne le souhaitez sans doute.

C’est le même discours que le RN ; blanc bonnet et bonnet blanc !

Personne n’ignore en effet que tout se décide à l’Élysée, jusqu’au discours que vous venez de prononcer, qui a été relu, annoté et corrigé par le monarque lui-même. Emmanuel Macron est le serviteur en chef, et vous êtes à ses ordres, comme d’ailleurs une bonne partie de la minorité parlementaire, qui a cru bon de voter, il y a quelques semaines, pour une loi reprenant le principe de préférence nationale défendu par Jean-Marie Le Pen et ceux de ses héritiers qui siègent sur ces bancs. (Mêmes mouvements.)Un argument avancé alors vaut qu’on le retienne : certaines dispositions du texte devaient être adoptées car elles étaient anticonstitutionnelles et seraient donc censurées par la suite. Nous nous demandons parfois si vous vous rendez compte du caractère planant de certains de vos arguments. Ne croyez-vous pas qu’un tel mépris pour nos règles communes est le signe d’un épuisement de nos […]

Absolument !

La situation politique actuelle, dont vous êtes un sous-produit, nous invite fortement à mettre sur la table un changement institutionnel. Une autre politique est possible. Une autre république est possible.Pour renouer avec la République sociale, avec notre belle devise – Liberté, Égalité, Fraternité –, il est temps de convoquer une assemblée constituante et de rédiger la Constitution de la VIe République. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Benjamin Lucas applaudit également.)

Les Français n’en veulent pas : ils ont déjà dit non deux fois !

La République de l’intervention citoyenne, du référendum révocatoire, qui, s’il était instauré, permettrait aux Français de retourner aux urnes alors que vous le leur refusez obstinément, en dépit de l’état de crise permanent dans lequel vous plongez le pays. (Mêmes mouvements.) La République de l’intérêt général, où les ministres servent le peuple et pas une oligarchie de plus en plus déconnectée.Vivement un nouveau gouvernement d’union populaire organisant le partage des richesses, la bifurcation écologique et le retour à la démocratie dont notre pays a besoin.

Elle a raison !

Nous y sommes prêts ! (Mêmes mouvements.) Avec détermination, nous préparons l’alternative à votre monde de malheur.Monsieur le Premier ministre, emportez avec vous, en guise d’avertissement, cette phrase du philosophe Maurice Merleau-Ponty : « Le pouvoir qu’on appelle légitime est celui qui réussit à éviter le mépris et la haine. » Depuis 2017 et à ce jour, vous n’êtes parvenu à éviter ni l’un ni l’autre ! (Les députés du groupe LFI-NUPES ainsi que M. Benjamin Lucas se lèvent et applaudissent longuement. – Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes GDR-NUPES et Écolo-NUPES.)

Le mépris, c’est vous !

La parole est à M. Olivier Marleix.

Au fond, la décision du Conseil constitutionnel rayant d’un trait de plume le travail du Parlement sur la loi « immigration » et la crise que traversent les agriculteurs nous racontent la même histoire, celle des injonctions que le peuple français ne supporte plus que lui adressent tantôt des juges supranationaux ou nationaux,…

Cela s’appelle l’État de droit !

…tantôt des technocrates bruxellois ou parisiens, qui ont tous en commun de ne jamais avoir de comptes à lui rendre.

Très juste !

Si la souveraineté nationale peut être à ce point évitée, contournée, bafouée, comment s’étonner que la politique apparaisse aux yeux des Français comme une farce ?

C’est un copier-coller de Le Pen. Vous vous êtes trompé de discours !

Comment s’étonner qu’ils en viennent à vouloir renverser la table ?Dans ce moment critique de notre histoire, dans cette démocratie en crise qu’est devenue la France, chacun d’entre nous se doit d’agir plus que jamais avec le sens des responsabilités. S’agissant de l’immigration, les Français exigent un sursaut ; vous leur faites un tour de passe-passe. En métropole comme outre-mer, ils n’en peuvent plus des discours creux,…

Lorsqu’on vous écoute, on peut les comprendre ! Ils n’en peuvent surtout plus des LR ! Vous êtes un microparti !

…de vos catalogues La Redoute de promesses jamais tenues.Vous osez nous dire que, depuis 2017, vous avez défendu la souveraineté industrielle. Quelle plaisanterie : vous avez vendu Alstom, Alcatel, Technip, et vous laissez démanteler Atos ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.) Comment vous croire ?Vous annoncez un allégement du fardeau des normes pour les agriculteurs, mais il y a à peine plus d’un an, au Salon de l’agriculture, votre prédécesseure avait déjà promis la fin de la surtransposition des normes environnementales et, dans son univers parallèle, votre administration est en train d’élaborer des cartes de protection des tourbières qui vont concerner 30 % de nos surfaces agricoles. Voilà comment vous trompez les cultivateurs – et ce n’est pas en supprimant trois ou quatre arrêtés préfectoraux que vous allez changer quoi que ce soit !

Eh oui !

C’est ça, la réalité !

Vous nous aviez promis des prix de rémunération grâce aux lois Egalim. Mais, en ce moment même, Lactalis propose aux producteurs de lait un prix de 40 centimes le litre quand leur coût de revient s’établit à 48 centimes. Voilà comment vous bernez les éleveurs !

Ça y est : tu baignes dans le populisme !

Il y a un an, cette assemblée a adopté, à l’unanimité, un calcul plus favorable pour la retraite des agriculteurs. Depuis, vous faites tout pour que cette loi ne soit pas appliquée.Il y a huit mois, nous avons adopté une proposition de résolution afin de demander au Gouvernement de s’opposer à la ratification du Mercosur. Il aura fallu attendre hier pour que le Président de la République, pris de panique dans un Paris assiégé, demande enfin à Mme von der Leyen d’arrêter les négociations. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)On nous dit qu’à la faveur de ce même réveil brutal, le président Macron serait désormais prêt à partir en croisade contre les 4 % de jachère imposés par la PAC. Mais que ne l’a-t-il fait plus tôt ? La chaise vide du général de Gaulle se faisait mieux entendre que la chaise occupée du président Macron ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)La […]

Eh oui, une priorité chasse l’autre !

…et, celle d’avant, l’école. La semaine prochaine, ce sera encore autre chose (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.) : l’écologie, peut-être, ou la culture… Et tant pis pour l’agriculture !

Vous, vous n’avez aucune priorité. Jamais !

Sur la crise agricole comme sur l’immigration, les Français ne se contenteront pas d’une story sur Instagram ou d’une vidéo TikTok autour d’une botte de paille, monsieur le Premier ministre. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

LR, c’est devenu l’extrême droite !

Ils veulent des résultats, dans la vraie vie ! (Mêmes mouvements.) Je vous le dis très clairement : tant que les réponses ne seront pas là, nous ne vous lâcherons pas.La terrible réalité, c’est qu’après sept années d’agitation fiévreuse…

Sept ans !

…ponctuées d’annonces chocs, de grands plans, de grand débat, d’entretiens de Saint-Denis, il ne s’est rien passé : vous êtes passés sur les maux du pays comme des courants d’air. Après sept ans de pouvoir absolu, vous semblez seulement découvrir le pays. Mais les crises sociales se succèdent et le pays est exsangue, fracturé, révolté. Ces crises, comme celle des gilets jaunes, ont en commun le fait que vous ne les voyez jamais venir parce que vous n’êtes pas dans la vraie vie des Français. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)Votre politique n’enthousiasme, en réalité, que ceux qui n’attendent rien de la politique : ces premiers de cordée chers au Président qui, depuis longtemps, se sont émancipés et pensent ne plus avoir grand-chose en commun avec le reste du peuple français.

Vous n’êtes pas très reconnaissant : la moitié de vos adhérents sont au Gouvernement !

Mais la France qui a le plus besoin d’un pouvoir qui la protège d’une concurrence déloyale – agriculteurs, ouvriers, patrons de petites industries –, celle qui a le plus besoin de services publics, d’écoles, d’hôpitaux,…

Vous les avez détruits sous Sarkozy !

…la France qui n’a plus de médecins, celle qui a besoin qu’on remette de l’ordre, qu’on enferme ces dealers qui menacent ses enfants, cette France-là, vous ne la voyez pas, vous ne l’entendez pas et vous la laissez s’enfoncer dans la colère. Comment s’en étonner, dès lors qu’il existe, pour le Président, deux catégories de Français : « ceux qui ont réussi » et « ceux qui ne sont rien » ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

Comme les LR !

Monsieur le Premier ministre, derrière la communication, la réalité, c’est l’échec de ces sept années de pouvoir du Président de la République. Les résultats sont là ! M. Le Maire, depuis sept ans, aura marqué de son empreinte – ou plutôt de ses emprunts – son passage au ministère des finances, creusant avec assiduité une dette abyssale de 3 088 milliards d’euros. Ce sont 900 milliards d’euros de plus qu’à la fin du quinquennat de François Hollande !

Parce qu’il n’y avait pas de crise !

En 2023, le déficit est pire que prévu – 173 milliards d’euros –, et vous osez dire que vous faites preuve d’une responsabilité exemplaire en matière de finances publiques. De qui vous moquez-vous ?

Comme quoi, il ne faut pas faire confiance aux sarkozystes !

Il faut voter la censure, monsieur Marleix !

Tout cela, pour quel résultat ? La croissance est en berne : 0,8 % en 2023, pas mieux pour 2024. Le pouvoir d’achat des Français est encore un peu plus attaqué par l’inflation. Les années que vous aurez perdues, par vos errements sur le nucléaire, à faire du suivisme derrière les écologistes, vous placent désormais dans une situation aberrante où vous allez à la fois augmenter la facture des ménages et faire perdre à nos entreprises leur dernier avantage de compétitivité. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)Au ministère de l’intérieur, M. Darmanin…

Encore un qui vient de chez vous ! C’est la fuite des cerveaux !

…accueille plus de 500 000 étrangers par an. Soit, en moyenne, sous le septennat Macron, deux fois plus que sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. (M. Philippe Gosselin applaudit.) Quant à l’insécurité, nous en sommes à 362 000 coups et blessures en 2023 : 60 % de plus qu’en 2017 !

Les chiffres sont têtus !

Depuis cinquante ans, la France n’a jamais enregistré autant d’homicides ou de tentatives d’homicide : magnifique record pour votre gouvernement !

Merci au ministre de la justice laxiste !

En matière d’éducation – vous savez, la « mère des batailles » –, la France s’effondre au classement Pisa : elle était dixième dans les années 2000, elle est aujourd’hui vingt-troisième en science et en mathématiques, vingt-cinquième en lecture. Vous êtes au pouvoir depuis sept ans,…

Douze ans !

…c’est votre bilan !

La réforme Blanquer…

Vous avez également créé une crise du logement sans précédent. On ne construit plus, les Français ont de plus en plus de difficultés à accéder à la propriété.

C’est Valérie Pécresse qui ne veut pas appliquer la loi SRU !

Votre système MaPrimeRénov’ réussit l’exploit de rendre les travaux d’isolation désormais inaccessibles à la fois aux classes moyennes – jugées trop riches – et aux foyers les plus modestes – évidemment incapables de financer des rénovations globales.

C’est exactement ça !

Cette crise est telle qu’on voit désormais en France des salariés dormir dans leur voiture.Dès lors, quand vous parlez de choc d’offre, de simplification des normes et d’accélération des procédures, permettez-nous de penser que c’est un peu court.Enfin, le bilan des années Macron, c’est aussi un consternant affaiblissement de la parole de la France sur la scène internationale. (Mme Nadia Hai s’esclaffe.) Cette singularité française, que nous chérissions tous ici, a fait les frais des atermoiements, des paroles maladroites, des gestes déplacés, des coups de com’ sans lendemain du Président de la République – renvoyé sans ménagement d’Afrique, décrédibilisé au Liban, snobé au Maroc, inaudible sur la guerre en Ukraine, hésitant sur Israël. La lucidité impose de reconnaître que quelque chose s’est brisé dans l’image de notre pays aux yeux du monde.Monsieur le Premier ministre, si vous nous […]

Est-ce que LR soutient Mme Dati à Paris ?

…les rares réformes de redressement de ce pays – retraites, chômage, RSA – n’auraient pas vu le jour ? Au contraire, nous vous pressons d’agir, sans délai, pour les agriculteurs, pour reprendre le contrôle – vraiment – de notre immigration, pour faire – vraiment – respecter la loi de la République, partout sur notre territoire.Nous l’avons bien compris, ce remaniement ministériel vise davantage à infléchir le cours des sondages que de l’histoire !

Tu es jaloux, Marleix ? Avec un discours aussi vide, ça ne risque pas !

Ce n’est pourtant pas la communication qui fera la réussite de ce gouvernement, mais sa capacité à écouter et à respecter les Français, et leurs attentes. Des Français que nous représentons tous dans cet hémicycle. Dans l’intérêt du pays, monsieur le Premier ministre, tâchez de faire mieux que ce qui vous est demandé par le Président. Et souvenez-vous que la durée de vie de votre gouvernement ne dépend pas que du Président de la République, mais aussi de l’Assemblée nationale, où vous êtes minoritaire, et dont vous n’aurez pas la confiance. (Les députés du groupe LR se lèvent et applaudissent.)

La parole est à M. Christophe Naegelen.

Notre pays est en crise. Les Français attendent, plus que jamais, des réponses concrètes à leurs préoccupations, avec des actes, sans posture politicienne. La première de ces préoccupations, c’est la santé. On peut saluer certaines mesures – notamment le Ségur de la santé – mais, honnêtement, la transformation du numerus clausus en numerus apertus n’a rien changé à l’offre de soins,…

Attends 2026 !

…qui demeure totalement insuffisante dans un grand nombre de nos territoires. Cela fait des années que les députés de notre groupe vous alertent sur la question. L’hôpital public est en crise, tout comme la médecine de ville ; en somme, c’est tout notre système de santé qui se délabre. Pourtant, des solutions simples sont envisageables. La passerelle que vous avez proposée pour les infirmières est intéressante, mais nous vous proposons de faciliter aussi l’intégration en études de médecine et d’augmenter drastiquement le nombre d’étudiants. Il s’agit également de mieux valoriser les personnels de santé, chevilles indispensables à la qualité des soins et à l’accompagnement dans la dignité de nos aînés.L’autre grand chantier, c’est l’éducation nationale. Là encore, toutes les inégalités doivent être traitées, notamment dans les territoires ruraux, où des classes ferment tandis qu’elles […]

En fermant des classes à Stanislas ?

Le manque d’attractivité de la profession d’enseignant est symbolisé par une nouvelle baisse, en 2024, par rapport à 2023, du nombre d’inscrits aux concours externe. La perte de pouvoir d’achat subie par les enseignants depuis plus de vingt ans en est une des raisons. Il faut continuer à avancer sur ce point. De plus, s’agissant toujours de l’éducation, et afin de garantir une véritable inclusion scolaire, il faut sévèrement augmenter le nombre d’AESH.La place de la France dans le monde est, elle aussi, capitale. Notre environnement proche est marqué par de très fortes instabilités. Notre pays doit continuer à faire entendre et à faire respecter sa voix singulière, que cela soit en matière diplomatique, culturelle ou commerciale, ainsi qu’à défendre l’autonomie stratégique européenne.Un beau défi international est devant nous, celui de la bonne organisation des Jeux olympiques, et par […]

C’est déjà trop long…

Monsieur le Premier ministre, de nombreuses questions sont sur la table, qui exigent des réponses concrètes et sans demi-mesures. Nous serons exigeants, et nous saurons dire que telle ou telle proposition nous paraît déconnectée et contraire à l’intérêt de nos territoires et des Françaises et Français qui les composent. Toutefois, le groupe LIOT, comme à son habitude, se montrera pragmatique dans l’évaluation des solutions proposées. Dans un Parlement sans majorité absolue, il continuera à être force de proposition et présentera des solutions concrètes quant aux réformes à mener et quant aux carences constatées. Nous espérons que nous serons entendus. La situation politique de notre pays le commande. (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT.)

La parole est à M. Nicolas Dupont-Aignan.

C’est la page de pub !

Vous entrez dans le Livre des records,…

Le vaccin, c’est mal !

Mets ton masque, on t’a reconnu, Fantômas !

…non pas parce que vous êtes le plus jeune Premier ministre, mais parce que vous êtes le nouveau Premier ministre du président de tous les tristes records : record d’endettement, avec 788 milliards d’euros supplémentaires depuis 2017 ; record du déficit commercial ; record du déficit budgétaire, avec, en 2023, presque le montant de 2020 ; record d’immigration, avec deux fois plus de premiers titres de séjour délivrés ; record d’insécurité, avec 63 % d’augmentation des coups et blessures depuis 2017. Et, bien sûr, record…

D’impopularité !

…d’impopularité, car on ne peut pas éternellement confondre présidence de la République et agence de communication.

Si on parlait de ta popularité ? 2 % aux élections !

Vous devez vivre, monsieur le Premier ministre, dans le même monde parallèle qu’Emmanuel Macron, pour avoir osé, cet après-midi, qualifier son bilan de « concret, tangible et solide ». Je comprends mieux pourquoi Emmanuel Macron vous a choisi. J’attendais un Premier ministre, j’ai découvert un porte-parole.

C’est mieux que d’être le porte-flingue de Marine !

Un seul discours aura donc suffi pour comprendre que votre nomination ne changera rien, et cela pour deux raisons principales. La première, c’est que le Président est le vrai Premier ministre, comme sa conférence de presse l’a démontré. Comment allez-vous conforter les classes moyennes, alors qu’avant même ce discours de politique générale, Emmanuel Macron a annoncé lui-même l’augmentation des franchises sur les médicaments, et Bruno Le Maire celle du tarif de l’électricité ?Dans un autre domaine, celui de l’éducation nationale, comment allez-vous répondre à toutes les demandes de l’Élysée – cours de théâtre, cours de sport, instruction civique –…

C’est le programme de Stanislas !

…pour des élèves qui ont besoin avant tout d’apprendre à lire ?En matière de sécurité, comment allez-vous faire baisser la délinquance en conservant un garde des sceaux et une politique judiciaire profondément laxistes,…

Vive le garde des sceaux !

…et en étant fier de laisser détricoter une loi sur l’immigration qui était déjà bien insuffisante ?Enfin,…

Ah, déjà !

…dans le domaine du logement, vous ne manquez pas de culot, pour annoncer un « choc de l’offre », alors que, depuis 2017, vous avez systématiquement saboté tous les mécanismes d’aide au logement.

Aucun logement social à Yerres !

La seconde raison pour laquelle vous êtes condamné à parler dans le vide, à agiter des éléments de langage, éternellement ressassés depuis 2017, c’est que, si le Premier ministre est à l’Élysée, le vrai président est malheureusement à Bruxelles : c’est Mme von der Leyen qui vous donne des ordres, matin, midi et soir.Preuve en est, la Commission européenne vient d’annoncer – la dépêche de l’agence Reuters vient de tomber – que les négociations avec le Mercosur continuaient bien, infligeant un nouveau camouflet à l’Élysée, qui prétendait, hier, qu’elles étaient interrompues.De même, au moment où vous tentiez d’éteindre l’incendie agricole en tenant un discours sur une botte de foin – un consultant en communication a dû vous suggérer que cela ferait bien –,…

Monsieur À bas la France !

…les députés européens Renaissance, après avoir déjà approuvé la nouvelle PAC – et ses jachères – votaient en faveur de l’accord de libre-échange avec le Chili, après ceux avec la Nouvelle-Zélande, avec le Kenya et avec le Vietnam.

Tu n’as pas souvent été dans des fermes !

Enfin, vous avez préféré – cela vous fait rire – donner des gages au gouvernement allemand plutôt que baisser le tarif de l’électricité en sortant du marché européen, comme ont su le faire l’Espagne et le Portugal.Pour faire oublier vos doubles discours successifs, vous êtes condamné à multiplier les effets d’annonce. Vous nous avez livré, cet après-midi, un catalogue de mesurettes. Avant-hier, l’éducation était au-dessus de tout ; hier, c’était l’agriculture ; aujourd’hui, c’est le travail. En définitive, vous me faites penser à ces jongleurs d’assiettes qui, dans les cirques, sont obligés d’en ajouter toujours plus, pour tenir en haleine le spectateur, jusqu’au jour où – patatras – elles se brisent toutes. Ce moment est proche, car les Français ne supportent plus les fausses promesses, les injonctions contradictoires, le manque de sérieux et de maturité dans la conduite de l’État, la […]

La parole est à M. le Premier ministre.

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #802

Je ne serai pas très long, d’autant qu’une partie des interventions qui ont fait suite à ma déclaration avaient manifestement été écrites au préalable.

Sauf celle de M. Maillard !

Nos convictions à nous ne changent pas !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #805

C’est le jeu : nous savons comment les choses fonctionnent.

On passe au vote, alors ?

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #807

Je tiens néanmoins à revenir sur certains éléments qui me semblent importants, s’agissant notamment de nos agriculteurs.

Ils arrivent, ils viennent vous voir ! Ils sont en marche !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #809

Je l’ai dit tout à l’heure, nous annoncerons dans les tout prochains jours de nouvelles mesures de soutien. Comme vous le savez, nous avons échangé hier avec les représentants des agriculteurs pendant trois heures et demie. Les discussions se poursuivent en continu pour avancer : je sais que certaines dispositions sont attendues depuis longtemps.

Notamment par les éleveurs !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #811

En ce qui concerne les tourbières et les zones humides, monsieur Marleix, je rappelle que, vendredi, j’ai donné consigne aux préfets de mettre en pause le travail engagé, le temps de revoir les choses avec les représentants des agriculteurs. J’ai bien mesuré le malaise qui entoure cette question.S’agissant des surtranspositions, l’engagement pris par le Président de la République en 2017 a été tenu : il n’y a pas d’interdiction sans solution. (Exclamations sur quelques bancs des groupes RN et LR.)

Mensonge ! Regardez les filières de la fraise et de la betterave !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #814

Justement ! Je me souviens des débats qui ont eu lieu dans cet hémicycle lors de l’examen du projet de loi relatif aux conditions de mise sur le marché de certains produits phytopharmaceutiques en cas de danger sanitaire. Ce ne fut pas simple, mais nous avons assumé de réautoriser l’usage des néonicotinoïdes pour la production de betteraves,…

Ils n’ont jamais été interdits !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #816

…car la filière était en train de couler. (Exclamations sur quelques bancs des groupes RN et LR.)L’usage des néonicotinoïdes avait été interdit pour la production de betteraves par François Hollande et sa majorité,…

Non ! Par moi !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #819

…sans que cette dernière ne se préoccupe une seule seconde des solutions de substitution. (Exclamations sur quelques bancs des groupes RN, LR et Écolo-NUPES.)

Vous avez travaillé pour cette majorité, il me semble !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #821

Quand nous avons été élus en 2017, nous nous sommes rendu compte qu’il n’y avait donc aucune solution,…

Vous souffrez d’amnésie s’agissant de votre parcours !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #823

…si bien que, je le répète, nous avons assumé de réautoriser ces insecticides, faute de quoi la filière de la betterave se serait écroulée.

Il faut les interdire !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #825

J’assume aussi de dire ceci : quand une agence, aussi indépendante soit-elle, décide d’interdire une molécule sans se préoccuper des travaux menés au niveau européen ni de ce qui y est décidé, c’est un problème. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et Dem.)

Eh oui !

La protection de la santé n’est pas un problème !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #828

De ce point de vue, nous devons réfléchir à l’organisation qui fonctionne le mieux.En ce qui concerne les lois Egalim, les membres du Gouvernement, à commencer par Bruno Le Maire,…

Il n’a rien fait ! On veut des actes !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #831

…et moi-même suivons de très près – nous en parlions hier avec les représentants des agriculteurs – les discussions en cours, notamment sur le lait, que vous avez évoquées. Je rappellerai simplement qu’avant la promulgation de ces textes, c’est la loi de modernisation de l’économie – loi LME – qui s’appliquait, laquelle donnait les pleins pouvoirs à la grande distribution.

Eh oui !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #833

Or je n’entends pas un seul agriculteur affirmer que les lois Egalim n’ont pas constitué un progrès, ni qu’il faudrait revenir en arrière. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et Dem. – Exclamations sur quelques bancs des groupes RN et LR.) Ce que disent les agriculteurs, c’est qu’il faut améliorer l’application de ces textes, procéder à davantage de contrôles et prendre des mesures pour améliorer les rémunérations. Nous en avons également parlé hier avec les représentants des agriculteurs et nous sommes prêts à agir en ce sens.Quant aux jachères, cela fait des mois que Marc Fesneau est mobilisé auprès de la Commission européenne.

On voit le résultat !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #836

Nous avons rallié vingt-deux pays à notre position et je crois – du moins je l’espère – que nous allons obtenir cette semaine une nouvelle dérogation dans ce domaine.

Les choses ne vont pas changer !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #838

La Commission européenne a envoyé des signaux positifs en ce sens, notamment dans les médias.À cet égard, au Rassemblement national et à Marine Le Pen, qui a elle-même parlé des votes au Parlement européen et qui dénonce les nouvelles règles sur les jachères, je rappelle qu’elles sont issues des nouvelles dispositions de la PAC, que vos eurodéputés ont votées. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Protestations sur les bancs du groupe RN. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Arrêtez vos mensonges !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #841

Voilà la réalité ! Vous approuvez les règles de la PAC, que vous critiquez, mais vous ne votez pas les budgets de cette politique, que vous demandez pourtant. C’est une incohérence absolue et c’est à se demander si vos eurodéputés savent ce qu’ils votent ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Il faut travailler vos dossiers !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #843

Vous parlez de la protection et de l’indépendance de notre industrie (Exclamations prolongées sur les bancs du groupe RN),…

S’il vous plaît !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #845

…mais lorsque nous avons défendu l’instauration d’une taxe carbone aux frontières, pour laquelle l’industrie européenne se battait depuis vingt ans, vos eurodéputés ne l’ont pas soutenue. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)