Séance du 29 février 2024 /// n°132 /// 567 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2023-2024

Séance du 29 février 2024 — 132e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Naïma Moutchou.

567prises de parole
71orateurs
17points à l'ordre du jour
11scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
3375 l'amendement n° 14 de Mme Levavasseur à l'article premier de la proposition de loi visant à reconnaître la responsabilité de l'État et à indemniser le… 13 / 128 rejeté
3376 l'amendement n° 18 de Mme Levavasseur à l'article premier de la proposition de loi visant à reconnaître la responsabilité de l'État et à indemniser le… 15 / 131 rejeté
3377 l'amendement n° 1 de M. Nilor à l'article premier de la proposition de loi visant à reconnaître la responsabilité de l'État et à indemniser les victim… 87 / 62 adopté
3378 l'amendement n° 2 de Mme Simonnet à l'article premier de la proposition de loi visant à reconnaître la responsabilité de l'État et à indemniser les vi… 66 / 92 rejeté
3379 l'amendement n° 22 de M. Maillot à l'article premier de la proposition de loi visant à reconnaître la responsabilité de l'État et à indemniser les vic… 66 / 77 rejeté
3380 l'article premier de la proposition de loi visant à reconnaître la responsabilité de l'État et à indemniser les victimes du chlordécone (première lect… 87 / 0 adopté
3381 l'amendement n° 6 de Mme Simonnet après l'article premier de la proposition de loi visant à reconnaître la responsabilité de l'État et à indemniser le… 54 / 88 rejeté
3382 l'ensemble de la proposition de loi visant à reconnaître la responsabilité de l'État et à indemniser les victimes du chlordécone (première lecture). 100 / 1 adopté
3383 l'article premier de la proposition de loi visant à réduire et à encadrer les frais bancaires sur succession (première lecture). 97 / 0 adopté
3384 l'amendement n° 18 de M. Dunoyer après l'article premier de la proposition de loi visant à réduire et à encadrer les frais bancaires sur succession (p… 96 / 0 adopté
3385 l'ensemble de la proposition de loi visant à réduire et à encadrer les frais bancaires sur succession (première lecture). 112 / 0 adopté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 567 — page 1 / 3.

Naïma Moutchou president · HOR #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à quinze heures.)

Réunion du Parlement en Congrès

Naïma Moutchou president · HOR #6

Le Président de la République a informé la présidente de l’Assemblée nationale qu’il avait décidé de réunir le Parlement en Congrès le lundi 4 mars 2024, afin de lui soumettre le projet de loi constitutionnelle relatif à la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse. Le bureau du Congrès, qui s’est réuni aujourd’hui, a arrêté les conditions d’organisation de cette séance, dont les députés ont été informés par une lettre que leur a adressée la présidente.

Suite de la discussion d’une proposition de loi

Naïma Moutchou president · HOR #10

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion de la proposition de loi visant à reconnaître la responsabilité de l’État et à indemniser les victimes du chlordécone (nos 2061, 2206).

Discussion générale (suite)

Ce matin, l’Assemblée a commencé d’entendre les orateurs inscrits dans la discussion générale.La parole est à M. Olivier Serva.

Tout d’abord, j’aimerais remercier mon collègue Elie Califer, rapporteur du texte, pour ce travail ô combien important pour nos populations. Je remercie également les associations guadeloupéennes et martiniquaises, qui œuvrent depuis tant d’années afin que soit reconnue la responsabilité de l’État et que les victimes soient indemnisées.J’entends çà et là que l’État ne serait pas entièrement responsable, qu’il n’aurait qu’une « part de responsabilité ». Le spectacle que vous donnez est celui de grotesques calculs politiciens faits sur le compte de vies humaines. Honte à vous ! Tenter de réduire la responsabilité de l’État face à un tel scandale sanitaire est un crachat gluant à l’endroit de tous les ouvriers agricoles guadeloupéens et martiniquais qui ont été atteints d’un cancer – et beaucoup sont décédés des suites d’une maladie professionnelle. C’est également un doigt d’honneur au […]

Oui, c’était François Mitterrand !

Reconnaître cette responsabilité, c’est participer à restaurer le lien de confiance tant distendu en outre-mer – vous l’avez constaté. C’est aussi aller plus loin sur le chemin de la réparation annoncé par le Président de la République, en traduisant en actes cette reconnaissance. Par conséquent, le groupe LIOT soutiendra sans réserve cette proposition de loi socialiste, qui appelle à reconnaître la responsabilité de l’État dans le scandale lié au chlordécone, à poursuivre un objectif de dépollution des eaux et des sols, et à indemniser les victiDans la lignée des recommandations du dernier rapport de l’Opecst, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, notre groupe appelle à aller plus loin en instaurant un dépistage systématique du cancer de la prostate dès 45 ans, en accentuant fortement l’effort de recherche sur les effets exacts de cette […]

La parole est à Mme Charlotte Parmentier-Lecocq.

Nous examinons aujourd’hui la proposition de loi de notre collègue Elie Califer visant à inscrire dans la loi la reconnaissance de la responsabilité de l’État vis-à-vis des victimes du chlordécone.Je veux tout d’abord remercier M. le rapporteur d’avoir mis ce sujet à l’ordre du jour, car c’est un sujet majeur. L’usage du chlordécone a fait des ravages dans les Antilles. Il a entraîné une pollution durable des sols, des eaux et, par répercussion, a provoqué – et provoquera encore – de graves pathologies dont souffre la population antillaise.De 1972 à 1993, l’État a laissé faire. Il a donc incontestablement une part de responsabilité dans cette situation ; il ne doit y avoir aucune ambiguïté là-dessus. Trente années plus tard, il était nécessaire de réparer ces préjudices, et c’est ce que nous avons collectivement commencé à faire depuis quelques années.Une étape importante a été franchie […]

La parole est à Mme Katiana Levavasseur.

L’Assemblée nationale se saisit enfin de ce douloureux sujet, un sujet difficile, lié à une tragédie silencieuse qui se déroule et perdure depuis des décennies dans les territoires pourtant idylliques de la Guadeloupe et de la Martinique, une tragédie écologique, humaine et sanitaire causée par le chlordécone, insecticide insidieux utilisé pendant des années dans les plantations de bananes, malgré les avertissements précoces alertant sur sa nocivité, une tragédie sur laquelle, je tiens à le rappeler, Marine Le Pen a été l’une des premières responsables politiques à appeler l’attention au niveau national. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes SOC, GDR-NUPES et Écolo-NUPES.)

Plus c’est gros, plus ça passe ! Bientôt, on dira que c’est Marine Le Pen qui a aboli l’esclavage !

Dès le début de sa production, ce pesticide a semé la désolation sur son passage. Connu sous le nom de Kepone lors de sa conception en Virginie dans les années 1960, il a rapidement suscité de vives inquiétudes du fait de ses effets secondaires.En effet, après plusieurs années d’exposition à cette substance toxique, les travailleurs américains chargés de sa production ont commencé à manifester des symptômes alarmants, notamment des troubles neurologiques et des problèmes respiratoires. En conséquence, l’usine responsable de sa fabrication fut fermée, dès 1976. L’accès à la rivière James, qui coulait à côté de l’usine, a été interdit pendant treize ans.Pourtant, la France a ignoré ces mises en garde et a continué à autoriser l’utilisation de ce pesticide dans les Antilles jusqu’en 1993. L’économie prévalait alors sur la vie, le profit sur le bon sens. Les gains à court terme ont été […]

Marine Le Pen, c’est Chuck Norris !

S’il vous plaît !

Alors que l’on aurait pu espérer un changement, dès lors que le Président de la République avait reconnu une part de responsabilité de l’État dans ce désastre, en 2019, il rétropédale, minimisant la gravité des conséquences du pesticide, allant jusqu’à nier son caractère potentiellement cancérigène – le fameux « en même temps » macronien.

Mais heureusement, Marine Le Pen était là ! (Sourires.)

Qu’il s’agisse des problèmes de l’immigration à Mayotte, du coût élevé de la vie à La Réunion ou de la difficulté de l’accès à l’eau potable en Guadeloupe, le Gouvernement se contente d’assurer le service minimum, qui est loin de répondre à l’urgence des préoccupations de nos compatriotes ultramarins. Cette attitude mêlée d’insuffisance et d’indifférence envers les populations antillaises doit cesser.La population de Guadeloupe et de Martinique attend que la responsabilité de l’État soit reconnue dans le scandale du chlordécone et qu’une politique de réparation pour les nombreuses victimes soit engagée. Et je ne parle pas seulement des professionnels de la pêche ou de l’élevage, dont les cancers de la prostate ont été reconnus comme une maladie professionnelle, mais de toutes les personnes touchées directement ou indirectement par l’utilisation du chlordécone. Des centaines de milliers […]

La parole est à M. Jean-Philippe Nilor.

Alors que la contamination au chlordécone continue ses ravages aux Antilles, l’État a aujourd’hui, à travers ce texte, l’opportunité historique de réarmer, un tant soit peu, son image et sa dignité. Par dérogation, nos pays ont été purement et simplement empoisonnés. Le chlordécone, pesticide ultratoxique interdit en France hexagonale en 1990 et aux États-Unis dès 1976, a pourtant été autorisé jusqu’en 1993 dans nos territoires, au mépris du principe de précaution et malgré sa nocivité connue et reconnue par les autorités publiques et scientifiques !Nos terres, mers et cours d’eau sont durablement contaminés. Les concentrations en chlordécone y sont cinquante fois supérieures aux normes européennes. Nos cultures, productions animales et autres activités de pêche sont lourdement touchées. Plus de 90 % des Guadeloupéens et des Martiniquais ont été contaminés et l’on déplore une forte […]

Bravo !

L’heure de la réparation a sonné et la reconnaissance symbolique par l’État de sa responsabilité à l’origine de ce scandale relève du niveau plancher de la décence.C’est d’ailleurs pourquoi le vote de ce texte n’est qu’un premier pas, d’autres sont à venir. Il faudra légiférer pour reconnaître comme maladie professionnelle les cancers du sein et de l’utérus dont sont atteintes les ouvrières agricoles et assouplir les conditions de reconnaissance comme maladie professionnelle du cancer de la prostate dont souffrent nombre d’ouvriers agricoles. Il faudra prévoir, par une loi de programmation et une loi de finances, de dépolluer nos territoires, détoxiquer nos populations, réparer les préjudices corporels, environnementaux, moraux et économiques.Il faudra créer un régime d’indemnisation dérogatoire au droit commun pour réparer lesdits préjudices, sur le modèle de ce qui a été fait pour les […]

La parole est à M. Philippe Juvin.

La quasi-totalité des Guadeloupéens et des Martiniquais ont été contaminés par le chlordécone. Toxique et bioaccumulable, cette substance n’est plus utilisée depuis 1993 mais, du fait de sa rémanence, elle reste présente dans les sols et peut se retrouver dans certaines denrées végétales et animales, ainsi que dans des captages d’eau. Les risques ont été rappelés : cancers de la prostate, accouchements prématurés et sans doute bien d’autre pathologies.Cette injustice ressentie par les Antillais…

Ce n’est pas qu’un ressenti ; c’est factuel.

…est en partie responsable du sentiment de déconnexion et d’abandon qu’ils éprouvent. C’est aussi toute l’économie de la Martinique et de la Guadeloupe qui est frappée. Les conséquences de la pollution ne sont pas seulement sanitaires, elles sont aussi économiques. Les populations locales paient leur tribut au chlordécone, à commencer par les plus pauvres, car ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter des produits importés, plus chers, se rabattent sur la production locale, qui est contaminée.Disons-le clairement : si cette contamination avait frappé la métropole, on aurait réagi depuis longtemps. Nous n’acceptons plus cette politique du deux poids deux mesures entre la métropole et l’outre-mer, alors que nous ne formons qu’un seul pays : la France.La prise de conscience de ce problème a conduit l’État à édicter des mesures sanitaires et agronomiques. C’est François Fillon qui a initié en […]

C’est vrai.

Le scandale du chlordécone résulte d’un choix collectif fait par l’État, les élus locaux, les acteurs économiques car tous ont, à une époque, pesé de leur poids pour laisser faire.

Qui a donné l’autorisation ? L’État !

Nous serons très attentifs à ce que les droits des populations soient respectés lorsque nous chercherons à identifier les responsabilités mais nous le serons tout autant à ce que l’application de l’article 1er respecte les équilibres en présence. Plus que de symboles, les populations antillaises ont besoin de réparation. Depuis des années, elles demandent à être reconnues et indemnisées pour le préjudice sanitaire et environnemental qu’elles ont subi. Nous, députés du groupe Les Républicains, veillerons à ce que les fautes dont elles souffrent encore aujourd’hui soient réparées. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

La parole est à Mme Maud Petit.

Nous examinons aujourd’hui un sujet particulièrement sensible, tant il suscite d’émotion, d’incompréhension et de colère chez nos compatriotes antillais. Je veux parler du chlordécone, pesticide épandu pendant plus de vingt ans – dont trois au-delà de son interdiction officielle pour dangerosité avérée – sur les bananeraies de deux départements français d’outre-mer : la Martinique et la Guadeloupe.En raison de sa rémanence, la molécule a continué de contaminer sols, eaux, faune, flore – et il se dit que cette contamination durera 700 ans – et malheureusement aussi la population, en particulier par le biais de la chaîne alimentaire.Face aux conséquences sur la santé, l’environnement, l’agriculture et l’économie locale de cette pollution durable et généralisée – qui concernerait 25 % des terres arables –, associations et élus se battent depuis des années pour obtenir la reconnaissance de […]

Scientifiques ?

…économiques et politiques ? En deuxième lieu, des moyens d’accompagnement et de prise en charge adéquats sont-ils mis en œuvre en faveur des victimes et du monde agricole ? Enfin, comment mettre fin aux conséquences sanitaires et écologiques de cette pollution ?Il existe, de toute évidence, une responsabilité partagée entre les acteurs économiques, scientifiques et les gouvernements de l’époque, qui, en toute connaissance de cause, ont autorisé l’épandage de produits à base de chlordécone à titre dérogatoire jusqu’en 1993, soit trois ans au-delà de leur interdiction officielle. Ces trois années supplémentaires ont-elles aggravé la situation ? Probablement non, car les vingt années d’utilisation précédentes avaient déjà semé le mal. Cependant, en 1990, lorsque les dérogations ont été accordées, la dangerosité de la poudre blanche était connue. Ceux qui ont fabriqué, ceux qui ont […]

Eh oui !

Le dire ne revient pas à exonérer l’État de sa responsabilité.

Exactement !

En 2018, le président Emmanuel Macron reconnaît solennellement que l’État doit « prendre sa part de responsabilité dans cette pollution » invitant à « avancer dans le chemin de la réparation et des projets ».Depuis cette déclaration, l’État met les bouchées doubles pour réparer la défaillance de ses services, accompagner les victimes, notamment les agriculteurs, et faire face à la pollution. Le plan Chlordécone est reconduit depuis plusieurs années. Il vise, entre autres, à réduire l’exposition des populations au chlordécone, à tendre vers le zéro chlordécone dans l’alimentation, à prendre en charge les impacts liés à la pollution dans les domaines de la santé, de l’agriculture et de la pêche. Au nombre des actions mises en œuvre, il convient en outre d’évoquer l’étude Kannari, la gratuité des tests sanguins de dépistage, la reconnaissance du cancer de la prostate consécutif à une […]

La discussion générale est close.La parole est à Mme Charlotte Parmentier-Lecocq.

Je demande une suspension de séance.

Suspension et reprise de la séance

Naïma Moutchou president · HOR #99

La séance est suspendue.

#100

(La séance, suspendue à quinze heures trente-cinq, est reprise à seize heures dix.)

Naïma Moutchou president · HOR #101

La séance est reprise.

Discussion des articles

Naïma Moutchou president · HOR #103

J’appelle maintenant, dans le texte de la commission, les articles de la proposition de loi.

Article 1er

La parole est à M. Christian Baptiste, premier orateur inscrit sur l’article 1er.

Le chlordécone, ce poison qui a imprégné notre terre, nos rivières et la vie de nos concitoyens, est à l’origine d’un cri de désespoir que notre nation ne peut ignorer. Certains peuvent se cacher derrière les non-lieux pour échapper à leurs responsabilités ou invoquer les prescriptions pour éviter de plonger dans les profondeurs de la tragédie humaine.En soutenant cette proposition de loi, nous faisons face à notre propre responsabilité collective envers nos concitoyens. Les victimes du chlordécone exigent que nous prenions position et que nous agissions maintenant. C’est un appel à l’action immédiate, à la justice réelle et à la restitution de la dignité volée à nos concitoyens.Alors oui, vous me direz qu’il est indéniable que des actions ont été entreprises depuis la tragédie du chlordécone dans le cadre du prétendu plan Chlordécone. Celui-ci est cependant loin d’être à la hauteur des […]

C’est terminé, ça suffit !

Chère Charlotte, comment les Guadeloupéens comprendraient-ils que vous qui êtes née sur les terres guadeloupéennes ne vous engagiez pas en faveur de l’adoption de cette loi ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

On n’a fait que ça !

La parole est à Mme Sandrine Rousseau.

Cet article vise à reconnaître la responsabilité de l’État dans la mesure où il n’a pas respecté les avis scientifiques ni suivi les interdictions prononcées par d’autres pays, notamment les États-Unis. C’est bien l’État en tant qu’institution – autrement dit le Gouvernement – qui a autorisé la mise en vente de ces pesticides. C’est donc lui qui doit être considéré comme totalement responsable de leur usage.Il n’est pas question, par quelque tour de passe-passe ou manœuvre de contournement, d’écrire dans ce texte que les planteurs seraient les premiers responsables. Bien sûr, les propriétaires de plantations de bananes ont utilisé ce qui était autorisé par l’État (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES et sur plusieurs bancs du groupe LIOT), mais si vous autorisez la vitesse à 130 kilomètres à l’heure sur l’autoroute, vous ne pouvez pas vous plaindre que des conducteurs […]

La parole est à M. Nicolas Sansu.

Le scandale du chlordécone, avec son lot de victimes des contaminations des terres, des cours d’eau et de la mer, représente la quintessence de deux maux qui se sont combinés dans les Antilles françaises. Le premier est l’irresponsabilité écologique, avec l’épandage d’un pesticide dangereux et reconnu comme tel par des scientifiques américains dès 1976.

On en a déjà parlé dans la discussion générale !

Ce ne sont donc pas trois ans de dérogation mais dix-sept ans de déni et de dégâts insupportables qui ont été imposés à nos compatriotes. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR-NUPES, SOC et Écolo-NUPES.)Ensuite, comme cela a déjà été dit, si ce scandale avait eu lieu dans l’Hexagone, voilà bien longtemps que l’État aurait pris cette question à bras-le-corps – les relents coloniaux, voire colonisateurs sont encore bien présents. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR-NUPES. – M. Olivier Faure applaudit également.)C’est pourquoi j’en appelle à ce que Malcolm Ferdinand nomme à juste titre une action « pour une écologie décoloniale ». Il faudra passer par une autorité indépendante pour assurer la réparation, la protection et la confiance. Nous ne sommes, je le crois, qu’au début de ce processus. Aussi aurai-je la responsabilité, au nom de la commission des finances, et dans […]

La parole est à M. Max Mathiasin.

Je ne suis pas de ceux qui viennent quémander devant vous ici, et je ne crois pas que ce soit le cas de nos concitoyens ultramarins ni de leurs représentants dans cette assemblée, épris d’esprit républicain et de liberté.Commes tous les Guadeloupéens et les Martiniquais, je suis issu d’un pays où l’esclavage avait été aboli en 1794 par la Révolution, avant d’être rétabli en 1802, comme pour d’autres aussi.

Eh oui !

Et si nous en sommes arrivés à une abolition définitive, c’est grâce au combat que ces peuples et tous ceux qui sont épris de liberté ont mené dans leurs territoires respectifs.Cette proposition de loi est un cri pour la dignité définitive et complète, un cri du cœur ! Nos populations nous regardent, nos populations attendent, rivées à leur poste de télévision et de radio. J’aurais aimé que la ministre du travail, de la santé et des solidarités soit présente, mais il y a bien eu de toute façon un ministre en charge qui, à l’époque, a signé les autorisations ! Ce ne sont pas les planteurs de bananes, petits ou grands, qui ont d’eux-mêmes décidé d’épandre le chlordécone alors que l’interdiction était déjà appliquée en France hexagonale.Traitons-nous tous avec dignité, avec respect et dans un esprit d’égalité. C’est la raison pour laquelle je vous demande ici, mes chers collègues, madame […]

La parole est à M. Jean-Philippe Nilor.

Il s’est déjà exprimé dans la DG !

Ce qui est en train de se passer aujourd’hui dans cet hémicycle est proprement inqualifiable. Au départ, l’orientation du Gouvernement, c’était de mentionner une part de responsabilité de l’État, mais pas sa responsabilité entière. Cette stratégie a échoué. Maintenant, on nous impose des négociations, chipotant sur les mots, car l’on considère que le collègue Califer n’a pas suffisamment bien écrit le texte… pour imposer une nouvelle rédaction. Mais c’est une opération purement de communication que vous êtes en train de mener, madame la ministre déléguée, sur le dos de la souffrance des gens ! (« Eh oui ! » sur divers bancs du groupe LFI-NUPES.) Respectez la souffrance des gens ! (Mêmes mouvements.)Au demeurant, si ce gouvernement était si concerné, il n’aurait pas attendu qu’un collègue de Guadeloupe dépose une proposition de loi sur le sujet. (Applaudissements sur les bancs du groupe […]

La parole est à Mme la ministre déléguée chargée des outre-mer.

Marie Guévenoux ministre déléguée chargée des outre-mer · RE #138

Il faut être extrêmement clair : le Gouvernement n’a pas attendu pour reconnaître la part de responsabilité de l’État dans l’exposition au chlordécone.

On vous a forcés !

Marie Guévenoux ministre déléguée · RE #140

Le Président de la République a été le premier à reconnaître, dès 2018, cette part de responsabilité et à dénoncer l’exposition au chlordécone comme un scandale environnemental. Je crois que sa déclaration a été d’une extrême clarté et que cela mérite d’être rappelé ici. Je tiens à répondre à chacun des orateurs qui se sont exprimés dans le cadre de la discussion générale et de la discussion sur l’article.Monsieur Hajjar, vous avez raison de souligner l’importance du rapport parlementaire rendu en 2019 par Serge Letchimy et Justine Benin, lequel contenait quarante-neuf recommandations pour tirer les enseignements de l’exposition au chlordécone afin d’informer, de protéger et de réparer. La quasi-totalité de ces recommandations est intégrée au plan Chlordécone IV, les mesures que celui-ci prévoit étant même nettement plus ambitieuses : le budget augmente ; la chlordéconémie est gratuite […]

Pas grâce au Gouvernement.

Marie Guévenoux ministre déléguée · RE #143

…enfin, l’amplification des travaux de recherche, y compris sur la dépollution des sols et sur la recherche en matière de santé des personnes, est assurée grâce un budget en nette hausse. Évidemment, cette dynamique mérite d’être poursuivie, des améliorations sont possibles et le Gouvernement est bien sûr à l’écoute pour que nous travaillions tous ensemble.Monsieur Christophe, vous avez raison de rappeler que beaucoup de fausses informations circulent et que les mécanismes de prévention et de réparation ne sont pas encore suffisamment connus. Il faut rappeler qu’un changement d’habitudes alimentaires avec l’aide d’un nutritionniste peut permettre aux personnes exposées de revenir à un taux normal de chlordécone,…

Un taux normal de chlordécone ? C’est quoi ça ?

Marie Guévenoux ministre déléguée · RE #146

…c’est-à-dire inférieur au seuil de danger, et que des soins sont possibles. Les mécanismes de prévention et de réparation ne sont pas suffisamment connus, disais-je, et c’est pourquoi nous faisons en sorte, avec l’association Phyto-Victimes, qu’ils le soient davantage, y compris auprès des professionnels de santé. Cette politique doit évidemment être poursuivie, sachant que l’objectif est 0 % d’exposition au chlordécone pour l’ensemble des Antillais, c’est-à-dire zéro chlordécone dans l’alimentationMadame Rousseau, sans en minorer l’impact, je rappelle que les scientifiques indiquent que le chlordécone s’élimine naturellement de l’organisme si l’on supprime les expositions alimentaires, sans tourner le dos à l’ensemble de la production locale.

Il y en a encore dans les sols !

Marie Guévenoux ministre déléguée · RE #149

Il y a évidemment des solutions pour tendre vers le zéro chlordécone dans l’alimentation, ce qui est, je le répète, notre priorité. L’ensemble des Antillais qui en font la démarche et aussi l’ensemble des collectivités locales qui nous aident à aller vers ces publics vulnérables permettront d’y parvenir. (Protestations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.)

Ce que vous êtes en train de faire n’est pas correct !

Marie Guévenoux ministre déléguée · RE #151

Si la colère est compréhensible, elle ne doit pas être un obstacle à la prévention. (Mêmes mouvements.) Par ailleurs, en ce qui concerne la pollution des sols, je rappelle que tous ne sont pas contaminés : la pollution concerne 20 % des sols agricoles en Guadeloupe et un tiers des terres en Martinique. Je ne dis pas cela pour en minimiser l’impact…

Oh non !…

C’est scandaleux !

Marie Guévenoux ministre déléguée · RE #154

…mais les chiffres parlent d’eux-mêmes. Il est important que l’ensemble des Antillais puissent avoir conscience de la réalité de l’impact, et une cartographie publique le détaillant parcelle par parcelle est disponible en ligne. Il me semble important, là aussi, de partager ces informations. Enfin, je rappelle que toutes les cultures ne sont pas sensibles au chlordécone : je citerai, par exemple, les agrumes, les goyaves, les piments, les gombos, l’ananas, le chou et d’autres cultures encore.

Alors tout va bien !

Marie Guévenoux ministre déléguée · RE #156

Monsieur Juvin, comme vous l’avez dit, il n’y a qu’un seul pays : la France. Je vous rejoins parfaitement sur ce point. Et c’est pourquoi il ne peut pas y avoir de santé à deux vitesses, de prévention à deux vitesses ni de réparation à deux vitesses. Oui, il n’y a qu’un seul pays : la France. Mais il me semble que vous avez commis une erreur en ce qui concerne le budget du plan Chlordécone IV puisqu’il s’élevait initialement à 92 millions d’euros et atteint 130 millions d’euros aujourd’hui.Monsieur Serva, vous m’avez, comme d’autres de vos collègues, incitée à reconnaître la responsabilité de l’État en raison des autorisations qu’il a délivrées. On aura l’occasion au cours du débat de reparler de ce point, mais je répète d’emblée que l’État reconnaît toute sa part de responsabilité. En revanche, comme l’ont dit Maud Petit et d’autres orateurs, si l’État est entièrement responsable pour […]

Le Gouvernement savait !

Marie Guévenoux ministre déléguée · RE #159

Je pense qu’il est donc important pour les Antillais qui demandent réparation qu’ils puissent s’adresser certes à l’État pour ce qui relève de ses responsabilités, mais aussi à des acteurs qui ont été cités sur tous les bancs, pour que le préjudice subi soit justement indemnisé. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

C’est l’État qui a donné son feu vert !

Naïma Moutchou president · HOR #161

Nous en venons à l’examen des amendements. Les amendements nos 31 de Mme Maud Petit et 32 de Mme Charlotte Parmentier-Lecoq, pouvant être soumis à une discussion commune, sont retirés.

article 1er
#162

(Les amendements nos 31 et 32 sont retirés.)

Naïma Moutchou president · HOR #163

L’amendement no 33 de Mme Charlotte Parmentier-Lecocq est retiré.

article 1er
#164

(L’amendement no 33 est retiré.)

Naïma Moutchou president · HOR #165

La parole est à Mme Sandrine Dogor-Such, pour soutenir l’amendement no 14.

article 1er · amendement 14

Ceci est un amendement d’appel visant à faire reconnaître que l’utilisation du chlordécone, au-delà des conséquences sanitaires, écologiques ou économiques, a également engendré de graves répercussions sociales sur la population locale. Des familles qui vivaient de leur activité se sont retrouvées sans rien quasiment du jour au lendemain, des savoir-faire hérités de traditions séculaires et qui se transmettaient de génération en génération ont été perdus, des liens ont été brisés. Aujourd’hui encore, de nombreuses familles vivent dans l’inquiétude et ne peuvent jouir sereinement de leur terre par peur de la contamination. C’est toute une culture, toute une structure sociale, qui a été impactée. Même si, en droit français, le concept de préjudice social n’est pas explicitement reconnu, il existe des situations où les tribunaux peuvent tenir compte de l’impact social d’un préjudice dans […]

Sur l’amendement no 14, je suis saisie par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.Quel est l’avis de la commission ?

Elie Califer rapporteur de la commission des affaires sociales · SOC #169

Nous comprenons l’idée qui sous-tend l’amendement ; cependant, cette dimension est déjà prise en compte dans la rédaction actuelle. Les territoires sont victimes, mais les hommes et les femmes qui les habitent également. L’amendement étant satisfait, j’émets un avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Marie Guévenoux ministre déléguée · RE #171

Défavorable, pour les mêmes raisons que le rapporteur.

Naïma Moutchou president · HOR #172

Je mets aux voix l’amendement no 14.

#173

(Il est procédé au scrutin.)

Naïma Moutchou president · HOR #174

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 142 Nombre de suffrages exprimés 141 Majorité absolue 71 Pour l’adoption 13 Contre 128

#175

(L’amendement no 14 n’est pas adopté.)

Sur l’amendement no 18, je suis saisie par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à Mme Mereana Reid Arbelot, pour soutenir l’amendement no 28.

Il vise à étendre le bénéfice de l’indemnisation aux victimes indirectes de l’exposition au chlordécone.De nombreux systèmes d’indemnisation visant à réparer des dommages sanitaires, tels les régimes visant les victimes de l’amiante et celles des erreurs médicales, prévoient l’indemnisation des victimes indirectes et des ayants droit. En effet, le droit civil français reconnaît les divers préjudices que peuvent subir les victimes indirectes : frais d’obsèques en cas de décès de la victime, perte de revenu, préjudice moral d’accompagnement, préjudice moral d’affection et autres préjudices extrapatrimoniaux. Or le système d’indemnisation des victimes des essais nucléaires, prévu dans la loi du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français, dite loi Morin, et celui des victimes du chlordécone, qui les fait bénéficier du fonds […]

Quel est l’avis de la commission ?

Elie Califer rapporteur · SOC #182

Le préjudice moral est bien réel. Vous faites allusion à ce qui a été fait pour les victimes de l’amiante ; j’appelle à suivre le même schéma pour le chlordécone. Avis favorable et merci pour cette proposition. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR-NUPES.)

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Marie Guévenoux ministre déléguée · RE #184

Le Gouvernement est défavorable à l’amendement.

Non mais franchement…

Marie Guévenoux ministre déléguée · RE #186

Nous considérons en effet que les préjudices moraux évoqués relèvent de l’appréciation du juge et qu’il convient, avant de les définir, de préciser le périmètre et les modalités de financement et de mise en œuvre de l’indemnisation.

Elle a raison !

#188

(L’amendement no 28 est adopté.) (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Naïma Moutchou president · HOR #189

La parole est à Mme Katiana Levavasseur, pour soutenir l’amendement no 18.

article 1er · amendement 18

On l’a dit, la population ultramarine est méfiante envers les autorités métropolitaines. Après des années de dissimulation et de minimisation, c’est compréhensible. Aussi, par le présent amendement, souhaitons-nous garantir que l’État associera les autorités et organismes locaux impliqués dans la gestion du problème aux futurs projets ayant trait au chlordécone. Ces structures y ont toute leur place et il est essentiel de l’inscrire noir sur blanc dans la loi. En plus de rassurer la population locale, le fait de travailler en partenariat avec l’État permettra, avec le temps, de rétablir la confiance entre toutes les parties.

Quel est l’avis de la commission ?

Elie Califer rapporteur · SOC #192

Lorsque la proposition avait été examinée en commission, j’avais souhaité rester sur l’essentiel, sans entrer dans le détail. Je vous redemande d’accepter ce principe : concentrons-nous sur le cœur du sujet, et on verra les détails plus tard. Avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Marie Guévenoux ministre déléguée · RE #194

L’amendement est en réalité satisfait. Je vous propose de le retirer ; à défaut, mon avis sera défavorable.Les travaux de recherche sur le chlordécone mobilisent d’ores et déjà une large communauté d’acteurs scientifiques qui travaillent, au niveau tant local que national, sur la dépollution des sols, la santé féminine ou les transferts de la molécule dans l’environnement. à titre d’exemple, la région de Guadeloupe et la collectivité territoriale de Martinique cofinancent l’appel à projets Chlordécone de l’Agence nationale de la recherche (ANR), lancé en 2022 et doté d’un budget inédit de 5,5 millions d’euros, dont 1 million à la charge des collectivités et 4,5 millions à celle de l’État.

La parole est à M. Pierre Cazeneuve.

Pour abonder dans le sens du Gouvernement et du rapporteur, depuis le premier plan Chlordécone, un travail conjoint est mené entre les autorités de l’État et les collectivités territoriales ultramarines. L’amendement est donc satisfait. L’adopter reviendrait à dire que cette collaboration n’existe pas, ce qui serait injuste. Il faut donc, bien sûr, le repousser. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

Très bien !

Naïma Moutchou president · HOR #199

Je mets aux voix l’amendement no 18.

#200

(Il est procédé au scrutin.)

Naïma Moutchou president · HOR #201

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 147 Nombre de suffrages exprimés 146 Majorité absolue 74 Pour l’adoption 15 Contre 131

#202

(L’amendement no 18 n’est pas adopté.)

Naïma Moutchou president · HOR #203

La parole est à Mme Charlotte Parmentier-Lecocq, pour soutenir l’amendement no 35 qui fait l’objet d’un sous-amendement, no 40.

article 1er · amendement 35

Je me permets d’abord de revenir sur l’amendement no 32 qui tendait à réécrire l’article et que j’ai retiré au début de la discussion. En effet, je voudrais expliquer pourquoi le groupe Renaissance n’est pas d’accord avec la rédaction actuelle de l’article 1er. En l’état, celui-ci exclut la responsabilité d’autres acteurs que l’État – celle des producteurs, des industriels et des élus locaux de l’époque. C’est un peu facile et je déplore que nous ne soyons pas parvenus à un accord sur ce point. Cependant, comme Maud Petit qui a aussi retiré son amendement, je souhaite éviter toute ambiguïté quant à la volonté de la majorité de reconnaître la part de responsabilité qui revient à l’État.Je regrette également que la portée de l’article soit essentiellement symbolique. Les mesures prévues sont insuffisantes et il faut aller plus loin dans l’action. L’amendement no 35 vise à ajouter, après […]

Naïma Moutchou president · HOR #206

La parole est à M. le rapporteur, pour soutenir le sous-amendement no 40 et pour donner l’avis de la commission sur l’amendement no 35.

article 1er · amendement 35
Elie Califer rapporteur · SOC #207

Madame Parmentier-Lecocq, chère collègue Maud Petit, je vous remercie pour le geste que vous avez fait en retirant les amendements de réécriture de l’article, dont l’idée – et non la formulation – était presque insultante. Vous faites preuve de responsabilité car vous connaissez nos territoires et la souffrance de nos populations ; vous savez donc pertinemment que votre démarche aurait été mal vue.Quant à l’amendement no 35, la suppression du risque d’exposition est un objectif à atteindre. Sous réserve de l’adoption de mon sous-amendement no 40, avis favorable.

La parole est à M. le ministre délégué chargé de la santé et de la prévention, pour donner l’avis du Gouvernement.

Frédéric Valletoux ministre délégué chargé de la santé et de la prévention · HOR #210

Nous sommes favorables au sous-amendement rédactionnel et de cohérence du rapporteur. Comme certains orateurs l’ont souligné, la réduction de l’exposition au chlordécone grâce à l’action sur l’alimentation est une priorité du plan lancé par le Président de la République et soutenu par la majorité. Ce plan s’attaque pour la première fois au fléau du chlordécone de manière convaincante, fort des budgets nécessaires et de la coopération de nombreuses parties prenantes.Nous sommes également favorables à l’amendement qui permet d’inscrire dans la loi l’engagement pérenne de l’État de protéger la santé des populations, et de faire de l’objectif de sécurité sanitaire un élément majeur du plan Chlordécone.

#212

(Le sous-amendement no 40 est adopté.)

· ADOPTION d’un sous-amendement (main levée) ss-adt
#213

(L’amendement no 35, sous-amendé, est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Naïma Moutchou president · HOR #214

La parole est à Mme Charlotte Parmentier-Lecocq, pour soutenir l’amendement no 38 qui fait l’objet de plusieurs sous-amendements.

article 1er · amendement 38

Il vise à intégrer à l’article un dispositif qui n’est pas encore prévu : une commission de suivi indépendante qui évaluera le déploiement de la stratégie en matière de chlordécone, afin de mesurer les avancées qu’elle permet ainsi que les progrès réalisés par la recherche, et d’examiner les pistes susceptibles d’améliorer l’accès des victimes à l’indemnisation. Il s’agirait par exemple d’aider ces dernières à monter les dossiers, mais aussi de réfléchir sur l’élargissement du périmètre de l’indemnisation au-delà des maladies professionnelles.

Naïma Moutchou president · HOR #216

La parole est à M. le rapporteur, pour soutenir les sous-amendements nos 41 et 42, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

article 1er · amendement 38
Elie Califer rapporteur · SOC #217

Nous sentons, madame Parmentier-Lecocq, que vous avez bien travaillé le sujet et nous apprécions votre amendement qui vise à confier à une instance indépendante le soin d’évaluer les actions mises en œuvre en application de ce texte. Il est en effet nécessaire d’évaluer régulièrement l’avancement vers les objectifs. Je soutiens donc l’amendement, auquel je souhaite néanmoins apporter trois modifications – de portée modeste, elles ne dénaturent pas votre proposition.Le sous-amendement no 41 modifie l’endroit où serait placé le nouvel alinéa : il semble plus logique que l’instance d’évaluation soit mentionnée à la fin de l’article 1er, une fois que tous les objectifs ont été énoncés.Le sous-amendement no 42 reformule une expression qui manquait de précision : vous parliez d’évaluer les « impacts de la stratégie », sans qu’on sache de quelle stratégie il s’agit ; je propose d’évaluer « […]

Naïma Moutchou president · HOR #222

La parole est à M. Pierre Cazeneuve, pour soutenir le sous-amendement no 44.

article 1er · amendement 38

Il s’agit de préciser que l’instance indépendante se prononce non sur la « stratégie » – terme assez vague – mais bien sur le plan stratégique de lutte contre la pollution par la chlordécone, dont la quatrième version, adoptée en 2021, court jusqu’en 2027.

Il a raison !

C’est ce plan qui doit être évalué de manière indépendante car c’est grâce à lui que l’État et les collectivités agissent de concert sur la dépollution ou sur les tests. Il s’agit de ne pas laisser entendre que rien ne serait fait. Je rappelle que le budget du plan Chlordécone IV, initialement de 93 millions d’euros, a été porté à 130 millions en février 2023.Il convient de souligner l’importance de ce plan, en y rattachant le travail de la commission indépendante. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

Naïma Moutchou president · HOR #227

Le sous-amendement no 43 du rapporteur a été défendu.Quel est l’avis de la commission ?

article 1er · amendement 38
Elie Califer rapporteur · SOC #229

Monsieur Cazeneuve, votre sous-amendement a le même objectif que le mien : clarifier. Vous proposez que la commission mesure les impacts du plan Chlordécone, je propose qu’elle évalue l’atteinte de l’ensemble des objectifs. Je crois que nous pouvons nous accorder autour de cette volonté, que j’ai ressentie sur tous les bancs.Ma rédaction me semble toutefois préférable. Vous visez le plan Chlordécone, mais nul ne sait s’il existera toujours demain et si les actions ne prendront pas une autre forme. Je recommande de sertir dans la loi une formulation plus générale et intemporelle. De plus, en ne visant que le plan, vous faites l’impasse sur les procédures d’indemnisation, qui n’entrent pas dans son champ. Je vous suggère de vous rallier à ma rédaction, claire et raisonnable, et de retirer votre sous-amendement.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Marie Guévenoux ministre déléguée · RE #232

Je veux d’abord saluer le dialogue qui s’est ouvert entre Mme Parmentier-Lecocq et le rapporteur Califer, conduisant l’une à retirer certains de ses amendements en commission, l’autre à proposer ici un sous-amendement.

Très bien !

Marie Guévenoux ministre déléguée · RE #234

Le Gouvernement est favorable à l’amendement et à l’ensemble des sous-amendements. Ne le prenez pas mal, monsieur le rapporteur, mais ceux-ci ne nous semblent pas contradictoires.

C’est la culture du compromis !

Marie Guévenoux ministre déléguée · RE #236

L’évaluation par une instance indépendante nous paraît essentielle. Elle permettra d’améliorer, si besoin, les mesures engagées. Nous souhaitons aussi que le bilan annuel du plan Chlordécone, qui sera publié en avril, soit présenté en avant-première aux parlementaires. Nous pourrons proposer à cette occasion des pistes de travail pour cette instance indépendante. Enfin, nous sommes favorables à ce que celle-ci remette son premier rapport d’ici à la fin de 2025, puis l’actualise tous les trois ans.

La parole est à M. Paul Christophe.

Il ne s’agit pas d’insulter qui que ce soit et je veux rassurer le rapporteur : ce qui nous rassemble, ce ne sont pas seulement deux ports, mais l’ambition de voir réparer cette injustice flagrante. Seulement, notre décision ne doit pas écraser les responsabilités autres, que des actions en justice visent aujourd’hui. La rédaction que nous adopterons doit certes reconnaître la responsabilité de l’État, mais sans lui imputer toutes les responsabilités ni exonérer les autres acteurs.Il est intéressant de retenir la proposition de Pierre Cazeneuve pour que l’évaluation porte à la fois sur la stratégie et l’atteinte des objectifs. Les rédactions ne semblant pas contradictoires, mais complémentaires, il serait de bon ton de voter le sous-amendement no 44.

La parole est à Mme Charlotte Parmentier-Lecocq.

Je suis d’accord avec le rapporteur, le premier rapport de la commission de suivi devra être remis plus tôt, en 2025, et réactualisé tous les trois ans car l’un des buts est de rendre visibles les progrès de la stratégie sur le chlordécone. Je soutiens donc le sous-amendement no 43.Je voterai aussi en faveur du sous-amendement de Pierre Cazeneuve car il faut être vigilant et précis : la commission doit évaluer les travaux et les résultats de la stratégie sur le chlordécone et ne pas s’attacher exclusivement aux objectifs, quelque peu reculés, de la proposition de loi.

#243

(Le sous-amendement no 41 est adopté.)

· ADOPTION d’un sous-amendement (main levée) ss-adt
#244

(Le sous-amendement no 42 est adopté ; en conséquence, le sous-amendement no 44 tombe.)

· ADOPTION d’un sous-amendement (main levée) ss-adt
#245

(Le sous-amendement no 43 est adopté.)

· ADOPTION d’un sous-amendement (main levée) ss-adt
#246

(L’amendement no 38, sous-amendé, est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Naïma Moutchou president · HOR #247

La parole est à Mme Sandrine Rousseau, pour soutenir l’amendement no 25.

article 1er · amendement 25

Il vise à demander l’étude des effets des « cocktails » de produits phytosanitaires et à intégrer leurs victimes dans la réparation. En effet, la Guadeloupe et la Martinique, très exposées au chlordécone, l’ont aussi été au glyphosate, par exemple. Les conséquences sur la santé de la combinaison des deux produits, notamment au moment de leur dégradation, ne sont pas analysées.En tenant compte des remarques faites en commission, nous proposons une rédaction qui permette d’imaginer une réparation globale des effets conjugués des produits chimiques introduits dans le sol, où ils perdurent pendant des années.

Quel est l’avis de la commission ?

Elie Califer rapporteur · SOC #251

Cette question nous intéresse particulièrement. L’exposition aux produits a été générale, dans tout l’environnement. Toutefois, votre amendement pourrait brouiller le message que nous voulons faire passer et, pour rester sur l’essentiel de notre texte, nous y opposons un avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Frédéric Valletoux ministre délégué · HOR #253

Madame Rousseau, si vous aviez regardé de près le plan Chlordécone du Gouvernement, vous auriez vu que l’effort de recherche répond à votre demande. Je rappelle que le volet Recherche du plan mobilise des sommes importantes, qui passeront de 26 millions d’euros en 2023 à 52 millions en 2030, soit un doublement. Les études, dont l’objet est d’améliorer la compréhension de phénomènes scientifiques, portent sur la dépollution des sols, la santé des femmes, les liens entre la chlordécone et certains cancers, dont celui de la prostate ; elles s’appuient notamment sur une cohorte de plus de 10 000 travailleurs en bananeraie.Sur les interactions entre produits, je veux citer l’étude Kannari 2, lancée par Santé publique France, dix ans après un premier volet. Visant à mesurer l’imprégnation des populations, elle a élargi la liste des molécules recherchées dans le sang à d’autres pesticides et […]

La parole est à Mme Joëlle Mélin.

Nous sommes tout à fait d’accord avec l’amendement d’appel de Mme Rousseau. Les effets « cocktail » constituent une bombe à retardement. Dès que les imputabilités auront été établies, quand les dommages corporels, en conséquence directe ou indirecte d’une exposition, auront été reconnus, il faudra une prise en charge. À cet égard, il est déplorable que des fonds de la branche accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP) soient ponctionnés pour d’autres risques alors que cette bombe à retardement explosera bientôt. Les sommes pour indemniser les victimes de ces contaminations devraient d’ores et déjà être disponibles. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

#258

(L’amendement no 25 est adopté.) (Applaudissements sur les bancs des groupes Écolo-NUPES et LFI-NUPES.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt

Je suis saisie de plusieurs demandes de scrutin public : par le groupe La France insoumise-Nouvelle Union populaire, écologique et sociale sur les amendements nos 1 et 2 ; par le groupe Gauche démocrate et républicaine-NUPES sur l’amendement no 26.Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Jean-Philippe Nilor, pour soutenir l’amendement no 1.

Cet amendement est particulièrement important – je dirais même vital. Nous voulons préciser la rédaction du dispositif afin de garantir l’indemnisation de toutes les victimes du chlordécone.Actuellement, l’indemnisation est tardive, elle est complexe et, de surcroît, restreinte. Bien que le cancer de la prostate lié à la surexposition au chlordécone figure depuis 2021 au tableau des maladies professionnelles, les travailleurs agricoles se heurtent à des critères restrictifs. Seuls 150 dossiers ont été reçus à ce jour, pour 12 700 travailleurs en bananeraie. Cela traduit bien un malaise, une difficulté.Pour ce qui concerne les femmes, je fais appel à celles qui sont dans l’hémicycle. Les femmes qui travaillaient dans les plantations transportaient le chlordécone à mains nues – oui, vous avez bien entendu : à mains nues ! Mais les cancers du sein ou de l’utérus dont elles souffrent […]

Quel est l’avis de la commission ?

Elie Califer rapporteur · SOC #267

Je pense que votre amendement est satisfait, mais il est toujours bon d’apporter une telle précision. Avis favorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Frédéric Valletoux ministre délégué · HOR #269

Défavorable.

La parole est à Mme Maud Petit.

C’est un amendement important, sur lequel je me permets d’intervenir brièvement – car nous devons avancer. Le groupe MODEM s’abstiendra.

Naïma Moutchou president · HOR #272

Je mets aux voix l’amendement no 1.

#273

(Il est procédé au scrutin.)

Naïma Moutchou president · HOR #274

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 161 Nombre de suffrages exprimés 149 Majorité absolue 75 Pour l’adoption 87 Contre 62

#275

(L’amendement no 1 est adopté ; en conséquence, les amendements nos 26 et 11 tombent.) (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NUPES, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.)

Naïma Moutchou president · HOR #276

La parole est à Mme Danielle Simonnet, pour soutenir l’amendement no 2.

article 1er · amendement 2

Il nous semble important de préciser le champ des personnes concernées par la proposition de loi, afin que toutes les victimes du chlordécone soient reconnues. Par l’amendement précédent, nous avons spécifié que le texte s’appliquerait à toutes les personnes contaminées par le chlordécone, qu’elles l’aient été dans le cadre de leur travail ou non. Par le présent amendement, nous souhaitons indiquer qu’il s’appliquera aux personnes contaminées en Guadeloupe et en Martinique, qu’elles résident toujours dans ces territoires ou qu’elles les aient quittés pour s’installer ailleurs, notamment dans l’Hexagone.Nombre de nos compatriotes guadeloupéens et martiniquais exposés auparavant au chlordécone – dont nous connaissons les effets terribles sur la santé – sont susceptibles de résider désormais dans un autre territoire de la République. Même s’ils ne résident plus en Guadeloupe ou en […]

Quel est l’avis de la commission ?

Elie Califer rapporteur · SOC #281

Je tiens aussi à vous féliciter, chère collègue, pour votre travail. Notre proposition de loi vise bel et bien toutes les victimes qui ont été contaminées. La précision que vous souhaitez apporter serait redondante. Je vous demande de retirer l’amendement, sans quoi mon avis sera défavorable. Nous souhaitons conserver au dispositif son caractère synthétique.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Marie Guévenoux ministre déléguée · RE #283

S’agissant de l’exposition au chlordécone, nous devons faire preuve de rigueur scientifique, dans l’analyse comme dans le commentaire. La science nous dit que le chlordécone s’élimine naturellement de l’organisme avec une alimentation adaptée ; le taux de chlordécone dans le sang est alors divisé par deux en moins de six mois. La science dit aussi très clairement que le fait pour une personne d’avoir du chlordécone dans le sang ne signifie pas qu’elle est malade ou qu’elle le sera. Je saisis l’occasion de l’examen de cette proposition de loi, en particulier de cet amendement, pour faire part à la représentation nationale de ces informations importantes. Il faut les rappeler dans l’intérêt des Guadeloupéens et des Martiniquais qui écoutent nos débats.

Marie Guévenoux ministre déléguée · RE #284

Ceux-ci peuvent être légitimement inquiets : s’ils ont été exposés au chlordécone, ils peuvent croire qu’ils sont d’ores et déjà malades et, dès lors, se soustraire – nous avons reçu des témoignages en ce sens – à des examens médicaux sur le fondement desquels ils pourraient au contraire, en changeant leur alimentation, se prémunir contre des risques.

C’est de leur faute, alors ?

Marie Guévenoux ministre déléguée · RE #286

À l’instar du rapporteur, je vous demande de retirer votre amendement. À défaut, mon avis sera défavorable.

Maintenez-vous l’amendement, madame Simonnet ?

Oui, madame la présidente.Le test sanguin est gratuit en Martinique et en Guadeloupe, mais il ne l’est pas dans les autres territoires de la République. Nous souhaitons que toutes les personnes qui ont été contaminées en Martinique et en Guadeloupe bénéficient de la gratuité des tests, quel que soit le lieu où elles résident dorénavant. Telles sont les implications de l’amendement, et elles sont importantes.Nombre de nos concitoyens guadeloupéens et martiniquais ont quitté la Guadeloupe ou la Martinique pour vivre dans un autre territoire de la République. Il faut qu’ils soient tous pris en considération. Fort heureusement, il ne suffit pas d’être contaminé pour être condamné, mais n’oubliez pas que beaucoup de victimes viennent se faire soigner dans l’Hexagone et y mourir ! (M. Jean-Philippe Nilor acquiesce.)Envisagez cet amendement avec sérieux : toutes les victimes doivent être […]

La parole est à M. Marcellin Nadeau.

Nous connaissons la complexité de la situation, mais une chose est assez bizarre dans l’affaire du chlordécone : lorsque quelques éléments scientifiques semblent indiquer que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, on les prend en considération ; lorsque d’autres disent l’inverse, on tend à les ignorer.Inscrivons au moins dans notre droit le principe selon lequel les membres de ce que l’on pourrait appeler la diaspora antillaise pourront bénéficier de la gratuité des tests. Cet élément nous paraît fondamental. (Mme Danielle Simonnet applaudit.)Dès lors que le lien de causalité est démontré, il faut que toutes les victimes soient indemnisées, quelles qu’elles soient et où qu’elles habitent. C’est pourquoi nous soutiendrons cet amendement avec conviction et détermination. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR-NUPES, LFI-NUPES et Écolo-NUPES ainsi que sur quelques […]

La parole est à M. Sylvain Maillard.

Madame Simonnet, votre propos, au demeurant intéressant, ne correspond pas à ce qui est écrit dans l’amendement. Celui-ci est redondant avec ce qui figure dans la proposition de loi, d’où l’invitation du rapporteur et de la ministre à le retirer. C’est aussi pour cette raison que nous voterons contre.Je comprends votre intention : vous êtes convaincue que l’accès aux tests doit être partout gratuit. Déposez un sous-amendement en ce sens et nous nous prononcerons alors à ce sujet. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

La parole est à Mme Maud Petit.

Je fais partie de la diaspora antillaise : née à Paris, j’ai vécu plusieurs années en Martinique et je suis désormais élue dans le Val-de-Marne. Or je ne suis pas sûre qu’il soit nécessaire que les membres de la diaspora procèdent à un test sanguin. En effet, au bout de quelque temps, avec une alimentation diversifiée, la plus saine possible, le chlordécone disparaît du sang, ainsi que l’a expliqué Mme la ministre. Selon moi, votre amendement n’est pas approprié. Le groupe MODEM ne votera pas en sa faveur.

Naïma Moutchou president · HOR #301

Je mets aux voix l’amendement no 2.

#302

(Il est procédé au scrutin.)

Naïma Moutchou president · HOR #303

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 159 Nombre de suffrages exprimés 158 Majorité absolue 80 Pour l’adoption 66 Contre 92

#304

(L’amendement no 2 n’est pas adopté.)

Naïma Moutchou president · HOR #305

La parole est à Mme Sandrine Rousseau, pour soutenir l’amendement no 23.

article 1er · amendement 23

Rien ne pouvait justifier, en 1972, que le ministère de l’agriculture autorise la mise sur le marché du chlordécone, alors que sa toxicité était déjà scientifiquement connue depuis 1963. Rien ne pouvait justifier, le 2 avril 1976, soit un peu moins d’un an après l’incident survenu à l’usine de Hopewell aux États-Unis, que la France prolonge l’autorisation provisoire du chlordécone. Rien ne pouvait justifier, en 1980, l’homologation du chlordécone, alors même que, dès 1979, l’OMS avait classé la molécule parmi les cancérigènes possibles. Surtout, rien ne pouvait justifier que les pouvoirs publics français autorisent, comme ils l’ont fait en 1992, puis une nouvelle fois en 1993, l’utilisation du chlordécone sur les sols martiniquais et guadeloupéens, alors qu’ils l’avaient interdite sur le territoire hexagonal.Ces décisions ont été prises en connaissance de cause. Le temps est désormais à […]

Quel est l’avis de la commission ?

Elie Califer rapporteur · SOC #309

Je comprends parfaitement ce que vous recherchez par cet amendement, mais l’heure n’est plus à la recherche des responsabilités. La commission d’enquête présidée par Serge Letchimy et dont la rapporteure était Justine Benin a déjà précisé où étaient les responsabilités. Ce que nous voulons maintenant, c’est que la responsabilité de l’État soit reconnue, afin que toutes les conséquences soient tirées en matière de dépollution et d’indemnisation. C’est pourquoi nous donnons un avis défavorable, comme nous l’avions fait en commission.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Marie Guévenoux ministre déléguée · RE #311

Mon avis rejoint celui du rapporteur : défavorable.