Séance du 8 avril 2024 /// n°172 /// 280 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2023-2024

Séance du 8 avril 2024 — 172e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Valérie Rabault.

280prises de parole
47orateurs
15points à l'ordre du jour
4scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
3654 l'ensemble de la proposition de loi visant à adapter le droit de la responsabilité civile aux enjeux actuels (texte de la commission mixte paritaire). 46 / 7 adopté
3655 l'ensemble du projet de loi ratifiant l'ordonnance n° 2023-389 du 24 mai 2023 modifiant les dispositions du code général de la propriété des personnes… 58 / 0 adopté
3656 l'ensemble du projet de loi ratifiant l'ordonnance n° 2023-285 du 19 avril 2023 portant extension et adaptation à la Polynésie française, à la Nouvell… 57 / 0 adopté
3657 l'ensemble de la proposition de loi visant à soutenir l'engagement bénévole et à simplifier la vie associative (texte de la commission mixte paritaire… 60 / 0 adopté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 280 — page 1 / 2.

Valérie Rabault president · SOC #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à seize heures.)

Commission mixte paritaire

Valérie Rabault president · SOC #7

L’ordre du jour appelle la discussion, sur le rapport de la commission mixte paritaire, de la proposition de loi visant à adapter le droit de la responsabilité civile aux enjeux actuels (no 2399).

Présentation

La parole est à Mme Nicole Le Peih, rapporteure de la commission mixte paritaire.

Nicole Le Peih rapporteure de la commission mixte paritaire · EPR #10

Quatre mois seulement après la première lecture, dans cette assemblée, de la proposition de loi visant à adapter le droit de la responsabilité civile aux enjeux actuels, nous voici réunis pour voter le texte adopté par la commission mixte paritaire (CMP). Ce calendrier, dont je me félicite, illustre la volonté du Parlement d’avancer rapidement sur le sujet des troubles anormaux de voisinage, qui constitue une préoccupation du quotidien pour nos concitoyens.Le texte adopté par l’Assemblée nationale définissait un cadre clair au sein du code civil : il codifiait la jurisprudence de la Cour de cassation s’agissant de la responsabilité sans faute pour trouble anormal de voisinage et reprenait l’exception à ce principe intégrée au code de la construction et de l’habitation. Cette exception prévoit que la responsabilité civile pour trouble anormal de voisinage peut être écartée lorsque trois […]

La parole est à M. Éric Dupond-Moretti, garde des sceaux, ministre de la justice.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux, ministre de la justice #18

Le texte que vous vous apprêtez, je l’espère, à adopter définitivement cet après-midi me tient particulièrement à cœur et je veux d’emblée dire ici ma satisfaction à l’issue des travaux de la commission mixte paritaire. Désormais, le code civil disposera que nul ne peut causer à autrui un trouble anormal de voisinage. Je salue très chaleureusement la rapporteure Le Peih qui a permis cette avancée dans le cadre d’un intense travail avec la Chancellerie. Ne nous y trompons pas : si ce texte répond à un besoin réel de nos campagnes, il a avant tout vocation, en tout cas dans sa première partie, à s’appliquer à toutes les relations de voisinage.Chacun a le droit de jouir paisiblement de sa propriété, de son logement ou de son fonds et a droit à réparation du préjudice qu’il subit. L’introduction de ce principe général dans le code civil consacre la jurisprudence de la Cour de cassation. […]

Discussion générale

Dans la discussion générale, la parole est à M. Gérard Leseul.

Les troubles de voisinage sont parfois nombreux. La cohabitation entre voisins, que ce soit en ville ou à la campagne, nécessite des accommodements et la conciliation de modes de vie différents et d’activités humaines variées – économiques, commerciales, agricoles, mais aussi jouissance de son domicile. Bien souvent, il faut le noter, le bon sens et le dialogue permettent de régler les différends et de restaurer les conditions du vivre-ensemble, ce qui est heureux. Toutefois, il est parfois nécessaire de recourir à une médiation ou à la justice. Ce texte a pour ambition de contribuer à apaiser les cohabitations difficiles. Si cette intention est louable et mérite d’être soutenue, nous nous interrogeons toujours sur l’utilité et l’efficacité de la proposition de loi au terme du processus législatif.Depuis de nombreuses années, la Cour de cassation défend le principe selon lequel « nul ne […]

La parole est à Mme Caroline Yadan.

« Chacun de nous est responsable de tout devant tous. » Fiodor Dostoïevski, en 1860, nous rappelait déjà que nous avions tous l’obligation de répondre du dommage causé à autrui et d’en assumer les conséquences, ce que notre droit définit précisément comme le principe de responsabilité civile.Adapter le droit de la responsabilité civile aux enjeux actuels était essentiel : c’est l’objectif de la proposition de loi de ma collègue Nicole Le Peih – dont je salue ici le talent et le travail de qualité –, qui a fait l’objet d’un travail en commission mixte paritaire.S’il faut adapter ce droit, c’est parce qu’il ne repose pour l’essentiel que sur cinq articles du code civil, qui datent de 1804 et sont demeurés pratiquement inchangés. Les bouleversements humains, sociaux, économiques, scientifiques et technologiques qui ont eu lieu depuis ont fait évoluer son interprétation, ce qui a suscité […]

La parole est à M. Stéphane Rambaud.

Le texte soumis à notre vote vise à adapter le droit de la responsabilité civile aux enjeux actuels. Mais qu’est-ce que la responsabilité civile ? Elle peut se définir comme l’obligation de répondre de tout dommage causé à autrui et d’assumer les conséquences civiles qui en découlent, par le biais de la réparation. Nous traitons aujourd’hui de l’un de ces dommages : les troubles anormaux du voisinage, véritables fléaux qui empoisonnent littéralement les relations humaines. Le bruit de voisinage nocturne ou diurne constitue l’une de leurs manifestations les plus communes qui trouve ses racines dans un individualisme exacerbé et dans la perte totale du respect dû à autrui.La notion de « trouble anormal du voisinage » est, il faut bien le reconnaître, une notion complexe, que nous ne devons en aucun cas sous-estimer si nous voulons l’appréhender pour ce qu’elle est vraiment. Elle repose […]

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #51

Eh oui !

Par ailleurs, quand bien même un trouble anormal du voisinage serait caractérisé, on pourra opposer à celui qui s’en plaint l’argument suivant : il aurait dû le déceler au moment de son installation dans la zone de la nuisance. Une telle exception ne vaut toutefois que si l’activité en cause existait antérieurement et n’a pas subi de modifications postérieures à l’installation du plaignant dans le voisinage.Cette exception relative à la pré-occupation, vivement débattue dans le domaine juridique, a toutefois été fortement atténuée par la Cour de cassation qui, dans un arrêt du 10 juin 2004, considère que cette règle n’est pas applicable aux activités ne faisant l’objet d’aucune réglementation. Ainsi, les juges ont pu décider qu’un golf, activité non soumise à réglementation, ne pouvait se prévaloir d’une exception de pré-occupation pour s’exonérer de sa responsabilité en cas de trouble […]

La parole est à M. Thomas Portes.

Nous sommes réunis pour examiner une proposition de loi qui prétend apporter une solution aux conflits de voisinage, répondre aux préoccupations du monde rural et protéger les agriculteurs de poursuites abusives. Certes, l’idée de consacrer dans le code civil le principe des troubles anormaux du voisinage, une jurisprudence bien établie depuis près de quatre décennies, peut sembler judicieuse. En théorie, cela assurerait une application uniforme de la loi sur l’ensemble du territoire, garantissant sécurité juridique et clarté des règles.Mais voilà, en même temps que vous inscrivez ce principe de responsabilité dans la loi, vous introduisez un ensemble d’exceptions qui, le vidant de sa substance, permettront à des exploitants de poursuivre des activités nuisibles sans en être tenus responsables. Une fois de plus, vous vous faites ici les relais des lobbys de l’agriculture intensive, au […]

C’est honteux !

C’est complètement faux !

Concrètement, un nouvel arrivant ne pourra plus jamais se plaindre de la pollution si l’industrie qui l’avoisine polluait déjà avant son arrivée. Nous ne pourrons plus agir si la pollution était déjà là ! Vous entérinez ainsi la possibilité de continuer à polluer là où l’on a toujours pollué sans que personne – jusque-là – ne s’en plaigne. Voilà le sens du texte que vous soumettez à notre vote ! (M. Antoine Léaument applaudit.)

Exactement !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #63

Fake news !

Le texte permettra à l’agriculture intensive de s’étendre, malgré ses externalités polluantes, mais aussi d’assouplir les contraintes relatives à la constructibilité des terres, un terrain constructible pouvant valoir dix fois le prix d’une terre agricole. Avec vous, pollueurs et spéculateurs gagnent sur tous les tableaux ; c’est tout simplement inacceptable.Les sénateurs sont allés encore plus loin en exonérant de responsabilité l’exploitant agricole dès lors qu’il n’a pas apporté de « modification substantielle » à la nature ou à l’intensité de son activité agricole. Vous alimentez la caricature d’un face-à-face entre des agriculteurs présumés victimes et des néoruraux présumés dangereux.

Voilà !

Ce n’est pas une caricature !

Vos propos, monsieur le ministre, évoquant des citadins qui « emmerde[nt] » les agriculteurs et encombrent les tribunaux,…

C’est vrai !

…en sont la preuve, alors même que le rapport de la commission des affaires culturelles de notre assemblée, du 22 janvier 2020, sur la proposition de loi visant à définir et protéger le patrimoine sensoriel des campagnes françaises, souligne la difficulté de quantifier le phénomène judiciaire des troubles de voisinage, faute de données fiables.Vous occultez complètement les milliers de ruraux qui habitent la campagne depuis des générations (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES) et qui, eux aussi, se plaignent de la mise en danger de leurs conditions de vie par un modèle agricole que vous défendez.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #72

Aïe aïe aïe !

Ce sont tous les habitants, y compris les paysans, et pas seulement les néoruraux, qui subissent les effets de l’industrialisation agricole !En réalité, une fois de plus, votre proposition de loi ne protège ni les néoruraux, ni les agriculteurs : elle est un gage pour les industriels polluants. Un tel texte est écologiquement indéfendable, tant il va à l’encontre des enjeux environnementaux et tend à pérenniser les situations nuisibles à l’environnement.

Hors sujet !

Au lieu de dissuader les industriels de continuer à polluer sans penser aux conséquences, et alors même que l’on connaît les impacts désastreux sur le changement climatique et la vie humaine, vous restreignez le droit à la réparation des habitants de la ruralité. Au lieu de contraindre, vous légitimez voire encouragez les pollueurs à continuer. Comme l’a justement souligné Stéphane Galais, secrétaire national de la Confédération paysanne, cette proposition de loi « populiste et binaire » dresse « les agriculteurs contre les écolos et les néoruraux », au lieu de « les relier autour d’un projet de relocalisation alimentaire » utile à l’ensemble du pays. (M. Antoine Léaument applaudit.)

Très bien !

Qui est populiste ?

En conclusion, monsieur le ministre, cette loi, prétendument conçue pour défendre la ruralité, octroie un permis de polluer aux industriels et aux grands exploitants.

N’importe quoi !

Votre gouvernement restera dans l’histoire comme celui qui fut condamné à plusieurs reprises pour inaction climatique et pour avoir insuffisamment lutté contre la pollution de l’air. L’arrestation, ce matin, de plusieurs militants écologistes mobilisés contre Lafarge, illustre votre action permanente au service des lobbys. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Ici, une loi pour exonérer les pollueurs ; ce matin, l’usage des moyens de l’antiterrorisme pour diaboliser les mobilisations contre ceux dont vous protégez les intérêts.Face au désastre écologique multiforme qui menace l’avenir et la survie de l’espèce humaine, nous sommes pour une bifurcation écologique radicale,…

Caricature !

…dans l’intérêt de notre communauté humaine et de notre planète. Alors que vous servez les intérêts des pollueurs, nous servons l’intérêt du peuple. C’est pourquoi nous voterons contre ce texte ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Très bien !

Merci à la famille « contre tout » !

La parole est à M. Victor Habert-Dassault.

Bravo, deux députés LR parmi nous ! C’est deux de plus que jeudi pour le texte en faveur du revenu des agriculteurs.

La proposition de loi dont nous achevons aujourd’hui l’examen vise à moderniser le droit de la responsabilité civile, lequel repose sur cinq articles du code civil qui n’ont pas évolué depuis leur entrée en vigueur en 1804. Elle vise à introduire dans ce code le principe de responsabilité fondée sur les troubles anormaux de voisinage, consacré par la jurisprudence, afin qu’il puisse être appliqué uniformément sur l’ensemble du territoire.Ce texte apportera une réponse aux batailles de voisinage qui se multiplient dans nos campagnes.

Tout à fait !

Je pense notamment au cas emblématique d’un éleveur de mon département de l’Oise, Vincent Verschuere, condamné à verser 100 000 euros de dommages et intérêts à ses voisins plaignants au motif que l’extension de son exploitation causait des nuisances visuelles et olfactives. Il a pu faire face à cette sanction grâce à la solidarité des habitants de l’Oise et des élus, qui se sont mobilisés à ses côtés.Le législateur a décidé d’agir afin d’éviter que ces situations ne se multiplient et ne viennent fragiliser encore un peu plus nos exploitations agricoles. À l’issue de l’examen de la proposition de loi, je me félicite que députés et sénateurs soient parvenus à construire un texte équilibré qui protège la liberté d’entreprendre et la jouissance des biens. L’objectif est clair : restreindre les recours pour trouble anomal de voisinage, c’est-à-dire limiter le nombre de contentieux engagés […]

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #94

Absolument !

Le chant du coq, les odeurs à proximité d’une exploitation, le bruit des tracteurs et des moissonneuses, ou encore le son des cloches, font partie intégrante de la ruralité et ne peuvent pas être sans cesse remises en cause par des nouveaux arrivants.

C’est ça, la campagne !

Il est d’autant plus important de protéger nos agriculteurs contre les actions et les recours abusifs que le monde agricole est en proie à un véritable sentiment d’abandon, qui s’est encore exprimé au mois de février dernier.Enfin, ce texte permettra d’aider les maires à désamorcer les conflits de voisinage et contribuera à désengorger les tribunaux, qui en ont bien besoin.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #99

Très bien !

Pour toutes ces raisons, le groupe Les Républicains votera en faveur de ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

La parole est à M. Bruno Millienne.

Le texte que nous examinons aujourd’hui vise à consacrer une jurisprudence constante relative à la responsabilité civile. Plus précisément, il s’agit, d’une part, d’introduire dans le code civil le principe de responsabilité sans faute en cas de troubles anormaux du voisinage et, d’autre part, de consacrer les exceptions à cette règle. Ce texte est le fruit d’un travail transpartisan que le groupe Démocrate est fier de défendre. J’insiste sur cette belle preuve de coopération dans l’espoir de vous inciter à soutenir une proposition de loi qui, loin de diviser – comme le voudrait la famille « contre tout » qui siège à l’extrême gauche de cet hémicycle –, promeut véritablement le vivre-ensemble dans nos campagnes.Si je soutiens cette proposition de loi, c’est parce qu’elle témoigne d’une meilleure compréhension des enjeux ruraux contemporains et d’une détermination à répondre aux […]

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #109

Bravo !

Sacha Houlié président de la commission mixte paritaire · SOC #110

Excellent !

La parole est à M. Henri Alfandari.

Adapter le droit aux bouleversements sociaux contemporains n’est jamais chose aisée. C’est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit de s’attaquer au droit de la responsabilité – sans doute un des pans du droit civil qui suscite le plus d’intérêt et de débats, tant ses conséquences sur la vie quotidienne de nos concitoyens sont à la fois particulièrement sensibles et aisément perceptibles.Le texte qui nous est proposé ce jour, et qui vise à codifier une notion jurisprudentielle rendue célèbre par les moqueries qu’elle a pu susciter, est indubitablement bienvenu. Alors que nous faisons face à une judiciarisation croissante des problèmes de voisinage, la proposition de la rapporteure, notre collègue Nicole Le Peih, répond de manière claire et équilibrée à un problème auquel chacun d’entre nous peut être confronté. Le dispositif prévu, ainsi que la clause exonératoire qui lui est associée […]

Menteur ! (Sourires.)

Il se trouve simplement que cette question concerne aussi les maires, bien souvent en première ligne du règlement de ces conflits de voisinage, qui interpellent et accaparent tous les maillons de l’échelon local en ralentissant son bon fonctionnement.Enfin, ces conflits alimentent l’idée, à laquelle le groupe Horizons refuse de souscrire, d’une rupture du lien entre le monde agricole et une partie des Français. Dans un contexte de crise agricole, nous croyons qu’il est important de dire et de redire aux agriculteurs que nous sommes à leurs côtés pour défendre des solutions pragmatiques et efficaces.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #121

Bien sûr !

Cette proposition de loi ne tend pas à répondre à l’ensemble des préoccupations de ceux qui consacrent leur vie professionnelle – et bien trop souvent leur vie personnelle – à nous nourrir. Elle n’en demeure pas moins indispensable pour ramener la sérénité dans nos rapports sociaux.Vous l’aurez compris, soucieux de préserver l’harmonie des relations entre nos concitoyens, le groupe Horizons votera évidemment en faveur de ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE, ainsi que sur les bancs des commissions.)

Très bien !

La parole est à M. Jérémie Iordanoff.

La question des troubles du voisinage est aussi vieille que les sociétés humaines. Les efforts entrepris pour concilier les intérêts contradictoires ont toujours existé. C’est à juste titre que les tribunaux judiciaires ont dégagé, dès le milieu du XIXe siècle, le principe selon lequel l’inconvénient anormal de voisinage devait être réparé, même en l’absence de faute. Cette théorie jurisprudentielle, toujours en vigueur, est d’autant plus légitime qu’elle fait l’objet d’une application pragmatique. Il pourrait donc être très imprudent de notre part de modifier l’équilibre subtil qui se dégage de la jurisprudence sans mener au préalable une réflexion approfondie.C’est pourtant le piège dans lequel nous tombons avec cette proposition de loi, dont les défenseurs s’abritent derrière le paravent d’une image d’Épinal de la ruralité. Ce texte est présenté comme une adaptation de la […]

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #129

Et qu’il bosse !

Au surplus, cette disposition condamne de facto des habitants à vivre dans un environnement dégradé, qui ne respecte ni leur santé ni leur équilibre écologique.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #131

On est sur Mars !

Nous ne pouvons donc que nous opposer à l’élargissement du champ d’application de ce que nous considérons comme une anomalie juridique.La seconde raison qui nous empêche de soutenir ce texte est la protection spéciale accordée aux agriculteurs par le Sénat, protection qui leur permettrait d’échapper à la justice même si leur activité évolue, et non pas simplement s’ils souhaitent la maintenir.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #134

C’est lunaire !

Ce serait aller bien au-delà du privilège d’antériorité, puisqu’on octroierait ainsi un privilège catégoriel, au motif qu’il faudrait, pour citer le Premier ministre, « mettre l’agriculture au-dessus de tout ».

Nicole Le Peih rapporteure · EPR #136

C’est fondamental !

Cette rupture d’égalité ne se justifie pas, va très clairement à l’encontre du droit au recours, et apparaît comme anachronique à l’heure où nous devrions nous concentrer sur la concrétisation du droit à un environnement sain. Tout cela est alimenté par une image de carte postale, selon laquelle on pourrait opposer ceux qui travaillent, c’est-à-dire les agriculteurs – comme vous venez d’ailleurs de l’affirmer, monsieur le ministre –, à ceux qui profitent, c’est-à-dire les néoruraux. C’est sous cet angle simplificateur qu’est présenté le problème alors que chacun sait que les actions en justice sont le plus souvent conduites par les ruraux eux-mêmes.

Voilà !

Certaines affaires judiciaires sont clairement instrumentalisées, ce qui est d’autant plus regrettable qu’elles sont la plupart du temps mal comprises. Je pense notamment à la récente affaire de l’agriculteur de l’Oise, condamné à verser des dommages et intérêts à ses voisins – un cas évoqué à plusieurs reprises lors des débats au Sénat, mais de manière tronquée, puisque rien n’a été dit des motifs qui ont conduit le juge à adopter cette solution. En l’occurrence, le tribunal judiciaire ne pouvait que constater le trouble anormal de voisinage, puisque le permis de construire dont l’agriculteur se prévalait était illégal et avait été annulé par la justice administrative quelques années plus tôt, pour atteinte à la salubrité publique.

Ce n’est pas une petite information !

Nous sommes évidemment pour le chant du coq et pour les agriculteurs, mais nous sommes contre le fait de prendre les Français pour des pigeons. Le groupe Écologiste votera donc contre ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

La parole est à M. Yannick Monnet.

Adopté en première lecture par notre assemblée au début du mois de décembre, le texte qui nous occupe entend consacrer le principe jurisprudentiel de la responsabilité fondée sur les troubles anormaux de voisinage. Il institue par ailleurs une exception générale, tirée de la théorie de la pré-occupation, à ladite responsabilité afin de trouver un meilleur équilibre entre les intérêts en présence.Est-il utile d’inscrire dans la loi un régime de responsabilité qui fonctionne même s’il résulte d’une création prétorienne ? Cette question se pose depuis que nous avons commencé à débattre de la proposition de loi.M. le garde des sceaux nous a indiqué en première lecture qu’« introduire ce principe général dans le code civil le rendra plus accessible et renforce la sécurité juridique du droit français, tout comme l’égalité de nos concitoyens devant la loi ».Nous ne sommes pas convaincus par […]

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #155

Pas du tout !

S’il s’entoure de précautions suffisantes, la pente n’en est pas moins dangereuse : il n’y a qu’un pas entre la défense légitime du principe de pré-occupation et l’érection de l’activité économique en totem d’immunité.Afin d’éviter que certaines situations ne tournent au drame lorsque des acquéreurs ont investi toutes leurs économies dans un achat immobilier et se retrouvent prisonniers d’une situation non voulue, nous restons convaincus qu’il aurait été souhaitable de privilégier une autre approche. Nous aurions pu, par exemple, systématiser la pratique de certaines études notariales qui imposent aux futurs acquéreurs d’accomplir toutes les diligences utiles et nécessaires afin de s’informer sur l’environnement proche du bien acheté, notamment sur les éventuelles nuisances liées à des activités industrielles, artisanales, agricoles ou sportives. C’était d’ailleurs l’objet de l’un de […]

Valérie Rabault president · SOC #159

Sur l’ensemble de la proposition de loi, je suis saisie par le groupe Renaissance d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Olivier Serva.

Dans la vie, il y a parfois des moments difficiles, mais il y a aussi des moments plus sympathiques : tel est le cas aujourd’hui où l’affaire du coq Maurice s’invite d’une certaine manière dans notre hémicycle ! Cette affaire d’un coq qu’on avait voulu punir pour son chant est sans doute la plus connue, la plus emblématique et la plus médiatisée – elle fut couverte par près de 300 journaux, régionaux et même étrangers – des très nombreux litiges pour troubles anormaux du voisinage examinés chaque année par nos juges.Chez moi en Guadeloupe, à Bouillante, un livreur de pain accusé de nuisances sonores causées par le klaxon qu’il utilisait pour prévenir sa clientèle de sa présence s’est vu confisquer son véhicule et, à Sainte-Anne, un temple hindou, installé depuis cent soixante-six ans, a été attaqué en justice par le voisinage pour nuisances sonores.Il est coutume de dire que vivre à la […]

Très bien !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #175

Bravo !

Valérie Rabault president · SOC #176

La discussion générale est close.

Vote sur l’ensemble

Valérie Rabault president · SOC #178

Je mets aux voix l’ensemble de la proposition de loi, compte tenu du texte de la commission mixte paritaire.

#179

(Il est procédé au scrutin.)

Valérie Rabault president · SOC #180

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 53 Nombre de suffrages exprimés 53 Majorité absolue 27 Pour l’adoption 46 Contre 7

#181

(L’ensemble de la proposition de loi est adopté.) (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et Dem.)

Suspension et reprise de la séance

Valérie Rabault president · SOC #183

La séance est suspendue.

#184

(La séance, suspendue à seize heures cinquante-cinq, est reprise à dix-sept heures.)

Valérie Rabault president · SOC #185

La séance est reprise.

Discussion, après engagement de la procédure accélérée, d’un projet de loi adopté par le Sénat

Valérie Rabault president · SOC #189

L’ordre du jour appelle la discussion du projet de loi ratifiant l’ordonnance no 2023-389 du 24 mai 2023 modifiant les dispositions du code général de la propriété des personnes publiques relatives à la Polynésie française (nos 2346, 2425).

Présentation

La parole est à M. le ministre délégué chargé des comptes publics.

Thomas Cazenave ministre délégué chargé des comptes publics · EPR #192

Le projet de loi de ratification de l’ordonnance du 24 mai 2023 s’inscrit dans une démarche de clarification et d’harmonisation, pour rendre le droit domanial plus lisible et plus facilement applicable en Polynésie.Je veux en premier lieu remercier Hadrien Ghomi, rapporteur de la commission des lois, pour son travail sur ce texte et pour les auditions qu’il a menées dans ce cadre. Je tiens aussi à saluer le travail des sénateurs, qui a conduit à l’adoption du texte en première lecture à l’unanimité par la Chambre haute le 14 mars.Pendant longtemps, la législation domaniale en Polynésie française a souffert d’un manque de clarté dû à la multiplicité des régimes en vigueur et à la diversité des types de domaines concernés.Depuis 1977, la Polynésie française détient la propriété de son domaine, à la suite du transfert par l’État de l’intégralité de son domaine public maritime, à […]

La parole est à M. le rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République.

Hadrien Ghomi rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République · RE #207

Nous sommes réunis pour examiner le projet de loi ratifiant l’ordonnance du 24 mai 2023 modifiant les dispositions du code général de la propriété des personnes publiques relatives à la Polynésie française.En préambule, je tiens à remercier les services de la commission des lois, en particulier Adrien Gros pour le travail qu’il a réalisé à mes côtés.Cette ordonnance rend l’État compétent pour définir les règles applicables à son domaine privé. Elle répare ainsi une omission du législateur, dans le champ de la loi organique comme de la loi ordinaire, et tire les conséquences des évolutions du statut de la Polynésie française intervenues en 2019 – vous y avez fait référence, monsieur le ministre.Avant de présenter plus en détail le contenu de l’ordonnance, permettez-moi de rappeler brièvement le cadre juridique dans lequel elle s’inscrit. De manière générale, les biens qui appartiennent à […]

Discussion générale

Dans la discussion générale, la parole est à M. Steve Chailloux.

Ia ora na – bonjour à tous. Le projet de loi ratifiant l’ordonnance du 24 mai 2023 modifiant les dispositions du code général de la propriété des personnes publiques relatives à la Polynésie française appelle des remarques, tant sur la forme que sur le fond.S’agissant de la forme, je rappellerai que l’ordonnance prise en mai 2023 n’a fait l’objet d’aucune consultation des autorités polynésiennes, alors que l’article 9 du statut de la Polynésie dispose que « l’assemblée de la Polynésie française est consultée […] sur les projets d’ordonnance pris sur le fondement de l’article 74-1 de la Constitution ». Cependant, en raison du contexte électoral de la Polynésie lors de la rédaction de ce projet d’ordonnance, l’organe législatif du pays, c’est-à-dire de la Polynésie, n’a pas pu se prononcer. Par conséquent, son avis favorable a de facto été présumé. On peut donc s’interroger sur la […]

La parole est à M. Olivier Serva.

Disons-le d’emblée : c’est un projet de loi technique dont nous débattons, mais il est très important pour la Polynésie française. Les deux principaux enjeux de ce texte, bien que simples dans leur énoncé, sont complexes à atteindre : simplification juridique et respect des spécificités locales. M. le rapporteur a rappelé que depuis 1977, la Polynésie française est propriétaire de son propre domaine, auquel l’État a transféré l’entièreté de son domaine public maritime, à l’exception des dépendances affectées à l’exercice de sa souveraineté. Si cette collectivité d’outre-mer est donc particulièrement autonome en matière domaniale, l’État conserve la propriété d’un vaste domaine public, qui comprend des palais de justice, des ports et des écoles, mais également d’un domaine privé.Cette présentation juridique peut paraître simple, mais sur le terrain, il n’en est rien : l’enchevêtrement […]

La parole est à M. Jérémie Iordanoff.

Ce texte montre, une fois encore, avec quelle légèreté le Gouvernement traite le Parlement. Je ne conteste évidemment pas le principe des ordonnances prises au titre de l’article 74-1 de la Constitution, mais je regrette qu’il y soit recouru pour certaines questions que le Gouvernement entend se réserver sous prétexte de leur technicité.Nous débattons de la ratification d’une ordonnance qui porte sur des sujets importants pour la Polynésie française, mais qui n’a fait l’objet ni d’un véritable travail législatif sur le fond, ni de délibérations approfondies, éclairées par une analyse préalable. Nous aurions dû avoir de vrais temps d’échange et d’audition. Monsieur le rapporteur, vous disiez en commission qu’il y avait eu une audition, mais vous conviendrez avec moi que c’est très largement insuffisant. Il n’y aura donc pas eu de travail de fond mené par les députés sur les dispositions […]

La parole est à Mme Claire Guichard.

Nous examinons un texte important pour la Polynésie française. Il conclut un long processus d’harmonisation du droit domanial en vigueur.L’ordonnance que nous nous apprêtons à ratifier procède à une mise en cohérence qui paraît logique, et à laquelle peu de monde s’oppose. Elle vise à rendre opérationnelle la compétence de l’État pour l’administration de son domaine privé et du domaine des établissements publics nationaux présents en Polynésie française.L’absence de compétence avait en effet complexifié une gestion locale soumise à d’autres défis. Le législateur avait remédié à cette situation singulière grâce à la loi organique du 5 juillet 2019, qui prévoyait expressément la compétence de l’État. Cette modification avait recueilli un avis favorable de l’assemblée de la Polynésie française.L’ordonnance qu’il nous est proposé de ratifier comprend les ajustements nécessaires à la pleine […]

Hadrien Ghomi rapporteur · RE #259

Très bien !

Il serait incohérent de supprimer cette compétence de l’État ; de surcroît, cela perturberait gravement l’équilibre ardemment recherché avec les autorités polynésiennes.Non seulement la non-ratification de l’ordonnance déboucherait sur une impraticabilité opérationnelle, mais encore elle serait contraire à l’indispensable esprit de collaboration.Pour toutes ces raisons, le groupe Renaissance soutiendra ce projet de loi. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

La parole est à Mme Laurence Robert-Dehault.

Si la République est une et indivisible, elle reconnaît néanmoins les spécificités de ses territoires ultramarins. Ceux-ci participent à la grandeur de la France et font de notre nation une puissance mondiale. Ils contribuent, grâce notamment à la ZEE qu’ils ouvrent, au développement économique de notre pays.Pourtant, ils figurent parmi les oubliés de la République. Ils subissent les mêmes maux que la métropole, mais à un niveau plus dramatique encore. La Polynésie française connaît un taux de chômage de 44 %, six fois plus élevé qu’en métropole. Elle n’est pas épargnée non plus par la défaillance des services publics : la chambre territoriale des comptes soulignait en 2022 que le service de l’eau était de mauvaise qualité.Dans l’attente de réformes ambitieuses susceptibles d’améliorer durablement le quotidien de nos compatriotes ultramarins, nous sommes saisis du projet de loi de […]

Thomas Cazenave ministre délégué · EPR #271

Oh !

Enfin et surtout, nous dénonçons fermement le recours excessif aux ordonnances sous la présidence d’Emmanuel Macron. Un rapport sénatorial de 2022 indique qu’avec 350 ordonnances en cinq ans, soit 70 par an au cours de son premier mandat, il est le président qui a le plus recouru à cette méthode.Je dénonce le recours à tous les types d’ordonnances : celles prises sur le fondement de l’article 38 de la Constitution, comme celles visées par l’article 74-1.Légiférer par cette procédure relève toujours d’un choix politique, celui d’écarter la représentation nationale de la construction d’un texte.Si le recours aux ordonnances se justifiait par l’efficacité de la procédure, pourquoi pas ? Or, bien au contraire, le même rapport sénatorial indique qu’il faut en moyenne 250 jours pour l’adoption d’une loi au Parlement, contre 466 jours pour la publication d’une ordonnance – mais nous savons […]

La parole est à M. Thomas Portes.

Nous nous apprêtons à ratifier un texte utile à la Polynésie française, qui prend la poussière dans les cartons du Gouvernement depuis trop longtemps. Comme pour tous les textes relatifs aux outre-mer depuis votre arrivée au pouvoir, vous décidez de passer par voie d’ordonnance, ce qui ralentit la procédure législative, donc la mise à jour du droit dans les outre-mer. Légiférer à double vitesse, c’est une rupture de l’État de droit, une rupture de l’égalité des droits – mais selon vous, peut-être ce texte pouvait-il attendre ?L’ordonnance comprend une disposition concernant la cession de domaines de l’État en vue de réaliser des logements sociaux en Polynésie française. La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a publié il y a quelques jours un rapport accablant sur le droit au logement en France. Les ménages les plus pauvres dédient 38 % de leurs revenus au […]

C’est vrai !

Les territoires d’outre-mer méritent mieux que votre mépris ! Ce mépris se manifeste par les délais insupportables que vous infligez gratuitement à leurs habitants, alors qu’il vous suffirait de prendre immédiatement les décisions. Ce mépris se manifeste par les politiques délétères qui créent des conditions de vie insupportables dans les territoires d’outre-mer, où la vie est trop chère et où les services publics sont largement inexistants. Et parfois, ce mépris se manifeste dans l’hémicycle par des moqueries et des insultes directes envers les représentants des outre-mer.

Ah bon ?

Oui, tout à fait !

Les habitants des outre-mer sont considérés par ce gouvernement comme des citoyens de seconde zone. C’est inacceptable.Pourtant, si la France dispose du premier domaine maritime mondial pour ce qui est de la biodiversité, c’est grâce à ses territoires ultramarins. Il faut le protéger à tout prix. C’est pourquoi nous soutiendrons les amendements visant à préserver les ressources naturelles de la Polynésie de la mainmise de l’État français. Nous devons faire des outre-mer l’avant-garde de la bifurcation écologique et du progrès social ; cela ne peut plus attendre. Je le répète : les habitants des territoires d’outre-mer méritent mieux que d’être considérés comme des citoyens de seconde zone. Nous voterons pour le projet de loi, mais aussi pour les amendements. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NUPES et GDR-NUPES.)

La parole est à M. Alexandre Portier.

J’associerai à mon intervention mon collègue Mansour Kamardine, qui est particulièrement engagé, comme vous le savez, pour la défense et la promotion des territoires d’outre-mer.Le présent projet de loi porte sur la ratification – obligatoire pour les collectivités relevant de l’article 74 de la Constitution – d’une ordonnance, en l’espèce l’ordonnance no 2023-389 du 24 mai 2023 modifiant les dispositions du code général de la propriété des personnes publiques relatives à la Polynésie française.Ce texte concerne la question, complexe en droit, des règles applicables à la gestion du domaine public de l’État. Ces règles encore plus complexes lorsqu’elles concernent les outre-mer, compte tenu de leurs évolutions statutaires successives – notamment lorsqu’elles portent sur les collectivités régies par la spécialité législative inscrite à l’article 74 de la Constitution. C’est le cas de la […]

La parole est à Mme Mathilde Desjonquères.

Les spécificités géographiques et géologiques de la Polynésie française, avec ses 118 îles volcaniques et coralliennes, exigent naturellement la mise en place d’un régime juridique adapté. L’ordonnance du 24 mai 2023, attendue par un grand nombre de Polynésiens, tend à clarifier le droit domanial de ce territoire.Ce texte met fin au régime de spécialité législative qui prévalait pour l’application des dispositions relatives au domaine public des établissements de l’État. Il aligne enfin le régime polynésien sur celui de l’applicabilité de plein droit pour ce qui relève du domaine public de l’État.Pour rappel, la loi organique du 5 juillet 2019 portant modification du statut d’autonomie de la Polynésie française a clarifié le droit domanial applicable sur ce territoire, en y étendant expressément la compétence de l’État à son domaine privé ainsi qu’au domaine public et privé de ses […]

La parole est à M. Henri Alfandari.

Le projet de loi que nous examinons vise à corriger une incohérence, fruit de la fragmentation normative existant en Polynésie française. Longtemps, le droit domanial y est resté illisible en raison du nombre important de régimes applicables et de catégories de domaines.La loi organique du 27 février 2004 portant statut d’autonomie de la Polynésie française a permis une clarification et un partage du domaine polynésien entre l’État, la collectivité et les communes, ainsi que le partage des compétences afférent. Pourtant, une lecture stricte de ses dispositions conduisait à considérer que l’État n’était pas compétent en Polynésie française pour établir les règles relatives à son domaine privé et à celui de ses établissements publics. Cette compétence revenait donc par défaut aux institutions de la Polynésie française pour les 12,5 kilomètres carrés concernés.La loi organique du 5 juillet […]

La parole est à M. Gérard Leseul.

L’ordonnance qu’il nous est proposé de ratifier vise à clarifier le droit domanial applicable en Polynésie française. Elle prévoit d’harmoniser les règles et de donner à l’État une compétence en matière d’établissement des dispositions relatives à son domaine privé et aux domaines privé et public de ses établissements publics en Polynésie française. Une telle évolution était nécessaire, puisque le code général de la propriété des personnes publiques n’avait pas été mis en cohérence avec ces nouvelles dispositions.Ces modifications contribueront à une meilleure conciliation entre le droit positif dans l’Hexagone et le droit spécifique à la Polynésie française concernant la gestion des biens publics. Il convient en effet de clarifier la répartition des compétences et le régime d’application du droit domanial en Polynésie française.Nous soutenons la ratification de cette ordonnance, afin […]

Valérie Rabault president · SOC #323

La discussion générale est close.

Discussion des articles

Valérie Rabault president · SOC #325

J’appelle maintenant, dans le texte de la commission, l’article unique du projet de loi.

Article unique

#327

(L’article unique est adopté.)

· ADOPTION d’un article (vote à main levée)

Après l’article unique

Valérie Rabault president · SOC #329

La parole est à M. Steve Chailloux, pour soutenir l’amendement no 1 portant article additionnel après l’article unique.

article unique · amendement 1

La confusion est telle, entre les notions employées par l’article L. 1127-1 du CG3P et par l’article L. 532-2 du code du patrimoine auquel il renvoie, qu’il est préférable d’abroger l’article L. 5621-2 du code général de la propriété des personnes publiques. Tel est l’objet de cet amendement déposé par mon collègue polynésien Tematai Le Gayic, qui, ce faisant, tend une perche au Gouvernement : cette abrogation lui laisserait le temps de clarifier ces notions avant de les étendre à la Polynésie et de risquer d’empiéter sur les compétences de la collectivité.Qu’est-ce que le domaine public maritime de l’État en Polynésie ? M. le rapporteur entretient la confusion en définissant le domaine public de l’État. Nous demandons une définition du domaine public maritime de l’État – j’insiste sur l’adjectif « maritime ». Qui, entre la Polynésie et l’État, est compétent en matière de biens […]

Quel est l’avis de la commission ?

Hadrien Ghomi rapporteur · RE #335

Cet amendement fait écho aux débats qui ont eu lieu au Sénat et en commission des lois, ainsi qu’à des craintes formulées par les représentants de l’assemblée de la Polynésie française, que j’ai tenu à auditionner. Mes arguments seront les mêmes que ceux que j’ai présentés en commission des lois. Il est important de les rappeler, même si c’est un peu long.Premièrement, l’objet de l’article L. 5621-2 du CG3P n’est pas d’étendre la compétence de l’État mais, au contraire, de la limiter. En effet, en application de la loi organique de 2019 et de l’ordonnance de 2023, l’ensemble des règles du CG3P sont désormais applicables de plein droit en Polynésie française. De ce fait, des adaptations s’imposent. Dans ce contexte, l’article L. 5621-2 clarifie le droit applicable. Il précise que seuls les biens culturels situés dans le domaine public maritime de l’État peuvent lui revenir lorsque leur […]

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Thomas Cazenave ministre délégué · EPR #341

Je souscris à tous les arguments développés par le rapporteur. J’insiste sur le fait que nous ne remettons absolument pas en question les compétences de la Polynésie relatives à son domaine maritime, qui sont déjà strictement définies. Surtout, l’objectif de l’ordonnance est de préciser des dispositions à ce stade confuses – il faut bien le reconnaître. Or l’abrogation de l’article L. 5621-2 du CG3P introduirait la plus grande confusion : l’État aurait la possibilité d’acquérir des biens culturels situés largement en dehors de son propre domaine public maritime. J’émets donc un avis défavorable.

#342

(L’amendement no 1 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt

Sur l’ensemble du projet de loi, je suis saisie par le groupe Renaissance d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Steve Chailloux, pour soutenir l’amendement no 2.

Il vise à exclure les gisements du champ d’application, en Polynésie, de l’article L. 1127-1 du CG3P, dans la mesure où la notion de gisement, définie à l’article L. 532-1 du code du patrimoine, soulève des difficultés d’interprétation, notamment au regard de l’article 47 du statut de la Polynésie, selon lequel celle-ci « réglemente et exerce les droits de conservation et de gestion, le droit d’exploration et le droit d’exploitation des ressources naturelles biologiques et non biologiques, notamment les éléments des terres rares, des eaux intérieures, en particulier les rades et les lagons, du sol, du sous-sol et des eaux surjacentes de la mer territoriale et de la zone économique exclusive ».L’Assemblée générale des Nations unies a eu à se prononcer sur la question et a tranché en adoptant, le 13 décembre 2019, une résolution dans laquelle elle a exhorté l’État français à « garantir la […]

Quel est l’avis de la commission ?

Hadrien Ghomi rapporteur · RE #349

De même que précédemment, je demande le retrait de l’amendement, sans quoi mon avis sera défavorable. Je vais m’efforcer de reprendre tous les éléments dont j’ai fait part en commission des lois.La notion de gisement doit être comprise non pas comme un gisement au sens du code minier, mais comme un gisement archéologique au sens du code du patrimoine. L’article L. 531-2 de ce dernier code prévoit que les biens culturels maritimes doivent présenter « un intérêt préhistorique, archéologique ou historique » ; il s’agit notamment de « gisements », d’« épaves » ou de « vestiges ». Le décret du 26 décembre 1961 fixant le régime des épaves maritimes précise que les gisements archéologiques sont entendus comme des épaves d’une certaine « importance », telles que « les navires entiers et leur cargaison ». Je tiens à vous rassurer, en rappelant ce que j’ai indiqué en commission à notre collègue […]

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Thomas Cazenave ministre délégué · EPR #352

Je souhaite à mon tour vous rassurer : les gisements visés ne sont en aucune manière des ressources naturelles ; il s’agit seulement d’épaves au sens du code du patrimoine. À l’instar du rapporteur, je demande le retrait de l’amendement, sans quoi mon avis sera défavorable.

#353

(L’amendement no 2 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt

Vote sur l’ensemble

Valérie Rabault president · SOC #355

Je mets aux voix l’ensemble du projet de loi.

#356

(Il est procédé au scrutin.)

Valérie Rabault president · SOC #357

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 68 Nombre de suffrages exprimés 58 Majorité absolue 30 Pour l’adoption 58 Contre 0

#358

(Le projet de loi est adopté.) (Applaudissements sur quelques bancs.)

Suspension et reprise de la séance

Valérie Rabault president · SOC #360

La séance est suspendue.

#361

(La séance, suspendue à dix-huit heures cinq, est reprise à dix-huit heures dix.)

Valérie Rabault president · SOC #362

La séance est reprise.

Discussion, après engagement de la procédure accélérée, d’un projet de loi adopté par le Sénat

Valérie Rabault president · SOC #366

L’ordre du jour appelle la discussion du projet de loi ratifiant l’ordonnance no 2023-285 du 19 avril 2023 portant extension et adaptation à la Polynésie française, à la Nouvelle-Calédonie et aux îles Wallis et Futuna de diverses dispositions législatives relatives à la santé (nos 2349, 2427).

Présentation

La parole est à M. Frédéric Valletoux, ministre délégué chargé de la santé et de la prévention.

Frédéric Valletoux ministre délégué chargé de la santé et de la prévention · HOR #369

Le texte soumis à votre examen est d’apparence très technique, mais ses effets seront, dès sa promulgation, très concrets pour bon nombre de nos concitoyennes et concitoyens. Son adoption est essentielle pour assurer la pérennité, dans les collectivités du Pacifique, de plusieurs évolutions récentes de notre droit. Le Gouvernement a en effet étendu et adapté par ordonnance en date du 19 avril dernier différentes mesures du code de la santé publique déjà en vigueur dans l’Hexagone et les collectivités d’outre-mer, afin qu’elles puissent s’appliquer en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie et dans les îles Wallis et Futuna, en tenant compte, bien sûr, des spécificités de ces territoires.Cette ordonnance a été prise sur le fondement de l’article 74-1 de la Constitution, qui prévoit une habilitation permanente du Gouvernement pour étendre, à certaines collectivités d’outre-mer, des […]

La parole est à Mme Charlotte Parmentier-Lecocq, présidente et rapporteure de la commission des affaires sociales.

Charlotte Parmentier-Lecocq rapporteure de la commission des affaires sociales · HOR #380

Je suis honorée d’être la rapporteure de ce texte qui porte extension et adaptation de dispositions relatives à la santé à la Polynésie, à la Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna. En effet, comme tous les députés de la majorité, j’attache une grande importance à nos territoires d’outre-mer.Le Gouvernement sollicite, par ce projet de loi, la ratification d’une ordonnance de l’article 74-1 de la Constitution. Ce rendez-vous ne se produit que quelques fois par législature, et le fait qu’un texte similaire ait précédé celui-ci dans l’hémicycle ne change rien à cette rareté. Nous connaissons tous les ordonnances de l’article 38 de la Constitution. Beaucoup s’en plaignent régulièrement, au motif qu’elles dépossèdent le Parlement de sa compétence sur tous les sujets, ou presque. La ratification qui nous est demandée aujourd’hui est relative à un objet différent.Une ordonnance de l’article […]

Excellent !

Discussion générale

Valérie Rabault president · SOC #389

Dans la discussion générale, la parole est à M. Olivier Serva.

L’ordonnance du 19 avril 2023 que l’on nous propose de ratifier touche à des sujets assez techniques et parfois sensibles.L’extension des dispositions relatives à la recherche sur la personne humaine est très attendue par les territoires du Pacifique. Elle permettra un meilleur accès des patients aux essais cliniques et aux thérapies innovantes, notamment pour le traitement des cancers. Le texte inclut l’extension de la compétence des comités de protection des personnes (CPP) hexagonaux aux recherches dont le promoteur est établi en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie ou à Wallis-et-Futuna, afin que ces travaux puissent être évalués par un CPP ; l’application des dispositions issues du droit européen dans le champ de la recherche clinique, et l’extension de la compétence de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, l’ANSM.Cela permettra de réduire la […]

La parole est à M. Jérémie Iordanoff.

Le texte que nous examinons ratifie l’ordonnance no 2023-285 du 19 avril 2023 portant extension et adaptation à la Polynésie française, à la Nouvelle-Calédonie et aux îles Wallis et Futuna de diverses dispositions législatives relatives à la santé. Ce texte comportait un article unique lors de son examen en commission. Il en ressort enrichi de deux articles supplémentaires apportant des corrections de références nécessaires pour étendre et adapter les dispositions ratifiées et prévoyant l’évaluation, par le Gouvernement, du coût de l’allongement de douze à quatorze semaines du délai légal de recours à l’interruption volontaire de grossesse.Sur le fond, l’ordonnance a pour objet l’extension à ces territoires de dispositions relatives à la recherche impliquant la personne humaine, de l’allongement du délai de recours à l’interruption volontaire de grossesse et de quelques dispositions […]

La parole est à Mme Chantal Bouloux.

Le projet de loi soumis à notre examen ce jour vise à garantir une application uniforme et adaptée de la législation en matière de santé publique sur l’ensemble du territoire français.

Bien !

Une application uniforme, car l’ordonnance du 19 avril 2023 étend d’abord le champ d’application des lois bioéthiques de 2021, notamment en matière de recherche impliquant la personne humaine, à la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis-et-Futuna. Cette extension est nécessaire à la sécurisation juridique des expériences scientifiques menées, comme au respect des droits fondamentaux des participants à ces expériences, essentielles pour la recherche scientifique et médicale.L’ordonnance permet également d’étendre et d’adapter aux territoires concernés la loi qui consacre l’allongement du délai de recours à l’IVG de douze à quatorze semaines. Engagement du Président de la République et de notre majorité,…

Très bien !

…cette mesure est un acte politique fort, traduisant un progrès social majeur en faveur du droit des femmes à disposer pleinement de leur corps. Enfin, l’ordonnance permet d’étendre l’accès aux soins et de renforcer la politique de prévention en santé dans les territoires concernés. Deux mesures complémentaires ont ainsi été consacrées dans la loi : l’extension des compétences des sages-femmes en matière de dépistage des infections sexuellement transmissibles, permise par la loi Rist 1, et l’accès effectif à la contraception pour les personnes mineures, permis quant à lui par la loi du 26 janvier 2016.Les dispositions législatives concernées sont déjà en application sur le territoire métropolitain ; elles y ont prouvé leur bien-fondé, voire leur nécessité. Ces avancées législatives sont le fruit de combats politiques menés par notre majorité depuis 2017 ; néanmoins, nous avons entendu […]

C’est vrai !

J’appelle donc de mes vœux un vote à l’unanimité, qui enverrait un signal fort à nos compatriotes vivant dans les territoires concernés.

Charlotte Parmentier-Lecocq rapporteure · HOR #417

Très bien !

La représentation nationale est sensible à l’égale considération des citoyens français où qu’ils résident – en métropole comme dans les territoires d’outre-mer –, a fortiori quand des droits aussi fondamentaux que ceux relatifs à la santé publique sont en jeu.Le groupe Renaissance votera ce projet de loi, dans un objectif de cohérence de l’action politique menée et par conviction profonde. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem.)

La parole est à Mme Angélique Ranc.

Elle n’est pas là, madame la présidente.

Voilà l’illustration du respect du Rassemblement national pour les outre-mer !

Mme Angélique Ranc s’exprimera ultérieurement. La parole est à Mme Mathilde Panot.

Dans l’élaboration des lois et leur application, les territoires dits d’outre-mer sont constamment mis de côté ; vous en apportez une nouvelle preuve aujourd’hui. Vous choisissez trop souvent de renvoyer l’application des lois dans les outre-mer à des ordonnances, un dispositif antidémocratique, pour contourner le Parlement.Ainsi, nos concitoyens ultramarins se retrouvent sans cesse relégués à des ordonnances d’application, prises tardivement, dans des domaines fondamentaux. C’est un facteur d’inégalité entre citoyens. L’ordonnance dont il est question ce jour étend des dispositions législatives datant de plusieurs années – douze ans pour certaines ! Cette méthode est inacceptable, a fortiori sur des sujets tels que la recherche sur des pathologies et le droit à l’avortement. Les femmes polynésiennes, calédoniennes et wallisiennes doivent attendre pour bénéficier de droits garantis des […]

Bravo, madame la présidente !

La parole est à Mme Isabelle Périgault.

Le présent projet de loi vise à ratifier l’ordonnance n° 2023-285 du 19 avril 2023 portant extension et adaptation à la Polynésie française, à la Nouvelle-Calédonie et aux îles Wallis et Futuna de diverses dispositions législatives relatives à la santé. Le premier objet de ce texte est de rendre applicables certaines dispositions des récentes lois de bioéthique en matière de recherche, notamment les dispositions se rapportant aux RIPH. Il précise les conditions dans lesquelles ces recherches peuvent être menées et garantit la sécurité et la bonne information des participants.Le second objet du texte est l’extension et l’adaptation aux territoires français du Pacifique des dispositions relatives à l’allongement des délais de recours à l’IVG et à la suppression du délai minimal de réflexion. De plus, le texte étend et adapte les compétences des sages-femmes en matière de dépistage et de […]

La parole est à Mme Maud Petit.

Ia orana. Bozu. Avant tout, permettez-moi de saluer nos frères et sœurs polynésiens, calédoniens, wallisiens et futuniens, qui dorment encore ou se réveillent à peine.La Polynésie française dispose d’un système de santé autonome, qui doit relever des défis liés à une géographie dispersée et à l’évolution des dépenses de santé. La couverture maladie universelle (CMU) est en place depuis 1994, mais le financement du système de santé reste un enjeu majeur.En Nouvelle-Calédonie, le système de santé est confronté à des défis similaires, avec des problèmes de financement et des maladies chroniques en augmentation. Un plan de réforme, Ma santé Nouvelle-Calédonie, vise à adapter le système aux besoins actuels.À Wallis-et-Futuna, le système de santé repose sur une agence de santé qui gère les soins et les urgences. Il n’y a pas de médecine libérale et les évacuations sanitaires sont courantes en […]

La parole est à M. Paul Christophe.

Le projet de loi que nous examinons aujourd’hui revêt une importance capitale pour les habitants des collectivités françaises du Pacifique. En effet, nous sommes invités à nous prononcer sur la ratification de l’ordonnance du 19 avril 2023, qui vise à étendre et à adapter diverses dispositions appliquées aujourd’hui en métropole, dans le but d’offrir aux Polynésiens, Calédoniens, Wallisiens et Futuniens un accès équitable aux avancées médicales et au droit en matière de santé.Dans le respect des procédures, le Gouvernement a consulté les assemblées des collectivités concernées, conformément à l’article 74-1 de la Constitution, afin de les associer à l’élaboration de politiques les concernant directement. De plus, l’absence de contestation quant à d’éventuels empiètements de l’État sur les compétences dévolues à ces collectivités témoigne du consensus que suscite la nécessité de cette […]

La parole est à M. Gérard Leseul.

L’ordonnance rend applicable aux trois collectivités du Pacifique les dispositions relatives aux recherches impliquant la personne humaine. En effet, il y a dans ces trois territoires des vides juridiques, apparus avec les évolutions législatives qu’a récemment connues la métropole.Ce texte vise également à rendre applicables à ces territoires des évolutions législatives récentes, relatives aux droits des personnes malades, à la santé sexuelle, à l’interruption volontaire de grossesse et à différents produits pharmaceutiques. Concrètement, il doit permettre de rendre applicables dans ces collectivités d’outre-mer les nouveaux droits votés dans l’Hexagone, ce qui était nécessaire et attendu.Il est notamment question de l’allongement du délai de recours à l’IVG de douze à quatorze semaines de grossesse, de la suppression du délai minimal de réflexion de deux jours avant de confirmer sa […]

La parole est à M. Steve Chailloux.

Ia ora na – bonjour à tous. En guise de propos liminaire, je saluerai, à la suite de mes collègues, le travail accompli par la rapporteure. Je souhaite également féliciter ma collègue, la députée polynésienne Mereana Reid Arbelot, pour avoir apporté à cette ordonnance, par de nombreuses corrections, la pertinence qui lui faisait manifestement défaut.Nous nous retrouvons donc aujourd’hui à débattre d’un texte complété et d’une ordonnance que le Gouvernement, sur le fondement de l’article 74-1 de la Constitution, nous demande de ratifier sous peine de caducité : l’ordonnance no 2023-285 du 19 mars 2023 portant extension et adaptation de diverses dispositions relatives à la santé à Wallis-et-Futuna, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française.Cette ordonnance apportera aux collectivités du Pacifique des évolutions majeures en matière de santé. L’actualisation des dispositions relatives […]

La parole est à M. Frédéric Cabrolier.

Le projet de loi a pour objectif d’adapter à la Polynésie française, à la Nouvelle-Calédonie et aux îles Wallis et Futuna diverses dispositions législatives relatives à la liberté, à la santé publique ainsi qu’à la recherche. En somme, ce texte constitue une belle avancée en tant qu’il permet à des patients de ces territoires d’être associés à des recherches cliniques.Nous nous réjouissons que ces dispositions permettent, par exemple, à des patients atteints de cancer et en échec thérapeutique de participer à des protocoles de recherche, et d’accéder plus facilement à des traitements innovants. Jusqu’à présent, ces territoires devaient mener leurs propres recherches sur des pathologies jugées spécifiques, car liées aux caractéristiques des populations ou de leur région.Nous aurions pourtant tort de nous arrêter à cette avancée théorique en ignorant la réalité de l’offre de soins qui est […]

Valérie Rabault president · SOC #491

La discussion générale est close.

Discussion des articles

Valérie Rabault president · SOC #493

J’appelle maintenant, dans le texte de la commission, les articles du projet de loi.

Article 1er

#495

(L’article 1er est adopté.)

Article 2

Valérie Rabault president · SOC #497

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 5 et 9. La parole est à Mme la rapporteure, pour soutenir l’amendement no 5.

article 2 · amendement 5
Charlotte Parmentier-Lecocq rapporteure · HOR #498

Cet amendement est identique à celui de Mme Reid Arbelot, qui, en commission des affaires sociales, avait déposé un amendement visant à supprimer une disposition du code de santé publique qui n’était plus opérante en Polynésie française. Or tel qu’il était rédigé, l’amendement s’appliquait également à la Nouvelle-Calédonie. Nous sommes convenus qu’elle le retire en vue d’en proposer un nouveau. C’est pourquoi nous avons déposé ces amendements identiques.

Valérie Rabault president · SOC #499

L’amendement no 9 de Mme Mereana Reid Arbelot est défendu.

article 2 · amendement 5
#500

(Les amendements identiques nos 5 et 9, acceptés par le Gouvernement, sont adoptés.)

· ADOPTION de plusieurs amendements (main levée) adts
Valérie Rabault president · SOC #501

La parole est à M. Steve Chailloux, pour soutenir l’amendement no 7.

article 2 · amendement 7

Conformément à son statut organique, la Polynésie française est compétente en matière de santé. Cet amendement vise à charger l’autorité compétente de nommer un coordinateur lorsqu’une recherche impliquant la personne humaine, confiée à plusieurs investigateurs, est conduite en Polynésie française.

article 2 · amendement 7

Quel est l’avis de la commission ?

Charlotte Parmentier-Lecocq rapporteure · HOR #504

Défavorable. L’amendement prévoit de conférer au gouvernement local des prérogatives dans un domaine qui ne relève pas forcément du Gouvernement dans le droit commun. Il n’y a pas lieu de transposer à la Polynésie française un dispositif qui n’est pas prévu.