Séance du 3 juin 2025 — 223e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Tours 1 à 200 sur 567 — page 1 / 3.
La séance est ouverte.
(La séance est ouverte à quinze heures.)
L’ordre du jour appelle les questions au gouvernement.
La parole est à M. Paul Christophe.
Monsieur le premier ministre, notre pays en est-il arrivé au point de voir chaque effusion de joie, chaque ferveur nationale être entachée, polluée par des débordements – pire, des délits et des crimes – qui viennent gâcher la fête ?Quel est le bilan après la victoire du Paris Saint-Germain ? Nos policiers et nos sapeurs-pompiers ont été violemment agressés. Nos concitoyens sont terrorisés face à la violence de notre société, violence que nous ne parvenons pas à endiguer : 600 personnes interpellées, des dégradations matérielles majeures à Paris et ailleurs, plusieurs décès : des drames de trop !Nous devons nous battre sur les sujets qui comptent. À Horizons, nous refusons l’inaction. Pour reprendre les mots d’Édouard Philippe : « La justice, c’est à la fois une valeur et une institution. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’institution va mal. »Nous nous égarons dans une bataille […]
La parole est à M. le premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique.
Avant de répondre très directement à la question que vous m’avez posée, je souhaite que nous ayons une pensée pour les forces de l’ordre, ceux qui font le travail, ceux qui sont sur le terrain, ceux qui subissent ces assauts. (Les députés et les membres du gouvernement se lèvent et applaudissent.)Merci de ce mouvement.
Il ne fallait pas vous forcer, monsieur Bernalicis !
Ayons aussi une pensée pour les victimes !
Ce sont ces forces qui subissent ces attaques et ces agressions, et qui, en notre nom, font l’impossible pour maintenir l’ordre dans les événements que vous avez si justement décrits.Vous avez ainsi décrit ce qu’est l’exaspération de millions de Français qui regardent ces scènes avec le sentiment qu’il n’y a rien à faire, que c’est une fatalité. Ce sentiment est inacceptable. Posons la question simplement : pouvons-nous ne rien faire face à la multiplication de ces événements ? Ma réponse est non.Vous avez indiqué plusieurs pistes pour améliorer la réponse pénale à ces actes.Je veux dire deux choses qui traduisent mon sentiment. La première, c’est peut-être – et le garde des sceaux l’a proposé – que là où sont inscrites dans la loi des peines maximales, on puisse inscrire aussi des peines minimales. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS. – Applaudissements […]
Bayrou est sarkozyste !
C’est le programme de Marine Le Pen ! L’adhésion est à 30 euros…
La deuxième chose, c’est que ces événements…
Vous vous êtes trompé de bulletin de vote en 2022 !
…n’ont rien à voir avec une rixe à un coin de rue. C’est prémédité, préparé, organisé ; ce sont des violences en réunion pour lesquelles la loi prévoit des aggravations de peines, mais qui sont extrêmement complexes car elles exigent des accumulations de circonstances particulières, notamment quant à la gravité des blessures.
À quoi sert le ministre de l’intérieur ?
Il faut être beaucoup plus clair et que l’aggravation des peines liée à des violences en réunion et préméditées soit plus nette, plus lisible pour tout le monde, notamment en simplifiant l’application des circonstances aggravantes.
Il faut, il faut, il faut : vous êtes au pouvoir ! Votez RN !
Donc premièrement, peines minimales quand il le faut, deuxièmement, amélioration des circonstances aggravantes de telle sorte qu’il soit clair aux yeux de tous…
Vous êtes au pouvoir !
…que ce type de violences préméditées, préparées, organisées et désormais régulières, ne peut être accepté dans un pays comme le nôtre. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)
La parole est à Mme Farida Amrani.
Monsieur le premier ministre, l’extrême droite tue. Le climat politique raciste et islamophobe tue.Samedi soir, un acte terroriste a encore été commis sur notre territoire. Hichem Miraoui, ressortissant tunisien de 45 ans, a été assassiné par un terroriste d’extrême droite dans le Var. Un homme de nationalité turque a également été pris pour cible et blessé.Nos pensées accompagnent leurs proches et leurs familles. Ils ont été ciblés parce qu’ils étaient étrangers, parce qu’ils étaient perçus comme musulmans. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Ce terroriste a revendiqué son acte dans des vidéos appelant à « tirer sur les Maghrébins » et à voter pour l’extrême droite.Il l’a fait sur Facebook, où plusieurs députés du Rassemblement national ont activement contribué à propager la parole raciste, islamophobe et antisémite en toute impunité. (Applaudissements sur les bancs du […]
La parole est à M. le ministre d’État, ministre de l’intérieur.
Ce qui s’est produit dans le Var est trop grave pour jeter des accusations sur d’autres personnes que sur l’auteur.Je voudrais d’abord avoir une pensée émue pour les victimes – celui qui est mort, celui qui est blessé –, pour leurs familles, que nous allons retrouver, mais aussi pour les communautés affectées, notamment la communauté tunisienne.
Quarante-huit heures après !
Je me suis rendu à l’ambassade de Tunisie ce matin, et j’ai eu hier au téléphone mon homologue, le ministre de l’intérieur tunisien, parce que l’écho a été énorme, non seulement sur le sol national, dans la communauté tunisienne, mais aussi à Tunis.Je veux dire, de la façon la plus solennelle, que les policiers et les gendarmes ont, là encore, très bien réagi, puisque le crime s’est produit à 22 h 30 et qu’à 5 h 30, nous avions retrouvé l’auteur.Ce crime avait été prémédité puisqu’il y a eu des vidéos (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS)…
Mais pourquoi n’avez-vous rien fait avant ?
…et que nous avons saisi des armes dans la voiture.Surtout, ce crime est signé : c’est clairement un crime raciste, c’est sans doute un crime antimusulman et peut-être aussi un crime terroriste, puisque le parquet national antiterroriste a été saisi.Je veux le dire de la façon la plus nette : le racisme, ce n’est pas la France ; le racisme, c’est un poison qui tue. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et DR.)
Pourquoi alors avoir utilisé le mot « barbare » ?
Précisément, c’est un crime barbare, bien sûr. La France, c’est la République et la République ne fait aucune différence selon la couleur de peau, l’origine ou les croyances.
C’est aux députés d’en face qu’il faut le dire !
C’est vous qui faites une différence !
Croyez-moi, je suis très heureux que le Pnat s’en soit saisi et j’espère que la justice sera intraitable et implacable (Mme Mathilde Panot s’exclame) à l’égard de ce qui constitue un crime antifrançais. Chaque crime raciste est un crime antifrançais. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)
La parole est à Mme Hanane Mansouri.
Samedi soir, une fête attendue depuis des décennies par les supporters parisiens, un moment inégalé depuis la victoire de l’Olympique de Marseille il y a trente-deux ans, a tourné au drame.Le bilan est digne d’un scénario catastrophe : 2 morts, 200 blessés, 560 interpellations dans tout le pays.Nous pourrions dire que le laxisme institutionnalisé nous a habitués à ce genre de violences gratuites. Et pourtant, ces actes barbares ont réussi l’exploit de nous choquer à nouveau.Mais je ne ferai pas le procès de la place Beauvau ou de la place Vendôme en dressant la liste des erreurs évitables ; je ne commenterai pas non plus la déclaration du président de la République au soir de la victoire. Je range donc ma robe de juge.En revanche, j’attends aussi que vous rangiez votre costume de délégué de classe et vos réponses toutes faites pour vous défausser de toute responsabilité, en nous disant […]
Vous ne m’avez pas compris !
Les Français n’en peuvent plus de cette insécurité qui vient de l’intérieur, de ces individus qui sèment le chaos partout où ils passent, de cette justice qui n’a plus rien de juste, notamment après avoir fait du sursis la règle et du ferme l’exception. Surtout, ils n’en peuvent plus de se sentir ignorés, qu’on leur dise qu’ils sont fachos ou qu’ils sont manipulés par CNews.Monsieur le premier ministre, que comptez-vous faire pour que l’ordre soit respecté dans la rue et que la justice soit rendue dans les tribunaux ? Quand pourrons-nous exulter de joie sans avoir peur ? Quand pourrai-je vivre dans cette France dans laquelle vous êtes né mais que je n’ai jamais connue ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)
La parole est à M. le ministre d’État, ministre de l’intérieur.
Il y a un point sur lequel nous sommes en accord : j’ai également été surpris lorsque des membres de La France insoumise ont affirmé dans des tweets que le fauteur de troubles,…
C’est vous !
…c’était le ministre de l’intérieur (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP),…
Il s’est dénoncé !
… le responsable de l’ordre public, et non pas les casseurs, les voleurs, les pilleurs, qu’ils exonèrent ainsi de leurs responsabilités.La réponse à ces violences est de trois ordres. D’abord, le maintien de l’ordre.
Ben voyons !
J’ai ici un tableau comparatif des forces déployées sur ce type d’événements.
Ce n’est pas le sujet !
Dans la nuit de samedi à dimanche, 5 400 policiers ont été déployés. En 2020, lors de la dernière finale de la Ligue des champions disputée par le PSG, il y en avait 3 000. Vous rendez-vous compte de la différence ?
C’était en plein covid !
Je rends hommage aux gendarmes et aux policiers. Ils ont été exceptionnels. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et DR ainsi que sur quelques bancs du groupe Dem.) Trente d’entre eux ont été blessés ! En ce moment même, un policier est plongé dans le coma artificiel. Plusieurs sapeurs-pompiers ont été blessés. Il faut dénoncer les fauteurs de troubles et non les forces de l’ordre !
Très bien !
Le travail a été fait. Il n’y a jamais eu autant de gardes à vue et d’interpellations.
Parce qu’il n’y avait jamais eu autant de violence !
La deuxième réponse doit être pénale. Le premier ministre vient de le dire, il faut une révolution pénale : la sanction n’est clairement pas à la hauteur des actes des fauteurs de troubles.
Il faut agir !
C’est vous, le fauteur de troubles !
Il doit y avoir une sanction, pour les majeurs comme pour les mineurs. Peut-être une loi pourrait-elle autoriser l’usage de la reconnaissance faciale dans le cadre des enquêtes judiciaires, ce qui serait une aide déterminante pour identifier les coupables. Réfléchissons-y. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)La dernière réponse passera par un changement profond de société, afin de réhabiliter l’autorité et le respect. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)
La parole est à M. Philippe Ballard.
Monsieur le garde des sceaux, pourquoi avez-vous, comme la Macronie, toujours une guerre de retard ? C’est une question très simple.
Oh là là…
Vous déplorez la faiblesse de certaines peines qui ont été prononcées en réponse au chaos qui a duré deux nuits et pendant lesquelles plusieurs villes ont été livrées aux barbares ? Mais qu’avez-vous fait ces dernières années ? Car ce n’est pas la première fois que notre pays subit cette anarchie, hélas. Elle est même devenue récurrente. Pourquoi la Macronie n’a-t-elle pas dès lors adapté l’arsenal juridique ? Elle aurait pu le faire en reprenant des propositions défendues par le Rassemblement national depuis fort longtemps. « Nous serons implacables », disait dimanche le chef de l’État. Fallait-il vraiment comprendre « implacables » ? Ou bien plutôt « incapables » ?Avez-vous pris des circulaires à destination des procureurs et des magistrats du siège les invitant à faire preuve de fermeté ? Demanderez-vous aux procureurs de faire appel pour cet individu qui, ayant effectué un tir tendu […]
La honte !
La parole est à M. le ministre d’État, garde des sceaux, ministre de la justice.
J’ai déjà dit à plusieurs reprises, et ce dès mon arrivée à la Chancellerie, que je suis favorable à la suppression du sursis et à la création de peines minimales, comme y a appelé M. le premier ministre.
Cessez de parler ! Agissez !
De plus, si vous demandez à la justice de faire preuve de fermeté, faites-le pour tous les procès… (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR. – Rires sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Protestations sur plusieurs bancs du groupe RN.)
C’est vrai !
La parole est à M. Philippe Ballard.
J’ai bien compris que vous vous étiez gardé du temps pour répondre à ce que je vais vous dire maintenant.
C’est tellement téléphoné !
Au RN, nous sommes sympas, nous vous offrons quelques idées. Je vous invite même à prendre des notes, sait-on jamais. Voici quelques mesures défendues par Marine Le Pen (« Ah ! » sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem) à l’élection présidentielle de 2022 et par Jordan Bardella (Mêmes mouvements) aux élections législatives de 2024 :…
Qui sera votre candidat à la présidentielle ?
…peine minimale automatique dès la première condamnation, peine plancher pour les récidivistes,…
Rendez l’argent !
…suppression des allocations familiales pour les parents de mineurs récidivistes (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR),…
Il manque Cayenne dans votre liste !
…présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, construction de places de prison et de centres éducatifs fermés,…
Et pour les condamnés du RN ?
La prison !
…abaissement de l’excuse de minorité et application du principe « tu casses, tu paies ».
Tu voles, tu rembourses !
Les Français en ont marre ! Agissez ou bien laissez-nous votre place, nous serons plus efficaces ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
Rendez l’argent !
La parole est à M. le ministre d’État.
Je crains que vous soyez croyant mais pas pratiquant dans cette affaire. (Mme Prisca Thevenot applaudit.) Vous n’avez voté ni la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, ni la loi relative à la prévention d’actes de terrorisme et au renseignement, ni la loi confortant le respect des principes de la République, ni aucun crédit alloué au ministère de la justice. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR et Dem.)Je crains que citer le nom de Mme Le Pen ne soit pas une garantie de fermeté. Alignez vos idées avec vos votes, soutenez le renforcement du nombre de magistrats dans les tribunaux et soutenez-les, pas seulement quand ça vous arrange, mais tout le temps et partout. C’est ça, la République ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR et Dem.)
C’est du vent !
Zéro pointé !
La parole est à M. Nicolas Metzdorf.
Monsieur le ministre des outre-mer, partout dans le monde, des nations concurrentes à la France, voire hostiles, essayent d’étendre leur emprise et leur empire sur de nouveaux territoires. La France donne le sentiment de reculer en matière de rayonnement à l’échelle du monde. C’est pourtant une de ses principales forces.On parle désormais d’indépendance-association pour la Nouvelle-Calédonie, alors qu’elle a choisi la France lors de trois référendums. On parle d’une réforme « sans tabou » pour l’avenir constitutionnel de la Guyane. On commence à parler de référendum en Polynésie française. On tergiverse pour défendre Mayotte face aux Comores.La France a-t-elle encore une ambition,…
Nous, oui !
…non pas pour ses territoires d’outre-mer, mais pour elle-même ?Que pouvons-nous dire aux centaines de milliers de Français d’outre-mer qui chantent La Marseillaise en hissant fièrement le drapeau français ? Que pouvons-nous faire, si ce n’est soigner leur sentiment d’abandon ?Quand mon arrière-grand-père a quitté pour la première fois de sa vie la Nouvelle-Calédonie, c’était pour se battre à Verdun aux côtés de tirailleurs kanak, pour défendre la France, la République et l’idée qu’il s’en faisait.Nous méritons mieux que l’abandon. Nous ne voulons pas de reconnaissance, simplement de l’ambition et d’être fiers de pouvoir nous dire Français. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, RN, DR, Dem, HOR et UDR.)
La parole est à M. le ministre d’État, ministre des outre-mer.
Je n’ai aucun doute, comme vous, quant au message que porte la France dans le monde. Je ne doute pas non plus du lien qu’entretient la République avec les territoires ultramarins. Mais elle ne peut ignorer ni les blessures profondes, ni les fractures, ni l’histoire et sa complexité.
Exactement !
Pour s’aimer et être fier de soi, il faut connaître son histoire et les autres.Nous avons pour devoir de préserver l’unité et l’autorité de l’État. Nous avons pour devoir d’agir. C’est ce que nous faisons à Mayotte, par un projet de loi que vous examinerez bientôt et qui engagera plusieurs milliards d’euros, ce qui n’avait jamais été fait. Il vise à ce que l’égalité promise à nos compatriotes mahorais soit enfin réalisée.Notre devoir, c’est de soutenir les Réunionnais, c’est de soutenir les Antilles par l’intermédiaire d’un texte sur la vie chère, c’est de lutter contre le narcotrafic aux Antilles, en Guyane et en Nouvelle-Calédonie.Notre devoir, enfin, c’est de trouver un chemin entre ces différentes aspirations, malgré la difficulté, non pas en les opposant, non pas en opposant les histoires, mais en reconnaissant les plaies béantes et en faisant en sorte que chacun puisse se […]
La parole est à M. Nicolas Metzdorf.
En Nouvelle-Calédonie, on a l’habitude de finir par s’entendre. N’ayez aucun doute quant à la volonté des non-indépendantistes de trouver un accord qui permette à la Nouvelle-Calédonie de se reconstruire dans la paix. Mais ce nouvel accord devra respecter la volonté des Calédoniens, qui ont choisi la France. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et DR ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC.)
La parole est à Mme Julie Ozenne.
Albert Chotard, agriculteur en Bretagne, est décédé ce samedi, après quarante ans de combat contre la maladie de Parkinson et sa cause, l’exposition aux pesticides. Le groupe Écologiste et social adresse ses pensées à ses proches et rend hommage à son combat. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS ainsi que sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Bruit sur les bancs des groupes RN, DR et UDR.)En 2020, Santé publique France a recensé 26 000 nouveaux cas de Parkinson. Et pour cause ! Le consensus scientifique est incontestable : les pesticides détruisent la santé des Français. Pourtant, le gouvernement a soutenu la semaine dernière le passage en force de la loi Duplomb, laquelle réautorise un pesticide interdit à cause de sa dangerosité.
La honte !
Ce faisant, il s’oppose à la volonté de 83 % des Français. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – Brouhaha.)
Pas besoin de s’égosiller !
La conséquence de votre obstination à ne pas sortir de notre dépendance aux pesticides, c’est l’explosion des cancers et des leucémies.
On connaît la chanson !
Qui, dans cet hémicycle, a encore la chance de ne pas avoir de proche touché par l’une de ces maladies ?
Ça suffit !
En si peu de temps, vous avez fait voler en éclats le principe de non-régression environnementale. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – Le brouhaha se poursuivant, l’oratrice hausse le ton.) Comment ? Par la suppression de zones en villes qui protégeaient les citoyens les plus précaires contre les pollutions de l’air, par la suppression du ZAN, qui protégeait nos terres agricoles et naturelles contre la bétonisation, les inondations et les sécheresses, par la suspension de MaPrimeRénov’, qui aidait les ménages modestes à vivre dans des logements décents, par le passage en force pour relancer le chantier absurde de l’autoroute A69, dont l’utilité n’a pas été démontrée, contrairement à son impact catastrophique sur la biodiversité et la qualité de l’air.
Vous étiez en minorité hier !
Qu’on lui donne un masque à oxygène !
La science ? Vous la piétinez. La santé des Français et de ceux qui les nourrissent ? Vous la détruisez. La confiance des citoyens et de la jeunesse envers les institutions démocratiques et judiciaires ? Vous la bafouez.Vos volte-face sur les mesures écologiques et sociales sont… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice. – Les députés du groupe EcoS se lèvent et applaudissent cette dernière.)
La parole est à M. le ministre chargé de la santé et de l’accès aux soins.
J’essayerai de répondre calmement à vos cris (Rires sur quelques bancs du groupe RN. – Protestations sur plusieurs bancs du groupe EcoS),…
C’était le cri du peuple !
Vous ne pouvez pas dire ça, monsieur le ministre !
…en revenant sur l’impact que peuvent avoir différents facteurs sur la santé. Effectivement, un certain nombre d’éléments doivent être étudiés de près, mais j’avais insisté, lorsque d’autres députés m’avaient posé une question similaire, sur la nécessité de créer un registre national des cancers. Je rappelle à la présidente de l’Assemblée nationale et aux présidents de groupe que la sénatrice Mme Sonia de La Provôté a déposé une proposition de loi en ce sens.Ce registre permettrait justement de mesurer l’impact de ces facteurs. Certains sont comportementaux – le tabagisme, la consommation d’alcool ou la consommation de drogues –, mais la qualité de l’air – sa concentration en dioxyde d’azote et en particules fines – joue aussi.
On parle de 40 000 morts par an, tout de même !
Tout à fait, on attribue aux particules fines 40 000 morts par an. La qualité de l’eau et les PFAS doivent également être pris en compte. Il faut donc recueillir des données décrivant l’effet de tous ces facteurs.Je vous invite à inscrire à l’ordre du jour de vos travaux l’examen de la proposition de loi tendant à créer un registre national des cancers.
Vous êtes ministre, vous pouvez déposer un projet de loi !
Ça va bien, la dame en vert ? Fasciste !
La création de ce registre est soutenue par de nombreux scientifiques, elle a donné lieu à la publication d’une tribune dans Le Monde et nous devons collectivement agir.Annie Genevard l’a très bien dit : les pesticides dangereux pour la santé sont interdits dans l’Union européenne.
C’est faux !
D’autres pourront être interdits en France s’ils provoquent des malformations, des cancers ou des maladies neurodégénératives. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)
Ce n’est pas beau de mentir !
Bravo !
Vous en appelez à la présidence de l’Assemblée nationale, mais je vous rappelle que le gouvernement fixe la moitié de l’ordre du jour de nos débats. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS.)
La parole est à M. Hubert Ott.
Dès son origine, le Mouvement démocrate a placé l’écologie au cœur de son projet de société. L’écologie doit rassembler, c’est notre conviction.Depuis 2017, notre groupe cherche à atteindre cet objectif, pour faire face à la crise climatique.Nos récents débats au sujet de la remise en cause des ZFE ou de l’avenir du ZAN montrent qu’une trajectoire de transition doit toujours s’accompagner de solutions réalistes et accessibles à tous. L’écologie ne doit pas se transformer en impasse.Si les réponses aux défis environnementaux ne sauraient être construites sans ou contre les Français, deux réalités nous interpellent : le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité. Elles nous imposent sécheresses, inondations, tempêtes, pollution de l’air et dépérissement des forêts, et nous nous retrouvons avec une dette écologique qu’il est de notre responsabilité de ne pas léguer à nos […]
La parole est à Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche.
Qui devrait remercier le député pour sa question ! (Sourires.)
Vous avez raison de nous interroger sur nos exigences en matière de protection de l’environnement et sur l’acceptabilité des mesures associées pour les Français. Cette question est centrale et doit le rester.L’écologie ne peut pas servir de variable d’ajustement et la transition ne peut pas être modulée au gré des humeurs ou des échéances électorales. Or ces dernières semaines, l’écologie a fait face à des difficultés. Elles n’ont rien d’inédit et n’entament pas notre détermination à agir.
Qu’est-ce que vous faites au juste ? Un peu de courage !
Pendant qu’on débat, le dérèglement climatique ne négocie pas. Ses effets sont visibles, concrets, parfois violents, et nous n’avons plus le luxe de faire semblant d’agir.Comme vous, je crois en une écologie populaire, pleinement compatible avec le progrès. Le vote, hier soir au Sénat, de l’excellent texte défendu ici par Anne-Cécile Violland et Antoine Vermorel-Marques contre l’ultrafast fashion me donne raison : une majorité large et transpartisane a émergé au sujet d’un enjeu concret d’écologie et d’emploi. (Mme Justine Gruet applaudit.)
Et la loi Duplomb, on en parle ?
Je crois aussi en une écologie qui transforme nos modèles sans punir les Français, en accompagnant et en protégeant ces derniers plutôt qu’en les trompant. Je crois en une écologie qui crée aujourd’hui plus d’emplois que les autres secteurs économiques, en une écologie qui permet de fournir des solutions – c’est ce que nous faisons avec le leasing social ou avec la protection de la qualité de l’eau et de l’air, au profit des Français.Quand nous travaillons avec les élus locaux sur l’artificialisation, c’est pour mieux concilier développement des territoires et protection des sols. Oui, il nous faut une écologie du réel, une écologie du courage,…
Le courage, c’est bien ce qui vous manque !
…une écologie qui n’oppose pas, mais qui rassemble. Surtout, une écologie qui protège.Vous le savez, aux côtés du président de la République, nous avons accompli des progrès significatifs depuis 2017. Les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 20 %. La qualité de l’air s’est améliorée de 30 % dans les agglomérations. Près de 50 000 emplois industriels ont été créés.
Merci bien, c’est terminé.
Allez, ça suffit maintenant.
Voilà notre bilan et nous continuerons à le défendre.
La parole est à M. Laurent Lhardit.
Monsieur le premier ministre, la politique économique menée depuis 2017 et que vous poursuivez depuis votre prise de fonctions repose sur la théorie du ruissellement, selon laquelle favoriser les plus riches profiterait in fine à l’ensemble de la société. (Sourires sur plusieurs bancs des groupes SOC, EcoS et LFI-NFP.)Pourtant, loin de stimuler durablement la croissance, la politique menée depuis huit ans a surtout amplifié les inégalités, affaibli les services publics, accru la précarité et creusé la dette. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)Quant à la baisse du chômage, elle a pour l’essentiel résulté de la généralisation des emplois précaires et du statut d’entrepreneur ubérisé.
C’est factuellement faux.
Face à cet échec patent, il est maintenant urgent de réorienter la politique économique de la France. Le Portugal depuis dix ans et l’Espagne depuis cinq ans appliquent des politiques qui favorisent l’augmentation du pouvoir d’achat pour relancer leurs économies, tout en soutenant les entreprises et la réindustrialisation.Alors que sa politique permet à l’Espagne de se prévaloir d’une croissance trois ou quatre fois supérieure à la nôtre, vous préparez des mesures d’économie qui pourraient pénaliser les ménages et la relance économique.Le gel possible de MaPrimeRénov’ dès juillet, révélé ce matin dans la presse, serait une folie économique et climatique. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe EcoS.)
La honte !
Alors que nous approchons du mur de la récession, qu’attendez-vous pour vous affranchir des dogmes libéraux, prendre exemple sur nos voisins européens et vous inspirer de ce qui marche ? (Mêmes mouvements.)Qu’attendez-vous pour prendre les mesures de relance du pouvoir d’achat et de soutien à l’investissement, notamment dans l’industrie ? Enfin, qu’attendez-vous pour réorienter la politique économique de la France et la mettre au service de la justice sociale et de l’efficacité… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Les députés des groupes SOC et EcoS applaudissent ce dernier.)
La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Avant de distribuer les richesses, il faut les produire.
Eh oui !
Le cœur de la politique économique menée depuis 2017, c’est la protection des entreprises, dont nous avons besoin. De retour d’une tournée en Asie du Sud-Est avec le président de la République et les représentants de nos entreprises, je peux vous assurer que la concurrence est très forte, partout. Protéger et développer nos entreprises est donc notre priorité.
Bien sûr !
La première inégalité est celle de l’accès à l’emploi. Or l’effet des politiques de lutte contre le chômage menées depuis 2017 est démontré : le taux de chômage n’a jamais été aussi bas lors des vingt dernières années.Pour protéger les entreprises, il faut investir. Nous devrions tous être fiers du fait que la France est le pays le plus attractif d’Europe pour la sixième année consécutive : vous parlez d’échec, mais voilà un succès !
La politique de réindustrialisation vise, au bénéfice de tous, à assurer la transformation écologique et énergétique.
Surtout au bénéfice des actionnaires !
Celle-ci est aussi au cœur de notre projet, car il n’est de développement que durable et partagé.La réindustrialisation doit permettre le développement de productions décarbonées. Elle est accompagnée d’un plan de transformation écologique très ambitieux, qui nous permettra d’être au rendez-vous d’une économie zéro carbone en 2050.
Et MaPrimeRénov’, alors ?
Pour atteindre nos objectifs, il est essentiel de rééquilibrer nos finances publiques.
Et de taxer les actionnaires !
La dette pèse sur l’ensemble du pays. Son coût, de 67 milliards d’euros aujourd’hui, sera de 100 milliards dans trois ans !
Eh oui !
Dans cette situation, une politique de relance alourdirait la dette et réduirait nos marges de manœuvre.
Il faut réduire les dépenses.
À l’inverse, la réduction des déficits est bien la seule manière de suivre une trajectoire de croissance.
Et les actionnaires ?
Je veux enfin rappeler que la France est l’un des pays d’Europe continentale dont la croissance est la plus vigoureuse. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)
Très bien !
Et MaPrimeRénov’ ? On n’a pas eu de réponse !
La parole est à M. Michel Lauzzana.
Le tabagisme reste aujourd’hui la première cause de mortalité évitable en France. Il tue chaque année près de 75 000 personnes, dont 46 000 décèdent des suites d’un cancer.Face à cette urgence de santé publique, notre mobilisation donne des résultats. La France enregistre son niveau de tabagisme le plus bas depuis trente-cinq ans, avec une baisse particulièrement marquée chez les jeunes de moins de 25 ans.Ce progrès est le résultat d’efforts conjoints fournis par les pouvoirs publics, les associations, les collectivités, mais aussi du nombre toujours croissant des concitoyens désireux de tourner la page du tabac.Toutefois, nous ne devons pas relâcher notre vigilance. Le nouveau programme national de lutte contre le tabac 2023-2027 constitue un levier majeur et certaines de ses mesures ont déjà été engagées : l’interdiction des puffs, bientôt celle des sachets de nicotine, des campagnes […]
La parole est à Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles.
Vous avez raison et le constat que vous venez de dresser est à la fois source de satisfaction et invitation à poursuivre nos efforts. Le tabac cause encore 205 morts chaque jour. Il tue 75 000 personnes chaque année, dont 46 000 décèdent des suites d’un cancer.Quand on parle de santé publique, il faut rappeler que le tabagisme coûte 150 milliards d’euros chaque année et provoque la souffrance des personnes qu’il rend malades. Ce constat établi, une longue suite de mesures a été prise.Nous devons la prolonger car encore 17 % des jeunes de moins de 20 ans déclaraient, en 2023, fumer quotidiennement. Quand verrons-nous la génération sans tabac ? Notre défi est de la faire advenir ensemble.Dans cette optique, il faut que là où il y a des enfants, il n’y ait pas de tabac. C’est le sens des interdictions qui deviendront effectives le 1er juillet prochain, après la parution d’un décret en […]
La parole est à M. Matthias Renault.
En une semaine, ici à l’Assemblée, l’écologie punitive a connu quatre revers majeurs, avec le renvoi en CMP de la proposition de loi Duplomb pour les agriculteurs et de la proposition de loi relative à l’A69, avec l’aménagement du ZAN et avec la suppression des ZFE. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)Ces quatre défaites de l’écologie punitive, ce sont quatre victoires politiques du Rassemblement national.
C’est honteux !
Ce sont surtout quatre victoires pour les Français, car ce sont eux qui sont soumis à des règles absurdes et autoritaires, prises au nom de l’écologie. De ces victoires, la ministre de la transition écologique fait une défaite personnelle.Depuis une semaine, elle s’épanche dans les médias pour dire tout le mal qu’elle pense des votes de l’Assemblée nationale. Au sujet des ZFE, elle a même osé déclarer qu’elle avait honte du vote de l’Assemblée et de l’alliance entre le RN, LR, LFI et même quelques députés du bloc central.
Elle a raison !
Honte, finalement, que les représentants du peuple se comportent – pour une fois ! – conformément à ce qu’ils sont, à ce que nous sommes : des représentants du peuple ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Du peuple, vous ne parlez pas, ou seulement pour justifier l’injustifiable : défendre, avec les ZFE, une politique de ségrégation sociale. Vous dites que ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter une voiture propre ne sont pas oubliés, que les petites gens pourront circuler sous certaines conditions – un déplacement ponctuel, un rendez-vous chez le médecin, avant 8 heures ou après 20 heures –, le tout avec un pass ZFE : c’est exactement ce qu’on appelle une politique ségrégationniste ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.)Vous avez perdu sur les ZFE, madame la ministre de l’écologie punitive, et vous êtes en train de perdre, avec toute une […]
Au nom de l’avenir !
L’heure du choix est peut-être venue en ce qui vous concerne : après ces votes à l’Assemblée, comptez-vous vous accrocher au poste de ministre de l’écologie punitive ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
La parole est à Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche.
Il y a des jours où être ministre de l’écologie suppose d’accepter d’être prise en étau. Un instant plus tôt, Mme Ozenne reprochait au gouvernement ne pas aller assez vite, assez fort, assez loin. À présent, vous m’accusez d’aller trop vite, trop fort, trop loin.
Non, on t’accuse d’être nulle !
C’est la condition, sans doute inconfortable et néanmoins nécessaire, de ceux qui choisissent l’action et la responsabilité plutôt que la démagogie. (Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.) Vous dressez un inventaire que vous voudriez accablant,…
C’est ton bilan !
…mais que proposez-vous aux Français ?
De te remplacer ! (Sourires sur les bancs du groupe RN.)
Que proposez-vous à ceux qui ne peuvent plus boire l’eau du robinet parce qu’elle est polluée ? À ceux dont les enfants sont à l’hôpital, en soins intensifs, parce que l’air est pollué ? Aux agriculteurs qui ne peuvent plus produire en raison des crises climatiques ? Que proposez-vous pour sortir de notre dépendance aux énergies fossiles provenant de Russie, des États-Unis ou d’Algérie ? Pour répondre aux entrepreneurs qui investissent dans les solutions bas-carbone, créent de l’emploi et attendent de la stabilité politique ? Que dites-vous aux Français dont les emplois dépendent à 80 % du patrimoine naturel ?
Ils ne disent rien !
La protection de ce patrimoine naturel est pourtant la condition sine qua non de notre souveraineté, de notre santé, de notre industrie, de notre qualité de vie et de notre prospérité future. Quoique ce soit en effet difficile et ingrat (Exclamations sur les bancs du groupe RN), je préfère agir avec exigence et avec la science comme viatique plutôt que de flatter avec facilité ! Je continuerai de faire ma part avec détermination et constance ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe Dem. – Mme Stéphanie Rist et M. Sylvain Maillard applaudissent également.)
Quelle humilité !
La parole est à M. Matthias Renault.
Nous remporterons d’autres victoires en ce domaine, je vous l’assure ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
C’est vous qui allez punir les Français !
La parole est à Mme la ministre.
Vous qui critiquez si bien, vous n’êtes pas les derniers à me solliciter lorsqu’une catastrophe naturelle frappe vos circonscriptions (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem et EcoS), lorsque les habitants de vos régions sont les pieds dans l’eau ou quand ils font face à des désastres agricoles ! (Vives protestations sur les bancs des groupes RN et UDR.) Proposez au lieu de critiquer ! Nous agissons quant à nous dans un esprit de responsabilité ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)
La parole est à M. Emmanuel Tjibaou.
Durant son déplacement en Asie du Sud-Est, nous avons appris par voie de presse que le président de la République reprenait la main sur le dossier calédonien – à vos côtés, me semble-t-il, monsieur le ministre des outre-mer. Au-delà de la déclaration d’intention depuis l’autre bout de la planète, nous nous interrogeons à nouveau sur la méthode, dans un moment crucial du processus engagé avec l’ensemble des parties prenantes. Depuis que je siège dans cet hémicycle, le groupe GDR et moi-même n’avons eu de cesse de vous alerter sur la prudence requise par la gestion des territoires en crise partout en outre-mer.Au terme d’un débat amorcé en janvier, le gouvernement a présenté à Deva un projet d’État confédéré, reflétant deux aspirations fondamentales : d’un côté, l’aspiration à l’émancipation aux confins d’une souveraineté partagée, de l’autre, l’aspiration à la protection et à la sécurité […]
La parole est à M. le ministre d’État, ministre des outre-mer.
La méthode n’a pas changé. Le premier ministre m’a confié la mission de rétablir la voie du dialogue en Nouvelle-Calédonie ; c’est fait. Il m’a aussi demandé de conclure un accord de paix ; cette mission se poursuit, sous l’autorité du président de la République, évidemment, et avec la confiance du premier ministre. Tant que j’aurai cette énergie, tant que je serai persuadé qu’un accord est possible, je la poursuivrai. Vous le savez : je suis convaincu qu’un accord est possible, en alliant ces aspirations effectivement contradictoires que vous avez évoquées. Pourquoi un accord est-il possible là-bas ? Parce que l’économie du territoire est à terre, parce qu’il est menacé d’une explosion sociale, parce que son système de santé s’est effondré, parce que Nouméa compte des centaines de personnes sans domicile fixe, parce que des gens ne mangent pas à leur faim ! Notre devoir et notre […]
La parole est à M. Aurélien Rousseau.