Séance du 7 novembre 2025 /// n°37 /// 586 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Session ordinaire 2025 -2026

Séance du 7 novembre 2025 — 37e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Hélène Laporte.

586prises de parole
78orateurs
9points à l'ordre du jour
14scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
3498 l'amendement n° 895 de M. Clouet après l'article 8 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 31 / 94 rejeté
3499 l'amendement n° 2491 de M. Monnet après l'article 8 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 33 / 101 rejeté
3500 l'amendement n° 842 de M. Viry après l'article 8 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 50 / 82 rejeté
3501 l'amendement n° 897 de M. Clouet et l'amendement identique suivant après l'article 8 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 … 48 / 103 rejeté
3502 l'amendement n° 898 de Mme Leboucher après l'article 8 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 50 / 137 rejeté
3503 l'amendement n° 280 de M. Guedj après l'article 8 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 75 / 117 rejeté
3504 l'amendement n° 235 de Mme Sandrine Rousseau après l'article 8 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 64 / 127 rejeté
3505 l'amendement de suppression n° 399 de M. Dussausaye et l'amendement identique suivant à l'article 9 du projet de loi de financement de la sécurité soc… 87 / 162 rejeté
3506 l'amendement n° 881 de M. Wauquiez à l'article 9 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 93 / 135 rejeté
3507 l'amendement n° 475 de M. Guiniot et l'amendement identique suivant à l'article 9 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (pr… 86 / 131 rejeté
3508 l'amendement n° 55 de M. Mathiasin et les amendements identiques suivants à l'article 9 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 20… 216 / 1 adopté
3509 l'amendement n° 54 de M. Raux et les amendements identiques suivants à l'article 9 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (p… 232 / 3 adopté
3510 l'amendement n° 1281 (2ème rect.) de M. Fournier à l'article 9 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 84 / 103 rejeté
3511 l'article 9 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 94 / 87 adopté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 586 — page 1 / 3.

Hélène Laporte president · RN #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à neuf heures.)

Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026

Hélène Laporte president · RN #6

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (nos 1907 et 1999, 2057, 2049).

Deuxième partie (suite)

Hélène Laporte president · RN #8

Hier soir, l’Assemblée nationale a poursuivi la discussion des articles du projet de loi, s’arrêtant aux amendements identiques nos 279 et 892 portant article additionnel après l’article 8.

Après l’article 8 (suite)

Hélène Laporte president · RN #10

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 279 et 892. L’amendement no 279 de M. Jérôme Guedj est défendu.La parole est à M. Hadrien Clouet, pour soutenir l’amendement no 892.

article Après_ 8

Il vise à intégrer au calcul des cotisations relatives à la branche accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP) le taux de survenance de pratiques pathogènes, dans une logique de prévention. Il s’agit de ne pas se contenter de constater les accidents ou les maladies professionnelles lorsqu’ils arrivent puis d’intervenir en aval, mais de repérer les pratiques qui peuvent donner lieu à ce type d’événement afin de les dissuader en amont.

article Après_ 8

La parole est à M. Thibault Bazin, rapporteur général de la commission des affaires sociales, pour donner l’avis de la commission.

Thibault Bazin rapporteur général de la commission des affaires sociales · DR #14

Vous voulez moduler le taux des cotisations AT-MP en fonction de la survenance de pratiques pathogènes et accidentogènes. Une majoration s’applique déjà aux cotisations des entreprises qui ont commis une infraction relevée par l’inspection du travail ou qui font l’objet d’une injonction de la Carsat – caisse d’assurance retraite et de santé au travail.D’autres mesures ont été prises pour lutter contre les pratiques pathogènes et accidentogènes au sein de l’ensemble des entreprises, notamment dans le cadre de la loi du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail qui, suite à l’accord national interprofessionnel (ANI) du 9 décembre 2020, a mis en œuvre une logique de prévention primaire dans les entreprises. S’y ajoute le document unique d’évaluation des risques et de prévention (Duerp), qui sert à identifier collectivement et régulièrement les principales pratiques à […]

La parole est à M. le ministre du travail et des solidarités, pour donner l’avis du gouvernement.

Jean-Pierre Farandou ministre du travail et des solidarités #17

Même avis.

La parole est à M. Hadrien Clouet.

Comme je l’avais dit en commission, je ne partage évidemment pas l’avis du rapporteur général. Il me semble que ce dont il parle ne répond pas vraiment à nos préoccupations. Il évoque à raison l’application de surcotisations lorsqu’une infraction ou certains événements particuliers sont constatés mais, pour ma part, je ne suis pas d’accord pour être dans le tout répressif vis-à-vis du monde des employeurs et des employeuses ! Je vous trouve finalement très dur : on a l’impression, à vous écouter, que le monde patronal mérite seulement d’être réprimé. Il n’y aurait qu’à sévir !

Alors, monsieur Bazin ?

Que se passe-t-il à 9 heures du matin ? (Sourires.)

Je ne suis pas d’accord et je ne partage pas cette vision : je pense qu’il faut accompagner, prévenir, orienter les pratiques et non adopter une attitude que je trouve un peu brutale avec les employeuses et les employeurs du pays. (Sourires.) Nous pourrions obéir à une logique d’orientation douce et pacifique plutôt que de toujours privilégier la répression de l’infraction. Aimez davantage les patrons et suivez-nous !

#23

(Les amendements identiques nos 279 et 892 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Hélène Laporte president · RN #24

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 298 et 1843. La parole est à M. Yannick Monnet, pour soutenir l’amendement no 298.

article Après_ 8 · amendement 298

Si c’est à nous de vous expliquer qu’il faut être précautionneux à l’égard des employeurs, on commence bien la journée ! (Sourires.)

article Après_ 8 · amendement 298

Eh oui !

Nous voulons aborder la question de la sous-traitance. Selon une étude publiée en 2024, 38 % des entreprises y ont recours pour un montant total d’environ 372 milliards d’euros. Or une autre étude réalisée par la Dares – direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques – en 2023 met en évidence une surexposition aux accidents du travail des salariés des entreprises de la sous-traitance. La cotisation AT-MP n’a d’ailleurs pas uniquement pour objet de réparer des préjudices : elle sert aussi à faire de la prévention. C’est le sens de notre amendement.

article Après_ 8 · amendement 298
Hélène Laporte president · RN #28

L’amendement no 1843 de Mme Danielle Simonnet est défendu.Quel est l’avis de la commission ?

article Après_ 8 · amendement 298
Thibault Bazin rapporteur général · DR #30

J’essaie d’adopter une position équilibrée en défendant à la fois les employeurs et les employés. Je ne suis pas devenu Insoumis pendant la nuit…

Pas loin !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #32

…et je pense que M. Clouet n’est pas devenu Républicain – …

Non, pas du tout ! Pas au sens de « droite républicaine », en tout cas !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #34

…même si nous sommes en effet tous un peu républicains, enfin je l’espère.Monsieur Monnet, vous voulez augmenter les cotisations AT-MP des entreprises donneuses d’ordre lorsqu’un sous-traitant présente une sinistralité élevée. J’ai moi-même travaillé dans le secteur du bâtiment, où le sujet de la sous-traitance se pose. Quand plusieurs entreprises interviennent sur un chantier, il est vrai que les risques sont plus importants ; l’entreprise donneuse d’ordre a donc la responsabilité de coordonner l’ensemble. En cas de risque spécifique lié à la présence de salariés de différentes entreprises, elle doit aussi établir un plan de prévention. Cela va même plus loin : quand il existe des risques liés aux interférences induites par la sous-traitance, les Carsat peuvent enjoindre à l’entreprise utilisatrice de prendre des mesures de prévention ; en cas d’inobservation des mesures prescrites […]

Quel est l’avis du gouvernement ?

Les accidents du travail sont en effet une cause essentielle – il en a déjà été question hier et vous avez raison d’appeler notre attention là-dessus. Je voulais d’ailleurs le dire hier : dès que le temps m’en sera donné, notamment lorsque nous aurons achevé cet épisode budgétaire majeur, je compte bien m’investir sur ce sujet en m’appuyant sur mon expérience acquise à la SNCF.La sous-traitance est un sujet particulièrement sensible et vous avez raison de relever que le risque est généralement plus élevé pour les salariés qui travaillent pour des sous-traitants. Il faut donc mettre l’accent sur la prévention : la meilleure chose à faire en matière d’accidents du travail c’est de les prévenir. Le rapporteur général a fait la liste des dispositifs prévus. Les plans de prévention éventuellement renforcés par l’intervention de la Carsat : voilà la bonne réponse de fond à apporter. Pour ces […]

La parole est à M. Yannick Monnet.

Vous ne pouvez pas nous renvoyer systématiquement dans les cordes à chaque fois que nous abordons un sujet, en disant lui accorder de l’importance sans essayer d’y apporter des réponses. C’est trop facile ! (Mme Sandrine Rousseau applaudit.) C’est même une forme de négligence. Vous le savez, monsieur l’ancien président de la SNCF : ce sont souvent les donneurs d’ordre qui maltraitent les sous-traitants et qui dégradent leurs conditions de travail ! Si on ne se donne pas les moyens de les sanctionner, rien ne changera. Vous parlez de contrôles mais vous savez très bien que les moyens sont inexistants en la matière ; dans de nombreux domaines, on ne contrôle plus ! Il faut donc agir clairement au lieu d’attendre qu’une réflexion soit entamée on ne sait quand. Envoyons un signal fort dès maintenant !

La parole est à M. Alexis Corbière.

Je suis totalement d’accord avec ce que vient de dire mon collègue. Monsieur le rapporteur général, vous ne pouvez pas nous répondre au conditionnel en disant que les Carsat « peuvent » intervenir, et cetera, alors que la France est un cas particulier : c’est le pays où l’on constate le taux le plus élevé de morts au travail et d’accidents du travail. Cette singularité est liée notamment à la chaîne de fonctionnement qui vient d’être décrite – le fort recours aux sous-traitants dans certains secteurs tels que la santé ou le nettoyage ; on ne peut pas se contenter de l’observer passivement !Je rappelle d’ailleurs qu’au sein même de l’Assemblée, la mort d’un travailleur nous avait beaucoup émus ; c’était un agent d’entretien qui travaillait pour une entreprise sous-traitante. Il est temps de sortir de cette attitude un peu passive : il faut créer, et cela passe notamment par l’adoption de […]

La parole est à M. Frédéric Petit.

Ayant été civilement et pénalement responsable de milliers de salariés soumis à des risques d’accident du travail, je veux apporter mon témoignage. Les Carsat ont été évoquées mais je me dois de préciser qu’en France, les accidents du travail sont majoritairement des accidents de la route.

M. Alexis Corbière #47

Non !

Il faut bien regarder les chiffres ! Ensuite, s’agissant de la sous-traitance, je rappelle aussi que le plus efficace des outils, c’est précisément ce que font les donneurs d’ordre. Dans les entreprises sérieuses, il n’y a plus, en France, aucun contrat de sous-traitance qui n’intègre pas des conditions relatives à la sécurité et à la formation sur cette question. Ces conditions sont établies avant que les personnes concernées viennent travailler ; sinon, le contrat de sous-traitance ne peut être conclu ! Ce dont vous parlez est donc traité au niveau des contrats des donneurs d’ordre, ce qui prouve bien que toutes les parties prenantes – donneurs d’ordre et sous-traitants – sont de plus en plus vigilantes en la matière.

#49

(Les amendements identiques nos 298 et 1843 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Hélène Laporte president · RN #50

La parole est à M. Hadrien Clouet pour soutenir les amendements nos 1593 et 1594, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

article Après_ 8 · amendement 1593 et 1594

Ils vont en effet dans le même sens : il s’agit d’introduire des surcotisations pour décourager des comportements entrepreneuriaux nuisibles à l’intérêt général. Le premier amendement s’attaque à un sujet majeur dans l’industrie : les retards de paiement des entreprises vis-à-vis de leurs sous-traitants. Depuis trois jours, on entend des collègues nous dire que lever 500 millions, voire 1 milliard d’euros de cotisations serait abominable – on a l’impression que ce serait un crime contre l’humanité. Parallèlement, les retards de paiement des grands groupes atteignent la somme cumulée de 15 milliards d’euros !Comment, dès lors, traiter ces deux phénomènes de pair ? Nous proposons de créer une surcotisation qui va apporter de l’argent aux caisses de sécurité sociale, afin de pénaliser les retards de paiement aux petites entreprises. Pour une fois, vous vous soucierez des petits patrons ! […]

article Après_ 8 · amendement 1593 et 1594

Arrêtez un peu, ça va nous énerver au bout d’un moment !

Nous sommes les seuls ; bon, peut-être faut-il y ajouter un ou deux collègues à droite, mais c’est bien le maximum !Bref, nous tenons à défendre la trésorerie des très petites, petites et moyennes entreprises (TPE-PME) ; de ce point de vue, il me semble que ce que nous proposons est un outil utile. Un grand groupe ne paie pas à temps ; la trésorerie de la petite entreprise concernée est vide : une surcotisation s’applique ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) De cette manière, le grand groupe est dissuadé de recourir à cette pratique qui est néfaste à l’ensemble de l’écosystème économique de son territoire et les caisses de la sécurité sociale se remplissent : il n’y a que des gagnants !Par exemple, un territoire comme celui de Toulouse, où un cinquième des équipementiers aéronautiques sont en difficulté, a besoin de ce type de protection pour l’ensemble des TPE-PME. […]

article Après_ 8 · amendement 1593 et 1594

Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #58

Les entreprises ne sont pas les seules à avoir des délais de paiement importants à l’égard de leurs fournisseurs.

M. Frédéric Petit #59

L’État aussi !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #60

Certains acteurs publics de grande taille peuvent aussi être concernés ! L’État a aussi sa part de responsabilité. C’est le cas par exemple dans mon territoire, où il arrive que des établissements publics paient avec quatre mois et demi ou cinq mois de retard des artisans ou des entreprises qui sont en grande difficulté. Le problème est donc réel, je le reconnais, mais il va bien au-delà des seules entreprises.Quant à la solution que vous proposez, elle ne me semble pas adaptée. Je précise que les entreprises sont déjà passibles d’une amende administrative dont le montant peut atteindre 2 millions d’euros. Cela dit, j’ai bien entendu M. Corbière et M. Monnet : je ne néglige pas les problèmes que vous soulevez. Nous avons déjà abordé le sujet des maladies professionnelles mais s’agissant des accidents du travail, nous avons demandé au ministre de nous faire le bilan du dispositif de […]

Quel est l’avis du gouvernement ?

Je suis sur la même ligne que M. le rapporteur général. Le sujet économique que vous soulevez est réel : il ne s’agit en aucun cas de le contester. En revanche, je m’étonne que l’on utilise la régulation par les cotisations sociales comme un instrument générique pour régler tout ce qui doit l’être dans notre pays. Il me semble que ce n’est pas leur vocation ! Avis défavorable.

Plusieurs demandes de prise de parole m’ont été adressées. Je tiens tout de même à vous alerter sur le fait qu’il nous reste 1 220 amendements à examiner ; à ce rythme, il faudrait soixante-cinq heures pour arriver au bout du texte, or nous ne les avons pas. Nous avançons au rythme de dix-huit amendements à l’heure ;…

Il faut doubler !

…je vous remercie donc de respecter ce qui a été décidé en conférence des présidents : un pour, un contre, et une minute maximum.

Très bien !

La parole est à M. Alexis Corbière.

Monsieur Petit, on ne peut pas dire que la majorité des accidents du travail ont lieu pendant le temps de transport, ce qui ramènerait la question à un problème de circulation routière. Telle n’est pas la réalité. On dénombre 700 à 800 accidents du travail mortels par an. En 2022, il y en a eu 730, auxquels il faut ajouter 256 accidents pendant le temps de transport. Dans la grande majorité des cas, les salariés perdent la vie sur leur lieu de travail, souvent en raison du non-respect de normes. Mentionnons un autre problème : l’absence d’inspecteurs et de contrôleurs du travail. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.)

#70

(Les amendements nos 1593 et 1594, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Hélène Laporte president · RN #71

Je suis saisie de deux amendements, nos 1544 et 1552 rectifié, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à Mme Louise Morel, pour soutenir ces deux amendements, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

article Après_ 8 · amendement 1544 et 1552 rectifié

Nous avons adopté ici, il y a quelques mois, le projet de loi portant transposition des accords nationaux interprofessionnels en faveur de l’emploi des salariés expérimentés. Ces deux amendements relèvent du même esprit : permettre aux seniors de travailler davantage. Par l’amendement no 1552 rectifié, nous proposons de faire un geste en faveur des retraités qui exercent une activité sous le statut de microentrepreneur, en exonérant leur pension de retraite de CSG – contribution sociale généralisée – et de CRDS – contribution pour le remboursement de la dette sociale. Nous adresserions ainsi un message simple aux retraités : lorsque vous exercez une activité, l’État vous encourage.

article Après_ 8 · amendement 1544 et 1552 rectifié

Très bien !

Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #75

Je comprends et partage votre souci…

M. Erwan Balanant #76

Ça commence mal !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #77

…de soutenir les retraités qui reprennent une activité, en l’occurrence en créant une entreprise individuelle.Toutefois, vous proposez d’exonérer entièrement de CSG et de CRDS les pensions de retraite versées aux personnes ayant le statut de microentrepreneur, sans tenir compte du montant des revenus professionnels qui donneraient lieu à cette exonération. J’ai l’impression que, proportionnellement, cette mesure favoriserait davantage les retraités les plus fortunés – ceux qui sont soumis au taux le plus élevé du barème bénéficieraient d’une réduction de 8,8 points de leurs prélèvements sociaux – que les plus modestes – dont certains sont déjà exonérés de CSG sur les revenus de remplacement.En outre, la perte de recettes induite par cette exonération totale de CSG et de CRDS n’est pas évaluée.La commission n’a pas examiné ces amendements. À titre personnel, je vous invite à les retirer […]

Quel est l’avis du gouvernement ?

Madame Morel, je salue votre engagement sur les questions relatives au travail et vous remercie pour le rôle que vous avez joué dans la transposition des ANI que vous avez cités. De manière plus générale, je rends hommage au groupe Modem, qui participe activement à la recherche de convergences – l’exercice n’est pas simple – et s’attache à ce qu’un budget soit proposé à la fin de ce parcours législatif.Sur les amendements, mon argumentation est la même que celle du rapporteur général : je comprends bien l’intérêt d’une telle mesure mais, dans le contexte qui est le nôtre, il me paraît difficile d’accepter cette exemption particulière. Je vous invite à retirer les amendements.

La parole est à Mme Louise Morel.

Je vous remercie pour ces explications. Si je comprends bien, la mesure est un peu trop ambitieuse et mal évaluée. Or nous avons encore du temps d’ici au 22 décembre. Je souhaite donc maintenir les amendements : nous pourrions introduire cette mesure dans le texte et mettre à profit la navette parlementaire pour l’affiner, par exemple en retenant une seule des deux exemptions – celle de CSG ou celle de CRDS – ou en fixant un seuil. J’ajoute que cette mesure correspond à une demande forte – plusieurs de nos concitoyens l’ont évoquée lors de réunions publiques ou de permanences que j’ai organisées. J’aimerais que nous avancions à ce sujet.

La parole est à M. Yannick Monnet.

Je voterai contre ces amendements.Monsieur le ministre, tout le monde s’attache à doter la sécurité sociale d’un budget, mais les amendements du bloc central, de la droite et de l’extrême droite consistent uniquement à réduire les recettes. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et EcoS.) Ce sera donc un budget rabougri ! Chers collègues, vous ne faites aucune proposition pour augmenter les recettes de la sécurité sociale !

C’est bien vrai !

C’est un véritable problème : en fin de compte, on débouchera sur un budget qui ne correspondra pas aux besoins de la population.

C’est vrai !

#92

(Les amendements nos 1544 et 1552 rectifié, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Hélène Laporte president · RN #93

Sur les amendements no 894 et 895, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Damien Maudet, pour soutenir l’amendement no 894.

Nous l’avons dit à plusieurs reprises, la France est championne d’Europe pour le versement de dividendes : leur volume a atteint 100 milliards d’euros l’année dernière. Or nombre d’entreprises qui versent des dividendes peuvent profiter des exonérations de cotisations sociales.Prenons l’exemple du groupe LVMH, qui a réalisé 14 milliards d’euros de profits et versé environ 6 milliards d’euros de dividendes. Devinez quoi ? LVMH a profité de 197 millions d’euros d’exonérations de cotisations sociales. Quelqu’un peut-il me dire à quoi ont servi ces 197 millions d’euros d’exonérations ? Le pire est qu’elles sont financées par la TVA des Français !Comprenez bien : les Français ont payé, par l’intermédiaire de la TVA, 197 millions d’euros à un groupe qui a versé 6 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires, actionnaires qui bénéficient eux-mêmes, depuis 2017, d’un impôt réduit sur ces […]

article Après_ 8 · amendement 1544 et 1552 rectifié

Exactement !

Excellent !

Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #101

Je rêve moi aussi que la France soit championne d’Europe l’année prochaine ! (Sourires.)Vous êtes obsédés par le CAC40 ! En 2024, le volume des dividendes s’est établi à 300 milliards d’euros. Le chiffre de 100 milliards correspond aux dividendes versés par les seules entreprises du CAC40.Vous souhaitez que l’on tienne compte des bénéfices pour le calcul du bandeau maladie. Or, à mon avis, vous vous êtes trompé de cible – ça arrive, je me trompe aussi parfois : d’une part, les bénéfices ne sont pas forcément versés sous forme de dividendes ; d’autre part, votre amendement porte non pas sur le bandeau maladie, mais sur la réduction proportionnelle de la cotisation d’assurance maladie, dite réduction maladie, dont bénéficient les travailleurs indépendants. Je ne suis pas sûr que vous souhaitiez vraiment pénaliser les travailleurs indépendants ! Qui plus est, la réduction maladie tient […]

Très bien !

Quel est l’avis du gouvernement ?

J’avais compris que cet amendement concernait non pas les grandes entreprises – que vous venez d’évoquer –, mais les travailleurs indépendants. Peut-être y a-t-il une confusion entre la réduction proportionnelle maladie qui a remplacé le CICE – crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi – et la réduction maladie dont bénéficient les travailleurs indépendants ?Aux termes de votre amendement, la réduction maladie des travailleurs indépendants devrait désormais tenir compte du bénéfice réalisé au cours de l’année précédente. Cette mesure aurait pour effet de diminuer le montant de la réduction pour les travailleurs indépendants qui réalisent un chiffre d’affaires positif, y compris pour ceux dont les revenus sont les plus faibles. Vous comprendrez que, dans ces conditions, j’y sois défavorable.

La parole est à Mme Sandrine Rousseau.

J’ignore s’il y a une erreur dans la rédaction de cet amendement, mais vous nous répondez toujours la même chose depuis le début de l’examen du PLFSS : ce n’est pas le bon outil, ce n’est pas possible. Vous ne nous laissez qu’une seule voie : dire amen, valider l’ensemble de vos propositions sans avoir la moindre capacité de porter la contradiction ni d’amender.

Vous n’êtes pas majoritaires !

Si aucun des outils dont nous discutons ne peut être utilisé pour modifier, ne serait-ce que légèrement, la trajectoire que vous avez tracée, à quoi bon passer nos jours et nos nuits dans cet hémicycle ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)

La parole est à M. Michel Lauzzana.

Ne versez pas dans la caricature ! Nous avons déjà fait des concessions, nous discutons beaucoup, et c’est très bien ainsi. Par ailleurs, nombre de vos amendements n’ont pas lieu d’être ou tombent à plat. En l’espèce, l’amendement porte sur les travailleurs indépendants ; vous mélangez des éléments qui n’ont rien à voir les uns avec les autres.Vous êtes obsédés par la fiscalité. Or celle-ci ne peut pas tout résoudre. (Mme Sandrine Rousseau s’exclame.) Elle n’a pas vocation à régler des problèmes qui ne sont pas de son ressort.Vous êtes aussi obsédés par les dividendes. Ayez en tête la manière dont le monde des entreprises est structuré en France : il y a quelques très grandes entreprises, qui réalisent des bénéfices élevés – et c’est tant mieux –, un grand nombre de petites et moyennes entreprises et très peu d’entreprises de taille intermédiaire (ETI). Ajoutons que les grandes […]

#117

(L’amendement no 894 est retiré.)

Hélène Laporte president · RN #118

La parole est à M. Hadrien Clouet, pour soutenir l’amendement no 895.

article Après_ 8 · amendement 895

Il vise à réduire les inégalités de salaire entre les femmes et les hommes.Vous connaissez la situation dans notre pays : les salaires versés aux femmes sont en moyenne inférieurs de 22 % aux salaires versés aux hommes. Si l’on tient compte de la qualification, de la profession et du secteur – autrement dit, si l’on raisonne « toutes choses étant égales par ailleurs » –, il reste un écart salarial inexpliqué, d’au moins 4 %, qui n’a aucun sens économique.On pourrait s’interroger sur l’intérêt de réduire un écart qui ne fait que 4 %. Cependant, les inégalités salariales sont créées dès le plus jeune âge, puisque les toutes-petites et les tout-petits sont orientés vers des filières de formation différentes. En réalité, tout est fait socialement pour maintenir l’écart de salaire à 22 %.Cette situation a deux conséquences. D’abord, elle a un caractère humiliant : le principe « à travail […]

article Après_ 8 · amendement 895
Hélène Laporte president · RN #123

Sur l’amendement no 2491, je suis saisie par le groupe de la Gauche démocrate et républicaine d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.Quel est l’avis de la commission sur l’amendement no 895 ?

Nous avons déjà débattu de cette question. Je vous fais la même réponse que précédemment : je suis défavorable à cet amendement. Il avait été rejeté par la commission.

Bravo !

Quel est l’avis du gouvernement ?

Même avis.

Bravo !

La parole est à Mme Karine Lebon.

Dans trois jours, le 10 novembre, à partir de 11 h 31, les femmes seront considérées comme travaillant gratuitement, en raison de la persistance de cet écart salarial. (Mme Gabrielle Cathala et M. Hadrien Clouet applaudissent.) À La Réunion, on dit : nou travail pou la po patat !Si nous voulons éviter cela, nous allons devoir faire, à un moment donné, des gestes forts en faveur de l’égalité salariale. Montrons que nous voulons vraiment instaurer dans notre pays l’égalité réelle entre les femmes et les hommes !

Hélène Laporte president · RN #133

Je mets aux voix l’amendement no 895.

#134

(Il est procédé au scrutin.)

Hélène Laporte president · RN #135

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 127 Nombre de suffrages exprimés 125 Majorité absolue 63 Pour l’adoption 31 Contre 94

#136

(L’amendement no 895 n’est pas adopté.)

Hélène Laporte president · RN #137

La parole est à M. Yannick Monnet, pour soutenir l’amendement no 2491.

article Après_ 8 · amendement 2491

Sur cette partie du PLFSS, notre seule obsession est la bonne utilisation de l’argent public. Le discours que vous tenez depuis le début de la discussion consiste à dire que les aides publiques et les exonérations sont destinées à aider les entreprises à maintenir les emplois. Cependant, parfois, elles licencient.Nous proposons que, lorsqu’un licenciement pour motif économique a été jugé sans cause réelle et sérieuse, l’entreprise rembourse les aides publiques et le montant des exonérations de cotisations sociales dont elle a bénéficié au titre des salariés concernés par le licenciement. C’est la moindre des choses ! D’accord pour aider mais, en cas de tromperie, les aides doivent être remboursées !

article Après_ 8 · amendement 2491

Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #141

Madame Lebon, nous évoquerons l’égalité hommes-femmes à l’occasion du débat sur les retraites : il est vrai qu’il reste fort à faire, notamment sur la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle.

Cela se joue maintenant !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #143

Non, car ce n’est pas le bon outil.

Les retraites sont le résultat des carrières…

Thibault Bazin rapporteur général · DR #145

Nous avons déjà longuement examiné la question de la conditionnalité : les allègements généraux de cotisations ne s’appliquent qu’en cas de versement de salaire et ils sont soumis à certains objectifs.Votre amendement concerne les licenciements économiques sans cause réelle et sérieuse : je rappelle qu’ils peuvent être contestés en justice, le juge ayant la faculté de condamner l’auteur du licenciement à réintégrer le salarié et à lui verser des indemnités.Indépendamment du fond, la rédaction de votre amendement est problématique car son adoption conduirait à écraser un article du code du travail prévoyant qu’un salarié victime d’un licenciement abusif peut prétendre à une indemnité correspondant au préjudice subi. Dans la mesure où tel n’est sans doute pas votre souhait, je vous invite à le retirer.

Si vous êtes d’accord avec ce que j’ai dit, sous-amendez !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #149

À défaut, je lui donne un avis défavorable, étant observé qu’il n’a pas été étudié par la commission.

Quel est l’avis du gouvernement ?

J’ai déjà exprimé mon désaccord avec les mesures visant à conditionner a priori le bénéfice de la réduction générale dégressive unique au respect de certaines normes, notamment en matière d’emploi. Vous comprendrez que je sois aussi opposé à des mesures qui la remettent en cause a posteriori.Ces débats successifs illustrent une divergence de fond. Pour le gouvernement, les allégements de cotisations sont un levier essentiel pour diminuer le coût du travail en France ; ils ne peuvent se transformer en instrument de sanction à l’égard des employeurs.Enfin, les licenciements pour motif économique sont très encadrés – c’est bien normal – et les suppressions d’emplois ne sont pas une mesure que les employeurs envisagent à la légère. Pour toutes ces raisons, je suis défavorable à votre proposition.

Hélène Laporte president · RN #154

Je mets aux voix l’amendement no 2491.

#155

(Il est procédé au scrutin.)

Hélène Laporte president · RN #156

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 136 Nombre de suffrages exprimés 134 Majorité absolue 68 Pour l’adoption 33 Contre 101

#157

(L’amendement no 2491 n’est pas adopté.)

Hélène Laporte president · RN #158

L’amendement no 842 de M. Stéphane Viry est défendu.Quel est l’avis de la commission ?

article Après_ 8 · amendement 2491
Thibault Bazin rapporteur général · DR #160

Avis défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Même avis.

Hélène Laporte president · RN #163

Je mets aux voix l’amendement no 842.

#164

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Hélène Laporte president · RN #165

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 137 Nombre de suffrages exprimés 132 Majorité absolue 67 Pour l’adoption 50 Contre 82

#166

(L’amendement no 842 n’est pas adopté.)

Hélène Laporte president · RN #167

La parole est à M. Hadrien Clouet, pour soutenir l’amendement no 896.

article Après_ 8 · amendement 896

Il vise l’instauration d’une surcotisation pour dissuader un comportement entrepreneurial déplorable consistant à accepter qu’au sein d’une entreprise la rémunération la plus basse puisse être plus de vingt fois inférieure à la plus élevée. Nous n’avons pas inventé cette échelle de un à vingt : elle est utilisée par la Confédération européenne des syndicats, le groupement le plus large du monde du travail existant à l’échelle continentale.Ne pas respecter cet écart dissuade l’engagement au travail de nombreuses personnes en CDI qui, payées au lance-pierre, finissent le mois à découvert pendant que des grands patrons – je pense à celui de Stellantis – ne cessent se gaver en menant parfois leur entreprise dans le mur.Si vous croyez vraiment au discours que vous tenez depuis hier – l’entreprise est un projet commun, bla bla bla ! –, alors créez un lien entre le salaire le plus haut et le […]

article Après_ 8 · amendement 896

Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #173

Je comprends votre idée. Cependant en augmentant les cotisations vieillesse, qui sont créatrices de droits, vous allez paradoxalement favoriser me semble-t-il ceux que voulez pénaliser.En outre, ce dispositif inciterait les entreprises à recourir à des modes de rémunération alternatifs aux salaires et, en cas de bénéfices, à ne pas en redistribuer une partie sous forme d’augmentations salariales mais à privilégier en particulier le versement de dividendes. Là encore, on est loin de votre objectif ! Je vous inviterai à retirer votre amendement, rejeté par la commission. À défaut, avis défavorable.

Accélérez !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #176

Il ne sert à rien de me répéter dix fois d’aller plus vite !

Quel est l’avis du gouvernement ?

J’irai droit au but : dans notre pays, une entreprise fixe librement sa politique salariale sous réserve de respecter le smic et les minima de branche. La libre détermination de la rémunération par l’employeur et le salarié constitue un élément de l’attractivité d’une entreprise sur le territoire.La loi impose des obligations de transparence aux entreprises cotées : elles doivent rendre publics les écarts entre les hautes rémunérations et la rémunération moyenne, ceux entre les hautes rémunérations et la rémunération médiane, et l’évolution sur cinq ans de ces ratios. Pour l’ensemble de ces raisons, je suis défavorable à votre amendement.

La parole est à M. Alexis Corbière.

L’encadrement des salaires s’applique dans le secteur dynamique de l’économie sociale et solidaire : ce n’est donc pas du tout antiéconomique.Un mot à l’attention de monsieur le ministre : je milite en faveur d’un changement de vocabulaire. Vous parlez d’allégement de cotisations mais il s’agit, en réalité, d’un alourdissement de la dette de la sécurité sociale. Il est trop facile de dire « allégeons les cotisations » ! La conséquence de cet allégement, c’est le déficit et les difficultés pour la sécurité sociale. Le vocabulaire est intéressant : une expression positive sert à masquer une réalité pénalisante pour notre système de protection sociale.

La parole est à M. Hervé de Lépinau.

L’amendement Clouet m’offre l’occasion de revenir sur la problématique des très hauts salaires. La France souffre d’une sorte d’endogamie régnant dans les conseils d’administration : ce sont toujours les mêmes qui décident de la rémunération des patrons. Il est normal qu’un patron qui travaille bien soit bien rémunéré. En revanche, il est scandaleux qu’un patron qui laisse derrière lui un champ de ruines perçoive les rémunérations qu’on connaît. Le groupe Atos – un groupe français remarquable – est en train de s’effondrer. Les dirigeants successifs qui l’ont démoli sont partis avec des rémunérations particulièrement confortables. Monsieur le ministre, vous connaissez ce milieu : la réforme éthique devra se faire à ce niveau-là. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

#185

(L’amendement no 896 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Hélène Laporte president · RN #186

La parole est à M. Hadrien Clouet, pour soutenir l’amendement no 2260.

article Après_ 8 · amendement 2260

Cet amendement propose de rétablir la cotisation à l’assurance chômage, supprimée par la LFSS pour 2018 et remplacée par l’affectation d’une partie de la CSG.En fiscalisant le régime d’assurance chômage, vous voulez reprendre la main sur les flux financiers et les contrôler politiquement, y compris en les réaffectant si besoin à d’autres usages que ceux pour lesquels les Françaises et les Français et les travailleuses et travailleurs ont contribué.Deuxièmement, vous voulez dessaisir le monde syndical.Enfin, vous avez opéré un versement décalé : l’augmentation de CSG a été réalisée avant la baisse des cotisations chômage, de sorte que, pendant cinq mois, vous avez empoché le pactole. Cela démontre bien les logiques de gestion…

article Après_ 8 · amendement 2260

Pactole, non !

Si, le pactole ! Quand les gens cotisent pour l’assurance chômage et que leurs cotisations partent dans le budget de l’État, ça s’appelle un pactole ou plutôt un détournement. Je ne voulais pas employer le terme, mais vous avez eu raison de me reprendre !Il s’agit de rétablir le principe de cotisation et donc d’assurance contre le risque de chômage.

article Après_ 8 · amendement 2260

Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #195

Si on adoptait votre amendement, on augmenterait les cotisations et on baisserait le salaire net des salariés. C’est inacceptable ! Je ne pense pas que vous vouliez porter préjudice aux salariés. Je vous invite donc à le retirer ; sinon, avis défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

La mesure sur laquelle vous voulez revenir est une mesure de pouvoir d’achat favorable aux actifs. Au surplus, l’enjeu financier global s’élève à 15 milliards, ce qui n’est pas rien. Avis défavorable.

#198

(L’amendement no 2260 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Hélène Laporte president · RN #199

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 897 et 2493. La parole est à M. Hadrien Clouet, pour soutenir l’amendement no 897.

article Après_ 8 · amendement 897

Il s’agit d’étendre les cotisations sociales à la prime dite Macron – avec un tel nom, ça commence mal –, dispositif qui substitue une logique de prime à des rémunérations salariales pérennes, fixes et irréversibles. Ce dispositif a pourtant un coût : quand vous êtes payés par une prime, vous ne cotisez pas au régime d’assurance vieillesse… Et les mêmes qui ont créé cette prime de nous dire six mois plus tard : « Regardez, il manque de l’argent pour la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), il faut faire une réforme des retraites ! »En réalité, nous payons nous-mêmes la prétendue rémunération supplémentaire versée sous forme de primes en déficit des comptes sociaux, en lits d’hôpitaux qui ferment, en franchises médicales, en réformes des retraites. Ce n’est pas possible ! D’accord pour les primes, mais à condition de payer des cotisations dessus afin que ces primes servent […]

article Après_ 8 · amendement 897
Hélène Laporte president · RN #202

Sur les amendements identiques nos 897 et 2493, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Yannick Monnet, pour soutenir l’amendement no 2493.

De cette longue série d’amendements et de cette intéressante discussion, il ressort que vous vous fichez de la sécurité sociale ! Pour vous, elle n’est qu’un simple levier économique ! Vous n’en faites pas un outil de protection puisque vous passez votre temps à réduire les recettes.

article Après_ 8 · amendement 897

Monsieur le ministre du travail, je vous le répète, à force de vouloir baisser le coût du travail, vous diminuez sa valeur ! Le travail a un coût parce qu’il a une valeur.

article Après_ 8 · amendement 897

Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #208

Monsieur Monnet, nous ne traitons pas ici du coût du travail mais du partage de la valeur quand elle existe, ce qui n’est le cas ni dans tous les secteurs, ni dans toutes les entreprises.Monsieur Clouet, vous m’avez reproché tout à l’heure d’être violent avec les entreprises ; moi, je vous trouve très violent avec les salariés ! En réalité – je le dis à tous nos collègues pour qu’ils sachent sur quoi nous allons voter –, votre amendement ne supprime pas les exonérations sur la prime de partage de la valeur, il supprime la prime elle-même, dont 5,9 millions de salariés ont bénéficié !Et ne faites pas croire qu’ils ne participent pas au financement de la protection sociale : la prime est assujettie à 9,2 % de CSG, 0,5 % de CRDS, au forfait social de 20 % dans les entreprises de plus de cinquante salariés, et elle sera concernée par la hausse de 9,2 % à 10,4 % de la CSG patrimoine adoptée […]

Quel est l’avis du gouvernement ?

Alors que cette prime existe depuis 2022, son régime social a connu récemment de nombreuses évolutions. La dernière en date, proposée par le gouvernement dans le cadre de la LFSS pour 2025, a consisté à intégrer cette prime dans le champ des éléments de rémunération retenus pour apprécier la réduction générale des cotisations.Nous avons ainsi bénéficié de 700 millions d’euros de recettes supplémentaires pour les comptes sociaux.Une nouvelle modification du régime de ce complément de salaire, très apprécié des employeurs comme des salariés, le rapporteur général l’a rappelé, me semblerait illisible. Avis défavorable.

La parole est à Mme Danielle Simonnet.

Nous soutiendrons ces amendements. Nous avons déjà eu un débat sur ces primes. Vous le savez, nous sommes pour les augmentations de salaire, que l’on considère le salaire direct ou indirect, brut ou socialisé. Vous prétendez de votre côté qu’il est dans l’intérêt des travailleurs de percevoir des primes. Or celles-ci ne sont pas soumises à cotisations sociales : ce que vous donnez dans une poche, vous le reprenez dans l’autre.Vous nous faites croire que vous adoptez un point de vue comptable mais dans ce cas, vous avez tout faux puisque vous creusez le trou de la sécu. En réalité, votre point de vue est idéologique. Nous avons d’ailleurs lu Révolution, le livre dans lequel Emmanuel Macron se vantait de mettre fin au salariat et au système de protection sociale.Notre référence historique, ce serait plutôt le Conseil national de la Résistance, parce que nous sommes attachés au salaire […]

La parole est à M. Jean-François Rousset.

Les salaires et les primes, ce n’est pas pareil. Le salaire est encadré, discuté dans le cadre d’une convention entre les employeurs et les salariés. Le versement d’une prime est lié à différents facteurs – le mérite ou la mobilité, par exemple, mais je pourrais aussi citer la prime d’attractivité – et son niveau varie en fonction des circonstances. Il me paraît fondamental de laisser aux entreprises la liberté de distribuer un peu de pouvoir d’achat comme elles le souhaitent.

Hélène Laporte president · RN #221

Je mets aux voix les amendements identiques nos 897 et 2493.

#222

(Il est procédé au scrutin.)

Hélène Laporte president · RN #223

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 151 Nombre de suffrages exprimés 151 Majorité absolue 76 Pour l’adoption 48 Contre 103

#224

(Les amendements identiques nos 897 et 2493 ne sont pas adoptés.)

Hélène Laporte president · RN #225

La parole est à M. Philippe Naillet, pour soutenir l’amendement no 277.

article Après_ 8 · amendement 277

Il vise à appliquer le forfait social à la prime de partage de la valeur pour les rémunérations supérieures à trois smic. De trop nombreux compléments de salaire ont un taux de forfait social inférieur à 20 %.Cet amendement de Jérôme Guedj, cosigné par les autres députés du groupe Socialistes et apparentés, ne fait que traduire une recommandation de la Cour des comptes – elle figure dans son rapport de 2024. Chacun a bien compris qu’il était nécessaire de lutter contre le contournement du salaire. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

article Après_ 8 · amendement 277

Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #229

Je vais peut-être vous surprendre mais votre vœu est déjà exaucé. La prime de partage de la valeur est soumise au forfait de 20 % dans l’ensemble des entreprises de plus de 250 salariés. Demande de retrait et, à défaut, avis défavorable.

La parole est à Mme la ministre de l’action et des comptes publics, pour donner l’avis du gouvernement.

Amélie de Montchalin ministre de l’action et des comptes publics · LaREM #231

Il y a des débats que nous avons et d’autres que nous n’avons pas. Monsieur Guedj, vous aviez déposé un amendement no 163 pour que nous discutions de la possibilité de plafonner des exonérations de charges lorsque les montants distribués sont très élevés, de l’ordre de plusieurs millions d’euros – alors que le présent amendement no 277 concerne des rémunérations de quelques milliers d’euros. Or le no 163 n’a pas été jugé recevable pour des raisons qui m’échappent car je le trouvais plutôt intéressant et j’étais prête à donner un avis de sagesse. J’invite l’ensemble des députés à le lire. Nous ne l’aurions bien sûr pas intégré dans sa rédaction actuelle, mais il aurait pu être amélioré dans le cadre de la navette.M. Guedj a souvent évoqué ici, en citant notamment un rapport du Conseil des prélèvements obligatoires, la question de la très grande concentration de la distribution d’actions […]

La parole est à M. Jérôme Guedj.

Il est vrai qu’un incident s’est produit, semble-t-il, s’agissant de mon amendement relatif à la distribution d’actions gratuites, une question que j’ai encore abordée hier soir et que nous avions évoquée en commission – nombre de parlementaires y avaient alors été sensibles. Il me semble nécessaire de renforcer la socialisation en la matière, c’est-à-dire de prévoir une contribution au financement de la sécurité sociale au vu de l’extrême concentration des revenus concernés. Je vous rappelle les chiffres : plus de 3 milliards d’actions gratuites distribuées à des personnes dont le revenu annuel est supérieur à 100 000 euros.J’entends, madame la ministre, que vous êtes disponible pour en discuter. Vous auriez d’ailleurs pu nous le proposer vous-même dès le départ mais c’est le travail parlementaire qui nous en donne l’occasion. Il faudrait donc qu’un amendement soit déposé au Sénat – […]

#242

(L’amendement no 277 est retiré.)

Hélène Laporte president · RN #243

Je suis saisie de deux demandes de scrutin public : sur l’amendement no 898 par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire et sur l’amendement no 280 par le groupe Droite républicaine. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Jean-François Coulomme, pour soutenir l’amendement no 898.

Nous proposons de supprimer l’exonération de cotisations prévue pour la prime de partage de la valeur, dite prime Macron, lorsque les entreprises disposent de filiales dans des paradis fiscaux.En effet, l’évasion fiscale massive à laquelle se livrent certains grands groupes et entreprises de notre pays – McDonald’s, TotalEnergies ou McKinsey, par exemple – est à l’origine d’une perte considérable de moyens pour la puissance publique. Hélas, nous constatons depuis le début de l’examen du projet de loi de finances (PLF) et du PLFSS, que le gouvernement ne trouve rien à redire à ces pratiques et ne cherche pas à désempuantir l’État.D’une certaine manière, la prime de partage de la valeur favorise l’évasion sociale. Le manque à gagner pour les finances est colossal. Si l’on ne fait rien, c’est la faillite de notre système de sécurité sociale qui se profile à l’horizon. Nous sommes […]

article Après_ 8 · amendement 277

Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #249

Défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #251

Même avis.

Hélène Laporte president · RN #252

Je mets aux voix l’amendement no 898.

#253

(Il est procédé au scrutin.)

Hélène Laporte president · RN #254

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 190 Nombre de suffrages exprimés 187 Majorité absolue 94 Pour l’adoption 50 Contre 137

#255

(L’amendement no 898 n’est pas adopté.)

Hélène Laporte president · RN #256

La parole est à M. Jérôme Guedj, pour soutenir l’amendement no 280.

article Après_ 8 · amendement 280

Il porte sur une autre exonération liée, non pas à la PPV, mais au PPVE, le plan de partage de la valorisation de l’entreprise.Il vise à abaisser à 6 000 euros le plafond d’exemption de cotisations pour la prime accordée au titre du PPVE lorsque la rémunération du salarié est supérieure à trois smic.Madame la ministre, vous avez dit tout à l’heure que l’amendement était satisfait. Or cela m’inquiète un peu car, après vérification, les mécanismes d’exonération liés à la PPV et à la PPVE sont différents.

article Après_ 8 · amendement 280

Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #261

Défavorable.

Madame la ministre, maintenez-vous l’avis que vous avez exprimé tout à l’heure ?

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #263

Je dois reconnaître que j’avais lu l’amendement un peu trop vite. Je parlais de la prime de partage de la valeur alors qu’il porte sur le plan de partage de la valorisation de l’entreprise – nous sommes d’accord, les deux dénominations sont proches !Sur cet amendement, pour être franche, je ne sais pas vous répondre.

Pour une fois, nous vous posons une colle !

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #266

Si je suis ce que m’indique la fiche de banc, je devrais vous inviter à le retirer et, à défaut, rendre un avis défavorable. Faut-il instaurer un plafond d’exemption pour la PPVE, en miroir du dispositif prévu pour la PPV ? Faute d’expertise sur le sujet, je vous laisse juger de la pertinence d’une telle mesure.

La parole est à M. Nicolas Turquois.

Nous avons discuté de plusieurs mesures qui visent à supprimer, à partir d’un certain de niveau de salaire, l’exonération de cotisations sociales, même si parfois le forfait social est prévu, ce qui permettrait de récupérer des sommes importantes.Nous devons mener une réflexion sur cette question. Le niveau de certaines rémunérations et de certaines primes suscite des interrogations chez nos concitoyens, voire les choque.Mon groupe est plutôt favorable à l’amendement de M. Guedj – même si nous n’avons peut-être pas correctement circonscrit le périmètre de la prime. À tout le moins, cette question mérite d’être étudiée.

La parole est à M. Hadrien Clouet.

J’aimerais apporter ma contribution puisque, semble-t-il, l’expertise a été défaillante – ça arrive aux meilleurs, en tout cas ça arrive en Macronie.Soyons clairs : cet amendement porte sur la PPVE, qui n’est pas la prime de la valeur mais un plan collectif indexé sur la valeur de l’entreprise calculée sur un nombre d’années donné. Actuellement, ce dispositif donne lieu à une exonération massive de cotisations et même à une défiscalisation des revenus versés à ce titre.L’amendement instaure un plafond à 6 000 euros. Il me semble plus que raisonnable d’estimer qu’au-delà de ce seuil, on est en mesure de contribuer au financement de la sécurité sociale. Cela ne poserait aucun problème en matière de pouvoir d’achat ou de consommation populaire. Le seul enjeu est celui de la nécessaire mise à contribution pour une surrémunération, un « sur-revenu » – je ne parle pas d’un revenu excessif […]

Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #278

Monsieur Guedj, nous avions débattu en commission du PPVE et je vous avais répondu. Ce dispositif est différent de la PPV.C’est un autre dispositif, auquel ne s’applique pas le forfait social. Néanmoins, une contribution de 20 % est demandée aux bénéficiaires, qui s’ajoute à la CSG, dont le taux est de 9,2 % – elle a été réévaluée – et à la CRDS. L’enjeu que vous soulevez est donc traité par d’autres moyens et la prime que vous visez fait l’objet d’une imposition qui n’est pas nulle.

Hélène Laporte president · RN #280

Je mets aux voix l’amendement no 280.

#281

(Il est procédé au scrutin.)