Séance du 25 novembre 2025 /// n°68 /// 381 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Session ordinaire 2025 -2026

Séance du 25 novembre 2025 — 68e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

381prises de parole
82orateurs
21points à l'ordre du jour

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 381 — page 1 / 2.

Yaël Braun-Pivet president · EPR #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à quinze heures.)

Éloge funèbre d’Olivier Marleix

(Mmes et MM. les députés ainsi que les membres du gouvernement se lèvent.) Il est des moments où notre hémicycle se pétrifie dans la stupeur et la sidération. Le 7 juillet fut de ces jours, lorsque la nouvelle de la disparition d’Olivier Marleix nous surprit, nous saisit, nous meurtrit.Olivier Marleix était des nôtres. Il était un pilier, une colonne du Palais-Bourbon. Il était une voix familière de notre hémicycle, respectée bien au-delà des rangs qu’il présidait. Pour beaucoup, il était aussi un ami. Aujourd’hui, c’est à l’homme, au parlementaire chevronné, au serviteur indéfectible de la France que nous rendons hommage, dans la solennité de cet hémicycle où il siégea treize années durant.Pour comprendre l’engagement d’Olivier Marleix, il faut remonter à la source. Pour lui, la politique était une langue maternelle, ou plutôt paternelle. Son père, Alain Marleix, fut durant quarante […]

En écoutant vos mots, nous ne mesurons que plus durement à quel point Olivier nous manque. Cela fait bientôt cinq mois qu’il est parti, et Olivier nous manque. Il manque à sa famille, qui fait preuve d’un courage à son image. Il manque à ses proches, qui l’aimaient. Il nous manque à nous, qui étions assis à ses côtés dans cet hémicycle.Sa disparition a été si brutale. Elle nous a saisis parce que derrière sa pudeur, derrière son humour aussi élégant que tranchant, derrière sa carapace, nous n’avons pas toujours su déceler la douleur et les blessures.Je veux vous remercier très sincèrement pour les mots de soutien, venus de tous les bancs. Ces mots nous ont touchés, parce qu’ils disaient tous la même chose : qu’au-delà des différences politiques, son départ nous avait marqués, bien au-delà de ceux qui étaient ses proches et ses amis. Merci à chacun d’entre vous.Si ce départ nous a […]

La parole est à M. le premier ministre.

Sébastien Lecornu premier ministre #38

Mesdames et messieurs les députés, monsieur le président Wauquiez, mesdames et messieurs les représentants de la famille d’Olivier Marleix, monsieur le ministre Marleix – cher Alain –, mesdames et messieurs les compagnons de route, anciens parlementaires présents dans les tribunes, les nombreux proches qui l’ont accompagné tout au long de sa vie d’homme mais aussi de sa carrière politique, à notre tour, au nom du gouvernement de la République, nous nous associons à ce très bel hommage, madame la présidente. À entendre l’émotion et l’atmosphère de cet hémicycle, c’est un moment rare, fait d’humanité et de fraternité, que nous partageons, quelle que soit l’histoire politique de chacun.À mon tour, au nom du gouvernement mais aussi sur un terrain plus personnel, je veux saluer le militant extraordinaire qu’il a été : un militant gaulliste – cela a été rappelé –, patron de l’UJP, une des […]

Questions au gouvernement

Yaël Braun-Pivet president · EPR #44

L’ordre du jour appelle les questions au gouvernement.

Violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants

La parole est à Mme Céline Thiébault-Martinez.

Monsieur le premier ministre, il y a urgence pour les 230 000 femmes et les 160 000 enfants qui, en 2022, ont été victimes de viol, de tentatives de viol ou d’agression sexuelle. Huit ans après MeToo et les travaux de la Ciivise, 94 % des plaintes pour viol sont toujours classées sans suite.Hier, avec plus 110 collègues de huit groupes politiques différents, nous avons déposé une proposition de loi comportant près de quatre-vingts articles. Prévenir, détecter, signaler, accueillir, accompagner, prendre en charge, enquêter, juger, réprimer : notre proposition de loi « intégrale » pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants répond à chacun de ces impératifs.C’est une loi intégrale, parce qu’elle éclaire les zones d’ombre du droit ; parce qu’elle ne détourne le regard d’aucun lieu, d’aucun moment, d’aucune victime ; parce qu’elle traduit […]

La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.

Aurore Bergé ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations · EPR #52

Je vous remercie, ainsi que les 110 députés et sénateurs qui ont signé cette proposition de loi transpartisane, pour votre contribution. Vous dites parler d’une seule voix. En matière de lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants et aux femmes, il faut parler d’une seule voix. Notre hémicycle en a déjà fait la démonstration : nous l’avons fait, avec Isabelle Santiago, ici présente, sur la question des violences faites aux enfants ; nous l’avons fait dans le cadre de commissions d’enquête ; nous l’avons fait il y a peu pour intégrer la notion de non-consentement dans la définition pénale du viol, grâce aux travaux de Véronique Riotton et de Marie-Charlotte Garin. Nous sommes donc capables de consensus : sur ce sujet plus que sur tous les autres sans doute, le consensus est non seulement souhaitable, mais possible.Votre contribution, qui est importante, vient compléter les […]

La parole est à Mme Céline Thiébault-Martinez.

Jeudi dernier, quatre femmes sont décédées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint. Votre budget, madame la ministre, est en baisse – même s’il affiche une hausse, celle-ci est en trompe-l’œil. Le projet de loi SURE, défendu par le ministre de la justice, prévoit le plaider-coupable pour les auteurs de viol, une mesure inacceptable pour les victimes. Quand nous disons qu’il y a urgence à agir, c’est au niveau de la loi et des moyens. Alors maintenant, agissez. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC.)

La parole est à Mme la ministre déléguée.

Aurore Bergé ministre déléguée · EPR #58

Je ne veux pas polémiquer et je ne le ferai pas aujourd’hui. Le budget est transparent : il a plus que triplé depuis 2017. Les efforts vont continuer et augmenteront bien en 2026. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)

Taxe foncière

La parole est à Mme Laure Lavalette.

Monsieur le premier ministre, au lendemain de la première lecture des textes budgétaires, vous avez feint de redécouvrir l’impasse dans laquelle votre nomination a plongé le pays. Depuis le début des débats, votre ministre du budget n’a répondu à aucune des propositions d’économies déposées par notre groupe et que les Français attendent. Pire encore, lorsque le RN fait voter la suppression d’un impôt de production, vous faites revoter l’Assemblée. (Exclamations sur les bancs du groupe DR.) C’est simple : à chaque fois qu’il y a une baignoire ou une bouteille d’eau à taxer, vous êtes au rendez-vous.

Et l’IFI, c’est qui ?

Et vous parlez de cynisme. Mais le cynisme, c’est d’organiser le blocage du pays puis de le reprocher à ceux qui le subissent. Le cynisme, c’est d’invoquer le gaullisme tout en refusant le retour aux urnes lorsque aucune légitimité n’émane du Parlement, de l’élection et du peuple. Le cynisme, c’est de créer une coalition de LR à LFI, avec pour seul objectif d’empêcher Jordan Bardella d’arriver à Matignon. Le cynisme enfin, c’est de ne pas assumer ses responsabilités quand les décisions qui sont prises affectent directement le quotidien des Français.

Et les 4 millions ?

Car voici la dernière trouvaille de votre concours Lépine fiscal : la hausse de la taxe foncière. Non contents de racketter les travailleurs, les chômeurs et les malades, vous lancez la chasse aux propriétaires : 7,4 millions de personnes sont dans le viseur. Cette taxe a déjà augmenté deux fois plus vite que l’inflation en dix ans. Chez moi, à Toulon, c’est plus de 41 % de hausse entre 2014 et 2024.

Elle pose cette question parce qu’elle est candidate !

Votre ministre du budget a expliqué que cette mesure avait été prise à la demande des maires. Le président de l’AMF, M. Lisnard, nie toute responsabilité. Qui devons-nous croire, monsieur le premier ministre ?J’associe donc l’ensemble de mes collègues, notamment ceux des départements les plus touchés, tels que l’Aude, la Dordogne, le Tarn-et-Garonne, le Pas-de-Calais et les Pyrénées-Orientales. Nous vous demandons solennellement d’annuler cette hausse inacceptable pour ces milliers de propriétaires, et pour les locataires, dont le loyer s’en trouvera mécaniquement augmenté. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

La parole est à Mme la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation.

Françoise Gatel ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation #70

Ne feignons pas de nous intéresser à une question, quand, au détour de vos propos, vous parlez de l’information qui a circulé sur la mise à jour des bases fiscales. Soyons donc factuels, précis et rigoureux.Madame la députée, vous avez été élue locale pendant plus de huit ans. Vous n’êtes donc pas sans savoir, d’une part, que la recette de cette taxe va directement aux communes et aux intercommunalités – pas un centime ne va à l’État – et, d’autre part, que la loi prévoit que la révision des bases fiscales est demandée par les élus locaux. Tout élu local animé d’un souci de justice s’émeut de voir un logement entièrement rénové être toujours soumis au même taux qu’un logement un peu vétuste. Les bases de calcul de la taxe d’habitation sont en effet demeurées inchangées depuis les années 1970.

C’est une réponse de techno, on n’y comprend rien !

Leur révision est une question de justice. À l’initiative du premier ministre, nous réunirons demain, avec ma collègue Amélie de Montchalin, les associations d’élus et les présidents des délégations aux collectivités territoriales et à la décentralisation pour faire le point sur ce sujet. Nul besoin de s’emballer ou de s’enthousiasmer ! Nous menons un travail rigoureux, dans le cadre de la loi, madame la députée. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR et sur quelques bancs du groupe Dem.)

La parole est à Mme Laure Lavalette.

Ma question était simple : les Français vont-ils payer plus ? J’aurais aimé que vous y répondiez, mais, une fois de plus, vous vous soustrayez à vos responsabilités. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN et sur quelques bancs du groupe UDR.)

On peut mettre des gens compétents en face ?

La parole est à Mme la ministre.

Madame la députée et élue locale, je rappelle que le taux de la taxe d’habitation est fixé par les élus locaux eux-mêmes. L’État n’y peut donc rien. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Incapable !

Violences faites aux enfants

La parole est à Mme Perrine Goulet.

Monsieur le premier ministre, la Convention internationale des droits de l’enfant, signée par la France il y a trente-cinq ans, impose de protéger chaque enfant contre toutes les formes de violence. Mais soyons clairs : nous sommes en train de faillir à cette obligation fondamentale.Toutes les trois minutes, un enfant est victime d’inceste, de viol ou d’agression sexuelle ; l’année dernière, 614 nourrissons sont passés par les unités médico-judiciaires – un très jeune enfant, de moins de 2 ans, est victime de violences sexuelles toutes les quatorze heures ; 51 764 enfants ont été victimes de violences physiques dans le cadre intrafamilial et un enfant meurt tous les six jours ; deux enfants sur cinq, soit près de 5 millions, sont victimes de harcèlement ou de cyberharcèlement ; 28 767 enfants ont été victimes de sextorsion et au moins 15 000 sont victimes d’exploitation sexuelle ou de […]

La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.

Stéphanie Rist ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées · EPR #87

Nous ne pouvons tolérer qu’en 2025, des enfants soient encore victimes de violences sans être repérés, protégés et entendus. À chaque fois qu’un enfant passe sous nos radars, c’est une défaillance collective.Nous agissons en développant les unités d’accueil pédiatrique partout en France pour accueillir les enfants, les entendre et les soigner. Il faut aller plus loin et le faire plus tôt. La prévention et le repérage précoce, c’est la clé.Concrètement, dès 2026, tous les professionnels en contact avec les enfants – enseignants, soignants, éducateurs, animateurs – seront formés. Ce changement est essentiel. Chaque adulte doit pouvoir identifier et agir face au danger.Concrètement, nous augmentons et systématisons le contrôle d’honorabilité pour les professionnels. Près de 2 000 personnes à risque ont déjà été repérées. C’est une barrière efficace.Concrètement, avec le garde des sceaux […]

La parole est à Mme Perrine Goulet.

Nous devons avoir conscience que tant que nous n’agirons pas au bon niveau, nous n’éradiquerons pas les violences faites aux enfants, aux femmes et aux plus fragiles. Le bon niveau, c’est celui du premier ministre. Monsieur le premier ministre, lancez un Grenelle et nommez un ministre qui, à vos côtés, sera chargé de l’éradication des violences faites aux enfants. Construisons une société de protection des enfants ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Dem et EPR ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC. – Mme Sandrine Rousseau applaudit également.)

Projet de loi de finances pour l’année 2026

La parole est à M. Nicolas Sansu.

Le groupe des députés communistes et progressistes ultramarins s’associe à l’hommage rendu en l’honneur de notre regretté collègue Olivier Marleix, que nous apprécions comme un grand républicain et que j’avais eu le bonheur de connaître lors des classes de notre service militaire, il y a plus de trente ans. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR, EPR, LFI-NFP, SOC, DR, EcoS, Dem, HOR, LIOT et sur quelques bancs des groupes RN et UDR.)Monsieur le premier ministre, connaissez-vous cette strophe du Bateau ivre, par Sébastien Lecornu ? « J’irai le vent portant de Charybde en Scylla, tirant des bords ; bâbord mais plus sûrement tribord ; au mépris de la France, qui est notre seul port ; je mets notre budget entre les mains du Sénat. » (Sourires. – Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

La poésie, c’est un art !

Les circonvolutions ne font ni écoute ni respect et derrière les mots creux de sonnettes d’alarme et de cynisme, le recours à la peur comme méthode de gouvernement est aussi vieux que le monde. De peur, nos concitoyens n’ont que celle de ne pouvoir remplir le frigo, de ne pouvoir trouver un médecin et, pire, de voir leurs enfants appelés pour aller à la guerre. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)Ne retournez pas les responsabilités. Huit ans de pouvoir macroniste, de cadeaux aux plus riches, d’effondrement de la cohésion de la nation, de services publics en grande souffrance ; huit ans d’un pouvoir qui ne veut pas changer sa feuille de route d’un iota : voilà ce qui fait peur et abîme notre République !Le budget était pourtant l’occasion de répondre à l’aspiration des Français à une vraie justice fiscale, par la taxe Zucman ou encore […]

La parole est à M. le ministre délégué chargé de la fonction publique et de la réforme de l’État.

David Amiel ministre délégué chargé de la fonction publique et de la réforme de l’État · EPR #105

Un débat parlementaire, c’est au moins l’occasion de clarifier ses positions. Vous êtes opposé à la réforme des retraites, mais vous avez voté contre sa suspension. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR.)

Il ne faut pas tromper les gens : c’est un décalage !

David Amiel ministre délégué · EPR #107

Vous êtes attaché à la justice fiscale – vous venez de le rappeler dans votre intervention –, mais vous n’avez pas voté la taxe sur les holdings, qui vise précisément à pénaliser ceux qui abusent de l’optimisation fiscale. Vous faites l’éloge du débat à l’Assemblée nationale, mais vous n’avez pas voté en faveur du projet de loi de financement de la sécurité sociale, qui a pourtant rassemblé de très nombreux bancs sur un compromis. Au cours de ces longues semaines de débats parlementaires, des députés de tous les bancs ont avancé sur de très nombreuses questions, comme celles du logement, de l’agriculture, de la lutte contre l’optimisation fiscale, de la transition écologique ou de la taxe sur les petits colis.La République, c’est le bicamérisme. Le débat se poursuit au Sénat, mais le dernier mot reviendra à l’Assemblée nationale et chaque député devra à nouveau se prononcer, en son âme […]

C’est un décalage !

David Amiel ministre délégué · EPR #110

Peut-on, quand on est attaché à la lutte contre l’optimisation fiscale, voter contre des mesures qui frappent là où ça fait mal ?Lors de l’examen de la première partie du projet de loi de finances, on a vu des votes croisés entre La France insoumise et le Rassemblement national pour augmenter des impôts, en violation de la Constitution et des conventions internationales, mais le débat se poursuit et le dernier mot reviendra au Parlement. J’espère que vous serez nombreux à prendre vos responsabilités. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

Violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants

La parole est à M. Guillaume Gouffier Valente.

Elles s’appelaient Mélina, Laure, Élodie, Béatrice. Elles avaient des projets et l’envie de vivre. Jeudi dernier, elles ont été assassinées par des hommes qu’elles connaissaient. Pourtant, elles avaient parlé ; elles n’ont pas été écoutées, elles n’ont pas été protégées. Elles ont été tuées alors qu’elles devraient être encore avec nous. Dans ces moments si douloureux, nous avons d’abord une pensée émue et solidaire pour leurs proches.Depuis le début de cette année, plus de 150 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint ou par un proche. Plus de 900 se sont suicidées ou ont tenté de se suicider en 2024. Ces drames ne sont pas des faits divers. Ce sont des meurtres, des féminicides, qui sont un fait de société révélateur des inégalités entre les femmes et les hommes dans notre pays. Ces violences sont systémiques. À chaque fois, nous avons l’impression de revivre la même […]

La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.

Aurore Bergé ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations · EPR #120

Zaïa avait 27 ans. Elle était aide-soignante dans un Ehpad. Elle a été tuée et brûlée par son compagnon dans l’Isère. Élodie avait 50 ans. Elle était sans profession. Elle a été tuée par son compagnon à Beaucaire. Elle laisse derrière elle quatre enfants. Béatrice avait 56 ans. Elle était professeure d’histoire-géographie. Elle a été tuée par son compagnon à Sedan. Elle laisse derrière elle trois enfants. Mélina avait 45 ans. Elle était assistante dentaire. Elle a été tuée par son compagnon en Gironde. Elle laisse derrière elle deux enfants. Laure avait 32 ans. Elle a été tuée par son compagnon à Besançon.Le seul point commun de ces cinq meurtres, c’est que cinq femmes en sont les victimes. Cinq femmes qui ont prononcé trois mots : Je te quitte. Cinq femmes qui ont décidé de partir. Cinq femmes qui ont décidé d’être libres. Cinq femmes qui ont fait un choix dans leur vie.Dans notre […]

Et le gouvernement, il fait quoi concrètement ?

Aurore Bergé ministre déléguée · EPR #124

Nous devons d’abord le changer par la loi, comme vous l’avez mentionné. Nous menons un travail en ce sens depuis des années dans cet hémicycle et au Sénat. Ce travail est transpartisan, tous les groupes ont accepté d’y participer. S’il y a un sujet sur lequel nous sommes capables d’avancer, c’est celui-ci.Il faut bien sûr aller plus loin et renforcer encore les moyens. C’est le cas et cela continuera d’être le cas. Nous étions justement ce matin, avec Rachida Dati et Sylvain Maillard, dans un commissariat pour garantir la prise de plainte et permettre à toutes les femmes de pouvoir accéder à leurs droits, à la justice, au dépôt de plainte.Nous continuerons, je l’espère, à avancer ensemble pour que notre pays fasse enfin sa révolution de genre. Nous en avons besoin. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)

Groupuscule la Digue

La parole est à M. Damien Girard.

Depuis des mois, le groupuscule d’extrême droite la Digue brutalise ma circonscription. Après avoir menacé des élus, perturbé une rencontre du planning familial et harcelé des militantes et des militants, ses membres ont dérobé des livres dans une médiathèque de Lanester pour mettre en scène un autodafé d’inspiration nazie et le diffuser sur leurs réseaux.La semaine dernière, ils ont dégradé une nouvelle fois les abords de l’Université Bretagne Sud avec des tags aux références d’extrême droite et des menaces transphobes. La nuit suivante, un nouveau cap a été franchi : ils ont tabassé des étudiantes et étudiants venus recouvrir ces inscriptions.Les membres de la Digue, nous les connaissons bien : Mediapart a révélé qu’ils étaient présents pour accueillir Jordan Bardella à Lorient en janvier 2024, lors d’une rencontre entre le président du Rassemblement national et des pêcheurs […]

Un député du groupe RN #132

Qu’est-ce que tu racontes ? N’importe quoi !

Dans cette assemblée en costume-cravate, l’extrême droite insulte, diffame, harcèle, intimide et tabasse dans nos villes et nos campagnes. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC.)Depuis sa création, le Front national demeure le parti de la violence et du désordre. J’appelle ici tous les élus à cesser de fermer les yeux sur cette proximité et de minimiser ces actes violents, et à ne rien laisser passer. (Mêmes mouvements.) J’appelle aussi tous les élus de droite et du bloc central à faire preuve de responsabilité : en mettant sur le même plan la gauche et l’extrême droite, vous vous rendez complices de sa banalisation (Mêmes mouvements) et de la montée de la violence dans nos villes et nos campagnes.Monsieur le ministre de l’intérieur, j’ai demandé trois fois à votre prédécesseur de dissoudre la Digue. Je vous l’ai […]

Vous posez deux questions à la fois !

Quand allez-vous enfin dissoudre ce groupuscule nazi ? (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC.)

Quel naufrage !

La parole est à Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur.

La chance !

Marie-Pierre Vedrenne ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur #141

Merci pour votre question et pour le rappel des faits. Le 20 octobre, le préfet du Morbihan a interdit une manifestation déclarée par le collectif la Digue et prévue le 25 octobre dans le centre-ville de Lorient. Bien que présentée comme un hommage aux victimes civiles des bombardements de 1942, cette manifestation – comme vous l’avez rappelé s’agissant d’autres faits – visait un but politique et idéologique identitaire, s’inscrivant dans la mouvance de l’ultradroite radicale.L’arrêté d’interdiction se fondait sur les risques caractérisés de troubles à l’ordre public, tenant à la radicalité du collectif. Le préfet avait estimé que l’interdiction constituait une mesure nécessaire, adaptée et proportionnée aux circonstances locales, compte tenu du choix du parcours, de la forte fréquentation du samedi après-midi, de la période de vacances scolaires et de la limitation des moyens […]

Mais il y a déjà eu des agressions physiques ! Il faut dissoudre !

Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes

La parole est à Mme Virginie Duby-Muller.

En cette Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, nous devons regarder en face une réalité douloureuse : partout dans le monde, les libertés et la sécurité des femmes régressent. Ici même, en France, le combat n’est toujours pas gagné.Héritiers d’Olympe de Gouges, de George Sand, de Simone Veil et de toutes ces femmes anonymes qui, chaque jour, se battent pour leur dignité, nous voyons pourtant leur combat résonner douloureusement aujourd’hui, alors que des violences blessent et tuent encore.Ces violences ont des visages et des noms : Julie Douib, tuée en 2019 à l’âge de 34 ans, malgré huit plaintes restées sans suite ; Chahinez Daoud, brûlée vive à Mérignac en 2021 après des années de violences et de signalements ; Philippine, 19 ans, violée et assassinée dans le bois de Boulogne. Jeudi dernier encore, quatre féminicides ont été perpétrés sur le […]

La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.

Aurore Bergé ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations · EPR #155

Je partage votre lucidité : la France ne constitue pas un microclimat à l’abri des mouvements internationaux de recul et de régression, tels que le backlash ou les mouvements masculinistes évoqués il y a un instant par M. Gouffier Valente. Ces mouvements puissants, qu’ils soient identitaires, religieux, néoconservateurs ou réactionnaires, ciblent systématiquement les femmes – les femmes et leur corps, les femmes et leurs droits.Face à eux, la France doit à la fois maintenir le cap et sortir d’une forme de naïveté. Peut-être avons-nous cru trop longtemps que l’égalité n’était qu’une affaire de génération, qu’elle adviendrait d’elle-même. Or les droits humains – et les droits des femmes en particulier – ne vont jamais de soi : ils sont un combat et doivent le rester. Un combat, dans cet hémicycle, pour faire vivre le droit ; un combat, sur le terrain, pour l’application des droits qui […]

Propos du chef d’état-major des armées

La parole est à M. Bastien Lachaud.

Notre groupe s’associe à l’hommage à Olivier Marleix. Bien que siégeant sur d’autres bancs, nous partagions avec lui la volonté de garantir la souveraineté de la nation. Nous saluons en lui l’un des derniers gaullistes fidèles aux principes républicains et à l’indépendance de la France. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et DR, ainsi que sur plusieurs bancs des groupes EPR, SOC, EcoS, Dem, HOR, LIOT et GDR.)« Accepter le risque de perdre des enfants » : tels sont les mots du chef d’état-major des armées devant le congrès des maires de France. Ce n’était pas son rôle. D’ailleurs, le président de la République a semblé le contredire ce matin : c’est la cacophonie au sommet de l’État. Vous abîmez les institutions, vous semez la confusion au sein du peuple, vous affaiblissez la parole de la France. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Il est grand temps de […]

La parole est à Mme la ministre des armées et des anciens combattants.

Catherine Vautrin ministre des armées et des anciens combattants · Les Républicains #168

Permettez-moi de rendre hommage au quartier-maître de deuxième classe Thilen Manzon-Bonnet, fusilier marin, qui est décédé hier dans un accident de la route, sur une route départementale de l’Aude. (Mmes et MM. les députés et les membres du gouvernement se lèvent et applaudissent.) Cinq militaires étaient à bord du véhicule ; quatre d’entre eux se trouvent dans un état grave. Au nom de la représentation nationale mais aussi du gouvernement, monsieur le premier ministre, je leur adresse nos vœux de prompt rétablissement.Vous savez, car vous connaissez fort bien la question, que la revue nationale stratégique publiée au mois de juillet, le discours que l’ancien chef d’état-major des armées a prononcé le 12 juillet, et l’intervention du président de la République le 13 juillet à l’hôtel de Brienne visaient à expliquer à nos compatriotes la situation en Europe.Nous devons essentiellement en […]

Non !

Pas du tout, ça n’a rien à voir !

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #173

Malheureusement, un mot sorti de ce contexte a fait polémique. Tout ce qui importe, face à cette menace, est de rester à la fois lucides et unis. C’est d’ailleurs le sens des propos du président de la République, chef des armées, qui, ce matin, a rappelé aux Français qu’il n’était aucunement question d’envoyer nos jeunes en Ukraine. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

La parole est à M. Bastien Lachaud.

Vous n’avez pas répondu à la question, mais vous avez confirmé que le président de la République a dû désavouer ce matin le chef d’état-major des armées. C’est lamentable ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Ce n’est pas vrai !

La parole est à Mme la ministre.

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #178

J’ai simplement rappelé que le chef des armées est le président de la République, et que l’armée est à sa disposition pour anticiper les évolutions. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

Programmation pluriannuelle de l’énergie

La parole est à Mme Agnès Pannier-Runacher.

Je veux d’abord rendre hommage à Mathieu Cornu, sapeur-pompier volontaire du Pas-de-Calais, décédé hier en portant secours aux victimes d’un accident. Son courage force notre admiration. (Mmes et MM. les députés et les membres du gouvernement se lèvent et applaudissent.)J’associe à ma question mes collègues Olga Givernet et Jean-Luc Fugit. La tribune transpartisane que nous avons cosignée, parue ce matin, souligne une urgence : la France doit se doter d’une stratégie énergétique et faire du prix de l’énergie une priorité. Les industriels et les ménages paient un coût élevé, alors même que notre pays possède tous les atouts pour produire une énergie décarbonée, compétitive et souveraine. Pourtant, un blocage persiste – un blocage politique.

Cette dame devrait être ministre de l’énergie. Il faudrait penser à la nommer !

La programmation pluriannuelle de l’énergie est prête, chacun le sait. Ce ne sont pas des ajustements techniques qui empêchent sa publication, mais les postures de certains groupes politiques qui, par idéologie, opposent le nucléaire aux énergies renouvelables. Pendant ce temps, l’incertitude coûte à nos entreprises et aux Français.

Elle veut se dédouaner de son bilan !

Autre difficulté : l’électricité produite en France est plus taxée que le gaz fossile importé. C’est un contresens, tant économique qu’écologique.Enfin, tant que notre système énergétique n’est pas optimisé dans son ensemble – production, réseaux, stockage, sobriété intelligente –, nous continuerons à payer trop cher une énergie que nous pourrions pourtant produire à moindre coût. La question n’est pas de savoir s’il faut choisir entre le renouvelable et le nucléaire, mais de comprendre comment être performants lorsque nous misons à la fois sur le renouvelable et le nucléaire.

Apparemment, vous n’aviez pas la réponse !

C’est pourquoi je vous pose trois questions. Quand votre gouvernement publiera-t-il la programmation pluriannuelle de l’énergie, qui fixe un cap pour le pays ? Associerez-vous les parlementaires à sa mise en œuvre concrète, avec pour priorité la baisse du prix de l’énergie ? Êtes-vous prêt à corriger l’absurdité fiscale qui consiste à taxer davantage notre électricité décarbonée que le gaz importé ? Mes collègues et moi sommes prêts à vous y aider, au bénéfice des Français. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.

Roland Lescure ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique · EPR #191

Vous connaissez le sujet comme personne. (Sourires.) Je profite de cette occasion pour vous remercier sincèrement pour votre tribune transpartisane parue ce matin dans Les Échos ; elle montre que, dans ce domaine comme dans d’autres, il est possible d’atteindre un consensus qui dépasse les clivages traditionnels.La programmation pluriannuelle de l’énergie, la politique énergétique, c’est ce qui permet de faire tout le reste. C’est la condition de notre souveraineté, de notre industrialisation, de l’émergence de nouvelles filières,…

Très juste !

Roland Lescure ministre · EPR #194

…du pouvoir d’achat ou encore de la transition écologique. C’est pourquoi le premier ministre m’a demandé de lui soumettre des propositions, après consultation des parlementaires – ce processus est en cours et se poursuivra –, de sorte qu’il puisse prendre des décisions d’ici Noël. Cela répond à votre première question.Les préconisations qui seront faites après consultation des parlementaires prendront en considération l’ensemble des paramètres importants. Le premier est l’offre : nous devons enterrer la hache de guerre, nous montrer pragmatiques et examiner les avantages comme les inconvénients de chaque offre énergétique pour faire un choix efficace. Le second est la demande. L’électrification se poursuit et s’accélère, mais n’est pas encore à la hauteur de nos ambitions. Nous espérions la vente de 1 million de véhicules électriques par an ; nous en sommes à 400 000 ou 500 000.

C’est surtout qu’ils sont un peu chers, ces véhicules !

Roland Lescure ministre · EPR #197

Nous espérions l’installation de 1 million de pompes à chaleur, nous en sommes à 400 000 ou 500 000. La révolution de l’industrie verte se poursuit, mais à un rythme un peu ralenti. Nous devons donc tenir compte à la fois des risques liés à l’offre et des risques liés à la demande pour que le premier ministre puisse aboutir à une proposition globale.Enfin, la fiscalité, qui fait l’objet de votre troisième question, doit être en cohérence avec nos objectifs en matière de transition écologique. Nous considérons donc qu’un débat sur les droits d’accise doit se tenir, notamment dans le cadre du projet de loi de finances.

Projet de loi de finances pour 2026

La parole est à M. Éric Ciotti.

Avant de poser ma question, je tiens à exprimer ma reconnaissance envers Olivier Marleix pour ce qu’il a apporté à notre assemblée et surtout à notre pays, avec la force de ses convictions. J’ai eu beaucoup d’honneur et de fierté à travailler avec lui lorsqu’il était président du groupe LR. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR, RN et sur quelques bancs du groupe DR. – M. Thierry Benoit applaudit également.)Monsieur le premier ministre, vendredi soir, un seul député a voté votre budget. (Sourires et exclamations sur quelques bancs du groupe SOC.)

Il est où, d’ailleurs ?

C’est un fait inédit sous la Ve République. Sans doute voulait-il entrer dans votre gouvernement ; peut-être pourrez-vous répondre à son appel. En tout cas, ce vote est le terrible symbole de l’effondrement de votre pouvoir. Dans n’importe démocratie respectueuse des institutions, un premier ministre responsable aurait immédiatement démissionné. Pas vous ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR et sur quelques bancs du groupe RN.) Comme le président Macron, vous refusez de partir.

C’est la démocratie !

Vous refusez de laisser un pouvoir qui ne vous appartient plus, depuis longtemps. (Sourires et exclamations sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.)

Rendez les clés du bureau !

Pour quoi faire ? Uniquement pour durer, et pour durer cyniquement. Vous prétendez rechercher la stabilité mais c’est en fait la vôtre que vous préservez, quoi qu’il en coûte, et ce, malgré un véritable effondrement du pays : une dette historique, un déficit abyssal, une immigration hors de contrôle, une insécurité foudroyante, des services publics en ruine, un record de défaillances d’entreprise. Ce bilan, vous le partagez désormais avec votre copilote gouvernemental : Matignon est dirigé par celui dont vous êtes devenu le passeur de plats. Olivier Faure décide, vous exécutez ; François Hollande pilote, vous obéissez ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN. – Sourires sur les bancs du groupe SOC. – M. François Cormier-Bouligeon s’exclame.)Les Français sont inquiets, le pays hagard. Où allez-vous ? Avec qui ? Pour quoi faire ? À quand un sursaut de dignité ? Quand […]

Cela faisait longtemps qu’on ne l’avait pas vu !

La parole est à M. le premier ministre.

Sébastien Lecornu premier ministre #212

Rien de tel qu’un peu de finesse pour rafraîchir l’atmosphère. (Sourires et applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem, HOR et sur quelques bancs des groupes SOC et LIOT. – Mme Dominique Voynet applaudit également.) Rien de tel qu’un peu de subtilité pour nous détendre. Depuis le temps que je vous connais !Pour vous répondre sérieusement, dans une démocratie, il serait bon qu’un président de groupe siégeant ici depuis tant d’années…

Quand il siège !

Sébastien Lecornu premier ministre #215

…défende le principe même de l’exercice parlementaire, défende l’Assemblée nationale et le débat parlementaire. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.) Vous m’avez écrit, sur un papier à en-tête UDR – certainement pour vous réclamer du gaullisme, ce qui ne manque pas de malice eu égard à vos nouvelles alliances électorales – (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes UDR et RN),…

Regardez les vôtres !

Sébastien Lecornu premier ministre #217

…une lettre par laquelle vous m’annonciez que vous aviez un contre-budget pour la France. Vous proposiez des économies : 19,5 milliards d’euros sur l’immigration, 9,5 milliards sur l’action extérieure de l’État, 35,5 milliards sur la politique sociale,…

Vous l’avez lue : vous avez la recette !

Sébastien Lecornu premier ministre #219

…10 milliards sur l’énergie ou encore 23 milliards d’euros grâce à la simplification administrative.

Eh oui !

Sébastien Lecornu premier ministre #221

Nous n’avons pas trouvé trace de ces propositions dans les amendements que votre groupe a déposés à la première partie du projet de loi de finances. (Sourires et applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem, HOR et LIOT. – Mme Stella Dupont applaudit également.)

Vous avez mal lu !

Sébastien Lecornu premier ministre #223

Or il nous aurait été agréable, pour la transparence de l’exercice parlementaire et par respect pour vos électeurs, que vous défendiez ici, amendement par amendement, vos propositions pour la nation. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.) Mais votre courrier ne s’arrête pas là. (« Ah ! » sur quelques bancs du groupe Dem.)

Nous allons tout savoir !

Sébastien Lecornu premier ministre #225

Vous dites : « En parallèle de cet effort de redressement, je tiens à fixer, au nom de notre groupe parlementaire, des lignes rouges claires et non négociables. » La première d’entre elles : « Aucune augmentation des prélèvements obligatoires, sur les particuliers comme sur les entreprises ». (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR.)

Bravo !

Sébastien Lecornu premier ministre #227

N’hésitez pas à en parler avec le groupe du Rassemblement national (Sourires et applaudissements prolongés sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem, HOR et LIOT. – Plusieurs députés des groupes EPR, Dem et HOR se lèvent pour applaudir) qui, dans le cadre du budget, a voté 35 milliards d’euros supplémentaires d’impôts sur les entreprises et sur les ménages. Cessez vos doubles discours ! L’absence de 49.3 entraînera la grande clarification. On ne peut pas avoir une équipe qui va dîner avec les grands patrons pour les rassurer et une autre qui, ici, augmente les impôts sur les particuliers et sur les entreprises. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.) Désormais, l’hémicycle fonctionne à cœur ouvert, en toute transparence.

Il faut partir !

Sébastien Lecornu premier ministre #229

Nous vivons un grand moment de clarification. Pour finir, monsieur Ciotti, on ne peut pas promettre l’ordre à Nice et le désordre à Paris ! (Applaudissements nourris sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem, HOR et LIOT. – Plusieurs députés des groupes EPR et Dem, ainsi que Mme Justine Gruet, se lèvent pour applaudir. – Mme Stella Dupont applaudit également. – Exclamations les bancs des groupes RN et UDR.)

Pourquoi ceux qui vous applaudissent n’ont-ils pas voté le budget ?

Personne n’a voté le budget !

Lutte contre l’islamisme

La parole est à M. Nicolas Meizonnet.

Alors que notre pays vient de commémorer le triste dixième anniversaire du Bataclan, l’islamisme progresse partout et s’impose comme le véritable défi de notre civilisation. (« Oh là là ! » sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) En France, il est le fruit de l’immigration massive et du renoncement des gouvernements successifs au modèle de l’assimilation. Dans l’école de la République, l’islamisme continue de s’exprimer par des pressions, menaces et violences grandissantes à l’encontre des professeurs qui défendent la laïcité. Dans les établissements pénitentiaires, il prospère, à tel point que Salah Abdeslam a pu, très récemment, tenter d’organiser un attentat depuis sa cellule. Jusque dans nos campagnes, le fondamentalisme islamiste gagne du terrain chaque jour. Chez moi, à Vauvert, dans le Gard, j’ai dû intervenir auprès des autorités pour empêcher la venue de l’un de ces prêcheurs de […]

Bravo !

Il se répand aussi dans certains médias et partis politiques, où clientélisme et complaisance créent les conditions parfaites pour que s’étende l’influence des Frères musulmans.Alors que certains tentent de tirer la sonnette d’alarme, d’autres leur collent une cible sur le front. Quand l’Ifop publie un sondage qui devrait tous nous inquiéter, montrant notamment que 42 % des jeunes musulmans de 15 à 24 ans ont de la sympathie pour les mouvances islamistes et que 57 % estiment que la charia doit l’emporter sur les lois de la République,…

Mme Farida Amrani #238

C’est faux !

…deux députés de La France insoumise ont mis en cause l’Institut, qui s’est vu contraint de déposer plainte. Refuser de voir cette réalité, c’est refuser de combattre. Refuser de combattre, c’est s’assurer de la défaite. Le Rassemblement national est le seul à…

Être raciste, oui !

…proposer un arsenal législatif capable d’éradiquer l’islamisme. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

C’est cela !

Vous êtes les complices de Daech !

Vous vous sentez concernés ?

Quand le gouvernement fera-t-il preuve de la détermination nécessaire et suffisante pour enrayer la croissance de cette idéologie mortifère ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR. – M. Rodrigo Arenas et Mme Mathilde Panot s’exclament.)

La parole est à Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur.

La chance !

Vos attaques sexistes, ça suffit !

Marie-Pierre Vedrenne ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur #249

Vous avez raison de souligner que la menace terroriste est de plus en plus endogène. Elle frappe et implique des personnes de plus en plus jeunes, comme l’a montré le dernier attentat qui a été déjoué. Le gouvernement lutte contre cette radicalisation violente et contre le terrorisme depuis 2015, notamment depuis 2017, dans le cadre du maintien de l’ordre républicain. En 2019, nous avons traité la question du séparatisme, pour qu’il soit possible de vivre côte à côte au sein de la République. Nous avons imposé des règles relatives à la neutralité religieuse dans les services publics et instauré des dispositifs de lutte contre le séparatisme dans la loi d’août 2021 visant à conforter le respect des principes de la République.Vous soulevez la question de l’entrisme, c’est-à-dire d’une forme de séparatisme qui ne dit pas son nom, qui endosse les habits de la République mais essaie, de […]

Lâchez vos fiches !

Marie-Pierre Vedrenne ministre déléguée #252

Récemment, à l’Assemblée nationale, le premier ministre nous a appelés à travailler à la troisième phase de la lutte contre l’islam politique. En la matière, il existe trois problèmes distincts : la radicalisation violente, le séparatisme et l’entrisme. Nous étudions en ce moment la question suivante : le dispositif juridique existant est-il suffisant ? Faut-il une nouvelle disposition législative, faut-il donner une nouvelle impulsion à la lutte contre l’islamisme ?En attendant, des préfets prennent leurs responsabilités tous les jours, dans tous les territoires de la République. En application de la loi confortant le respect des principes de la République, ils procèdent à la dissolution d’organisations et à la fermeture de structures. De même, nous procédons à des expulsions et à la reconduite d’étrangers en situation irrégulière adeptes de cette théologie nauséabonde, nuisible à […]

Les islamistes tremblent !

Application de la loi du 17 février 2025 et prise en charge de la maladie de Charcot

La parole est à Mme Valérie Létard.

Permettez-moi d’associer le groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires à l’hommage sincère et unanime rendu à Olivier Marleix. (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT, sur plusieurs bancs du groupe DR et sur quelques bancs des autres groupes.)Je souhaite vous parler aujourd’hui non d’un dossier administratif, mais d’une femme et de sa dignité. Elle s’appelle Marie-Christine. Je la salue chaleureusement, car elle nous regarde en ce moment. Elle a 71 ans et vit dans ma circonscription, à Petite-Forêt. Comme tant d’autres, elle est frappée par la maladie de Charcot qui, jour après jour, lui retire la parole, le mouvement, l’autonomie et parfois l’espoir. Ces dernières semaines, Marie-Christine n’arrive plus à se lever seule, même avec l’aide d’une professionnelle. Son élocution se dégrade, sa respiration inquiète. Sa fille Audrey jongle entre son travail, la […]

La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.

Stéphanie Rist ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées · EPR #262

Dans notre pays, 6 000 personnes souffrent de la sclérose latérale amyotrophique ou maladie de Charcot. Je veux rendre hommage au sénateur Gilbert Bouchet, décédé récemment, qui s’est engagé, tout au long de sa vie, pour accompagner les malades et leurs familles. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem, HOR, LIOT et sur quelques bancs du groupe EcoS.)La loi du 17 février 2025 supprime la limite de 60 ans pour l’ouverture du droit à la PCH quand la maladie s’est déclarée au-delà de cet âge. L’application de cette loi, très attendue par les malades et leurs familles, requiert un travail collectif, puisque, comme vous le savez, la prestation de compensation du handicap est versée par les départements. Ce travail a été engagé : les départements et l’État travaillent au sein du Conseil national d’évaluation des normes pour publier l’arrêté qui permettra l’application de cette […]

Complémentaire santé des personnels de l’éducation nationale

La parole est à M. Paul Vannier.

C’est la stupeur dans les salles des professeurs. Brutalement, l’ensemble des titulaires et contractuels de l’éducation nationale sont automatiquement affiliés au groupement MGEN-CNP pour leur complémentaire santé. C’est la conséquence de l’attribution à cette mutuelle et à cet assureur privé, seuls candidats à l’appel d’offres, d’un contrat imposé aux personnels et à leurs organisations syndicales, dépossédées du pouvoir de négociation sur l’essentiel, le panier de soins socle.J’ai reçu près de 3 000 témoignages…

Par jour ! (Sourires sur les bancs du groupe RN.)

…d’enseignants, accompagnants d’élèves en situation de handicap, personnels administratifs, assistants d’éducation ou retraités. Ils décrivent un véritable scandale. Pour les personnes seules, le surcoût annuel serait de 300 à 900 euros, pour les familles, de 800 à 2 000 euros, le tout pour des garanties inférieures sur l’optique, les soins dentaires, avec la suppression de l’allocation handicap, de l’allocation orphelin et une prévoyance désormais séparée, qui oblige les agents à souscrire une offre supplémentaire pour étendre leur protection.Nous n’acceptons pas ce mauvais coup porté à la santé et au pouvoir d’achat des agents de l’éducation nationale déjà durement affectés par les conséquences de l’austérité salariale. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nous n’acceptons pas cette privatisation rampante (Mêmes mouvements), qui nous éloigne du modèle mutualiste et plus […]

La parole est à M. le ministre de l’éducation nationale.

Édouard Geffray ministre de l’éducation nationale #273

Vous avez raison, à compter du 1er mai 2026, les personnels de l’éducation nationale, au nombre de 1,3 million, devront adhérer à une protection sociale complémentaire. Ils seront les derniers agents de l’État à le faire ; en effet, tous les agents de l’État sont tenus d’adhérer à une mutuelle. Cette décision ne crée donc pas de stupeur, d’autant moins que 90 % de ces personnels sont d’ores et déjà affiliés à la MGEN.Ce qui est nouveau, en revanche, c’est que cette décision a été prise dans le cadre d’un accord collectif, signé par six des sept organisations syndicales représentatives au comité social d’administration ministériel. Dans le cadre de cet accord, il est prévu que l’État prenne à sa charge environ la moitié des cotisations. Ainsi, alors que l’État payait en moyenne 15 euros par agent, cette somme s’élèvera désormais à 40 euros par mois et par agent, environ 480 euros par an. […]

Bref, on s’en fout !

La parole est à M. Paul Vannier.

Monsieur le ministre, je vous confirme qu’il y a de la stupeur, de l’inquiétude et de la colère. Vous nous indiquez – et vous avez raison – que cet accord est par ailleurs coûteux pour les finances publiques ; voilà une raison de plus pour le renégocier. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Situation en Ukraine

La parole est à Mme Anna Pic.

Ma question s’adresse à monsieur le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Alors que la Russie, comme à la veille de chaque hiver, cherche à détruire les infrastructures énergétiques ukrainiennes, Donald Trump joue de nouveau le faiseur de paix. La première version de son plan, inspiré par les Russes et orchestré par les Américains, n’a de paix que le nom et s’apparente à la capitulation forcée d’un pays agressé. Fondamentalement démoralisateur, il ne présente aucune réelle garantie pour la sécurité ukrainienne et écarte de fait la diplomatie européenne.Après un plan de paix pour Gaza qui a supplanté la déclaration de New York, défendue par la France et adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies, le plan de paix pour l’Ukraine douche les efforts de la coalition des volontaires. L’ère Trump est décidément un cauchemar pour la diplomatie européenne.Ce constat […]

La parole est à Mme la ministre des armées et des anciens combattants.

Catherine Vautrin ministre des armées et des anciens combattants · Les Républicains #288

Vous avez brossé un état de la situation qui nous interpelle à juste titre. Vous l’avez rappelé, le président Trump a annoncé un plan de paix le week-end dernier. Sur le principe, rechercher un plan de paix ne peut qu’intéresser toutes les parties. Toute la question est de savoir quelles sont les conditions de celui-ci. En effet, le président de la République l’a rappelé ce matin, nous ne pouvons pas parler de plan de paix sans l’Ukraine et sans l’Europe, alors que les pays européens sont aux côtés de l’Ukraine chaque jour depuis 2022.La réunion qui a commencé à 16 heures et qui est animée par le président de la République a pour objectif de réunir l’ensemble des membres de la coalition des volontaires. Ces pays, qui sont plus de trente, ont pour objectif d’accompagner et de faire respecter l’autonomie de l’Ukraine, dont je rappelle que, dans la guerre actuelle, elle est l’agressée.La […]

Liquidation judiciaire de la papeterie Wizpaper

La parole est à M. Auguste Evrard.

La semaine dernière, 147 salariés de l’usine Wizpaper à Wizernes, dans ma circonscription, ont appris – sans grande surprise, hélas ! – la liquidation judiciaire de leur entreprise. Cet échec s’ajoute à la longue liste des reculs, des renoncements et des promesses non tenues après huit années d’un si piètre gouvernement. La flambée des coûts de l’énergie depuis le conflit en Ukraine a détruit la compétitivité de cette papeterie face à la concurrence internationale. Le résultat, ce sont 147 emplois supprimés, 147 ouvriers laissés sur le carreau juste avant Noël.C’est la conséquence directe de vos choix : les prix de l’énergie sont devenus hors de contrôle, vous refusez de combattre une concurrence internationale déloyale et surtout, vous faites preuve d’un manque flagrant d’anticipation et de courage politique. La semaine dernière, vous étiez pourtant tout à vos opérations de […]

La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.

Roland Lescure ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique · EPR #297

Les difficultés réelles des entreprises et des salariés concernés par cette mise en liquidation judiciaire ne vous permettent pas de raconter n’importe quoi. Vous racontez absolument n’importe quoi ! (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Vous n’avez pas le droit de dire ça !

Roland Lescure ministre · EPR #299

Nous nous sommes rendus dans votre département à de nombreuses reprises suite à la guerre en Ukraine, que vous avez mentionnée, et aux nombreuses inondations qui ont affecté des entreprises industrielles. Quand j’étais ministre de l’industrie et de l’énergie, je suis allé régulièrement dans votre circonscription…

Pour quoi faire ?

Roland Lescure ministre · EPR #301

…pour accompagner les entreprises. Vous devriez le savoir ; sinon, renseignez-vous auprès de vos prédécesseurs. Nous avons été aux côtés des entreprises, nous serons également aux côtés des salariés de la papeterie Wizpaper.Ce que je comprends, et j’espère que vous le savez aussi, c’est que le groupe qui détenait cette entreprise s’est engagé à faire des offres de reclassement dans le territoire pour tous les salariés. (Protestations sur les bancs du groupe RN.) Nous nous occupons comme toujours et en priorité des salariés concernés. Monsieur le député, ne vous en déplaise, nous avons créé de l’emploi industriel depuis huit ans, alors que cela faisait des décennies qu’on en détruisait. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR. – Vives protestations sur les bancs du groupe RN.)

M. Laurent Jacobelli #303

C’est faux !

Roland Lescure ministre · EPR #304

Monsieur Tanguy, ne vous en déplaise, ce constat est établi par l’Insee.

C’est bidon, comme stat !

Roland Lescure ministre · EPR #306

Remettre en cause les statistiques officielles, c’est votre fonds de commerce, alors que ces chiffres sont établis par l’Insee, qui est indépendant. Nous avons créé des entreprises et des usines. Chaque usine qui ferme est un déchirement.

C’est du pipeau !

Roland Lescure ministre · EPR #308

Mais arrêtez de raconter n’importe quoi. Soyez fiers de ces résultats – même si ce ne sont pas les vôtres –, parce qu’au fond, ce sont ceux de la France et des territoires industriels. Cela vous gêne… (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Et les raisons de la faillite ?

Roland Lescure ministre · EPR #310

…parce que la misère est votre fonds de commerce. Quand il y a des succès, surtout, vous n’en parlez pas. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Eh bien, donnez-nous les clés !

Violences faites aux femmes

La parole est à Mme Agnès Firmin Le Bodo.

Avec mes collègues du groupe Horizons & indépendants, nous nous associons à l’hommage émouvant rendu à notre ancien collègue Olivier Marleix. (Applaudissements sur les bancs des groupes HOR, EPR, DR et Dem.)Depuis le début de l’année, 152 femmes ont été victimes de féminicide – un chiffre monstrueux – ; 1 121 femmes ont échappé à un féminicide en 2024 ; 350 000 femmes et enfants sont victimes de violences sexuelles et sexistes ; seules 16 % des femmes portent plainte ; 80 % des femmes en situation de handicap sont victimes de violences sexuelles et sexistes ; un enfant sur dix est victime d’inceste.Ces chiffres ne sont pas des faits divers. Ils révèlent un phénomène de société qui brise des vies et des familles. Chaque 25 Novembre, nous faisons le triste constat que, malgré les actions menées, ce véritable fléau de société n’a pas disparu.Vous l’avez rappelé, depuis 2017, le budget […]

La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.

Aurore Bergé ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations · EPR #320

Permettez-moi de vous répondre en évoquant deux dispositifs que vous connaissez bien, parce que vous avez soutenu leur développement lorsque vous étiez à la santé : les maisons de santé des femmes ainsi que le dépôt de plainte et le recueil des preuves à l’hôpital.Sur ces sujets, nous avons progressé. Aujourd’hui, 120 maisons de santé des femmes ont ouvert leurs portes, ou sont en cours d’ouverture et de financement, dans 97 départements de l’Hexagone et de l’outre-mer. Vous connaissez l’attention particulière du gouvernement, notamment du premier ministre, aux territoires ultramarins et ultraruraux. Il importe de garantir que tous les territoires de la République bénéficient de cette démarche d’aller vers.Les maisons de santé des femmes permettent un accompagnement et une prise en charge globale des victimes – je pense, par exemple, à l’ouverture de centres de traitement des […]

La parole est à Mme Agnès Firmin Le Bodo.

Je vous remercie d’avoir signalé la prévalence des violences faites aux femmes dans les territoires ruraux. N’oublions pas non plus les territoires d’outre-mer, qui sont eux aussi fortement touchés. La levée du secret médical nous permettrait de renforcer encore davantage la protection des femmes. Peut-être pourrions-nous y travailler ensemble ?

La parole est à Mme Sandrine Rousseau.

Le groupe Écologiste et social s’associe à l’hommage à Olivier Marleix. Nous avons une pensée pour ses proches. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, EPR, SOC, DR, Dem et HOR.)Ma question s’adresse à Laurent Nunez, ministre de l’intérieur. Existe-t-il aujourd’hui une seule idéologie qui tue plus que le masculinisme en France ? La plus jeune victime avait 1 an – elle a été tuée sous les yeux de sa mère, pour l’intimider, dans un contexte de violences conjugales – ; la plus âgée avait 94 ans.Depuis le mois de janvier, 152 femmes sont mortes en France. Chaque année, 373 000 femmes sont victimes de violences par leur conjoint ou leur ex-conjoint. Toutes les vingt-trois secondes, une femme est victime de harcèlement sexuel. Toutes les deux minutes, une femme est victime de viol, d’une tentative de viol ou d’une agression sexuelle.Pourtant, le budget de l’égalité femmes-hommes […]

La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.

Aurore Bergé ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations · EPR #336

Encore une fois, je ne suis pas là pour polémiquer. Ce 25 Novembre doit être un temps où nous devons faire République, faire nation et nous mobiliser collectivement pour lutter contre les violences faites aux femmes. Permettez-moi de rectifier ce que vous venez de dire sur le budget : celui-ci augmente bien. Ce n’est pas pour me faire plaisir, mais parce que c’est malheureusement nécessaire, du fait de la prévalence des violences sexuelles, psychologiques, économiques et intrafamiliales dans notre pays.Vous avez mentionné l’aide universelle d’urgence. Je tiens à rendre hommage à Valérie Létard, auteure de la proposition de loi qui visait à créer une aide universelle d’urgence pour les victimes de violences conjugales. L’adoption de ce texte en 2023 est la preuve que le consensus est possible. En moins de deux ans, 63 000 femmes ont déjà bénéficié de ce dispositif, qui prévoit à la fois […]

La parole est à Mme Sandrine Rousseau.

Si tout ce que vous venez de citer fonctionnait véritablement, le nombre de féminicides n’augmenterait pas. Or il augmente ! Nos vies comptent ! La vie des femmes compte ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)

Yaël Braun-Pivet president · EPR #342

Nous avons terminé les questions au gouvernement.

Suspension et reprise de la séance

Clémence Guetté president · LFI #344

La séance est suspendue.

#345

(La séance, suspendue à seize heures quarante, est reprise à seize heures cinquante, sous la présidence de Mme Clémence Guetté.)

Clémence Guetté president · LFI #347

La séance est reprise.

Coût de l’immigration en France

Clémence Guetté president · LFI #350

L’ordre du jour appelle le débat sur le coût de l’immigration en France. Ce débat a été demandé par le groupe Union des droites pour la République. La conférence des présidents a décidé d’organiser le débat en deux parties. Dans un premier temps, nous entendrons les orateurs des groupes, puis le gouvernement ; nous procéderons ensuite à une séquence de questions-réponses.Nous commençons donc par les orateurs inscrits : la parole est à M. le président Éric Ciotti.

Notre groupe a effectivement souhaité ce débat, qui mériterait d’ailleurs les travaux plus élaborés d’une commission d’enquête, afin de connaître réellement le coût de l’immigration pour notre pays. Ce coût doit être établi de façon objective et alimenter les grands débats qui s’imposent aujourd’hui à notre nation, pour que nous sachions quel modèle migratoire appliquer.Devons-nous, oui ou non, continuer à suivre la même ligne ? Chaque année, 500 000 étrangers entrent en France de façon légale ; les procédures d’asile sont totalement dévoyées ; l’hébergement d’urgence, destiné à nos concitoyens frappés par la précarité sociale, est totalement embolisé – les étrangers en situation irrégulière occupent désormais les deux tiers des places disponibles au sein de ces structures. À la question de la montée de la délinquance, corrélée à celle de l’immigration, s’ajoute le sujet du coût […]

La parole est à M. Thibaut Monnier.

Avant toute chose, permettez-moi de saluer l’initiative salutaire de nos collègues du groupe UDR, puisque c’est à eux que nous devons ce débat d’intérêt public.Quel est le coût de l’immigration en France ? Cette question lancinante a été posée à d’innombrables reprises par toutes les formations politiques, par tous les journalistes, par tous les experts et, bien sûr – c’est d’autant plus légitime –, par tous les Français. En effet, les Français ne peuvent même plus compter sur l’État pour assurer leur sécurité extérieure et intérieure, pour leur rendre justice, pour instruire ou même soigner leurs enfants. Ils ont donc bien le droit de se demander où passe l’argent gagné à la sueur de leur front !Parmi les réponses possibles, il en est une qui relève du tabou suprême : l’immigration. C’est précisément à cause de ce tabou que l’État refuse de chiffrer, à l’euro près, ce qui s’apparente […]

La parole est à M. Vincent Caure.

Je veux aborder ce débat avec sérieux, sans caricatures ni postures. L’UDR remet sur la table la question de l’immigration à travers le seul prisme de son coût, laissant entendre qu’elle ne serait qu’une charge pour la communauté nationale.Rappelons ce que nous apprend l’histoire du temps long : à chaque période de crise ou d’interrogations dans notre pays, il s’est trouvé des gens en France pour faire porter la faute sur les immigrés et dénoncer le coût de leur présence. Dans les années 1880, on accusait les Italiens de voler le travail. Dans les années 1930, ce fut au tour des mineurs polonais puis des immigrés espagnols d’être rendus responsables du chômage et des difficultés de notre nation. À chaque fois, c’était faux, mais nous assistons aujourd’hui à la mise en place de la même mécanique.Notre assemblée a déjà travaillé sur ce sujet. Le rapport parlementaire de nos estimés et […]