Séance du 26 mars 2026 — 182e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Clémence Guetté.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Clémence Guetté.
Tours 401 à 482 sur 482 — page 3 / 3.
Ah, ça fait rêver !
Cependant, le groupe Horizons & indépendants entend exprimer une vigilance. Il sera essentiel de veiller à ce que ce nouvel enseignement ne se superpose pas aux dispositifs existants, mais les enrichisse de manière cohérente et complémentaire. L’objectif n’est pas d’alourdir le temps scolaire – nos enseignants et nos élèves n’en ont pas besoin –, mais de donner une visibilité et une profondeur nouvelles à des thèmes trop souvent abordés de manière fragmentaire.En clarifiant les contenus et les modalités par un arrêté ministériel, le texte offre précisément l’opportunité de structurer durablement l’éducation à la défense.Dans un monde où les menaces ne s’arrêtent plus aux frontières et prennent des formes que nos aînés n’auraient pas imaginées, la résilience d’une nation repose d’abord sur la conscience de ses citoyens. Un peuple qui ne connaît pas les fondements de sa défense ne mesure […]
La parole est à Mme Mereana Reid Arbelot.
Ia ora na– bonjour à tous ! Former des citoyens éclairés, conscients des enjeux du monde contemporain, c’est un oui. Mais encore faut-il s’entendre sur le sens de cet enseignement car, au fond, que voulons-nous transmettre à notre jeunesse ?Avec ce texte, il est proposé de structurer et de généraliser un enseignement de la défense, pour répondre à une méconnaissance des enjeux militaires et de sécurité. Mais dans un contexte où le vocabulaire guerrier s’installe progressivement dans le débat public – réarmement, guerre, menace – nous devons être vigilants à ne pas faire de l’école le relais de cette logique, et surtout à ne pas habituer les esprits à l’idée que la guerre serait une perspective normale, presque inévitable.Une chose est claire : nos jeunes ne veulent pas apprendre à faire la guerre, mais à construire la paix. La France ne doit pas répondre aux tensions du monde par […]
La parole est à M. Maxime Michelet.
Pour un peuple libre, l’éducation à la défense est une évidence, car un peuple qui renonce à se défendre est un peuple qui renonce à sa liberté. Nous en savons quelque chose, nous autres Français, enfants de Jeanne d’Arc et de Valmy, dont la liberté a tant de fois été assaillie et tant de fois sauvée par les armes du peuple français. En France, l’armée, c’est le peuple, le peuple en armes, debout pour défendre sa liberté. La proposition de loi que vous nous présentez, monsieur le rapporteur, aborde donc l’un des éléments existentiels de la vie nationale. La question n’est pas nouvelle. Ici même, à cette tribune, en 1913, Jean Jaurès appelait au développement « de l’éducation à la fois militaire et civique de la masse des Français ».C’est l’objet de votre proposition de loi. Nous regrettons que ceux qui se tiennent sur les bancs occupés hier par Jean Jaurès se soient si radicalement […]
Et les États-Unis aussi, non ?
Ce n’est pas la France, dont l’armée est une armée hautement, authentiquement et passionnément républicaine.D’ailleurs, en Europe, l’éducation à la défense est déjà présente en Estonie. L’Estonie serait-elle un pays militarisé ? Quant à l’esprit de défense, il n’est pas de pays européen où il existe sous une forme plus affirmée qu’en Suisse. La Suisse serait-elle un pays militarisé ? Non, c’est l’un des peuples les plus libres de notre continent. Les fables sur la militarisation ne sont à la hauteur ni des enjeux de sécurité collective ni des principes de la République. En commission, le groupe UDR s’était abstenu, invoquant quelques réserves de forme et affirmant sa volonté d’aller plus loin que le dispositif proposé.Nous pensons que l’esprit de défense nationale auquel vous entendez éduquer la jeunesse ne saurait exister sans esprit d’unité nationale, socle indispensable qui doit lui […]
Je vous remercie.
La parole est à M. Roger Chudeau.
Enseigner l’esprit de défense, enseigner la défense nationale, quel citoyen français, quel élu de la nation pourrait avoir quelque chose à objecter à cette proposition ? Ce qui constitue une nation, c’est sa capacité à défendre son territoire, à assurer la sûreté de ses citoyens, à préserver sa liberté et sa souveraineté lorsqu’elles sont menacées. Cette mission incombe à l’État, et la France a été un État avant de devenir une nation. Elle fut faite, selon la formule du général de Gaulle, à coups d’épée.Dès les premiers temps de la République, les enfants de la patrie furent des citoyens-soldats. La levée en masse, la patrie en danger ont non seulement sauvé la République et la révolution, mais sont devenus, pour des générations, l’esprit de ce que Clausewitz appelle la « force morale » de la nation française. Que l’école de la République enseigne la défense nationale et promeuve chez […]
La parole est à M. Vincent Caure.
Voilà plus de quatre ans que la guerre est de retour en Europe, et cette réalité nous impose une exigence claire : mieux préparer notre nation aux conflits du monde moderne. Car depuis la fin du service national, il y a plus de vingt ans, plusieurs générations ont grandi à distance des enjeux de défense, alors que notre environnement stratégique s’est considérablement durci ces dernières années. Preuve en sont les derniers conflits qui ont marqué l’actualité internationale : Ukraine, Proche-Orient, Iran et peut-être demain Taïwan, comme le laissent craindre les derniers développements sur les tensions en Asie. Ces guerres nous démontrent surtout que les conflits ont changé de visage : ils ne se limitent plus aux combats militaires avec le déploiement de troupes au sol, mais mobilisent également l’économie, l’énergie, l’information, la désinformation et le cyberespace, se jouant aussi […]
La parole est à M. Louis Boyard.
Voilà une nouvelle loi qui concerne les jeunes… Mais est-ce que vous faites une loi qui répond aux besoins urgents de la jeunesse ?
Pour vous, bien sûr que non !
S’agit-il de régler les problèmes de Parcoursup ? Non. De lutter contre la précarité des étudiants et des alternants ? Non. De traiter des classes surchargées et des journées trop longues, s’étendant de 8 heures à 18 heures ? Non. Du chômage et des salaires des jeunes ? Non. Ou bien de la crise du logement ? Non.
Vous êtes monsieur Non !
Par contre, vous voulez augmenter le nombre d’heures de cours des collégiens et des lycéens pour leur parler de la guerre.
Vous n’avez pas lu le texte ! Il faut travailler un peu !
Vous ne répondez pas aux besoins des jeunes et vous allez encore rajouter des enseignements, alors même qu’ils ne peuvent déjà pas avoir une scolarité normale, préservant leur santé mentale.Attention ! Parce que si vous voulez leur parler de géopolitique française, il va falloir que vous leur parliez de ce que fait Emmanuel Macron dans ce domaine : vous devrez expliquer aux jeunes pourquoi ils vont vivre sur une planète où il fera 3 degrés de plus en raison du réchauffement climatique, leur expliquer que le budget climat a baissé pour pouvoir acheter des armes américaines parce que Donald Trump a demandé à Emmanuel Macron de le faire.
N’importe quoi !
Vous devrez aussi justifier ce qu’il en est au regard du droit international. En cours d’histoire, on apprend aux élèves que l’Organisation des Nations unies et le droit international ont été créés après la seconde guerre mondiale pour que plus jamais les guerres et les génocides ne se reproduisent… Mais alors pourquoi, quand il s’agit du gouvernement israélien qui massacre les Palestiniens un à un, qui les génocide, qui tue les femmes, les enfants, les hommes, les vieux, le droit international n’a-t-il pas à s’appliquer ? Vous devrez leur expliquer les massacres au Congo, grâce auxquels les milliardaires français s’en mettent plein les poches en volant les minerais. Vous devrez aussi leur expliquer pourquoi, au Soudan, Emmanuel Macron ferme les yeux alors que des milliers de gens y meurent avec la complaisance de la France… Cela s’appelle la vérité historique.Et si vous leur enseignez […]
La vôtre !
…cela s’appelle alors de la propagande politique. Ne croyez pas que les jeunes sont stupides et qu’ils ne s’en rendent pas compte.On s’est tous posé ces questions : « Tu te vois où dans trente ans ? À quoi ressemblera le monde dans cinquante ans ? » Avec la troisième guerre mondiale, les 3 degrés de réchauffement et la précarité généralisée, cela devient difficile pour la jeunesse de croire que l’humanité fait les bons choix. Voilà le moment de l’histoire dans lequel nous nous trouvons. Souvenez-vous du XXe siècle : les capitalistes ont poussé à la première et à la deuxième guerre mondiale parce que des conflits leur permettaient de s’en mettre plein les poches. Et on retiendra du XXIe siècle que l’inaction climatique, l’abandon du droit international et l’investissement massif dans l’armement – multiplié par trois depuis les années 2000, alors qu’on sous-investit sur le climat – ont […]
Merci pour les Ukrainiens !
La guerre en Iran, c’est pour le pétrole ! Le génocide à Gaza, c’est pour les terres et le gaz ! Les massacres au Congo, c’est pour le coltan et les diamants, et au Soudan, pour l’or et le pétrole ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Il n’y a pas de morale dans tout cela. Il n’y a que de l’argent.« La guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais qui ne se massacrent pas. » Voilà ce que disait Paul Valéry et ce que l’on devrait enseigner à l’école grâce à ce texte.
Absolument !
Or celui-ci vise à prendre dans le budget de la mémoire et des anciens combattants pour faire entrer des militaires dans l’enseignement. Paul Valéry y verrait tout un symbole.
Vous ne croyez pas si bien dire !
Je le dis au nom de la jeune génération : nous ne voulons pas de la guerre. (Exclamations sur les bancs du groupe Dem.) Nous sommes des utopistes, nous direz-vous. Très bien, si vous voulez, je l’accepte. Mais je préfère encore notre utopie à votre dystopie parce que vous qui croyez en ce monde dirigé par quelques milliardaires qui ignorent la catastrophe climatique et qui accélèrent l’escalade guerrière, vous qui croyez en la croissance économique infinie dans un monde aux ressources finies, votre trajectoire pour l’histoire et pour l’humanité est intenable. Non, nous ne nous excuserons pas de défendre la seule alternative responsable.Voilà ce que je critique dans cette loi déconnectée des aspirations de la jeune génération, un texte qui alourdira encore les emplois du temps et qui s’inscrit dans une logique de militarisation.
Mais non !
Un autre monde est possible. En 1789, le monde était régi par les tyrans. Un peuple se souleva et accoucha de la République et de sa Constitution ; ce peuple a emmené le monde, et sa Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen en a guidé d’autres vers des révolutions. Ce peuple, c’était le peuple français. Il a prouvé que quand la France se place en avant-garde de l’humanité, son peuple peut changer le cours de l’histoire. Voilà ce que devrait contribuer à faire le président de la République au nom du peuple français. Alors, je vais parler un langage que le président de la République française comprend. For sure, monsieur le président, vous devriez respecter le droit international sans exception. For sure, vous devriez arrêter de vendre des armes qui alimentent les massacres sur le continent africain. For sure, votre soutien à Israël et au génocide des Palestiniens […]
Vous ne parlez pas au nom d’une génération !
La parole est à Mme Ayda Hadizadeh.
Vous ouvrez ici un débat intéressant, monsieur le rapporteur, mais je pense, en toute humilité, que vous vous trompez sur le rôle de l’école, et je vais essayer, également en toute humilité, de vous le démontrer. Je vois que nous avons des jeunes dans les tribunes, et sans doute se sont-ils déjà dit comme beaucoup d’autres, quand ils se prenaient la tête sur des cours de maths, sur des cours de français ou sur des cours de physique : À quoi sert-il d’apprendre tout ça ? Est-ce que je vais me servir un jour du théorème de Pythagore ? Est-ce qu’on va me demander de parler à l’imparfait du subjonctif ? Est-ce qu’on va me demander dans la vie de connaître les abréviations des différents éléments chimiques ? » Et nous parents, un peu démunis, ne savons pas quoi répondre d’autre que : Écoute, c’est comme ça, on verra plus tard. Il faut que tu ailles à l’école et que tu apprennes. Ce faisant […]
C’est exactement ce que je propose.
Mais ces qualités-là ne naissent pas lors d’un cours, même en cours particulier, elles ne se trouvent pas dans un référentiel de plus ni au terme de quelques heures d’enseignement : elles naissent tout au long de la scolarité. Elles se construisent autrement. Ainsi, la cohésion, c’est quand des élèves travaillent ensemble, quand ils se confrontent collectivement à un problème et découvrent, qu’ils réussissent ou échouent ensemble, que le collectif mène plus loin qu’eux-mêmes. La cohésion ne s’enseigne pas. Elle se vit.
Eh oui !
De même, l’engagement ne se décrète pas. Il s’éprouve. Si nous voulons vraiment préparer une génération qui soit capable un jour de se dresser pour défendre ce que nous avons de plus cher, nos valeurs, notre République, notre démocratie, ne rajoutons pas de nouvelles lignes aux programmes, mais donnons des moyens aux enseignants qui essaient de faire vivre toutes ces valeurs au quotidien. Je pense aux équipes éducatives qui manquent de moyens pour mener des projets collectifs : on est très loin du compte, elles doivent faire des heures supplémentaires prises sur leur temps libre pour mener des projets d’enseignement moral et civique. Je pense aussi à tous les parents qui accompagnent ces projets. Nous en sommes convaincus : l’esprit de défense est nécessaire, mais il ne s’enseigne pas dans le cadre d’un cours. Il se construit dans le collectif, dans l’effort partagé, dans l’expérience […]
C’est étonnant ! J’ai failli vous applaudir… presque jusqu’au bout ! (Sourires.)
La parole est à M. Nicolas Bonnet.
Nous sommes réunis pour débattre d’une proposition de loi visant à instaurer un enseignement obligatoire à la défense nationale dans le second degré. Si l’intention affichée est de mieux former les jeunes aux enjeux de sécurité, de défense et de citoyenneté, le dispositif proposé suscite des réserves.Tout d’abord, rappelons une réalité essentielle : l’éducation à la défense nationale existe déjà dans notre système scolaire. Elle irrigue plusieurs enseignements, à savoir l’enseignement moral et civique, l’histoire, la géographie et la géopolitique, qui permettent aux élèves de comprendre les fondements de l’État de droit, les fonctions régaliennes, les conflits passés et présents ainsi que les enjeux internationaux contemporains. Cette approche transversale est une force, car elle permet de contextualiser les questions de défense et de les aborder au sein d’une réflexion plus large sur […]
La discussion générale est close.
J’appelle maintenant, dans le texte de la commission, les articles de la proposition de loi.
Je suis saisie de trois amendements identiques, nos 1, 5 et 13, tendant à supprimer l’article 1er. La parole est à Mme Ayda Hadizadeh, pour soutenir l’amendement no 1.
Nous sommes favorables à la suppression de l’article 1er pour toutes les raisons que j’ai évoquées dans ma précédente intervention. Nous pensons qu’il faut non pas ajouter un nouvel enseignement, mais conforter certains de ceux qui existent, en particulier ceux qui valorisent les projets collectifs. La défense, c’est un corps collectif qui se mobilise pour ce en quoi il croit, ce qu’il a de plus cher. Valorisons le collectif plutôt que de rajouter un nouvel enseignement aux programmes !
La parole est à M. Louis Boyard, pour soutenir l’amendement no 5.
Je ne veux pas qu’il y ait de malentendu : nous ne disons pas que la géopolitique et la défense ne sont pas des sujets assez importants pour que l’éducation s’en mêle et qu’on en parle à l’école. En revanche, nous soulignons plusieurs points. Le premier est l’ambiance militariste que vous créez et mettez dans l’oreille des jeunes. Quand le président de la République parle de réarmement démographique, quand le chef d’état-major explique devant les maires qu’il va falloir que des enfants aillent mourir, vous installez une telle ambiance, et nous le dénonçons.Par ailleurs, nous dénonçons aussi le manque de moyens dans l’éducation nationale et soulignons que les lycéens se plaignent d’avoir cours de 8 heures à 18 heures, que certains se sont mobilisés contre ces surcharges des emplois du temps et que le président de la République a jeté à la poubelle les conclusions de la convention […]
L’amendement no 13 de Mme Catherine Hervieu est défendu.Quel est l’avis de la commission sur ces amendements de suppression ?
Il est évidemment défavorable, car s’ils étaient adoptés, la proposition de loi disparaîtrait. En commission, nos débats ont été très respectueux, et c’est dans le même état d’esprit que je vais expliquer ma position aux auteurs de ces amendements.Monsieur Boyard, vous avez parlé d’une militarisation de l’école. Je vous rappelle la définition du mot « militariser » dans le dictionnaire : « Porter un uniforme ou une arme. » Aucun jeune ne sera en uniforme militaire ou portera une arme. Ce n’est donc pas le bon terme. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem. – M. Vincent Caure applaudit également.)Madame Hadizadeh, j’ai failli applaudir votre intervention parce que vous appelez de vos vœux exactement ce qui est contenu dans ma proposition de loi : un aspect collégial, le refus de l’individualisme, une réflexion commune sur les moyens de se protéger ensemble si cela devenait […]
Et maire de Villeurbanne !
Très bien !
Dès 1982, il est à l’origine du premier protocole commun à la défense et à l’éducation nationale, où on explique que « l’éducation est un acte global qui n’est pas réductible aux activités scolaires » et que « l’esprit de défense est une attitude civique qui n’est pas limitée aux activités militaires. » Nous sommes dans le droit fil de ces affirmations. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe Dem.)J’en viens à un dernier point, parce que je ne voudrais pas être trop long. J’entends vos arguments, monsieur Boyard, et je respecte votre sincérité, comme j’espère que vous respectez la mienne.
Tout à fait !
Nous sommes là pour confronter nos idées. Je vous rappelle que l’article L. 312-12 du code de l’éducation prévoit déjà un enseignement sur la défense nationale. Or le rapport que j’ai rédigé avec notre ancienne collègue LFI Martine Étienne – je la salue parce que nous avons fait du beau travail ensemble – établit que cet article n’est pas respecté, que cette éducation à la défense nationale n’est pas dispensée, qu’elle ne figure pas dans les cours d’enseignement moral et civique.Plusieurs raisons expliquent cette situation. Certains enseignants ne veulent pas faire ce cours, ce qui revient à ne pas appliquer la loi, à refuser une de leurs missions. D’autres ne savent pas comment le faire, ils n’ont pas les clés pour y parvenir. La proposition de loi rappelle que c’est une obligation et fournit les modules nécessaires pour la remplir au sein des disciplines existantes, sans créer de […]
Quel est l’avis du gouvernement ?
Il est également défavorable, mais je veux rebondir sur la question que Mme Hadizadeh a posée à juste titre : à quoi sert d’apprendre tout ça ? Je crois que cela contribue à savoir d’où on vient, pour savoir où on va. C’est cela, l’histoire : on transmet un lien collectif qui transcende les parcours personnels pour forger une destinée commune. Dans le cours, on parlera évidemment de l’histoire de la défense, y compris des essais nucléaires que Mme Reid Arbelot a évoqués.Apprendre, cela sert aussi à faire l’expérience de l’unité. Or unir, c’est le rôle de l’école, qui, à la différence de certains, ne prétend pas parler au nom de telle ou telle génération. Nous ne parlons pas au nom d’une génération, nous construisons une unité nationale et collective. Apprendre – et c’est important – apporte de la raison, c’est-à-dire une capacité à porter un regard raisonnable sur le monde, à en […]
Je l’ai lu !
Vous avez pourtant dit le contraire à la tribune ! Mais j’imagine que vous posterez aussi cette réponse sur vos réseaux sociaux pour corriger la petite erreur qui s’était glissée dans vos propos. (M. Pascal Lecamp applaudit.)L’autre intérêt de la vérité est qu’elle permet de ne pas avoir peur. Or, de nos jours, un grand nombre de fausses informations circulent, mettant en relation des éléments qui n’ont rien à voir les uns avec les autres, dans un grand gloubi-boulga – si vous me permettez l’expression – auquel les jeunes sont sensibles et dont ils sont les victimes. Faire de l’éducation à la défense, permettre de comprendre les enjeux géopolitiques et les équilibres historiques, c’est introduire cette dose de raison qui permet de ne pas avoir peur, donc de rester unis.
La parole est à M. Louis Boyard.
Monsieur le ministre de l’éducation nationale, je commencerai par rappeler que vous êtes illégitime, puisque le Nouveau Front populaire a gagné les élections et que le gouvernement n’a pas la confiance du Parlement. (Exclamations sur les bancs du groupe Dem.)
Deux ans après…
Sur le fond, vous dites qu’il n’y aura pas d’heures de cours supplémentaires. Alors expliquez-nous lesquelles vous allez retirer ! Déjà, les heures d’EMC ne sont pas dispensées parce que les professeurs n’arrivent pas à boucler les programmes d’histoire et de géographie. Quelle partie du programme allez-vous retirer, puisque, d’ores et déjà, élèves et professeurs disent qu’une année scolaire ne permet pas d’en faire le tour ?Les élèves se plaignent d’avoir cours de 8 heures à 18 heures, mais vous ne m’avez pas répondu à propos de la convention sur les temps scolaires. Sur ce sujet, on aimerait bien voir une capsule vidéo de votre part, pour reprendre le ton un peu paternaliste que vous avez utilisé à mon égard.Je suis d’accord pour considérer qu’il faut parler de défense et de géopolitique, mais il y a d’autres sujets importants. Moi qui suis membre de la commission des affaires […]
Alors faites un texte ! Déposez une PPL !
Vous assurez que les professeurs reviendront sur les essais nucléaires au Sahara et en Polynésie. Je ne crois pas une seconde que vous parlerez du fait que ces essais ont eu lieu dans des territoires colonisés. Si vous nous dites que ce sera le cas, dites-le aussi au Rassemblement national, sur lequel vous comptez pour faire adopter ce texte !L’éducation nationale devrait aborder moult sujets : le numérique, les écosystèmes, le système des retraites, les impôts. Si vous voulez refonder l’école, ne le faites pas avec un petit texte à la volée. Faites une grande consultation et commencez par interroger les jeunes, qui trouvent ce texte très éloigné de leurs préoccupations !
La parole est à M. Laurent Croizier.
Victor Hugo disait : « L’avenir est une porte, le passé en est la clé. » Renforcer l’enseignement de la défense nationale dans le parcours de citoyenneté des lycéens, c’est les rendre conscients que vivre libre, pouvoir profiter de la liberté, peut signifier aussi avoir le devoir de la défendre. Aimer la France, c’est en être fier et c’est vouloir transmettre cette fierté. C’est pourquoi, évidemment, notre groupe votera contre les amendements de suppression.
La parole est à Mme Ayda Hadizadeh.
À la question « à quoi ça sert ? », je partage votre réponse, monsieur le ministre : à savoir d’où l’on vient pour décider, collectivement, où l’on va. Nous disposons d’une matière pour cela, de plusieurs même : l’histoire – renforçons cette discipline ! ; la géographie, qui pourrait d’ailleurs devenir un enseignement géopolitique ; les sciences humaines et sociales – renforçons tous ces enseignements !Je voudrais aussi vous faire part d’une histoire qui s’est déroulée en octobre 1943 au Danemark. Lorsque l’Allemagne nazie a donné l’ordre d’arrêter tous les Juifs du Danemark, une mobilisation collective a permis de sauver 7 000 d’entre eux en quelques jours à peine : des marins, des commerçants, des enseignants se sont organisés pour qu’ils quittent le Danemark et soient mis à l’abri en Suède.Est-ce parce qu’il avait bénéficié d’un enseignement à la défense que le peuple danois s’est […]
(Les amendements identiques nos 1, 5 et 13 ne sont pas adoptés.)
La parole est à M. Roger Chudeau, pour soutenir l’amendement no 3.
Il s’agit d’un amendement de bon sens, inspiré de la pratique, assez ancienne, que j’ai de l’éducation.Je souhaiterais que l’on concentre l’enseignement de la défense sur le lycée. En collège, les programmes sont déjà assez surchargés. Chacun sait en outre que dans notre collège, le niveau est extrêmement bas. Fait très préoccupant – le ministre ne me contredira pas –, en classe de troisième, à l’issue de leur scolarité collégienne, certains élèves ont du mal à lire. Je ne pense pas qu’il faille les encombrer davantage. Mieux vaut qu’ils se concentrent sur les fondamentaux.C’est pourquoi cet amendement vise à réserver l’enseignement de la défense au lycée – en seconde, première et terminale –, à des élèves ayant la maturité intellectuelle suffisante pour le comprendre et l’absorber.
Quel est l’avis de la commission ?
Monsieur le député, j’émettrai un avis défavorable.Cette proposition de loi vise à renforcer l’étude des questions de défense au sein des programmes existants. Or les programmes de collège de nombreuses disciplines – d’enseignement moral et civique, mais aussi d’histoire-géographie ou de français, à travers l’étude de certains textes littéraires – offrent de nombreuses accroches à l’enseignement de défense. Il est donc pertinent de le dispenser dès ce niveau, comme cela devrait déjà être le cas aux termes de l’article L. 312-12, tout en adaptant évidemment le contenu de cet enseignement au niveau et à l’âge des élèves.
Quel est l’avis du gouvernement ?
Pour les mêmes raisons, avis défavorable.
La suite de la discussion est renvoyée à la prochaine séance.
Prochaine séance, ce soir, à vingt et une heures trente :Suite de la discussion de la proposition de loi visant à renforcer l’enseignement à la défense nationale dans le cadre du parcours de citoyenneté ; Discussion de la proposition de loi visant à renforcer le contrôle, la gouvernance et la responsabilité financière des agences et opérateurs de l’État ; Discussion de la proposition de loi visant à interdire les sucres ajoutés dans les aliments destinés aux nourrissons et aux enfants en bas âge ; Discussion de la proposition de loi relative à la sécurisation des marchés publics numériques.La séance est levée.
(La séance est levée à vingt heures.)
Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra