Séance du 23 juillet 2022 /// n°18 /// 810 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Première session extraordinaire 2022

Séance du 23 juillet 2022 — 18e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

810prises de parole
88orateurs
6points à l'ordre du jour
14scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
92 l'amendement de suppression n° 1 de M. Echaniz et les amendements identiques suivants à l'article premier du projet de loi de finances rectificative p… 63 / 156 rejeté
93 l'amendement n° 511 de M. Echaniz à l'article premier du projet de loi de finances rectificative pour 2022 (première lecture). 51 / 149 rejeté
94 l'amendement n° 304 de Mme Taillé-Polian à l'article premier du projet de loi de finances rectificative pour 2022 (première lecture). 51 / 147 rejeté
95 l'amendement n° 1004 de Mme Legrain à l'article premier du projet de loi de finances rectificative pour 2022 (première lecture). 49 / 139 rejeté
96 l'amendement n° 1018 de M. Corbière à l'article premier du projet de loi de finances rectificative pour 2022 (première lecture). 45 / 146 rejeté
97 l'amendement n° 260 de Mme Legrain à l'article premier du projet de loi de finances rectificative pour 2022 (première lecture). 51 / 145 rejeté
98 l'amendement n° 451 de M. Vannier à l'article premier du projet de loi de finances rectificative pour 2022 (première lecture). 51 / 146 rejeté
99 l'amendement n° 974 de Mme Bergé et les amendements identiques suivants à l'article premier du projet de loi de finances rectificative pour 2022 (prem… 131 / 87 adopté
100 l'amendement n° 846 de Mme Calvez à l'article premier du projet de loi de finances rectificative pour 2022 (première lecture). 59 / 156 rejeté
101 l'article premier du projet de loi de finances rectificative pour 2022 (première lecture). 170 / 57 adopté
102 l'amendement n° 284 de M. Arenas après l'article premier du projet de loi de finances rectificative pour 2022 (première lecture). 48 / 114 rejeté
103 l'amendement n° 549 de M. Maudet après l'article premier du projet de loi de finances rectificative pour 2022 (première lecture). 100 / 110 rejeté
104 le sous-amendement n° 1002 de M. Coquerel et le sous-amendement identique suivant à l'amendement n° 4 de Mme Pires Beaune et les amendements identique… 98 / 112 rejeté
105 l'amendement n° 4 de Mme Pires Beaune et les amendements identiques suivants après l'article premier du projet de loi de finances rectificative pour 2… 96 / 114 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 401 à 600 sur 810 — page 3 / 5.

Article 1er

La parole est à M. Alexandre Loubet.

Supprimer la redevance audiovisuelle au nom du pouvoir d’achat sans privatiser l’audiovisuel public, c’est malhonnête. Votre solution sera pire que la situation actuelle, puisqu’en le finançant avec la TVA, vous ferez autant payer la famille Bettencourt qu’une famille modeste, qui est actuellement exonérée de redevance. C’est donc injuste.Il faut privatiser l’audiovisuel public, et je ne suis pas étonné que l’extrême gauche NUPES refuse cette privatisation (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES), comme en témoignent les temps de parole donnés par l’ARCOM pour le mois de mai 2022, soit un mois avant les élections législatives.

France Télévisions et Radio France ont maintenu sous respiration artificielle l’extrême gauche NUPES et ont lourdement discriminé le Rassemblement national, qui est pourtant la première force d’opposition à Emmanuel Macron. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) En mai 2022, l’extrême gauche NUPES a occupé 47 % du temps d’antenne sur France 2, 48 % sur France Info radio, 56 % sur France Info TV…

Et sur CNews ?

…et surtout – cela ne surprendra personne – 62 % sur France Inter. (Rires sur les bancs du groupe RN.) Tout ce matraquage médiatique pour qu’au final, vous fassiez moins d’un tiers des voix ! (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Et vous, vous enrichissez les milliardaires !

Les députés Bolloré !

Sans aucun doute, si France Télévisions et Radio France avaient été indépendants et déontologiquement impartiaux, vous autres, députés de l’extrême gauche NUPES, vous auriez été moins nombreux sur ces bancs – et je peux vous dire qu’on avancerait bien plus vite dans le travail législatif. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.) L’argent du contribuable français n’a pas à financer la propagande d’extrême gauche. Il faut donc privatiser, pour supprimer véritablement la redevance. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

La parole est à M. Arthur Delaporte.

Dans ce débat, on est en train de parler d’une mauvaise solution pour une mauvaise proposition. C’est extrêmement bâclé.

Ils ont dit que c’était provisoire !

On a entendu dire que la commission des affaires culturelles avait travaillé pendant cinq ans sur ce sujet. C’est faux : vous savez très bien que dans le projet de loi sur l’audiovisuel public, la suppression de la redevance audiovisuelle n’a jamais été abordée. (« C’est faux ! » sur plusieurs bancs du groupe RE.) Tous les amendements sur le sujet étaient des cavaliers législatifs. Voilà la réalité.

Vous n’étiez pas là !

Le Gouvernement a rédigé une proposition à la va-vite. Comme elle était bâclée, vous l’avez modifiée par amendement deux jours avant la séance sans que la nouvelle version ait été discutée en commission. Cette réforme d’ampleur va affecter une part de la TVA, l’impôt le plus injuste ; franchement, on ne pouvait pas faire pire.Quel est l’intérêt de se précipiter pour voter un texte bâclé qui pèsera sur le pouvoir d’achat de l’ensemble des Français et qui est contraire à ce que demandent tous les représentants de l’audiovisuel public ? Ayons plutôt un vrai débat et arrêtons de hâter les choses pour créer un dispositif qui va menacer la pérennité du service public et l’indépendance des médias. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)

Nous allons procéder au vote…

Aucun membre de mon groupe ne s’est exprimé, madame la présidente.

Je vous donne volontiers la parole, madame Louwagie…

J’avais également demandé la parole, madame la présidente !

Je n’avais pas noté votre nom dans la liste des orateurs, parce que je ne vous avais pas vu. Ce n’est pas la peine de vous énerver, l’erreur est rectifiée et vous aurez la parole, monsieur de Courson.La parole est à Mme Véronique Louwagie.

Au nom des députés Les Républicains, je rappelle ce qui a déjà pu être dit par mon collègue Jean-Jacques Gaultier : nous sommes favorables à la suppression de la redevance audiovisuelle publique mais très attachés, comme un certain nombre de collègues, au maintien d’un audiovisuel public très fort, qui constitue pour nous une priorité.Ce que nous pouvons regretter, c’est la méthode. Il eût été préférable, concomitamment à la suppression de la redevance audiovisuelle publique, de mener une réflexion pour trouver un dispositif pérenne de financement.La suppression sèche de la redevance n’était pas une option. Nous nous réjouissons donc qu’un dispositif alternatif ait été retenu à travers un fléchage de la TVA. Cependant, il faudra très vite aller beaucoup plus loin. On pourrait probablement réfléchir à d’autres sources de financement. Au sein des Républicains, nous avons évoqué l’idée de […]

La parole est à M. Charles de Courson. (« Ah ! » sur divers bancs.)

Mes chers collègues, j’appelle votre attention sur le fait que l’amendement n° 974 de Mme Bergé ne résout aucun problème. Lisez le V. f) 4. du dispositif de l’amendement : il est toujours question d’une dotation de 3,585 milliards, donc cela ne change rien par rapport au texte initial du Gouvernement.

Exactement !

Et à partir de 2023, que change l’amendement Bergé ? Rien, puisqu’il nous dit que les recettes proviendront d’une fraction du produit de la TVA. Une fraction, c’est un pourcentage. La TVA représente 200 milliards, donc s’il faut 3,5 milliards, cela représente environ 1,7 % de l’ensemble du produit net de la TVA.C’est chaque année qu’on fixera le pourcentage et c’est le Gouvernement qui le proposera dans le projet de loi de finances. La question est la suivante : quand bien même il serait fixé, pourra-t-on l’augmenter, ou sera-t-il uniquement possible de le baisser, puisque ce n’est pas un prélèvement sur recettes et que c’est dans un compte spécial du Trésor que se trouvera cette fraction, ce pourcentage ? J’appelle donc votre attention sur le fait que l’amendement Bergé ne résout rien techniquement, il permet simplement de « faire croire que ». (Applaudissements sur les bancs des […]

#550

(Le sous-amendement no 1006 rectifié n’est pas adopté.)

· REJET d’un sous-amendement (main levée) ss-adt
Yaël Braun-Pivet president · EPR #551

Je mets aux voix les amendements identiques nos 974, 975, 976 et 977.

#552

(Il est procédé au scrutin.)

Yaël Braun-Pivet president · EPR #553

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 220 Nombre de suffrages exprimés 218 Majorité absolue 110 Pour l’adoption 131 Contre 87

#554

(Les amendements identiques nos 974, 975, 976 et 977 sont adoptés ; en conséquence, les amendements nos 1003, 519, 169, 170, 698 et 73 tombent.) (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

Pourquoi l’amendement no 519 est-il tombé ?

C’est très simple : l’amendement no 519 visait à substituer un alinéa à l’alinéa 26, alors que les amendements adoptés ont pour objet la suppression de l’alinéa 26. Ils sont donc incompatibles.Sur l’article 1er, je suis saisie par les groupes Renaissance et La France insoumise-Nouvelle Union populaire, écologique et sociale d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à Mme la rapporteure pour avis, pour soutenir l’amendement no 846.

Céline Calvez rapporteure pour avis · EPR #559

Il vise à assurer un parallèle entre le financement de l’audiovisuel public avant et après la suppression de la CAP. Nous avons constaté que celle-ci était indexée sur l’inflation. Or cette dernière est galopante, ce qui nous conduit à tenir ces débats. L’amendement vise à inscrire dans la loi la prise en compte des effets de l’inflation, non de manière générale, mais sur les dépenses de l’audiovisuel public. Il ne s’agit pas d’une indexation automatique, comme dans la contribution à l’audiovisuel public, mais de la prise en compte des effets de l’inflation sur les dépenses de l’audiovisuel public pour définir la dotation de celui-ci.

Sur l’amendement no 846, je suis saisie par le groupe de la Gauche démocrate et républicaine-NUPES d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.Quel est l’avis de la commission ?

Jean-René Cazeneuve rapporteur général · EPR #562

Demande de retrait, parce que la disposition va de soi. Pour l’ensemble des missions que nous examinons et que nous évaluons dans le cadre du projet de loi de finances (PLF), nous tenons compte des effets de l’inflation – notamment de l’augmentation de la masse salariale.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Gabriel Attal ministre délégué · EPR #564

Mme la rapporteure pour avis souhaitait avoir un engagement de notre part : évidemment, en cas d’inflation, nous tiendrons compte de l’augmentation des coûts de l’audiovisuel public, comme nous le faisons pour l’ensemble des institutions. C’est aussi pour cela que les contrats d’objectifs et de moyens existent. Je réaffirme donc que nous y seront particulièrement attentifs. Demande de retrait.

La parole est à Mme Céline Calvez, rapporteure pour avis.

Céline Calvez rapporteure pour avis · EPR #566

Je le retire.

Nous le reprenons !

La parole est à M. Stéphane Peu.

Le groupe Gauche démocrate et républicaine-NUPES reprend l’amendement. Après avoir modifié le financement de l’audiovisuel public et l’avoir étatisé, c’est en effet la moindre des choses que de garantir au minimum qu’il soit indexé sur l’inflation et qu’il ne soit pas décorrélé de l’inflation, de façon à maintenir et à garantir un minimum de recettes.

La parole est à M. Erwan Balanant.

Je souhaite ajouter quelques mots sur l’ensemble de l’article 1er et sur l’amendement no 846. Le monde de l’audiovisuel a changé. Tout le monde en est conscient : on ne produit pas des contenus de la même façon pour la télévision, pour les réseaux sociaux ou pour une plateforme comme Netflix. Il faut donc transformer le mode de financement, qui reposait sur le fonctionnement de la télévision qu’on regardait dans son salon. Désormais, on regarde les contenus audiovisuels, y compris publics, de façon complètement différente. La plupart du temps, je ne regarde pas les productions du service public sur ma télévision, mais sur internet.

Quel rapport avec la choucroute ?

Nous devons donc avoir cette réflexion, mais l’urgence consiste à redonner du pouvoir d’achat aux Français. La mesure relative au financement de l’audiovisuel public sera sans doute transitoire. Comme l’ont dit la rapporteure pour avis et différents députés de la majorité, nous devons réfléchir pour pérenniser, revoir et réorganiser les missions du service public. C’est un travail de long terme.On ne peut laisser dire que rien n’a été fait à ce sujet pendant la précédente législature, comme l’a dit M. Delaporte ; c’est complètement faux et c’est presque insultant pour les membres de la commission des affaires culturelles – dont je ne faisais pas partie – qui ont travaillé sur ces sujets. On ne peut pas financer ce service public de la même façon qu’hier et nous devons mener cette réflexion de façon très précise.J’en viens enfin à l’amendement repris par M. Peu – souvent, les députés qui […]

La parole est à M. Manuel Bompard.

Notre discussion ce matin est intéressante et importante. Au fur et à mesure qu’avance le raisonnement, il reste une question à laquelle vous n’avez toujours pas répondu, alors qu’elle vous a été posée à de multiples reprises. Initialement, nous vous avons mis en garde : si vous supprimez la redevance, cela pose problème pour le financement de l’audiovisuel public. Vous avez garanti qu’il ne diminuerait pas.Nous vous avons demandé comment vous le garantissiez. Vous avez répondu que le financement proviendrait d’une fraction de la TVA – c’est l’amendement no 974 adopté tout à l’heure. Nous avons fait valoir que la TVA étant déjà affectée, il faudrait augmenter le taux de TVA. Vous avez répondu que vous ne le feriez pas.La question à laquelle vous n’avez jamais répondu et à laquelle il serait important d’obtenir une réponse avant de voter sur l’article 1er est la suivante : à quoi est […]

Il ne faut pas confondre le taux et la base !

Yaël Braun-Pivet president · EPR #581

Je mets aux voix l’amendement no 846.

#582

(Il est procédé au scrutin.)

Yaël Braun-Pivet president · EPR #583

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 217 Nombre de suffrages exprimés 215 Majorité absolue 108 Pour l’adoption 59 Contre 156

#584

(L’amendement no 846 n’est pas adopté.)

Yaël Braun-Pivet president · EPR #585

La parole est à Mme la rapporteure pour avis, pour soutenir l’amendement no 905.

article 1er · amendement 905
Céline Calvez rapporteure pour avis · EPR #586

On vient de m’apporter des précisions sur les effets fiscaux de la réforme. Les effets financiers induits par le changement de régime fiscal applicable aux ressources de l’audiovisuel public seront compensés. Ils seront pris en compte dans la dotation qui sera affectée pour 2022.Si l’article 1er est adopté, l’assujettissement des ressources des sociétés de l’audiovisuel public à la TVA sera supprimé. Cette suppression a des effets, notamment sur la déduction de TVA dont certaines bénéficiaient pour leurs achats. Dans l’atterrissage final de l’article 1er, ce point est pris en compte pour 2022. C’est pourquoi je retire l’amendement.

#588

(L’amendement no 905 est retiré.) (M. Mathieu Lefèvre applaudit.)

Yaël Braun-Pivet president · EPR #589

Je mets aux voix l’article 1er, tel qu’il a été amendé.

On ne peut pas s’exprimer ?

Non, il n’y a pas d’explications de vote sur les articles.

#592

(Il est procédé au scrutin.)

Yaël Braun-Pivet president · EPR #593

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 227 Nombre de suffrages exprimés 227 Majorité absolue 114 Pour l’adoption 170 Contre 57

#594

(L’article 1er, amendé, est adopté.) (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

Après l’article 1er

Yaël Braun-Pivet president · EPR #596

Je suis saisie de cinq amendements, nos 5, 738, 258, 895 et 922, pouvant être soumis à une discussion commune.Les amendements nos 5 et 738 sont identiques, ainsi que les amendements nos 258 et 895.La parole est à Mme Christine Pires Beaune, pour soutenir l’amendement no 5.

article Après_ l’article 1er · amendement 5

Cet amendement du groupe Socialistes n’étonnera pas nos collègues : depuis que le Gouvernement a instauré la flat tax, nous proposons à l’occasion de l’examen de chaque texte budgétaire de mettre fin à cette imposition. Elle permet de taxer moins les revenus du capital financier que les revenus du travail ; nous préconisons de faire l’inverse. L’amendement tend à supprimer la flat tax. À défaut, il faudrait au moins relever son taux.

Yaël Braun-Pivet president · EPR #598

La parole est à M. Jean-Marc Tellier, pour soutenir l’amendement no 738.

article Après_ l’article 1er · amendement 738

Il vise à mettre fin à l’avantage fiscal dont bénéficie le capital. Depuis 2017, les impôts des Français qui ont baissé, ce sont surtout ceux des riches ! Parmi ces baisses figure la suppression de l’imposition au barème des revenus du capital au profit d’un taux unique, autrement dit la flat tax. Celle-ci coûterait plusieurs milliards d’euros à l’État, du fait de la réallocation de certains revenus en dividendes. Elle a largement participé à l’augmentation des inégalités.Le résultat de la flat tax est pourtant loin d’être convaincant. Les études de France Stratégie et de l’Institut des politiques publiques n’ont pas permis de démontrer un quelconque lien entre son instauration et l’investissement. Selon le laboratoire sur les inégalités mondiales, la fiscalité est de moins en moins progressive : le taux de prélèvements obligatoires des 1% les plus pauvres et des 0,1% les plus riches […]

Yaël Braun-Pivet president · EPR #601

La parole est à Mme Marianne Maximi, pour soutenir l’amendement no 258.

article Après_ l’article 1er · amendement 258

Hier, dans la discussion générale, je vous parlais des 400 000 pauvres supplémentaires dénombrés pendant le quinquennat précédent. Aujourd’hui, je vais vous parler des plus fortunés, qui ne se sont jamais enrichis autant – ni aussi rapidement – que ces cinq dernières années. Cette accumulation de richesses échappe évidemment à l’impôt.Vous parlez de simplification ; c’était votre argument pour supprimer l’ISF, l’impôt de solidarité sur la fortune – on y reviendra tout à l’heure. Mais voilà, le résultat de ces simplifications, ce sont les baisses de recettes fiscales et surtout l’augmentation des inégalités. La part des revenus détenus par les plus riches a augmenté de plus d’un quart entre 2017 et 2018 grâce à la suppression de l’ISF et à l’instauration de la flat tax. Les dividendes, eux, ont augmenté de plus de 60 % en 2018. Pendant la crise, entre juin 2020 et juin 2021, le […]

Yaël Braun-Pivet president · EPR #605

La parole est à Mme Eva Sas, pour soutenir l’amendement no 895.

article Après_ l’article 1er · amendement 895
Eva Sas EcoS #606

Il vise à supprimer la flat tax et à imposer les revenus du patrimoine de la même manière que ceux du travail.Je développerai trois arguments. Le premier, c’est que la flat tax est une mesure injuste : les 10 % les plus aisés ont capté 79 % des gains de cette mesure. Grâce à elle et à la suppression de l’ISF, le précédent quinquennat s’est soldé par un cadeau fiscal moyen de 3 500 euros par an pour le 1 % des plus riches. Je le rappelle, ces personnes gagnent plus de 10 500 euros par mois.Deuxième argument, la suppression de la flat tax, c’est bon pour l’économie. En 2012, la taxation des dividendes avait été alignée sur le barème de l’impôt sur le revenu. Une étude portant sur cette période vient d’être publiée et, surprise, elle révèle que la taxation n’a pas du tout été mauvaise pour l’investissement. Au contraire, les entreprises ont versé moins de dividendes et pour un euro de […]

Yaël Braun-Pivet president · EPR #610

La parole est à M. Jean-Philippe Tanguy, pour soutenir l’amendement no 922.

article Après_ l’article 1er · amendement 922

Il est soumis à la discussion commune alors que son dispositif est sensiblement différent.Monsieur le ministre délégué, deux raisons essentielles ont déclenché la crise des gilets jaunes. La première, c’est la taxation écologique punitive. Les Français, tant les retraités que les classes moyennes et les artisans, ont bien compris qu’elle visait à les spolier au lieu de financer la transition énergétique.La seconde raison, c’est que cette fiscalité écologique a été créée parallèlement d’une part, à la suppression de l’ISF, d’autre part, à l’instauration de la flat tax. Cette taxe a été très mal comprise par la population française qui estime, à juste titre, que la fiscalité française n’est ni juste ni égalitaire. Elle ne permet même pas de financer le budget de l’État et de la sécurité sociale, puisque nous sommes en déficit depuis maintenant presque un demi-siècle.Cet amendement très […]

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-René Cazeneuve rapporteur général · EPR #617

Si nous supprimons la flat tax ou même si nous fixons un plafond, nous avons la certitude que l’assiette sera considérablement réduite et que le rendement de l’impôt baissera. En effet, l’instauration de la flat tax a engendré un rendement supérieur de l’impôt.

Gabriel Attal ministre délégué · EPR #618

Oui !

Jean-René Cazeneuve rapporteur général · EPR #619

Je vous rappelle également que l’existence d’une flat tax est la norme dans les pays européens. Cette imposition constitue une des raisons du succès de notre économie depuis cinq ans. Nous ne voulons pas faire du dumping fiscal, mais il est important que notre fiscalité soit comparable à celle des autres pays européens.En baissant l’impôt sur les sociétés (IS) et l’impôt sur le revenu et en instaurant la flat tax, nous avons augmenté les rendements de chacun de ces impôts. Ce choix était donc payant pour le contribuable et pour l’État français – il faut le dire et le répéter. (Mme Constance Le Grip et M. David Amiel applaudissent.)Madame Pires Beaune, vous avez omis de rappeler que lorsque nous avons instauré la flat tax, nous avons augmenté le taux de la CSG de 8,2 à 9,9 % pour l’ensemble des revenus du patrimoine. J’émets donc un avis défavorable sur ces amendements.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Gabriel Attal ministre délégué · EPR #623

Même avis pour les mêmes raisons.

La parole est à M. le président de la commission des finances.

Éric Coquerel président de la commission des finances · LFI #625

Avant d’évoquer la flat tax, je réponds au dernier argument. Non, vous n’avez pas amélioré la rentabilité de l’impôt. Au contraire, vous avez baissé de 55 milliards d’euros les impôts, donc les recettes de l’État au cours de ces dernières années. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.– Mme Eva Sas applaudit également.) Vous pouvez l’interpréter comme vous le voulez, mais il y a moins de recettes et, du coup, davantage de dépenses fiscales. Telles sont les mesures que vous avez instaurées.S’agissant de la flat tax, il faut arrêter avec cette histoire. Bien entendu, nous nous y attendions et l’avions dit, la flat tax augmente le rendement des autres impôts. En effet, vous avez développé comme jamais le volume de ce que rapporte le capital. Sur les 174 milliards d’euros de bénéfices des entreprises du CAC40, 80 milliards reviennent aux actionnaires, sous forme de […]

La parole est à M. Daniel Labaronne.

Le Parlement a voté la création d’un comité d’évaluation des réformes de la fiscalité du capital, qui regroupe une trentaine de personnalités, à la suite des réformes que nous avons engagées.Son troisième rapport infirme complètement tout ce qui vient d’être dit. Ainsi, les recettes fiscales perçues après l’instauration de la flat tax sont bien supérieures à celles qui l’étaient avant.En définitive, cette réforme est l’inverse du système instauré en 2012, qui tendait à aligner les revenus du capital sur le barème de l’impôt sur le revenu. À l’époque où ce système avait été instauré, on attendait une recette de 400 millions d’euros ; or, les recettes fiscales nettes s’étaient avérées négatives. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE.)

Exactement !

Lorsqu’on entreprend une réforme fiscale, l’important c’est de prévoir l’assiette fiscale la plus large et le taux le plus bas. C’est ainsi que nous avons procédé en réformant la fiscalité du capital.

Eh oui !

Et c’est pourquoi notre réforme a généré une augmentation des recettes fiscales.Par ailleurs, monsieur le président de la commission des finances, ce que vous dites s’agissant de la redénomination – tel est son nom – des revenus est totalement infirmé par ce rapport. Je pourrais vous retrouver précisément la page. Notre politique consiste à réformer le marché du travail, la fiscalité du capital, et à développer l’investissement et la recherche. Cela crée de la croissance et des revenus fiscaux. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.)

La parole est à M. Aurélien Saintoul.

En instaurant la flat tax, Emmanuel Macron a bien mérité le sobriquet de président des riches.

Bah voilà !

Vous avez choisi de supprimer l’ISF et d’en finir avec la progressivité de l’impôt en instaurant ce prélèvement à taux unique. Le résultat, c’est l’accroissement des inégalités. Ce sont des cadeaux faits aux riches. Dans notre pays, cinq milliardaires possèdent autant que 27 millions des Français les plus pauvres.L’aveuglement inspiré par la théorie du ruissellement trouve aujourd’hui ses limites. (M. Jean-François Coulomme applaudit.) Vous nous expliquez que le PFU devait favoriser l’investissement et permettre de lutter contre l’évasion fiscale ; il n’en a rien été.

C’est faux !

Les riches s’enrichissent et se gobergent. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.) Ce prélèvement coûte entre 1 et 2 milliards par an, alors qu’il n’a eu aucun effet sur l’exil fiscal, sur l’emploi, sur l’investissement. Les 5 % des plus pauvres ont vu leur pouvoir d’achat baisser jusqu’à 0,5 % (Exclamations sur les bancs du groupe RE), tandis que 1 % des plus riches ont vu leur pouvoir d’achat progresser de 2,8 %. Le patrimoine des 500 Français les plus riches a augmenté de 30 %, y compris pendant la crise du covid. Aujourd’hui, vous nous faites croire que le PFU était une mesure de justice fiscale, personne ne peut le croire ; c’est pourquoi il faut le supprimer. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES et sur quelques bancs du groupe Écolo-NUPES.)

Bravo !

C’est plein de bon sens !

#646

(Les amendements identiques nos 5 et 738 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
#647

(Les amendements identiques nos 258 et 895 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
#648

(L’amendement no 922 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Yaël Braun-Pivet president · EPR #649

La parole est à M. Jean-Marc Tellier, pour soutenir l’amendement no 737.

article Après_ l’article 1er · amendement 737

À défaut de supprimer la flat tax, cet amendement vise à instaurer une taxe sur les dividendes de 10 %, de manière temporaire, pour l’année 2021.

#651

(L’amendement no 737, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Yaël Braun-Pivet president · EPR #652

Je suis saisie de trois amendements identiques, nos 478, 506 et 677.La parole est à Mme Josiane Corneloup, pour soutenir l’amendement no 478.

article Après_ l’article 1er · amendement 478

Nous connaissons le défi que constitue le renouvellement des générations dans l’agriculture : c’est un enjeu majeur pour maintenir une agriculture compétitive et créatrice d’emplois dans les territoires ruraux. Le soutien à l’installation des jeunes agriculteurs est fondamental pour garantir la vitalité et le dynamisme de nos territoires. Il est donc essentiel de les soutenir dans leurs premières années d’exercice.L’amendement vise à soutenir leur installation en favorisant l’attractivité de la mise en location du foncier agricole. Il est proposé d’instaurer un abattement temporaire sur les revenus fonciers tirés de la location d’un bien à un jeune agriculteur, dans le cadre du statut du fermage. Cet abattement serait de 30 % pour une période de cinq ans, soit une durée similaire à la période d’abattement de taxe sur le foncier non bâti dont bénéficient les jeunes agriculteurs, ainsi […]

Yaël Braun-Pivet president · EPR #655

La parole est à Mme Isabelle Valentin, pour soutenir l’amendement no 506.

article Après_ l’article 1er · amendement 506

En dix ans, la France a perdu 100 000 exploitations, 50 % des agriculteurs ont plus de 50 ans et prendront donc leur retraite dans les dix prochaines années. C’est un défi majeur à relever, il y va de la souveraineté alimentaire et, bien entendu, de la vitalité de nos territoires ruraux. Il faut savoir que seulement 1 % des agriculteurs ont moins de 25 ans. Le renouvellement des actifs agricoles est donc essentiel. Le soutien des jeunes agriculteurs est fondamental pour notre pays. Or la question du foncier agricole pose notamment problème, en particulier dans nos zones périurbaines.Le présent amendement vise donc à soutenir leur installation en favorisant l’attractivité de la mise en location du foncier agricole. Il est proposé d’instaurer, pour une période de cinq ans, un abattement de 30 % sur les revenus fonciers tirés de la location d’un bien à un jeune agriculteur, dans le cadre […]

Yaël Braun-Pivet president · EPR #658

La parole est à M. Jean-Pierre Vigier, pour soutenir l’amendement no 677.

article Après_ l’article 1er · amendement 677

Cet amendement est très important pour le monde agricole. Vous le savez, en ce moment, il souffre énormément en raison, d’une part, des prix élevés des matières premières, d’autre part, d’une très importante sécheresse. N’oublions pas que les agriculteurs nourrissent les populations et assurent également l’entretien de l’espace avec des paysages ouverts. Ils garantissent ainsi l’attractivité des territoires ruraux et aident à y maintenir une vie sociale.Dans ce contexte, nous devons favoriser et accompagner l’installation des jeunes agriculteurs. Mes collègues l’ont dit, cet amendement vise à instaurer un abattement temporaire – j’insiste sur ce terme – de 30 % sur les revenus fonciers tirés de la location d’un bien à un jeune agriculteur. Ce dispositif s’appliquerait pour une durée de cinq ans. Le fait de garantir le renouvellement des générations dans l’agriculture constitue un enjeu […]

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-René Cazeneuve rapporteur général · EPR #662

Ce sujet est très important. Nous partageons évidemment la volonté de soutenir les jeunes agriculteurs. C’est la raison pour laquelle nous avons sanctuarisé 3 % du montant de la nouvelle politique agricole commune (PAC), actuellement en discussion, pour les jeunes agriculteurs. Nous avons déjà fait énormément pour les agriculteurs : ils bénéficient de dotations, d’aides d’abattement sur l’impôt sur le revenu (IR) et d’exonérations fiscales et sociales. Sous le mandat précédent, nous avons remplacé la déduction pour aléas (DPA) par la déduction pour épargne de précaution. Nous avons rétabli le mécanisme du blocage des stocks. Nous avons assoupli la moyenne triennale. Nous avons amélioré les modalités de pluriactivité agricole. Nous avons également fait une réforme du foncier du foncier agricole. Nous avons donc multiplié les initiatives et les décisions pour aider nos jeunes […]

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Gabriel Attal ministre délégué · EPR #665

Même avis. Si nous partageons votre objectif – le rapporteur général a rappelé tout ce qui a été fait pour favoriser l’installation des jeunes agriculteurs et pour la sécuriser –, on risque est de créer un pur effet d’aubaine pour les bailleurs. Je suis également très disposé à ce que nous y travaillons ensemble dans le cadre du PLF. Je vous suggère de retirer l’amendement. À défaut, j’émettrai un avis défavorable.

La parole est à M. Jean-Pierre Vigier.

Je maintiens mon amendement. Je fais un constat : que ce soit en milieu rural ou en zone de montagne, il y a plus de départs à la retraite que d’installations de jeunes agriculteurs. C’est un vrai problème. Certes, les mesures que vous mettez en place sont favorables aux jeunes agriculteurs, mais il faut les aider plus fortement. Nous voyons très bien ce qui est en train de se passer sur ces territoires. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

La parole est à Mme Isabelle Valentin.

Mme Corneloup et moi-même retirons nos amendements, sous réserve que vous vous engagiez à un travail en commun sur ces sujets, très importants pour les agriculteurs. Il est primordial d’avancer sur ces questions.

#670

(Les amendements identiques nos 478 et 506 sont retirés.)

Nous notons l’engagement du Gouvernement à travailler sur ce sujet. L’amendement no 677 étant maintenu, je vais donner la parole pour une intervention contre, et une autre pour.La parole est à Mme Aurélie Trouvé.

Je reviens sur une question extrêmement importante, celle des 10 000 à 20 000 emplois agricoles qui sont détruits chaque année. Se pose un énorme problème de transmission des exploitations agricoles : l’âge des exploitants est de plus en plus élevé et trop peu de jeunes exploitants s’installent. La proposition d’abattement sur les revenus fonciers d’un propriétaire qui loue à un jeune agriculteur revient davantage à faire un cadeau aux propriétaires de la terre qu’à soutenir véritablement les jeunes agriculteurs. Le problème est surtout celui de la facilité d’accès des jeunes agriculteurs à la terre. Il faudrait une grande réforme du foncier agricole, pour une bien plus forte régulation des terres. Je salue à cet égard le gros travail de mon collègue Dominique Potier, qui indique que, pour l’instant, la dernière réforme de la loi sur le foncier agricole n’est absolument pas à la hauteur […]

On ne vous a pas attendue pour cela !

Un peu moins d’agressivité, madame Trouvé !

Et un peu d’humilité !

La parole est à M. Jean-Paul Mattei.

Sur la question de la flax tax, je partage la position de Christine Pires Beaune ; quant à la question du taux, je n’y reviens pas. Ces amendements ont davantage leur place dans un PLF, puisque le problème est non le fermage, qui est encadré par des arrêtés préfectoraux, mais le statut du fermage, qu’il faudrait réformer, car il provoque des rétentions de terres. Lors du dernier quinquennat, Jean-Bernard Sempastous a été à l’origine d’un texte portant sur le contrôle des cessions de terres et sur le risque de la financiarisation des terres agricoles en France, ce qui est un vrai débat.

Quel est le rapport ?

Ces amendements ne seraient pas efficaces. Il faut avoir une réflexion sur la taxation des revenus fonciers, qui sont surtaxés par rapport à d’autres revenus.Enfin, l’un des problèmes en matière agricole est celui de la taxation de la transmission des terres agricoles, qui ne bénéficie pas des mêmes avantages que celle des entreprises. Cela nécessite également une réflexion. Considérons ces amendements, dont la forme laisse à redire, comme un tour de chauffe pour le PLF de 2023. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.)

Très bien !

La parole est à Mme Émilie Bonnivard.

Je soutiens évidemment l’amendement de M. Vigier, car je constate l’urgence, en matière agricole, de renouveler les générations. Pourquoi repousser cette question à l’examen du PLF ? Voilà cinq ou six ans qu’on nous dit cela, alors qu’il faut que nous mobilisions tous les moyens disponibles dès à présent.

Eh oui ! Elle a raison !

Par ailleurs, en zone de montagne, le prix du foncier est extrêmement élevé et connaît une tension, du fait du départ en retraite d’agriculteurs qui n’ont pour toute ressource que la location et la valorisation de ce foncier. Les terres ne sont donc plus disponibles pour les jeunes qui souhaiteraient s’installer. Il faut traiter la question de la raréfaction de l’utilisation agricole des terres en zone de montagne, car l’installation y est plus chère que dans le reste du territoire national et les coûts de production y sont très élevés.Si nous voulons continuer à faire vivre l’agriculture dans les territoires ruraux et en montagne, à nourrir les Français avec une agriculture dont le modèle reste familial – malgré ce que j’entends dire à gauche de l’hémicycle –, il faut impérativement saisir cet outil, de toute urgence. Je forme le vœu que nous pourrons y travailler dans le cadre du PLF […]

Bravo !

Oui pour les agriculteurs !

#691

(L’amendement no 677 n’est pas adopté.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Yaël Braun-Pivet president · EPR #692

La parole est à M. Mohamed Laqhila, pour soutenir l’amendement no 943.

article Après_ l’article 1er · amendement 943

Rappelez-vous que, dans le cadre de la mise en œuvre du plan en faveur des indépendants présenté par le Président de la République le 22 septembre, l’article 23 de la loi de finances pour 2022 prévoyait, à titre temporaire, la possibilité d’amortir les fonds commerciaux, à compter du 1er janvier 2022 et jusqu’au 31 décembre 2025. L’objectif était de soutenir le cessionnaire, qui prend un risque en investissant dans le rachat d’un fonds de commerce, par cette déduction fiscale.Cet amendement vise à lutter contre des comportements optimisants déjà observés, uniquement dictés par la volonté de réduire l’assiette de l’impôt des entreprises concernées. Il prévoit l’ajout d’une clause anti-abus, excluant du champ du dispositif les fonds commerciaux acquis auprès d’une entreprise liée au sens du 12 de l’article 39 du code général des impôts (CGI) ou auprès d’une entreprise placée sous le […]

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-René Cazeneuve rapporteur général · EPR #696

Avis favorable pour ces deux dispositifs anti-abus. Merci pour votre travail, cher collègue. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et Dem.)

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Gabriel Attal ministre délégué · EPR #698

Avis très favorable également.

Merci, monsieur le ministre délégué !

#700

(L’amendement no 943 est adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Yaël Braun-Pivet president · EPR #701

La parole est à M. Vincent Rolland, pour soutenir l’amendement no 325.

article Après_ l’article 1er · amendement 325

Il vise à créer un mécanisme d’incitation fiscale à l’investissement des entreprises en faveur de la transition écologique, grâce à un amortissement accéléré sur douze mois des matériels destinés à économiser l’énergie et des équipements de production d’énergies renouvelables acquis entre le 23 juillet 2022 et le 31 décembre 2023.

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-René Cazeneuve rapporteur général · EPR #704

Avis défavorable. Vous proposez à la fois un crédit d’impôt et un amortissement. Or, il existe de nombreux dispositifs pour les entreprises : les aides de l’Agence de la transition écologique (ADEME), le dispositif des certificats d’économie d’énergie, l’aide directe en faveur des investissements de décarbonation des outils de production et le suramortissement écologique.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Gabriel Attal ministre délégué · EPR #706

Même avis, pour les mêmes raisons.

#707

(L’amendement no 325 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Yaël Braun-Pivet president · EPR #708

La parole est à Mme Emmanuelle Ménard, pour soutenir l’amendement no 709.

article Après_ l’article 1er · amendement 709

Ces dernières années, le monde viticole n’a vraiment pas été épargné, en raison des intempéries, de la crise sanitaire ou même de la taxe Trump. Les viticulteurs ont été largement éprouvés et cet amendement vise à les soutenir directement. Il conviendrait, au titre des exercices clos entre le 30 avril 2021 et le 31 mars 2022 inclus, que les entreprises agricoles soumises à un régime réel d’imposition puissent pratiquer une déduction pour augmentation des stocks viticoles, dans la limite de 40 % de la différence positive entre la valeur constatée à la clôture de l’exercice et celle constatée à l’ouverture de l’exercice, des moûts, vins ou eaux-de-vie de vin qu’elles détiennent en stock et qui sont issus de raisins produits par l’entreprise. Cette déduction serait bien évidemment encadrée : elle ne pourrait pas excéder ni le résultat de l’entreprise, ni la somme de 40 000 euros. Ce […]

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-René Cazeneuve rapporteur général · EPR #712

Avis défavorable. Il existe déjà un certain nombre d’outils, notamment la DEP – je salue à cet égard le travail de notre ancienne collègue Verdier-Jouclas – (Applaudissements sur les bancs du groupe RE),…

Elle n’est plus là, ou du moins on ne l’entend plus.

Jean-René Cazeneuve rapporteur général · EPR #714

…et le dispositif de blocage des stocks, qui permet précisément de bloquer la valeur des stocks à rotation lente. Il faudra de toute façon avoir cette discussion lors de l’examen du PLF.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Gabriel Attal ministre délégué · EPR #716

Avis défavorable.

#717

(L’amendement no 709 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Yaël Braun-Pivet president · EPR #718

Je suis saisie de cinq amendements identiques, nos 125, 146, 209, 312 et 788.La parole est à M. Charles de Courson, pour soutenir l’amendement no 125.

article Après_ l’article 1er · amendement 125

C’est un petit amendement technique. Nous avons créé, en 2019, la DEP, à la quasi-unanimité, mais nous n’avions pas indexé les plafonds, ce que prévoit cet amendement pour éviter que, quelques années plus tard, on ne constate un dérapage. Lorsqu’il y a très peu d’inflation, ce n’est pas grave, mais quand celle-ci est beaucoup plus forte, on risque de se réveiller, dix ans plus tard, avec un résultat qui n’est plus très significatif…

Yaël Braun-Pivet president · EPR #720

La parole est à Mme Émilie Bonnivard, pour soutenir l’amendement no 146.

article Après_ l’article 1er · amendement 146

Agriculteurs, viticulteurs et arboriculteurs font face depuis plusieurs années à des aléas climatiques qui fragilisent considérablement leur production à court et à moyen termes. Il est vrai que la déduction pour épargne de précaution est utile. Nous souhaitons par conséquent augmenter la valeur du plafond de la DEP afin qu’ils puissent se protéger grâce à l’installation de filets para-grêle ou de dispositifs contre le gel. Il est important de leur permettre de s’équiper davantage lors des bonnes années.Après avoir travaillé sur l’outil assurantiel, nous verrons si, en examinant le PLF, nous serons à la hauteur des besoins. En attendant, il faut davantage mobiliser l’épargne de précaution afin d’assurer la protection des productions agricoles. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LR.)

Yaël Braun-Pivet president · EPR #723

L’amendement no 209 de Mme Marie-Christine Dalloz est défendu.La parole est à Mme Justine Gruet, pour soutenir l’amendement no 312.

article Après_ l’article 1er · amendement 146

Pour prolonger l’intervention de Mme Bonnivard, je rappelle que les aléas climatiques sont de plus en plus fréquents, qu’il s’agisse du gel, de la sécheresse, des orages, notamment dans les exploitations agricoles et viticoles du Jura. C’est pourquoi nous souhaitons indexer le plafond de la déduction pour épargne de précaution.

Yaël Braun-Pivet president · EPR #726

La parole est à M. Grégoire de Fournas, pour soutenir l’amendement no 788.

article Après_ l’article 1er · amendement 788

Le risque est inhérent à l’agriculture, et c’est un viticulteur qui vous parle. Dans l’agriculture, il y a de bonnes années, avec de bonnes récoltes ; et puis il y a le gel, la sécheresse, la grêle, les maladies, autant d’aléas qui peuvent, certaines années, anéantir jusqu’à la totalité des récoltes. La déduction pour épargne de précaution est un bon dispositif mais il a été voté dans un contexte d’inflation nulle, ce qui n’est plus le cas. En effet, les productions agricoles sont frappées par une inflation forte, qu’on constate notamment sur les matières premières.Cet amendement, rédigé sur proposition de la Confédération nationale des producteurs de vins et eaux-de-vie de vin à appellations d’origine contrôlées (CNAOC), vise à prendre en compte le taux d’inflation dans le calcul de la valeur maximale du plafond d’épargne. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Quel est l’avis de la commission sur cette série d’amendements identiques ?

Jean-René Cazeneuve rapporteur général · EPR #730

Cette question devra elle aussi être traitée lors de la discussion du PLF. Pour ce qui est de l’impact des intempéries, nous avons voté, à la fin de la précédente législature, la loi d’orientation relative à une meilleure diffusion de l’assurance récolte en agriculture et portant réforme des outils de gestion des risques climatiques en agriculture.

En effet !

Jean-René Cazeneuve rapporteur général · EPR #732

Il convient désormais de l’appliquer avec le concours des organisations syndicales. Je vous propose de vous y employer.En ce qui concerne le taux l’inflation, vous avez raison, il sera très important cette année et, dès la rentrée, affectera toute une série de seuils et de barèmes. Le ministre Le Maire s’est engagé à ce que nous en discutions dans le cadre du PLF. J’émets donc un avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Gabriel Attal ministre délégué · EPR #735

Même avis.

La parole est à Mme Emmanuelle Ménard.

Je vais prendre l’exemple de mon département de l’Hérault tout en sachant qu’il vaut pour d’autres départements. Nous subissons de plus en plus d’aléas climatiques pouvant se révéler terribles pour les agriculteurs – je pense en particulier aux viticulteurs, nombreux dans le Biterrois. Périodes de sécheresse, épisodes de gelée noire – l’un d’eux a touché toute la France l’année dernière mais surtout l’Hérault –, inondations – elles furent terribles, toujours dans mon département, en mars dernier – ou grêle créent des conditions d’exploitation de plus en plus difficiles.Or, depuis sa création, et alors que le taux d’inflation ne cesse d’augmenter, la DEP n’a pas évolué. J’ai bien compris que vous vouliez que nous abordions la question lors de la discussion du PLF, mais nous insistons pour obtenir dès à présent des gages : la valeur maximale du plafond d’épargne doit absolument être […]

La parole est à Mme Aurélie Trouvé.

Nous allons voter ces amendements, tout simplement parce qu’ils valent mieux que rien pour affronter la multiplication des aléas climatiques, problème de plus en plus grave, nos collègues l’ont évoqué, notamment pour les petits agriculteurs qui ne peuvent y faire face. À quoi il faut ajouter la volatilité des prix, de plus en plus importante au fur et à mesure de la dérégulation des marchés depuis les années 1990, contre laquelle le Gouvernement n’a jamais pris de position ferme au niveau européen. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe LFI-NUPES.)Voilà d’ailleurs pourquoi un débat sur la PAC serait bienvenu, tandis que le plan stratégique national prévoit 9 milliards d’euros d’aides par an. Or il n’y a pas eu de véritable débat sur ce point et aucun n’est prévu, alors que la Commission européenne retoque le plan pour des raisons notamment environnementales. (Mme Alma Dufour […]

La parole est à M. Charles de Courson.

Je retire mon amendement en contrepartie de l’engagement pris par le rapporteur général de mener un travail de réévaluation car nombre de seuils ne sont pas indexés.

#746

(L’amendement no 125 est retiré.)

#747

(Les amendements identiques nos 146, 209, 312 et 788 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Yaël Braun-Pivet president · EPR #748

La parole est à Mme Véronique Louwagie, pour soutenir l’amendement no 393.

article Après_ l’article 1er · amendement 393

Cet amendement, que j’ai déposé chaque année au cours de la précédente législature, vise à faciliter le passage des entreprises individuelles en société. L’entreprise individuelle a besoin de modifier son statut en fonction de son évolution, en particulier pour faciliter sa transmission. Or on se heurte à un écueil technique puisque la plus-value latente dégagée sur le fonds de commerce, constatée au moment de l’apport de l’entreprise individuelle en société, reste imposable même en cas de pertes ultérieures.Nous souhaitons par conséquent permettre de compenser la plus-value d’apport avec les pertes des valeurs ultérieures, mesure de bon sens, de justice et qui collerait à la réalité économique.J’ajoute que régulièrement, au cours du mandat précédent, notamment lors de nos débats sur les jeunes agriculteurs, nous avons évoqué les difficultés de transmission ; or, à mon grand regret […]

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-René Cazeneuve rapporteur général · EPR #753

Je vous propose d’y revenir à l’occasion de l’examen du PLF. Votre amendement étant très technique, je me permets d’entrer quelque peu dans le détail. La différence de nature fiscale entre plus-value professionnelle et moins-value particulière ne permet pas l’imputation de l’éventuelle moins-value réalisée lors de la cession des titres de la société soumise à l’impôt sur les sociétés, sur la plus-value d’apport professionnelle dont l’imposition est placée en report, puisque chaque catégorie de revenu est déterminée selon des règles d’assiette qui lui sont propres. Je donne donc un avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Gabriel Attal ministre délégué · EPR #755

Même avis pour les mêmes raisons.

La parole est à M. Jean-Paul Mattei.

Je peux partager l’avis du rapporteur général quand il rappelle que cette proposition relève du PLF. Si nous venons de voter une loi en faveur de l’activité professionnelle indépendante, la question de l’évolution de l’entreprise individuelle en société n’est toutefois n’est pas complètement réglée pour ce qui est du statut fiscal. L’amendement concerne l’article 151 octies du code général des impôts, qui consiste tout simplement à faire basculer un système de report en sursis, nous l’avons souvent évoqué. Aussi ne suis-je pas d’accord avec la réponse du rapporteur général sur l’aspect technique de la question. Je ne comprends pas le blocage qu’on oppose à la proposition qui, de mon point de vue, ne pose aucun problème.Nous devons mener une vraie réflexion sur le statut de l’entreprise individuelle – M. Ruffin avait déploré certaines dérives à propos du statut d’auto-entrepreneur – […]

La parole est à M. Jean-Victor Castor.

Je n’ai pas pu m’exprimer tout à l’heure sur la situation des agriculteurs. C’est pourquoi ce qui vous paraîtra ici hors sujet, en fait, ne l’est pas. J’appelle votre attention à tous et aimerais obtenir une réponse du Gouvernement. En Guyane, l’État est propriétaire de 95 % des terres. Les jeunes agriculteurs qui sortent de l’école agricole ne peuvent pas avoir de foncier et obtiennent une parcelle de terre après parfois trois à quatre ans de procédures administratives. Après leur promotion, moins de 20 % des jeunes agriculteurs continuent à travailler dans le secteur. C’est la réalité de la Guyane.Nous avons subi depuis plusieurs années des inondations qui portent bien sûr préjudice à l’activité et à la production agricoles. Toute la filière est en danger. Il a fallu un mouvement d’ampleur en mars et avril 2017 pour qu’enfin une société d’aménagement foncier et d’établissement rural […]

#763

(L’amendement no 393 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Yaël Braun-Pivet president · EPR #764

La parole est à Mme Véronique Louwagie, pour soutenir l’amendement no 395.

article Après_ l’article 1er · amendement 395

Il est défendu.

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-René Cazeneuve rapporteur général · EPR #767

Défavorable.

La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, pour donner l’avis du Gouvernement.

Bruno Le Maire ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique · LaREM #769

Il est défavorable également.

#770

(L’amendement no 395 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Yaël Braun-Pivet president · EPR #771

La parole est à Mme Justine Gruet, pour soutenir l’amendement no 310.

article Après_ l’article 1er · amendement 310

L’objet du présent amendement est d’indexer les plafonds d’exonération des plus-values des petites entreprises comme je l’ai proposé précédemment à propos de la DEP. Il s’agit en outre de réévaluer ces plafonds chaque année. Je tiens par là à souligner l’importance des petites entreprises pour la dynamique de nos territoires dont le développement est parfois limité par l’objectif Zéro artificialisation nette (ZAN). Il me semble donc nécessaire d’entendre et d’écouter nos petites entreprises qui façonnent nos territoires.

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-René Cazeneuve rapporteur général · EPR #774

Ma réponse est la même que précédemment. Dans la mesure où l’amendement porte sur une question d’indexation, il est préférable d’attendre la fin de l’année pour évaluer le taux d’inflation réel et la possibilité de relever les plafonds d’exonération des plus-values des petites entreprises. Avis défavorable.