Séance du 4 octobre 2022 /// n°3 /// 813 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2022-2023

Séance du 4 octobre 2022 — 3e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

813prises de parole
129orateurs
36points à l'ordre du jour
6scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
193 l'amendement de suppression n° 1 de Mme Besse et les amendements identiques suivants à l'article premier du projet de loi portant mesures d'urgence re… 156 / 166 rejeté
194 l'amendement n° 53 de M. Delaporte à l'article premier du projet de loi portant mesures d'urgence relatives au fonctionnement du marché du travail en … 107 / 141 rejeté
195 l'amendement n° 38 de M. Delaporte à l'article premier du projet de loi portant mesures d'urgence relatives au fonctionnement du marché du travail en … 107 / 138 rejeté
196 l'amendement n° 58 de M. Delaporte et l'amendement identique suivant à l'article premier du projet de loi portant mesures d'urgence relatives au fonct… 66 / 133 rejeté
197 l'amendement n° 42 de M. Delaporte et l'amendement identique suivant à l'article premier du projet de loi portant mesures d'urgence relatives au fonct… 75 / 174 rejeté
198 l'amendement n° 61 de M. Delaporte et les amendements identiques suivants à l'article premier du projet de loi portant mesures d'urgence relatives au … 123 / 167 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 813 — page 1 / 5.

Yaël Braun-Pivet president · EPR #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à quinze heures.)

Accueil de dessinateurs au sein de l’Assemblée nationale

Yaël Braun-Pivet president · EPR #6

Pendant que nos collègues s’installent, je tiens à vous présenter, à ma gauche, sept dessinateurs : Louison, François, Dorothée, Jean-Yves, Marielle, Cécile et Kokopello, que nous accueillons aujourd’hui pour cette première séance de questions au Gouvernement. (Applaudissements sur l’ensemble des bancs.) Je vous propose qu’ensemble, nous ouvrions davantage notre assemblée aux Français, et c’est en vertu de cette démarche d’ouverture que nous créons un badge « artiste », qui nous permettra d’accueillir des artistes professionnels et des étudiants ; ceux-ci pourront ainsi venir s’exercer et créer en direct, en regardant notre démocratie fonctionner. (Nouveaux applaudissements.)

Félicitations à M. Alain Aspect, colauréat du prix Nobel de physique 2022

Yaël Braun-Pivet president · EPR #9

En votre nom à tous, je tiens à adresser les félicitations de la représentation nationale à notre compatriote, M. Alain Aspect, colauréat du prix Nobel de physique 2022 pour ses recherches décisives sur la mécanique quantique. (Mmes et MM. les députés et les membres du Gouvernement se lèvent et applaudissent.)

Hommage aux victimes de la répression en Iran

Yaël Braun-Pivet president · EPR #12

Avant d’appeler les questions au Gouvernement, je voudrais évoquer avec vous la mémoire de Mme Mahsa Amini. C’était le 16 septembre dernier, en Iran : brutalement arrêtée au nom d’une supposée vertu, pour une simple mèche de cheveux qui dépassait de son voile, elle est décédée. Depuis, des femmes, des hommes et toute la jeunesse d’Iran, dont il faut admirer l’incroyable courage, expriment leur soif de liberté. (Mmes et MM. les députés et les membres du Gouvernement se lèvent et applaudissent longuement.)Alors que le nombre des victimes de la répression auxquels ils sont confrontés est chaque jour un peu plus important, la représentation nationale, unanime – nous en avons discuté ce matin en conférence des présidents –, souhaite rendre hommage à ces femmes et à ces hommes qui, depuis le 16 septembre, paient de leur vie leur combat pour la liberté.Madame la Première ministre, mesdames et […]

Questions au Gouvernement

Yaël Braun-Pivet president · EPR #17

L’ordre du jour appelle les questions au Gouvernement.

Hausse des prix de l’énergie

La parole est à Mme Marine Le Pen.

Madame la Première ministre, il y a quelques jours, votre ministre de l’économie nous a expliqué que le budget de la France était « à l’euro près ». C’était juste avant ses conseils vestimentaires pour passer l’hiver, conseils qui ont fait florès dans votre gouvernement, de la doudoune au col roulé en passant même par le pyjama !Pour ma part, je n’infantiliserai pas de la sorte nos compatriotes, mais ma question concerne les Français qui sont « à l’euro près » – ils sont nombreux –, et qui se demandent comment ils vont se chauffer cet hiver.Vous vous obstinez à ne pas vouloir rompre avec les règles absurdes du marché européen de l’électricité, qui maintient les prix à un niveau élevé. Ces prix seront ensuite payés par les Français puisqu’ils se répercuteront sur leur facture et leurs impôts.Vous vous obstinez à ne pas baisser la TVA sur les produits énergétiques, alors que certains de […]

C’est l’hôpital qui se fout de la charité !

Alors permettez-moi de vous interroger sur la situation des millions de nos compatriotes qui se chauffent au fioul, et qui sont en ce moment même en train de remplir leur cuve. En juillet dernier, suite à la mobilisation du groupe RN, nous avons voté, contre l’avis du Gouvernement, une enveloppe de 230 millions d’euros pour les soutenir.

(Désignant M. Jérôme Nury.) C’était notre amendement !

Depuis, hormis l’annonce d’une future aide, aucune nouvelle et surtout aucun calendrier n’ont été donnés ! Ce n’est pas dans un mois, voire plus, que les gens auront besoin de cette aide ; c’est maintenant ! Vous ne le savez peut-être pas, mais deux demi-pleins de cuve à fioul coûtent plus cher qu’un plein ; or pour faire ce plein, ils ont besoin de l’argent que vos oppositions leur ont octroyé. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)Diviser les 230 millions votés par le nombre d’utilisateurs de chaudières à fioul que vous souhaitez aider ne me semble pas bien compliqué. Alors pourquoi le décret d’application de cette mesure n’a-t-il pas encore été pris ? Qu’attendez-vous ? (Mêmes mouvements.)

La parole est à Mme la Première ministre.

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #30

Je voudrais tout d’abord le rappeler : l’explosion des prix de l’énergie, c’est avant tout la conséquence de l’agression de l’Ukraine par la Russie. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem. – Protestations sur les bancs du groupe RN.)

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #32

Les prix s’envolent parce que la Russie a décidé de réduire considérablement l’approvisionnement en gaz de l’Europe. Cette hausse est renforcée par la faible disponibilité de notre parc nucléaire.

Qu’a fait Nicolas Hulot ?

Et Fessenheim ?

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #35

Face à cela, notre stratégie est globale et cohérente : elle vise à protéger les Français et à préparer l’avenir.

Avec les licornes ?

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #37

Protéger les Français, c’est d’abord faire en sorte que nous puissions passer l’hiver sans coupures.

Et leur dire la vérité !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #39

C’est ce que nous faisons en ayant anticipé cette situation dès l’été,…

En mettant des cols roulés !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #41

…en portant nos stocks de gaz au niveau maximal (Protestations sur les bancs du groupe RN), en diversifiant nos approvisionnements, en augmentant les capacités de nos terminaux méthaniers.

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #43

C’est ce que nous faisons avec le plan « sobriété » ;…

Répondez à la question !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #45

C’est un sujet sérieux, madame la présidente.Nous présenterons ce plan dans les prochains jours et il mobilise l’État, les collectivités, les entreprises et nos concitoyens.

Et le ministre des cols roulés !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #48

Et c’est enfin ce que nous ferons grâce à la solidarité européenne : nous livrerons du gaz à nos voisins qui nous livreront en retour de l’électricité.

Et le fioul ?

Le fioul ! Le fioul !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #51

Ne vous en déplaise, c’est à l’échelle européenne que nous assurerons notre sécurité d’approvisionnement et que nous pourrons maîtriser les prix de l’énergie. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem.)Car protéger les Français, c’est aussi agir contre la hausse des prix.

Répondez à la question !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #54

C’est le but des boucliers tarifaires sur le gaz et l’électricité,…

Le fioul ! Le fioul !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #56

…qui empêchent les prix de doubler ; c’est la mesure la plus protectrice qui ait été prise en Europe – cela mérite d’être rappelé.Mais bien sûr, nous agissons pour tous les Français, y compris ceux qui se chauffent au fioul (« Ah ! » sur les bancs du groupe RN) et sont souvent les plus précaires. Vous l’avez dit, le Parlement a voté cet été une enveloppe de 230 millions d’euros, destinée à aider ceux qui sont en train de remplir leur cuve, et je vous confirme que ces Français recevront bien une aide (« Non ! » sur les bancs du groupe RN et sur plusieurs bancs du groupe LR) dans les prochaines semaines ; ils bénéficieront en outre d’un chèque énergie exceptionnel pour affronter la hausse des prix. Au total, les Français les plus modestes pourront bénéficier d’une aide allant jusqu’à 400 euros pour payer leur facture de fioul. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem.)Je le […]

Selon quelle définition ?

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #60

Grâce à MaPrimeRénov’, nous accompagnons les Français qui changent leur chaudière à fioul ; plus largement, pour assurer notre souveraineté énergétique, nous tablons sur le nucléaire (Exclamations sur les bancs du groupe RN et sur quelques bancs du groupe LR) et sur les énergies renouvelables. Votre assemblée est saisie d’un projet de loi relatif à l’accélération de la production d’énergies renouvelables et vous serez prochainement saisis d’un autre projet de loi visant à accélérer les projets d’énergie nucléaire. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

Lutte contre les violences faites aux femmes

La parole est à Mme Aurore Bergé.

Pour Méline, tout a commencé par ce qu’elle appelle « une petite gifle ». « Puis les coups ont continué. Un coup de poing, puis deux. Quand mon compagnon rentrait avec un problème de travail, c’est moi qui prenais le soir. On reste pour les enfants. On se dit que ce n’est pas possible. Que ça ne va pas recommencer. »Alexandra, elle, est restée vingt-neuf ans avec son bourreau. Au bout de la première année, pour elle aussi, ça a commencé par une gifle. « Après, c’était des coups de poing, des coups de botte, j’ai été défigurée. Alors moi, je le dis aux femmes : dès que vous recevez une gifle, allez porter plainte. Il ne faut pas avoir peur ; même des fois, par amour, on ne veut pas le faire. Mais il y a des institutions, des associations, des personnes qui sont là pour nous aider. »Depuis plusieurs semaines, on loue la vertu de celui qui reconnaît des faits de violence conjugale. Depuis […]

Très bien !

On jette le discrédit sur l’institution judiciaire.

Un pour cent des viols condamnés par la justice !

On jette en fait des dizaines d’années de combat de nos associations, qui ont permis aux victimes d’être accompagnées par la seule voie susceptible de mettre un terme à leur souffrance : la voie judiciaire. (Les députés des groupes RE, RN, LR, Dem, HOR et LIOT se lèvent et applaudissent longuement. – Mmes Sandrine Rousseau et Sophie Taillé-Polian se lèvent et protestent vivement, puis, tandis que les applaudissements se prolongent, Mme Sandrine Rousseau, toujours debout et se tournant vers les députés du groupe RE, forme avec les mains un triangle, signe de ralliement féministe.)

Chers collègues, seule Aurore Bergé a la parole, s’il vous plaît !

Je crois que ce sujet appelle le calme et non le trouble ou le désordre. Il mérite mieux que des esclandres et je suis navrée que vous vous reconnaissiez si bien dans les propos que je viens de tenir. (Plusieurs députées des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES se lèvent et protestent vivement.)Est-ce que tout fonctionne aujourd’hui, madame la Première ministre ? La réponse est non. (Mmes Marie-Charlotte Garin, Raquel Garrido, Danièle Obono, Sandrine Rousseau et Sophie Taillé-Polian continuent à protester.) Mais est-ce que des progrès ont été accomplis ? La réponse est oui.C’est le conjoint violent qui doit quitter le domicile. Nos policiers, gendarmes et magistrats sont formés. Les dépôts de plainte sont facilités jusque dans nos hôpitaux. Les téléphones grave danger (TGD) sont déployés. (Mêmes mouvements.)Alors oui, nous devons faire mieux. Et cela commence par nos attitudes, les mots que […]

Merci, madame la députée.

Ça commence par le respect des victimes et le fait d’être au clair avec notre État de droit.

Merci, madame Bergé !

Madame la Première ministre,… (Le micro de l’oratrice est coupé. – Applaudissements et exclamations se poursuivent.)

La parole est à Mme la Première ministre et à elle seul.

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #80

Il y a vingt ans, jour pour jour, une femme de 17 ans, Sohane Benziane, était brûlée vive. Elle est devenue l’un des plus tragiques symboles des violences faites aux femmes. Je veux avoir une pensée pour elle, pour sa famille, pour toutes les femmes victimes de violences. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR et sur plusieurs bancs du groupe LR.)L’égalité entre les femmes et les hommes est la grande cause des quinquennats d’Emmanuel Macron. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.)

La honte !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #83

Nous avons agi dans tous les domaines.

Non, ce n’est pas vrai : vous ne l’avez pas fait !

Si, nous l’avons fait !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #86

Nous avons agi aussi avec force contre toutes les formes de violences sexistes et sexuelles. Madame la présidente Aurore Bergé, je connais et salue votre engagement personnel dans ce combat.

Huit cents condamnations pour viol !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #88

Avec le Grenelle des violences conjugales, nous avons obtenu de nombreuses avancées. Pour que la parole se libère et que chaque victime puisse être prise en charge, nous avons étendu les horaires du numéro d’appel 39-19, ouvert une plateforme de signalement en ligne, favorisé la prise de plaintes et lancé la création d’un fichier des mis en cause. (Exclamations continues sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.)

Madame la Première ministre, je vous prie de m’excuser de vous interrompre un instant car j’aimerais que tous les collègues présents dans cet hémicycle puissent écouter votre réponse. Chers collègues, nous avons vingt-huit questions, vous aurez largement le temps de vous exprimer. Je vous prie d’arrêter d’invectiver les orateurs, quels qu’ils soient. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, RN, LR, Dem, HOR et LIOT.)

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #90

C’est en effet un sujet sérieux et je voudrais continuer à vous préciser les actions qui ont été engagées depuis 2017.

Il faut 1 milliard d’euros pour lutter contre les violences faites aux femmes ! (Vives protestations sur les bancs des groupes RE, Dem, et HOR.)

Madame Obono ! (Mmes Clémence Guetté, Danielle Simonnet et Mathilde Panot protestent.)

C’est scandaleux !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #94

Pour le traitement des plaintes et pour mieux protéger les victimes, nous avons formé près de 160 000 policiers et gendarmes, déployé des téléphones grave danger et des bracelets anti-rapprochement.

Il faut 1 milliard !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #96

Mais tant qu’il y aura des coups, nous continuerons : 10 000 places d’hébergement seront ouvertes dès cette année ; le mois dernier, j’ai annoncé l’ouverture de 1 000 places supplémentaires en 2023 ; nous allons doubler la présence policière dans la rue. Afin d’améliorer notre réponse et nos procédures pénales, je viens de confier une mission parlementaire à votre collègue Émilie Chandler et à la sénatrice Dominique Vérien.

Il faut 1 milliard !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #98

Comme vous l’avez fait, madame la présidente Bergé, je rappelle qu’en ces domaines, seule l’institution judiciaire peut déterminer les faits, dire le droit et sanctionner. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)La lutte contre les violences conjugales est un combat fondamental auquel je tiens. Le Gouvernement continuera à le mener avec force, avec les associations, les élus et toutes celles et ceux qui veulent s’engager. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem.)

Madame Obono, en application de l’article 71 du règlement, je prononce un rappel à l’ordre à votre encontre. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, RN, LR, Dem, HOR et LIOT.)

C’est scandaleux !

On n’est pas dans une AG, madame ! (Mme Danièle Obono proteste.)

Madame Obono, puisque vous continuez à invectiver l’Assemblée et la présidence,…

Je n’invective pas, je m’exprime !

Si, c’est ce que vous faites ! Dans ces conditions, je prononce un rappel à l’ordre avec inscription au procès-verbal. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, RN, LR, Dem, HOR et LIOT.)

Parfait !

Eh bien, faites-le !

Réforme des retraites

La parole est à Mme Clémentine Autain.

Alors que rien n’y oblige, pourquoi voulez-vous nous voler nos plus belles années de retraite ?Le porte-parole du Gouvernement nous a prévenus : repousser l’âge de départ à 65 ans se fera « quelle que soit la méthode ». Qu’importe la démocratie pourvu que vous ayez l’ivresse de détruire nos droits pour maintenir le marché libre et les hyper-riches bien au chaud. Par la force, vous voulez imposer une immense régression sociale à la majorité de notre pays au mépris de tout.Au mépris des conclusions du Conseil d’orientation des retraites (COR) : non, le système n’est pas en déficit, il est même excédentaire, avec une trajectoire maîtrisée jusqu’en 2070. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)Au mépris du taux de chômage croissant des seniors, qui devrait décourager toute idée d’allonger le temps dans l’emploi.Au mépris des femmes et des précaires qui seraient les premières […]

La parole est à M. le ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion.

Olivier Dussopt ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion · RE #120

Vous affirmez doctement que le système de retraites ne serait pas en déficit. Le rapport du COR, organisme indépendant du Gouvernement, dit effectivement qu’en 2022, le système sera légèrement excédentaire : un peu plus de 3 milliards d’euros.

Ce n’est pas mal, 3 milliards d’euros !

Olivier Dussopt ministre · RE #122

Il dit qu’en 2023 il sera déficitaire de 1,8 milliard. Il dit qu’en 2027, c’est-à-dire demain, à la fin du quinquennat, le déficit atteindra 12,5 milliards d’euros par an, 20 milliards en 2030 et 40 milliards en 2040 en prenant l’hypothèse d’un taux de chômage à 5 %, c’est-à-dire le plein emploi.

Il n’y a pas de plein emploi, vous le dites vous-mêmes !

Olivier Dussopt ministre · RE #124

La réalité, c’est que notre système n’est pas équilibré et que lorsqu’on y tient, on le modernise pour qu’il puisse durer. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)Votre appel au statu quo et votre conservatisme aboutiront à une baisse des retraites. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Vous êtes le camp de l’appauvrissement des retraités, celui qui veut priver nos enfants d’un droit à la retraite. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE et Dem.) Quant à nous, nous sommes le camp de la responsabilité, des pensions minimales à 1 100 euros, de la prise en compte de la pénibilité et de la garantie de la plus grande solidarité à l’égard des générations à venir. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem.)

Prix de l’électricité pour les entreprises

La parole est à M. Olivier Marleix.

Mme Le Pen ayant rendu hommage au combat des députés du groupe Les Républicains en ce qui concerne le prix du fioul (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LR), je voudrais, madame le Premier ministre, vous interroger sur le prix de l’électricité pour les entrepreneurs français.La France produit de l’électricité, nucléaire notamment, à 50 euros le mégawattheure (MWh). Pourtant, nos entreprises doivent actuellement se fournir avec des contrats à 600 ou 700 euros le MWh. Pourquoi ? À cause d’un marché européen devenu totalement absurde, liant le prix de l’électricité à celui du gaz. M. Poutine, a créé une crise du gaz en Europe qui, elle, s’est inventé une crise de l’électricité. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.)La situation est intenable pour la plupart de nos entreprises : des boulangeries ferment par dizaines ; des artisans nous préviennent qu’ils ne passeront […]

La parole est à Mme la Première ministre.

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #136

Je peux vous assurer que mon gouvernement est totalement mobilisé pour protéger les Français, les entreprises et les collectivités face à la flambée des prix de l’énergie. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.)

Il faut le prouver !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #138

Nous avons d’abord agi pour protéger les Français avec la prolongation des boucliers tarifaires en 2023. Rappelons qu’ils permettront de contenir à 15 %, une hausse des prix du gaz et de l’électricité pour les ménages qui aurait sinon atteint 120 %. Ils bénéficient aux ménages, mais aussi aux très petites entreprises (TPE) et à la plupart des communes, celles-ci pouvant bénéficier des tarifs réglementés de l’électricité.

Et les autres ?

Et les artisans ? Et les petits salariés ?

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #141

Mais nous voulons agir pour protéger également les entreprises et les collectivités. Vous avez raison, il s’agit pour cela de traiter le problème à la racine, en faisant baisser le prix de l’électricité sur les marchés européens.

Il faut agir vite, le temps presse !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #143

Vous l’avez dit, les Espagnols ont réussi à diviser par trois le prix de l’électricité. C’est ce mécanisme que nous voulons étendre à toute l’Europe.Des avancées ont été réalisées lors du dernier Conseil européen des ministres de l’énergie. Le Président de la République s’entretient cette semaine avec la présidente de la Commission européenne et avec le Chancelier allemand avant le Conseil de vendredi. Même si nous avons vraiment de bonnes raisons de penser que nous pourrons faire aboutir ce mécanisme, nous préparons aussi un filet de sécurité pour aider les entreprises et les collectivités les plus en difficulté.Pour les entreprises, il s’agit tout d’abord d’améliorer le mécanisme de soutien créé pour aider celles qui consomment beaucoup d’énergie. Le ministre de l’économie y travaille. En outre, Bruno Le Maire et Agnès Pannier-Runacher recevront demain les fournisseurs d’énergie pour […]

Ça ne suffit pas !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #148

Au-delà de ces situations d’urgence, nous devons renforcer notre souveraineté énergétique. C’est l’objet de deux projets de loi dont vous serez prochainement saisis, visant à accélérer l’un le développement des énergies renouvelables, l’autre le renouvellement de notre parc nucléaire. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et Dem.)

On ne passe pas l’hiver avec ça !

Violences à Nantes

La parole est à M. Mounir Belhamiti.

Monsieur le ministre de l’intérieur, depuis plusieurs mois, Nantes est le théâtre d’agressions et d’actes de violences de natures diverses. Ces faits graves ne se contentent pas d’abîmer l’image de la ville, ils pourrissent littéralement la vie des habitants.La municipalité nantaise, après avoir tenté de minimiser la réalité, en appelle désormais à l’État. De l’avis même des syndicats de policiers municipaux, « la ville ne tient pas ses propres engagements » en matière de sécurité.

Il a raison !

À présent, la maire de Nantes dénonce un déficit de moyens de police et de justice. Les Nantais n’y comprennent plus rien. Pouvez-vous nous indiquer quelles ont été les évolutions des moyens de la police mais aussi de la justice au cours des dernières années à Nantes ? Que contient le projet de loi de finances pour 2023 concernant ces deux ministères, afin d’améliorer la sécurité des Français en général et celle des Nantais en particulier ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

La parole est à M. le ministre de l’intérieur et des outre-mer.

Gérald Darmanin ministre de l’intérieur et des outre-mer · EPR #157

Comme vous, j’observe depuis maintenant plusieurs mois une augmentation de la violence dans l’agglomération nantaise, singulièrement à Nantes et dans son centre-ville. Cette hausse est d’autant plus étonnante que, j’aurais très bientôt l’occasion de le dire, les autres grandes villes de France connaissent depuis plusieurs semaines une baisse très nette, parfois à deux chiffres, des violences faites aux personnes et aux biens.

Comme à Soissons, où un Afghan a violé une femme de 58 ans ! Comme à Lille ou à Marseille, où on tire à la kalachnikov !

Gérald Darmanin ministre · EPR #159

À Nantes, au contraire, la violence continue et plusieurs faits divers particulièrement ignobles montrent bien l’étendue des difficultés que connaît l’agglomération.Pour répondre à votre question, comparons ce qui est comparable. Les effectifs de police nationale déployés à Nantes sont passés de 677 à 809 policiers au cours du quinquennat précédent, soit une augmentation de 132, dont 70 au cours de la dernière année. En revanche, alors qu’une ville comparable, comme Montpellier, est équipée de 339 caméras vidéo, Nantes n’en compte que 145. De la même façon, alors que Montpellier emploie 182 policiers municipaux, ils ne sont que 126 à Nantes – j’ai pris l’exemple de Montpellier car les deux municipalités, dont la population est de taille comparable, sont de la même couleur politique.Je recevrai Mme la maire de Nantes à l’issue de la séance de questions d’actualité. Nous trouverons […]

Ce n’est pas la police municipale qu’il faut renforcer, c’est la police d’État !

Gérald Darmanin ministre · EPR #163

La Première ministre et moi-même avons décidé d’affecter en 2023 une unité de CRS – soit 200 agents supplémentaires – à Nantes. J’espère que ceux qui s’exclament aujourd’hui dans l’hémicycle voteront les budgets du ministère de l’intérieur dans quelques jours. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE.)

La parole est à M. Mounir Belhamiti.

Merci pour ces éléments factuels et chiffrés. Le vote du budget pour 2023 sera effectivement pour l’Assemblée l’occasion de concrétiser vos propositions en matière d’augmentation des moyens consacrés à la police et à la justice. Nous verrons qui sera au rendez-vous… (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE.)

Renvoi du garde des sceaux devant la Cour de justice de la République

La parole est à M. Boris Vallaud.

Nous avons appris, hier, que le garde des sceaux, mis en examen depuis juillet 2021, est renvoyé devant la Cour de justice de République.

Où est-il, d’ailleurs, le garde des sceaux ?

Où est-il, le ministre des délinquants ?

Il s’est pourvu en cassation. En 2017, le candidat Emmanuel Macron, maintenant Président de la République, affirmait que tout ministre mis en examen devrait démissionner. Que pensez-vous de cette déclaration ? (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, LFI-NUPES et Écolo-NUPES)

Court et efficace !

La parole est à Mme la Première ministre.

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #174

J’ai pris acte de la décision rendue hier dans le cadre de la procédure engagée contre ?Éric Dupond-Moretti devant la Cour de justice de la République. Voyez-vous, je ne crois pas qu’il soit démocratiquement sain que des décisions de l’autorité judiciaire soient commentées ici, dans l’enceinte du pouvoir législatif, par un membre de l’exécutif. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES.)

Et ce qu’a fait Mme Bergé, c’était sain ?

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #176

Je le rappelle : l’indépendance de l’institution judiciaire est un principe cardinal de notre démocratie. La présomption d’innocence en est un autre pilier. J’ai pleinement confiance dans notre démocratie et dans notre justice. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

La parole est à M. Boris Vallaud.

Je vois poindre – et peut-être que vous aussi – un conflit d’intérêts : dans quelques mois, l’actuel procureur général près la Cour de cassation prendra sa retraite et le Président de la République nommera son successeur, sur avis du garde des sceaux, qui est en l’occurrence un justiciable. (« Eh oui ! » et applaudissements sur les bancs des groupes SOC et LFI-NUPES.)Deux difficultés se poseront : d’abord, ce nouveau procureur général aura probablement à connaître du pourvoi en cassation du garde des sceaux. Ensuite, si un renvoi devant la Cour de justice de la République était décidé, il aura à connaître de l’affaire qui occupera à nouveau le garde des sceaux justiciable. Dans quelle démocratie peut-on, d’une certaine manière, participer au choix de ses magistrats ? Je pose la question dans un souci, que je crois partagé, d’indépendance de la justice et de respect de tous les droits, y […]

Excellent !

La parole est à Mme la Première ministre.

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #182

D’une part, je tiens à souligner que, contrairement à ce que certains soutiennent, le garde des sceaux n’est pas empêché. Le ministère de la justice fonctionne,… (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES ainsi que sur plusieurs bancs du groupe LR.)

Avec un conflit d’intérêts !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #184

Le ministère est pleinement engagé, il progresse, il se transforme, il voit ses moyens renforcés dans des proportions inédites, il se déploie pour répondre à l’enjeu de la justice du quotidien et il participe pleinement à la mobilisation de mon gouvernement contre la délinquance.Par ailleurs, je précise qu’un dispositif de déport a été créé.

Ce n’est pas la question !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #187

Le principe est simple : il n’y a et il n’y aura aucune interférence dans le suivi des dossiers dans lesquels le garde des sceaux est impliqué en tant que justiciable ou qu’il aurait eu à connaître en tant qu’avocat. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES et SOC. – Mme Ségolène Amiot mime un joueur de pipeau.)

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #189

Ce dispositif est exigeant. Il me conduit à piloter directement une série de chantiers. Vous aurez certainement constaté, au cours des dernières semaines, que seuls l’intérêt général et l’exigence d’impartialité guident les décisions du Gouvernement. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES et SOC.)

Réforme des retraites

La parole est à M. Sébastien Jumel.

En l’absence de majorité à l’Assemblée nationale, pour faire passer d’autorité son projet de réforme des retraites, le Président de la République brandit la menace de la dissolution. Ce droit constitutionnel existe. Dont acte. (« Chiche ! » sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Mais devant l’opposition majoritaire des Français, qui ont compris depuis longtemps que le recul de l’âge de la retraite est injuste, parce que nous n’avons pas tous le même nombre de points de vie en bonne santé, le Président de la République n’a pas le pouvoir de dissoudre le peuple.Alors que la guerre s’enkyste en Europe et que l’envolée des prix et la dérégulation du marché de l’énergie mettent à mal les vies et l’économie réelle, le groupe communiste et républicain fait solennellement la proposition suivante : faire trancher cette importante question par le peuple. (Applaudissements sur les bancs des groupes […]

Grâce à Charles de Gaulle !

Aujourd’hui, puisque le Président de la République lui-même n’a pas exclu le recours au référendum, pouvez-vous vous engager à consulter le peuple français sur ce qui est au cœur de notre modèle de protection sociale, à savoir le système de retraite ? (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR-NUPES, LFI-NUPES et Écolo-NUPES.)

La parole est à M. le ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion.

Olivier Dussopt ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion · RE #198

Je veux d’abord reconnaître au groupe communiste le mérite de la constance : en 2020, vous proposiez déjà que la réforme des retraites soit soumise au référendum.

Vous étiez camarades il n’y a pas si longtemps !

Olivier Dussopt ministre · RE #200

Nous n’avons pas fait ce choix. Nous avons pris une option différente. D’abord, le Président de la République a décidé de poser le débat pendant la campagne présidentielle. Vous conviendrez avec moi qu’en annonçant avant l’élection que nous envisagions de reculer progressivement l’âge de départ à la retraite, à 64 ans puis à 65 ans, nous prenions un risque politique majeur, qui nous donne une forme de légitimité,…

Non !

Olivier Dussopt ministre · RE #202

…même si j’entends que vous ne partagez pas totalement notre avis.Nous avons fait un deuxième choix : celui de la concertation. Là aussi, peut-être conviendrez-vous avec moi qu’elle n’a pas commencé en 2022. Voilà maintenant des années que les questions de pénibilité, d’emploi des seniors, d’équilibre du régime et de prise en compte de la précarité sont soumis à la concertation et font l’objet d’un travail.

Vous êtes revenus sur la prise en compte de la pénibilité !

Olivier Dussopt ministre · RE #205

Nous avons décidé, sous l’autorité de Mme la Première ministre, d’ouvrir un dernier cycle de concertation sur la réforme des retraites. L’ensemble des organisations syndicales et des organisations d’employeurs siégeant au Conseil d’orientation des retraites (COR) m’ont indiqué qu’elles participeront, dès demain, à la première réunion multilatérale de concertation que j’organise dans ce cadre. Nous ouvrons ce cycle afin de définir le contenu de la réforme, d’arrêter un ensemble de décisions et de trouver un maximum de compromis d’ici à la fin de l’année. Je sais parfaitement que certains désaccords seront difficiles, voire impossibles, à surmonter. L’objectif ultime consiste à proposer cette réforme au Parlement – où se tiendra un débat politique et démocratique – pendant l’hiver, pour qu’elle soit applicable au cours de l’été 2023.Nous avons plusieurs buts : sauver le système par […]

La parole est à M. Sébastien Jumel.

Il ne m’a pas échappé qu’en 2020, en pleine crise sanitaire, vous avez actionné l’article 49, alinéa 3. Il a dû vous échapper, en revanche, que l’Assemblée d’aujourd’hui n’est plus l’armée de Playmobil d’hier et que les conditions politiques sont réunies pour consulter le peuple français sur une question d’une telle importance. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR-NUPES, RN, LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES.)

Aide aux entreprises face à l’inflation

La parole est à Mme Louise Morel.

Ma question s’adresse à Bruno Le Maire, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique. Tout d’abord, je tiens à saluer, au nom du groupe Démocrate, l’action du Gouvernement face à la crise énergétique d’une ampleur exceptionnelle que nous traversons. Au total, l’État a engagé plus de 53 milliards d’euros pour protéger les Français en instaurant un bouclier tarifaire sur les prix du gaz et de l’électricité, mais également en distribuant un chèque énergie de 100 euros dont bénéficient près de 6 millions de foyers, ou encore en prenant des mesures de soutien aux ménages se chauffant au fioul. Sans ces mesures, la facture des Français aurait augmenté de plusieurs centaines d’euros par mois.En revanche, pour les professionnels, si des dispositifs d’accompagnement sont prévus, les critères d’accès aux aides sont vraisemblablement trop restrictifs. […]

Bravo !

La parole est à M. le ministre délégué chargé de l’industrie.

Roland Lescure ministre délégué chargé de l’industrie · EPR #218

Merci pour cette question. Elle rejoint celles de plusieurs de vos collègues qui, sur tous les bancs, nous interpellent régulièrement pour souligner que les entreprises sont confrontées à de très fortes hausses des prix de l’énergie, auxquelles nous devons faire face et sur lesquelles nous devons agir.Je vous prie d’abord d’excuser l’absence de Bruno Le Maire qui se trouve à Luxembourg où il participe, précisément, au Conseil des ministres de l’Union européenne pour les affaires économiques et financières (Ecofin), afin de négocier les nouveaux paramètres des aides d’État qui nous permettront d’amplifier et de simplifier le plan de soutien aux entreprises dites énergo-intensives. Comme vous l’avez indiqué, les critères actuels sont trop restreints et nous empêchent de toucher les entreprises qui en ont réellement besoin.Depuis un an, en anticipation de la crise, le Gouvernement a […]

Les cas particuliers sont nombreux !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #223

Je le sais. Nous les examinerons tous – c’est la raison d’être des CRP.Je tiens à conclure en faisant appel à la solidarité nationale : l’industrie française nous appartient à tous et à toutes. Comme Mme la Première ministre l’a annoncé, Bruno Le Maire, Agnès Pannier-Runacher, Olivia Grégoire et moi-même réunirons demain les fournisseurs d’énergie pour les inciter à prendre leur part aux efforts de soutien à l’industrie. Les donneurs d’ordre et les distributeurs doivent en faire autant. Marc Fesneau et moi-même les avons réunis ces derniers pour que l’industrie agroalimentaire ne soit pas une victime de la crise. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur quelques bancs du groupe RE.)

Gestion de l’immigration

La parole est à M. Emmanuel Blairy.

Ma question s’adresse à M. le ministre de l’intérieur. Emmanuel Macron veut accélérer la répartition des migrants dans nos villages. Cette immigration, qui sature les villes, vous voulez en déverser le trop-plein dans les campagnes. C’est aussi un signal clair envoyé aux vagues migratoires prêtes à déferler : « La France est à vous ! »Mais la France n’est pas un hôtel : c’est la maison des Français ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)Le peuple doit pouvoir décider où, quand, comment, pour qui et pour combien de temps il fait preuve d’hospitalité. Les électeurs de 22 000 de nos communes – deux sur trois – ont choisi Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.) Nous, députés de la nation, les voyons et les entendons, ces élus locaux que vous méprisez tant.Roeux a besoin de médecins, Ayette a besoin de […]

Bravo !

Nos villages ont besoin de plus de services publics, de plus d’emplois et de plus d’écoles. Non, la ruralité n’a pas besoin de plus de migrants.Ce n’est pas seulement l’Assemblée nationale qu’Emmanuel Macron souhaite dissoudre, c’est le pays tout entier. Les Français doivent savoir que leurs élus Rassemblement national font et feront tout pour empêcher cette folie. Nous pensons que c’est le peuple qui doit trancher. Le seul moyen de procéder, vous le connaissez : le référendum. Vous le refusez aujourd’hui ? Nous le ferons demain !Alors, monsieur le ministre, vous qui avez établi un lien entre immigration et insécurité, allez-vous écouter l’immense majorité des Français et protéger notre « douce France, cher pays de [notre] enfance » ? (Mêmes mouvements.)

La parole est à Mme la secrétaire d’État chargée de la citoyenneté.

Sonia Backès secrétaire d’État chargée de la citoyenneté #236

Le Président de la République et le ministre de l’intérieur et des outre-mer l’ont répété : notre politique migratoire doit évoluer.

Sonia Backès secrétaire d’État #238

Dans cette perspective, nous devons être plus durs avec ceux qui n’ont pas vocation à rester sur le sol français et faire plus d’efforts avec ceux qui ont vocation à y rester, pour qu’ils s’intègrent mieux dans la société française, pour qu’ils partagent notre langue, nos valeurs, nos règles et nos lois.

Cinq ans pour rien !

Sonia Backès secrétaire d’État #240

Ainsi, l’intégration des étrangers en situation régulière est un enjeu majeur de notre politique migratoire. Nous en sommes conscients, le système actuel, qui conduit à une concentration anormale dans certains territoires, dans certains quartiers, n’est pas satisfaisant.

Sonia Backès secrétaire d’État #242

Est-il soutenable que 50 % des demandeurs d’asile se présentent en Île-de-France, là où, précisément, tous les dispositifs de prise en charge sont totalement saturés ? À l’évidence, non.

Commencez par renvoyer les criminels chez eux, ça fera de la place !

Sonia Backès secrétaire d’État #244

Nous devons donc mieux répartir pour mieux intégrer.

Dehors ! Qu’ils partent !

Sonia Backès secrétaire d’État #246

Les enfants des étrangers en situation régulière seront les Français de demain. Nous devons tout faire pour qu’ils partagent notre langue, nos valeurs, nos lois,…

Sonia Backès secrétaire d’État #248

…pour qu’ils intègrent nos entreprises quand elles ont besoin de main-d’œuvre.Au demeurant, ce mécanisme existe déjà. Il fonctionne. Il a fait ses preuves pour les demandeurs d’asile. Nous l’avons testé à grande échelle avec l’accueil des personnes déplacées d’Ukraine.

Rien à voir !

Sonia Backès secrétaire d’État #251

Une grande partie a afflué en quelques jours à Paris, à Strasbourg ou à Nice.

Et les violeurs ?

Sonia Backès secrétaire d’État #253

Une fois l’accueil d’urgence garanti, nous leur avons proposé d’être hébergés partout sur le territoire. Cela a fonctionné. De la même façon, les déplacés ukrainiens accueillis depuis la Moldavie ont été directement orientés en Nouvelle-Aquitaine. Cela a fonctionné. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.) La France n’aurait pas été en mesure d’accueillir correctement ces personnes si nous les avions maintenues à Paris, en Île-de-France ou aux abords des métropoles, dans ces quartiers qui souffrent déjà de nombreuses difficultés économiques et sociales.

Ça n’a rien à voir, vous mélangez tout !

Sonia Backès secrétaire d’État #255

Nous devons aujourd’hui développer ce mécanisme, l’étendre au plus grand nombre, notamment à travers des mesures incitatives. C’est l’intérêt de tous les Français. (Mêmes mouvements.)

Non, ils sont contre !

Sonia Backès secrétaire d’État #257

C’est le travail que nous menons en concertation avec les territoires. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE.)

La parole est à M. Emmanuel Blairy.

Sachez que les villes qui ont accueilli les Ukrainiens ont reçu zéro centime.

Zéro !

Je tenais à le souligner. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Crise énergétique

La parole est à Mme Sabrina Sebaihi.

Madame la Première ministre, il aura fallu attendre la guerre en Ukraine pour vous entendre enfin prononcer les mots « sobriété » et « économies d’énergie », alors que la loi « climat et résilience » était terriblement éloignée des recommandations de la Convention citoyenne pour le climat.

Que de temps perdu à nous traiter d’Amish, nous qui parlions déjà de sobriété à l’époque.

Vous n’avez pas le monopole de l’écologie ! Ce sujet est trop sérieux pour vous !

Alors que les prix flambent, nous avons droit à un véritable défilé de mode de votre Gouvernement, avec des ministres arborant cols roulés ou doudounes en pleine fashion week.

C’est mieux qu’une marinière !

Je suis au regret de vous l’apprendre mais vous n’êtes pas sur un podium, vous êtes aux responsabilités dans ce pays.Madame la Première ministre, celles et ceux qui ont froid ne portent pas de cols roulés. Ils accumulent les couches de vêtements et de couvertures, ils se massent dans les 450 000 logements considérés comme indignes, ils sont les 2,3 millions de personnes en attente de logement social. (Applaudissements sur les bancs des groupes Écolo-NUPES, LFI-NUPES et sur quelques bancs des groupes SOC et GDR-NUPES.)Sur cette question, votre projet de loi de finances pour 2023 n’est pas à la hauteur des défis, d’abord parce que les bailleurs sont dépourvus d’aides structurelles pour massifier le parc et assurer la rénovation énergétique. Ils sont comme le service public : abandonnés. Ensuite, parce que les mesures telles que le bouclier tarifaire sont trop faibles et de court terme. […]

C’est faux !

Qu’allez-vous répondre aux écoles et aux universités ? L’université de Nanterre connaît une augmentation de sa facture énergétique de 600 %. Vos décisions mettent en danger la continuité du service public, des hôpitaux, des collectivités, des écoles et j’en passe.Madame la Première ministre, vous pouvez couper le chauffage chez vous, mais beaucoup de Français ne vont pas l’allumer de sitôt et ce n’est pas par choix. Le vrai courage politique, c’est de déclarer l’état d’urgence énergétique et de prendre des mesures pour les millions de Français qui vivent dans la précarité énergétique. (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES, SOC et GDR-NUPES.)

Bravo !

Il faut arrêter les éoliennes !

La parole est à M. le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Christophe Béchu ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires #280

L’urgence climatique est là. Elle nécessite que la sobriété ne soit pas le mot d’ordre uniquement pour l’hiver prochain.Lorsque vous accusez le Gouvernement d’inaction sur le front de la lutte contre la crise énergétique, vous tapez à côté. Notre pays est celui qui a engagé les sommes les plus importantes afin de protéger ses citoyens. Le bouclier tarifaire que nous avons instauré vaut pour la totalité des ménages mais aussi pour les offices HLM et il couvre le dépassement des factures. Pendant ce temps, en Angleterre ou dans des pays européens comme les Pays-Bas ou l’Allemagne, on a multiplié par deux, par trois ou par quatre le montant de la facture énergétique. Voilà qui montre la réalité de notre effort.Vous avez évoqué les besoins qui seraient ceux des collectivités locales, des administrations et des entreprises. Or la Première ministre a précisé, il y a quelques minutes, que […]

Soutien de la France aux femmes iraniennes

La parole est à M. Hadrien Ghomi.