Séance du 18 octobre 2022 /// n°24 /// 881 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2022-2023

Séance du 18 octobre 2022 — 24e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

881prises de parole
134orateurs
34points à l'ordre du jour
3scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
338 l'article 4 du projet de loi de finances pour 2023 (première lecture). 103 / 78 adopté
339 l'amendement n° 3339 de M. Jolivet après l'article 4 du projet de loi de finances pour 2023 (première lecture). 60 / 90 rejeté
340 l'amendement n°1562 de Mme Bonnivard après l'article 4 du projet de loi de finances pour 2023 (première lecture). 91 / 124 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 881 — page 1 / 5.

Yaël Braun-Pivet president · EPR #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à quinze heures.)

Questions au Gouvernement

Yaël Braun-Pivet president · EPR #6

L’ordre du jour appelle les questions au Gouvernement.

Recours au 49.3

La parole est à M. Éric Coquerel.

Madame la Première ministre, vous avez annoncé dimanche, lors d’un journal télévisé, le recours à l’article 49, alinéa 3, de la Constitution, sur le projet de loi de finances pour 2023 dont nous débattons pourtant avec sérieux depuis dix jours. Vous y avez également estimé qu’une minorité de grévistes ne pouvait imposer ses vues à un accord prétendument majoritaire. Même si je m’oppose à ce point de vue quant au conflit en cours, je me demande pourquoi vous n’appliquez pas cette logique à vous-mêmes : vous êtes un gouvernement minoritaire, qui censure des amendements adoptés par une majorité des membres de l’Assemblée nationale, et impose un budget antisocial en recourant au 49.3. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)Vous avez consulté lundi les présidents des groupes de la majorité, puis certains de l’opposition, tout en en ignorant d’autres. Quelle indécence que […]

Nous n’avons pas le choix !

C’est la marque d’un régime en crise. C’est, pour un gouvernement, faire preuve d’autoritarisme et avouer sa faiblesse. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES. – « Oh ! » sur plusieurs bancs du groupe RE.) Priver ainsi l’assemblée du droit d’exercer la souveraineté populaire par le vote, c’est déroger à une règle précieuse et fragile : celle de la démocratie.Ma question est donc la suivante : pourriez-vous nous assurer que vous abandonnerez ce funeste projet, que vous nous laisserez poursuivre nos débats jusqu’au bout et que vous soumettrez au vote le projet de budget, même profondément modifié par les parlementaires ?

On connaît la réponse !

En un mot, respecterez-vous l’Assemblée nationale, sans la brutaliser par un coup de force de minoritaires ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Eh non !

La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

De la dette et du 49.3 !

Bruno Le Maire ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique · LaREM #21

Nous menons, depuis une semaine, un débat de qualité sur le texte le plus important que nous ayons à voter, celui qui engage les finances publiques de la France pour 2023. Je tiens à vous en remercier personnellement, monsieur le président Coquerel car, en tant que président de la commission des finances, vous avez participé à la sérénité de ces discussions.

Ah !

Arrêtez les hypocrisies !

Bruno Le Maire ministre · LaREM #24

Je tiens à remercier le rapporteur général du budget, Jean-René Cazeneuve (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE, Dem et HOR), qui a accompli un travail exceptionnel depuis plusieurs jours afin de garantir la qualité de nos travaux. Je tiens également à remercier la majorité, ainsi que tous les parlementaires de tous les groupes sur ces bancs qui ont participé à la qualité de ces débats.

Mais ce n’est pas fini, hein ?

Bruno Le Maire ministre · LaREM #26

Ces débats, nous les poursuivrons (« Ah ! » sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.) Ils sont de qualité, je le répète, ils sont nécessaires sur tous les sujets que vous avez évoqués et ils nous permettront d’adopter, à l’issue, un budget de protection, c’est-à-dire un budget visant à protéger les Français de l’inflation, de la vie chère, de l’augmentation des prix du gaz et de l’électricité, et à garantir la réindustrialisation de la France ainsi que le bon fonctionnement des services publics, bref, un budget équilibré, à la hauteur des ambitions de la majorité de concilier protection et rétablissement des finances publiques. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.)Ensuite, viendra le temps de la décision. Et la majorité,…

Bruno Le Maire ministre · LaREM #29

…car nous sommes et vous êtes la seule majorité légitime (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Protestations sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES), celle qui a été choisie par le peuple français, mesdames et messieurs de la majorité.

Et nous, on a été choisis par qui ?

Bruno Le Maire ministre · LaREM #31

La majorité prendra ses responsabilités et les minorités – celles qui sont dans l’opposition – prendront les leurs afin que, au bout du compte, la France dispose d’un budget pour l’année 2023.

Et le 49.3 ?

Bruno Le Maire ministre · LaREM #33

Ce que vous contestez en réalité, monsieur Coquerel, c’est que nous ne sommes pas encore dans la VIe République : nous sommes en Ve République et, dans cette République, l’exécutif et le Gouvernement prennent les décisions !

Et le 49.3 ?

Pénurie de carburants

La parole est à M. Jean-Paul Mattei.

Madame la Première ministre, à l’heure où je vous parle, 30 % des stations-services sont à sec.

C’est vrai.

Je sais votre implication personnelle, depuis plusieurs semaines, pour sortir de ce conflit qui pénalise l’ensemble des Français, à la ville comme à la campagne : ce matin encore, c’est une infirmière qui n’a pas pu se rendre chez ses patients leur prodiguer des soins pourtant très attendus ; c’est un agriculteur qui est à court de gazole pour accomplir ses travaux d’automne ; c’est un salarié qui, habitant en milieu rural, n’a pu rejoindre son entreprise.Pourtant, les négociations ont eu lieu entre les entreprises concernées et les syndicats. Certains ont d’ailleurs estimé que les résultats obtenus étaient satisfaisants…

…et d’autres bloquent encore, comme chez Total, malgré un accord majoritaire. Cela revient à prendre la France et les Français en otage. (« Oh ! » sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Comment imaginer que dans une démocratie, une centaine de personnes parvienne ainsi à bloquer une partie du pays ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

Vous parlez des membres du Gouvernement ?

L’équilibre de notre société est fragile. Nous avons besoin d’apaisement et nous apportons aujourd’hui les meilleures réponses possibles : le taux d’inflation en France est le plus bas d’Europe ; l’État a protégé le pouvoir d’achat depuis 2020 et les Français le savent.

En revanche, ce que les Français ne comprennent pas, c’est lorsque les résultats de leur entreprise, parfois importants, ne sont pas répartis justement et que les salariés n’en bénéficient pas aussi.

Tout à fait !

Madame la Première ministre, vous avez eu le courage de prendre un certain nombre de réquisitions. Il faut désormais montrer aux Français que nous les entendons pour sortir de ce conflit au plus vite, pour rendre à chacun ce droit fondamental qu’est celui de se déplacer et leur garantir que la France gardera toujours comme boussole la justice sociale, qui assure la cohésion de notre société et la préservation de nos talents. (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem, RE et HOR.)

La parole est à Mme la Première ministre.

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #50

Je mesure pleinement les difficultés de millions de Français qui, aujourd’hui encore, sont pénalisés par le mouvement de grèves dans les dépôts pétroliers et les raffineries. Ce sont des Françaises et des Français qui ont besoin de leur véhicule dans leur quotidien ou pour se rendre au travail ; ce sont des personnes âgées, vous l’avez dit, qui craignent de ne pas recevoir la visite d’un infirmier ou d’une aide à domicile ; ce sont aussi des familles qui s’inquiètent, à quelques jours des congés de la Toussaint.Depuis plusieurs semaines, en lien avec le Président de la République, le Gouvernement est pleinement mobilisé et je veille personnellement à l’implication de tous les services de l’État dans la cellule interministérielle de crise que je réunis quotidiennement.Dès les premiers jours du conflit, nous avons agi : ainsi, nous avons libéré les stocks stratégiques de l’État, augmenté […]

Quel succès !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #55

Dans ces deux entreprises, les négociations salariales ont débouché sur la signature d’accords par des syndicats représentant la majorité des salariés. Dès lors, il n’est pas acceptable qu’une minorité continue de bloquer le pays (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE, Dem et HOR) et il est temps que le travail reprenne.C’est pourquoi, en responsabilité, j’ai demandé aux préfets de réquisitionner les salariés nécessaires au fonctionnement de certains dépôts. (Mêmes mouvements.) Grâce à la sortie du conflit chez Esso, grâce à l’ensemble des mesures que nous avons prises,…

Depuis les dernières annonces, il y a encore plus de grèves !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #58

…nous connaissons une amélioration sensible de la situation. Sur le plan national, moins de 25 % des stations-services étaient en rupture à midi, contre 30 % le week-end dernier. Dans les Hauts-de-France, le nombre de stations en rupture est passé de 55 % à 18,5 % ce matin. En Île-de-France, les produits pétroliers arrivent de nouveau. Nous devons relever le défi de la logistique et je peux vous assurer que les services de l’État sont mobilisés pour appuyer ces organisations. Dans cette région, le nombre de stations-services en rupture a baissé de quatre points depuis hier.

Cela devenait urgent !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #60

Je voudrais saluer particulièrement les transporteurs routiers qui sont pleinement engagés en Île-de-France pour nous aider à sortir de cette situation difficile. Enfin, avec le déblocage du dépôt de Feyzin, nous devrions obtenir une amélioration sensible en Auvergne-Rhône-Alpes.Je sais que la situation est encore loin d’être satisfaisante pour beaucoup de Français et que des disparités fortes existent entre les territoires. J’appelle de nouveau les salariés grévistes à se montrer responsables et à reprendre le travail. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE, Dem et HOR.) Pour notre part, nous continuerons à agir et à intervenir sur les points de blocage. Les services de l’État seront mobilisés jusqu’au retour à une situation normale. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

Revalorisation du pouvoir d’achat

La parole est à M. Jean-Paul Lecoq.

Les actionnaires du groupe Total ont perçu en 2021 9 milliards d’euros ; son PDG a augmenté son salaire de 52 % ; mais ses salariés doivent se partager les miettes !Alors, d’où vient la violence ? Selon le Gouvernement, elle émanerait des salariés qui exigent pourtant, simplement, de vivre de leur travail ! Le combat engagé chez Total, Lubrizol, la compagnie industrielle maritime (CIM) et dans tous les services publics est légitime ! Ça suffit de soutenir la violence patronale en accusant les salariés qui défendent leurs droits de mener une grève illégitime !Votre camp est celui des privilégiés ! Votre méthode, c’est la réquisition, la matraque, le 49.3 pour ceux qui refusent de vous suivre ! (« Oh ! » sur les bancs du groupe RE.) Vous méprisez le peuple !

Le peuple, à 3 000 euros par mois ?

Vous n’avez que faire des conditions de vie des gens ! Votre seul conseil : c’est de porter un pull à col roulé cet hiver !Jamais nous n’aurions cru atteindre un tel niveau d’indignité et de mépris ! Surtout lorsqu’on sait que 157 milliards d’euros d’argent public sont consacrés, chaque année, aux aides aux entreprises, aides qui, pour une grande part, vont directement dans les poches des actionnaires. C’est plus que les budgets de l’éducation, de la santé et de l’environnement réunis ! Vous refusez la conditionnalité des aides publiques ! Vous refusez même une réelle solidarité nationale par l’impôt !Ruissellement, loi du marché pour réguler l’économie : plus personne n’y croit ! Mais ça reste votre dogme !Vous attaquez le droit de grève et vous refusez d’utiliser les leviers politiques qui permettraient de maintenir le pouvoir d’achat, comme l’augmentation du Smic, le relèvement du […]

La parole est à M. le ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion.

Olivier Dussopt ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion · RE #73

Vous nous demandez des actes : ils sont là. Dès le mois de juillet, le Parlement a voté une loi qui soutient le pouvoir d’achat. Elle prévoit des aides pour les ménages les plus fragiles, et facilite également les dispositifs d’intéressement et de partage de la valeur : dans toutes les entreprises qui le peuvent, il est ainsi possible d’accorder aux salariés des primes de partage de la valeur et des primes exceptionnelles de pouvoir d’achat.La majorité a de surcroît veillé à anticiper la revalorisation des minima sociaux et des retraites, pour protéger le pouvoir d’achat des Français. Elle veille en outre à ce que, branche par branche, dans le respect du dialogue social, des négociations s’ouvrent afin que les minima conventionnels soient systématiquement supérieurs au Smic, et que l’ensemble des niveaux de rémunération déterminés par les conventions collectives soient réactualisés.Nous […]

Vous ne le faites pas par les salaires !

Olivier Dussopt ministre · RE #77

Nous le faisons grâce à des dispositifs de partage de la valeur, d’octroi de primes et d’accompagnement des salariés. Nous le faisons par la revalorisation de revenus sociaux qui sont fondamentaux – vous le savez – pour maintenir le pouvoir d’achat des personnes concernées.Derrière chacune de ces actions, il y a une volonté politique, celle de la majorité et du Gouvernement. Derrière chacune de ces actions, il y a le respect du cadre légal. Mme la Première ministre l’a affirmé : chacune des réquisitions effectuées était proportionnée et a été validée par la justice. Il y a une différence entre votre discours quelque peu caricatural – permettez-moi de le dire – et nos actes : elle s’appelle l’efficacité et le réalisme. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.)

L’efficacité ? Des preuves !

Aide sociale à l’enfance

La parole est à Mme Michèle Peyron.

Ma question s’adresse à Mme la secrétaire d’État chargée de l’enfance. C’est choqués et indignés que nous avons découvert, avant-hier, le reportage diffusé sur M6 dans « Zone interdite ». Ce reportage, qui fait suite à celui qui a été diffusé en 2019 – et qui avait déjà chamboulé la société – montre à nouveau le quotidien inacceptable de certains enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance (ASE). (Exclamations sur quelques bancs du groupe RN.) Nous ne pouvons détourner le regard de ces situations d’une extrême gravité qui surviennent dans certains départements. Si la responsabilité en est partagée, je souhaite néanmoins souligner que la majorité des professionnels de la protection de l’enfance effectuent un travail formidable d’accompagnement de ces jeunes vulnérables. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE et Dem. – Mme Sophie Taillé-Polian applaudit également.) Je veux […]

La parole est à Mme la secrétaire d’État chargée de l’enfance.

Charlotte Caubel secrétaire d’État chargée de l’enfance #85

Personne ne doit détourner le regard face aux drames et aux dysfonctionnements qui ont été à nouveau relatés dans le reportage que vous avez évoqué. Ces images sont intolérables, parce qu’elles concernent des enfants dont la vie est déjà fracturée et cabossée. Nous devons tous prendre nos responsabilités.

Surtout vous !

Charlotte Caubel secrétaire d’État #87

Le Président de la République a pris ses responsabilités en plaçant l’enfance et la protection de l’enfance au cœur du quinquennat. (Plusieurs députés des groupes LR et RN font des gestes de dénégation.) Le Gouvernement et la majorité ont pris leurs responsabilités avec la loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants – vous en étiez, madame la députée.

Et concrètement ?

Charlotte Caubel secrétaire d’État #89

Il est maintenant de ma responsabilité de la mettre concrètement en œuvre. (« Quand ? Ce n’est pas trop tôt ! » sur les bancs du groupe RN.) J’y travaille avec détermination, avec l’ensemble des membres du Gouvernement concernés,…

Quelles responsabilités avez-vous prises ? Quels actes avez-vous engagés ?

Charlotte Caubel secrétaire d’État #91

…notamment pour renforcer les contrôles des antécédents judiciaires de tous les professionnels qui entourent les enfants, mais aussi, entre autres, pour mettre fin au placement des enfants dans des hôtels sociaux.Je veux m’appuyer sur les comités départementaux de la protection de l’enfance prévus par la loi, qui réuniront, autour des préfets, les procureurs de la République, les recteurs, les directeurs des agences régionales de santé (ARS) et l’ensemble des acteurs concernés, pour répondre au mieux aux situations de chaque enfant en danger.

Quelles actions concrètes ?

Charlotte Caubel secrétaire d’État #94

Les présidents des départements, que nous avons rencontrés lors de leur congrès, veulent aussi assumer leurs responsabilités, y compris ceux qui sont impliqués dans le reportage. Pour sa part, l’État doit faire encore davantage. C’est pourquoi j’ai proposé, dans le projet de loi de finances que vous êtes en train d’examiner, le recrutement de cinquante agents d’État supplémentaires, qui renforceront les contrôles auprès de l’ensemble des services.

Qui êtes-vous ?

Personne ne vous connaît !

Charlotte Caubel secrétaire d’État #97

Nous devons tous agir en responsabilité ; il y va de la protection des enfants et des professionnels qui les accompagnent. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et Dem.)

Mort de Lola

La parole est à M. Éric Pauget.

Je veux avoir une pensée pour Lola, victime d’un crime abominable. En tant que député, je me joins à l’émotion nationale ; en tant que père, je m’incline devant la douleur d’une famille brisée et inconsolable. L’horreur n’a pas de nom ; la barbarie n’a pas d’excuse ; et si la pudeur devrait m’empêcher de vous poser cette question, monsieur le garde des sceaux, la colère ne peut m’en dissuader.Elle s’appelait Lola, elle avait 12 ans et elle avait toute la vie devant elle. Mais par la faiblesse de la République, elle a vécu la douleur, la torture et la barbarie en plein Paris. Par le laxisme de votre politique d’immigration, cette enfant a été martyrisée, violée, tuée par une clandestine qui faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). (Applaudissements sur les bancs des groupes LR et RN. – Protestations sur les bancs des groupes RE, Dem et GDR-NUPES.)

C’est scandaleux !

Le défaut d’exécution de telles décisions de justice rend votre ministère responsable de ces drames. (Protestations prolongées sur les bancs du groupe RE.) Je regrette d’avoir à vous imputer ces résultats, mais les chiffres de votre administration sont implacables : 80 % des OQTF ne sont toujours pas exécutées (Applaudissements sur les bancs du groupe RN), et le nombre de retours forcés vers l’Algérie a chuté de 94 % entre 2020 et 2021. Lola a perdu la vie parce que vous n’avez pas procédé à l’expulsion de cette ressortissante qui n’avait plus rien à faire ici.

Honte à vous Pauget ! Vous êtes indécent, vous ne respectez rien ! Rejoignez le Rassemblement national !

Telle est la lourde conséquence de votre inaction.

Dehors !

Je ne sais si la justice des hommes sera à la hauteur de l’impardonnable, mais je réclame un droit au procès pour Lola. La France ne saurait tolérer l’irresponsabilité de bourreaux qui n’ont leur place que dans l’avion ou en prison.

Quelle récupération abjecte !

L’expulsion des délinquants étrangers doit être obligatoire et automatique car, une fois de plus, le lien entre l’immigration incontrôlée et la criminalité est évident. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LR et RN.)

On touche le fond !

Un peu de calme, s’il vous plaît !

C’est incroyable !

La parole est à M. le garde des sceaux, ministre de la justice. (Huées sur les bancs du groupe RN.)

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux, ministre de la justice #114

Une petite fille de 12 ans est morte dans des conditions atroces. Comme vous, monsieur le député, je pense à ses parents, écrasés par le poids du chagrin.Nous essayons de rapatrier le corps de cette enfant de l’endroit d’où sa famille est originaire. Celle qui fait figure de principale suspecte a 24 ans. Elle est inconnue des services de police…

OQTF !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #117

…en dehors du fait qu’elle a été victime, semble-t-il, de violences – c’est comme cela que les services de police la connaissent. (Exclamations sur les bancs du groupe LR. – « Ah, c’est une victime ! » sur plusieurs bancs du groupe RN.)Une OQTF lui a été délivrée le 22 août, sans obligation de quitter immédiatement le territoire national ; il s’agit d’un départ volontaire. (M. Jocelyn Dessigny s’exclame.) Il n’y avait aucune raison qu’il en soit autrement.

Mais bien sûr !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #120

Telles sont nos règles, et nous ignorons, au moment où je vous parle, si un recours a été intenté par l’avocat de cette jeune femme.Pour le reste, voici le fond de ma pensée : faire de la petite politique, de la petite « poloche » (Applaudissements sur les bancs du groupe RE. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LR et RN), se servir du cercueil d’une gamine de 12 ans comme on se sert d’un marchepied, c’est une honte, monsieur le député. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, LFI-NUPES, Dem, SOC, HOR, Écolo-NUPES, GDR-NUPES et LIOT.) À l’atrocité la plus absolue, n’ajoutez pas le commerce indigne de la démagogie. Mais j’imagine que le meilleur reste à venir, dans quelques instants, car vous êtes toujours au rendez-vous du malheur, dont, depuis des années, vous faites votre miel. (Mmes et MM. les députés des groupes RE, LFI-NUPES, Dem, SOC, HOR, Écolo-NUPES, GDR-NUPES […]

Assumez vos défaites !

Augmentation des salaires

La parole est à Mme Sophie Taillé-Polian.

Nous faisons face à une crise sociale majeure ; le pays est bloqué. Vous en êtes responsables, car votre politique se résume à des incantations face aux salaires trop bas. M. Le Maire a demandé gentiment aux entreprises d’augmenter les salaires, en janvier, en mai, en juin, en juillet, en août, et encore il y a cinq jours. Pour quel résultat ? Rien. Cela ne marche pas. Peut-être avez-vous un léger problème de crédibilité, après avoir augmenté les fonctionnaires de seulement 3,5 %, ce qui est notoirement insuffisant face à l’inflation, surtout après des années de gel des salaires !La perte de pouvoir d’achat est massive pour les salariés. Entendez la réalité ! À cause de votre inaction, et à défaut de votre soutien, les salariés en sont réduits soit à se taire, soit à se mettre en grève. Pourtant, ce n’est pas facile de faire la grève ; cela nécessite du courage et des sacrifices. […]

La parole est à M. le ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion.

Olivier Dussopt ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion · RE #128

Je suis heureux de vous retrouver, madame la députée, après avoir répondu à ces mêmes questions lorsque vous étiez sénatrice, il y a encore quelques mois.

Eh oui, c’est la continuité !

Olivier Dussopt ministre · RE #130

Je constate que vous faites preuve d’une certaine constance,…

Elle, au moins, elle en a !

Olivier Dussopt ministre · RE #132

…mais une constance à travestir la réalité. (M. Laurent Croizier applaudit.) La réalité, c’est que nous protégeons le pouvoir d’achat comme personne ne l’a jamais fait. Je ne reviendrai pas sur les éléments que j’ai évoqués tout à l’heure. Je rappellerai seulement que la loi portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat, entrée en vigueur avec effet rétroactif au 1er juillet, a apporté des réponses supplémentaires tant en ce qui concerne les tarifs de l’énergie que le partage de la valeur.Vous évoquez le Smic : il a augmenté de 8 %, soit une hausse supérieure à l’inflation – et c’est tant mieux. Cela permet de protéger les salaires et le pouvoir d’achat de ceux qui sont les moins bien rémunérés, et cela conduit automatiquement les branches à revoir les minima conventionnels et à ouvrir des négociations. Depuis le premier août, pas moins de soixante branches y procèdent.

Ce n’est pas automatique !

Olivier Dussopt ministre · RE #135

C’est bel et bien automatique, car c’est prévu par la loi. D’ailleurs, grâce à la majorité, la loi de juillet a réduit à quarante-cinq jours le délai maximum pour ouvrir le dialogue de branche relatif à la négociation des minima conventionnels. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE et Dem.) Vous prétendez que nous sommes responsables des blocages, alors que vous-mêmes entretenez des mouvements qui n’ont plus lieu d’être. La réalité, c’est que vous vivez dans votre monde. Vous ne partagez rien des difficultés des Français ; vous ne voyez rien ni des efforts engagés, ni de l’efficacité des résultats que nous obtenons. (Mêmes mouvements.)

La parole est à Mme Sophie Taillé-Polian.

Au Sénat, monsieur le ministre, vous évitez les attaques personnelles, alors que dans l’hémicycle, évidemment, vous y cédez. Au cours des deux premiers trimestres de 2022, les salaires réels ont chuté de 1,9 % et 3 %, tandis que le pouvoir d’achat par unité de consommation reculait de 1,8 % et 1,2 %. La réalité sociale est là, et non pas dans vos éléments de langage qui ne trompent personne. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Écolo-NUPES, LFI-NUPES, SOC et GDR-NUPES.)

Risque de fermeture du site d’AstraZeneca à Reims

La parole est à M. Xavier Albertini.

J’associe à cette question ma collègue Lise Magnier.Monsieur le ministre de l’économie, AstraZeneca a annoncé le 20 septembre la fermeture en 2024 de son site de conditionnement et de distribution de Reims. Les 120 salariés redoutaient depuis des mois ce couperet. Cette annonce est un paradoxe : nous parlons d’une multinationale florissante qui a réalisé plus de 37 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2021.L’usine de Reims existe depuis cinquante ans et fait partie du patrimoine industriel de notre ville. Cette fermeture annoncée est donc tout un symbole. Elle est due à la stratégie d’un géant pharmaceutique qui, après avoir racheté ce site en 2020, va s’en séparer à peine quatre ans plus tard, préférant diriger ses investissements vers des destinations plus exotiques.À l’heure où se pose à nous le défi de la souveraineté pharmaceutique, mis en exergue par la crise sanitaire que […]

La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Bruno Le Maire ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique · LaREM #149

Le groupe AstraZeneca a effectivement annoncé son intention de fermer le site de Reims. Les salariés concernés sont au nombre de 119. Nous sommes en discussion avec AstraZeneca ; quelle que soit la décision qui en résultera, chaque salarié aura droit à un accompagnement exemplaire. En cas de fermeture de l’usine, le site pourra également être repris, ce à quoi nous vous proposons de travailler ensemble.Je rappelle que le groupe AstraZeneca a décidé d’investir 450 millions d’euros en France, notamment sur le site de Dunkerque – je doute qu’il fasse partie des « destinations exotiques » que vous évoquiez –, ce qui se traduira par la création d’emplois.Plus généralement, notre stratégie de réindustrialisation du pays produit des résultats. Grâce aux décisions prises par la Première ministre, par le Président de la République depuis plusieurs années – baisse des impôts de production […]

À vous en croire, tout va bien !

C’est extraordinaire !

Mort de Lola

La parole est à Mme Marine Le Pen.

Madame la Première ministre, ce vendredi, le temps s’est arrêté un instant pour chacun d’entre nous. La France s’est figée de stupeur, de douleur et d’horreur en apprenant le supplice de la petite Lola, cette jeune collégienne à qui la vie a été enlevée, en plein jour et en plein Paris, de la pire des manières. La compassion du pays à l’égard de sa famille, dont chacun a conscience qu’elle pourrait être la nôtre, est profonde.Une fois de plus, la suspecte de cet acte barbare n’aurait pas dû se trouver sur notre territoire, et ce depuis plus de trois ans. Une fois de trop !Vous ne pourrez pas évacuer le sujet, comme vous le faites systématiquement et comme vient de le faire M. le ministre de l’injustice, en criant à la récupération et en attaquant par cet argument éculé ceux qui s’en scandalisent.

Ce n’est pas faux.

Trop de crimes et de délits sont commis par des immigrés clandestins…

Vous nous faites honte !

…qu’on n’a pas voulu ou pas su renvoyer chez eux. Didier Lallement, l’ancien préfet de police de Paris, l’écrit lui-même dans son livre L’ordre nécessaire : « À Paris, un délit sur deux est commis par un étranger, souvent en situation irrégulière. »Cent fois nous vous avons interpellés au sujet de ce laxisme migratoire, de ces OQTF dont 90 % ne sont pas suivies d’effets. Je l’ai encore fait le 12 juillet, sans réponse.

Décidément, le FN n’a pas changé en cinquante ans !

La prise de parole pour le moins tardive du Gouvernement sur cet insoutenable assassinat prouve que vous n’avez pas mesuré l’immense, la profonde émotion qu’a suscitée ce drame dans le cœur du peuple français. C’est dommage.

Pensez à la famille, pensez à sa souffrance, plutôt qu’à vos intérêts politiques !

Vous nous devez pourtant des réponses urgentes, des solutions intransigeantes afin que la loi soit appliquée et respectée dans notre pays. Car vous devez aux Français la protection de la loi !

La parole est à Mme la Première ministre.

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #170

Un peu de décence, madame Le Pen ! (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR et sur quelques bancs des groupes SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.) Respectez donc la douleur de la famille.

Prenez vos responsabilités ! Agissez, c’est ça la décence !

Il n’y a rien de drôle, madame Le Pen !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #173

Bien sûr, les mots ne sauraient exprimer la douleur d’une famille face à la perte d’un enfant. Le Président de la République a reçu ce matin les parents de Lola. Il leur a exprimé toute l’émotion et toute la solidarité de la nation. Je souhaite devant vous, au nom du Gouvernement – et, je pense, en notre nom à tous –, m’associer à leur peine. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)Cette peine est d’autant plus forte que les circonstances du crime sont dramatiques et – en effet, madame Le Pen – horribles. Mais voyez-vous, face à un tel drame, il convient d’abord de respecter la douleur de la famille et de laisser la police et la justice faire leur travail. Elles font leur travail, et elles le font vite ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE. – Vives exclamations et dénégations sur les bancs du groupe RN.)

On n’attend que ça !

Et vous, le pouvoir politique, vous ne faites rien !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #177

C’est ce qui a permis d’identifier, d’interpeller et de déférer la prévenue devant la justice. Notre responsabilité commune consiste à laisser celle-ci punir ce crime comme il le mérite.

Si les décisions de justice étaient appliquées, le crime n’aurait pas été commis !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #179

Je vous rappelle qu’en France, madame Le Pen, s’applique une loi fondamentale qui dispose la séparation des pouvoirs : respectons-la ! Respectons la douleur de la famille et la mémoire de Lola. (Les députés des groupes RE, Dem, et HOR, ainsi que M. Frédéric Mathieu se lèvent et applaudissent longuement. – Plusieurs députés des groupes SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES applaudissent également.)

Soutien aux viticulteurs

La parole est à M. Pascal Lavergne.

Monsieur le ministre de l’agriculture, je viens de la ruralité, ainsi qu’un tiers des Français. Dans ma région comme dans bien d’autres en France, dans ces terres dont Bernanos dit qu’elles sont « l’âme de la France » la viticulture est une tradition, un savoir-faire et surtout une fierté. En France, on fait du vin depuis plus de deux mille ans.La viticulture représente 45 milliards d’euros de chiffre d’affaires et plus de 15 milliards d’euros d’exportations, autant qu’une entreprise du CAC40. Elle représente plus de 650 000 emplois non-délocalisables répartis dans 20 000 communes et 66 départements.Tout au long de l’histoire, la viticulture a fait vivre le monde paysan et le monde rural. Récemment, plusieurs crises se sont succédé : les taxes imposées par Trump, la crise sanitaire et la déconsommation. Dans mon département, la Gironde, j’entends les cris des viticulteurs, leur angoisse […]

La parole est à M. le ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire.

Marc Fesneau ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire · Dem #188

Vous m’interrogez sur la situation de la viticulture, en particulier dans votre région. Vous avez raison de souligner l’importance économique de l’activité viticole, son poids en termes de commerce extérieur, mais également la part d’identité qu’elle recèle, comme toute l’agriculture française. Vous soulignez également les difficultés qu’elle rencontre.Je répondrai sur quatre points dont certains relèvent de faits structurels et d’autres de faits conjoncturels.Le premier concerne les PGE et les difficultés qu’éprouvent les viticulteurs à les rembourser. M. le ministre de l’économie et moi-même en avons conscience, et nos équipes travaillent à résoudre ce problème. Dans cette attente, nous avons écrit aux banques ainsi qu’aux préfets pour leur demander d’examiner chaque dossier avec diligence et de rechercher des solutions appropriées.Le deuxième concerne la protection contre les aléas […]

Arenh et prix de l’énergie

La parole est à Mme Marie-Noëlle Battistel.

Madame la Première ministre, EDF est contrainte de vendre à perte une partie de son électricité d’origine nucléaire à ses concurrents, dont certains font d’ailleurs l’actualité, et qui peuvent la revendre au prix fort sur le marché, réalisant ainsi un bénéfice très important.

La faute à qui ?

Ce mécanisme pervers que je dénonce de longue date et qui a pour conséquence le saccage financier d’EDF a un nom : l’Arenh, l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique. Le seul relèvement de 20 térawattheures auquel vous avez procédé a déjà coûté, en 2022, 8,4 milliards d’euros à EDF, donc à l’État.Le 21 décembre 2021, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) publiait la liste des bénéficiaires de ce mécanisme. Parmi eux figure la compagnie gazière russe Gazprom, bras armé de la Russie dans sa guerre du gaz contre l’Europe.Madame la première ministre, avons-nous laissé Gazprom bénéficier en 2022 d’une électricité subventionnée par EDF, et donc par son actionnaire majoritaire, les Français, premières victimes de l’explosion des prix de l’énergie ? Si oui, quel volume d’électricité est concerné ? Plus généralement, quel volume d’électricité a été livré par EDF à chacun des […]

La parole est à Mme la ministre de la transition énergétique.

Agnès Pannier-Runacher ministre de la transition énergétique · EPR #203

On pourrait débattre des effets à moyen terme du mécanisme de l’Arenh et de leur impact sur l’objectif qui lui avait été fixé, à savoir le développement de nouvelles capacités de production électrique.

Ce n’est pas la question !

Agnès Pannier-Runacher ministre · EPR #205

Il s’agirait d’une discussion intéressante, mais je reviens à votre question.L’Arenh bénéficie aux consommateurs d’électricité,…

Pas du tout. C’est faux !

Agnès Pannier-Runacher ministre · EPR #208

…c’est-à-dire aux ménages, aux entreprises et aux collectivités territoriales qui n’ont pas accès au tarif régulé. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.) Vous le savez, nous l’avons dit à plusieurs reprises ici même, c’est ce dispositif qui a permis de sauvegarder, cette année, 45 000 emplois industriels dans 150 entreprises, parmi lesquelles Ferropem, dont vous avez suivi la situation de très près.

Vous savez que c’est insuffisant !

Agnès Pannier-Runacher ministre · EPR #210

Vous savez également que ce dispositif a permis d’amortir l’augmentation des prix de l’électricité : pour les collectivités, ceux-ci ont crû de 20 % au lieu de 40 %.

Et sur Gazprom, on peut avoir la réponse ?

Agnès Pannier-Runacher ministre · EPR #212

Quant aux entreprises électro-intensives, qui consomment beaucoup d’électricité, elles auraient dû faire face à une hausse des prix de 40 % à 60 %.

À l’origine, c’est grâce au nucléaire, que vous aviez oublié !

Et Gazprom ?

Agnès Pannier-Runacher ministre · EPR #215

De grâce, madame Battistel, ne confondons pas les différentes questions. L’Arenh est un mécanisme qui a bénéficié aux consommateurs (« Répondez à la question ! » sur les bancs du groupe RN). S’agissant des producteurs et des distributeurs d’électricité,…

Gazprom !

Agnès Pannier-Runacher ministre · EPR #217

…nous avons prévu des contrôles avec la Commission de régulation de l’énergie, dont les pouvoirs de sanction vont être renforcés afin qu’ils n’utilisent pas certains mécanismes de manière indue. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

Et Gazprom ?

La parole est à Mme Marie-Noëlle Battistel.

Madame la ministre, vous n’avez pas répondu à la question très précise que je vous ai posée concernant Gazprom.

C’est vrai !

Eh oui, c’est la vraie question !

Les consommateurs ne sont pas les bénéficiaires de l’Arenh, comme vous l’affirmez. Dans la même logique, prévoyez-vous toujours de laisser Rosatom, la compagnie d’État russe, prendre, dans le cadre du rachat de General Electric, 20 % des parts des turbines Arabelle, qui sont le fleuron de notre industrie nucléaire – le sujet est un peu le même ?

Industrie nucléaire que les socialistes ont voulu flinguer !

Je souhaite que la CRE nous fournisse la liste des bénéficiaires de l’Arenh et les volumes qui leur sont attribués. Cette information doit être publique. Or nous ne disposons que de la liste de 2021, sur laquelle figure Gazprom ; celle de 2022, nous ne l’avons pas. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et Écolo-NUPES ainsi que sur quelques bancs du groupe LR.)

Grève nationale pour l’augmentation des salaires

La parole est à M. Manuel Bompard.

Madame la Première ministre, aujourd’hui a lieu une journée de grève nationale pour l’augmentation des salaires. Cette grève intervient à la suite du formidable succès de la marche contre la vie chère, organisée dimanche dernier. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – Rires et exclamations sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR ainsi que sur plusieurs bancs du groupe LR.)

Elle est bien bonne, celle-là !

Ce mouvement a notre soutien total. Les salariés ont raison d’exiger des salaires plus élevés pour faire face à la hausse des prix. Alors que l’inflation atteint 6 %, le salaire moyen dans le privé n’a augmenté que de 3,1 %. Quant au point d’indice des fonctionnaires, il n’a progressé, en juillet, que de 3,5 %. Très concrètement, les salariés du public comme du privé perdent donc du pouvoir d’achat alors que, dans le même temps, les plus riches se gavent. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) De fait, la France a atteint cette année un record en matière de dividendes, lesquels sont en hausse de 33 %.Vous êtes entièrement responsable de cette situation.Depuis des mois, nous vous proposons d’augmenter le Smic pour mettre fin à cette injustice (Nouveaux applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES), mais vous l’avez refusé, main dans la main avec le Rassemblement […]

C’est vous qui avez fait élire Macron, pas nous !

À la place, vous demandez timidement aux entreprises de faire des gestes. Le patron de TotalEnergies vous a répondu en s’augmentant de 52 % tout en refusant de négocier avec les salariés, avant que ceux-ci se mettent en grève.Face à ces blocages, les salariés ont raison de se mobiliser. En effet, après une journée de grève, les chauffeurs routiers de Laval ont obtenu une augmentation de 6,9 % ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) La grève permet parfois de remplir le frigo, n’en déplaise à M. Attal.Madame la Première ministre, vous êtes minoritaires dans la société comme dans cette assemblée (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES) :…

C’est faux !

…79 % des Français sont pour le rétablissement de l’ISF, 67 % d’entre eux sont pour la hausse du Smic et 81 % de nos concitoyens souhaitent une taxation des superprofits. (Même mouvement.)

Et 71 % d’entre eux sont contre la grève !

Ma question est simple, madame la Première ministre. Allez-vous continuer à bloquer le pays ou allez-vous enfin porter le Smic à 1 600 euros net et convoquer une conférence sociale pour l’augmentation des salaires ? (Les députés du groupe LFI-NUPES se lèvent et applaudissent.)

La parole est à M. le ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion.

Olivier Dussopt ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion · RE #242

Je ne sais si je dois sourire, car la question est sérieuse : elle porte sur le pouvoir d’achat. Ce qui est certain, c’est que ce n’est pas à moi de commenter le succès ou l’échec d’une manifestation : 29 000 personnes, ce n’est pas si mal (Sourires et applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE), même si c’est loin de votre estimation.J’ai parfois le sentiment que votre capacité à estimer le nombre de participants à une manifestation vaut votre capacité à évaluer la réalité de la politique du Gouvernement et ses résultats pour le pouvoir d’achat. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.) Nous avons fait le choix, je le répète, de le protéger et de déployer des boucliers en prenant des mesures qu’aucun autre pays d’Europe n’a prises.Nous avons fait le choix de dynamiser la négociation dans les branches collectives en nous appuyant sur l’augmentation automatique […]

Hausse des prix de l’énergie

La parole est à M. Antoine Vermorel-Marques.

Madame la Première ministre, après le confinement sanitaire est venu le temps du confinement énergétique. L’électricité : + 10 %, le gaz : + 34 %, le fioul : 70 % ! Pis encore, des millions de Français ne trouvent même plus de carburant pour circuler.Après le temps de la vie chère est venu le temps de la France en carence, carence de carburant et carence de gouvernement. Car les Français sont fatigués d’entendre que tout va bien alors qu’ils attendent des heures pour faire le plein. Les Français sont fatigués de voir le Gouvernement réagir trop peu ou trop tard. Les Français sont fatigués de chercher des produits qui disparaissent des rayons. Les Français sont fatigués de voir leur pays s’enfoncer chaque jour davantage.Car derrière l’arbre des carburants se cache la forêt des pénuries. Cela a commencé il y a quelques mois, avec la moutarde et l’huile de tournesol. Aujourd’hui, la France […]

La parole est à Mme la ministre de la transition énergétique.

Et de Gazprom !

Et des nuits noires !

Agnès Pannier-Runacher ministre de la transition énergétique · EPR #255

Non, personne ne peut se satisfaire de la situation actuelle qui empêche les Français de faire le plein de carburant pour emmener leurs enfants à l’école ou pour aller travailler, et nous ne nous en satisfaisons pas. Nous agissons !

Taxez les superprofits !

Agnès Pannier-Runacher ministre · EPR #257

Ainsi, les stocks stratégiques ont été libérés le 21 septembre : près de 900 000 mètres cubes de carburant ont été livrés dans les dépôts à destination des stations-services.

Manifestement, c’est insuffisant !

Agnès Pannier-Runacher ministre · EPR #259

Les réquisitions, nous les avons décidées à bon escient, après avoir fait en sorte que le dialogue social aboutisse, que les salariés voient leurs revendications prises en compte par les entreprises et que des accords majoritaires soient conclus. Car nous avons ramené et Total et Esso à la table des négociations, et des accords majoritaires ont été conclus.Qu’aurait-on dit sur les bancs de cette assemblée si nous avions réquisitionné tout et n’importe quoi, sans respecter le dialogue social ni la démocratie sociale ? Qu’auriez-vous dit, vous, si nous n’avions pas réquisitionné de la bonne manière pour pouvoir approvisionner les Français ?

Eh oui !

Agnès Pannier-Runacher ministre · EPR #262

Nous agissons d’une manière équilibrée et respectueuse de la démocratie, au service des Français, et nous allons continuer à le faire. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE.)

La parole est à M. Antoine Vermorel-Marques.

Si votre action est parfaite, pouvez-vous expliquer aux habitants de ma circonscription pourquoi, ce matin encore, ils ne pouvaient pas trouver de carburant et pourquoi vous êtes incapable de nous indiquer la date à laquelle toutes les stations-services pourront à nouveau en distribuer ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

Commémoration de l’assassinat de Samuel Paty

La parole est à M. Guillaume Vuilletet.

Monsieur le garde des sceaux, deux villes, deux lieux : celui où Samuel Paty a vécu et celui où il a transmis. Éragny-sur-Oise et Conflans-Sainte-Honorine : deux villes où il fait bon vivre et qui sont désormais marquées par son martyr. Deux villes où nombre de nos concitoyens ont ressenti le besoin de se retrouver ce dimanche 16 octobre, deux ans après le drame, dans le cadre de cérémonies un peu différentes mais dont le sens était le même : la République n’oubliera pas, elle ne cédera pas.Dans ces deux endroits, le même voile de tristesse, les mêmes accolades pour partager un peu de chaleur et le même silence. Deux cérémonies dignes où les mêmes mots ont résonné : le respect absolu pour Samuel Paty, la même dénonciation de l’alliance abjecte de la bêtise et de la haine, la même force dans la lutte contre le terrorisme islamiste.Il fallait aussi rappeler quelle était la mission de […]

La parole est à M. le garde des sceaux, ministre de la justice.

On est sauvés !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux, ministre de la justice #275

Ce qui a changé, c’est d’abord le choc considérable qu’a provoqué l’assassinat de Samuel Paty, son retentissement considérable. En assassinant cet homme, on a voulu tuer la République, l’État de droit, la liberté d’expression.D’abord, nous avons tous compris qu’il n’y avait pas de place pour les « inverseurs de culpabilité », pour reprendre la formule de la sœur de Samuel Paty, Mickaëlle Paty. Je veux le dire très clairement, nous ne laisserons pas les activistes islamistes remettre en cause la loi de 2004 sur le port de signes religieux dans les établissements scolaires (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR et sur quelques bancs du groupe SOC)…

Et les tenues islamistes dans les collèges et les lycées ? Bravo !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #278

…et je le dis sous le contrôle du ministre de l’éducation nationale et de Mme la Première ministre.Ensuite, il y a ceux qui hurlent, ceux qui vocifèrent, les « y’a qu’à, faut qu’on »…

Il y a aussi ceux qui ont fait voter la loi de 2004 !

Il y a ceux qui ne font rien !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #282

…et puis ceux qui travaillent et ceux qui font. Au rang des choses que nous avons faites figurent deux textes législatifs adoptés en 2021, deux lois successives – pour lesquelles certains, d’ailleurs, n’ont pas voté –…

Vous parlez des socialistes ?

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #284

…destinées à conforter l’arsenal mis à disposition des services pour lutter contre les phénomènes terroristes :…

Quelle efficacité !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #286

…la loi du 30 juillet 2021, qui pérennise les dispositions de la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme (Silt), et la loi confortant le respect des principes de la République, promulguée le 24 août 2021 – que vous n’avez pas votée, soit dit entre parenthèses.Puis il y a davantage de moyens budgétaires et humains (« Très efficace… » sur les bancs du groupe RN) pour la police, le renseignement, la justice. Puis le suivi psychiatrique a été renforcé. Sur ce point, de grandes avancées ont été réalisées puisque la direction générale de la sécurité intérieure et les préfets se sont notamment dotés d’une capacité d’analyse dédiée. Puis il y a l’éloignement des étrangers en situation irrégulière inscrits au fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste.

Vous êtes complètement déconnecté !