Séance du 21 novembre 2023 /// n°56 /// 456 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2023-2024

Séance du 21 novembre 2023 — 56e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

456prises de parole
90orateurs
22points à l'ordre du jour

Verbatim Le compte rendu

Tours 201 à 400 sur 456 — page 2 / 3.

Agression dans le Val-de-Marne

Pas une année ne s’écoule sans que vos lois consacrées à l’immigration stigmatisent les personnes noires et arabes, rendues responsables de tous les problèmes. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.) Cela fait des décennies que votre classe politique épouse les thèses du Rassemblement national mettant en cause nos concitoyens, des gens qui vivent en France, qui travaillent en France, qui, quel que soit leur lieu de naissance, ont droit à l’égalité en France ! (Mêmes mouvements.) Monsieur le ministre de l’intérieur, je vous ai entendu dire que vous attendiez de connaître la nationalité de ceux qui, à Crépol, ont dernièrement commis un meurtre. (Exclamations sur quelques bancs du groupe RN.) Vous, membres du Gouvernement, vous, députés, macronistes ou du Rassemblement national, vos mots, vos lois ont des conséquences ! (Vives exclamations sur les bancs des groupes RN […]

Les vôtres aussi !

Par conviction ou par électoralisme, vous cultivez les préjugés xénophobes, vous entretenez les guerres de religion. Alors que le projet de loi consacré à l’immigration vient d’arriver à l’Assemblée, je vous le répète : vos propos auront des conséquences, vos votes aussi ! Quel est votre but : rassembler le pays ou le diviser ? Si vous êtes prêts à le diviser, jusqu’où irez-vous dans l’abjection et la violence ? (Les membres du groupe LFI-NUPES se lèvent et applaudissent.)

De la part de LFI, c’est risible !

La parole est à M. le ministre de l’intérieur et des outre-mer.

Gérald Darmanin ministre de l’intérieur et des outre-mer · EPR #306

Le 17 novembre vers quatorze heures, à Villecresnes, un homme a effectivement été agressé après avoir été traité de « sale bougnoule », insulte raciste que j’ai publiquement condamnée,…

Eh oui !

J’en suis témoin !

M. Boyard a la mémoire sélective !

Gérald Darmanin ministre · EPR #310

…ce que vous avez oublié de rappeler, monsieur le député – comme j’ai condamné chaque atteinte à un Français, à un être humain, sur le territoire national. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE, LR et Dem.) Contrairement à vous, je n’essentialise pas : je suis là, comme tous les policiers et gendarmes, pour protéger toute personne, quels que soient sa religion, son prénom, sa nationalité. L’agresseur, un Français de 76 ans, multirécidiviste, auteur de faits de dégradation, refus d’obtempérer, outrage à policier, injure publique en raison de la race ou de la religion, a été interpellé par les courageux effectifs de la brigade anticriminalité (BAC) – ces BAC que vous voulez supprimer !

C’est ce qui s’appelle une lucarne, monsieur Boyard !

Gérald Darmanin ministre · EPR #312

J’en profite du reste pour remercier la police nationale. (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes RE et Dem, ainsi que sur quelques bancs du groupe LR. – M. Alexandre Loubet applaudit aussi.) Si nous pouvions, mesdames et messieurs les députés, considérer en chacun ce qu’il fait et non ce qu’il est, cesser de le définir par son ethnie, par la religion qu’on lui suppose, par son prénom (Nouveaux applaudissements sur de nombreux bancs des groupes RE et Dem, ainsi que sur quelques bancs du groupe LR) ;…

Bravo !

Gérald Darmanin ministre · EPR #314

…si nous pouvions, de l’extrême gauche à l’extrême droite, nous demander uniquement s’il respecte les règles de la République, honnir les récidivistes et encore une fois, monsieur le député, remercier la police lorsqu’elle arrête ceux qui s’en prennent aux juifs, aux musulmans, aux chrétiens, nous apaiserions la situation ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem, ainsi que sur plusieurs bancs du groupe LR.) Il n’y a en France que des hommes, qui ne peuvent être condamnés que pour leurs actes, reconnus que pour leurs mérites ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem, ainsi que sur quelques bancs du groupe LR.)

Boyard, tu as perdu une occasion de te taire !

La parole est à M. Louis Boyard.

Vous voulez apaiser le pays ? Cessez de vous comporter comme un ministre du Front national ! (Huées et exclamations sur les bancs des groupes RE et Dem.)

Manque de professionnels dans les Ehpad

La parole est à M. Laurent Panifous. S’il vous plaît, chers collègues, un peu de silence !

Il faut écouter, un peu ! (Sourires.)

Eh oui !

Madame la ministre des solidarités, les soignants, les personnes âgées, les familles nous alertent quotidiennement au sujet de la crise majeure que traversent les Ehpad. Le Président de la République, au cours des deux dernières campagnes présidentielles, avait affiché son ambition d’un accompagnement digne de nos aînés, que ce soit à domicile ou en établissement, et s’était engagé à lancer une réforme à la hauteur des attentes des Français.

Cela fait cinq ans qu’on en parle !

Parmi les mesures qu’il a lui-même annoncées figurait la création de 50 000 postes de soignants en Ehpad avant la fin de ce quinquennat, c’est-à-dire d’ici à 2027. Ce serait là, en effet, une réponse concrète à ceux qui résident ou exercent au sein de ces établissements, où les conditions de travail sont très difficiles, où l’accompagnement des plus dépendants déçoit nos concitoyens : l’engagement de créer, en moyenne, entre six et sept postes par Ehpad est pertinent et nécessaire. Pour cela, il faut former davantage de soignants, mais aussi…

Respecter le calendrier !

…redonner confiance aux aides-soignantes et infirmières qui ont quitté leur métier parce qu’il était trop dur, épuisées de ne pouvoir accompagner, soigner, dignement. Nous pouvons les faire revenir, et elles sont nombreuses ! Toutefois, cela requiert un choc de confiance, que nous provoquerons en créant ces postes. Madame la ministre, ma question sera simple : certaines déclarations laissent supposer un report de la concrétisation de cet engagement présidentiel, autrement dit un renoncement. Alors que nous examinons le projet de loi portant mesures pour bâtir la société du bien vieillir en France, dans l’ombre d’une autre promesse, celle d’une grande loi concernant l’autonomie, pouvez-vous nous confirmer que ces 50 000 postes seront bien créés avant la fin du quinquennat ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT.)

Très bonne question !

La parole est à Mme la ministre des solidarités et des familles.

Aurore Bergé ministre des solidarités et des familles · EPR #330

Vous avez évoqué un « choc de confiance » : c’est en effet de cela que nous avons besoin face au défi démographique qui nous attend. Il nous faut sortir d’une forme de déni individuel et collectif à ce sujet : en 2030, un Français sur trois aura plus de 60 ans. Toute la société doit s’adapter en ce sens ;…

Ça ne va pas encourager la natalité. Faites des bébés ! Faites l’amour, pas la guerre !

Aurore Bergé ministre · EPR #332

…tel est l’objet de la stratégie interministérielle que nous avons présentée, mais aussi du projet de loi dont nous avons repris l’examen hier, dans un climat propice à un travail de qualité, et bien entendu de l’engagement que nous avons pris, la Première ministre et moi, touchant un projet de loi de programmation consacré au grand âge.

Pour quelle date ?

Aurore Bergé ministre · EPR #334

Ce texte, réclamé à juste titre par les parlementaires comme par les professionnels, permettra de déterminer des trajectoires à la fois de financement et de recrutement. Vous l’avez dit, les soignants sont confrontés à une perte de sens de leur métier : ce ne sont pas les vocations qui manquent, mais les conditions d’exercice qui entraînent un cercle vicieux où la pénurie de professionnels s’engendre elle-même,…

Répondez à la question ! Vous avez repoussé de trois ans l’échéance de vos engagements : 2027 ou 2030 ?

Aurore Bergé ministre · EPR #336

…dégradant la qualité du travail à la fois pour ceux qui en bénéficient et pour ceux qui l’exercent. Nous devons donc tout faire afin de maintenir la trajectoire annoncée, de créer ces 50 000 postes : c’est là notre responsabilité si nous voulons que les Ehpad puissent fonctionner, si nous voulons prendre le virage domiciliaire, suivre le parcours résidentiel. C’est pour cela qu’une loi de programmation se révèle nécessaire, que nous devons renforcer les moyens : pour tenir les promesses du Président de la République.

Dans le cadre de votre stratégie, vous parliez de 2030 !

Désenclavement de Wallis-et-Futuna

La parole est à M. Mikaele Seo.

Ma question, adressée à M. le ministre de l’intérieur et des outre-mer, porte sur l’enclavement des habitants de Wallis-et-Futuna, victimes – particulièrement ceux de Futuna – de problèmes majeurs de communication. Alors même que l’avion constitue notre seul moyen de transport, les liaisons sont aléatoires, irrégulières, difficilement prévisibles ; des réquisitions peuvent intervenir à tout moment. Que l’on soit malade, étudiant, professionnel, agent de l’administration, les déplacements se révèlent périlleux : les députés qui s’aventurent jusque chez nous le constatent invariablement. Pour espérer une place, il faut réserver deux mois à l’avance. Tant entre nos îles qu’entre Wallis-et-Futuna et l’extérieur, les capacités de fret sont dérisoires : comment les commerçants peuvent-ils importer, les producteurs exporter ? Pourquoi notre territoire n’est-il pas desservi par des […]

La parole est à M. le ministre délégué chargé des outre-mer.

Ah !

Philippe Vigier ministre délégué chargé des outre-mer · Dem #344

Je vous remercie pour votre question, qui me permet de rappeler tout ce que fait le Gouvernement pour aider le transport aérien. Tout d’abord, ces trois dernières années, plus de 300 millions d’euros ont été consacrés à l’aide de deux compagnies, Corsair et Air Austral. S’agissant, ensuite, de la desserte de Wallis-et-Futuna, la délégation de service public (DSP) jusqu’alors confiée à Aircalin sera attribuée, à partir du 1er janvier 2024, à la compagnie Air Loyauté. La direction générale de l’avion civile (DGAC) et la direction générale des outre-mer (DGOM) accompagneront cette transition. L’État finance 50 % des dépenses liées à la DSP, soit 2,7 millions d’euros : Wallis-et-Futuna n’est pas oublié.Vous évoquez aussi la question du transport maritime, que nous avons déjà abordée ensemble – elle concerne les habitants de Wallis-et-Futuna tant pour le trafic des passagers que pour le fret […]

Retraite des sapeurs-pompiers volontaires

La parole est à M. Dino Cinieri. Je veux lui rendre hommage parce que c’est probablement sa dernière question au Gouvernement ! (Applaudissements sur tous les bancs.)Cela fait plus de vingt ans que vous êtes engagé au service de notre institution, cher collègue. Au nom de la représentation nationale, je vous remercie pour votre engagement sans faille au service des Français et de l’Assemblée nationale. (Tous les députés se lèvent et applaudissent.)

Merci, madame la présidente, vos propos me vont droit au cœur ! Après plus de vingt et un ans passés sur ces bancs, je profite de cette dernière question pour vous remercier, mes chers collègues, pour le travail accompli, de jour et parfois de nuit, le plus souvent dans un climat de respect mutuel malgré nos divergences. Je mesure pleinement la chance qui a été la mienne de siéger au sein de cette noble assemblée, où résonnent encore les voix de Georges Clemenceau, de Jean Jaurès, de Jacques Chirac et de tant d’autres.La complémentarité des travaux menés à Paris et de nos engagements sur le terrain nous incite à chercher toujours le meilleur pour notre pays : c’est ce qui doit nous animer.Je tiens à remercier aussi les fonctionnaires et les collaborateurs parlementaires, tous ceux qui travaillent discrètement dans cette belle maison où j’ai été honoré de servir mes concitoyens du […]

Dino président !

Bravo Dino !

Un amendement adopté par le Sénat prévoyait d’accorder trois trimestres supplémentaires après dix ans d’ancienneté, complétés d’un trimestre tous les cinq ans, mais il a été supprimé par la commission mixte paritaire (CMP) et la bonification a été renvoyée à un décret en Conseil d’État. À ce jour, le décret n’a toujours pas été publié au Journal officiel. Quand le sera-t-il, monsieur le ministre ? Pouvez-vous nous confirmer qu’il fixera bien une majoration de trois trimestres après dix ans d’ancienneté, complétés d’un trimestre tous les cinq ans ?Permettez-moi, pour finir, d’avoir une pensée pour mon ami Hubert Wulfranc. (Applaudissements sur les bancs des groupes LR, RE, RN, Dem, HOR, GDR-NUPES et LIOT.)

La parole est à M. le ministre de l’intérieur et des outre-mer.

Gérald Darmanin ministre de l’intérieur et des outre-mer · EPR #362

En mon nom et au nom du Gouvernement, je vous remercie, monsieur le député, pour le travail que vous avez réalisé au sein de l’Assemblée nationale. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, RN, LR, Dem, HOR et LIOT. – M. Hubert Wulfranc applaudit également.) Pour avoir été votre collègue, mais aussi en tant que ministre, j’ai été témoin de vos contributions, toujours sérieuses, y compris quand nous étions en désaccord. Vous n’avez cessé d’être réélu dans votre circonscription, une circonscription populaire dont vous vous êtes fait l’avocat. J’adresse à votre suppléante, qui siégera dans cet hémicycle dans quelques jours, mes vœux de bienvenue !

Si elle peut voter la loi « immigration », ce serait pas mal ! (Sourires.)

Gérald Darmanin ministre · EPR #364

Je connais votre engagement de longue date en faveur des sapeurs-pompiers, qu’ils soient professionnels ou volontaires. Je veux vous rassurer au sujet de la disposition de l’article 24 de la loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023, qui prévoit des trimestres supplémentaires pour les sapeurs-pompiers selon les modalités que vous avez évoquées. Le décret sera prochainement signé par le ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion – en charge des retraites – et par moi-même, de sorte qu’il devrait être publié d’ici le 31 décembre.

Nommez-le le décret Dino Cinieri !

Gérald Darmanin ministre · EPR #366

Il inclura un grand nombre de dispositions favorables aux sapeurs-pompiers que vous avez continûment défendues et qui ont été adoptées dans la loi d’orientation et de programmation du ministère de l’intérieur (Lopmi) et dans la loi visant à consolider notre modèle de sécurité civile et valoriser le volontariat des sapeurs-pompiers et les sapeurs-pompiers professionnels – dite loi Matras : une exonération de charges pour les employeurs des sapeurs-pompiers volontaires – une mesure revendiquée depuis longtemps, visant à encourager la vocation des sapeurs-pompiers –, la nouvelle prestation de fidélisation et de reconnaissance (NPFR), aujourd’hui peu adaptée, et la consolidation du modèle de secours français, qui repose sur la complémentarité des sapeurs-pompiers volontaires et professionnels dans les territoires urbains et ruraux – à l’instar du département de la Loire que vous avez si […]

Yaël Braun-Pivet president · EPR #368

Nous avons terminé les questions au Gouvernement.

Suspension et reprise de la séance

Yaël Braun-Pivet president · EPR #370

La séance est suspendue.

#371

(La séance, suspendue à seize heures vingt, est reprise à seize heures trente-cinq.)

Yaël Braun-Pivet president · EPR #372

La séance est reprise.

Déclaration du Gouvernement relative aux partenariats renouvelés entre la France et les pays africains

Yaël Braun-Pivet president · EPR #375

L’ordre du jour appelle la déclaration du Gouvernement relative aux partenariats renouvelés entre la France et les pays africains, suivie d’un débat, en application de l’article 50-1 de la Constitution.La parole est à Mme la ministre de l’Europe et des affaires étrangères.

Catherine Colonna ministre de l’Europe et des affaires étrangères #377

Il est important de pouvoir débattre dans cet hémicycle des relations que la France entretient avec les pays d’Afrique. Il s’agit d’une priorité de notre politique étrangère et il est donc légitime d’y associer pleinement la représentation nationale. Tout aussi légitimes sont les questionnements qu’ont pu susciter les crises successives au Sahel. Avant de revenir plus en détail sur les actions que nous avons engagées depuis dix ans dans cette zone, je veux insister sur un point essentiel : l’attitude à notre égard de trois juntes militaires ne doit pas occulter les bonnes relations, je dirais même les très bonnes relations, que nous entretenons avec l’immense majorité des cinquante-quatre pays africains. Ce serait une grave erreur de réduire l’Afrique, aussi vaste que diverse, au seul Sahel.Je commencerai par ce qui va bien, autrement dit nos relations avec la plupart des pays […]

Il y a du vrai !

Pourtant, il faut bien se rendre compte que nos jeunesses, qu’elles soient françaises ou africaines, s’intéressent à tout ce qui permettra de rendre le monde de demain plus juste, plus vivable et plus durable et à tous les partenariats qui peuvent y contribuer. Elles ont raison et c’est pour elles que nous travaillons.La réalité de notre politique en Afrique, c’est notre volonté d’investir dans l’avenir, dans les secteurs les plus prometteurs de l’économie de demain, dans la vitalité du continent le plus jeune du monde, un continent où 60 % de la population a moins de 25 ans.

Eh oui !

À cet égard, la priorité donnée aux industries culturelles et créatives est exemplaire. Depuis la bande dessinée jusqu’au jeu vidéo, en passant par la production audiovisuelle, le e-sport ou la création d’univers immersifs, ces industries sont porteuses à la fois de croissance économique, d’émancipation individuelle et de renouvellement de nos imaginaires. Elles ont en Afrique un potentiel considérable et remportent des succès déjà impressionnants. C’est pourquoi la France entend se positionner comme une partenaire de référence dans ces domaines.C’est ce que nous avons fait avec le premier forum international Création Africa, qui a réuni à Paris, au début du mois d’octobre, des centaines d’entrepreneurs français et africains en pointe. J’ai moi-même lancé cette année, avec mon ministère, un fonds doté de 20 millions d’euros pour que nos ambassades soutiennent directement les artistes et […]

On se demande pourquoi la France est si critiquée en Afrique !

En effet, ils sont désormais près de 95 000 à faire le choix de nos universités, soit une hausse de 40 % depuis 2017.

Et avec le projet de loi « immigration » ?

Nos ambassades accomplissent un travail remarquable de promotion des études en France, notamment afin d’attirer des étudiants anglophones en complément des étudiants francophones. J’en ai fait le constat, en juin dernier, lors de mon déplacement en Afrique du Sud : oui, notre pays est attractif pour les étudiants africains, qui sont, je le répète, les élites de demain.La France est aussi résolument du côté des démocrates africains. Cela n’implique nullement de leur donner des leçons ni de s’ingérer dans les affaires intérieures des pays, mais bien plutôt d’aider les acteurs engagés de la société civile – je pense, par exemple, au professeur Achille Mbembe, qui dirige la Fondation de l’innovation pour la démocratie –, ainsi que les influenceurs et les journalistes africains qui luttent contre la désinformation pour promouvoir une information de qualité, condition sine qua non de sociétés […]

Ils sont justifiés !

Nous réformons en ce moment même notre politique de visas afin de mieux tenir compte de nos objectifs d’attractivité, de rayonnement et de prévention des migrations illégales, dans le cadre d’une feuille de route dont j’ai fixé les contours avec Gérald Darmanin.

On ne dirait pas ! Il ne dit pas la même chose que vous !

Il y a du travail !

Depuis 2017 et les engagements pris par le Président de la République à Ouagadougou, engagements réitérés au sommet de Montpellier en 2021 et en février dernier dans le discours prononcé depuis l’Élysée, nous réinventons notre manière de travailler avec nos partenaires africains. Nous voulons bâtir des partenariats respectueux et responsables dans lesquels chacun assume ses intérêts réciproques, des partenariats empreints d’écoute et de dialogue. Cela implique de briser certains tabous – celui de la restitution des œuvres, par exemple – et de regarder le passé en face – nous l’avons fait avec le Rwanda et le Cameroun. Enfin, ces partenariats doivent s’appuyer sur nos atouts : je pense au rôle de nos diasporas, mais aussi, alors que nous accueillerons en 2024 le sommet de la francophonie, à cette langue française que nous avons en partage avec des millions d’Africains.Cette méthode est […]

C’est déjà ça !

…à l’instar des membres du Gouvernement et de tous les agents français déployés sur le continent qui appliquent cette politique avec détermination, conviction et volontarisme.

Vous êtes déconnectée de la réalité ! Nous ne devons pas vivre sur la même planète !

Cependant, parce que j’en appelais tout à l’heure au devoir de lucidité, nous devons considérer ce qui se passe dans trois pays : le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Et le Sahara occidental !

Ce ne sont que trois pays sur cinquante-quatre, j’insiste, mais trois pays avec lesquels nous entretenons des relations complexes.Depuis dix ans, la France a consenti des efforts importants en leur faveur sur les plans militaire, financier, politique et diplomatique, jusqu’au sacrifice de ses soldats – le ministre des armées y reviendra. Permettez-moi donc de saluer ici, avec vous, mesdames et messieurs les députés, la mémoire des disparus et le courage de nos forces armées. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR, ainsi que sur plusieurs bancs des groupes RN et LR. – M. Benoit Mournet se lève et applaudit. – M. Jean-Louis Bourlanges, président de la commission des affaires étrangères, applaudit également.) Merci pour eux !En 2013, à la demande des autorités maliennes et des pays de la région, le président Hollande a pris la décision courageuse d’engager nos forces […]

Et maintenant ?

Parallèlement, la France a investi un capital diplomatique considérable, notamment à Bruxelles pour convaincre les Européens de s’impliquer – tous n’entretiennent pas les mêmes relations que nous avec les pays africains. Nous avons obtenu des résultats concrets, puisque plus de 7 milliards d’aides européennes ont été allouées au Sahel sur dix ans, qui s’ajoutent aux 3,5 milliards de l’aide française que je viens de rappeler.Nous avons également obtenu l’intervention directe, y compris militaire, de certains pays européens qui n’étaient jamais autant intervenus en Afrique : citons l’Estonie et la République tchèque, qui ont participé à la task force Takuba, l’Allemagne, engagée dans la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), ou encore l’Alliance Sahel, grâce à laquelle nous avons fédéré vingt-sept bailleurs internationaux qui ont […]

Dont la France !

…dont ces régimes s’écartent et qui leur sert de bouc émissaire. Face à de tels régimes, nous ne pouvons pas maintenir nos coopérations comme si de rien n’était. Nous ne pouvons pas poursuivre la lutte contre le terrorisme avec des putschistes. Nous ne pouvons pas financer des projets de développement qui les entretiennent.Bien sûr, nous maintenons notre aide humanitaire à ces pays pour ne pas faire payer aux populations les comportements de leurs dirigeants. Et contrairement à ce que l’on a pu lire ici ou là – je le redis, monsieur Lecoq –, nous maintenons nos coopérations avec les sociétés civiles, les étudiants et les artistes : ils sont toujours les bienvenus en France. Étant donné la longue histoire qui nous unit à ces pays, nous tenons à maintenir ce lien.

Vous avez corrigé le tir ! C’est bien !

Il est désormais de notre responsabilité de prendre de la hauteur et de regarder la situation en face. Toute la région est déstabilisée. Alors que notre retrait militaire du Niger marque la fin de dix années de lutte antiterroriste au Sahel, nous devons repenser entièrement l’architecture de sécurité dans la région. Nous nous y employons avec les pays africains, avec nos partenaires européens et avec les États-Unis. Une chose est sûre, toutefois, et vous avez certainement entendu le Président de la République,…

On ne l’écoute plus ! Il parle trop !

…comme vous entendrez également le ministre des armées : ce n’est plus à la France de porter seule, ou presque, la lourde charge de l’action antiterroriste en Afrique de l’Ouest. Il appartient aux pays de la région de fixer le cap et aux partenaires, dont nous sommes, de les soutenir. (M. Maxime Minot s’exclame.) La France prendra sa part, mais dans un cadre collectif.

Minot, tais-toi ! Nous n’avons pas besoin d’une musique de fond !

Si tu n’es pas contente, va faire un tour !

Avant de conclure, permettez-moi de réaffirmer haut et fort non seulement l’importance des relations entre la France et les pays africains, mais aussi et surtout celle des moyens que nous mettons au service de nos ambitions. À la suite des états généraux de la diplomatie, j’ai pris des mesures pour renforcer le nombre de nos personnels sur le continent, dans nos chancelleries, dans nos services de communication et dans nos services d’action culturelle.

C’était nécessaire !

J’ai également voulu redonner des moyens financiers aux ambassades, grâce au fonds Équipe France et au fonds d’appui à l’entrepreneuriat culturel, le Faec, un dispositif efficace, pour qu’elles mènent des projets visibles, rapides et importants pour nos publics prioritaires.J’ai également pris des mesures afin de valoriser la filière africaniste du Quai d’Orsay, avec désormais un concours dédié et de nouvelles langues proposées : le peul, le haoussa, les langues mandingues ou encore le wolof. Nous nous efforçons aussi de diversifier davantage le recrutement au sein du ministère et d’attirer plus de talents issus des diasporas.Permettez-moi de conclure en exprimant un sentiment de profonde reconnaissance envers les agents qui servent mon ministère et qui travaillent parfois dans des conditions très difficiles. Lorsque nos ambassades sont attaquées, parfois violemment, comme ce fut le cas […]

La parole est à M. le ministre des armées.

Un peu de relief, monsieur le ministre !

Sébastien Lecornu ministre des armées #441

Je me réjouis de débattre avec la représentation nationale, cet après-midi à l’Assemblée nationale et ce soir au Sénat, à la demande de plusieurs groupes politiques. Ce débat fait écho à l’engagement du Président de la République devant les présidents des deux chambres et les chefs de partis réunis à Saint-Denis le 30 août dernier. Il permettra de rappeler les fondamentaux de la coopération militaire avec nos partenaires, d’en clarifier certains aspects si besoin – compte tenu de ce que l’on peut lire ici ou là, cela semble nécessaire – et de faire un point sur les évolutions à venir.Avant d’en venir plus précisément à la situation sécuritaire et par là même à la présence militaire française sur le continent africain, il est utile de faire un court rappel historique et politique du sens de cette présence. Il convient de souligner la nature de nos engagements militaires, dont certains […]

Nous les avions exprimées, à l’époque !

Pour ma part, je pense qu’il le fallait, car la France ne pouvait laisser sans réponse l’appel à l’aide des autorités, autrefois légitimes, de ces pays, exposées au péril d’un terrorisme islamique imminent.Pourquoi partir aujourd’hui du Niger ? Parce que la France respecte la souveraineté des États africains quelle que soit la direction politique qu’ils prennent. Même si nous ne pouvons que le regretter, il ne saurait y avoir de double standard.Nos objectifs sont clairs et ont été rappelés il y a quelques instants par Mme la ministre de l’Europe et des affaires étrangères : lutter contre la menace terroriste islamiste, garantir la sécurité de nos ressortissants sur place et approfondir nos partenariats stratégiques d’intérêts communs. Ces objectifs sont, je le sais, largement partagés par les groupes parlementaires puisqu’ils figurent en grande partie dans le rapport de Mme Tabarot et […]

Un excellent rapport !

Je tiens à saluer les travaux importants, notamment le cycle d’auditions sur l’Afrique, initiés par la commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée sous l’égide de son président Thomas Gassilloud. À l’issue de ce cycle, je me suis engagé à revenir devant la commission en début d’année prochaine.La réarticulation entreprise depuis le début de l’année vise à renforcer l’attractivité de notre offre et la solidité de nos partenariats avec les États africains qui le souhaitent en répondant aux grandes évolutions du moment dans un environnement beaucoup plus compétitif qu’auparavant. Avant de vous la présenter plus en détail, je souhaite vous exposer l’état actuel de notre présence militaire sur le continent africain.L’action de la France s’appuie sur deux grandes familles de forces de présence. Nous disposons, tout d’abord, de deux pôles de coopération au Sénégal et […]

Il y avait d’autres VRP à l’époque !

…ce qui dit tout de la nature des relations militaires et de la coopération capacitaire entre les pays d’Afrique et la France. Il y a là un axe de progrès évident. La sous-direction Afrique et Moyen-Orient de la direction générale de l’armement (DGA) a été renforcée à cet effet.Enfin, sur le plan de la diplomatie de défense, notre réseau se densifie en Afrique – je le dis devant Mme la ministre de l’Europe et des affaires étrangères – avec l’ouverture de nouveaux postes d’attachés de défense : au Rwanda à l’été 2022, aux Comores et en Guinée-Bissao cet été. L’arrivée d’un attaché d’armement est prévue dans quelques mois au Sénégal et en République de Côte d’Ivoire (RCI). Nous devons poursuivre nos efforts afin de reconstituer des capacités de conseillers militaires pour nos ambassadeurs, en lien avec les forces armées locales. Vous le savez, après la disparition du service national dans […]

La parole est à Mme Michèle Tabarot.

La représentation nationale peut enfin échanger avec le Gouvernement sur la stratégie africaine de la France et j’en suis heureuse. Nous avons beaucoup à apporter à ce débat. Nous l’avons démontré encore récemment avec mon collègue Bruno Fuchs lors de la présentation du rapport d’information sur les relations entre la France et l’Afrique. Ce document a été bien accueilli et va nourrir de nombreuses réflexions au sein de la commission des affaires étrangères. Je regrette d’ailleurs que le groupe Renaissance soit le seul à s’être abstenu lors du vote sur la publication de ce rapport.

C’est vrai, c’est scandaleux ! Nous n’avons toujours pas compris pourquoi !

Tous les autres groupes l’ont soutenue parce qu’ils ont compris que ce travail dressait un état des lieux sincère et objectif sur les causes de notre perte d’influence. Dans ce rapport, nous montrons que les erreurs de la France remontent à bien avant 2017. Il y a eu des comportements mal perçus et des attitudes vexatoires. Nous avons aussi affaibli ce qui fonctionnait bien dans notre relation avec les pays d’Afrique : notre réseau culturel et éducatif, nos coopérations, les moyens de nos ambassades.Mais ce rapport parle aussi de nos réussites. Bien sûr, il y en a, et nous les saluons sans arrière-pensées, à l’image de l’ouverture vers l’autre Afrique, lusophone et anglophone, qu’il faut poursuivre et amplifier.Nous pointons également les sujets de tension, comme la réforme des visas, qu’il faut engager rapidement, sans renoncer à la maîtrise des flux et à l’impératif de la lutte contre […]

C’est clair !

Le Président de la République annonçait la fin de la politique africaine de la France. Quelle erreur ! Le résultat est là : voilà six ans qu’il essaie de recoller les morceaux. Il a compris bien trop tard que la France, comme toutes les grandes puissances, a besoin d’une politique africaine, d’une stratégie pour ce continent d’avenir. Certaines déploient une approche bien plus agressive et bien moins éthique que la nôtre : je pense à la Chine sur le plan économique, à la Turquie sur le plan culturel et religieux, à la Russie sur le plan sécuritaire. Face à ces pays, l’offre de la France ne peut pas se cantonner aux champs privilégiés par le chef de l’État, comme le sport ou la culture. Ce n’est pas l’attente fondamentale des pays africains. Voilà pourquoi la France doit avoir une vraie stratégie d’influence et, surtout, l’assumer. À force de taire nos intentions, nous laissons libre […]

Pas à nous !

Pourtant, c’est exactement ce que nous avons vu au Proche-Orient avec les annonces improvisées du chef de l’État, qui ont surpris tout le monde, y compris vous, madame la ministre, monsieur le ministre, et nos alliés. Le Président de la République a finalement dû faire machine arrière, ce qui est catastrophique pour l’image de la France.Je le dis sans détour : il faut aérer la politique étrangère et ouvrir le domaine réservé pour en faire un domaine partagé. Le Parlement y a toute sa place, comme le démontrent les échanges de ce jour. Nous avons une vision et des propositions. Notre contribution à la politique étrangère pourrait être bien plus importante.Puisque nous parlons de nouveaux partenariats avec l’Afrique, le groupe Les Républicains est convaincu qu’il faut mener de profondes réformes pour renforcer les synergies. L’ensemble des acteurs doivent désormais agir au service de […]

Tout à fait !

Les Africains eux-mêmes nous ont dit ne pas comprendre pourquoi nos propres médias ne parlent pas mieux de notre pays. J’en appelle à leur responsabilité. Ils doivent s’attacher à valoriser les actions de la France, parce qu’ils sont essentiels à notre image.Nous portons la vision d’une diplomatie d’influence assumée, regroupant l’ensemble des acteurs autour des intérêts de la France et de nos partenaires. Cette vision rejoint en partie celle du chef de l’État. Mais, encore une fois, des paroles aux actes, le chemin est long. La commission des affaires étrangères va poursuivre ses travaux et la commission de la défense vient de lancer un cycle d’auditions sur l’Afrique. Le groupe Les Républicains est déterminé à travailler à cette refondation. Une fenêtre d’opportunité unique s’ouvre pour construire ensemble la nouvelle stratégie africaine de la France. J’espère, madame la ministre […]

La parole est à Mme Geneviève Darrieussecq.

Au nom du groupe Démocrate, je tiens à remercier le Gouvernement et les ministres présents pour leurs déclarations qui ouvrent le débat sur les partenariats entre la France et les pays africains. Nos partenariats avec l’Afrique sont anciens, forts et en constante évolution. Nous devons sans cesse les adapter à l’évolution des besoins exprimés par les pays africains et, certainement, mieux les valoriser. Je mettrai l’accent sur la stratégie de défense de notre pays et sur notre souhait de nouer de nouveaux partenariats militaires avec les pays africains.Depuis 2017, la France a adopté une nouvelle grille de lecture pour ses relations avec l’Afrique. Elle souhaite inscrire de manière pérenne des rapports de réciprocité, harmonieux et responsables. Alors que l’influence de certaines puissances étrangères se fait de plus en plus prégnante, nous devons adopter une posture équilibrée et bâtir […]

C’est la sagesse !

Les écoles dont vous avez parlé, monsieur le ministre, en sont le parfait exemple, tout comme l’École nationale de cybersécurité à vocation régionale de Dakar ou l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme de Côte d’Ivoire. La France doit continuer de construire des coopérations nouvelles, solides et durables avec les pays africains, dans un rapport d’égal à égal cultivant la confiance et le respect mutuel. (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem, RE et HOR. – M. le président de la commission des affaires étrangères applaudit également.)

La parole est à Mme Anna Pic.

« La nouvelle donne africaine » : ainsi aurions-nous pu qualifier le débat qui nous rassemble aujourd’hui. Militairement, politiquement, économiquement, une page historique de la relation de la France à l’Afrique semble s’être définitivement tournée. Le coup d’État au Niger de juillet dernier et le retrait forcé de nos forces armées nous obligent à traduire en actes le débat récurrent de la reconfiguration de nos relations.En 2013, la France lançait l’opération Serval. François Hollande était acclamé et accueilli en libérateur au Mali. Dix ans plus tard, la présence française au Sahel et dans d’autres régions d’Afrique est dénoncée. D’une intervention sollicitée à une présence contestée, comment en sommes-nous arrivés là ?Les sociétés africaines se sont transformées sous l’effet d’une démographie dynamique, faisant de ce continent l’un des plus jeunes, dont le poids dans la population […]

Le raccourci est rapide !

…ainsi qu’une profonde incompréhension de l’incapacité française à favoriser le développement économique et social des États et à éliminer la constante menace djihadiste.Le déclin de l’image de la France a ouvert la voie à une mondialisation teintée d’opportunisme, renforcée par la jeunesse des populations africaines et dont la France a tardé à prendre pleinement conscience. La Chine, les États-Unis, la Russie, l’Inde, le Japon, l’Allemagne et la Turquie sont désormais bien implantés sur le continent africain, militairement ou économiquement, parfois les deux.Dès 2013, alors que la France, les États-Unis et l’Angleterre s’interrogent sur une possible intervention en Syrie en réponse aux attaques de Bachar al-Assad sur sa population avec des armes illégales, Vladimir Poutine prend la parole à l’ONU et se proclame le garant de la stabilité contre le chaos provoqué par l’Occident et son […]

Vive Wagner !

La France est-elle seule responsable de son affaiblissement ? Non, évidemment. Avons-nous toujours agi sans commettre la moindre erreur ? La réponse est identique et tout aussi évidente. Pour explorer les conditions de partenariats français renouvelés avec les pays Africains, reconnaissons en premier lieu les erreurs que nous avons commises.Je ne sais pas si l’opération Barkhane est un échec, mais je sais qu’en matière d’antiterrorisme, une intervention militaire ne constitue pas une politique en soi. La victoire militaire de l’opération Serval au Mali n’affaiblit pas le djihadisme. Si certains chefs ont été éliminés, le rôle politique et économique de ces acteurs dans le tissu local a été sous-estimé et l’approche sécuritaire n’a pas eu l’effet politique escompté.Fléau de l’esprit, qui se traduit en actes barbares inqualifiables, nous devons lutter de manière intangible contre le […]

Certes, mais quand on organise un débat, il n’y a personne !

La décentralisation que nous appelons de nos vœux passera également par le développement de la coopération décentralisée, qui renforce les échanges locaux autant que les communautés, dans un contexte où les États sont parfois inexistants. Le dernier pan de ce travail de décentralisation consiste en réalité en un rééquilibrage et apparaît comme une évidence : il s’agit de remettre le Quai d’Orsay, dont les compétences sont incomparables, au cœur de notre politique étrangère.Enfin, et c’est le dernier élément de ce champ des possibles, nous devons redéfinir notre aide au développement et mettre fin aux politiques vexatoires en matière de visas. Des décisions salutaires ont déjà été prises dans ces domaines, y compris au sujet des visas, et je salue des actions telles que la restitution des objets d’art et de culture africains, la reconnaissance de la responsabilité du colonialisme […]

La parole est à Mme Anne Le Hénanff.

« Si tu veux aller vite, marche seul, mais si tu veux aller loin, marchons ensemble » : cette phrase définit l’esprit de notre ambition pour le continent africain. Pour la concrétiser et pour débattre de nos relations avec les pays d’Afrique, nous devons garder en mémoire deux vérités essentielles. D’abord, ces relations ne peuvent reposer sur des caricatures. Ensuite, les réponses aux défis du XXIe siècle ne doivent pas émaner uniquement de la France et des Européens : elles doivent être construites selon une logique de partenariats renouvelés.S’affranchir des caricatures, pour commencer, c’est cesser de considérer le continent africain à travers le seul prisme sécuritaire. Je le dis en tant que membre de la commission de la défense nationale et des forces armées : les coups d’État qui ont gangrené le Sahel ces dernières années ne doivent pas nous aveugler quant à la richesse et à la […]

À moitié !

Dans le domaine de la santé, la France a soutenu l’excellence scientifique africaine, représentée par le centre de crise africain, par l’institut Pasteur de Dakar et par l’Institut national de recherche biomédicale du professeur Jean-Jacques Muyembe. Elle participe, avec la communauté internationale, au développement de centres de production de vaccins sur le continent africain.Dans le domaine de la culture, la France a lancé, en octobre 2023, un premier forum des industries culturelles et créatives africaines, dont l’objectif est de connecter le regard des Français à la création contemporaine africaine dans toutes ses composantes. L’Institut français, l’Alliance française et les réseaux de coopération accueillent et promeuvent les œuvres des artistes africains. Enfin, dans la lignée de plusieurs textes adoptés sous la précédente législature, une loi-cadre relative à la restitution […]

La parole est à M. Aurélien Taché.

Je me réjouis que nous débattions aujourd’hui de la refonte des relations franco-africaines, ou, plus précisément, du renouvellement des partenariats passés par la France avec les pays africains, comme l’indique le titre du débat – évoquer la relation entre notre pays et un continent qui représente 20 % de la surface terrestre et de la population mondiale n’aurait évidemment pas de sens.J’en profite pour saluer les membres de la délégation mauritanienne, que j’ai le plaisir d’accueillir cette semaine dans le cadre du groupe d’amitié qui lie les députés de nos deux pays : ils nous font l’honneur d’assister à ce débat. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – M. le président de la commission des affaires étrangères et Mme Sophie Errante applaudissent également.) Je salue également mon collègue du groupe Écologiste, Karim Ben Cheikh, député des Français d’Afrique de l’Ouest […]

Exactement !

La chute de Kadhafi – que chacun ici reconnaît comme un dictateur – a entraîné un afflux de combattants touaregs au Mali et exacerbé ainsi les tensions et les conflits. Cette période a marqué le début d’une remilitarisation de notre action au Sahel, débouchant sur l’opération Serval, nécessaire pour endiguer la poussée du terrorisme, puis sur la bien plus discutable opération Barkhane – vous avez la réponse des Écologistes à votre question, monsieur le ministre !Au paternalisme du discours de Dakar, dans lequel il déclarait que l’homme africain n’était pas « assez entré dans l’histoire », Nicolas Sarkozy ajouta les germes destructeurs du néoconservatisme, rompant avec la tradition non interventionniste encore incarnée par Dominique de Villepin en 2003. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Ce néoconservatisme, qui consiste à faire passer les intérêts de l’Occident avant […]

Très bien !

J’aimerais que le Parlement devienne un lieu dans lequel le point de vue de l’Afrique est entendu et respecté car ce sont les multiples voix qui s’entremêlent et s’enrichissent mutuellement qui constituent le socle d’une refondation véritable et profonde.La langue représente évidemment un des liens les plus forts et anciens entre la France et toute une partie de l’Afrique. Son apprentissage a été imposé par l’esclavage et perpétué par la colonisation, mais le français est aussi la langue des auteurs, des poètes, d’une certaine forme de résistance, un « butin de guerre » comme l’a dit Kateb Yacine au moment de l’indépendance de l’Algérie. Le français est un beau symbole de notre histoire, dans toute sa complexité. C’est une langue de création, mais aussi une langue profondément politique. Je crois ainsi fermement en l’avenir de la francophonie comme vecteur de liberté et d’entraide, à […]

La parole est à M. Jean-Paul Lecoq.

Pour les députés communistes et ultramarins du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, intervenir sur les relations entre la France et les États d’Afrique est un exercice sans cesse répété. Les partenariats que vous appelez de vos vœux ne seront jamais renouvelés tant que vous n’aurez pas changé radicalement de logiciel. Car, faut-il vous le rappeler, les États d’Afrique sont formellement indépendants et différents. Nombre d’entre eux recherchent une seconde indépendance dans leur souveraineté politique, économique et financière. Prenez la mesure de cette revendication populaire sur le continent et daignez enfin comprendre à quel point elle vous oblige, en tant qu’ancien État colonisateur, en tant que pays occidental développé et en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.Si, en septembre dernier, le président Macron a décidé d’organiser un débat au […]

Eh oui !

…un référendum d’autodétermination, comme en ont bénéficié l’ensemble des États de l’Afrique francophone. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR-NUPES.) La présence française à Mayotte, issue d’un référendum d’autodétermination déclaré nul et non avenu par les Nations unies, doit être rediscutée pour montrer notre bonne volonté. La situation actuelle n’est pas tenable : il faut construire un avenir commun entre Mayotte et l’archipel.

On a voté et on a dit non ! C’est insupportable !

Ainsi, le fait que la France ne critique pas le troisième mandat illégal du président ivoirien Ouattara, mais condamne le troisième mandat illégal du président guinéen Condé, démontre l’arbitraire de notre diplomatie. Que le président Macron se rende en personne au Tchad, en 2021, pour adouber le fils du président Déby après la mort de son père, au mépris de la constitution tchadienne, n’est pas digne de la France non plus.Les relations à géométrie variable de la France avec certains dirigeants des pays d’Afrique constituent l’une des raisons principales du rejet de notre pays en Afrique et ailleurs. Mais qu’on ne s’y trompe pas : il ne s’agit pas que de la France ; l’Afrique est l’une des zones de fracture entre le monde occidental et de nombreux autres États. Le dossier israélo-palestinien est aussi un sujet qui concerne l’Afrique. Les violations quotidiennes du droit international […]

Jean-Louis Bourlanges président de la commission des affaires étrangères · Dem #599

Très bien, monsieur Lecoq !

La parole est à Mme Estelle Youssouffa.

L’Afrique est un continent capital pour notre pays, humainement, historiquement, stratégiquement, économiquement, culturellement et intimement. Nos relations avec l’Afrique sont profondes, riches et complexes, parfois conflictuelles et douloureuses, mais toujours interdépendantes et intenses. Aussi, se pencher sur ce sujet n’est jamais superflu et le débat qui se tient aujourd’hui est nécessaire. Je veux saluer, à cet égard, la qualité du rapport d’information de nos collègues Tabarot et Fuchs sur la politique française en Afrique, un rapport qui fera date grâce à la vivacité de ses analyses et à la sincérité de son examen de notre politique en Afrique.Impossible de ne pas commencer par l’actualité, c’est-à-dire par la succession de coups d’État au Sahel depuis trois ans et par la fin de l’opération Barkhane, considérés comme des échecs stratégiques français. Le recul brutal de notre […]

Je partage totalement ce point de vue.

Notre voisin comorien est un champion avéré de la corruption. Sa gouvernance est si grave que les institutions les mieux intentionnées n’arrivent pas à fermer les yeux. C’est compter sans la générosité aveugle de l’Agence française de développement, qui s’obstine – notez qu’elle opère à l’étranger, mais aussi en outre-mer, ce qui en dit long sur la vision des ultramarins par l’administration…Les Comores, ce prétendu partenaire, revendiquent Mayotte depuis 1974 et instrumentalisent les flux migratoires pour asseoir leur projet de colonie de peuplement sur notre île. Le Quai d’Orsay a choisi de mener avec Moroni une politique d’accommodement coupable qui ne marche pas. Churchill disait qu’un conciliateur est quelqu’un qui nourrit un crocodile en espérant qu’il sera le dernier à être mangé. Les Comores font monter les enchères en nouant des liens avec Moscou, Pékin et New Delhi ; Paris […]

N’exagérons pas !

Vous vous félicitez qu’aucune résolution n’ait été votée à l’ONU contre la France, mais vous saluez en réalité une situation d’inertie, l’ONU ne reconnaissant toujours pas le territoire français de Mayotte ni le choix de ses habitants. Pis, les autorités russes mentionnent de plus en plus le cas de Mayotte pour affaiblir l’image de la France. Là encore, les faits sont têtus : la politique de votre ministère ne produit aucun résultat diplomatique.Enfin, s’agissant de l’intégration régionale de Mayotte, sur laquelle vous dites que le Quai d’Orsay travaille depuis trente ans et dont Mayotte est exclue du fait de l’opposition des Comores, je vous rappelle que notre île ne fait toujours pas partie des institutions de son voisinage et ne participe à aucun projet de la Commission de l’océan Indien (COI), dont la France est pourtant membre au titre de La Réunion et dont elle est le principal […]

Exactement !

Vous devez régler ce conflit et défendre Mayotte ! Que la puissance de votre ministère, que la puissance de la France se mette enfin en branle pour protéger son intégrité territoriale. Pour nous, Mayotte n’est pas comorienne, mais française, et le Quai d’Orsay doit travailler activement à le faire reconnaître au niveau international. Il faut faire plier Moroni, cet État parasite qui ne survit qu’avec l’aide de notre pays. Utiliser les leviers financiers et politiques de la France contre Moroni n’est pas honteux : c’est votre devoir pour Mayotte, pour vos compatriotes. (Applaudissements sur les bancs des groupes LIOT et Dem.)

La parole est à M. Vincent Ledoux.

Notre perception des partenariats entre la France et l’Afrique ne doit pas être surdéterminée par l’agitation de putschistes du Sahel et d’influenceurs prorusses ou salafistes. Deux exemples me paraissent révélateurs.Dans une de ces polémiques franco-françaises dont nous avons le secret, on nous affirmait, il y a quelques semaines, qu’à la suite du coup d’État au Niger, la France avait rompu tout lien de coopération culturelle avec les artistes du Sahel. Sur certains bancs de cet hémicycle, on faisait ressurgir le spectre de la morgue et du néocolonialisme français. Mais, évidemment, il n’en était rien. Les artistes maliens, nigériens ou burkinabés continuent de travailler avec leurs homologues en France ou dans nos réseaux culturels à travers toute l’Afrique.

Parce que vous avez reculé !

Vendredi dernier, Sidiki Diabaté, le prince de la kora, a enflammé l’Arena de Paris-Bercy : les réseaux sociaux en ont relayé les images à Bamako, suscitant des milliers de témoignages de fierté devant la capacité de cet artiste malien à remplir une grande salle française.Autre exemple concret : dans la commune VI de Bamako, l’espace culturel Urgol Café, une initiative privée de l’universitaire Tiefing Sissoko, met à profit les expertises scientifiques, universitaires et professionnelles de la diaspora malienne pour promouvoir l’autonomisation des jeunes, en confrontant les acteurs du monde économique et du monde de l’éducation. L’ambassade de France a aidé à nouer des liens avec France Alumni Mali, le réseau des anciens étudiants maliens en France, que suivent la délégation de l’Union européenne au Mali et l’agence de coopération suisse. Malgré la junte prorusse, c’est un témoignage […]

Là, c’est votre discours qui est caricatural !

…complaisamment relayé sur les réseaux sociaux, qui croit trouver la cause de tous les maux de l’Afrique dans notre pays, ou dans l’Europe, et pourquoi pas dans le Président de la République ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.) Cette posture est non seulement dangereuse et funeste, mais aussi préjudiciable à nos partenaires africains eux-mêmes, qui veulent construire et non détruire.

C’est hors sol ! À qui croyez-vous parler ?

Nous devons donc partir des besoins réels en Afrique, en considérant de façon lucide tant les possibilités considérables du continent que les risques qu’elles recèlent. Le problème de bon nombre de pays africains, c’est d’abord la pauvreté et un déficit énorme en infrastructures de base – routes, ponts, énergie –, pour lesquelles nous sommes encore très loin du compte. Comme me le confiait un ami très qualifié issu de la diaspora sénégalaise en France, dans sa ville d’origine, les jeunes, privés de toute perspective économique, partent en Mauritanie en pirogues, puis tentent l’aventure vers la Libye ou le Maroc à destination de l’Europe, ou vers le Nicaragua, à destination des États-Unis. Rien ne les arrêtera tant que l’activité économique ne leur permettra pas de sortir d’une paupérisation insidieuse et d’exercer leur droit à ne pas migrer – oui, j’y insiste : leur droit à ne pas […]

C’est la francophonie, dites donc !

…la France a clairement fait, ces dernières années, le choix du soutien à l’entrepreneuriat africain, de plus en plus souvent en lien avec les projets issus des diasporas – c’est une bonne chose. Il faut désormais démultiplier cette approche avec des projets à taille humaine, relatifs aux biens de première nécessité : agriculture, équipement urbain, éducation, formation. Le Président de la République l’a clairement dit dans son discours du 27 février : toutes les forces de la société française – les entreprises comme les universités et les collectivités territoriales – doivent être embarquées dans une diplomatie partenariale. Cette mise en relation concrète de sociétés représente un apport majeur ; il y a quatre ans, à la demande du premier ministre de l’époque, Édouard Philippe, j’avais remis au Gouvernement un rapport sur la coopération décentralisée, c’est-à-dire sur les échanges […]

Le partenariat avec l’Afrique, ça n’intéresse pas beaucoup le groupe Renaissance !

La parole est à Mme Marine Le Pen.

En novembre 2017, à l’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, le président Emmanuel Macron avait ouvert son discours en annonçant qu’« il n’y [avait] plus de politique africaine de la France ». Le 23 février 2023, à l’Élysée, à la veille d’un déplacement sur le continent, il confirmait : « Ces mots sont toujours d’actualité. » Eh bien, une fois n’est pas coutume, je dois reconnaître que le Président de la République a magistralement résumé la situation : il n’y a plus, en effet, de politique africaine de la France. Sous Emmanuel Macron, cette politique a disparu ; elle s’est envolée, volatilisée dans un magma d’erreurs, d’incohérences et de contradictions dont la sinistre mésaventure nigérienne de ces derniers mois aura été le point d’orgue.Les premiers à en prendre bonne note – et comment pourrait-il en être autrement ? – sont les Africains eux-mêmes, qui ne peuvent que constater […]

Le dictateur Déby !

…que « si je veux que l’Afrique soit la première des priorités internationales de la France, ce n’est ni par charité, ni par cupidité ; c’est, tout simplement, parce que notre intérêt commun rencontre notre amitié réciproque. La France doit avoir une politique africaine et, au sein de celle-ci, des priorités et des alliances privilégiées avec ses amis historiques. »En raison de son histoire, de son savoir-faire technique, de ses moyens, mais aussi de sa langue – pour une large partie du continent africain, du moins –, la France peut accompagner positivement le processus de construction et de consolidation des États-nations africains, en se basant sur le respect dû à nos partenaires quant au choix souverain de leur politique et de leur modèle de développement.Sur ce sujet, nous devons être clairs : la non-ingérence dans les affaires intérieures des États souverains doit être notre règle […]

C’est évident !

Or, pour comprendre les enjeux et être compréhensibles pour nos partenaires – bref, pour mener une politique étrangère digne de ce nom –, nous avons besoin d’experts. Cela nécessite de renforcer la formation aux relations bilatérales des diplomates, des agents de renseignement et des militaires, et non de procéder à une absurde réforme du corps diplomatique. Je note d’ailleurs que la question des moyens humains est assez longuement évoquée dans le rapport de nos collègues Fuchs et Tabarot.Aujourd’hui peut-être même plus qu’hier, les enjeux communs que j’évoquais à l’instant et les sujets sur lesquels les intérêts de la France et ceux des pays africains convergent ne manquent pas : démographie, énergie, environnement, sécurité, et ainsi de suite. Devant une telle liste, l’absence de politique africaine revendiquée par le Président de la République apparaît comme une absurdité, une […]

Ceux qui partent sont aussi ceux qui arrivent chez nous ; vous ne leur dites pas la même chose, alors !

Baissez d’un ton ! (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Leur faire croire le contraire est non seulement dangereux pour eux, mais aussi à l’opposé de la volonté du peuple français, au nom duquel – je vous le rappelle, mes chers collègues – nous légiférons.

Exactement !

Nous avons donc, Français et Africains, la responsabilité de tout faire, dès maintenant, pour voir aboutir un cercle vertueux qui amènera 2 milliards d’Africains à vivre de leur travail, selon leurs propres valeurs, leurs propres identités et leurs propres cultures, sous la gouvernance d’États stables. Il y va de l’intérêt de la France et des pays africains ; plus largement, c’est une nécessité pour la stabilité du monde.De ces intérêts pour notre pays en Afrique – intérêts que nous n’avons pas à cacher, parce qu’ils sont légitimes, et donc compréhensibles par tous – découleront des objectifs logiques, des politiques publiques cohérentes et des moyens adaptés. La politique africaine de la France doit redevenir une réalité ; c’est ainsi que nous disposerons d’un réel instrument de solidarité internationale, mais aussi de rayonnement et de sécurité, au bénéfice partagé de l’Afrique, de […]

La parole est à M. Arnaud Le Gall.

L’exécutif a enfin consenti à inscrire à l’ordre du jour de notre assemblée un débat sur les relations entre la France et les pays africains. Hasard du calendrier, un rapport bienvenu de nos collègues Fuchs et Tabarot sur ce sujet crucial a été rendu public la semaine dernière, malgré l’abstention de nos collègues du groupe Renaissance.Quiconque est de bonne foi ne peut désormais plus douter de l’existence d’une grave crise des relations entre la France et de nombreux pays africains, notamment francophones. Ce débat parlementaire devrait donc être la « première étape d’un processus démocratique, consultatif et transparent pour repenser en profondeur l’avenir de nos relations avec les pays africains », comme y invite une tribune signée par quelques dizaines de responsables d’ONG, de chercheurs et d’anciens diplomates. Cette tribune précise que le rejet exprimé dans des proportions […]

Exactement !

Il faut en finir avec la tradition des débats erratiques et purement formels, puisqu’ils ne sont suivis d’aucun vote. Le Parlement doit être saisi et décider, et non simplement s’exprimer sur des décisions prises dans l’opacité. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Ce déficit démocratique n’est pas un détail : il est au cœur du désastre. Pour qu’enfin on nous accorde ce temps de débat, sans vote, il aura fallu un affaiblissement sans précédent – certains diraient un effondrement – de nos relations en Afrique.La stratégie, ou plutôt l’absence de stratégie de la France en Afrique depuis des années, est d’abord le résultat de décisions et de non-décisions prises dans l’entre-soi élyséen. Il y a eu une suite de choix erronés, de fautes, d’aveuglements. Comment pouvait-on croire, par exemple, que la militarisation quasi exclusive de nos relations avec le Sahel mènerait […]

Eh oui !

Il y eut ensuite l’opération Serval : ses premiers succès ont été indéniables, mais elle a connu un prolongement sans fin, dans un cadre opaque, sous la forme de l’opération Barkhane. Je veux rendre hommage, comme tous et toutes ici, à nos soldats morts ou blessés au combat au Sahel depuis 2013. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Nos armées ont obtenu de nombreuses victoires tactiques, mais le cadre stratégique était défaillant. L’approche strictement militaire n’était pas adaptée à la réalité. Dès 2013, nous avertissions qu’une intervention sans plan de retrait ni projet politique partagé aboutirait à une impasse.Après l’augmentation de l’influence des groupes armés au Sahel et trois coups d’État que nos services n’ont pas vu venir, beaucoup, ici, conviendront qu’il aurait été préférable de ne pas se contenter d’un unique vote de la représentation nationale en neuf […]

C’est vrai.

Pire, la crise multiforme affectant nos relations avec nombre de pays africains ne se limite pas au Sahel. Dans toute l’Afrique francophone, le crédit est entamé. Nous pouvons en témoigner, pour nous être récemment rendus en République démocratique du Congo, premier pays francophone du monde (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES) : on n’observe pas de rupture, mais la défiance existe et il y a urgence !Certes, il n’existe pas de solution miracle pour sortir de l’ornière, dans un contexte international où nous ne maîtrisons qu’une partie des paramètres. Mais commençons déjà par changer le fond et la forme de la politique de notre pays en Afrique. D’abord, abandonnons tout paternalisme. À l’Élysée, on n’a pas rompu avec le vieil imaginaire : les sommets convoqués sans ménagement, les sermons aux chefs d’États africains, les gestes et paroles vexatoires qu’on ne se […]

Exactement.

Enfin, redonnons à la politique de la France en Afrique les moyens nécessaires à sa cohérence. Le rapport de nos collègues Fuchs et Tabarot esquisse des pistes. Oui, il faut redonner au ministère de l’Europe et des affaires étrangères un rôle central ; oui, il faut associer le Parlement, cette chambre étant dépositaire de la souveraineté. (Mêmes mouvements.)On aiderait ainsi à mettre fin certaines absurdités, qu’il s’agisse du franc CFA – compétence exclusive de Bercy, en dépit de sa charge politique immense – ou de la politique des visas, sur laquelle le ministère des affaires étrangères n’exerce plus de compétence réelle et qui obéit à des logiques obsidionales ayant pour effet de fermer la porte à de nombreux étudiants, acteurs économiques voire dignitaires politiques africains.Se donner les moyens d’une politique cohérente, c’est aussi rebâtir notre expertise civile, après plus de […]

C’est pourquoi nous continuerons, avec mon collègue Carlos Martens Bilongo, à défendre notre proposition de résolution qui condamne le soutien de la République du Rwanda au groupe rebelle du Mouvement du 23 mars, le M23.Au-delà de ces cas particuliers, l’enjeu est de savoir si notre pays sera au rendez-vous de l’histoire. Car l’Afrique, contrairement à ce qu’a pu dire un ancien président de la République, c’est l’histoire. De grands historiens, en France même, sont là pour nous le rappeler : c’est une histoire qui est aussi la nôtre, une histoire d’échanges, d’interdépendance croissante, de constructions communes, de créolisation, que cela plaise ou non (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES), une histoire de combats et d’émancipation toujours en cours. Plus de soixante ans après l’indépendance politique, les peuples réclament une seconde indépendance et réaffirment […]

La parole est à M. Bruno Fuchs.

Notre débat intervient à un moment pour le moins paradoxal. Alors qu’à première vue, la France n’a jamais été aussi contestée depuis les indépendances, nous sommes convaincus que c’est aujourd’hui que nous avons le plus de chances de nouer de nouvelles relations, égales et respectueuses, susceptibles de garantir les intérêts des parties. Si nous affichons notre bon espoir d’y parvenir, c’est parce que la France détient un nombre non négligeable d’avantages comparatifs.Tout d’abord, nous avons une bonne image dans une grande partie des pays d’Afrique anglophone ou lusophone et nos échanges commerciaux y progressent. Quant à l’Afrique francophone, les Français n’y ont pas une mauvaise image.

Cela fait longtemps que vous n’y êtes pas allé !

Nous y sommes même plutôt appréciés et nous aurions tort de penser que les Africains ne veulent plus de la France. En revanche, ce qu’ils nous disent,…

C’est qu’ils ne veulent plus de Macron !

…c’est qu’ils veulent que la France agisse autrement. C’est là-dessus que nous devrons réfléchir et concentrer nos efforts.Depuis 2017, sous l’impulsion du président Macron, beaucoup a été fait. À la suite du discours de Ouagadougou, nous avons entrepris un travail sur la mémoire, doublé le montant de notre aide au développement, engagé un processus de restitution d’œuvres d’art, démarré la transformation du franc CFA – même si elle est encore inachevée.En clair, nous déployons depuis longtemps un grand nombre de politiques publiques performantes et exemplaires ; c’est l’un des axes forts de notre relation avec les Afrique. Nous nourrissons de longue date une tradition d’engagement solidaire, pour l’accès à la santé, la conservation de la biodiversité ou encore la lutte contre le changement climatique. Notre engagement est également remarquable en faveur de l’entrepreneuriat, de la […]

Ou l’abandonner !

…– même si c’est aux pays africains de le faire. Le ministre Lecornu l’a annoncé, nous devrons aussi redéfinir nos emprises militaires et le rôle de nos armées en Afrique car, en attendant, toutes les spéculations et les malveillances ont libre cours.Nous devrons également revoir en profondeur la politique de délivrance des visas – cette refonte a déjà démarré – tout en conservant la maîtrise des flux migratoires. La situation actuelle nous est très préjudiciable. Comment expliquer, en effet, que le premier de la classe du lycée Mermoz d’Abidjan, qui a fait toute sa scolarité dans des établissements français, se voie refuser un visa ? Il poursuit désormais ses études au Canada. Pourquoi le vice-président du parlement d’un grand pays francophone, en possession d’un passeport diplomatique et d’une note verbale de son ministre, ne peut-il obtenir le visa qui lui permettrait de se rendre à […]

La parole est à Mme Amélia Lakrafi.

C’est en tant qu’élue des Français d’une vaste circonscription qui comprend 80 % de l’Afrique que j’ai l’honneur de m’adresser à vous, pour traiter du renouvellement des relations entre la France et l’Afrique grâce à la politique engagée depuis six ans sous l’impulsion du Président de la République.Ma fonction me permet de me rendre fréquemment sur le continent africain afin d’y rencontrer les Français qui y sont installés, dont plus de la moitié sont binationaux, ainsi que des parlementaires, des responsables politiques, des membres des différents gouvernements et des représentants des sociétés civiles. Je vais donc vous restituer mon analyse concernant l’état de nos relations avec l’Afrique.Première évidence : il n’y a pas « une » Afrique. L’Afrique est un continent comprenant cinquante-quatre nations, et non un pays homogène. Il est par conséquent malvenu de parler d’un sentiment […]

Le roi du Maroc, c’est un putschiste ?

Certaines nations extérieures profitent de cette minorité bruyante pour déstabiliser la relation franco-africaine. Il s’agit de manœuvres politiques et financières. Nous ne devrions pas les laisser obscurcir le tableau général.Depuis l’élection en 2017 d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, la France connaît un renouveau de ses relations avec l’Afrique, y compris avec l’Afrique de l’Est. Dans le discours de Ouagadougou, des questions essentielles pour la jeunesse africaine ont été abordées ; elles fournissent aujourd’hui autant de sujets de revendication pour celle-ci. Au Québec, ancienne colonie française, on ne ressent pas le besoin de chercher à l’extérieur des boucs émissaires pour expliquer les tensions internes !Il est donc grand temps de valoriser les cinquante pays africains qui entretiennent une relation positive avec la France et de ne pas se laisser distraire par […]

Dites cela aux diasporas…

Je souhaite également évoquer tout ce qui a été accompli ces dernières années et qui s’inscrit dans la logique partenariale qui a été énoncée par le chef de l’État et qui forme le socle des relations renouvelées entre notre pays et le continent africain.En premier lieu, alors que certains fustigent notre présence militaire et que la propagande de puissances hostiles s’évertue à y voir une marque de néocolonialisme, je rappelle que c’est à la demande des autorités maliennes que la France est intervenue dans leur pays et qu’elle a sauvé la capitale des forces djihadistes qui la menaçaient. Elle y est restée ensuite pour prévenir la menace terroriste qui subsiste toujours dans toute la région. Dois-je évoquer tout le bien que font nos militaires – notamment les médecins militaires que j’ai rencontrés à Faya-Largeau ou à Abéché, au Tchad, et qui effectuent pour certains jusqu’à 800 visites […]

Jusqu’à présent, personne ne l’avait prononcé !

Il s’est adressé à la société civile et à la jeunesse africaine, qui, comme lui, n’a pas connu la colonisation. Cet effort pour renouveler nos relations avec le continent africain, je n’ai cessé de le constater depuis 2017 dans les domaines que le Président de la République a cités.Je salue ainsi le travail effectué avec la société civile par l’intermédiaire de nos postes diplomatiques, ainsi que de très nombreuses associations.En ce qui concerne les échanges culturels, on ne peut que se féliciter de la richesse des relations entre la France et le continent africain, qu’il s’agisse de la saison Africa 2020, du lancement de la Maison des mondes africains ou de la foisonnante programmation culturelle des instituts français et des alliances françaises. J’ai constaté lors de mes déplacements à l’occasion d’innombrables manifestations, au Cameroun, au Gabon ou en Afrique du Sud, l’importance […]

Il manque un ministre au banc : Darmanin.

Le renouveau de la relation avec l’Afrique, je l’ai aussi constaté dans le secteur de la solidarité et du développement, en particulier avec la loi de 2021 de programmation relative au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales, ainsi qu’avec la hausse importante de notre aide publique au développement. Les pays africains sont les grands bénéficiaires de l’augmentation de l’APD. À chacun de mes déplacements, je visite des projets menés grâce à des financements de l’Agence française de développement dans les domaines de l’agriculture, de la santé ou des infrastructures. Toutefois, cette action n’est pas assez visible et les populations locales ne sont pas toujours conscientes – c’est peu de le dire – que telle route ou telle école a été réparée ou bâtie avec le concours de la France. À nous de le faire savoir.Cette solidarité se marque aussi dans les […]

La parole est à M. Nicolas Dupont-Aignan.

De notre capacité à bâtir une belle relation de confiance entre l’Afrique et la France dépendront au XXIe siècle notre sécurité et notre prospérité communes. Malheureusement, en dépit d’une histoire et d’une langue en partage, ainsi que d’un nombre important de Français d’origine africaine pouvant servir de pont entre nos deux continents, cette relation s’est dégradée et les malentendus se sont multipliés. Quel immense gâchis !La politique étrangère narcissique, imprévisible, incohérente et méprisante d’Emmanuel Macron a mené la France à la déroute au Sahel. Nous payons très cher trois contradictions françaises.Depuis le départ de Jacques Chirac qui, lui, aimait et comprenait l’Afrique, les gouvernements successifs ont réduit nos moyens d’action, au moment même où ce continent connaît une forte croissance démographique et économique. Le rapport d’information que vient de publier notre […]