Séance du 12 mars 2024 /// n°144 /// 788 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2023-2024

Séance du 12 mars 2024 — 144e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

788prises de parole
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3461 la déclaration du Gouvernement relative au débat sur l'accord de sécurité franco-ukrainien et la situation en Ukraine (application de l'article 50-1 d… 372 / 99 adopté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 788 — page 1 / 4.

Yaël Braun-Pivet president · EPR #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à quinze heures.)

Questions au Gouvernement

Yaël Braun-Pivet president · EPR #6

L’ordre du jour appelle les questions au Gouvernement.

Prix des carburants

La parole est à M. Jean-Philippe Tanguy.

Monsieur le ministre de l’économie, les semaines, les mois et les années se suivent et se ressemblent pour les Français ayant besoin de leur voiture pour vivre. La facture de carburant reste exorbitante et vous ne faites rien pour faire baisser les prix. (« C’est vrai ! » sur les bancs du groupe RN.) Pire, vous avez annulé le chèque carburant, ce maigre lot de consolation pour les plus modestes. Une fois encore, la France du travail n’a le droit que de payer pour éponger vos échecs !Dur avec les Français les plus humbles, vous êtes tout aussi injuste avec les classes moyennes, que vous abandonnez pour enrichir les plus puissants, j’ai nommé les multinationales du pétrole. Nous avons appris, monsieur le ministre, que votre gouvernement n’est pas le seul à tondre les automobilistes en taxant le carburant – les taxes, que vous avez lourdement augmentées en 2017 et en 2018, représentent […]

Un scandale !

Depuis dix ans, les marges sur le raffinage et le transport du carburant ont augmenté deux fois plus vite en France que dans le reste de l’Europe. Au même moment, à Donges, la deuxième raffinerie de notre pays est fermée, faute d’entretien, dans l’indifférence complète de votre gouvernement. Vous n’avez même pas été capables d’obliger Total, qui fait 20 milliards d’euros de bénéfices par an, à investir ne serait-ce que 50 millions pour produire du carburant en France sans dépendre des puissances étrangères. Parmi ces dernières, certaines recyclent d’ailleurs le pétrole russe contre lequel vous ne faites rien, sinon faire encore payer les Français !La réalité est simple : depuis des années, vous laissez notre industrie pétrolière nationale disparaître ; vous laissez Total se désengager de notre pays, comme tant d’autres, pour y faire des bénéfices maximaux tout en payant des impôts […]

La parole est à M. le ministre délégué chargé de l’industrie et de l’énergie.

…et de la dette !

Roland Lescure ministre délégué chargé de l’industrie et de l’énergie · EPR #17

Les semaines, les mois et les années se suivent et se ressemblent. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Et la dette ?

Roland Lescure ministre délégué · EPR #19

J’aimerais vous rappeler que si les prix de l’énergie sont plus élevés qu’ils ne l’ont été depuis des années, c’est parce que votre ami Vladimir Poutine (Vives exclamations sur les bancs du groupe RN)…

Le niveau !

Ça faisait longtemps !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #22

…a envahi l’Ukraine il y a maintenant un peu plus de deux ans. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.) Et comme je vous vois satisfaits de cette réponse, j’attends avec impatience le débat qui aura lieu après les questions au Gouvernement ; il permettra une fois de plus de réaliser qu’entre l’envahisseur et l’envahi, vous avez choisi l’envahisseur. (« Répondez à la question ! » et protestations sur les bancs du groupe RN.)

S’il vous plaît !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #24

Monsieur Jean-Philippe Tanguy, les semaines, les mois et les années se ressemblent et, comme toujours, vos fake news ne masquent en rien vos compromissions. (M. Rémy Rebeyrotte applaudit.) C’est grâce au bouclier tarifaire voté par la majorité que la croissance est désormais positive en France (« Non ! » sur les bancs du groupe RN), alors que ce n’est pas le cas chez la plupart de nos voisins : ce bouclier qui a préservé la croissance, vous ne l’avez pas voté, évidemment !

La croissance ? Mais arrêtez !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #26

Aujourd’hui, évidemment, l’essence reste chère ;…

Vous ne la payez pas, vous !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #28

…évidemment, nos compatriotes éprouvent des difficultés pour remplir leur réservoir. Mais, vous le savez, le prix de l’essence a baissé (Protestations sur les bancs du groupe RN) : il est plus bas qu’il y a quelques mois (M. Jean-Philippe Tanguy mime un joueur de violon),…

Vous habitez où ?

Roland Lescure ministre délégué · EPR #30

…au moment où votre assemblée a voté le bouclier tarifaire et le budget qu’une fois de plus, vous n’avez pas voté.La réalité, c’est donc que les compromissions se trouvent de votre côté,…

Arrêtez ! 900 milliards de dette !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #33

…tandis que nous, nous protégeons les Françaises et les Français. Une fois encore, vous cherchez à masquer vos compromissions derrière les fake news, les manipulations et la promotion de mesures démagogiques (Vives exclamations sur les bancs du groupe RN) qui n’ont aucun impact sur le pouvoir d’achat de nos concitoyens. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

La parole est à M. Jean-Philippe Tanguy.

Avec vous, Poutine est toujours aussi riche ; les Français, eux, sont toujours plus pauvres ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Fin de vie

La parole est à M. Olivier Falorni.

Parler de la fin de vie, c’est d’abord parler de la vie car c’est aimer la vie, passionnément. Parler de la fin de vie, c’est aussi regarder la mort, lucidement. Parler de la fin de vie, c’est le faire avec humilité, avec gravité, avec respect de toutes les convictions.Parler de la fin de vie, ce n’est pas détenir la vérité : c’est avoir la volonté de faire mieux, pour les malades et pour leurs proches. Parler de la fin de vie, c’est convoquer les valeurs de la République. C’est vouloir la liberté, celle de disposer de sa mort, à l’image d’une autre liberté, celle de disposer de son corps, que nous venons de sanctuariser. C’est vouloir l’égalité, celle qui permet de ne pas s’en remettre à la clandestinité ou à l’exil forcé. C’est vouloir la fraternité, celle d’une fin de vie qui serait solidaire et pas solitaire.Au fil des ans et des lois, deux droits essentiels ont été obtenus : le […]

La parole est à M. le Premier ministre.

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #44

Il n’y a pas de sujet plus intime, plus sensible, plus personnel et plus délicat que celui de la fin de vie. Il fait écho à nos convictions et à nos propres histoires. Il impose, je le crois, une certaine retenue et, surtout, la réflexion ; il impose la concertation, le temps de l’échange et du débat.C’est cette méthode, qui traduit la volonté d’avancer pas à pas, sans brusquer, en cherchant sans cesse le consensus, qu’a retenue le Président de la République pour répondre à la demande des malades et des familles, qui souhaitent faire évoluer notre droit. Cette méthode a été choisie par le Président de la République pour tenir son engagement, pris lors de la campagne présidentielle de 2022.Monsieur Falorni, je sais – et nous savons – combien le sujet de la fin de vie vous tient à cœur. Je sais que vous tenez à avancer dans le respect des convictions de chacun et que cet engagement vous […]

C’est essentiel !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #52

…c’est une recommandation de la Convention citoyenne ; ils devront être capables d’un discernement plein et entier ; enfin, il faudra qu’ils soient atteints d’une maladie incurable, imposant des souffrances que rien ne peut apaiser, et que leur pronostic vital soit engagé à court ou moyen terme. Ces critères garantissent la dimension éthique de notre modèle.

Très bien !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #54

La décision de mourir est évidemment la plus lourde qui soit. Elle ne peut être prise qu’avec la plus grande précaution et nous ne pouvons nous permettre de l’encadrer qu’avec la plus grande prudence.

C’est sûr !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #56

J’ai toute confiance dans le travail parlementaire et dans l’esprit de responsabilité de chacun. Un texte sera présenté en Conseil des ministres en avril et pourra être débattu dans l’hémicycle à compter du 27 mai prochain. Nous prendrons le temps qu’il faudra pour l’examiner, dans le respect de l’intime conviction de chacun ; nous serons animés, j’en suis certain, par la volonté de bâtir des consensus. La question de la fin de vie est grave : elle doit nous rassembler. Les malades, les familles, les soignants nous regardent et nous attendent ; faisons de cette loi une grande loi de dignité. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR et sur quelques bancs du groupe LR. – Mme Sophie Taillé-Polian applaudit également.)

Travailleurs des plateformes numériques

La parole est à Mme Marietta Karamanli.

Monsieur le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, plusieurs textes européens en cours d’adoption ont pour objet une meilleure protection de nos concitoyens. J’en évoquerai trois. La directive européenne relative aux travailleurs des plateformes permet à ces derniers de devenir des employés, en bénéficiant de tous les droits associés à ce statut, à partir du moment où un lien de subordination avec la plateforme est constaté : 5,5 millions de personnes sont concernées dans l’Union européenne, dont des dizaines de milliers en France. L’Estonie et la Grèce ont finalement voté en faveur de la directive ; la France, elle, était réticente.La directive sur le devoir de vigilance des entreprises, ensuite, vise à renforcer leur responsabilité en matière de violation des droits humains, environnementaux et du travail, tout au long de leur chaîne d’approvisionnement. C’est le combat que […]

La parole est à Mme la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Catherine Vautrin ministre du travail, de la santé et des solidarités · Les Républicains #66

Vous nous interrogez à propos de différents textes qui ont fait l’objet de négociations à Bruxelles. Je m’attarderai plus particulièrement sur la discussion de la directive relative aux travailleurs des plateformes. La France a pleinement joué le jeu de la négociation et plusieurs versions de ce texte ont été discutées. Notre pays a été guidé dans sa démarche par un seul principe : le texte doit prendre en compte la réalité de la relation de travail entre la plateforme et le travailleur. Cette distinction entre vrais et faux travailleurs indépendants est d’autant plus importante que nous avons construit en France, avec succès, un modèle social particulièrement protecteur pour les travailleurs indépendants du secteur de la mobilité et de la livraison. Ce modèle social a abouti à la conclusion de neuf accords collectifs depuis 2022, par exemple sur les revenus ou les relations entre les […]

Et le devoir de vigilance ?

Carte scolaire

La parole est à M. Yannick Monnet.

Madame la ministre de l’éducation nationale, de nombreux territoires ruraux, comme dans mon département de l’Allier, sont à nouveau confrontés cette année à l’annonce de dizaines de suppressions de postes dans nos écoles. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

C’est une honte !

La semaine dernière, vous avez affirmé vouloir « prendre en charge chacun des élèves dans leur spécificité ». Comment répondre à cet objectif quand on ferme des classes de quinze élèves pour former des doubles ou triples niveaux à vingt-quatre élèves, avec parfois des enfants hyperactifs ou qui auraient besoin d’un suivi orthophonique ?

Exactement !

Vous avez également affirmé « veiller à la cohérence des politiques publiques pour qu’il n’y ait pas de différence entre ce que fait l’éducation nationale et ce que font les autres services de l’État ».

Il a raison !

Comment comprendre, alors, qu’on ferme des classes dans des communes qui viennent d’obtenir le label Villages d’avenir ou Petites villes de demain ? Comment comprendre que l’État, quelques mois après l’inauguration d’écoles refaites à neuf, impose des fermetures de classes alors qu’il a lui-même subventionné les travaux ? (M. Inaki Echaniz applaudit.)Vous avez revendiqué, je vous cite encore, « un dialogue soutenu avec les élus locaux ». Votre collègue Dominique Faure compare même les maires aux sentinelles de la République. Très bien ! Mais pourquoi, dès lors, s’asseoir sur l’opposition souvent unanime des associations d’élus, des conseils départementaux et des conseils départementaux de l’éducation nationale (CDEN) ? Sentinelles de la République, oui, mais elles seront armées de pistolets à bouchon si on continue à dépouiller nos élus locaux et nos territoires ruraux !

On laisse même des dealers entrer dans les écoles !

La revendication d’un moratoire de trois ans sur toute nouvelle suppression de poste monte aujourd’hui dans le pays. Dans toutes ces communes engagées dans des programmes de revitalisation rurale, dans toutes ces communes qui ont investi dans leurs écoles, envisagez-vous au moins de répondre à cette exigence afin d’engager un vrai dialogue avec les élus locaux, de garantir la cohérence de l’action publique et d’assurer l’efficacité de la dépense publique ? (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR-NUPES, SOC et Écolo-NUPES. – Mme Caroline Parmentier applaudit également.)

La parole est à Mme la ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse.

Nicole Belloubet ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse #82

Je ne renie rien des paroles que vous avez eu l’amabilité de citer, parce que je sais à quel point la carte scolaire est une donnée extrêmement sensible pour nos concitoyens : c’est en effet le service de proximité le plus immédiat qui se trouve concerné. Je suis certaine qu’au-delà des efforts déjà consentis, en particulier suite à l’engagement du Président de la République de ne fermer aucune école sans l’accord du maire de la commune dans laquelle la fermeture doit advenir,…

C’est faux !

…nous pouvons améliorer l’établissement de la carte scolaire, qui doit prendre en compte trois éléments : la démographie – comment faire autrement ? –, des politiques publiques dont l’objet est de soutenir l’éducation prioritaire ou la ruralité, mais aussi la nécessaire présence d’une école dans les territoires, c’est-à-dire l’éloignement.

Merci pour la leçon mais on n’est pas débiles !

La ruralité ? On est passé à côté de ce chapitre-là, il me semble !

Nous pouvons améliorer la situation de trois manières. Tout d’abord, nous devons renforcer la cohérence entre les services de l’État, sous l’autorité du préfet qui porte un regard global.

Il n’a jamais été devant les élèves, le préfet !

Nous devons également mener un dialogue plus en amont avec les élus.

Du baratin ! On ne comprend rien !

Il faut absolument que nous menions cette démarche et il me semble que certaines des mesures proposées par l’ancienne Première ministre, Élisabeth Borne, en particulier la création des observatoires des dynamiques rurales, pourraient participer de la réponse. Le dialogue avec les élus est essentiel.

Merci, madame la rectrice.

Enfin, nous devons nous inscrire dans une perspective de plus long terme. Je ne partage pas complètement votre proposition d’un moratoire car nous ne pourrons pas le tenir partout. En revanche, les services de l’État devront échanger avec les élus autour des décisions qui seront prises dans les trois prochaines années pour la carte scolaire. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

La parole est à M. Yannick Monnet.

Je salue l’idée d’un observatoire mais vous risquez de ne plus avoir d’interlocuteurs dans les territoires ruraux. Ne découragez pas les élus locaux, suspendez quelques décisions de fermeture de classes, notamment dans les petites communes qui en ont besoin pour y maintenir de la vie ! (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR-NUPES, SOC et Écolo-NUPES.)

Inondations dans le Gard

La parole est à M. Patrick Vignal.

Monsieur le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, la tempête Monica a ravagé une partie des départements du Gard, de l’Ardèche et de l’Hérault. Nous avons vécu une véritable déferlante de pluie. Le bilan humain est, quant à lui, dramatique. Cinq décès sont à déplorer à ce jour. Un enfant de 12 ans est encore porté disparu. Le bilan de cette tempête pourrait s’élever à dix morts, l’un des plus lourds de ces dernières années en France. Je souhaiterais, tout d’abord, avec la représentation nationale, avoir une pensée pour les familles des victimes et leur témoigner toute notre solidarité. (Mmes et MM. les députés se lèvent et applaudissent.)La fillette de 4 ans a été retrouvée, malheureusement. Je tenais à vous le dire.Après ce violent épisode climatique, j’ai longuement échangé avec les maires de Goudargues, Frédéric Malher, de Sainte-Anastasie, Gilles […]

La parole est à M. le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Et des bigoudis !

Et de la modestie !

Christophe Béchu ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires #107

Vous l’avez dit, en quelques heures à peine, l’équivalent de deux à trois mois de précipitations se sont abattus sur le Gard, frappé par la tempête Monica. Le fait que le mois de février ait été le plus chaud jamais enregistré a favorisé une évaporation de la mer. Cette eau a été bloquée par les Cévennes, ce qui a déclenché un épisode cévenol d’une violence immense.Je voudrais associer Gérald Darmanin, le ministre de l’intérieur, à ma réponse. Je commencerai par joindre mes propos aux vôtres, pour remercier les 35 000 militaires de la gendarmerie, les 110 sapeurs-pompiers, les plongeurs. Je saluerai ensuite l’ampleur des moyens déployés, deux hélicoptères, des drones. Vous avez raison de le souligner : le bilan humain est dramatique, encore alourdi par le décès de cette petite fille de 4 ans dont le corps vient d’être retrouvé, mais nous continuons à chercher, hélas, au moins un enfant […]

Grève des enseignants en Seine-Saint-Denis

La parole est à M. Jérôme Legavre.

Madame la ministre de l’éducation nationale, vous avez certainement regardé ces vidéos qui montrent des lycéens et des professeurs du lycée de Sevran, en Seine-Saint-Denis. Elles ont été vues des millions de fois et elles valent tous les discours car elles montrent une image fidèle de l’école qui, partout, manque de professeurs, d’AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap), de personnels médico-sociaux. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)La Seine-Saint-Denis, département parmi les plus pauvres, en est une expression concentrée. Un enfant y perd en moyenne dix-huit mois de cours sur l’ensemble de sa scolarité. Et comme partout, les revendications restent lettre morte depuis des années.Alors, les personnels ont pris les affaires en main et établi les besoins. Ils ont dit : « Pas de moyens, pas de rentrée » ! Le 26 février, jour de la rentrée, la grève était […]

La parole est à Mme la ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse.

Nicole Belloubet ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse #124

Je vous le dis d’emblée, je ne compte absolument pas renoncer au choc des savoirs. (M. Emeric Salmon applaudit.) Je l’ai répété à plusieurs reprises, y compris aux organisations syndicales que j’ai reçues.En revanche, j’ai bien l’intention, comme j’en ai l’habitude dès qu’une situation particulière se présente, de tenir compte de la spécificité de l’éducation en Seine-Saint-Denis. Je ne serai pas la première à le faire puisque, je l’ai dit la semaine dernière en réponse à M. Stéphane Peu, un plan d’action pour un État plus fort en Seine-Saint-Denis avait été engagé par Édouard Philippe, alors Premier ministre, et il avait concerné, pour partie, le système éducatif.Dans ce plan, figurait notamment, pour assurer la présence des enseignants en Seine-Saint-Denis, une prime de fidélisation de 12 000 euros octroyée au bout de cinq ans. Le versement de cette prime vient d’être étendu aux AED […]

Ce n’est pas vrai !

Tout le travail déployé autour de l’éducation prioritaire porte particulièrement ses fruits en Seine-Saint-Denis.Tout cela illustre l’attention que nous accordons à ce département. Il présente des singularités dont nous devons tenir compte ; nous le faisons. Je suis prête, comme je l’ai déjà fait, à recevoir les élus qui voudraient m’entretenir de ce sujet. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Oui, moi !

La parole est à M. Jérôme Legavre.

À Clichy-sous-Bois, dans ma circonscription, onze fermetures de classes sont programmées à la rentrée prochaine : voilà comment vous tenez compte de la spécificité de la Seine-Saint-Denis ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

La parole est à Mme la ministre.

J’ajoute que j’ai eu l’occasion de m’entretenir récemment avec la présidente de la région Île-de-France…

Ce n’est pas une référence !

…sur l’état du bâti dans les lycées et je ferai prochainement de même avec le président du conseil départemental.

Rapport annuel de la Cour des comptes

La parole est à Mme Marie-Christine Dalloz.

Monsieur le ministre de l’économie et des finances, la situation de nos finances publiques est « préoccupante » et « sérieuse » : ce sont les mots lourds de sens qu’a prononcés le président de la Cour des comptes en rendant son rapport annuel pour 2024.De quoi parlons-nous ? D’un budget insincère et caduc, d’une annulation de crédits à hauteur de 10 milliards d’euros – un record, deux mois après le vote du budget –, d’un endettement public estimé pour 2024 à 109,7 % du PIB et d’un déficit à 4,9 % du PIB, plus élevé que partout ailleurs en EuropeLa fin d’année 2023 a été catastrophique : 4,4 milliards de moins pour l’impôt sur les sociétés, 1,5 milliard pour l’impôt sur le revenu et 1,4 milliard pour la TVA.La réalité, c’est que vous ne disposez plus d’aucune marge de manœuvre budgétaire pour redresser les comptes publics et restez ainsi dépendant de la remontée très hypothétique des […]

Eh oui ! Elle a raison !

Pire encore, les incertitudes liées à l’oscillation des taux d’intérêt combinées à une dépense publique non maîtrisée, risquent de rendre « caduque » toute la trajectoire des finances publiques d’ici 2027. La Cour des comptes estime qu’un effort sans précédent de 50 milliards d’euros d’économies nouvelles seront nécessaires entre 2025 et 2027.En somme, en raison de votre incapacité chronique à maîtriser nos comptes publics, vous êtes désormais face à une montagne de dettes et vous tentez d’atteindre le sommet sans corde de sécurité.

Très juste !

Cela fait des années qu’on vous le dit !

La clause dérogatoire étant levée, qu’arrivera-t-il pour notre pays lorsque les procédures pour déficit excessif seront ouvertes au printemps 2024 ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

La parole est à M. le ministre délégué chargé des comptes publics.

Thomas Cazenave ministre délégué chargé des comptes publics · EPR #151

Vous l’avez dit, Pierre Moscovici l’a dit également ce matin dans les colonnes des Échos,…

Ce n’est pas la première fois qu’il le dit !

Thomas Cazenave ministre délégué · EPR #153

…la situation des finances publiques est préoccupante et – vous le savez – nous nous en préoccupons. Avec Bruno Lemaire, nous avons décidé d’annuler 10 milliards d’euros de crédits.

Tout va bien !

Thomas Cazenave ministre délégué · EPR #155

La raison en est la suivante : nous avons constaté, comme vous, une chute rapide de nos recettes de près de 8 milliards d’euros en fin d’année. Il aurait été irresponsable et insincère de ne pas réagir tout de suite pour ajuster nos dépenses à nos recettes.

Ce qui était irresponsable, c’était de faire voter un budget insincère !

Cela fait sept ans que vous êtes au pouvoir !

Thomas Cazenave ministre délégué · EPR #158

Je veux aussi retenir les points de convergence avec le premier président de la Cour des comptes. D’abord, il dit que nous avons raison d’annuler 10 milliards d’euros de crédits car il est effectivement nécessaire de redresser les finances publiques.

Tout va très bien, madame la marquise !

Thomas Cazenave ministre délégué · EPR #160

Ensuite, il salue le lancement des revues de dépenses qui nous permettront, politique publique par politique publique, d’identifier des économies. Nous savons que le projet de loi de finances pour 2025 est exigeant, nous avons d’ailleurs eu l’occasion d’en débattre en commission des finances.Le premier président souhaite s’associer à la revue des dépenses ; la Cour des comptes va travailler avec nous à l’identification de pistes d’économies, telles que les dépenses d’assurance maladie ou la participation des collectivités territoriales. (Exclamations sur les bancs des groupes RN et LR.)

Donc, vous êtes content !

Ne changez rien !

Thomas Cazenave ministre délégué · EPR #164

Les finances publiques sont l’affaire de tous ; la Cour des comptes participe avec nous à cet exercice. Je ne peux que vous encourager à travailler avec nous dès maintenant à l’identification d’économies pour redresser ensemble nos finances publiques. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

La parole est à Mme Marie-Christine Dalloz.

Quand la France va-t-elle cesser d’être le pire élève de l’Europe ? Risquons-nous cet été une crise de la dette ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

Projet de loi sur la fin de vie

La parole est à M. Didier Martin.

Le Président de la République a confirmé que nous allions bientôt débattre d’un projet de loi sur la fin de vie. Ce texte répondra à l’attente des associations qui militent depuis longtemps pour un droit à mourir dignement. Il répondra aussi à l’attente de nombreux députés, sur l’ensemble de nos bancs, et surtout, il répondra à l’attente d’une majorité de Français.En amont de ce texte, des travaux ont été conduits, à savoir l’avis 139 du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), les conclusions de la Convention citoyenne, la concertation conduite par Mme la ministre Agnès Firmin-Le Bodo et, ici même, un groupe d’études conduit par Olivier Falorni et un rapport d’évaluation de la loi Claeys-Léonetti, la dernière en date, remis par Mme Caroline Fiat et par moi-même.

Loi qui n’est pas appliquée à ce jour !

Tous ces travaux préparatoires constatent que la loi actuelle ne répond pas à toutes les situations, en particulier pour les patients incurables présentant des souffrances réfractaires, dont le pronostic vital n’est que de quelques mois et qui veulent en finir. La sédation profonde et continue ne répond pas à la demande de ces patients.Nous avons donc besoin d’une nouvelle loi, une loi de liberté pour que ceux qui le réclament puissent choisir, et une loi de solidarité pour protéger les plus vulnérables.Le plan décennal pour les soins palliatifs est en cours d’élaboration. Madame la ministre du travail, de la santé et des solidarités, sur quelles bases et avec quels moyens humains et financiers, nous permettra-t-il de rattraper notre retard ? (Applaudissements sur les bancs du groupe RE. – M. Olivier Falorni applaudit également.)

La parole est à Mme la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Catherine Vautrin ministre du travail, de la santé et des solidarités · Les Républicains #176

Votre question me donne l’occasion d’adresser des remerciements à toutes celles et ceux que vous venez de citer, en premier lieu le CCNE mais également les participants à ce moment exceptionnel qu’a été la Convention citoyenne : 185 personnes se sont engagées pendant quatre mois ; 184 sont allées jusqu’au bout, une seule ayant quitté les travaux en raison d’un déménagement. C’est dire le travail qui a été mené par cette commission.Mes remerciements vont également à celles et ceux qui ont entouré Franck Chauvin pour rédiger le rapport sur les soins palliatifs et au groupe parlementaire d’études qu’Olivier Falorni a animé. Enfin, je voudrais remercier Agnès Firmin-Le Bodo qui a coordonné l’ensemble de ces travaux.

N’oubliez pas Emmanuel Macron, il va se fâcher !

Mme Vautrin était hostile à l’euthanasie en 2004 ; depuis, elle est devenue ministre.

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #180

Le titre 1er du texte traitera des soins d’accompagnement, autrefois nommés « soins palliatifs ». Le rapport Chauvin, qui comprend quinze propositions, fondera notre travail car la question posée est celle de l’accompagnement de patients malades. Parler d’aide à mourir, c’est parler non de données désincarnées mais de pathologies, de personnes dont le pronostic vital est engagé qui endurent des souffrances réfractaires, physiques ou psychiques, et qui ont conservé leur discernement.

Cette dame n’a pas l’air embarrassée par ses convictions !

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #182

Dans un tel contexte, le bien-être est un sujet d’importance. Ce plan vise à l’améliorer, grâce à la constitution d’une filière médicale spécifique, à laquelle nous travaillons avec Sylvie Retailleau. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE. – M. Olivier Falorni applaudit également.)

La parole est à M. Laurent Panifous.

Après de longs et indispensables débats, après la tenue de la Convention citoyenne, le Président de la République vient d’annoncer l’examen prochain d’un texte de loi sur la fin de vie.Le temps de la réflexion s’achève et le temps législatif est devant nous.Cette question touche à l’intime et doit être posée dans le respect des convictions, des croyances, de la religion et des choix philosophiques de chacun. Grâce, notamment, à la Convention citoyenne, nous connaissons le très large soutien des Françaises et des Français à une évolution de notre droit qui rende possible l’aide à mourir.L’Académie de médecine affirme elle-même que, lorsque le pronostic vital est engagé à moyen terme, il est inhumain de ne pas répondre à la désespérance de personnes qui demandent les moyens d’abréger les souffrances qu’elles subissent du fait d’une maladie grave et incurable.Je veux défendre ici une loi […]

La parole est à Mme la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Catherine Vautrin ministre du travail, de la santé et des solidarités · Les Républicains #194

Je complète la réponse que je viens d’apporter à votre collègue.Le rapport Chauvin comporte des propositions pour aller plus loin pour les services de soins palliatifs, les unités mobiles et la filière médicale. Concrètement, il s’agit d’allouer des assistants, des chefs de clinique et des professeurs d’université car il s’agit d’une spécialité en tant que telle.Vous avez rappelé les cinq conditions auxquelles le texte subordonne l’aide à mourir, deux conditions administratives – lieu de résidence et majorité – et trois conditions de fond – discernement, pronostic vital engagé et souffrances réfractaires. L’aide à mourir résultera exclusivement d’une demande du patient, examinée par une équipe médicale composée du médecin traitant, d’un médecin de la spécialité et d’infirmiers. Une fois l’avis rendu, il appartiendra au patient, dans l’hypothèse où il est éligible, de décider s’il […]

Vous n’avez pas cité le Président de la République !

Aide sociale à l’enfance

La parole est à Mme Sandrine Rousseau.

Ma question s’adresse à M. le Premier ministre. Les répondants du 119, le numéro d’urgence pour les enfants en danger, sont en grève pour alerter l’opinion sur leurs conditions de travail. C’est rare. Il faut dire que la protection de l’enfance va mal – très mal. Trop peu de travailleurs sociaux tiennent à bout de bras un système qui ne les considère pas, ne les reconnaît pas, ne les rémunère pas. Ce système les écrase comme il écrase les enfants.Le nombre d’enfants placés a augmenté de 30 % en un an. Les pédopsychiatres disent que l’effondrement de l’ASE, l’aide sociale à l’enfance, pose un sérieux problème. Les enfants sont en détresse. Les urgences saturent, le 119 sature, les foyers saturent, les familles d’accueil saturent. Certaines d’entre elles disent qu’elles doivent mettre des enfants à la rue lorsqu’ils ont 18 ans. Je rappelle que 40 % des SDF de moins de 25 ans en France […]

Il faudrait d’abord arrêter de verser les allocations familiales aux parents qui ne s’occupent pas de leurs enfants !

Au bout de la chaîne, les enfants craquent. Ils se droguent et en meurent comme Myriam, 14 ans, se suicident comme Lily, 15 ans, ou sont retrouvés morts comme Anthony, 17 ans, voire assassinés par un autre enfant de l’ASE comme Jess, 17 ans.Ce système est maltraitant pour des enfants maltraités. Des décisions de justice et de protection ne sont pas appliquées faute de solutions. Les mineurs non accompagnés sont désormais victimes de la préférence nationale prévue par la loi immigration – loi pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration.Je le dis ici : je n’ai jamais rencontré un seul enfant issu de l’ASE qui n’ait pas été violé dans sa famille d’origine ou au cours de son placement. Pas un. Quand un enfant est placé, l’État n’est pas là pour assurer le strict nécessaire, il devient son parent de substitution.

Il y a des personnels de l’ASE qui s’investissent ! Il ne faut pas tout noircir !

Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur ce qui se passe à l’ASE. Monsieur le Premier ministre, quelles mesures concrètes comptez-vous prendre pour enrayer l’effondrement de la protection de l’enfance ? (Applaudissements sur les bancs des groupes Écolo-NUPES, LFI-NUPES et GDR-NUPES.)

Vous auriez pu avoir un mot pour les personnels !

Elle l’a eu !

La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’enfance, de la jeunesse et des familles.

Sarah El Haïry ministre déléguée chargée de l’enfance, de la jeunesse et des familles · Dem #212

La protection de l’enfance mérite mieux. (Exclamations sur les bancs des groupes Écolo-NUPES et LFI-NUPES.) Ne jetez pas l’opprobre sur l’ensemble des professionnels.

Mais enfin, c’est grave !

Sarah El Haïry ministre déléguée · Dem #214

Nous ne nierons jamais que des besoins existent et même qu’ils se font sentir mais ne jetez pas l’opprobre sur les assistants familiaux, ni sur les éducateurs spécialisés, ni sur les départements. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE et sur plusieurs bancs du groupe LR.)

Ça va, le mépris ?

Sarah El Haïry ministre déléguée · Dem #216

Nous regardons en face la situation de la protection de l’enfance. C’est avec les présidents de département, les associations et les professionnels que nous réussirons.

Ce n’est pas la question !

Ce qu’a dit Mme Rousseau est scandaleux !

Sarah El Haïry ministre déléguée · Dem #219

Dès la première heure, deux semaines après ma nomination, le décret relatif à l’interdiction de l’accueil dans les hôtels a été signé.

Avez-vous écouté la question ?

Sarah El Haïry ministre déléguée · Dem #221

Par ailleurs, un travail sur la revalorisation et l’attractivité est en cours avec la présidente Florence Dabin…

Et alors ?

Sarah El Haïry ministre déléguée · Dem #223

…et avec le Haut Conseil du travail social, présidé par Mathieu Klein – ce fut d’ailleurs l’objet de mon premier déplacement.

Arrêtez votre cinéma et répondez !

Sarah El Haïry ministre déléguée · Dem #225

S’il est un dossier qui nécessite un esprit de concorde et que ni l’État ni les collectivités ne pourront régler seuls, c’est bien la protection de l’enfance. Nous connaissons le constat, des travaux parlementaires sur le sujet existent – je pense par exemple au rapport du sénateur Bernard Bonne, aux travaux de Perrine Goulet et de la délégation aux droits des enfants qu’elle préside ou encore à ce qui est fait dans les départements.

Langue de bois !

Sarah El Haïry ministre déléguée · Dem #227

L’urgence, c’est l’accompagnement des assistants familiaux, la relance des recrutements ainsi que l’accompagnement des éducateurs spécialisés au quotidien. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.) Il faut leur donner des moyens.C’est la raison pour laquelle le Président de la République et le Premier ministre ont souhaité instaurer ce ministère qui bénéficie du soutien, à la fois de la ministre du travail, de la santé et des solidarités et de la ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse.

Avec des moyens !

Sarah El Haïry ministre déléguée · Dem #230

Car nous avons besoin de tous les adultes et de la protection judiciaire de la jeunesse.Madame la députée, j’espère sincèrement que vos mots ont dépassé votre pensée. (Protestations sur les bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.) Non, l’ensemble des enfants n’ont pas été violés au sein de la protection de l’enfance. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

La parole est à Mme Sandrine Rousseau.

Les salariés de l’ASE ne sont pas considérés et les enfants souffrent. C’est vous qui jetez l’opprobre sur tout le secteur de la protection de l’enfance. Honte à vous, madame la ministre ! (Applaudissements sur les bancs des groupes Écolo-NUPES et LFI-NUPES. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

Sarah El Haïry ministre déléguée · Dem #234

Vous avez dit qu’ils avaient tous été violés ! C’est honteux de jeter l’opprobre ainsi ! On parle de 360 000 enfants !

Allez les voir plutôt que de tenir de tels propos !

La parole est à Mme la ministre déléguée.

Sarah El Haïry ministre déléguée · Dem #237

Bien sûr que des drames existent. Nous les regardons sans naïveté. Nous serons aux côtés de toutes les personnes qui œuvrent pour la protection de l’enfance. En revanche, ne jetez pas l’opprobre ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

Honte à vous, madame la ministre !

Ça suffit, la démagogie de Sandrine Rousseau !

Projet de grand port maritime de Dunkerque

La parole est à M. Paul Christophe.

Ma question s’adresse au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Le Nord – et tout particulièrement la quatorzième circonscription dont je suis élu – connaît une renaissance utile et attendue de son secteur industriel. Outre la défense de notre souveraineté industrielle et énergétique, les nombreux projets en cours ou à venir permettront de créer plus de 20 000 emplois sur notre territoire d’ici à 2030. Le grand port maritime de Dunkerque et le Dunkerquois dans son ensemble – j’associe d’ailleurs à ma question ma collègue Christine Decodts – devront ainsi réaliser des aménagements importants pour répondre aux besoins.Cependant, certains de ces projets concernent pour partie des habitats écologiques et des zones humides soumises à des mesures compensatoires. Si personne ici n’oserait remettre en cause le dispositif prévu par la doctrine « éviter, réduire […]

C’est du délire ! C’est pareil pour le Lyon-Turin !

Si tel était le cas, cela aurait des conséquences désastreuses et inacceptables pour nos agriculteurs – je dis bien inacceptables. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LR.) Rappelons que le Centre d’études et de prospective du ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire n’accorde qu’une faible plus-value environnementale aux compensations réalisées sur des parcelles agricoles.Aussi, face aux défis que représentent ces mesures compensatoires tant pour les acteurs économiques qu’agricoles, aujourd’hui à Dunkerque et prochainement au Havre, cher à ma collègue Agnès Firmin Le Bodo,…

Partout !

…comment comptez-vous apprécier le recours à ces mesures compensatoires sans mettre à mal l’activité agricole et nos objectifs en matière de souveraineté alimentaire ? (Applaudissements sur les bancs des groupes HOR et LR. – Mme Christine Decodts applaudit également.)

La parole est à M. le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Christophe Béchu ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires #251

Je vous remercie pour cette question qui ne me surprend pas car, au cours de ces dernières semaines, nous avons déjà échangé à deux reprises par téléphone sur le sujet.

Manifestement, ça n’a pas été efficace !

En outre, j’ai rencontré des représentants de la FRSEA – la fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles – Hauts-de-France et des Jeunes agriculteurs, seul ou avec Agnès Pannier-Runacher ou Marc Fesneau dans le cadre de déplacements dans le Pas-de-Calais. Car si le projet voit le jour à Dunkerque, les inquiétudes relatives à la compensation se font jour à proximité immédiate.Quand on sait que la taille moyenne des exploitations agricoles aux alentours de ce grand port est de 60 hectares, on mesure l’ampleur de l’inquiétude, au-delà même des chiffres, concernant le nombre de sièges d’exploitation qui pourraient être touchés.Je veux d’abord rappeler – comme je l’ai fait dans un courrier adressé, le 23 février, au préfet de région et au président du grand port – que la compensation intervient à la fin d’un processus qui consiste d’abord à éviter et à réduire. Au vu de la […]

C’est ce qui arrive à chaque fois avec vous !

La nouveauté, c’est qu’au cours des dernières années, nous n’avions pas été confrontés à des projets d’une telle ampleur.

Il y a aussi le Lyon-Turin !

Ce qui se joue à Dunkerque doit donc nous servir à définir une doctrine valable pour le reste de la France puisque l’ensemble de nos ports seront concernés par les projets dits d’importance stratégique dans le cadre de l’objectif zéro artificialisation nette (ZAN).À court terme, nous devons éviter et réduire ; à moyen terme, il nous faut déployer la stratégie foncière ; à plus long terme, nous devons étudier comment le recours à des mesures d’obligation de compensation agroécologique, en particulier le long des points de captage, pourrait contribuer, non pas à faire disparaître l’agriculture mais à la conforter.

Ça ne marche pas !

Je me rendrai justement dans quelques semaines du côté de Dunkerque pour évoquer cette question. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE.)

Situation à Gaza

La parole est à Mme Farida Amrani.

Ma question s’adresse au ministre de l’Europe et des affaires étrangères. À l’heure où je vous parle, près de 31 000 Palestiniens ont été tués à Gaza ; 70 % d’entre eux sont des femmes et des enfants. À l’heure où je vous parle, plus de 2 millions de Palestiniens et Palestiniennes sont menacés de famine et plus d’une dizaine d’enfants sont déjà morts de faim.

Et les 120 otages ?

À l’heure où je vous parle, plus de 1,7 million de Palestiniens et Palestiniennes ont été déplacés depuis le 7 octobre.La Cour internationale de justice a reconnu un risque de génocide plausible à Gaza et a, dans son arrêt, ordonné aux États tiers de prévenir mais surtout de punir l’incitation au génocide. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Aujourd’hui, Gaza est qualifiée de zone de mort. Les appels au cessez-le-feu sont sans cesse ignorés par le gouvernement d’extrême droite israélien.

Et les otages ?

À l’heure où je vous parle, le génocide a déjà commencé. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) La France et l’Union européenne ont entre leurs mains de véritables leviers de pression sur les autorités israéliennes pour les contraindre à un cessez-le-feu immédiat et durable. L’Union européenne, premier partenaire commercial d’lsraël, se doit de respecter les droits humains.Face à ces violations du droit international, l’Union européenne doit sanctionner sans équivoque Israël. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Benjamin Lucas applaudit également.)

Pas un mot sur les otages ! (M. Manuel Bompard et M. René Pilato font de la main un signe intimant à M. Meyer Habib de se taire.)

Elle doit suspendre ses échanges commerciaux ainsi que les contrats d’armement qui font de la France l’associée d’lsraël dans ce génocide. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Le chef de la diplomatie européenne lançait déjà en février : « Arrêtez de dire, s’il vous plaît, et agissez ! » Qu’attendez-vous, monsieur le ministre ?

Et les otages ?

Allez-vous porter ces demandes de sanction lors du prochain Conseil des affaires étrangères qui se tiendra le 18 mars ? (Mêmes mouvements.)Enfin, en 2014, l’Assemblée nationale votait une résolution invitant le gouvernement français à reconnaître l’État de Palestine. Qu’attendez-vous pour franchir le pas afin que cette reconnaissance intervienne rapidement ? (Les députés du groupe LFI-NUPES se lèvent et applaudissent. – MM. Édouard Bénard et Benjamin Lucas applaudissent également.)

La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.

M. Stéphane Séjourné ministre de l’Europe et des affaires étrangères #279

Permettez-moi de rappeler un certain nombre de faits que votre groupe politique élude malheureusement souvent…

Pas souvent, toujours !

…lorsque vous évoquez Gaza.Avant de répondre à votre question, je veux dire que c’est bien le Hamas qui a déclenché cette guerre le 7 octobre (« Et alors ? » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES) en se rendant coupable du plus gros massacre antisémite du XXIe siècle.

Répondez à la question !

Ensuite, trois de nos compatriotes sont toujours otages à Gaza. Vous le savez, l’État est mobilisé pour les libérer (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE et sur quelques bancs des groupes RN et LR.)

On a posé des questions !

Enfin, je tiens à rappeler un point que vous n’abordez jamais dans vos questions ni dans vos prises de position politique : l’horreur des violences sexuelles commises, et utilisées comme une arme de guerre, par le Hamas.

Répondez à nos questions !

D’ailleurs, l’ONU les a récemment documentées. Or, même si vous citez souvent l’ONU, vous nous posez rarement des questions à ce sujet.J’en viens à votre question. Après cinq mois de conflit, et de guerre, la situation humanitaire à Gaza est catastrophique.

Ne pouvez-vous pas nous répondre par oui ou par non ?

Nous l’avons dit et répété dans cet hémicycle : les populations civiles de Gaza manquent de tout – eau, nourriture, médicaments. Cette situation est-elle justifiable ? Non, évidemment.

Il suffit de libérer les otages et tout s’arrêtera !

À l’heure où nous parlons, la France agit. Nous sommes le premier pays à avoir largué directement de l’aide humanitaire, en grande quantité, en lien avec notre partenaire jordanien et avec l’ensemble des acteurs qui livrent du fret humanitaire.