Séance du 12 mars 2024 /// n°144 /// 788 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2023-2024

Séance du 12 mars 2024 — 144e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

788prises de parole
129orateurs
21points à l'ordre du jour
1scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
3461 la déclaration du Gouvernement relative au débat sur l'accord de sécurité franco-ukrainien et la situation en Ukraine (application de l'article 50-1 d… 372 / 99 adopté

Verbatim Le compte rendu

Tours 401 à 600 sur 788 — page 3 / 4.

Déclaration du Gouvernement relative à l’accord de sécurité franco-ukrainien et à la situation en Ukraine, suivie d’un débat et d’un vote

Ces principes-là, vous êtes capables de les appliquer partout ?

Elle veut continuer à se défendre : nous restons à ses côtés. Faut-il que ce soit en lui apportant, comme nous le faisons aujourd’hui, un soutien militaire, matériel et financier ? Que pouvons-nous faire de plus ? Entre l’indifférence et la cobelligérance, nous pouvons envisager un large spectre d’actions. La formation de soldats ukrainiens sur leur territoire en fait partie. La chute de l’Ukraine serait un drame à l’échelle du continent européen tout entier ; rien ne doit donc être écarté.Nous ne prônons pas l’escalade et ne sommes pas en guerre contre le peuple russe, mais la Russie ne doit pas gagner cette guerre.

Exactement !

De l’issue de ce conflit découlera notre capacité à bâtir une Europe plus forte, garante d’une paix stable sur le continent pour les décennies qui viennent et pour nos enfants. Vous l’aurez compris, le groupe Horizons et apparentés votera pour l’action du Gouvernement en faveur de l’Ukraine et pour l’accord de sécurité signé en février dernier. (Applaudissements sur les bancs des groupes HOR, RE et Dem.)

La parole est à Mme Cyrielle Chatelain.

Le 16 février 2024, le Président de la République signait l’accord de coopération en matière de sécurité entre la France et l’Ukraine. Il aura fallu un mois pour que le Parlement soit amené à débattre de cet accord et à prendre position. Soyons clairs : ce vote n’est pas un vote de ratification de l’accord et nous regrettons que le Parlement n’ait pas été saisi en amont de sa signature. (M. Jean-Paul Lecoq s’exclame.) Il est encore moins un blanc-seing donné au Président de la République, à sa rhétorique belliciste et à sa logique d’escalade. Ce vote, pour les députés du groupe Écologiste-NUPES, est l’affirmation de notre soutien à l’Ukraine. (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES et sur quelques bancs du groupe SOC.)Depuis février 2022, le positionnement du groupe Écologiste est clair et n’a jamais varié : nous soutenons l’Ukraine, son peuple et son armée. (Mêmes […]

Ce sont exactement les termes de l’accord !

Nous, députés du groupe Écologiste, ne transigeons pas avec la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes. Lorsqu’il s’agit de faire face à une agression militaire et à des crimes de guerre, à l’attaque d’un autocrate contre nos valeurs et contre tout un peuple, nous prenons nos responsabilités. La paix ne peut jamais être la soumission aux tyrans.Rappelons que cette attaque succède à l’annexion de la Crimée et à la guerre du Donbass. Durant huit années, les déséquilibres économiques et politiques que représente un conflit avec la Russie suscitant l’inquiétude, tout a été mis en œuvre pour privilégier une solution diplomatique et préserver la paix. Force est de constater que cela a été un échec.

C’est vrai !

Depuis deux ans, la guerre est une réalité en Ukraine. Près de 31 000 soldats ont déjà perdu la vie et on compte trois à quatre fois plus de soldats blessés, dont un nombre considérable de personnes amputées. Nous n’oublions pas les exactions commises par la Russie : le bombardement de la maternité à Marioupol, la destruction systématique des infrastructures vitales afin de priver les Ukrainiens d’eau et de chauffage, la torture et le massacre des civils à Boutcha, les viols à Brovary et les bombardements des foyers à Odessa et à Kiev.L’agression russe a fait basculer le monde et l’Europe. La paix mondiale n’a jamais paru aussi fragile. Dans ce monde en recomposition, un engagement militaire de l’Occident pourrait accélérer les fractures et faire de la Russie un pôle d’attraction des pays souhaitant s’opposer à la domination occidentale.En cela, la stratégie choisie le Président de la […]

Y compris au Sahara occidental !

La coopération avec nos partenaires et notre cohérence constituent notre première protection. Sans diplomatie, une politique de défense est fragile et fragilisée. Les députés du groupe Écologiste s’inquiètent vivement de l’annonce d’une économie de 900 millions d’euros, qui entravera les capacités d’un ministère des affaires étrangères pourtant si utile dans un monde en proie aux fractures et aux conflits armés. (Mêmes mouvements.) Il y a quelques jours, Bruno Le Maire a affirmé devant les membres de la commission des finances que la résolution des crises passerait désormais par le ministère de la défense et non plus par celui des affaires étrangères : de tels propos sont extrêmement inquiétants et nous les rejetons. La diplomatie française est un outil précieux et indispensable pour répondre aux crises et nous espérons, monsieur le Premier ministre, que vous saurez vous désolidariser […]

La honte !

La Russie est le deuxième fournisseur de GNL de la France, derrière les États-Unis, mais devant le Qatar et l’Algérie. Un think tank américain estime qu’au titre de la seule année 2022, la France a réglé une facture de près de 5,4 milliards d’euros à Moscou. (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES.)

Et voilà !

Soutenir véritablement l’Ukraine impliquerait d’abord d’arrêter de financer l’effort de guerre russe. (Mêmes mouvements.) Nous devons cesser d’importer du gaz russe et nous devons renforcer l’application des sanctions et des embargos, lesquels sont aujourd’hui allègrement contournés. Ainsi, l’Inde raffine du pétrole russe et la Russie blanchirait son argent à Dubaï.

Eh oui !

Nous devons cesser de financer la guerre russe. Pour cela, la dépendance énergétique à la Russie doit cesser et seule une transition énergétique ambitieuse et rapide nous permettra de garantir l’indépendance de la France. Tant que nous ne réduisons pas notre consommation d’énergies fossiles, qui aujourd’hui ne cesse de croître pour atteindre des records, notre souveraineté ne sera pas complète. La recherche de nouveaux moyens de financer l’effort de guerre ukrainien est possible – nous proposerons d’ailleurs la mobilisation, à cette fin, des avoirs russes gelés –, mais ne doit en aucun cas ralentir la transition écologique et la solidarité.Nous devons conserver notre capacité à financer la transformation qui nous permettrait d’atteindre l’indépendance réelle. Du reste, la dépendance énergétique ne peut pas se muer en une dépendance aux engrais russes ou aux produits agricoles russes. Or […]

Bravo !

La parole est à M. Fabien Roussel.

Il y a quasiment deux ans jour pour jour, je dénonçais ici devant vous, au nom de mon groupe et des députés communistes, l’offensive criminelle lancée par le nationaliste Poutine, en violation de toutes les règles du droit international.Dans cette guerre, il y a bien un agresseur, Vladimir Poutine, et un pays en situation de légitime défense, l’Ukraine, qu’il faut soutenir. C’est pourquoi nous avons voté en novembre 2022 la résolution soutenant l’Ukraine et condamnant la guerre lancée par la Russie. Depuis, notre position n’a pas changé : non, la Russie ne doit pas gagner la guerre et oui, il faut donner à l’Ukraine les moyens de se défendre, comme nous l’avons fait jusqu’à maintenant.

Comment ?

Ce soutien doit être apporté dans le cadre défini par la France il y a deux ans, lequel comporte des lignes rouges dont le franchissement provoquerait l’entrée en guerre de notre pays contre la Russie et ses alliés.Les déclarations va-t-en-guerre du Président de la République au sujet de l’envoi de troupes françaises en Ukraine, qui ne mettent aucune limite au soutien à ce pays en guerre et qui ont été confirmées lors de la réunion des chefs de parti au palais de l’Élysée, ont fortement choqué nos compatriotes.

Il faudrait mettre vos limites, peut-être ?

La perspective de la guerre et son cortège de souffrances sont brutalement entrés dans chaque foyer de France, dans chaque famille.Je l’affirme avec gravité : la France doit porter une autre voix que celle de la guerre, qui a déjà provoqué la mort d’un demi-million de personnes et semé le chaos aux portes de l’Europe. C’est une véritable boucherie et au nom de l’humanité, nous devons tout mettre en œuvre pour qu’elle s’arrête au plus vite.Dans quelques semaines, nous célébrerons le 80e anniversaire du débarquement en Normandie. Avec d’autres, notre pays a subi dans sa chair le martyre de deux conflits mondiaux qui se sont soldés par des dizaines de millions de morts. Notre responsabilité vis-à-vis des jeunes générations est aujourd’hui plus lourde que jamais. Pendant des décennies, nous leur avons fait haut et fort cette promesse : « Plus jamais ça ! ». Faisons respecter cet engagement […]

Vous proposez quoi ?

Au contraire, il risque de nous entraîner plus avant encore dans le conflit. Il prévoit d’intégrer l’Ukraine dans l’Union européenne et dans l’Otan, ce à quoi nous sommes d’autant plus opposés que ces intégrations seront au cœur des négociations à venir entre les belligérants.J’ajoute que l’intégration de l’Ukraine dans l’Union européenne mettra à mal notre agriculture et notre industrie, en provoquant un dumping social que les Français rejettent massivement. Comme eux, nous rejetons aussi cette idée.

Le peuple ukrainien le souhaite !

J’en viens au volet de l’accord relatif à la coopération militaire de défense, qualifié de « non exhaustif », c’est-à-dire dépourvu de toute limite, comme l’a dit lui-même le Président de la République. Comment peut-on signer ainsi un chèque en blanc à un État en guerre ?Nous le savons tous ici : des négociations auront nécessairement lieu un jour, Emmanuel Macron nous l’a lui-même dit jeudi dernier. Dans ce cas, ne perdons pas une minute : chaque heure, chaque jour, chaque semaine apporte son lot de morts et de destructions. Si l’issue est connue, pourquoi attendre que le bilan de la guerre s’alourdisse de centaines de milliers de morts supplémentaires avant de mettre un terme à celle-ci ? Notre obsession devrait être de tout mettre en œuvre pour trouver le chemin menant à un cessez-le-feu, à une négociation garantissant la sécurité collective des pays d’Europe, de l’Atlantique à […]

Ce n’est pas à vous d’en décider !

Il ne nous appartient pas de proposer des solutions très précises, celles-ci ayant vocation à émerger dans le cadre d’une négociation durant laquelle tous les éléments de la situation devront être examinés.Oui, la France a une voix forte à porter. J’ajouterai que la crédibilité de la France, comme celle de l’Union européenne, est liée à la manière dont elle agit vis-à-vis d’autres conflits, comme celui qui a lieu en Palestine.

En matière de droit international, de respect des résolutions de l’ONU et de dénonciation de crimes comme celui subi par le peuple palestinien à Gaza et en Cisjordanie, il ne saurait y avoir deux poids, deux mesures. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR-NUPES, LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES.) Que la France reconnaisse la Palestine dans ses frontières de 1967, comme me l’a encore demandé le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, rencontré mardi dernier à Ramallah, serait un acte politique fort, dont s’inspireraient d’autres pays.Oui, la France doit encore aider l’Ukraine, mais pas seulement en lui donnant des armes.

Il faudrait peut-être le lire, l’accord !

Je pense à la solidarité concrète et je salue l’accueil de familles ukrainiennes en France, auquel les maires et les élus communistes ont participé pleinement – et nous en sommes fiers –,…

Ça, c’est de l’entraide !

…mais je pense aussi à l’aide financière qu’apporte l’Union européenne, dont vous me permettrez de dénoncer l’hypocrisie. L’aide de 18 milliards d’euros qu’elle a promise en novembre 2022 s’est révélée être un cadeau empoisonné : elle est versée sous forme de prêt à rembourser, avec intérêts bancaires !

Une honte ! Scandaleux !

Les libéraux, qui ne peuvent s’empêcher de rechercher leur profit sur le dos des Ukrainiens, devraient avoir honte ! Pour nous, aider l’Ukraine, c’est lui prêter à taux zéro, ce n’est pas contribuer à un endettement ravageur. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe GDR-NUPES.)En définitive, ce sont les travailleurs ukrainiens qui paieront l’addition, avec des salaires en baisse, une précarisation des conditions de travail et des services publics démantelés.Le peuple est toujours en première ligne lorsque gronde le fracas de la guerre. C’est pourquoi nous devons tout faire pour l’éteindre, ce qui est encore possible. Nous, députés communistes, ne cesserons jamais d’œuvrer pour empêcher la guerre totale, généralisée. Le XXIe siècle ne doit pas être celui d’une troisième guerre mondiale et cet engagement, nous le tiendrons jusqu’à la dernière minute.

Mais ce n’est pas la même chose !

Dans le dernier discours de sa vie, prononcé le 25 juillet 1914 à Lyon, six jours avant d’être assassiné et trois jours avant le début de la première guerre mondiale, Jean Jaurès y croyait encore et disait : « J’espère encore malgré tout qu’en raison de l’énormité du désastre dont nous sommes menacés, à la dernière minute, les gouvernements se ressaisiront et que nous n’aurons pas à frémir d’horreur à la pensée du cataclysme qu’entraînerait aujourd’hui pour les hommes une guerre européenne. »Ne tuez pas une seconde fois Jaurès ! (Exclamations sur les bancs du groupe RE.) Comme lui, nous appelons le Gouvernement à se ressaisir. Voilà pourquoi notre groupe votera à l’unanimité contre cet accord qui nous engage pour dix ans, avec des objectifs imprécis et en des termes flous. Cet accord ne trace aucune ligne rouge ni aucune perspective de paix, et participe à l’escalade militaire.Le vote […]

…alors qu’une grande majorité de Français sont contre. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR-NUPES.)

Vous vous ridiculisez !

Encore une fois, les députés du groupe communiste, fidèles à leurs convictions, seront ceux qui voteront contre la guerre et pour la paix, pour une solution politique, pour une solution diplomatique, comme ils l’ont toujours fait dans l’histoire de notre pays. Encore une fois, nous serons fidèles à nos convictions et nous resterons aux côtés des Français qui ne souhaitent pas entrer en guerre contre la Russie. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR-NUPES et sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)

La parole est à M. Bertrand Pancher.

Depuis plus de deux ans, la Russie tente d’imposer par la force ce qu’elle ne détient pas par le droit, c’est-à-dire la souveraineté sur l’Ukraine. Elle massacre hommes, femmes et enfants avec une brutalité inouïe, mais les Ukrainiens résistent et nous donnent sans cesse des leçons de courage.L’Ukraine est un pays libre. Ses frontières ne sauraient être modifiées par la violence des chars et les mensonges des discours. Rappelons qu’il y a un agresseur, la Russie, et un agressé, l’Ukraine. Parce que le gouvernement de Kiev a été démocratiquement élu, parce que l’Ukraine est européenne, parce que la Charte des Nations unies reconnaît le droit naturel à la légitime défense, parce que le peuple français souhaite avant tout le maintien de la paix et de la sécurité internationale, la France soutient l’Ukraine depuis deux ans.Ce soutien ne se tarira pas. Notre attention ne sera pas détournée. […]

Comme Netanyahou !

C’est pourquoi mon groupe salue l’accord de coopération signé le 16 février dernier et soutient l’engagement financier et diplomatique qui l’accompagne. Nous saluons également l’organisation de la conférence du 26 février dernier à Paris, qui a réuni près de trente dirigeants européens et nord-américains pour coordonner les aides à l’Ukraine. (Applaudissements sur les bancs des groupes LIOT et RE.)

Bravo ! Merci !

Par notre vote aujourd’hui, nous allons de nouveau apporter le soutien de la France à l’Ukraine. Face à la grave menace qui pèse sur les libertés en Europe et à la remise en cause de l’ordre international, nous considérons, en notre âme et conscience, que ce n’est pas le moment d’afficher ici de quelconques divergences ni de donner le spectacle d’une rare hypocrisie – je pense à certains bancs où des députés clament la bouche en cœur : « Nous aimons tous l’Ukraine, mais nous ne voulons pas l’aider à se défendre ». (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT et sur quelques bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

Bravo !

Il serait fallacieux d’interpréter notre vote autrement.

C’est vrai !

Le Président de la République aura tout de même tardé à assumer sa fermeté, après avoir tenté jusqu’au bout de négocier avec Poutine, frôlant parfois même l’humiliation. Sa position est désormais clarifiée, ce qui est une bonne chose. Alors que se profile à l’horizon une possible réélection de Donald Trump, il s’agit plus que jamais de mettre enfin en œuvre l’autonomie stratégique européenne.Nous considérons également que dire c’est bien, mais que faire, c’est mieux. Nous pensons à nos engagements trop réduits en matière d’armements – notre soutien représente 3,8 milliards d’euros alors que celui de l’Allemagne s’élève à 18 milliards –, étant toutefois précisé que nous livrons réellement ce que nous promettons.Mettons aussi en garde le Président de la République sur les dangers de l’isolement. Nous ne contestons pas l’utilité de l’ambiguïté stratégique en matière d’utilisation de nos […]

Il a raison !

Et à ceux qui s’interrogent encore sur la nécessité de nous mobiliser totalement pour l’Ukraine, qu’ils relisent tous les enseignements de l’histoire. En faisant preuve de faiblesse ou en reculant, nous nous préparons au fait accompli. Loin de préserver la paix, nous ne faisons qu’amplifier le bruit des bottes. Vive l’Ukraine, vive l’Ukraine éternelle, vive l’Ukraine libre ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LIOT, RE, Dem et HOR.)

La parole est à M. Sylvain Maillard.

Depuis deux ans, l’Ukraine est le théâtre d’une guerre sanglante d’une intensité jamais vue depuis la seconde guerre mondiale. Les morts se comptent par centaines de milliers et ce conflit a déjà engendré plus de 6 millions de réfugiés.Oui, depuis deux ans, la guerre est en Europe, aux frontières de l’Union européenne. Et tout cela par la faute d’un seul et unique agresseur, la Russie de Vladimir Poutine, ce régime qui traque et écrase toute tentative de contestation ou de libre expression. En ce moment, j’ai une pensée pour le courage d’Alexeï Navalny. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR, ainsi que sur quelques bancs du groupe RN.)Ce régime russe condamne sa jeunesse à l’exil ou à la mort sur le front ukrainien. Son avidité ne respecte aucune frontière, aucune convention internationale. Vladimir Poutine l’avouait lui-même il y a quelques semaines devant son […]

Personne ne fait cela !

Ils prônent même la sortie de l’Otan pour « donner des garanties de sécurité à la Russie ». La Russie nous donne-t-elle de ces garanties lorsqu’elle viole la souveraineté des États et des peuples, lorsqu’elle provoque une crise alimentaire en retenant les bateaux en mer Noire, lorsqu’elle entretient une crise énergétique au niveau mondial, lorsqu’elle nous cible, à coup de campagnes de désinformation et d’attaques cyber ?Collègues d’extrême gauche, votre pacifisme de façade conduirait à se soumettre aux pires dictatures, qui, certes, vous fascinent depuis longtemps. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Vous êtes ridicule !

Quant à vous, à l’extrême droite, vous ne dupez plus personne. Cet appel à la conciliation à tout prix avec la Russie, ce n’est qu’un remboursement anticipé de votre crédit. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Allons, un peu de silence !

Je repense aux mots du général de Gaulle.

Surtout pas vous, pas ça !

Déjà en 1961, il affirmait qu’« à un certain point de menace de la part d’un impérialisme ambitieux, tout recul a pour effet de surexciter l’agresseur »…

Eh oui !

…et que « […] les puissances occidentales n’ont pas de meilleur moyen de servir la paix du monde que de rester droites et fermes » (Applaudissements sur les bancs du groupe RE. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES et GDR-NUPES.) Lui savait, mieux que quiconque, le prix pour les peuples de la capitulation et du déshonneur.Voter pour cet accord de sécurité signé par le Président de la République et le président ukrainien, ce n’est pas valider une escalade de la guerre. C’est réaffirmer notre engagement constant aux côtés du peuple ukrainien. Et c’est dire à la Russie que l’Europe ne cédera plus jamais aux menaces ou à la peur.

Quel charisme !

Le courage ne se contrefait pas, c’est une vertu qui échappe à l’hypocrisie. Par ce vote, vous démontrerez que votre soutien à l’Ukraine va au-delà de belles paroles. Parce que nous ne nous résignerons jamais à ce que les démocraties plient devant les dictatures, parce que nous serons toujours du côté des peuples qui veulent vivre et demeurer libres, les députés du groupe Renaissance voteront à l’unanimité pour cet accord de sécurité. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem.)

La parole est à Mme Marine Le Pen.

La porte-parole de Poutine !

En envahissant l’Ukraine, le 24 février 2022, la Russie a déclenché une guerre aux portes de l’Union européenne et une crise géopolitique qui est sans doute la plus dramatique de ces vingt dernières années. Aux centaines de milliers de morts et de blessés causés par cette épouvantable guerre, aux millions de déplacés, aux populations civiles qui la subissent encore chaque jour, à la nation ukrainienne agressée, nous devons notre respect et notre soutien. (« Bravo ! » et applaudissements sur les bancs du groupe RN.) En effet, c’est d’abord grâce à la résistance héroïque du peuple ukrainien que la Russie s’est retrouvée en échec.La France a, bien entendu, pris toute sa place dans le juste soutien à cet héroïsme. Je pense tout d’abord à ces villes et villages qui ont accueilli des milliers de réfugiés, comme l’ont fait Louis Aliot à Perpignan ou Steeve Briois à Hénin-Beaumont. […]

Ce n’est pas grâce à vous, c’est nous qui avons voté ces lois ! (Protestations sur les bancs du groupe RN.)

Le troisième volet de ce soutien – les sanctions – a montré ses limites. Je ne vous ferai pas l’affront de vous rappeler les propos de votre ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, mais l’économie russe n’est, hélas, pas à genoux. En revanche, certaines sanctions ont passablement affaibli nos économies et ont touché de plein fouet les ménages français. On ne mène pas une guerre énergétique quand on n’a pas ou peu d’énergie.On aurait pu, au contraire, mener une guerre agricole ; quand on a une agriculture, c’est plus cohérent. Nous soutenons l’interdiction des importations de céréales russes dans l’Union européenne, importations qui restent à un niveau élevé et qui ont même augmenté depuis deux ans. Au-delà de nos devoirs vis-à-vis du peuple ukrainien martyrisé, nous avons des devoirs envers le peuple français et, à ce titre, c’est à lui […]

Ce n’est pas vrai, vous mentez !

Quel amateurisme !

J’en profite pour rappeler à toutes fins utiles à ceux de nos responsables qui confondent verbiage et fermeté, que la meilleure ambiguïté stratégique, c’est le silence, qui plonge l’adversaire dans l’incertitude. (« Exactement ! » sur les bancs du groupe RN.) Cette sage ligne de conduite semble malheureusement avoir été oubliée. En suscitant, au sujet de l’envoi de troupes au sol, les dénégations de nombreuses capitales, Emmanuel Macron a finalement – et malheureusement – rassuré Vladimir Poutine.

Votre ami Poutine !

En reprenant la théorie du « sans limite », votre déclaration, monsieur le Premier ministre, ne m’a pas rassurée ; pas plus qu’elle n’a, je crois, rassuré les millions de Français, inquiets depuis les déclarations guerrières du Président de la République.

Paradoxalement, les propos d’hier du président Zelensky paraissent plus rassurants aux Français que ceux de leur propre président.

Il a salué le Président de la République !

L’accord que vous avez signé, monsieur le Premier ministre, ne remplit pas deux conditions essentielles : d’une part son caractère nécessaire, d’autre part son caractère proportionné. Si j’en conteste la nécessité, c’est parce que la France, depuis deux ans, soutient l’Ukraine dans des proportions majeures, que nul dans cet hémicycle n’a contestées ou n’envisage de remettre en cause. (Exclamations sur les bancs du groupe RE.)

Si, vous !

Pour prodiguer ce soutien, la France n’a pas eu besoin, jusqu’ici, de conclure d’accord spécifique : en renforçant sa posture militaire sur le flanc oriental des pays membres de l’Otan, elle n’a fait que respecter les engagements pris dans le cadre du traité de l’Atlantique Nord ; en envoyant des équipements, du carburant et des moyens financiers à Ukraine, le Gouvernement a exploité les marges dont il disposait en de telles circonstances pour porter assistance à un État agressé. De fait, depuis deux ans, l’aide apportée à l’Ukraine donne lieu à une information et à des votes réguliers du Parlement – en tout cas quant à son coût budgétaire. Cet effort de transparence est indispensable si l’on veut que les Français, pour qui la guerre en Ukraine a aggravé un choc inflationniste sans équivalent depuis des décennies,…

Vous auriez préféré vous coucher devant Poutine !

Ça suffit, vous, là-bas !

…comprennent le sens de vos décisions et en valident, par leurs représentants élus, le contenu et le montant. Il n’existe aucun besoin d’inscrire en une seule fois, pour plusieurs années, l’ensemble de ces mesures dans un traité bilatéral – et, du reste, cela ne pourrait qu’affaiblir le nécessaire et régulier contrôle démocratique de votre action. En outre, un contrôle périodique est d’autant plus indispensable que les mesures de soutien à l’Ukraine, lorsqu’elles passent par des cessions de matériel militaire, se font inévitablement au détriment du potentiel de nos propres forces armées.Alors que les rapports parlementaires soulignent, depuis des années, le caractère échantillonnaire de nos forces et l’insuffisance de leurs stocks de munitions, vous vous apprêtez à inscrire la possibilité d’un droit de tirage opaque sur les armes dont nos soldats disposent.

Fake news !

Que ferez-vous demain si, faute de moyens adéquats, nos troupes se trouvaient incapables de répondre à une crise de haute intensité – crise dont vous semblez précisément juger la survenue plausible dans les années à venir ?La preuve de ce que j’avance, c’est l’incapacité déjà visible du ministère des armées et de la direction générale de l’armement (DGA) à maintenir nos industries de défense et à payer les programmes de la LPM. À peine votée, cette dernière apparaît déjà tragiquement sous-financée et menacée de toute part.

Eh oui ! (« C’est faux ! Quelle honte ! » sur plusieurs bancs du groupe RE.)

Le financement du successeur du Charles de Gaulle, que la DGA demande aux industriels d’assurer en partie, ne serait même pas assuré. Plusieurs commandes – vedettes de protection ou remorqueurs côtiers – peinent à être honorées et risquent même d’être annulées.

Vous auriez quand même pu travailler un peu le sujet ! (Protestations sur les bancs du groupe RN.)

Par ce projet de traité, vous vous apprêtez à vous exonérer de ce devoir de remontée en puissance de notre outil militaire. Permettez-moi, monsieur le Premier ministre, d’estimer que la poursuite de nos différents objectifs – le soutien à l’Ukraine, la préservation de la vie de nos soldats et l’organisation de la défense nationale –, mérite sans doute qu’un contrôle parlementaire soit exercé à intervalles réguliers sur les cessions de matériel militaire.Ensuite, je conteste la proportionnalité de cet accord, car il inclut également des dispositions qui constituent des lignes rouges pour le Rassemblement national comme pour des millions de Français, en ce qu’elles font courir le risque d’une aggravation du conflit.En soutenant l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne et à l’Otan, vous déstabiliserez gravement non seulement l’intégralité des politiques communautaires – agricole, en […]

Assumez votre soutien à Poutine ! Votre créancier !

Vous êtes le camp du mal !

Cette attitude – je vous le dis tranquillement mais solennellement – est abjecte (Exclamations sur divers bancs), tant les souffrances de l’Ukraine sur lesquelles vous cherchez à surfer sont vives. Vous avez, sans même vous en cacher, détourné, exploité, instrumentalisé une crise internationale majeure pour la mettre au service d’un agenda électoraliste de court terme. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

C’est fou, ça !

Vos propos sont honteux !

Ce genre de pratiques porte un nom : c’est la basse politique politicienne, celle-là même qui provoque chez nos concitoyens désintérêt, résignation et, souvent, abstention.

Les Français ne sont pas dupes !

J’en suis convaincue, les Français ne sont pas dupes. Ce faisant, et c’est sans doute, en réalité, le plus grave, vous avez instillé l’idée qu’en défendant l’intérêt de la France, en défendant le respect de nos engagements internationaux, en étant fidèles à la tradition gaullienne qui a fait de nous une puissance d’équilibre écoutée et respectée dans le monde entier (Exclamations sur les bancs du groupe RE. – Applaudissements sur les bancs du groupe RN),…

Pas vous ! Avec Pétain oui, mais pas avec de Gaulle !

…en défendant ces principes constitutifs de notre nation et de notre peuple – qui font à juste titre sa fierté et son honneur –, on se ferait les relais d’intérêts étrangers ! Pour cela aussi, monsieur le Premier ministre – et je m’adresse également au Président de la République –, vous serez sévèrement jugé par nos compatriotes. (« Bravo ! » et applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Vous êtes le valet de Poutine !

Je vous rappellerai, monsieur le Premier ministre, vous qui êtes si enclin à dénoncer notre prétendue incapacité à proposer des solutions, quelles sont nos propositions.

Ah ! On va enfin avoir un projet !

Celles-ci sont plus que jamais d’actualité. Il s’agit d’abord de mobiliser les intérêts des avoirs russes à l’étranger, aujourd’hui gelés, pour financer l’effort de guerre ukrainien – j’avoue ne pas comprendre votre refus sur ce point,…

Vous êtes avocate, pourtant !

…resté jusqu’alors sans explication. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.) Il devrait d’ailleurs en être de même des frais facturés par les banques ou de l’estimation des gains des profiteurs de guerre qui, depuis 2022, auraient dû être reversés aux États membres pour financer l’effort commun – et indispensable – de soutien à l’Ukraine.

Révisez vos fiches !

Loin des déclarations bellicistes d’Emmanuel Macron, il faut surtout – surtout ! – réfléchir dès à présent aux moyens de mettre autour de la table des négociations les acteurs de cet épouvantable conflit, devenu le Verdun du XXIe siècle, qui n’a que trop duré.

Y a qu’à, faut qu’on !

La défaite de la Russie, dans cette guerre entreprise en violation flagrante du droit international, de la liberté du peuple ukrainien à choisir son destin et du plus élémentaire sens moral, ne serait que justice.

Vous avez encouragé cette guerre !

À votre différence toutefois, dans le froid royaume du possible et non à travers les nuées du souhaitable, nous sommes guidés par le réalisme : cette guerre se terminera inévitablement par une négociation et vous le savez. Quand l’heure de celle-ci sera venue, l’objectif de la France et de ses alliés doit être que l’Ukraine s’y présente dans la situation la plus favorable, afin de restaurer son intégrité territoriale. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Vous voulez que l’Ukraine renonce à son territoire, dites-le !

C’est à cela que notre soutien à l’Ukraine – dont la poursuite est légitime et nécessaire – doit servir, non à un bellicisme verbal dépourvu de tout dessein stratégique clair.Au lieu d’une politique chaotique, je plaide pour une politique réaliste ! Pour rendre la paix possible, il faut d’abord définir les conditions d’un cessez-le-feu et, grâce à une France médiatrice, garantir la sécurité de la région.Évidemment, pour des motifs à la fois humains, stratégiques et politiques, la paix paraît inatteignable à court terme : humainement, il est illusoire de croire que les Ukrainiens vont oublier ces deux années d’agression, les morts au combat, les civils tués et leur pays occupé et détruit ; stratégiquement et politiquement, il est illusoire de croire que la Russie retirera ses troupes dans ce qui serait alors pour elle une défaite cinglante – que nous ne pourrions d’ailleurs obtenir sans […]

Vous ne l’avez pas écouté !

D’autres pays que la France recherchent cette solution. Là aussi, la France s’efface,…

C’est l’inverse !

…et c’est d’une grande tristesse.Vous nous dites que nous votons un accord. Il nous semblait pourtant que nous votions sur un discours ; or il ne contenait rien de précis ni de structuré. (Exclamations sur quelques bancs du groupe RE.)

Il fallait écouter !

Pour la sécurité des Français, nous ne pouvons adhérer aux conditions que vous posez dans cet accord ; mais pour manifester notre soutien à l’Ukraine – et uniquement pour cela –, nous nous contenterons d’une abstention. (Les députés du groupe RN se lèvent et applaudissent vivement.)

Quel manque de courage !

La parole est à M. Arnaud Le Gall.

Ce débat est un simulacre. Vous avez choisi un débat au titre de l’article 50-1 de la Constitution, suivi d’un vote indicatif qui ne vous oblige à rien. Ce n’est pas à la hauteur de la situation.Nous ne décidons pas réellement d’un accord de sécurité avec l’Ukraine : vous l’avez déjà signé sans rien demander à personne. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.) Vous nous demandez de signer un chèque en blanc après les déclarations va-t-en-guerre irresponsables du chef de l’État, chef des armées ; nous ne pouvons l’accepter. Les escalades militaires sont toujours précédées d’escalades verbales. À cet égard, le mois écoulé donne le vertige. Le 5 février, le chef de l’État a jugé utile de s’exprimer sur la dissuasion nucléaire française. Il a proposé d’ouvrir le parapluie nucléaire français à l’Union européenne : une absurdité.

Vous n’y connaissez rien !

Dans un domaine où le laconisme est la règle, il a créé, au pire moment, la confusion. Puis, le 16 février, l’accord de sécurité entre la France et l’Ukraine a été signé sans débat parlementaire ni information préalable.Ayant condamné, dès le premier jour, l’invasion de l’Ukraine par la Russie de Poutine, nous avons approuvé à ce titre les initiatives de soutien au peuple ukrainien, notamment la cession d’armements – à condition qu’elle n’affaiblisse pas nos propres capacités de défense ; qu’elle n’entraîne pas un risque d’escalade en permettant de frapper en territoire russe ; et que le Parlement soit saisi. Une telle aide peut parfaitement perdurer sans qu’il soit besoin de signer quoi que ce soit. Au reste, signer un accord avec un pays déjà en guerre est une nouveauté dans notre histoire.

C’est clair, c’est irresponsable !

S’il s’agissait seulement de défense, le débat se serait tenu sur d’autres bases. Or l’accord assume le soutien de principe à l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, sans vote du peuple ni de ses représentants. Nous ne sommes pas d’accord. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)En l’absence d’une harmonisation fiscale, sociale et écologique préalable, cette adhésion aurait des conséquences dévastatrices pour notre économie. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Notre agriculture est déjà écrasée par cette concurrence.Le texte approuve également le soutien de principe à l’entrée de l’Ukraine dans l’Otan. Or ce genre d’annonce ferme d’emblée toute discussion en vue d’un règlement durable du conflit. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.) Nous votons contre !Mais à quoi bon ce vote ? Je l’ai dit, ce débat est un simulacre. Le […]

Exactement !

Ce faisant, il nous a fait passer dans une nouvelle dimension. Ce n’est pas un hasard si vous avez annoncé ce débat, non pas après la signature de l’accord, mais après les propos tenus par le Président de la République le 26 février. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Oui ou non, acceptons-nous que la France, puissance nucléaire, se place en situation de guerre face à la Russie, puissance nucléaire ? Voilà la question qui nous est posée. (Mêmes mouvements.)La déclaration irresponsable du Président de la République a ouvert la voie à une escalade que nous ne pouvons cautionner. Comment croire qu’il a créé une « ambiguïté stratégique » ? La succession humiliante de communiqués des principaux alliés de la France se désolidarisant de cette déclaration a, au contraire, amené tout le monde à afficher ses limites. Poutine n’en demandait pas tant ! (Mêmes mouvements.)

On ferme les yeux et on se bouche les oreilles !

L’ambiguïté stratégique est incompatible avec l’agitation verbale. Mais le chef de l’État a persisté et signé. À Prague, le 5 mars, il a assimilé la prudence de rigueur à de la lâcheté, aggravant encore l’isolement de la France. Puis, aux responsables des partis politiques reçus à l’Élysée le 7 mars, il a déclaré qu’il n’y avait « aucune ligne rouge », « aucune limite » au soutien de la France à l’Ukraine.

Folie !

« Aucune limite » : êtes-vous sérieux ?La parole de la France est encore affaiblie. Ce n’est pas la première fois puisque, auparavant, de sommet Union européenne-Ukraine en sommet de l’Otan, vous avez, de concert avec les autres parties prenantes, fixé des objectifs que vous avez été ensuite incapables d’atteindre (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES), même s’agissant des fournitures militaires. Vous évoquez désormais le passage à une économie de guerre, sans avouer aux Français les graves implications sociales et militaires d’un tel choix.Notre devoir est de dire stop. Stop à cette agitation verbale incompatible avec une action concrète s’inscrivant dans une stratégie cohérente. Stop à l’idée même d’entrer en guerre face à une puissance nucléaire, dès lors que nos intérêts vitaux ne sont pas en jeu. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.) Il est […]

Eh oui !

Le retour de la paix exigera, c’est certain, l’établissement de garanties concrètes de sécurité pour les deux parties, comme le Président de la République le disait lui-même en décembre 2022 et comme il l’a redit lors de sa rencontre avec les chefs de parti. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Pour commencer, prenons en main des problèmes concrets de sécurité concernant toute la région, voire le monde, pour conduire les belligérants à se mettre autour d’une table.Dès 2022, quand les combats se rapprochaient de la centrale nucléaire de Zaporijia, nous proposions, par la voix de Jean-Luc Mélenchon, que l’ONU s’empare du sujet (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES), nous attirant railleries et moqueries.

Eh oui !

Quelques mois plus tard, l’Agence internationale de l’énergie atomique le faisait et l’expertise française était mobilisée. Le parlement ukrainien émettait à son tour la même demande. La question se pose à nouveau, car le maintien sous cloche des installations nucléaires au-delà du délai de sécurité indiqué par les experts représente un grand danger.Le calendrier diplomatique doit partir des objectifs atteignables à un horizon visible pour, de proche en proche, avancer sur les questions qui paraissent actuellement insurmontables. Tout est encore possible pour la paix ! Le cessez-le-feu serait demandé par la Russie, si l’on en croit les déclarations du président Macron aux chefs de parti. Et, toujours selon le Président de la République, le vote, sous une stricte surveillance internationale, des populations concernées pour décider de leur appartenance nationale serait accepté par […]

La Russie n’en fait plus partie !

Si l’on estime que cette instance est paralysée, donnons-nous les moyens de réinventer un autre cadre. C’est le principe même de la diplomatie que de rechercher la lumière au milieu du tunnel. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Exactement !

La France doit être une puissance facilitatrice de la paix, et non un boutefeu. Depuis deux ans, nous accueillons des opposants russes à la guerre de Poutine. (Mêmes mouvements.) Même eux nous disent que l’existence de partisans de la paix en Europe aide l’opposition russe.L’enfermement manichéen et la surenchère militaire ne sont conformes ni à l’histoire, ni aux principes, ni aux intérêts de notre patrie. De de Gaulle à Mitterrand en passant par Chirac, la France a été une puissance non alignée décidant souverainement de ses alliances et de ses combats. (Mêmes mouvements.)

Très bien !

Au Conseil de sécurité, elle fut longtemps le membre permanent le plus à même de parler avec tout le monde. Car il ne faut pas confondre diplomatie et posture morale : par principe, une action internationale au service de la paix implique de s’autoriser à parler à ceux qui ne sont pas nos amis. Capable de parler à tous, la France pouvait alors contribuer à produire des compromis, de l’ordre, du droit. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)Que reste-t-il de tout cela ? Plus grand-chose, hélas, après des années de réalignement qui furent aussi, pour notre appareil diplomatique, des années de disette. Avez-vous vu que notre réseau diplomatique vient d’être déclassé ? Naguère deuxièmes, nous sommes maintenant relégués au cinquième rang, derrière le Japon et la Turquie ! (« Quelle honte ! » sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Vous avez supprimé les corps diplomatiques au […]

Bravo !

Dans le vide laissé par la France, d’autres pays s’engouffrent. Par exemple, quand il a fallu conclure un accord sur l’exportation du blé ukrainien, c’est la Turquie qui a été à la manœuvre. (« Eh oui ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.) Quand le pape François a appelé, ce dimanche, à une négociation, c’est la Turquie qu’il a citée comme une médiatrice possible. (« Eh oui ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.) La Turquie, et non la France !Comment en sommes-nous arrivés là ? Voilà où nous ont conduits, en politique internationale, les déclarations à l’emporte-pièce, les prises de position incohérentes, les indignations à géométrie variable, l’usage du mégaphone quand il faut savoir se taire et le silence quand il faudrait dénoncer ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)La France n’a pas à s’enfermer dans un camp, occidental, atlantiste ou autre. Cette […]

C’est vous qui êtes isolés !

…et ternit l’aura internationale de notre patrie.

La France n’est pas la Suisse !

Dans la guerre en Ukraine – comme à Gaza, en République démocratique du Congo ou au Liban –, notre pays, présent sur tous les continents, doit, au contraire, être à la pointe du combat pour la paix. (Mêmes mouvements.) Il doit, avec d’autres, toujours rechercher et proposer des issues, au lieu de se précipiter dans des impasses. (Les députés du groupe LFI-NUPES se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur quelques bancs du groupe GDR-NUPES.)

La parole est à M. Olivier Marleix.

Le 24 février 2022, au matin, a sonné, pour ceux qui y croyaient encore, la fin d’une illusion : la fin de cette « fin de l’histoire » qu’on nous avait promise lors de la chute de l’Union soviétique. C’était le retour de la guerre sur le vieux continent, qui se réveillait de sa torpeur.Les Ukrainiens, quant à eux, avaient de bonnes raisons de ne pas se fier à ces fables : la Russie de Poutine, humiliée, revancharde, cherchait – cela ne faisait aucun doute – à retrouver sa puissance perdue. C’est pourquoi, si l’Europe n’était pas prête, les forces ukrainiennes l’étaient. Le déferlement de violence de l’armée russe, supérieure en nombre, n’emporta pas la victoire rapide espérée. Ainsi, progressivement, le front s’est gelé, car si la Russie n’a pas gagné, elle n’a ni fléchi ni renoncé à ses ambitions stratégiques.Réaffirmons-le haut et fort et prenons-en la mesure : cette agression est […]

Très juste !

Nous ne pouvons pas faire à M. Poutine le cadeau d’une ombre d’hésitation dans le soutien à l’Ukraine. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LR.) Mais ne nous racontons pas d’histoires : cet accord n’a de portée que symbolique. C’est un duplicata d’accords identiques, purement déclaratifs, qui seront signés à terme par une trentaine de pays. Contrairement à ce que disent certains, il ne s’agit pas d’un traité international contraignant, mais d’une pure déclaration d’intention.Puisqu’il ne s’agit que d’intentions, ne racontons pas non plus d’histoires à notre partenaire ukrainien : si nous croyons à l’ancrage européen de ce pays, son adhésion à l’Union européenne, évoquée dans cet accord comme un objectif, ne peut être à l’ordre du jour. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.) Il y a quelques jours, le Président de la République lui-même a dit aux chefs de parti […]

Très juste !

Qu’a fait M. Le Drian, sous la direction de M. Macron, pour éviter la tragédie actuelle et ses centaines de milliers de morts ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LR.)

Rien de rien !

Aujourd’hui, l’Ukraine a besoin d’armes pour se défendre. Or notre soutien militaire, de l’ordre de 2,6 milliards d’euros, est infime par rapport à l’aide matérielle des États-Unis, qui ont envoyé, depuis le début de la guerre, 2 milliards d’équipements militaires par mois. Notre effort est deux fois moindre que celui de l’Angleterre ou du Danemark, huit fois moindre que celui des Allemands et équivalent à celui de la Norvège.Nous, députés du groupe Les Républicains, affirmons ici très clairement la nécessité d’envoyer plus de matériel militaire au peuple ukrainien. Des armes, oui. Des troupes au sol, non, évidemment ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.) La réalité, c’est que l’effort de guerre dont parle M. Macron ne se traduit pas par des commandes supplémentaires auprès de notre industrie de défense. La fabrication de bombes par les entreprises françaises est quasiment à […]

Ah, le « en même temps » !

…mais je crains qu’à force de vouloir maintenir le flou, il ne s’y noie. La seule chose susceptible d’impressionner M. Poutine, ce ne sont pas les mots de M. Macron, c’est la réalité de notre effort d’armement. Rappelons, comme l’a fait un ancien Premier ministre qui faisait autorité en matière de politique étrangère, qu’en quarante ans de guerre froide, jamais les forces de l’Otan ne se sont directement confrontées à celles du pacte de Varsovie. Un tel changement de paradigme, s’il ne saurait être exclu, ne peut évidemment pas s’improviser au cours d’une banale conférence de presse.Troisième vérité : une part importante de nos concitoyens n’adhère pas, ou plus, à la position de la France et de ses alliés dans le conflit. À certains, l’enjeu paraît lointain, secondaire, même négligeable. À d’autres, il n’apparaît désormais plus que comme le prétexte des petites tactiques électorales du […]

Très juste !

On ne peut pas leur donner tout à fait tort.L’adhésion, cela ne décrète pas à coups de déclarations martiales. C’est même l’inverse qui se produit. Il est donc fondamental de parvenir à expliquer l’importance de notre engagement en Ukraine, pour la sécurité du continent et pour notre propre sécurité face à une Russie qui, en Afrique ou sur le net, s’en prend directement à la France.D’autre part, il est impératif que le poids de la guerre ne soit pas assumé par des catégories professionnelles déjà fragilisées – je pense, monsieur le Premier ministre, aux agriculteurs. Je vous le dis très clairement, la libéralisation complète des importations d’œufs, de poulets, de sucre, de maïs et de blé, sans quotas ni droits de douane, est insupportable pour nos propres filières. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.) S’agissant du maïs et du sucre, il est inacceptable de les importer […]

Tout à fait !

Absolument !

L’Europe doit permettre à l’Ukraine d’accéder au marché mondial ; elle n’a pas vocation à accepter sans limite une concurrence déloyale et destructrice. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.)

Précision utile !

Dernière vérité, tout aussi difficile à admettre : nous n’avons pas, aujourd’hui, de but de guerre clair et partagé en Europe. Quel but, quel cap, quelle stratégie défendons-nous ? Par exemple, sommes-nous d’accord avec l’Allemagne, qui se refuse à livrer certains missiles susceptibles d’être utilisés pour frapper des infrastructures en Russie ? Quelle ligne défendrons-nous lors du prochain sommet de l’Otan en juillet ? Voilà qui devrait inciter notre président à la pondération au moment de s’exprimer sur le sujet.

La pondération, ce n’est pas son fort !

La surenchère permanente n’est définitivement pas une option. Notre responsabilité est de soutenir l’effort de guerre ukrainien sans hésitation et d’empêcher la Russie de gagner cette guerre ; ce n’est pas de susciter l’escalade.

Très bien !

Qui peut croire que le tout-militaire serait une fin en soi, alors que l’histoire récente montre le contraire ? Qui imagine que le conflit s’achèvera par une marche victorieuse sur Moscou ? Nous devons, aujourd’hui, tout faire pour aider l’Ukraine à se trouver en position de force lorsque viendra le jour – qu’il faut espérer et susciter – de trouver une issue à la guerre.Notre responsabilité devant l’histoire est aussi de préparer l’avenir. Il est grand temps que la France, qui, comme le déclarait Dominique de Villepin en 2003, « n’a cessé de se tenir debout face à l’histoire et devant les hommes », fasse entendre une voix forte et claire dans le monde. Cela commencera sans doute par parler moins, mais de façon plus claire, sans quoi nous deviendrons peu à peu une nation de commentateurs. Cela suppose également de reconstruire les moyens de notre puissance, militaire, énergétique […]

Sébastien Lecornu ministre des armées #876

C’est faux ! C’est un mensonge !

C’est le mur de la dette qui vous empêche de passer les commandes dont nous aurions besoin pour aider l’Ukraine et renforcer notre défense. On ne peut pas, en même temps, trouver 50 milliards d’euros d’économies et consacrer 5 % du PIB à la défense, comme le fait par exemple la Pologne !

Vous dites des choses fausses ! Comment peut-on mentir comme cela ?

Pour conclure, le vote de l’Assemblée nationale sera regardé dans le monde comme le vote de la France dans l’affirmation de son soutien à l’Ukraine. Le Parlement se doit d’afficher ce soutien au peuple ukrainien. Quant à vous, monsieur le Premier ministre, vous lui devez des actes ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

Très bien !

La parole est à M. Jean-Louis Bourlanges.

Ce débat n’est pas seulement utile et bienvenu : il est nécessaire, indispensable et urgent. Au-delà du texte de l’accord de coopération militaire passé entre l’Ukraine et la France, que vous venez, monsieur le Premier ministre, de présenter dans des termes qui ne peuvent que recueillir l’approbation des députés de mon groupe, un constat s’impose avec une cruelle évidence : il y a, aujourd’hui, en Ukraine, en Europe et dans l’Occident tout entier, péril en la demeure. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes Dem, RE et Écolo-NUPES.)Péril aux frontières de notre Europe, ce petit cap de l’Asie si vulnérable et si ténu que décrivait Valéry, qui subit la plus violente tentative de forcement et de débordement de l’après-guerre ; péril pour nos valeurs humanistes, universalistes et démocratiques, chahutées comme elles ne l’ont jamais été depuis l’effondrement des dictatures nazie et […]

Très juste !

…péril, enfin, pour l’unité de l’Europe et des démocraties occidentales, travaillées de part et d’autre de l’Atlantique par des forces de fragmentation et de renoncement, qui placent nos libres sociétés dans un état de déséquilibre et de fragilité – intérieure et extérieure – que nous n’avons jamais connu depuis la seconde guerre mondiale.Oui, mes chers collègues, nos débats prennent place dans l’un des rares et graves moments de notre histoire où tout se décide pour des décennies : 1947, c’était l’entrée dans la guerre froide ; 1969, c’était l’émancipation des peuples ; aujourd’hui, c’est le retour au cœur de l’Europe d’une barbarie que nous n’avons pas su voir venir et qui nous déconcerte.Je vous laisse imaginer les possibilités d’intervention des forces russes, en Moldavie et dans les pays baltes pour commencer, dans l’hypothèse où elles seraient enfin débarrassées, par la victoire […]

Très bien !

Reconnaissons qu’au cours des deux dernières années, nous ne nous sommes pas, nous autres Européens, mobilisés au juste niveau, et qu’il nous faut passer sans délai à la vitesse supérieure. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe Dem et sur quelques bancs des groupes RE et Écolo-NUPES.) L’accord de coopération bilatérale qui réunit Paris et Kiev est un premier pas. La décision d’acheter à l’étranger les matériels que nous ne finissons pas d’être incapables de fournir en est un second. Il est temps, plus que temps, de procéder de la sorte. Cela suffira-t-il ? Je ne sais pas, mais si cela ne suffit pas, il faudra remettre au pot sans délai, et « quoi qu’il en coûte », car à la guerre, il n’y a qu’un juge des comptes : la victoire. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur quelques bancs des groupes RE et HOR.)La lucidité commande la vaillance. « Celui qui ne se rend pas […]

Bravo !

J’entends bien la petite chanson des trotte-menu du renoncement : la vaillance, c’est la guerre ; il faut en finir avec cette horreur ; il faut négocier, pactiser, refuser la confrontation, au risque de perdre l’honneur. Pourtant, rien ne peut nous autoriser à penser que le président russe ait la moindre intention d’obtenir en Ukraine autre chose que la réalisation de ses buts de guerre ! Il poursuit trois objectifs, inlassablement répétés : d’abord, la partition du territoire ukrainien par l’intégration à la fédération de Russie, non seulement du Donbass, mais aussi d’Odessa, clé de la mer Noire ;…

Eh oui !

…ensuite, ce qu’il appelle la « dénazification » – entendez la remise en cause de la révolution démocratique de Maïdan – et l’instauration à Kiev d’un gouvernement soumis au Kremlin ; enfin, la destruction de la souveraineté de l’Ukraine, celle-ci se voyant à la fois interdite d’adhésion à l’Union européenne et à l’Otan, et condamnée à une neutralité garantie par les forces armées russes. S’il n’atteint pas ses objectifs, Poutine perd la face aux yeux du monde et de son peuple. Il continue donc, et continuera, s’il en a les moyens, jusqu’à ce qui serait la capitulation de fait de l’Ukraine, de l’Union européenne et de la communauté atlantique.Vladimir Poutine poursuit un programme en trois ans, passant par une triple rupture : la rupture, dès que possible, du front de défense ukrainien, qui peut intervenir à tout moment si nous n’y veillons pas ; la rupture de l’engagement américain aux […]

Exactement !

François Mitterrand avait déclaré : « le nationalisme, c’est la guerre ». Son attitude exemplaire pendant la dernière crise de la guerre froide aurait pu lui faire ajouter que le pacifisme aussi, c’est la guerre. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes Dem, RE et SOC. – M. Jean-Charles Larsonneur applaudit également.) Il savait que le national-pacifisme est à la fois un encouragement à l’agression et une promesse de défaite pour les agressés.Nous faisons nôtre, quant à nous, la sagesse du général de Gaulle, telle que l’évoquait le président Marcangeli : oui, le « meilleur moyen de servir la paix du monde », c’est « de rester droit[s] et fermes ». Soyons fidèles à notre histoire, soyons fidèles à notre héritage, soyons fidèles à nos grands hommes ! (M. Marc Le Fur s’exclame.)

Et perdons la guerre ! Car vous la perdrez !

Nous voterons en faveur de votre déclaration, monsieur le Premier ministre, parce que nous refusons ce que Jean-François Revel nommait « la capitulation prophylactique ». Nous voulons une Europe qui sache être forte, unie et consciente de ses responsabilités. Nous sommes et demeurerons fermement aux côtés de l’Ukraine, parce qu’il est essentiel que la victoire appartienne à ceux qui n’ont pas voulu la guerre ! (« Bravo ! » et applaudissements sur les bancs des groupes Dem, RE et HOR, dont la plupart des membres se lèvent pour applaudir. – Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes SOC, Écolo-NUPES et LIOT, certains membres de ce dernier groupe se levant aussi pour applaudir.)

La parole est à M. Pierre Morel-À-L’Huissier.

Depuis l’invasion russe de l’Ukraine, plus de 300 000 soldats et de 10 000 civils auraient été tués, sans parler des 100 000 blessés. Plus de 4 millions d’Ukrainiens auraient fui leur pays d’origine, dont 70 000 pour trouver refuge en France. Ces chiffres ne sont pas de vulgaires statistiques, mais représentent des milliers de vies humaines bouleversées, voire éteintes à jamais.La guerre en Ukraine n’est pas une guerre abstraite ; c’est une guerre de grande échelle, telle que l’Europe n’en a pas connu depuis des décennies, aux enjeux humanitaires bien réels. Nous continuons, avec l’ensemble de notre groupe parlementaire, à apporter notre soutien à tous les réfugiés ukrainiens présents sur le sol français, et au-delà. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LIOT.)Mes collègues du groupe d’amitié France-Ukraine et moi-même avons créé un système de remontée d’informations et de dons […]

Très bien !

Par ailleurs, cette guerre est révélatrice des atouts et des failles de nos armées et, plus globalement, de la stratégie militaire de la France. Notre soutien indéfectible à l’Ukraine et l’impératif de développer notre économie militaire vont de pair. Il est essentiel de capitaliser sur le savoir-faire français ainsi que sur notre industrie de défense. Je pense d’abord à la formation, en France et en Pologne, de soldats ukrainiens par nos officiers et à la transmission des connaissances et compétences militaires dont notre pays dispose pour venir en aide aux soldats ukrainiens. Je pense ensuite à la fourniture de matériels de guerre – des Mirage 2000, des obus, des missiles –, dont la prospérité supposera un soutien financier continu à la filière de défense nationale et à notre capacité de production.Notre soutien à l’Ukraine ne pourra pas éternellement se fonder sur l’envoi de […]

Bravo !