Séance du 19 mars 2024 /// n°154 /// 734 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2023-2024

Séance du 19 mars 2024 — 154e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

734prises de parole
112orateurs
30points à l'ordre du jour
4scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
3546 l'ensemble du projet de loi relatif à l'organisation de la gouvernance de la sûreté nucléaire et de la radioprotection pour répondre au défi de la rel… 260 / 259 adopté
3547 l’ensemble du projet de loi organique modifiant la loi organique n° 2010-837 du 23 juillet 2010 relative à l’application du cinquième alinéa de l’arti… 265 / 258 adopté
3548 l'ensemble du projet de loi relatif à l'accélération et à la simplification de la rénovation de l'habitat dégradé et des grandes opérations d'aménagem… 171 / 0 adopté
3549 la motion de rejet préalable, déposée par M. Boris Vallaud, de la proposition de loi portant diverses mesures relatives au grand âge et à l’autonomie … 104 / 184 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 734 — page 1 / 4.

Yaël Braun-Pivet president · EPR #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à quinze heures.)

Questions au Gouvernement

Yaël Braun-Pivet president · EPR #6

L’ordre du jour appelle les questions au Gouvernement.

Reconnaissance des agents de la fonction publique

La parole est à M. Christophe Bex.

Monsieur le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, vous ressassez que la France est championne du monde des prélèvements obligatoires.

C’est vrai !

Or rien n’a jamais été gratuit ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.) Les services publics et la protection sociale sont financés par ceux qui en bénéficient. En réalité, qui paye et dans quelle proportion par rapport à son revenu et à son patrimoine ? Et où va l’argent collecté ? Votre politique détourne les contributions au bénéfice de quelques-uns et au détriment du plus grand nombre. (Mêmes mouvements.)En cette année olympique, vous battez tous les records. Félicitations pour les 250 milliards volés aux collectivités locales depuis 2012 ! (Applaudissements prolongés sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Bien dit !

Félicitations pour les 153 milliards gagnés par les entreprises du CAC40, pour les 98 milliards reversés aux actionnaires, pour les 100 milliards de fraude fiscale, pour les 22 milliards versés aux services médicaux privés et pour les 9 milliards versés à l’éducation privée ! (« Bravo ! » sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Parlez-en à Ruffin !

Vous me direz que l’argent, il n’y en a pas. Cela fait des années que vous êtes au pouvoir et vous n’y connaissez toujours rien, pas plus que vous ne maîtrisiez le calcul de la surface d’un hectare quand vous étiez ministre de l’agriculture il y a quinze ans ! (« Excellent ! » et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) J’ai travaillé quarante années au service du public et je peux témoigner de l’évolution des salaires de la catégorie C : elle est de 80 euros après vingt ans de service, soit 4 euros par année, le tiers d’une baguette de pain par mois. Les agents de la fonction publique méritent de la considération et de la reconnaissance ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)À l’occasion des quatre-vingts ans de la signature du programme du Conseil national de la Résistance (CNR), la fonction publique manifeste. Quelle est votre réponse ? Soyez honnête […]

La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Et de la dette !

Il a fini d’écrire son bouquin ! (Sourires.)

Bruno Le Maire ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique · LaREM #21

Ce n’est plus La France insoumise, c’est La France inconsciente ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE. – « Oh ! » sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Frédéric Mathieu applaudit ironiquement.)

Ce n’est pas étonnant que tu ne vendes pas beaucoup de bouquins !

Bruno Le Maire ministre · LaREM #23

Inconsciente de la réalité de nos finances publiques et du modèle social français. Vous parlez d’inégalités, mais je vous rappelle que la Fondation Jean-Jaurès, qui ne peut être soupçonnée de droitisme débordant, a elle-même indiqué que la nation développée dans laquelle les écarts de revenus étaient les plus réduits par la redistribution fiscale était la France. Ces écarts sont de un à dix-huit avant redistribution ; ils sont de un à trois après.

Bruno Le Maire ministre · LaREM #25

Aucune nation ne redistribue autant que la France aux plus modestes et aux plus fragiles. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE. – Exclamations continues sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Vous nous dites que le taux d’imposition n’est pas suffisamment élevé, mais le taux marginal d’imposition de notre pays est le plus élevé de tous les pays développés : il approche les 60 % !

Quelle honte !

Bruno Le Maire ministre · LaREM #27

Vous nous dites que certains ne paient pas assez pour les autres,…

Regardez-moi quand vous me répondez !

Bruno Le Maire ministre · LaREM #29

…mais 70 % de l’impôt sur le revenu est payé par 10 % des contribuables !

Et l’ISF ?

Bruno Le Maire ministre · LaREM #31

Alors oui, il est temps, après avoir protégé les Français pendant la crise du covid, sans votre soutien (Exclamations prolongées sur les bancs du groupe LFI-NUPES), après les avoir protégés pendant la crise inflationniste, sans votre soutien, après avoir récompensé le travail en instaurant une exonération des heures supplémentaires, pour lesquelles vous voulez rétablir la fiscalité – les mesures d’austérité sur le travail, c’est La France insoumise qui les promet ! –, après toutes ces décisions,…

Que vous avez fait voter avec des 49.3 !

Bruno Le Maire ministre · LaREM #33

…nous rétablissons fermement, calmement et sereinement les comptes publics. La France insoumise est la France irresponsable. Nous sommes la majorité de la responsabilité ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RE et sur quelques bancs du groupe Dem. – M. Laurent Marcangeli applaudit également.)

Tu ne seras jamais Président de la République !

Rends l’ISF, Le Maire !

Soins palliatifs

La parole est à M. Philippe Juvin.

Ma question s’adresse à Mme la ministre du travail, de la santé et des solidarités.Aujourd’hui, seul un Français sur deux nécessitant des soins palliatifs y a accès. Si l’on veut que chacun puisse en bénéficier, il faudrait donc doubler l’offre actuelle. On nous annonce un plan de 1 milliard d’euros sur dix ans. Ce chiffre semble impressionnant, mais il ne représente que 6 % d’augmentation du budget actuel des soins palliatifs, inflation comprise.Ma question est simple : comment, avec un budget en hausse de seulement 6 %, comptez-vous doubler l’offre de soins palliatifs ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

Excellent !

La parole est à Mme la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Catherine Vautrin ministre du travail, de la santé et des solidarités · Les Républicains #43

Vous soulignez à juste titre l’importance des soins palliatifs dans notre pays. Aujourd’hui, nous possédons un peu plus de 140 unités de soins palliatifs et 420 équipes mobiles de soins palliatifs (EMSP).

C’est insuffisant !

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #45

Oui, c’est insuffisant. Jusqu’à vendredi dernier, vingt et un départements ne possédaient pas de services de soins palliatifs. J’ai annoncé ce jour-là, lors d’un déplacement en Corrèze, la création d’un service de soins palliatifs à l’hôpital de Brive-la-Gaillarde. Il reste donc vingt départements qui n’en disposent pas. Voilà le premier sujet sur lequel nous devons travailler.Le deuxième est l’organisation concrète d’une filière. Vous êtes professeur des universités et praticien hospitalier, monsieur Juvin ; vous savez donc que cette discipline n’est pas organisée. Elle ne compte actuellement aucun professeur des universités, aucun chef de clinique, aucun assistant chef de clinique.

Que faites-vous depuis sept ans ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #48

Pour créer une culture des soins d’accompagnement en fin de vie, nous devons travailler en lien avec la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Sylvie Retailleau, dans le cadre du prochain plan d’organisation de la filière, et prévoir des enseignements universitaires. Les moyens ne sont pas la seule question : l’enseignement des soins palliatifs est indispensable ; or seules quelques heures de cours leur sont aujourd’hui consacrées dans les dix ans que durent les études médicales.

Comment luttez-vous contre les déserts médicaux ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #50

Quant aux moyens, il faut des maisons d’accompagnement et davantage d’unités de soins palliatifs, notamment des équipes mobiles reliées au réseau d’hospitalisation à domicile. On peut évidemment se concentrer sur les chiffres, mais la véritable question est notre capacité à travailler sur les quinze mesures du rapport du professeur Franck Chauvin…

Il faut des moyens !

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #52

…et à trouver des réponses pour 2024, 2025 et 2026. Tel est le sens de l’engagement du Gouvernement. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE. – M. Cyrille Isaac-Sibille applaudit aussi.)

La parole est à M. Philippe Juvin.

Vous n’avez pas répondu sur l’insuffisance des moyens financiers. (Mme Émilie Bonnivard applaudit.) Le compte n’y est pas. (« Eh non ! » sur les bancs du groupe LR.) J’alerte solennellement sur le sous-financement des soins palliatifs et je pose une question dont chacun doit mesurer la gravité : existe-t-il un risque, demain, de suicides assistés par défaut d’accès aux soins palliatifs ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.)

Elle est là la question !

Il a raison !

Ce n’est pas une petite question, d’autant que les soins palliatifs ne sont pas les seuls à devoir être financés. (Mme Charlotte Parmentier-Lecocq applaudit.) Je pense à la psychiatrie : voyez combien il est difficile de trouver un psychiatre aujourd’hui. Or on sait que les malades du cancer en fin de vie se suicident deux à quatre fois plus souvent quand ils n’ont pas de psychiatre. Là encore, c’est le suicide par défaut de moyens.Et il y a la question sociale, qui est immense. Quand on ne peut pas se payer un ordinateur à commande oculaire et un fauteuil adapté à 25 000 euros, quand les conditions de logement sont misérables, les conditions matérielles rendent la vie trop dure et pèsent inévitablement sur la décision. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES et GDR-NUPES.) On évoque souvent la fraternité, mais sa véritable traduction ne […]

Très juste !

La parole est à Mme la ministre.

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #62

Nous pouvons nous accorder sur un point : les maisons d’accompagnement apportent des réponses concrètes et l’objectif est de les développer. Jamais, dans notre pays, il n’a été question de parler d’aide à mourir sans un plan d’accompagnement des soins palliatifs. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE.)

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #63

Très juste !

Il n’y a pas de plan !

Lutte contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur

La parole est à M. Jérémie Patrier-Leitus.

Le 2 juin 1941, le régime de Vichy promulgue le statut des Juifs et limite l’accès des étudiants juifs aux universités. Quatre-vingts ans après, nous pensions que ces faits appartenaient aux heures les plus sombres de notre histoire. Quatre-vingts ans après, nous pensions que la bête immonde de l’antisémitisme était gavée de sang après la Shoah. Et pourtant, elle renaît. Le poison de l’antisémitisme vient pourrir notre société – on dirait que ce que je raconte n’intéresse pas certains de nos collègues. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.) Il se déverse même au cœur de nos universités.Mardi dernier, à Sciences Po Paris, institution prestigieuse qui forme depuis le XIXe siècle les dirigeants de notre pays et dans laquelle j’enseigne depuis plus de sept ans, une soixantaine d’individus ont envahi et bloqué l’amphithéâtre Émile Boutmy qu’ils se sont empressés de renommer « […]

Menteur !

…des dictateurs du dimanche, des insurgés en mal de révolution. « Ne la laissez pas entrer, c’est une sioniste », a-t-on entendu.

Une factieuse !

À d’autres étudiants qui avaient réussi à entrer, on a demandé de dire « La Palestine vaincra ! » sous peine d’être expulsés de la salle.En mai 1968, dans les amphis, c’était « sous les pavés la plage » ; aujourd’hui, c’est la haine, la haine du sioniste, la haine du Juif. (Applaudissements prolongés sur les bancs des groupes HOR et RE, ainsi que sur quelques bancs des groupes RN, LR et Dem.)Ces faits sont graves. Ils sont une meurtrissure pour notre pays, une blessure pour notre République, et demandent une réponse implacable. Je veux, à cet égard, vous remercier, monsieur le Premier ministre, de vous être rendu le jour même à Sciences Po Paris. Malheureusement, les stigmatisations et les ostracisations dont sont victimes les étudiants juifs ne s’arrêtent pas aux murs de cet établissement : 91 % des étudiants juifs disent avoir déjà été victimes d’un acte antisémite au cours de leurs […]

Bravo !

La parole est à M. le Premier ministre.

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #78

Liberté, Égalité, Fraternité : la devise de la République française fonde les valeurs républicaines qui doivent être respectées partout et toujours (Applaudissements sur quelques bancs des groupes HOR et RE), notamment dans les établissements de l’enseignement supérieur, où l’on forme notre jeunesse. Pas une fac, pas une école ne peut être au-dessus des lois ; pas une fac, pas une école ne peut les appliquer à la carte (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE et LR) : je le dis ici très clairement.Vous l’avez rappelé, avec Sylvie Retailleau, la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, je me suis rendu à Sciences Po Paris et j’ai annoncé plusieurs mesures : tout d’abord, le déclenchement par le Gouvernement de l’article 40 du code de procédure pénale pour faire la lumière sur le déroulement des faits ; ensuite, la nomination d’un administrateur provisoire […]

À Lyon, c’est pareil !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #81

Mais vous l’avez souligné, l’enjeu est beaucoup plus large. Depuis des années, à Sciences Po Paris comme dans d’autres établissements, les débordements scandaleux se sont multipliés du fait d’une minorité agissante et dangereuse.Je le dis ici : je n’accepterai jamais qu’une fac ou une école devienne, en France, la voie d’eau par laquelle déferlera une idéologie nord-américaine qui, sous couvert d’une certaine modernité, prône l’intolérance, le refus du débat, et bride la liberté d’expression et les opinions contradictoires. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem, et sur plusieurs bancs du groupe LR. – M. Thomas Ménagé applaudit aussi.) Nous serons collectivement intraitables.L’autonomie de l’enseignement supérieur, ce n’est pas et ce ne sera jamais, une autonomie des valeurs républicaines. Avec la ministre Sylvie Retailleau, nous ne lâcherons rien, nous serons mobilisés […]

Tu parles !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #85

…au cœur des contrats que nous signerons avec les universités et les écoles,…

Sept ans pour rien !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #87

…afin que le financement public, l’argent des Français, contribue systématiquement au respect de nos valeurs et de nos principes républicains. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE et sur quelques bancs du groupe Dem.)

Plus personne ne vous croit !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #89

L’enseignement supérieur doit donner le goût du débat, de la réflexion, jamais celui de la haine ou de la discrimination. Nous serons intraitables sur ce sujet. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem, ainsi que sur quelques bancs des groupes LR et HOR.)

Bravo !

La parole est à M. Julien Odoul.

Ma question s’adresse à M. le Premier ministre. Il y a douze ans, jour pour jour, le 19 mars 2012, le terroriste islamiste Mohamed Merah semait la mort et l’horreur à l’école juive Ozar Hatorah de Toulouse. N’oublions jamais les victimes innocentes de cet attentat ignoble (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – M. Meyer Habib applaudit aussi) : Gabriel Sandler, 4 ans, Arié Sandler, 5 ans, Myriam Monsonego, 7 ans, Jonathan Sandler, 30 ans.Douze ans après, le cancer de l’antisémitisme contamine les plus grandes écoles et les universités.

Vous mélangez tout !

Fondée pour éveiller les consciences et former les élites, Sciences Po Paris s’est transformée en centre de recrutement islamo-gauchiste.

Absolument !

Après le Hidjab Day et la promotion du voile islamique en 2016, après la soumission à l’idéologie wokiste, Sciences Po Paris dérive vers l’antisémitisme. (M. Fabien Roussel s’exclame.) Depuis le 7 octobre 2023, des étudiants de Sciences Po distribuent des tracts où les terroristes du Hamas sont présentés comme des résistants. Le 5 mars, Rima Hassan, militante pro-Hamas et candidate LFI aux élections européennes, a été reçue en grande pompe pour une conférence. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES. – Mme Nathalie Oziol s’exclame.) Le 12 mars, un nouveau cap a été franchi avec l’occupation d’un amphithéâtre rebaptisé « Gaza » par une soixantaine de militants fanatisés, scandant leur haine d’Israël. Selon l’Union des étudiants juifs de France, plusieurs étudiants ont été menacés et insultés parce qu’ils étaient juifs.Pour le leader de l’extrême gauche islamiste […]

Caricature !

Les étudiants juifs ont peur de cette montée de la haine. Ils craignent aussi vos ambiguïtés et vos lâchetés. Monsieur le Premier ministre, au-delà de l’enquête administrative et de vos coups de menton, êtes-vous prêt à rompre vos liens avec le Qatar, devenu le banquier de votre gouvernement, qui finance, soutient et héberge le groupe terroriste et antisémite du Hamas ? (« Bravo ! » et applaudissements sur les bancs du groupe RN. – M. Meyer Habib applaudit aussi.)

La parole est à Mme la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Sylvie Retailleau ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche #103

Je reprends les propos du Premier ministre : oui, l’antisémitisme est un « poison ». L’antisémitisme, quels que soient ses masques, est un fléau. Notre ligne est claire, c’est la tolérance zéro. (Mme Caroline Parmentier s’exclame.)L’université fait partie intégrante de la société. Elle partage ses forces et ses lumières, mais elle doit aussi affronter ses tensions et ses maux les plus sombres.Vous m’avez interrogée, en particulier, sur les événements survenus à Sciences Po Paris. Comme à chaque fois, ma méthode, c’est l’objectivation des faits. (Exclamations sur les bancs du groupe RN. – M. Julien Odoul mime des mouvements de brasse.) C’est tout le sens du signalement au procureur de la République, en application de l’article 40 du code de procédure pénale, que Gabriel Attal et moi avons effectué, afin que la justice soit saisie et fasse son travail.Nous nous sommes rendus sur place. En […]

Très bien

Quelle honte !

Faites votre travail !

Je ne fermerai pas plus les yeux sur les agissements des groupes communautaristes qui défient la République et ses principes. (Brouhaha.)

Un peu de silence !

Je souhaite continuer à suivre cette ligne : tolérance zéro contre l’antisémitisme, la haine de l’autre et toutes les discriminations.Monsieur le député, ne faites pas offense à vos collègues en leur mentant : Sciences Po Paris n’est pas une zone interdite pour le Rassemblement national, puisque votre collègue, Sébastien Chenu, y donne une conférence ce soir. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE, M. Guillaume Gouffier Valente et Mme Stella Dupont s’étant levés, et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES, Dem et HOR. – M. André Chassaigne applaudit aussi. – Protestations sur les bancs du groupe RN.)

Bonne à rien !

C’est honteux ce qu’il vient de dire ! (M. Christophe Blanchet désigne du doigt le banc de M. Jean-Philippe Tanguy.)

Plan contre le narcotrafic à Marseille

La parole est à M. Lionel Royer-Perreaut.

Ma question s’adresse à M. le Premier ministre. Yoda et DZ Mafia sont deux clans, deux organisations criminelles qui se partagent le juteux marché des narcotrafics à Marseille.Ce matin, le Président de la République, le ministre de l’intérieur et le garde des sceaux se sont rendus à La Castellane, dans la cité phocéenne, pour lancer l’opération Place nette XXL. Après le renforcement des effectifs de police, de justice et de douane dans le cadre du plan Marseille en grand, après les innombrables opérations de pilonnage des lieux de trafics, cette opération de grande envergure vient consolider et conforter la guerre sans merci que l’État et le Gouvernement livrent à ces clans criminels. Jamais, jamais, aucun gouvernement n’aura déployé autant de moyens pour lutter contre ces organisations tentaculaires.L’année 2023 a été particulièrement meurtrière : quarante-neuf personnes, ont été […]

Que fait Macron ? Qu’il envoie des troupes !

Sans parler de ces noyaux villageois, tels La Capelette ou Saint-Loup, qui voient se multiplier des commerces dont la seule utilité est de blanchir l’argent sale. Ces derniers jours, les magistrats marseillais ont vivement réagi à la tournure que prenaient ces événements et à leur généralisation sur le territoire national.Aussi, monsieur le Premier ministre, pouvez-vous indiquer à la représentation nationale l’esprit de ces opérations Place nette, les résultats déjà observés et ceux attendus ? Les Marseillais, tous les Marseillais, ont besoin d’être rassurés. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.)

La parole est à M. le Premier ministre.

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #126

Vous le savez bien, vous qui, au quotidien, êtes auprès des Marseillais, des jeunes, des familles, des femmes et des hommes des quartiers : la drogue est la mère de tous les vices.

Allô ? Ce n’est pas du tout téléphoné !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #128

Elle détruit des familles entières, elle corrompt notre jeunesse, elle broie des vies. Elle est le berceau de toutes les délinquances, de la violence, du trafic d’armes, des règlements de comptes. Le trafic de drogue est une gangrène pour notre pays. Il ravage des quartiers, des villes, parfois même des villages. (M. Sébastien Delogu s’exclame.) Quand on emprunte la voie du trafic de drogue, il y a souvent la mort au bout du chemin.Monsieur le député, je connais votre détermination, votre implication. Devant vous, comme devant toute la représentation nationale, j’en fais le serment, avec le Président de la République et le ministre de l’intérieur : nous ne faiblirons jamais, nous ne renoncerons jamais, nous n’aurons jamais la main qui tremble. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.) La lutte contre les trafiquants est une priorité ; c’est même un devoir national.Nous mènerons […]

Gérald Darmanin, sors de ce corps !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #134

Faire place nette, c’est dégager le terrain, c’est affirmer la loi et l’ordre partout, c’est aussi rester sur le terrain pour éviter que les points de deal ne soient réinstallés à peine la police partie – pendant trois semaines, les moyens policiers resteront engagés. (MM. Sylvain Maillard et Didier Parakian applaudissent.)

Donc, dans trois semaines, c’est terminé ?

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #136

Mais tout n’a pas commencé ce matin, loin de là. La lutte contre les trafics, c’est évidemment un marathon. Elle dépend, à long terme, de notre capacité à ne jamais baisser la garde. À Marseille, le pilonnage des points de deal, qui est réalisé depuis des années, a des résultats : démantèlement définitif de soixante-dix points de deal, record des saisies – 7 tonnes de cannabis, par exemple – et du nombre d’interpellations de trafiquants en 2023, qui s’est élevé à 2 350. C’est le résultat de notre stratégie et de notre détermination. C’est le fruit des moyens exceptionnels déployés à Marseille, notamment grâce au plan Marseille en grand, annoncé par le Président de la République. Je le rappelle, 450 policiers supplémentaires y ont été affectés en trois ans, trois compagnies de CRS sont déployées chaque jour, 50 magistrats et près de 100 greffiers supplémentaires y ont pris leurs […]

Il y en a quelques-uns dans votre majorité !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #140

…et que la lutte contre les trafics serait une question de morale, Gérald Darmanin, Éric Dupond-Moretti et moi avons un devoir vis-à-vis de ces habitants, dont la vie est gâchée par les trafics, et de ces familles qui ont perdu un enfant ou un proche dans un règlement de compte. Ce devoir, c’est de faire respecter partout la loi et l’ordre, de ne jamais céder un millimètre aux trafiquants. Alors, cage d’escalier par cage d’escalier, point de deal par point de deal, nous combattrons les trafiquants et le trafic de drogue. Oui, cela prendra du temps. Oui, il faudra encore fournir des efforts. Mais non, nous ne renoncerons jamais. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE, M. Didier Parakian s’étant levé, ainsi que sur les bancs des groupes Dem et HOR.)

Reprise du site Ascometal

La parole est à M. Pierre Dharréville.

Monsieur le Premier ministre, il faudra renforcer le service public, notamment celui de la police et la justice, au-delà de Marseille. Or on ne peut que s’inquiéter des annonces budgétaires.Ce n’est pas la première fois qu’Ascometal fait les frais du Monopoly industriel. Jeudi 14 mars, Swisssteel annonçait de façon scandaleuse et irresponsable à ses actionnaires son désengagement et le risque d’une réorganisation judiciaire. Je veux faire résonner ici la colère et l’inquiétude des salariés.Voici quelques mois, le groupe Swisssteel avait déjà déclaré qu’il souhaitait se séparer du site de Fos-sur-Mer, qu’il avait un repreneur pour celui d’Hagondange, et qu’il conserverait celui de Dunkerque. Dans ce contexte, l’État confirmait l’allocation d’aides au groupe, qui s’engageait à soutenir les sites et à trouver des repreneurs. Or il y a des pistes, mais aucune n’a pour l’heure abouti.Cette […]

La parole est à M. le ministre délégué chargé de l’industrie et de l’énergie.

Roland Lescure ministre délégué chargé de l’industrie et de l’énergie · EPR #149

Nous sommes évidemment aussi sensibles que vous à la situation du groupe Ascometal, dont l’actionnaire, Swisssteel, avait repris l’ensemble des cinq sites français il y a cinq ans. Les Dunes, avec 180 salariés, Hagondange avec 600 salariés, les deux sites de Moselle et Meurthe-et-Moselle – connus sous le nom de Marcus – qui comptent 120 salariés, ainsi que le site de Fos-sur-Mer, que vous connaissez bien, qui en compte 380, risquent en effet d’être vendus. Des repreneurs ont témoigné de marques d’intérêt à l’égard de ces sites qui ont, vous l’avez rappelé, des atouts indéniables.Ici comme ailleurs, nous suivons la situation de près pour que les marques d’intérêt se concrétisent. Une doctrine s’est en effet imposée en la matière : lorsqu’un site industriel est vendu, nous cherchons, tout d’abord, à nous assurer que s’offre à lui des perspectives d’affaires crédibles ; ensuite, que ceux […]

Vous n’y êtes donc pas fermé…

Roland Lescure ministre délégué · EPR #153

…mais on doit pouvoir faire plus et faire mieux. Je suis convaincu que ce sera le cas.Il y a quelques mois, un de vos collègues, M. Fabien Roussel, m’interrogeait à propos de l’entreprise Valdunes. Je lui avais alors indiqué que nous ferions tout pour trouver un repreneur crédible sur la base de perspectives crédibles, et que nous pourrions alors engager les moyens de l’État. C’est en train d’arriver.

C’est vrai.

Roland Lescure ministre délégué · EPR #156

Gardons espoir. À Dunes comme à Valdunes, à Fos-sur-Mer comme à Hagondange, nous ferons tout pour donner des perspectives à Ascometal. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

La parole est à M. Pierre Dharréville.

Nous comptons sur votre détermination et vous pouvez compter sur la nôtre. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes GDR-NUPES et Écolo-NUPES.)

Situation des finances publiques

La parole est à M. Philippe Vigier.

Monsieur le ministre de l’économie, la France de 2024 n’est plus celle de 2017.

Tu as été au pouvoir pourtant !

Le chômage a profondément diminué, la réindustrialisation est une réalité, l’économie a été sauvée pendant le covid grâce au « quoi qu’il en coûte ». Nul ne peut contester non plus que, avec 3 000 milliards d’euros de dette, notre modèle social est fracturé, tout comme notre capacité à relever les défis de demain. Il est selon nous évident qu’il faut passer de l’État-providence à un État juste et efficace, aux finances publiques assainies.Vous avez poussé un cri, il y a quelques jours, pour expliquer que le niveau de la dette publique était insoutenable ; nous le partageons d’autant plus que nous combattons en ce sens depuis plus de quinze ans. Cependant, cela ne signifie pas qu’il faille donner à l’aveugle un coup de rabot aux dépenses publiques. Un État efficace et juste doit aussi faire en sorte que la valeur soit mieux partagée, que le pouvoir d’achat augmente et que les feuilles de […]

La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Et de la dette !

Il écrit aussi des romans !

Bruno Le Maire ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique · LaREM #168

Je vous remercie, monsieur le député, ainsi que le groupe Démocrate et la majorité, pour votre lucidité et l’engagement dont vous témoignez pour rétablir l’équilibre des finances publiques : je sais que cela fait partie de votre ADN.

Bruno Le Maire ministre · LaREM #170

Je rappellerai très brièvement ce qui s’est passé depuis 2017. Jusqu’à 2019, cette même majorité, seule et sans le soutien de qui que ce soit, a rétabli les finances publiques, est revenue sous les 3 % de déficit et a diminué la dette. (Vives protestations sur les bancs du groupe LR.)

C’est une blague !

Ce n’est pas possible d’entendre ça ! Il faut le mettre à la questure, pas au ministère de l’économie !

Bruno Le Maire ministre · LaREM #173

Nous avons ensuite été confrontés à deux crises majeures : le covid, crise économique la plus grave depuis 1929, puis la crise inflationniste la plus grave depuis les années 1970. Nous avons protégé les Français et instauré, sous l’autorité du Président de la République, le « quoi qu’il en coûte ». (Brouhaha.) Il s’agissait de décisions justes, nécessaires, et protectrices : elles ont sauvé des entreprises, des salariés et l’économie française. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE. – Exclamations prolongées sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)Alors que nous revenons à la normale, j’appelle à la prise de conscience collective : nous devons couper dans un certain nombre de dépenses afin de revenir sous les 3 % de déficit public en 2027 et rétablir l’équilibre des finances publiques d’ici une dizaine d’années.

Il faut écrire un livre !

Bruno Le Maire ministre · LaREM #176

J’appelle donc toutes les forces politiques, de la majorité comme de l’opposition, à me retrouver au ministère de l’économie et des finances, avec le ministre délégué aux comptes publics Thomas Cazenave, pour examiner les économies possibles et nécessaires : faites-moi des propositions ! Arrêtez de me proposer des dépenses supplémentaires ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE. – Protestations et bruit sur les bancs des groupes RN et LFI-NUPES.)

Vous avez rejeté nos propositions !

Bruno Le Maire ministre · LaREM #178

Le slogan « je dépense donc je suis » est trop répandu dans la classe politique française. Il doit être remplacé par celui-ci : « j’économise, donc je suis, donc je protège ! » (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et Dem. – Hourvari.)

Accidents du travail

La parole est à Mme Sophia Chikirou.

Un échafaudage s’effondre à Montreuil : un ouvrier meurt. Un pont s’effondre à Toulouse sur le chantier de la ligne B : un ouvrier meurt. Un tracteur se retourne en Creuse : un jeune agriculteur de 17 ans meurt. Les accidents du travail qui blessent, mutilent, handicapent à vie ou tuent s’établissent à environ 800 000 cas par an, selon les propres chiffres de l’Assurance maladie. La France est le pays européen qui connaît le plus d’accidents par travailleur.Madame la ministre du travail, votre gouvernement a une grande responsabilité dans chacun de ces drames. Depuis 2017, vous avez méticuleusement saccagé les protections des travailleurs, à tel point qu’un collectif de familles – Stop à la mort au travail – s’est constitué en 2023 pour dire stop à l’indifférence (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES) ; il manifestait sous vos fenêtres le 4 mars dernier. La semaine […]

La parole est à Mme la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Catherine Vautrin ministre du travail, de la santé et des solidarités · Les Républicains #185

Je crois que nous pouvons nous retrouver sur un point : chaque accident du travail est un drame. Personne, dans cet hémicycle, ne dira le contraire. Voyons les chiffres : en 2021, 645 morts au travail ; en 2022, 738 morts. L’augmentation est incontestable. Je préciserai toutefois deux choses importantes, afin de bien considérer la situation dans son ensemble : la population salariée a augmenté et les malaises sont désormais considérés comme des accidents du travail, ce qui n’était pas le cas auparavant. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)Les inspecteurs du travail mènent les enquêtes, analysent les causes des accidents et, grâce à ces retours d’expérience, permettent d’éviter que ces situations ne se reproduisent. (Mme Ségolène Amiot s’exclame.) Je souligne l’importance de leur travail.

Ce n’est pas assez !

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #188

Pour discuter avec les Dreets – les directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités –, je sais combien les inspecteurs du travail ont besoin d’être soutenus, notamment lorsqu’ils sont jetés en pâture, comme cela a pu arriver lors de certaines manifestations, il y a quelques mois. (Mme Clémence Guetté s’exclame.) Je tiens à redire l’attachement du Gouvernement à leur travail. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Rendez les CHSCT et les inspecteurs !

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #190

C’est un sujet trop grave pour qu’on en parle autrement que dans le calme !Il faut également pouvoir sensibiliser, d’abord l’ensemble des salariés : les jeunes dans les centres de formation d’apprentis (CFA), les travailleurs détachés, les travailleurs de certaines branches en particulier – des travaux sur cordes ou du transport routier de marchandises, par exemple. De ce point de vue, la mobilisation du 28 avril, date de la journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, est utile. Ensuite, les entreprises sont responsables et doivent donc s’engager à promouvoir la prévention des accidents du travail : c’est la première condition du respect de chacun des salariés. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

La parole est à Mme Sophia Chikirou.

Les inspecteurs du travail étaient 2 100 en 2011, ils sont moins de 1 800 actuellement ! (Vifs applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES et sur quelques bancs des groupes SOC et Écolo-NUPES.) Bruno Le Maire supprime les 100 postes qui étaient prévus cette année ! Ne faites pas semblant de vous intéresser aux inspecteurs du travail ! (Mêmes mouvements.)

Proposition de loi « bien vieillir »

La parole est à Mme Annie Vidal.

Madame la ministre déléguée chargée des personnes âgées et des personnes handicapées, vous étiez dans un Ehpad de ma circonscription vendredi dernier, où vous avez entendu les résidents, leurs familles, et les professionnels. Je vous en remercie beaucoup. Vous avez également évoqué la proposition de loi portant diverses mesures relatives au grand âge et à l’autonomie qui, après un parcours législatif ponctué de rebondissements et une commission mixte paritaire (CMP) conclusive, sera soumise au vote de l’Assemblée en fin de journée.Face à la transition démographique qui est la nôtre – pour mémoire, les plus de 65 ans seront plus nombreux que les moins de 15 ans dès 2030 –, ce texte constitue une étape dans la construction de la société du bien vieillir et de la longévité. Défendu avec conviction par ma collègue Laurence Cristol et moi-même, avec votre soutien, il vise à inscrire dans la […]

Eh oui !

…et la situation financière préoccupante des Ehpad vient témoigner de l’urgence de la poursuite et de l’amplification de nos actions. Si les établissements publics sont confrontés à un déficit cumulé inédit, les opérateurs privés ne sont pas épargnés. Quant aux services à domicile, ils connaissent eux aussi des difficultés structurelles.

Et donc ?

Aussi, madame la ministre, pourriez-vous indiquer, devant la représentation nationale, quelles seront les prochaines étapes ?

Ah ?

Quelle suite sera donnée à cette proposition de loi ? Quelles mesures votre gouvernement prendra-t-il pour défendre une politique durable du grand âge et de l’autonomie, et permettre ainsi à chacun de vieillir selon ses choix : à domicile, en Ehpad, ou en habitat inclusif ?

La loi « grand âge » ou rien !

La loi « grand âge » !

La parole est à Mme la ministre déléguée chargée des personnes âgées et des personnes handicapées.

Fadila Khattabi ministre déléguée chargée des personnes âgées et des personnes handicapées · RE #208

Permettez-moi de saluer le travail que vous avez mené avec votre collègue Laurence Cristol. (Exclamations sur les bancs des groupes RN et LR.) Vous l’avez dit, le défi démographique posé par le grand âge est considérable. Pour s’y préparer, nous nous sommes pleinement mobilisés, au moyen de politiques publiques volontaristes. Je me permets de les rappeler, car « gâteau avalé, gâteau oublié ». (Sourires.) Nous avons créé les services publics départementaux de l’autonomie, renforcé les contrôles des Ehpad (Brouhaha) – là non plus, je ne jette pas d’anathème aux professionnels qui travaillent –, ou encore soutenu l’habitat intermédiaire et le maintien à domicile, sans oublier les nombreuses mesures pour rendre le secteur plus attractif.Nous y avons mis les moyens, en instituant la cinquième branche,…

Elle est vide !

Fadila Khattabi ministre déléguée · RE #211

…que tant d’élus avaient promise et que ce gouvernement a créée.

Il n’y a jamais eu autant d’Ehpad en déficit !

Fadila Khattabi ministre déléguée · RE #213

Rien que cette année, 2,6 milliards d’euros supplémentaires y sont alloués ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.) La hausse se poursuivra puisque son budget atteindra 45 milliards en 2027, contre 40 milliards actuellement.La proposition de loi portant diverses mesures relatives au grand âge et à l’autonomie s’inscrit dans le prolongement de notre action en apportant une réponse concrète aux attentes des personnes âgées.

Et la loi « grand âge » ! C’est un engagement d’Élisabeth Borne !

Fadila Khattabi ministre déléguée · RE #216

À celles et ceux qui s’inquiètent et estiment que ce n’est pas suffisant, je réponds que nous débattrons bien, ensemble – nous nous y sommes engagées, Catherine Vautrin et moi –, de la stratégie, de la gouvernance et, bien entendu, du financement.

Et alors ?

Fadila Khattabi ministre déléguée · RE #218

Nous souhaitons débattre avec vous et nous prendrons les mesures nécessaires, y compris les mesures de nature législative. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE.)

Et la loi « grand âge », engagement d’Élisabeth Borne ?

Situation des infirmiers libéraux

La parole est à M. Frédéric Boccaletti.

Madame la ministre du travail, de la santé et des solidarités, notre système de santé repose sur un pilier public, formé notamment de nos hôpitaux, et un pilier privé, composé des professionnels de santé libéraux.Le collectif des infirmiers libéraux en colère organise aujourd’hui des rassemblements en province, et ils seront nombreux à manifester, le 4 avril, devant les portes de votre ministère. Le 15 mars, Frédéric Valletoux a déclaré dans « Les grandes gueules » qu’il fallait en finir avec le misérabilisme des infirmiers libéraux. Il a ajouté, de façon provocatrice, que leur revenu moyen est de 4 000 euros, sous-entendant qu’ils seraient plutôt privilégiés.

C’est une honte !

Il a cependant omis d’évoquer le nombre hebdomadaire des jours travaillés et le nombre mensuel des heures effectuées, qui atteint bien souvent 360, ainsi que la vie de famille sacrifiée et les vacances rarissimes. Les infirmiers libéraux ont été ignorés par le Ségur. Or en réalité, contrairement à ce qu’affirme M. Valletoux, certains d’entre eux, en zone rurale, n’arrivent pas à se verser un salaire mensuel de plus de 1 400 euros.La dernière revalorisation des actes médicaux est intervenue il y a quinze ans. Les frais kilométriques sont inchangés depuis 2011. Quant à l’indemnité forfaitaire de déplacement, elle vient, enfin, d’être augmentée, mais passe péniblement de 2,50 euros à 2,75 euros le trajet. Cela reste moins que les kinés, qui perçoivent 4 euros, et que les médecins, qui touchent 10 euros. Victimes de l’inflation, de la hausse du prix de l’essence et de l’entretien de leur […]

La parole est à M. le ministre délégué chargé de la santé et de la prévention.

Frédéric Valletoux ministre délégué chargé de la santé et de la prévention · HOR #230

Ni dans les propos qui ont été tenus ni dans la politique qui est menée, il n’y a de mépris pour les infirmières et les infirmiers…

C’est ce qu’ils ont ressenti !

Frédéric Valletoux ministre délégué · HOR #232

…qui, on le sait, jouent un rôle majeur dans le système de santé. Au contraire, la majorité œuvre, depuis 2017, à la reconnaissance de la place qu’occupe cette profession.Elle a ainsi créé le bilan de soins infirmiers, qui a permis aux infirmiers et aux infirmières d’être accompagnés par un effort de plus de 700 millions d’euros depuis 2020.Il n’y a pas de mépris lorsque – et vous avez eu l’honnêteté de le rappeler – nous augmentons l’indemnité forfaitaire de déplacement de 10 %. (M. Frédéric Boccaletti fait signe que c’est peu.)

Elle ne l’avait pas été depuis quinze ans !

Frédéric Valletoux ministre délégué · HOR #236

Il n’y a pas de mépris lorsque je reçois, dans les jours suivant ma prise de fonctions, les trois syndicats d’infirmiers libéraux afin de discuter de leurs attentes et de leurs revendications.Il n’y a pas de mépris lorsque j’ai diligenté, à leur demande, une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) afin d’évaluer la pénibilité de leur métier. Ils réclamaient une telle enquête depuis des années ; elle est en cours, et fera office de juge de paix. En tout cas, les organisations des infirmières et des infirmiers ont salué cette décision.Il n’y a pas de mépris lorsque nous lançons le chantier de l’attractivité ou lorsque la majorité crée, comme elle l’a fait au mois de décembre dernier dans cet hémicycle, le statut d’infirmier référent, auquel nous allons donner du contenu avec les organisations syndicales.Il n’y a pas non plus de mépris lorsque la majorité crée le […]

Il faut revaloriser le métier !

La parole est à M. Frédéric Boccaletti.

Je l’affirme : il y a du mépris lorsque vous ne dites rien sur la revalorisation des actes médicaux ou lorsque vous vous gargarisez d’avoir porté de 2,5 à 2,75 euros le montant de l’indemnité forfaitaire de déplacement ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Création de groupes de niveau au collège

La parole est à M. Benjamin Lucas.

Monsieur le Premier ministre de l’éducation nationale, ma question, simple et brève, s’inspire d’un sujet de philosophie régulièrement soumis aux candidats au baccalauréat : peut-on avoir raison tout seul ?

Prisca Thevenot ministre déléguée chargée du renouveau démocratique, porte-parole du Gouvernement · EPR #247

Vous avez trois heures !

On n’a pas le droit de tricher !

Ridicule, comme d’habitude !

La parole est à Mme la ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse.

Nicole Belloubet ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse #251

Non, je ne pense pas que nous puissions avoir raison tout seul. (Sourires et applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE et Dem.)

Et pourtant !

La parole est à M. Benjamin Lucas.

Pourtant, monsieur le Premier ministre de l’éducation nationale, c’est seul que vous avez acté par décret, le 16 mars dernier, l’installation de groupes de niveau en français et en mathématiques au collège. (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES et SOC.)C’est seul que vous bouleversez brutalement la nature de notre système éducatif, sans même lui donner les moyens suffisants.C’est seul que vous mettez fin au collège unique.C’est seul que vous abandonnez l’objectif d’apprendre ensemble avec l’hétérogénéité comme principe d’émulation et de coopération pédagogique. (Mêmes mouvements.)C’est seul que vous refusez d’appréhender les inégalités de naissance pour mieux les combattre et faire société ensemble, au profit d’une vision intrinsèquement inégalitaire qui présente les élèves les plus en difficulté comme des freins à la réussite […]

Excellent ! Bravo !

La parole est à Mme la ministre.

L’oral de rattrapage !

Non, nous ne sommes pas seuls.

Vous êtes deux !

Nous ne sommes pas seuls à souhaiter la réussite de tous nos élèves. M. le Président de la République, M. le Premier ministre, moi-même, et vous tous, nous souhaitons qu’ils réussissent.

Pas comme ça !

C’est la raison pour laquelle Gabriel Attal a, en son temps, décidé d’un choc des savoirs.

Et il a raison !

C’est un plan d’ensemble que, j’ai déjà eu l’occasion de le dire devant vous, j’appliquerai ; les textes ont paru récemment ou commencent à paraître.Quant à l’installation de groupes, au collège, en français et en maths, c’est-à-dire dans les enseignements fondamentaux, elle est précisément destinée à lutter contre les inégalités scolaires.

C’est faux !

Vous mentez !

Je vais préciser mon propos. En effet, dans ces deux matières fondamentales, nous allons constituer des groupes en évaluant le niveau des élèves et en appréciant, à partir de là, leurs besoins spécifiques en fonction des compétences attendues. Les groupes ainsi formés n’ont qu’un seul but : améliorer la réussite scolaire des plus faibles et des meilleurs. Pour cela, nous avons évidemment besoin, dans le cadre de ces groupes, de réduire l’hétérogénéité lorsqu’elle est trop grande et ses effets. Il nous faut adapter à chacun de nos élèves les rythmes d’apprentissage afin de répondre à leurs besoins spécifiques.

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #274

Eh oui !

Je dois ajouter que, comme ni le Premier ministre ni moi-même ne souhaitons le tri social et l’assignation scolaire définitive (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES), nous avons prévu des temps de brassage en classe entière qui permettront aux élèves de changer de groupe.

Ce n’est pas sérieux !

Grâce à la souplesse ainsi donnée dans chaque établissement scolaire…