Séance du 14 mai 2025 /// n°192 /// 464 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Session ordinaire 2024-2025

Séance du 14 mai 2025 — 192e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Roland Lescure.

464prises de parole
56orateurs
12points à l'ordre du jour
5scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
1670 l'amendement n° 316 de M. Le Fur et les amendements identiques suivants à l'article 8 de la proposition de loi relative à l'accompagnement et aux soin… 85 / 60 adopté
1671 l'amendement n° 599 de Mme Colin-Oesterlé à l'article 8 de la proposition de loi relative à l'accompagnement et aux soins palliatifs (première lecture… 136 / 17 adopté
1672 l'article 8 de la proposition de loi relative à l'accompagnement et aux soins palliatifs (première lecture). 73 / 80 rejeté
1673 l'amendement de suppression n° 32 de M. Sitzenstuhl et les amendements identiques suivants à l'article 8 bis de la proposition de loi relative à l'acc… 141 / 33 adopté
1674 l'amendement n° 208 de M. Hetzel à l'article 8 ter de la proposition de loi relative à l'accompagnement et aux soins palliatifs (première lecture). 63 / 74 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 464 — page 1 / 3.

Roland Lescure president · EPR #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)

Suite de la discussion d’une proposition de loi

Roland Lescure president · EPR #7

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion de la proposition de loi relative à l’accompagnement et aux soins palliatifs (nos 1102, 1281).

Discussion des articles (suite)

Roland Lescure president · EPR #9

Cet après-midi, l’Assemblée a poursuivi la discussion des articles de la proposition de loi, s’arrêtant à l’amendement no 665 à l’article 8. Il nous reste 437 amendements à examiner. Hier soir, nous avons traité presque 30 amendements par heure. Si nous pouvions retrouver, voire dépasser ce rythme, ce serait très bien.

Article 8 (suite)

Roland Lescure president · EPR #11

La parole est à Mme Annie Vidal, rapporteure de la commission des affaires sociales, pour soutenir l’amendement no 665.

article 8 · amendement 665
Annie Vidal rapporteure de la commission des affaires sociales · EPR #12

Je vous propose de supprimer les alinéas 2 et 3 de l’article 8. Même si je suis convaincue de la nécessité de renforcer la formation et de constituer des filières universitaires, je pense que la mention du diplôme d’études spécialisées (DES), introduite en commission des affaires sociales, n’est pas forcément de bon augure. Les professionnels n’y sont d’ailleurs pas favorables parce qu’ils considèrent que ce diplôme serait plutôt cantonné et ne permettrait pas de disposer de professionnels formés, en tout cas pas dans l’immédiat.Par ailleurs, cette disposition est déjà prévue par la mesure 27 de la stratégie décennale des soins d’accompagnement. Il serait préférable de privilégier les formations spécialisées transversales qui sont moins confinées et seraient suivies par plus de professionnels, permettant ainsi d’en former beaucoup plus et beaucoup plus rapidement.

article 8 · amendement 665

La parole est à Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, pour donner l’avis du gouvernement.

Catherine Vautrin ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles · Les Républicains #15

L’article 8 vise à créer un diplôme d’études spécialisées en médecine palliative et en soins d’accompagnement. Le gouvernement est mobilisé pour développer cette filière universitaire qui n’en est qu’à ses débuts. Il faut d’abord renforcer le nombre d’enseignants capables de dispenser ces enseignements, puis poursuivre la formation de tous les praticiens à l’accompagnement et aux soins palliatifs, pour envisager dans un second temps la création d’un diplôme d’études spécialisées.D’autre part, la création d’un tel diplôme relève largement du domaine réglementaire et non de la loi – je parle sous le contrôle d’un spécialiste de l’enseignement supérieur. C’est pourquoi je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée.

La parole est à M. Laurent Panifous.

Soutenu par d’autres, j’ai fait adopter en commission un amendement visant à créer la filière universitaire et le diplôme d’études spécialisées (Mme Ségolène Amiot applaudit),…

Excellent, bravo !

…c’est-à-dire une véritable spécialité en soins palliatifs. Cette proposition ne vient pas de nulle part : elle traduit un engagement du gouvernement dans la stratégie décennale – il s’agit de la mesure 27, comme la rapporteure vient de le rappeler.Quant à l’argument selon lequel la création d’un diplôme relève du domaine réglementaire, il est peut-être juste mais je crois que c’est le cas de l’essentiel de ce texte. Cette proposition de loi est aussi une déclaration, elle illustre l’intention du législateur et du gouvernement d’engager les moyens nécessaires à l’organisation, au financement et au développement des soins palliatifs sur tout le territoire national. Si un élément est revenu systématiquement au cours des auditions, c’est bien le déficit de culture palliative et de formation palliative à tous les niveaux, jusqu’au médecin spécialiste.Peut-être n’avons-nous pas participé aux […]

Absolument !

Vouloir créer le diplôme d’études spécialisées en médecine palliative, c’est reconnaître ce métier comme une réelle spécialité et respecter l’engagement que nous avons pris depuis des jours, des semaines, des mois et même des années sur l’investissement que nous voulons réaliser dans les soins palliatifs. La commission a voté la création de la filière et du diplôme d’études spécialisées, c’est pourquoi il faut voter contre cet amendement qui vise à supprimer ces créations.

La parole est à M. René Pilato.

On ne peut pas comprendre la proposition de supprimer une disposition qui a fait quasiment l’unanimité en commission et qui, comme l’a dit notre collègue Panifous, a été soutenue tout au long des débats. Nous voterons donc contre cet amendement de suppression.

La parole est à Mme Nicole Dubré-Chirat.

S’il faut en effet compléter la formation initiale, il faut surtout renforcer dès à présent la formation continue de tous les professionnels de santé. Si l’on veut instaurer une culture palliative pour accompagner les patients qui décèdent – pas uniquement dans des unités de soins palliatifs, d’ailleurs –, il est nécessaire et urgent de former massivement tous les professionnels de santé, dans le cadre de formations continues, plus courtes et plus accessibles afin qu’ils soient plus à même d’accompagner les patients.

La parole est à Mme Agnès Firmin Le Bodo.

Si l’on part du principe qu’on ne met dans la loi que ce qui relève strictement du domaine législatif, on peut réécrire tout ce que nous avons fait jusqu’à présent. Or nous sommes conscients que chacun d’entre nous a contribué à intégrer dans le texte des mesures de la stratégie décennale, en particulier la demande de formation initiale de toutes les professions médicales et paramédicales, y compris les aides-soignantes et les infirmiers.La spécialité de médecine palliative a également été demandée, même si les professionnels sont divisés sur le sujet. En tout état de cause, développer une filière ne peut se faire que si l’on reconnaît des spécialistes de cette filière, notamment pour engager les jeunes et disposer de maîtres de stage. Ce qu’on a réussi à faire avec l’oncologie, on doit pouvoir le réaliser avec les soins palliatifs. C’est l’objet du DES, c’est pourquoi je pense qu’il […]

#32

(L’amendement no 665 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Roland Lescure president · EPR #33

Je suis saisi de deux amendements, nos 74 et 666, pouvant être soumis à une discussion commune. L’amendement no 74 de Mme Sylvie Bonnet est défendu. La parole est à Mme la rapporteure, pour soutenir l’amendement no 666.

article 8 · amendement 74, 666
Annie Vidal rapporteure · EPR #34

Il s’agit d’un amendement rédactionnel.

article 8 · amendement 74, 666

Quel est l’avis de la commission sur l’amendement no 74 ?

Annie Vidal rapporteure · EPR #36

J’en demande le retrait au profit du mien qui est pratiquement le même.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #38

Je suis favorable à l’amendement no 666 et donc défavorable à l’amendement no 74.

Le retirez-vous, monsieur Di Filippo ?

Oui, c’est une question rédactionnelle.

#41

(L’amendement no 74 est retiré.)

#42

(L’amendement no 666 est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Roland Lescure president · EPR #43

La parole est à M. Christophe Marion, pour soutenir l’amendement no 549.

article 8 · amendement 549

Il reprend l’amendement no 546 que j’ai défendu dans l’après-midi et qui a été rejeté : peut-être n’ai-je pas été assez convaincant et je retente ma chance. L’article 8 issu de la commission prévoit, dans le cadre général des études de médecine, une formation à l’accompagnement d’un malade en fin de vie et à l’aide à mourir. Je propose que la mention de l’aide à mourir soit ajoutée aussi au diplôme d’études spécialisées, de sorte qu’il devienne un DES en médecine palliative, en soins d’accompagnement, et en aide à mourir. Ce serait cohérent avec le fait que cette mention figure dans le cadre général des études de médecine.

article 8 · amendement 549

Quel est l’avis de la commission ?

Annie Vidal rapporteure · EPR #46

Il est question d’un DES en médecine palliative et d’une filière universitaire sur l’accompagnement et les soins palliatifs. Ajouter la notion d’aide à mourir, dont le droit n’est pas encore voté au moment où nous parlons, ne me paraît pas pertinent. Avis défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #48

Avis très défavorable. Si deux textes sont examinés, c’est bien qu’ils traitent de deux sujets différents : les soins palliatifs et l’aide à mourir. Aujourd’hui, nous traitons des soins palliatifs, c’est pourquoi je ne souhaite pas introduire dans ce texte la précision que vous proposez.

Retirez-vous l’amendement, monsieur Marion ?

Je le maintiens.

Il ne lâche rien ! De toute façon, nous l’aurions repris !

La parole est à M. Yannick Monnet.

Je ne suis pas vraiment favorable à cet amendement : cela me gênerait d’intégrer l’aide à mourir dans une formation. En effet, contrairement aux soins palliatifs, l’aide à mourir est certes un acte médical, mais ce n’est pas un soin.

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #54

Eh oui !

Faut-il former à l’injection d’une substance létale ? L’acte ne sera-t-il réservé qu’aux professionnels formés à l’aide à mourir ? Cet amendement assimile trop l’aide à mourir à un soin.

La parole est à Mme Élise Leboucher.

Nous, au contraire, allons soutenir cet amendement,…

Quelle surprise !

…parce que le diplôme d’études spécialisées a justement pour but d’aborder tous les scénarios possibles de la fin de vie, dont l’aide à mourir fait partie, si elle est adoptée. Ne pas voter cet amendement et ne pas inclure ce volet dans le programme de la formation, c’est laisser les soignants démunis face à une situation – la demande par un patient de recourir à l’aide à mourir – qu’ils connaissent déjà et qu’ils vont rencontrer de plus en plus dans leur vie professionnelle, si la loi suivante est adoptée.Avoir abordé l’aide à mourir lors de leur formation n’obligera pas les soignants à la pratiquer. L’amendement ne remet donc pas en cause la clause de conscience. Au contraire, la formation leur permettra d’en prendre connaissance et de voir s’ils veulent l’appliquer. Il est important que les soignants confrontés à la fin de vie soient formés à l’aide à mourir, qu’elle soit ou non […]

Elle est trop forte !

Il est vrai qu’elle est excellente !

La parole est à M. Thibault Bazin.

La prise en charge palliative ne concerne pas seulement la fin de vie : 60 % des patients qui en ont besoin ne meurent pas. Il faut éviter d’introduire à cet endroit du texte le raccourci qui ferait de la prise en charge palliative une sorte de synonyme de la fin de vie.

Mais non, ce n’est pas ça !

L’absence de formations bien organisées et bien structurées aux soins palliatifs est une des raisons du manque de ressources humaines en la matière puisque, en toute logique, s’il y a peu de formations, il y a moins de personnes formées. Il faut garder l’objectif assez simple de rester dans le périmètre du soin. Avec les notions de prise en charge palliative précoce et d’accompagnement global, on ne parle pas que d’actes thérapeutiques mais on est dans une logique de soin.Je rejoins les propos très justes de Yannick Monnet. L’administration de la substance létale pourra être le fait des patients eux-mêmes, s’ils sont en mesure de la pratiquer. Or ils n’auront pas suivi de formation. Un tel geste n’en nécessite d’ailleurs pas. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Ce n’est pas ça, le problème !

La formation, ce n’est pas que ça !

L’approche palliative relève d’une autre démarche et d’une autre logique. Introduire une confusion à cet endroit du texte fragiliserait l’ambition de développer les soins palliatifs.

Nous allons essayer d’accélérer. Je considère que l’Assemblée sera suffisamment éclairée à l’issue des trois prochaines interventions. La parole est à M. Charles Sitzenstuhl.

Je suis opposé à cet amendement, ce qui ne surprendra pas ceux qui suivent les débats depuis le début de la semaine. Les arguments développés par notre collègue Leboucher m’étonnent un peu. Le bloc auquel elle appartient devrait faire preuve de cohérence. On ne peut pas avoir, d’un côté, M. Pilato – mais je vois qu’il n’est pas là, et il n’est pas bien de parler des gens en leur absence…

Plusieurs députés du groupe LFI-NFP #73

Si, il est là !

Au temps pour moi, je ne l’avais pas vu.

Concentrez-vous sur l’amendement, s’il vous plaît !

Je parle de l’amendement !

Pour l’instant, vous faites l’appel, ce qui relève plutôt de mon rôle !

Il faut être cohérent. On ne peut pas avoir en même temps, d’un côté, M. Pilato qui, à plusieurs reprises depuis le début de la semaine, a assuré qu’il existait une séparation nette entre les deux textes assurant une étanchéité totale entre eux,…

On n’a jamais dit ça !

…qui a dit qu’il ne fallait pas les mélanger et qui a parfois reproché à certains de nos collègues d’évoquer déjà le second texte et, d’un autre côté, Mme Leboucher qui explique combien il importe d’ajouter ce qui serait la troisième mention de l’aide à mourir dans un texte qui ne la concerne pas. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

C’est de la formation qu’il s’agit ici !

Les arguments que vous développez depuis le début de semaine sont contradictoires et on voit la digue progressivement se fissurer. Votre raisonnement pour faire passer la pilule de l’euthanasie et du suicide assisté (« Oh là là », sur les bancs du groupe LFI-NFP) repose sur des artifices et vos arguments sont à géométrie variable.

La parole est à Mme Sandrine Dogor-Such.

En commission comme en séance depuis le début de nos débats, nous avons déposé des amendements visant à exclure l’aide à mourir du texte en discussion. Même nos collègues d’en face ont dit, en commission notamment, qu’il s’agissait d’un texte consacré aux soins palliatifs et qu’il fallait s’en tenir là. Comme les arguments de Mme la rapporteure et de Mme la ministre nous y invitent, nous voterons donc contre l’amendement défendu par M. Marion.

C’est assez logique.

La parole est à Mme Agnès Firmin Le Bodo.

On touche là un sujet important car la formation est la clé du développement des soins palliatifs. Certains de nos collègues ont rappelé que la sédation profonde et continue jusqu’au décès faisait partie des soins palliatifs. Apprenons de nos erreurs passées : le monde médical et paramédical n’a pas été formé à cette pratique, et c’est une des raisons qui expliquent qu’elle soit insuffisamment utilisée –…

Bien sûr !

…je ne dis pas « mal utilisée », car je ne me permets pas de juger de l’action des professionnels de santé.Cet après-midi, au cours de l’examen d’un amendement déposé par M. Bentz, il a été indiqué que 95 % des patients des unités de soins palliatifs ne formuleraient pas de demande d’aide à mourir puisqu’ils sont bien pris en charge. Il est toutefois préférable que les professionnels soient formés à cet acte car on ne peut pas faire comme si ça n’existera jamais.

Tout à fait !

Nous savons que cela se produira très peu pour les patients en soins palliatifs, qu’ils soient en unité spécialisée ou à domicile. Néanmoins, les professionnels doivent y être formés, pour les cas où ils seront confrontés à une demande en ce sens, afin que ne se reproduise pas ce qui s’est passé pour la sédation profonde et continue jusqu’au décès. Créer une formation ne revient pas à mélanger les deux textes.

L’Assemblée est assez éclairée pour que nous puissions passer au vote.

#94

(L’amendement no 549 est adopté.) (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Roland Lescure president · EPR #95

Je suis saisi de dix-sept amendements, nos 2, 89, 44, 206, 316, 411, 482, 3, 88, 123, 222, 255, 557, 683, 696, 710 et 343, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 44 et 206 sont identiques, de même que les amendements nos 316, 411 et 482, ainsi que les amendements nos 3, 88, 123, 222, 255, 557, 683, 696 et 710. La parole est à Mme Justine Gruet, pour soutenir l’amendement no 2.

article 8 · amendement 2

Le vote précédent n’est pas raisonnable, puisque Mme la rapporteure a demandé qu’il n’y ait pas de passerelle entre les deux textes.Mon amendement vise à remplacer, dans la définition des études médicales, les mots « de la fin de vie, à l’approche palliative et à l’aide à mourir » par les mots « et à l’approche palliative ». Je propose de supprimer les mots « fin de vie » parce qu’ils figuraient dans l’intitulé initial de la seconde proposition de loi. Mais puisqu’il a été modifié, je défendrai un autre amendement où ils sont conservés.Je répète que l’aide à mourir n’a rien à faire dans le texte que nous examinons, qu’il ne faut créer aucune passerelle. La formation et la clause de conscience des étudiants qui ne souhaiteraient pas pratiquer l’aide à mourir seront parmi les sujets importants du second texte.Au-delà de ces clarifications sémantiques, qui me paraissent essentielles, il […]

Roland Lescure president · EPR #100

La parole est à M. Thibault Bazin, pour soutenir l’amendement no 89.

article 8 · amendement 89

Dans le même esprit que le précédent, il vise à proposer une rédaction cohérente avec le reste du texte et avec la définition des soins palliatifs, qui incluent la fin de vie mais ne s’y limitent pas.

article 8 · amendement 89
Roland Lescure president · EPR #102

La parole est à M. Fabien Di Filippo, pour soutenir l’amendement no 44.

article 8 · amendement 44

Il y a beaucoup d’amendements sur la formation car le sujet nous semble important. Nous avançons dans l’examen du texte consacré aux soins palliatifs avec un consensus assez large. Les débats sur l’euthanasie et le suicide assisté auront lieu dans les jours et les semaines qui viennent. Dès lors, pourquoi venir déjà, comme cela a été fait avec l’adoption de l’amendement no 549, sur le terrain de ce que vous appelez l’aide à mourir, et qu’on pourrait qualifier d’euthanasie ou de suicide d’assisté ? Le biais idéologique que vous introduisez à cet endroit du texte nuit à l’équilibre et à la crédibilité de l’article 8.

article 8 · amendement 44

Mais non !

Roland Lescure president · EPR #105

Sur l’amendement no 44, je suis saisi par le groupe Socialistes et apparentés d’une demande de scrutin public. Je suis saisi par le groupe Rassemblement national d’une demande similaire sur l’amendement no 316. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 206.

Il faut que nous fassions attention car l’adoption de l’amendement no 549 modifie radicalement l’esprit du texte et pourrait avoir une incidence sur les votes à venir. Comme l’a indiqué M. Monnet, l’aide à mourir n’a pas sa place dans la formation médicale dans la mesure où elle est contraire à la définition même du soin. À ce sujet, je vous invite à lire le dernier communiqué de la Conférence des doyennes et des doyens des facultés de médecine, publié aujourd’hui. Il est très clair : s’ils souhaitent s’engager massivement dans les soins palliatifs, les doyens émettent des réticences extrêmement fortes vis-à-vis du suicide assisté et de l’euthanasie, considérant que cela ne relève pas du serment d’Hippocrate.

article 8 · amendement 44
Roland Lescure president · EPR #108

La parole est à M. Corentin Le Fur, pour soutenir l’amendement no 316.

article 8 · amendement 316

Nous en arrivons à des amendements importants qui touchent à des sujets sensibles et relèvent de convictions personnelles, parfois issues d’histoires douloureuses. Pour ma part, je suis profondément défavorable à l’euthanasie comme au suicide assisté et je fais partie de ceux qui ont voulu séparer les deux textes. La priorité, c’est de soulager la douleur de nos concitoyens en fin de vie en raison d’une maladie incurable ou évolutive. Les soignants disent que, dans 95 % des cas, ils peuvent soulager la douleur par un accompagnement thérapeutique. C’est la raison pour laquelle il était très important de séparer les textes. Pour beaucoup d’entre nous, par fraternité humaine, la priorité est d’accompagner ceux qui souffrent et de réduire au maximum la douleur par les soins palliatifs. Qu’un Français concerné sur deux n’ait pas accès à une unité spécialisée est dramatique. Il faut donc […]

article 8 · amendement 316
Roland Lescure president · EPR #110

La parole est à Mme Sandrine Dogor-Such, pour soutenir l’amendement no 411.

article 8 · amendement 411

Nous devons prendre conscience que nous avons déjà modifié le texte sur les soins palliatifs. Pour défendre mon amendement, je vais citer une tribune publiée le 20 avril par des professeurs de médecine, de chirurgie et de pharmacie : « Nous devons continuer à enseigner la prévention du suicide, ce qui pourrait devenir impossible si le "délit d’entrave à l’aide à mourir" était adopté. » Ces professeurs rappellent qu’ils veulent continuer à « transmettre l’exigence d’une médecine de qualité » et craignent la remise en question des valeurs fondamentales de la médecine ainsi que des missions des soignants et des enseignants. À l’issue de l’examen en commission, la rédaction de l’alinéa 10 de l’article 1er de la proposition de loi était la suivante : « L’accompagnement et les soins palliatifs ne visent ni à hâter, ni à différer la survenance de la mort. » Mon amendement vise donc à supprimer […]

article 8 · amendement 411
Roland Lescure president · EPR #112

Sur les amendements no 3 et identiques, je suis saisi par le groupe Droite républicaine d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.L’amendement no 482 de Mme Anne-Laure Blin est défendu.Nous en venons à une nouvelle série d’amendements identiques. L’amendement no 3 de Mme Justine Gruet est défendu.La parole est à M. Thibault Bazin, pour soutenir l’amendement no 88.

Cette fois, je souhaite simplement supprimer la mention de l’aide à mourir. Nous examinons un texte consacré aux soins palliatifs ; s’il y a besoin d’une formation pour préparer les soignants à ce que vous envisagez dans le texte suivant – administrer une substance létale en vue de provoquer ou d’accélérer la mort –, c’est dans ce deuxième texte qu’on pourra la prévoir. Le mot « palliatif » signifie « qui atténue [ou supprime] les symptômes d’une maladie sans agir sur sa cause » – et non qui supprime le malade ! Avec l’aide à mourir, on sort complètement du champ des soins palliatifs. Certes, on fait là de la sémantique, mais les mots ont un sens. Mélanger les choses porterait préjudice à notre ambition, notamment en matière de formation. C’est pourquoi je vous appelle à soutenir cet amendement – ce qui ne remet nullement en cause le texte suivant.

article 8 · amendement 411
Roland Lescure president · EPR #117

Les amendements nos 123 de M. Fabien Di Filippo, 222 de Mme Josiane Corneloup et 255 de M. Corentin Le Fur sont défendus.La parole est à M. Daniel Grenon, pour soutenir l’amendement no 557.

article 8 · amendement 411

Il vise à exclure de la formation du personnel appelé à prodiguer des soins palliatifs tout enseignement en lien avec l’aide à mourir. La présente proposition de loi dispose, à l’alinéa 10 de l’article 1er : « L’accompagnement et les soins palliatifs ne visent ni à hâter, ni à différer la survenance de la mort. » Cela marque une volonté de distinguer les soins palliatifs de l’aide à mourir, qui relève d’une logique différente. Pour respecter l’esprit de ce texte, aucune formation en médecine palliative et en soins d’accompagnement ne peut donc inclure une formation à l’aide à mourir, qui doit être enseignée séparément.

article 8 · amendement 411
Roland Lescure president · EPR #120

La parole est à M. Charles Sitzenstuhl, pour soutenir l’amendement no 683.

article 8 · amendement 683

L’attention, ce soir, se concentre sur la salle Lamartine et l’ambiance, depuis le début de cette séance, est tamisée. (Murmures.)

article 8 · amendement 683

Quel rapport ?

Je suis agacé par ce qui est en train de se passer avec cette proposition de loi.

article 8 · amendement 683

Nous aussi !

Nous nous étions collectivement fixé pour objectif de voter ce premier texte sur les soins palliatifs – peut-être à l’unanimité. La condition, pour y parvenir, était de respecter une séparation nette entre les deux textes.

article 8 · amendement 683

Mais oui !

Nous devions nous retrouver sur les soins palliatifs pour, ensuite, débattre de l’aide à mourir, de l’euthanasie, du suicide assisté – quelle que soit la manière de qualifier l’objet de la deuxième proposition de loi. Or nous venons d’adopter un amendement qui introduit dans le texte une troisième mention de l’aide à mourir.Par les présents amendements identiques, nous appelons l’attention des collègues sur la nécessité de supprimer ces mentions qui ne sont pas nécessaires dans ce texte. La question de la formation du personnel médical à l’aide à mourir peut être traitée dans le texte suivant. Pourquoi vouloir absolument l’introduire dans ce premier texte sur lequel nous devons parvenir à un consensus ? Ces mentions compromettent, politiquement, notre capacité à tomber d’accord : vous savez qu’elles agacent, qu’elles irritent nombre de collègues. Ces mentions n’étant pas utiles dans la […]

article 8 · amendement 683

Vous ne le voterez pas, de toute façon !

Roland Lescure president · EPR #130

La parole est à M. Pierre Pribetich, pour soutenir l’amendement no 696.

article 8 · amendement 696

Nous le retirons.

article 8 · amendement 696
#132

(L’amendement no 696 est retiré.)

Roland Lescure president · EPR #133

La parole est à Mme Sophie Ricourt Vaginay, pour soutenir l’amendement no 710.

article 8 · amendement 710

L’alinéa 10 de l’article 1er de la proposition de loi dispose : « L’accompagnement et les soins palliatifs ne visent ni à hâter, ni à différer la survenance de la mort. » Aucune formation en médecine palliative ou en soins d’accompagnement ne peut donc inclure une formation à l’aide à mourir.

article 8 · amendement 710
Roland Lescure president · EPR #135

La parole est à Mme Josiane Corneloup, pour soutenir l’amendement no 343 – le dernier de cette longue série en discussion commune.

article 8 · amendement 343

De même nature que les précédents, il vise à lever l’ambiguïté en nommant clairement les pratiques concernées : l’euthanasie et le suicide assisté. Il n’est pas judicieux de mal nommer les choses.

article 8 · amendement 343

Quel est l’avis de la commission sur ces différents amendements en discussion commune ?

Annie Vidal rapporteure · EPR #138

Le texte examiné l’année dernière mentionnait que les études médicales devaient comprendre une formation à l’accompagnement de la fin de vie et à l’approche palliative ; en commission, on avait ajouté la formation à l’aide à mourir. Sur le fond, je suis favorable à l’idée de supprimer cette mention. Si la formation à l’aide à mourir est nécessaire – et je suis convaincue qu’elle l’est –, elle doit figurer dans le texte que nous examinerons plus tard et non dans celui-ci.

Très bien !

Annie Vidal rapporteure · EPR #140

Il ne serait pas logique de prévoir, dans un texte consacré aux soins palliatifs, la formation à un acte qui, à l’heure où l’on parle, est illégal.Sur la forme, dans la longue série d’amendements en discussion commune, il faut privilégier les amendements no 316 et identiques. En effet, contrairement aux amendements no 44 et identique, ils maintiennent la notion d’approche palliative, plébiscitée par les acteurs du monde médical car elle englobe et complète celle des soins ; et, contrairement aux amendements no 3 et identiques, ils suppriment la mention de l’aide à mourir non seulement à l’alinéa 4, mais aussi à l’alinéa 6. La rédaction des amendements no 316 et identiques est ainsi plus ramassée, plus englobante, plus pertinente et plus lisible. Je propose donc aux auteurs de tous les autres amendements en discussion commune de les retirer au profit de cette série.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #143

Même avis pour les mêmes raisons. L’intérêt des amendements no 316 et identiques est de supprimer la mention de l’aide à mourir à la fois à l’alinéa 4 et à l’alinéa 6, pour revenir à la rédaction du projet de loi de l’année dernière, qui s’en tenait à la formation aux soins palliatifs.

#144

(Les amendements identiques nos 44 et 206 ainsi que l’amendement no 3 sont retirés.)

La parole est à M. Hadrien Clouet.

Vous espérez le retrait général de la plupart des amendements ; je tiens toutefois à expliquer pourquoi le groupe La France insoumise ne les votera pas.Pour commencer, nous avons entendu des arguments baroques : certains collègues disent qu’étant de toute façon opposés au texte, ils le sont aussi à l’article et ne souhaitent pas se pencher sur ses dispositions. Or de quoi parlons-nous ? Nous n’avons pas une discussion métaphysique sur l’articulation entre deux textes ; nous débattons de l’article L. 632-1 du code de l’éducation, qui porte sur le contenu des études de médecine.Les amendements en discussion commune présentent deux orientations différentes.Certains collègues veulent supprimer la mention de la formation à l’accompagnement de la fin de vie pour ne garder que celle aux soins palliatifs. Or il existe déjà en France des diplômes universitaires incluant la formation aux soins […]

Ce n’est pas le bon texte pour en parler !

Laissez-moi finir ! Cela doit s’apprendre, et non uniquement par les praticiens qui voudraient le pratiquer.

Veuillez conclure !

Dans le cadre des études de médecine, on apprend bien l’interruption volontaire de grossesse, même si l’on souhaite faire jouer la clause de conscience. On doit se former, y compris aux actes qu’on ne va pas pratiquer plus tard.

La parole est à M. Stéphane Delautrette.

L’alinéa 4 porte sur la formation à l’accompagnement à la fin de vie. Or, même si le choix a été fait de traiter des soins palliatifs et de l’aide à mourir dans deux textes distincts – pour ma part, j’étais favorable au maintien d’un texte unique –, cette rédaction vient du fait que les deux approches faisaient initialement l’objet d’un seul texte.Puisqu’il s’agit de former des professionnels à la fin de vie et que Mme la rapporteure se dit convaincue que les deux textes seront adoptés, gardons la rédaction actuelle : on formera aux deux sortes d’actes, les soins palliatifs et l’aide à mourir, suivant une approche globale de l’accompagnement à la fin de vie.Madame la rapporteure, puisque nous sommes tous convaincus que les deux textes seront adoptés, conservons la rédaction actuelle. Si d’aventure le second ne l’était pas, la navette parlementaire ne manquerait pas de rétablir la […]

La parole est à M. Christophe Bentz.

Je suis inquiet, voire abasourdi, par ce qui est en train de se produire et qui est aussi grave que révélateur. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP.)

Allez !

Lorsque la mention « le pronostic vital est engagé à court ou moyen terme » avait été supprimée du texte sur l’aide à mourir que nous examinions il y a un an, Mme Firmin Le Bodo avait affirmé qu’il ne s’agissait plus du même texte. Je vous en dis autant : depuis l’adoption de l’amendement de notre collègue Marion, ce texte sur les soins palliatifs n’est plus le même.La raison en est simple. Il y a deux formes de cohérence : celle de ceux qui défendent une séparation étanche entre les deux textes, comme Mme la ministre, Mme la rapporteure – vous venez de l’indiquer – et bien sûr notre groupe ; celle de ceux qui ne la défendent pas et qui l’assument, comme la gauche, dont la position a été exprimée par Mme Leboucher. Mais introduire l’aide à mourir dans les formations, en médecine et en soins d’accompagnement, change la nature de cette proposition de loi sur les soins palliatifs. Vous […]

La parole est à M. Yannick Monnet.

Pour ma part, j’aurais préféré que nous en restions à l’équilibre trouvé en commission : mentionner l’aide à mourir à l’alinéa 4, sans l’introduire dès l’alinéa 3, ce que nous avons fait en adoptant l’amendement no 549, au détriment de l’équilibre du texte.

Très juste !

Je ne suis pas d’accord avec les arguments avancés en faveur de cette introduction et pour deux raisons. On manie l’expression d’aide à mourir bien plus facilement que celles d’euthanasie ou de suicide assisté : écririons-nous qu’il faut une formation à l’euthanasie ou une formation au suicide assisté ? Nous aurions pris davantage de précautions. En commission, les explications fournies m’ont convaincu de conserver l’expression d’aide à mourir, mais son emploi ne doit pas conduire à créer une confusion entre cette aide et les soins palliatifs.

Eh oui !

Le mauvais tour que nous jouerions aux personnels qui travaillent en soins palliatifs m’est une raison supplémentaire de suivre l’avis de Mme la rapporteure. Ces personnels nous disent : « Notre travail ne relève pas de l’aide à mourir. » Ils tiennent à cette différence, c’est ainsi ; tous ceux que nous rencontrons ne sont pas favorables à cette aide ; et, par égard pour leur travail quotidien, il me semble préférable de nous en tenir aux soins palliatifs, sans mentionner l’aide à mourir.

Frédéric Valletoux président de la commission des affaires sociales · HOR #171

Très bien !

C’est pourquoi, j’y insiste, je suivrai l’avis de la rapporteure. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR et sur plusieurs bancs du groupe RN.)

La parole est à Mme Nicole Dubré-Chirat.

Nous examinons un alinéa qui traite de la formation des professionnels à l’accompagnement des patients en fin de vie en général, qu’ils reçoivent des soins palliatifs ou non. Quand j’entends dire qu’il faudrait que nous rangions les gens dans des cases parfaitement étanches,…

Ce sont les textes que nous rangeons, pas les gens !

…j’ai envie de répondre que les malades ne peuvent l’être dans cette situation : ils seront pris en charge dans différentes structures, passant par exemple de leur domicile ou d’un Ehpad à une unité de soins palliatifs. C’est à un tel accompagnement que la formation des futurs soignants doit les préparer. Faute de quoi, en cas d’autorisation de l’aide à mourir, ils devront suivre une formation supplémentaire, après s’être déjà formés aux soins palliatifs.

Mais s’agit-il du même acte ?

Plutôt que de chercher à tout ranger dans des cases étanches, il nous faut donc prévoir des formations généralistes qui répondent à la complexité de la prise en charge des patients.

Ces actes ne remplissent pas la même fonction. Vous vous faites la meilleure avocate de la distinction entre les deux textes.

La parole est à M. Patrick Hetzel.

Ce qui est en train de se produire est en effet inquiétant. Il existe manifestement un problème de terminologie. Si l’objet du second texte avait été nommé de façon claire en commission – la rapporteure défendait un amendement aussi simple que modéré, consistant à parler d’aide active à mourir –, le distinguo eût été établi. Vous constatez – M. Monnet est sur la même ligne – que certains ont au contraire contribué à créer une confusion sémantique entre deux choses pourtant bien distinctes : l’aide active à mourir et l’aide à mourir. C’est de la première qu’il devrait être question, mais la confusion sémantique que vous avez créée, refusant même que l’on parle de suicide assisté ou d’euthanasie, pose maintenant un vrai problème.Nous souhaitons donc éviter de mélanger les sujets. Outre le problème éthique qu’elle soulève, la confusion nous empêcherait en effet de soutenir le premier texte […]

Pour terminer – nous serons ensuite suffisamment éclairés –, la parole est à M. Cyrille Isaac-Sibille.

Merci, monsieur le président, je suis arrivé au moment de défendre mon amendement, mais je vois qu’il n’est pas soutenu, pouvez-vous faire en sorte que nous l’examinions néanmoins ? (M. le président indique que ce n’est pas le cas.)J’en défends tout de même le contenu. L’article 8 traite de la formation en médecine. Or les choses sont assez claires – les rapporteurs eux-mêmes l’ont reconnu – : l’aide à mourir telle que vous l’entendez ne constitue pas un acte médical. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Ce n’est pas un soin. Dès lors, comment l’introduire dans les études médicales ? Cela me semblerait contradictoire. Puisqu’il est question de soins palliatifs, il est évident que les médecins doivent être formés à l’aide à mourir, mais non au sens de l’acte que vous envisagez. Je suis donc favorable aux amendements nos 316 et identiques – série dont le mien […]

La parole est à Mme la rapporteure.

Annie Vidal rapporteure · EPR #188

Je souhaite apporter une précision avant que nous votions. L’alinéa 4, dont certains amendements tendent à retrancher la mention de l’aide à mourir telle qu’elle a été définie dans le second texte, modifie des articles du code de l’éducation relatifs aux études médicales. L’alinéa 6 modifie quant à lui le code de la santé publique et concerne les professionnels des secteurs sanitaire et médico-social.Je réitère mes avis : défavorables aux amendements nos 2 et 89 ; favorables aux amendements nos 316 et identiques.

Madame Gruet, maintenez-vous l’amendement no 2 ?

#191

(L’amendement no 2 est retiré.)

Monsieur Bazin, à votre bon cœur !

Je le retire à condition que vous votiez les autres amendements.

Je ne prends pas part aux votes.

#195

(L’amendement no 89 est retiré.)

Roland Lescure president · EPR #196

Je mets aux voix les amendements identiques nos 316, 411 et 482.

#197

(Il est procédé au scrutin.)

Roland Lescure president · EPR #198

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 149 Nombre de suffrages exprimés 145 Majorité absolue 73 Pour l’adoption 85 Contre 60

#199

(Les amendements identiques nos 316, 411 et 482 sont adoptés ; en conséquence, les amendements identiques nos 88, 123, 222, 255, 557, 683 et 710 ainsi que l’amendement no 343 tombent, de même que les amendements identiques nos 76, 91, 207, 256, 355 et 699, et l’amendement no 340.) (Applaudissements sur les bancs des groupes RN, DR et UDR.)

Roland Lescure president · EPR #200

Je suis saisi de trois amendements, nos 567, 510 et 299, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à M. Hadrien Clouet, pour soutenir l’amendement no 567.

article 8 · amendement 567

Dans la lignée des discussions que nous venons d’avoir, cet amendement vise à enrichir le contenu des études de médecine et de santé publique en général. Cela me donne l’occasion de répondre à notre collègue Isaac-Sibille qui ouvrait une intéressante discussion en soutenant qu’il ne faudrait pas inclure de contenus qui, au sens strict, ne sont pas médicaux dans ces formations. On enseigne pourtant bien l’anglais médical ou les questions d’éthique, qui ne renvoient pas à des actes médicaux stricto sensu au cours des études de santé et c’est une bonne chose. Je laisse toutefois cette question de côté.Il s’agit en l’occurrence d’inclure dans les maquettes pédagogiques une formation à l’accompagnement du deuil afin d’accompagner les patients que rencontrent les praticiennes et les praticiens aussi bien que leurs proches tout au long de la fin de vie. Quoi que le praticien pense de l’aide à […]

article 8 · amendement 567
Roland Lescure president · EPR #203

L’amendement no 510 de Mme Lise Magnier est défendu.La parole est à Mme Josiane Corneloup, pour soutenir l’amendement no 299.

article 8 · amendement 567

Cet amendement vise à introduire un temps de formation à l’accompagnement du deuil dans la formation des professionnels de santé et du secteur médico-social confrontés à des situations de fin de vie, afin de prendre en compte les difficultés de la personne qui a perdu un proche, qu’elles soient physiques, émotionnelles, psychologiques ou mentales, et de pouvoir l’aider à les surmonter.

article 8 · amendement 567

Quel est l’avis de la commission ?

Annie Vidal rapporteure · EPR #207

Mon avis sera identique à celui que j’avais émis en commission des affaires sociales. Si l’idée d’accompagnement est intéressante pour toutes les raisons que vous avez évoquées, j’appelle votre attention sur le fait que vos amendements tendent à modifier l’alinéa 4, de sorte que cette formation serait introduite dans les seules études médicales et ne serait pas dispensée aux autres professionnels de santé et du secteur médico-social.Par ailleurs, les amendements me semblent satisfaits puisqu’une formation à l’accompagnement et aux soins palliatifs est prévue un peu plus loin à l’article 8 ; or l’accompagnement repose sur une approche globale qui inclut le deuil. L’article 11 en fait également mention et une campagne nationale de sensibilisation relative au deuil est prévue à l’article 18. Avis défavorable à l’ensemble de ces amendements.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #210

Même avis.

Monsieur Clouet, je sens que vous voulez prendre la parole. Allez-y.

Vous lisez dans mes pensées, monsieur le président, ce qui est à la fois réjouissant et un peu inquiétant. Vous dites, madame la rapporteure, que la formation que nous appelons de nos vœux ne concernerait pas les professionnels du secteur médico-social, ce qui est vrai ; quel dommage, donc, que vous n’ayez pas eu le temps de sous-amender, dans les quelques jours qui se sont écoulés depuis le dépôt de l’amendement ! Nous aurions été ravis d’étendre son champ d’application.Je note votre objection et je pense qu’elle plaide pour l’adoption de notre amendement : ce serait une manière de mettre le pied dans la porte, avant de se donner rendez-vous pour élargir cette disposition que nous aurions adoptée tous ensemble. Ce serait une première étape et nous aurions alors le plaisir de vous accompagner pour achever le travail en étendant cette formation au secteur médico-social.

La parole est à Mme Geneviève Darrieussecq.

Je vous écoute depuis un moment à propos de ces formations : sur ce sujet, il faut à mon avis faire preuve d’humilité. D’abord, ce sont tous les professionnels de santé qui devraient bénéficier d’une formation autour de la mort – tous, et pas seulement les spécialistes.

Nous sommes d’accord !

Que l’on soit médecin, infirmier ou aide-soignant, on soigne mais on côtoie aussi la mort en permanence : l’accompagnement au deuil les concerne tous. Je ne vois donc pas pourquoi on le mentionnerait spécifiquement ici.Il me paraît en outre complètement superfétatoire d’inscrire dans le texte le contenu du programme qui doit être dispensé dans le cadre du DES. J’imagine que les recteurs peuvent avoir un peu de latitude en la matière. Je ne vois donc pas l’intérêt de ces amendements. Le deuil est un sujet essentiel qui doit être abordé dans toutes les études de santé, parce que la mort fait partie de la vie ; il n’est donc pas spécifique au présent texte et n’a rien à faire ici.

#219

(Les amendements nos 567 et 510, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
#220

(L’amendement no 299 est retiré.)

Roland Lescure president · EPR #221

La parole est à Mme Karen Erodi, pour soutenir l’amendement no 697.

article 8 · amendement 697

Conformément aux préconisations du rapport Chauvin, nous proposons d’inclure dans la formation initiale de médecine des modules de prise en charge de la douleur. Celle-ci constitue en effet un enjeu majeur de santé publique, sur le plan tant médical que sociétal. Pourtant, malgré des avancées scientifiques et thérapeutiques, la formation des professionnels de santé en matière de gestion de la douleur demeure insuffisamment structurée et homogène.Épreuve personnelle pour les patients, la lutte contre la douleur est aussi une grande cause collective qui mérite d’être défendue. La douleur est très présente dans les unités de soins palliatifs : 75 % des patients atteints de cancer présentent des douleurs modérées à sévères, selon l’Association francophone pour vaincre les douleurs (AFVD).L’adoption du présent amendement contribuerait à garantir, par la formation, une prise en charge […]

article 8 · amendement 697

Quel est l’avis de la commission ?

Annie Vidal rapporteure · EPR #226

De manière générale, je pense que ce n’est pas à la loi de définir les programmes des études de médecine : cela se fait ailleurs. En outre, votre amendement est doublement satisfait.Il l’est d’abord par l’alinéa 4, qui prévoit « une formation à l’accompagnement de la fin de vie, à l’approche palliative et à l’aide à mourir » ; or à l’article 1er, nous avons intégré la prise en charge de la douleur dans la définition de l’accompagnement et des soins palliatifs.Il l’est également par l’alinéa 6, selon lequel les « professionnels de santé et du secteur médico-social reçoivent, au cours de leur formation initiale et de leur formation continue, une formation théorique et pratique spécifique à […] la prise en charge de la douleur ». Je vous demande de retirer votre amendement, faute de quoi j’émettrai un avis défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #229

Sur le fond, le sujet de l’amendement est essentiel ; d’ailleurs, comme vient de le dire Mme la rapporteure, les maquettes de formation prévues par voie réglementaire proposent déjà plusieurs enseignements fondamentaux relatifs à la douleur. Dans le cadre des études de médecine, plusieurs items de formation liés à sa prise en charge sont dispensés, sans qu’il soit nécessaire de le préciser dans la loi.Par ailleurs, depuis la réforme du troisième cycle des études de médecine, une formation spécialisée transversale – ce que les professionnels appellent FST – dédiée à la douleur est proposée aux internes, comme d’ailleurs aux médecins en exercice. Cette formation spécifique permet d’acquérir des compétences pour évaluer et traiter la douleur ; l’acquisition de connaissances et de compétences transversales sur la douleur est évidemment indispensable à l’exercice de plusieurs spécialités […]

#232

(L’amendement no 697 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt

Rappel au règlement

Roland Lescure president · EPR #234

La parole est à M. Patrick Hetzel, pour un rappel au règlement.

Il se fonde sur l’article 101 du règlement, qui réserve la possibilité de procéder à une seconde délibération ; celle-ci peut être demandée par un député mais aussi – elle est alors de droit – par le gouvernement. Vous avez tous vu ce qui s’est passé un peu plus tôt : nous avons introduit, à l’alinéa 3 de l’article 8, la notion d’« aide à mourir », qui pose problème puisqu’elle est devenue – elle le sera sans doute dans le second texte que nous examinerons – synonyme de « suicide assisté » et d’« euthanasie ».Je vous demande donc, madame la ministre, si vous acceptez qu’il soit procédé à une seconde délibération sur l’amendement no 549, afin que chacun puisse voter en sachant que son adoption entraînerait ipso facto une rupture par rapport à la définition qui avait été retenue jusqu’alors,…

Non, non !

…donc en ayant conscience que ce qui est en jeu ici, c’est le consensus – ou, au contraire, le dissensus – de la représentation nationale s’agissant des soins palliatifs.

On ne revient pas sur le vote !

Je prends acte de la demande de M. Hetzel. Nous aurons évidemment le temps d’en reparler puisque, le cas échéant, la seconde délibération ne se tiendra qu’à la fin du texte. D’ici là, le gouvernement aura tout le loisir d’y réfléchir.

Rendez-vous est pris !

Article 8 (suite)

Roland Lescure president · EPR #243

La parole est à M. Alexandre Portier, pour soutenir l’amendement no 342.

article 8 · amendement 342

La formation aux soins palliatifs et à l’accompagnement revêt une importance fondamentale. Le présent amendement vise à la renforcer en insistant sur son caractère obligatoire.Il s’agit de lever une ambiguïté en précisant dans la loi que cette formation est bien obligatoire et pas seulement recommandée, afin que tous les professionnels concernés soient formés au mieux pour garantir le meilleur accompagnement possible des patients et le développement des soins palliatifs partout sur le territoire.

article 8 · amendement 342

Quel est l’avis de la commission ?

Annie Vidal rapporteure · EPR #247

Il ne me paraît pas nécessaire d’ajouter que la formation est obligatoire. Le texte indique déjà que les professionnels concernés « reçoivent » une formation, au présent de l’indicatif, ce qui vaut obligation. Votre demande est donc satisfaite. Avis défavorable.

#248

(L’amendement no 342, repoussé par le gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Roland Lescure president · EPR #249

La parole est à M. Thibault Bazin, pour soutenir l’amendement no 90.

article 8 · amendement 90