Séance du 1er juillet 2025 — 1e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
| N° | Scrutin | Voix | Résultat |
|---|---|---|---|
| 2874 | l’ensemble du projet de loi de programmation pour la refondation de Mayotte (première lecture). | 367 / 109 | adopté |
| 2875 | l’ensemble du projet de loi organique relatif au Département-Région de Mayotte (première lecture). | 537 / 0 | adopté |
| 2876 | la motion de censure, déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution, par M. Boris Vallaud et 65 députés. | 189 / 0 | rejeté |
Tours 601 à 800 sur 954 — page 4 / 5.
Joyeux anniversaire !
…en pensant qu’il vivait actuellement sa première canicule. Malheureusement, il en connaîtra de nombreuses autres au cours de sa vie. Pourtant, lorsque vous vous êtes exprimé à la tribune, vous avez préféré plaisanter à propos de la canicule. Nous voulons vous censurer parce qu’il est temps que nous arrivions aux responsabilités pour appliquer une politique de bifurcation écologique radicale qui permette de mieux vivre et de mieux respirer, de partager les richesses et de faire vivre les solidarités et, finalement, les valeurs de la République.Voilà pourquoi, sans hésitation, nous vous censurerons. (Applaudissement sur les bancs du groupe EcoS, sur de nombreux bancs du groupe SOC et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et GDR. – Mme Christine Arrighi se lève pour applaudir. )
La parole est à Mme Geneviève Darrieussecq.
Nous passons aux choses sérieuses !
Probablement insensible aux urgences, nationales ou internationales, qui devraient nous mobiliser à chaque instant, au service des Français, le Parti socialiste a cru bon de déposer une nouvelle motion de censure,…
Avec fierté !
En responsabilité !
…dont la discussion va occuper cet hémicycle pendant toute une partie de l’après-midi.Vous estimiez certainement, chers collègues socialistes, qu’il y avait bien trop longtemps qu’une telle initiative n’avait pas été prise. Il faut dire que la précédente motion de censure socialiste remonte à février – la durée qui nous en sépare est une éternité dans le monde politique actuel ! Et peu importe que la dernière motion ne date que de juin et que les députés socialistes ne l’aient pas votée.Rappelons-nous les termes employés alors – il y a tout juste un mois – par leur oratrice : « Nous considérons que le vote de la motion de censure défendue cet après-midi n’est ni la bonne réponse, ni le message que nous souhaitons faire passer ; nous ne l’avons pas cosignée et nous ne la voterons pas, car nous ne voulons pas voter une motion de censure contre le Parlement. » En un mois, le Parti […]
C’est parce qu’il y a un problème !
En effet, vous vous apprêtez à voter une motion de censure non seulement contre le gouvernement et contre le Parlement, mais également contre la démocratie sociale et les avancées qu’elle permet, par le dialogue et le compromis.
C’est avec les 49.3 que vous faites avancer la démocratie sociale ?
Le prétexte ? Le premier ministre ne respecterait pas ses engagements.
Eh oui !
Tous les Français sont au courant !
En voilà, une nouvelle fable ! En février, le dialogue social a été engagé, grâce au premier ministre, sur la réforme des retraites de 2023 et les améliorations à y apporter. Après quatre mois de conclave – ou plutôt, pour employer des mots plus justes, de concertation paritaire –, l’accord total que nous pouvions espérer n’a pas été trouvé, mais les partenaires sociaux se sont accordés sur de nombreuses mesures de justice et d’équilibre, qu’a rappelées M. le premier ministre. Ce n’est pas rien !Le gouvernement serait-il coupable, à vos yeux, de vouloir que le dialogue social se poursuive afin de parvenir à un accord global plus ambitieux ? Serait-il coupable, à vos yeux, de promettre que les premières mesures issues de l’accord entre partenaires sociaux trouveront une traduction dans les textes budgétaires de l’automne – ce qui est la voie logique et pertinente pour ce type de mesures […]
Ils ont eu de bonnes idées autrefois !
…estime qu’il convient de censurer le dialogue social dans la mesure où il n’est pas parvenu à un accord global dans le temps imparti. Naturellement, ajoute-t-il, la faute en revient au gouvernement lui-même, qui aurait posé des bornes trop rigides et serait trop soucieux de l’équilibre budgétaire – un comble !Et tant pis pour les partenaires sociaux qui échangent depuis plusieurs mois et se sont mis d’accord, par exemple, sur l’âge pivot de 64 ans, sur l’abaissement de l’âge de départ à taux plein à 66 ans et demi, contre 67 actuellement,…
Mensonge !
…sur des mesures plébiscitées concernant les critères de pénibilité ou permettant aux femmes de bénéficier d’un calcul plus juste de leur pension.Tout cela passerait donc par pertes et profits, au tamis des débats internes du Parti socialiste, tout affairé à paraître plus à gauche que la gauche, plus dans l’opposition que l’opposition, ne cherchant même plus à cacher ses incohérences, votant tour à tour pour une motion de censure en décembre, contre une autre en février, contre la suivante au début du mois de juin et pour celle-ci aujourd’hui, sans que personne comprenne grand-chose à ce positionnement politique erratique.
Le respect de la parole donnée !
Nous allons être cohérents : maintenant, nous allons toujours voter pour !
Cela ne semble convaincre personne, ni la gauche de la gauche, à en croire les réactions de certains, ni ceux qui pensaient que vous aspiriez à être de nouveau le parti de gouvernement sérieux et responsable que vous avez été. Car l’esprit de responsabilité est aujourd’hui du côté de tous ceux qui tentent de trouver des issues aux difficultés de notre pays et qui redonnent toute sa place au dialogue social en faisant confiance aux organisations syndicales.
Nous, justement !
D’ailleurs, celles-ci ne s’y sont pas trompées puisqu’elles ont saisi cette occasion pour faire avancer concrètement et utilement des pans importants de notre politique en matière de retraites – nous en avons parlé.
Exactement, avec des manifestations !
Dans leur majorité, elles se tiennent loin des considérations politiciennes dont vous vous faites les chantres aujourd’hui par cette motion.Car que censurez-vous aujourd’hui ? Le calcul des pensions pour les femmes qui prend en compte les vingt-quatre meilleures années à partir du premier enfant ? La réintroduction, parmi les critères de pénibilité, du port de charges lourdes, des postures pénibles ou des vibrations ? (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS.)
C’est du délire, c’est vous qui avez supprimé tous ces critères !
Oui !
La décote à 66 ans et demi qui permet de toucher plus tôt sa pension à taux plein ?Finalement, ce que vous censurez par cette motion, c’est le dialogue social et l’esprit de compromis des partenaires sociaux, qui ont permis d’aboutir à des avancées réelles pour les Français. Celles-ci ne vous conviennent peut-être pas, ou ne vous suffisent pas, mais elles ont été obtenues grâce à la confiance accordée aux partenaires sociaux pour améliorer le dispositif tout en prenant en considération les lourdes contraintes, budgétaires en particulier, auxquelles notre pays est confronté. Ils ont démontré par là leur esprit de responsabilité et méritent notre entier respect.Je constate que vous ne faites pas preuve du même esprit. Tout cela ressemble bien à de petites manœuvres partisanes, quand nous aurions tant besoin de sortir des postures et de nous rassembler autour de ces considérations […]
C’est vous qui êtes dans la posture !
En définitive, disons-le franchement, cette motion n’a en réalité pas grand-chose à voir avec le conclave, ni avec les propositions du premier ministre, ni même d’ailleurs avec les retraites, qui vous servent de prétexte.
Eh oui !
Il vous faut donner des gages sur votre gauche, en dépit de tous les discours d’indépendance que vous tenez. Dès lors, vous jouez l’indignation et forcez le trait pour apparaître comme des opposants plus vigoureux que les plus vigoureux opposants au gouvernement.Vous manquez vous-mêmes à votre parole qui devait, disiez-vous, vous conduire à être partie prenante du devenir du pays. Vous affirmez, dans le texte de votre motion, être partisans de l’esprit de responsabilité, mais vous faites l’inverse de ce que vous dites.Le Parti socialiste se prétend sur une position d’équilibre, mais cet équilibriste finit toujours par tomber du côté de LFI. (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem et HOR)
Mensonge !
Vous construisez votre majorité avec le RN !
Que c’est médiocre !
Il n’est cependant jamais trop tard pour bien faire, et chacun doit prendre sa part dans la stabilisation de notre pays. Les échéances politiques sont annoncées et connues. Ne vous inquiétez pas : elles viendront en temps et en heure – vous y prendrez part, comme nous tous. En attendant, notre responsabilité commune est d’agir pour que notre pays, déjà fragile, ne perde pas son énergie dans des combats vains et inutiles.
Vous agissez beaucoup, en effet !
C’est cette responsabilité que nous devons assumer ensemble. Je ne désespère pas que le Parti socialiste retrouve le sens de l’intérêt général et renoue avec la tradition du grand parti de gouvernement qu’il a été. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.)
Pour vous accompagner dans le désastre ?
Au Modem, nous avons toujours considéré qu’un débat parlementaire fructueux et une démocratie solide ne se résumaient pas à un centre fort, mais nécessitaient aussi une droite et une gauche fortes, libres, responsables, qui ne soient pas sous la coupe des extrêmes. Je sais que, sur vos bancs, certains défendent encore cette exigence.
Très bien !
En redonnant la main aux partenaires sociaux, le gouvernement et le socle commun ont accepté de faire bouger leurs propres lignes.
Qui vous l’avait demandé ? Les socialistes !
Exactement !
Nous devons aller au bout de cette démarche en respectant le dialogue social, qui ne se décrète pas mais s’instaure par la confiance. Chers collègues, ne censurons pas le conclave.
Nous ne censurons pas les partenaires sociaux mais le gouvernement qui n’a pas tenu ses engagements !
Ne censurons pas les progrès qu’il a engagés. Défendons-les dans les semaines et les mois à venir. Cela relève de notre responsabilité collective. Cela redonnera à notre pays un peu de la confiance dont il a bien besoin.J’entends beaucoup affirmer que les Français disent ceci ou cela. Je ne sais pas ce que disent tous les Français mais je sais ce que me disent ceux que je rencontre tous les jours.
Des Français qui votent Bayrou !
Ils veulent du calme et estiment que notre assemblée a besoin de renouer avec l’esprit de responsabilité. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem. – Exclamations sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS.) Ce n’est pas aujourd’hui, avec cette nouvelle motion de censure, que cela arrivera ! Bien sûr, nous ne la voterons pas, monsieur le premier ministre. (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem et HOR.)
La parole est à Mme Anne Le Hénanff.
Nous voici une fois encore réunis dans cet hémicycle pour assister à un spectacle aussi désolant que prévisible : celui de l’examen d’une motion de censure déposée non pas au service de l’intérêt général mais d’une stratégie politicienne qui confond opposition responsable et opposition de démolition.Depuis 1958, cette assemblée a été saisie de plus de 115 motions de censure. Avant l’année dernière, une seule d’entre elles était parvenue à renverser un gouvernement sous la Ve République :…
C’est pour cela qu’il faut passer à la VIe !
…celle de 1962 contre le premier ministre Georges Pompidou. Elle défendait, rappelons-le, une vision de la démocratie face au projet gaullien d’élection présidentielle au suffrage universel direct. Ironie de l’histoire : ce que les députés de l’époque combattaient au nom de la démocratie représentative, nos concitoyens l’ont massivement approuvé trois semaines plus tard par référendum.
Organisez donc un référendum sur les retraites !
Parlons vrai : que reprochent exactement au gouvernement les auteurs de cette motion ? D’avoir tenté de conduire une concertation sur les retraites ? D’avoir refusé de céder aux sirènes de la démagogie en maintenant le cap de l’équilibre financier ? D’avoir rappelé que la responsabilité d’un gouvernement est de préserver l’avenir de nos enfants plutôt que de distribuer des promesses impossibles à tenir ?Le groupe socialiste nous parle de trahison. Mais en quoi le refus de compromettre l’équilibre de notre système de retraites constitue-t-il une trahison ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe HOR.)
C’est la trahison de la parole donnée !
En quoi le fait de rappeler que les lois de la comptabilité publique s’imposent à nous tous, donc aussi à vous, constitue-t-il une trahison ?
Il ne fallait rien promettre, alors !
Notre dette publique atteint 114 % du PIB, soit près de 3 300 milliards d’euros. Nos charges d’intérêt s’élèvent quant à elles à 59 milliards d’euros par an : il s’agit du deuxième poste budgétaire après l’enseignement scolaire. Voilà la réalité que ce gouvernement affronte au quotidien – je pense notamment au ministre de l’action publique, de la fonction publique et de la simplification, Laurent Marcangeli, et à la ministre chargée de l’autonomie et du handicap, Charlotte Parmentier-Lecocq –, quand d’autres préfèrent se réfugier dans l’illusion. (Mme Marie Pochon s’exclame.)Et que dire des leçons de morale dispensées par un parti qui, il y a quelques semaines à peine, se déchirait publiquement lors de son congrès de Nancy, un parti divisé entre certains qui s’acoquinent avec Jean-Luc Mélenchon et d’autres qui dénoncent l’obsession égotique du leader Insoumis ?
Quel rapport ? C’est vous qui êtes obsédés et qui n’avez pas d’idées !
Comment pouvez-vous prétendre à la cohérence gouvernementale quand vous ne parvenez pas à vous accorder ? Comment pouvez-vous invoquer la responsabilité quand vous votez la censure du gouvernement Barnier, précipitant le pays dans l’instabilité ? Comment pouvez-vous parler de brutalité démocratique quand vous vous alliez à l’extrême droite pour faire tomber les gouvernements ?
Respectez les urnes !
Alors qu’il y a quelque temps la gauche proclamait son attachement à la stabilité institutionnelle, elle multiplie aujourd’hui les motions de censure, au risque de paralyser le pays.
Vous serez comptables de ce gâchis !
Permettez-moi de mettre en question la logique de la posture défendue notamment par le président François Hollande : celui-ci affirme qu’il votera la motion de censure contre le gouvernement, mais seulement si le Rassemblement national ne s’y associe pas. Quelle étrange conception de la responsabilité parlementaire ! Depuis quand la défense de l’intérêt général se mesure-t-elle à l’aune des intentions supposées de l’extrême droite ?
C’est un mensonge !
Cette position révèle une inquiétante dérive : on ne censure plus un gouvernement pour ses actes mais en fonction de ceux qui pourraient éventuellement voter à ses côtés.
Édouard Philippe est-il conscient qu’il sera comptable de tout cela ?
Surtout, chacun le sait ici, cette motion relève d’un exercice de pure façade ! Ceux qui l’ont déposée l’ont fait pour se draper d’une bonne conscience aux yeux de leurs alliés, tout en sachant pertinemment qu’elle ne serait jamais votée.
Donc Édouard Philippe approuve le gouvernement Macron ?
C’est le théâtre de la vertu sans le courage de l’action, la mise en scène d’une indignation de circonstance, soigneusement calibrée pour ne rien changer. La République attend de ses représentants du courage dans de telles circonstances, non pas une énième contorsion politicienne. Les Français, nous le croyons, n’ont que faire de ces jeux d’ombres.
C’est vous qui manquez de courage !
La France mérite mieux que ces manœuvres. Notre pays fait face à des défis considérables : le redressement de nos finances publiques, la transition écologique, la réindustrialisation, la reconstruction de notre système de santé, le pouvoir d’achat et l’emploi – j’en passe et des meilleures ! Ces défis exigent de la constance et une vision de long terme. Ils exigent ce que nos prédécesseurs appelaient le sens de l’État.
C’était la gauche, ça !
Souvenez-vous : il y a un an, les Français vous ont défaits dans les urnes !
Or de quoi témoigne cette motion ? De l’exact contraire. Nous voyons des représentants de la nation qui préfèrent les polémiques aux réformes, les postures aux propositions, l’agitation stérile au travail législatif. Mais la France sait distinguer ceux qui travaillent pour son avenir et ceux qui s’emploient à le compromettre.
Vous avez perdu les élections il y a un an !
Le groupe Horizons a fait son choix. Nous avons choisi la responsabilité contre la démagogie. Nous continuerons de soutenir ce gouvernement parce qu’il est en mesure de surmonter, tant bien que mal, les épreuves de l’instabilité institutionnelle qui continuera de nous lier pendant encore deux ans.Cette motion de censure échouera, comme ont échoué toutes les autres tentatives de déstabilisation depuis le début de cette année. Elle échouera parce qu’elle ne promeut aucun projet alternatif crédible et parce que les Français ne se laisseront pas abuser par ces manœuvres. Et quand cette motion aura échoué, rien n’aura changé pour les Français. Ceux qui auront voté en sa faveur auront préféré l’impuissance à la décision, la coalition des résignés à l’audace, le confort de la posture a l’exigence du réel. Pendant que d’autres se contentent de commenter, de douter, de ressasser que tout est […]
Sauf que 80 % des Français ne sont pas d’accord avec vous !
La vraie responsabilité politique consiste non pas à multiplier les motions de censure mais à prendre des décisions difficiles pour préparer l’avenir du pays. Mes chers collègues, vous l’aurez compris, je vous invite à rejeter massivement cette motion de censure. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur plusieurs bancs du groupe Dem.)
La parole est à M. Laurent Panifous.
Pour vous dire les choses avec clarté, la pression monte, monsieur le premier ministre. Au sein du groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires, ceux qui jusqu’à présent hésitaient à voter la censure le feront aujourd’hui. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LIOT, SOC et EcoS ainsi que sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et GDR.) Ceux qui hier s’interdisaient de l’envisager y pensent de plus en plus fréquemment et attendent avec intérêt de voir quelles perspectives budgétaires vous dessinerez pour le pays.
Ils ne vont pas être déçus !
Cette motion de censure n’a rien d’anodin et vous ne devez pas la traiter avec détachement.
Ni mépris !
En effet, elle traduit une fois encore les difficultés de méthode que rencontre votre gouvernement. Ce conclave que nous avions souhaité et que vous avez lancé se conclut par un échec que nous regrettons mais qui était prévisible eu égard à son cadre trop restrictif. Néanmoins, afin que ce temps de dialogue social n’ait pas été complètement vain, les députés du groupe LIOT prennent acte de potentielles avancées sur la retraite des femmes et sur la question majeure de la pénibilité. À vous maintenant de concrétiser rapidement ces avancées.
La semaine prochaine !
Plus largement, si le nombre de députés de notre groupe qui envisagent sérieusement de vous censurer est de plus en plus important, c’est parce que nous refusons de voir notre pays tourner au ralenti, avec un gouvernement qui donne parfois le sentiment de gagner du temps alors que les urgences sociales, écologiques, économiques, financières et géostratégiques sont partout. (M. Jean-Pierre Bataille applaudit.) De petits textes en non-décisions, de motions de rejet en vagues hésitations, la France perd du temps ! Le mal est profond, monsieur le premier ministre. Nombreux sont ceux aux yeux desquels la censure de votre gouvernement paraît inéluctable, même si nous savons que la situation restera tout aussi compliquée par la suite.Je ne veux pas parler aux observateurs de la vie politique qui se délectent de nos stratégies politiciennes trop souvent inutiles et incompréhensibles. Je veux […]
La parole est à M. Stéphane Peu.
Il n’y a rien de surprenant à ce que nous nous retrouvions aujourd’hui autour d’une nouvelle motion de censure du gouvernement. La première raison en est que votre légitimité est contestable ; nous le répéterons sans cesse. Comme votre prédécesseur Michel Barnier, vous avez été nommé en lieu et place d’un premier ministre issu du Nouveau Front populaire – tel aurait dû être le cas si le président de la République avait respecté le vote des Français. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes GDR, LFI-NFP et EcoS.)Sitôt arrivé à Matignon, à la tête d’un gouvernement fait de bric et de broc faisant la part belle à des ministres jamais élus sinon battus aux élections, vous avez, pour vous maintenir, annoncé la création du fameux conclave, un terme bien pompeux pour désigner ce qui s’est avéré une négociation strictement encadrée entre patronat et syndicats. Permettre la tenue d’une […]
Et vous avez quand même été déçus !
La suite nous a malheureusement donné raison : vous avez piétiné les règles les plus élémentaires d’une négociation sociale en intervenant publiquement, notamment pour interdire toute discussion sur un retour de l’âge légal à 62 ans. Avec le soutien direct et public du premier ministre et de son gouvernement, le Medef n’avait plus qu’à jouer la montre. Vous avez même, monsieur le premier ministre, poussé le bouchon jusqu’à lui donner un mode d’emploi pour bloquer les discussions, en affirmant qu’en l’absence d’accord, c’est la réforme Borne-Macron qui continuerait de s’appliquer.Ironie du sort, c’est vous désormais qui tentez de jouer la montre : vous recevez les organisations syndicales et le patronat ; vous proposez de relancer les discussions ; vous affirmez soudainement que des mesures seront soumises par le gouvernement au Parlement. Tout cela n’est pas sérieux ! La réalité est […]
Exactement !
Pour la première fois, nous avons pu dans cette assemblée voter sur cette réforme, et une majorité très nette s’est prononcée en faveur de son abrogation. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR. – M. Andy Kerbrat, M. Gérard Leseul et Mme Christine Arrighi applaudissent également.) Monsieur le premier ministre, telle est l’expression des députés, telle est la volonté du peuple.
Le gouvernement s’en fiche !
En conséquence, la seule voie de sortie durable pour votre gouvernement serait de respecter la voix des Français et celle de leurs représentants en nous indiquant clairement quand vous allez abroger la réforme de 2023 ou bien quand vous allez créer les conditions d’un référendum pour que les Français s’expriment ! Le démocrate que vous êtes ne peut pas s’asseoir sur le vote de la représentation nationale ; ce serait faire preuve d’une intransigeance coupable. La réforme des retraites de 2023 a été et demeure la plus grande offense sociale et démocratique jamais infligée à notre pays depuis la négation du vote des Français lors du référendum de 2005 sur le traité de Constitution européenne.Les Français ne sont pas prêts à tourner la page, car jamais une réforme des retraites n’est allée aussi loin dans la régression sociale imposée aux travailleurs : un relèvement de l’âge de deux ans […]
Eh oui !
Jamais une réforme des retraites n’a provoqué autant de dégâts sociaux. Les travailleurs dits seniors ont été particulièrement abîmés : quand le chômage est massif et qu’à l’approche des 60 ans, une personne sur deux est privée d’emploi, repousser de deux ans l’âge de départ à la retraite aggrave mécaniquement le taux de pauvreté de ces travailleurs.
C’est vrai !
Je ne vois pas le rapport.
Même la Cour des comptes a enfin admis que reculer l’âge de départ ne signifiait nullement allonger d’autant la durée en emploi. Bien au contraire, un tel recul se traduit par un temps plus long en invalidité ou au chômage. C’est particulièrement le cas, bien sûr, pour les travailleurs les moins qualifiés, aux métiers les plus pénibles ou les plus précaires.Les femmes ont été elles aussi les grandes victimes de la réforme de 2023 : le report de l’âge légal les conduit à travailler pendant une durée supplémentaire supérieure à celle imposée aux hommes – en moyenne sept mois de plus, contre cinq mois de plus pour les hommes – et, du fait qu’elles ont souvent des carrières plus courtes, notamment en raison des responsabilités éducatives et familiales qu’elles endossent, l’allongement de la durée de cotisation entraîne des difficultés accrues pour qu’elles atteignent la durée exigée pour […]
C’est honteux !
Vous savez très bien que cela ne s’adressait pas à vous, monsieur Peu.
Je vous adresse donc une invitation, cordiale : venez un jour chez moi, à Saint-Denis, lors d’une réunion de famille. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS.) Vous rencontrerez ma femme, mes enfants, mes neveux, mes cousins, mes beaux-frères, ma sœur, toutes sortes de gens qui ont tous commencé à travailler à l’âge de 16 ans et n’ont pas chômé un seul jour dans leur vie ; ils vous expliqueront ce qu’est le travail et comment ils ont vécu cette réforme des retraites. Et si vous avez du temps, nous ferons venir tous les voisins de l’immeuble ; vous verrez, ce sera très sympathique (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC), ce sont des gens polis, cordiaux et respectueux.Monsieur le premier ministre, ne dites pas à quelqu’un comme moi ni à mes collègues que nous ne connaissons pas […]
C’est du mépris de classe !
Bien évidemment, nous voterons la censure.
La parole est à M. Maxime Michelet.
Ça, à mon avis, c’est un travailleur !
Permettez-moi tout d’abord de répondre au commentaire que je viens d’entendre : sachez que je viens d’une famille ouvrière ; quoi que vous en disiez, je viens d’une famille de travailleurs, et n’en ai aucunement honte. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)Monsieur le premier ministre, nous sommes saisis cet après-midi de la huitième motion de censure déposée par la gauche contre votre gouvernement, le huitième affrontement entre le socle qui vous soutient et les partis qui formèrent, aux dernières législatives, le Nouveau Front populaire. Vous avez tenté de les désunir en faisant aux socialistes des promesses – que vous n’avez pas tenues. Vous avez tenté de diviser le NFP en leur donnant votre parole – entreprise toujours risquée car, comme le disait l’Empereur, « la meilleure façon de tenir sa parole est de ne jamais la donner ». Vous avez tenté, mais vous avez […]
Les trois quarts des Français ont voté contre vous !
Pour la première fois, une coalition se construisait non pas pour gouverner, mais pour empêcher de gouverner.
Les Français ne voulaient pas de vous !
Malgré un score de premier tour plus élevé que les macronistes en 2017 ou en 2022, l’union des patriotes était privée de la victoire, au motif que cela aurait été « catastrophique pour les Français ».Un an plus tard, un an après ce second tour de compromissions et d’alliances contradictoires, vous gouvernez par la seule grâce de cette victoire volée à la droite nationale. Et aujourd’hui, une motion de censure est déposée par ceux qui, il y a un an seulement, autrement dit hier, appelaient à voter pour vos candidats, et pour les candidats desquels vous appeliez à voter. Le front supposément républicain a donc vécu. Il n’aura jamais existé qu’un bref instant, le temps de priver cyniquement la France d’un gouvernement stable et cohérent.Un an plus tard, à l’occasion de cette motion de censure, l’occasion nous est donnée de nous interroger sur la responsabilité de ceux qui ont fait ce choix […]
Votre analogie a fait flop !
Pourtant, nous ne vous censurerons pas. L’envie ne nous en manque pas, chers collègues de gauche, mais nous n’agirons jamais que dans l’intérêt de la nation. Or son intérêt n’est pas de connaître une crise gouvernementale en plein été, alors que l’année parlementaire s’achève et que de nouvelles élections ne sont pas envisageables. Il n’est pas non plus dans l’ouverture d’un feuilleton inutile qui ne mènerait nulle part. Les Français sont lassés de l’instabilité stérile et du spectacle désolant donné par cet hémicycle,…
C’est vrai que, quand on vous écoute, c’est désolant !
…dont l’unique cause est l’alliance contre-nature contractée, il y a un an, entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, laquelle ne pouvait conduire qu’à l’immobilisme gouvernemental, à la paralysie politique et à l’asphyxie institutionnelle.Il ne faut toutefois pas désespérer. Croyez bien que l’image que donnera l’hémicycle sera tout autre le jour où l’union nationale RN-UDR y détiendra une majorité. Or ce jour approche. Si nous devons vous censurer, nous le ferons à l’heure choisie, et non sur un caprice de socialistes trompés qui se sont laissés berner par votre ruse. Comme dans toutes les affaires de cette assemblée, si nous devons vous censurer, nous le ferons à l’heure que choisira le bloc national, à l’heure où votre chute sera utile au pays et aux Français. Nous ne vous censurerons pas aujourd’hui car cela n’apporterait rien au pays, ni le début d’une espérance ni celui d’une […]
Car vous êtes d’accord avec la retraite à 64 ans !
Bientôt, l’outil de la dissolution sera de nouveau entre les mains du président de la République. Quant à vous, monsieur le premier ministre, vous aurez le devoir de présenter à la représentation nationale le budget de la nation. Ce jour-là, si vous poursuivez sur la voie que vous avez empruntée, celle de l’immobilisme et de l’impuissance, il vous faudra prendre celle de la sortie. La censure n’est pas pour aujourd’hui mais, sans doute, pour bientôt. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)
La parole est à M. Gaëtan Dussausaye.
Voilà un autre travailleur ! (Sourires sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Monsieur le premier ministre, mesdames et messieurs les ministres encore présents, chers collègues, permettez-moi tout d’abord de saluer la prise de parole de mon collègue et camarade Maxime Michelet,…
Non : les camarades, c’est ici ! C’est un trop joli mot pour vous !
…qui a longuement parlé de ce qui s’est passé il y a un an. Je ferai à mon tour quelques rappels : il y a précisément un an, en effet, la France et les Français assistaient au plus grand casse électoral du XXIe siècle.
Et le RN s’y connaît, en matière de casses !
Il y a un an, jour pour jour, nous étions au lendemain du premier tour des élections législatives, consécutives à la dissolution décidée à la suite de la grande et belle victoire du Rassemblement national aux européennes. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Il y a un an, au premier jour de l’entre-deux-tours des législatives, les Français découvraient avec nous, circonscription par circonscription, l’accord contre-nature que fomentaient l’intégralité des partis politiques français qui siègent dans cette assemblée – à l’exception, bien évidemment, du Rassemblement national et de ses alliés.
Il n’y a pas eu d’accord ! Mais les Français étaient d’accord pour vous barrer la route !
Il y a un an, jour pour jour, des LR à La France insoumise en passant par la Macronie, vous avez tous fait le même choix.
Non !
Le choix du parti unique, avec un seul objectif : empêcher le Rassemblement national d’obtenir une majorité, et Jordan Bardella, de devenir premier ministre. J’en entends aujourd’hui encore qui se réjouissent de ce résultat.
Nous ferons la même chose la prochaine fois !
Pourtant, en agissant de la sorte, non seulement vous avez bloqué la constitution de la seule majorité stable possible dans le pays, mais vous avez aussi révélé vos véritables motivations. En effet, à aucun moment, ne serait-ce qu’une fraction de seconde, vous n’avez cherché à répondre à cette question primordiale : s’il n’y a pas de majorité RN, qu’y a-t-il à la place ? L’équation est pourtant assez simple pour être comprise par tous : si ce n’est pas le RN qui accède au pouvoir, c’est vous qui le conservez ! Mais qu’en avez-vous fait depuis un an ? Pour sauver vos places, comme d’habitude, il n’y a aucun problème pour trouver du monde. Mais pour sauver le pays et s’occuper du quotidien des Français, il n’y a personne – circulez, il n’y a rien à voir ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)À aucun moment vous n’avez cherché à savoir ce que vous alliez faire pour le […]
On l’assume !
Vous trouverez même quelques députés DR pour vous donner un coup de main. Je pense notamment au nouveau « M. Écologie » de LR, récemment nommé par Bruno Retailleau,…
C’est bizarre de parler de LR, de Retailleau et d’écologie dans la même phrase…
…qui s’offusquait avec vous, il y a quelques jours, de l’instauration d’un moratoire sur le développement de nouvelles éoliennes et qui irait jusqu’à s’opposer à la suppression des ZFE, ces véritables zones à forte exclusion.
L’exclusion, c’est votre truc !
Ses propos ont de quoi faire plaisir sur les bancs écologistes.
La météo n’est-elle pas en train de vous punir ?
L’écologie punitive, justement, voilà un second terrain d’accord entre la Macronie et le Nouveau Front populaire !
Nous, nous ne changeons pas d’avis toutes les cinq minutes.
L’ivresse normative et l’enfer réglementaire : nous sommes contre, mais vous, vous êtes pour. Alors dites-le, assumez-le ! La régularisation des travailleurs clandestins et l’importation massive d’une main-d’œuvre bon marché : nous sommes contre, mais vous tous, de la Macronie au Nouveau Front populaire, vous êtes pour. Alors dites-le, assumez-le ! L’enfer fiscal et l’augmentation continue des cotisations et des impôts pesant sur les entreprises qui, pourtant, créent des emplois : encore une fois, de la Macronie au Nouveau Front populaire, vous êtes pour. Alors dites-le, assumez-le ! La ponction de milliards d’euros sur les contribuables, sur les familles, sur les Français qui travaillent ou ont travaillé,…
Il vient nous parler du travail, lui qui est un apparatchik du RN depuis qu’il est tout petit !
…pour combler des budgets que vous n’avez pas réussi à présenter à l’équilibre une seule fois depuis cinquante ans : Macronie et Nouveau Front populaire sont là encore pour. Dites-le, assumez-le ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)Rien n’est bien compliqué, en réalité, quand on a un peu de courage et quand on ne perd pas de vue l’intérêt supérieur du pays et du peuple français.
Où est l’intérêt des contribuables à qui vous avez volé 4 millions d’euros ?
Mais je crains que ces deux qualités vous manquent cruellement à tous. En fin de compte, voilà ce que vous avez fait il y a un an : membres de LR, de la Macronie ou du Nouveau Front populaire, vous avez tous fait le choix du chaos et de l’instabilité qui, depuis, prive le pays de toute projection et le peuple de toute protection.
La pluie de sauterelles…
L’instabilité est de la responsabilité du bloc central, c’est-à-dire des macronistes et des LR, qui travaillent main dans la main depuis 2017. L’absence de changement favorable au peuple est de celle des socialistes, des pseudo-écologistes ou écologistes autoproclamés,…
Je ne vous permets pas !
…des communistes et des Insoumis.
Allez-vous censurer aujourd’hui, alors ? Vous êtes des hypocrites !
J’espère que les Français vous le feront bientôt savoir dans les urnes.
Continue, Gaëtan ! Ça leur fait mal !
Venons-en à la motion de censure que nous propose le groupe socialiste. Fantastique ! Vous savez combien le Rassemblement national est attaché à l’abrogation de l’injuste réforme des retraites d’Emmanuel Macron et Élisabeth Borne. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.)
Demandez donc à Jordan Bardella !
Nous avons à cœur de revenir sur une réforme non seulement inutile, mais aussi inefficace en matière de financement du système de retraites et, surtout, profondément injuste, particulièrement à l’encontre des Français qui ont commencé à travailler tôt, le plus souvent dans des métiers pénibles et difficiles.
Qu’est-ce qu’il y connaît, lui qui n’a jamais travaillé ? C’est un apparatchik du RN !
Le Rassemblement national, contrairement à l’extrême gauche, n’a pas manqué un seul rendez-vous ni une seule occasion pour empêcher le passage à la retraite à 64 ans.
Il n’est jamais venu aux manifs !
En effet, pour dire les choses franchement, si la retraite à 64 ans est d’abord une décision de la Macronie, elle est aussi et surtout le résultat de fautes de la gauche. Qui, par deux fois, au second tour de l’élection présidentielle, a glissé dans l’urne un bulletin Emmanuel Macron, y compris en 2022, quand la seule proposition du président sortant était la retraite à 64 ans ? C’est vous, c’est la gauche ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)
Ton disque est rayé !
Qui, en 2023, a privé les Français d’un référendum sur cette réforme en refusant de voter la proposition du groupe RN ? C’est encore vous, c’est la gauche ! La liste est longue, accrochez-vous bien ! Qui, toujours en 2023, par ses habituelles méthodes d’obstruction parlementaire, par son éternelle bordélisation de l’Assemblée, contre l’avis des syndicats qui battaient le pavé chaud de la capitale au même moment,…
On ne te voit jamais en manif !
…a empêché un vote clair sur l’article 7 de la réforme, celui qui actait l’augmentation de deux ans de l’âge légal de départ à la retraite ? C’est vous, c’est la gauche ! (Mêmes mouvements.)
Qui a volé 4 millions d’euros à l’Union européenne ?
Oui, qui a volé ces 4 millions ?
Qui, en 2024, a préféré faire réélire Élisabeth Borne, l’artisan de la retraite à 64 ans, plutôt que faire élire un député RN, alors qu’une majorité RN aurait abrogé la réforme, comme l’exigeaient des millions de Français ? C’est toujours vous, c’est toujours la gauche !
Censurez-les !
Oui, qui refuse de voter la censure ?
Soyez un peu attentifs ! Qui, enfin, le 31 octobre 2024, jour de la niche parlementaire du Rassemblement national, a refusé de voter notre proposition d’abrogation de la réforme Borne, reniant toutes les promesses que vous aviez faites durant la campagne ?
Qui a refusé la destitution ?
Tartuffes !
C’est toujours vous, c’est définitivement la gauche ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Implacable !
Le Rassemblement national a comme grand mérite et haute vertu de toujours dire la vérité aux Français, en toutes circonstances.
Eh oui !
C’est à géométrie variable : chaque jour, vous changez de vérité !
Or la vérité du jour est que le Parti socialiste a menti au moins deux fois aux Français au cours de la présente législature. Vous avez d’abord menti pendant plusieurs mois en les laissant croire que le conclave sur les retraites pourrait aboutir à l’abrogation de la réforme, alors qu’il n’en était rien.
Vous ne croyez pas au dialogue social !
Vous mentez une nouvelle fois aujourd’hui, avec le soutien de l’extrême gauche, en faisant croire aux Français que la censure permettrait par magie de leur rendre les deux années de retraite volées par la Macronie. Osez dire aux Français, en les regardant droit dans les yeux, que votre censure servira à quelque chose ?
C’est vous qui ne servez à rien !
Elle n’apporte rien, elle ne change rien. Le Rassemblement national n’est pas le seul à le dire : le président François Hollande le fait aussi, alors qu’il siège dans vos rangs. Que se passerait-il si nous faisions tomber le gouvernement ? La retraite à 64 ans serait toujours la règle, en attendant un nouveau gouvernement. Puis un autre gouvernement macroniste et LR prendrait la place de l’actuel,…
C’est vous qui le permettez !
…et la retraite à 64 ans serait toujours en vigueur. Libre à vous, socialistes, de mentir deux, trois ou cent fois si ça vous chante ! Ce que vous faites est d’une hypocrisie crasse, c’est un mensonge qu’aucun Français ne vous pardonnera.Le Rassemblement national n’a aucune difficulté à censurer le gouvernement. Nous l’avons fait, avec Marine Le Pen, lorsque le gouvernement Barnier a cherché, avec les bénédictions de MM. Retailleau et Attal, à augmenter les taxes sur l’électricité, à désindexer de l’inflation les pensions de retraite, à dérembourser les médicaments ou à réduire les allègements des charges pour les très petites, petites et moyennes entreprises (TPE-PME).
Eh oui !
La différence entre vous et nous est que nous censurons quand c’est utile pour le pays, quand cela permet concrètement et immédiatement de protéger les Français de mauvaises décisions prises par le gouvernement. Députés socialistes, les seuls intérêts qui vous animent sont les vôtres, à quoi s’ajoutent vos petites chamailleries – d’une inutilité abyssale – avec les Insoumis au sein du Nouveau Front populaire. Cette préprimaire de la gauche en vue de l’élection présidentielle offre un spectacle affligeant. D’une part, elle n’intéresse que vous. D’autre part, tout le monde sait que vous saurez très bien vous retrouver en temps voulu, les Glucksmann, Ruffin, Mélenchon et Tondelier,…
Dites « monsieur » et « madame » !
…avec l’espoir de vous partager les ministères, comme vous l’avez toujours fait.
Parce que tu n’as pas envie d’un ministère, toi ?
Le Rassemblement national, pour sa part, dit la vérité aux Français en toutes circonstances, et rien que la vérité.
Parlez de votre programme !
Or le moment de vérité, vous le savez très bien, c’est le budget !
Vous avez détourné 4 millions d’euros !
Il concrétise l’ambition politique d’un gouvernement, la direction et l’impulsion qu’il souhaite donner au pays. Il représente bien plus qu’un acte de simple gestion des affaires courantes de l’État et que l’occasion d’un suivi de l’action publique. Il détermine une trajectoire, il fixe un horizon qui permet aux forces vives du pays – aux travailleurs, aux familles, aux créateurs de richesses, au génie français – de se projeter vers un avenir clair et défini.Il offre aussi l’occasion de corriger les erreurs et les injustices passées. J’ai entendu, monsieur le premier ministre, que vous aviez l’intention d’inscrire à l’ordre du jour un projet de loi visant notamment à réparer certaines injustices commises par votre prédécesseure Élisabeth Borne, désormais ministre de votre gouvernement. Sachez que, comme à son habitude, le Rassemblement national sera très attentif au contenu du texte et […]
Ce n’est pas dans votre programme, vous mentez !
Pour cela, je souhaite vivement la victoire de Marine Le Pen et de Jordan Bardella en 2027. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Le cas échéant, il n’y en a qu’un seul qui pourra gagner !
Comme je le disais, le budget offrira l’occasion de corriger les erreurs et les injustices passées, de rendre leur argent aux Français (Vives exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS),…
Rendez les 4 millions !