Séance du 24 octobre 2025 — 9e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Tours 1 à 200 sur 667 — page 1 / 4.
La séance est ouverte.
(La séance est ouverte à quinze heures.)
L’ordre du jour appelle la discussion du projet de loi de finances pour 2026 (nos 1906, 1996).
La parole est à M. le premier ministre.
Nous sommes enfin réunis pour examiner le projet de budget pour l’État, comme nous serons bientôt réunis pour travailler à celui de la sécurité sociale. Il y a dans cet hémicycle une ligne de convergence : la volonté que la France soit indépendante. Ce cap politique, qu’aucun député de cette assemblée ne conteste, peut nous réunir.Ce projet de budget est, au fond, un budget de transition à plusieurs titres. En premier lieu, il protège certains choix du passé – notamment en faveur de l’emploi – tout en comportant certaines bases de compromis ou des « accroches » pour la suite des discussions parlementaires, notamment en matière fiscale. Par ailleurs, il est bâti pour ne pas hypothéquer l’avenir et permettre aux Françaises et aux Français de trancher certains débats lors de l’élection présidentielle de 2027.Si la stabilité n’est pas une fin en soi, elle est incontestablement un des […]
Quelle clairvoyance !
L’indépendance technologique, c’est aussi façonner le service public de demain, dans le respect des fonctionnaires, en acceptant une bonne fois pour toutes de simplifier. Ce projet de budget apporte de premières réponses en ce sens, dont il faudra débattre.Le budget que vous propose le gouvernement est imparfait. Vous le modifierez. D’ailleurs, le gouvernement, qui accompagnera les débats, le modifiera aussi, posant ainsi des jalons tout au long de la discussion.Vos travaux débutent par l’examen de la partie recettes, qui fixe la fiscalité et les différents prélèvements obligatoires. On le sait, cette question est sans doute une des plus sensibles de la période parlementaire à venir car les enjeux sont autant politiques que techniques. Le débat sur la juste répartition de l’effort doit avoir lieu sur la base de chiffres objectifs et de mesures justes.Dans cette perspective, les […]
Et la justice sociale ?
C’est la grande vigilance à avoir, notamment s’agissant du patrimoine professionnel – vous connaissez nos convictions en la matière. On ne peut parler de fiscalité sans parler d’économie mais, à l’inverse, on ne peut débattre des prélèvements obligatoires si l’on refuse, par principe, tout dialogue sur la justice fiscale et sur la progressivité de l’effort au sein des contribuables. C’est aussi simple que cela.
Bien !
Sur ces questions, le gouvernement se tient prêt à un débat ouvert et transparent, devant les Françaises et les Français, y compris en modifiant en séance son propre texte ou en ouvrant aux groupes politiques la capacité d’expertise technique de leurs amendements par les services compétents de l’État. (« Ah ! » sur divers bancs.) Une fois de plus, nous devons travailler différemment. Au passage, je remercie les rapporteurs généraux et rapporteurs pour leur rôle décisif.J’avais parlé de rupture, nous y sommes.Ce projet de budget n’est qu’un projet. Ce sont nos travaux qui lui donneront son sens final. À l’arrivée, il devra protéger l’essentiel : l’indépendance de la France pour que nos concitoyens puissent vivre mieux. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et DEM et sur plusieurs bancs des groupes DR et HOR.)
La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
Le 14 octobre 1992, le Canada, pays que je connais bien, perdait son triple A. Sa dette culminait alors à 70 % du PIB – ce qui fait presque rêver – et son déficit annuel à 6 % – ce qui fait moins rêver. Le Wall Street Journal en parlait comme d’un État « en faillite ». Le gouvernement centriste de l’époque se réunit alors autour d’un objectif ferme de retour à 3 % de déficit sous trois ans, sans renoncer à la croissance ni à son modèle social. En moins de cinq ans, le Canada avait rétabli l’équilibre budgétaire. En moins de dix ans, la dette était ramenée à 33 % du PIB. Le 29 juillet 2002, dix ans après l’avoir perdu, le Canada retrouva son triple A.Le Canada n’est bien sûr qu’un exemple parmi d’autres. La Suède, dans les années 1990, a connu l’une des situations budgétaires les plus dégradées de l’Union européenne, avec une explosion de la dette publique. Depuis, elle a retrouvé un […]
On connaît !
En revanche, comme en attestent d’autres exemples, également chez nos voisins, plus on reporte le rétablissement de nos finances publiques, plus il est douloureux. Au Portugal, la TVA a été fortement relevée, affectant directement la population ; en Italie, la réforme abrupte des retraites a conduit à des départs après 67 ans ; en Lituanie, les salaires des fonctionnaires et les pensions de retraite ont baissé drastiquement.Aucun d’entre nous ne souhaite que ces programmes austéritaires et imposés s’appliquent en France. C’est maintenant et collectivement qu’il nous faut faire le choix d’efforts structurels.Le budget que nous avons l’honneur de vous présenter aujourd’hui nous met sur le bon chemin. Il prévoit une réduction du déficit des administrations publiques à 4,7 % pour 2026, une première marche indispensable afin de tenir notre trajectoire et de passer ainsi sous le seuil des 3 % […]
Un peu quand même !
…mais pour la France. Ce n’est qu’en atteignant ce seuil des 3 % que nous stabiliserons – j’insiste sur ce terme – notre dette.Il faut agir maintenant car les chiffres de cette année confirment – et c’est important – que nos fondamentaux économiques restent sains. La cible à 5,4 % de déficit que nous avions votée pour 2025 – je siégeais alors parmi vous – sera respectée et la croissance sera, comme prévu, de 0,7 %. Pour 2026, malgré le contexte international tourmenté, nous prévoyons une croissance de 1 %, soit une légère accélération.Notre taux de chômage reste stable à 7,5 %, proche de son plus bas niveau historique depuis quarante ans.Avec une inflation ramenée à 1,1 %, la crise inflationniste est derrière nous, si bien que le pouvoir d’achat des Français – en hausse de 0,8 % cette année – continue d’augmenter. Elle nous permet de tabler sur un redressement de la consommation des […]
Ça, c’est vrai !
Les incertitudes politiques suscitent des inquiétudes économiques dans notre pays. Nous nous devons de les lever.C’est aussi grâce à ce contexte d’inflation limitée que nous pouvons proposer une année blanche – dont je sais qu’elle fait débat –, c’est-à-dire une stabilité des prestations et des barèmes d’impôt. Les efforts qui en découlent sont réels mais relativement limités.
Ils sont supportés par les plus petits !
C’est précisément parce que nos fondamentaux sont bons que c’est le moment d’agir résolument pour redresser nos finances publiques. Car voici la réalité des faits. Premièrement, notre déficit public est le plus élevé de la zone euro et nous serons les derniers avec la Belgique à passer sous les 3 % en 2029 si nous tenons l’objectif. Deuxièmement, notre dette s’élevait, à la fin du premier trimestre, à 114 % du PIB – la troisième plus élevée de l’Union européenne derrière la Grèce et l’Italie – et atteindra près de 118 % du PIB l’année prochaine.
La faute à qui ?
Vous le savez, notre note a été dégradée par les grandes agences de notation, notamment par Fitch en septembre et par Standard & Poor’s la semaine dernière. C’est un appel à la lucidité.
C’est votre bilan !
Nous nous endettons plus que nos voisins et l’augmentation du coût de notre dette s’accélère encore : de 60 milliards l’an dernier, il est passé à 65 milliards cette année et sera bien supérieur à 70 milliards l’an prochain.
C’est de votre faute !
Cela peut sembler abstrait mais, vous le savez, quand le taux d’emprunt de l’État augmente, le taux d’intérêt pour les logements, pour les prêts à la consommation et pour nos entreprises augmente aussi. Tous nos concitoyens s’en trouvent directement affectés.Soyons clairs : ces indicateurs sont inquiétants mais n’ont rien d’irrémédiable, à condition de mener une action résolue, concertée et immédiate, comme d’autres l’ont fait avant nous.Le projet de budget que nous vous soumettons aujourd’hui constitue un point de départ, certainement pas un point d’arrivée. Ce n’est pas seulement un exercice comptable : il doit aussi être un outil au service de notre économie, de nos entreprises. C’est un budget d’équité qui mobilise les plus fortunés. Il renforce notre souveraineté mais préserve aussi notre compétitivité et poursuit le verdissement de notre économie.Pour défendre notre tissu […]
C’est vous qui dites ça !
Et les livreurs ?
Y’a pas marqué La Poste !
Par ailleurs, ce gouvernement demeure pleinement engagé pour atteindre la neutralité carbone en 2050, avec 500 millions de nouveaux engagements dédiés à la décarbonation de l’industrie et 500 millions d’engagements supplémentaires en soutien à la production d’hydrogène décarboné.Nous avons relancé MaPrimeRénov’ le 30 septembre. Nous pérennisons ce dispositif, en en finançant une partie par la hausse du volume des certificats d’économie d’énergie.Nous devons refaire de la France une grande nation industrielle, sociale et écologique.
Là, c’est 1984 !
Ce budget doit y contribuer – gardons-le à l’esprit dans les jours qui viennent. Le projet de budget que nous vous présentons est responsable dans son ambition, équitable dans la répartition de l’effort et réaliste dans ses orientations. Ce texte est désormais le vôtre. Discutez-le, critiquez-le, amendez-le et votez-le. Que ce budget vienne consacrer notre capacité au compromis.
On sent l’optimisme et l’enthousiasme !
Je me montrerai particulièrement vigilant, car concession ne veut pas dire déraison. (M. Franck Riester applaudit. – « Ah ! » sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)
Excellent !
Quelle punchline !
Il faut d’abord veiller au respect de notre trajectoire budgétaire car le compromis politique que nous atteindrons ne fera pas de lui-même disparaître notre dette. Il y va de notre responsabilité collective, y compris devant les générations futures. Ainsi, dans nos débats, face à chaque « plus », il nous – et vous – faudra trouver un « moins ».Je serai également sensible à la préservation des moteurs de notre croissance et de la solidité de nos entreprises car ce sont elles qui portent l’investissement, l’innovation et l’emploi.Enfin, ma boussole, c’est l’équilibre des efforts entre recettes et dépenses. Je souhaite que la réduction des dépenses l’emporte sur la hausse des prélèvements car notre dépense publique est excessive et notre fiscalité déjà très lourde.
Excellent !
La justice fiscale n’est pas la surenchère fiscale. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.) Agissons dès aujourd’hui car le redressement de nos finances publiques est la condition d’une prospérité retrouvée pour tous ! (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes EPR et Dem.)
La parole est à Mme la ministre de l’action et des comptes publics.
Depuis plusieurs mois, face aux circonstances inédites que nous traversons, la France est plongée dans l’incertitude et l’attentisme. Le plus grand risque auquel fait face notre pays est notre incapacité collective à nous mettre d’accord pour protéger non pas un gouvernement ni une chambre parlementaire,…
Le président de la République !
…mais l’essentiel pour les Français.Faillir à cette obligation, ce serait affaiblir durablement notre pays plutôt que de le faire avancer. Or notre mandat commun est bien de lui donner les moyens de créer, d’entreprendre, d’innover, d’assurer sa sécurité et de réussir.Depuis plusieurs mois, dans le cadre de mes fonctions au gouvernement, j’ai dialogué avec tous les groupes, avec nombre d’entre vous.Par-delà les sensibilités et les combats politiques – souvent âpres – que nous avons menés depuis des années, j’ai vu qu’il existait une majorité, non pas pour soutenir un gouvernement – tant s’en faut –, mais pour permettre au pays de retrouver une base de stabilité.Oui, je crois qu’il y a une majorité pour redonner un cap clair et prévisible aux Français et à nos entreprises.Oui, je crois qu’il y a une majorité pour garantir la crédibilité de la France à un moment où tout le monde nous […]
À cause de vous !
Elle appelle à maintenir l’effort de redressement que nous avons lancé l’an dernier et l’ambition du rétablissement du déficit sous les 3 % en 2029. Il y va de notre capacité à financer quoi qu’il arrive les politiques publiques essentielles et à pérenniser notre modèle social.Plus que jamais sous la Ve République, c’est le Parlement qui a le pouvoir. Le texte qui vous est soumis est un projet : il sera amendé et transformé et, si vous le décidez, il sera voté.Ce ne sera pas le budget d’un parti, mais le budget de la nation, adopté par ses représentants et transformé par eux.Je salue le travail des services de l’État, en particulier celui des agents du ministère de l’action et des comptes publics, ainsi que du ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Ils n’ont pas compté leurs heures pour soumettre au Parlement ce projet de […]
C’est le même que celui de Bayrou !
Il y a une semaine, on disait qu’il n’y aurait pas de débat. Il y en a eu un en commission et il y en aura un à compter d’aujourd’hui, devant tous les Français, dans cet hémicycle. Désormais, on nous dit qu’il n’y aura pas de compromis. Je vous le dis : il peut y en avoir un et nous le construirons tous ensemble. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Pour chaque plus il y a un moins, c’est ce que vous nous avez dit !
C’est aujourd’hui, en ce vendredi 24 octobre, que cela commence.Ces derniers jours, malgré les difficultés et les désaccords, une dynamique s’est enclenchée en commission des finances (Mêmes mouvements) et je salue les travaux menés par les commissaires, par le président de la commission, par le rapporteur général et par les administrateurs, travaux qui se sont déroulés dans les délais contraints que nous connaissons.Dans le débat budgétaire, il y a les sujets qui font avancer le pays et améliorent le quotidien des Français, sur lesquels vous avez pu vous entendre : je pense aux mesures que vous avez adoptées pour l’agriculture, pour le logement et pour le soutien aux PME. Et il y a les sujets qui font ressortir des clivages profonds entre les partis, parfois au sein même des partis : la justice fiscale, la solidarité intergénérationnelle, le modèle productif.
Les bailleurs sociaux !
Sur ces sujets, je vous pose une question : à dix-huit mois d’une élection présidentielle, pensez-vous que nous puissions nous mettre d’accord sur des solutions unanimes ? Je ne le crois pas.
Alors organisons la présidentielle !
Comme dirait Édouard Philippe !
Sur ces sujets, nous avons toutefois l’occasion d’avoir un débat lisible devant les Français, débat qui nous permettrait de leur présenter nos positions et peut-être, au cas par cas, de trouver des compromis d’action. Je crois que c’est possible.Prenons l’exemple de la justice fiscale, dont nous allons discuter dans les heures qui viennent. Nous pouvons trouver des compromis pour lutter dès maintenant contre l’optimisation fiscale et mieux partager l’effort. En revanche, je ne crois pas que nous réécrirons notre système fiscal dans les deux prochains jours, et ce n’est pas grave ! Ce principe de réalité est important, car nous tenons tous à ce que les mesures qui seront adoptées aient un effet sur la vie des Français. Il est une autre réalité à laquelle nous tenons tous : nous voulons que ces mesures respectent le cadre de la Constitution, de la stabilité fiscale et donc de la loi. Il […]
On leur dira que vous taxez les apprentis !
Pour les Français et pour favoriser le compromis, le gouvernement s’engage à agir avec transparence, cette même transparence dans laquelle Éric Lombard et moi-même avons travaillé pour respecter l’objectif, que vous avez fixé en février dernier, d’un déficit public de 5,4 % du PIB en 2025. Cet objectif est en passe d’être tenu.
Nous avons perdu une année !
C’est un signe de confiance. Non seulement il est possible de construire un compromis, mais il est possible de le respecter. J’ai mis toute mon attention et toute mon énergie dans le respect de cet objectif de déficit public. Il s’agit d’un point de départ collectif solide et essentiel pour les débats qui commencent. Dans le même esprit de transparence, je vous présente aujourd’hui les priorités du projet de loi de finances pour 2026, qui peuvent, je crois, nous réunir.La première, le Premier ministre l’a souligné, est de continuer à investir dans notre souveraineté et dans notre sécurité, avec une augmentation de 6,7 milliards du budget de nos armées pour financer l’accélération de notre effort en matière de défense, accélération dont les modalités seront discutées dans le cadre de la prochaine loi de programmation militaire (LPM). Cette priorité se traduira également par le […]
La parole est à M. Philippe Juvin, rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire.
Voici donc venu le grand moment du débat budgétaire, le moment de vérité où nous devons regarder les Français en face et leur dire, avec gravité et franchise, ce que nous décidons aujourd’hui et ce que nous engageons pour demain. Car derrière chaque chiffre, derrière chaque ligne budgétaire, il y a un choix de société, une vision de notre avenir commun.
Des riches et des pauvres !
Et c’est ici, dans cet hémicycle, que nous devons en répondre.Depuis des années, la France vit à crédit : elle paie ses fonctionnaires à crédit, ses retraites à crédit, ses investissements à crédit.
Tout ça pour des cadeaux aux riches !
Si nous avons 3 400 milliards de dette, ce n’est pas parce que n’avons pas assez de taxes. Nous avons 3 400 milliards de dette parce que nous avons tout simplement trop dépensé ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR et Dem. – Exclamations sur les bancs du groupe EcoS.) Notre priorité doit être de baisser notre dette pour retrouver la maîtrise de notre destin. Où est votre souveraineté quand ce sont vos prêteurs qui vous obligent à lever l’impôt ?
Il a raison ! Très juste !
L’accumulation des déficits est une menace pour la justice sociale et une dette insoutenable pour ceux qui nous suivront. Du fait de cette dette, nous sommes chaque année plus pauvres. Prenons le PIB par habitant, un indicateur robuste de prospérité : en 1980, un Français était plus riche qu’un Américain ; aujourd’hui, c’est le contraire.Nous devons avoir en tête quelques évidences. La première est que nous dépensons trop et mal. Ainsi, s’agissant des politiques de lutte contre le chômage, nous dépensons deux à trois fois plus que les Italiens, alors que nous avons le même taux de chômage. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.) Partout, on jette l’argent par les fenêtres, alors qu’il n’y a plus de guichets pour accueillir nos concitoyens et que les services publics manquent de moyens dans les territoires.Deuxième évidence, la France ne produit pas assez. Quand vous divisez […]
C’est la réalité !
Si nous avions l’activité économique de certains de nos voisins, la question du déficit serait en grande partie réglée. Si nous encouragions le travail, par exemple en détaxant complètement les heures supplémentaires, nous enrichirions et le pays et les Français.J’en viens à nos travaux. Qu’ai-je appris de la commission des finances qui vient de se dérouler ? Je veux saluer le président Coquerel, qui a mené les débats,…
Enfin une parole sensée !
…et les députés de tous les groupes, qui ont su affirmer leurs lignes politiques sans alourdir le débat au risque de le bloquer. De tous les bancs sont venues des propositions. Bien sûr, les positions des uns et des autres sont différentes – cela s’appelle la démocratie –, mais je sais que, dans tous les groupes, il y a des femmes et des hommes qui veulent aboutir.
Il y a de bonnes idées partout ! Surtout en Ardèche !
C’est à eux que je m’adresse. Nous devons, malgré nos différences, donner un budget à la France. Bien sûr, ce budget ne conviendra à personne totalement, puisque ce sera un budget de compromis, mais le pire serait l’absence de budget et l’image terrible que nous offririons au monde d’un pays qui ne se gouverne plus.Le premier ministre a annoncé la couleur : ce budget est totalement amendable. À nous de trouver les voies de sortie sans nous trahir ni trahir les évidences économiques. Nous devons réduire notre endettement pour préserver nos marges de manœuvre et protéger notre activité économique pour garantir l’avenir. Si notre croissance devenait durablement inférieure aux taux d’intérêt, nous nous exposerions à un terrible effet boule de neige. Chaque année, tous les efforts des Français, c’est-à-dire leurs impôts, iraient enrichir ceux qui nous prêtent…
Les marchés financiers !
…au lieu de financer notre avenir. Préférez-vous payer les retraites des cadres américains en remboursant leurs fonds de pension ou investir dans l’avenir de notre éducation et de notre recherche ? (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)
Excellent !
Un mot sur les conditions d’examen du budget. Le projet de loi de finances pour 2026 fait 390 pages et nous avons dû passer en revue 1 500 amendements en trois jours. Je vous le dis, mes chers collègues, nous devons vraiment réfléchir à changer nos méthodes de travail. Pour faire des compromis, le Parlement doit avoir du temps pour travailler et se doter de méthodes d’évaluation des propositions du gouvernement. Non seulement les députés travaillent dans la précipitation, mais ils n’ont pas les moyens d’évaluer le coût des mesures proposées par le gouvernement ni même celui de leurs propres propositions. Cela doit changer !En tant que rapporteur général, dans un délai trop court, j’ai essayé d’écouter tous les groupes politiques, de lire leurs propositions, de les expertiser et de les juger, non sous le prisme de l’idéologie, mais sous celui de leur faisabilité juridique et technique […]
Cela ne va pas !
C’est insupportable !
…contre 0 % de réduction des dépenses ! Augmenter les impôts de 14 milliards d’euros nous ferait courir le risque très important d’obérer notre capacité productive ainsi que le pouvoir d’achat des Français. Quant aux dépenses – c’est un point que nous devons considérer avec la plus grande attention –, elles continueront de croître, de 23 milliards d’euros. Un exemple : est-il logique de prévoir une augmentation du nombre de fonctionnaires de l’éducation nationale, alors que le nombre d’enfants baisse et que nous fermons des écoles ? (« Oui ! » sur plusieurs bancs du groupe SOC. – Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)Mon sentiment, c’est qu’il n’y a pas suffisamment de réflexions de fond au sujet des dépenses, en particulier au sujet des dépenses inutiles. (Mme Élisa Martin s’exclame.)
Vous croyez que l’école va bien ?
L’État a peu à peu élargi ses fonctions et, à force de vouloir tout faire, il en est venu à l’impuissance quand il s’agit d’assurer l’essentiel. Savez-vous que, sur 100 euros d’impôts payés, seuls 6 euros sont utilisés pour financer la sécurité intérieure et extérieure ? L’État finance le reprisage des vêtements, le changement des lacets et la taille des braguettes !
Non !
Eh oui ! Mais il a de plus en plus de mal à assurer la protection de nos concitoyens ou encore les investissements dans la recherche et dans l’avenir.
Il y a du progrès à faire !
Pour dépenser moins, nous devons accepter de faire ce que d’autres pays ont fait – le ministre Roland Lescure a évoqué tout à l’heure le Canada du premier ministre Jean Chrétien : une revue générale, ligne après ligne, de nos dépenses publiques.
Il a raison !
Réduire la dépense est difficile et nous savons tous que le chœur des pleureuses se met en mouvement…
Pas de sexisme ! Il y a des hommes qui pleurent aussi !
…dès qu’on leur demande ne serait-ce que de ne pas plus dépenser que l’année dernière. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et DR.)Ce sera donc difficile. Mais je veux que vous ayez une chose en tête : les Français vous soutiennent. Quelque 72 % d’entre eux pensent que l’effort doit passer par la baisse de la dépense. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Et si nous dépensons trop, nous taxons trop. Trop taxer, c’est retirer à chaque famille de l’argent qu’elle pourrait dépenser pour elle-même. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR et sur les bancs du groupe DR.) Si nous dépensons moins, nous redonnons du pouvoir d’achat aux Français.
Bien sûr, il a raison !
C’est faux !
C’est une chose extrêmement simple : c’est justement parce que nous dépensons trop que nous sommes le pays le plus taxé du monde. Quand un Français produit 100 euros, l’État, la puissance publique, lui en prend 43. Certains impôts sont d’ailleurs si élevés qu’ils ne rapportent plus ce qu’ils devaient rapporter, parce qu’on tue la base taxable.Enfin, il faut offrir une stabilité fiscale aux ménages et aux entreprises. Faute de stabilité politique, promettons du moins à nos concitoyens que les règles ne changeront pas d’une année à l’autre et qu’il n’y aura pas de modification de taux, de nouvelle taxe ou de nouvelle règle.
Les entrepreneurs ont besoin de plus de visibilité !
Rappelons-le : le pire ennemi du budget des familles et des entreprises, c’est l’instabilité. Les chefs d’entreprise nous demandent chaque année de cesser de changer les règles.Avec 3 400 milliards d’euros de dettes, le jour s’approche où ceux qui nous prêtent nous diront stop. À force de nous voir nous engager à mener des réformes qui ne voient jamais le jour, ils finiront par cesser de nous prêter ou par nous prêter trop cher, ce qui revient au même. Nos voisins sont fatigués.
C’est l’hémicycle qui est fatigué !
C’est au prisme de quatre principes simples que je livrerai mes avis sur les amendements qui nous seront présentés : dépenser moins, taxer moins, stabiliser les règles, encourager le travail. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR et sur les bancs du groupe DR. – M. Philippe Vigier applaudit également.)
Merci beaucoup, monsieur le rapporteur général. M. le président de la commission des finances est déjà en train de me dire qu’il bénéficiera de plus de temps grâce à vous. La parole est donc à M. le président de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire, pour dix minutes et quarante-deux secondes ! (Sourires.)
La présence d’un premier ministre dans l’hémicycle lors du débat budgétaire est inédite depuis un demi-siècle – mais Raymond Barre portait alors la double casquette de premier ministre et de ministre des finances. Cela montre peut-être la gravité du moment, ou votre inquiétude, monsieur le premier ministre.Depuis octobre 2024 et l’examen du budget Barnier, l’équation n’a pas bougé : nous allons débattre d’un budget minoritaire, présenté par un gouvernement minoritaire – bien plus minoritaire encore –, et je ne vois pas comment son sort pourrait être différent, comment notre assemblée pourrait l’adopter.Ce énième projet de budget macroniste ne fait donc que prolonger et aggraver les effets néfastes des budgets précédents. C’est un budget antisocial et antiécologique qui, associé à celui de la sécurité sociale, constitue un musée des horreurs inégalitaires (Applaudissements sur plusieurs […]
C’est vrai !
Les moyens du ministère de la culture ont déjà baissé de 1,6 % en un an mais l’exécutif ne s’en contente pas : il entend mener une attaque frontale, avec une diminution de 5,4 % en 2026, soit une baisse cumulée de 274 millions d’euros en seulement deux ans.Le financement des associations a été coupé de 7,7 % en un an, mais il faudrait visiblement les mettre à terre avec une diminution de 26,9 % en 2026, ce qui correspond à une baisse de 297 millions d’euros en deux ans.
C’est un scandale !
Quant au budget de la mission Travail et emploi, il a déjà été amputé de 13,4 % mais ça ne suffit visiblement pas. Le gouvernement veut donc une baisse de 12,8 % en 2026, soit une coupe budgétaire de 5,6 milliards d’euros en deux ans.Au total, si le budget du périmètre de l’État affiche une augmentation de 10,5 milliards d’euros, cela s’explique, d’une part, par une augmentation de 5,7 milliards du PSR-UE, le prélèvement sur recettes au profit de l’Union européenne – pour ma part, je souhaite le voir diminuer de la contribution nette de la France au budget de l’Union européenne –, d’autre part, par l’augmentation de 6,7 milliards d’euros du budget des armées. Dans le même temps, les budgets des autres ministères diminuent de 6 milliards en tenant compte de l’inflation.Or les effets économiques de telles diminutions budgétaires sont documentés : ils sont toujours néfastes. L’austérité […]
Il y a eu un signal binaire !
Comment nier qu’il n’y a ni attractivité ni investissements massifs ? Selon Rexecode, le centre de recherche pour l’expansion de l’économie et le développement des entreprises, depuis quinze ans, 590 milliards d’euros d’investissements directs étrangers sont entrés en France alors que 828 milliards en sortaient. Cette tendance va s’aggraver avec notre vassalisation à l’empire américain, si nous suivons le scandaleux accord contracté par Ursula von der Leyen.Comment nier que la pauvreté explose ? 1,2 million de personnes y sont tombées depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir. Comment nier que la désindustrialisation poursuit sa course ? L’industrie manufacturière est passée en dessous de 10 % du PIB. Comment nier l’échec climatique français ? La décarbonation est à l’arrêt et les investissements privés et publics dans le climat reculent, alors qu’ils devraient augmenter.Tout cela est […]
Oui !
Il faut une relance écologique et sociale. La hausse des revenus bénéficiera à la consommation. La hausse de la consommation bénéficiera aux carnets de commandes des entreprises.Face au mur climatique, il faut immédiatement faire bifurquer tous les grands secteurs de la vie économique. Il nous faut raisonner et agir en fonction des besoins écologiques de la population. Je l’ai déjà dit à cette tribune et la Cour des comptes l’a répété il y a un mois : il faut cesser de penser que nous n’avons pas les moyens et qu’il faudrait faire des économies pour pouvoir agir plus tard. Si nous reculons, nous ne pourrons que sauter dans le vide. L’inaction climatique, c’est un coût de 300 milliards d’euros pour la France d’ici à 2050. (Mêmes mouvements.)Face au nouvel ordre international dans lequel des États s’appuient sur l’agressivité militaire et l’agressivité commerciale, les États-Unis en tête […]
C’est inacceptable !
Comment accepter l’amendement qui imposerait une année blanche aux opérateurs via les taxes affectées ? Cela signifierait autant de reculs écologiques et sociaux, avec des coupes budgétaires sur Météo France, l’Office français de la biodiversité (OFB), France Travail, les agences régionales de santé (ARS) et des dizaines de scènes nationales et d’institutions culturelles.Il y a eu de nombreux votes communs entre le bloc central et l’extrême droite s’agissant de la culture, de l’environnement, des droits humains, des plus défavorisés. Tous ces votes alarmants sont sans doute le signe d’une trumpisation des esprits, jusque dans notre assemblée. (Mêmes mouvements.)Comme je l’ai dit, ce texte était invotable à l’origine. Il l’est toujours après avoir été discuté en commission, et je ne vois pas comment il en irait autrement en séance. Si d’aventure certains à l’Élysée cherchaient encore à […]
49.3 !
…au nom de sa prétendue incapacité à voter un budget, force est de constater pourtant que le travail parlementaire a été bien mené, et je salue d’ailleurs le rapporteur général, les commissaires et nos administrateurs. Tous les arguments ont été échangés, l’Assemblée nationale étant représentative du peuple.Le problème, la cause du blocage, réside dans l’obstination à pousser un texte dès le départ minoritaire et qui, à l’issue de son examen en commission, n’est plus soutenu que par un seul groupe. Je ne vois donc pas comment un tel parcours n’aboutirait pas à un échec en séance et à la censure du gouvernement pour éviter que celui-ci ne soit tenté de jouer la montre pour passer son texte par voie d’ordonnance en cas de dépassement des soixante-dix jours. En cas de censure, la loi spéciale pourrait être une solution – pas pire que le budget qu’on nous prépare – en attendant de nouvelles […]
J’ai reçu de Mme Mathilde Panot et des membres du groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire une motion de rejet préalable déposée en application de l’article 91, alinéa 5, du règlement. La parole est à M. Aurélien Le Coq.
En ce vendredi après-midi d’automne, dans l’hémicycle feutré de l’Assemblée, sous les dorures, au milieu des sièges de velours rouge… se prépare un coup d’État social ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Voilà la violence à bas bruit d’un monarque prêt à tout pour contenter les intérêts de ses amis banquiers. Qu’importe si les élections sont perdues, tant qu’Arnault, Bolloré et Saadé sont satisfaits ! Qu’importe si des gouvernements illégitimes d’usurpateurs tombent les uns après les autres, tant que Bruxelles est contentée ! Avec l’avènement de la Macronie, la République s’est évanouie. C’est le règne de l’oligarchie ! (Mêmes mouvements.)
Quelle caricature !
Le sketch grandeur nature que la France observe, médusée, depuis plus d’une année n’a qu’un seul but : que l’oligarchie tienne, que la finance encaisse, que Macron reste ! Honni, détesté et acculé, il a engagé une nouvelle bande de mercenaires… Balayés dans les urnes, ils n’ont qu’une seule mission : défendre le régime du pognon. Voilà donc Lecornu,…
M. Lecornu ! M. le premier ministre !
…huit ans biberonné dans les palais ministériels, déjà une fois démissionné, qui vient nous resservir la soupe avariée d’un Bayrou autocensuré. Oui, le budget d’horreurs sociales qui nous fait face n’est rien d’autre que la cure d’austérité Bayrou-Macron à peine revisitée. D’ailleurs vous savez qui est la ministre du budget : c’est la même qui sévissait en février dernier pour imposer 32 milliards d’efforts budgétaires, la même qui a inventé le plan Bayrou qui a fait tomber son gouvernement… Étonnant, non ? Au même budget, les mêmes conséquences : la chute de ce gouvernement est programmée.Madame la ministre, vos chiffres sont autant de lames plantées dans le dos des Français : 4,7 % de déficit sans augmenter les impôts des plus riches, cela veut dire quoi ? Cela signifie 40 milliards de massacres à la tronçonneuse ! Le budget le plus violent socialement de la Ve République ! (« Eh oui […]
C’est faux !
Vous avez décidé de taxer ceux qui ont du mal à se lever, à marcher ou à respirer, qui luttent chaque jour contre la maladie pour vivre. (« Eh oui ! sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Toucher une indemnité journalière quand on a le cancer n’est tout de même pas un luxe, un privilège, c’est une question de vie ou de mort ! Mais vous vous en foutez ! Tant qu’ils sont en vie, vous les ferez payer !De quoi a-t-on besoin lorsqu’on est malade ? D’attractivité, pour l’industrie pharmaceutique ? Mais oui ! Prescription : 8 milliards de crédits d’impôt recherche. « Ça va, cher patient ? Vous vous sentez mieux ? »
Insupportable d’entendre ça !
Vous préférez les actionnaires de Sanofi aux malades ! Pour Sanofi, qui licencie et brade Doliprane aux Américains, des cadeaux en pagaille ; pour ceux qui achètent leurs médicaments parce qu’ils en ont besoin, le doublement des franchises médicales.Car oui, il n’y a pas que dans le budget de l’État que vous sacrifiez les Français : double dose, double lame ; celui de la sécurité sociale est là pour achever les malades ! Vous ajoutez 7 milliards de coupes sur l’hôpital. Vous avez du sang sur les mains. (Protestations sur de nombreux bancs des groupes EPR, DR et Dem.) Ces mots ne sont pas que les miens, écoutez ce témoignage : « Ma mère s’est vu refuser un lit d’hôpital,…
Quel populisme !
…malgré son cancer du poumon. Elle s’est fait renvoyer en hospitalisation à domicile, et est décédée deux jours plus tard. Ils ont du sang sur les mains. » (Mêmes mouvements.)Mais vous ne vous en prenez pas seulement aux malades, tout le monde va passer à la caisse ! Est-ce que quelqu’un ici suit les interventions publiques d’Amélie de Montchalin ? Le 15 avril, celle qui se présente comme ministre du budget déclarait : « Je ne serai pas la ministre qui va augmenter les impôts. » Le 4 juillet, la même récidive : « Il n’y aura pas de hausse d’impôt généralisée. » Le 9 juillet, elle précise même : « Nous n’allons pas augmenter les impôts sur les classes moyennes et les classes populaires. » D’où ma question : est-ce que l’Amélie de Montchalin présentée sur les plateaux télé comme ministre du Budget est la même que celle qui nous présente aujourd’hui ce budget ? Car oui, les impôts vont […]
On mange les petits enfants aussi ?
Il ne faudrait pas que les salariés puissent bénéficier de ce qu’ils ont produit, surtout pour manger. Alors on a taxé les malades, les retraités… Mais ce n’est jamais assez ! Si on veut réduire le déficit, on va devoir finir par taxer Bolloré !… Ah, vite, une nouvelle idée alors : les étudiants. C’est vrai, quoi, il y va de la justice fiscale : si les 17 millions de retraités vont voir leur retraite baisser et que tous les salariés vont se faire racketter, il n’y a pas de raison que les étudiants soient épargnés ! Le luxe d’une résidence Crous – les centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires –, en colocation avec les cafards et les punaises de lit, l’opulence d’un studio étudiant non chauffé et la gabegie de faire un repas par jour justifient que les APL – les aides personnalisées au logement – soient donc gelées, et même supprimées pour les étudiants étrangers.
La honte !
J’espère, collègues, que vous êtes confortablement assis et que les repas à la buvette de l’Assemblée sont bons…
Où avez-vous mangé à midi ?
…parce que vous vous apprêtez à pourrir la vie de millions de Français, que vous avez déjà jetés dans la pauvreté ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Pourquoi est-ce à eux de payer, et de payer quoi ? Le déficit ? Mais c’est vous et vos gouvernements qui l’avez creusé : 211 milliards de cadeaux aux grandes entreprises, 75 milliards d’exonérations de cotisations sociales et 60 milliards de cadeaux fiscaux aux plus riches : voilà où est parti l’argent. Et pour quoi faire ? Relancer la croissance et créer de l’emploi selon vous. Mais vous êtes en train de creuser notre tombe avec le sourire ! 65 000 entreprises ont fermé et l’industrie disparaît peu à peu, sa part dans le PIB passant sous les 10 %. Certes, au début de l’année, soixante sites industriels ont ouvert – miracle, félicitations ! –, mais quatre-vingt-trois ont fermé – vingt-trois de plus. Et vous refusez de […]
Et vous avez voté pour qui ? Pour Macron !
Électeurs du Rassemblement national, entendez ceci : le RN est devenu une petite bande de copistes de la Macronie. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Regardez le contre-budget qu’ils viennent de présenter : c’est le budget de Macron, version brouillon !
La perte de la prime d’activité pour les personnes en situation de handicap est dedans ! Le doublement des franchises médicales est dedans ! Les 7 milliards d’économies sur la santé sont dedans ! Les suppressions des postes d’enseignants sont dedans ! Emmanuel Le Pen ou Marine Macron ? Difficile de trancher. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)
Et toi, tu as voté pour qui ? Pour Macron !
Qui copie sur qui ? Dans son projet de budget, le gouvernement Lecornu a copié-collé le programme de l’extrême droite, avec une taxation généralisée des étrangers. Le coût d’une demande de carte de séjour augmentera de 100 euros ; celui d’un dossier de naturalisation, de 200 euros. La Macronie atteint le niveau de l’indignité nationale.Il n’y a rien à sauver dans ce budget. Tout est à jeter. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Face à un coup d’État social, on ne négocie pas, on ne cherche pas à l’amoindrir, on le combat.Collègues députés, en vérité, pas un seul d’entre vous ne croit sincèrement que la Macronie puisse faire le moindre compromis. Les hypocrisies doivent cesser. Ils ont renoncé au 49.3 ? La belle affaire : ils écraseront tous les amendements en CMP – commission mixte paritaire ! Et si cela ne suffit pas, ils utiliseront les ordonnances, un déguisement du […]
Veuillez conclure, monsieur le député.
Il n’y a plus de temps à perdre. Protégeons les Français : rejetons le budget, censurons Lecornu, destituons Macron ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)
La parole est à M. le ministre.
Monsieur le député, je vous ai écouté attentivement. Voilà quinze minutes que vous provoquez, que vous caricaturez, que vous insultez, que vous dénigrez et que vous refusez tout débat. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur quelques bancs du groupe DR.) Vous avez dénigré le travail parlementaire d’élus de la nation qui souhaitent travailler ensemble. (Mme Sandra Marsaud applaudit.) Le fantasme de la buvette vous plaît. Pourtant, nous sommes vendredi, il est 16 heures, le premier ministre est présent et on n’a jamais vu autant de députés dans l’hémicycle (Exclamations de nombreux députés du groupe LFI-NFP, qui montrent les bancs clairsemés des groupes RN et UDR) pour une discussion générale du projet de loi de finances. Et vous parlez de la buvette ? Vous devriez avoir honte ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et HOR ainsi que sur quelques […]
Ne pointez pas un député du doigt !
…vous avez à deux reprises interpellé personnellement une ministre qui, il y a huit mois, a travaillé d’arrache-pied avec des parlementaires de tous bords soucieux, contrairement à vous, de doter la France d’un budget. Malgré leurs nombreux désaccords, ils l’ont fait. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Si la France a eu un budget en 2025, ce n’est pas grâce à vous ni à vos collègues. Ce budget, nous le respectons.
Le respect, LFI ne sait pas ce que c’est !
Vous faites peur aux Français (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP), alors qu’il y a ici des gens qui, malgré leurs différences, souhaitent leur redonner de l’espoir. Continuez à souffler sur les braises et laissez celles et ceux qui veulent construire le faire ! La semaine dernière, des députés issus de la plupart des bancs ont décidé, même s’ils ne sont pas d’accord sur grand-chose, de ne pas censurer le gouvernement. Non pour donner une chance aux ministres, mais parce qu’ils souhaitaient en donner une au débat. Nous verrons le résultat du vote sur la motion de rejet, mais j’espère vivement que, de la même manière que la semaine dernière, les parlementaires responsables, présents sur de nombreux bancs, diront qu’ils veulent débattre.Vous savez que j’ai de profonds désaccords avec beaucoup de vos collègues et avez répertorié de nombreux sujets qui doivent faire l’objet de […]
La parole est à Mme la ministre.
Mon intervention sera très courte. Puisque 3 700 amendements ont été déposés, nous avons le choix d’avoir 3 700 débats sur 3 700 sujets qui concernent les Français ou, en un vote, de clore les discussions, d’envoyer le texte au Sénat et de considérer que cet hémicycle n’est pas responsable du budget. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem. – Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Mesdames et messieurs les députés, je vous laisse décider. Cela nous prendra des heures, des jours, des nuits, mais nous sommes là et nous allons travailler pour les Français. Nous le devons à nos concitoyens, qui espèrent que nous saurons nous mettre d’accord ici, pour eux. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem. – Mme Marie-Christine Dalloz applaudit également.)
Nous en venons aux explications de vote sur la motion de rejet préalable.La parole est à M. Emmanuel Maurel.
Le premier ministre nous a invités à préférer le compromis à l’intransigeance. Le problème, c’est que ceux qui dénoncent l’intransigeance des autres sont trop souvent ceux qui la pratiquent. Ainsi, le premier des intransigeants, dans le pays, est le président de la République. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) D’ailleurs, dès que vous ouvrez une fenêtre, monsieur le premier ministre, il s’empresse de la refermer.
Ça ne vous a pas gêné, qu’on ouvre les fenêtres !
Il y a d’autres intransigeants, comme certains représentants du patronat qui refusent le moindre effort pour participer au redressement national. De même, quand certains membres du gouvernement envisagent, pour gagner quelques centaines de millions d’euros, de fiscaliser les indemnités journalières des Français qui ont une affection de longue durée (ALD), cela relève de l’intransigeance, pas de la recherche du compromis.
On vous a connu meilleur, monsieur Maurel !
Autre exemple : comme nous l’avons vu en commission des finances, l’hémicycle compte quelques rescapés de 2017 qui continuent de croire aux vertus de la politique de l’offre et à la théorie du ruissellement. Je ne leur en veux pas, mais je constate qu’ils sont incapables de faire preuve de lucidité, car cette politique ne porte pas ses fruits ! Ni sur l’attractivité, ni sur le déficit commercial, ni même sur l’emploi.
C’est faux !
Acceptez donc, monsieur Lescure, que nous questionnions cette politique et que nous ayons un débat sincère sur l’année blanche, dont les effets frapperont les Français les plus vulnérables, et sur la justice fiscale. Monsieur le premier ministre, si vous méconnaissez l’aspiration des Français à plus de justice fiscale, vous allez au-devant de graves déconvenues. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)
La parole est à M. Gérault Verny.
Avec 68 000 faillites, 3 400 milliards d’euros de dette, 75 milliards de dépenses pour payer les intérêts de cette dette et 150 milliards de déficit prévus dans le PLF, la copie n’est pas bonne.
C’est Stérin qui vous l’a dit ?
Voulons-nous continuer avec cette mauvaise copie qui prolonge les affres de la politique menée au cours des douze dernières années par la Macronie ou voulons-nous, au contraire, essayer de proposer à la France et aux Français un modèle différent qui permette le redressement national ? Nous choisissons la seconde option et nous allons nous battre sur ce budget. Nous rejetons donc avec la plus grande vigueur la motion de rejet préalable.
La parole est à M. Matthias Renault.
Nous allons voter contre la motion de rejet,…
Comme c’est bizarre !
…pour deux raisons. La première raison est que nous entrons dans un moment important de la vie parlementaire. Nous représentons le peuple et, au moment de la discussion du budget, notre fonction est de décider des impôts. Il s’agit là du rôle historique du Parlement, dans toutes les démocraties. En ce qui nous concerne, nous représentons 11 millions d’électeurs. Nous devons leur exposer, ainsi qu’à tous les Français, ce que nous ferons quand nous serons au pouvoir. C’est la raison pour laquelle nous avons conçu un contre-budget. Le présenter devant la presse, c’est bien ; le défendre devant l’Assemblée nationale, le lieu fait pour cela, c’est encore mieux. Nous y proposons 20 milliards d’euros d’impôts en moins et 50 milliards de dépenses publiques en moins que dans le budget Lecornu. Les Français sont conscients des difficultés financières du pays et demandent en priorité des économies […]
Non ! Ils demandent de partager les richesses.
…et la fin des gabegies, auxquelles ils ne consentent plus. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)La seconde raison de notre opposition à la motion de rejet préalable est qu’il y a peu, une majorité de députés ont choisi de ne pas censurer le gouvernement. Nous avons affirmé que cette majorité était composée de ceux qui ont peur de retourner devant les urnes. Il nous a été répondu qu’il s’agissait d’une majorité raisonnable, de stabilité, capable de construire un budget avant le 1er janvier prochain. Alors, montrez à la France entière si vous en êtes capables ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
Sur la motion de rejet préalable, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Denis Masséglia.
Le budget est le cœur battant de la démocratie. C’est par ce texte que nous décidons des priorités et des efforts de la France, de ce qu’elle accompagne ou protège. Pourtant, avant même de discuter, le groupe LFI propose de tout rejeter. Avant d’échanger, il veut faire taire le débat ; avant d’avancer, il veut bloquer. C’est un choix politique, bien sûr, mais c’est surtout un renoncement. En faisant cela, il risque de priver le Parlement de sa mission la plus essentielle, déterminer le budget, et de son rôle fondamental, débattre. (Brouhaha.)Un budget n’est pas le texte d’un parti, il est celui d’une nation. Il exige du dialogue, de l’écoute et, surtout, du compromis. Construire ensemble et ne pas s’opposer par principe fait la force du Parlement. À l’heure où nous observons de plus en plus de fractures dans notre pays, nous avons collectivement le devoir de rassembler. J’en appelle à […]
Parce que vous avez été battus !
Les Français attendent non des postures, mais des résultats. Partout, dans nos circonscriptions, ils nous demandent de nous accorder pour voter un budget.
Non, ils vous demandent de partir !
Parce que le groupe Ensemble pour la République est celui des solutions plutôt que celui des blocages, nous voterons contre la motion de rejet. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)
La parole est à Mme Mathilde Feld.
Le vote d’un budget constitue un acte politique majeur. Ce que veulent 86 % des Français, c’est le partage des richesses. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Notre devoir d’élus, c’est de répondre aux besoins des Françaises et des Français pour leur garantir une vie digne. En proposant ce budget, le gouvernement est très loin de cela : il persiste à suivre la méthode des tableaux de bord, qui consiste à manipuler des chiffres plutôt que de s’occuper des vies. (Mêmes mouvements.) Outre qu’elle a mené la France à un déficit record – 345 milliards d’euros –, cette méthode a déjà fait basculer 10 millions de Français dans la pauvreté, pendant que les 500 plus grandes fortunes passaient de 7 % à 40 % de notre PIB en vingt ans. (Mêmes mouvements.)Rien ne va dans ce budget, qui continue à piller méthodiquement les ressources de nos services publics tout en faisant les poches […]
La parole est à Mme Estelle Mercier.
Une motion de rejet préalable du projet de loi de finances pour 2026 empêcherait tout débat parlementaire dans cet hémicycle. Nous ne pouvons pas demander, d’un côté, que le Parlement soit souverain et que le 49.3 ne soit pas activé et, de l’autre, refuser toute discussion, même difficile, sur le budget. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.)Les Français ont élu une assemblée fragmentée, et, pour doter la France d’un budget, nous faisons le pari responsable de la démocratie parlementaire, de la recherche de majorités et du compromis.
Enfin une macroniste qui parle bien !
Cela nous engage tous vis-à-vis des Français.Ce budget n’est pas celui des socialistes ; ce n’est pas le nôtre et ce ne sera pas le nôtre demain, nous en avons bien conscience,…
On ne comprend rien à ce que tu dis !
…mais il peut encore être modifié. Pour être acceptable, il faut en effet qu’il soit plus juste, qu’il fasse contribuer les plus riches, les gros patrimoines, et qu’il épargne les plus fragiles et les plus modestes. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Telle sera donc notre boussole, parce qu’il n’y aura pas de rétablissement des comptes publics sans justice fiscale et sociale.Chers collègues, s’il existe dans cet hémicycle une volonté sincère et partagée, alors nous, socialistes, sommes prêts à ce débat. Nous nous battrons amendement par amendement, car nous sommes convaincus qu’un autre budget est possible. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe EPR.)
La parole est à Mme Marie-Christine Dalloz.
Parce qu’elles m’ont profondément choquée, je voudrais revenir sur cinq expressions employées lors de la défense de cette motion de rejet préalable : « coup d’État social » ; « gouvernement illégitime » ; « défendre le régime du pognon » ; « vous avez du sang sur les mains » ; et « indignité nationale ». (« Bravo ! » et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) N’avez-vous aucune honte à utiliser de tels termes en ce lieu ? (Applaudissements sur les bancs des groupes DR, EPR, Dem et HOR.) Les mots ont du sens ! Il est scandaleux d’entendre de tels propos et, en les tenant, vous ne grandissez pas le débat parlementaire sur le budget.Il est facile d’attiser la colère dans le pays comme vous le faites. Pour ma part, je voudrais vous ramener à la raison. Monsieur Le Coq, je vais vous citer Michel Audiard : « Les excès de passion sont toujours regrettables, c’est le contraire de […]
Ah non, c’est sûr !
Nous sommes pour la revalorisation du travail, pour la lutte contre l’assistanat, pour la baisse de la dépense publique,…
Et les notes de frais de Laurent Wauquiez ?
…pour la restauration de l’autorité, soit l’exact inverse de ce que vous souhaitez. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Et contrairement à vous, nous voulons un budget pour 2026, un budget pour la France, car nous aimons la France ! (Applaudissements sur les bancs des groupes DR, EPR, Dem et HOR.)
La parole est à Mme Christine Arrighi.
Le budget présenté par le gouvernement est un mauvais budget. Tout le monde s’accorde à le dire, sauf quelques isolés, qui regrettent encore 2017 et ne se sont pas rendu compte que nous étions en 2025. Dans la continuité des précédents budgets, il fait peser les efforts sur les classes moyennes et populaires, tout en épargnant les riches et les grandes entreprises. Nous nous y opposons totalement.Construire collectivement le budget de la France suppose au minimum de respecter deux engagements, dont le premier, de modération, tient au faible temps d’examen et de débats auquel nous sommes contraints. Or, que constatons-nous de la part des groupes qui soutiennent le gouvernement ? Ce sont ceux qui ont déposé le plus d’amendements en séance : près de 800 pour le groupe DR et 550 pour EPR ! Il s’agit d’un premier signe inquiétant, qui fait douter de la sincérité, de l’authenticité de la […]
Et vous jamais !
…quitte à défaire eux-mêmes le projet gouvernemental. C’est un second signe inquiétant. Les groupes soutenant le gouvernement ne sont visiblement pas prêts au compromis. Monsieur le premier ministre, je ne sais pas si vous m’entendez, mais vous n’êtes pas suivi.
Arrêtez de faire semblant, c’est vous qui n’êtes pas prêts au compromis !
Ainsi, la seule évolution notable de ce budget, c’est l’engagement du gouvernement à ne pas utiliser l’article 49.3 de la Constitution, qui condamnait l’Assemblée nationale au silence.
Il était temps !
Le groupe Écologiste et social défend depuis longtemps une telle évolution de la Constitution, afin de faire de l’Assemblée le lieu démocratique où se construit le budget de la nation. En cohérence avec ce principe, nous souhaitons vous mettre face à vos responsabilités et voir si vous êtes prêt à écouter les Françaises et les Français. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.)
La parole est à M. Emmanuel Mandon.
C’est malheureusement devenu une habitude : avant même d’en avoir examiné une seule ligne, les collègues de la France insoumise choisissent de rejeter en bloc le projet de loi de finances au nom d’une opposition systématique, sans nuance et caricaturale. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Peu leur importe que, cette année, le Parlement ait complètement la main, le premier ministre ayant décidé de ne pas recourir à l’article 49.3. Notre groupe n’avait pas demandé cet engagement, considérant qu’un éventuel recours constituait une garantie pour la préservation de la cohérence du budget et de sa claire direction au moment du choix définitif. Cette motion de rejet a-t-elle encore un sens ?Surtout, quelles seraient les conséquences de son adoption pour les Français ? Car ce sont eux qui seraient les premiers touchés par notre incapacité à nous entendre : les familles et tous ceux […]
Et les travailleurs ? Beau représentant du patronat !
La motion de rejet, c’est l’immobilisme assuré, alors qu’autour de nous, le monde bouge, et parfois dangereusement ; il ne nous attend pas. Les désaccords sur les orientations budgétaires sont bien sûr légitimes, et en commission des finances, ils se sont exprimés dans le respect mutuel. Avec la motion de rejet, on ne propose plus rien : on veut tout simplement bloquer et faire des caricatures.Pour notre part, nous voulons débattre. Nous voulons réduire les déficits et retrouver la crédibilité internationale en renforçant la justice fiscale et en freinant la hausse automatique des dépenses publiques. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.) Nous souhaitons enrichir le texte de nos propositions sur le logement, sur le pouvoir d’achat et sur la simplification. Le Parlement est souverain ; il est fait pour dialoguer et trancher. Nous voterons contre cette motion de rejet préalable. […]
La parole est à Mme Félicie Gérard.
La priorité de notre groupe a toujours été de préserver la stabilité politique et financière de notre pays.
C’est pourquoi vous demandez la démission du président de la République !
Dans une période de tensions économiques, nous refusons les postures, qui conduisent à l’immobilisme. Ainsi avons-nous agi avec responsabilité et exigence en commission des finances – comme nous l’avons toujours fait –, afin de permettre l’adoption d’un budget crédible. Nous continuerons à le faire. Comptez sur nous pour dire la vérité à nos concitoyens et nous opposer à certaines mesures qui aggraveraient l’état de nos finances publiques, mais aussi pour chercher un compromis utile aux Français ! Nous faisons confiance à la discussion en séance pour trouver un accord sur l’essentiel, donner un budget à la France. Nous voterons donc contre cette motion, qui rejette le débat. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR.)
La parole est à M. Charles de Courson.
Après avoir subi l’adoption au forceps de plusieurs budgets, comment l’Assemblée nationale pourrait-elle se dérober à la discussion qui s’ouvre ? Le premier ministre a ouvert un chemin en renonçant à l’usage du 49.3. Il s’agit d’une décision sage, que notre groupe accueille favorablement. Le groupe LIOT appelle l’ensemble des parlementaires à se saisir du débat. Nous resterons fidèles à ce que nous sommes – une opposition constructive – et nous défendrons avec conviction nos propositions.Les débats en commission des finances ont montré que la France n’est pas tripolaire, mais multipolaire. Des compromis sont donc indispensables. Entendons-nous sur une copie au service des Français ! C’est ce que notre peuple souhaite très majoritairement.Aux côtés d’autres courants politiques, notre groupe a obtenu d’importantes avancées : la réindexation de la première tranche d’impôt sur le revenu […]