Séance du 27 octobre 2025 /// n°16 /// 490 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Session ordinaire 2025 -2026

Séance du 27 octobre 2025 — 16e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Nadège Abomangoli.

490prises de parole
74orateurs
5points à l'ordre du jour
12scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
3169 l'amendement n° 1530 de M. Le Coq après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 34 / 45 rejeté
3170 l'amendement n° 1049 de M. Garot après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 49 / 27 adopté
3171 l'amendement n° 539 de Mme Pirès Beaune après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 140 / 32 adopté
3172 l'amendement n° 2240 de Mme Firmin Le Bodo après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 83 / 154 rejeté
3173 l'amendement n° 2481 de M. Eskenazi après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 33 / 255 rejeté
3174 l'amendement n° 3601 de M. Midy et l'amendement identique suivant après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (prem… 142 / 148 rejeté
3175 l'amendement n° 635 de Mme Pirès Beaune après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 173 / 85 adopté
3176 l'amendement n° 2397 de M. Le Coq après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 80 / 155 rejeté
3177 l'amendement n° 2394 de Mme Feld après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 71 / 154 rejeté
3178 l'amendement n° 2208 de M. Coquerel après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 102 / 153 rejeté
3179 l'amendement n° 1860 de M. Coquerel après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 68 / 146 rejeté
3180 l'amendement n° 1915 de Mme Feld après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 92 / 137 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 490 — page 1 / 3.

Nadège Abomangoli president · LFI #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)

Première partie (suite)

Nadège Abomangoli president · LFI #7

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion de la première partie du projet de loi de finances pour 2026 (nos 1906, 1996).Cet après-midi, l’Assemblée a poursuivi la discussion des articles du projet de loi, s’arrêtant aux amendements identiques nos 2311 et 2731 portant article additionnel après l’article 12.

Après l’article 12 (appelé par priorité – suite)

Pour information, nous avançons, ces dernières heures, au rythme d’un peu moins de quatorze amendements par heure – et de onze par heure depuis le début de l’examen du texte. Nous allons reprendre en essayant de nous en tenir à un pour un contre, sauf discussion commune particulièrement importante.Les amendements identiques nos 2311 et 2731 ne sont pas défendus.L’amendement no 1530 de M. Aurélien Le Coq est défendu.Sur cet amendement, je suis saisie par les groupes Rassemblement national et La France insoumise-Nouveau Front populaire de demandes de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Philippe Juvin, rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire, pour donner l’avis de la commission.

Philippe Juvin rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire · DR #15

Avis défavorable.

La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, pour donner l’avis du gouvernement.

Roland Lescure ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique · EPR #17

Même avis.

La parole est à M. Matthias Tavel.

Il s’agit ici, par des mécanismes d’amortissement fiscaux, de favoriser la conversion rapide des flottes d’entreprise aux véhicules électriques, en réduisant les avantages fiscaux liés à l’amortissement des véhicules thermiques.

L’amendement est défendu ! Pourquoi reprend-il la parole ?

Cela encouragerait la massification de la production de véhicules électriques et contribuerait à la baisse du prix de ces derniers pour les particuliers, tout en alimentant le marché de l’occasion, dont on sait qu’il est abondamment pourvu par les flottes professionnelles. Ce serait une mesure cohérente sur le plan tant écologique qu’industriel. (M. Aurélien Le Coq applaudit.)

La parole est à M. le ministre.

Roland Lescure ministre · EPR #23

Des dispositions inscrites à l’article 13 du projet de loi de finances (PLF) prévoient plusieurs mesures en faveur du verdissement de la fiscalité des véhicules. Nous les examinerons bientôt :…

Bientôt… (Sourires.)

Roland Lescure ministre · EPR #25

…attendons un peu ! Avis défavorable.

Nadège Abomangoli president · LFI #26

Je mets aux voix l’amendement no 1530.

#27

(Il est procédé au scrutin.)

Nadège Abomangoli president · LFI #28

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 80 Nombre de suffrages exprimés 79 Majorité absolue 40 Pour l’adoption 34 Contre 45

#29

(L’amendement no 1530 n’est pas adopté.)

Nadège Abomangoli president · LFI #30

Sur l’amendement n° 539, je suis saisie par le groupe Socialistes et apparentés d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à Mme Dieynaba Diop, pour soutenir l’amendement no 1049.

Il vise à adapter le dispositif encadrant les dons alimentaires afin que les entreprises distribuant des denrées alimentaires soient davantage incitées à préférer le don à la destruction. On sait très bien que les quantités détruites sont importantes !La disposition, neutre sur le plan fiscal, produirait un fort effet incitatif sur les dons, sans contrainte administrative supplémentaire pour les grandes et moyennes surfaces. (M. Aurélien Rousseau applaudit.)

article Après_ 12

Quel est l’avis de la commission ?

Philippe Juvin rapporteur général · DR #35

La commission a adopté l’amendement. Avis favorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Roland Lescure ministre · EPR #37

Avis défavorable.

Oh ! Un effort !

Roland Lescure ministre · EPR #39

Les pertes de denrées alimentaires périssables étant inévitables dans le secteur de la distribution au détail, la mesure que vous proposez viendrait pénaliser injustement des entreprises qui font déjà face à une perte de chiffre d’affaires du fait de ces mêmes pertes.

Au contraire !

Roland Lescure ministre · EPR #41

Le taux cumulé de la nouvelle réduction d’impôt pourrait s’élever à 85 % pour une même fraction de don : si elle atteignait un niveau aussi élevé, l’incitation aux dons serait à mon avis trop importante alors que, dans le même temps, des pertes automatiques se verraient fortement sanctionnées. Avis défavorable.

La parole est à Mme Christine Pirès Beaune.

Je crois que M. le ministre se trompe. Le régime fiscal actuel favorise la destruction des denrées alimentaires invendues ! Cet amendement déposé par M. Garot, qui était d’ailleurs à l’origine du dispositif, vise à contrecarrer cela. Il faut vraiment inverser la logique ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC.)

Nadège Abomangoli president · LFI #44

Je mets aux voix l’amendement no 1049.

#45

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Nadège Abomangoli president · LFI #46

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 98 Nombre de suffrages exprimés 76 Majorité absolue 39 Pour l’adoption 49 Contre 27

#47

(L’amendement no 1049 est adopté.) (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

Nadège Abomangoli president · LFI #48

La parole est à Mme Christine Pirès Beaune, pour soutenir l’amendement no 539.

article Après_ 12 · amendement 539

Je précise d’emblée que cet amendement ne change rien au dispositif généreux de suramortissement que nous devons à M. Charles de Courson et qui permet de verdir les flottes professionnelles. C’est un dispositif plutôt vertueux, mais des pratiques abusives ont été constatées ; certaines entreprises françaises mettent à disposition, via des contrats de location, des véhicules qui bénéficient de l’aide fiscale française, mais qui sont utilisés – et roulent donc – à l’étranger. L’amendement vise à combler une faille du dispositif. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC.)

article Après_ 12 · amendement 539

C’est très clair !

Quel est l’avis de la commission ?

Philippe Juvin rapporteur général · DR #52

La commission a rejeté l’amendement. Ce que dit notre collègue est cependant tout à fait vrai : il arrive que des sociétés étrangères utilisent des bus propres payés avec les impôts des Français mais qui roulent à l’étranger. Toutefois, le secteur du transport routier de marchandises étant totalement européanisé, l’affectation d’un véhicule à une « activité en France » sera très difficile à définir. Le problème que vous posez est bien réel, mais je ne vois pas comment il sera possible de déterminer si un bus ou un camion roule majoritairement en France ou à l’étranger : comment distinguer l’activité effectuée sur une route française de celle réalisée ailleurs en Europe ? Avis défavorable, malgré les bons arguments que vous avez donnés.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Roland Lescure ministre · EPR #54

Trois problèmes résulteraient de l’adoption de votre amendement, à commencer par celui de la conformité au droit européen. Ensuite, dans la mesure où 50 % des poids lourds sont loués – par des entreprises françaises à l’étranger ou inversement –, 50 % du marché se retrouverait exclu du dispositif visant à favoriser l’utilisation de véhicules propres. Enfin, votre amendement délègue la fiscalité, un pouvoir législatif, au pouvoir réglementaire : cela revient à vous dessaisir de votre pouvoir et c’est anticonstitutionnel ! Sur le fond comme sur la forme, je vous engage à le retirer. Peut-être pourrons-nous y retravailler par la suite, mais en l’état, ça ne fonctionne pas.

La parole est à M. Charles de Courson.

J’ai en effet défendu cet amendement l’année dernière. Cependant, quand nous avions voté ce suramortissement, à une large majorité, nous n’avions pas connaissance des pratiques de certaines banques, qui passent des accords avec les fabricants de ces véhicules et les acquièrent à des prix fort intéressants avant de les louer à l’étranger. Ce n’était pas le but de la mesure, dont la visée était écologique ! On nous dit que si nous précisons que l’activité doit avoir lieu en France, il y a un risque d’euro-incompatibilité. Ce n’est pas faux mais, monsieur le ministre, avez-vous des idées pour éviter ce contournement de la disposition, dont l’objectif initial était de réduire les émissions de gaz à effet de serre en France, et pas en Norvège ?On m’a parlé du cas extraordinaire d’une banque dont je tairai le nom : elle a créé une filiale qui achète des camions à des prix très élevés, fait du […]

La parole est à Mme Christine Pirès Beaune.

Si c’est la mention du recours au décret qui gêne M. le ministre dans mon amendement, il suffit de la supprimer ! Quoi qu’il en soit, on ne peut pas accepter que l’argent des Français finance des véhicules qui iront ensuite rouler en Norvège, pour reprendre l’exemple cité par M. de Courson. Je n’ai aucun mal à le dire : une banque française a acheté des bus en profitant du suramortissement payé par les Français ; ces bus se sont ensuite retrouvés à rouler en Norvège via un contrat de location ! C’est un exemple particulièrement frappant d’optimisation fiscale. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

La parole est à M. le ministre.

Roland Lescure ministre · EPR #61

Je comprends, madame la députée, mais ce que je dis, c’est que votre amendement, en l’état, ne permet pas de résoudre le problème.

On le vote et vous modifierez !

Roland Lescure ministre · EPR #63

En me déléguant ce pouvoir par la voie réglementaire, vous ne réglez rien. Si je publie un décret, il sera anticonstitutionnel – en tout cas, votre amendement l’est.Je dois avouer que je découvre ce sujet, auquel vous avez consacré de longs débats l’année dernière. Je comprends qu’il soit frustrant d’entendre un ministre vous demander encore un peu de temps, mais nous devons y retravailler. À l’heure actuelle, je n’ai pas de solution. La seule possible serait d’exclure tous les véhicules de location ; or vous savez bien qu’une part importante des poids lourds et des bus qui circulent en France sont précisément des véhicules de location.

La parole est à M. le rapporteur général.

Philippe Juvin rapporteur général · DR #66

Soyons clairs : Mme Pirès Beaune a tout à fait raison de souligner que des sociétés utilisent les crédits dont nous parlons pour acheter des bus qu’elles feront circuler ailleurs, ce qui est absurde.

Philippe Juvin rapporteur général · DR #68

Cependant, si l’on réserve la mesure à des véhicules qui roulent en France, cela risque de ne pas fonctionner, car le poids lourd qui fait du transport international, à un moment donné, sortira du territoire national pour s’intégrer au trafic routier en Allemagne, en Belgique ou en Italie. Même si vous avez raison, ce dispositif serait inopérant : nous devons y retravailler. Vous avez soulevé un lièvre, un gros lièvre, mais il court mal.

Alors votez-le !

Philippe Juvin rapporteur général · DR #70

On ne peut pas voter quelque chose qui ne fonctionne pas ! On ne va pas remplacer une anomalie par une autre.

M. le rapporteur général est chasseur ! (Sourires.)

Nadège Abomangoli president · LFI #72

Je mets aux voix l’amendement no 539.

#73

(Il est procédé au scrutin.)

Nadège Abomangoli president · LFI #74

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 176 Nombre de suffrages exprimés 172 Majorité absolue 87 Pour l’adoption 140 Contre 32

#75

(L’amendement no 539 est adopté.) (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

Nadège Abomangoli president · LFI #76

La parole est à M. Loïc Kervran, pour soutenir l’amendement no 3583 rectifié.

article Après_ 12 · amendement 3583 rectifié

L’amendement, adopté en commission des finances, tend à rétablir, pour deux ans, le dispositif de suramortissement pour les investissements des PME industrielles dans le domaine de la robotique et de la transformation numérique, afin de relancer l’investissement industriel.

article Après_ 12 · amendement 3583 rectifié

Quel est l’avis de la commission ?

Philippe Juvin rapporteur général · DR #79

La commission a rendu un avis défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Roland Lescure ministre · EPR #81

J’ai bien compris l’intention des signataires d’accélérer la robotisation des PME, mais l’amendement poserait deux problèmes. Tout d’abord, il créerait une nouvelle niche fiscale, alors que nous souhaitons en limiter le nombre. Ensuite, le dispositif de suramortissement, en ce qu’il permet de défalquer une somme du résultat imposable, ne permettrait pas de soutenir les PME déficitaires. Je vous invite à retirer l’amendement pour que nous puissions en revoir la rédaction ; à défaut, j’y serai défavorable.

#82

(L’amendement no 3583 rectifié n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Nadège Abomangoli president · LFI #83

Je suis saisie de trois amendements, nos 1123, 2870 et 2623 rectifié, pouvant être soumis à une discussion commune. Ces amendements font l’objet de sous-amendements. La parole est à M. Fabrice Roussel, pour soutenir l’amendement no 1123.

article Après_ 12 · amendement 1123

Il tend à instaurer un dispositif de suramortissement vert en faveur des navires à mode de propulsion principale vélique afin de soutenir les PME de la filière. Il y a urgence à décarboner le transport maritime, qui représente 3 % des émissions de gaz à effet de serre, dans un contexte où l’Organisation maritime internationale a repoussé d’un an le dispositif de taxation du carbone et où nous attendons encore la création du fonds dédié à la décarbonation du secteur maritime, promis par l’ancien premier ministre, François Bayrou, devant le comité interministériel de la mer.La filière vélique est innovante. Les PME ont déjà investi 1 milliard d’euros dans les projets véliques et prévoient de doubler cet investissement dans les cinq prochaines années. Pas moins de 1 000 emplois ont été créés ces trois dernières années et 2 300 supplémentaires devraient l’être dans les années qui […]

article Après_ 12 · amendement 1123
Nadège Abomangoli president · LFI #87

La parole est à M. Matthias Tavel, pour soutenir les sous-amendements nos 3856, 3857 et 3858, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

article Après_ 12 · amendement 1123

J’ai déposé les mêmes sous-amendements sur les deux amendements suivants, car ces derniers sont similaires, ce qui témoigne du caractère transpartisan de cette initiative destinée à soutenir la filière de la propulsion vélique dans le secteur de la marine marchande et à favoriser ainsi la décarbonation du secteur maritime.La lutte contre le dérèglement climatique est un enjeu majeur et nous ne pouvons que déplorer l’ajournement, la semaine dernière, par l’Organisation maritime internationale – sous la pression des États-Unis de Donald Trump –, de sa décision sur l’adoption d’un plan mondial destiné à réduire les émissions de gaz à effet de serre des navires jusqu’à une décarbonation totale en 2050.Nous voulons, pour ce qui nous concerne, réaffirmer notre soutien à cet objectif, qui pourrait être atteint par plusieurs moyens. La propulsion vélique en est un. Dans cette filière, la France […]

article Après_ 12 · amendement 1123
Nadège Abomangoli president · LFI #92

La parole est à Mme Christine Arrighi, pour soutenir l’amendement no 2870.

article Après_ 12 · amendement 2870

Cet amendement tend, dans le même esprit, à favoriser l’investissement dans la propulsion vélique car, comme chacun sait, le vent ne coûte rien et ne pollue pas. Cette évolution répond à un double enjeu : accélérer la transition écologique du transport maritime – 90 % des marchandises sont transportées par navire –, qui reste extrêmement polluant, puisqu’il utilise du fioul lourd, bien plus polluant que toutes les autres énergies fossiles, mais aussi soutenir l’innovation industrielle française, à la pointe dans ce domaine, dans lequel notre pays dispose d’une expertise reconnue.Afin d’éviter le cumul de trop nombreux avantages fiscaux et de s’assurer que la mesure bénéficie en priorité aux PME nationales, l’amendement prévoit toutefois que les grands groupes relevant de l’article 209-0 B du code général des impôts, à savoir ceux soumis à la taxe au tonnage, soient exclus du […]

article Après_ 12 · amendement 2870
Nadège Abomangoli president · LFI #96

Les sous-amendements nos 3861, 3859 et 3860 de M. Matthias Tavel ont été défendus.La parole est à M. Jimmy Pahun, pour soutenir l’amendement no 2623 rectifié.

article Après_ 12 · amendement 2870

Le dispositif du suramortissement est de nature à restaurer la confiance entre les banques et les armateurs. Il aura permis à la flotte française de se moderniser. Les ferries de Saint-Malo peuvent ainsi sortir du port essentiellement en propulsion électrique.Monsieur le ministre, en 2024, vous avez signé le pacte vélique avec la filière du transport maritime : il marquait un engagement de long terme et permettait à la France de se positionner comme leader mondial dans ce secteur. L’amendement que je défends ne coûterait rien puisqu’il tend simplement à accélérer le remboursement, consolidant ainsi la confiance mutuelle entre la banque et les armateurs.Cela a été souligné à juste titre : le vent est l’instrument de décarbonation le plus simple et le plus efficace qui soit. Nous l’avons montré en France. La flotte française est à l’avant-garde dans ce secteur, grand pourvoyeur d’emplois.

article Après_ 12 · amendement 2870
Nadège Abomangoli president · LFI #101

La parole est à M. Matthias Tavel, pour soutenir les sous-amendements nos 3850, 3851, 3852 et 3849, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

article Après_ 12 · amendement 2870

J’ai déjà défendu les trois premiers. Le dernier, le sous-amendement no 3849, tend à corriger un excès d’enthousiasme de notre collègue Jimmy Pahun, qui fait référence à un article du code des transports qui n’existe pas encore. (Sourires.) Je vous invite à adopter ce sous-amendement, si l’on devait retenir l’amendement de M. Pahun, mais les amendements de M. Roussel et de Mme Arrighi sont très satisfaisants eux aussi.

article Après_ 12 · amendement 2870

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements et ces sous-amendements en discussion commune ?

Philippe Juvin rapporteur général · DR #104

La commission a rendu un avis favorable sur l’amendement de M. Pahun, qui propose le même dispositif que ses deux collègues mais prévoit en plus un plafonnement. Quant aux sous-amendements, je suis favorable, bien entendu, au no 3849, mais également au no 3852. En revanche, je suis défavorable au sous-amendement no 3851, car la restriction du champ d’application de la mesure aux équipements produits en France pourrait être contraire au droit européen. Sur le sous-amendement no 3850, je m’en remets à la sagesse de l’assemblée.Les deux autres amendements n’ont pas été examinés en commission, mais j’invite leurs auteurs à les retirer, car, je le répète, celui de M. Pahun me semble plus adapté.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Roland Lescure ministre · EPR #107

J’aurais bien aimé que l’amendement no 2240 de Mme Firmin Le Bodo, qui vient juste après, ait été inscrit dans cette discussion commune, car il traite du même sujet et apporte des solutions qui sont selon moi plus efficaces. J’ai entendu les arguments du rapporteur général, mais je vous invite à retirer ces amendements au profit du no 2240.Monsieur Tavel, j’ai eu l’occasion, vous le savez, de visiter les Chantiers de l’Atlantique de Saint-Nazaire où se construit actuellement un superbe voilier. Nous en avions d’ailleurs tous deux découpé une tôle.

C’est vous qui vous êtes pris une tôle, plutôt ! (Sourires sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Roland Lescure ministre · EPR #110

Non, monsieur Léaument, je ne me suis pas pris une tôle, j’en ai découpé un morceau, comme on poserait la première brique d’une maison !En l’état actuel du droit, les entreprises bénéficient d’un taux d’amortissement accéléré de 115 % pour l’installation d’équipements qui permettent l’utilisation d’une propulsion exclusivement vélique. Les amendements proposés ne remettent pas en cause cette disposition. En revanche, vous souhaitez passer d’un taux d’amortissement de 75 à 120 % pour les équipements qui ne permettraient qu’une propulsion principale vélique – ce qui veut dire que les bateaux auraient besoin d’être en partie véhiculés et propulsés par des moteurs thermiques traditionnels, même si la consommation d’énergie carbonée que cela suppose serait allégée par la présence de voiles.Vous prévoyez donc un amortissement plus favorable que ce qui est prévu pour un bateau purement à […]

La parole est à M. le président de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire.

Éric Coquerel président de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire · LFI #116

Les amendements qui viennent d’être présentés sont importants et très attendus par l’ensemble de la filière. C’est au cours de la première moitié du XXe siècle que les derniers cargos à voiles et bateaux à voiles de marine de commerce et de pêche ont disparu des Bancs de Terre-Neuve. Mon intuition me dit que la propulsion carbonée des bateaux de commerce pourrait n’être qu’une petite parenthèse dans l’histoire du transport maritime à voiles et qu’avant la fin du siècle, nous pourrions assister à la domination des bateaux principalement ou exclusivement à voiles.

Tout à fait !

Éric Coquerel président de la commission des finances · LFI #118

Monsieur le ministre, une propulsion principalement vélique n’a pas la signification que vous lui donnez : vous parlez de propulsion vélique auxiliaire par rapport à des bateaux à voiles, mais il s’agit, en l’espèce, d’une propulsion soit totale soit principale d’un point de vue vélique, dans laquelle intervient éventuellement un auxiliaire carboné. Il se trouve que la marine de commerce a considérablement ralenti sa vitesse et que, d’un point de vue technique, la voile est devenue très concurrentielle.Si vous naviguez sur les océans, vous verrez qu’il n’est pas rare que des voiliers-cargos soient désormais à 11 nœuds de moyenne, bien plus rapides qu’il y a une vingtaine d’années. C’est le résultat de l’indispensable décarbonation. Bref, nous disposons de la technologie permettant d’envisager une propulsion vélique totale des bateaux de commerce.

Fabriqués à Concarneau !

Éric Coquerel président de la commission des finances · LFI #121

La France a des atouts considérables, développés grâce à la course au large. Elle dispose des architectes, des maîtres voiliers et des chantiers navals qui lui permettraient de jouer un rôle majeur dans le développement de tels bateaux. Nous sommes en avance, même si nos concurrents sont en train de nous rattraper, voire de nous dépasser, précisément parce qu’ils sont aidés par l’État – je pense à l’Espagne, qui a montré l’exemple sur les éoliennes offshore et qui nous devance désormais dans ce secteur.Il est donc essentiel d’aider la filière, pas simplement sur le plan de la recherche et développement, mais aussi sur le plan industriel. Les amendements en discussion commune, précisément parce qu’ils ne se limitent pas aux PME, sont donc absolument indispensables. Ils sont en outre soutenus par une association nantaise, Wind Ship, qui travaille beaucoup dans ce domaine.

Très bien !

Éric Coquerel président de la commission des finances · LFI #124

Même si nous ne préconisons pas forcément tous les mêmes mesures, je voudrais rendre hommage à tous les collègues, de plus en plus nombreux, qui soutiennent cet effort. Qu’il s’agisse de la proposition de loi de Mme Agnès Firmin Le Bodo et de MM. Jimmy Pahun et Jean-Paul Lecoq, ou du colloque « Décarboner le transport maritime par la propulsion vélique », que j’ai organisé avec Christine Arrighi et Matthias Tavel, jusqu’aux présents amendements, tout cela démontre que nous pouvons obtenir une majorité pour que la propulsion vélique franchisse un pas décisif et prenne son essor. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et GDR. – M. Hervé Berville applaudit également.)

La parole est à M. Jean-Paul Lecoq.

Il est bon d’avoir ce débat et que toute la représentation nationale sache combien cette économie progresse, et à quelle vitesse. En tout cas, nous ne sommes pas en retard dans cette nouvelle filière ! Nous avons affaire à des armateurs surmotivés – économiquement, mais aussi politiquement – à l’idée de laisser une mer et une planète propres à leurs enfants. Au Havre, un armateur a donné les prénoms de ses enfants à ses voiliers – un bateau vélique, pour ma part, j’ai toujours appelé cela un voilier, même s’il a un moteur pour sortir du port ou naviguer quand la mer est étale. La France mesure l’enjeu, comme le démontre entre autres la proposition de loi visant à accélérer le développement du transport maritime à propulsion vélique de Mme Firmin Le Bodo, que j’ai cosignée avec Jimmy Pahun, ou le colloque dont parlait M. Coquerel.Je suis député du Havre.

Et bientôt maire !

Avant que les chantiers navals ne ferment, cette ville a donné naissance aux plus grands paquebots à voiles du monde. Le premier s’appelait Club Med 1, le second Club Med 2, et tous deux continuent de sillonner les mers. Nous étions des pionniers ! Nous n’avions pas mesuré à l’époque l’importance de cette énergie, que j’allais qualifier de nouvelle, mais qui est en réalité très ancienne. Nous devons, les uns et les autres, dans tous les groupes, prendre la mesure de son rôle dans l’économie. Pour des raisons de rentabilité, nous en sommes encore à considérer que les marchandises transportées doivent avoir de la valeur – de sorte que le tonnage du navire, ramené à la valeur économique de la marchandise, ne soit pas trop déséquilibré –, mais nous devons, quoi qu’il en soit, soutenir le développement d’une véritable industrie vélique. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes GDR […]

La parole est à Mme Christine Arrighi.

Je suis députée de Toulouse, mais écologiste : mon groupe soutient cette industrie de pointe, d’avenir, et la France doit évidemment la défendre !Monsieur le rapporteur général, vous avez expliqué que nous avions adopté l’amendement de M. Pahun en commission, mais ce n’est pas exact. Nous ne l’avons pas soutenu, précisément parce qu’il ne limite pas la déduction fiscale aux PME engagées dans la décarbonation, alors que l’amendement déposé par mon groupe exclut du dispositif les entreprises soumises à la taxation au tonnage. L’amendement de M. Pahun a depuis été rectifié pour que le dispositif ne bénéficie pas à l’ensemble de la flotte maritime – en particulier à une compagnie qui a les moyens d’investir dans l’industrie vélique sans que nous venions à son secours.

Elle a raison !

La parole est à M. Gérault Verny.

Monsieur le président Coquerel, je suis heureux de vous voir enfin adhérer aux thèses du grand capital. Les amendements que vous défendez tendent à autoriser certaines entreprises à pratiquer un suramortissement, lequel induit un besoin en capitaux.Monsieur Lecoq, écoutez-moi ! (Exclamations sur les bancs des groupes EcoS et GDR.) Nous parlons de l’industrie du transport vélique, très bien, mais c’est un fait général : toutes les entreprises ont besoin de capitaux pour se développer…

Pourquoi cette condescendance ? Le Verny craque ! (Sourires.)

J’ai beau être député d’Aix-en-Provence, j’ai traversé deux fois l’Atlantique à la voile et je me sens concerné. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Ouvrez un blog !

Il existe cependant d’autres filières importantes en France, notamment celles du nucléaire – vous savez, cette énergie qui permet de produire l’électricité qui fait tourner les usines – ou des drones – c’est très pratique, en particulier en Ukraine, où ils permettent de se battre contre la Russie. Bref, tous les secteurs industriels ont besoin de capitaux pour se développer, donc d’investisseurs, de richesses.Monsieur Lecoq, écoutez, il est important que vous compreniez le système !

Mais je vous écoute !

Aussi, taxer les richesses ne permet pas aux entreprises de se développer. Ces amendements sont intéressants, mais ils ne devraient pas viser seulement le transport vélique : il faut aller beaucoup plus loin et cibler toutes les entreprises industrielles qui créent de l’emploi, de la richesse et de l’innovation, car elles ont tout autant besoin de capitaux. Je vous invite donc à élargir la disposition à toutes les industries qui innovent. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

La parole est à M. Daniel Labaronne.

Je suis député de Touraine, un territoire un peu éloigné des côtes,…

De moins en moins, monsieur Labaronne !

…mais néanmoins traversé par l’axe ligérien, sur lequel naviguent des toues, des fûtreaux, des gabares, donc des bateaux à voiles !Monsieur Coquerel, j’ai adoré votre hymne à l’entrepreneuriat, à la prise de risque, à l’innovation, à l’engagement dans l’aventure industrielle. Bravo ! (Rires et exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS.) Cependant, pour être crédible, il faudrait peut-être cesser de chercher à taxer les bénéfices, le chiffre d’affaires des entreprises, les dividendes, les revenus du capital, et tout ce qui va avec ! (Haranguant les bancs de la gauche de l’hémicycle, l’orateur s’éloigne du micro et devient inaudible. – De nombreux députés des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR l’encouragent et l’applaudissent.)

Il faut parler dans le micro, monsieur Labaronne !

Pardon, je reprends ! (Rires.)Pour être cohérent, il faudrait cesser de taxer les dividendes, les revenus d’exploitation, bref libérer l’énergie du pays en faisant confiance aux entrepreneurs ! (Hilarité générale. – Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et « Bravo ! » sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS. – M. Antoine Léaument montre les muscles.)

La parole est à M. Erwan Balanant.

Je m’en tiendrai au sujet de l’énergie vélique, donc du vent – il y en a parfois beaucoup dans cet hémicycle, mais d’un genre qui ne fera pas avancer les voiliers.Le président Coquerel et mon collègue Jimmy Pahun l’ont bien souligné : la France possède potentiellement une filière d’excellence, qui est déjà novatrice et pourrait l’être davantage – je m’adresse aux écologistes, qui freinent un peu sur le sujet au motif qu’il s’agit de transporter deS marchandises. (Protestations sur les bancs du groupe EcoS.) Ce sont certes des marchandises, mais leur transport est décarboné, madame Arrighi !

Plusieurs députés du groupe EcoS #155

Ne nous caricaturez pas !

Je rappelle qu’à chaque kilomètre parcouru, le transport vélique n’émet que deux grammes de CO2 par tonne transportée… (Brouhaha.) Vous étiez contre, vous êtes désormais pour, à cette réserve près que, selon vous, cela ne peut pas fonctionner pour les gros cargos. Je soutiens, quant à moi, que ce n’est pas une affaire de gros ou de petits, mais de décarbonation de la marine marchande.Puisque tout le monde a donné son pedigree, je rappelle que je suis député de Concarneau, où sont fabriqués ces navires : ils mesurent aujourd’hui 80 mètres et peuvent atteindre un certain tonnage pour des coûts très abordables – si tant est que l’on continue d’aider la filière.Ne prenons pas de retard dans le transport maritime vélique, car c’est un transport d’avenir. À l’attention de ceux qui ne comprendraient pas que des navires à voiles puissent aller aussi vite que des navires à pétrole, à kérosène ou […]

La parole est à M. Matthias Renault.

La question posée n’est pas de savoir si nous sommes pour ou contre la propulsion vélique. Les armateurs prévoient de toute façon des investissements énormes dans les années à venir dans la décarbonation ; ils voient bien que la filière se développe. La France ne doit donc pas rater le coche, en effet. Reste que les amendements se concentrent sur la propulsion vélique exclusive,…

Eh oui !

…ce qui ne nous paraît pas soutenable. Le pari est tout de même assez osé ! Autant il est vrai que les armateurs se projettent, à titre de complément, dans la propulsion vélique principale – ne serait-ce que pour faire des économies de carburant –, autant la propulsion vélique exclusive n’est pas crédible s’agissant du transport maritime mondial – ne serait-ce que pour des raisons de météorologie, de constance de vitesse ou parce que les ports ne sont pas tous adaptés. (Protestations sur plusieurs bancs des groupes EcoS et Dem.) Bref, à titre de complément, oui, mais en totalité, ce n’est pas crédible. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Mais si, on va faire la traversée ensemble !

La parole est à M. Matthias Tavel.

Nous aurons au moins réussi à mettre le sujet à l’ordre du jour de notre assemblée, ce qui n’est pas une petite victoire ! Il s’agit d’envoyer un message de soutien aux armateurs, aux équipementiers, aux constructeurs, aux chantiers navals et aux marins qui s’engagent dans ces projets de navires. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – MM. Gérault Verny et Hervé Berville applaudissent également.) Ce sont eux qui construisent le transport maritime décarboné. Et je dis bien « décarboné », collègue Verny, car en évoquant d’autres industries, vous n’avez manifestement pas saisi la nuance : nous parlons de décarbonation !

Le nucléaire, c’est décarboné !

Décarboner le transport maritime : voilà un objectif particulier qui engage l’intérêt général de tous les êtres humains sur la planète. C’est pourquoi il faut lui réserver un traitement à part.Collègue Labaronne, je crois que vous vous êtes laissé emporter par votre propre propagande !

Pas du tout !

Vous n’avez pas compris que nous défendons une politique industrielle basée sur la planification, sur des objectifs à long terme et sur des contreparties aux aides publiques – en l’espèce, une condition écologique de décarbonation et une condition économique d’investissement. Il ne s’agit plus seulement de concevoir des prototypes, mais bien de passer à l’échelle industrielle et de donner ainsi des emplois et de la visibilité à toute la filière de la construction maritime. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, EPR et Dem.)

La parole est à M. le rapporteur général.

Philippe Juvin rapporteur général · DR #172

Nous n’aurions pas tout ce débat, fort utile, si les entreprises n’avaient pas d’impôts de production à payer ou si l’impôt sur les sociétés était plus faible. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et UDR.) Je partage donc l’emportement de M. Labaronne.Madame Arrighi, les services ont vérifié : c’est bien l’amendement de M. Pahun qui a été adopté en commission.

Eh oui !

Non, ce n’est pas celui-là !

Philippe Juvin rapporteur général · DR #176

Je réitère donc mon avis favorable sur cet amendement.

#177

(Les sous-amendements nos 3856, 3857 et 3858, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs sous-amendements (main levée) ss-adts
#178

(L’amendement no 1123 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
#179

(Les sous-amendements nos 3861, 3859 et 3860, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs sous-amendements (main levée) ss-adts
#180

(L’amendement no 2870 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
#181

(Les sous-amendements nos 3850, 3851, 3852 et 3849, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs sous-amendements (main levée) ss-adts
#182

(L’amendement no 2623 rectifié est adopté.) (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, LFI-NFP, SOC, EcoS, Dem, LIOT et GDR.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Nadège Abomangoli president · LFI #183

Sur l’amendement no 2240, je suis saisie par le groupe Horizons & indépendants d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Bertrand Bouyx, pour soutenir l’amendement.

Cet amendement fait suite à la longue discussion que nous avons eue sur les énergies renouvelables dans le transport maritime – que ce soit de marchandises ou de passagers – et propose une déduction d’impôt exceptionnelle pour les entreprises qui investiraient dans les énergies et les propulsions propres.Il a comme premier avantage de s’inscrire dans le prolongement du projet de loi de finances pour 2024, qui favorisait les énergies décarbonées. Son second avantage, en permettant une défiscalisation à hauteur de 30 % pour les petites entreprises et de 20 % pour les entreprises moyennes, est d’être conforme au droit européen. Je rappelle, enfin, que le gouvernement a signé un pacte visant à promouvoir la propulsion des navires par le vent, mais pas seulement – d’où l’idée de favoriser l’ensemble des énergies renouvelables.Compte tenu de ces trois éléments, cet amendement tombe sous le […]

article Après_ 12 · amendement 2870

Quel est l’avis de la commission ?

Philippe Juvin rapporteur général · DR #189

La commission n’a pas étudié cet amendement. À titre personnel, et suivant les recommandations de M. le ministre, je donne un avis favorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Roland Lescure ministre · EPR #191

L’amendement qui vient d’être adopté n’est pas conforme au droit européen. En revanche, celui-là l’est, puisqu’il est concentré sur les PME et donc passe sous le radar des aides d’État. Il créerait une incitation forte à investir dans les PME qui contribuent au développement de la propulsion vélique – et, au-delà, de la propulsion propre – dans la marine. Il maintient le dispositif actuel concernant les grandes entreprises. Avis très favorable.

La parole est à M. Jimmy Pahun.

L’amendement que nous venons d’adopter donne un vrai coup de pouce au transport maritime vélique – c’est-à-dire mû par le vent –, alors que celui-ci tend à aider tous les types de transport maritime. Je vous remercie d’avoir voté en faveur du transport maritime vélique ; les autres types de transport maritime existent déjà. Il s’agit d’une industrie et d’un savoir-faire français qu’il faut continuer à défendre. Tous ces navires sont très souvent construits dans le Sud-Est asiatique alors que nous, en France, nous avons tout ce qu’il faut pour développer cette filière. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Dem et SOC ainsi que sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

La parole est à M. Hervé Berville.

Je me réjouis de l’adoption de l’amendement de Jimmy Pahun. Nous devons envoyer un signal à cette belle filière ! Comme l’a dit le président Coquerel, nous avons, en France, une industrie compétitive dans ce secteur. Nous avons déjà les outils, les entreprises, les industries pour devenir le leader mondial de la propulsion vélique.Dès 2022, nous avons lancé un fonds de décarbonation pour accélérer les investissements publics et privés dans la propulsion vélique. Avec Roland Lescure, alors ministre de l’industrie, nous avons signé un pacte vélique pour nous donner les moyens d’atteindre nos objectifs de décarbonation, sachant que 85 % des importations de l’Union européenne sont transportées par voie maritime.Si nous voulons être au rendez-vous de la souveraineté économique et de la transition écologique, nous devons donner à la filière de la propulsion vélique les moyens d’accélérer. […]

C’est curieux, dans votre bouche, cet argument !

Le droit européen n’est pas toujours adapté aux nouveaux enjeux et il ne l’est pas à celui de la décarbonation du transport maritime. Par ce vote de l’Assemblée, nous envoyons un beau signal à cette industrie, dont l’essor est un enjeu d’innovation technologique, de transition écologique et, bien évidemment, de croissance et d’emploi.Pour toutes ces raisons, je suis très fier que l’Assemblée ait adopté l’amendement de M. Pahun et je vous appelle, chers collègues, à soutenir également cet amendement.

Nadège Abomangoli president · LFI #201

Je mets aux voix l’amendement no 2240.

#202

(Il est procédé au scrutin.)

Nadège Abomangoli president · LFI #203

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 270 Nombre de suffrages exprimés 237 Majorité absolue 119 Pour l’adoption 83 Contre 154

#204

(L’amendement no 2240 n’est pas adopté.)

Nadège Abomangoli president · LFI #205

Sur l’amendement no 2481, je suis saisie par le groupe Socialistes et apparentés d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.Je suis saisie de quatre amendements, nos 2481, 3663, 2122 et 2153, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 2122 et 2153 sont identiques. La parole est à M. Romain Eskenazi, pour soutenir l’amendement no 2481.

J’associe à cet amendement ma collègue Christine Arrighi, du groupe Écologiste et social.Les acteurs de l’aérien, la Commission européenne et le gouvernement se sont engagés, dans la feuille de route Destination 2050, à la neutralité carbone du secteur aérien à l’horizon 2050. Cette décarbonation doit passer par une maîtrise de la croissance du secteur, notamment grâce à la fiscalité – nous y reviendrons avec les amendements suivants –, mais aussi grâce au carburant durable d’aviation (SAF) et au renouvellement des flottes.Ce renouvellement représente à lui seul 27 % de l’objectif de décarbonation. Les nouveaux avions consomment entre 15 % et 30 % de moins et leur empreinte sonore est jusqu’à moitié moins forte. Je parle en tant que député du Val-d’Oise, qui subit le bruit des avions tous les jours ! Le renouvellement des flottes est essentiel. C’est pourquoi cet amendement vise à […]

article Après_ 12 · amendement 2870

Bravo !

Nadège Abomangoli president · LFI #213

La parole est à Mme Christine Arrighi, pour soutenir l’amendement no 3663.

article Après_ 12 · amendement 3663

Je le retire !

article Après_ 12 · amendement 3663
#215

(L’amendement no 3663 est retiré.)

Nadège Abomangoli president · LFI #216

La parole est à M. Christophe Plassard, pour soutenir l’amendement no 2122.

article Après_ 12 · amendement 2122

Les arguments sont les mêmes, l’objectif étant d’accélérer le renouvellement des flottes aériennes. Celle-ci a des avantages économiques et écologiques puisqu’elle permet la diminution de la consommation de carburant. Elle favorise également l’atténuation du bruit pour les riverains, les avions de nouvelle génération étant en moyenne 30 % moins bruyants que les avions actuels. Il s’agit donc d’accompagner à la fois la transition écologique et l’industrie de l’aviation.

article Après_ 12 · amendement 2122
Nadège Abomangoli president · LFI #218

L’amendement no 2153 de M. Lionel Causse est défendu.Quel est l’avis de la commission sur ces trois amendements en discussion commune ?

article Après_ 12 · amendement 2122
Philippe Juvin rapporteur général · DR #220

Ces amendements n’ont pas été examinés en commission. Je ferai deux remarques. La première est que ces amendements, alors qu’ils proviennent de groupes différents, sont tous strictement identiques. Je ne sais par quel miracle l’expliquer.

C’est le Saint-Esprit !

Ou les lobbys !

Philippe Juvin rapporteur général · DR #223

Le Saint-Esprit, vous croyez ?La seconde remarque, c’est que le suramortissement prévu peut coûter très cher au pays et engendrer des effets d’aubaine, pour une réduction des émissions de dioxyde de carbone de 15 % seulement – je ne suis pas un spécialiste des émissions aériennes, mais je crois savoir que, régulièrement, ces émissions diminuent. Nous risquons de voir des sociétés venir s’installer sur le territoire national pour se faire subventionner par nos impôts.Pour toutes ces raisons, avis défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Roland Lescure ministre · EPR #227

À ce niveau-là, ce n’est même plus un effet d’aubaine ! Vous remplacez un vieux coucou par un avion moderne et vous obtenez 30 % de réduction d’impôt. Tous les avions modernes consomment entre 15 % et 20 % de moins que les vieux coucous, sachant que les avions que l’on remplace aujourd’hui ont généralement 30 ou 40 ans. C’est bien essayé, mais vos amendements sont surtout un superbe cadeau aux compagnies aériennes. Est-ce que cela conduira Ryanair à s’installer en France ? J’en doute ! À ce compte-là, la France n’est plus un paradis fiscal, c’est l’Eldorado des compagnies aériennes…

Éric Coquerel président de la commission des finances · LFI #228

Vous reconnaissez donc que la France est un paradis fiscal !

Roland Lescure ministre · EPR #229

…à qui on fera un chèque pour acheter des avions qu’elles achètent déjà !J’ajoute que, l’année dernière, nous avions voté plusieurs aides à la transition afin que la filière aérienne adapte ses carburants pour aller au-delà des 15 % de réduction des émissions simplement dus au renouvellement des flottes. Nous avons instauré un crédit d’impôt pour inciter les compagnies aériennes à intégrer dans leurs appareils des carburants durables d’aviation. Le secteur aérien est exceptionnel, il fait rayonner la France dans le monde entier, mais il bénéficie déjà d’aides directes et d’aides à la recherche. Adopter cet amendement serait aller beaucoup trop loin. Avis défavorable.

La parole est à Mme Claire Lejeune.

Ces amendements me laissent également sceptique – peut-être pas pour les mêmes raisons que M. le rapporteur général et M. le ministre. Je crains les effets de bord considérables de ce genre de mesure. Je m’interroge aussi sur ces rédactions identiques, des écologistes au groupe Droite républicaine…

Ça ne vous arrive jamais à vous ?

Un dispositif d’exonération fiscale à hauteur de 30 % est considérable s’agissant d’avions dont on ne peut attendre, si j’ai bien lu, que le bénéfice d’une réduction de 15 % des émissions de gaz à effet de serre – bien peu, en comparaison des perspectives identifiées par la recherche pour les années à venir.M. Eskenazi a par ailleurs évoqué une réduction de 50 % des nuisances sonores, quand son amendement indique le chiffre de 30 % : une clarification serait la bienvenue.Cette mesure, surtout, ne va pas faire disparaître les avions les plus polluants – ceux que M. le ministre a appelés « les vieux coucous ». Ils seront vendus ou iront compléter la flotte de la compagnie pour répondre à la hausse actuelle du trafic de passagers.Si cette mesure n’est pas accompagnée de dispositions réglementaires pour interdire les avions les plus polluants et limiter le trafic des passagers, elle ne sera […]

La parole est à Mme Sandra Marsaud.

Je tiens à préciser la nature de l’amendement no 2153, que j’ai cosigné avec mon collègue Lionel Causse : comme il est clairement indiqué à la fin de l’exposé sommaire, la mesure que nous proposons a été travaillée avec les équipes d’Air France.

Les autres ne l’ont pas dit !

Mon collègue a donc fait preuve d’une grande transparence. Je ne vois d’ailleurs pas qui, dans cet hémicycle, pourrait reprocher aux autres de travailler des amendements avec des ONG, des syndicats, des représentants, etc. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) C’est aussi notre travail de les rencontrer et de travailler avec eux. Par ailleurs, sur certains textes, nous avons vu des amendements à la rédaction identique par centaines, voire par milliers, et je m’étonne d’entendre le rapporteur général, pour lequel j’ai par ailleurs le plus grand respect, formuler une remarque à ce sujet.

Tout à fait !

M. Causse indique également dans l’exposé sommaire que le dispositif de déduction, pour éviter toute spéculation, est conditionné et étalé dans le temps – on pourra toujours juger que cela ne concourt pas suffisamment à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.Il existe enfin un projet de production de SAF commun à la Charente et à la Haute-Vienne, dont le financement se monte à 2,2 milliards d’euros. Les SAF sont une réalité, y compris dans les zones rurales.

La parole est à M. Matthias Renault.

Je vous remercie pour cet exercice de transparence : sur les cinq amendements déposés, seul celui de M. Causse précise en effet, à la fin de son exposé sommaire, qu’il a été travaillé avec Air France. C’est l’occasion de faire savoir au public que des associations, des syndicats ou, comme dans le cas qui nous occupe, une entreprise, peuvent faire passer à des députés des amendements clé en main – au cours de déjeuners, de dîners ou simplement par e-mail. (« Oh ! » sur les bancs du groupe EcoS.) Vous pouvez protester, mais une partie des amendements dont nous discutons viennent de l’extérieur, ce qui pose de véritables problèmes de transparence – plus encore dans ce cas d’espèce, où l’amendement est au bénéfice d’une entreprise et non pas d’une association ou d’un syndicat à but non lucratif.

Un député du groupe EcoS #248

Et la loi Duplomb ?

Sur environ 1 milliard d’euros d’achat annuel de nouveaux avions par Air France, 300 millions seraient directement pris en charge par l’État. Cela pose un véritable problème, au-delà du fond que nous contestons. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

La parole est à M. Gérault Verny.

Quel aveu dramatique de la part de la gauche ! Ces deux séries d’amendements– sur le transport vélique et sur la réduction des émissions de CO2 dans le transport aérien – nous le font bien voir : la France est un enfer fiscal pour les entreprises.

Eh oui ! C’est bien connu !

Pour qu’il soit intéressant d’investir en France et pour que les entreprises puissent se développer, la puissance publique doit revenir à la raison et reprendre son souffle. Chers collègues de gauche, réfléchissez deux secondes…

Nous réfléchissons, nous, pas comme vous !

…et sortez de vos totems vert pastèque. Sur quoi devons-nous innover en France ? Le transport décarboné dans les airs et sur mer, c’est très mignon, mais sachez que pendant ce temps-là, les autoroutes françaises sont inondées de voitures chinoises. Pourquoi ? Parce que vous avez tellement assommé de taxes et de normes les fabricants français qu’ils ne peuvent plus produire en France ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.) Par votre faute, ils sont obligés de délocaliser en Turquie ou au Moyen-Orient – pour produire n’importe où sauf en France, notre pays étant devenu un enfer fiscal pour toutes les entreprises qui produisent.

Pas brillant, le Verny ! (Sourires.)

On va taxer la connerie !

Je vous invite donc à revenir à la raison. Si vous voulez retrouver une France capable de produire, une France des ouvriers – ces ouvriers que vous avez délaissés depuis des décennies et qui se sont tournés vers le Rassemblement national (Applaudissements sur les bancs du groupe RN), où ils savent qu’ils pourront trouver des élus capables de les défendre, contrairement à vous, qui ne faites qu’attiser la misère –, il va falloir mettre fin à cette folie fiscale ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Quel piètre orateur !

Prends ta carte au RN !

La parole est à Mme Julie Laernoes.

Revenons aux amendements et laissons les délires fantasmatiques du Rassemblement national contre les importations de l’étranger – on pourrait parler aussi de l’importation en Europe du modèle des centrales nucléaires sud-coréennes, qui vont bien plus vite que les centrales françaises ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)

À qui la faute ?