Séance du 27 novembre 2025 — 73e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Marie-Agnès Poussier-Winsback.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Marie-Agnès Poussier-Winsback.
Tours 601 à 800 sur 1275 — page 4 / 7.
Je continuerai en défendant mon prochain sous-amendement.
C’est le suivant, monsieur le député, que je vous invite à présenter tout en vous rappelant de vous en tenir à la défense des dispositions que vous proposez.
Oui mais il est question d’un sujet lourd, ArcelorMittal, et je continuerai de parler de…
Je vous invite à défendre le sous-amendement no 367, s’il vous plaît.
Bien sûr mais il s’agit d’une discussion globale, madame la présidente. Je n’entrerai donc pas dans le détail du sous-amendement.
Ne vous forcez pas à le défendre !
On peut savoir de quoi parle le sous-amendement no 367 ? (Exclamations sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)
Soyez patients et écoutez ! Ce que je vous raconte est intéressant.
Soit vous défendez le sous-amendement, soit vous faites le rebond mais pas les deux à la fois ! On ne fait pas ce qu’on veut ici, il y a des règles ! Respectez-les !
Comme je l’expliquais, la problématique des impôts de production intervient dans la discussion sur la structure des coûts et du compte de résultat.
Cela n’a aucun rapport avec le sous-amendement !
Revenez au sous-amendement !
Il faut comparer nos pratiques avec ce qui se fait ailleurs. Pour qu’une entreprise soit compétitive dans un marché ouvert, il faut que le niveau de la fiscalité qui s’impose à elle soit semblable à celui qui pèse sur ses voisines, en l’occurrence premièrement européennes. En France, les impôts de production représentent environ 4 % du PIB, contre 1 % en Allemagne. Cela veut dire que, mécaniquement, il y a en France…
Monsieur le député, s’il vous plaît, exprimez-vous sur le sous-amendement.
Je veux bien entrer dans le détail du sous-amendement, mais je défends une vision !
Je crois vraiment m’être montrée patiente depuis que vous avez commencé à défendre vos sous-amendements ! Je vous demande de revenir au no 367. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
C’est sûr que les salariés d’ArcelorMittal vont apprécier ce spectacle !
Il vous reste une minute pour le soutenir.
Le problème de l’article 1er, c’est qu’il vise la constitution d’une commission administrative.
C’est n’importe quoi ! Si vous faites de l’obstruction, faites-la proprement !
Madame la présidente, vous me demandez de me concentrer sur mon sous-amendement, mais c’est l’article qu’il faut examiner. Or que nous dit l’article ? (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Il tend à créer « une commission administrative chargée de déterminer la valeur à laquelle l’État achète la société ».
Ce n’est pas là-dessus que porte votre sous-amendement !
Il raconte n’importe quoi !
Il me semble inutile d’entrer dans le détail de ces dispositions, puisque nous ne sommes visiblement même pas d’accord sur ce qui constitue un compte de résultat. Il faut donc voter mon sous-amendement.
Le sous-amendement no 336 de M. Gérault Verny est défendu.La parole est à Mme Hanane Mansouri, pour soutenir les amendements nos 232, 231 et 230, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.
Ces trois amendements d’appel vont nous montrer si les députés de La France insoumise souhaitent réellement trouver une solution pour les salariés d’Arcelor ou si leur seul objectif est de se mettre en scène et de prendre des selfies avec des travailleurs qu’ils ont fait venir à Paris – à défaut d’aller les voir – en leur promettant monts et merveilles. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)
Allez leur dire ce que vous êtes en train de faire !
Les amendements visent à instaurer, plutôt qu’une nationalisation totale, une participation publique s’élevant respectivement à 40, 30 ou 20 % du capital.
Ah !
Je souligne que nos collègues macronistes, qui nous ont donné beaucoup de leçons de morale depuis le début de cette discussion,…
Vous avez les mêmes arguments que nous pour supprimer l’article !
…alors qu’ils ont réussi l’exploit de ruiner la France, n’ont présenté aucun amendement pour proposer une solution plus viable.
Nous voulons supprimer le texte, pas l’amender !
Je vais retirer ces amendements, qui promeuvent une véritable solution alternative, pour donner l’occasion à mes collègues Insoumis de les reprendre.
Quel est l’avis de la commission ?
Défavorable.
Quel est l’avis du gouvernement ?
Avis défavorable.Je tiens à réagir aux propos de M. Pierre Meurin, qui, parlant de destruction d’emplois, a cité « quelques chiffres […] pour le plaisir ». Comment peut-on dire cela lorsqu’on parle d’un sujet si grave ? (Vives exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.)
Oh là là ! Vous êtes ministre ?
C’est votre seul argument ?
Cela constitue une forme de cynisme de la part du Rassemblement national, qui aime à se construire sur des situations dramatiques…
Vous n’êtes plus député, vous êtes ministre !
…plutôt que de soutenir les élus locaux qui se battent véritablement pour réindustrialiser leur territoire. J’aimerais que les députés de ce groupe sortent de leur ambiguïté. Visiblement, le groupe La France insoumise soutient la nationalisation et le Rassemblement national multiplie les amendements et les circonvolutions. Dites clairement si vous êtes pour ou contre !
Et vous, que faites-vous ?
La parole est à M. Guillaume Kasbarian.
J’ai écouté avec grande attention l’argumentaire de M. Verny et celui de Mme Mansouri. J’ai été plutôt convaincu, car ils ont donné des arguments libéraux qui sont à peu près les mêmes que les nôtres. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)
Eh oui !
Ce sont d’ailleurs les mêmes qui nous ont conduits à demander la suppression de l’article. Je ne comprends donc pas pourquoi le groupe UDR s’est allié avec le RN, qui assume explicitement de laisser voter la proposition de loi des Insoumis visant à nationaliser ArcelorMittal. (Exclamations sur quelques bancs du groupe RN.)
Nous ne sommes pas forcément d’accord sur tout ! Quand Édouard Philippe dit que le président de la République doit démissionner, êtes-vous d’accord ?
Cela s’appelle une coalition !
Vous donnez l’impression que votre bloc comporte deux lignes distinctes. La première, défendue par l’UDR, consiste à vouloir redonner de la compétitivité aux entreprises, baisser les impôts de production ou encore rejeter la nationalisation ; cela nous convient ! C’est le discours que nous tenons depuis toujours. La seconde, défendue par le RN, prône la retraite à 62 ans, le vote de 34 milliards d’euros d’impôts supplémentaires dans le projet de loi de finances (PLF) et la création de taxes diverses sur les multinationales ou encore sur les rachats d’actions. Cette ligne économique est exactement l’inverse de la précédente et ne favorise absolument pas la compétitivité des entreprises.Nous devenons un peu bipolaires à force d’entendre votre débat interne : le RN dit tout le contraire de l’UDR, votre intergroupe dit tout et son contraire pour tenter de grappiller des électeurs et de […]
Parole d’expert !
La parole est à M. Gérault Verny, pour un rappel au règlement.
Il se fonde sur l’article 100. Monsieur le ministre, je suis un peu frustré par votre intervention, qui m’était manifestement destinée.
Ce n’est pas un rappel au règlement !
Il a été dit tout à l’heure à la tribune, mais vous étiez trop absorbé par votre téléphone pour l’entendre, que le groupe UDR était contre la nationalisation. Si vous aviez écouté, vous auriez eu la réponse à votre question.
Les rappels au règlement ne doivent pas servir à poursuivre le débat.
La parole est à M. Manuel Bompard.
À ce stade du débat, je crois important d’éclairer les personnes qui nous écoutent, qu’elles soient dans les tribunes ou à distance. Nous venons d’examiner une série d’une quinzaine de sous-amendements déposés par le Rassemblement national ou par ses alliés de l’UDR. Or aucun de ces sous-amendements, s’il était voté, ne changerait quoi que ce soit à la proposition de loi dont nous débattons ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – MM. Benjamin Lucas-Lundy et Boris Tavernier applaudissent également.) Il s’agit de purs instruments d’obstruction, qui ont pour seul objectif de nous empêcher de voter avant minuit la nationalisation d’ArcelorMittal. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS. – Protestations sur quelques bancs du groupe RN.) Voilà ce que vous êtes en train de faire !
Quelle honte !
Je vous ai entendus faire de nombreuses déclarations d’amour aux ouvriers de la métallurgie (M. Laurent Jacobelli applaudit) ou à la souveraineté et aux outils industriels de la France. (Même mouvement.) M. Meurin s’est adressé aux ouvriers de la métallurgie pour leur dire que le Rassemblement national était à leurs côtés et pensait à eux. Si c’est réellement le cas, vous avez une seule chose à faire : retirez vos amendements pour que nous puissions voter la nationalisation d’ArcelorMittal ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent, sur plusieurs bancs des groupes EcoS et GDR et sur quelques bancs du groupe SOC. – Ces mouvements se poursuivent jusqu’à la fin du propos de l’orateur.) Arrêtez le cirque que vous montrez aujourd’hui, alors que des centaines et des milliers d’ouvriers regardent nos débats et attendent que l’Assemblée nationale puisse […]
La parole est à Mme Hanane Mansouri, pour un rappel au règlement. (« Oh ! » sur quelques bancs du groupe EPR.)
Qui se fonde sur l’article 70, alinéa 3, du règlement. M. Kasbarian s’étant permis de me citer, je lui réponds : la différence entre vous et nous, c’est que nous ne devons rien à La France insoumise. Nous… (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice.)
Ce n’est pas un rappel au règlement.
Arrêtez de les prendre, madame la présidente !
La parole est à M. Matthieu Bloch.
Je ne répondrai pas à M. Bompard, qui nous accuse d’obstruction parlementaire : c’est l’hôpital qui se fout de la charité ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR et sur plusieurs bancs du groupe RN.) Je me contenterai de soutenir ces excellents sous-amendements et l’amendement auquel ils se rapportent, qui nous permettent de sortir du faux dilemme entre la nationalisation totale proposée par nos collègues Insoumis et le laisser-faire total que révèle l’absence de propositions de nos collègues macronistes. La nationalisation totale n’est ni utile ni soutenable pour les finances publiques, mais nous disposons d’un levier puissant, responsable et conforme aux usages européens : la conclusion d’un accord stratégique entre l’État et l’entreprise, qui conditionnerait tout soutien public au respect d’engagements clairs en matière de maintien de l’emploi, d’investissement et de […]
Bravo !
La parole est à M. Jean-Philippe Tanguy.
Le groupe Rassemblement national demande une suspension de séance de dix minutes pour que M. Bompard et Mme Panot aillent rédiger un petit mot d’excuse à l’attention de tous les députés dont ils ont pourri la niche parlementaire. (Vives exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. Manuel Bompard fait signe à l’orateur de s’en aller.) Nous pourrons alors reparler de leurs exigences inadmissibles.
Elle sera de deux minutes.
Cela suffira peut-être pour écrire les trois mots « je m’excuse ». Cela ne devrait pas être trop long, même pour les Insoumis ! (Sourires et applaudissements sur quelques bancs des groupes RN et UDR.)
La séance est suspendue.
(La séance, suspendue à dix-huit heures dix, est reprise à dix-huit heures douze.)
La séance est reprise.Je mets aux voix le sous-amendement no 334.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 191 Nombre de suffrages exprimés 189 Majorité absolue 95 Pour l’adoption 55 Contre 134
(Le sous-amendement no 334 n’est pas adopté.)
Je mets aux voix le sous-amendement no 366.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 187 Nombre de suffrages exprimés 186 Majorité absolue 94 Pour l’adoption 55 Contre 131
(Le sous-amendement no 366 n’est pas adopté.)
Je mets aux voix le sous-amendement no 356.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 198 Nombre de suffrages exprimés 197 Majorité absolue 99 Pour l’adoption 58 Contre 139
(Le sous-amendement no 356 n’est pas adopté.)
Je mets aux voix le sous-amendement no 331.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 197 Nombre de suffrages exprimés 196 Majorité absolue 99 Pour l’adoption 59 Contre 137
(Le sous-amendement no 331 n’est pas adopté.)
Je mets aux voix le sous-amendement no 335.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 196 Nombre de suffrages exprimés 195 Majorité absolue 98 Pour l’adoption 60 Contre 135
(Le sous-amendement no 335 n’est pas adopté.)
Je mets aux voix le sous-amendement no 357.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 197 Nombre de suffrages exprimés 196 Majorité absolue 99 Pour l’adoption 60 Contre 136
(Le sous-amendement no 357 n’est pas adopté.)
Je mets aux voix le sous-amendement no 346.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 199 Nombre de suffrages exprimés 198 Majorité absolue 100 Pour l’adoption 61 Contre 137
(Le sous-amendement no 346 n’est pas adopté.)
Je mets aux voix le sous-amendement no 345.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 198 Nombre de suffrages exprimés 197 Majorité absolue 99 Pour l’adoption 61 Contre 136
(Le sous-amendement no 345 n’est pas adopté.)
Je mets aux voix le sous-amendement no 333.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 198 Nombre de suffrages exprimés 197 Majorité absolue 99 Pour l’adoption 59 Contre 138
(Le sous-amendement no 333 n’est pas adopté.)
Je mets aux voix le sous-amendement no 343.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 202 Nombre de suffrages exprimés 201 Majorité absolue 101 Pour l’adoption 61 Contre 140
(Le sous-amendement no 343 n’est pas adopté.)
Je mets aux voix le sous-amendement no 362.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 203 Nombre de suffrages exprimés 202 Majorité absolue 102 Pour l’adoption 63 Contre 139
(Le sous-amendement no 362 n’est pas adopté.)
Je mets aux voix le sous-amendement no 367.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 203 Nombre de suffrages exprimés 202 Majorité absolue 102 Pour l’adoption 63 Contre 139
(Le sous-amendement no 367 n’est pas adopté.)
Je mets aux voix le sous-amendement no 336.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 201 Nombre de suffrages exprimés 200 Majorité absolue 101 Pour l’adoption 63 Contre 137
(Le sous-amendement no 336 n’est pas adopté.)
Je mets aux voix l’amendement no 11.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 203 Nombre de suffrages exprimés 202 Majorité absolue 102 Pour l’adoption 63 Contre 139
(L’amendement no 11 n’est pas adopté.)
Madame Mansouri, me confirmez-vous retirer les amendements nos 232, 231 et 230 ?
Ils sont repris ! (Protestations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. Gérault Verny applaudit.)
Je mets aux voix l’amendement no 232.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 205 Nombre de suffrages exprimés 156 Majorité absolue 79 Pour l’adoption 14 Contre 142
(L’amendement no 232 n’est pas adopté.)
Je mets aux voix l’amendement no 231.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 204 Nombre de suffrages exprimés 145 Majorité absolue 73 Pour l’adoption 8 Contre 137
(L’amendement no 231 n’est pas adopté.)
Je mets aux voix l’amendement no 230.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 206 Nombre de suffrages exprimés 146 Majorité absolue 74 Pour l’adoption 8 Contre 138
(L’amendement no 230 n’est pas adopté.)
La séance est suspendue.
(La séance, suspendue à dix-huit heures vingt, est reprise à dix-huit heures trente-cinq.)
La séance est reprise.La parole est à M. Olivier Fayssat, pour soutenir l’amendement no 262.
Dans la même logique que les précédents, cet amendement vise à soutenir l’entreprise sans pour autant la collectiviser. Il est proposé d’encadrer strictement dans le temps la nationalisation d’ArcelorMittal.
Quel est l’avis de la commission ?
Avis défavorable.
Quel est l’avis du gouvernement ?
Même avis.
Je mets aux voix l’amendement no 262.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 118 Nombre de suffrages exprimés 117 Majorité absolue 59 Pour l’adoption 39 Contre 78
(L’amendement no 262 n’est pas adopté.)
La parole est à M. Olivier Fayssat, pour soutenir l’amendement no 268.
Il tend à compléter l’alinéa 1 par les mots : « à l’exclusion des réseaux commerciaux, des systèmes de gestion intégrés ou des contrats inter-sociétés conclus au sein du groupe ArcelorMittal au niveau européen ». L’objectif est de souligner que les sites français ne peuvent fonctionner sans les flux commerciaux et logistiques gérés à l’échelle européenne.
Quel est l’avis de la commission ?
Avis défavorable.
Quel est l’avis du gouvernement ?
Même avis.
Je mets aux voix l’amendement no 268.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 122 Nombre de suffrages exprimés 84 Majorité absolue 43 Pour l’adoption 6 Contre 78
(L’amendement no 268 n’est pas adopté.)
La parole est à M. Thierry Tesson, pour soutenir l’amendement no 139.
Toujours dans la volonté d’enrichir le texte, l’amendement vise à préciser le périmètre de l’entreprise. ArcelorMittal France n’est pas une entité unique aisément identifiable en droit, mais un ensemble structuré autour de plusieurs sociétés d’exploitation, de filiales, de sites industriels et d’actifs complémentaires. Une clarification du périmètre nationalisé est indispensable afin d’éviter toute ambiguïté juridique, toute exclusion involontaire d’actifs essentiels et toute contestation lors de la mise en œuvre de la nationalisation. Le périmètre ainsi délimité serait cohérent, complet et opérationnel pour l’État. Cette précision assurerait aussi la maîtrise de l’ensemble de la chaîne industrielle concernée.
Quel est l’avis de la commission ?
Avis défavorable.
Quel est l’avis du gouvernement ?
Même avis.
Je mets aux voix l’amendement no 139.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 136 Nombre de suffrages exprimés 134 Majorité absolue 68 Pour l’adoption 47 Contre 87
(L’amendement no 139 n’est pas adopté.)
La parole est à M. Théo Bernhardt, pour soutenir l’amendement no 99, qui fait l’objet de deux sous-amendements, nos 355 et 358.
Ce texte d’extrême gauche est mal écrit et souffre d’un manque de précision. Je souhaite vous poser une question simple, chers collègues : vous voulez nationaliser ArcelorMittal France, mais que nationalise-t-on exactement ? Des actifs sur le territoire national ? Oui. Mais les filiales, qu’en faites-vous ? Quid également des participations indirectes, des droits de propriété intellectuelle détenus par les structures luxembourgeoises mais utilisés en France, des contrats commerciaux ? (M. René Pilato s’exclame.)L’amendement tend à définir précisément le périmètre de la nationalisation en prévoyant de fixer par décret une liste exhaustive des entités concernées. C’est la moindre des choses quand on engage des milliards dans une telle opération. Vous avez visiblement préféré rester dans le flou artistique. Peut-être que définir précisément les choses, c’est compliqué pour vous – cela […]
La parole est à Mme Sophie-Laurence Roy, pour soutenir les sous-amendements nos 355 et 358, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.
Pour compléter les remarques de mon excellent collègue, je dirai que si on doit acheter, il faut savoir ce qu’on achète. Je souhaite donc compléter l’alinéa 2 par les mots : « ainsi que les centres de recherche, services d’ingénierie et de maintenance rattachés à ces activités ». Je propose également de compléter l’alinéa 3 par les mots : « ainsi que les fournisseurs stratégiques directement intégrés à la chaîne de valeur critique ». Il s’agit de préciser que la nationalisation porte aussi sur les compétences technologiques et la capacité d’innovation, sans lesquelles l’industrie sidérurgique ne peut être ni compétitive ni souveraine. Nationaliser l’outil sans préserver l’ingénierie reviendrait à acquérir une coquille vide. En outre, il faut éviter qu’une entreprise puisse soustraire ses composants essentiels en réorganisant artificiellement sa chaîne de valeur avant l’opération. La […]
Quel est l’avis de la commission ?
ArcelorMittal France est une entité légale parfaitement définie, qui compte sept sites principaux sur le territoire français, auxquels il faut ajouter le site d’ArcelorMittal Méditerranée, qui lui appartient, ainsi que les sites d’Uckange et de Maizières-lès-Metz. En tout, cela fait dix sites, comme je l’ai déjà expliqué. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)
Quel est l’avis du gouvernement ?
Avis défavorable.
La parole est à M. Jean-Philippe Tanguy.
Madame la rapporteure, vous avez effectivement donné des explications en commission, mais certains éléments restaient à préciser, comme l’a remarqué notre collègue Théo Bernhardt. La question est celle de l’intégration européenne et internationale d’ArcelorMittal. Vous avez été très claire, en effet, sur les sites français – il y avait un malentendu sur ArcelorMittal Méditerranée et nous l’avons reconnu ; vous voyez que nous ne cherchons pas la petite bête. Mais des interrogations demeurent, liées au fait que cette entreprise est une multinationale européenne. Jusqu’à présent, les nationalisations que la France a connues étaient purement nationales, sans mauvais jeu de mots. Or Arcelor était à l’origine un champion européen – nous n’en avons pas encore parlé, mais cela devrait inciter ceux qui promeuvent les champions européens à réfléchir –, sans oublier son intégration mondiale […]
La parole est à Mme la rapporteure.
Si nous pouvons débattre sur le fond et si vous mettez fin à l’obstruction, tant mieux ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Sébastien Peytavie applaudit aussi.) Vous posez une vraie question et je vais y répondre. Les deux principaux brevets dont nous dépendons tomberont dès 2026 dans le domaine public. Ensuite, l’enjeu est précisément de restaurer notre souveraineté nationale en matière de production d’acier, ce qui doit vous parler. Les fonctions de support, de commercialisation et de gestion des ressources humaines sont en cours de délocalisation en Pologne et en Inde. C’est maintenant qu’il faut renationaliser ArcelorMittal, pour restaurer toute la filière intégrée au niveau français – les savoir-faire sont là ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Je mets aux voix le sous-amendement no 355.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 159 Nombre de suffrages exprimés 156 Majorité absolue 79 Pour l’adoption 50 Contre 106
(Le sous-amendement no 355 n’est pas adopté.)
Je mets aux voix le sous-amendement no 358.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 163 Nombre de suffrages exprimés 160 Majorité absolue 81 Pour l’adoption 50 Contre 110
(Le sous-amendement no 358 n’est pas adopté.)
Je mets aux voix l’amendement no 99.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 166 Nombre de suffrages exprimés 163 Majorité absolue 82 Pour l’adoption 50 Contre 113
(L’amendement no 99 n’est pas adopté.)