Séance du 2 juin 2026 — 259e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Tours 1 à 200 sur 427 — page 1 / 3.
La séance est ouverte.
(La séance est ouverte à quinze heures.)
Hier, André Santini, figure du centre et de la ville d’Issy-les-Moulineaux, nous a quittés. Ministre de la République à trois reprises, il fut aussi, pendant plus d’un quart de siècle, député des Hauts-de-Seine.Au sein de notre institution, il exerça les fonctions éminentes de président de la commission des affaires économiques et de vice-président de l’Assemblée nationale. Fidèle à sa réputation rabelaisienne, il fonda également, en 1991, le club des parlementaires amateurs de havanes.Maire emblématique d’Issy-les-Moulineaux, ce travailleur acharné œuvra durant quarante-six ans de mandat continu à moderniser, aménager, transformer sa ville – un bilan considérable qui lui valut le titre de maire bâtisseur et huit réélections successives.Au nom de la représentation nationale, j’adresse nos sincères condoléances à sa famille, à ses proches, aux Isséens et à tous ceux qui ont partagé ses […]
L’ordre du jour appelle les questions au gouvernement.
La parole est à Mme Estelle Youssouffa.
Ma question s’adresse au ministre des affaires étrangères. La France prendra le 8 juin la présidence de la Commission de l’océan Indien. Cette organisation régionale réunit depuis 1984 Madagascar, les Seychelles, l’île Maurice, les Comores et la France, au nom de La Réunion.Oui, Mayotte est exclue de la COI : Paris s’est amputée de son département sur veto des Comores, qui ne reconnaît pas Mayotte française. Oui, Paris s’incline scandaleusement face à Moroni, alors que notre pays est le premier contributeur de la COI, alors que nos impôts, dont les impôts des Français de Mayotte, contribuent aux centaines de millions d’euros qui financent cette organisation, dont Mayotte est exclue.Lors du sommet de la COI, l’an dernier, le président de la République a rappelé que l’intégration de Mayotte à la COI constituait une priorité. Réplique du président Azali comparant le président Macron à […]
La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.
Madame la députée, je veux d’abord saluer votre engagement inlassable au service de Mayotte et affirmer que l’intégration de Mayotte dans la Commission de l’océan Indien sera une priorité de la présidence française, qui commencera le 8 juin. La ministre déléguée Éléonore Caroit se rendra à Moroni pour le rappeler, dans la continuité du sommet d’avril 2025 au cours duquel le président de la République avait réaffirmé cet objectif.Pour cette intégration, l’accord de l’ensemble des membres de la COI est nécessaire – nous ne décidons pas à leur place. Nous déployons pour cela un dialogue exigeant et une diplomatie pragmatique.Au-delà de la COI, le gouvernement, sous l’autorité du premier ministre, fait de l’intégration de Mayotte dans son environnement régional, au sens large, une priorité. Grâce à notre mobilisation, mais aussi à la vôtre, nous obtenons des résultats tangibles, dans la […]
La parole est à Mme Estelle Youssouffa.
J’espère que la ministre déléguée abordera aussi, lors des discussions avec les Comores, le sujet des Jeux de l’océan Indien. Les athlètes mahorais y participent, sans pouvoir arborer le drapeau tricolore ni chanter La Marseillaise, là encore sur veto de Moroni et aux frais de la France.Mayotte n’acceptera pas une nouvelle humiliation avec l’aval de notre gouvernement. Le Quai d’Orsay pratique depuis des décennies l’à-plat-ventrisme et la soumission face aux délires des Comores. Ça suffit ! Dialoguer, discuter… il faut enfin agir !Paris doit recouvrer sa dignité et son orgueil face aux Comores, qui revendiquent Mayotte, pratiquent le chantage migratoire et organisent le trafic des êtres humains en se gavant de l’aide publique française – les Comores, cet État parasite et voyou qui offre ses pavillons de complaisance à la flotte pirate de trafic de pétrole russe.Monsieur le ministre, la […]
La parole est à Mme Laure Lavalette.
Alors que les supporters du PSG se réjouissaient de leur deuxième étoile, des milliers d’agresseurs ont déferlé dans les rues de France pour brutaliser, saccager et tout brûler sur leur passage.
Elle a raison !
Dans la capitale, les prédateurs ont transformé les rues en brasiers, lancé un véhicule sur des passants, attaqué un commissariat et des forces de l’ordre auxquelles je tiens à rendre, au nom de mon groupe, un hommage appuyé pour leur dévouement et leur résilience. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR ainsi que sur quelques bancs du groupe DR – M. Sylvain Maillard applaudit également.)Les mêmes scènes dans soixante et onze villes, de Rennes à Angers, de Grenoble à Bordeaux, et même jusque dans les quartiers paisibles de Toulon. Ces images, monsieur le premier ministre, cumulent déjà des centaines de millions de vues dans un monde qui sait, ce qui est encore pourtant un tabou pour vous mais qui ne l’est plus pour les investisseurs étrangers, que la France n’est plus un pays sûr.
Il ne faut pas exagérer non plus !
On parle des Niçois ?
« Tu casses, tu répares » s’égosillait Gabriel Attal mais, dans la vraie vie, les émeutiers cassent et les Français casquent.
Je ne m’égosillais pas.
Annulations de crédits et taxe émeute – il n’y a que le RN pour s’opposer à ces humiliations.Quel est ce pays où une fête est menacée, où la moindre rue devient la scène d’une mauvaise rencontre, où la joie et l’enthousiasme sont confisqués ? Quel est ce pays où la paix et la liberté sont sacrifiées sur l’autel de la lâcheté pénale et politique ? Quel est ce pays où l’école et des parents démissionnaires n’inculquent plus le respect et la pudeur, la courtoisie et la douceur ? L’heure est à la fermeté, monsieur le premier ministre. Nous attendons que les interpellés soient enfermés et condamnés à rembourser l’intégralité de leurs méfaits, sans quoi nous vivrons les mêmes scènes dans les prochains jours, à l’occasion de la Coupe du monde.Un semblant d’indignation nous est parvenu de l’Élysée, dans l’indifférence d’un pays qui sait qu’il n’est plus protégé, qu’il n’est plus présidé. Dans […]
La parole est à M. le ministre de l’intérieur.
Vous avez raison, on a assisté à des scènes dans la capitale, dans la nuit de samedi à dimanche ; vous avez raison de souligner que ces mêmes scènes se sont déroulées en province. L’an dernier, pour la même finale, quarante-six départements avaient été concernés par ces incidents en marge des festivités ; cette fois-ci, ils étaient soixante-deux.Contrairement à ce que nous avons pu entendre, le dispositif déployé était extrêmement solide et vigoureux, parce que nous savions qu’il y aurait peut-être des débordements. J’ai toujours qualifié ces débordements de « violences urbaines » et d’« émeutes urbaines ». Je n’ai jamais triché sur les mots, car ils ont un sens, notamment lorsque j’ai été auditionné par la commission des lois l’an dernier, sur le même sujet.Il y a eu 891 interpellations.
Très bien !
À la suite de celles-ci, 720 personnes ont été placées en garde à vue.
Il faut des sanctions par la justice ensuite !
Comme vous, je remercie les forces de sécurité intérieure, qui avaient des consignes de fermeté absolue. La réponse apportée a effectivement été ferme. Chaque fois qu’il y a eu des incidents, des dégradations, des tentatives de pillage ou le blocage du périphérique, les forces de l’ordre sont intervenues. La réponse de la République manifeste une grande fermeté. C’est celle que nous apportons systématiquement dans ce type d’événements.Évidemment, je condamne fermement l’action de ces jeunes voyous, de ces casseurs, qui, en marge des événements sportifs, ne viennent que pour piller les commerces, procéder à des dégradations, et surtout, s’en prendre aux forces de l’ordre. En effet, la particularité, cette année, c’est que plus de la moitié des actes de violence étaient dirigés contre les forces de sécurité intérieure.
Et donc, quelle est votre réponse ?
Des membres des forces de l’ordre ont été gravement blessés. La procureure de Paris a annoncé que certains faits avaient été requalifiés en tentative d’homicide volontaire. Nous serons toujours là pour répondre fermement à ces débordements dans la rue. (Protestations sur les bancs du groupe RN.)
La preuve que non !
Comptez sur moi pour maintenir ce haut degré de fermeté dans les instructions.
C’est faux !
Si, monsieur le député, nous donnons des instructions de fermeté. Je vous renvoie à mes télex et aux télex diffusés par l’ensemble des directeurs de police et des groupements de gendarmerie.
C’est une honte !
La parole est à Mme Laure Lavalette.
Monsieur le ministre de l’intérieur, nous sommes ravis d’être d’accord sur le constat, mais laissez-nous gérer ! Je peux vous assurer que nous ne nous contenterons pas de dire que tout est globalement sous contrôle mais, avec nous, les Français seront en sécurité. Vivement 2027 ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
La parole est à M. Vincent Caure.
Je tiens tout d’abord à exprimer la reconnaissance des députés Renaissance aux policiers, gendarmes, pompiers et médecins engagés dans la nuit de samedi à dimanche à Paris. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem. – Mme Estelle Youssouffa applaudit également.)Tous ont été pleinement mobilisés, en première ligne face à des individus qu’il faudra punir sévèrement, dès lors qu’ils s’en sont pris aux représentants de l’État. Le président de la République l’a rappelé, nous ne pouvons plus tolérer de telles violences. Comme l’a souligné Gabriel Attal, nous devons faire évoluer la réponse pénale en matière de justice des mineurs.
Il a été premier ministre, pour information !
Depuis dimanche, j’ai entendu de multiples déclarations, de Jordan Bardella parlant de « scènes de guerre civile » à La France insoumise, qui soutient que les débordements sont de la faute du gouvernement, de votre faute, monsieur le ministre. Slogans de campagne et refus de la réalité n’apporteront aucune solution ; la démagogie ne résoudra rien. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR.)Les réponses se trouvent dans la loi et dans le respect de celle-ci. Comme rapporteur du projet de loi Ripost, je tiens à rappeler que c’est notre majorité qui agit dans cet hémicycle pour garantir la sécurité des Français. (Exclamations et rires sur les bancs du groupe RN. – Mme Caroline Parmentier fait signe à l’orateur de partir.)
Grotesque !
Le projet de loi Ripost que nous examinerons dans quelques jours prévoit des moyens inédits et des dispositifs concrets pour combattre les phénomènes observés ce week-end : nouveaux délits et nouvelles amendes, procédure de fermeture administrative, confiscation obligatoire suite à un rodéo urbain ou encore pénalisation de la consommation de protoxyde d’azote.Monsieur le ministre, vous avez notre confiance totale pour garantir l’ordre public et faire cesser ces débordements.
Pas la nôtre, en tout cas !
J’espère que dans quelques semaines, dans cet hémicycle, chacun prendra ses responsabilités et qu’aucune voix ne manquera pour adopter le projet de loi Ripost, comme nous avions su nous rassembler il y a un an contre le narcotrafic.Monsieur le ministre, la question est donc simple : comment avancer plus vite et rendre plus efficace la réponse que prévoit le projet de loi Ripost face à des débordements tels que ceux que nous avons observés ? (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem.)
Très bien !
La parole est à M. le ministre de l’intérieur.
Le projet de loi Ripost a été adopté au Sénat et il sera examiné dans cet hémicycle au cours du mois de juillet. Il contient des mesures visant à durcir les sanctions administratives et pénales pour des infractions qui causent beaucoup de troubles à l’ordre public : les rave-parties, le protoxyde d’azote, l’usage des mortiers et les rodéos.Dans le cas d’espèce, eu égard aux événements qui se sont déroulés pendant la nuit de samedi à dimanche, à Paris comme dans l’ensemble du territoire national, les dispositions relatives à l’usage des mortiers devront bien sûr être examinées avec la plus grande attention et les sanctions de leur usage durcies. Nous prévoyons des procédures de fermeture administrative applicables aux commerces qui en vendent, sous le manteau et sans en avoir l’autorisation – l’usage des mortiers d’artifice est normalement réservé à des professionnels.Dans la nuit de […]
Accepterez-vous les nôtres ?
En 2019, alors que j’étais secrétaire d’État, le Conseil constitutionnel avait retoqué des mesures d’interdiction de manifester et de paraître. Le temps est peut-être venu de réévaluer cette décision à la lumière de la jurisprudence de ce même Conseil. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur quelques bancs du groupe Dem.)
La parole est à M. Arthur Delaporte.
Monsieur le ministre de l’intérieur, ma question est simple. La carte de résident de dix ans de Mme Xenia Fedorova, proche de Bolloré et propagandiste du Kremlin, agent déstabilisateur de notre pays, a été délivrée de façon indue et dysfonctionnelle par vos services de préfecture de police. Allez-vous lui retirer son titre et engager une procédure d’expulsion ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe EcoS.)
Très bonne question !
La parole est à M. le ministre de l’intérieur.
Ces temps derniers, on nous a beaucoup interrogés au sujet des circonstances dans lesquelles cette dame a obtenu un titre de séjour. Je me suis exprimé à ce sujet ce week-end, puisqu’on nous prêtait de curieuses intentions s’agissant de ce document, accordé au titre d’une activité professionnelle, puis renouvelé en 2024, dans la mesure où les conditions de ce renouvellement étaient remplies. C’est une procédure purement administrative, qui s’applique à de nombreux étrangers en situation régulière sur le territoire national.
Que les choses soient claires : cette procédure s’est appliquée dans le cas que vous évoquez sans autre intervention. Il convient évidemment que tous les étrangers en situation régulière respectent les règles de la République et, en cas de trouble à l’ordre public – l’atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation est constitutive d’un tel trouble – il est toujours légitime de retirer un titre de séjour voire, si une menace grave pèse sur l’ordre public, de diligenter une procédure d’expulsion.
C’est ma question !
Ma réponse est la suivante : une telle expulsion est possible, mais seulement si les éléments qui la justifient sont réunis. On ne peut pas faire n’importe quoi : la France est un État de droit !
On pourrait délivrer une OQTF, non ?
Encore une fois, ce titre a été accordé parce que les conditions légales et réglementaires de son attribution étaient réunies. De même, les procédures de retrait et d’expulsion peuvent être engagées lorsque les conditions légales et réglementaires de leur application sont réunies.
On devrait aussi expulser les gens qui volent l’argent de la République !
La parole est à M. Arthur Delaporte.
Vous n’avez évidemment pas répondu à ma question. La réponse était oui ou non ; à ce stade, je comprends que c’est non. Mais sachez que la délivrance d’un titre de séjour n’est nullement automatique : elle est à la discrétion du préfet, à qui il revient notamment d’apprécier la condition d’intégration républicaine. Force est de constater que déjà, à l’époque, cette condition n’était pas satisfaite. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)
Il faut arrêter de donner des visas aux étrangers ! C’est bien de vous y mettre !
Et les OQTF concernant des Algériens ?
Je vous rappelle qu’en 2017, le président de la République affirmait que RT France, que Mme Fedorova a présidée de 2017 à 2022, se comportait comme un organe d’influence et de propagande mensongère. La situation a-t-elle changé entre l’interdiction de RT France en 2022 et la délivrance de ce titre en 2024 ? Allez-vous engager une enquête pour déterminer quels dysfonctionnements ont affecté les services de la préfecture de police pour qu’elle l’obtienne, alors qu’on sait les difficultés que rencontre le commun des demandeurs lorsqu’il souhaite obtenir le moindre papier ! (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et EcoS.)
Il y a des dizaines de milliers de délinquants étrangers !
Comment expliquer que Mme Fedorova dispose en toute impunité de deux émissions sur CNews, d’une sur Canal+ et d’une chronique dans le supplément du JDD, par lesquelles elle diffuse sans contradiction un récit mensonger, selon lequel l’Europe alimenterait la guerre déclenchée par Poutine et qu’il faudrait dénazifier l’Ukraine ? Allez-vous saisir le procureur de la République parce qu’elle n’est pas inscrite au répertoire de l’influence étrangère de la HATVP (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur plusieurs bancs du groupe EcoS) et parce qu’elle s’est livrée à la diffusion de nouvelles fausses, interdite par l’article 27 de la loi de 1981 sur la liberté de la presse ? Allez-vous saisir l’Arcom pour mettre en demeure la chaîne CNews ? Enfin, savez-vous pourquoi la ministre de l’agriculture a déjeuné avec le gratin de l’extrême droite réactionnaire sans avoir au préalable […]
La parole est à M. le ministre.
Non : les titres ne sont pas délivrés à la discrétion des préfets.
À leur appréciation !
Pour certains titres, sans doute, mais pas dans le cas d’espèce.
Il n’y a pas de renouvellement automatique des cartes de résident de dix ans ! Ce n’est pas vrai !
Vous connaissez mon passé : j’étais patron d’un service de renseignement. Je vous assure que nous serons très attentifs à la situation que vous évoquez. Si nous devions constater une menace ou un trouble à l’ordre public, nous en tirerions toutes les conséquences.
La parole est à M. Aly Diouara.
Monsieur le ministre de l’intérieur, qui aurait pu prédire que des dizaines de milliers de supporters du Paris Saint-Germain descendraient dans les rues après une victoire historique ? Qui aurait pu prédire que les Champs-Élysées et les grandes places de nos villes seraient le théâtre de rassemblements populaires ? Qui aurait pu prédire qu’une jeunesse populaire souvent reléguée et stigmatisée voudrait elle aussi prendre part à cette fête du football français ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Qui aurait pu prédire qu’un député prendrait lui aussi part à cette fête sans avoir à craindre d’être éborgné ? (Mêmes mouvements – Mme Christine Arrighi applaudit également.)Une fois encore, l’État n’a pas organisé une fête, mais un face-à-face. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Oh ! Quelle honte !
Rien n’a été pensé pour permettre une célébration populaire festive et sécurisée. Visiblement, on a suivi une seule doctrine : celle de la confrontation. À chaque fois que les jeunes des quartiers populaires investissent l’espace public, la même mécanique s’enclenche : on quadrille, on disperse et on charge. Puis viennent les blessés, les interpellations et les justifications. Tout le monde en paie le prix : habitants, familles, jeunes, mais aussi policiers et gendarmes, exposés à des situations où l’affrontement devient presque inévitable. (Mêmes mouvements.)
Racolage honteux !
Une doctrine du maintien de l’ordre ne se juge pas à l’ampleur des effectifs mobilisés mais à ce qu’elle produit. (Mêmes mouvements.) Ce soir-là, dans ma circonscription, un adolescent de 13 ans a perdu l’usage d’un œil. La vérité, c’est que votre doctrine se durcit partout, dans les cortèges syndicaux, dans les mobilisations écologistes, dans les mouvements sociaux et désormais, jusque dans les moments de fête populaire. (Mêmes mouvements.)
En taule, les voyous !
Mais lorsqu’il s’agit de quartiers populaires, cette brutalité prend une autre dimension et s’inscrit dans une histoire ancienne de suspicion et de contrôle.Ma question est simple : quand reconnaîtrez-vous que cette doctrine de confrontation produit précisément les violences qu’elle prétend empêcher ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)
Indécent !
C’est vous, les voyous !
Il faudrait les laisser faire ?
La parole est à M. le ministre de l’intérieur.
Vous m’interrogez sur la doctrine française du maintien de l’ordre. Je vais vous répondre sur un autre terrain.
Ce n’est pas une tribune, répondez à la question !
Oui, nous avions prévu que des supporters fêteraient la victoire du Paris Saint-Germain, ainsi que la possibilité de débordements très graves. Je veux vous dire simplement et solennellement que lorsque surviennent des interventions comme celle que vous évoquez, on ne parle pas de doctrine du maintien de l’ordre : il s’agit alors, comme je l’ai maintes fois répété, de gestion d’émeutes et de violences urbaines. (M. Ugo Bernalicis s’exclame.)
Vous auriez pu installer des fan zones.
Quand des personnes veulent piller des commerces et s’en prennent aux forces de sécurité intérieure, on ne maintient pas l’ordre : on réprime des émeutes et des violences urbaines, comme nous l’avons fait dans la nuit de samedi à dimanche.Quant au maintien de l’ordre dans le cadre des manifestations, demandez aux organisations syndicales comment ces manifestations sont gérées. Elles sont encadrées et il n’y a d’interventions au titre du maintien de l’ordre qu’en cas d’exactions. (Protestations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)
Mais n’importe quoi !
J’ai découvert l’affaire que vous citez avec la publication de votre vidéo…
C’est un problème !
Minable !
…et j’y suis très attentif. J’en ai parlé avec M. le préfet de police et nous avons mené des recherches. Je comprends qu’une procédure judiciaire est en cours et je vous assure que toute la lumière sera faite.
C’est ça !
Vous n’avez aucune raison de penser le contraire. Je regrette évidemment ce qui s’est passé mais je n’en connais pas les circonstances. ( Mêmes mouvements.) Est-ce bien le résultat d’une action de police ? Je n’en sais rien. Je fais confiance à la justice de mon pays. En tout état de cause, je ne peux pas vous laisser dire qu’il est question de maintien de l’ordre quand les policiers ont affaire à de véritables émeutiers. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur quelques bancs du groupe Dem.)
Il n’y aura pas de condamnations, comme d’habitude.
Heureusement qu’il a posté sa vidéo !
La parole est à M. Pouria Amirshahi.
Monsieur le ministre de l’intérieur, je vais insister. Oui, les violences de supporters existent ; oui, la surveillance des baignades est préférable ; non, personne ne souhaite que les rave-parties tournent au drame. Mais quelle obsession triste vous pousse à organiser de façon quasi systématique un affrontement avec notre jeunesse, qu’elle danse à la campagne ou dans les quartiers populaires ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.) Le week-end dernier, la canicule, pourtant annoncée, a poussé des millions de Français à chercher des points d’eau et de baignade – c’est bien normal. Outre l’envoi de quelques matraques, quelle préparation, quel dialogue sérieux avez-vous mené avec la ville de Paris pour accompagner les habitants en situation d’extrême chaleur ? (Exclamations sur plusieurs […]
Mais si !
Bien sûr que si !
Quelle honte de tenir des propos pareils !
Que des casseurs s’infiltrent parmi les supporters, c’est probable. Qu’il soit difficile d’organiser une fête sportive dans un pays en proie à des dissensions sociales, où la jeunesse est aussi discriminée, c’est un fait.Une question se pose alors : pourquoi avoir refusé la fan zone proposée par le maire de Paris ? (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC ainsi que sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)
Comme si les fan zones résolvaient tous les problèmes ! Il faut sortir de chez soi !
Pourquoi avoir tout misé sur un dispositif de répression exorbitant ? Vous avez même présenté les presque 900 interpellations qui ont eu lieu comme la preuve d’un travail bien fait. Quel aveu ! À chaque fête populaire, quelques images suffisent à condamner toute une jeunesse. On désigne une population, une origine, une supposée culture de « barbares », comme dirait M. Retailleau, pour nourrir le récit de l’extrême droite. Pourtant, à Londres, à Madrid, de tels événements se préparent bien mieux, grâce à des concertations en amont. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.) À neuf jours de la Coupe du monde, il serait irresponsable de ne pas tirer les enseignements de votre échec. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)
La parole est à M. le ministre de l’intérieur.
Vous avez cité toutes sortes d’exemples d’intervention des forces de police, qu’il s’agisse de rave-parties, de personnes qui se baignent illégalement dans certains bassins ou de ce qui s’est passé dans la nuit de samedi à dimanche. Nous nous connaissons depuis très longtemps et vous savez, je crois, que les forces de sécurité intérieure interviennent seulement quand se produisent des exactions, des dégradations, des violences.Vous avez votre point de vue sur les rave-parties. Mais allez discuter avec les personnes dont les champs sont envahis et dégradés, qui subissent énormément de nuisances et de dégâts ! Il est légitime que les forces interviennent dans de telles circonstances.Allez discuter avec les commerçants qui ont vu leurs magasins pillés dans la nuit de samedi à dimanche – il y en a eu une quinzaine en province, treize à Paris. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe […]
Bien sûr !
Ils vous diront que les forces de l’ordre ont raison d’intervenir. Elles en ont reçu l’instruction et cette intervention, dès lors que l’on a constaté la commission de violences et d’exactions, était légitime. J’attends des parlementaires de la République qu’ils la soutiennent,…
Exactement !
…car, respectueuse des moments festifs, elle a pour but de les encadrer. Les mêmes policiers, les mêmes gendarmes font en sorte que les fêtes dont vous parlez se passent bien – comme cela arrive dans la majorité des cas. (Mme Christine Arrighi s’exclame.)
N’importe quoi !
Pensez-vous sérieusement que si la Ville de Paris avait organisé une fan zone, les casseurs et les pillards dont nous avons observé les agissements dans la nuit de samedi à dimanche y seraient gentiment entrés pour célébrer la victoire du Paris Saint-Germain ? (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem. – M. Alexandre Dufosset applaudit également.) Certainement pas ! Les forces de sécurité intérieure travaillent sur le même scénario à l’occasion de la fête de la musique : il y a ceux qui vont au concert et font la fête, et ceux qui cassent et pillent. Je suis tout à fait persuadé que ces derniers ne seraient pas allés dans la fan zone, dont l’ouverture n’aurait par conséquent rien changé. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)
La parole est à Mme Edwige Diaz.
Monsieur le ministre de l’intérieur, je vais vous parler du pacte européen sur la migration et l’asile. Il organise la submersion migratoire de notre continent, impose la relocalisation forcée de milliers de clandestins en France et inflige une amende de 20 000 euros par migrant refusé.En dix ans, vous avez fait la démonstration de votre incapacité et, même, de votre non-désir de lutter contre l’immigration illégale. Aujourd’hui, vous la légalisez. Pire, vous l’organisez !Dès avril 2024, Marine Le Pen avertissait très justement que ce paquet législatif incarnait la mise sous tutelle des nations, d’une part, et validait l’impunité juridique des ONG complices des passeurs, d’autre part.Hélas, en mai 2024, malgré l’opposition du Rassemblement national, le succès rencontré par sa pétition et la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne, que nous avons exigée, ce pacte a été […]
La parole est à M. le ministre de l’intérieur.
Vous comprendrez aisément que je ne souscris pas à la présentation que vous avez faite des textes qui composent le pacte, lesquels ont été soutenus par la France.Que nos concitoyens comprennent bien : le pacte organise une procédure de traitement des demandes d’asile aux frontières extérieures de l’Union. Elle permet de retenir les demandeurs d’asile hors du territoire communautaire, le temps que leurs demandes aient été examinées. En outre, il facilite les reconduites aux frontières.Le pacte tend aussi à renforcer les mécanismes de filtrage sécuritaire, applicables partout sur le territoire national, ainsi que l’outil européen de contrôle Eurodac.En réalité, les mesures du pacte sont très protectrices, d’autant qu’elles s’appliqueront de la même manière dans toute l’Union européenne. Les mécanismes d’amende ou de relocalisation que vous avez évoqués ont été retenus en vertu du principe […]
La parole est à Mme Edwige Diaz.
Si votre texte est si protecteur, présentez le donc devant l’Assemblée nationale !
La parole est à M. Antoine Valentin.
Je devais interroger M. le ministre de l’intérieur, mais j’ai cru comprendre que tout allait bien dans le meilleur des mondes. Je poserai donc une question à la ministre des sports.Les Jeux olympiques d’hiver de 2030 prévoyaient 500 millions d’euros de recettes de sponsoring dans leur plan de financement – 500 millions d’euros dont personne, à ce jour, n’a trouvé la moindre trace. En outre, les économistes, y compris les plus sérieux, estiment les dépenses sous-évaluées de 300 à 400 millions d’euros.Sous-évaluation des dépenses, surestimation des recettes… On croirait presque lire le dernier budget du gouvernement, mais il s’agit malheureusement de celui de cette belle fête du sport !Qui paiera ? Les départements, que vous associez si peu aux décisions d’un Cojop dont on peine à comprendre la gouvernance, tant ses directeurs se succèdent plus vite que les premiers ministres depuis deux […]
Oui !
Qui paiera la gabegie financière et politique qui viendra entacher cette belle fête du sport, que nous soutenons pourtant ?
La parole est à M. le ministre délégué chargé des relations avec le Parlement.
Vous aviez prévu de poser votre question à M. le ministre de l’intérieur, il est là. Vous avez changé d’avis et décidé de la poser à Mme la ministre des sports, qui est excusée – vous constatez bien qu’elle n’est pas là. J’y vois une forme de malice de votre part.J’ai deux choses à vous répondre. D’abord, que le maire de Nice, président de votre groupe, doit assumer ses décisions. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR, SOC et Dem.) L’interprétation politique que vous faites de l’organisation des JO 2030 n’a pas été faite lors des JO précédents !Ensuite, et pour terminer – j’en suis désolé –, je vous invite à vérifier à qui vous posez vos questions. Je vous ai déjà invités, mesdames et messieurs les députés, à m’interroger au préalable sur le ministre que vous souhaitez interroger. Comme je l’ai dit devant la présidente de l’Assemblée nationale, mon rôle consiste à faire […]
Après avoir ramé, vous coulez !
La ministre vous répondra précisément, je m’y engage. Je vous invite à vérifier à qui vous posez votre question, surtout si vous en changez en cours de séance !
C’est minable !
La parole est à M. Antoine Valentin.
Faute de réponse, nous serons peut-être contraints, dans quelques mois ou quelques années, de lancer une grande commission d’enquête, comme celle qui a porté sur l’audiovisuel public, pour comprendre les grands manquements du projet et défendre les Niçois ainsi que les contribuables qui se sont dressés contre cette gabegie financière. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS.)
Ils sont incapables d’assumer leurs décisions !
La parole est à M. Laurent Marcangeli.
Samedi soir, comme des millions de Françaises et de Français, j’étais heureux de voir le capitaine du Paris Saint-Germain brandir, pour la deuxième année consécutive, le trophée de la Ligue des champions. J’étais heureux de savoir que des millions de Françaises et de Français partageaient ce moment. J’étais heureux de savoir que la France rayonnait à travers le grand club qu’est le Paris Saint-Germain et ses exploits sportifs.Naturellement, comme des millions de Françaises et de Français, la suite des événements m’a rendu malheureux. Malheureux, à cause de scènes de violence aveugle. Malheureux, à cause de scènes de pillage telles que les commerçants ont désormais peur lorsque des équipes sportives françaises ou nos équipes nationales sont en compétition. Malheureux de voir nos enfants être témoins de scènes horribles, horribles pour le sport et l’image de notre pays. Malheureux, aussi […]
Et les supporters niçois, alors ?
Le groupe Horizons & indépendants l’a déjà prouvé. Nous avons proposé des peines planchers pour certains délits et certains crimes. Nous avons proposé un certain nombre de mesures visant à sanctionner par de courtes peines de prison. Nous avons toujours été du côté de l’ordre !Monsieur le premier ministre, pouvez-vous informer la représentation nationale des suites données aux événements de samedi, notamment des interpellations et des gardes à vue qui en ont découlé ?
Des supporters niçois ?
Pouvez-vous nous indiquer ce que le gouvernement s’engage à faire, dans les semaines à venir, pour répondre à la préoccupation des Françaises et des Français ?L’ordre ! L’ordre dans la rue, l’ordre pour la France !
La parole est à M. le premier ministre.
Vous avez dit être malheureux. On peut même être en colère, à la vue des images lamentables que l’on a découvertes samedi soir !Je commencerai mon propos là où vous avez terminé le vôtre. Nous devons, ici, soutenir, quoi qu’il arrive, les forces de sécurité intérieure – les policiers et les gendarmes –, pour une simple raison : leur mission est d’appliquer les lois de la République, celles que vous avez vous-mêmes votées ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem, HOR et LIOT.)Il n’y a pas pire schizophrénie que celle dont une parlementaire a fait preuve en laissant entendre, avant même la diffusion des images, que les forces de l’ordre créeraient le désordre ! (Mêmes mouvements.) L’inversion du récit et l’inversion des valeurs, voilà les premières cibles du combat culturel que nous devons mener. Comment attendre d’une jeunesse qu’elle respecte des règles si les élites […]
Et un député ! (Sourires sur de nombreux bancs.)
Karl Olive !
Et surtout, des récidivistes,…
Ça alors !
…extraordinairement minoritaires.Sachant cela, on ne peut faire l’économie d’une analyse et prendre quelques instants de réflexion, pour mieux adapter notre droit à ces constats. Il ne s’agit pas seulement de violences de supporters, mais d’une délinquance plus globale, qu’il faut analyser avec un certain recul.On ne peut pas en rester là. La question de l’adaptation de notre droit se pose, notamment en matière de répression des tirs de mortier, d’utilisation de la vidéosurveillance algorithmique, d’interdictions de stade – dans le cas présent, elles n’auraient pas servi à grand-chose, mais on a encore des compétitions sportives devant nous –, de sanction de l’usage de stupéfiants et du protoxyde d’azote. L’autorité judiciaire le confirmera : ces violences sont parfois commises sur fond d’addiction.On n’a pas attendu. Le ministre l’intérieur a présenté le projet de loi Ripost en conseil […]
Introduire une obligation de résultats pour les clubs.
La question des courtes peines est posée. Le garde des sceaux, Gérald Darmanin, a travaillé, dans le cadre du projet de loi « Sure 2 », sur des peines de quinze jours ou un mois d’emprisonnement, qu’il est aujourd’hui impossible de prononcer. Il s’agit de donner plus de souplesse à nos magistrats et d’adapter notre procédure pénale et notre droit à une délinquance nouvelle.Mais je pense qu’il faut aller encore plus loin. Notre système est essentiellement fondé sur la réponse pénale. Or nous parlons ici de dégradations matérielles qui coûtent extraordinairement cher à la société, au travers des polices d’assurance que paient chaque citoyenne et chaque citoyen, mais aussi au travers des impôts et des contributions dont chaque Française et chaque Français s’acquittent annuellement. Cela pose la question de la réparation civile.À l’heure actuelle, les victimes sont correctement indemnisées […]
Heureusement que vous êtes là !
Cela fait dix ans que vous êtes au pouvoir !
…et intervenir de manière beaucoup plus coercitive. Je vais demander au ministre de faire des propositions assez rapidement.
Des mots, des mots, des mots.
Je ne suis pas favorable à la suspension des prestations sociales. Néanmoins, je crois qu’il y a un chemin de bon sens : permettre que ces prestations sociales, en dehors du reste à vivre, financent les réparations, avec des solutions adaptées.
Ça fait dix ans que vous êtes là !
Dix ans de malheur.
L’auteur d’un acte de violence ou d’une dégradation doit prendre ses responsabilités et réparer. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)
La parole est à Mme Océane Godard.
Au lendemain d’un vote unanime et indispensable en faveur de la protection des enfants dans le milieu scolaire, l’urgence est d’accélérer en inscrivant à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale la proposition de loi visant à lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles commises à l’encontre des femmes et des enfants. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe EcoS.)Je fais miens les mots de Romain Lemire, victime d’inceste et auteur de l’ouvrage Clément : « Il faut tout un village pour violer un enfant. » Il faut un violeur et un village qui voit des choses ou qui peut voir des choses, mais qui ne veut pas les voir. Et qui, s’il les voit, les tait.S’il faut un village pour violer un enfant, que fait le pays ? Madame la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, entre le moment où j’ai commencé mon […]
Pourquoi ils applaudissent ?
Un enfant meurt tous les cinq jours sous les coups de ses parents. Près de 400 000 femmes sont victimes chaque année de violences physiques, sexuelles ou psychologiques commises par leur conjoint ou leur ex-conjoint. Si la parole se libère doucement, c’est l’écoute qu’il faut libérer, car une parole niée empêche la reconnaissance. Et pour reconnaître, encore faut-il sortir de cette impunité effarante, comme le dit Muriel Salmona. C’est précisément sur ce point que porte ma question, car, face à cette situation, plus de 150 000 citoyens ont déjà signé les pétitions lancées par Mouv’Enfants dans le cadre des municipales de 2026 pour demander davantage d’exemplarité dans la vie publique.Le président de la République a récemment annoncé vouloir instaurer une peine d’inéligibilité automatique pour les élus condamnés pour des faits de racisme, d’antisémitisme ou de discrimination. Dans la […]
La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.
Permettez-moi de m’associer au choix qui a été fait hier et au vote, à l’unanimité de votre assemblée, de la proposition de loi visant à protéger nos enfants des crimes sexuels dont ils sont trop souvent les victimes. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)Je vous remercie d’avoir fait résonner dans cet hémicycle la voix des enfants. Il arrive qu’elle résonne, mais à intervalles irréguliers, et on l’oublie trop vite. Or nous avons l’immense responsabilité de garantir la protection que la République leur doit. La République doit d’abord protéger celles et ceux qui sont les plus vulnérables ; or, dans toute société, les plus vulnérables, ce sont les enfants, notamment quand on parle de violences sexuelles.Vous savez qu’un projet de loi relatif à la protection de l’enfance sera bientôt examiné ;…
Et les financements qui vont avec ?
…votre groupe a également déposé une proposition de loi sur ce sujet, qui concerne notamment le rôle de l’avocat. Nous avançons.
Non, c’est nous qui avançons !
Vous posez plus spécifiquement la question de l’introduction d’une peine d’inéligibilité pour les élus coupables de violences, notamment intrafamiliales ; c’est une question que j’avais moi-même posée quand j’étais députée – peut-être certains s’en souviennent-ils. Malheureusement, à l’époque, une partie de cet hémicycle s’y était farouchement opposée. Peut-être les choses ont-elles changé depuis : je m’en réjouirais, parce que je crois que l’introduction d’une peine d’inéligibilité s’inscrirait dans le continuum de l’exemplarité dont nous devons faire preuve. Quand on touche à un enfant, je crois sincèrement qu’on n’est plus digne d’être un élu de la République. Je crois et j’espère que l’hémicycle est désormais prêt à voter à l’unanimité pour une telle proposition.
La parole est à M. Julien Brugerolles.
Monsieur le ministre de l’économie et des finances, Michelin vient d’annoncer la suppression de 1 500 emplois supplémentaires en France d’ici à 2029, soit près de 10 % de ses effectifs dans notre pays. Cette annonce intervient moins de deux ans après la fermeture des usines de Cholet et de Vannes, qui a déjà condamné 1 250 emplois industriels et fragilisé durablement des territoires entiers. Une fois encore, la direction du groupe invoque le coût du travail pour tenter de justifier celte nouvelle saignée sociale. Mais Michelin est une entreprise largement bénéficiaire, à l’international comme sur le marché français, avec des marges très élevées.Chaque année, plus de 1 milliard d’euros sont consacrés aux dividendes versés aux actionnaires et aux rachats d’actions. La réalité, c’est que ce n’est pas le coût du travail qui est en cause, mais bien la priorité donnée à la rémunération du […]
La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
Michelin a annoncé cette décision, que je regrette, il y a quelques jours. Elle touche directement votre territoire, le Puy-de-Dôme, où Michelin a à la fois son siège et un certain nombre d’installations industrielles.Ce sont 1 500 salariés, au maximum, qui quitteront l’entreprise, d’ici un peu plus de trois ans, et il s’agira de départs volontaires. En tout cas, c’est ce qu’a annoncé l’entreprise. Il est essentiel que ces départs soient effectivement volontaires ; je souhaite que le gouvernement en soit informé et surveille la situation de très près. Je suis persuadé que le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, le fera.Michelin a annoncé l’ouverture de négociations dans les prochaines semaines, qui devraient aboutir d’ici la fin de l’année. Les départs s’étaleront ensuite sur trois ans. Le gouvernement veillera, je le répète, à ce que ces départs soient effectivement volontaires […]
La parole est à M. Frédéric-Pierre Vos.
Tout en partageant l’objectif de lutte contre la fraude, le groupe Rassemblement national s’interroge sur la pertinence de la méthode choisie pour y parvenir.
Commencez par montrer l’exemple !
Le 1er septembre, la facturation électronique deviendra obligatoire pour des millions d’entreprises françaises et d’indépendants. Pourtant, à quelques mois de l’échéance, 38 % des entreprises de moins de 250 salariés n’ont toujours aucun plan d’action, et à peine plus d’un tiers ont choisi la plateforme obligatoire pour facturer.S’il s’agit d’un service public, il devrait être gratuit ; un portail gouvernemental était d’ailleurs prévu. Or, ici même, M. Amiel a reconnu l’abandon de ce portail pour des motifs évasifs, après que 200 millions d’euros ont été dépensés en pure perte. Il n’y a donc plus de volet gratuit destiné aux entreprises ; elles devront désormais payer des plateformes privées, sous peine de sanctions, dans la confusion la plus totale. Le Rassemblement national vous avait déjà alertés à l’automne sur ce risque. Ses députés avaient ainsi voté l’allongement des délais et la […]
La parole est à M. le ministre de l’action et des comptes publics.
Vous êtes contre la facturation électronique. En vous écoutant, je me suis dit qu’on entendait les mêmes arguments, il y a dix ans, au moment où nous avons introduit le prélèvement à la source.
Il n’a pas dit ça !
On nous disait que ce serait impossible. (« Ce n’est pas la question qui a été posée ! » sur les bancs du groupe RN.) Vous devriez écouter les questions de vos propres collègues. À la fin de son intervention, M. Vos a fait un réquisitoire implacable contre la facturation électronique.Vous devriez, monsieur le député, écouter ce que disent les organisations professionnelles et les organisations patronales, le Medef, la CPME , l’U2P, toutes ces organisations qui sont engagées depuis de nombreuses années, en lien avec les pouvoirs publics, pour introduire la facturation électronique. Celle-ci se fera en deux étapes – réception en 2026 et émission en 2027 – en ce qui concerne les petites entreprises, précisément pour laisser à l’ensemble des acteurs – acteurs économiques, éditeurs de logiciels – le temps de s’adapter.Vous avez oublié de mentionner que nos voisins européens, notamment […]
Nous vous parlons des commerçants français ! En Italie, c’était mieux préparé !
Vous avez évoqué la nécessité de lutter contre la fraude, mais il ne faut pas se payer de mots. Nous avons déjà eu de nombreux débats dans cet hémicycle, au cours desquels l’explosion de la fraude à la TVA a été évoquée. Cette fraude menace précisément les artisans et les commerçants qui sont honnêtes et paient chaque mois leurs impôts. Grâce à la facturation électronique, nous pourrons lutter contre la fraude à la racine et défendre les commerçants et les artisans qui paient leurs impôts et ne supportent plus de voir que certains ne le font pas.
La parole est à Mme Marie Lebec.
Ma question s’adresse à M. le ministre de l’économie et des finances. Depuis 2018, sous l’impulsion du président de la République, la France a fait un choix clair : celui de reconquérir sa souveraineté économique par l’investissement, l’innovation et la réindustrialisation. Ce choix n’avait rien d’une évidence. Pendant des années, notre pays s’était habitué aux délocalisations, aux fermetures d’usines et à l’idée que l’industrie française était condamnée à reculer. Nous avons refusé ce déclinisme.Nous avons aussi refusé le faux choix entre ouverture économique et défense de nos intérêts nationaux. Alors que l’extrême gauche combat chaque investissement et que l’extrême droite instrumentalise la souveraineté sans jamais créer un emploi, nous faisons le choix de l’action, de l’attractivité, de l’industrie et des résultats. Pour la septième année consécutive, la France est la première […]
La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
Tout d’abord, madame la députée, merci pour votre fidélité ! Cela fait neuf ans, vous l’avez dit, que Choose France existe et cela fait neuf ans que vous y êtes présente chaque année sans faillir pour accompagner les investisseurs internationaux qui choisissent la France. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR.) Merci à vous, donc, et merci aux autres élus qui étaient là hier pour célébrer cette édition historique.Merci aussi pour tout ce que vous faites depuis dix ans pour accompagner ce mouvement d’industrialisation. Car celui-ci ne s’est pas fait par hasard. Si la France est aujourd’hui, pour la septième année consécutive, le pays plus attractif d’Europe (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP) – n’en déplaise aux grincheux –, c’est grâce aux politiques actives qui ont été votées et mises en œuvre.
Et l’emploi ? C’est un échec total !
Ainsi, nous disposons d’une électricité décarbonée et peu chère ; le coût du travail a baissé ; les procédures d’installation industrielle se sont accélérées ; les industries vertes ont été accompagnées.Les plus de 90 milliards d’euros d’investissement annoncés hier consacrent une édition historique dans toutes sortes de secteurs. (Mêmes mouvements.)
Et le chômage ?
Vorwerk, grande entreprise allemande qui fabrique des robots Thermomix à Châteaudun, va produire des millions de pièces supplémentaires. Dans votre département des Yvelines, où je me suis rendu dimanche, Thésée Datacenter va investir 500 millions pour que nous ayons des données souveraines et protégées en France. Avec la ministre Aurore Berger, nous avons posé vendredi la première pierre du projet d’Orano et XTC à Dunkerque. Bref, cela se développe, cela continue…
Incapables !
À ceux qui entament un galop d’essai dont ils pensent qu’il va les mener à la magistrature suprême, je demande de bien réfléchir à ce qu’il conviendra de faire pour que ce mouvement exceptionnel se poursuive dans les dix ans qui viennent. La souveraineté industrielle, la souveraineté énergétique, la souveraineté numérique, cela n’arrive pas par hasard, et cela crée de l’emploi. Il faut continuer ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)
La parole est à M. Arnaud Le Gall.
Au Liban, l’armée israélienne a passé le fleuve Litani, réalisant l’invasion la plus profonde depuis plus de vingt-cinq ans. Elle appelle à évacuer Nabatiyé. Déjà, des ministres israéliens pressent Netanyahou de raser la banlieue sud de Beyrouth, rêvant tout haut d’un grand Israël qui s’étendrait au Liban comme en Cisjordanie.Israël mène depuis l’automne 2024 une guerre contre le Liban au mépris du droit international et des engagements de cessez-le-feu. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Je dis bien une guerre contre le Liban, parce que le Hezbollah n’est qu’un prétexte. Tel Aviv veut un Liban impuissant, meurtri, fracturé. Cette guerre a fait 1 133 morts depuis le cessez-le-feu du 17 avril, plus de 3 400 morts depuis le 2 mars, près de 7 000 morts depuis 2024, plus d’un million de déplacés, des dizaines de milliers de blessés, des […]
La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.
En dénonçant une supposée inaction de la France dans une question qui ne fait mention ni de l’adjudant Montorio ni du caporal-chef Girardin, vous insultez tout simplement leur mémoire et vous crachez au visage des militaires français qui, chaque jour au Liban, se tiennent aux côtés de la population libanaise. (Vives exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
C’est odieux ce que vous faites là !
Vous êtes un pantin. (M. Arnaud Le Gall, suivi des membres de son groupe, se lève.)
Si vous quittez l’hémicycle, cela me permettra d’aller plus rapidement. (Les députés du groupe LFI-NFP quittent l’hémicycle en continuant de protester. – De nombreux députés des groupes EPR, Dem et HOR, ainsi que quelques députés du groupe LR, applaudissent le ministre.)
Au revoir !
Du balai !
Si vous soutenez sincèrement le Liban, alors cessez d’exploiter les souffrances de son peuple et sachez condamner dans un même souffle les attaques du Hezbollah et celles d’Israël ! Sachez appeler dans un même souffle au désarmement du Hezbollah, au retrait d’Israël, à la restauration de l’autorité d’un État fort, disposant du monopole de la force et capable de protéger l’ensemble des communautés.
Vous êtes en dessous de tout.