Séance du 21 juillet 2022 — 15e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Hélène Laporte.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Hélène Laporte.
Tours 1001 à 1200 sur 1324 — page 6 / 7.
Le présent amendement vise à supprimer l’article 19, qui tend à régulariser le décret du 11 mars 2022 ayant relevé le plafond du volume de l’ARENH de 20 térawattheures au 1er avril 2022. Ce décret a été pris selon une procédure irrégulière qui ne respecte pas les consultations préalables obligatoires. L’article 19 revient, de fait, à soustraire ce décret à la justice administrative, alors même qu’il a fait l’objet d’un recours gracieux, rejeté par le tribunal administratif, et qu’un recours contentieux est en train d’être examiné par le Conseil d’État. L’ARENH a dégradé la capacité d’EDF à atteindre ses objectifs tant pour la disponibilité du parc électronucléaire que pour sa prolongation ou pour le début du démantèlement de certaines implantations. Nous ne saurions vous absoudre, en adoptant l’article 19, d’avoir pris le décret du 11 mars sans procéder aux consultations préalables […]
La parole est à M. Sébastien Jumel, pour soutenir l’amendement no 173.
Cet article, c’est du jamais vu ! Le Gouvernement entend valider par la loi un décret visé par plusieurs procédures contentieuses internes et pourrait même faire l’objet d’un contentieux européen. Le Gouvernement confirme le peu de cas qu’il fait du respect des pouvoirs en contournant la justice. Je veux le répéter et le souligner : l’article 19, sur la forme, vient acter un contournement des procédures engagées par les agents d’EDF ; sur le fond, il valide une décision inique qui tend à graver dans le marbre la saignée d’EDF dans le but de soulager la concurrence au profit de géants comme TotalEnergies et Engie.Le présent projet de loi traite du pouvoir d’achat. Lors de la discussion de la première moitié du texte, le Gouvernement a refusé de prendre le pognon là où il est, de pomper TotalEnergies pour financer les mesures en faveur du pouvoir d’achat. Et maintenant que nous débattons […]
Sur les amendements identiques nos 23, 173, 296, 314, 426, 478 et 888, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouvelle Union populaire, écologique et sociale et par le groupe Gauche démocrate et républicaine-NUPES d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.L’amendement no 296 de M. Michel Castellani est défendu.La parole est à Mme Delphine Batho, pour soutenir l’amendement no 314.
Le rôle des députés n’est pas d’empêcher que des actes de l’exécutif soient soumis à la justice administrative. La présente discussion révèle la pire des méthodes. Cette nuit, nous débattons de l’ARENH et, demain, dans le cadre du projet de loi de finances rectificative, nous discuterons du bouclier tarifaire. La question du rachat d’actions d’EDF sera également abordée. Ce rachat n’a d’ailleurs rien à voir avec une capitalisation ni avec une renationalisation puisque l’entreprise restera une société anonyme et ne sera pas transformée en établissement public industriel et commercial (EPIC). (« Tout à fait ! » et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES et sur quelques bancs du groupe SOC.) Cela nous fait craindre le retour du projet Hercule.En fait, depuis le début du choc énergétique, le gouvernement actuel, comme celui qui l’a précédé, fait le choix d’une politique des […]
La parole est à M. Olivier Marleix, pour soutenir l’amendement no 426.
Nous avons déposé cet amendement afin de dénoncer la mauvaise façon faite à EDF et à ses administrateurs, lesquels n’ont pas forcément disposé de toutes les informations nécessaires avant de prendre cette décision. Nous n’ignorons pas que ce sujet pose une question de sécurité juridique pour les bénéficiaires de l’augmentation du volume d’ARENH. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Je le rappelle, 20 térawattheures supplémentaires ont été répartis par la CRE entre les différents bénéficiaires possibles, ce qui créerait une insécurité juridique. (Mêmes mouvements.)
Nos collègues ne semblent pas très à l’aise !
Je souhaite revenir sur la situation des électro-intensifs – la ministre a notamment évoqué le cas des entreprises de Savoie. Ces entreprises, au-delà du tarif de l’ARENH, ont autrefois bénéficié de contrats de long terme avec EDF. Cela fait de nombreuses années que nos collègues Émilie Bonnivard et Vincent Rolland mettent le sujet sur la table. Or nous sommes toujours au point mort et continuons d’attendre une réponse du Gouvernement. Cela dit, par souci de sécurité juridique à l’égard de toutes les entreprises bénéficiaires du volume d’ARENH supplémentaire, nous retirons cet amendement. (« C’est honteux! » sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
(L’amendement no 426 est retiré.)
L’amendement no 478 de M. Pierre Meurin est défendu.La parole est à M. Maxime Laisney, pour soutenir l’amendement no 888.
Le décret portant augmentation du volume d’ARENH a été pris en mars ; l’arrêté qui en a découlé a été retoqué par la CRE. En réalité, le Gouvernement, par l’article 19, demande à l’Assemblée d’entériner une décision scandaleuse qu’il a prise il y a quelques mois. EDF devrait augmenter le volume d’ARENH au bénéfice de ses fournisseurs alors que – on le dit pour la énième fois – la moitié des réacteurs nucléaires sont actuellement à l’arrêt ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)En imposant à EDF de fournir à prix cassé davantage d’électricité au moment même où elle n’arrive pas à la produire, vous allez casser le principal outil de production et offrir des bénéfices de court terme à des fournisseurs qui n’auront bientôt plus rien à fournir et disparaîtront une fois le pactole empoché (Mêmes mouvements.) Le problème des consommateurs, ce sera non plus le prix, mais […]
Quel est l’avis de la commission ?
Si le volume d’ARENH a été augmenté l’an dernier, c’est bien parce que c’était nécessaire. Nous nous sommes retrouvés dans une situation où le prix de l’électricité a explosé. Certains industriels ont dû fournir de plus grands volumes d’énergie nucléaire régulée. Bon nombre d’entreprises ont alerté le cabinet de Mme Pannier-Runacher en disant : « Si nous n’avons pas davantage accès à de l’électricité pas chère, nous ne pourrons plus maintenir nos productions. »
Sortez du marché européen !
En effet, le coût de l’électricité ne peut pas peser 50 %, 60 %, voire 70 % dans le coût de production des entreprises.Si nous revenons sur cette mesure, nous risquons de créer une hausse des prix de 40 à 60 % pour les électro-intensifs en raison d’un rattrapage sur les six derniers mois de l’année, une hausse de 25 % pour les entreprises et les collectivités de plus de 10 salariés et une hausse de 20 % pour les consommateurs qui ne sont pas soumis aux tarifs réglementés de vente d’électricité (TRV). Il est donc absolument nécessaire de maintenir l’article 19. Quand j’entends les Insoumis et les Écologistes jouer aux sauveteurs d’EDF alors qu’ils demandent la fermeture des centrales nucléaires depuis des années, je tombe de ma chaise. Avis défavorable. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Même avis. Je salue la responsabilité dont font preuve les députés de la majorité ; ils ont pris la mesure du sujet. (« C’est une capitulation ! » sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Madame Batho, vous dites que les collectivités locales et les entreprises ont constaté des augmentations de prix. Mais vous n’imaginez même pas quel serait le niveau des augmentations si l’ARENH n’avait pas été là ! Le tarif auquel pourraient être négociés les contrats en 2023 est dix fois supérieur à ceux de l’ARENH. On ne peut pas dire que ce sont les distributeurs qui se prennent une marge.
Non, ce n’est pas exact et vous le savez très bien. Il revient justement à la CRE – je vous invite à consulter les comptes rendus de ses travaux – de s’assurer que les volumes et le prix redescendent modulo la marge qui est réalisée au titre de la distribution – sans qu’elle soit une prédation – et de veiller à ce que nos entreprises bénéficient d’un coût compétitif de l’électricité. Voilà la réalité ! Demain, quand vous devrez regarder les yeux dans les yeux les organisations syndicales et les dirigeants des entreprises qui vont voir leur facture d’électricité multipliée par dix, on en reparlera.
Nationalisez, on en reparlera !
L’enjeu, c’est une augmentation irréversible de 20 % du prix de l’électricité pour les consommateurs résidentiels, petits professionnels et collectivités qui ne bénéficient pas du tarif régulé. C’est l’augmentation des tarifs pour des milliers de communes, une augmentation de 25 % pour toutes les entreprises et les collectivités locales qui emploient plus de dix personnes. C’est une augmentation immédiate et rétroactive au 1er janvier dernier de 40 à 60 % du prix de l’électricité pour les entreprises électro-intensives.Pour ma part, je n’assume pas de laisser des industriels mettre la clé sous la porte avec le cortège de licenciements qui en découle parce que nous ne serions pas capables de prendre nos responsabilités. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
Vous êtes nombreux à demander la parole, mais je vais limiter le nombre d’orateurs.La parole est à M. Sébastien Jumel.
Madame la ministre, vous faites comme s’il n’y avait pas d’alternative : l’ARENH ou rien, le marché ou rien. Ce n’est pas le cas. Nous vous proposons de sortir la politique énergétique du carcan du marché et de fixer des tarifs réglementés pour les collectivités et l’ensemble des professionnels et des industriels – nous mesurons à quel point le prix de l’énergie pèse sur la compétitivité de nos industries. L’accès à ces tarifs doit se faire sans contrainte et tout cela ne doit pas défavoriser EDF. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)Ce n’est pas tout ou rien, Bruxelles ou le plat de lentilles ; il faut considérer que la politique énergétique française est une exception dans le cadre européen. Voilà la solution alternative que nous proposons à votre siphonnage d’EDF et à votre incapacité.Moi aussi, je rencontre les entreprises dans ma circonscription. Allez voir chez les […]
La parole est à Mme Delphine Batho.
Soit, madame la ministre ! Admettons que vous ayez vraiment cru que le changement du plafond de l’ARENH permettrait d’amortir le choc du coût de l’électricité pour les entreprises de plus de dix salariés dont le chiffre d’affaires dépasse 1 million d’euros, et pour les collectivités. Il reste que ça ne marche pas ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Écolo-NUPES et LFI-NUPES.Dans ma circonscription, il y a des entreprises qui mettent la clé sous la porte, d’autres auxquelles on propose pour le mois de décembre prochain des contrats de fourniture d’électricité à des prix délirants.Vous devez changer de cadre. Vous êtes enfermée dans le cadre actuel avec les instruments actuels, alors qu’il faudrait réagir comme lors de la pandémie avec le pacte de stabilité : lorsque l’on constate que les règles auxquelles nous nous conformons sont débiles, on les met à plat et on en change. […]
La parole est à M. Aurélien Taché.
Je suis sans doute une nullité énergétique, comme l’a affirmé M. Tanguy, du groupe RN, sans que vous le repreniez, madame la présidente – Mme Regol avait pourtant fait un rappel au règlement après une série d’insultes –, parce que je ne comprends rien à ce que nous dit la ministre depuis tout à l’heure.Quelle est la stratégie énergétique du Gouvernement ? On rouvre une centrale au charbon au coup par coup, on ouvre un méthanier au coup par coup. Que nous propose-t-on en matière de sobriété énergétique ou d’énergies renouvelables ?Nous vous posons des questions précises depuis tout à l’heure, et tout cela n’est pas clair, madame la ministre. Vous avez dit au Figaro qu’il fallait se préparer au scénario du pire et que M. Poutine allait nous couper le gaz. Au passage, on se fait humilier, car ce n’est même pas vous qui avez décidé de ne plus acheter son gaz.Concrètement, que proposez-vous […]
La parole est à M. Adrien Quatennens.
Il est quatre heures du matin et une évidence se dessine sous nos yeux : Emmanuel Macron a sa majorité avec le groupe LR. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)Dans cette affaire, EDF est le dindon de la farce, et la farce a un nom : c’est le marché européen. Lors de l’ouverture des marchés de l’électricité au nom de l’idéologie de la Commission européenne, qui veut ouvrir tous les marchés, cette dernière a compris que cela ne marchait pas : qui pouvait concurrencer EDF ? L’ARENH a consisté à demander au fournisseur de produire pour ses concurrents : c’est aussi absurde que de demander à un boulanger de donner ses baguettes à un local sans fournil pour qu’il puisse le concurrencer. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)L’article 19 vise à ce que EDF fournisse une part encore plus importante d’électricité à ses concurrents. Cela a un coût pour cette […]
Monsieur Quatennens, il faut conclure !
Malgré la décision annoncée, je demande à nos collègues de droite de voter en leur âme et conscience, car le vote est individuel… (Les députés du groupe LFI-NUPES se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NUPES, RN, SOC, Écolo-NUPES, et GDR-NUPES.)
La parole est à Mme Émilie Bonnivard.
La différence entre vous et nous, monsieur Quatennens, c’est peut-être que nous, au groupe LR, avons le sens des responsabilités. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES et SOC.) Dans l’urgence, nous sommes avec nos industriels. Vous parlez souvent de relocalisation des producteurs d’aluminium ou de silicium, mais avec vos amendements, vous les mettez en danger.Nous visons le même objectif : protéger EDF et revenir sur le système actuel, mais nous intervenons dans des temporalités différentes car, face à l’urgence, nous voulons avant tout protéger nos emplois et nos industriels. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
Ce n’est pas comme cela que vous protégerez EDF !
Nous ne pouvons pas concilier les deux démarches. L’urgence aujourd’hui consiste à sauver les industries électro-intensives. J’ai encore eu des professionnels au téléphone ce matin. Depuis plusieurs jours, ils m’expliquent que la suppression de l’article 19 aurait pour eux des conséquences désastreuses.Cependant, madame la ministre, je voudrais connaître votre position sur le fond, car nous constatons tous que le système actuel n’est pas satisfaisant. Quelle est votre position sur les contrats à moyen et long terme pour ces industries qu’évoquait Olivier Marleix ? Je maintiens en tout cas que notre groupe a fait le bon choix, celui de responsabilité. (Applaudissements sur les bancs des groupes LR, RE et Dem.)
La parole est à Mme la ministre.
Je ne rentre pas dans les détails avant l’audition prévue la semaine prochaine. Bruno Le Maire et Barbara Pompili l’ont dit il y a plusieurs mois : nous avons un problème de régulation de marché. Je pense que 100 % des personnes ici présentes sont d’accord. Nous tentons de faire bouger les choses par ailleurs, mais nous discutons ce soir d’une mesure qui serait rétroactive. Elle s’appliquerait à partir du 1er janvier 2022 : nous ne pouvons pas prendre les industriels en traître !Enfin n’oubliez pas qu’à cette heure, nous importons de l’électricité et que nous sommes bien contents de pouvoir compter sur le marché européen. Cela pose évidemment d’autres questions, en particulier sur la production, auxquelles il faut répondre.Je confirme que j’appelle de mes vœux les contrats à long terme, mais je n’ai pas encore trouvé l’outil juridique. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et […]
Je mets aux voix les amendements identiques nos 23, 173, 296, 314, 478 et 888.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 312 Nombre de suffrages exprimés 308 Majorité absolue 155 Pour l’adoption 148 Contre 160
(Les amendements identiques nos 23, 173, 296, 314, 478 et 888 ne sont pas adoptés.)
La parole est à Mme la rapporteure pour avis, pour soutenir l’amendement no 1128.
Il apporte des précisions sur l’origine de l’article. Je n’y reviens pas.
(L’amendement no 1128, accepté par le Gouvernement, est adopté.)
Je mets aux voix l’article 19, tel qu’il a été amendé.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 319 Nombre de suffrages exprimés 314 Majorité absolue 158 Pour l’adoption 171 Contre 143
(L’article 19, amendé, est adopté.)
(L’article 20 est adopté.)
Je suis saisie d’un amendement no 737 portant article additionnel après l’article 20, qui fait l’objet de deux sous-amendements identiques nos 1158 et 1159. La parole est à M. Julien Bayou, pour soutenir l’amendement.
Il y a quelques années, j’ai roulé entre Paris et Nantes dans une voiture diesel qui, comme carburant, n’utilisait que de l’huile de friture recyclée. J’ai ainsi appris que, bien décantée et filtrée, l’huile de friture pouvait couvrir 30 % d’un plein de diesel et même 100 % avec des moteurs modifiés.L’utilisation à cette fin de l’huile de friture est illégale en France. Elle est très répandue en Europe, mais aussi dans nos régions de manière clandestine. Il serait quadruplement intéressant de légaliser et d’encadrer cette pratique en adoptant l’amendement. Ce serait bénéfique pour le pouvoir d’achat, puisque le litre d’huile de friture bien recyclée est moins cher que le carburant à la pompe. Ce serait bon pour le climat, car les émissions de gaz à effet de serre sont réduites. Cela éviterait les pollutions par les huiles usagées qui constituent un fléau pour les collectivités […]
La parole est à Mme Charlotte Parmentier-Lecocq, rapporteure de la commission des affaires sociales, pour soutenir le sous-amendement no 1158.
L’amendement de M. Bayou avait été repoussé par la commission mais, à titre personnel et après réflexion, je souhaite lui donner une suite favorable. Plusieurs raisons expliquent mon choix – ce n’est pas uniquement parce que je suis députée du Nord et que cette pratique est assez répandue chez nous.Celle-ci relève de l’économie circulaire et a de nombreuses vertus, mais elle nécessite encore un certain nombre d’encadrements. Elle bénéficie tout de même de certaines dérogations – ne parlons pas d’une pratique clandestine, il y a quand même un cadre qui existe et qui permet de l’expérimenter.Comme vous le disiez, monsieur Bayou, elle existe en France de façon pas tout à fait légale. En revanche, cette pratique est encouragée au niveau européen. Elle est même légale dans certains pays comme l’Allemagne. Ce n’est pas ainsi qu’on satisfera tous nos besoins en carburant, mais c’est une […]
Le sous-amendement identique no 1159 de M. Pierre Cazeneuve est défendu.Quel est l’avis du Gouvernement ?
Concernant l’amendement de M. Bayou, je m’en remets à la sagesse de l’assemblée, sous réserve de l’adoption des sous-amendements. L’idée est en effet séduisante, mais les huiles alimentaires usagées sont déjà valorisées dans les biocarburants. Il y a une dizaine d’années, des expérimentations ont montré qu’elles pouvaient être émettrices d’oxyde d’azote. Il faut donc être vigilant sur deux points : la santé humaine d’une part, et la mécanique et la sûreté des moteurs d’autre part.
La parole est à M. Erwan Balanant.
À la lecture de l’amendement, j’ai été un peu surpris : j’ai trouvé qu’il envoyait un signal qu’on n’attendait pas de la part des écologistes. M. Bayon a mentionné l’huile des baraques à frites, ce qui ne me semble pas un produit très écolo, et je dois dire que les sous-amendements et les précisions de la rapporteure ne me rassurent que moyennement.Alors qu’on met en place des zones à faibles émissions dans les villes, je pourrais, à vous entendre, réutiliser pour ma voiture l’huile m’ayant servi pour mes patates et mes frites – mais non : comme j’ai une voiture électrique, cela ne pourrait pas marcher. J’avoue que cette solution me laisse perplexe.
(Les sous-amendements identiques nos 1158 et 1159 sont adoptés.)
(Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES et sur quelques bancs du groupe SOC.)
L’amendement no 764 de M. Julien Bayou est défendu.
(L’amendement no 764 est retiré.)
La parole est à Mme Sandra Marsaud, rapporteure pour avis de la commission des affaires économiques, pour soutenir l’amendement no 820 deuxième rectification, qui fait l’objet d’un sous-amendement.
Compte tenu des échanges que nous avons pu avoir ce matin et ces derniers jours sur le logement, il s’agit de demander au Gouvernement un rapport sur la révision du zonage des aides personnalisées au logement (APL), en prolongeant et en précisant une demande déjà formulée dans la loi relative à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de simplification de l’action publique locale.
La parole est à M. Guillaume Vuilletet, pour soutenir le sous-amendement no 1144.
Une demande de rapport est généralement faite pour interpeller le Gouvernement, en l’occurrence sur le zonage des APL. Nous souhaiterons connaître les territoires qui pourraient en bénéficier de la façon la plus efficace et la plus positive. Parmi ceux-ci il y a évidemment ceux qui dépendent de l’article 73 de la Constitution, et donc les territoires d’outre-mer.
Quel est l’avis de la commission ?
Avis favorable à l’amendement sous-amendé.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Avis favorable à cet amendement parce qu’il corrige une loi et, de façon globale, avis défavorable à tous les autres amendements demandant des rapports.
(Le sous-amendement no 1144 est adopté.)
(L’amendement no 820 deuxième rectification, sous-amendé, est adopté ; en conséquence, les amendements nos 131 et 1102 tombent.)
L’amendement no 732 de M. Thomas Ménagé est défendu.
(L’amendement no 732, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
La parole est à M. Arthur Delaporte, pour soutenir l’amendement no 463.
Il est tard, mais je profite de l’occasion pour rappeler l’une des principales obscurités de ce texte sur le pouvoir d’achat.
On ne va pas refaire le match !
Il faut que le Gouvernement nous remette un rapport concernant l’attribution de la prime de partage de la valeur au regard de l’égalité professionnelle. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)C’est un rapport vraiment important, parce qu’il faut qu’on puisse la mesurer. Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes a souligné récemment que les dispositifs de défiscalisation ponctuels comme les primes sont des facteurs aggravants des inégalités professionnelles. Soyons donc courageux et votons cette demande de rapport.
(L’amendement no 463, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
L’amendement no 1049 de M. Jérôme Nury est défendu.
(L’amendement no 1049, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
L’amendement no 110 de M. Gérard Leseul est défendu.
(L’amendement no 110, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
La parole est à M. Hadrien Clouet, pour soutenir l’amendement no 908.
Il s’agit de demander un rapport sur les autoentrepreneurs et sur l’autoentreprise en général, et ce pour plusieurs raisons. Depuis le début de nos échanges, nous avons beaucoup mentionné les questions du travail indépendant et des exonérations de cotisations sociales. Ainsi, plusieurs dispositions du texte ont enclenché la grande pompe à autoentreprenariat, qui constitue trop souvent du véritable salariat déguisé lequel se diffuse désormais dans un grand nombre de secteurs économiques, y compris dans des entreprises qui étaient des fleurons industriels comme Airbus.Les derniers chiffres que nous avons datent un peu. On comptait alors un peu plus de 2 millions d’autoentrepreneurs et autoentrepreneuses. On sait que leur nombre a augmenté de 17 % durant les confinements. Il est important d’avoir un état des lieux sur le volume des personnes concernées, leurs revenus, leurs rapports de […]
Quel est l’avis de la commission ?
Défavorable.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Défavorable.
La parole est à M. François Ruffin.
Je voudrais défendre cet amendement sans provocation aucune (« Ah ! » sur les bancs du groupe RE) , en demandant très sincèrement à mes collègues députés qu’une mission d’information soit lancée sur les autoentrepreneurs. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)C’est un champ de l’emploi qui se développe, qui se transforme très massivement et très rapidement, et sur lequel on a peu de vue. C’est un point aveugle. Quand on interroge les chercheurs en sciences sociales ou les économistes, on s’aperçoit qu’on dispose de très peu de données. On ne sait ni combien il y a d’autoentrepreneurs ni combien ont choisi ce statut ni combien le subissent.Dans quels secteurs l’autoentreprenariat se développe-t-il le plus massivement ? Quel est le niveau de revenu réel de ces travailleurs ? On a beau dire que c’était 590 euros en moyenne en 2019, il y a certainement des […]
L’amendement no 818 de M. Jiovanny William est défendu.
(L’amendement no 818, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Je suis saisie de cinq amendements, nos 310, 17, 153, 235 et 242, pouvant être soumis à une discussion commune.Les amendements nos 17, 153 et 235 sont identiques.L’amendement no 310 de M. Éric Ciotti est défendu.Les amendements nos 17 de Mme Émilie Bonnivard et 153 de M. Yannick Neuder sont défendus.La parole est à M. Dino Cinieri, pour soutenir l’amendement no 235.
Il vise à demander au Gouvernement un rapport qui présente les voies envisageables pour déconjugaliser l’allocation aux adultes handicapés (AAH). En effet, le mode de calcul maintient les personnes handicapées dans la dépendance financière de leur conjoint. Cette situation est injuste ; en outre, elle est totalement contradictoire avec l’esprit de la loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, dite loi handicap, du 11 février 2005.
L’amendement no 242 de M. Laurent Panifous est-il défendu ?
(L’amendement no 242 est retiré.)
Quel est l’avis de la commission ?
Défavorable.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Même avis.
La parole est à M. Jérôme Guedj.
Sans aucune intention d’allonger nos débats, permettez-moi une remarque. Hier, dans un beau moment de consensus sur la déconjugalisation de l’AAH, il y a eu un vote contre de notre collègue Thomas Mesnier. Depuis, il s’est expliqué sur les raisons qui ont motivé son vote. Je vous le dis franchement : je trouve ses raisons défendables et intéressantes, parce qu’elles nous posent la question de savoir si la déconjugalisation de l’AAH va ouvrir…
Quel rapport avec l’amendement ?
C’est une demande de rapport sur l’évaluation de la déconjugalisation de l’AAH. Je sais que nous sommes tous fatigués, mais ce sujet est passionnant. Alors que notre système socio-fiscal est totalement conjugalisé, pour la première fois, nous avons introduit une déconjugalisation. Je souhaite donc que dans le cadre des travaux de la commission des affaires sociales, ou éventuellement d’une mission d’information, nous nous posions collectivement la question de savoir si notre système socio-fiscal conjugalisé, dans lequel la famille et le couple occupent une place centrale pour bénéficier de prestations sociales ou de dispositions fiscales, demeure pertinent. Selon moi, la déconjugalisation mérite un débat dans notre assemblée. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)
(Les amendements identiques nos 17, 153 et 235 ne sont pas adoptés.)
L’amendement no 1054 de M. Jérôme Nury est défendu.
(L’amendement no 1054, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
La parole est à Mme Mathilde Panot, pour soutenir l’amendement no 963.
Je vais le défendre, parce qu’il me tient à cœur.Avec vous, les gestes envers les plus vulnérables se font rares, et quand vous devez vous y résoudre, vous le faites toujours du bout des lèvres. Vous avez refusé six fois de déconjugaliser l’AAH, faisant perdre un temps précieux à des dizaines de milliers de personnes qui devaient choisir entre le cœur et le porte-monnaie. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES et sur quelques bancs des groupes SOC et Écolo-NUPES.) Hier, la mesure a été votée, enfin ! Mais autant le dire tout de suite : avec vous, c’est service minimum pour les précaires. D’abord, la mesure ne sera appliquée qu’en octobre 2023. Ensuite, vous avez refusé de verser rétroactivement l’allocation. Enfin, la maigre revalorisation prévue ne rattrapera pas la hausse des prix liée à l’inflation.Pourtant, il y a urgence. Une personne en situation de handicap sur cinq […]
Ça fait deux minutes, là !
Combien ça coûte, de ne pas se trouver en situation de dépendance ? Combien ça coûte, le droit à la dignité ? Combien ça coûte, d’aimer librement ? Seuls des technocrates chevronnés se soucient de ces questions. Rendez leur dignité aux personnes handicapées : revalorisez l’allocation au-dessus du seuil de pauvreté ! Nous le répétons avec force : les personnes handicapées ne doivent plus avoir à choisir entre le cœur et le porte-monnaie. Adoptez cet amendement, pour montrer que vous n’avez pas un porte-monnaie à la place du cœur ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES et sur plusieurs bancs du groupe Écolo-NUPES.)
(L’amendement no 963, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Je suis saisie de trois amendements, nos 244, 265 et 490, pouvant être soumis à une discussion commune.Les amendements nos 244 et 265 sont identiques.La parole est à M. Jean-Louis Bricout, pour soutenir l’amendement no 244.
Il vise à demander un rapport sur la revalorisation des retraites et des prestations sociales, car on est loin du compte.
L’amendement no 265 de M. Paul-André Colombani est défendu.La parole est à Mme Marie-Charlotte Garin, pour soutenir l’amendement no 490.
Il vise à ajouter une clause de revoyure concernant les montants des prestations sociales. On sait que l’inflation s’installe durablement et les revalorisations prévues restent inférieures à la hausse des prix. Nous vous proposons donc de nous donner rendez-vous dans quelques mois à ce sujet. (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES et sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)
(Les amendements identiques nos 244 et 265, repoussés par la commission et le Gouvernement, ne sont pas adoptés.)
(L’amendement no 490, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
La parole est à Mme Nathalie Bassire, pour soutenir l’amendement no 266.
Je prends le temps de le défendre car nous n’avons que très rarement évoqué les collectivités d’outre-mer dans l’examen de ce texte.Le présent amendement vise à vous alerter les effets de l’inflation. En effet, les très fortes inégalités sociales et territoriales ne sont pas prises en considération dans le projet de loi, alors qu’elles sont aggravées par la hausse des prix. Celle-ci ne touche pas tous les Français de la même façon : elle est vécue plus intensément par les personnes âgées et retraitées, par celles vivant en milieu rural et dans les territoires insulaires et ultramarins. Nous devons donc envisager de moduler les mesures en fonction de ces différences, or le texte ne prévoit pas de dispositif adapté.Nous proposons de procéder à une revalorisation différenciée des prestations sociales et des pensions de retraite dans les territoires où l’inflation est la plus forte, et où […]
(L’amendement no 266, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Je suis saisie de deux amendements, nos 119 et 246, pouvant être soumis à une discussion commune.La parole est à M. Gérard Leseul, pour soutenir l’amendement no 119.
La revalorisation des prestations sociales que vous avez votée est insuffisante : elle demeure inférieure au taux d’inflation prévu pour la fin de l’année. L’amendement vise à demander un rapport afin d’estimer les dégâts.
La parole est à M. Jean-Louis Bricout, pour soutenir l’amendement no 246.
Mon collègue Leseul l’a très bien défendu.
(Les amendements nos 119 et 246, repoussés par la commission et le Gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)
La parole est à M. Matthieu Marchio, pour soutenir l’amendement no 573.
Ce projet de loi est censé permettre aux personnes les plus modestes de faire face tout de suite à l’explosion du coût de la vie.De l’avis des experts économiques, l’inflation durera. Nous n’avons qu’une certitude : elle atteint un taux inédit depuis quarante ans. Des questions subsistent : quelles politiques monétaires faut-il déployer pour diminuer l’inflation ? Quelle peut être leur efficacité ? Combien de temps les prix resteront-ils aussi élevés ? Les réponses sont fondamentales pour la vie de nos concitoyens.Puisque nous sommes dans l’incertitude, le groupe Rassemblement national vous propose un amendement de bon sens, qui vise à engager le Gouvernement à remettre un rapport permettant de déterminer s’il faut maintenir, ajuster ou amplifier les mesures d’urgence que nous examinons.Comment nous satisfaire de l’adoption de dispositifs de soutien, si les conditions économiques se […]
(L’amendement no 573, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
L’amendement no 306 de M. Éric Ciotti est défendu.
(L’amendement no 306, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Je suis saisie de quatre amendements, nos 167, 569, 226 et 234, pouvant être soumis à une discussion commune.Les amendements nos 167 et 569 sont identiques.L’amendement no 167 de M. Yannick Neuder est défendu.La parole est à M. Jean-Pierre Vigier, pour soutenir l’amendement no 569.
Il vise à demander au Gouvernement un rapport qui mesure les incidences de la modulation des allocations familiales et qui étudie la possibilité de revenir à l’universalité des droits dans ce domaine.
Les amendements nos 226 de M. Pierre Cordier et 234 de M. Dino Cinieri sont défendus.Quel est l’avis de la commission sur cette série d’amendements ?
Défavorable.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Même avis.
La parole est à M. François Ruffin.
La question de l’universalité des allocations familiales est intéressante.
Passionnante !
Au fil de la campagne, dans les propos des gens qui travaillent, nous avons entendu revenir le sentiment qu’ils n’ont droit à rien. Selon moi, l’universalité de certains droits constitue une des réponses possibles. La question de M. Vigier mériterait au moins la rédaction d’un rapport afin d’étudier les possibilités. Je suis favorable à l’attribution sans critères de certaines aides, notamment les allocations familiales. C’était d’ailleurs le cas jusque dans les années 2000. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.)
Avant de passer au scrutin, je vous informe que sur les amendements nos 1072 et 907, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouvelle Union populaire, écologique et sociale de demandes de scrutin public.Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.
(Les amendements identiques nos 167 et 569 ne sont pas adoptés.)
(Les amendements nos 226 et 234, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)
La parole est à M. Stéphane Delautrette, pour soutenir l’amendement no 93.
Il concerne les jeunes, plus précisément les étudiants : il est important de leur consacrer un peu de temps.La jeunesse a été durement éprouvée par la crise liée au covid-19 ; la situation en Ukraine ne fait qu’amplifier ses difficultés. Or elle a été absente du débat qui nous occupe depuis plusieurs jours. Pourtant, le texte est censé être consacré au pouvoir d’achat de tous nos concitoyens.
Il a raison !
Dans notre pays, la pauvreté et la précarité touchent d’abord les jeunes : 65 % des étudiants sautent régulièrement des repas ; 32,7 % des étudiants ont déjà renoncé à des soins faute d’argent ; les Restos du cœur rapportent qu’un bénéficiaire sur deux a moins de 26 ans et que 85 % de leurs centres accueillent des étudiants.
C’est vrai !
Le Gouvernement a annoncé une revalorisation de 4 % des bourses étudiantes, donc inférieure au taux de l’inflation, qui atteindra 5,2 % en 2022, selon les prévisions de l’INSEE.Nous vous demandons de faire toute la lumière sur la perte de pouvoir d’achat que subissent les étudiants boursiers. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.)
Quel est l’avis de la commission ?
Défavorable.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Défavorable également.
La parole est à M. Louis Boyard.
Il serait intéressant de faire un bilan de ce qui a été versé aux étudiants pendant la crise inflationniste. L’augmentation de 4 % du montant des bourses paraît belle dans la communication, mais quand on examine le détail des faits, on s’aperçoit que seul un étudiant sur trois perçoit une bourse ; que 15 % de ce tiers…
Ça fait combien, 15 % d’un tiers ?
…a droit au montant inscrit à l’échelon 0 bis, ce qui signifie qu’ils bénéficieront de 2 ou 3 euros supplémentaires par mois. Le maximum que vous avez été capables de donner est 20 euros, à l’échelon 7 : cela ne compense absolument pas l’augmentation des prix !La jeunesse a été totalement absente du projet de loi sur le pouvoir d’achat. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Vous n’avez donné que quelques miettes à un étudiant sur trois ; l’immense majorité d’entre eux aura à peine quelques euros. Il est important de rebondir sur cette intervention, afin que vous constatiez que vous avez été inefficaces : encore une fois, vous les avez oubliés !À la rentrée universitaire, il y aura des remous. La jeunesse, parce qu’elle est pauvre, est en situation de détresse mentale violente. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – Protestations sur les bancs du groupe […]
L’amendement no 578 de M. Jean-Félix Acquaviva est défendu.
(L’amendement no 578, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
La parole est à M. Gabriel Amard, pour soutenir l’amendement no 957.
Il a pour but d’intégrer dans la loi un engagement pris par M. le ministre Olivier Dussopt ce matin, en réponse à notre collègue Gérard Leseul qui défendait l’amendement no 136.Notre amendement vise à concrétiser l’automaticité du versement des aides, en l’intégrant à terme à la loi. Pour ce faire, il propose que, six mois après la promulgation de la loi, le Gouvernement présente à l’Assemblée un rapport sur le sujet. Il y a en France 10 millions de pauvres, 300 000 sans-abri et 12 millions de bénéficiaires d’aide alimentaire. L’exemple du RSA montre qu’un tiers des ayants droit renoncent à leurs droits, par méconnaissance, en raison de difficultés administratives et aussi par peur d’être stigmatisés. Le rôle de l’État consiste à faciliter l’accès aux droits et non à organiser le non-versement des prestations sociales. Nous avons là l’occasion de tenir un calendrier plutôt que d’en […]
(L’amendement no 957, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
La parole est à M. Benjamin Lucas, pour soutenir les amendements nos 561 et 1023, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.
En cette heure tardive, propice à la méditation, je me permets de convoquer l’un de nos illustres prédécesseurs, Victor Hugo, qui écrivait en 1874 : « Vous voulez les misérables secourus, moi je veux la misère supprimée. » Cent cinquante ans après, la misère est toujours là ; pourtant, nous pouvons l’éradiquer.Les amendements nos 561 et 1023 visent à entamer un travail de réflexion par le biais d’un rapport, afin d’ouvrir la voie à la grande conquête sociale et démocratique de notre époque : le revenu universel d’existence, qui est l’outil social, économique, politique et philosophique qui peut éradiquer la misère. C’est la grande et belle idée qui peut redonner de la liberté et de l’autonomie, qui permet de repenser un partage des richesses – une prédistribution –, qui place les salariés en situation de rapport de force, qui reconnaît la valeur d’activités autres que le travail […]
Quel est l’avis de la commission ?
Défavorable.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Défavorable.
La parole est à M. Arthur Delaporte.
Je vous incite à bien réfléchir à cet amendement. (Protestations sur les bancs des groupes RE et Dem.) C’est un moyen de faire battre le cœur de la France. Il faut y aller, c’est maintenant ! (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et LFI-NUPES.)
Ce sont des demandes de rapports !
(Les amendements nos 561 et 1023, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)
Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 243 et 1025.L’amendement no 243 de M. Laurent Panifous est défendu.La parole est à M. Benjamin Lucas, pour soutenir l’amendement no 1025.
Qui allez-vous citer cette fois ?
Personne. Mais je pourrais citer mes collègues, qui ont très bien parlé de la situation de la jeunesse il y a quelques instants. Cette jeunesse, à laquelle vous n’offrez comme perspective qu’un service national brutal et très coûteux (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES. – Protestations sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR), à laquelle vous refusez encore et toujours le revenu de solidarité active, et que vous laissez dans la précarité.Vous aviez finalement raison, chère collègue, je vais terminer par une citation. On a le droit de s’intéresser au sort de la jeunesse, surtout quand on parle du pouvoir d’achat, parce qu’elle est la première victime des inégalités, de la brutalité de votre politique et des injustices ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES et sur quelques bancs du groupe GDR-NUPES. – […]
Vous parlez trop fort !
Oui, je parle fort ; cela vous réveillera peut-être, cher collègue ! François Mitterrand disait – je vais parler doucement : « Si la jeunesse n’a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort. » Arrêtez, s’il vous plaît, chers collègues et membres du Gouvernement, de frapper la jeunesse ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES. – M. Tematai Le Gayic applaudit également.)
(Les amendements identiques nos 243 et 1025, repoussés par la commission et le Gouvernement, ne sont pas adoptés.)
La parole est à M. Pierre Dharréville, pour soutenir l’amendement no 819.
Il s’agit d’un amendement de notre collègue Jiovanny William. Nous avons beaucoup regretté que la situation des territoires d’outre-mer soit ignorée dans ce texte. L’amendement vise à demander un rapport sur la décomposition du montant du revenu de solidarité active pour les allocataires résidant outre-mer et en France métropolitaine. Comme vous le savez, les bénéficiaires du RSA outre-mer perçoivent une allocation moindre que celle des bénéficiaires résidant dans l’Hexagone, alors que le coût de la vie est plus cher outre-mer. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.)
(L’amendement no 819, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
L’amendement no 308 de M. Éric Ciotti est défendu.
(L’amendement no 308, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 268 et 834.La parole est à M. Stéphane Lenormand, pour soutenir l’amendement no 268.
Il vise à prendre en compte la spécificité de la Corse en matière de pensions de retraite. Les retraités corses affichent un taux de pauvreté supérieur de neuf points par rapport à celui des retraités dans l’Hexagone. En 2018, la part des retraités percevant le minimum vieillesse en Corse était de 8,6 %, contre 3,3 % au niveau national ; le taux des personnes retraitées figurant dans les dossiers de surendettement en Corse était de 22,4 %, contre 16,2 % en France métropolitaine.L’amendement a pour objet la remise au Parlement par le Gouvernement d’un rapport évaluant l’opportunité de tenir compte de ces expositions particulières des retraités corses aux difficultés financières. Il est proposé de majorer l’augmentation des retraites prévues, pour qu’elle soit indexée sur l’inflation, portant le chiffre à 10 %, conformément à ce qu’a proposé l’Assemblée de Corse à l’unanimité.
L’amendement no 834 de M. Laurent Marcangeli est défendu.
(Les amendements identiques nos 268 et 834, repoussés par la commission et le Gouvernement, ne sont pas adoptés.)
Les amendements nos 295 de M. Jean-Félix Acquaviva, 149 de M. Elie Califer, ainsi que les amendements nos 301, 302 et 309 de M. Éric Ciotti sont défendus.
(Les amendements nos 295, 149, 301, 302 et 309, repoussés par la commission et le Gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)
Quelle excellente présidente !
La parole est à M. Hadrien Clouet, pour soutenir l’amendement no 962.
Il a pour objet la production d’un rapport d’information concernant les pensions de retraite, qui sont quasi systématiquement versées le 9 du mois – cela dépend des régimes. Or cette échéance ne coïncide pas avec un ensemble d’engagements des retraités pensionnés : factures, loyers et autres dépenses contraintes. Cette absence de coïncidence provoque des difficultés, non pas en raison du montant, mais en raison du moment de son versement. L’objectif du rapport visé par l’amendement consisterait à mettre sur la table et à étudier les différentes pistes qui pourraient permettre d’effectuer le versement de la pension plus tôt dans le mois, évitant ainsi de mettre en difficulté une partie de nos compatriotes. (Applaudissements les bancs du groupe LFI-NUPES.)
(L’amendement no 962, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
La parole est à M. Jean-Philippe Nilor, pour soutenir l’amendement no 1072.