Séance du 6 octobre 2022 /// n°8 /// 586 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2022-2023

Séance du 6 octobre 2022 — 8e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Élodie Jacquier-Laforge.

586prises de parole
48orateurs
22points à l'ordre du jour
3scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
226 l'article premier de la proposition de loi visant à limiter l'engrillagement des espaces naturels et à protéger la propriété privée (première lecture)… 100 / 0 adopté
227 l'article 2 de la proposition de loi visant à limiter l'engrillagement des espaces naturels et à protéger la propriété privée (première lecture). 68 / 8 adopté
228 l'ensemble de la proposition de loi visant à limiter l'engrillagement des espaces naturels et à protéger la propriété privée (première lecture). 90 / 0 adopté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 586 — page 1 / 3.

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à quinze heures.)

Félicitations à Mme Annie Ernaux, lauréate du prix Nobel de littérature

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #6

En votre nom à tous, je tiens à adresser les félicitations de la représentation nationale à notre compatriote Mme Annie Ernaux, lauréate du prix Nobel de littérature 2022. (Mmes et MM. les députés, ainsi que Mme Bérangère Couillard, secrétaire d’État chargée de l’écologie, se lèvent et applaudissent longuement.)

Discussion d’une proposition de loi adoptée par le Sénat

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #10

L’ordre du jour appelle la discussion de la proposition de loi, adoptée par le Sénat, visant à limiter l’engrillagement des espaces naturels et à protéger la propriété privée (nos 134, 279).

Présentation

La parole est à Mme la secrétaire d’État chargée de l’écologie.

Bérangère Couillard secrétaire d’État chargée de l’écologie · RE #13

La proposition de loi que nous examinons aujourd’hui poursuit un travail engagé dans les deux chambres. Ce travail entre les deux assemblées mais également entre les groupes parlementaires doit être salué. Il est l’exemple même que l’engagement du Parlement, lorsqu’il cherche le consensus, peut faire bouger les lignes et changer le quotidien des Français.À l’origine de la présente proposition de loi existe un constat commun et sans appel : celui que nous avons la responsabilité, Gouvernement, parlementaires comme élus locaux, de nous engager pour la préservation de la richesse des paysages et de la biodiversité, en Sologne en particulier. Or, nous le savons, celle-ci a été défigurée par la pratique de l’engrillagement, une pratique documentée et établie. L’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (Igedd) et le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture […]

Sans oublier l’excellent Richard Ramos !

Bérangère Couillard secrétaire d’État · RE #17

C’est cette dernière qui a été reprise par le groupe Démocrate, pour laquelle Richard Ramos a mené un travail important de concertation que je salue.

Bravo !

Bérangère Couillard secrétaire d’État · RE #19

Personne ne pourra nier la nécessité de légiférer face à l’attente forte dans nos territoires et l’enjeu écologique auquel nous sommes confrontés. Il n’est plus acceptable de laisser l’engrillagement se développer en Sologne, ni même de prendre le risque de son extension. Il résulte parfois de pratiques purement cynégétiques ou relève de la protection de la propriété privée. Quoi qu’il en soit, ces pratiques doivent être régulées.Je le précise d’emblée, le texte prend en compte les exemptions indispensables, notamment pour la sécurité publique ou le développement écologique de nos territoires. Les clôtures nécessaires à la protection des routes ou des voies ferrées, à la régénération forestière ou encore aux activités agricoles, ne sont évidemment pas concernées par la proposition de loi. Ce que les sénateurs et les députés ont cherché à faire, et que le Gouvernement soutient, c’est à […]

Très bien !

Bérangère Couillard secrétaire d’État · RE #33

Interdire la surdensité est une façon de dissuader l’engrillagement, et cela me semble conforme à une certaine éthique de la chasse.Enfin, cette proposition de loi nécessitera également de poursuivre le travail sur le terrain, afin d’engager une action efficace, qui se concrétise le plus rapidement possible. Les documents d’urbanisme devront être complétés et mis à jour pour que la loi porte pleinement ses effets. Le dialogue devra donc être engagé très prochainement avec les acteurs de terrain, les propriétaires comme les élus, les fédérations départementales des chasseurs comme les associations écologiques, pour que cette transition se déroule dans les meilleures conditions.En conclusion, je suis persuadée que la présente proposition de loi sera une contribution réellement significative et efficace en faveur de la biodiversité. Je suis attachée à sa réussite pour nos territoires et […]

Très bien !

La parole est à M. Richard Ramos, rapporteur de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire.

L’excellent Richard Ramos !

Richard Ramos rapporteur de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire · Dem #39

« Je rêve d’un peuple qui commencerait par brûler les clôtures et laisser croître les forêts ! » : j’ai souhaité partager avec vous cette phrase magnifique du philosophe, naturaliste et poète américain Henry David Thoreau,…

Très bien !

Richard Ramos rapporteur · Dem #41

…dans laquelle il décrit son amour pour la nature, une nature libre, sans grillages, où les animaux sauvages se promènent à leur guise, sans entraves, librement en harmonie avec la nature. Cette citation est également en harmonie avec la proposition de loi visant à limiter l’engrillagement des espaces naturels et à protéger la propriété privée, présentée aujourd’hui dans l’hémicycle dans le cadre de la niche du groupe Démocrate (MODEM et indépendants). Je remercie l’ensemble des députés de mon groupe pour leur soutien sans faille.

Absolument !

Très bien !

Richard Ramos rapporteur · Dem #44

Rappelons que cette proposition de loi a été adoptée à l’unanimité par les membres de la commission du développement durable le 28 septembre dernier. Je remercie chaleureusement son président Jean-Marc Zulesi pour l’excellente conduite de nos travaux.

Jean-Marc Zulesi président de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire · RE #45

Merci.

Richard Ramos rapporteur · Dem #46

Je salue ici le sénateur Jean-Noël Cardoux, du groupe Les Républicains, auteur de la proposition de loi initiale – également adoptée à l’unanimité au Sénat – et le remercie d’avoir écrit un premier texte courageux.

Courageux et réfléchi !

Richard Ramos rapporteur · Dem #48

Un texte courageux de la part de ce chasseur, visant à lutter contre l’engrillagement qui se propage en France d’année en année et à favoriser la biodiversité.Remercions également Bastien Lachaud et François Cormier-Bouligeon qui avaient déposé des propositions de loi à l’Assemblée nationale,…

On dirait le discours d’un lauréat de prix Nobel !

Richard Ramos rapporteur · Dem #51

…ainsi que l’ensemble des députés de tous les groupes politiques qui ont participé à l’écriture du texte en commission, notamment Mme Lisa Belluco, M. Stéphane Delautrette, Mme Manon Meunier et Mme Mathilde Paris, ainsi que M. Nicolas Sansu. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive.Le phénomène n’est pas nouveau : il est présent depuis des décennies en France, notamment en Sologne, où des propriétaires terriens ont engrillagé et engrillagent encore leurs domaines, avec des clôtures enterrées dont la hauteur peut atteindre 2 mètres.

C’est vrai !

Richard Ramos rapporteur · Dem #54

Depuis le XIXe siècle, la loi autorise un propriétaire à clore son domaine. Nombre d’entre eux ont donc engrillagé le leur pour se protéger des intrusions. Mais certains y pratiquent du ball-trap vivant au cours duquel les animaux sont tués sans aucune chance de s’échapper. (M. Philippe Vigier applaudit.) Cette pratique n’est pas de la chasse mais une tuerie organisée par des enfants gâtés et irresponsables ! (M. Erwan Balanant applaudit.)

Ça, c’est envoyé !

Richard Ramos rapporteur · Dem #56

Si la Sologne est le territoire le plus touché par l’engrillagement, elle est loin d’être la seule concernée. En effet, les Landes, la Somme, la Bourgogne ou encore le sud de l’Île-de-France recouvrent également des territoires au sein desquels les clôtures sont nombreuses. Les animaux sauvages et la nature sont les grandes victimes de l’engrillagement. En empêchant le libre passage des animaux sauvages, ce phénomène contribue à la rupture des continuités écologiques. Les animaux ne peuvent pas passer les clôtures ; certains s’y éventrent ou s’y prennent les pattes avant une longue agonie. Des images montrant ces animaux pris au piège circulent sur internet et elles sont insoutenables ! Mes chers collègues, nous avons aujourd’hui raison d’agir.

C’est vrai !

Oui !

Richard Ramos rapporteur · Dem #59

De plus, en période d’incendie, les grillages présentent un réel danger pour la sécurité publique puisque les secours ne peuvent intervenir ; les animaux, eux, se trouvent piégés dans les flammes et ne peuvent fuir le feu – nous l’avons déploré cet été lors des dramatiques incendies survenus notamment dans les Landes.Par ailleurs, les clôtures nuisent indéniablement aux paysages et à la beauté des forêts, ce qui ne peut qu’affecter le développement du tourisme rural. Elles constituent en outre un frein à l’exercice de la police de l’environnement, laquelle ne peut pénétrer dans les propriétés closes.Il faut mettre fin au fléau de l’engrillagement : cette aspiration est largement partagée dans l’hémicycle et par nos concitoyens. Il s’agit de préserver une nature ô combien fragile. Les animaux sauvages, les arbres, les multiples espèces végétales, les mers, les océans… cette riche […]

Très bien !

Richard Ramos rapporteur · Dem #64

…tout comme je remercie Jean-François Bernardin, Dominique Norguet et, bien évidemment, Sébastien Camus, président de l’Association chasseurs promeneurs et faune libre en Sologne, qui est aujourd’hui parmi nous, pour son indéfectible soutien et ses précieux conseils.Cette proposition de loi est le fruit d’un long travail en commission. Elle a été améliorée grâce aux contributions de l’ensemble des groupes politiques – c’est l’honneur du travail parlementaire. Lors de nos échanges, le 28 septembre, j’ai souhaité que le désengrillagement s’opère dans l’ensemble des espaces naturels. J’entends aujourd’hui sécuriser au maximum le dispositif. Aussi approuverai-je aujourd’hui un amendement qui concerne, d’une part, les zones naturelles et forestières pour les territoires couverts par un plan local d’urbanisme, et, d’autre part, les espaces naturels pour les territoires non couverts par un […]

Discussion générale

Dans la discussion générale, la parole est à M. Hubert Ott.

Le texte que je vous propose d’adopter, sous l’impulsion du groupe Démocrate, concerne un patrimoine essentiel pour notre pays : les forêts. Dans un monde en proie à une crise climatique, à une crise énergétique et à une crise du vivant, nous avons le devoir de redéfinir la vocation des forêts : elles constituent une ressource essentielle pour répondre aux effets des crises que nous traversons. La forêt est un complexe végétal capable, à lui seul, de tempérer les excès de chaleur et de sécheresse ; en effet, elle libère quotidiennement d’impressionnantes quantités de vapeur d’eau rafraîchissante, par évapotranspiration. La forêt, c’est aussi le bois, qui représente à la perfection le recours à une énergie renouvelable. La forêt, c’est enfin un magnifique écosystème où l’inventivité et la créativité du vivant rendent possible une cohabitation insoupçonnée d’espèces végétales et animales […]

Très bien !

Face au défi climatique, énergétique et écologique qui s’annonce, je souhaite, avec mes collègues du groupe Démocrate et indépendants – et avec vous tous, je l’espère – que nous adoptions ce texte au plus vite, afin que nous puissions libérer nos forêts et leur permettre d’exprimer pleinement leur bienfaisante dynamique naturelle. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem. – M. Roger Chudeau applaudit également.)

La parole est à M. Stéphane Delautrette.

Comme vous le savez, la libre circulation de la faune sauvage est un prérequis indispensable aux politiques de préservation de la biodiversité dans nos territoires. Ainsi, le législateur est intervenu à plusieurs reprises pour préciser le statut des trames verte et bleue. Les lois Grenelle 1 et 2, complétées par la loi de 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, ont sanctuarisé cette approche et introduit l’obligation pour les propriétaires et gestionnaires d’espaces naturels de maintenir la libre circulation de la faune sauvage.Malgré cette attention particulière du législateur, nous sommes nombreux à observer dans notre circonscription le développement souvent incontrôlé de clôtures en milieu naturel, notamment dans le cadre de la création de nouveaux enclos de chasse. Si le code civil indique effectivement que « tout propriétaire peut clore son […]

Entre 2012 et 2017, rien n’avait été fait sur le sujet ! On avance comme jamais auparavant.

…alors qu’au sein de la majorité, le groupe Renaissance avait pourtant initialement déposé un amendement en ce sens.Soyons clairs, les députés du groupe Socialistes et apparentés auraient préféré une telle évolution. Mais nous aurons l’occasion d’y revenir lors de l’examen des amendements à l’article 1er visant à remplacer la référence à l’année 1985 par une interdiction applicable aux clôtures installées dans les trente dernières années.En tout cas, cette proposition de loi marque une avancée en faveur de la biodiversité et de la préservation du milieu naturel. Pour cette raison, sous réserve des débats à venir, le groupe Socialistes et apparentés maintiendra son vote en faveur de ce texte. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes SOC, LFI-NUPES, Écolo-NUPES, GDR-NUPES et sur quelques bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

La parole est à M. Vincent Thiébaut.

Landes, Picardie, Normandie, Sologne surtout : voici quelques-uns des territoires touchés par le développement croissant et incontrôlé de l’engrillagement des espaces naturels. Ce phénomène aux conséquences dramatiques s’amplifie en effet depuis plusieurs années. La loi du 23 février 2005 relative au développement des territoires ruraux a sanctuarisé les différents avantages dont bénéficient les espaces hermétiquement clôturés : l’exemption du plan de chasse, la non-participation au remboursement des dégâts ou encore la possibilité de déroger aux dates d’ouverture et de fermeture de la chasse. Par conséquent, elle a entraîné une forte dynamique d’engrillagement des espaces naturels, que doit briser le texte que nous examinons aujourd’hui.Je remercie le sénateur Jean-Noël Cardoux de l’avoir déposé. Je pense également à François Cormier-Bouligeon qui avait déposé ici en 2021 une […]

La parole est à Mme Lisa Belluco.

Je débuterai mon propos en remerciant, une fois n’est pas coutume, mes collègues Démocrates d’avoir réservé à cette proposition de loi une bonne place dans leur niche parlementaire. Je me réjouis que nous abordions ici ces enjeux, notamment ceux qui concernent la préservation des écosystèmes.L’engrillagement des espaces naturels est un fléau qui touche principalement la Sologne,…

Jean-Marc Zulesi président de la commission · RE #107

(En souriant.) On le saura !

…mais pas seulement. La Picardie, les Landes ou encore la Normandie voient aussi leurs forêts traversées par des kilomètres de clôtures grillagées, au détriment de la faune sauvage et des cueilleurs de champignons. Il existerait, d’après feu l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage), environ 1 300 parcs et enclos en France, qui contiennent au total entre 50 000 et 100 000 animaux.Alors que se déroule sous nos yeux la sixième extinction de masse du vivant, il importe de rappeler que la fragmentation des habitats est une des principales causes d’effondrement de la biodiversité. Afin de préserver leur diversité génétique, les animaux ont en effet besoin de pouvoir se déplacer sur un territoire étendu. En entravant la libre circulation de la faune sauvage, l’engrillagement a un impact considérable sur la pérennité des espèces.Évoquons tout de même les enclos de chasse […]

Ce n’est pas ainsi qu’il faut en parler.

Dans le moindre enclos bas de gamme, le droit d’abattre un sanglier se monnaye au moins à 300 euros. Les prix s’envolent quand il s’agit d’abattre un individu d’une espèce exotique et certains sont prêts à payer jusqu’à 4 000 euros pour avoir l’occasion de torturer et d’abattre un grand cerf à demi apprivoisé, car issu de l’élevage, et qui n’a aucune chance de s’échapper. À ceux qui voudraient avancer l’argument que la chasse est une activité populaire, je réponds donc d’avance : « Oui, mais pas la chasse en enclos ! » Cette chasse-là n’a absolument rien à voir avec le droit à chasser obtenu par le peuple lors de la Révolution française. Cette chasse-là est celle des classes méprisantes et destructrices, les mêmes qui sont à l’origine de l’exploitation des femmes et des hommes et de la destruction de la planète.

Il n’y a pas besoin de dire cela !

Au-delà de la chasse en enclos, il conviendrait aussi de profiter de l’opportunité qui nous est offerte de nous interroger sur les pratiques délétères de certains chasseurs. Je pense notamment à l’agrainage et à l’affouragement, c’est-à-dire le fait de nourrir le gibier afin de concentrer les individus chassables en un même secteur pour le plus grand plaisir de nos amis « les premiers écologistes de France ». La concentration d’animaux peu farouches dans un périmètre réduit a souvent pour conséquence la dégradation des cultures environnantes.Ce texte aborde un autre sujet d’importance : l’accès à la nature. Il paraît nécessaire, si nous limitons la possibilité de clôturer des terrains, de permettre en contrepartie la protection de la propriété privée par d’autres moyens. En ce sens, l’article 2 instaure la possibilité de sanctionner par une amende de quatrième classe toute personne qui […]

Très bien !

Suspension et reprise de la séance

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #122

La séance est suspendue.

#123

(La séance, suspendue à quinze heures quarante-cinq, est reprise à quinze heures cinquante.)

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #124

La séance est reprise.La parole est à M. Nicolas Sansu.

Je veux tout d’abord remercier notre rapporteur pour son intervention, où le lyrisme le disputait à l’abnégation, et pour avoir permis la discussion de la proposition de loi visant à limiter l’engrillagement des espaces naturels dans le cadre de la niche du groupe Démocrate – même si parler de niche à propos d’un texte relatif à l’engrillagement peut paraître incongru. (Sourires.)Le groupe GDR se réjouit en effet de l’examen de ce texte qui vise à garantir la libre circulation des animaux sauvages dans les territoires concernés par les pratiques d’engrillagement des espaces naturels, à commencer par notre belle Sologne, où se trouve la plus belle forêt de France, bien entendu.Le développement incontrôlé depuis plus de vingt ans des clôtures en milieu naturel ne porte pas seulement préjudice aux animaux sauvages, il nuit également à la biodiversité et à la qualité de nos paysages et […]

Richard Ramos rapporteur · Dem #138

Très bien !

La parole est à M. Jean-Louis Bricout.

Dans de trop nombreux territoires, nos paysages sont lacérés par des milliers de kilomètres de clôtures. La situation de la Sologne, souvent prise en exemple, est caractéristique à cet égard, mais elle est malheureusement loin d’être la seule à souffrir de la prolifération des grillages. Dans les Landes, en Normandie et chez moi, en Picardie, les barrières se multiplient.Cet engrillagement, qui résulte majoritairement de la création d’enclos de chasse, a des conséquences importantes : non seulement il empêche le libre passage des animaux et le nécessaire brassage génétique, mais il complique l’intervention des pompiers en cas d’incendie – or les récents évènements nous obligent, à cet égard – et porte préjudice aux promeneurs ainsi qu’à tous ceux qui souhaitent profiter de la nature.C’est la raison pour laquelle il est urgent de lutter contre un phénomène qui est devenu abusif. Il ne […]

Richard Ramos rapporteur · Dem #152

Très bien !

La parole est à M. François Cormier-Bouligeon.

Il y a cinq ans, peu après avoir été élu pour la première fois, je rencontrais à leur demande les Amis des chemins de Sologne, Marie et Raymond Louis, qui venaient me parler de leur région.Je la connais bien, notre Sologne. Berrichon de naissance, Berrichon de toujours, je parcourais ses chemins dans ma jeunesse avec la « Première Bourges », ma troupe de scouts de France.Mais depuis bien des années, comme tous les Solognots, comme tous les amoureux de notre magnifique forêt, je la voyais avec tristesse se couvrir de clôtures, de hauts grillages ; je la voyais s’enclore, s’emprisonner.C’est ce dont venaient me parler les dirigeants de cette association lanceuse d’alerte, bientôt rejointe par d’autres associations et de nombreux citoyens de toutes les conditions et de toutes les opinions.Nos forêts françaises sont belles mais elles sont menacées, par les grands feux, comme nous l’avons vu […]

Très bien !

Les rapporteurs, que je veux remercier, ont brossé un sombre tableau : ils dénombrent plus de 4 000 kilomètres de hauts grillages, alors qu’il n’y en avait que 110 kilomètres en 1974, comme me le rappelait M. Jacques Baillon en me transmettant le Bulletin de l’Association des naturalistes orléanais datant de cette époque, qui soulignait déjà les risques d’épizooties dans les enclos.Il y a donc actuellement, en prenant en compte la seule Sologne, plus de 4 000 kilomètres de grillages coiffés de barbelés, enterrés, qui ne laissent passer aucun animal et, pire, qui piègent ceux qui tentent de les franchir, les laissant, accrochés par une patte, mourir après une agonie atroce. Nous ne voulons plus de cela !Des grillages sont désormais installés ailleurs, en Pays-Fort, dans le Sancerrois, en Brenne, en Normandie, en Gironde, en fait partout en France. Il est donc temps de mettre un terme à […]

Qui a accompli un travail formidable !

…aient accepté d’aller dans le sens de l’amélioration de cette proposition de loi que nous défendions.Le groupe Renaissance proposera plusieurs amendements pour parfaire le texte. Nous le ferons au nom de ceux qui de tout temps ont aimé et célébré notre forêt, à l’instar de Maurice Genevoix, qu’a invoqué Richard Ramos.Les journalistes se sont interrogés sur la paternité de ce texte, mais c’est là un vain sujet. Les vrais initiateurs de ces dispositions, ce sont les amoureux de la Sologne, comme les Amis des chemins de Sologne que j’ai mentionnés en commençant, le cinéaste Nicolas Vanier et l’acteur François Cluzet qui ont si bien défendu la Sologne dans le film L’école buissonnière, Marc Fesneau, soutien fidèle, François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire et Jean-François Bridet, son vice-président chargé de la biodiversité, l’Association des chasseurs et des amis de la […]

Merci de conclure.

Ce sont aussi les chasseurs qui refusent ces pratiques – qui ne sont pas de la chasse mais, au mieux, un effroyable ball-trap cynégétique (M. Vincent Thiébaut applaudit)…

Des barbares !

…ou encore les habitants, les promeneurs, les touristes amoureux de notre nature. Je ne veux pas oublier nos amis de la presse locale, au premier rang desquels Le Petit Solognot. Plusieurs des pionniers de la lutte pour le désengrillagement de la Sologne sont présents dans les tribunes d’où ils suivent nos débats. Je les salue et c’est à eux que je vous prie de réserver vos applaudissements car nous leur devons d’avoir lancé la mobilisation.Vive la Sologne et vive les forêts françaises libres ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem, HOR et LIOT.)

La parole est à Mme Mathilde Paris.

La proposition de loi visant à limiter l’engrillagement des espaces naturels et à protéger la propriété privée est un texte très attendu par les associations, les chasseurs ou encore les riverains.Je tiens à saluer Marie et Raymond Louis, des Amis des chemins de Sologne, qui ont entamé ce combat il y a vingt-cinq ans ; d’autres les ont suivis, dont certains sont présents dans nos tribunes. Nous avons tous en tête les images des terribles incendies de Gironde, où des animaux ont été pris au piège par les flammes et où l’intervention des pompiers était ralentie par les grillages. En tant que députée de la Sologne, territoire défiguré par l’engrillagement massif, où la faune sauvage ne peut plus circuler librement, je suis mobilisée, avec mon collègue Roger Chudeau, pour protéger la Sologne et défendre ce texte aux côtés du rapporteur Richard Ramos et du sénateur Jean-Noël Cardoux.Le 27 […]

La parole est à Mme Manon Meunier.

La biodiversité s’effondre et – mauvaise nouvelle ! – les écosystèmes non plus n’obéissent pas aux lois du marché. Tout gouvernement devrait donc prendre conscience de la nécessité d’organiser une planification poussée et correctement financée pour sauvegarder cette biodiversité. Or si j’en juge par le nombre de fois que nous avons abordé le sujet depuis le début de la législature, il me semble que le Gouvernement n’a pas saisi l’urgence de la situation.Expliquons-nous, en revenant sur les faits. La population d’oiseaux en France a diminué de 30 % en trente ans ; dans le monde, 1 million d’espèces animales et végétales sont actuellement menacées d’extinction.Or un rapport de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) paru le 8 juillet dernier montre que nous dépendons au quotidien de près de 50 000 espèces […]

La parole est à M. Emmanuel Maquet.

Le texte que nous examinons est important pour tous ceux qui sont attachés à la ruralité et à la chasse. Comme Laurent Somon, rapporteur du texte au Sénat, je suis élu dans la Somme, où le phénomène d’engrillagement est encore relativement maîtrisé : la proposition de loi permettra, je crois, qu’il le reste.Je constate tout d’abord que, depuis le début de son examen, le texte fait l’objet d’un large consensus : seule la rétroactivité des mesures fait débat, nous en parlerons dans quelques instants. Je tiens à saluer la capacité des sénateurs à proposer un texte équilibré et apaisé : ce n’était pas gagné, tant il touche à des sujets sensibles.Le droit de propriété, qui fonde notre État de droit, ne doit en aucun cas être remis en cause, et les chasseurs, auxquels nous devons tant, doivent être respectés pour leur contribution à la nécessaire régularisation des espèces. Les auteurs de la […]

Très bien !

En effet, c’est bien la droite qui, en 2009, était à l’origine de l’inscription des trames vertes et bleues dans le premier Grenelle de l’environnement, dont l’objectif était bel et bien de remettre en bon état les continuités écologiques en limitant, autant que faire se peut, la fragmentation.Par ailleurs, la santé du gibier est bel et bien au cœur du dispositif, puisque celui-ci permettra d’éviter les catastrophes sanitaires, comme la diffusion d’une épizootie à l’intérieur d’un enclos justifiant d’abattre l’ensemble des animaux.Mais si la nature est accessible à tous, elle n’appartient pas à tous. L’intervention privée y est essentielle à plus d’un titre. Tout d’abord, la propriété foncière est un principe fondateur de notre État de droit. On gère toujours mieux ce que l’on possède : la propriété privée du foncier est donc une incitation à prendre soin, à entretenir, à valoriser la […]

La parole est à Mme Emmanuelle Ménard.

D’aucuns auraient pu croire que ce texte ne s’adressait qu’aux seuls habitants de la Sologne, du Loiret et du Loir-et-Cher, dont les territoires sont particulièrement concernés par la question de l’engrillagement : il n’en est rien. En effet, la proposition de loi nous ramène au bon usage de la nature, qui nous concerne tous. N’en déplaise aux esprits chagrins, je salue le travail juste et équilibré mené par le Sénat, en particulier par le sénateur Jean-Noël Cardoux, ainsi que celui de mes collègues en commission. S’il est adopté, le texte viendra mettre fin – et c’est heureux – aux longues tractations qui l’ont précédé, souvent avortées par manque de mesure.Le texte est le gage d’une liberté retrouvée. Retrouvée, d’abord, pour les grands animaux de nos si belles forêts françaises. Retrouvée, ensuite, pour les chasseurs qui, pour reprendre les mots de Jean-Noël Cardoux, « mieux que […]

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #224

La discussion générale est close.

Discussion des articles

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #226

J’appelle maintenant, dans le texte de la commission, les articles du projet de loi.

Article 1er

La parole est à Mme Émilie Bonnivard.

Tout d’abord, je remercie notre collègue Richard Ramos et le groupe Dem pour avoir déposé cette proposition de loi.Je voudrais appeler votre attention sur les contradictions que la protection absolue de la biodiversité peut parfois engendrer.La montagne est, par essence, un espace de liberté ancestral. Les montagnards sont très attachés aux espaces pastoraux et au pastoralisme, pratique agricole ancestrale, durable, créatrice de biodiversité et respectueuse de l’environnement, qui correspond ainsi tout à fait aux attentes actuelles de nos concitoyens.Or la protection stricte des loups a fait exploser leur nombre dans les espaces pastoraux, et leurs attaques entraînent la mort de plus de 10 000 animaux chaque année. Paradoxalement, l’absence de régulation des loups a donc poussé l’Union européenne à rendre obligatoire la protection contre la prédation. Cette protection est d’ailleurs […]

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #234

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 54 rectifié et 71 rectifié.La parole est à M. François Cormier-Bouligeon, pour soutenir l’amendement no 54 rectifié.

article 1er · amendement 54 rectifié

Purement légistique, il tend à créer, dans le code de l’environnement, une section spécifique relative aux clôtures. En effet, l’extension à toutes les zones naturelles du champ de la proposition de loi, au-delà de ce qui concerne la trame verte, implique de ne pas placer ses dispositions dans la section dédiée aux trames vertes et bleues, au risque de leur limiter son application.

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #236

La parole est à M. le rapporteur, pour soutenir l’amendement no 71 rectifié.

article 1er · amendement 71 rectifié
Richard Ramos rapporteur · Dem #237

Il est identique à celui de M. Cormier-Bouligeon et vise à une clarification, la trame verte n’incluant pas certains périmètres auxquels ce texte sera applicable.

Quel est l’avis du Gouvernement sur ces amendements identiques ?

Bérangère Couillard secrétaire d’État · RE #239

Avis favorable, puisque la commission a élargi le champ de cette proposition de loi au-delà de la trame verte ; il importe donc que ses dispositions ne soient pas insérées dans la section consacrée à cette trame.Par ailleurs, je profite de cette intervention pour répondre à Mme Bonnivard. Madame la députée, vous aurez d’autres occasions de vous exprimer au sujet de la prédation par les loups ; sachez toutefois que ce texte ne concerne pas les domaines agricoles, dont font partie les domaines d’élevage. Encore une fois, nous aurons l’occasion d’en reparler, mais il n’est pas question aujourd’hui de toucher aux clôtures des élevages de brebis ou autres.

#241

(Les amendements identiques nos 54 rectifié et 71 rectifié sont adoptés.)

· ADOPTION de plusieurs amendements (main levée) adts
Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #242

La parole est à M. le rapporteur, pour soutenir l’amendement no 69.

article 1er · amendement 69
Richard Ramos rapporteur · Dem #243

Il s’agit d’un amendement rédactionnel, tendant à clarifier les exceptions prévues par le texte.

#244

(L’amendement no 69, accepté par le Gouvernement, est adopté ; en conséquence, les amendements nos 89 et 4 tombent.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #245

La parole est à M. François Cormier-Bouligeon, pour soutenir l’amendement no 60, qui fait l’objet d’un sous-amendement, no 102.

article 1er · amendement 60

Nous avons eu en commission un débat nourri, un beau débat, au sujet du champ d’application des dispositions de l’article 1er. Dans la version adoptée par nos collègues du Sénat, elles portaient uniquement sur la trame verte, ce qui était trop restreint, comme je l’ai dit tout à l’heure à la tribune : en Sologne, par exemple, 6 % seulement de la forêt auraient été concernés. Nous avons décidé d’étudier la possibilité de les étendre aux espaces naturels et aux zones naturelles, et travaillé en ce sens avec le rapporteur. Suivant cette logique, l’amendement vise, dans la première phrase de l’alinéa 3, à substituer aux mots « espaces naturels » ceux de « zones naturelles ou forestières délimitées au règlement du plan local d’urbanisme au titre de l’article L. 151-9 du code de l’urbanisme ».

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #247

La parole est à M. Antoine Armand, pour soutenir le sous-amendement no 102.

article 1er · amendement 60

Il est destiné à compléter l’amendement de M. Cormier-Bouligeon en vue de clarifier le périmètre d’application de l’article 1er. En l’absence de plan local d’urbanisme, les nouvelles règles relatives aux clôtures concerneront les espaces naturels ; ainsi, tous les milieux naturels seront couverts par le texte.

Quel est l’avis de la commission sur l’amendement et le sous-amendement ?

Richard Ramos rapporteur · Dem #250

Favorable, bien évidemment. Entre zones naturelles et espaces naturels, nous avons beaucoup débattu de ce sujet en commission, chacun défendant l’un ou l’autre choix ; cette rédaction permet effectivement de couvrir, au-delà de la trame verte, l’intégralité des terrains concernés. Lorsqu’il y a PLU ou PLUI – plan local d’urbanisme intercommunal –, il y a zone naturelle ; sinon, espace naturel. Qui peut le plus peut le moins : encore une fois, avis très favorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Bérangère Couillard secrétaire d’État · RE #252

Même avis. Je vous remercie d’avoir déposé cet amendement : la précision concernant les zones naturelles manquait au texte. J’espère qu’il rencontrera la faveur des députés, ainsi que le sous-amendement, car il importe de ne créer aucune différence entre les parties de notre territoire soumises à un PLU et les autres.

#253

(Le sous-amendement no 102 est adopté.)

· ADOPTION d’un sous-amendement (main levée) ss-adt
#254

(L’amendement no 60, sous-amendé, est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #255

L’amendement no 79 de M. le rapporteur est rédactionnel.

article 1er · amendement 60
#256

(L’amendement no 79, accepté par le Gouvernement, est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #257

Je suis saisie de deux amendements, nos 41 et 24, pouvant être soumis à une discussion commune.La parole est à Mme Lisa Belluco, pour soutenir l’amendement no 41.

article 1er · amendement 41

Nous proposons que le délai de mise en conformité soit ramené de quatre à deux ans, ce qui est bien suffisant pour changer ou supprimer une clôture.

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #259

La parole est à Mme Mathilde Paris, pour soutenir l’amendement no 24.

article 1er · amendement 24

Nous demandons au contraire que le délai de mise en conformité soit porté à cinq ans à compter de l’entrée en vigueur de cette future loi : si celle-ci tarde à être définitivement adoptée, le temps restant aux propriétaires pour s’y conformer avant le 1er janvier 2027 sera réduit d’autant.

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune ?

Richard Ramos rapporteur · Dem #262

Défavorable. L’échéance retenue constitue un bon compromis entre les sept ans initialement prévus par nos amis sénateurs et notre volonté d’accélérer le désengrillagement – bien que Mme Belluco souhaite toujours aller plus vite encore.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Bérangère Couillard secrétaire d’État · RE #264

J’ajouterai aux propos de M. le rapporteur qu’un délai de deux ans serait bien ambitieux. La commission a déjà réduit celui que prévoyait la proposition de loi issue du Sénat ; la date du 1er janvier 2027 constitue en effet un compromis. J’ai évoqué 3 000 kilomètres de grillage, M. Cormier-Bouligeon a parlé de 4 000 kilomètres : il faut laisser aux propriétaires le temps nécessaire à son remplacement par des barrières, d’autant que les sénateurs en exemptaient les clôtures antérieures à la loi du 23 février 2005 relative au développement des territoires ruraux, et le texte de la commission uniquement les clôtures antérieures à la loi du 18 juillet 1985 relative à la définition et à la mise en œuvre de principes d’aménagement. Peut-être ce dernier point fera-t-il également l’objet d’un compromis – la date de 1992, par exemple, laisserait subsister les clôtures remontant à plus de trente […]

#265

(Les amendements nos 41 et 24, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #266

La parole est à Mme Mathilde Paris, pour soutenir l’amendement no 23.

article 1er · amendement 23

Cet amendement de bon sens vise à ce que l’enlèvement ou la mise en conformité des clôtures soit précédé du recensement des animaux sauvages présents sur la parcelle en cause, afin de protéger la biodiversité. Certains terrains enclos abritent en effet des espèces importées susceptibles de présenter un risque sanitaire : il conviendrait de prendre les dispositions nécessaires et de les extraire avant qu’elles ne se retrouvent en liberté.

Quel est l’avis de la commission ?

Richard Ramos rapporteur · Dem #269

Madame Paris, votre amendement part d’une bonne intention. Cependant, pour avoir, comme nous, largement amendé le texte en commission, vous n’ignorez pas que nous souhaitons que celui-ci soit applicable immédiatement ; or la mesure que vous proposez retarderait de plusieurs années le désengrillagement. Je vois bien d’une part ce que vous demandez, d’autre part ce qui était prévu, et je constate que vous êtes désormais une adepte du « en même temps » ; mais en l’occurrence, je ne peux concilier les deux. Avis défavorable.

Très bien, monsieur le rapporteur !

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Bérangère Couillard secrétaire d’État · RE #272

Madame la députée, votre souhait d’éviter les potentiels effets néfastes de l’enlèvement des grillages se trouve satisfait notamment par l’article 1er ter, amendé en commission à l’initiative de M. Cormier-Bouligeon. Par ailleurs, il serait regrettable d’instaurer au sein de ce processus une charge administrative supplémentaire. Je préfère donc compter sur la responsabilité de chacun, sachant que des contrôles resteront évidemment possibles. Comme l’a dit M. le rapporteur, l’idée n’est pas de ralentir mais d’accélérer les choses ; du moins ai-je entendu les représentants de tous les groupes exprimer le désir d’avancer sur ce point. Par conséquent, je vous demande de retirer l’amendement ; à défaut, avis défavorable.

#273

(L’amendement no 23 est retiré.)

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #274

Je suis saisie de six amendements, nos 15, 85, 40, 57, 73 et 83, pouvant être soumis à une discussion commune.Les amendements nos 15 et 85 sont identiques, ainsi que les amendements nos 40, 57, 73 et 83. Ces derniers font en outre l’objet d’un sous-amendement, no 95.La parole est à Mme Emmanuelle Ménard, pour soutenir l’amendement no 15.

article 1er · amendement 15

Il vise à rétablir, à l’alinéa 3, la référence à la loi du 23 février 2005 au lieu de celle du 18 juillet 1985. Restreindre le dispositif aux clôtures postérieures au 23 février 2005 en exclura certes un grand nombre, ce qui peut poser problème – cette date pivot a d’ailleurs été âprement discutée au Sénat. En revanche, il est à craindre que celle du 18 juillet 1985 fasse obstacle, pour des raisons constitutionnelles, à l’entrée en vigueur de ces dispositions. Si nous revenons à 2005, le texte satisfera de nouveau aux conditions de rétroactivité de la loi ; quant aux clôtures plus anciennes, le sénateur Jean-Noël Cardoux a fort bien expliqué qu’il suffirait d’attendre leur obsolescence, si j’ose dire. Nous éviterions ainsi le risque de voir le texte retoqué par le Conseil constitutionnel.

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #276

La parole est à M. Nicolas Forissier, pour soutenir l’amendement no 85.

article 1er · amendement 85

Il s’agit en effet de rétablir l’équilibre obtenu en retenant la date de 2005. Toutefois, si j’ai bien compris, monsieur le rapporteur, un consensus s’est dégagé en vue d’exclure du dispositif les clôtures ayant au moins trente ans d’existence à la date de la publication de cette future loi. Ce délai est compatible avec le droit constitutionnel, ce qui reste le principal, car nous voulons avant tout que le texte s’applique. Je retire donc le présent amendement et propose que le groupe Les Républicains vote en faveur du vôtre, le no 73, qui va dans ce sens.

#278

(L’amendement no 85 est retiré.)

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #279

Nous en venons à la seconde série d’amendements identiques au sein de cette discussion commune.La parole est à M. Vincent Thiébaut, pour soutenir l’amendement no 40.

article 1er · amendement 40

Lors de l’examen du texte en commission, nous l’avons entre autres amélioré en substituant à la date du 23 février 2005 celle du 18 juillet 1985, afin d’accroître sa portée. Pour des raisons de coordination juridique, et par esprit de cohérence, nous proposons désormais une nouvelle rédaction qui, prenant en compte le mécanisme de la prescription acquisitive trentenaire d’un terrain privé, retient un délai de trente ans.

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #281

La parole est à M. François Cormier-Bouligeon, pour soutenir l’amendement no 57.

article 1er · amendement 57

Finalement, tous nos débats devraient être à l’image de celui-ci : un échange d’arguments où l’on s’écoute et l’on se respecte, et qui débouche sur un consensus.L’article 1er repose sur trois piliers. S’agissant du premier, le périmètre auquel s’appliquent ses dispositions, nous avons remplacé les trames vertes par les zones et espaces naturels. S’agissant du deuxième, la date d’entrée en vigueur de la future loi, nous sommes convenus par consensus d’arrêter la date du 1er janvier 2027. Il restait à déterminer les clôtures concernées. Après en avoir beaucoup discuté en commission, nous étions parvenus à un point d’équilibre. Il ressort néanmoins de nos échanges depuis la tenue de la commission que ce point d’équilibre ne serait pas solide juridiquement et qu’il pourrait nous mettre en péril en cas de saisine du Conseil constitutionnel. Nous avons donc recherché un autre fondement […]

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #284

La parole est à M. le rapporteur, pour soutenir l’amendement no 73.

article 1er · amendement 73
Richard Ramos rapporteur · Dem #285

Sur ce point longuement discuté en commission, nous sommes parvenus à trouver un compromis solide sur le plan juridique vis-à-vis du Conseil constitutionnel et acceptable pour nos camarades sénateurs, dans le cadre de nos travaux communs sur ce texte. Il me semble donc que c’est bien le délai trentenaire que nous devons retenir.

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #286

La parole est à Mme Mathilde Paris, pour soutenir l’amendement no 83.

article 1er · amendement 83

J’avais demandé pour ma part que la date de 1985 soit retenue, mais il est apparu qu’elle pourrait s’avérer fragile dans la perspective d’un passage devant le Conseil constitutionnel. J’ai donc déposé cet amendement de consensus, l’objectif étant que la proposition de loi soit adoptée et, une fois adoptée, efficace.

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #288

La parole est à M. Hubert Ott, pour soutenir le sous-amendement no 95.

article 1er · amendement 83

Au travers de ce sous-amendement de coordination, visant à ajouter les mots « plus de », nous souhaitons nous assurer que le dispositif s’applique aux clôtures construites lors des trente années précédant la promulgation de la loi.

Quel est l’avis de la commission sur les amendements de la discussion commune ?

Richard Ramos rapporteur · Dem #291

J’émets un avis défavorable aux amendements identiques nos 15 et 85, et un avis favorable aux amendements trentenaires ! (Sourires sur plusieurs bancs du groupe Dem.) Il s’agit des amendements nos 40, 57 et 73. Avis défavorable à l’amendement no 83 et avis favorable, enfin, au sous-amendement no 95.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Bérangère Couillard secrétaire d’État · RE #293

Il est défavorable aux amendements nos 15 et 85 et favorable aux amendements suivants, nos 40, 57, 73 et 83, ainsi qu’au sous-amendement.Le Gouvernement n’ayant pas eu l’occasion de s’exprimer en commission, je profite de l’occasion pour partager notre avis au sujet du consensus qui a été trouvé. La semaine qui s’est écoulée entre les débats de la commission et ceux de la séance publique me semble avoir été particulièrement propice. Plusieurs dates ont été évoquées. Celle de 2005, notamment, a été proposée par le Sénat ; si elle était stable sur le plan juridique, elle ne recueillait cependant pas l’assentiment des députés dans la mesure où elle aurait concerné peu de parcelles. L’objectif du texte étant de revenir sur l’engrillagement d’un maximum de parcelles, il a fallu trouver une date antérieure. Celle de 1985, adoptée en commission pour les espaces naturels sensibles, nous […]

La parole est à Mme Manon Meunier.

Je suis déçue, compte tenu de la concertation qui avait eu lieu en commission au sujet de la loi de 1985. Il me semble que, considérant le principe de proportionnalité et la situation d’urgence dans laquelle nous nous trouvons quant à la protection de la biodiversité, la date de 1985 n’aurait pas changé grand-chose pour le Conseil constitutionnel. Pour la biodiversité, en revanche, elle aurait eu un impact important, de nombreuses clôtures ayant été érigées au cours des années 1980. Pour les animaux, le fait que la clôture date de 1985 ou de 1992 ne change rien. Nous sommes donc défavorables à l’ensemble des amendements qui visent à supprimer la référence à la loi de 1985 et appelons nos collègues à voter contre également, afin de répondre à la situation d’urgence en matière de biodiversité. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)

La parole est à M. Nicolas Forissier.

Madame la secrétaire d’État ayant émis un avis au sujet de l’amendement no 85, je voudrais lui rappeler que j’ai bien souligné tout à l’heure le souhait du groupe Les Républicains de rejoindre le consensus sur la prescription trentenaire et que j’ai, pour cette raison, retiré mon amendement. J’ajoute que je suis très heureux que nous ayons trouvé ce consensus.

La parole est à Mme Mathilde Paris.

Je voudrais simplement signaler que le rapporteur M. Ramos a dû commettre une erreur lorsqu’il a émis un avis défavorable à l’amendement no 83, pourtant identique aux précédents et auquel Mme la secrétaire d’État a émis un avis favorable.

La parole est à M. le rapporteur.

Richard Ramos rapporteur · Dem #304

C’est en effet une erreur de ma part. Je suis évidemment favorable à l’amendement no 83 et au délai de trente ans sur lequel nous nous sommes accordés.

#305

(L’amendement no 15 est retiré.)

La parole est à Mme Lisa Belluco.

Notre groupe trouve lui aussi regrettable que nous soyons revenus sur le consensus qui avait été trouvé en commission. Je ne sais plus qui l’a dit en introduction de nos débats, mais je suis certaine qu’un orateur a précisé que la majorité des enclos dataient des années 1980. Une date postérieure – 1992 ou 1993, en fonction de la date de promulgation de la loi – risque de nous faire passer à côté de l’objectif poursuivi. Nous avons bien compris néanmoins que l’enjeu était politique avant que d’être juridique et constitutionnel, puisqu’il fallait trouver un consensus avec les sénateurs. Nous nous abstiendrons donc sur ces amendements qui fixent le délai à trente ans, mais je tiens à souligner que cet aboutissement est regrettable.

La parole est à Mme la secrétaire d’État.

Bérangère Couillard secrétaire d’État · RE #309

Je ne sais pas où vous avez obtenu ces informations, madame Belluco. Je regrette de vous le dire, mais elles ne sont pas fondées. Les cartes aériennes qui existent aujourd’hui ne montrent absolument pas que les engrillagements de parcelles auraient été plus nombreux dans les années 1980 qu’au début des années 1990. L’objectif, avec le délai de trente ans, est d’avoir une date solide sur le plan juridique. Le pire, pour nous tous, serait que nous soyons déboutés par le Conseil constitutionnel et que cette proposition de loi ne puisse pas entrer en application. Je comprends que vous souhaitiez fixer une date antérieure, madame Belluco, mais il convient d’être raisonnable. Les trente ans prévus sont solides sur le plan juridique, et c’est ce qui compte.

#310

(Le sous-amendement no 95 est adopté.)

· ADOPTION d’un sous-amendement (main levée) ss-adt
#311

(Les amendements identiques nos 40, 57, 73 et 83, sous-amendés, sont adoptés.)

· ADOPTION de plusieurs amendements (main levée) adts
Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #312

L’amendement no 92 de M. le rapporteur est rédactionnel.

#313

(L’amendement no 92, accepté par le Gouvernement, est adopté. En conséquence, l’amendement no 87 tombe.)

Sur l’article 1er, je suis saisie par le groupe Renaissance d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Nicolas Forissier, pour soutenir l’amendement no 87.

Il concerne un problème pratique mais vise également le respect du droit de propriété dans le cadre de l’application du texte que, j’espère, nous voterons tout à l’heure. La dernière phrase de l’alinéa 3 porte sur les rénovations ou réfections de clôtures ou de murs après leur effondrement ou leur destruction – par un arbre lors d’une tempête, par exemple. C’est très concret. Le texte dispose que la réfection doit être menée en fonction des nouvelles normes édictées au cours des trente dernières années. Or si la clôture ou le mur a été édifié il y a plus de trente ans, je ne vois pas pourquoi les règles nouvelles devraient s’appliquer.Il pourrait même en résulter des situations quelque peu grotesques où s’intercaleraient sur des clôtures anciennes et licites des segments de quelques mètres de clôture nouvelle. Le praticien du monde rural que je suis estime que ce n’est pas une bonne […]

Veuillez m’excuser, cher collègue ; je vous ai donné la parole pour présenter cet amendement mais il est tombé avec l’adoption des amendements précédents.La parole est à M. Stéphane Mazars, pour soutenir l’amendement no 62.

Il vise à créer deux exceptions aux dispositions que nous examinons et que nous allons – je l’espère – adopter. La première concerne les clôtures des parcs d’entraînement, de concours ou d’épreuves de chiens de chasse. Il va de soi qu’en l’absence de clôture, on ne saurait assurer la sécurité des chiens. La deuxième exception a trait aux clôtures des élevages équins.

Quel est l’avis de la commission ?

Richard Ramos rapporteur · Dem #322

Favorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Bérangère Couillard secrétaire d’État · RE #324

Il fallait en effet préciser quelques exemptions dans le texte – c’est tout l’intérêt de son examen dans l’hémicycle, qui permet d’y ajouter des dispositions en tant que de besoin. En l’occurrence, il est important de prévoir une exemption concernant les entraînements et concours de chiens de chasse, car les espaces utilisés à ces fins sont des zones naturelles et non des zones de chasse en enclos ou de chasse commerciale. Avis favorable.

C’est Royal Canin !

La parole est à Mme Lisa Belluco.

J’ai quelques réserves à l’égard de cet amendement. Je comprends l’exception relative aux chiens de chasse mais celle qui concerne les chevaux me laisse sceptique, car les clôtures de parcs à chevaux sont perméables et non étanches à la faune sauvage. Pourquoi cette exception ? Surtout, elle me semble présenter le risque que soient enfermés, dans les enclos en question, non seulement quelques chevaux mais aussi d’autres animaux, du gibier par exemple, et qu’elle serve d’astuce pour contourner la loi.

La parole est à M. Bruno Millienne.

Une fois n’est pas coutume, je partage l’avis de nos amis écologistes. Le danger existe – avec ou sans le parrainage de Royal Canin, monsieur Falorni – qu’on voie surgir des terrains d’entraînement de chiens de chasse,…

Bien sûr !

…tant il sera simple de conserver les clôtures concernées pour échapper à la loi, d’où mon doute quant au bien-fondé de cet amendement.

Je le partage.

La parole est à Mme la secrétaire d’État.

Bérangère Couillard secrétaire d’État · RE #334

Certains élevages de chevaux de race, madame Belluco, sont entourés de clôtures bien plus épaisses qu’un simple fil électrique pour que les chevaux ne s’échappent pas. On ne saurait comparer la taille d’un chien à celle d’un cheval. L’objectif est de préserver une activité, l’entraînement des chiens de chasse, et il n’amoindrit en rien l’ambition qui inspire le projet de loi. Au demeurant, les terrains utilisés pour les concours de chiens de chasse ne sont pas si nombreux. Encore une fois, l’idée est de protéger l’activité d’entraînement, en aucun cas la chasse en enclos ou la chasse commerciale.

#335

(L’amendement no 62 est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #336

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 55 et 80.La parole est à M. Bertrand Bouyx, pour soutenir l’amendement no 55.

article 1er · amendement 55

Il vise à supprimer l’alinéa 8 afin d’éviter d’avoir à dresser la liste – ce serait fastidieux – « des territoires et des parties de territoires délimités par des clôtures revêtant un caractère historique et patrimonial ». Tous ici nous savons, pour les parcourir régulièrement, combien nos circonscriptions sont riches en patrimoine. Puisque la date de référence – en l’occurrence, trente ans avant la promulgation du présent texte – est assez ancienne, il n’y a aucune raison d’exclure ces clôtures patrimoniales de l’application de la loi.

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #338

La parole est à M. le rapporteur, pour soutenir l’amendement no 80.

article 1er · amendement 80
Richard Ramos rapporteur · Dem #339

Même objet. Nous nous sommes inquiétés, dans les discussions antérieures, que le projet de loi ait notamment pour effet d’imposer la destruction des murs de Chambord et de Chantilly, ce qui aurait été regrettable, mais la date de référence dont nous sommes convenus, c’est-à-dire il y a trente ans, exclut de facto les murs de ces domaines et d’autres murs historiques. Il faut donc supprimer l’alinéa 8.

#340

(Les amendements identiques nos 55 et 80, acceptés par le Gouvernement, sont adoptés.)

· ADOPTION de plusieurs amendements (main levée) adts
Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #341

La parole est à M. le rapporteur, pour soutenir l’amendement no 75.

article 1er · amendement 75
Richard Ramos rapporteur · Dem #342

Cet amendement rédactionnel vise à réécrire l’alinéa 9 relatif à la déclaration préalable en cas d’édification de clôtures. Il s’agit d’une clarification juridique.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Bérangère Couillard secrétaire d’État · RE #344

Je suis perplexe : cet amendement ne me semble pas d’ordre rédactionnel. Les collectivités disposent déjà de deux outils relatifs aux obligations de déclaration de clôtures. En vertu du code de l’urbanisme, le plan local d’urbanisme définit les espaces où les clôtures sont soumises à déclaration pour protéger le patrimoine culturel et naturel ainsi que les continuités écologiques. En outre, par simple délibération, une commune peut soumettre les clôtures à déclaration préalable.En clair, l’amendement est satisfait puisque les communes peuvent déjà faire la démarche que vous prônez selon les deux modalités que j’ai citées. Je vous propose de ne pas rendre cette faculté obligatoire par la loi, et de retirer l’amendement qui me semble alourdir le texte.

La parole est à M. le rapporteur.

Richard Ramos rapporteur · Dem #347

Je le maintiens, car il ne fait que réécrire proprement l’alinéa 9.

Qu’en dites-vous, madame la secrétaire d’État ?

Bérangère Couillard secrétaire d’État · RE #349

Sagesse.

#350

(L’amendement no 75 est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #351

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 52 et 77.La parole est à M. François Cormier-Bouligeon, pour soutenir l’amendement no 52.

article 1er · amendement 52

C’est un amendement de clarification. Dans sa grande sagesse, notre collègue sénateur Jean-Noël Cardoux a souhaité permettre, à l’alinéa 10, que les habitations et sièges d’exploitations agricoles ou forestières situés en milieu naturel soient entourés d’une clôture étanche, édifiée à moins de 150 mètres de leurs limites. La clarification rédactionnelle qui vous est proposée vise simplement à faire en sorte que les deux catégories de constructions – les habitations et les sièges d’exploitations – soient bien concernées par cette faculté.

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #353

La parole est à M. le rapporteur, pour soutenir l’amendement no 77.

article 1er · amendement 77
Richard Ramos rapporteur · Dem #354

Même objet : on précise une disposition autorisant la création, lorsqu’elle est nécessaire, d’un périmètre de sécurité dans un rayon de 150 mètres.

#355

(Les amendements identiques nos 52 et 77, acceptés par le Gouvernement, sont adoptés.)

· ADOPTION de plusieurs amendements (main levée) adts