Séance du 22 novembre 2023 /// n°58 /// 774 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2023-2024

Séance du 22 novembre 2023 — 58e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

774prises de parole
110orateurs
23points à l'ordre du jour
6scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
3008 la motion de rejet préalable, déposée par Mme Mathilde Panot, du projet de loi portant transposition de l'accord national interprofessionnel relatif a… 43 / 103 rejeté
3009 l'ensemble du projet de loi portant transposition de l'accord national interprofessionnel relatif au partage de la valeur au sein de l'entreprise (tex… 158 / 36 adopté
3010 l'ensemble du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2023 (texte de la commission paritaire). 99 / 24 adopté
3011 la motion de rejet préalable, déposée par Mme Cyrielle Chatelain, de la proposition de loi relative à l’ouverture à la concurrence du réseau de bus fr… 41 / 136 rejeté
3012 l'amendement n° 26 de M. Vannier à l'article premier de la proposition de loi relative à l’ouverture à la concurrence du réseau de bus francilien de l… 38 / 62 rejeté
3013 l'amendement n° 1 de Mme Keloua Hachi et l'amendement identique suivant à l'article premier de la proposition de loi relative à l’ouverture à la concu… 37 / 62 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 601 à 774 sur 774 — page 4 / 4.

Discussion générale

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1040

Moi, téléguidé par Valérie Pécresse ? J’aimerais voir ça !

…après le retrait de la proposition de loi communiste de Stéphane Peu. (M. Christophe Marion s’exclame.) L’approche politique du présent texte est finalement simple : étaler l’ouverture à la concurrence entre le 31 décembre 2024 et le 31 décembre 2026. Cela montre l’impréparation de la région Île-de-France pour mener à bien cette opération. L’objectif clairement affiché est d’enjamber les Jeux olympiques et paralympiques pour éviter un mouvement social d’ampleur durant cette période.Le groupe Socialistes et apparentés a déposé un certain nombre d’amendements visant à protéger au maximum les salariés de la RATP et leur sac à dos social. En l’état, le texte semble surtout chercher à vider ce sac (M. Pierre Cazeneuve proteste), alors que la route s’annonce longue et semée d’embûches pour les salariés, qui seront transférés vers de nouveaux opérateurs et de nouveaux entrepôts. Bref, le […]

Très bien !

La parole est à M. Vincent Thiébaut.

Le principe d’ouverture à la concurrence des services publics de transport de voyageurs a été acté en 2007 par un règlement européen…

Ce n’est pas une mise en concurrence, c’est un partage du gâteau !

…transcrit par la France en 2009 avec la loi ORTF. La LOM avait d’ailleurs précisé les modalités pratiques de transfert des salariés et les garanties sociales afférentes.C’est dans cette lignée que nous examinons le présent texte qui, je le rappelle, n’a pas vocation à définir si l’ouverture à la concurrence doit être effectuée ou non – cette décision est du ressort de l’autorité organisatrice de la mobilité d’Île-de-France, dont nous devrons respecter le choix au nom de l’autonomie des collectivités territoriales. Le texte ne vise pas non plus à mettre fin à un service public, puisque la RATP intervient toujours comme opérateur, et que le service reste à la charge de la région Île-de-France. Cette dernière a fait le choix d’ouvrir le réseau de bus à la concurrence et de challenger la RATP dans ses opérations de transport. Je rappellerai que l’ouverture à la concurrence a permis à la […]

Jean-Marc Zulesi président de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire · RE #1056

Vous me rassurez !

…comme nous l’avons défendue en commission, pour garantir la continuité du service public, assurer aux salariés un transfert sécurisé, réalisé dans de bonnes conditions, et veiller à l’équité concurrentielle. Voilà les objectifs de ce texte important, que les députés du groupe Horizons et apparentés soutiendront avec force. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE. – M. le rapporteur applaudit également.)

La parole est à M. Benjamin Lucas.

Une fois n’est pas coutume, je serai extrêmement bref, étant donné que ma collègue Sabrina Sebaihi, lorsqu’elle a défendu la motion de rejet préalable, a exposé au nom du groupe Écologiste-NUPES toutes les bonnes raisons qui nous conduisent à nous opposer à ce texte.Pour ma part, je ne remontrai pas jusqu’au XVIIe siècle, comme l’a fait Mme Luquet.

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1061

Remontez à 2013 !

Je pense à la France de 2023, et non plus à celle de 2013, monsieur Millienne !Monsieur le ministre délégué, en cette année 2023, et singulièrement depuis la crise du covid, nous mesurons l’importance des services publics et la nécessité de les défendre envers et contre tous les dogmes qui consistent à forcer sans cesse l’ouverture à la concurrence et la privatisation.J’entends certains collègues nous expliquer que ce texte n’anticipe aucune privatisation. Puisqu’on nous invite à remonter au XVIIe siècle, regardons l’histoire : les ouvertures à la concurrence, pour l’essentiel, si ce n’est dans leur quasi-totalité, sont un préalable à la privatisation ; elles permettent au marché vorace de venir s’emparer des services publics qui, je le rappelle, sont le bien de tous nos concitoyens, le patrimoine commun de la République – le patrimoine de celles et ceux qui n’ont rien d’autre pour […]

Ah oui !

…et à l’intelligence démocratique du Parlement et des citoyens, plutôt qu’à la loi du marché, qui ne vise qu’à faire des profits à court terme – et c’est bien sa vocation. Quand on doit répondre à des actionnaires plutôt qu’à des usagers, on privilégie forcément le profit plutôt que l’intérêt général. Si nous siégeons ici, c’est bien en tant que défenseurs de l’intérêt général – et j’aimerais bien que vous en fassiez autant –, et non comme défenseurs du profit de quelques-uns.Tout à l’heure, j’entendais notre collègue Pierre Cazeneuve dire que nous étions opposés à ce texte par principe. Oui, c’est bien par principe que nous nous opposons à l’ouverture à la concurrence et à la privatisation !

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1072

Ce n’était pas le cas en 2013 !

C’est beau d’avoir des principes, chers collègues – et je sais que vous en avez aussi, monsieur Cazeneuve ! Notre principe, c’est de défendre les services publics, qui sont la condition d’application de notre devise républicaine Liberté, Égalité, Fraternité.Je ne reviens pas sur l’ensemble des arguments qui ont été évoqués avant moi ; j’espère seulement que vous entendrez raison et que vous renoncerez à vos projets funestes. Je ne crois pas que vous ayez pour vocation de satisfaire les désirs de Mme Pécresse, dont le score à l’élection présidentielle témoigne d’ailleurs de l’importance qu’elle a dans le pays.

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1075

Un peu comme vous !

Je peux effectivement en parler, des mauvais scores à l’élection présidentielle – je suis même expert en la matière, ce qui me donne la modestie suffisante pour tenir ce genre de propos ! (Sourires.) Je crois que vous gagneriez à revenir à la raison. Aussi, je vous invite à épouser la volonté des Franciliennes et des Franciliens, celle de défendre le service public des transports et les agents de la RATP, auxquels je veux rendre hommage. Car bien qu’ils accomplissent un travail remarquable, ils seront fortement malmenés par cette ouverture à la concurrence et par ce découpage absurde en douze lots, qui n’est absolument pas pragmatique et qu’il faut revoir. (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES.)

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1077

Vous auriez pu faire plus court, mais c’était pas mal ! (Sourires.)

La parole est à M. Stéphane Peu.

Il y a quelques mois, j’avais présenté au nom de mon groupe une proposition de loi qui visait à surseoir à l’ouverture à la concurrence du réseau de bus de la RATP.

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1080

Une excellente proposition de loi !

Bien que nous soyons fermement opposés à cette ouverture à la concurrence, nous avions alors cherché un compromis avec la majorité pour reporter l’échéance au-delà de 2028.

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1082

C’est vrai.

Nous avions proposé ce report de quatre ans en raison du calendrier électoral car il nous semblait qu’une question aussi sensible, qui concerne le quotidien de millions de Franciliens, ne pouvait être tranchée par la seule présidente de la région, qui n’a reçu aucun mandat en ce sens, et échapper ainsi au débat démocratique. Nous avions dès lors proposé que le délai de quatre ans serve à étudier une autre possibilité offerte par la loi : le maintien d’un monopole exploité par la régie publique régionale.

Très bien !

Hélas, notre texte ayant été vidé de sa substance en commission, nous l’avons retiré. Et voici que la droite sénatoriale nous propose, forte de l’appui du Gouvernement, un texte rédigé sur mesure pour la présidente de région, Mme Pécresse. Il prévoit d’échelonner le calendrier d’ouverture à la concurrence du réseau de bus jusqu’à la fin de 2026, l’objectif étant de contourner l’obstacle des Jeux olympiques et paralympiques pour reporter de quelques mois le désordre que l’ouverture à la concurrence ne manquera pas d’engendrer, tout en fermant la porte au débat démocratique.Face à cette fuite en avant, il est essentiel de débattre. Prenons l’exemple du réseau de bus qui circulent en grande couronne, le réseau Optile. Depuis son ouverture à la concurrence, on ne compte plus les dysfonctionnements qui contribuent à dégrader la qualité du service de transports collectifs dans de nombreux […]

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1090

C’est faux…

…pourrait se traduire par une aggravation du malaise social, une chute de l’attractivité de la profession, la multiplication des démissions et la dégradation du service.Rien ne justifie l’ouverture à la concurrence de la RATP. Si la proposition de la droite sénatoriale ne nous surprend guère, nous comprenons moins que nul ne songe à interrompre ce processus délétère alors que d’autres solutions existent, en particulier la gestion intégrée du réseau en régie publique régionale. Nous déposerons des amendements mais, en l’état, nous voterons contre le texte. (Applaudissements sur les bancs des groupes Écolo-NUPES, LFI-NUPES et SOC.)

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1093

Si on ne vote pas ce texte, ce sera pire !

La parole est à M. Guy Bricout.

Nous examinons la proposition de loi relative à l’ouverture à la concurrence du réseau de bus franciliens de la RATP. Elle aura fait couler beaucoup d’encre, à la hauteur des enjeux qu’elle représente tant pour la région Île-de-France que pour l’image de notre pays lors des Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Bien que les députés du groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires puissent paraître éloignés de ces préoccupations très franciliennes, il n’en demeure pas moins qu’au bout du compte, la qualité des transports franciliens à l’été 2024 concernera, au-delà des Franciliens, tous les visiteurs nationaux et internationaux que Paris accueillera.Si certains ont saisi l’occasion de cette proposition de loi pour rouvrir le débat sur le bien-fondé, ou non, de l’ouverture à la concurrence, il nous semble plus raisonnable de considérer qu’il est désormais tranché et qu’il […]

La parole est à M. Pierre Cazeneuve.

Je souhaite rendre hommage, à mon tour, à tous les agents de la RATP et, plus généralement, à tous ceux qui travaillent pour des opérateurs de transport.

Ah ben ça alors ! Sortez les mouchoirs !

Ils exercent un métier difficile mais je crois que Benjamin Lucas, sans doute inconsciemment, a employé un terme inapproprié, celui d’« exploitation ». Les employés de la RATP, les conducteurs de bus, les machinistes ne sont pas exploités. Ce terme a été galvaudé et ce n’est pas rendre hommage à ces salariés que de parler d’eux en ces termes.

Allez donc les voir !

Il devient par ailleurs agaçant de vous entendre dresser notre procès en désamour du service public. Vous n’avez pas le monopole de l’amour du service public, chers collègues. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Il est bien évident que nous le défendons, nous aussi, et sans faire de discrimination ! Nous aimons tous les services publics : la justice, la police…

Vous aimez surtout les actionnaires !

Revenons au texte. Ce n’est pas lui qui prévoit d’ouvrir la RATP à la concurrence puisque cette ouverture a été maintes fois admise depuis 2009.

Jamais !

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1114

En 2013 !

Sans aucun mandat des électeurs – le seul qui compte !

Surtout, ce texte prévoit de décaler cette ouverture. S’il n’est pas adopté, l’ouverture à la concurrence aura lieu le 31 décembre de l’année prochaine. Il ne s’agit donc pas d’ouvrir la RATP à la concurrence, puisque cette ouverture a déjà été prévue, mais de la décaler pour qu’elle se réalise dans les meilleures conditions.

Décaler pour mieux sauter !

Ce n’est pas davantage un texte de Valérie Pécresse puisqu’elle y était opposée ! Elle ne voulait pas entendre parler de ce décalage. Vous devriez vous en souvenir, monsieur Peu, car nous en avons suffisamment discuté lors de l’examen de votre proposition de loi.

Elle voulait ce texte-là !

Pas du tout ! Ce texte est le fruit d’un compromis trouvé par la majorité. Vous étiez presque d’accord et nous aurions pu avancer ensemble. Valérie Pécresse ne voulait pas entendre parler de ce texte parce que, d’une certaine manière, il met en évidence sa part de responsabilité et celle d’Île-de-France Mobilités dans l’impossibilité d’ouvrir la RATP à la concurrence le 31 décembre 2024.Ne nions pas, cependant, l’enjeu des Jeux olympiques. Vous le savez mieux que personne, monsieur Peu, puisque vous avez vous-même justifié, dans votre rapport, le report de l’ouverture par la nécessité d’assurer un niveau de service optimal durant les Jeux olympiques – ce que notre collègue Belkhir a soutenu – et non pour éviter des grèves !

Il y aura tout de même des grèves !

Par ailleurs, la mise en concurrence sera une opération extraordinairement complexe qui modifiera en profondeur la gestion des transports. Il serait donc très imprudent de l’engager au moment où nous aurons besoin, plus que jamais, de tous les agents de la RATP pour œuvrer à la réussite des JOP.

Et la réussite de la vie des usagers, cela vous intéresse ?

Ces injonctions sont d’une tristesse sans nom.

C’est triste, mais réaliste.

Ce n’est pas, en tout cas, à la hauteur des débats mais vous reprendrez la parole tout à l’heure et j’aurai grand plaisir à vous répondre.Je soulèverai un dernier point. C’est la semaine du Salon des maires et des collectivités locales, et les accusations fusent, surtout depuis vos rangs, contre une majorité centralisatrice qui mépriserait les collectivités territoriales.

Allez les voir, les maires !

Les maires et les conseillers régionaux sont heureux d’exercer la compétence des transports. C’est une avancée des lois de décentralisation et du pacte de responsabilité signé avec les collectivités territoriales. Malheureusement, vous n’avez d’autre objectif, au travers des amendements que vous avez déposés, que de remettre en cause la décentralisation et cette compétence des régions.Pour toutes ces raisons, le groupe Renaissance votera la proposition de loi. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.)

La parole est à Mme Annick Cousin.

La fin du monopole de la RATP, prévue pour le 31 décembre 2024, a été planifiée depuis longtemps en raison d’obligations légales négociées avec la Commission européenne. Cependant, malgré une préparation de près de quinze ans, il est évident que toutes les conditions requises pour cette transition ne sont pas encore remplies.On peut être en désaccord avec l’ouverture à la concurrence des bus de la RATP, mais la responsabilité de cette ouverture ne dépend que de la décision de la région Île-de-France. En tant que législateurs, notre responsabilité est de l’accompagner au mieux.Des inquiétudes se font jour concernant d’éventuelles perturbations des services de transport en Île-de-France en raison de mouvements sociaux pendant les Jeux olympiques. Le transfert de gestion des treize lots en une seule fois au 31 décembre 2024 paraît complètement irréaliste ; il semble inévitable que […]

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #1142

La discussion générale est close.La parole est à M. le ministre délégué.

Clément Beaune ministre délégué · RE #1144

Ce débat est essentiel, et je pense qu’il vaut mieux discuter dans l’hémicycle du texte lui-même, plutôt que de gloser sur des interprétations ou d’en parler sans l’avoir lu.

C’est vrai !

Clément Beaune ministre délégué · RE #1146

Ce texte s’inscrit dans l’histoire récente, si l’on peut dire, du processus d’ouverture à la concurrence. On peut être pour ou contre lui – c’est vous qui en déciderez – mais on ne peut pas dire n’importe quoi. Il convient donc de rétablir les faits et la vérité.D’abord, il a été dit que lorsqu’un service public des transports n’était pas organisé en régie, on n’avait pas affaire à des agents du service public. Quel manque de respect pour les élus et les chauffeurs de bus de Châteauroux, Montpellier, Besançon ou Poitiers ! D’ailleurs, cela a été signalé par les responsables socialistes et écologistes : dans l’immense majorité des municipalités gérées par vos partis politiques, le service public des transports est assuré au quotidien par une délégation de service public.

Eh oui !

Clément Beaune ministre délégué · RE #1149

Reconnaissez-le ! Aucun des programmes municipaux n’a remis en cause la logique de délégation de service public, que ce soit à Paris, en Île-de-France ou ailleurs. Arrêtons de défendre, avec des trémolos dans la voix, le service public, en opposant ceux qui sont pour et ceux qui seraient contre. Il s’agit ni d’une privatisation…

Bien sûr que si !

Clément Beaune ministre délégué · RE #1151

…ni d’une remise en cause de la qualité d’agents du service public des personnes qui conduisent des millions de Français chaque jour. Respectez les élus et les agents des villes de France qui ont organisé leurs transports publics au moyen d’une délégation de service public et lisez le texte ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et HOR.)

Précisément : nous l’avons lu !

Nous travaillons, nous !

Clément Beaune ministre délégué · RE #1154

On ne peut pas dire n’importe quoi. Retournons à la réalité.Cela a été dit : la question du calendrier est essentielle. Vous aviez d’ailleurs, monsieur Peu, proposé de décaler la date d’ouverture à la concurrence, en conservant donc cette logique ; vous aviez présenté cette mesure comme un compromis, ce dont je vous remercie, et nous en avions longuement discuté en commission parce que je pensais qu’il s’agissait d’une logique bénéfique. Ce qui vous est proposé aujourd’hui est un report de deux ans. Ne pas voter ce texte reviendrait à ne pas offrir de protection supplémentaire aux salariés et à refuser d’adapter le calendrier. Ceux qui affirment vouloir protéger les salariés, les agents du service public, concrètement, les priveraient de garanties supplémentaires. Voilà la réalité !

Eh oui !

Il n’y a pas de garanties supplémentaires dans le texte !

Clément Beaune ministre délégué · RE #1158

Vous voulez remettre en cause tout le processus – mais, sans revenir au XVIIe siècle, reprenons l’histoire récente.

Oui : parlons des salariés qui sont en grève depuis des semaines !

Clément Beaune ministre délégué · RE #1160

Madame Chikirou, soyons sérieux : vous avez soutenu M. Sarkozy en 2007. (M. le président de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire applaudit. – Vives exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Moi, je n’ai pas changé d’avis, ni de convictions.

C’est bien le problème !

Clément Beaune ministre délégué · RE #1162

Depuis 2022, avez-vous déposé une proposition de loi visant à remettre en cause ce processus ? Je ne le crois pas. Ce dernier a-t-il été contesté depuis 2012 ? (Mme Chikirou continue de s’exclamer.)

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1163

C’est insupportable !

Madame Chikirou, laissez le ministre terminer son propos, s’il vous plaît.

Clément Beaune ministre délégué · RE #1165

Madame Chikirou, vous ne vous êtes jamais préoccupée de cette question avant ce soir !Soyons plus précis encore : en 2013, l’accord relatif au calendrier d’ouverture à la concurrence a été conclu par la majorité de l’époque et par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault – je travaillais pour lui et j’en suis très fier. Vous avez raison, on a fait alors un choix ; il existait d’autres options. On peut en discuter à l’infini, mais ce n’est pas l’objet de ce texte et la position que vous défendez aujourd’hui n’est pas celle qui avait été défendue à l’époque de ce côté-ci de l’hémicycle.

Cessez de donner des leçons !

Clément Beaune ministre délégué · RE #1168

M. Guedj, qui a dû nous quitter, était alors député : il a frondé sur certains sujets, mais pas sur celui-là. Il faut donc être cohérent, et honnête avec le présent texte.Vous évoquez les galères des usagers. Je les respecte infiniment et, l’automne dernier, je me suis engagé pour qu’on augmente les salaires et qu’on accélère les recrutements à la RATP – mais cela n’a aucun rapport avec le processus décrit ici, qui, par définition, n’a pas commencé. Admettez que les galères peuvent très bien s’accommoder de l’organisation actuelle !

La situation va se dégrader !

Clément Beaune ministre délégué · RE #1171

Je suis parfaitement d’accord qu’il ne suffit pas d’ouvrir à la concurrence pour améliorer le service public ; il faut aussi recruter et améliorer les conditions de travail – mais ne mélangeons pas tout et restons honnêtes. Tenons-nous en au texte et à la réalité de la situation.S’agissant des Jeux olympiques et paralympiques, je crois que tout le monde a envie qu’ils se passent bien. Là encore, un peu de respect pour les salariés et pour leurs organisations syndicales ! Vous pouvez être contre le texte, mais s’il recelait, comme vous le prétendez, une entourloupe,…

Il y en a même plusieurs !

Clément Beaune ministre délégué · RE #1174

…la ficelle serait un peu trop grosse pour que les organisations syndicales et les agents ne la voient pas !

Discutez avec eux !

Clément Beaune ministre délégué · RE #1176

Croyez-vous que cela les empêchera de s’exprimer et de se mobiliser ? Personnellement, je crois dans le dialogue social. Croyez-vous que M. Grosset et M. Bailly, grands acteurs du service public et dont vous connaissez le parcours au sein du monde syndical ou de La Poste, soient des apôtres de Margaret Thatcher ? Croyez-vous qu’ils n’aient pas consulté les organisations syndicales au cours de leurs travaux ? (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.) Alors, ne convoquons pas Mme Thatcher – qui n’est d’ailleurs plus de ce monde – et examinons plutôt ce qu’ont dit ici même M. Bartolone, Mme Hidalgo ou M. Huchon : aucun n’a remis en cause le processus.Vous avez changé d’avis : c’est votre droit. Vous vous sentez coupables et vous avez peut-être beaucoup à vous faire pardonner : c’est votre droit. Mais ne soulagez pas votre conscience en racontant n’importe quoi au cours du débat !Ce […]

Discussion des articles

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #1180

J’appelle maintenant, dans le texte de la commission, les articles de la proposition de loi.

Article 1er

Je suis saisie de trois amendements, nos 26, 1 et 15, pouvant être soumis à une discussion commune.Les amendements nos 1 et 15 sont identiques.Sur l’amendement no 26, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouvelle Union populaire, écologique et sociale d’une demande de scrutin public.Sur les amendements nos 1 et 15, je suis saisie par le groupe Socialistes et apparentés d’une demande de scrutin public.Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Thomas Portes, pour soutenir l’amendement no 26.

Je souhaitais m’exprimer sur l’article, madame la présidente !

C’est trop tard, monsieur Vannier. Il fallait vous inscrire avant.

Il s’agit de s’assurer que les salariés qui seront transférés dans le cadre des appels d’offres disposeront de véritables garanties sociales. Ce que nous demandons, c’est que les droits qui accompagnent les contrats de travail actuels des salariés de la RATP soient conservés chez les opérateurs auxquels vous allez livrer le service public.Plutôt qu’un sac à dos, nous souhaitons un bouclier social. Votre sac à dos, monsieur le ministre délégué, est troué, puisqu’il ne prend pas en compte le treizième mois, qui résulte d’un accord entre les salariés et la RATP, et non d’un accord de branche ; comme tel, il risque donc de disparaître. (« Eh oui ! » sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Idem pour le droit à la formation, pour le déroulement de carrière ou pour la médecine ; par exemple, les soins internes sont garantis pour le seul premier appel d’offres et l’accès aux œuvres sociales […]

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #1189

La parole est à Mme Fatiha Keloua Hachi, pour soutenir l’amendement no 1.

article 1er · amendement 1

Le micro ne fonctionne pas…

Il a été privatisé ! (Sourires.)

Il devrait désormais fonctionner.

Monsieur le ministre délégué, vous dites vous soucier des agents des transports en Île-de-France, notamment de ceux de la RATP. Or nous n’avons pas la même lecture de la situation. J’ai mené des auditions avant de vous présenter cet amendement. Les syndicats sont unanimes : la mise en concurrence à venir les inquiète profondément, de même que les agents ; ils ont mille et une questions à vous poser. Il faut absolument renforcer le sac à dos social. En l’état, rien ne garantit le maintien de l’ensemble des droits des agents lorsque les contrats de travail seront transférés.Je relaie auprès de vous deux questions que se posent les agents et les syndicats : lors du transfert, le nombre de jours de repos, qui s’établit actuellement à 121, sera-t-il réduit ? Quid de la prime d’intéressement, qui s’élève à 1 000 euros par an ? Compte tenu de ce qu’est le sac à dos social à ce stade, nous […]

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #1196

La parole est à M. Stéphane Peu, pour soutenir l’amendement no 15.

article 1er · amendement 15

Par cet amendement, nous essayons de garantir le maintien au plus haut niveau des droits et avantages sociaux acquis par les agents dont le contrat de travail sera transféré dans le cadre de l’ouverture à la concurrence. Chat échaudé craint l’eau froide : le premier volet de la mise en concurrence, qui a porté sur le réseau Optile, s’est soldé par une forte dégradation des conditions de travail et de rémunération.Les organisations syndicales reconnaissent bien volontiers que le texte corrige quelques aberrations. Par contre, ils demeurent très inquiets sur de nombreux points : le nombre de jours de repos – notre collègue vient de le signaler –, le maintien du salaire net et des avantages existants, les modalités de calcul des droits à la retraite. La question des conditions de travail, notamment l’affectation des chauffeurs aux services de bus de nuit, n’est pas non plus traitée à ce […]

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune ?

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1200

Monsieur Portes, je trouve que vous jouez bien mieux au foot que vous ne défendez les amendements. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)

Il a perdu la tête !

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1202

Je vais néanmoins vous répondre. Les garanties sociales dont il est question dans le texte sont celles qui ont été obtenues à ce jour. Il ne vous a pas échappé – puisque vous avez interrogé les syndicats, vous ne me direz pas le contraire – que les négociations continuent et que les syndicats demandent plus. Après tout, c’est leur rôle, et le dialogue social doit continuer.

Il faut l’écrire dans la loi !

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1204

Si vous ne votez pas cette proposition de loi, ce sera un retour un arrière : les garanties sociales seront bien moins importantes que celles qui sont prévues par le texte. Je récapitule ces dispositions : la proposition de loi étend le bénéfice des garanties sociales à un plus grand nombre de salariés, ce qui n’était pas prévu dans la LOM. Ceux qui ont étudié le texte – je fais confiance à M. Peu, qui le connaît par cœur – ne pourront pas dire le contraire.

Excusez du peu ! (Sourires.)

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1206

En effet, vous n’étiez pas là à l’époque.La proposition de loi assure la portabilité d’un certain nombre de garanties statutaires de la RATP. En commission, on m’a interrogé à propos du treizième mois. Celui-ci est intégré… (« Non ! » et « C’est faux ! » sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Si, il l’est, dans la rémunération annuelle. Vous pouvez dire tous les mensonges du monde, cela n’en fera pas une vérité !

C’est vous le menteur !

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1209

Vérifiez : le treizième mois est inclus dans la rémunération annuelle. Je pense que M. le ministre délégué le confirmera.La garantie de l’emploi et le régime spécial de retraite – on m’a aussi interrogé sur ces points en commission – seront maintenus pour ceux qui sont au statut de la RATP. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) C’est dingue : dès qu’un orateur a un avis contraire au vôtre, vous le coupez !

Non, c’est quand il dit une bêtise !

S’il vous plaît, monsieur le rapporteur, veuillez revenir à votre avis sur les amendements.

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1213

Vous êtes incapables d’écouter jusqu’au bout un orateur qui n’est pas de votre groupe. Parfois même, vous vous interrompez les uns les autres. C’est tout de même une maladie… (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Veuillez poursuivre, monsieur le rapporteur.

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1215

Je vais m’adresser à M. Coquerel qui semble intéressé et n’interrompt personne. Le système de retraite des salariés qui sont au statut de la RATP… (M. Louis Boyard s’exclame.) Monsieur Boyard, s’il vous plaît ! (Exclamations prolongées sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Allez, on a compris votre jeu, passons au vote !

S’il vous plaît, monsieur le rapporteur, veuillez donner votre avis sur les amendements.

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1218

Si je fournis cette explication maintenant, c’est parce que de très nombreux amendements portent sur ces questions. Cela m’évitera d’y revenir ultérieurement. Ceux qui sont au statut de la RATP ne perdront pas le bénéfice de leur régime de retraite.S’agissant du treizième mois, je vous l’ai dit, le dispositif de garantie de rémunération qui figure dans le code des transports prévoit l’inclusion la plus large possible de tous les éléments de la rémunération actuellement versée aux salariés de la RATP. Le treizième mois entrant dans la rémunération actuelle, je vous confirme qu’il sera maintenu lors du transfert des contrats de travail des salariés. C’est pourquoi j’émets un avis défavorable sur tous ces amendements. (« Ah ! » sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Clément Beaune ministre délégué · RE #1221

Les garanties sociales suscitant quelques polémiques, je souhaite revenir sur la liste de ce qui est précisément et absolument garanti par ce qu’on appelle de manière peu élégante « le sac à dos social ». Il s’agit tout d’abord de la rémunération. Contrairement à ce que vous avez dit, monsieur Portes, le treizième mois est intégralement garanti en cas de transfert. Tous les éléments qui concourent à la rémunération antérieure au transfert sont garantis. Le cas échéant, une indemnité différentielle sera versée à tous les salariés concernés.L’accès au réseau des centres de santé de la RATP – point important aux yeux des organisations syndicales –, le bénéfice des activités sociales et culturelles relevant du comité social et économique (CSE) de la RATP et le maintien des conventions et des accords collectifs de la RATP sont eux aussi entièrement garantis ; ils font partie du sac à dos […]

Citez-les !

Clément Beaune ministre délégué · RE #1229

Outre la RATP et ses filiales, il s’agit de Transdev et Keolis, qui sont l’un et l’autre publics.

Clément Beaune ministre délégué · RE #1231

Cessons d’affirmer que c’est le grand marché libéral qui capte les délégations de service public ! Ce sont en général ces entreprises qui sont candidates dans le cadre des appels à projets. Or elles ont des garanties et des conventions collectives très protectrices.

Avez-vous vu ce qu’a fait Transdev à Melun ?

S’il vous plaît, ma chère collègue, seul M. le ministre a la parole ! Vous pourrez vous exprimer ultérieurement.

Clément Beaune ministre délégué · RE #1234

Vous ne pouvez pas dire que ce sont des opérateurs privés : ce sont des filiales soit du groupe SNCF, soit de la Caisse des dépôts (CDC). (Exclamations prolongées sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Qu’il s’agisse des opérateurs concernés ou des garanties, il faut tout de même rappeler de quoi on parle ! Contrairement à ce qui a été dit, le maintien du treizième mois est garanti, par le sac à dos social et le cadre social territorialisé.

Peut-on avoir un peu d’ordre dans cet hémicycle ? C’est n’importe quoi !

Clément Beaune ministre délégué · RE #1236

C’est la raison pour laquelle je suis défavorable aux amendements.

S’il vous plaît, mes chers collègues, pouvez-vous vous écouter les uns les autres ?

Pouvons-nous passer au vote ?

La parole est à M. Paul Vannier, et à lui seul

Monsieur le ministre délégué, l’article 1er est votre alibi. Il prévoit un sac à dos social, mais celui-ci est vide, comme l’a relevé mon collègue Thomas Portes. Par exemple, il ne comprend ni le supplément familial versé à la naissance d’un enfant, ni l’intéressement, ni l’indemnité de déplacement géographique, ni la prime de parcours intégré. Autrement dit, il n’y a pas de garanties ; il s’agit, au contraire, de la destruction des droits des salariés de la RATP.Par ailleurs, ce sac à dos social ne dure qu’un temps, celui du premier contrat, soit quatre à huit ans. À l’issue du premier contrat, il n’y a plus de sac à dos social pour personne.Enfin et surtout, il n’y a personne pour garantir ce sac à dos social. Dans la grande couronne, l’ouverture à la concurrence est intervenue en 2021. Les salariés dont le contrat de travail a été transféré à Keolis ou à Transdev peuvent vous […]

Merci, mon cher collègue.

Vous privatisez et vous détruisez les droits des salariés. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #1247

Je mets aux voix l’amendement no 26.

#1248

(Il est procédé au scrutin.)

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #1249

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 100 Nombre de suffrages exprimés 100 Majorité absolue 51 Pour l’adoption 38 Contre 62

#1250

(L’amendement no 26 n’est pas adopté.)

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #1251

Je mets aux voix les amendements identiques nos 1 et 15.

#1252

(Il est procédé au scrutin.)

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #1253

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 99 Nombre de suffrages exprimés 99 Majorité absolue 50 Pour l’adoption 37 Contre 62

#1254

(Les amendements identiques nos 1 et 15 ne sont pas adoptés.)

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #1255

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 17 et 30.La parole est à M. Stéphane Peu, pour soutenir l’amendement no 17.

article 1er · amendement 17

Les amendements précédents portaient sur la garantie des droits sociaux ; celui-ci a trait à la garantie de la qualité de service.Observons là encore ce qui s’est passé lors du premier volet de mise en concurrence, qui a concerné le réseau Optile. Parfois, les lignes jugées les moins rentables ont été supprimées. Sinon, la fréquence des bus a été limitée ou certains arrêts n’ont plus été desservis sur ces lignes.Par cet amendement, nous souhaitons fixer un cadre qui garantisse le maintien de la qualité de service à un niveau équivalent en cas de transfert à un autre opérateur. IDFM est déjà chargée de veiller à la qualité de service, mais cela n’interdit pas que nous lui fixions un cadre légal, qui confirmerait au demeurant l’importance des enjeux de développement de l’offre de services publics. Je l’ai dit précédemment, 80 % des coûts sont des frais de personnel. Dès lors, la tentation […]

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #1259

La parole est à M. Thomas Portes, pour soutenir l’amendement no 30.

article 1er · amendement 30
Bruno Millienne rapporteur · Dem #1260

C’est le joueur de foot !

Il s’agit d’un amendement similaire à celui de M. Peu, visant à garantir au moins la continuité du service. La qualité du transport en grande couronne s’est dégradée avec l’arrivée d’opérateurs privés. Dans l’ensemble des services publics ouverts à la concurrence, où ils ont gagné des parts de marché, une dégradation du service a été constatée. À la SNCF – j’en parle en connaissance de cause –, des appels d’offres ayant été passés par les régions et remportés par des entreprises privées, des lignes jugées non rentables vont fermer. Regardez le nombre de lignes concernées, par exemple en Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Paca).

C’est la région Sud !

Nous vous demandons, par expérience, et parce que vous le devez aux usagers, de garantir un trafic minimum pour leur permettre de se déplacer décemment.Pour revenir sur l’amendement précédent : je répète que le treizième mois repose sur un accord d’entreprise, pas de branche, généralement dénoncé ensuite par celui qui remporte l’appel d’offres. La loi le permet. Les opérateurs privés qui ne voudront pas filer le treizième mois aux salariés le dénonceront.

On dit « donner » ou « accorder », pas « filer » !

Quel est l’avis de la commission ?

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1267

J’entends vos préoccupations sur le maintien de la qualité du service, mais je vois mal comment, dans un texte de loi, nous pouvons assurer partout ce maintien, compte tenu, par exemple, des événements extérieurs qui peuvent dégrader ponctuellement le service. Nous ne pouvons pas le garantir !La LOM a, de son côté, décentralisé la gestion des transports en commun en la confiant aux régions.

Mais oui !

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1270

C’est un acte de décentralisation fort. L’État n’a pas à se substituer à Île-de-France Mobilités. Lors de la discussion générale, j’ai émis quelques warnings, notamment à propos du Criv…

Quelques alarmes !

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1272

…quelques alarmes pour Île-de-France Mobilités. Effectivement, il y a encore du travail pour garantir la qualité du service. Dans ce texte, à travers les propositions du sénateur Capo-Canellas, que nous avons quelque peu amendées, nous essayons, autant que possible, d’assurer le transfert des garanties sociales et la qualité du service. Le rôle de l’État s’arrête là. Ce que vous proposez me paraît difficilement réalisable. Mon avis est donc défavorable pour les deux amendements.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Clément Beaune ministre délégué · RE #1274

J’aurai le même avis. La question, soulevée par M. Peu, de la qualité de service, la garantie de son exécution et du nombre de lignes, est néanmoins essentielle et nous conduit à nous interroger – M. le rapporteur l’a évoquée – sur la définition de cette qualité, qui ne repose pas nécessairement sur la quantité de lignes existantes. Certains endroits, moins peuplés, ont légèrement moins de lignes, ce qui permet de repositionner les bus, ou les chauffeurs, dans d’autres bassins de population, mal desservis aujourd’hui ou plus dynamiques demain. Cette flexibilité est essentielle, et la définition d’un socle minimal de service est très difficile, bien que j’en partage l’objectif.L’autre élément, important, concerne la décentralisation. L’objet de ce texte n’est pas de revenir sur la répartition des compétences entre l’État et les autorités organisatrices de la mobilité, y compris pour la […]

Il y a des capitaux privés chez les deux principaux opérateurs, qui ne sont pas publics à 100 % !

Clément Beaune ministre délégué · RE #1279

Disons la vérité pour avoir un débat serein. Je n’ai jamais prétendu que l’ouverture à la concurrence faisait la qualité de service – ou son entièreté. Je ne pense pas que ce texte doive revenir sur un acte de décentralisation majeur, en forçant les autorités organisatrices – ce qui n’est aujourd’hui proposé ni par vous, ni par ce texte – à définir le nombre de lignes de bus, de tramways et de métros.

La parole est à M. Jérôme Legavre.

On va voter ?

Comment pouvez-vous penser que nous allons être rassurés par vos propos, et vous croire lorsque vous prétendez que la qualité du service sera maintenue ?

On n’a pas du tout dit ça !

Les salariés de Transdev, à Coubron en Seine-Saint-Denis et à Chelles en Seine-et-Marne, sont en grève depuis lundi dernier. Tous les agents n’ont pas de vestiaire, ils n’ont pas accès aux sanitaires : ce sont des conditions de travail inacceptables et indignes.Concernant la qualité du service pour les usagers, les bus mis en circulation le sont – pour beaucoup – depuis plus de douze ans, parfois jusqu’à quinze ou dix-sept ans.

Bruno Millienne rapporteur · Dem #1286

À la RATP, c’est plus de trente ans !

En URSS, c’est pire ! (M. Laurent Jacobelli rit.)

Certains véhicules ont parcouru 840 000 kilomètres et sont mis en circulation alors que les voyants du système antiblocage des roues (ABS) et moteurs sont rouges. Les conséquences pour les usagers sont redoutables. Je ne vous donne ici que quelques exemples parmi la liste malheureusement interminable des méfaits de l’ouverture à la concurrence. Ce texte va immédiatement aggraver cette situation qui nuit d’abord aux salariés et aux usagers confrontés, notamment dans ma circonscription, à des conditions de transport désastreuses. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

#1289

(Les amendements identiques nos 17 et 30 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #1290

La suite de la discussion est renvoyée à la prochaine séance.

Ordre du jour de la prochaine séance

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #1293

Prochaine séance, ce soir, à vingt et une heures trente :Suite de la proposition de loi relative à la concurrence du réseau de bus francilien de la RATP.La séance est levée.

#1294

(La séance est levée à vingt heures dix.)

#1295

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra