Séance du 22 novembre 2023 /// n°58 /// 774 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2023-2024

Séance du 22 novembre 2023 — 58e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

774prises de parole
110orateurs
23points à l'ordre du jour
6scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
3008 la motion de rejet préalable, déposée par Mme Mathilde Panot, du projet de loi portant transposition de l'accord national interprofessionnel relatif a… 43 / 103 rejeté
3009 l'ensemble du projet de loi portant transposition de l'accord national interprofessionnel relatif au partage de la valeur au sein de l'entreprise (tex… 158 / 36 adopté
3010 l'ensemble du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2023 (texte de la commission paritaire). 99 / 24 adopté
3011 la motion de rejet préalable, déposée par Mme Cyrielle Chatelain, de la proposition de loi relative à l’ouverture à la concurrence du réseau de bus fr… 41 / 136 rejeté
3012 l'amendement n° 26 de M. Vannier à l'article premier de la proposition de loi relative à l’ouverture à la concurrence du réseau de bus francilien de l… 38 / 62 rejeté
3013 l'amendement n° 1 de Mme Keloua Hachi et l'amendement identique suivant à l'article premier de la proposition de loi relative à l’ouverture à la concu… 37 / 62 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 774 — page 1 / 4.

Yaël Braun-Pivet president · EPR #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à quatorze heures.)

Questions au Gouvernement

Yaël Braun-Pivet president · EPR #6

L’ordre du jour appelle les questions au Gouvernement.

Projet de communauté d’archipel des îles Marquises

La parole est à M. Tematai Le Gayic.

Monsieur le ministre de l’intérieur et des outre-mer, depuis plusieurs mois, et cette semaine encore, vous avez reçu des maires des Henua Enana, les îles Marquises. Ils souhaitent la création d’une communauté d’archipel des îles Marquises, en espérant qu’elle puisse se voir attribuer des compétences élargies et surtout des financements plus importants. Certains ont même évoqué la création d’une autre collectivité polynésienne qui, selon nous, est synonyme de partition de la Polynésie.Monsieur le ministre, des Henua Enana aux Tuhaa Pae, de Mangareva aux Tuamotu, et des Raromatai aux Nià mataì, nous sommes un seul peuple et un seul pays. Une partition serait un désastre culturel et social, un non-sens face à l’histoire. Comme pour la Kanaky – la Nouvelle-Calédonie –, la Polynésie est engagée dans un processus de décolonisation et d’émancipation. Notre pays doit rester uni et la France n’a […]

La parole est à M. le ministre délégué chargé des outre-mer.

Philippe Vigier ministre délégué chargé des outre-mer · Dem #14

Je sais combien vous êtes attaché à ce sujet institutionnel, aussi vous répondrai-je sans détour. Le 20 octobre, vous vous êtes rendu au déjeuner de travail organisé par le Président de la République, en présence de la Première ministre, comme l’ensemble des parlementaires, des présidents de collectivités et des présidents d’associations des maires des territoires ultramarins. Le Président de la République a dit une chose très simple : « Il n’y a pas de tabou sur les évolutions institutionnelles. » Mais ne comptez ni sur lui, ni sur la Première ministre, ni sur les autres ministres du Gouvernement pour écrire à votre place l’avenir de ces territoires.Deux personnalités qualifiées vont être choisies dans les prochains jours par le Président de la République pour rencontrer l’ensemble des acteurs concernés. Nous étudierons ensuite les demandes qui sont formulées par les uns et les autres […]

La parole est à M. Tematai Le Gayic.

Vous n’avez pas répondu à ma question, laquelle portait sur l’application d’un code des communes polynésien plutôt que le CGCT. Quant aux îles Marquises, il faut être clair : nous ne souhaitons pas finir comme les Comores et Mayotte ; la Polynésie, qu’elle devienne ou non indépendante, doit rester unie, parce que le peuple maohi est uni. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR-NUPES, LFI-NUPES et Écolo-NUPES.)

Continuité territoriale en outre-mer

La parole est à M. Johnny Hajjar.

Dans un contexte de vie chère exacerbé en outre-mer et d’un énième 49.3, vous avez fait le choix unilatéral de ne pas retenir, parmi les mesures du budget pour 2024 adoptées par l’Assemblée, mon amendement visant à accorder 500 millions d’euros à la continuité territoriale en outre-mer pour faire baisser les prix des billets d’avion. Il avait pourtant été repris par la commission des finances ! En revanche, vous avez choisi de retenir l’article 55, non débattu, en vertu duquel l’État incite « les personnes résidant en France métropolitaine » à s’installer dans ces territoires d’outre-mer grâce à l’argent public.Le modèle de transport public entre la Corse et l’Hexagone pour les passagers et les marchandises est un modèle d’égalité et d’équité. Les insulaires des outre-mer, eux, sont captifs du seul moyen de mobilité extérieure que représente l’avion et sont condamnés à utiliser un […]

Merci de conclure, cher collègue !

Dans le respect de la dignité humaine, il s’agit d’ouvrir des perspectives de progrès et de donner des réponses à la hauteur des enjeux… (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur, dont le temps de parole est écoulé. – Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – Mme Ségolène Amiot applaudit également.)

La parole est à M. le ministre délégué chargé des outre-mer.

Philippe Vigier ministre délégué chargé des outre-mer · Dem #31

Je connais votre attachement à la question de la continuité territoriale, dont nous avons eu l’occasion de parler à plusieurs reprises. L’aide à la continuité territoriale (ACT) consiste en une prise en charge forfaitaire des billets d’avion par l’État, afin que les citoyens ultramarins qui se trouvent dans l’Hexagone puissent rentrer en outre-mer dans les meilleures conditions possibles.

Il faudrait en faire autant pour les députés !

Philippe Vigier ministre délégué · Dem #33

Le budget pour 2024 augmente l’ACT de 70 à 93 millions d’euros. Je sais que vous auriez souhaité qu’on aille plus loin en l’augmentant encore de 60 millions d’euros. J’entends votre message, mais – et je regarde le rapporteur général du budget et tous les parlementaires ici présents – je crois que nous avons décidé d’une aide majeure et indispensable pour l’année 2024.

Absolument !

Philippe Vigier ministre délégué · Dem #35

Par ailleurs, vous savez très bien que les étudiants de première année, qu’ils soient boursiers ou non, bénéficieront dès Noël prochain de l’aide à la continuité territoriale. En outre, nous avons relevé le quotient familial de 12 000 à 18 000 euros : cela signifie que 77 % des ultramarins pourront en bénéficier.Nous agissons dans un contexte financier particulier ; la Première ministre a bien voulu offrir de nouvelles possibilités aux outre-mer et les préserver, même après avoir activé le 49.3. C’est ainsi que nous renforçons de manière significative le fonds exceptionnel d’investissement (FEI), en le portant de 110 à 160 millions d’euros. De même, nous consolidons l’expertise pour aider les collectivités, en augmentant les crédits jusqu’à 20 millions d’euros.Vous voyez bien que nous sommes au rendez-vous pour les outre-mer. Nous continuerons à travailler ensemble pour élargir encore […]

Stratégie interministérielle pour le bien vieillir

La parole est à Mme Charlotte Parmentier-Lecocq.

Madame la Première ministre, en 2040, près d’un Français sur trois sera âgé de plus de 60 ans. D’ici une dizaine d’années, une forte progression du nombre de personnes âgées de 75 ans et plus est attendue. Face au vieillissement de la population et à la perte d’autonomie, qui préoccupent fortement nos concitoyens, le Gouvernement, notre majorité et tous les collègues de cette assemblée sont mobilisés.En 2020, nous avons créé la cinquième branche de la sécurité sociale, dédiée à l’autonomie. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE. – Mme Caroline Fiat s’exclame.)

Eh oui, c’est nous !

Dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2024, les recettes de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) sont en augmentation de 2,5 milliards d’euros et l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) prévoit 15 milliards d’euros pour les personnes âgées. Le PLFSS prévoit également la création de places et de recrutements professionnels dans les Ehpad, de même que des investissements à destination des Ehpad et des résidences autonomie.Jamais aucune majorité n’aura alloué autant de moyens à l’autonomie !

C’est vrai !

Cette semaine, l’Assemblée nationale examine la proposition de loi portant mesures pour bâtir la société du bien vieillir en France, qui pose une nouvelle brique pour améliorer le quotidien des personnes âgées et des professionnels. (Mme Caroline Fiat s’exclame.)Cependant, pour répondre aux inquiétudes de nos concitoyens, il nous faut aller plus loin. C’est ainsi, madame la Première ministre, que vous avez confirmé, hier, votre volonté de mettre en œuvre une loi de programmation en 2024.

Ce n’est pas la première fois qu’on entend ça !

Allô, allô !

Vous connaissez l’attente et l’espoir que suscite une telle annonce. Pouvez-vous nous confirmer votre engagement pour l’année 2024 et détailler votre stratégie interministérielle ? (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.)

La parole est à Mme la Première ministre.

Ah !

Elle n’a pas répondu hier à Mme Rabault !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #54

Madame la présidente Parmentier-Lecocq, la question du bien vieillir nous concerne collectivement et doit nous rassembler, car elle touche chacun d’entre nous : nos grands-parents, nos parents et nous-mêmes, mais aussi tous ceux qui ont besoin d’aide dans leur vie de tous les jours et les familles qui ont un parent en Ehpad.

Et les soignants ?

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #56

C’est un enjeu essentiel dès aujourd’hui, mais il le sera encore plus demain. En effet, avec l’augmentation de l’espérance de vie, la question de l’autonomie et du grand âge sera l’un des défis majeurs de notre société.Vous l’avez rappelé, depuis 2017, beaucoup a été fait. En pleine crise sanitaire, nous avons notamment créé la cinquième branche de la sécurité sociale, la branche autonomie.Cette réforme était attendue depuis de longues années. Nous y avons consacré des moyens inédits, que nous augmenterons de 10 milliards d’euros sur le quinquennat. Et, grâce à la proposition de loi sur le bien vieillir que vous examinez actuellement, nous allons franchir une nouvelle étape.

Elle est où, Aurore ?

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #60

Concrètement, ce texte permet des avancées importantes en faveur de la prévention de la perte d’autonomie, de la lutte contre les maltraitances, d’un service public départemental de l’autonomie et d’une meilleure reconnaissance des aides à domicile.Je tiens à saluer votre travail, madame la présidente de la commission des affaires sociales, ainsi que celui des deux rapporteures de la proposition de loi, Annie Vidal et Laurence Cristol. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.) Je veux également remercier les groupes de la majorité, comme ceux des oppositions, qui contribuent à enrichir le texte.Face au défi démographique qui se profile devant nous, nous devons aller encore plus loin. Nous devons répondre à quatre grandes questions : quels sont nos besoins ? Comment les financer ? Comment disposer des compétences et des personnels nécessaires ?

Ah !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #64

Comment améliorer la gouvernance sur ce sujet majeur ? De nombreux parlementaires ont défendu l’idée d’une loi de programmation sur le grand âge.

C’est vrai !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #66

Comme je l’ai annoncé hier, en marge de mon déplacement à Strasbourg, cette loi de programmation, nous la ferons ! (« Bravo ! » et applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR, ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC. – « Il serait temps ! » sur les bancs du groupe LR.)

Mais comment allez-vous la financer ? C’est la seule question qui compte !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #68

J’ai donc demandé à la ministre des solidarités et des familles, Aurore Bergé, d’engager des concertations avec les parlementaires de tous les groupes, les conseils départementaux et les professionnels du secteur. Nous voulons nous doter, ensemble, d’une vision partagée des besoins, des financements et des responsabilités. Nous avancerons dans l’esprit constructif et transpartisan qui a prévalu jusqu’à présent sur ce sujet.Je souhaite qu’un texte puisse être présenté d’ici l’été,…

Ah !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #71

…pour un examen et une adoption au second semestre 2024. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR, ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC.)

Cette fois-ci, nous veillerons à ce que vous teniez votre promesse ! Je le dis à vous et à votre successeur !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #73

Mesdames et messieurs les députés, l’autonomie et le grand âge sont des enjeux centraux pour l’avenir de notre société. Cette loi de programmation nous permettra d’y répondre ensemble. (Mêmes mouvements.)

Hébergement d’urgence pour les femmes victimes de violence

La parole est à Mme Pascale Martin.

Ma question s’adresse à M. le ministre délégué chargé du logement.Dans trois jours aura lieu la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Je commencerai par rappeler que cette date a été choisie en commémoration d’un assassinat politique, celui des trois sœurs Mirabal, Patria, Minerva et Maria Teresa, tuées le 25 novembre 1960 en République dominicaine en raison de leur combat contre la dictature. Soixante-trois ans plus tard, la violence politique continue de s’abattre sur les femmes qui osent résister à l’oppression, comme en Iran.À ces violences politiques, et aux guerres dont les premières victimes sont souvent les femmes, s’ajoutent les violences sexistes ordinaires. Ces violences-là, les femmes de France n’y échappent pas. L’accès à l’hébergement d’urgence pour les femmes victimes de violences devient critique. Depuis cet été, beaucoup d’entre […]

La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.

Bérangère Couillard ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations · RE #83

Vous abordez plusieurs sujets. S’agissant, tout d’abord, de la Journée de lutte contre les violences faites aux femmes et des mesures que nous avons prises depuis 2017, je peux vous assurer que nous avons fait de ce combat une priorité et que nous nous sommes attaqués, en particulier, aux violences commises au sein du couple. Nous avons ainsi doublé le nombre de places en hébergement d’urgence. En 2017, il n’y en avait que 5 000 ; nous en comptons plus de 10 000 à présent. Lorsqu’elles appellent le 115, les femmes victimes de violences conjugales et celles qui sont victimes du système prostitutionnel sont prioritaires pour l’attribution d’un logement.Mais la quantité de logements disponibles n’est pas la seule donnée à prendre en considération, encore faut-il qu’ils soient de bonne qualité. Je demanderai en début d’année prochaine un état des lieux pour savoir si les femmes et les […]

Il y a urgence ! C’est maintenant qu’il faut le faire !

Bérangère Couillard ministre déléguée · RE #86

C’est un travail que j’ai déjà engagé avec le ministre du logement et je tenais à vous rassurer.Une femme, avant de réussir à quitter définitivement son domicile, aura essayé d’en partir sept fois en moyenne. Elle doit au préalable, en effet, parvenir à se défaire de l’emprise qu’exerce sur elle son conjoint violent, mais également surmonter nombre de contraintes administratives et financières. C’est pourquoi nous lançons le pack « nouveau départ » dès cette année, dans cinq départements, et nous octroyons une aide universelle d’urgence dont le montant variera entre 243 euros et plus de 1 500 euros, selon les ressources et les besoins de la victime. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

Que voulez-vous faire avec 243 euros ?

Substances polyfluoroalkylées dans les sols et les aliments

La parole est à M. Nicolas Thierry.

Monsieur le ministre de la santé, une étude publiée lundi par l’agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France révèle une contamination généralisée des œufs et des sols à plusieurs polluants organiques persistants. Pas moins de 410 communes de l’agglomération parisienne sont concernées. En Seine-et-Marne, dans les Yvelines, l’Essonne ou le Val-d’Oise, les taux de polluants sont jusqu’à dix fois supérieurs aux seuils de dangerosité. Pas moins de 90 % des œufs analysés dépassent les valeurs seuils.L’exposition aux polluants organiques persistants, y compris au cours du développement fœtal, peut avoir des conséquences pour la santé à long terme : augmentation du risque de cancers, troubles de la fertilité, perturbations du système endocrinien ou troubles du métabolisme. Cette alerte en région parisienne est la dernière d’une liste qui s’allonge et concerne une part croissante de nos […]

La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’organisation territoriale et des professions de santé.

Agnès Firmin Le Bodo ministre déléguée chargée de l’organisation territoriale et des professions de santé · HOR #98

Je vous sais très mobilisé autour de ce sujet essentiel et je salue l’amendement que vous avez défendu lors de l’examen du projet de loi de finances pour augmenter de 10 millions d’euros le budget alloué à la prévention des risques liés aux Pfas.Mieux prendre en compte les conséquences du recours aux polluants éternels est une urgence environnementale et sanitaire, les exemples que vous venez de citer en témoignent. Le Gouvernement, en particulier les ministères concernés, est mobilisé. Des mesures ont été prises pour prendre en compte les recommandations émises par l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, pour améliorer le contrôle sanitaire de la qualité des eaux réalisé par les ARS, mais aussi pour renforcer la surveillance et dépasser les objectifs fixés par les directives européennes pour 2026, puisque nous avons décidé […]

La parole est à M. Nicolas Thierry.

Vous n’avez pas répondu à ma question, qui était pourtant simple : comptez-vous mener à l’échelle du territoire des études similaires à celle engagée en Île-de-France ? (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES et sur quelques bancs du groupe SOC.)

Aide humanitaire à Gaza

La parole est à M. Nicolas Turquois.

Madame la Première ministre, beaucoup de nos compatriotes se sentent autant israéliens que palestiniens et nous sommes collectivement meurtris de la situation au Proche-Orient. Le Hamas et ses atrocités du 7 octobre ont plongé ces deux peuples dans un abîme sans fond. Il devra en payer le prix. Le peuple palestinien n’est pas le Hamas, il est la victime collatérale de cette organisation terroriste. Aujourd’hui, des centaines de milliers de femmes, d’hommes et surtout d’enfants sont privés de toit, d’électricité, de nourriture, d’eau, de soins et n’ont aucune possibilité de s’enfuir.

À moins d’être tués !

Les accords de cette nuit constituent le premier pas depuis quarante-six jours vers une accalmie. En échange de la libération de cinquante otages par le Hamas, ce qui est encore trop peu, l’État d’Israël accepterait de cesser ses opérations durant cinq jours. Cet accord doit aussi permettre d’intensifier l’aide humanitaire apportée aux civils palestiniens – c’est important.Madame la Première ministre, où en sont les otages ? Cet accord pourrait-il être un premier acte vers un cessez-le-feu ?D’autre part, comment la France peut-elle agir pour aider les populations civiles en danger, avec quels moyens opérationnels ? Enfin, quelles actions diplomatiques d’envergure pourraient-elles être menées ? Le conflit israélo-palestinien n’a que trop duré. Comme l’a très bien dit mon collègue, le président Bourlanges, nous devons affirmer encore plus haut et encore plus fort la nécessité d’une […]

La parole est à Mme la secrétaire d’État chargée du développement, de la francophonie et des partenariats internationaux.

Chrysoula Zacharopoulou secrétaire d’État chargée du développement, de la francophonie et des partenariats internationaux #116

Dès les attaques terroristes du Hamas, nous avons fait de la libération des otages une priorité. Aujourd’hui, l’espoir est permis car un accord a été trouvé hier pour libérer cinquante d’entre eux. La France est mobilisée pour favoriser ces libérations. Le Président de la République, la ministre de l’Europe et des affaires étrangères ainsi que le ministre des armées se sont rendus dans la région pour se donner toutes les chances d’atteindre ces objectifs. Je tiens à remercier tous les États qui ont participé à l’aboutissement de l’accord : le Qatar, Israël, l’Égypte et les États-Unis.La France a considérablement renforcé son aide à Gaza et nous mobilisons tous les moyens possibles pour soutenir sa population. La France a acheminé plus de 110 tonnes d’aide humanitaire vers l’Égypte. Elle participe également à l’effort européen en embarquant du fret humanitaire sur les vols européens des […]

Aide au retour dans les outre-mer

La parole est à M. Max Mathiasin.

J’associe à ma question les députés ultramarins et ceux de nos collègues qui ont compris le sens de notre combat pour retirer l’article 55 du projet de loi de finances pour 2024. Cet article a déclenché la colère dans nos territoires. Les députés ultramarins ont été reçus ce matin, à leur demande, par M. Gérald Darmanin, ministre de l’intérieur et des outre-mer. Nous lui avons expliqué les effets pervers de cet article qui prévoit une aide à l’installation professionnelle pour tous les actifs, qu’ils soient ou non originaires d’un territoire ultramarin.Nous lui avons rappelé que c’est le Gouvernement, et lui seul, qui a choisi de maintenir cet article en dépit de notre opposition unanime. Nous lui avons demandé de le retirer et il l’a accepté, ce dont nous le remercions.Nous souhaitons en revenir aux mesures prévues dans la proposition de loi no 1159 destinée à renforcer le principe de […]

La parole est à M. le ministre délégué chargé des outre-mer.

Philippe Vigier ministre délégué chargé des outre-mer · Dem #126

Vous posez une question importante, celle du déclin démographique en outre-mer, particulièrement en Martinique et en Guadeloupe. Je ne rappellerai qu’un chiffre : un jeune sur deux, entre 2011 et 2021 a quitté définitivement son pays d’origine, la Martinique ou la Guadeloupe.

Cela s’appelle la France !

Philippe Vigier ministre délégué · Dem #128

C’est pourquoi nous avons prévu ce fameux article 55 au projet de loi de finances pour 2024 afin d’accorder des aides au retour vers les territoires ultramarins. Disons-le sans détour, cet article, qui n’est ni compris, ni accepté, soulève beaucoup d’émotion.Ce matin, à l’initiative de la Première ministre, Gérald Darmanin et moi avons reçu l’ensemble des parlementaires qui nous ont interrogés sur cette question – vous étiez présent, monsieur Mathiasin. Je suis d’ores et déjà en mesure de vous annoncer que nous allons retirer l’article 55. Ensemble, nous sommes convenus, mesdames et messieurs les députés, monsieur le président de la délégation aux outre-mer, qu’une rédaction commune serait élaborée dans le cadre d’une coconstruction entre les parlementaires et le Gouvernement, de manière à vous apporter satisfaction. Nous tiendrons notamment compte, conformément à ce qu’avait souhaité […]

Qu’il est bon, ce Vigier !

Inondations en Savoie

La parole est à M. Vincent Rolland.

Des crues torrentielles ont frappé, après les Hauts-de-France, le département de la Savoie dans la nuit du 14 au 15 novembre dernier. Par chance, aucune victime n’est à déplorer.Permettez-moi de remercier l’ensemble des élus locaux, pompiers, gendarmes, associations de sécurité civile, agents des collectivités ainsi que, bien sûr, tous les bénévoles qui ont prêté main-forte aux sinistrés. (M. Joël Giraud applaudit.)De nombreuses habitations et infrastructures sont néanmoins endommagées. Au niveau de Notre-Dame-de-Briançon, commune de La Léchère, la ligne SNCF entre Albertville et Bourg-Saint-Maurice est coupée – sachant que la voie ferrée l’est également dans la vallée voisine de la Maurienne. Cette rupture des liaisons a évidemment des répercussions immédiates sur les usages quotidiens et suscite de vives inquiétudes quant à la prochaine saison hivernale.Étant donné que l’on dénombre […]

Et la ligne Lyon-Turin !

Madame la Première ministre, pouvez-vous prendre l’engagement que l’état de catastrophe naturelle sera reconnu dans les plus brefs délais, afin de rassurer les nombreuses familles dans le désarroi ? Les enjeux économiques étant considérables, quand sera rouverte la ligne SNCF ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LR.)

La parole est à M. le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Christophe Béchu ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires #141

Vous l’avez dit : dans la nuit du 14 au 15 novembre, une crue de l’Arve a battu le record historique établi le 1er mai 2015 : jamais depuis que l’on mesure ces crues, c’est-à-dire depuis 1904, on n’avait atteint un tel niveau. On a enregistré un débit allant jusqu’à 1 000 mètres cubes par seconde.

Ça, on le sait déjà.

Le phénomène est directement lié au dérèglement climatique : à l’intensité extrêmement forte des précipitations s’est ajouté le fait qu’à cause de la douceur des températures, ce qui aurait dû tomber sous forme de neige est devenu de l’eau, ce qui a accru les dégâts dans la vallée. Vous avez cité les lignes ferroviaires ; je voudrais avoir aussi une pensée, si vous le permettez, pour les maraîchers de Gaillard et les usines de Magland. (Exclamations sur certains bancs du groupe LR.)

C’est en Haute-Savoie, pas en Savoie !

Je veux prolonger ce que vous avez dit, et saluer les investissements réalisés par les collectivités locales et les programmes d’actions de prévention des inondations (Papi) engagés en 2012 et en 2020.Vous me demandez si, compte tenu de l’ampleur de la crue, l’état de catastrophe naturelle sera reconnu. Dans les prochains jours, le ministère de l’intérieur, qui est à la fois chargé d’examiner les dossiers et de piloter la demande de reconnaissance, va examiner la situation de ces territoires. Je viens d’évoquer une crue historique : vous avez une petite idée de la manière dont la commission sera amenée à statuer.De façon encore plus concrète, les maires concernés doivent transmettre les dossiers dans les plus brefs délais afin que la commission puisse se tenir à Beauvau. Nous sommes en train de consolider les hypothèses de réouverture des lignes ferroviaires. Nous avons bien conscience […]

La parole est à M. Vincent Rolland.

Monsieur le ministre, je vous interrogeais sur les vallées de la Tarentaise et de la Maurienne en Savoie, non sur celle de l’Arve en Haute-Savoie ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

Eh oui ! On dirait que vous ne connaissez pas vos départements !

Protection des mineurs dans l’espace numérique

La parole est à M. Laurent Marcangeli.

Madame la Première ministre, le lundi 20 novembre se tenait la Journée internationale des droits de l’enfant.Je sais qu’au-delà de cette date symbolique, un large consensus existe sur ces bancs pour protéger les plus jeunes contre les dangers susceptibles d’entraver le chemin de leur épanouissement. Preuve en a été faite par l’adoption à l’unanimité, le mercredi 28 juin 2023, de la proposition de loi visant à instaurer une majorité numérique et à lutter contre la haine en ligne.Cette proposition de loi, je l’avais déposée avec humilité, en ayant conscience qu’elle ne pourrait pas tout résoudre. Son objectif est simple : permettre aux parents de mieux superviser la vie en ligne de leurs enfants, alors que les utilisateurs de réseaux sociaux sont de plus en plus jeunes et que des études scientifiques soulignent les risques d’une exposition intensive à un âge précoce.Chaque jour, les […]

Très bien !

La parole est à Mme la Première ministre.

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #161

Vous avez raison de le dire : la protection des mineurs dans l’espace numérique est un enjeu majeur, et je tiens à saluer, monsieur le président Marcangeli, le travail remarquable que vous avez effectué dans ce domaine, notamment en étant à l’origine de la loi visant à instaurer une majorité numérique et à lutter contre la haine en ligne. Ce texte protège nos enfants, en interdisant aux mineurs de 15 ans de créer un compte sur un réseau social sans l’autorisation de leurs parents. Ce texte, le Gouvernement l’a soutenu et il a été adopté à la quasi-unanimité de l’Assemblée comme du Sénat.Face au défi de la régulation numérique, c’est avec l’Union européenne que nous pourrons peser et trouver des solutions efficaces. Cette conviction nous rassemble. C’est un dossier que nous avons défendu durant la présidence française du Conseil de l’Union européenne. Après vingt années de tentatives […]

La parole est à M. Laurent Marcangeli.

Merci pour la clarté de votre réponse, madame la Première ministre. J’insiste à nouveau sur l’enjeu de cette action. Ce qui se passe sur les réseaux sociaux est gravissime. Il y a des ingérences étrangères, des violences inacceptables. Il s’agit d’un enjeu de civilisation. Nous devons apporter une réponse forte. (Applaudissements sur les bancs des groupes HOR, RE et Dem.)

Manifestations agricoles

La parole est à M. Grégoire de Fournas.

Ma question s’adresse au ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire.Ces derniers jours, de nombreux villages de France ont vu leurs panneaux retournés par des agriculteurs, qui manifestaient ainsi leur colère contre votre écologie punitive, imposée par la stratégie bruxelloise dite de la ferme à la fourchette, elle-même inspirée par la philosophie décroissante de l’extrême gauche. « On marche sur la tête » : tel est le mot d’ordre proclamé par les agriculteurs dans cette nouvelle forme de mobilisation.Et il est vrai que lorsque vous laissez notre agriculture en concurrence déloyale avec la terre entière et qu’en même temps vous plombez une fois de plus la compétitivité des exploitations en augmentant les taxes sur le gazole non routier (GNR), les produits phytosanitaires ou l’eau, « on marche sur la tête ».Alors que les trois lois dites Egalim et les clauses miroirs ont […]

Vous avez raison, ne faisons rien !

Monsieur le ministre, les agriculteurs ont compris qu’ils n’ont plus rien à attendre de cette majorité pour redresser notre agriculture, mais, compte tenu de leur détresse, pouvez-vous au moins annoncer que vous renoncez à l’augmentation des taxes sur le GNR et sur l’eau ainsi qu’à la hausse de la redevance pour pollutions diffuses (RPD) ? Il s’agit de décisions injustes et d’obstacles insurmontables eu égard à la situation dramatique des exploitations agricoles françaises. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

La parole est à M. le ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire.

Marc Fesneau ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire · Dem #176

Évidemment, on a le droit de dire tout et n’importe quoi sur les sujets agricoles – pardon de le dire ainsi. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et Dem.)D’abord, nous avons fixé dès 2017 un premier cap, au travers de la rémunération. Je ne connais pas un agriculteur qui voudrait qu’on revienne sur les lois Egalim 1 et 2 ou sur la loi Descrozaille, ou loi tendant à renforcer l’équilibre dans les relations commerciales entre fournisseurs et distributeurs.

Exactement ! Personne ne l’avait fait auparavant !

Marc Fesneau ministre · Dem #179

Jusqu’alors, personne n’avait travaillé sur la question de la rémunération. Cela ne veut pas dire qu’il ne subsiste pas des difficultés et qu’il ne faut pas progresser encore dans ce domaine, mais pas un agriculteur ne conteste qu’Egalim a permis aux agriculteurs de voir leurs revenus progresser. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem.)Deuxième cap : celui de la souveraineté de la transition. Certains, comme vous – c’est en tout cas ce que j’ai compris –, voudraient ne rien changer.

Vous avez mal compris, monsieur le ministre !

Marc Fesneau ministre · Dem #182

La meilleure façon de faire disparaître l’agriculture, c’est de ne pas l’adapter et de ne pas lui permettre de faire face à la grande transition liée notamment au dérèglement climatique. Les baisses de production, que vous vivez vous-même dans le vignoble bordelais, sont en partie liées au dérèglement climatique.Pour effectuer cette adaptation, nous avons besoin d’outils de planification.

Et les agriculteurs le savent !

Marc Fesneau ministre · Dem #185

Nous y travaillons, afin de mettre en cohérence nos objectifs et nos moyens.Pour être crédible, il faut en effet des moyens. Or la hausse de plus de 1,3 milliard d’euros des crédits de l’agriculture, vous ne l’avez pas votée –…

Nous n’avons pas eu le droit de la voter !

Vous ne l’avez pas fait !

Marc Fesneau ministre · Dem #189

…ou, du moins, vous ne vous apprêtiez pas à le faire. Jamais les crédits de l’agriculture n’avaient augmenté dans de telles proportions, afin d’engager la décarbonation, d’accompagner les agriculteurs vers des pratiques moins consommatrices de produits phytosanitaires, de faire face aux grandes transitions. Voilà les faits.Il y a aussi ce qui est réalisé à travers le plan Eau. C’est ainsi que nous arriverons à mener la transition à bien.Pour ce qui concerne le pacte et la loi d’orientation et d’avenir agricoles, la Première ministre aura l’occasion de s’exprimer prochainement sur le sujet. Nous serons au rendez-vous, dans la continuité du dialogue que nous avons engagé avec les agriculteurs et du travail que nous avons effectué. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem.)

La parole est à M. Grégoire de Fournas.

Votre politique d’adaptation est une politique de la décroissance et de l’écologie punitive. Je me réjouis d’ailleurs du rejet ce matin, au Parlement européen, du règlement dit SUR sur l’utilisation des pesticides – rejet obtenu grâce aux députés du Rassemblement national. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

La parole est à M. le ministre.

Marc Fesneau ministre · Dem #195

Toujours les mêmes mots et jamais de solution ! Nous, nous en proposons, et nous y travaillons. Et au niveau européen aussi, nous essayons de trouver des positions d’équilibre – je m’attache à le faire. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem.)

Yaël Braun-Pivet president · EPR #196

Nous avons terminé les questions au Gouvernement.

Suspension et reprise de la séance

Yaël Braun-Pivet president · EPR #198

La séance est suspendue.

(La séance, suspendue à quatorze heures quarante-cinq, est reprise à quinze heures, sous la présidence de Mme Élodie Jacquier-Laforge.)

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #201

La séance est reprise.

Commission mixte paritaire

Élodie Jacquier-Laforge president · Dem #205

L’ordre du jour appelle la discussion, sur le rapport de la commission mixte paritaire, du projet de loi portant transposition de l’accord national interprofessionnel relatif au partage de la valeur au sein de l’entreprise (no 1859).La parole est à M. Louis Margueritte, rapporteur de la commission mixte paritaire.

Louis Margueritte rapporteur de la commission mixte paritaire · RE #207

Les dispositifs de partage de la valeur sont conçus pour associer les salariés aux fruits de la croissance des entreprises, étant entendu qu’il faut créer la richesse avant de la redistribuer. Vous le savez, ils sont davantage répandus en France que dans la plupart des États européens. Ils demeurent néanmoins l’apanage des moyennes et, plus encore, des grandes et très grandes entreprises, en dépit des réformes engagées depuis une dizaine d’années pour en accroître la diffusion au sein des petites structures. En 2020, dans les entreprises de 50 à 99 salariés, 39 % des salariés avaient accès à la participation et 25 % à l’intéressement, tandis que, dans les entreprises de 1 000 salariés et plus, 70 % des salariés avaient accès à l’un comme à l’autre dispositif. Les marges de progrès sont bien réelles.C’est donc très opportunément et très pertinemment que notre assemblée s’apprête à […]

La parole est à M. le ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion.

Olivier Dussopt ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion · RE #221

Le Gouvernement accueille avec une grande satisfaction l’accord trouvé en commission mixte paritaire sur la transposition de l’ANI du 10 février dernier relatif au partage de la valeur. De son point de vue, c’est même une double satisfaction, non seulement pour le dialogue social mais aussi pour la démocratie parlementaire. Les deux assemblées se sont illustrées par leur sens du dialogue et de la responsabilité. C’est ce qui mène à cette transposition réussie, qui trouve un équilibre entre l’écoute du dialogue social et le respect de la compétence du législateur. Ce succès doit beaucoup à la qualité des discussions parlementaires, et je tiens plus particulièrement à saluer le travail accompli par le rapporteur, M. Louis Margueritte, en lien avec sa collègue du Sénat.Ce projet de loi répond à deux demandes majeures des Français : une action en faveur du pouvoir d’achat et la […]

Motion de rejet préalable

J’ai reçu de Mme Mathilde Panot et des membres du groupe La France insoumise-Nouvelle Union populaire, écologique et sociale une motion de rejet préalable déposée en application de l’article 91, alinéa 5, du règlement.La parole est à Mme Aurélie Trouvé.

Eh oui, voici encore une motion de rejet de La France insoumise ! Mais vous allez vite comprendre pourquoi nous ne cessons de vouloir rejeter les textes désastreux de ce gouvernement. Cette fois-ci, je vais revêtir mes anciens habits de professeur d’économie et vous faire un cours d’économie macroniste, que j’ai intitulé « L’Horreur économique ». (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – Exclamations sur divers bancs.) C’est le titre d’un excellent bouquin de Viviane Forrester – je le précise à l’attention de ceux qui ne le connaîtraient pas.

Donneurs de leçons !

Ce cours d’économie macroniste est en trois chapitres. Abordons le premier : « à quoi ressemble cette horreur économique ? » Depuis maintenant six ans et demi, le Gouvernement dépèce méthodiquement la protection sociale que nous avons mis cinquante ans à construire ; il le fait à coups de rabotage des cotisations sociales, de la durée de la retraite et des indemnisations chômage. Il détruit un à un les mécanismes de redistribution des richesses, à commencer par l’impôt sur la fortune, qu’il a supprimé. Il accorde à tour de bras des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises, le dernier étant la suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), qui coûtera à terme 15 à 16 milliards d’euros par an – une folie !

Un scandale !

En fait, la Macronie est convaincue que gouverner un pays revient à manager un open space. L’horreur économique qui résulte de ces six ans et demi de macronisme est totalement à l’opposé de ce qui nous a été promis en 2017. La zone euro est en quasi-stagnation et la politique de taux d’intérêt ultra-élevés imposée à Francfort étouffe la reprise. Or la France dit « amen » à cette politique monétaire désastreuse.Elle l’accompagne en plus d’une politique d’austérité budgétaire elle aussi absolument désastreuse. Le 1er décembre, nous nous attendons à ce que Standard & Poor’s, l’agence de notation financière, abaisse à nouveau la note de la France. Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, nous dira alors qu’il faut encore serrer la vis.

Comme avec votre texte sur les retraites !

Est-ce une fatalité ?

Non !

Eh bien non ! Les États-Unis ont fait un choix tout à fait différent de relance budgétaire.

Même les États-Unis !

Leur choix débouche sur 6 % de croissance par rapport à l’avant-crise et une demande interne très dynamique. En France, la croissance est de 0,9 % cette année, 0,8 % l’an prochain. Côté emploi, la France vient de passer de 2,2 à 2,3 millions de chômeurs.

Eh oui !

Il faut nous comparer à la moyenne de l’Union européenne.

L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) prévoit 2,5 millions de chômeurs l’an prochain. Pourraient y être ajoutés les 2 millions de chômeurs inclus dans le halo du chômage. Le tout dans un contexte de précarisation croissante du travail, où le nombre de CDI diminue tandis que les CDD et les contrats d’intérim ne cessent de croître.

Non !

Olivier Dussopt ministre · RE #255

C’est faux !

Les macronistes se disaient les champions du travail, certains que les Français n’étaient qu’une bande de paresseux qu’il était possible de remettre vite fait au travail.

Olivier Dussopt ministre · RE #257

La seule paresse, c’est celle dont vous faites preuve.

Mais voilà, le chômage reprend et va s’accroître.Côté pouvoir d’achat, il baisse pour toutes les classes sociales, à l’exception des plus riches. On se demande, là aussi, s’il s’agit d’une fatalité. Eh bien, non ! En Belgique, où les salaires sont indexés sur l’inflation – ce que nous avons proposé à maintes reprises et que vous avez toujours rejeté –, les salaires réels ont augmenté de 2,9 % en un an ; ils ont diminué de 2 % en France.Côté inflation, nous sommes très loin de la sortie de la crise inflationniste annoncée par le ministre Bruno Le Maire. En deux ans, les prix de l’alimentation ont augmenté de 20 %, ceux l’essence de 15 %. Et les prix continuent d’augmenter, plongeant tout une partie de la classe moyenne dans la pauvreté.Voilà la conséquence de la démission totale des ministres Bruno Le Maire et Olivia Grégoire face aux multinationales de la transformation et de la […]

Vous êtes économiste, mais vous ne savez pas faire la différence entre marge et revenu !

Une fatalité, là encore, l’inflation ? La réponse est aussi dans les chiffres : tandis que la France a, selon Eurostat, un taux d’inflation de 4,5 %, la plupart des pays de la zone euro atteignent des niveaux bien plus faibles. Certains parviennent même à baisser les prix. C’est le cas, là encore, de la Belgique.

Ah, la Belgique !

Oui, la Belgique a fait baisser les prix de 1,7 %. Eh oui, c’est possible !

Vous appréciez la droite flamande ?

Pour compléter cette horreur économique, les difficultés des TPE et PME sont croissantes, en raison, notamment, de l’explosion des prix de l’énergie. Nous vous avons pourtant sans cesse proposé de les plafonner. Manifestement, la politique macroniste ne sert que les intérêts des entreprises multinationales. L’horreur économique n’est pas pour tout le monde. J’en arrive au chapitre 2.« Qui profite de cette horreur ? » Les dividendes versés aux actionnaires sont au top. Ils vont même atteindre un nouveau pic cette année. Sur ce point, au moins, la France est l’un des meilleurs performeurs de l’Union européenne. Nos concitoyens, qui galèrent pour payer leurs factures de chauffage, seront ravis de savoir qu’Engie fait partie du peloton de tête du versement des dividendes. Il en est de même pour Axa, ce qui devrait enchanter celles et ceux qui paient des primes d’assurance toujours plus […]

Sur la motion de rejet préalable, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouvelle Union populaire, écologique et sociale d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.Nous en venons aux explications de vote.La parole est à Mme Félicie Gérard.

Ce projet de loi relève du bon sens.

Ah ! Le fameux bon sens !

Il vise à mieux rémunérer les salariés, à aider nos chefs d’entreprise et à répartir de manière plus juste la valeur créée. Quelle surprise de voir déposer une motion de rejet sur un tel texte ! Peut-être est-elle déposée par principe.

Rejeter ce texte nuirait aux entreprises et aux salariés et serait irrespectueux de leur dialogue. Le projet de loi transpose à un accord signé par les partenaires sociaux. S’y opposer revient donc à refuser le résultat du dialogue social.

Ah !

Et les retraites ?

Ceux qui soutiennent cette motion iront expliquer aux salariés qu’ils ne pourront plus bénéficier de la prime de partage de la valeur.

Exactement.

Ils iront dire aux salariés de notre pays qu’ils ne pourront pas bénéficier de la participation, de l’intéressement et de tous les dispositifs essentiels à l’attractivité de nos entreprises et à l’augmentation de la rémunération des salariés.

Ils veulent des augmentations de salaire !

Cette motion de rejet préalable n’a aucun autre intérêt que de retarder l’adoption d’un texte essentiel pour l’attractivité des entreprises et la juste rétribution des salariés. Le groupe Horizons et apparentés votera résolument contre cette motion de rejet préalable opportuniste et incohérente. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

La parole est à Mme Eva Sas.

Eva Sas EcoS #290

Nous partageons, avec nos collègues de La France insoumise, le double constat que ce texte n’est pas à la hauteur de l’enjeu, et que le premier instrument de partage de la valeur devrait être l’augmentation des salaires, en particulier dans cette période inflationniste. Pour autant, nous ne pouvons pas ignorer que ce texte est le fruit d’un accord national interprofessionnel.

Eva Sas EcoS #292

Dans notre pays, où la démocratie parlementaire est tant mise à mal, nous avons la responsabilité de respecter la démocratie sociale à laquelle, nous, écologistes, sommes très attachés.

Très bien, madame Sas !

Eva Sas EcoS #294

Nous croyons à la démocratie sociale, nous souhaitons même renforcer le rôle des syndicats dans notre pays. Pour cette raison, nous nous abstiendrons sur cette motion de rejet.

C’est bien.

Quel courage…

La parole est à M. Pierre Dharréville.

J’ai entendu dire, il y a quelques instants, que ce texte était essentiel. Il ne faut pas se payer de mots en la matière. Ses effets positifs seront très minimes et il aura également des effets négatifs que vous escamotez rapidement. La discussion, suscitée par le Gouvernement sur ce sujet, s’est déroulée dans un cadre très contraint. Les organisations syndicales ont été empêchées d’échanger sur l’ensemble du sujet du « partage de la valeur ». Nous aboutissons à un résultat qui n’est bouleversant pour personne, y compris pour celles et ceux qui ont signé l’accord. Toutes et tous ne l’ont d’ailleurs pas signé. Nous émettons notre avis sur le résultat de cette discussion, impulsée par le Gouvernement, qui s’est placé d’un certain côté du rapport de force, et qui a abouti à l’accord que nous examinons.Pour notre part, nous tenons à envoyer un autre signal. Ce n’est pas de cette façon que […]

Je ne reconnais plus les communistes !

La parole est à M. Charles de Courson.

Le groupe LIOT est favorable à la démocratie sociale, et au dialogue social. Il est vrai que l’accord n’a pas été unanime, mais à l’exception de la CGT, toutes les confédérations l’ont signé. Nous sommes pour le respect des décisions très majoritaires des partenaires sociaux. Respectons le dialogue social de ceux qui ont réussi, après de longues négociations, à aboutir à cet accord qui nécessite une transposition législative. Nous voterons donc contre cette motion de rejet.

La parole est à M. Didier Le Gac.

Le groupe Renaissance est très attaché à ce texte de transposition de l’accord national interprofessionnel relatif au partage de la valeur au sein de l’entreprise. Cet accord entre les partenaires sociaux est historique. En matière de partage des profits, il est le plus ambitieux depuis cinquante ans. Le texte transpose fidèlement l’accord signé le 10 février 2023 par la quasi-totalité des partenaires sociaux : le Medef, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), l’Union des entreprises de proximité (U2P) pour les organisations patronales ; la Confédération générale des cadres (CGC), Force ouvrière (FO) et la CFDT pour les organisations salariales.Près de 1,5 million de salariés seront concernés par les avancées du texte, notamment par sa mesure phare, la généralisation de la participation pour les entreprises de moins de 50 salariés. Grâce à ce texte consensuel, le […]

Depuis quand les organisations syndicales vous intéressent ?

Notre groupe votera contre cette motion de rejet qui va à l’encontre de l’intérêt des salariés…

Vous ne manquez pas de souffle !

Menteur !

…et qui s’oppose au paritarisme dans notre modèle social. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE, sur quelques bancs du groupe Dem et HOR.)

La parole est à M. Frédéric Cabrolier.

Nous aussi, nous voterons contre cette motion de rejet.

Leur soutien ne vous dérange pas, cette fois ?

Ce texte transpose dans la loi une majorité des trente-cinq articles de l’accord national interprofessionnel…

Ce sont les salariés qui comptent !

…qui a été voté par la quasi-totalité des organisations syndicales, à l’exception de la CGT, et par les organisations patronales. Nous voulons rester fidèles à ce qui a été négocié.

Allez-y, votez ensemble !

S’il vous plaît, madame la présidente Fiat.

Je ne recommencerai pas, ou du moins, pas tout de suite.

Madame Trouvé, il ne s’agit pas d’économie mais de pratique. Les salariés attendent des améliorations.Certaines mesures, il est vrai, posent problème, comme le nouveau plan de valorisation de l’entreprise qui peut concurrencer l’actionnariat salarié dans les sociétés cotées. De même, le partage de la valeur ne doit pas se faire au détriment de l’augmentation des salaires. À l’avenir, il faudra bien distinguer les deux négociations.

Plus tard ! Toujours plus tard !

Enfin, le texte ne contient aucune disposition pour lutter contre la fraude fiscale, évaluée à 40 milliards d’euros, qui grève la participation des salariés.

Vous êtes des spécialistes !

Toutefois, le projet de loi va dans le bon sens. Il permet d’étendre la participation aux entreprises de moins de 50 salariés, de reverser aux salariés une partie des bénéfices exceptionnels de leur entreprise et de développer l’actionnariat salarié dans le capital des entreprises françaises, ce qui renforcera la souveraineté industrielle et économique de notre pays. Nous rejetterons donc cette motion de rejet préalable. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

La parole est à Mme Marianne Maximi.

Ce projet de loi relatif au partage de la valeur porte bien mal son nom. On a beau chercher, on ne voit pas en quoi il fera que la valeur sera mieux partagée.

On se demande qui, parmi vous, a créé de la valeur…

C’est, en réalité, un texte qui facilite le versement des primes. Mais quels salariés, dans notre pays, demandent des primes, quand les salaires augmentent deux fois moins vite que l’inflation sur un an, quand cela fait vingt ans que les salaires stagnent et que les rémunérations se concentrent de plus en plus autour du Smic ? Pensez-vous vraiment que ce sont les primes qui régleront le problème ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Les primes ne sont ni obligatoires, ni régulières ; elles sont une rémunération flexible, quand l’employeur le veut bien. Ce n’est pas du partage de la valeur quand les primes sont aussi exonérées de cotisations sociales, ce qui vide les caisses de la sécurité sociale. (Mêmes mouvements.) Ce n’est pas du partage de la valeur quand les primes se substituent à hauteur de 30 % au salaire. Ce n’est pas non plus du partage de la valeur quand, en […]

C’est vous qui nous faites la leçon !