Séance du 27 mai 2025 — 217e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Tours 1 à 200 sur 612 — page 1 / 4.
La séance est ouverte.
(La séance est ouverte à quinze heures.)
Chers collègues, je suis heureuse de souhaiter en votre nom la bienvenue à une délégation du parlement d’Estonie, conduite par M. Kristo Enn Vagga, président du groupe d’amitié Estonie-France. (Mmes et MM. les députés et les membres du gouvernement se lèvent, se tournent vers les tribunes du public et applaudissent longuement.)
L’ordre du jour appelle les questions au gouvernement.
La parole est à M. Boris Vallaud.
Monsieur le premier ministre, le spectacle est triste, la situation, grave, et la bascule, vertigineuse…Un socle commun – manifestement de connivence avec votre gouvernement – fait alliance avec le Rassemblement national pour voter le rejet d’un texte que – pourtant – il défend, non pour lui faire échec mais pour interdire tout débat démocratique aux députés et le faire adopter discrètement par la droite sénatoriale (Protestations sur les bancs du groupe RN) ;…
Il fallait venir ! Où étiez-vous ?
…des parlementaires préfèrent l’obscurité du huis clos à la lumière de l’hémicycle ; sans doute pour lancer sa campagne présidentielle aux pieds des tracteurs bloquant l’Assemblée nationale, un ministre de l’intérieur témoigne un soutien déplacé aux manifestants faisant pression sur le Parlement (Mme Ayda Hadizadeh applaudit) ; la presse nous rapporte qu’en visite dans le Tarn-et-Garonne, la ministre de l’agriculture appelle les agriculteurs à cibler les élus de gauche, c’est-à-dire incite à la violence politique. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)
La honte !
Scandaleux !
Nous pensions la démocratie menacée à ses marges ; la voici menacée en son cœur !Une loi démagogique, dangereuse et inefficace, mettant en cause l’autorité de la science, la santé humaine…
Ce n’est pas ce que dit l’Anses !
…et, en définitive, l’avenir même de l’agriculture, fracture la société qui ne demande qu’à faire bloc derrière ses paysans. Voilà où nous en sommes, monsieur le premier ministre !Nous refusons cet agenda du désastre annoncé, désastre économique, écologique, agricole, désastre sanitaire, démocratique et, en définitive, désastre moral.Nous sommes, et resterons, une force de proposition (Rires sur les bancs des groupes RN et UDR) pour réconcilier écologie et agriculture, agriculteurs et société. Nous sommes, et nous resterons, une force de proposition pour réconcilier notre pays et faire face aux défis du monde. (Mêmes mouvements.) Nous sommes, et nous resterons, les vigies de notre bien commun – qui n’est pas la propriété des bancs de cet hémicycle : l’État de droit et notre démocratie. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur plusieurs bancs du groupe EcoS. – M. Stéphane Peu […]
Donneur de leçons !
La parole est à M. le premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique.
Puis-je vous rappeler que la motion de rejet a été votée, non par le gouvernement, mais par l’Assemblée nationale ?
Ce sont vos soutiens !
Vous savez très bien que l’Assemblée nationale l’a votée pour parer la tentative de blocage…
Menteur !
Vous êtes de droite !
…destinée, grâce à la multiplication d’amendements – des milliers – à faire en sorte que ce texte ne puisse être examiné. (« Honteux ! » sur plusieurs bancs du groupe SOC.)
C’est faux !
Vous connaissez bien les motions de rejet puisqu’en décembre 2023, vous avez vous-même fait adopter une motion de rejet (M. Philippe Vigier applaudit.)…
Pas sur nos textes !
…afin que la loi « immigration » ne puisse être débattue.Ma conviction personnelle – puisque c’est moi que vous interrogez – c’est que la manière dont nous organisons les choses n’est ni durable…
« Durable », il faut oser !
…ni responsable. Nous devons trouver une façon d’organiser les dialogues et les débats pour que le Parlement puisse pleinement jouer son rôle et ne soit pas entièrement bloqué par tel ou tel groupe qui dépose des milliers d’amendements.Je rappelle – mais vous le savez très bien – qu’à raison de trois minutes par amendement, les 3 500 qui ont été déposés représentaient quinze jours pleins de débats. (Protestations sur les bancs des groupes SOC et EcoS.)
C’est faux !
M. Vallaud aura du temps, avec la veste qu’il va se prendre !
Ces quinze jours de débats auraient empêché l’examen du texte sur la simplification de la vie économique, du texte sur Mayotte et, peut-être, du texte sur le statut des élus.Avec une telle méthode, nos concitoyens voient blocage sur blocage et se détournent de la manière dont vous débattez.
Travaillez le week-end !
Je vous donne l’assurance que le gouvernement n’exerce aucune pression sur les élus.
Si !
Je ne l’ai jamais accepté et je ne l’accepterai jamais. La ministre de l’agriculture, n’a pas demandé de cibler tel ou tel ; elle a demandé aux agriculteurs d’expliquer…
Comme ça ! (M. Dominique Potier fait un geste évoquant un revolver sur la tempe.)
…à leurs élus quel était le texte. (Protestations et « Ce n’est pas vrai ! » sur les bancs des groupes SOC et EcoS.) C’est la moindre des choses ! Vous le faites aussi, que je sache. C’est ce que nous faisons tous ! Les élus sont les représentants du peuple et il est normal que le peuple parle avec eux, sans pression. Voilà la raison pour laquelle – cela n’est pas la première fois que je le dis – je pense que nous devons trouver…La présidente de l’Assemblée nationale a essayé de faire retirer des amendements…
Nous avons dit : « oui » !
…– déposés par un autre groupe que le vôtre – mais ces groupes ont refusé. (Protestations sur les bancs du groupe EcoS.)
Vous avez le nez qui pousse ! (Mme Dominique Voynet mime le nez de Pinocchio.)
La situation (Brouhaha sur les bancs des groupes SOC et EcoS)…
S’il vous plaît, un peu de silence !
…doit nous permettre de trouver un jour des manières nouvelles d’examiner les textes. (M. Philippe Vigier applaudit.)
La parole est à M. Boris Vallaud.
Nous avons le devoir de débattre démocratiquement dans la lumière et sous le regard des citoyens et non dans le huis clos d’une commission mixte paritaire. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur plusieurs bancs du groupe EcoS. – Protestations sur les bancs des groupes RN et DR.)
La parole est à Mme Alexandra Masson.
Monsieur le ministre de l’intérieur, commandé par votre propre ministère, le rapport sur les Frères musulmans en France dresse le portrait accablant d’une offensive islamiste organisée, structurée, infiltrée dans nos écoles, nos associations, nos institutions et jusque dans certains quartiers de notre République. (Exclamations sur les bancs des groupes SOC et EcoS.)Ce rapport parle de faits documentés, vérifiés par les services de renseignement qui établissent l’existence (Mêmes mouvements. – Mme la présidente tape sur son pupitre pour demander le silence) d’une stratégie de conquête, de contournement des lois et d’entrisme idéologique à grande échelle.En résumé, comme le dénonce depuis des décennies le Rassemblement national, la République est infiltrée et minée de l’intérieur.D’où mes questions : souhaitez-vous vraiment faire de la lutte contre ces idéologies une priorité pour tous ? […]
Où est-elle ?
…il y a plus de quatre ans et visant à combattre les idéologies islamistes ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
Marine Le Pen, en prison !
La parole est à M. le ministre d’État, ministre de l’intérieur.
Ce rapport – que j’ai trouvé sur mon bureau en arrivant à Beauvau – a été commandé par les trois ministères de l’intérieur, des affaires étrangères et des armées.
Où se trouve la version intégrale du rapport ?
Il souligne très clairement l’existence d’une menace pesant à la fois sur notre tissu associatif, sur les institutions républicaines et sur la cohésion nationale. Face à cette menace, il faut naturellement réagir et nous le ferons en agissant dans trois directions.En premier lieu, il est important que l’État se réorganise parce que nous ne parviendrons pas à lutter contre l’entrisme islamiste si nous n’avons pas les bons outils, notamment en matière de renseignement. Ainsi, – un peu à l’image de ce que nous avons fait en matière de terrorisme et assez précisément dans la lignée de ce que nous avons fait pour lutter contre le narcotrafic – nous allons réorganiser l’État en créant une sorte d’état-major autour du renseignement territorial et une espèce de parquet pour la police administrative.
C’est la police de la pensée !
Il s’agit de développer les entraves à l’encontre des entrismes dans notre tissu associatif.La deuxième piste est celle d’un arsenal pour mieux tracer les circuits financiers, revoir le régime d’autorisation des ouvrages illicites, notamment étrangers, et faire en sorte que la dévolution de biens d’associations dissoutes ne puisse s’opérer au profit de terres étrangères.Enfin, nous avons une stratégie informationnelle. Face à cette tactique de dissimulation qu’utilise l’entrisme islamiste, il faut pratiquer la transparence. Nous l’avons fait en publiant le rapport sur l’entrisme islamiste.
Vous ne l’avez pas publié !
Nous le ferons en formant les fonctionnaires, notamment les préfets, mais aussi en progressant dans la connaissance de ces mouvements islamisme par le biais, notamment, du savoir universitaire.Croyez-moi, nous ne tergiverserons pas et notre main sera très ferme pour lutter contre ce que je considère comme une atteinte au tissu associatif, à la cohésion nationale et à la forme républicaine de nos institutions ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe DR.– M. Mathieu Lefèvre applaudit également.)
C’est mou du genou !
La parole est à Mme Alexandra Masson.
Vous le savez mieux que personne : la réponse ne peut être que législative ; elle doit être concrète.Je vous le demande à nouveau : inscrivez à l’ordre du jour la proposition de loi de Marine Le Pen ! Elle répond à toutes les questions posées dans ce rapport et constitue la seule solution pour avancer concrètement. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
Pourrions-nous avoir moins de bruit dans l’hémicycle ? Le brouhaha constant gène les orateurs et les ministres. Je vous remercie de faire silence.
La parole est à M. Benoît Biteau.
Mon propos s’adresse à M. Arnaud Rousseau, président de la FNSEA. (Rires sur plusieurs bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.) Hier, vous êtes venu avec quelques dizaines de syndiqués munis de tracteurs devant le Palais-Bourbon pour vous assurer qu’une majorité de députés voterait pour le contournement de l’examen de la proposition de loi Duplomb à l’Assemblée nationale.Votre corporatisme a séduit une grande partie du gouvernement, à commencer par Mme la ministre de l’agriculture qui n’existe qu’à travers vous. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et GDR ainsi que sur plusieurs bancs du groupe SOC.)
Il ne faut pas répondre, madame la ministre !
Votre corporatisme rencontre cependant quelques limites, même au sein du gouvernement. Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, se dit elle-même « contre la réintroduction des néonicotinoïdes ».
C’est vrai que ce n’est pas très solidaire !
Il rencontre également des limites au sein de la profession agricole. Quand vous vous réjouissez des avancées de ce texte,…
On a surtransposé il y a quatre ans !
…la Confédération paysanne, les agriculteurs bio et les apiculteurs dénoncent, eux, une loi mortifère au service des intérêts de l’agro-industrie. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et SOC.)Madame Genevard, vous qui voulez faire adopter un texte obscurantiste, contre la science, contre l’Anses, contre la santé publique et pour préserver les intérêts d’agro-managers, pensez-vous vraiment être du côté du progrès, de l’agriculture de demain et des attentes sociétales ? (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC ainsi que sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. Édouard Bénard applaudit également.)
La parole est à Mme la ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Comment aborder cette question ?
On se le demande !
Tout d’abord, les organisations professionnelles sont des corps intermédiaires et je dialogue constamment avec les cinq organisations syndicales agricoles. Par conséquent, ne m’accusez pas d’être la porte-parole de tel ou tel – un procès fait, invariablement, à tous les ministres de l’agriculture.
Et les menaces ? Il y a eu des pressions !
Par ailleurs, de tous les députés, vous êtes celui qui a déposé le plus d’amendements sur ce texte. (Les députés des groupes LFI-NFP et EcoS ainsi que Mme Elsa Faucillon se lèvent et applaudissent en se tournant vers M. Benoît Biteau.) Dès lors, vous ne devez pas vous étonner ! Comme le disait Bossuet, on ne saurait déplorer les effets dont on chérit les causes. Vous avez voulu empêcher ce texte d’aller jusqu’au bout de son parcours (« Non ! » sur plusieurs bancs du groupe EcoS), vous en payez les conséquences.Sur le fond, je vous rappelle que ce texte d’initiative sénatoriale, très attendu par les agriculteurs (Mmes Christine Arrighi et Sandra Regol s’exclament), a fait l’objet d’un travail très précis…
Il y a des ministres qui sont gênés !
…avec ma collègue ministre de la transition écologique.
Elle n’est pas d’accord avec vous !
La position du gouvernement sur ce texte est celle qui a été défendue hier par plusieurs députés.
C’est celle de la FNSEA !
Je suis trop respectueuse de la séparation des pouvoirs et du travail parlementaire (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe DR. – Huées sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS) pour ne pas vous rappeler qu’une majorité de députés a choisi d’adopter cette motion de rejet pour que le texte aille jusqu’au terme de son parcours et qu’ainsi la démocratie puisse s’exercer.
Madame la ministre, je vous remercie.
J’ai toujours invité les agriculteurs et les parlementaires à dialoguer… (Mme la présidente coupe le micro de Mme la ministre dont le temps de parole est écoulé. – Les députés du groupe DR applaudissent cette dernière.)
Excellent !
La parole est à M. Benoît Biteau.
L’agriculture est un secteur stratégique parce qu’il s’agit aussi de l’alimentation de tous, de l’eau que nous buvons chaque jour, de l’air que nous respirons à chaque instant et de la santé de tous nos concitoyens (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC ainsi que sur quelques bancs du groupe GDR), y compris des agriculteurs, de plus en plus victimes de maladies professionnelles.Pour toutes ces raisons, nous devons sortir des logiques corporatistes et envisager ces questions dans le cadre d’un véritable débat de société – une société que vous pouvez croiser hors de ces murs et qui a des choses à vous dire.Vous êtes ministre de l’agriculture, de tous les agriculteurs et tous les Français – pas de la FNSEA. (Mme Dominique Voynet se lève et applaudit. – Les autres députés du groupe EcoS ainsi que ceux des groupes LFI-NFP et SOC applaudissent également.) Choisissez […]
La parole est à M. Erwan Balanant.
J’associe à cette question ma collègue Perrine Goulet. La semaine dernière, devant le tribunal de Vannes, les victimes du médecin Joël Le Scouarnec ont dénoncé le silence de la société mais aussi, plus grave encore, celui du monde politique face à ce qu’elles avaient vécu et face à sa propre responsabilité – notre responsabilité.Ayons une pensée pour les victimes et pour leurs souffrances indélébiles, dans leur corps et dans leur âme. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur plusieurs bancs des groupes EPR, LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.) Nous ne pouvons tolérer que des abus sexuels aient pu être perpétrés de manière sérielle sans qu’aucune véritable mesure ait été prise et – ce qui est encore pire – par un individu qui avait déjà été condamné en 2005 pour recel d’images pédopornographiques.Le parquet a requis il y a quelques jours la peine maximale. Le verdict doit être rendu […]
Très bien !
…bref, partout où nos enfants devraient se sentir protégés. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.)Toutes ces victimes sont légitimes à dénoncer l’invisibilisation. Nous en portons notre part de responsabilité.En notre nom à tous, je tiens à leur présenter nos excuses (Mme Maud Petit se lève et applaudit. – Les autres députés du groupe Dem applaudissent également), à leur demander pardon et à les assurer que nous les entendons et qu’elles ne sont plus seules. Ces affaires ne doivent pas être passées sous silence.Pour que cette promesse ne soit pas vaine, comment garantir que notre société ait les moyens d’écouter, de croire et d’accompagner les victimes ? Comment le gouvernement compte-t-il se mobiliser en matière de lutte contre toutes les violences faites aux enfants et nous assurer d’un « plus jamais ça » ? (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur plusieurs bancs […]
La parole est à M. le ministre d’État, garde des sceaux, ministre de la justice.
Demain sera rendu le verdict dans l’affaire Le Scouarnec, un procès hors normes qui se tient dans les locaux d’une université. Vous le savez, tous les moyens ont été déployés afin d’accompagner les victimes avant, pendant et, demain, après le procès. Avec quelque 220 parties civiles, ce procès, qui a duré plusieurs semaines, a touché toute la société et l’ensemble de l’opinion.Il représente, pour le ministère de la justice, un coût – 1 million d’euros – mais aussi un défi pour l’avenir : comment écouter davantage la parole des enfants ? Cette question se pose pour les policiers et les gendarmes, qui travaillent sous l’autorité des procureurs de la République, et pour les magistrats, mais aussi, vous l’avez dit, pour toute la société. Je pense au monde médical, qui pourrait signaler davantage de cas, aux problèmes liés au secret de la confession ou encore aux difficultés observées dans […]
Dans d’autres contextes aussi ! Vous en savez quelque chose, monsieur Darmanin ! (Vives protestations sur plusieurs bancs des groupes EPR, DR et Dem.)
Ne pourriez-vous pas vous taire pour une fois et écouter M. le ministre ? Pour les victimes, vous devriez avoir honte !
En cette période particulière, un peu de dignité pourrait nous aider ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, DR et Dem. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)Il faut procéder à des changements législatifs – et ce sera fait. Je pourrais citer la mesure visant à rendre la prescriptibilité glissante pour les victimes de violences – un travail mené par la ministre Aurore Bergé dans le cadre de sa proposition de loi. Ce même texte, que soutient la Chancellerie, prévoit aussi une peine de trente ans de prison en cas de viols sériels, peu importe que cinq ou cent viols aient été commis – le procureur de la République a requis vingt ans dans l’affaire Le Scouarnec.Des changements profonds doivent être opérés en matière d’accueil des victimes mais aussi, plus largement, dans la société. Nous attendons beaucoup du verdict de l’affaire Le Scouarnec. […]
La parole est à Mme Manon Meunier.
Madame la ministre de l’agriculture, savez-vous ce qu’est le courage ? C’est ce que vous n’avez pas eu hier en acceptant un 49.3 déguisé (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS) sur la loi Duplomb pour priver l’Assemblée nationale d’un débat sur un sujet aussi fondamental que la souveraineté alimentaire de la France.
Obstruction !
Vous avez eu peur que nous révélions la véritable intention de votre texte. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Non, il ne concerne pas la majorité des agriculteurs : seuls 65 des 63 000 élevages bovins en France sont visés. Son seul effet sur l’élevage, c’est l’accélération de l’agrandissement des exploitations (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs du groupe EcoS),…
Exactement !
…toujours plus difficiles à transmettre – à l’image de ces 65 élevages – et bien souvent tenues par l’agro-industrie.Vous allez me rétorquer que c’est pour assurer la souveraineté alimentaire de la France.
Madame préfère le sucre brésilien !
Or la souveraineté alimentaire, ce ne sont pas des élevages développés par des firmes qui exportent massivement pour leurs profits (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS), des élevages agro-industriels hyperconsommateurs de matières premières importées : engrais, matériaux, alimentation animale ou encore énergie.La souveraineté alimentaire, c’est accepter de protéger celles et ceux qui nous nourrissent en France,…
Justement !
…et arrêter de considérer l’agriculture comme une variable d’ajustement sur les marchés mondiaux. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs des groupes EcoS et GDR.) C’est d’abord et avant tout le droit d’un peuple à décider de son système alimentaire pour lui-même et à refuser l’emploi d’un pesticide comme l’acétamipride, dangereux pour l’environnement et pour la santé – en premier lieu celle des agriculteurs. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)Alors oui, j’espère que vous avez honte, madame. Honte d’avoir privilégié le scénario selon lequel l’avenir de notre agriculture serait décidé à huis clos par sept députés et sept sénateurs. Honte de céder aux pressions d’Arnaud Rousseau qui ne prie que pour ses propres intérêts financiers. (Mêmes mouvements.) La souveraineté alimentaire, quand on est à votre […]
La parole est à Mme la ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire.
La souveraineté alimentaire est fondamentale. C’est la liberté d’un peuple, son autonomie. Le jour où il n’y aura plus, dans notre assiette, que des produits importés, vous serez les premiers à pleurer. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR et sur quelques bancs des groupes EPR et HOR.)Puis-je vous rappeler quelques chiffres ? En 2000, en matière de volailles, nous étions souverains à 149 %. Aujourd’hui, seul un poulet sur deux consommé en France y est élevé. (« À cause de vous ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)La souveraineté alimentaire, c’est ne pas se satisfaire qu’un fruit ou un légume sur deux ne soient pas produits dans notre pays. C’est une arme géostratégique que des ennemis sont prêts à activer contre un peuple agressé, comme on le voit avec le conflit russo-ukrainien.La souveraineté alimentaire,…
Vous l’avez détruite !
…c’est prévoir l’avenir, préserver et sauvegarder les assiettes de nos enfants.Vous donnez des leçons mais ne connaissez pas la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui. (Mme Nicole Le Peih applaudit. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)
Hors-sol, les Insoumis !
Notre souveraineté alimentaire est gravement menacée.Par ailleurs, vous expliquez que l’agroalimentaire, c’est de l’agrobusiness – vous n’avez que ce mot à la bouche. Or là où il y a transformation, il y a production. S’il n’y a pas de transformation, il n’y a pas de production. J’en veux pour preuve le blé dur : le fait que nous ne le transformions pas pose un problème.Vous avez tort : l’agroalimentaire emploie 350 000 personnes dans notre pays, essentiellement dans les territoires ruraux. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR et sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.) Cette industrie remarquable a fait énormément d’efforts pour économiser l’eau et l’énergie et pour contractualiser avec les producteurs.Vous devriez défendre l’agroalimentaire parce qu’il sert la production agricole. Or vous ne le savez pas, vous ne voulez pas le voir.
Manon Meunier sait de quoi elle parle !
Vous vous contentez de mantras qui ne correspondent en rien à la réalité. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – MM. Romain Daubié et Philippe Vigier applaudissent aussi.)
La parole est à M. Stéphane Peu.
Il y a vingt ans, presque jour pour jour, le peuple français s’exprimait pour la dernière fois par référendum.
C’est vrai !
Le 29 mai 2005, il rejetait massivement le traité constitutionnel européen (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et LFI-NFP ainsi que sur plusieurs bancs du groupe EcoS),…
Il avait bien raison !
…contre l’avis confiant d’une majeure partie des politiques, des médias et des sondeurs.
Exactement !
Toutefois, passé le traumatisme des élites, ce refus populaire fut rapidement piétiné, balayé, trahi par la ratification du traité de Lisbonne en 2008. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes GDR et LFI-NFP.) En 2012, la promesse de campagne d’une renégociation sera reniée dès le lendemain de l’élection, aggravant davantage la défiance des Français envers leurs gouvernants. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR ainsi que sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)Depuis, cette crise démocratique n’a cessé de croître. En 2023, un nouveau seuil a été franchi : le gouvernement, aveugle ou inconscient, a imposé par 49.3, sans vote, la réforme des retraites, malgré l’opposition de la majorité des Français et une mobilisation sociale historique.
Honteux !
Il a ensuite utilisé l’obstruction pour bloquer tous les débats sur le sujet. Et le président vient de refuser, il y a quelques jours, la proposition d’organiser un référendum. Une plaie béante s’est ouverte dans notre démocratie et les Français ne sont pas près de tourner la page.Le 5 juin, le débat reviendra dans l’hémicycle lors de la discussion en séance publique de notre proposition de résolution visant à abroger cette réforme brutale et injuste. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR, sur plusieurs bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et SOC.) L’Assemblée pourra enfin, pour la première fois, se prononcer au sujet de cette réforme, au nom du peuple français. Nous ne doutons pas que le vote dont cette proposition de résolution fera l’objet traduira la volonté majoritaire des Français. Alors, monsieur le premier ministre, vous aurez l’occasion d’en […]
La parole est à M. le premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique.
Je pourrais naturellement ajouter des arguments à ce que vous avez dit, parce qu’historiquement,…
Allez-y, votre temps n’est pas limité !
…candidat à cette élection présidentielle,…
Là, vous êtes premier ministre !
…j’avais défendu l’idée que le résultat d’un référendum ne pouvait être changé que par un autre référendum. Je n’ai pas été entendu à cette époque et d’autres choix ont été faits. Je n’étais pas président de la République et je vois que vous le regrettez. (Sourires.)
Il y a un petit problème de lucidité !
La deuxième question porte évidemment sur les retraites. Vous avez déposé un texte ; on verra ce que vote cette assemblée. Je veux vous dire une chose certaine : hier, la Cour des comptes a déclaré que les dépenses sociales étaient – je cite entre guillemets – « hors de contrôle ».
C’est de votre faute !
Si nous ne sommes pas capables, tous, de prendre la situation comme elle est, d’essayer de construire un projet qui puisse rassembler les sensibilités différentes autour d’une réalité qui, elle aussi, nous rassemble, alors nous allons vers de très graves déboires.Comme vous le savez, j’ai proposé que les organisations syndicales et les représentations des entreprises se réunissent dans ce qu’on a appelé un conclave – le mot, en ce début d’année, a été à la mode. Elles sont au travail. J’ai bon espoir que le progrès qu’elles réalisent ensemble soit capable de présenter un chemin qui puisse réunir très largement les sensibilités du pays, mais je sais que, la situation étant ce qu’elle est, il n’existe aucun chemin de progrès qui ne tienne compte de la réalité et ne choisisse au travers du temps un projet pluriannuel de retour à l’équilibre des finances publiques, des finances de l’action […]
Ce n’est pas la question !
Si nous nous éloignons de cette nécessité, nous allons avoir de très graves déboires et toute la société le paiera, avec toutes les entreprises, tous les salariés et toutes les familles.
Allez-vous respecter le vote ?
La parole est à Mme Laure Miller.
Monsieur le ministre de l’intérieur, il y a quelques jours, un rapport relatif à l’évaluation de la mouvance des Frères musulmans a été rendu public. Leur stratégie d’entrisme à bas bruit dans notre pays et la diffusion de leur idéologie au sein de nos écosystèmes locaux y sont dépeintes.Nous savons que la stratégie des Frères musulmans repose en grande partie sur la victimisation. Or cette stratégie est partiellement gagnante en raison de certains groupes qui, ici même, abîment le débat par leurs postures idéologiques et clientélistes ! Ainsi l’extrême droite, en faisant l’amalgame entre islamisme et islam, et une partie du NFP, en refusant de voir la menace en face, sont en réalité des alliés objectifs des Frères musulmans ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR. – Exclamations prolongées sur les bancs du groupe RN et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)
Menteuse !
S’il vous plaît !
Si la polarisation du débat public et médiatique ne semble laisser le choix qu’entre une dangereuse restriction de nos libertés publiques et une passivité coupable, nous défendons une autre voie ! En effet, la réponse est nécessairement multiple.
S’il vous plaît ! On n’entend pas l’oratrice !
Elle consiste sans aucun doute à soutenir nos concitoyens de confession musulmane qui pratiquent leur religion en parfaite harmonie avec les valeurs de la République.
Va directement au RN !
Nous pensons que dénoncer l’entrisme des Frères musulmans, c’est précisément protéger nos compatriotes de confession musulmane dont l’image est profondément abîmée par ceux qui dévoient leur religion.La réponse réside aussi dans un réveil de notre promesse républicaine. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.) C’est parce que notre République est en difficulté dans certains quartiers, parce que l’école a en partie perdu sa vocation émancipatrice, parce que nous avons laissé prospérer des discriminations dans notre pays, que l’islam radical s’est engouffré dans nos manquements. (Exclamations sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)Enfin, la réponse doit nécessairement consister aussi à mettre fin à nos petites lâchetés et à nos grandes hypocrisies en faisant preuve d’intransigeance à la moindre entaille infligée à nos valeurs républicaines, qu’il s’agisse de la liberté de […]
La parole est à M. le ministre d’État, ministre de l’intérieur.
Je connais votre engagement s’agissant des questions que vous abordez. Vous avez raison de demander l’intransigeance. Je voudrais dire, pour poser correctement les bases du débat, qu’à l’échelle du monde, ce ne sont pas les démocraties occidentales qui font montre de cette intransigeance mais bien les pays musulmans. Je voudrais également répéter ici que le pire des amalgames consisterait à assimiler, à confondre l’islamisme et les islamistes avec l’islam et les musulmans. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et DR.)
C’est ce que vous faites tous les jours, avec vos mots !
Je souhaite que nos compatriotes musulmans puissent exercer leur liberté de culte car c’est aussi cela, la laïcité, et j’y tiens par-dessus tout. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)Là où le séparatisme prétend créer de petites contre-sociétés séparées, précisément, de la communauté nationale, l’entrisme a ceci de particulier qu’il veut tordre nos règles, les règles de la République, pour les acclimater à un agenda islamiste.
Vous laissez la porte ouverte !
Il faut, bien sûr, être intransigeant.
Ça, on l’a dit il y a quinze ans ! Maintenant, il faut travailler !
C’est la raison pour laquelle nous allons déployer nos efforts dans trois directions. Il est absolument fondamental de réorganiser totalement l’État, de le réarmer d’un nouvel arsenal pour traquer les circuits financiers et pour faire en sorte qu’en matière de publication des ouvrages illicites, nous disposions de nouvelles armes.Nous devons aussi faire le nécessaire pour éviter que se reproduise ce qui s’est passé lors de la dissolution de BarakaCity et du CCIF, qui ont eu le temps d’entreprendre une dévolution de leurs biens, les uns à Londres, les autres en Belgique. Ce n’est pas normal !
Ils ont été invités à l’Assemblée et vous l’avez accepté !
Là encore, un combat d’idées doit être mené auprès du grand public, qu’il faut informer, de même qu’il faut informer les fonctionnaires et les associations d’élus. Notre main ne tremblera pas !
Les barbus y croient !
Il s’agit là d’un combat profondément républicain ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et DR.)
C’est nul !
Vous en parlez ; nous le ferons !
La parole est à M. Laurent Mazaury.
J’associe à cette question l’ensemble du groupe LIOT auquel j’appartiens, tout particulièrement notre collègue Christophe Naegelen. Monsieur le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, la situation à Gaza est catastrophique. Elle l’est depuis des semaines, depuis des mois, et ne cesse de se détériorer, dans un contexte où l’aide humanitaire qu’Israël autorise à nouveau à pénétrer sur le territoire est très largement insuffisante pour répondre aux besoins réels de la population.Vous avez récemment évoqué, une nouvelle fois, la nécessité de respecter le droit international dans le cadre du conflit qui se déroule à Gaza. Bien évidemment, le Hamas est une organisation terroriste, qui manipule les esprits des populations et utilise quotidiennement les habitants de Gaza comme des boucliers humains ; le pogrom odieux du 7 octobre 2023 est le pire crime perpétré contre le peuple juif […]
La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.
Avant de répondre et avec l’autorisation de Mme la présidente, je voudrais me réjouir avec vous du retour, à l’instant, sur le territoire national de notre compatriote Théo Clerc, après 422 jours de détention et à la faveur d’une grâce du président de l’Azerbaïdjan. C’est l’honneur et la fierté de la diplomatie française et de ses agents d’avoir œuvré sans relâche à sa libération. (Tous les députés se lèvent et applaudissent. – Quelques membres du gouvernement applaudissent également.)Vous avez raison de souligner que la situation humanitaire se dégrade considérablement à Gaza. Le cessez-le-feu a été brisé il y a deux mois. Depuis, plus de 4 000 personnes ont perdu la vie, dont, sans doute, une majorité de femmes et d’enfants – l’histoire nous le dira –, et plus de 70 000 enfants attendent des traitements d’urgence.Certes, depuis quelques jours, l’aide humanitaire parvient à nouveau à […]
Ce sont des mots ! Assez de paroles : des actes !
…une solution politique qui passe par le désarmement du Hamas, par la réforme de l’Autorité palestinienne, par l’intégration d’un État de Palestine et de l’État d’Israël dans une architecture régionale de sécurité et par les reconnaissances, auxquelles nous travaillons, de cet État de Palestine, seule voie vers la stabilité et la paix dans la région.
Vous n’avez pas répondu à la question !
Rien pour faire cesser les crimes !
La parole est à Mme Hélène Laporte.
Madame la ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, hier, alors que les votes du Rassemblement national ont permis de faire voler en éclats la stratégie d’obstruction stérile de l’extrême gauche, une victoire de l’agriculture française a été remportée. Si cette proposition de loi visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur n’est pas parfaite, dans la mesure où elle ne va pas aussi loin que nous le voudrions vers la fin des surtranspositions, elle représente incontestablement un progrès pour nos fermes, qui ne pourront plus supporter longtemps le fardeau normatif, plus lourd que partout ailleurs, qui leur est imposé.Toutefois, la bataille pour l’égalité des armes en agriculture et pour la prospérité de nos exploitations est encore loin d’être gagnée. L’accord commercial entre le Mercosur et l’Union européenne, dont on nous assurait hier que […]
La parole est à Mme la ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Je ne reviendrai pas sur la proposition de loi, beaucoup a été dit et le sujet est maintenant bien circonstancié.S’agissant du Mercosur, M. le premier ministre, le président de la République et l’ensemble du gouvernement n’ont cessé d’exprimer une opposition à ce traité tel que le projet en a été signé il y a quelques mois à Montevideo par Ursula von der Leyen. Encore à l’état de projet, il n’est en effet pas bon…
Il est même très mauvais.
…pour les quatre filières concernées : la filière bovine, la filière volailles, le sucre et l’éthanol, vous l’avez rappelé. Il y a un problème de volumétrie, et dans ces accords de libre-échange, j’observe deux choses : un, l’agriculture est toujours un volet d’ajustement ; deux, ce sont presque systématiquement les filières d’élevage qui sont les plus affectées.De surcroît, ce projet d’accord pose encore un autre problème puisqu’il prévoit des clauses de sauvegarde pour les pays du Mercosur qui pourraient, eux, les activer individuellement – je pense, par exemple, à l’industrie automobile –, alors que l’Union européenne devrait être unanime pour demander une clause de sauvegarde générale et non pas filière par filière.C’est donc un projet d’accord qui n’est pas équilibré… Il est très déséquilibré. Et je crois que la possibilité de recourir à des clauses miroirs ne suffit pas à […]
Avant de lui donner la parole, je souhaite la bienvenue à M. Sébastien Martin, élu, ce dimanche 25 mai, député de la cinquième circonscription de Saône-et-Loire. (Mmes et MM. les députés du groupe DR ainsi que quelques députés du groupe EPR se lèvent et applaudissent vivement.) Cher collègue, vous avez la parole.
Ma question s’adresse à M. le premier ministre.Ce dimanche, les habitants de la cinquième circonscription de Saône-et-Loire m’ont fait confiance (Exclamations sur les bancs du groupe RN)…
Merci la gauche ! Merci LFI !
Merci Mélenchon !
…– visiblement, cela en gêne quelques-uns –…
C’est sûr !
…à près de 60 % pour les représenter à l’Assemblée nationale. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.) Il y aurait beaucoup d’enseignements à tirer de cette partielle, mais je veux vous dire qu’au-delà de cette victoire, je ne peux me satisfaire des résultats contrastés dans la circonscription : d’un côté, une grande partie du territoire où nous avons enclenché la dynamique de la réindustrialisation et où nous l’avons largement emporté face au Rassemblement national ; de l’autre, une partie du territoire où des élus souhaitent rejoindre cette dynamique, mais avec des perspectives fragiles et un score plus fort pour l’extrême droite. Il ne m’appartient pas ici de juger, mais de constater.Car il faut bien constater que la réindustrialisation de la France n’est pas qu’un projet économique et de souveraineté : c’est avant tout un projet politique et de cohésion nationale. […]
Très bien !
Il a raison !
La réindustrialisation, c’est une chance de recréer de la valeur et d’offrir un avenir à ceux qui veulent vivre et travailler là où ils ont choisi d’habiter, mais il me semble que la volonté de réindustrialisation de votre gouvernement s’essouffle alors que tout n’est pas fait pour répondre à une mondialisation qui vient frapper nos territoires. Il est urgent de réaffirmer cette ambition, comme cela a été fait ce matin lors de l’assemblée générale des territoires d’industrie.Aussi, croyez-vous en une réindustrialisation par et pour les territoires ?
Quelle question audacieuse ! (Sourires.)
Pensez-vous que notre pays peut combler les fossés qui se creusent en offrant des emplois mieux rémunérés et créateurs de valeur ? Et, comme nombre de députés dans cet hémicycle, croyez-vous que l’industrie n’est pas le passé, mais bien l’avenir d’une France forte, indépendante et porteuse d’espoir pour nos concitoyens ? (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe DR.)
La parole est à M. le ministre chargé de l’industrie et de l’énergie.
Faut pas nous dire que tout va bien, monsieur le ministre !
Permettez-moi également de vous féliciter pour votre élection, dont on doit se réjouir d’autant plus que vous succédez dans cette circonscription à un député du Rassemblement national. (« Oh là là ! » sur divers bancs du groupe RN.)Le gouvernement est évidemment très attaché à ce que la réindustrialisation irrigue nos territoires. La réindustrialisation, vous l’avez dit, c’est un enjeu de prospérité mais aussi un enjeu de souveraineté et un enjeu de cohésion territoriale. Nous étions tous deux ce matin, avec mon collègue François Rebsamen, à l’assemblée générale des territoires d’industrie. Le dispositif Territoires d’industrie incarne la volonté de réindustrialisation dans les territoires, et il produit des résultats : entre 2008 et 2020, 150 territoires perdaient des emplois industriels…
Ça continue avec vos copains !
…mais, depuis 2020, 110 d’entre eux en regagnent. Nous sommes donc convaincus qu’investir dans un travail coopératif, dans une logique qui soit ascendante,…
Quel charabia !
…c’est-à-dire en partant des besoins du territoire, les territoires d’industrie étant constitués de binômes entre un élu et un industriel qui œuvrent avec le soutien des services de l’État, est une logique gagnante.
On en voit les résultats !
Nous sommes également convaincus qu’il faut améliorer ce dispositif – comme il faut par ailleurs œuvrer également aux niveaux national et européen pour la réindustrialisation. Améliorer, je l’ai dit ce matin, signifie consolider notamment les soutiens apportés aux entreprises en matière d’ingénierie et miser sur l’innovation : parmi les axes à suivre, l’innovation dans les territoires,…
Le vide !
…et pas seulement dans les métropoles, en est un extrêmement important. Améliorer signifie aussi simplifier un certain nombre de procédures en matière d’accès au foncier : nous y sommes prêts, nous avons fait des annonces à ce sujet et continuerons à travailler dans les prochaines semaines et dans les prochains mois avec les acteurs des territoires et avec Intercommunalités de France, dont vous êtes le président. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe DR.)
La parole est à M. Hadrien Clouet.
Y a-t-il encore un macroniste qui ne soit lobbyiste d’Uber dans ce pays ? J’en doute.
Il y en a un nouveau, là ! (Rires sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
J’en doute, au vu du racket auquel vous soumettez les chauffeurs de taxi. Chauffeurs de taxi auxquels nous adressons, nous les Insoumis, tout notre soutien et toutes nos amitiés depuis cet hémicycle, au huitième jour de grève contre une convention pourrie dont nous exigeons la suspension et le retrait. Car cette convention leur vole 300 millions d’euros en baissant les tarifs pour transport de malades, une perte de 7 500 euros par chauffeur ! (« Eh oui ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Pourtant, vous avez bien trouvé 300 millions pour les rendre à M. Bolloré, fin mars, en effaçant son ardoise pour fraude fiscale. (Mêmes mouvements.) C’est aussi ce que vous avez donné aux laboratoires pharmaceutiques dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025. Mais vous préférez essorer les taxis, essorer des travailleuses et des travailleurs à plus de soixante […]