Séance du 8 septembre 2025 /// n°1 /// 460 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session deuxième session extraordinaire 2025

Séance du 8 septembre 2025 — 1e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

460prises de parole
94orateurs
6points à l'ordre du jour
1scrutins

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ScrutinVoixRésultat
3054 la déclaration de politique générale du Gouvernement de M. François Bayrou (application de l'article 49, alinéa premier, de la Constitution). 194 / 364 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 201 à 400 sur 460 — page 2 / 3.

Déclaration de politique générale, débat et vote sur cette déclaration

Vous n’étiez jamais là ! Toujours absents, les DR !

Monsieur le premier ministre, je regrette que ces propositions n’aient pas été reprises. C’est donc avec un sentiment de gâchis que je m’adresse à vous aujourd’hui. Nous vous avons toujours dit que nous ne signerions pas un chèque en blanc. Nous vous avons toujours dit que nous défendrions nos convictions. Nous étions prêts à nous engager pour le redressement budgétaire. Pourquoi avez-vous autant de mal à convaincre ? Je pense qu’il faut s’y arrêter un instant pour en tirer les leçons nécessaires.Les Français ne sont pas aveugles à la situation budgétaire du pays. Je ne crois pas un instant que les Français refusent l’effort de redressement budgétaire ; je crois précisément le contraire. Ils ont simplement deux exigences très simples.

La justice !

D’une part, le redressement budgétaire doit passer par de véritables économies, et non par des augmentations d’impôts déguisées. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.) D’autre part, les efforts doivent être partagés. Il est injuste que la France qui travaille ou qui a travaillé toute sa vie soit toujours celle qui paie. (Mêmes mouvements.)Monsieur le premier ministre, le vote que vous avez sollicité est bien évidemment un vote sur le principe du redressement financier de notre pays. Nous n’avons aucun problème à ce sujet : je l’ai toujours dit, toujours soutenu et toujours mis en œuvre. En revanche, vous avez présenté avant l’été un chemin de redressement budgétaire. Nous ne pouvons pas l’ignorer. Les Français ont réagi aux pistes que vous avez mises sur la table. Dès lors, notre vote reflète également notre position quant à vos propositions.Deux éléments ont suscité du rejet. […]

Mme Valérie Bazin-Malgras #280

Très bien !

Vous connaissez nos propositions. Nous avons proposé une loi de lutte contre l’assistanat…

C’est toi, l’assisté !

L’assisté en chef !

…afin de créer une allocation sociale unique, qui fusionnerait toutes les aides sociales existantes. Le montant de cette allocation serait plafonné à 70 % du smic. L’objectif est simple : garantir qu’on ne gagne jamais plus d’argent en restant chez soi qu’en travaillant. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)Notre position se résume ainsi : garder le social, bien sûr, mais arrêter l’assistanat (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP) et revaloriser le travail.La clé du sursaut français est la revalorisation du travail.Monsieur le premier ministre, vous m’aviez donné votre accord. Vous m’aviez dit que vous étiez prêt à prendre la parole pour clarifier votre position. Cette parole, nous l’avons attendue mais nous ne l’avons jamais entendue. Je le regrette, car si vous aviez écouté la France qui travaille, vous auriez aujourd’hui le soutien unanime des députés de la Droite […]

…alors que tout montre qu’elles ne changeraient rien aux divisions de l’Assemblée et qu’elles renforceraient l’instabilité de la situation actuelle.Dans cette période imparfaite, je crois que notre devoir est d’essayer d’accomplir un travail utile. La France a besoin d’un gouvernement, d’un budget et d’un minimum de stabilité. Nous devons tirer les leçons des erreurs du passé ; sinon, les mêmes causes produiront les mêmes effets.Ma conviction n’a pas changé. Pour assurer une stabilité suffisante à un futur gouvernement, il faut changer de méthode. On ne peut pas se contenter de nommer un premier ministre, quel qu’il soit, en lui signant un chèque en blanc, sans avoir préalablement défini un programme de travail. Aucune démocratie mature et sérieuse dans le monde ne procède ainsi. (Applaudissements sur les bancs des groupes DR et EPR.)La nécessité de définir une coalition exige de […]

Merci de conclure.

Le cap que la Droite républicaine appelle de ses vœux est celui du redressement d’une France qui travaille et de la reconstruction de la France. Il nous faut agir, même dans cette période difficile. (Les députés du groupe DR se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur quelques bancs des groupes HOR et LIOT.)

La parole est à Mme Cyrielle Chatelain.

Monsieur le premier ministre, aujourd’hui, votre gouvernement tombera. Cela ne fait aucun doute. Il n’y a ni suspense, ni hésitation. Dans quelques heures, vous présenterez votre démission au président de la République sans que cela ne soulève ni tristesse ni regret. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)De vous, nous ne retiendrons que vos mensonges délétères concernant votre inaction face aux violences à Notre-Dame de Bétharram, votre sens hasardeux des priorités quand vous choisissez de prendre un jet pour Pau plutôt que d’être aux côtés des sinistrés de Mayotte (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS), et votre impeccable sens du timing quand vous choisissez de redonner de la splendeur à votre bureau de maire alors que vous annoncez aux Français qu’ils vont devoir se serrer la ceinture.Votre départ est un soulagement. Il serait presque une satisfaction s’il n’était […]

C’est vrai !

Le premier impératif est donc de respecter le barrage républicain. Michel Barnier et vous-même, monsieur le premier ministre, avez pourtant tous deux fait le choix de vous appuyer sur l’extrême droite.Pourquoi une telle dérive ? Parce que vous avez décidé de vous allier avec le parti de Bruno Retailleau, qui veut restreindre les droits des journalistes, qui souhaite arrêter le soutien aux énergies renouvelables, qui demande l’exclusion des femmes voilées des compétitions sportives et qui pense, comme le clan Le Pen, qu’il existe des Français de papier. Avec de tels alliés, rien d’étonnant à ce que l’extrême droite soit votre assurance vie !

N’importe quoi ! Vous ne savez pas lire !

Vous êtes mal informée…

Le Rassemblement national a d’ailleurs voté 90 % des textes présentés par votre gouvernement et, la moitié du temps, il vote avec les groupes de la majorité présidentielle. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS.) Chers collègues d’Ensemble pour la République, tant que vous continuerez cette alliance avec une droite qui n’a plus rien de gaulliste, vous serez prisonniers des filets du RN et vous continuerez de vous enfoncer dans l’erreur morale et la faute politique. Pour vous libérer de cette emprise, vous devez accepter de renoncer à imposer votre politique.Le deuxième impératif est de rompre avec la politique d’Emmanuel Macron. Le bilan de sa présidence est en effet bien sombre, cela a été dit : multiplication de cadeaux fiscaux, épuisement de l’école et de l’hôpital public, abandon de l’environnement face aux lobbys et du logement face aux investisseurs. Cette politique […]

Oui !

Nous mettrons en place la taxe Zucman pour les patrimoines de plus de 100 millions d’euros, et, sur ce sujet seulement, si aucun compromis ne se dégage, alors nous passerons par le référendum : ce sont les Français qui paient vos erreurs, c’est donc à eux de décider comment les corriger. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe EcoS.)Nous réformerons le pacte Dutreil, qui protège les héritages dorés, et, bien sûr, nous contrôlerons les 211 milliards d’euros d’aides aux entreprises et nous supprimerons les aides indues. Chaque entreprise, chaque association, chaque collectivité doit justifier du moindre euro dépensé, mais les grandes entreprises pourraient encaisser des milliards sans suivi, sans contrepartie, sans la moindre création d’emploi ? Ce n’est pas acceptable. Cet argent nous permettra de réduire le déficit, mais surtout d’investir dans l’école, dans la santé, dans la […]

On se croirait le 10 mai 1981, mais cette politique a échoué !

Nous protégerons la santé par le refus du doublement des franchises médicales, l’abrogation de la loi Duplomb, la régulation de l’installation des médecins et la suppression de la majoration du ticket modérateur pour les patients qui n’arrivent plus à trouver un médecin traitant.

Et les recettes ?

Nous nous opposerons à la vague d’obscurantisme qui déferle depuis les États-Unis et qui est importée par la droite et l’extrême droite de cet hémicycle. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)Nous engagerons la planification écologique et nous respecterons nos engagements – baisse de 65 % des gaz à effet de serre d’ici à 2030, baisse de 90 % d’ici à 2040. Nous investirons pour réduire notre consommation d’énergie grâce à la rénovation thermique des bâtiments, au développement des transports en commun, aux investissements dans les énergies renouvelables. Le respect des connaissances scientifiques et une action politique résolue sont les deux seules manières de préserver la biodiversité et de réduire les impacts du réchauffement climatique.

Il y a aussi des gens de droite qui sont écologistes !

Malheureusement, la charge contre les savoirs scientifiques est un autre dégât collatéral de l’entente avec l’extrême droite.Enfin, nous engagerons une lutte volontariste et résolue contre les discriminations et pour l’égalité, dans un moment où les faits racistes, antisémites et islamophobes explosent. S’agissant de l’accueil des migrants, il faut débloquer la situation dans les préfectures, qui, faute de moyens, sont devenues des usines à créer des sans-papiers.

Exactement !

Il faut enfin redonner à la France sa place dans le monde : elle doit être au premier rang pour refuser le chantage de Donald Trump et demander la révision de l’accord entre les États-Unis et l’Union européenne. Il faut agir résolument en soutien à la Palestine, en finançant l’Unrwa, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, et en interdisant les ventes d’armes à Israël. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS ainsi que sur plusieurs bancs du groupe GDR.)Comment faire passer toutes ces mesures ? Par un changement de méthode. Rompre avec la politique d’Emmanuel Macron, c’est aussi rompre avec sa méthode et redonner du pouvoir à l’Assemblée. Il ne doit plus être possible de gouverner pendant des mois sans avoir demandé un vote de confiance. Il ne doit plus être possible d’imposer des lois par le 49.3. C’est notre […]

C’est vrai qu’à gauche…

Ses députés ne savent pas quoi voter aujourd’hui.

Nous savons très bien, rassurez-vous !

Ce qui renforce l’isolement présidentiel et l’hyperprésidentialisme d’une Ve République à bout de souffle.Monsieur le président de la République, puisque vous êtes le point de blocage, entendez que la cohabitation décidée par les Français depuis déjà plus d’un an s’impose à vous ! (Les députés du groupe EcoS se lèvent et applaudissent.)

Suspension et reprise de la séance

Yaël Braun-Pivet president · EPR #342

La séance est suspendue.

#343

(La séance, suspendue à seize heures vingt-cinq, est reprise à seize heures trente-cinq.)

Yaël Braun-Pivet president · EPR #344

La séance est reprise.La parole est à M. Marc Fesneau.

En politique, la vérité doit parfois attendre le moment où l’on a besoin d’elle. Ce moment est venu et c’est ce rendez-vous que nous ne pouvons manquer. Reconnaître la vérité des chiffres, ce n’est pas imposer une politique, ce n’est pas dicter ce qu’il faut décider. Fonder une décision uniquement sur les chiffres ne garantit pas qu’elle soit bonne ou juste. Mais ignorer les chiffres, c’est les laisser s’imposer à nous et nous priver de toute capacité d’autonomie décisionnelle – lorsque la situation financière est hors de contrôle, il ne reste plus que la contrainte brutale des créanciers.La déclaration que le premier ministre vient de faire nous rappelle de la manière la plus fondamentale que personne ne peut se dérober à la réalité et que nous, élus, avons à l’égard des Français un devoir de vérité. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur quelques bancs du groupe EPR.) Ce […]

Eh oui, c’est ça le problème !

Mais ce jour n’est jamais venu. L’irresponsabilité de certains, c’est d’avoir sans cesse réclamé plus de dépenses. La nôtre, sans doute, c’est de leur avoir trop cédé. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.)La vérité, c’est aussi que les conséquences de nos choix, ou plutôt de nos non-choix, ont été reportées sur ceux qui n’avaient pas voix au chapitre : les jeunes et les générations futures. C’est cette chaîne d’irresponsabilité que nous devons briser aujourd’hui, sans quoi nous ne leur léguerons pas un héritage, mais un fardeau, pas un espoir, mais un avenir entravé, pour ne pas dire impossible.En 2025, le remboursement des seuls intérêts de la dette représente plus de 60 milliards d’euros, et 70 milliards dès 2026 si nous ne faisons rien. C’est treize fois plus que ce que rapportait l’impôt de solidarité sur la fortune en 2017, six fois le budget de la justice ! Ce sont […]

Exactement !

Si chacun cherche à être vainqueur au détriment de l’autre, alors tout le monde perdra.

Les Français, surtout !

Au contraire, si chacun accepte une part de renoncement nécessaire sans se dévoyer et de manière transparente, sous les yeux des Français, alors nous réussirons. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur quelques bancs des groupes EPR et DR.) Nous pouvons construire ce compromis avec méthode, en abandonnant les oukases et les lignes rouges intenables, les arrière-pensées permanentes, boutiquières ou électorales. Cela nécessite que nous n’ayons pas de tabous : ni sur la taxation des plus aisés, ni sur la nécessaire réduction des dépenses, ni sur les grands bouleversements qui préoccupent les Français.

Attention, vous allez finir à gauche !

Si vous aviez suivi les débats budgétaires, vous n’auriez pas cet air étonné ! (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.) La vérité, c’est aussi accepter que certains débats ne seront tranchés ni ici ni maintenant, que les Français seront appelés à se prononcer en 2027 et que d’ici là, nous pouvons être utiles…

Nous devons être utiles !

…en faisant œuvre commune sur nombre de sujets. Ce temps est précieux et nous n’avons pas le droit de le gâcher sous les yeux désabusés des Français, qui sont de plus en plus en colère.Ce que propose le premier ministre, c’est aussi de bâtir la confiance autour de l’idée de justice. Je sais, chers collègues, que nous partageons cette idée avec nombre d’entre vous. La justice ne peut être fondée sur la désignation de boucs émissaires : ni les riches, ni les chômeurs, ni les immigrés, ni les patrons, ni les travailleurs, ni les retraités, ni même, j’ose le dire, les responsables politiques.La justice, c’est demander à chacun une contribution en proportion de ses moyens (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem)…

C’est exactement ce qu’on demande !

…et que, tel le colibri, chacun fasse sa part. Depuis 2017, notre groupe a fait des propositions concrètes en faveur de la justice fiscale : l’élargissement de l’assiette de l’impôt sur la fortune immobilière, la taxation des rachats d’actions et des superdividendes et le rehaussement de la flat tax, entre autres, pour rapprocher taxation du travail et du capital.Notre cohérence, c’est de ne pas considérer de la même manière ce qui participe au dynamisme de l’économie réelle et ce qui relève de la richesse improductive ou de la rente. C’est la rente pour la rente qu’il faut chasser sans relâche, pas ceux qui créent et qui développent : c’est valable pour les chefs d’entreprise comme pour chacun d’entre nous. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur quelques bancs du groupe EPR.)Défendre la justice, c’est aussi mieux répartir les efforts de la solidarité nationale, afin […]

La parole est à M. Paul Christophe.

La situation financière actuelle de la France est plus que préoccupante : c’est bien ce constat qui devrait nous rassembler. Nous devons le partager et faire de lui la base de nos échanges. Comme l’a rappelé le premier ministre, notre déficit atteignait en 2024 5,8 % du PIB, soit le niveau le plus élevé de la zone euro. Notre dette publique s’élevant à plus de 3 400 milliards d’euros, nous assistons à une explosion des intérêts, qui ont tout simplement doublé entre 2021 et 2024. Cette situation nous expose à un risque dès aujourd’hui car elle freine la confiance des ménages et l’investissement de nos entreprises, et frappera directement les générations futures au cours des décennies à venir. Mesurons bien la charge que nous laisserons à nos enfants et qui, chaque heure, augmente de 18 millions d’euros !

Ce n’est pas comme si vous étiez au pouvoir !

Avec les crises politique et économique que nous traversons, nos objectifs doivent être résolument raisonnés. Pendant les deux prochaines années, nous nous devons de ne pas aggraver une situation déjà catastrophique.

On dirait que vous venez d’arriver !

La Cour des comptes l’a dit elle-même : « Chaque année perdue supplémentaire impliquerait des efforts futurs plus importants et plus douloureux. » C’est certain, le temps que nous perdons aujourd’hui, nous le paierons demain, ou plutôt nos enfants le paieront.

La faute à qui ?

Ne cherchons pas le budget miracle qui contenterait les desiderata de tous : il n’existe pas. Ne nous égarons pas non plus dans une guerre des générations : nous décevrions tout le monde, sans exception !

C’était le discours du premier ministre !

Gardons bien à l’esprit que si nous ne faisons rien, nous aurons des jeunes endettés à outrance, des actifs étouffés par le poids des cotisations et des aînés dont on ne saura financer ni l’autonomie ni la dépendance. Viendra le jour où notre pays devra engager de profondes réformes structurelles et assumer des choix courageux pour sortir d’un modèle hérité du XXe siècle et aujourd’hui inadapté à notre démographie et à notre économie. Alors nous pourrons conduire les transformations indispensables et attendues par les Français. Mais ce moment n’est pas encore venu.La France ne peut pour autant pas laisser sa situation budgétaire continuer de se dégrader. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder autour de nous les dégâts économiques causés par une année de nos querelles politiques stériles. Il devient crucial de prendre dès aujourd’hui des mesures pour assurer la bonne conduite des […]

Et partagé !

C’est pourquoi je salue l’exercice de responsabilité et de transparence de l’actuel premier ministre et de son prédécesseur, qui, chacun à leur tour, ont tenu un discours de vérité, malgré l’impopularité de celui-ci. Les 43 milliards d’euros qu’il nous faut trouver pour le budget 2025 servent à enclencher une dynamique et à renverser la tendance pour proposer une autre trajectoire financière à nos concitoyens comme à nos partenaires.Pour qu’un effort soit accepté, il doit être partagé. Aussi, dans un esprit de responsabilité, le groupe Horizons & indépendants a-t-il travaillé à des propositions réalistes sans dépenses populistes ni recettes fantaisistes – je dis bien sans dépenses populistes ni recettes fantaisistes ! (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur quelques bancs des groupes EPR, DR et Dem.) Êtes-vous prêts, de votre côté, à prendre un tel engagement, chers […]

Vous vous y connaissez, hein !

…propositions enchanteresses et déraisonnables : les oppositions voudraient nous faire croire que la dette n’est qu’un souci comptable dont nous pourrions remettre la résolution à plus tard. D’autres s’y sont essayés avant nous, avec les résultats que nous connaissons – je pense à la Grèce, au Portugal, à l’Espagne. Cette douce musique que j’entends sur les plateaux de télévision à longueur d’interviews contraste terriblement avec la souffrance des chefs d’entreprise et l’inquiétude des Français que je rencontre.Pourtant, ces débats budgétaires nous offrent un cadre de discussion. Ils ne sont pas une démonstration d’affection pour telle ou telle personnalité politique. Nous nous devons de revenir à une trajectoire financière positive. De 2017 à 2020, nous avons baissé les impôts sans pour autant nous soustraire aux règles européennes. Nous empruntions alors à des taux négatifs… Que ce […]

Eh oui !

Édouard Philippe a appelé à voter communiste !

Et que nous proposent-elles ? Rien, si ce n’est des dépenses nouvelles et des recettes insincères, aucun projet budgétaire qui n’obtienne ici plus d’un cinquième des voix. Parce qu’égoïstement elles ne veulent qu’exercer le pouvoir, elles ne pensent qu’au « qui » alors que se mettre au service de la France, c’est d’abord s’accorder sur le « quoi ».Chers collègues, cessons ces guerres d’ego, mettons-nous ensemble autour de la table et trouvons des compromis. Nous nous devons de doter la France d’un budget avant la fin de l’année. C’est pourquoi le groupe Horizons & indépendants votera bien évidemment en faveur de la stabilité. Pensons à la France, aux Françaises et aux Français, et c’est tout ! (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur plusieurs bancs des groupes EPR, DR, Dem et LIOT.)

La parole est à M. Laurent Panifous.

Monsieur le premier ministre, c’est avec une certaine circonspection que nous avons appris, à la sortie de l’été, votre choix d’engager la responsabilité du gouvernement sur la base de l’article 49.1 de la Constitution. Comme le dit le dicton populaire, la confiance – celle que vous sollicitez aujourd’hui – ne se réclame pas, elle se gagne.

Elle se mérite !

Aussi, pour les députés du groupe LIOT, la question est-elle de savoir si vous avez su gagner notre confiance, la confiance nécessaire à la poursuite de votre mission. Vous le savez, les parlementaires de notre groupe sont issus d’horizons divers, mais ils partagent le goût du dialogue, du dépassement de l’intérêt partisan et la conviction qu’il faut concourir à la recherche de solutions utiles pour le pays et pour nos concitoyens. Depuis le jour de votre nomination, nous avons donc fait savoir notre volonté de travailler à la construction d’un compromis. C’était le seul chemin à emprunter pour permettre à notre pays d’avancer après la dissolution hasardeuse de 2024.Eu égard à votre parcours et à votre engagement de travailler en bonne intelligence avec tous les groupes politiques, nous avions, comme toujours, décidé d’être un groupe constructif, ayant à cœur de proposer des solutions. […]

On entend bien la responsabilité dans votre discours !

…doivent mesurer que c’est à nous, et à nous seuls, qu’il incombe de rendre le compromis possible. Entendons-nous bien, notre groupe ne se positionne pas comme un donneur de leçons ni comme le seul détenteur de la vérité, mais comme un acteur politique déterminé à ne pas faire perdre deux années à notre pays. En effet, comme tous ici, nous refusons de le voir s’enfoncer dans l’inaction. Nous mesurons quotidiennement l’exaspération et l’inquiétude de nos concitoyens de l’Hexagone et des outre-mer. Enfin, notre pays ne peut apparaître fragilisé dans un contexte international de grand désordre.Nous voulons agir maintenant et concrètement avec des femmes et des hommes qui, disons-le simplement, ne pensent pas comme nous, mais ressentent comme nous l’urgence de la situation et ne parient pas sur le blocage ou sur le chaos. Réaliser des économies sans casser la croissance, renforcer […]

La parole est à M. Stéphane Peu.

« Un acte vaut cinq dires », avait coutume de répéter Henri IV, l’un de vos héros, monsieur le premier ministre. Faute de dire, vous faites un acte, celui par lequel vous auriez dû commencer : vous demandez la confiance du Parlement, comme le suggère la Constitution.Votre décision, que certains jugent courageuse, n’est à nos yeux qu’un péché d’orgueil. Vous posez la question alors que vous connaissez la réponse : vous n’avez pas la confiance d’une majorité de parlementaires, encore moins celle de la majorité du pays. Vous disiez en 2018 : « Quand on porte un projet, si ce projet est fort et juste, on n’est jamais seul. » Votre projet de budget pour 2026 n’est ni fort ni juste, et vous êtes bien seul. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe GDR. – MM. René Pilato, Alain David et Jean-Claude Raux applaudissent également. – M. Emmanuel Mandon s’exclame.)Éternels fusibles du […]

Exactement !

Vous ne pouvez pas vous dédouaner de vos responsabilités. Vous pouvez encore moins dire que vous ne saviez pas, vous qui avez quarante ans de politique derrière vous. Vous le savez, seuls les papes nouvellement élus découvrent les secrets du Vatican le jour de leur élection.

Un communiste qui fait référence au pape…

Après l’annonce de vos orientations budgétaires, vous n’avez entamé aucune discussion, aucune négociation, et vous avez une nouvelle fois méprisé le Parlement.

C’est sûrement parce que nous étions en vacances !

Vous avez tenté de diviser les syndicats. Ils viennent de vous répondre par la mobilisation du 18 septembre, dans l’unité retrouvée la plus large. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)Vos méthodes de discussion sont des leurres. Derrière chacune des mesures budgétaires que vous avez annoncées, qui ne sont pour vous que de froides colonnes de chiffres, je vois, moi, des visages et des familles de ma circonscription. Les familles qui survivent au-dessous du seuil de pauvreté représentent 15 % des habitants de notre pays, plus de 28 % de ceux de la Seine-Saint-Denis et 37 % des habitants de ma ville de Saint-Denis. Ce sont les chiffres de 2021 ; depuis, la situation s’est aggravée. Vous êtes l’homme de ce record jamais égalé depuis 1981.Derrière les chiffres relatifs aux petites pensions et aux bas salaires, je vois des personnes âgées qui […]

Vous représentez le parti aux cent millions de morts, le parti communiste !

Ce que veulent les citoyennes et les citoyens de notre pays, c’est la liberté, celle de critiquer et de manifester, alors que vous avez réprimé le combat politique et syndical ; c’est l’égalité devant l’impôt, l’égalité entre les femmes et les hommes, l’égalité dans l’accès aux services publics, alors que vous n’avez eu de cesse de les mettre en pièces ; c’est la fraternité, la fin des discriminations et une France qui combat tous les racismes. Ils veulent un pays qui dialogue avec les peuples du monde pour une planète de paix, un pays qui ne regarde pas ailleurs quand un peuple subit un génocide, comme c’est le cas en ce moment à Gaza. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC.)Où est le François Bayrou de 2007 qui disait, lors d’un rassemblement électoral : « Les vrais ennemis, ce sont le chômage, l’échec de l’éducation […]

En campagne présidentielle, on raconte beaucoup de choses…

Depuis votre nomination, vous n’avez rien fait pour rapprocher vos dires de vos actes. Vous aimez vous référer à Pierre Mendès France. Or si on se souvient de Mendès, c’est pour la fin de la guerre en Indochine, mais aussi pour le verre de lait dans les écoles. De vous, on retiendra que vous avez augmenté les dépenses militaires et que, dans la France d’aujourd’hui, des centaines de milliers d’enfants n’ont qu’un repas par jour. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR, sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS. – M. Alain David applaudit également.)À l’image de Margaret Thatcher hier, vous ne pouvez soutenir qu’il n’y aurait qu’une seule politique possible – surtout pas avec ce bilan. Vous n’aurez pas la confiance du groupe GDR. Nous continuerons d’agir et de proposer d’autres choix pour notre pays. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et […]

La parole est à M. Éric Ciotti.

Pour la première fois sous la Ve République, l’Assemblée nationale est amenée à valider une lettre de démission. (Sourires sur quelques bancs du groupe UDR.) Vous en conviendrez, c’est un moment étrange et inédit, qui, une fois de plus, dévalorise notre assemblée.Vous avez décidé de partir en habillant votre démission d’une communication faussement habile, surtout destinée à vous servir de rampe de lancement pour une pseudo-candidature à l’élection présidentielle. Vous avez inventé la « démission-communication », mais personne n’est dupe ! Vous quittez le pouvoir sans avoir redressé le pays, que vous avez au contraire accablé. Vous nous tendez un piège rhétorique en construisant une opposition entre de prétendus vertueux et ceux qui seraient des irresponsables budgétaires. Mais les Français ne confondront jamais les pompiers et les pyromanes, monsieur le premier ministre. Or vous êtes […]

Oui !

Vous refuser la confiance n’est pas un signe d’irresponsabilité mais un devoir, car la refuser à des irresponsables est un acte de courage.Vous êtes d’abord des irresponsables politiques. Ainsi, en juin 2024, derrière Emmanuel Macron, avec le renfort d’Édouard Philippe, de Gabriel Attal, de Xavier Bertrand, de Valérie Pécresse et de tant d’autres, vous avez bâti une improbable alliance des contraires, une alliance de la honte,…

Eh oui !

La honte, il connaît !

…allant de LFI jusqu’à LR.Vous êtes irresponsables aussi du fait de votre coup de force démocratique : les partis de la Macronie ont été défaits dans les urnes – ils sont arrivés troisièmes aux législatives – mais ont continué à gouverner. C’est un déni démocratique inédit et majeur. Si le pays se retrouve dans une crise politique majeure, c’est d’abord, ne l’oublions jamais, à cause de cette alliance contre-nature que M. Macron a voulue. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)Ensuite, vous êtes des irresponsables économiques. La France a accumulé 1 200 milliards d’euros de dette supplémentaire depuis 2017, sous la présidence d’Emmanuel Macron, après que celle-ci a augmenté de 400 milliards sous François Hollande, que vous avez soutenu et ainsi fait élire en 2012.

Oui, c’est exact !

La charge de la dette s’élèvera à 66 milliards en 2026, soit 60 % de plus qu’en 2017. Ce montant est supérieur au budget de n’importe quel ministère. Nous détenons le record européen de la dépense publique et le record mondial des prélèvements obligatoires. Vous êtes donc irresponsables et paralysés par une idéologie en tout point socialiste. (Exclamations sur quelques bancs du groupe SOC.)

Il en rit lui-même !

Oui, monsieur le président, une idéologie très socialiste ! (Sourires.)Monsieur le premier ministre, vous posez une fausse question, profondément hypocrite. Certes, la situation est dégradée. Nous la connaissons, nous la vivons et nous la subissons. Nous n’avons donc pas besoin de commentateurs pour nous la décrire ; nous n’avons pas besoin de constats, mais d’actes courageux.Vous n’êtes pas l’homme du redressement ; au contraire, avec Emmanuel Macron, vous êtes les artisans de la débâcle française. Comment pourrions-nous faire confiance à ceux qui ont mis la France dans cet état ? Vous craquez des allumettes sur des flaques de kérosène depuis huit ans, mais nous devrions vous faire confiance pour éteindre l’incendie ? Quelle douce blague ! Par lâcheté, par absence de courage, vous avez reculé devant chaque réforme structurelle. Non, monsieur le premier ministre, la politique n’est pas […]

Vous l’adorez, en fait !

…et même, pire encore, en insultant hier l’honneur de nos policiers, qui seraient coupables de prétendus contrôles au faciès. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

C’est inacceptable !

Une honte !

Je suis convaincu que M. le ministre de l’intérieur aura à cœur de les défendre face à ces attaques inopportunes et injustes.En réalité, le mal français se trouve dans le poids exorbitant de la fiscalité et des charges qui pèsent sur ceux qui travaillent, dans un État hypertrophié au périmètre trop large, dans une bureaucratie tentaculaire et vorace, dans un système social dévoyé, dans des entreprises entravées par trop d’impôts, de normes et de règles.La vérité est cruelle, mais entendez-la avant votre grand départ. Nous le savons, la messe est dite, mais le débat ne porte déjà plus sur vous, monsieur le premier ministre : il doit porter sur l’ensemble de l’œuvre macroniste. C’est l’ensemble de l’œuvre de M. le président de la République que nous devons juger dans quelques instants et à laquelle nous devons refuser notre confiance. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et […]

Ce n’est pas le Parlement qui vote pour le président !

Nous ne voterons pas la confiance au président Macron, incapable de s’attaquer aux coûts et aux maux de l’immigration – lui qui a laissé entrer 500 000 immigrés par an depuis son élection – et de renvoyer dans leur pays les étrangers dangereux sous OQTF. (Applaudissements continus sur les bancs des groupes UDR et RN.) Nous ne voterons pas la confiance au président Macron, qui s’est agenouillé devant l’État voyou algérien, laissant Boualem Sansal mourir en prison. Nous ne voterons pas la confiance au président Macron, incapable de restaurer l’excellence à l’école, de sauver l’hôpital public, de défendre nos services publics. Nous ne voterons pas la confiance au président Macron, incapable de restaurer l’ordre dans la rue. Nous ne voterons pas la confiance au président Macron, qui a dangereusement affaibli la filière nucléaire voulue par le général de Gaulle et dont l’excellence est […]

Bravo !

La seule issue à la crise de régime provoquée par Emmanuel Macron est simple : le retour au peuple. La dissolution ou la démission. Osez ce retour au peuple ! N’ayez pas peur du peuple de France ! Un énième gouvernement du socle minoritaire ne résoudra rien à votre situation minoritaire, qui paralyse le pays. Au fond, si vous refusez de donner la parole au peuple, c’est que vous craignez son verdict.J’en appelle enfin à mes amis Les Républicains. (Protestations sur plusieurs bancs du groupe DR.)

Quand on a trahi, on n’est plus un ami !

Combien de temps encore resterez-vous arrimés au Titanic macroniste ? Voulez-vous cautionner ce naufrage ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.) Refusez cette folie ! Mes chers collègues, le sursaut ne viendra pas des fossoyeurs de la nation. Par l’alliance que nous avons formée avec le Rassemblement national de Marine Le Pen, nous préparons l’alternance qu’espèrent les Français pour la France. Ce chemin d’espoir est devant nous et rien ne nous arrêtera.Monsieur le premier ministre, nous avons un choix historique à faire : celui de mettre un terme définitif au macronisme, qui aura tant abîmé la France ! (Les députés des groupes UDR et RN se lèvent et applaudissent.)

La parole est à Mme Marine Le Pen.

Il est des moments politiques particuliers dans la petite histoire d’une mandature ou dans la plus grande histoire de la vie parlementaire d’un pays. Celui-ci en est un : c’est un moment de vérité. Nous voyons aujourd’hui les responsables du pays contraints d’étaler les résultats désastreux de cinq décennies de gestion dispendieuse, le spectacle piteux d’un effondrement, d’un désastre pour les Français et pour la nation, car les conséquences de cette situation engagent les générations de demain. (Mme Mathilde Panot s’exclame.) C’est dans ces moments de crise, dans ces moments où le roi apparaît nu, que se révèlent, dans le naufrage des formations déconsidérées, les petites et les grandes lâchetés, les opportunismes honteux, les connivences cachées – mais je n’aurai pas la cruauté de décrire les méprisables roucoulades d’aspirants ministres auxquelles nous assistons… (Rires et […]

« Je fais à la France le don de ma personne » !

C’est l’honneur de la politique et c’est parfois une noble servitude que de l’accepter. C’est pourquoi je m’étonne que M. Bayrou ait pu un instant croire que je pouvais lier ma décision de voter ou non la confiance à mon intérêt personnel. (Mêmes mouvements.) C’est mal connaître le Rassemblement national et ignorer l’intensité de notre engagement exclusif au service de la France.Ce moment marque la fin de l’agonie d’un gouvernement fantôme, qui n’eut de gouvernement que le nom. En huit mois, des ministres souvent invisibles ou transparents n’ont été capables de produire que cinq textes législatifs, dont trois sur Mayotte, en raison du dramatique épisode du cyclone Chido. À l’évidence, le pays n’est pas gouverné. Est-il seulement administré ?Dès lors, à quoi bon maintenir un gouvernement qui ne gouverne pas ? Les Français ne s’y trompent pas puisqu’ils sont 75 % à souhaiter sa censure. […]

Plusieurs députés du groupe EPR #492

C’est vous qui êtes coupable !

Vous ne pouvez pas pleurer, devant les caméras, sur les conséquences des méfaits que vous avez vous-mêmes commis. (Mêmes mouvements.) Curieux procédé, en effet, que de brandir les dettes dont on est comptable, les déficits dont on est responsable, l’effondrement général dont on est coupable, pour chercher à obtenir la confiance du Parlement ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)Il n’est pas moins paradoxal, monsieur le premier ministre, au moment où vos fonctions vous donnaient le devoir d’appeler à l’unité du pays, de désigner à la vindicte publique une classe d’âge. Ne cherchez pas à vous exonérer à mauvais compte des responsabilités d’un système que vous soutenez vous-même depuis quarante ans et tout particulièrement, dans les rangs macronistes, depuis huit ans. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)Vous cherchez à présenter les gouvernements […]

Deux fois !

Nous, nous respectons les institutions, notamment l’institution présidentielle :…

Et l’institution judiciaire ? Voleuse !

…nous n’appelons pas à la destitution. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) L’hypothèse de la démission étant a priori fermée, le président peut faire le choix de renommer un gouvernement, qui, au vu de l’équation politique, ne passera probablement pas la discussion budgétaire. Techniquement, cela nous conduira en décembre et le télescopage avec les élections municipales de mars rendra difficile l’organisation d’un scrutin législatif. Ce choix signerait donc l’enlisement institutionnel du pays.Y a-t-il d’ailleurs simplement, au sein du bloc macrono-LR (« Oh là là ! » sur les bancs du groupe EPR) ou chez ses supplétifs socialistes, une seule personnalité ayant suffisamment d’autorité pour gouverner en ces circonstances particulières, sans resservir le plat budgétaire avarié préparé par les cuisines de Bercy ? Je ne le crois pas. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN […]

Eh oui !

C’est avec vous qu’elle est laxiste, la justice !

On le voit : les choix pour sortir de la crise – une crise parlementaire ou, peut-être, une crise de régime – se restreignent. Une démocratie ne se relève des situations de doute et de confusion qu’en retournant aux sources, en suivant le fil rouge qu’indiquent les institutions et, pour notre République, la loi fondamentale qu’est notre Constitution. Alors que vous vous enfoncez dans la IVe République, je vous appelle à revenir au texte de la Ve…

Avec votre aide, bien sûr !

…et, en particulier, à son article 5, qui octroie au président de la République un pouvoir d’arbitrage, ainsi qu’à son article 12, qui prévoit la dissolution de l’Assemblée nationale.

Elle a certainement lu la version illustrée !

La dissolution n’est pas un caprice ; c’est un levier institutionnel pour sortir des blocages et permettre le fonctionnement démocratique, c’est-à-dire normal et fluide, des institutions. J’entends dire ici et là qu’il n’y aura pas de dissolution parce qu’Emmanuel Macron n’y aurait pas intérêt – mais ni les règles de la démocratie ni la Constitution ne prévoient que le président de la République agisse par intérêt ! Il doit agir par devoir et, en l’occurrence, dans l’intérêt supérieur du pays. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) S’il dispose de pouvoirs pour permettre l’exercice de la démocratie et le fonctionnement des institutions, c’est pour les mettre en œuvre quand la situation l’exige. Tout laisse penser, juridiquement, politiquement, voire moralement, que la dissolution n’est pas pour lui une option : elle est une obligation. Or, en dehors de la dissolution […]

Ce sont les électeurs qui décident !

Après une présidentielle, il y a un fait majoritaire qui s’exprime naturellement aux législatives suivantes. Personne n’y trouve rien à redire ; cela s’inscrit dans une logique institutionnelle bien ancrée et permet au pays d’être dirigé et gouverné. Il arrive toutefois qu’en cours de mandat présidentiel, des élections législatives voient émerger un fait majoritaire d’alternance. Celui-ci doit être tout autant respecté, même s’il impose au président une cohabitation. Malgré tous ses défauts, François Mitterrand, alors président, a laissé se constituer, en 1986, une majorité alternative de droite. Il en fut de même pour Jacques Chirac en 1997, avec cette fois-ci une cohabitation socialiste.Ces deux cas montrent que le président de la Ve République a le devoir de s’effacer devant le vote populaire qui s’exprime. Quand il y a blocage, le rôle d’arbitre, tel qu’il est dévolu au président […]

Ce sont les Français qui décident !

À l’issue du vote, M. Macron doit se résoudre à sortir au moins une fois de son rôle de chef de la majorité pour enfin assumer – si toutefois il en est capable – son rôle de président de la République. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) En ces circonstances, le président n’a qu’une possibilité : convoquer de nouvelles élections et laisser le pays choisir – et le laisser choisir, s’il le décide, une majorité d’alternance. Si le président s’implique dans la campagne, s’il sort de son rôle d’arbitre pour devenir joueur, il accepte par avance d’en assumer les conséquences politiques en cas de défaite. (Mêmes mouvements.)L’alternance n’est pas un gros mot : c’est une respiration normale de la démocratie. L’arbitrage, c’est revenir au peuple souverain ; laisser perdurer cette situation de blocage par des artifices laisserait le président en première ligne pour faire d’une […]

Les Français veulent bloquer le pays !

Vous avez peur ?

…sans dissolution, Emmanuel Macron bloque aussi le pays. Or ce dont la France a besoin, ce n’est pas d’un blocage, c’est au contraire d’un déblocage de la situation ; ce n’est pas d’un enlisement, c’est d’un élan. Les forces de blocage macronistes et Insoumises sont les seules responsables de l’enlisement et du désordre.

Vous avez protégé Macron !

Vous avez peur du peuple !

Enfin, la dernière raison pour laquelle Emmanuel Macron doit dissoudre ressort de l’esprit des lois. Il y a la loi, le texte de la loi ; il y a aussi l’esprit de la loi et celui des institutions. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) L’esprit des lois, notamment celui de la loi fondamentale constitutionnelle, enjoint de ne rien faire qui puisse contrarier le fonctionnement des institutions. Si l’une d’elles dysfonctionne, c’est tout l’équilibre institutionnel qui vacille.

Pas un mot sur les Français, rien !

Personne ne comprendrait que le président contribue à sa paralysie.Vous le voyez, mon analyse de la situation provient de la haute conception que j’ai de nos institutions (Exclamations sur les bancs des groupes EPR et Dem)…

Scandaleux !

L’esprit du bien public ?

…et du rôle éminent et fédérateur que je crois être celui du président de la République.

Vous parlez de vos liens avec Poutine ?

La crise parlementaire que nous traversons constitue un test quant à la conception que le chef de l’État a de sa fonction ; son issue témoignera également de la santé de nos institutions. Il n’y a pas besoin de je ne sais quelle VIe République, et le crime serait de revenir à la IVe. La Ve fonctionne merveilleusement bien (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP) pour peu que l’on respecte sa lettre et que l’on retrouve son esprit.Pour ce qui nous concerne, comme nous l’avons toujours fait, nous prendrons nos responsabilités : s’il n’y a pas de dissolution, nous continuerons, avec un esprit constructif mais sans faiblesse, de faire valoir les idées que nos électeurs nous commandent de défendre. Mais je le dis avec solennité : n’attendez pas que le groupe RN vous suive dans votre folie fiscale et migratoire, dans vos petits partis pris idéologiques qui vous empêchent de voir la […]

La parole est à M. Gabriel Attal.

Décrivant son siècle dans ce qui fut le journal de la Résistance, Combat, Albert Camus nous avait mis en garde. La France était en ruine. Le monde entier se remettait à peine d’une guerre dont on peinait encore à saisir toute la portée et l’horreur. Tout était à refaire, à reconstruire. Et face à ce siècle qu’il pensait être celui de la peur, Camus lançait un avertissement : « Nous étouffons parmi les gens qui croient avoir absolument raison. »Dans le cadre des débats qui nous animent aujourd’hui et, plus largement, depuis un an, voire depuis l’élection, en 2022, d’une Assemblée nationale sans majorité absolue, cette phrase doit résonner en nous. Oui, la politique est malade des certitudes.

Elle est malade du macronisme !

La politique est malade des lignes rouges, des ultimatums, des oukases. La politique est malade de l’intransigeance, du refus obstiné de voir que l’Assemblée nationale issue du choix des Français n’a pas de majorité, ce qui nous impose de dialoguer. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur quelques bancs des groupes DR et HOR.) Pendant que la politique s’enferme dans ses certitudes, la France étouffe. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les Français. Ce sont les Français qui ne croient plus dans la politique et qui s’en désintéressent, voire la fuient.

C’est de vous qu’ils ont marre !

Ce sont les Français qui sont épuisés par la valse des ministères et par l’instabilité permanente. Ce sont les Français que la démocratie parlementaire, jouant avec le feu, finit par fatiguer et désabuser. La France étouffe par la lâcheté de ceux qui préfèrent attendre et voient l’inaction comme une planche de salut électorale. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.) Elle étouffe des normes, des contraintes, des incertitudes qui empêchent l’action publique et gâchent la vie des gens. Elle étouffe du blocage permanent, alors même que tout devrait nous pousser à agir.Nous n’avons pas une seconde à perdre. Nous vivons un moment exceptionnel de notre histoire, où la France et l’Europe sont au cœur de toutes les tensions et de tous les défis ; un moment où la guerre frappe au cœur de l’Europe, exigeant de nous de peser dans l’ordre mondial et d’assumer un leadership européen […]

Et vous avec lui !

Dans ce monde, tous les pays accélèrent, décident, investissent, agissent.

Et vous, vous imposez l’austérité !

Et nous, nous serions condamnés au blocage ? Le monde avance : la France ne peut rester à quai. Chaque mois de blocage, ce sont des années perdues par rapport aux autres nations. Chaque mois d’incertitude ou d’indécision, c’est une hypothèque plus forte sur l’avenir des Français.Malgré cela, certains font le choix, bien sûr, de la politique de la terre brûlée,…

Et vous, celle de la terre polluée !

…qui consiste à faire passer leurs intérêts propres avant ceux des Français. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur plusieurs bancs des groupes DR et Dem.) Ces derniers jours, une fois de plus, les postures ont supplanté l’intérêt général. Une fois de plus, il n’aura pas fallu une heure pour que certains avancent à l’unisson, mus par un programme commun : le désordre (Mêmes mouvements) – le désordre à tout prix, car seul le calcul politique compte !Avec un mépris absolu, ils appellent à faire revoter les Français, parce que ceux-ci auraient mal voté, et ils leur expliqueraient comment bien voter ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur plusieurs bancs des groupes DR et Dem. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) La réalité est ailleurs : ce n’est pas aux Français de régler les problèmes du Parlement, mais au Parlement de régler les siens […]

La démocratie, vous connaissez ?

Vous avez perdu les élections !

Usurpateurs !

Face à eux, mon groupe et moi ne regrettons pas une seconde d’avoir été responsables,…

En appelant à voter LFI ?

…d’avoir toujours refusé la course aux postures et la collection de lignes rouges, d’avoir toujours préféré le dialogue et le débat, d’avoir toujours – toujours – fait le choix de la stabilité, même quand nous n’étions pas d’accord, même face aux différences ; d’avoir accepté par deux fois un gouvernement dirigé par une personnalité ne venant pas de notre parti politique. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Dites que vous avez appelé à voter LFI et fait élire des députés LFI !

S’il vous plaît, chers collègues !

Jamais nous n’avons tenté de déstabiliser le gouvernement, parce que jamais nous n’avons voulu déstabiliser la France.Avec les députés de mon groupe, je veux le dire aux Français : nous serons là.

Pas pour longtemps !

Nous serons là et nous resterons présents aux côtés des Français. Nous serons là et nous n’abandonnerons jamais les Français. Nous agirons et nous ne renoncerons jamais ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Mes chers collègues, c’est à nous, à nous toutes et tous, collectivement, au-delà des groupes, qu’il revient de prendre le risque du dialogue, qu’il revient d’avoir le courage du compromis. Oui, le compromis est un courage, quand la posture est un confort. Aujourd’hui, clairement, je tends à nouveau la main. Comme je l’ai proposé dès l’été 2024,…

En votant LFI !

…comme je l’ai proposé il y a dix jours encore lors de la Rencontre des entrepreneurs de France, je tends la main et je vous le demande : dialoguons, parlons-nous, trouvons des convergences ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)Faire tomber un gouvernement, c’est un coup politique qui a un coût pour la France. C’est s’offrir, pour quelques heures, le parfum trompeur d’une victoire, mais enfoncer encore plus la France dans le brouillard.Oui, le compte à rebours a commencé – le vrai compte à rebours, non pas celui jusqu’au vote de tout à l’heure, mais celui jusqu’à la seule échéance qui compte vraiment, celle qui compte le plus : le 31 décembre. Le 31 décembre, notre pays devra avoir un budget. Si ce n’est pas le cas, nous connaissons les conséquences. Les conséquences, ce sont des entrepreneurs qui hésitent à investir, parce qu’ils ne savent pas quel cadre fiscal et […]

Et des cartes Vitale qui cessent de fonctionner ?

Les conséquences, ce sont les programmes militaires retardés, alors même que nous avons besoin de nous réarmer d’urgence.

Le report de charges existe déjà !

Les conséquences, ce sont des recrutements de policiers, de gendarmes, de magistrats, de soignants, d’enseignants, qui sont retardés ; ce sont des décisions qu’on retarde encore et encore. C’est surtout, et peut-être plus que tout, la crédibilité de la France qui est remise en cause.À force d’instabilité, nous prenons des risques inconsidérés :…

Il faut donc dissoudre tout de suite !

…le risque de l’impuissance – l’impuissance face aux défis auxquels nous sommes confrontés, l’impuissance dans le concert des nations. Qui écouterait la voix d’un pays qui perdrait sa souveraineté économique et financière ? Ce risque est existentiel ; nous ne pouvons pas le prendre.Pendant le covid, nous avons protégé les Français. Après la pandémie, au moment de la crise de l’inflation, nous avons pris les mesures qui s’imposaient pour protéger leur pouvoir d’achat. C’était impératif, et je mets au défi quiconque de nous dire qu’il aurait fallu abandonner nos entreprises et nos concitoyens, les laisser sans défense et sans protection pendant la crise du covid ou celle de l’inflation. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur plusieurs bancs du groupe Dem.)L’heure est venue de réduire le poids de notre dette et de réduire nos déficits. C’est bien la question qui nous est […]

Une députée du groupe LFI-NFP #576

Augmentez les retraites !

…c’est possible : en 2024, pour la première fois depuis près de quinze ans, les dépenses de l’État ont baissé par rapport à l’année précédente, parce que nous avons massivement annulé des crédits en cours d’année et pris des décisions difficiles.

Les niches fiscales ont augmenté !

Nous pouvons réussir, en demandant à tous des efforts justes, en réduisant le train de vie de l’État, en luttant contre toutes les fraudes, en examinant l’efficacité de nos dépenses, notamment de nos dépenses sociales. (M. Laurent Wauquiez applaudit.) Nous pouvons réussir, en lâchant les totems et en construisant des ponts. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)Faire chuter le gouvernement, c’est nous mettre plus en retard encore par rapport au compte à rebours jusqu’au 31 décembre. C’est prendre le risque de nous condamner à échouer et d’ajouter un peu plus d’instabilité pour la France.Ces derniers jours, et aujourd’hui encore à cette tribune, le premier ministre a rappelé, avec raison, que ce n’est pas de personnes ou de postes qu’il s’agit : c’est de la capacité de notre pays à avancer en se parlant, en dialoguant. Je veux saluer tout l’engagement du gouvernement […]

Quel soutien enthousiaste !

S’agissant des jours fériés, nous l’avons dit : tout travail mérite salaire et il n’est pas acceptable de demander aux Français de travailler deux jours de plus sans rémunération supplémentaire.

Vous oubliez les Français au RSA ! C’est incroyable !

Faut-il pour autant tout envoyer en l’air ? Faut-il tout casser, au risque de faire foncer la France dans le mur ? Évidemment que non !

C’est vous qui cassez tout ! Les casseurs, c’est vous ! (Exclamations sur quelques bancs du groupe EPR.)

Tout à l’heure, aucun des députés de mon groupe ne votera pour donner un chèque en blanc au gouvernement ; aucun des députés de mon groupe ne votera pour valider le budget. Les députés de mon groupe voteront tout simplement pour l’intérêt général, pour la stabilité, pour éviter à tout prix de perdre un temps précieux, alors que nous avons besoin d’un budget. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur quelques bancs du groupe DR.)

Venez rencontrer les Français, par exemple en Haute-Saône !

Plutôt que de céder au plaisir des gros titres, ayons le courage de l’action ! Nous avons un devoir : protéger la France pour qu’elle reste debout. Avec mon groupe, nous serons toujours en première ligne pour une France debout !Bien sûr, j’entends les désaccords – ils sont parfois profonds. Je ne nie pas nos divergences – elles sont parfois massives.

Sans blague !

Mais je ne demande à personne de renoncer à ses convictions.

Encore heureux !

Je ne me fais aucune illusion. Je ne propose ni pacte de gouvernement ni contrat de coalition. Ce que je propose, c’est un accord : un accord d’intérêt général pour que les dix-huit mois devant nous soient utiles, qu’ils ne soient pas ceux du blocage à répétition et de l’impuissance publique.Oui, nous avons dix-huit mois, non pas pour réécrire l’histoire ou pour promettre une révolution à crédit, mais pour chercher des convergences d’intérêt général, trancher les urgences, protéger les Français et préparer l’avenir. Alors, trouvons ensemble un budget et quelques réformes que nous sommes prêts à mener ensemble ; bâtissons cet accord d’intérêt général autour d’une feuille de route précise, que chacun, au sein des forces républicaines, pourra soutenir ; acceptons les uns et les autres le compromis ! Pour notre part, nous y sommes prêts. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et […]

Aux compromissions aussi ?

Faire chuter le gouvernement ne résoudra rien. Cela ne répondra ni aux défis de la France, ni aux problèmes des Français, ni à la dette, qui continuera à peser sur eux. Cela n’aura qu’un seul effet : nous retarder – nous retarder dans la course contre la montre pour bâtir un budget avant le 31 décembre ; nous retarder dans la compétition internationale ; nous retarder et retarder le pays tout entier. Alors, pour dix-huit mois, trouvons un accord d’intérêt général ! Et pour la suite, ne soyons pas dupes : nous aurons besoin de tout réinterroger, de tout revoir, de tout refonder.

Vous êtes prêts à quoi ?

Le moment que nous vivons n’est pas une crise de plus, une crise encore, une crise de trop. Il dit quelque chose de plus profond : nous traversons une crise de modèle. Notre modèle de société est né dans l’après-guerre, dans un pays à la natalité en plein essor, dans un monde où la mondialisation n’était pas même un concept et où les technologies étaient rudimentaires au regard des nôtres. À ce modèle, nous devons beaucoup : la protection, la reconstruction, l’ascension sociale de millions de familles.Mais, aujourd’hui, tout a changé. L’intelligence artificielle est en train de bouleverser le monde…

Vous l’avez déjà dit !

…et change jusqu’à nos manières de penser le travail, la santé, l’éducation. Le dérèglement climatique accélère et ses conséquences sont de plus en plus concrètes et destructrices pour nos concitoyens. Notre démographie change, rebattant toutes les équations de la solidarité. La démocratie elle-même, la République telle que nous la connaissons, est parfois remise en cause, soumise au doute ou à la tentation autoritaire.La réalité, c’est qu’on ne peut pas faire tourner la France de 2025 avec un modèle de 1945 ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur quelques bancs du groupe DR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Vive la VIe République !

Et si l’examen du budget est devenu, année après année, un moment de crispation, d’affrontement, d’instabilité,…

Un moment où l’on ne peut pas voter…

…c’est parce qu’il met au jour, chaque année plus violemment, le fossé béant entre le modèle de l’après-guerre et les réalités du monde d’aujourd’hui.

C’est vous qui avez 70 ans !

Chaque fois, nous tendons un peu plus le fil, nous tordons un peu plus les faits, mais cela ne suffit plus, cela ne suffit pas, cela ne suffira pas. C’est un changement de modèle que nous devons effectuer.Bien sûr, nous aurons tous l’occasion de proposer, de débattre, de nous opposer. Bien sûr, les Français trancheront sur le modèle qu’ils souhaitent voir émerger. Mais si nous ne réagissons pas, si nous ne nous entendons pas pour les dix-huit prochains mois autour d’un socle minimal pour le budget et de mesures très claires, il sera peut-être trop tard.Je crois en la France. Je crois en les Français.