Séance du 4 juillet 2023 — 3e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Tours 201 à 400 sur 1140 — page 2 / 6.
Et si on interdisait à BFM TV d’inviter l’extrême droite ?
Monsieur le ministre, que comptez-vous faire pour que ce chaos sécuritaire cesse et pour que l’autorité de l’État soit enfin rétablie dans notre pays ?
La parole est à M. le ministre de l’intérieur et des outre-mer.
À la suite des événements dramatiques de Nanterre…
À la suite des violences policières ! Le ministre n’est pas au courant ?
…– je l’ai dit, comme la Première ministre, j’estime que toute la vérité et toute la justice doivent être faites en respectant la présomption d’innocence due à tous les citoyens, y compris aux membres des forces de l’ordre –, je veux d’abord redire mon soutien aux 808 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers blessés, et saluer la mémoire du caporal-chef de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris décédé. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, RN, LR, Dem et HOR.) Dans ce moment terrible pour notre pays,…
Et que dites-vous sur Alliance police nationale ? (Protestations sur les bancs du groupe RE.)
Vous n’avez pas la parole, monsieur Portes. Laissez M. le ministre répondre !
…il faut se rappeler que la République est un équilibre. Oui, il faut de l’ordre et de la fermeté ; mais l’ordre juste n’est pas juste l’ordre. Oui, il faut écouter les policiers et les gendarmes qui affrontent bien des difficultés, dans tous les quartiers de la République, et je suis le premier à les soutenir.
Ce n’est pas ce qu’ils ressentent !
Mais il ne faut pas se tromper de débat. Moins de 10 % des 4 000 interpellés sont étrangers, 90 % sont français. Quarante personnes seulement sont éligibles à un centre de rétention administratif. Le problème, ce sont les jeunes délinquants, pas les étrangers. Nous sommes nombreux ici à être issus des quartiers, à être issus de l’immigration, et à aimer notre pays. Nous ne voulons ni de la haine des policiers ni de la haine des étrangers ; nous voulons de l’amour de la République ! (Les députés des groupes RE, Dem et HOR se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES. – Mme Marie-Christine Dalloz et M. Nicolas Forissier applaudissent également.)
La parole est à M. Michaël Taverne.
Votre mépris révèle au grand jour votre incompétence. La seule qui répondra au problème de sécurité, c’est Marine Le Pen. La seule qui mènera une véritable politique en cette matière, c’est Marine Le Pen. Plus que jamais, l’urgence c’est l’alternance ! (Vifs applaudissements sur les bancs du groupe RN. – Protestations sur les bancs des groupes RE et Dem.)
La parole est à M. Alexandre Vincendet.
En tant que député de la septième circonscription du Rhône, qui compte notamment les villes de Rillieux-la-Pape, Bron et Vaulx-en-Velin, j’ai été, comme beaucoup d’autres dans cet hémicycle, au cœur du chaos de ces derniers jours. Nos forces de sécurité – police nationale, gendarmerie, police municipale et pompiers – ont été héroïques et la République doit leur être reconnaissante. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.) Rappeler la responsabilité des parents a également été salutaire. La République, ce sont des droits et des devoirs, y compris pour les parents ; il est urgent d’en tirer toutes les conséquences.Alors que les voyous font l’objet de poursuites, qu’entendez-vous faire à l’encontre des émeutiers par procuration, ceux qui ont refusé d’appeler au calme, ceux qui, à force de tout excuser en permanence (Protestations sur les bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES),…
Les violences intrafamiliales, on en parle ?
Ils se sont reconnus !
…ont mis de l’huile sur le feu – quitte à se renier, comme M. Mélenchon qui, en 2012, fustigeait les hordes de casseurs, les traitant de crétins, de bouffons et de larbins de la société capitaliste. Aujourd’hui, il les incite à la violence en sélectionnant pour eux les cibles à viser.
Les violences sur les enfants, on en parle ?
Les appels à la sédition par des responsables publics et politiques sont intolérables !La deuxième partie de ma question concerne la politique de la ville. Élu maire de Rillieux-la-Pape en 2014, j’ai engagé un plan de rénovation urbaine sans précédent. L’argent est là, mais les procédures et les délais sont trop longs : les premiers effets des décisions qu’on prend ne se font sentir que dix, voire vingt ans après. C’est tellement long et complexe que cela en devient illisible pour nos concitoyens qui habitent, comme moi, dans ces quartiers et qui, pour l’immense majorité d’entre eux, font tout pour vivre dans la dignité et le respect de la République. Cette lenteur décrédibilise la parole publique et laisse le champ libre aux voyous et à ceux qui les instrumentalisent.Madame la Première ministre, que comptez-vous faire pour aider les maires à agir plus vite, plus fort et plus […]
La parole est à M. le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Ce matin, à l’Élysée, plus de 200 maires de toutes sensibilités politiques, dirigeant des communes de toutes tailles,…
Dans l’œcuménisme le plus total…
…étaient réunis autour du Président de la République pour partager leurs constats et leur désarroi.
Ça va tout changer ! Quel homme, ce Macron…
Ceux qui, aux deux extrêmes de cet hémicycle, utilisent ce moment, qui devrait être l’occasion de faire preuve de dignité, pour lancer des phrases à la volée, me désolent. En effet, le premier soutien à apporter aux élus locaux serait d’évoquer ces sujets avec un minimum de respect. On ne peut pas à la fois saluer les fonctionnaires, les forces de l’ordre et les élus, et, lorsqu’on évoque la manière de les accompagner, se livrer à des raccourcis ou pousser son idéologie sans prendre le temps d’entendre ce qu’ils ont à dire sur ce qu’ils vivent.Que disent les maires ?
C’est vous qui êtes au pouvoir depuis six ans ! Vous abandonnez les maires !
Les lourdeurs administratives existent, mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. La politique de la ville compte aussi des réussites : les dizaines de milliards investis ont, à certains endroits, fait avancer les choses.Dans le même temps, ces images terribles que nous voyons ne doivent pas nous conduire à occulter les histoires et les parcours qui ont pu être des réussites. Quand une famille s’en sort, qui la remplace, si ce n’est une famille qui compte de nouveau parmi les plus fragiles ?
Vous ne répondez pas à notre collègue Vincendet, monsieur le ministre !
Nous devons être capables de regarder cette réalité en face afin de mesurer l’ampleur du combat pour la mixité. C’est tous ensemble que nous gagnerons !Enfin, monsieur le député, je veux vous rejoindre sur les silences indécents de l’extrême gauche et de M. Mélenchon : ce sont ces silences qui ont contribué à mettre le feu aux poudres. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
Les voilà, les coupables !
Je vous le dis, les habitants de ces quartiers méritent plus que de se voir traités par vous comme des émeutiers en puissance.
C’est vous qui êtes au pouvoir !
Votre mépris de classe pour les habitants des quartiers populaires éclate dans la façon dont vous les instrumentalisez : vous devriez avoir honte ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RE. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.)
C’est bien, vous recevrez un bon point !
La parole est à M. Sacha Houlié.
Monsieur le garde des sceaux, ces derniers jours, partout en France, d’importantes émeutes ont suivi la mort de Nahel. Je veux bien sûr ici redire mon soutien à sa famille. Une enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été ouverte et la justice est saisie. Ce drame, aussi grave soit-il, ne peut servir de prétexte à l’incendie que nous avons constaté. Je salue, à cet égard, l’attitude responsable de la majorité des élus qui ont appelé au calme, à l’exception notable d’un quarteron, que dis-je d’un groupuscule d’élus qui s’est durablement discrédité : je parle bien sûr de La France insoumise. (« Très bien ! » et applaudissements sur les bancs du groupe RE.)Ce que nos concitoyens attendent aujourd’hui, c’est de la justesse dans le prononcé de la justice. Monsieur le garde des sceaux, en moins d’une semaine, les forces de l’ordre ont procédé à plus de 3 000 […]
Ah bon ?
Allô !
Monsieur le garde des sceaux, ces émeutiers sont jeunes, souvent mineurs ; ils ont parfois 17, 14, voire 12 ans. Vous avez, à raison, posé la question de l’autorité parentale : la médiation parentale dans les quartiers populaires méritera à ce titre d’être renforcée. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Dans cette attente, quelles instructions avez-vous données pour s’assurer que les parents ne laissent pas traîner leurs fils ?Enfin, comme le Président de la République, vous avez pointé la responsabilité des réseaux sociaux. Derrière les écrans, trop de jeunes – ou des moins jeunes, d’ailleurs – se pensent surhumains, intouchables. Ils disent n’importe quoi, attisent la colère et appellent à la haine. Nous n’en pouvons plus de tant d’irresponsabilité. Aussi, monsieur le garde des sceaux, nous voulons savoir comment vous allez mettre en œuvre la promesse de démasquer les […]
La parole est à M. le garde des sceaux, ministre de la justice.
Monsieur le président Houlié, je partage ce que vous dites de l’émotion qui est la nôtre à la suite de la mort de ce jeune homme, celle que nous devons témoigner en particulier à sa famille. Mais cette émotion ne peut en rien – je dis bien en rien – justifier les saccages, les pillages et les exactions auxquels nous avons assisté.Dès vendredi, j’ai pris une circulaire de politique générale à l’attention des procureurs et des procureurs généraux de notre pays pour leur demander de la fermeté et de la réactivité.
Alors, tout va bien !
Vous êtes dépassé !
L’encre de la circulaire était à peine sèche que les procureurs la mettaient déjà en œuvre. Je veux ici, de façon solennelle, leur rendre hommage, parce qu’ils ont été au rendez-vous de la justice. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE et sur quelques bancs du groupe Dem.) De la même façon, je veux rendre hommage aux magistrats du siège et aux greffiers qui,…
Ils sont en grève !
…pendant des heures et des heures, ont répondu à ces exactions insupportables.Voici ce que nous avons fait : tout d’abord, j’ai demandé aux procureurs qu’ils requièrent auprès des réseaux sociaux – ce qui est autorisé depuis 2021 – pour trouver les noms et les adresses des utilisateurs des comptes concernés : pas un gamin ne peut et ne doit encore penser aujourd’hui qu’il peut échapper à sa responsabilité !Qu’en est-il ensuite de la responsabilité des parents ?
Ah, il sait de quoi il parle !
Et vous, comme parent, que dites-vous de votre fils ?
Il y a des parents qui sont en capacité d’exercer l’autorité parentale mais qui ne l’exercent pas pour autant. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
C’est vous le responsable !
S’il vous plaît, chers collègues !
Non, traîner dans la rue à 12 ans, ce n’est pas normal ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.) Dans une autre circulaire, j’ai formulé un certain nombre de directives pour que l’on rappelle à l’ensemble des parents les obligations qui sont les leurs. (Nouvelles exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)Enfin, la justice a été au rendez-vous de la fermeté que j’appelais de mes vœux : 350 incarcérations ont été prononcées.
Merci beaucoup, monsieur le ministre !
Voilà ce que je voulais dire : nous avons besoin de la justice. La justice… (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Les députés du groupe RE applaudissent ce dernier.)
La parole est à M. Antoine Léaument.
Monsieur Darmanin, ce vendredi, les syndicats factieux (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN)…
Oh, c’est scandaleux !
…Alliance et Unsa police ont menacé le pouvoir exécutif dans un communiqué.Après avoir menacé les pouvoirs législatif et judiciaire, c’est un nouveau cap qui est franchi. Quand rappellerez-vous à Alliance que la police n’est pas là pour donner des ordres, mais pour servir et obéir ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Julien Bayou applaudit également.) La vérité, c’est que vous êtes paralysés par la peur : vous avez peur de finir comme M. Castaner, limogé en quarante-huit heures pour avoir dénoncé les clés d’étranglement (Mêmes mouvements) ; vous avez peur de fermer la cagnotte de la honte,…
C’est vous, la honte ! C’est même vous qui avez inventé le concept !
…lancée par un raciste pour récompenser le meurtrier de Nahel ; vous avez peur que la police se retourne contre vous, après l’avoir utilisée pour faire passer en force votre réforme des retraites. Voilà ce qui arrive quand on fait reposer l’autorité de l’État non pas sur l’adhésion, mais sur la répression ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES et sur quelques bancs du groupe Écolo-NUPES.) Cette peur paralyse votre action ;…
Il n’y a que vous qui faites peur !
…elle vous empêche d’agir quand l’ONU dénonce le racisme dans la police. Mais vous niez ce racisme et la présidente macroniste de l’Assemblée nationale affirme que la police exerce sa mission d’une façon merveilleuse.
Elle a raison !
Au nom de Taissire, Gabriel, Samy, Keve, Gangaly et Mohammed, six jeunes de ma circonscription, âgés de 13 à 17 ans, je veux vous décrire en quoi consiste l’action « merveilleuse » de la police. « Ferme ta gueule tête de chien ! Tu veux qu’on t’encule ou quoi ? » Ces propos sont ceux qu’ont tenus des policiers à ces jeunes gens. (Vives exclamations prolongées sur les bancs des groupe RE, RN, LR et Dem. – Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Ils vous choquent ? Tant mieux ! (« C’est scandaleux ! » sur les bancs des groupes RN et LR.) Peut-être allez-vous réagir ?
Quelle honte !
Le code de déontologie de la police et de la gendarmerie nationales prescrit que le policier doit se comporter d’une manière exemplaire, ce qui inspire en retour respect et considération. Pensez-vous que les insultes que j’ai citées inspirent respect et considération ? (Les exclamations se poursuivent.) Pensez-vous que lorsque ces syndicats de policiers parlent de « hordes de sauvages », de « nuisibles » et de « guerre », ils emploient autre chose qu’un vocabulaire raciste ? (Applaudissements continus sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Cette guerre est prétendument menée contre un ennemi de l’intérieur. Or il n’existe pas, en république, d’ennemi de l’intérieur !Le racisme est un délit : c’est le poison de la République !
C’est vous, le poison de la République !
Quand allez-vous limoger et punir les policiers racistes qui salissent l’uniforme de leurs collègues républicains ? (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Quand allez-vous faire justice aux jeunes comme Taissire, qui résument leur attachement à la République par une phrase simple : « On est tous Français, on doit avoir les mêmes droits ! » ? (Les députés du groupe LFI-NUPES se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur quelques bancs du groupe Écolo-NUPES. – Mme Soumya Bourouaha applaudit également.)
Vous avez semé la haine anti-flics ! (Exclamations sur divers bancs.)
La parole est à M. le ministre de l’intérieur et des outre-mer. Un peu de silence, chers collègues !
Monsieur le député, il ne faut pas tout confondre. Un policier a été mis en examen ; tous les policiers n’ont pas été mis en examen. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, LR et Dem.)
De temps en temps, il est bon de rappeler certaines vérités !
Les délinquants de certains quartiers ont mis à sac des villes ; tous les habitants des quartiers n’ont pas mis à sac leur ville. (Mêmes mouvements.) Des syndicats de police émettent des communiqués, mais non, le ministre de l’intérieur ne corrige aucun communiqué qu’il provienne de FO, de la CGT ou d’Alliance. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
C’est faux !
Une cagnotte a été ouverte et vous dites qu’il faudrait que je la ferme. Non, monsieur le député : c’est à la justice de notre pays qu’il appartient de le faire,…
Vous l’avez déjà fait par le passé !
…notamment au tribunal de grande instance, comme ce fut le cas pour les cagnottes constituées pendant la crise des gilets jaunes ou après les attentats. (Mmes Danielle Brulebois et Anne Genetet applaudissent.)Faites mentir les paroles de Jacques Brel car vous n’êtes pas des révolutionnaires, mais des petits révoltés. Soyez au rendez-vous de la République ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RE et sur plusieurs bancs des groupes LR et HOR.)
Et le racisme, on en parle ?
La parole est à Mme Marie-Noëlle Battistel. (Exclamations continues sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Chers collègues, un membre de votre groupe vient de poser une question. Daignez écouter la question suivante !
Monsieur le ministre de la santé et de la prévention, questions après questions, les parlementaires de tous bords vous alertent chaque semaine sur les inquiétudes de nos concitoyens en matière d’accès à la santé. À l’hôpital, à la campagne ou en ville, on partage le même constat d’une carence. J’appelle aujourd’hui votre attention sur l’accès aux soins de gynécologie médicale : on peut parler d’une situation sinistrée en France et constater que l’accès à cette spécialité est rendu impossible dans treize départements,…
C’est à cause des socialistes !
…comme le relève un récent rapport de la délégation sénatoriale aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes.Manque de spécialistes, traitement insuffisant des violences obstétricales et gynécologiques, couverture inégale du territoire :…
C’est votre bilan !
…voilà autant de problèmes qui touchent prioritairement les femmes et qui nous concernent toutes et tous ici, tant les conséquences que cette pénurie engendre sont multiples d’un point de vue sanitaire et social.
Bravo les socialistes !
Entre 2007 et 2020, la France a connu une baisse de plus de 50 % de ses effectifs de gynécologues médicaux. Professionnels de santé, associations féministes et parlementaires font le constat de la nécessité d’aller plus loin, plus vite, et de prévoir une augmentation significative du nombre d’internes dans cette spécialité. Si nous ne faisons rien, ce déficit s’aggravera. On observe déjà des conséquences néfastes pour de nombreuses femmes ; des absences de suivi et des retards avérés dans les diagnostics induisent in fine des pertes de chance. Notre amendement transpartisan pour une régulation de l’installation des médecins sur le territoire aurait pu être un début de réponse au problème des déserts médicaux, ce dans toutes les disciplines. Or vous l’avez refusé !Monsieur le ministre, permettre une prise en charge gynécologique efficace des femmes contribue à leur émancipation. […]
La parole est à M. le ministre de la santé et de la prévention.
Le manque de professionnels de santé est un véritable défi pour notre système de santé, quelles que soient les spécialités – la gynécologie médicale n’est pas la seule concernée. En réalité, ce déficit est la résultante de quelques dizaines d’années de gestion totalement aveugle des effectifs médicaux et paramédicaux. Nous avons supprimé le numerus clausus, si bien qu’aujourd’hui plus de 15 % d’étudiants sont acceptés en deuxième année de médecine. Nous avons aussi renforcé les formations d’infirmières, en lien avec les régions. Plus de 6 000 postes de formation d’infirmières et plus de 3 000 postes de formation d’aides-soignantes ont été ouverts. N’oublions pas que 10 % des infirmières abandonnent leurs études ; c’est un problème majeur. C’est la raison pour laquelle nous venons de lancer une réforme complète du métier et de la formation pour maintenir les infirmières dans les […]
Il n’y a toujours pas de régulation, faute de courage !
Vous le voyez, les réponses se déclinent sur deux niveaux. D’une part, elles visent à augmenter le nombre de professionnels dans toutes les spécialités – les gynécologues obstétriciens en profiteront tout autant que les gynécologues médicaux. D’autre part, elles ont pour objet de redonner plus de temps aux professionnels et aux médecins, afin qu’ils puissent prendre en charge davantage de patients. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.)
La parole est à Mme Prisca Thevenot.
Ma question s’adresse à M. le ministre de l’intérieur et des outre-mer. « Je n’en veux pas à la police, j’en veux à une personne : celui qui a enlevé la vie de mon fils. » Ces mots prononcés par la maman de Nahel ont trouvé un écho auprès de notre justice. En effet, le policier en question a été mis en examen pour homicide volontaire, puis placé en détention provisoire, et il devra répondre de ses actes.
Et la cagnotte ?
Vous allez laisser ce policier gagner plus de 1 million d’euros ?
C’est bien ce qu’ont rappelé le Président de la République, la Première ministre, le garde des sceaux et le ministre de l’intérieur. Car, n’en déplaise à certains, nous sommes bel et bien dans un État de droit – et dans un État de droit, c’est ainsi que les choses fonctionnent ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.)Un État de droit qui, malheureusement, depuis un an, souffre des amalgames et des exagérations mensongères provenant d’une partie des bancs de cet hémicycle, qui préfère se vautrer dans les polémiques plutôt que faire de la politique. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe RE. – Mme Anne-Cécile Violland applaudit également.) Eh oui ! C’est de vous que je parle, mesdames et messieurs de La France insoumise !
Ce sont les questions au Gouvernement, ne l’oubliez pas !
Ne vous en déplaise, nous continuerons à nous dresser pour que notre république continue d’exister et défende ses valeurs. Nous ne le faisons pas seuls, nous pouvons compter sur l’action résolue des femmes et des hommes qui, sur le terrain, au quotidien, continuent à nous protéger et à assurer notre sécurité – je parle bien évidemment des forces de l’ordre. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE.)
Quelle est la question ?
Monsieur le ministre de l’intérieur et des outre-mer, face à ce chahut, à ce chaos voulu par certains, arriverez-vous encore à trouver les mots pour rassurer ces hommes et ces femmes, ces engagés du quotidien, de sorte qu’ils ne démissionnent pas, qu’ils n’abandonnent pas, qu’ils ne désespèrent pas ? Aujourd’hui, une partie de la représentation nationale préfère les montrer du doigt, au risque de les menacer. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE. – Mme Anne-Cécile Violland applaudit également.)
On attend toujours la question…
La parole est à M. le ministre de l’intérieur et des outre-mer.
Les 250 000 policiers et gendarmes, auxquels nous ajoutons les douaniers, monsieur le ministre chargé des comptes publics, mais aussi les policiers municipaux, font un travail extrêmement difficile, exigeant et dangereux. Ce sont les filles et les fils du peuple. Ils passent des concours et suivent une formation. Ils agissent sous le regard de leur hiérarchie et, comme ils ont des responsabilités, ils sont soumis à une déontologie et à des exigences particulières. C’est tout à fait normal. Lorsqu’ils ne respectent pas les lois de la République ou les exigences de probité ou de déontologie, ils sont sanctionnés. Je l’ai déjà dit : ils sont parmi les agents publics les plus contrôlés.Ce n’est pas parce qu’il y a du tumulte, du brouhaha et de la politique politicienne que l’on doit distinguer les morts. Le drame de Nanterre, toute la nation le pleure.Mais je pense aussi à Mélanie Lemée […]
Eh oui !
Mesdames et messieurs les députés, on ne doit pas rejeter les morts d’un camp ou ceux d’un autre. On doit respecter les règles de la République ; elles sont valables pour tous les citoyens, qu’ils soient ou non policiers. Il n’y a pas deux bandes rivales, les policiers d’un côté, les voyous de l’autre. Il n’y a que la République, qui doit parler à tous les citoyens, sans distinction de race, de religion ni de croyance.
Ce n’est pas dans le vocabulaire français, la race ! Ce n’est pas dans le droit !
Il devrait y avoir unanimité politique pour combattre ceux qui mettent le feu aux écoles et tirent à bout portant sur les forces de l’ordre. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR ainsi que sur quelques bancs des groupes RN et LR.)
La parole est à M. Benjamin Lucas.
Malik Oussekine, Aïssa Ihich, Fabrice Fernandez, Zyed Benna, Bouna Traoré, Lamine Dieng, Luigi Duquenet, Rémi Fraisse, Adama Traoré, Aboubacar Fofana, Zineb Redouane, Steve Maia Caniço, Cédric Chouviat, Mohamed Gabsi, Alhoussein Camara, Nahel (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES. – Les députés du groupe LFI-NUPES se lèvent et applaudissent) : ces noms, ce sont des vies arrachées, des familles endeuillées, des villes meurtries par une mémoire traumatique que le temps n’efface jamais.
Et les familles des gendarmes, des policiers, des pompiers, vous y pensez ?
Quand vous niez la réalité des violences policières ou des contrôles au faciès, vous refusez de porter un regard lucide – qui devrait être celui d’une grande démocratie comme la nôtre – sur le réel.Madame la Première ministre, pour que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets, allez-vous enfin reconnaître la réalité et mettre autour de la table les citoyens, les élus locaux, les associations, les éducateurs, les fonctionnaires de police afin d’étudier les moyens de rétablir un lien de confiance entre l’ensemble de la population et la police républicaine ? (Applaudissements sur les bancs des groupes Écolo-NUPES et LFI-NUPES.)
Les Français aiment la police. C’est vous qui ne l’aimez pas !
C’est vous qui détruisez ce lien ! C’est vous qui dites que la police tue !
La parole est à M. le ministre de l’intérieur…
Et bientôt à l’extérieur !
…et des outre-mer.
Va-t-on citer les familles des policiers ?
Qu’il faille améliorer sans cesse le travail des agents publics et, singulièrement, celui des forces de l’ordre, c’est une évidence.
Ce n’est pas une amélioration qu’il faut, c’est un changement !
Il fallait à coup sûr allonger la formation des gardiens de la paix. C’est cette majorité qui l’a allongée, de quatre mois.
Ça ne se voit pas…
Cette disposition, vous ne l’avez pas votée.
Eh oui !
C’est cette majorité qui a allongé de moitié la formation continue des policiers. Cette disposition, vous ne l’avez pas votée.C’est cette majorité qui a inscrit dans la loi que lorsqu’un policier ou un gendarme est condamné pour violences conjugales, trafic ou propos racistes, xénophobes ou homophobes, il doit être exclu de la fonction publique. Cette disposition, vous ne l’avez pas votée.
Monsieur le député, soyez constructif !
Ce sont des donneurs de leçons !
Aidez-nous !Soyez aussi – j’ai entendu le président Vallaud tout à l’heure – honnête : c’est la majorité socialiste qui a fait adopter la loi de février 2017. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
Allez-vous l’abroger ?
C’est la majorité socialiste qui, dans des circonstances difficiles, s’est rendu compte – parce qu’à l’époque une gauche républicaine était aux responsabilités – que les policiers et les gendarmes devaient pouvoir faire face tous les jours à ceux qui veulent tuer du flic.Parce qu’un policier ne respecte ni les lois de la République ni la déontologie, doit-on jeter aux chiens tous les autres policiers de France ? Parce qu’un policier a fauté,…
Et la présomption d’innocence ?
…doit-on modifier la loi sous le coup de l’émotion ? Quel est le rapport ? Vous répétez qu’il faut cesser de légiférer sous le coup de l’émotion : cela vaut pour tous les citoyens, y compris pour les policiers. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE et sur quelques bancs du groupe LR.)
La parole est à M. Benjamin Lucas.
C’est justement parce que nous voulons accompagner les fonctionnaires de police que nous pointons votre responsabilité, celle des gouvernements successifs, celle des responsables politiques, dans une organisation du maintien de l’ordre et une conduite des opérations policières qui aboutissent à un plus grand nombre de morts en France qu’ailleurs en Europe. (Applaudissements sur les bancs des groupes Écolo-NUPES et LFI-NUPES.)
Exactement !
Il s’agit d’un problème systémique. Dans ma circonscription, à Mantes-la-Jolie, 150 lycéens ont été parqués, les mains sur la tête ; la scène a été filmée par les forces de l’ordre avec le commentaire suivant : « Voici une classe qui se tient sage ». Pouvez-vous nier qu’il y a là violence policière ? (Applaudissements sur les bancs des groupes Écolo-NUPES et LFI-NUPES.) Pouvez-vous dire à un jeune qui, en raison de la couleur de sa peau, est contrôlé sept à dix fois plus fréquemment qu’un autre, qu’il n’existe pas de contrôles discriminatoires ? (Mêmes mouvements.)Monsieur le ministre de l’intérieur, une démocratie adulte pose sur la table tous les problèmes. Elle les affronte les yeux ouverts, en ayant conscience de la réalité, des chiffres, des enquêtes journalistiques et des études sociologiques. Elle ne fait pas du Trump ! (Applaudissements sur les bancs des groupes Écolo-NUPES et […]
Vous étiez aux responsabilités de 2012 à 2017 !
La parole est à M. le ministre.
J’écoute les habitants et les élus. Par exemple, je me suis rendu à Mantes-la-Jolie, dans votre circonscription.
Sans prévenir le député…
Le maire réclame plus de policiers.J’ai aussi été l’élu d’une ville populaire, et je sais que ce sont avant tout les habitants de ces quartiers qui ont besoin de sécurité. Le nier, c’est les conduire à voter pour le Rassemblement national alors qu’ils votaient depuis très longtemps à gauche. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)
La parole est à M. Thomas Ménagé.
Comme ceux qui les ont précédés, Emmanuel Macron et son Gouvernement font la terrible démonstration de leur incapacité totale à protéger les Français du chaos qui frappe notre pays.Je me souviens des propos du candidat Emmanuel Macron qui expliquait que ce serait lui ou le chaos… C’est pourtant sa politique qui a accouché du chaos que nous connaissons.
Ma question portera sur l’aspect économique de ce chaos et s’adresse au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.Dans la nuit de jeudi à vendredi, la ville de Montargis, dans ma circonscription, a été le théâtre de véritables scènes de guerre. Dans cette commune de 14 000 habitants, qui avait pourtant été épargnée par les émeutes de 2005, trois immeubles ont été détruits, ravagés par les flammes, et quatre-vingts commerces ont été vandalisés et pillés par des hordes de jeunes racailles.
Oh, ça va !
Arrêtez avec ces mots-là !
Plus aucun territoire n’est à l’abri de l’ensauvagement.À Montargis, comme dans de nombreuses petites villes, c’est tout un tissu commercial qui est aujourd’hui à l’arrêt.Dans un contexte économique difficile, après la crise sanitaire et alors que l’inflation explose, les commerçants ont besoin de mesures bien plus ambitieuses que l’annonce de reports de charges et la diligence des assurances et des banques.Ils attendent des mesures fortes pour que soient indemnisées les pertes liées aux périodes où ils ont été contraints de fermer pour leur sécurité et, surtout, les pertes liées à la baisse à moyen terme de la fréquentation, qui touche tous les commerçants des centres-villes concernés.Monsieur le ministre, nos commerçants sont en colère. Comprenez leur ras-le-bol, le ras-le-bol de ceux qui se lèvent tôt pour aller travailler, qui font vivre les centres-bourgs (Mme Sophia Chikirou […]
Assez !
Ils sont Français !
Monsieur le ministre, que comptez-vous faire pour venir en aide aux commerçants et éviter le nouveau chaos économique qui s’annonce dans nos territoires ? (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Vous êtes vraiment les héritiers de Pétain…
La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
En cinq jours, ce sont plus de 1 000 commerces qui ont été saccagés, pillés et, pour certains, incendiés. Tous ces actes, sans exception, sont inqualifiables, injustifiables, inexcusables.J’étais ce matin à Arpajon, avec la ministre déléguée chargée des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat et du tourisme, Mme Olivia Grégoire.
Ils n’ont vraiment pas de chance là-bas !
Nous avons ressenti l’émotion profonde des commerçants, mais aussi leur confiance dans notre capacité à répondre à leurs besoins d’indemnisation, car c’est ce que nous avons fait tout au long de chacune des crises que nous avons traversées ces dernières années. Jamais nous n’avons laissé tomber les entrepreneurs et les commerçants. Jamais nous ne les laisserons tomber. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)Cela fait trois jours que nous négocions des demandes précises avec les assureurs. Ils y ont répondu : ils étendront le délai d’indemnisation et de dépôt de plainte ; ils permettront aux commerçants indépendants les plus touchés d’obtenir des réductions de franchise ; à l’ensemble des commerçants, ils apporteront des réponses simples et rapides.
Quid de l’action de l’État ? Il n’y a plus personne dans les rues, à Montargis !
S’agissant de l’État, je l’ai annoncé ce matin : non seulement nous sommes prêts à étaler, voire à reporter le paiement des charges sociales et fiscales, mais, dans les cas les plus graves, à Montargis ou ailleurs, nous annulerons les dettes sociales et fiscales des commerçants touchés.
Et dans les collectivités territoriales ? Dans les services publics ?
Je tiens néanmoins à dire que la priorité pour les commerçants qui, sur l’ensemble du territoire, sont inquiets et ont peur pour leur commerce et leur activité, c’est la fermeté, c’est l’autorité, c’est la sécurité. C’est ce à quoi s’emploient le ministre de l’intérieur et le ministre de la justice. L’objectif du Gouvernement, défendu par la Première ministre, est clair : il est de rétablir l’autorité de l’État partout sur le territoire national. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE et HOR.)
La parole est à Mme Naïma Moutchou.
Madame la Première ministre, quand les parents s’habituent à laisser faire leurs enfants, quand les enfants ne tiennent plus compte de leur parole, quand les enseignants tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, quand finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus l’autorité de rien ni de personne au-dessus d’eux, alors c’est le début de la tyrannie, disait Platon dans La République.Les violences urbaines de ces derniers jours, symptômes d’une France qui va mal, traversée par une crise d’autorité et d’identité, ne seront pas sans conséquences.À court terme, nous devons bien sûr rétablir l’ordre, mais il ne sert à rien de réparer ce qui a été abîmé si c’est pour que le chaos se reproduise.
Comme à chaque fois !
Ce ne sont pas de nouveaux milliards dont les quartiers ont besoin. Ni la paix sociale ni le sentiment d’appartenance à la nation ne s’achètent.
Il manque des services publics, des moyens !
La responsabilité d’une partie de la classe politique dans ce qui se passe est immense. Une partie de la gauche a remis en cause nos institutions, justifiant l’usage de la force et de la violence.
Eh oui ! Et elle ne l’assume pas !
Une partie de la gauche a nourri, chez les jeunes des quartiers, le sentiment d’ostracisation, la haine de la police et de l’autorité, l’impression que la société serait fondamentalement raciste. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes HOR, RE, LR et RN.)
Vous avez pris vos arguments chez le RN ?
Je l’ai vue à l’œuvre. Dans ma petite cité HLM du Val-d’Oise, j’ai entendu cette gauche nous dire : « La France vous rejette, vous n’y avez pas votre place ».
C’est vrai !
Cette partie de la gauche n’a laissé à ces populations aucun espoir de faire nation. Pire : elle pense aujourd’hui tirer un bénéfice politique du désordre. Elle finit pourtant par battre en retraite, car elle ne maîtrise rien.
Ce sont des incendiaires !
Et à la fin, ce sont ses meilleurs ennemis, à l’extrême droite, qui essaient d’en tirer parti. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
Quelle honte !
Le temps de parole n’est-il pas dépassé ?
L’impartialité de la présidence est une chose merveilleuse…
Mes chers collègues, une nation se sauve, elle ne se venge pas. Il est urgent que nous fassions front commun. Madame la Première ministre, vous avez reçu les groupes politiques : comment ensemble refaire nation ? (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur plusieurs bancs des groupes RE, LR et LIOT.)
La parole est à M. le ministre délégué chargé du renouveau démocratique, porte-parole du Gouvernement.
Dans votre question, madame Moutchou, vous avez évoqué, en les reliant à des questions politiques, un panel d’éléments qui ont pu éventuellement provoquer les scènes de violence auxquelles nous avons assisté. Je vais essayer de vous répondre.Je rappelle d’abord quelle a été l’action du Gouvernement depuis le premier jour : premièrement, restaurer l’ordre ;…
Deuxièmement, ne rien faire ! Troisièmement, surtout ne pas déroger à cette règle !
…deuxièmement, maintenir l’ordre ; troisièmement, ne jamais perdre de vue ces objectifs de préservation de l’ordre pour les territoires.
La paix et la justice, ça ne compte pas chez vous ?
Les premières victimes sont les commerçants, les pompiers, les gendarmes, les policiers ainsi que les habitants des quartiers. Ceux-ci ont vu des services publics incendiés, des magasins saccagés, des vitrines éventrées…
Il a raison !
…et se sentent eux-mêmes victimes de l’image que ces jeunes ont pu renvoyer de l’ensemble des quartiers.Il faudra évidemment nous interroger, et il ne s’agit pas d’excuser – ce n’est d’ailleurs pas le sens de votre question. Le garde des sceaux l’a indiqué, près de 4 000 personnes ont été interpellées. Beaucoup comparaissent déjà devant la justice ; d’autres le feront dans les prochains jours. Il sera intéressant de regarder à qui nous avons affaire. Comment se fait-il que des jeunes de 12 ou 13 ans se soient retrouvés, au milieu de la nuit, avec un bidon d’essence pour mettre le feu à un pavillon ou une pierre à la main pour casser une vitrine ?
Augmentez les salaires !
Arrêtez le travail de nuit !
Il a été question, à juste titre, de la responsabilité parentale. (Mme Aurélie Trouvé s’exclame.) Madame Trouvé, je ne crois pas qu’il faille chercher, dans les cris, une réponse toute faite. Nous avons besoin d’apprendre pour que cela ne se reproduise plus. Vous avez raison de dire, madame Moutchou, que la réponse ne sera pas dans un déferlement de dépenses publiques dans ces quartiers. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)
Ah, surtout pas !
En tout cas, il nous faudra arriver à saisir les tenants et les aboutissants. Je le redis, comment des jeunes de cet âge ont-ils pu en arriver là ?
Vous n’avez pas encore compris ?
Je termine ma réponse sur une note plus politique. Les habitants des quartiers que vous avez évoqués n’ont peut-être pas de parti politique en propre, mais ils ont de la mémoire. Ils sauront se souvenir, tôt ou tard, de qui était à leurs côtés pour restaurer l’ordre et les services, et de qui a tenté de les instrumentaliser. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et LR. – Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)
Oui, six ans de macronisme, ils s’en souviendront !
La parole est à Mme Nadège Abomangoli.
Monsieur le ministre de la justice, « il faut être présent, sinon on n’est pas parents », a dit le Président de la République. Arrogance, mépris de classe et humiliation supplémentaire pour les parents des quartiers populaires ! L’explosion qui a suivi le meurtre de Nahel est le symptôme de votre échec, de votre incapacité à en finir avec les violences policières et, au-delà, avec le racisme et la relégation sociale. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)Dès lors, au lieu d’apaiser, vous rejetez la faute sur les autres, sur les faibles, et vous les humiliez. Comme vous avez humilié celles et ceux qui donnent l’alerte depuis des décennies, vous humiliez ces parents aux métiers pénibles, qui se battent pour leurs enfants, ces parents applaudis pendant la crise du covid-19 et désormais insultés. (Mêmes mouvements.) Ignominie supplémentaire : le président du Medef déclare que […]
Absolument !
Quel mensonge et quelle honte ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)Vous humiliez, vous insultez ma mère, femme de ménage. Elle a élevé cinq enfants, à Épinay-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis.Vous humiliez Elena, d’Aulnay-sous-Bois, qui court les brocantes pour acheter des livres, car l’école en manque.Vous humiliez les parents de l’association Troubles et nous, aux Pavillons-sous-Bois, qui luttent pour trouver des orthophonistes et des psychologues accessibles pour leurs enfants. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – Mme Cyrielle Chatelain applaudit aussi.)Vous humiliez ces parents du collège Pierre-Curie, à Bondy, qui se battent contre les fermetures de classes.Vous humiliez ces mamans d’Aulnay-sous-Bois qui arpentent les rues pour calmer les colères légitimes de leurs enfants. Elles demandent simplement les mêmes conditions sociales que les […]
Eh oui !
Ce n’est pas la voie de l’apaisement et de la réconciliation ; c’est de la folie. Y a-t-il des territoires perdus de la République ? Non, il y a des territoires abandonnés par la République ! (« Exactement ! » et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – Mme Cyrielle Chatelain et M. Stéphane Peu applaudissent aussi.)