Séance du 1er février 2024 /// n°113 /// 808 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2023-2024

Séance du 1er février 2024 — 113e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Sébastien Chenu.

808prises de parole
55orateurs
16points à l'ordre du jour
7scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
3309 l'amendement n° 31 de Mme Magnier et l'amendement identique suivant à l'article premier de la proposition de loi encadrant l'intervention des cabinets… 23 / 11 adopté
3310 l'amendement n° 134 de Mme Le Hénanff et l'amendement identique suivant à l'article premier de la proposition de loi encadrant l'intervention des cabi… 25 / 22 adopté
3311 l'amendement n° 100 de M. Mathieu à l'article premier de la proposition de loi encadrant l'intervention des cabinets de conseil privés dans les politi… 23 / 39 rejeté
3312 l'amendement n° 11 de Mme Untermaier après l'article premier de la proposition de loi encadrant l'intervention des cabinets de conseil privés dans les… 30 / 41 rejeté
3313 l'amendement de rédaction globale n° 178 du Gouvernement à l'article 1er bis de la proposition de loi encadrant l'intervention des cabinets de conseil… 63 / 28 adopté
3314 l'amendement n° 179 du Gouvernement à l'article 3 de la proposition de loi encadrant l'intervention des cabinets de conseil privés dans les politiques… 68 / 59 adopté
3315 l'amendement n° 109 de Mme Panot à l'article 5 de la proposition de loi encadrant l'intervention des cabinets de conseil privés dans les politiques pu… 32 / 37 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 808 — page 1 / 5.

Sébastien Chenu president · RN #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à neuf heures.)

Suite de la discussion d’une proposition de loi

Sébastien Chenu president · RN #7

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion de la proposition de loi encadrant l’intervention des cabinets de conseil privés dans les politiques publiques (nos 366, 2112).

Discussion des articles (suite)

Sébastien Chenu president · RN #9

Hier soir, l’Assemblée a commencé la discussion des articles de la proposition de loi, s’arrêtant à l’amendement no 4 à l’article 1er.

Article 1er (suite)

Sur l’amendement no 4, ainsi que sur les amendements no 31 et identique, je suis saisi par le groupe Rassemblement national de demandes de scrutin public.Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.L’amendement no 4 de M. Philippe Pradal n’étant pas défendu, nous passons aux deux amendements identiques, nos 31 et 141.La parole est à Mme Lise Magnier, pour soutenir l’amendement no 31.

Il nous semble que la rédaction actuelle de l’article 1er ne précise pas suffisamment la définition des prestations de conseil. Elle dépasse largement l’objet initial du texte, qui est d’encadrer l’intervention des cabinets de conseil privés dans les politiques publiques. Aussi cet amendement – comme celui de M. Pradal, qui n’est malheureusement pas défendu – vise-t-il à ce que la nature des prestations de conseil devant être encadrées soit précisée par décret.

Sébastien Chenu president · RN #14

La parole est à Mme Fanta Berete, pour soutenir l’amendement no 141.

article 1er · amendement 141

Dans la lignée de l’amendement précédent, il s’agit d’exclure du champ des prestations de conseil celles qui ont trait aux participations de l’État – dont la Cour des comptes a d’ailleurs reconnu le caractère spécifique.

La parole est à M. Nicolas Sansu, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, pour donner l’avis de la commission sur ces amendements identiques.

Nicolas Sansu rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République · GDR #17

La commission est défavorable à ce que le champ d’application du texte soit précisé par décret en Conseil d’État. Elle a donc rejeté les dispositions prévues par ces deux amendements. La rédaction issue du Sénat me semble pertinente ; je propose de la conserver.Sans faire injure au Gouvernement, j’ajoute que les conditions ne sont pas pleinement réunies pour lui laisser en toute confiance, ainsi qu’au Conseil d’État, le soin de définir la nature des prestations couvertes par la proposition de loi. Avis défavorable.

La parole est à Mme la ministre déléguée chargée des relations avec le Parlement, pour donner l’avis du Gouvernement.

Marie Lebec ministre déléguée chargée des relations avec le Parlement · EPR #20

Le Gouvernement, pour sa part, est favorable à ces amendements.

Laissons donc le Gouvernement décider ?

Marie Lebec ministre déléguée · EPR #22

Au vu des obligations prévues par la proposition de loi et des sanctions qui les accompagnent, il nous paraît opportun de préciser par voie réglementaire la liste des prestations couvertes par le texte, dans le respect du cadre fixé par le législateur au II de l’article 1er.

C’est formidable !

La parole est à M. Timothée Houssin.

Il est dommage que M. Pradal n’ait pas défendu son amendement, dont l’auteur était plutôt le syndicat des cabinets de conseil – l’exposé sommaire le reconnaît d’ailleurs. La série d’amendements que nous examinons est symptomatique de la Macronie : vous ne souhaitez pas que le Parlement définisse, dans la loi, les prestations de conseil devant être encadrées ; vous préférez la voie réglementaire. En d’autres termes, vous voulez laisser le Gouvernement définir les prestations couvertes par la proposition de loi. Or cette dernière vise justement à contrôler un gouvernement qui recourt trois fois plus aux cabinets de conseil que les précédents, et à encadrer leurs prestations. En toute logique, nous ne pouvons pas confier au Gouvernement la responsabilité de choisir les prestations que nous voudrions ou ne voudrions pas surveiller. Nous souhaitons que l’ensemble des prestations de conseil […]

La parole est à M. Daniel Labaronne.

Depuis hier, j’essaie de comprendre.

Faites un effort !

Cette proposition de loi vise à encadrer l’intervention des cabinets de conseil privés dans les politiques publiques ; très bien. Mais expliquez-moi : en quoi le recours à du conseil en matière de ressources humaines, d’informatique, d’organisation ou de réorganisation d’une structure contribue-t-il à la définition d’une politique publique ?

C’est aussi de la stratégie !

Non : cela contribue à améliorer l’efficacité de l’établissement public concerné ; cela lui permet d’être plus agile, peut-être même de faire des économies budgétaires.

On est d’accord !

Personne n’a dit le contraire !

Ces économies-là se paient très cher !

Faut-il définir ces prestations dans la loi ? Non, car nous oublierons toujours quelque chose. La loi ne doit pas être bavarde, mais efficace. En la matière, elle n’est donc pas le véhicule approprié – d’autant que la proposition de loi ne fait aucunement référence aux nomenclatures et aux normes bien établies qui définissent déjà les prestations de conseil. Vous allez créer une usine à gaz et n’atteindrez pas l’objectif que vous vous êtes fixé : encadrer l’intervention des cabinets dans la définition des politiques publiques.

La parole est à M. Nicolas Sansu, rapporteur.

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #37

Si le Gouvernement veut simplement préciser le champ d’application de la proposition de loi, il peut le faire par décret, même si nous ne votons pas ces amendements : il lui suffira de reprendre la liste des prestations figurant dans le texte. Or, s’ils étaient votés, ces amendements lui permettraient de modifier le champ d’application.Soyons clairs, monsieur Labaronne : il n’est pas question d’interdire l’intervention des cabinets de conseil.

Eh non !

M. Labaronne a été mal conseillé…

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #41

Il est question de les encadrer.

Exactement !

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #43

Vous ne cessez de répéter depuis hier que les prestations de conseil sont utiles pour construire des politiques de ressources humaines, ou autres. Une fois encore, il ne s’agit pas d’interdire ces pratiques, mais de les encadrer. Le choix est simple : soit nous vidons l’article 1er de sa substance en votant ces amendements qui renvoient à un décret en Conseil d’État – auquel cas l’intention de la majorité présidentielle sera très claire –, soit nous maintenons la rédaction issue de la commission, en laissant au Gouvernement le loisir de préciser le champ d’application de quelques domaines prévus par le texte.

Sébastien Chenu president · RN #44

Je mets aux voix les amendements identiques nos 31 et 141.

#45

(Il est procédé au scrutin.)

Sébastien Chenu president · RN #46

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 34 Nombre de suffrages exprimés 34 Majorité absolue 18 Pour l’adoption 23 Contre 11

#47

(Les amendements identiques nos 31 et 141 sont adoptés.)

Sébastien Chenu president · RN #48

La parole est à M. Frédéric Mathieu, pour soutenir l’amendement no 94.

article 1er · amendement 94

Il vise à réintégrer de façon plus large les prestations informatiques dans le champ d’application de la proposition de loi, la rédaction actuelle étant trop restrictive et confuse. Certains d’entre vous ne semblent pas encore avoir pris conscience que l’informatique n’est pas uniquement une fonction support, mais qu’elle peut aussi remplir des fonctions stratégiques. Quel que soit le service ou l’établissement public considéré, l’architecture informatique influence l’organisation même du travail et la façon dont les politiques publiques sont conçues, déployées et évaluées. Ce sont bien des fonctions stratégiques. Dès lors que les outils et l’architecture informatiques influencent la marche des politiques publiques, les prestations informatiques doivent être réintégrées dans la proposition de loi.

La parole est à M. Bruno Millienne, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, pour donner l’avis de la commission.

Bruno Millienne rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République · Dem #51

Comme vous le savez, la commission a rejeté cette disposition pour une raison simple : l’exclusion des prestations de programmation et de maintenance a été proposée par la rapporteure au Sénat et a été souhaitée par les auteurs du texte. Il s’agit de prestations courantes – j’y insiste – qui ne sont pas de nature à influencer la décision publique. Avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Marie Lebec ministre déléguée · EPR #53

Défavorable, pour les mêmes raisons.

La parole est à M. Frédéric Mathieu.

Permettez-moi de reprendre les propos que vous avez tenus hier soir, monsieur le rapporteur : ce qui a été dit en commission mérite d’être répété pour tous dans l’hémicycle. D’autre part, je regrette que la nuit n’ait pas porté conseil à Mme la ministre, ancienne salariée d’un cabinet de conseil, et qu’elle persévère à défendre dans l’hémicycle la stratégie de la Macronie. (Protestations sur plusieurs bancs du groupe RE.)

Pas d’attaque personnelle, surtout vis-à-vis d’une femme !

Oh, ça va maintenant ! Vous êtes fonctionnaire, vous pourriez aussi vous déporter !

Calmez-vous, monsieur Cazeneuve, rangez votre tondeuse (L’orateur désigne son crâne), il n’y a plus rien à tondre ici ! Chacun a sa conception du respect : après les mots que vous avez eus il y a quelques semaines pour la présidente du groupe Écologiste, à votre place, je ferais profil bas ! (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RE.)Il convient de rappeler que Mme la ministre est en situation de conflit d’intérêts, puisqu’elle a travaillé pour le cabinet Euralia qui, jusqu’à une date très récente, avait encore un contrat avec le Gouvernement concernant la réforme des retraites.

C’est insupportable !

C’est bon, là !

#62

(L’amendement no 94 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt

Sur les amendements no 134 et identique, je suis saisi par le groupe Horizons et apparentés d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.Je suis saisi de trois amendements, nos 43, 134 et 195, pouvant être soumis à une discussion commune.Les amendements nos 134 et 195 sont identiques.La parole est à M. Philippe Gosselin, pour soutenir l’amendement no 43.

Nous avons tout intérêt à préciser le texte, car l’amendement no 31 de Mme Magnier, qui vient d’être adopté, pourrait permettre à un décret gouvernemental de détricoter complètement ce que nous aurons décidé. Il y a urgence à graver les dispositions dans le marbre. C’est l’objet du présent amendement : nous voulons éviter toutes les stratégies susceptibles de bouleverser l’édifice régalien, dont les prestations informatiques peuvent faire partie lorsqu’elles touchent à la stratégie numérique. Naturellement, il n’est pas question d’imposer les mêmes règles pour le conseil relatif au matériel informatique et aux logiciels – ce serait aller trop loin.La rédaction issue de la commission nous paraît trop large ; nous souhaitons donc rétablir celle du Sénat. L’adoption de l’amendement no 31 a dévoilé la stratégie de la majorité : détricoter tout ce qui pourra l’être et faire durer les débats […]

Sébastien Chenu president · RN #67

La parole est à Mme Anne Le Hénanff, pour soutenir l’amendement no 134.

article 1er · amendement 134

Comme le précédent, il vise à rétablir la rédaction du Sénat, qui n’exclut du champ du conseil en informatique que les prestations de programmation et de maintenance.La commission d’enquête du Sénat sur l’influence croissante des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques a mis en lumière l’importance du segment informatique dans l’ensemble du marché du conseil au secteur public. En 2021, sur les 646 millions d’euros de dépenses de l’État en conseil informatique, près de 60 % étaient consacrés à des prestations d’expertise technique. Exclure ces prestations du champ d’application reviendrait à exclure la mission principale confiée aux cabinets de conseil en informatique ; c’est problématique. Durant la commission d’enquête, le caractère stratégique de ces prestations d’expertise technique a été démontré : elles touchent ni plus ni moins à la stratégie de mise en œuvre de […]

Sébastien Chenu president · RN #71

La parole est à M. Nicolas Sansu, rapporteur, pour soutenir l’amendement no 195.

article 1er · amendement 195
Nicolas Sansu rapporteur · GDR #72

Il a évidemment le même objet que le précédent. Permettez-moi de rappeler quelques ordres de grandeur : actuellement, les prestations informatiques des cabinets de conseil représentent un coût global de 1,3 milliard d’euros pour l’État et les établissements publics.

C’est énorme !

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #74

Les restrictions apportées par le Sénat étaient moins larges que celles adoptées par la commission des lois : le texte initial excluait uniquement les prestations de programmation et de maintenance du périmètre d’application du texte, ce qui faisait passer le coût global des prestations informatiques visées à 650 millions. Mais les restrictions de l’amendement de Laure Miller le feraient tomber à 156 millions.

Soit 10 % !

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #76

Autant dire que cette mesure ôterait tout son intérêt à la proposition de loi. (M. Hadrien Clouet applaudit.)

Exactement !

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #78

Je propose donc, comme mes collègues Le Hénanff et Gosselin, de revenir à la rédaction initiale du Sénat. Si nous retirons l’intelligence artificielle des prestations concernées, par exemple, nous serons dépourvus de toute stratégie en la matière au cas où nos services publics décideraient d’utiliser cette technologie pour répondre aux usagers. Ce n’est pas possible ! Revenons donc…

À la raison !

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #80

…à la proposition de loi telle qu’elle a été rédigée par les sénateurs, dans l’intérêt général.

Très bien !

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #82

Nous démontrerons ainsi que nous souhaitons davantage de transparence et de démocratie dans l’intervention des cabinets de conseil au niveau public.Cet amendement n’a pas été examiné par la commission puisqu’un amendement contraire a été adopté. M. Millienne a émis un avis défavorable lors de l’examen au titre de l’article 88 du règlement et la commission l’a suivi. Pour ma part, je souhaite que nous rétablissions la rédaction initiale du texte et que les amendements identiques nos 134 et 195 soient adoptés.

J’en conclus que votre avis est également favorable sur les deux autres amendements en discussion commune.

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #85

Exactement.

Quel est l’avis du Gouvernement sur ces trois amendements ?

Marie Lebec ministre déléguée · EPR #87

Il est défavorable. La circulaire de la Première ministre du 7 février 2023 précise que les prestations de conseil en stratégie numérique et en stratégie numérique des politiques publiques sont susceptibles d’influencer la décision publique. En revanche, les prestations de réalisation informatique comportent essentiellement des prestations d’exécution, c’est-à-dire des prestations externes d’appui et d’expertise technique qui supposent une expertise pointue de courte durée et qui ne présentent pas de risque d’influence de la décision publique.Nous avons tous en tête certains exemples concrets : la mairie de Houilles, dans la quatrième circonscription des Yvelines, qui a subi une attaque informatique, mais aussi l’hôpital Mignot, à Versailles, et l’hôpital de Corbeil-Essonnes. Tous ces opérateurs ont besoin d’un accompagnement et d’un appui technique pour renforcer leur cybersécurité et […]

La parole est à M. Timothée Houssin.

Le groupe Rassemblement national s’abstiendra sur l’amendement no 43 et soutiendra les amendements nos 134 et 195, qui reviennent à la rédaction du Sénat.Comme en commission, nous assistons à la dévitalisation du texte issu de la commission d’enquête du Sénat. Dans le domaine de l’informatique, certains chiffres devraient nous interpeller : le ministère de la justice assure, en interne, seulement 9 % des prestations, le ministère de l’Europe et des affaires étrangères 10 %, le ministère de la culture 14 %. En 2021, 646 millions d’euros ont été dédiés au conseil en informatique.Pour avoir suivi les travaux de la commission d’enquête du Sénat et en particulier l’audition de la direction interministérielle du numérique (Dinum), nous savons que 90 % à 95 % de la gestion des grands projets informatiques et technologiques est externalisée. Cette dépendance pose problème, les consultants étant […]

La parole est à M. Nicolas Sansu, rapporteur.

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #95

Madame la ministre, encore une fois, il ne s’agit pas d’interdire le recours aux cabinets de conseil ! À chaque fois que nous proposons d’inclure des prestations dans le périmètre d’application du texte, vous faites comme si nous défendions leur interdiction.

C’est caricatural !

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #97

Non, nous voulons encadrer le recours à ces cabinets et améliorer la transparence et le respect de la déontologie. C’est tout ce que nous demandons !

Exactement ! Nous n’interdisons pas !

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #99

Je ne comprends donc pas vos arguments.

#100

(L’amendement no 43 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sébastien Chenu president · RN #101

Je mets aux voix les amendements identiques nos 134 et 195.

#102

(Il est procédé au scrutin.)

Sébastien Chenu president · RN #103

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 47 Nombre de suffrages exprimés 47 Majorité absolue 24 Pour l’adoption 25 Contre 22

#104

(Les amendements identiques nos 134 et 195 sont adoptés.)

Sébastien Chenu president · RN #105

La parole est à M. le président de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, pour soutenir l’amendement no 189.

article 1er · amendement 189
Sacha Houlié président de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République · SOC #106

Il vise également à préciser le périmètre d’application de la proposition de loi et les obligations opposables aux différents cabinets de conseil concernant leurs prestations. Après les prestations informatiques, qu’il fallait recentrer pour mieux protéger les hôpitaux et les services publics, il s’agit ici des prestations de conseil en communication.Si la proposition de loi cherche, à juste titre, à limiter l’intervention des conseillers en communication stratégique, qui examinent la manière dont les administrations organisent leurs travaux et se développent, nous pensons que, pour la communication purement informationnelle – les campagnes contre l’alcoolisme, ou celles contre la délinquance routière, qui nous ont occupés récemment plusieurs jours –, qui consiste à diffuser des messages d’intérêt public, les besoins de l’administration ne sont pas de nature stratégique. On comprendrait […]

C’est très clair !

Quel est l’avis de la commission ?

Bruno Millienne rapporteur · Dem #110

Je comprends votre volonté d’exclure du champ du texte les prestations de communication destinées à informer le public, mais tous les acteurs du secteur ont souligné la difficulté de les distinguer clairement des prestations de communication stratégique. Élaborer un plan de communication pour une politique publique peut conduire à participer à la définition de sa stratégie. Avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Marie Lebec ministre déléguée · EPR #112

Les mots « prestations de conseil » retenus à l’article 1er nous paraissent suffisamment précis pour garantir que le texte ne s’appliquera pas aux simples prestations de communication. L’amendement est donc quelque peu superfétatoire mais le Gouvernement s’en remet à la sagesse de l’Assemblée.

Quelle bienveillance !

La parole est à M. Pierre Dharréville.

La proposition de loi vise à encadrer le recours aux cabinets de conseil et à améliorer la transparence – c’est la moindre des choses après les révélations dont ces cabinets ont fait l’objet. Texte après texte, certains d’entre vous proposent systématiquement de s’en remettre toujours plus au marché. Ici, c’est l’action publique elle-même que vous remettez aux mains d’acteurs privés.S’agissant, en l’occurrence, des campagnes d’information contre l’alcoolisme, vous estimez, monsieur le président de la commission, que cette compétence ne devrait pas être assumée en direct par les institutions publiques. Mais c’est précisément le travail de Santé publique France que d’organiser de telles campagnes ! Les professionnels de cet établissement réfléchissent toute l’année aux actions de communication à mener en matière de santé publique. Qu’ils puissent se faire conseiller dans un cadre défini […]

La parole est à M. le président de la commission des lois.

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #119

Il n’est évidemment pas question de remettre en cause la nature des agences ou des administrations chargées de mener des campagnes de communication sur des politiques publiques aussi essentielles que celles que nous visons – j’ai cité en exemple la lutte contre l’alcoolisme et contre la délinquance routière. En revanche, une fois que les spécialistes ont construit un message politique, qui est l’élément déterminant – ne pas boire pendant la grossesse ou avant de prendre la route, boire avec modération, diminuer sa consommation d’alcool au mois de janvier, et ainsi de suite –, reste la manière dont le message est communiqué. Ce n’est pas l’administration qui avait créé la campagne « Sam, celui qui conduit, c’est celui qui ne boit pas », particulièrement percutante : le recours à des spécialistes de la communication a permis de sensibiliser efficacement la population à une cause […]

#121

(L’amendement no 189 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sébastien Chenu president · RN #122

La parole est à M. Charles Sitzenstuhl, pour soutenir l’amendement no 194.

article 1er · amendement 194

Il vise à préciser l’article 1er, qui définit les prestations de conseil. Le dixième alinéa est ainsi rédigé : « Le conseil pour la mise en œuvre des politiques publiques, y compris leur évaluation ». Or ce n’est pas simplement la mise en œuvre des politiques publiques qui est visée, mais aussi leur élaboration. D’où la modification que je propose, qui couvrira de bout en bout le spectre des politiques publiques.

Quel est l’avis de la commission ?

Bruno Millienne rapporteur · Dem #125

Défavorable car satisfait.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Marie Lebec ministre déléguée · EPR #127

Sagesse.

#128

(L’amendement no 194 est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Sébastien Chenu president · RN #129

Je suis saisi de quatre amendements, nos 28, 67, 152 et 96, pouvant être soumis à une discussion commune.Les amendements nos 67 et 152 sont identiques.L’amendement no 28 de Mme Cécile Untermaier est défendu.La parole est à M. Timothée Houssin, pour soutenir l’amendement no 67.

article 1er · amendement 194

Nous proposons de nouveau de revenir au texte initial et d’exclure du dispositif les avocats lorsqu’ils ont une mission de représentation des parties, et les experts-comptables et les commissaires aux comptes lorsqu’ils ont une mission d’expertise ou de commissariat aux comptes. En revanche, ces professionnels doivent être inclus dans le champ de la proposition de loi lorsqu’ils exercent une mission de conseil.

Sébastien Chenu president · RN #132

La parole est à Mme Sandra Regol, pour soutenir l’amendement no 152.

article 1er · amendement 152

Le groupe Écologiste souhaite rétablir la rédaction initiale de l’article 1er en intégrant les professions juridiques dans son champ d’application.

Sébastien Chenu president · RN #134

La parole est à M. Jean-François Coulomme, pour soutenir l’amendement no 96.

article 1er · amendement 96

Comme le précédent, il entend supprimer l’exception créée pour les prestations de conseil juridique. Il est grand temps que les administrations s’appuient sur leurs ressources internes, qui doivent être valorisées.

Quel est l’avis de la commission ?

Bruno Millienne rapporteur · Dem #137

Il est défavorable sur ces quatre amendements. Le Sénat, après avoir beaucoup travaillé sur la question, a décidé de ne pas intégrer ces professions dans le champ d’application de la proposition de loi parce qu’elles sont déjà réglementées. Une intervention de la HATVP, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, sur les prestations réalisées poserait problème parce qu’elle pourrait entrer en contradiction avec les dispositifs de contrôle déjà existants.En outre, certains de ces amendements porteraient atteinte au secret professionnel, notamment de l’avocat.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Marie Lebec ministre déléguée · EPR #140

Comme le rapporteur, le Gouvernement est défavorable à ces amendements. Les avocats, comme les professions réglementées du droit – huissiers de justice ou commissaires-priseurs judiciaires – sont soumis à des obligations déontologiques qu’il me semble pertinent de rappeler à l’occasion de la présentation de ces amendements : d’une part, ils sont sanctionnés disciplinairement par des instances ad hoc et, d’autre part, la loi du 22 décembre 2021 pour la confiance dans l’institution judiciaire a renforcé leur code de déontologie. Une telle mesure créerait donc un conflit de compétence entre la HATVP et leurs propres instances qui assurent une vérification des activités et sanctionnent ces professions si cela s’avère nécessaire.Par ailleurs, l’activité de conseil qu’exercent parfois les avocats est soumise au règlement intérieur national de la profession. S’ils peuvent être amenés à exercer […]

#143

(L’amendement no 28 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
#144

(Les amendements identiques nos 67 et 152 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
#145

(L’amendement no 96 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sébastien Chenu president · RN #146

La parole est à M. Jean-René Cazeneuve, pour soutenir l’amendement no 182.

article 1er · amendement 182

Il vise à exclure du champ d’application de la loi les prestations de conseil sollicitées par l’APE, l’Agence des participations de l’État – une activité bien spécifique, chacun ici peut l’admettre.Tout d’abord, je note que la Cour des comptes reconnaît dans ses recommandations le caractère bien particulier de cette activité. Celle-ci nécessite en effet des acteurs très spécialisés, les mesures de confidentialité sont très importantes et les ressources doivent être mobilisées dans des délais très brefs.Le cadre prévu par la proposition de loi, que nous approuvons tous, ne doit pas, de mon point de vue, s’appliquer à cette activité car il entraverait le travail de l’Agence des participations de l’État. Or notre objectif est que ces prestations soient réalisées très rapidement, par exemple lorsque l’État les sollicite à propos d’entreprises en grande difficulté ou de participations […]

Très bon amendement !

Quel est l’avis de la commission ?

Bruno Millienne rapporteur · Dem #155

C’est un amendement de bon sens. L’État actionnaire doit pouvoir agir dans les mêmes conditions que les autres investisseurs. Mon avis est donc très favorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Marie Lebec ministre déléguée · EPR #157

Même avis.

La parole est à M. Charles Sitzenstuhl.

Cet amendement est important. Je rappelle à l’ensemble des collègues que le portefeuille de l’Agence des participations de l’État comprend des entreprises telles qu’Airbus, Safran, Thales, Engie, Eramet ou Orange – et la liste s’allonge. Chacun comprend bien que ces entreprises ont un caractère stratégique pour la nation et qu’il en va de même pour les participations de l’État.Par conséquent, il est évident que ces participations ne peuvent être régies par le droit commun et que le travail de l’APE – organisme qui dépend du ministère de l’économie et des finances – doit être protégé.

Justement !

Les contrats passés par l’APE dans le cadre de son travail quotidien contiennent des informations qui peuvent être très sensibles,…

A fortiori !

…entre autres des informations de marché. C’est pourquoi il est important que ce travail soit mené dans le cadre de cercles…

Opaques !

…qui relèvent de l’administration, sous le contrôle du Parlement – car le travail de l’Agence des participations de l’État est contrôlé chaque année lors de la procédure budgétaire.Voilà pourquoi il faut voter cet amendement.

Vous nous convainquez précisément du contraire !

Il aurait été préférable de s’en tenir à l’intervention de M. Cazeneuve !

La parole est à M. Hadrien Clouet.

Je veux m’inscrire en faux contre les propos que vient de tenir notre collègue, d’autant plus qu’il a cité l’exemple d’Airbus qui m’intéresse beaucoup puisque ses infrastructures se trouvent dans la circonscription où j’ai la chance d’être élu.Le cas d’Airbus est assez frappant en effet puisque, 11 % de son capital étant public, l’État a recours à un ensemble de prestations, concernant cette entreprise, qui passent totalement sous le radar, non seulement de la délibération collective mais aussi du contrôle public. Nous sommes ainsi face à une situation hallucinante : des administrateurs publics siègent au conseil d’administration d’Airbus sans devoir rendre de comptes à personne. Nous ne connaissons ni la feuille de route, ni la stratégie, ni les objectifs alors même qu’il s’agit d’argent public.Dès lors, l’exclusion de l’APE du dispositif de contrôle prévu par la proposition de loi […]

La parole est à M. Nicolas Sansu, rapporteur.

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #176

J’apporte une précision afin de lever toute ambiguïté. Il ne s’agit pas, avec ce dispositif, de regarder si Airbus – ou une autre société – contracte une mission de prestation avec un cabinet de conseil mais de se demander si l’APE, qui gère la participation de l’État dans cette société, a besoin d’une prestation de conseil.

Eh oui !

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #178

Selon moi, toutes les données sensibles sont déjà exclues du champ d’application de la loi en vertu des articles 3, 4 et 6. Je comprends votre intention mais votre proposition pose problème car elle donne l’impression qu’on veut ajouter encore de l’opacité.

Mais non !

Si, il a raison !

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #181

J’entends bien que ces prestations représenteraient 1 % du total – même si je ne sais pas d’où sort ce chiffre. Cependant, nous devons tous faire attention à ne pas envoyer le signal que nous souhaiterions réduire le champ d’application de ces mesures et ajouter un peu plus d’opacité s’agissant d’entreprises pour lesquelles l’État a des visées stratégiques.Je vais grossir le trait à dessein : imaginons que l’APE décide un jour de solliciter une mission de conseil à propos d’une éventuelle vente des participations de l’État d’Airbus à un pays étranger – certes, je ne pense pas que cela arrive.

Ou Aéroports de Paris ! Ou La Française des jeux !

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #184

Oui, La Française des jeux est un bon exemple.

Ça ne se passe pas comme ça !

Quelle méconnaissance de la réalité !

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #187

Je dis simplement que la transparence est nécessaire.

L’APE est très contrôlée !

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #189

Certes, elle est contrôlée mais selon moi il faut laisser le dispositif en l’état et attendre peut-être que votre proposition soit réexaminée au cours de la navette.

#190

(L’amendement no 182 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sébastien Chenu president · RN #191

L’amendement no 196 de M. Bruno Millienne, rapporteur, est rédactionnel.

article 1er · amendement 182
#192

(L’amendement no 196, accepté par le Gouvernement, est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Sébastien Chenu president · RN #193

La parole est à M. Guillaume Gouffier Valente, pour soutenir l’amendement no 190.

article 1er · amendement 190

Cet amendement, déposé avec mon collègue Sacha Houlié, prévoit de limiter la définition des consultants à deux catégories de personnes bien précises : d’une part, les consultants qui réalisent des missions de conseil pour une administration en qualité d’indépendant, par exemple en tant qu’autoentrepreneurs, d’autre part les dirigeants des cabinets de conseil.Il paraît en effet excessif d’imposer les obligations issues de la présente proposition de loi à l’ensemble des personnes employées par le cabinet de conseil qui exécutent la prestation. Cela obligerait par exemple les stagiaires de ces cabinets à réaliser une déclaration d’absence de conflit d’intérêts.

En théorie, vous devriez aussi le faire pour vos propres stagiaires !

Quel est l’avis de la commission ?

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #198

La mesure que vous proposez viderait de très nombreuses dispositions de leur sens.

Bien sûr !

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #200

Elle ôterait toute portée à l’interdiction d’utiliser les signes distinctifs de l’administration ou de disposer d’une adresse de courrier électronique, à l’obligation d’indiquer la qualité de consultant dans les échanges avec l’administration et le tiers ou encore à l’obligation d’utiliser la langue française – ce qui n’est pas le plus important.Surtout, le dispositif de prévention des conflits d’intérêts doit pouvoir s’appliquer à tous les consultants. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Bien sûr !

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #203

Je rappelle que l’article 10, tel qu’il a été rédigé en commission des lois, n’évoque pas une obligation déclarative mais une attestation sur l’honneur d’absence de conflit d’intérêts. S’il existe un risque de conflit d’intérêts, le déontologue peut être saisi et demander certaines pièces.

Tout à fait !

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #205

Avec votre amendement, cette disposition serait vidée de son sens.

Une fois de plus !

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #207

Vous mettez en avant le cas des stagiaires. Or le problème n’est pas là. La question est celle des autoentrepreneurs – vous l’avez dit –, des personnes qui sont intégrées dans l’administration mais dont on ne sait pas qu’elles n’en font pas partie.L’avis des deux corapporteurs est donc défavorable à cet amendement.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Marie Lebec ministre déléguée · EPR #210

Demande de retrait et, à défaut, avis défavorable. L’amendement proposé va bien au-delà de la volonté de restreindre l’obligation de produire une déclaration d’intérêts – ce qui était, je suppose, votre intention initiale. Il nous semble un peu trop large.Vous avez par ailleurs déposé un amendement no 191 portant sur le seul article 10 de la proposition de loi et pour lequel nous émettrons un avis favorable. Je vous invite donc à retirer l’amendement no 190 au profit du no 191 à venir, dont la rédaction est meilleure.

La parole est à M. Guillaume Gouffier Valente.

À la suite des explications données par le rapporteur, je retire l’amendement.

C’est plutôt à la suite des explications du Gouvernement !

#215

(L’amendement no 190 est retiré.)

Sébastien Chenu president · RN #216

La parole est à M. Charles Sitzenstuhl, pour soutenir l’amendement no 219.

article 1er · amendement 219

La fin de l’article 1er définit les prestataires de conseil et établit les règles, sinon le code de conduite, de leur relation avec la puissance publique, selon le principe suivant : il faut préserver une bonne distance entre eux, notamment dans la phase de la décision. L’alinéa 16, qui dispose que « les prestataires de conseil et les consultants ne prennent aucune décision administrative », est important et bien écrit. Je propose de le renforcer en le complétant par les mots suivants : « et n’interfèrent pas dans le processus de décision. Ils n’exercent aucune pression sur les agents publics ». C’est encore mieux en le disant.

La parole est à M. Bruno Millienne, rapporteur.

Bruno Millienne rapporteur · Dem #219

Défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Marie Lebec ministre déléguée · EPR #221

Défavorable : l’amendement est satisfait.

La parole est à Mme Cécile Untermaier.

Je trouve que cet amendement répond bien à l’exigence formulée sur tous les bancs de l’hémicycle : à chacun son rôle. Le cabinet de conseil est là pour assurer une prestation, l’élu ou l’administration décide. C’est un amendement de bon sens qui n’entrave en rien les orientations que nous voulons donner au texte.

La parole est à M. Bruno Millienne, rapporteur.

Bruno Millienne rapporteur · Dem #225

Je comprends cette intention mais évitons les lois bavardes. Votre demande est déjà satisfaite par l’alinéa 16. N’alourdissons pas le texte : les lois sont déjà assez bavardes. Je lutte contre la suradministration.

#226

(L’amendement no 219 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sébastien Chenu president · RN #227

Je suis saisi de plusieurs amendements, nos 153, 97, 9, 98, 146, 99, pouvant être soumis à une discussion commune.Les amendements nos 98 et 146 sont identiques.La parole est à Mme Sandra Regol, pour soutenir l’amendement no 153.

article 1er · amendement 153

L’objectif de la proposition de loi est bien d’encadrer ces activités afin que le rôle des cabinets de conseil soit d’éclairer et d’objectiver les prises de décision. Par conséquent, ils ne doivent pas être en mesure d’influencer les décisions prises. Tel est l’objet de cet amendement qui prévoit que les cabinets de conseil indiquent plusieurs scénarios pour que l’administration puisse se déterminer sans craindre d’influence extérieure.

Sébastien Chenu president · RN #229

La parole est à M. Frédéric Mathieu, pour soutenir l’amendement no 97.

article 1er · amendement 97

Il prévoit lui aussi l’obligation de présenter tous les scénarios envisageables. Comme nous l’avons dit hier lors de la discussion générale, nous assistons, avec les cabinets de conseil, au développement d’une politique d’influence – c’est d’ailleurs l’un des plus gros scandales liés à ces activités – par des lobbys qui ont les mains libres pour œuvrer au sein des administrations et soumettre l’intérêt public à des intérêts privés.Les décisions sont prises par des personnes élues, responsables devant le peuple. Il faut donc bannir le tropisme selon lequel, comme disait Margaret Thatcher, « il n’y a pas d’alternative » – nous voyons bien dans quelle idéologie baignent les cabinets de conseil. Si, il y a des alternatives. Les élus doivent en être informés et prendre leurs responsabilités. Ils doivent trancher à partir de données objectives et non prendre des décisions qui sont orientées […]

Tout à fait !

Sébastien Chenu president · RN #233

La parole est à Mme Cécile Untermaier, pour soutenir l’amendement no 9.

article 1er · amendement 9

Dans le même esprit que les amendements précédents, il prévoit que les cabinets de conseil présentent différents scénarios, comme on le leur a demandé, sans pour autant les hiérarchiser. Ainsi, l’administration et les élus pourront jouer pleinement leur rôle : décider de l’action publique qu’ils souhaitent engager.

Sébastien Chenu president · RN #235

La parole est à M. Hadrien Clouet, pour soutenir l’amendement no 98.

article 1er · amendement 98

Il s’inscrit dans la lignée des trois précédents : il s’agit de s’interroger sur la manière dont peut s’exercer l’emprise des cabinets de conseil sur les politiques publiques. Ils ne donnent pas forcément des ordres ni une feuille de route ; leur emprise peut être beaucoup plus insidieuse. Elle passe par exemple par la présentation d’un nombre très faible – une, deux, trois au maximum – d’options plutôt similaires.Notre amendement vise donc à obliger le prestataire privé à fournir, en réponse à la commande publique, plusieurs solutions distinctes. C’est important car on a vu, en milieu hospitalier par exemple, comment se sont opérées différentes contre-réformes : des cabinets de consultants – c’est-à-dire des gens qui n’ont jamais soigné de leur vie mais qui viennent dire à des soignants comment il faut soigner, admettons que ce soit le principe du métier – ne proposaient généralement […]

Sébastien Chenu president · RN #239

La parole est à M. Timothée Houssin, pour soutenir l’amendement no 146.

article 1er · amendement 146

Encore une fois, il s’agit d’un amendement qui vise à revenir à l’esprit de la proposition de loi, c’est-à-dire à la rédaction que voulaient à la fois la commission d’enquête et le Sénat. À l’initiative de la Macronie, la commission a supprimé l’obligation pour les cabinets de conseil de proposer plusieurs scénarios. Nous, nous voulons que les cabinets de conseil conseillent, et non qu’ils donnent des consignes : ils doivent fournir plusieurs scénarios aux administrations bénéficiaires en s’appuyant sur des informations factuelles et non orientées.L’amendement propose donc d’en revenir à la rédaction initiale du Sénat, à la différence des amendements précédents, car nous n’avons pas d’opposition à ce que les cabinets de conseil proposent des scénarios préférentiels – cela fait aussi partie de leur mission de conseil. Quoi qu’il en soit, la décision finale ne doit pas leur revenir : ils […]

Sébastien Chenu president · RN #242

La parole est à M. Jean-François Coulomme, pour soutenir l’amendement no 99.

article 1er · amendement 99

Comme l’a dit mon excellent collègue Frédéric Mathieu, on ne peut pas fonder une décision sur des scénarios simplistes et qui ne proposent qu’une seule alternative – qui n’en est alors plus une. Les grands cabinets de conseil – par exemple KPMG – sont généralement adossés à des prestations de service. Il va de soi qu’ils ont tout intérêt à ne présenter qu’un seul scénario, celui qui leur convient pour alimenter le chiffre d’affaires de leur filiale prestataire.On ne saurait se résoudre à un tel système monolithique. Notre amendement propose une exception : le conseil en informatique. En effet, on comprend aisément que l’on ne peut pas détourner de leurs choix les administrations qui ont adopté telle ou telle technologie en ce domaine depuis des années ; revoir de fond en comble des systèmes informatiques intégrés dans les grandes administrations coûterait d’ailleurs beaucoup d’argent. […]

Quel est l’avis de la commission ?

Nicolas Sansu rapporteur · GDR #246

Je comprends tout à fait l’esprit de ces amendements de bon sens qui visent à donner aux administrations et aux responsables politiques le choix final après des études complètes présentées par les cabinets de conseil. Toutefois, je ne suis pas certains qu’il faille leur imposer systématiquement de proposer plusieurs scénarios…

Non, en effet.