Séance du 30 avril 2024 /// n°180 /// 633 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2023-2024

Séance du 30 avril 2024 — 180e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

633prises de parole
92orateurs
28points à l'ordre du jour
3scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
3703 la motion de rejet préalable, déposée par Mme Mathilde Panot, de la proposition de loi relative à la confidentialité des consultations des juristes d'… 64 / 82 rejeté
3704 l'amendement de suppression n° 1 de M. Acquaviva et les amendements identiques suivants à l'article premier de la proposition de loi relative à la con… 43 / 50 rejeté
3705 l'amendement n° 75 de Mme Roullaud à l'article premier de la proposition de loi relative à la confidentialité des consultations des juristes d'entrepr… 12 / 44 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 633 — page 1 / 4.

Yaël Braun-Pivet president · EPR #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à quinze heures.)

Questions au Gouvernement

Yaël Braun-Pivet president · EPR #6

L’ordre du jour appelle les questions au Gouvernement.

Convocation de Mathilde Panot devant la justice

La parole est à M. Manuel Bompard.

Monsieur le Premier ministre, dans un pays que vous connaissez bien, on condamne un syndicaliste à un an de prison pour un tract de soutien au peuple palestinien, mais on laisse se multiplier les discours racistes à la télévision. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Ce n’est pas possible d’entendre cela !

Est-ce dans l’Italie de Giorgia Meloni ? Non, c’est dans la France d’Emmanuel Macron.

Il pose toujours la même question !

Dans un pays que vous connaissez bien, on empêche des candidats à une élection de tenir une conférence dans une université, mais le Président de la République peut, lui, y dérouler un discours de campagne électorale. (Mêmes mouvements.) Est-ce dans la Hongrie de Viktor Orbán ? Non, c’est dans la France d’Emmanuel Macron.Dans un pays que vous connaissez bien, on convoque la présidente d’un groupe parlementaire d’opposition devant la police antiterroriste pour un communiqué de presse. On menace et on réprime des étudiants qui s’indignent d’un massacre terrifiant. On tente de dissoudre un collectif de jeunes qui se mobilisent face à l’urgence climatique. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Est-ce dans la Russie de Vladimir Poutine ? Non, c’est dans la France d’Emmanuel Macron.Monsieur le Premier ministre, il ne vous aura pas suffi de multiplier les 49.3 pour piétiner […]

La parole est à M. le garde des sceaux, ministre de la justice. (Mme Sophia Chikirou s’exclame.)

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux, ministre de la justice #18

La justice, vous l’aimez collée contre le mur par la violence de Mélenchon ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RE. – Protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Parlons clairement : après le 7 octobre et l’attaque terroriste du Hamas, que vous soutenez (« Menteur ! » et vives exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES),…

C’est faux !

Honteux !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #21

…j’ai pris une circulaire pour que la justice puisse réprimer les propos antisémites qui se développaient. J’ai eu raison de le faire. Des personnes ont estimé qu’elles en étaient victimes et déposé plainte. La justice a été saisie et dira ce qu’elle à dire en toute indépendance !

La relaxe, c’est l’indépendance ?

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #23

Il y a des jours où l’on préférerait être sourd plutôt que d’entendre ce que l’on entend. (Exclamations continues sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Vous parlez d’instrumentalisation de la justice, mais c’est votre groupe qui a déposé contre moi une plainte scandaleuse concernant un acte administratif. C’est vous qui avez demandé au procureur général de former un pourvoi en cassation. C’est vous qui, tous les soirs, avez tweeté pour que je sois condamné.

C’est moi, plus précisément !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #25

Vos amis à vous, ce sont les mollahs. Vous devriez avoir honte ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RE. – Protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

C’est de la diffamation !

Ce que vous dites est un scandale !

La parole est à M. Manuel Bompard.

Je vous parle de la France des Lumières et des droits de l’homme, et vous me parlez de vous ! Le 10 octobre dernier, vous avez publié une circulaire dont nous voyons aujourd’hui le résultat. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.)

C’est l’heure ! C’est l’heure !

Vous voulez nous faire taire… (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES et sur quelques bancs du groupe GDR-NUPES. – Mme la présidente coupe le micro de l’orateur, dont le temps de parole est écoulé.)

Institution judiciaire capitalo-fasciste !

La parole est à M. le garde des sceaux.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #34

Vous êtes injurieux à l’encontre de tous les magistrats de ce pays, monsieur Bompard ! (Vives protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Laissez la justice faire son travail en toute indépendance. Elle dira s’il s’agit, oui ou non, d’une infraction. Personne n’est au-dessus des lois, pas plus Mme Panot qu’une autre ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem.)

Accord sur les fins de carrière à la SNCF

La parole est à M. Alexandre Vincendet.

Monsieur le ministre délégué chargé des transports, la direction de la SNCF a annoncé la semaine dernière avoir conclu, avec quatre organisations syndicales représentatives de l’entreprise, un accord sur les fins de carrière. Cet accord, qui entrera en vigueur en 2025, permettra aux employés qui le souhaitent de partir à la retraite plus tôt que prévu en conservant une rémunération égale à 75 % de leur salaire.En apprenant par voie de presse la signature de cet accord, plusieurs d’entre nous ont été choqués. Nous avons été choqués, tout d’abord, qu’une entreprise publique contourne de cette façon la réforme des retraites adoptée l’année dernière par le Parlement. L’accord conclu entre la direction et les syndicats permet en effet de revenir sur les effets de la réforme. De quel droit une entreprise publique permet-elle à ses employés de s’exonérer d’une réforme qui s’applique à tous les […]

Il est membre de la majorité ?

Nous avons été choqués, enfin, que la pression exercée par quelques représentants syndicaux faisant planer la menace de grèves paralysantes à quelques semaines des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) fasse plier la direction. Ce choix de la facilité, financé par l’argent des Français, envoie un mauvais signal à tous nos compatriotes qui travaillent dur (M. Stéphane Peu s’exclame) et se plient aux règles communes pour financer notre modèle social.Quel est le coût pour les finances publiques d’un tel accord ? L’approuvez-vous ? (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR. – M. Didier Le Gac applaudit également.)

La parole est à M. le ministre délégué chargé des transports.

Patrice Vergriete ministre délégué chargé des transports #44

Le régime spécial des retraites de la SNCF a-t-il été supprimé ? La réponse est oui, et c’est cette majorité qui l’a fait. La réforme des retraites s’applique-t-elle à la SNCF ? La réponse est également oui : les cheminots travailleront plus longtemps, comme dans toutes les entreprises de France. Mais, comme toutes les entreprises françaises, la SNCF a droit de passer des accords d’entreprise, ou plutôt, comme c’est le cas ici, de renégocier un accord qui datait de 2008, relatif à la gestion des fins de carrière des métiers pénibles.La seule question qui vaille, que vous avez mentionnée, est de savoir qui va payer. Or, vous le savez, le statut de la SNCF a changé puisqu’elle a été transformée en société anonyme à capitaux publics en 2020 et joue désormais le jeu de la concurrence, à l’exception de la gestion de l’infrastructure.

À cause de vous ! La réforme des retraites, c’est vous !

Patrice Vergriete ministre délégué #47

Soyez donc assuré que le contribuable ne versera pas un centime pour financer cet accord. Il n’y a plus de monopole pour payer les factures d’une quelconque irresponsabilité.

C’est le carnaval de Dunkerque !

Patrice Vergriete ministre délégué #49

Il n’y a plus d’excuse au déficit depuis que l’État a repris, une fois pour toutes, la dette de la SNCF. Le client est lui aussi protégé par le jeu de la concurrence. Prenons l’exemple des régions : elles peuvent choisir un autre opérateur si la SNCF n’est pas compétitive. C’est déjà le cas, dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), pour la ligne Marseille-Nice.

Il n’y a pas de quoi s’en féliciter !

Patrice Vergriete ministre délégué #51

C’est donc en interne, grâce à des gains de productivité, que la SNCF devra financer l’accord. L’objectif visé par la réforme de l’entreprise était d’ailleurs celui-là. Dorénavant, elle prend ses décisions en responsabilité, en fonction de son intérêt. Nous y sommes ! (M. Thomas Rudigoz applaudit.)

Souhaits de bienvenue à une délégation étrangère

Yaël Braun-Pivet president · EPR #54

Chers collègues, je suis heureuse de souhaiter en votre nom la bienvenue à une délégation de la Chambre des députés du grand-duché de Luxembourg, conduite par son président, M. Claude Wiseler. (Mmes et MM. les députés et les membres du Gouvernement se lèvent et applaudissent.)

Situation dans les universités

La parole est à M. Roger Chudeau.

Avec votre autorisation, madame la présidente, avant de poser ma question, je souhaite rendre hommage à nos forces armées, et tout particulièrement à la légion étrangère, qui fête aujourd’hui le 161e anniversaire du combat de Camerone. (Les députés du groupe RN se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.)Monsieur le Premier ministre, depuis plus d’une semaine, l’islamo-gauchisme (« Ah ! » et rires sur les bancs du groupe LFI-NUPES), avec l’appui sans faille des pyromanes LFIstes de la République, montre son vrai visage : celui, hideux, abject, de l’antisémitisme. Michel Onfray a raison quand il affirme que l’islamo-gauchisme est un fascisme.

Islamo-fasciste !

Capitalo-fasciste !

L’antisémitisme est profondément ancré, depuis de nombreuses années, dans nos universités. Ainsi, 91 % des étudiants juifs déclarent avoir subi des agressions antisémites dans les locaux universitaires. Ce scandale, cette honte, les représentants de l’université française le nient, l’euphémisent, parlant d’un « ressenti », comme l’ont montré les auditions de France universités à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Balayez devant votre porte !

Alors qu’elle était ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Mme Vidal avait annoncé, en février 2021, la création d’une commission d’enquête sur l’islamo-gauchisme à l’université, qui n’a jamais vu le jour. Quant à vous, vous avez récemment usé de formules martiales en parlant de sursaut d’autorité : « La République contre-attaque », disiez-vous.Devant le lamentable spectacle qu’offrent nombre de nos campus, notamment celui de Sciences Po Paris,…

Ils réfléchissent, eux !

…où la direction va à Canossa et se couche devant cinquante islamo-fascistes, où est le sursaut d’autorité ? (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.) Demanderez-vous à Mme la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche de lancer une enquête administrative sur le phénomène islamo-gauchiste ? Exigerez-vous des sanctions disciplinaires à l’encontre des fauteurs de troubles de Sciences Po Paris ? Interdirez-vous le prétendu débat que l’établissement veut organiser sur le boycott d’Israël ? Enfin, engagerez-vous une procédure de dissolution des groupes politiques qui appellent à la destruction d’Israël ? (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

La parole est à Mme la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Sylvie Retailleau ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche #70

Le débat et la liberté d’expression sont au cœur de la vocation des universités dans le monde entier.

Répondez à la question ! Ils demandent notre dissolution !

Toutefois, ils n’autorisent pas tout. Les blocages et les intimidations sont inacceptables,…

C’est ce qu’il fallait dire il y a deux jours !

…encore moins l’incitation à la haine, l’appel à l’insurrection ou l’antisémitisme, qui fait l’objet d’une tolérance zéro.

Ils veulent dissoudre notre mouvement politique ! (Protestations sur les bancs du groupe RE.)

Nous sommes donc très vigilants et nous resterons fermes. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.)

Vous avez été silencieuse !

La décision de recourir à la force publique pour rétablir l’ordre relève des chefs d’établissement. (M. Pierre-Henri Dumont s’exclame.) Nous n’y sommes jamais défavorables lorsque la situation l’exige. À Sciences Po Paris, aucune sanction n’est suspendue concernant des faits graves comme les propos et les actes antisémites signalés lors des événements du 12 mars, qui font l’objet d’une enquête administrative.

Vous avez tardé à agir !

Il n’est pas non plus question de suspendre les partenariats scientifiques ou académiques. (Mme Anne-Laurence Petel applaudit.) On ne peut parler de manque d’autorité, alors que les chefs d’établissement prennent leurs responsabilités.

Et vous ?

Ils réquisitionnent les forces de l’ordre pour mettre fin aux blocages, comme hier à la Sorbonne, mercredi dernier sur le campus Saint-Thomas de Sciences Po Paris ou aujourd’hui à Saint-Étienne.Ils annulent des conférences, lorsqu’elles présentent un risque de trouble à l’ordre public.

Vous avez eu un silence coupable !

Certains sont même comparés, pour cette raison, à des criminels nazis ; c’est odieux…

Inacceptable !

…et j’ai porté plainte. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.) Honte à ceux qui instrumentalisent le conflit et qui utilisent les étudiants ! Les universités doivent demeurer des lieux d’étude ; leur mission est trop importante et trop précieuse pour qu’on piétine leur image et qu’on empêche leur bon fonctionnement, particulièrement en tentant d’importer une mobilisation américaine. (Mme Clémence Guetté s’exclame.) Je le répète : le débat, oui ; le blocage, non ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

Revenus indécents des PDG du CAC40

La parole est à M. Fabien Roussel.

Les PDG du CAC40 défrayent la chronique en se versant des revenus indécents ; parmi eux, le PDG de Stellantis a perçu 36,5 millions d’euros en un an. Pourtant, ce PDG fait peser de lourdes menaces sur la production de voitures et de véhicules utilitaires en France – en particulier à Aulnay-sous-Bois, ou chez moi, dans le Nord, avec le site Sevelnord –, ou encore sur des sous-traitants comme MA France ou Eurostyle. À lui seul, il représente une élite décadente qui vole une part de la richesse des salariés.

Exact !

Les voleurs de richesses sont aussi ceux qui captent l’essentiel des aides publiques, versent des dividendes, tout en supprimant des emplois. J’étais ce matin auprès des salariés de Sanofi, qui subissent un énième plan de suppression d’emplois : 330 dans la recherche, quand Sanofi abandonne la lutte contre le cancer. C’est une honte ! Allez-vous placer ce groupe sous contrôle, quand on sait que l’État lui a versé plus d’1 milliard d’euros d’aides publiques en dix ans ?La suppression de 677 emplois a également été annoncée chez Exxon Mobil, en Seine-Maritime, alors que ce géant pétrolier a versé plus de 55 milliards d’euros de dividendes en 2022. La production d’acier à Fos-sur-Mer, celle de méthionine dans l’Allier, ou celle des fameux verres Duralex dans le Loiret se trouvent également menacées, avec des milliers de salariés angoissés.Des entreprises stratégiques comme Atos sont aussi […]

La parole est à M. le ministre délégué chargé de l’industrie et de l’énergie.

Roland Lescure ministre délégué chargé de l’industrie et de l’énergie · EPR #97

La décadence est terminée, depuis maintenant sept ans, pendant lesquels nous avons entamé la réindustrialisation de la France. Vous parlez des entreprises qui vont mal, je vais y revenir. Il y a aussi, en France, des entreprises qui vont bien. (M. Jean-François Coulomme s’exclame.)

Ce n’est pas la question, répondez à celles qui vont mal !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #99

Il y a deux semaines, j’étais dans la Sarthe pour inaugurer une entreprise qui produira 1 milliard de gants chirurgicaux ; cela faisait vingt-cinq ans qu’on n’en produisait plus en Europe. La semaine dernière, j’étais chez Technip Energies, une entreprise qui investit en France, contribuant à redresser notre activité industrielle et à nous orienter vers la transition écologique. En France, des entreprises industrielles qui gagnent, il y en a !

Et Atos ?

Stellantis souffre !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #102

Nous accompagnons aussi les entreprises qui souffrent. Mais je tiens à rappeler que l’année dernière, dans notre pays, nous avons créé 200 usines de plus que nous n’en avons fermé. L’année précédente, nous avions créé 180 usines de plus que nous n’en avions fermé. La réindustrialisation de la France est en cours.

Et Atos ?

Roland Lescure ministre délégué · EPR #104

Nous devons accompagner les entreprises qui souffrent, et nous le faisons, comme vous le savez. Nous avançons avec Carelide ; nous avons sauvé l’entreprise Valdunes, située non loin de votre circonscription ; nous continuons à accompagner des entreprises comme Duralex, pour trouver des repreneurs.

Et Stellantis ?

Roland Lescure ministre délégué · EPR #106

Nous adoptons, chaque fois, la même stratégie, qui n’est pas la vôtre : nous ne montrons pas du doigt des entrepreneurs et des investisseurs, nous travaillons avec eux, à la condition qu’ils souhaitent investir dans les entreprises.

Carlos Tavares est un voleur !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #108

Nous travaillons avec les chefs d’entreprise qui s’investissent dans leur entreprise. Pour celles et ceux qui sont rémunérés de manière très importante, comme celui que vous venez de mentionner, je veux leur délivrer ce message : une grosse rémunération entraîne de grandes responsabilités. Or, aujourd’hui, ces responsabilités ne sont pas assumées…

Ils tremblent ! Ils ont vachement peur !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #110

…s’agissant de la gestion des filières et des sous-traitants, qui ne travaillent pas suffisamment pour les grands groupes français. Reconnaissons que Stellantis est une entreprise en redressement ; ce redressement est bienvenu, et doit concerner l’ensemble de la filière. Nous y travaillons.

Et Exxon ? Il n’y a pas de réponse à nos questions, madame la présidente !

Traité sur le plastique

La parole est à M. Philippe Bolo.

Le temps nous est compté : la production de polymères plastiques a doublé en vingt ans et sera multipliée par trois d’ici à 2050. Le temps nous est compté, car cette production galopante se traduit par une pollution alarmante et insoutenable, partout sur la planète. Le temps nous est compté : la communauté scientifique ne cesse d’alerter sur les effets incontrôlables d’une pollution visible et invisible, et sur son impact sur le climat, la biodiversité et la santé de l’humanité. Enfin, le temps nous est compté car le processus de négociations internationales en vue d’un traité mettant fin à la pollution plastique entre dans sa dernière ligne droite.En effet, la quatrième session de négociations vient de se terminer, cette nuit, à Ottawa, et l’ultime session se profile déjà, en novembre prochain, à Busan. Au terme d’une intense semaine de travaux, le bilan est partagé entre acquis et […]

La parole est à M. le secrétaire d’Etat chargé de la mer et de la biodiversité.

Et des bulots !

Très limite, ça, monsieur Minot !

Hervé Berville secrétaire d’État chargé de la mer et de la biodiversité · EPR #121

Vous l’avez dit, le temps est compté, parce que la pollution plastique se situe au cœur de la triple crise environnementale que nous connaissons – crise du climat, crise de la biodiversité et crise des pollutions. Chaque année, partout sur la planète, en mer comme en montagne, 400 millions de tonnes de plastiques sont rejetées. Toutes les quinze minutes, plus de 40 tonnes de plastiques sont déversées dans les océans. Seulement 9 % des plastiques sont recyclés dans le monde.Face à cela, la France a défendu – et vous étiez à nos côtés – trois priorités : la réduction de la production, la réduction de la production et la réduction de la production de plastiques. En effet, pour gagner la bataille et obtenir un traité efficace, qui protège nos écosystèmes et la biodiversité, il faut réduire la production de plastiques. Nous avons placé au cœur des négociations qui ont eu lieu à Ottawa, comme […]

La parole est à M. Philippe Bolo.

Je vous remercie pour votre réponse. Sachez que, du Japon au Canada, en passant par le Royaume-Uni, l’Égypte, le Bénin, le Gabon, l’Argentine ou encore la Colombie, la coalition parlementaire que j’ai réunie est mobilisée en faveur d’un traité ambitieux et pour permettre sa ratification. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe Dem.)

Projet de loi sur la fin de vie

La parole est à M. Stéphane Lenormand.

Dans deux semaines, nous entamerons l’examen du projet de loi sur la fin de vie. Ce texte de loi est attendu. Cependant, il ne me paraît pas tout à fait prêt à être examiné et amendé par les parlementaires, surtout s’agissant des territoires d’outre-mer, et plus particulièrement Mayotte et Saint-Pierre-et-Miquelon. En effet, l’article 21 prévoit, sans doute par manque du temps nécessaire pour bien faire, d’habiliter le Gouvernement à prendre des ordonnances, compte tenu de la complexité du système de santé dans ces deux territoires.À ce stade, je formulerai quatre remarques. Tout d’abord, nous sommes plusieurs députés ultramarins – y compris au sein du groupe LIOT – à réclamer un réflexe outre-mer en amont de tout texte de loi. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LIOT et sur quelques bancs du groupe LR.)

Eh oui, cela fait longtemps qu’on le demande !

Ce n’est – encore une fois – pas le cas, et nous devrons attendre douze mois et une ordonnance. Je souhaite aussi vous rappeler que les parlementaires sont de légitimes représentants de leur territoire et de ses habitants, et sont en mesure d’apporter par amendement, comme le prévoit notre régime démocratique, tous les ajustements nécessaires prenant en compte les spécificités insulaires.Ensuite, le projet de loi évoqué concerne également les soins palliatifs. Là encore, les territoires d’outre-mer ne sont pas forcément les mieux structurés et équipés dans ce domaine. Enfin, s’agissant d’un texte touchant à une question de société aussi importante – la fin de vie et les soins palliatifs –, qui suscitera dans cet hémicycle des débats nourris et complexes, j’estime que nous devons prendre le temps législatif nécessaire afin que ce texte s’applique à l’ensemble de nos concitoyens, où […]

La parole est à Mme la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Catherine Vautrin ministre du travail, de la santé et des solidarités · Les Républicains #135

Vous avez raison, il s’agit d’un texte important, qui réclame du temps, et c’est pourquoi la conférence des présidents a décidé de l’inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale pour deux semaines. Ce texte ne fera pas non plus l’objet d’une procédure accélérée, et il donnera donc lieu à quatre lectures.S’agissant du point particulier que vous avez soulevé – celui de l’extension et de l’adaptation des dispositions du projet de loi aux territoires ultramarins, et notamment à Saint-Pierre-et-Miquelon –, il est vrai que ces précisions auraient pu être intégrées directement au texte. Pour autant, l’article 21 du projet de loi déposé prévoit un délai d’habilitation de douze mois, qui nous a semblé nécessaire à la pleine association des collectivités concernées, en conformité avec les objectifs affichés par le Gouvernement lors du dernier comité interministériel des outre-mer.La […]

C’est systématique, madame !

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #139

L’habilitation du Gouvernement à légiférer par ordonnances est prévue par l’article 38 de la Constitution. Nous y voyons l’occasion d’associer pleinement votre collectivité aux travaux, et d’encadrer ces derniers dans des délais précis, pour ne pas créer de différence de traitement.Enfin, nous intégrerons bien évidemment la question des outre-mer au plan relatif aux soins palliatifs.

Vous ne répondez pas à la question de M. Lenormand !

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #142

L’équipement du pays, qui constitue le premier pilier de ce texte, doit être réalisé partout, dans l’Hexagone comme dans les outre-mer. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

La parole est à M. Stéphane Lenormand.

Je vous entends, madame la ministre, et veux bien vous accorder crédit, mais par expérience, tout ce qui se fait par ordonnance donne rarement un résultat terrible…

Il a raison !

…et j’estime que sur ce sujet-là en particulier, nous ne pouvons pas avoir une loi à deux vitesses. (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT. – MM. Jean-Victor Castor et Marcellin Nadeau applaudissent également.)

Protection de la nappe phréatique d’Alsace

La parole est à Mme Sandra Regol.

Vous dites souvent vouloir protéger la ressource en eau, essentielle à notre survie. Dès lors, pourquoi condamnez-vous, en ce moment même, la plus grande nappe phréatique potable de France, et l’une des plus grandes d’Europe ? Je ne le comprends pas.Vous la condamnez puisque, depuis plusieurs années, 42 000 tonnes de déchets hautement toxiques s’entassent sous la nappe phréatique d’Alsace. Ces déchets comprennent de l’arsenic, de l’amiante, et encore un peu de mercure – malgré les opérations conduites pour le retirer. Toutes les études concordent : un jour, la nappe sera sacrifiée. Vous affirmez que cela surviendra dans longtemps. Or il s’agit d’une zone sismique, et un incendie colossal a déjà eu lieu en 2002, simplement parce que quelques fûts s’étaient mélangés.Les jeunes vous appellent à agir dès maintenant, en prévention. Ils vous le disent avec force, mais avec pacifisme. Depuis […]

La parole est à M. le secrétaire d’État chargé de la mer et de la biodiversité.

Quel succès !

Hervé Berville secrétaire d’État chargé de la mer et de la biodiversité · EPR #155

Christophe Béchu a déjà eu l’occasion de le dire ici : notre priorité est la préservation de la ressource en eau, ainsi que celle de la santé de nos concitoyens. C’est une course contre la montre, vous le savez : 134 études, menées par 124 experts, ont toutes conclu à la nécessité de confiner ce site. Du fait de la convergence des terrains, si nous n’entreprenons pas de couler le béton le plus rapidement possible, nous ne pourrons pas sécuriser à temps les dizaines de milliers de tonnes que vous avez évoquées.Nous avons donc, de manière très transparente, établi nos priorités, issues des études scientifiques et de la concertation locale. Il s’agit, tout d’abord, d’engager les travaux afin de confiner le site le plus rapidement possible : après 2027, il sera trop tard. Ensuite, et contrairement à ce que vous avez dit, nous avons largement ouvert la porte à la réversibilité. […]

La parole est à Mme Sandra Regol.

Deux suspensions des travaux par le tribunal administratif, deux recours – qui ont abouti – devant le Conseil constitutionnel,…

Le Conseil constitutionnel ?

…ce n’est pas vraiment ce que j’appellerais un consensus en faveur de l’enfouissement. La loi vous dit qu’il ne faut pas enfouir, puisque deux recours sont encore en cours. M. le garde des sceaux ne disait-il pas, il y a quelques minutes, qu’il faut toujours écouter la justice ? Mais, au lieu de l’écouter, vous harcelez les militants qui se mobilisent…

Merci beaucoup, madame la députée.

…et, quand on se mobilise pacifiquement, il ne se passe rien : vous cherchez le désordre !

Blocage des universités

La parole est à Mme Violette Spillebout.

Ma question s’adresse à Mme la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. À Lille, le président de l’université a courageusement annulé une pseudo-conférence de La France insoumise – en réalité un meeting déguisé, destiné à propager la haine et l’antisémitisme. (Vives protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Menteuse !

Accusé de censure, il a été comparé, de façon abjecte, à un collaborateur nazi : nous lui apportons, ici, tout notre soutien. (Des députés des groupes RE et Dem se lèvent et applaudissent.) Merci, madame la ministre, d’avoir porté plainte.À Sciences Po Paris ce sont, depuis plusieurs semaines, des insultes antisémites contre une étudiante, une salle rebaptisée « Gaza »,…

C’est le principe de la liberté d’expression !

…le blocage des cours, les pressions sur la liberté académique et, enfin, les mains rouges. Notre jeunesse se mobilise, et nous aussi : nous pensons à toutes les victimes palestiniennes, comme aux otages israéliens.

C’est faux !

Menteuse !

Mais ce n’est pas une raison pour accepter l’importation du conflit dans nos universités. Nous nous élevons contre les blocages menés par quelques extrêmes radicalisés qui empêchent les universités de fonctionner. Ils sont manipulés par certains de nos collègues du groupe LFI, ici présents, qui se croient tout permis, et qui attisent les braises. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Ne les laissons pas infiltrer les universités, pousser au soulèvement et instrumentaliser la situation à des fins électoralistes.

Bla bla bla…

La liberté d’expression, le débat pluraliste et la sérénité au sein des universités sont bel et bien menacés. Nous voulons que celles-ci restent des lieux de savoir et qu’elles ne deviennent pas le terrain des luttes politiques ou de la terreur intellectuelle. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)Confirmez-vous, madame la ministre, que les sanctions pour antisémitisme n’ont pas été annulées par la direction de Sciences Po Paris ? Quelles mesures prenez-vous pour aider les chefs d’établissement à protéger, dans les universités, nos étudiants, nos enseignants et nos chercheurs ? (Des députés des groupes RE et Dem se lèvent et applaudissent.)

Vous écrasez la démocratie. La terreur politique, c’est vous !

La parole est à Mme la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Sylvie Retailleau ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche #179

Je réaffirme la position, simple et claire, qui est la nôtre : le débat, c’est oui ; le blocage, ce sera toujours non. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.) J’ai, comme vous, deux priorités. Tout d’abord, que nos étudiants puissent, dans les enceintes sacrées de nos universités, étudier dans de bonnes conditions. Que le cadre démocratique et républicain, ensuite, soit respecté.

Donnez-en-leur déjà les moyens !

Incantations !

C’est pourquoi, lorsqu’elles présentent des risques de trouble à l’ordre public, des conférences sont annulées, comme c’était le cas à Lille.

C’est vous le trouble à l’ordre public !

Des campus ont ainsi été évacués par les forces de l’ordre, à la demande des chefs d’établissement.

Et vous, vous êtes complice !

Comme vous l’avez dit, certains irresponsables soufflent sur les braises.

Ils sont ici !

Ils instrumentalisent le conflit et manipulent nos étudiants en les appelant au soulèvement.

Ils sont libres ! Ce sont des grands garçons et des grandes filles !

La surenchère et l’outrance ne font pas de bien à notre démocratie : cela suffit ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.) Un président d’université a été comparé à un criminel nazi, et j’ai donc porté plainte pour injure publique à un agent public. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.) Des étudiants reprennent le symbole des mains rouges : nous devons condamner fermement ce geste (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES), même si je garde espoir qu’une partie de ces étudiants n’a peut-être pas mesuré sa portée et regrettera de l’avoir commis.

Vous les prenez pour des gamins ?

Mais les étudiants de Sciences Po sont de jeunes adultes instruits, qui ne peuvent pas se dissimuler derrière l’ignorance. Je confirme que les procédures disciplinaires concernant des faits antisémites, des faits graves, ne seront abandonnées, ni à Sciences Po Paris ni ailleurs. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.)

Situation de l’entreprise Biogaran

La parole est à M. Thierry Frappé.

Ma question s’adresse à M. le ministre de l’économie et de l’industrie. Biogaran, un fleuron de l’industrie pharmaceutique qui, à lui seul, représente 32 % de la production de médicaments génériques sur le marché français, est à vendre. Cette entreprise n’a cessé de contribuer à la souveraineté française dans ce domaine, en produisant en priorité sur le territoire national et européen.Ce sont près de 8 000 emplois qui sont menacés, sans compter la chaîne des sous-traitants qui, rien qu’en France, compte près de quarante usines. Voilà des mois que notre groupe tire la sonnette d’alarme. Nous avons rencontré à de nombreuses reprises, depuis dix-huit mois, l’équipe dirigeante de Biogaran. Nous avons le devoir de conserver à cette entreprise, patriote et responsable, sa marge de viabilité, en l’exonérant de dispositions qui ne peuvent s’appliquer à un laboratoire génériqueur.Notre groupe a […]

La parole est à M. le ministre délégué chargé de l’industrie et de l’énergie.

Roland Lescure ministre délégué chargé de l’industrie et de l’énergie · EPR #201

La presse fait en effet état de la volonté des laboratoires Servier de vendre Biogaran, sa filiale de génériques. Je le regrette d’autant plus que, depuis quelques mois, voire quelques années, un grand nombre de groupes pharmaceutiques internationaux choisissent de s’installer en France. Sur ces seuls derniers dix-huit mois, Pfeizer, GSK, Novo Nordisk, Kiesel, Lilly France et tant d’autres encore ont choisi d’investir en France. Et si vous étiez au pouvoir, monsieur le député, aucun de ces investissements n’aurait lieu. (Protestations sur les bancs du groupe RN.)Ce sont aussi des entreprises françaises, comme Sequens, Skyepharma ou Pierre Fabre, qui choisissent d’investir en France, grâce à notre politique de relocalisation des médicaments critiques. Je les en remercie et le répète : si vous étiez au pouvoir, elles n’investiraient sans doute pas, elles non plus.

Répondez donc sur Biogaran !

Roland Lescure ministre délégué · EPR #204

Cela étant, je tiens à redire qu’il est hors de question que l’éventuelle vente de Biogaran se traduise par un risque sur l’approvisionnement ou sur l’empreinte industrielle. Nous avons les moyens de poser des conditions drastiques afin d’empêcher que cela ne se produise, et cela grâce à des lois votées par cette majorité, comme la loi du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises, dite loi Pacte ; vous étiez moins nombreux sur les bancs, mais aucun de vos députés ne l’avait alors votée. Vous parlez, nous agissons. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

Suppressions d’emplois dans l’industrie

La parole est à Mme Nadège Abomangoli.

Monsieur le ministre délégué chargé de l’industrie, quand allez-vous sanctionner les patrons qui détruisent le travail et les travailleurs ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES et sur quelques bancs du groupe GDR-NUPES.) C’est la question que se posent les salariés de l’usine MA France d’Aulnay-sous-Bois, sous-traitante pour le groupe automobile Stellantis. Quatre cents travailleurs en grève vivent dans l’angoisse, car le donneur d’ordre a décidé de mettre fin aux commandes et de délocaliser. Stellantis exerce un droit de vie et de mort sur l’emploi. Nous soutenons les salariés de MA France, que j’ai rencontrés encore ce midi, et qui ne lâcheront pas. Sans eux, il n’y aurait pas dans notre pays de création de richesses, pas de gros salaires ni de dividendes, pas d’expertise industrielle. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)Chez Sanofi, on exploite […]

La parole est à M. le ministre délégué chargé de l’industrie et de l’énergie.

Roland Lescure ministre délégué chargé de l’industrie et de l’énergie · EPR #213

Où étiez-vous, madame la députée, quand nous avons voté toutes les mesures qui, depuis sept ans et pour la première fois en France depuis trente-cinq ans, ont créé de l’emploi industriel ? Nulle part. (Vives protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Vous vous êtes opposés à tout ce qui a été voté par cette majorité pour relocaliser, réindustrialiser, continuer à créer de la richesse en France.Nous agissons aussi pour aider les entreprises à relever les défis qu’elles rencontrent, nous cherchons des repreneurs pour celles qui sont en difficulté, nous investissons à leurs côtés et nous accompagnons les salariés. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Et qu’est-ce que vous proposez ? Le duo magique : taxer et nationaliser. Ce n’est pas sérieux ! Nationaliser l’industrie pharmaceutique en France – et, pourquoi pas, l’automobile –, ce serait revenir cinquante ans en […]

La parole est à Mme Nadège Abomangoli.

Réveillez-vous, réveillons-nous, rendez-vous demain, 1er mai, dans la rue. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Fixation du prix de la canne à sucre

La parole est à M. Christian Baptiste.

Ma question s’adresse à la ministre déléguée chargée des outre-mer. En Guadeloupe, le décret du 1er avril 1964 a révisé les modalités de paiement de la canne à sucre livrée en usine, passant d’un paiement au poids à un paiement basé sur la concentration en sucre cristallisable extractible. Le décret prévoit que le prix de la canne est composé d’une somme pour le sucre cristallisé et d’une autre calculée sur la base des recettes de ses coproduits.Ce décret est encore valide, mais son application est arbitraire. Si le prix tient bien compte du taux de sucre extractible, les recettes de la mélasse, du rhum, de la bagasse et des autres coproduits ne sont pas reversées aux producteurs. Cette situation a conduit à la paupérisation des petits producteurs de canne depuis 1964. Au vu de la valeur des coproduits de la canne, il faudrait que le manque à gagner pour l’économie de la Guadeloupe soit […]

La parole est à Mme la ministre déléguée chargée des outre-mer.

Marie Guévenoux ministre déléguée chargée des outre-mer · RE #224

Je vous remercie de nous permettre d’évoquer la situation que connaissent les planteurs de canne, en particulier ceux de votre territoire, la Guadeloupe.Je me suis déjà rendue deux fois en Guadeloupe et, à cette occasion, j’ai rencontré les planteurs de canne. Le blocage a duré six semaines, au cours desquelles la campagne sucrière n’a pas pu être lancée, menaçant les producteurs de canne d’une année blanche.Depuis vendredi, un accord a été trouvé. C’est un travail collectif, dont je remercie le préfet de région, le président du conseil régional, M. Ary Chalus, et celui du conseil départemental, M. Guy Losbar.Pour faire face au faible taux de sucrosité de la canne, cet accord prévoit le versement aux planteurs de 1 million d’euros par l’État, 500 000 euros par la région et 250 000 par le département, sous forme de contribution exceptionnelle.En outre, l’usinier participera à […]

La parole est à M. Christian Baptiste.

Je vous remercie, madame la ministre déléguée. Nous voulons que les producteurs de canne de Guadeloupe ne soient plus des exploités agricoles, mais des exploitants ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

Violences chez les jeunes et sursaut d’autorité

La parole est à Mme Laure Miller.

Il y a quelques jours, à Viry-Châtillon, le Premier ministre prononçait un discours fondamental sur le sursaut d’autorité.

Historique !

Ce discours déclinait des objectifs largement partagés par les Français : restaurer l’autorité à tous les niveaux ; faire évoluer les peines et les sanctions pour qu’aucun acte ne soit jamais laissé sans réponse ; affirmer nos valeurs républicaines ; renforcer notre stratégie contre la drogue, terreau de toutes les délinquances.Dans la foulée, les consultations ont débuté et, en parallèle, de part et d’autre de l’hémicycle, les vieilles rengaines ont repris. Il y a ceux qui dénoncent de purs fantasmes, qui continuent à assumer la culture de l’excuse, tout en jouant les pompiers pyromanes, en distillant la violence dans chacune de leurs prises de position, appelant même au soulèvement.Et il y a ceux qui dépeignent la France comme un enfer sur terre. Chers députés d’extrême droite, quelles solutions proposez-vous hormis des mirages, des propositions de lois mal rédigées et qui piétinent […]

Attendez le 9 juin !

Loin des populismes de tous bords qui font croire aux Français que les solutions sont simples, la gravité de la situation, comme l’attente forte de nos concitoyens, nous imposent de répondre avec mesure et efficacité.

Et la fraude électorale, vous approuvez ?

Répondre avec mesure, c’est décrire la réalité, toute la réalité, mais rien que la réalité. Répondre avec efficacité, c’est prendre le temps de la concertation pour étudier les solutions sur la base d’un travail scientifique et technique.La majorité prouve que la volonté politique et la fermeté sont de retour. Je salue la circulaire pénale diffusée dès hier soir dans nos juridictions, qui garantit le respect effectif et total de la laïcité, répliquant ainsi avec force à l’offensive islamiste qui sévit dans nos quartiers et dans certaines de nos écoles.

Cela fait cinquante ans que ça dure !

Monsieur le garde des sceaux, le sujet le plus difficile est sans doute celui de la responsabilité parentale. Oui, il faut davantage accompagner les parents dépassés. Mais la responsabilité des parents défaillants doit aussi être plus fortement engagée. Quelles pistes envisagez-vous pour remettre les parents au cœur de l’éducation ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

La parole est à M. le garde des sceaux, ministre de la justice.

Un député du groupe LFI-NUPES #247

Le racisme, c’est vendeur !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux, ministre de la justice #248

Je serais tenté de vous répondre que tout est dans le discours du Premier ministre prononcé à Viry-Châtillon, que vous avez qualifié de fondamental.

Excellent !

Quelle courtisanerie !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #251

Bien sûr, nous ne partons pas de rien. N’oublions pas le code de la justice pénale des mineurs. Certains l’ont honteux aujourd’hui, mais le Rassemblement national l’a voté. Je le répète, il l’a voté, à l’unanimité.

Et alors ?

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #253

Nous réfléchissons en outre à des mesures nouvelles parce qu’il ne faut rien s’interdire. Huit semaines de concertation ont commencé dès ce matin à Matignon, et dès demain au ministère de la justice. Je recevrai les magistrats, les organisations syndicales et les parlementaires qui souhaitent faire des propositions, afin que nous en discutions.Enfin, nous avons déjà mis en œuvre des mesures concrètes. Ainsi, à Nice, les internats éducatifs sont là pour aider les mamans seules. Elles nous remercient de prendre en charge ces gamins, ce que la loi ne permettait pas, du fait de leur âge et parce qu’ils n’avaient pas commis d’infraction.Vous avez évoqué une première circulaire ; une autre va intervenir très prochainement pour décliner le principe « tu casses, tu répares ; tu salis, tu nettoies. » (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe […]

Il a appris par cœur la formule du Premier ministre !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #257

Cette fois, oui, j’ai appris la formule par cœur. (Sourires.)

Roland Lescure ministre délégué chargé de l’industrie et de l’énergie · EPR #258

Excellent !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #259

Toutes les pistes sont les bienvenues car il s’agit de sujets transpartisans, qu’il convient de ne pas instrumentaliser à des fins politiciennes – le papa du petit Matisse l’a rappelé. Je rends hommage à la mémoire de ce dernier. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE.)

Quelle honte !

Mineurs délinquants

La parole est à Mme Alexandra Martin (Alpes-Maritimes).

Que de temps perdu, que de drames qui auraient pu être évités ! Matisse, Shamseddine, Samara, Philippe, nos pensées les plus émues et les plus attristées vont vers ces victimes trop nombreuses et leurs proches.Il est temps, monsieur le Premier ministre, d’en finir avec l’impunité des mineurs délinquants – aujourd’hui criminels – et de mettre un terme à l’impuissance publique.Il y a deux ans, je déposais une proposition de loi, corédigée avec David Lisnard, déclinée par la suite en amendements au projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de la justice 2023-2027.Je me souviens de l’avis très négatif rendu par le garde des sceaux, notamment sur la levée de l’excuse de minorité et sur la responsabilité pénale des parents. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LR.)

Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent !

Désormais, vous vous emparez de ces sujets en proposant des mesures qui s’apparentent à des pansements, sans réponses pénales fermes. Elles seront donc inefficaces. Ainsi, proposer à des jeunes à la dérive un placement en internats ordinaires, dans lesquels des jeunes en recherche de réussite sont également présents, accueillir tous les jours les élèves de huit heures à dix-huit heures dans leur établissement, alors qu’ils sont pour la plupart déscolarisés, tout cela est en décalage complet avec la situation que notre pays connaît et la dégradation de la sécurité publique. C’est notamment le cas dans les quartiers livrés au communautarisme, à une immigration incontrôlée qui a ses propres lois et sa propre culture : leur emprise sur les mineurs légitime la violence. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.)

Un député du groupe LR #269

Bravo !

Il y a quelques jours, j’ai proposé un nouvel acte à ma proposition de loi : mise en place de courtes et très courtes peines, création d’internats disciplinaires fermés et possibilité de poursuivre des adultes utilisant des mineurs pour effectuer des actes répréhensibles. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR. – Mme Emmanuelle Ménard applaudit également.)Il s’agirait d’un changement radical, et de réponses pénales, mais il faut aussi réagir urgemment face à la politique migratoire, comme nous le proposons. Pensez-vous vraiment qu’un énième Beauvau apportera des solutions inédites alors que nous connaissons déjà les causes et les réponses à apporter ? (Mêmes mouvements.)

La parole est à M. le garde des sceaux, ministre de la justice.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux, ministre de la justice #273

Madame Martin, vous le savez parce que vous êtes nuancée, la justice n’est pas la version endimanchée de la vengeance – ce serait trop facile. Il y aurait alors belle lurette que nous aurions réglé les problèmes ! J’entends ce que vous dites, et vos propositions. Nous en débattrons. Il ne s’agit pas d’un énième Beauvau, mais de la volonté de considérer que ces sujets sont transpartisans.Ainsi, l’internat éducatif niçois a reçu le soutien des députés Ciotti et Pradal, et du président du conseil départemental – qui est issu de votre famille politique. Il est utile parce qu’aucun dispositif n’existait, et non parce qu’il vient en remplacer un.Nous ne nous interdisons aucune réflexion sur l’excuse de minorité, mais n’oublions pas notre boussole constitutionnelle – le Conseil constitutionnel a déjà rendu des décisions, qui distinguent selon les âges et les infractions – et avançons avec […]

Vous les avez balayées !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #278

C’est tout l’intérêt de la discussion dans l’arc républicain. Vous n’êtes pas de ceux qui ont le code de justice pénale des mineurs honteux. (L’orateur fait un mouvement de balai avec sa main en direction des bancs à droite de l’hémicycle.) Après l’avoir voté, ils font semblant de pas s’en souvenir.En conclusion, oui à la coconstruction, mais non au nihilisme ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

Projet d’autonomie de la Corse

La parole est à M. Gilles Le Gendre.

Cela faisait longtemps !