Séance du 20 mai 2025 /// n°206 /// 383 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Session ordinaire 2024-2025

Séance du 20 mai 2025 — 206e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Clémence Guetté.

383prises de parole
56orateurs
6points à l'ordre du jour
13scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
1894 l'amendement n° 89 de M. Isaac-Sibille à l'article 5 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 111 / 151 rejeté
1895 l'amendement n° 1620 de M. Isaac-Sibille à l'article 5 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 111 / 146 rejeté
1896 l'amendement n° 2702 du Gouvernement à l'article 5 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 227 / 24 adopté
1897 l'amendement n° 35 de M. Hetzel et les amendements identiques suivants à l'article 5 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (pre… 122 / 137 rejeté
1898 l'amendement n° 657 de Mme Pirès Beaune à l'article 5 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 74 / 198 rejeté
1899 l'amendement n° 2515 de M. Juvin à l'article 5 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 107 / 166 rejeté
1900 l'amendement n° 630 de Mme Thiébault-Martinez à l'article 5 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 102 / 163 rejeté
1901 l'amendement n° 1619 de M. Bazin à l'article 5 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 99 / 164 rejeté
1902 l'amendement n° 420 de Mme Darrieussecq à l'article 5 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 103 / 153 rejeté
1903 l'amendement n° 1416 de M. Verny à l'article 5 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 44 / 180 rejeté
1904 l'amendement n° 1797 de Mme Battistel et l'amendement identique suivant à l'article 5 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (pr… 70 / 129 rejeté
1905 l'amendement n° 2129 de M. Lauzzana à l'article 5 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 83 / 111 rejeté
1906 l'amendement n° 403 de Mme Gruet à l'article 5 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 64 / 123 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 383 — page 1 / 2.

Clémence Guetté president · LFI #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)

Suite de la discussion d’une proposition de loi

Clémence Guetté president · LFI #7

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir (nos 1100, 1364).

Discussion des articles (suite)

Clémence Guetté president · LFI #9

Cet après-midi, l’Assemblée a poursuivi la discussion des articles de la proposition de loi ; elle a commencé d’examiner, à l’article 5, les amendements nos 2029 à 2625, en discussion commune. Ces amendements ont été présentés par leurs auteurs.

Article 5 (suite)

Clémence Guetté president · LFI #11

Dans la discussion commune, je suis saisie de deux amendements identiques, nos 407 et 646. L’amendement no 407 de Mme Geneviève Darrieussecq est défendu.La parole est à M. Philippe Juvin, pour soutenir l’amendement no 646.

article 5 · amendement 407

Comme je l’ai dit cet après-midi, une demande écrite du patient est absolument nécessaire.

article 5 · amendement 407
Clémence Guetté president · LFI #14

La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 34.

article 5 · amendement 34

Il tend à compléter l’alinéa 4 par la phrase suivante : « Cette demande est écrite pour garantir sa traçabilité ». Vous le savez, nous sommes très attachés à protéger les patients dans la durée.

article 5 · amendement 34
Clémence Guetté president · LFI #16

La parole est à M. Philippe Juvin, pour soutenir l’amendement no 687.

article 5 · amendement 687

Il vise à préciser que la demande de la personne doit être établie par un écrit daté et signé de sa main. Cependant, nous avons entendu les remarques des plusieurs collègues soutenant que parfois, le patient, paralysé, était incapable de signer. Nous proposons d’ajouter qu’à défaut, cette demande peut être faite par un enregistrement vidéo. Une demande orale ne suffit pas – Verba volant, scripta manent.

article 5 · amendement 687
Clémence Guetté president · LFI #18

Dans la discussion commune, les amendements identiques nos 2658 de M. Nicolas Sansu et 2659 de Mme Émeline K/Bidi sont défendus.Je suis saisie de plusieurs demandes de scrutin public : sur l’amendement no 89, par le groupe Socialistes et apparentés ; sur l’amendement no 1620, par le groupe Droite républicaine ; sur le sous-amendement no 2701 et l’amendement no 1899, par le groupe Ensemble pour la République ; sur les amendements no 147 et identiques, par le groupe Droite républicaine ; sur les amendements no 407 et identique, par le groupe Horizons & indépendants et sur l’amendement no 34, par le groupe Droite républicaine. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Laurent Panifous, rapporteur de la commission des affaires sociales, pour donner l’avis de la commission sur l’ensemble des amendements en discussion commune.

article 5 · amendement 687
Laurent Panifous rapporteur de la commission des affaires sociales · LIOT #21

Tous ces amendements visent à reformuler ou à compléter l’alinéa 4 pour préciser la manière dont la demande est présentée par la personne au médecin : par écrit, daté et signé, par enregistrement vidéo. Aux termes de l’amendement no 2029 de M. Isaac-Sibille, le patient ne ferait pas une demande mais ferait part de sa décision.D’abord, la rédaction actuelle du texte n’exclut pas la nécessité de préciser la manière dont la demande est formulée. L’alinéa 4 établit que le patient « en fait la demande expresse ». La manière dont la demande doit être formulée sera établie par décret en Conseil d’État.Néanmoins, nous entendons la volonté de nombreux députés sur tous les bancs d’obtenir que cette demande soit formulée par écrit. Il nous paraît cependant essentiel d’autoriser aussi toute autre forme d’expression afin de prendre en considération les personnes qui ne peuvent ou qui ne savent pas […]

La parole est à Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, pour donner l’avis du gouvernement.

Catherine Vautrin ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles · Les Républicains #27

Les différents groupes souhaitent de manière unanime que nous formalisions davantage la demande et que celle-ci soit écrite. Cependant, nous savons tous que certaines personnes, en raison de leur état de santé, ne sont pas capables d’écrire. Je partage l’avis du rapporteur sur les amendements nos 407 et 646, sur lesquels j’émettrai moi aussi un avis favorable.Cependant, je déposerai un sous-amendement – je pense qu’il est plus simple que ce soit moi qui le fasse – pour préciser : « ou, à défaut, par tout autre mode d’expression adapté à ses capacités ».

C’est l’amendement no 1899 de Mme Karine Lebon, modifié par le sous-amendement no 2701 de Mme Élise Leboucher !

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #30

Madame la présidente, je demande une suspension de séance pour que nous nous accordions sur la rédaction.

Suspension et reprise de la séance

Clémence Guetté president · LFI #32

La séance est suspendue.

#33

(La séance, suspendue à vingt et une heures trente-cinq, est reprise à vingt et une heures quarante-cinq.)

Clémence Guetté president · LFI #34

La séance est reprise.J’ai reçu, de la part du gouvernement, un amendement no 2702. Il est placé, dans la discussion commune, entre l’amendement no 1899 de Mme Lebon et l’amendement no 1711 de M. Verny.La parole est à Mme la ministre, pour soutenir l’amendement no 2702.

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #37

Madame la présidente, je vous remercie d’avoir accordé cette suspension de séance. Avant l’interruption de nos travaux à 20 heures, plusieurs parlementaires issus de différents groupes ont proposé des amendements tendant à exiger une formalisation par écrit du souhait du patient. Certains d’entre vous avaient déjà débattu de la question en commission, notamment Mme Gruet, M. Juvin, M. Hetzel, M. Verny et Mme Lebon.Afin de permettre à tous les patients, même à ceux qui ne peuvent pas écrire, de formaliser leur demande, l’amendement tend à modifier l’alinéa 4 en substituant au mot « expresse » le mot « écrite » et en ajoutant « ou, à défaut, par tout autre mode d’expression adapté à ses capacités ». Tel est le sens de l’amendement. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et SOC.)

article 5 · amendement 687

Non, il n’est pas écrit « à défaut » !

Quel est l’avis de la commission ?

Laurent Panifous rapporteur · LIOT #41

L’amendement reprend, en les complétant, les propositions des différents groupes. Dans l’esprit du sous-amendement de Mme Leboucher, il donne à tous, y compris aux personnes qui ne peuvent pas écrire, la possibilité de formaliser leur demande.

La parole est à M. le président de la commission des affaires sociales.

Frédéric Valletoux président de la commission des affaires sociales · HOR #43

Tout le monde n’ayant pas participé aux réunions de la commission des affaires sociales, je crois important de rappeler que ce sujet avait fait l’objet d’un long débat et que le rapporteur général s’était engagé à ce que les choses évoluent. Je remercie Mme la ministre, MM. les rapporteurs et les députés qui sont intervenus : ce débat a montré que nous souhaitions tous renforcer la disposition, qui paraissait un peu légère car la demande pouvait prendre une simple forme orale. Encore une fois, je vous remercie pour ce travail collectif. L’amendement du gouvernement propose une synthèse qui, je l’espère, satisfera tout le monde.

Clémence Guetté president · LFI #44

Sur l’amendement no 2702, je suis saisie par le groupe Ensemble pour la République d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.Je redonne lecture de l’amendement, pour la bonne compréhension de tous : « À l’alinéa 4, substituer au mot : expresse les mots : écrite ou par tout autre mode d’expression adapté à ses capacités. »La parole est à M. le rapporteur général, pour la commission des affaires sociales, de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir.

Olivier Falorni rapporteur général, pour la commission des affaires sociales, de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir · Dem #47

L’amendement du gouvernement est, à l’image de ce débat, transpartisan. Des idées pertinentes ont été proposées par l’ensemble des groupes. Philippe Juvin, dont je salue la persévérance, a répété plusieurs fois en commission qu’il tenait particulièrement à la formalisation par écrit. Nous avions renvoyé ces discussions à l’examen en séance. Tous les amendements proposés aujourd’hui sont rédigés dans le même esprit, mais nous ne pouvons nous limiter à une forme écrite : il faut inclure les personnes qui ne peuvent pas écrire.Nous avons essayé d’écouter les positions de chacun ; l’amendement proposé vise à en faire la synthèse. Il n’y a ni gagnant ni perdant : nous essayons de faire avancer le texte pour apporter une sécurisation supplémentaire. Il me semble que tous ceux qui ont travaillé sur le sujet en commission peuvent en être satisfaits.Je demande le retrait de la série […]

La parole est à M. Yannick Monnet.

Je souscris à l’amendement du gouvernement et retire l’amendement no 1899.

#52

(L’amendement no 1899 est retiré.)

La parole est à M. Cyrille Isaac-Sibille.

Il n’a pas été répondu à la question très importante que je posais par le biais de l’amendement no 2029, qui tend à substituer aux mots « en fait la demande expresse » les mots « fait part de sa décision ». Monsieur le rapporteur général, madame la ministre, j’aimerais que vous confirmiez qui prend la décision. Est-ce le patient, qui fait la demande ? Est-ce le collège de médecins, qui approuve ou non la demande ? Tout le monde dit que nous écrivons une loi de liberté ; dans ce cas, c’est le patient qui doit formuler sa décision, sur laquelle le collège de médecins donnera un avis.Je remercie Mme la ministre d’avoir proposé une nouvelle rédaction, bien que l’amendement qu’elle a présenté ne prévoit pas que la demande soit signée et datée, comme c’est pourtant l’usage pour tout document. Je regrette que nous nous en arrêtions là. Je vous le demande une dernière fois : qui prend la […]

La parole est à Mme la ministre.

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #57

Monsieur Isaac-Sibille, la réponse à votre question se trouve à l’alinéa 4 de l’article 5 : « La personne qui souhaite accéder à l’aide à mourir en fait la demande expresse à un médecin en activité. » C’est donc bien le patient qui fait cette demande. Le médecin interroge un collège de soignants pouvant regrouper un autre médecin de spécialité, une infirmière et une aide-soignante, ainsi qu’un psychiatre ou un neurologue, s’il est nécessaire de vérifier la capacité de discernement du patient. Ensuite, il rend un avis sur l’éligibilité du patient, qui en est informé.Dans la rédaction actuelle du texte, le patient peut alors bénéficier de l’aide à mourir, s’il le souhaite. Je déposerai un amendement tendant à prévoir un délai de réflexion de quarante-huit heures.Je répète que c’est le patient qui fait la demande et que le médecin décide de son éligibilité. Si le patient ne demande pas […]

La parole est à M. Philippe Juvin.

J’aurai une remarque de forme et une question de fond. J’ai eu l’honneur de représenter la France pendant dix ans au Parlement européen, où contrairement à chez nous, il n’y a pas de majorité. Là-bas, le rapporteur tente de trouver un accord sur le texte avec les différents groupes. Il accepte des amendements de la droite et de la gauche, puis il essaye de construire quelque chose.

Exactement comme chez nous !

Même quand les députés ne sont pas d’accord sur le fond, ils acceptent des compromis – ce n’est pas par courtoisie, mais par esprit constructif.Monsieur le rapporteur, vous avez donné un avis favorable à l’amendement de Mme Darrieussecq, sans même évoquer nos amendements, présentés juste avant. Ces amendements proposent pourtant la même chose : une formalisation par écrit de la demande du patient. Il est vrai que nous ne sommes pas d’accord sur le fond, mais vous n’avez jamais lâché un millimètre, sur rien – rien ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes DR, RN, HOR et UDR. – Mme Annie Vidal et MM. Cyrille Isaac-Sibille et Charles Sitzenstuhl applaudissent aussi.)Tous nos amendements n’auraient pas bouleversé le texte. Certes, nous avons fait des propositions structurelles, et je comprends que vous les refusiez. (Exclamations sur les bancs des groupes SOC et EcoS.)

Une députée du groupe EcoS #66

C’est désagréable quand ça vous arrive !

Laissez-moi parler, vous êtes fatigants !Sur des points qui n’auraient pas perturbé votre vision politique, vous auriez pu aussi faire des avancées. Monsieur le rapporteur, il y a ce qu’on appelle un socle commun : quand les débats ressemblent à ça, je me demande ce que cela signifie d’être dans ce socle commun. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RN et UDR.)

Plusieurs députés du groupe SOC #69

Nous aussi !

Sur le fond, maintenant : nous avons demandé une formalisation par écrit de la demande du patient ; vous proposez un amendement qui prévoit une demande « écrite ou par tout autre mode d’expression. » En réalité, vous ne modifiez rien. C’est ainsi depuis le début du texte : vous prétendez changer les choses, mais vous ne faites rien ! (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)

La parole est à M. Bertrand Sorre.

Pour être un peu plus consensuel : j’ai défendu l’amendement no 584, qui tend à préciser que la demande, écrite, est datée et signée par le patient ; je salue cependant la volonté du gouvernement de trouver une rédaction qui, dans cet hémicycle, convienne au plus grand nombre. Je retire l’amendement.

#73

(L’amendement no 584 est retiré.)

La parole est à M. le rapporteur.

Laurent Panifous rapporteur · LIOT #75

Monsieur Juvin, je ne sais pas si vous vous adressiez à moi ou au rapporteur général,…

À vous, monsieur Panifous, vous aviez bien compris !

Laurent Panifous rapporteur · LIOT #77

Vous affirmez que je ne fais pas référence à vos amendements. Je vais donc énumérer les auteurs des amendements auxquels j’ai donné un avis favorable, avant que Mme la ministre ne dépose l’amendement no 2702. Dites-moi si vous les connaissez : ce sont M. Le Fur, Mme Darrieussecq, M. de Courson, Mmes Thillaye et Colin-Oesterlé !

Ce n’est pas ce que vous avez dit !

Laurent Panifous rapporteur · LIOT #79

Par ailleurs, monsieur Juvin, n’est-ce pas vous qui avez déposé en commission l’amendement no AS1121, précisant que le médecin notifie sa décision par écrit – amendement qui a été adopté ? Pardon de vous le dire, mais il peut être facile de faire lever l’hémicycle au sujet de quelque chose d’inexact ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR, LFI-NFP et EcoS.)

#80

(L’amendement no 2029 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Clémence Guetté president · LFI #81

Je mets aux voix l’amendement no 89.

#82

(Il est procédé au scrutin.)

Clémence Guetté president · LFI #83

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 271 Nombre de suffrages exprimés 262 Majorité absolue 132 Pour l’adoption 111 Contre 151

#84

(L’amendement no 89 n’est pas adopté.)

Clémence Guetté president · LFI #85

Je mets aux voix l’amendement no 1620.

#86

(Il est procédé au scrutin.)

Clémence Guetté president · LFI #87

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 270 Nombre de suffrages exprimés 257 Majorité absolue 129 Pour l’adoption 111 Contre 146

#88

(L’amendement no 1620 n’est pas adopté.)

Clémence Guetté president · LFI #89

Je mets aux voix l’amendement no 2702.

#90

(Il est procédé au scrutin.)

Clémence Guetté president · LFI #91

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 272 Nombre de suffrages exprimés 251 Majorité absolue 126 Pour l’adoption 227 Contre 24

#92

(L’amendement no 2702 est adopté ; en conséquence, l’amendement no 1711, les amendements identiques nos 147, 401 et 2625, les amendements identiques nos 407 et 646, les amendements no 34 et 687, les amendements identiques nos 2658 et 2659 tombent.)(Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR. – M. le président de la commission des affaires sociales applaudit également.)

Clémence Guetté president · LFI #93

L’amendement no 1274 de M. Christophe Bentz est défendu.Quel est l’avis de la commission ?

article 5 · amendement 687
Laurent Panifous rapporteur · LIOT #95

Défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #97

Même avis.

La parole est à M. Marc de Fleurian.

Cet amendement dû à mon collègue Bentz vise à protéger les médecins militaires du geste consistant à administrer la substance létale. Ceux-ci obéissent en effet à des règles déontologiques propres, fixées par un décret du 9 avril 2025. Suivant l’article 27 de ce décret, « le professionnel de santé des armées ne peut abandonner un patient ou interrompre la mission de soutien sanitaire qui lui a été confiée » ; suivant l’article 36, il « ne provoque pas délibérément la mort ». Ces règles découlent de la spécificité de l’engagement ultime auxquels ces médecins peuvent être confrontés. Face à un ennemi qui, lui, veut provoquer délibérément la mort, ils risquent leur vie pour sauver celle de nos soldats et de civils innocents, comme l’exprime fort bien leur devise : Pro patria et humanitate. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

#100

(L’amendement no 1274 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Clémence Guetté president · LFI #101

Je suis saisie de cinq amendements identiques, nos 35, 148, 402, 580 et 1443. La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 35.

article 5 · amendement 35

Il s’agit d’envoyer un signal aux médecins. L’aide à mourir inquiète un certain nombre de professionnels de santé ; ils seraient rassurés si nous précisions que sa pratique ne concernera que ceux qui se porteront volontaires.

article 5 · amendement 35
Clémence Guetté president · LFI #103

La parole est à Mme Élisabeth de Maistre, pour soutenir l’amendement no 148.

article 5 · amendement 148

Cet amendement est identique, c’est-à-dire qu’il tend à s’assurer de l’accord du médecin en prévoyant que celui-ci est volontaire.

article 5 · amendement 148
Clémence Guetté president · LFI #105

La parole est à Mme Justine Gruet, pour soutenir l’amendement no 402.

article 5 · amendement 402

Il s’agit d’insérer à l’alinéa 4, après le mot « médecin », les mots « volontaire, inscrit auprès de la commission mentionnée à l’article L. 1111-12-13 ». Cette modification n’est pas anecdotique : elle inverserait le rapport du médecin avec sa clause de conscience. La rédaction actuelle du texte prévoit que les médecins pourront faire valoir cette clause à titre individuel ; nous partons, nous, du principe que ceux qui, de facto, ne souhaiteraient pas faire valoir cette clause seraient inscrits sur une liste de volontaires. Cela permettrait de ne pas mettre leurs confrères en difficulté et offrirait aux patients souhaitant recourir à l’aide active à mourir une plus grande lisibilité quant aux médecins susceptibles de les accompagner dans ce geste létal.

article 5 · amendement 402
Clémence Guetté president · LFI #107

La parole est à Mme Annie Vidal, pour soutenir l’amendement no 580.

article 5 · amendement 580

Cette liste permettrait de répondre plus facilement à la demande des patients et inverserait pour les médecins le principe de la clause de conscience : il leur faudrait se signaler comme volontaires, ce qui serait beaucoup plus opérant.

article 5 · amendement 580
Clémence Guetté president · LFI #109

La parole est à M. Dominique Potier, pour soutenir l’amendement no 1443.

article 5 · amendement 1443

Ces amendements identiques visent à clarifier le dispositif, à le rendre plus opérant : en miroir de la liberté du patient, dont il est tant question dans cet hémicycle, nous réclamons celle du médecin.

article 5 · amendement 1443

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements identiques ?

Laurent Panifous rapporteur · LIOT #112

Le texte prévoit une clause de conscience : aucun professionnel de santé, aucun médecin ne pourra se voir imposer de faire ce geste. En revanche, je ne crois pas qu’il soit nécessaire ou souhaitable, pour pouvoir le faire, d’être forcément inscrit sur une liste. Prenons le cas d’un médecin traitant, d’un médecin de famille, qui ne souhaiterait aider à mourir que ses patients, voire l’un de ses patients et non les autres : soit il ne pourrait le faire, ne figurant pas sur la liste, soit il s’inscrirait, alors qu’il ne veut le faire que dans des cas précis ! Avis défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #114

Même avis. J’ai écouté avec intérêt vos arguments. Je vous rassure, madame Gruet, je ne pense pas non plus que l’ajout que vous proposez serait anecdotique : je le considère avec le plus grand sérieux.Les articles 14 et 15 prévoient que la commission de contrôle et d’évaluation tient un registre des professionnels de santé qui se sont déclarés disposés à participer à la procédure d’aide à mourir. L’inscription est donc volontaire et facultative ; si vous changez d’avis, comme cela peut arriver à tout le monde, vous pouvez faire jouer votre clause de conscience.Je rappelle aussi que l’adoption de l’amendement du gouvernement à l’article 2 apporte une garantie supplémentaire aux médecins qui seraient réticents, puisque la règle est désormais que le patient, quand il est en mesure d’y procéder, s’administre lui-même le produit. C’est dire si nous restons vigilants quant au respect de la […]

La parole est à Mme Nicole Dubré-Chirat.

Le recours au volontariat serait superfétatoire alors que l’article 14 instaure une clause de conscience et prévoit que les professionnels disposés à participer à la mise en œuvre de la procédure se déclarent à la commission de contrôle et d’évaluation. Plutôt que de devoir déclarer à chaque instant si l’on est volontaire, mieux vaut un dispositif simple, un lieu d’inscription unique, comme pour l’IVG – d’autant que le médecin qui refuse d’aider un malade à mourir devra lui donner le nom de confrères pratiquant ce geste.

Chers collègues, je vous indique que je me conformerai à la jurisprudence établie par la présidente de l’Assemblée lors des précédentes séances : après les avis, je donnerai la parole à deux orateurs pour et à deux orateurs contre. Lorsque ce n’est pas évident, n’hésitez donc pas à indiquer si vous êtes pour ou contre. La parole est à Mme Geneviève Darrieussecq.

J’aurais pu déposer l’un de ces amendements, puisque j’ai évoqué tout à l’heure ce volontariat qui me tient à cœur. Parmi les arguments en faveur du volontariat, il y a d’abord celui de la simplification : on saura rapidement si le médecin ira dans le sens du patient. Il s’agit ensuite d’éviter la fracture du monde médical ; je vous l’affirme, c’est un vrai problème dans les services, notamment en soins palliatifs. Enfin, nous évoquons peu la formation, un sujet dont nous avons pas mal parlé lors de l’examen du texte précédent. On ne va pas former à l’aide à mourir tous les médecins, seulement ceux qui sont volontaires ! L’enjeu est important ; à titre personnel, je voterai pour ces amendements identiques, que j’aurais pu rédiger – je crois d’ailleurs en avoir déposé de similaires à d’autres parties du texte.

La parole est à Mme Sandrine Rousseau.

Nous voterons contre les amendements pour une raison simple : le texte prévoit une clause de conscience souple, applicable au cas par cas, qui permet au médecin de faire le geste pour un patient, de ne pas le faire pour un autre. Graver le volontariat dans le marbre d’une liste serait une manière de réduire le nombre des médecins susceptibles de pratiquer l’aide à mourir, en d’autres termes de faire peser toutes les demandes d’aide à mourir sur un petit nombre de médecins, ce qui ne facilitera pas forcément leur activité de professionnels de santé. Nous sommes radicalement opposés à ces amendements. Nous défendons, nous aussi, la clause de conscience, mais à une condition : qu’elle ne restreigne pas le droit des patients à l’aide à mourir.

La parole est à M. Patrick Hetzel.

Mon propos ira exactement dans le même sens que celui de Mme Darrieussecq. Certes, la clause de conscience existe ; mais comme elle l’a indiqué fort pertinemment, beaucoup de professionnels exerçant dans les services de soins palliatifs ne veulent pas participer à une procédure d’aide à mourir. Il est nécessaire de les sécuriser.Nous proposons donc d’établir une règle générale selon laquelle ils ne sont pas obligés de pratiquer l’aide à mourir ; ceux qui souhaitent pratiquer cet acte pourront se manifester sur la base du volontariat.Pour répondre à l’argument de Mme Rousseau, la clause de conscience continuera bien de s’appliquer au cas par cas. Simplement, cette disposition permettrait de rassurer de nombreux professionnels travaillant au sein des services de soins palliatifs ; elle leur enverrait un signal d’apaisement. (M. Dominique Potier applaudit.)Madame la ministre, je sais que […]

Clémence Guetté president · LFI #128

Je mets aux voix les amendements identiques nos 35, 148, 402, 580 et 1443.

#129

(Le vote à main levée n’étant pas concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Clémence Guetté president · LFI #130

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 263 Nombre de suffrages exprimés 259 Majorité absolue 130 Pour l’adoption 122 Contre 137

#131

(Les amendements identiques nos 35, 148, 402, 580 et 1443 ne sont pas adoptés.)

Clémence Guetté president · LFI #132

Je suis saisie de deux amendements, nos 1801 et 657, pouvant être soumis à une discussion commune.L’amendement no 1801 n’est pas défendu ?

article 5 · amendement 1801

Si, madame la présidente !

Clémence Guetté president · LFI #134

Excusez-moi monsieur Verny, je ne vous avais pas vu.

article 5

Je suis extrêmement vexé, madame la présidente.

article 5

C’est que vous êtes discret !

C’est ce qu’on me reproche depuis le début de l’examen de ce texte ! (Sourires sur les bancs du groupe RN.)Monsieur le rapporteur, je suis ravi ; vous serez sûrement favorable à mon amendement, puisqu’il s’inscrit dans une discussion commune avec des amendements déposés par des collègues de gauche !Je propose qu’une demande d’aide à mourir ne puisse être instruite par un médecin n’ayant aucun lien préexistant avec le patient. Cela se justifie sur plusieurs plans. D’un point de vue clinique, un praticien qui connaît le patient depuis plusieurs mois dispose d’une connaissance consolidée de son état de santé, de l’évolution de sa pathologie, de ses antécédents médicaux et psychiatriques, mais aussi de ses réactions aux traitements. D’un point de vue procédural, cette relation médicale établie permet de garantir la stabilité du discernement et la continuité du suivi – deux éléments […]

Clémence Guetté president · LFI #141

Sur l’amendement no 657, je suis saisie par le groupe Socialistes et apparentés d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à Mme Christine Pirès Beaune, pour le soutenir.

Certes, ces amendements sont en discussion commune, mais leur objet diffère quelque peu, cher collègue. Dans la rédaction actuelle du texte, seuls les médecins en activité pourront pratiquer l’aide à mourir, les médecins retraités en sont exclus. C’est dommage, dans la mesure où le vivier actuel de médecins est limité. Cet amendement propose de permettre aux médecins retraités inscrits au conseil de l’Ordre des médecins de pratiquer l’aide à mourir.

article 5

Quel est l’avis de la commission ?

Laurent Panifous rapporteur · LIOT #145

Ces amendements sont différents, mais ils ont un point commun : ils proposent de substituer la mention de « médecins inscrits à l’Ordre » à celle de « médecins en activité », ce qui engloberait davantage de professionnels de santé.Monsieur Verny, je vous remercie de remarquer ma sensibilité fortement marquée à gauche. Je l’assume.S’agissant de votre amendement, je note d’abord un problème rédactionnel, puisque vous écrivez que le médecin doit être « régulièrement suivi par la personne depuis au moins six mois »… Ensuite, il semble sous-entendu que le médecin est volontaire pour participer à la procédure d’aide à mourir. Mais si le médecin traitant refuse d’accéder à la demande d’aide à mourir parce qu’il s’oppose au principe, alors le patient sera obligé de changer de médecin. Cela constitue une entrave formelle à la demande. Avis défavorable.Madame Pirès Beaune, cette question a été […]

Quel est l’avis du gouvernement ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #150

Même avis. J’ajoute que les dimensions assurantielles de la question sont loin d’être négligeables. Les médecins retraités inscrits à l’Ordre sont autorisés à effectuer des actes gratuits mais ils n’auront pas la capacité d’exercer l’aide à mourir. Seuls les médecins en activité pourront le faire.

La parole est à M. Matthias Renault.

L’amendement des socialistes revient à inciter les médecins retraités à reprendre du service pour faire de l’euthanasie. (Protestations sur les bancs du groupe SOC.) Par ailleurs, je suis un peu étonné de la réponse de Mme la ministre, qui dit que cet acte serait effectué à titre gratuit. Ce n’est pas un acte à titre gratuit !

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #153

Ce n’est pas du tout ce que j’ai dit !

Il serait très malvenu de dévoyer le système de cumul emploi-retraite pour pratiquer l’euthanasie. Jusqu’à récemment, une exonération – bienvenue – de cotisations sociales était prévue pour essayer de faire revenir un maximum de médecins retraités en activité. Je ne pense pas que ce soit pour pratiquer cette activité-là ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

La parole est à Mme la ministre.

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #156

J’ai dû très mal m’exprimer ; permettez-moi de reprendre mes propos. Un médecin à la retraite inscrit à l’Ordre peut faire une ordonnance à titre gratuit à un membre de sa famille, mais il ne pourra bien évidemment pas procéder à l’aide à mourir, même s’il est inscrit à l’Ordre. Il nous semble important que le médecin soit en activité afin qu’il ait connaissance de l’ensemble des évolutions de la science. En aucun cas un médecin retraité ne pourra pratiquer un acte d’aide à mourir. J’espère avoir été assez précise.

La parole est à M. Philippe Vigier.

Si l’on devait mentionner l’inscription à l’Ordre, une autre catégorie de médecins, que Mme Pirès Beaune n’a pas évoquée, ne pourrait pas travailler en soins palliatifs et exercer l’aide à mourir : les praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue). Il faut conserver cette rédaction.

La parole est à M. Charles Sitzenstuhl.

Je tiens à remercier les collègues socialistes qui ont déposé cet amendement n° 657. Son exposé des motifs est très clair, il s’agit d’« élargir ». C’est clairement ce qui est en train de se passer depuis plusieurs jours ; on assiste à des tentatives d’élargissement de ce nouveau droit à l’aide à mourir.Pourtant, depuis lundi dernier, les collègues des bancs de la gauche, nous font le récit d’un texte balisé, pour lequel un équilibre a été trouvé. Je me permets de signaler que cet équilibre a beaucoup évolué par rapport à celui trouvé en commission, qui lui-même n’était plus celui affiché dans le projet de loi de la précédente législature – l’équilibre est toujours une notion subjective.Cet amendement, signé par un très grand nombre de députés du groupe Socialistes et apparentés, vise explicitement à élargir le nombre de médecins autorisés à pratiquer des euthanasies ou à assister des […]

La parole est à Mme Christine Pirès Beaune.

Effectivement, cet amendement est transparent parce qu’il n’y a pas de raison de se cacher. Nous, on dit les choses ! Les médecins qui ne sont plus en activité mais sont toujours inscrits à l’Ordre peuvent faire des prescriptions pour leur famille et leurs proches, donc leurs amis. Nous sommes souvent bien contents de les trouver pour une ordonnance. Je ne vois pourquoi on leur interdirait de pratiquer l’aide à mourir.Oui, cet amendement vise à augmenter le nombre de médecins volontaires qui pourront pratiquer ce geste.

#166

(L’amendement no 1801 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Clémence Guetté president · LFI #167

Je mets aux voix l’amendement no 657.

#168

(Il est procédé au scrutin.)

Clémence Guetté president · LFI #169

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 278 Nombre de suffrages exprimés 272 Majorité absolue 137 Pour l’adoption 74 Contre 198

#170

(L’amendement no 657 n’est pas adopté.)

Clémence Guetté president · LFI #171

La parole est à M. Charles Sitzenstuhl, pour soutenir l’amendement no 1188.

article 5 · amendement 1188

J’anticipe les réactions des collègues qui diront que cet amendement crée, sournoisement, une rupture d’égalité ; s’il vous plaît, n’allez pas sur ce terrain. Il a pour objectif assumé de restreindre le champ des médecins qui pourront pratiquer une euthanasie ou assister un suicide.Ces gestes ne sont pas anodins ; ils vont provoquer la mort. Une certaine expérience professionnelle et humaine est donc indispensable. Je propose ainsi de considérer qu’il faut justifier de plus de vingt ans d’activité pour pratiquer de tels gestes. On peut légitimement penser qu’il s’agit de pratiques déstabilisantes et peu adaptées aux jeunes médecins qui sortent d’études ou qui sont en début de carrière – il convient aussi de les protéger.Je reviens à l’amendement de Mme Pirès Beaune. J’ai du mal à comprendre la volonté d’augmenter le nombre des médecins qui pourraient pratiquer ces actes. Nous avons plus […]

Quel est l’avis de la commission ?

Olivier Falorni rapporteur général · Dem #176

Avis défavorable. Vous avez anticipé mes arguments, je vous les épargnerai donc. Votre amendement vise à tarir le nombre de médecins autorisés à pratiquer l’aide à mourir ; je n’imagine pas que vous considériez qu’un médecin est moins compétent à 40 ans qu’à 60 ans.Les jeunes générations de médecins sont beaucoup plus favorables à l’aide à mourir que les anciennes : je vous confirme que l’effet de votre amendement serait important.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #179

Avis défavorable.

La parole est à M. Hadrien Clouet.

Il s’agit là du début d’une série d’amendements de droite. Ce sont des chausse-trapes, qui disent une chose dans l’exposé des motifs et en font en réalité une autre.Concrètement, l’amendement de M. Sitzenstuhl propose de diviser par deux le nombre de médecins à même de pratiquer l’aide à mourir. On ne peut qu’être contre cette volonté de réduire l’accès à un droit.L’amendement no 2501 de M. Juvin vise, lui, à supprimer les informations sur l’état de santé et les traitements des personnes – puisqu’il réécrit un alinéa en retirant l’obligation faite au médecin d’expliquer au patient les perspectives d’évolution de son état de santé ainsi que les traitements possibles. Bref, vous voulez arrêter de les soigner, c’est vraiment une super idée !L’amendement no 2515, de M. Juvin toujours, propose de dresser des listes publiques de médecins disposés à pratiquer l’aide à mourir. Franchement […]

C’est caricatural !

Ce sont là trois mauvaises idées.Par ailleurs, contrairement à ce qui a été dit tout à l’heure, nous avons vu des victoires de la droite sur ce texte : vous avez abrogé le libre choix de l’administration du produit ; vous avez instauré une procédure exclusivement sous forme écrite ; vous avez imposé aux médecins de vérifier des informations complémentaires. Ne dites pas qu’il n’y a pas eu compromis : vous avez même gagné des votes. Et je le déplore ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

La parole est à M. Stéphane Delautrette, rapporteur de la commission des affaires sociales.

Stéphane Delautrette rapporteur de la commission des affaires sociales · SOC #189

Je vais me faire le porte-parole du groupe Socialistes pour prolonger le propos de Christine Pirès Beaune. Nous sommes tous d’accord ici pour dire qu’il est impératif que l’ensemble des Français aient accès aux soins palliatifs.En adoptant les premiers articles de ce texte, nous avons créé un droit à l’aide à mourir ; dès lors, il est de notre devoir de nous assurer que l’ensemble des Français puissent avoir accès à ce droit.L’intention de l’amendement défendu par Mme Pirès Beaune, alors qu’on connaît l’état de la présence des professionnels de santé dans les territoires, est bien de garantir que chacun aura accès à ce droit – car il s’agit bien d’un nouveau droit, qui sera, si nous votons ce texte, ouvert à tant de gens qui en ont tant besoin. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

La parole est à M. Julien Odoul.

Je regrette les propos de M. Clouet, qui ne sont pas dignes de ce débat. Si nous pouvions nous respecter un peu les uns les autres, et respecter les positions des uns et des autres, ce serait mieux. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et GDR.)L’amendement de M. Sitzenstuhl est protecteur. Il impose un seuil de maturité, un seuil de discernement et d’expérience indispensable pour un acte grave, qui n’est pas un soin mais l’administration d’une substance létale à un patient en fin de vie. Il faut protéger les jeunes médecins, qui ne sont ni formés ni préparés – psychologiquement ou par leur formation – à accomplir un tel acte.Nous manquons cruellement de médecins. Leur vocation sera ébranlée par la légalisation de l’euthanasie. Il faut protéger les premières années de la carrière des soignants.Je le répète, l’euthanasie n’est pas un soin. (Applaudissements sur les bancs des […]

La parole est à Mme Justine Gruet.

L’amendement de notre collègue pose la question du développement des soins palliatifs, mais aussi celle du sens du soin en tout début de carrière. Je rappelle que, dans la procédure que vous prévoyez, le pronostic vital n’est pas nécessairement engagé à court terme et que la maladie n’est pas nécessairement en phase terminale.D’ailleurs, on nous parle beaucoup de sondages qui montreraient l’approbation de la population, comme celle du corps médical. Mais précise-t-on bien les critères aux personnes qui sont interrogées ? Savent-elles que le pronostic vital n’est pas forcément engagé à court terme ?Je ne serai néanmoins pas favorable à cet amendement, puisqu’une ancienneté ne garantit pas la maturité.Je m’interroge toutefois sur les conséquences du traumatisme que peut provoquer un tel geste sur un médecin en début de carrière. Qu’en sera-t-il, d’ailleurs, des internes, dont nous avons […]

#202

(L’amendement no 1188 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Clémence Guetté president · LFI #203

La parole est à M. Philippe Juvin, pour soutenir l’amendement no 2501.

article 5 · amendement 2501

Je le retire, madame la présidente.

#205

(L’amendement no 2501 est retiré.)

Clémence Guetté president · LFI #206

La parole est à M. Philippe Juvin, pour soutenir l’amendement no 2515.

article 5 · amendement 2515

Cet amendement revient sur le débat que nous avons eu tout à l’heure à propos de la création d’une liste nationale des médecins volontaires pour pratiquer l’aide à mourir.J’ai l’impression que ceux qui craignent la loi comme ceux qui la désirent pourraient trouver un intérêt à la création de cette liste. Les premiers pourraient considérer qu’elle faciliterait la vie du patient, qui saurait à qui s’adresser au lieu de chercher lui-même. Au Québec, 3 % seulement des médecins pratiquent l’aide à mourir : sans liste, je ne sais pas comment les patients trouvent ces médecins. À l’inverse, ceux qui comme moi s’inquiètent de cette loi considèrent qu’il s’agit d’une manière d’identifier ceux qui ne souhaitent pas y figurer.Je ne comprends pas pourquoi les partisans de cette loi sont contre une telle liste.

article 5 · amendement 2515
Clémence Guetté president · LFI #210

Je suis saisie de deux demandes de scrutin public : sur cet amendement n° 2515, par les groupes UDR et Droite républicaine ; sur l’amendement no 630, par les groupes Socialistes et apparentés et UDR. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.Quel est l’avis de la commission sur l’amendement no 2515 ?

Laurent Panifous rapporteur · LIOT #212

Nous avons déjà eu ce débat. Je reprends l’exemple d’un médecin qui acceptera de faire ce geste pour des patients qu’il connaît, qu’il a peut-être suivis, mais pas pour d’autres, qu’il ne connaît pas. Devoir s’inscrire sur une liste afin d’accompagner ses patients serait bloquant dans son cas, puisqu’il pourrait être sollicité par d’autres personnes.La création d’une telle liste ne me semble donc pas souhaitable. Avis défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #215

Nous avons déjà évoqué cette proposition tout à l’heure, et nous y reviendrons lorsque nous débattrons de l’article 14. L’idée est que les professionnels disposés à pratiquer l’aide à mourir s’inscrivent sur un registre. De cette façon, un médecin qui ne pratique pas l’aide à mourir sera à même d’orienter un patient qui en fait la demande vers un professionnel qui réalise cet acte. Ce registre ne serait pas accessible au grand public – on parle de malades très fragiles, dont le pronostic vital est engagé – mais il pourrait être consulté par les professionnels de santé.Avis défavorable.

La parole est à M. le président de la commission des affaires sociales.

Frédéric Valletoux président de la commission des affaires sociales · HOR #218

Je suis très sceptique sur cette histoire de liste ! Il y a, dans notre système de santé, d’autres actes pour lesquels les médecins peuvent faire jouer leur clause de conscience, vous le savez. Ferons-nous des listes de médecins qui pratiquent l’IVG, des listes de médecins qui pratiquent la sédation profonde et continue jusqu’au décès, des listes de médecins qui acceptent de faire des recherches biomédicales sur les embryons ?Ce concept de liste avait été récusé en 1974, lors des débats parlementaires qui ont abouti à la loi Veil. Je vous le dis sincèrement, cette proposition me semble inopportune. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes SOC, EcoS et GDR ainsi que sur quelques bancs du RN.)

La parole est à M. Philippe Vigier.

Le président Valletoux a presque tout dit. Monsieur Juvin, faut-il une liste des médecins qui acceptent d’appliquer la loi Claeys-Leonetti et de pratiquer la sédation profonde et continue ? Celle-ci, vous le savez, place le patient dans un coma qui va jusqu’au décès.Il y a un risque de stigmatisation. Il y aura ceux qui acceptent de pratiquer l’acte, et ceux qui s’y refusent. Pensez à l’image que cela pourra donner. Nous voulons tout autant que vous protéger les médecins. Ils le sont par la clause de conscience. En les inscrivant sur une liste, vous les exposez.Enfin, un médecin acceptera de pratiquer cet acte pour un patient, il le refusera pour un autre. Laissez-lui sa libre conscience et, surtout, pour protéger le corps médical, ne collez pas des affiches avec le nom des médecins ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes SOC et Dem.)

La parole est à Mme Sandrine Dogor-Such.

Pour ma part, je préférerais que les médecins qui pratiquent l’aide à mourir se portent volontaires pour le faire. Pour les soignants, la question du volontariat est cruciale, surtout dans les unités de soins palliatifs. Ce principe inverse la charge de la clause de conscience et protège mieux non seulement les soignants mais aussi, et surtout, les patients, en sanctuarisant les soins par défaut. S’il était adopté, il permettrait de s’assurer que les médecins sont formés et accompagnés, comme Mme Darrieussecq l’a indiqué tout à l’heure.La clause de conscience n’est pas satisfaisante, et cela pour trois raisons. D’abord, cet acte change la norme du soin. Il implique que les soignants se signalent et se justifient s’ils n’y contribuent pas, alors qu’il ne relève pas de leur champ professionnel. Ensuite, il leur impose de trahir leur promesse de non-abandon du patient.

Quelqu’un aurait-il un décodeur ? On n’y comprend rien !

De plus, l’obligation d’en passer par la clause de conscience détruirait la dimension collective de la prise en charge en imposant aux professionnels réticents de faire primer leurs convictions personnelles. Le volontariat répond à la logique inverse. C’est pourquoi il est si important pour tout le personnel soignant. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Même eux, ils n’ont rien compris !

La parole est à M. Vincent Trébuchet.

Ce débat agit comme un révélateur de l’ensemble des positions sur le texte. Au début de notre réflexion sur l’aide à mourir, on parlait d’une loi d’exception réservée à des cas extrêmes de souffrances réfractaires. Cela légitimait l’idée que certains médecins se spécialisent pour pouvoir offrir aux patients demandeurs un accompagnement plus précis et plus pertinent. Or, derrière le refus des amendements visant à restreindre le nombre de praticiens concernés, il y a une volonté que tous les médecins puissent pratiquer cet acte et qu’on s’éloigne d’une loi d’exception pour instaurer un basculement de société.Faire de la possibilité de choisir sa mort un élément de la dignité m’apparaît comme problématique. Je vais à nouveau citer le rapport Sicard, commandé par le président François Hollande en 2012, qui établissait que « la pratique euthanasique » – et du suicide assisté – « intériorise […]

La parole est à Mme Julie Laernoes.

Parmi les propos récemment entendus, le plus honnête était celui de M. Sitzenstuhl, qui assume vouloir limiter le nombre de praticiens habilités afin de restreindre l’accès à l’aide à mourir, alors que tous les amendements de la série que nous examinons en ce moment ont cet objectif. M. Verny veut même interdire au médecin traitant d’un patient de pratiquer l’aide à mourir sur cette personne !Cet amendement est très restrictif. En effet, la démographie médicale ne permet même pas à chaque Française et à chaque Français de disposer d’un médecin traitant. Or la procédure de l’aide à mourir et l’accompagnement qu’elle nécessite demandent du temps, pour informer le patient et l’épauler dans la maturation de sa décision, positive ou négative. Ils demandent aussi de la confiance, plus compliquée à accorder à un médecin inconnu quand on est en fin de vie, c’est-à-dire dans une période […]

La parole est à M. Philippe Juvin, avant de passer au vote.

Pour que je puisse l’expliquer sereinement, essayez d’oublier pendant cinq secondes que l’amendement que je défends vient d’un opposant à la proposition de loi.Monsieur le président de la commission, vous avez dit qu’il n’existait pas de liste des médecins pratiquant des IVG. C’est vrai, mais une personne souhaitant recourir à une IVG sait où aller, car il existe des centres spécialisés dont il est aisé de trouver la liste et les adresses. Pour l’aide à mourir, chez qui aller ?

Chez le médecin traitant !

Sans liste, les patients ne sauront pas où s’adresser et perdront du temps à chercher. Ainsi, au Québec, 3 % des médecins seulement pratiquent l’aide à mourir.D’autre part, l’alinéa 9 de l’article 14 prévoit que les professionnels de santé disposés à participer à la mise en œuvre de la procédure d’aide à mourir s’inscrivent auprès d’une commission créée par l’article 15. Mon amendement est donc cohérent avec l’existence de cette commission, dont la liste des inscrits sera connue puisque les documents administratifs sont publics.

Olivier Falorni rapporteur général · Dem #243

Non, non, non !

Enfin, la liste que je propose permettra de concentrer les moyens sur les médecins à qui la formation à l’aide à mourir est utile – car il faudra bien les former. In fine, elle offrira ainsi un meilleur accès à cette aide.Je ne comprends donc pas l’opposition à mon amendement, qui n’est que le pendant de l’article 14.

Clémence Guetté president · LFI #246

Je mets aux voix l’amendement no 2515.

#247

(Il est procédé au scrutin.)

Clémence Guetté president · LFI #248

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 282 Nombre de suffrages exprimés 273 Majorité absolue 137 Pour l’adoption 107 Contre 166

#249

(L’amendement no 2515 n’est pas adopté.)

Clémence Guetté president · LFI #250

La parole est à Mme Sandrine Runel, pour soutenir l’amendement no 630.

article 5 · amendement 630

Nous avons à peu près tout entendu : qu’il faut que le médecin soit volontaire, qu’il ait de l’expérience, voire vingt ans d’expérience, que le patient soit agonisant pour que le médecin, volontaire et très expérimenté donc, puisse pratiquer l’aide à mourir, etc. Pourtant, nous avons la solution : former les médecins. Comme évoqué pendant l’examen du texte relatif aux soins palliatifs, il s’agit d’une nécessité, voire d’une obligation morale.Le présent amendement vise à proposer aux médecins une formation – notamment une formation continue – sur l’aide à mourir. Tout le monde ici le reconnaît : il ne s’agit pas d’un acte évident ou facile à accomplir. C’est pourquoi les médecins qui le pratiqueront seront volontaires, puisqu’ils n’auront pas fait jouer leur clause de conscience. L’objectif de l’amendement est de les accompagner et de les former, pour une meilleure pratique de l’aide à […]

article 5 · amendement 630

Quel est l’avis de la commission ?

Laurent Panifous rapporteur · LIOT #254

La formation est un sujet important mais l’adoption de l’amendement pourrait fragiliser le texte en raison de sa rédaction. Doit-on comprendre que le médecin recevant la demande d’aide à mourir peut être « de droit formé à ce type d’accompagnement » ou qu’il doit l’être ? Dans ce dernier cas, l’accès au dispositif se trouverait drastiquement réduit.Avis défavorable, en raison de l’ambiguïté que comporte la rédaction.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #257

Même avis.

La parole est à Mme Annie Vidal.

Je souhaite revenir à la question précédemment évoquée de l’existence d’une liste de praticiens.Nous définissons en ce moment la procédure de l’aide à mourir, qui doit être à la fois très sécurisée et assez fluide pour que les étapes puissent s’enchaîner. On y entre par une demande dont nous avons heureusement décidé qu’elle serait écrite. Ensuite, le médecin communique au patient des informations sur son état de santé, sur l’accès aux soins palliatifs et sur la possibilité de consulter un psychiatre. Enfin, il lui expose les conditions de l’accès à l’aide à mourir. Le cas échéant, à un moment ou à un autre de la procédure, il pourra lui indiquer son refus de pratiquer le geste demandé et l’orientera vers un confrère. Toutefois, en absence de liste et si, comme au Canada, seuls 3 % des médecins sont volontaires, je me demande combien de coups de téléphone il devra passer pour trouver […]

Clémence Guetté president · LFI #261

Je mets aux voix l’amendement no 630.

#262

(Il est procédé au scrutin.)

Clémence Guetté president · LFI #263

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 283 Nombre de suffrages exprimés 265 Majorité absolue 133 Pour l’adoption 102 Contre 163

#264

(L’amendement no 630 n’est pas adopté.)

Clémence Guetté president · LFI #265

Sur les amendements nos 1444 et 2489, je suis saisie par le groupe UDR de demandes de scrutin public. Sur l’amendement no 1619, je suis saisie d’une demande similaire par le groupe Droite républicaine. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.Je suis saisie de deux amendements, nos 1444 et 1619, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à M. Gérault Verny, pour soutenir le premier.

Il vise à compléter la liste des personnes ne pouvant recevoir une demande d’aide médicale à mourir en y ajoutant le médecin traitant habituel du patient concerné. Le but est de préserver l’indépendance et la neutralité du praticien dans le contexte d’un acte extrêmement grave et irréversible.La relation entre un patient et son médecin traitant est marquée par une proximité thérapeutique, affective et, parfois, émotionnelle, qui, si elle est indispensable au suivi médical courant, peut altérer l’objectivité nécessaire à l’évaluation d’une demande d’aide à mourir. En excluant le médecin traitant habituel de la possibilité de recevoir cette demande, l’amendement tend à prévenir les conflits d’intérêts affectifs, à éviter toute confusion entre les rôles de soignant et d’évaluateur, et à garantir que la procédure sera encadrée par un professionnel sans lien thérapeutique préexistant avec le […]

Clémence Guetté president · LFI #269

La parole est à M. Thibault Bazin, pour soutenir l’amendement no 1619.

article 5 · amendement 1619

Nous sommes en train de réfléchir à la procédure de réponse à une demande d’un acte d’une très grande gravité et aux conséquences irréversibles. Pour ma part, je la trouve un peu légère, puisqu’il n’y a ni témoin ni recours possible en cas de réponse positive. Un médecin va peut-être se retrouver seul face au patient. De quel médecin va-t-il s’agir ? J’ai cru comprendre que celui qui va recueillir et instruire la demande, conformément à l’alinéa 4 de l’article 5 et à l’alinéa 2 de l’article 6, pourrait être différent de la personne qui va accompagner l’administration de la substance létale et dont parle l’alinéa 16 de l’article 6. La correspondance aux critères d’accès à l’aide à mourir, et particulièrement à celui du consentement libre et éclairé, sera-t-elle vérifiée seulement au moment de la demande ou également juste avant l’administration ?Surtout, je me demande comment le médecin […]

article 5 · amendement 1619

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune ?

Olivier Falorni rapporteur général · Dem #274

Ces deux amendements auraient des effets opposés, puisque l’un fait du médecin traitant le destinataire privilégié de la demande d’aide à mourir, l’autre l’exclut au contraire de la liste des personnes qui peuvent recevoir cette demande.

Eh oui !

Olivier Falorni rapporteur général · Dem #276

Rappelons, d’un côté, que plus de 6 millions de Français n’ont pas de médecin traitant ; si c’est à celui-ci que la demande doit être adressée, comment pourraient-ils dès lors accéder à l’aide à mourir ? D’un autre côté, le médecin traitant est souvent le médecin de famille, qui connaît le patient de longue date et qui suit l’ensemble des membres du foyer ; la personne souhaitant accéder à l’aide à mourir peut donc, pour cette raison même, ne pas vouloir le solliciter.Obliger comme interdire me semble également inopportun : le choix doit revenir à la personne. Avis défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #279

Si je comprends bien, les deux amendements cherchent à s’assurer de la qualité du lien, donc de l’échange entre le patient et le médecin.Pour vous, monsieur Bazin, le médecin qui reçoit la demande d’aide à mourir doit être « soit le médecin traitant de la personne, soit un médecin qui suit la pathologie en cause ». La procédure, telle qu’elle est définie, l’autorise déjà. D’une part, l’article 4 évoque un pronostic vital engagé ; le patient est donc déjà dans un parcours de soins, dans lequel intervient forcément un médecin référent. D’autre part, le médecin auquel le patient demandera à bénéficier de l’aide à mourir aura la possibilité, s’il le souhaite, d’interroger un médecin spécialiste. Le lien avec ces deux types de médecins est donc déjà prévu par le texte.Avis défavorable.

La parole est à M. Michel Lauzzana.

Je constate, moi aussi, que ces deux amendements sont complètement opposés et qu’ils ont tous deux été déposés par des gens qui combattent le texte.

Et alors ?