Séance du 20 novembre 2025 /// n°62 /// 846 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Session ordinaire 2025 -2026

Séance du 20 novembre 2025 — 62e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Marie-Agnès Poussier-Winsback.

846prises de parole
96orateurs
9points à l'ordre du jour
36scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
4038 l'amendement n° 792 de Mme Le Pen après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 97 / 167 rejeté
4039 l'amendement n° 2098 de M. Laisney après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 38 / 105 rejeté
4040 l'amendement n° 1301 de Mme Youssouffa après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 21 / 143 rejeté
4041 l'amendement n° 599 de M. Maurel après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 150 / 91 adopté
4042 l'amendement n° 546 de Mme Battistel et les amendements identiques suivants après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lectur… 228 / 15 adopté
4043 l'amendement n° 793 de M. Jean-Philippe Tanguy après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 86 / 158 rejeté
4044 l'amendement n° 795 de M. Jean-Philippe Tanguy après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 86 / 158 rejeté
4045 l'amendement n° 3449 de Mme Arrighi après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 82 / 44 adopté
4046 l'amendement n° 2825 de M. Philippe Brun après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 66 / 80 rejeté
4047 l'amendement n° 2089 de M. Vannier après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 62 / 85 rejeté
4048 l'amendement n° 208 de M. Bolo après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 71 / 41 adopté
4049 l'amendement n° 2526 de Mme Sandrine Rousseau après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 88 / 79 adopté
4050 l'amendement n° 8 de Mme Bannier et les amendements identiques suivants après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 99 / 113 rejeté
4051 l'amendement n° 545 de Mme D'Intorni après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 91 / 37 adopté
4052 l'amendement n° 1548 (rect.) de M. Courbon après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 41 / 64 rejeté
4053 l'amendement n° 2777 de Mme Battistel après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 53 / 132 rejeté
4054 l'amendement n° 544 de Mme Battistel après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 98 / 2 adopté
4055 l'amendement n° 3290 de M. Labaronne après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 176 / 0 adopté
4056 l'amendement n° 2657 de Mme Dupont après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 75 / 97 rejeté
4057 l'amendement n° 3149 de Mme Rossi et l'amendement identique suivant après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 76 / 99 rejeté
4058 l'amendement n° 1096 de M. Amard après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 34 / 68 rejeté
4059 l'amendement n° 1098 de M. Amard après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 35 / 66 rejeté
4060 l'amendement n° 791 de M. Jean-Philippe Tanguy après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 88 / 131 rejeté
4061 le sous-amendement n° 4092 de M. Jean-Philippe Tanguy à l'amendement n° 2095 de Mme Feld après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (pr… 87 / 132 rejeté
4062 l'amendement n° 2095 de Mme Feld après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 70 / 62 adopté
4063 l'amendement n° 1558 de Mme Dalloz après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 142 / 67 adopté
4064 l'amendement n° 3124 de Mme Godard après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 141 / 47 adopté
4065 l'amendement n° 2546 de M. Mazaury après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 128 / 22 adopté
4066 l'amendement n° 1838 de M. Lioret après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 58 / 57 adopté
4067 l'amendement n° 3253 de M. Bataille après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 118 / 33 adopté
4068 l'amendement n° 1474 (2ème rect.) de M. Courbon après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 53 / 121 rejeté
4069 l'article 26 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 81 / 30 adopté
4070 l'amendement n° 1274 de Mme Feld à l'article 27 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 38 / 132 rejeté
4071 l'article 27 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 79 / 94 rejeté
4072 l'amendement n° 3614 de M. Labaronne après l'article 27 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 67 / 59 adopté
4073 l'amendement n° 3431 (rect.) de M. Kasbarian après l'article 27 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture). 53 / 68 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 601 à 800 sur 846 — page 4 / 5.

Après l’article 25 (suite)

La parole est à Mme la ministre.

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #779

Je ne souhaite pas critiquer quoi que ce soit, monsieur Tanguy, mais simplement vous alerter sur le coût des votes survenus depuis une heure, voilà tout. Je rappelais simplement que nous créons des niches et des taxes qui ont un coût.Monsieur Lahais, je suis très en phase avec ce que vous venez de dire, comme avec les propos tenus ce matin dans la presse par la présidente de l’Assemblée nationale, qui a ouvert un débat important et utile concernant notre méthode de travail, d’autant que nous devrons peut-être continuer à travailler sans majorité absolue éventuellement pendant plusieurs années. Il n’est pas certain qu’une majorité absolue réapparaisse de sitôt. La méthode de travail du Parlement se heurte à la situation inédite dans laquelle il se trouve sous la Ve République, puisque nous avions toujours connu en son sein des majorités absolues ou relatives, lesquelles se donnaient la […]

Il y a une solution, c’est la dissolution !

Éric Coquerel président de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire · LFI #786

Il n’en sortirait pas nécessairement une majorité absolue !

La parole est à M. le président de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire.

Éric Coquerel président de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire · LFI #788

Puisque nous discutons de la méthode et que nous évoquons l’interview de Mme Yaël Braun-Pivet, madame la ministre, le fait que nous devions nous habituer à ce qu’un gouvernement n’ait pas de majorité absolue, c’est une chose. En revanche, nous habituer à ce qu’un gouvernement soit minoritaire, ça n’est pas possible dans une démocratie ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)Nous aurons beau chercher toutes les solutions possibles, nous retomberons sur le même problème. C’est donc peut-être d’abord cette anormalité qu’il faudrait corriger, ce qui pose le problème du régime, celui de pouvoir gouverner sans vote de confiance, bref le problème du cadre existant.Quant à imaginer que l’Assemblée ait plus de poids et de possibilités de transformer le budget, nous pourrions y réfléchir, mais cela n’implique pas l’idée de devoir absolument respecter une règle d’or – […]

#793

(L’amendement no 1308 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt

Je suis saisie de deux amendements, nos 2546 et 2547, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à M. Laurent Mazaury, pour soutenir l’amendement no 2546.

article Après_ 25 · amendement 2546 et 2547

Je présenterai aussi l’amendement no 2547. Ces deux amendements ne visent pas à faire baisser un taux de TVA ni à dépenser de l’argent mais à instituer une simplification administrative au bénéfice des entreprises.L’amendement no 2546 tend à rétablir, dans le code général des impôts, la possibilité pour un éditeur de logiciels de caisse de fournir une attestation individuelle conforme au modèle fixé par l’administration. Cette option a été supprimée par le PLF pour 2025, ce qui a eu pour effet de rendre la certification systématique et exclusive. Désormais, les éditeurs et les commerçants doivent obligatoirement recourir à une procédure de certification coûteuse – 15 000 euros la première année puis 6 000 euros par an – et délivrée par un nombre très limité d’organismes accrédités.L’amendement no 2547 vise au même rétablissement mais seulement pour les microentreprises, si jamais vous […]

article Après_ 25 · amendement 2546 et 2547

Quel est l’avis de la commission sur ces deux amendements ?

Philippe Juvin rapporteur général · DR #799

Avis favorable. Il s’agit de mesures de simplification.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #801

Nous sommes au milieu du gué d’une réforme engagée l’année dernière, qui a fait passer d’un régime d’autoattestation à un régime de certification pour les logiciels de caisse. J’ai reçu toute l’année des courriers m’informant que cette réforme était difficile à appliquer. Cependant, certains d’entre vous souhaitent la maintenir.L’année dernière, le gouvernement était opposé à cette réforme, qui a néanmoins été votée. C’est à vous, collectivement, de décider ce que vous voulez en faire : si cette réforme est supprimée, ceux qui ont commencé à l’appliquer pourront se dire qu’ils l’ont fait pour rien, tandis que ceux qui trouvent difficile de s’y conformer pourront y voir une ouverture bienvenue. Je m’en remets donc à la sagesse de l’Assemblée.

La parole est à M. Jean-René Cazeneuve.

Je voudrais répondre à notre collègue du Rassemblement national, M. Tanguy, qui a l’air un tantinet énervé.

Pas du tout !

Quand il parle de « petits politicards », j’imagine qu’il sait de quoi il parle. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR. – Exclamations sur quelques bancs du groupe RN.) On peut se demander pourquoi les membres du Rassemblement national sont si nerveux. Je pense que le débat budgétaire révèle leurs ambiguïtés et leurs contradictions. Ils sont protectionnistes, mais ils sont opposés aux petites taxes ; ils veulent nous faire croire qu’ils soutiennent les entreprises, mais ils ont voté des dizaines de milliards d’euros d’impôts supplémentaires sur ces dernières ; à présent,…

Cela n’a pas de rapport avec l’amendement !

…leurs contradictions éclatent s’agissant de la TVA. Et j’en passe !

C’est quoi ? C’est un rappel au règlement ?

Si nous n’avons pas voté en faveur du sous-amendement no 4092 de M. Tanguy, c’est parce que nous ne voulions pas le faire ! Alors que vous, au Rassemblement national, vous êtes complètement pervers : parce que ce sous-amendement a été rejeté, vous avez voté en faveur de l’amendement no 2095 de La France insoumise auquel il se rapportait, ce qui a permis qu’il soit adopté – cela s’appelle la politique du pire ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Nous nous sommes abstenus !

Je mets aux voix l’amendement no 2546.

#813

(Il est procédé au scrutin.)

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 202 Nombre de suffrages exprimés 150 Majorité absolue 76 Pour l’adoption 128 Contre 22

#815

(L’amendement no 2546 est adopté ; en conséquence, l’amendement no 2547 tombe.)

Suspension et reprise de la séance

La séance est suspendue.

#818

(La séance, suspendue à dix-huit heures trente-cinq, est reprise à dix-huit heures quarante-cinq.)

La séance est reprise.La parole est à M. Guillaume Bigot, pour soutenir l’amendement no 1838.

L’objet de cet amendement de M. Lioret est de lutter contre la fraude à la TVA intracommunautaire. Chaque année, des fraudes de type « carrousel » coûtent entre 15 et 20 milliards d’euros aux contribuables. Ces chaînes d’entreprises en cascade qui disparaissent après avoir empoché indûment des remboursements de TVA profitent des failles de suivi entre les opérateurs européens. Notre administration fiscale, quant à elle, ne dispose pas d’outil de détection en temps réel et les échanges intracommunautaires, insuffisamment documentés, sont souvent inexploitables. Pendant ce temps, les entreprises françaises respectueuses des règles subissent une concurrence déloyale, au détriment des caisses de l’État.L’amendement introduit, pour les entrepreneurs réalisant des opérations intracommunautaires, l’obligation d’une transmission électronique par voie sécurisée des « numéros d’identification à […]

article Après_ 25 · amendement 2546 et 2547

Quel est l’avis de la commission ?

Philippe Juvin rapporteur général · DR #825

L’amendement sera bientôt satisfait par la facturation électronique obligatoire. Demande de retrait ; sinon, avis défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #827

Il est même déjà satisfait : depuis le 1er janvier 2022, l’état récapitulatif des clients pour la TVA est déposé auprès de la direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI). Ces données sont collectées de manière électronique avant d’être versées dans ce que l’on pourrait qualifier de grand moulin européen. Nous entretenons une coopération très forte, sur ce point, avec les États membres. Le carrousel de TVA a été, par le passé, une fraude massive. Elle perdure avec certains pays extra-européens qui se refusent à coopérer ; mais ce que vous demandez, et qui concerne les opérations intracommunautaires, est satisfait.La facturation électronique est une deuxième étape, sur laquelle la suite de l’examen du texte nous donnera l’occasion de revenir. Elle nous permettra non seulement d’accéder à ces données mais aussi d’y ajouter un suivi du bien à l’intérieur du pays. La […]

La parole est à M. Guillaume Bigot.

S’il en est comme vous dites, je vous en félicite – mais nous ne croyons que ce que nous voyons ou, plutôt, que ce que nous comptons. Ceinture et bretelles, comme on dit : je maintiens l’amendement.

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #832

C’est fait ! C’est effectif ! Venez donc voir par vous-même !

Il a gagné un après-midi avec Mme la ministre !

Je mets aux voix l’amendement no 1838.

#835

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 144 Nombre de suffrages exprimés 115 Majorité absolue 58 Pour l’adoption 58 Contre 57

#837

(L’amendement no 1838 est adopté.)

On vote ce qui existe déjà ; il faudrait une taxe sur les amendements de ce genre !

La parole est à M. Michel Castellani, pour soutenir l’amendement no 1959.

article Après_ 25 · amendement 1959

Il tend à octroyer, pour l’année 2026 et à titre expérimental, un taux réduit de TVA à 2,1 % pour les producteurs d’huiles essentielles en Corse.L’affaire paraît tout à fait marginale ; mais, dans un secteur produisant pourtant des richesses, certaines personnes peinent à gagner leur vie face à une concurrence très importante.Une telle disposition ne pèsera que très peu sur le budget ; sa signification sociale, toutefois, n’est pas négligeable.

article Après_ 25 · amendement 1959

Quel est l’avis de la commission ?

Philippe Juvin rapporteur général · DR #844

M. Castellani propose un taux réduit de TVA de 2,1 %, en Corse, pour les huiles essentielles. J’avoue que je n’ai pas d’avis sur cette question et je m’en remets donc à la sagesse de l’Assemblée.

C’est dommage pour un médecin !

Quel est l’avis du gouvernement ?

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #847

Ce taux réduit s’applique déjà pour les huiles essentielles entrant dans les produits alimentaires : je considère que l’amendement est satisfait.

La parole est à M. Michel Castellani.

Adoptons-le, s’il est satisfait ! (Sourires.)

Bravo !

#851

(L’amendement no 1959 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt

La parole est à M. Dominique Potier, pour soutenir l’amendement no 2371.

article Après_ 25 · amendement 2371

Je suis d’accord avec M. le rapporteur général : on ne doit modifier la TVA qu’à bon escient, pour de grandes causes – c’est justement ce que nous allons vous proposer à l’instant. Nous aimons quand la fiscalité devient le levier d’une nouvelle économie ; c’est le sens du dividende social que nous avons fait adopter il y a quelques jours.Le présent amendement vise à instaurer un taux réduit de TVA pour les biens produits par les entreprises engagées dans le commerce équitable. Le commerce équitable, c’est le juste partage de la valeur tout au long de la chaîne de production, sur le territoire national, européen et international ; c’est la garantie d’un revenu digne pour tous les travailleurs de la terre ; c’est le respect de l’environnement et des limites planétaires.Le commerce équitable existe depuis quarante ans. S’il est reconnu dans la loi, il a besoin d’un encouragement, non pas […]

article Après_ 25 · amendement 2371

Quel est l’avis de la commission ?

Philippe Juvin rapporteur général · DR #857

Le but poursuivi par M. Potier est très vertueux. Toutefois, une telle mesure est incompatible avec la directive européenne sur la TVA qui ne permet pas la modulation du taux de cette dernière en fonction de la provenance du produit. Je donne donc, à regret, un avis défavorable à l’amendement.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #859

Vous avez peut-être vu la vidéo de Dominique Schelcher consacrée à la TVA sur le chocolat. Il existe une foultitude de taux différents pour le chocolat : pour le noir, pour le blanc, praliné ou aux noisettes, etc. Je remercie d’ailleurs le directeur du bureau chargé de la TVA, qui se trouve avec moi aux bancs, d’avoir pu se joindre à nous aujourd’hui, tant ces questions sont compliquées.On ne peut en revanche pas différencier un chocolat produit dans des conditions équitables d’un chocolat qui ne l’est pas.

Il est meilleur !

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #862

On peut différencier en fonction de la qualité, mais pas de la provenance – c’est la règle de la directive européenne sur la TVA. À moins de changer cette dernière, je ne vois pas comment nous pourrions mettre en application votre proposition. Avis défavorable.

La parole est à M. Dominique Potier.

Le réseau Commerce équitable France, avec lequel nous avons travaillé cet amendement, nous a indiqué que la Commission européenne, au mois d’août 2024, avait clairement encouragé les États membres à appliquer des taux de TVA différenciés. Il vous appartient donc de donner une traduction réglementaire au label commerce équitable.

Bravo !

L’adoption de cet amendement enverrait aux producteurs d’ici et d’ailleurs un encouragement très attendu. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

La parole est à M. Ian Boucard.

M. Potier laisse entendre que le commerce équitable n’aurait pas le vent en poupe, quand c’est en réalité, dans les supermarchés notamment, un des commerces qui marchent le mieux.

Il a progressé de 7 % par an jusqu’à la crise du covid et de 4,5 % par an depuis. Vous indiquez, cher collègue, que votre mesure profitera aussi aux producteurs français. Or, si j’adore une marque comme Max Havelaar, ces biens équitables ne sont pas majoritairement issus de producteurs français. Votre amendement risquerait ainsi d’introduire une distorsion de concurrence au bénéfice de certains produits des pays dits du Sud. Le cacao, le café et les bananes issus du commerce équitable et venus de ces pays sont en effet, pour 85 %, labellisés Max Havelaar ; ce n’est pas forcément le cas des produits français. Devons-nous faire des dépenses supplémentaires pour un commerce qui fonctionne de toute façon déjà très bien ? (Applaudissements sur quelques bancs des groupes Dem et HOR. – Mme Marie-Christine Dalloz applaudit également.)

#871

(L’amendement no 2371 est adopté.) (« Bravo ! » et applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe EcoS.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt

La parole est à M. Nicolas Metzdorf, pour soutenir l’amendement no 2670.

article Après_ 25 · amendement 2670

Grâce à la Nouvelle-Calédonie, la France possède un quart des ressources mondiales de nickel. Ce nickel est cependant exporté majoritairement en Chine, tandis que l’on importe du nickel de Russie ou de Finlande en France métropolitaine. On en donne pour raison que le transport du nickel calédonien jusqu’à l’Hexagone coûte trop cher.Mon amendement vise ainsi à exonérer de TVA le nickel calédonien, ce qui ferait baisser son coût de 20 %.

article Après_ 25 · amendement 2670
Amélie de Montchalin ministre · LaREM #875

Ça n’a pas de sens !

Cette mesure serait sans conséquence fiscale puisqu’il ne s’en importe actuellement pas du tout. Elle permettrait de renforcer la souveraineté industrielle de la France puisque le nickel sert à la production d’inox comme à celle des batteries de voitures électriques.

article Après_ 25 · amendement 2670

Quel est l’avis de la commission ?

Philippe Juvin rapporteur général · DR #878

C’est de nouveau une question de droit européen. On ne peut pas différencier les taux de TVA en fonction de l’origine des produits, sauf si la Commission européenne accorde une dérogation. Dans l’attente d’obtenir cette dérogation, ce qui n’est pas impossible, je dois malheureusement donner un avis défavorable à votre amendement.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #880

Je souhaite comme vous, monsieur le député, que nous puissions aider la filière du nickel en Nouvelle-Calédonie. Nous savons à quel point c’est stratégique pour son avenir.Je comprends mal, en revanche, à quoi tend précisément votre amendement, sauf à imaginer que les importateurs de nickel en font des stocks énormes qu’ils ne revendent ni ne transforment. Quand – grossiste, industriel ou revendeur – vous importez du nickel, vous pouvez déduire la TVA. C’est tout le principe de cet impôt.La mesure que vous proposez envoie donc un signal positif, mais serait inopérante pour rendre le nickel néocalédonien moins cher que celui d’ailleurs. Ça ne marchera pas.

#883

(L’amendement no 2670 est retiré.)

L’amendement no 2624 de M. Jimmy Pahun est défendu.

article Après_ 25 · amendement 2670
#885

(L’amendement no 2624, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt

La parole est à M. Jean-Pierre Bataille, pour soutenir les amendements nos 3253 et 1751, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

article Après_ 25 · amendement 3253 et 1751

Les brasseurs du Nord, notamment ceux de ma circonscription, m’ont suggéré ces amendements. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Tant que leur production n’excède pas 200 000 hectolitres par an, les brasseurs bénéficient de droits d’accises réduits, 4,05 euros par hectolitre. Au-dessus de ce seuil, ils payent 8,10 euros par hectolitre, montant qui s’applique également aux 200 000 premiers hectolitres. Ils proposent donc, soit de prévoir des taux d’accises progressifs, entre 200 000 et 500 000 hectolitres, et un montant maximum de 8,10 euros au-dessus du seuil de 500 000, soit de ne taxer les 200 000 premiers hectolitres qu’à 4,05 euros au lieu de 8,10 euros en cas de dépassement des 200 000 hectolitres, et ce pendant trois ans. J’espère avoir été clair.

article Après_ 25 · amendement 3253 et 1751

Non, pas tellement.

Quel est l’avis de la commission ?

Philippe Juvin rapporteur général · DR #890

Je suis désolé d’être le mauvais coucheur dans ce débat. Selon la directive européenne, on ne peut pas appliquer de taux réduit lorsque la production d’une brasserie dépasse le fameux seuil des 200 000 hectolitres par an. Sauf dérogation de la Commission européenne, nous ne pouvons pas voter une telle disposition. Mon avis est défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #892

Même avis.

La parole est à M. Nicolas Metzdorf.

Madame la ministre, la mesure proposée par l’amendement no 3253, à savoir conserver un taux réduit jusqu’à 200 000 hectolitres, pourrait-elle s’appliquer, quitte à taxer à 8,10 euros la production supérieure à ce seuil ?

Je mets aux voix l’amendement no 3253.

#896

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 156 Nombre de suffrages exprimés 151 Majorité absolue 76 Pour l’adoption 118 Contre 33

#898

(L’amendement no 3253 est adopté ; en conséquence, l’amendement n° 1751 tombe.)

Sur l’amendement no 1474 deuxième rectification, je suis saisie par le groupe Socialistes et apparentés d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

La parole est à M. le rapporteur général.

Philippe Juvin rapporteur général · DR #901

Chacun est libre de son vote mais la mesure que vous venez de voter est illégale et ne pourra pas s’appliquer. Vous faites donc croire aux brasseurs qu’ils n’ont pas à s’inquiéter alors que la mesure ne pourra pas entrer en vigueur. Ce faisant, vous risquez fort d’entretenir un sentiment de défiance et de méfiance vis-à-vis de la classe politique. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Ah Ah, ils n’ont pas besoin de ça pour se méfier !

Philippe Juvin rapporteur général · DR #903

Ce n’est pas la peine de crier, nous pouvons nous expliquer tranquillement.

Peut-on laisser M. le rapporteur général s’exprimer ?

Philippe Juvin rapporteur général · DR #905

Nous sommes d’accord sur le fait que nous ne sommes pas d’accord. Je ne remets pas en cause le vote, j’exprime simplement ma crainte que le corps social ne comprenne pas à quoi nous servons si nous votons des mesures qui ne sont jamais appliquées. Nous devons y réfléchir. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR et du groupe HOR.)

La voix de la responsabilité ! Les socialistes s’en moquent, ils s’amusent ! Cela créera des désillusions et nous rappellera le mandat de François Hollande.

Les amendements nos 2626 de M. Jimmy Pahun et 3344 de Mme Sophie Taillé-Polian sont défendus.

article Après_ 25 · amendement 3253 et 1751
#908

(Les amendements nos 2626 et 3344, repoussés par la commission et le gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt

La parole est à M. Pierrick Courbon, pour soutenir l’amendement no 1474 deuxième rectification.

L’amendement vise à instituer une taxe additionnelle aux droits de douane perçus sur les importations de produits agricoles et forestiers issus de filières contribuant à la déforestation. Sont ciblés les produits des filières bois, huile de palme, b?uf et ses coproduits. Il s’agit d’inciter les clients français, des entreprises agroalimentaires, à sélectionner des partenaires commerciaux aux pratiques plus durables, mais aussi d’encourager une valorisation de la filière forestière et agricole française.

Quel est l’avis de la commission ?

Philippe Juvin rapporteur général · DR #912

Cette taxe risque d’être assimilée à un droit de douane et ne pourra pas être appliquée. Avis défavorable.

Dans le doute, votons l’amendement !

La parole est à Mme la ministre.

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #915

La France a activement participé aux négociations sur le règlement européen contre la déforestation et la dégradation des forêts. On peut ou non être d’accord, nous aurions certes pu aller plus loin, mais il s’appliquera au 1er janvier 2027. Vous souhaitez envoyer un message : nous, les Français, voulons l’appliquer plus tôt, car chaque arbre coupé a des effets sur l’absorption de CO2 et le réchauffement climatique, donc sur notre planète.Mais votre proposition est inapplicable car les droits de douane sont européens. Prenons un bateau chargé de bois illégalement coupé dans une partie du monde que je ne nommerai pas, par exemple l’Amazonie. En 2026, il débarquera à Rotterdam, à un jour de bateau de plus que Le Havre, si une taxe de 1,5 % de la valeur ajoutée ne s’applique qu’en France.

Ça ne marche pas avec les petits colis.

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #918

Je comprends donc le message de votre amendement et je soutiens l’objectif visé : je prépare, avec les services douaniers placés sous mon autorité, des mesures qui entreront en vigueur en janvier 2027. Mais si nous votons votre amendement, pas un seul bateau, chargé de bois légalement ou illégalement coupé, n’arrivera dans les ports français en 2026.Pendant douze mois, les gens iront ailleurs, avant d’éventuellement revenir en France, à moins qu’ils ne reviennent pas. L’objectif est donc louable, mais les moyens d’y parvenir ne sont pas les bons et auraient des effets contraires, l’année prochaine et les suivantes. Je vous propose donc de retirer votre amendement. En cas d’adoption, le signal envoyé à la filière bois serait en effet contraire à ce que vous cherchez. C’est une interprétation erronée d’un objectif que nous partageons tous : la déforestation illégale est un fléau, tant […]

La parole est à Mme Claire Marais-Beuil.

Nous examinons de nombreux amendements concernant des taxes et la TVA. Permettez-moi de partager avec vous la journée d’une famille française moyenne. Je me lève, je prépare le biberon pour mon bébé : pas de chance, une eau minérale avec une TVA à 20 %.

Avec des PFAS !

Je n’ai pas le temps de presser des oranges, je prends donc une boisson sucrée à base de fruits : une taxe. Je prends l’ascenseur avec mes trois enfants : nous avons échappé de justesse à une taxe. (Exclamations sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et SOC.) Je monte dans mon SUV, puisque j’ai trois enfants et qu’il faut un siège bébé : un malus. Je fais le plein : des taxes. J’ai pris ma bouteille en plastique, puisque ma bouteille en verre s’est cassée dans mon sac : une TVA à 20 %. Ce midi, je n’avais que trente minutes pour manger : un burger, une taxe ; un soda, une taxe. (Brouhaha.) Je place pour ma retraite 100 euros sur mon PER (plan d’épargne retraite) : une taxe. Je commande des vêtements pour les enfants : + 2 euros. En fin de journée, j’ai une consultation pour le vaccin de mon bébé : une franchise augmentée. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Madame la députée, vous ne pourrez pas arriver jusqu’au soir : c’est fini.La parole est à M. Pierrick Courbon.

Chère collègue, je ne sais pas ce que vous prenez au petit-déjeuner, mais nous parlons ici de bois venu d’Amazonie, pour la citer, et non d’un produit que les Français consomment quotidiennement.Madame la ministre, vous évoquez la perspective de 2027. Or j’avais déposé le même amendement l’an dernier, et la même réponse m’avait été faite. Nous avons perdu une année de plus. En attendant des évolutions au niveau européen, nous avons la capacité d’agir.Votre démonstration au sujet des ports aurait aussi bien pu s’appliquer hier lorsque nous avons débattu de la taxe sur les colis, que vous avez soutenue et que nous avons votée. La même logique est à l’œuvre. Vous dites que si nous votions cet amendement, le bois coupé illégalement n’arriverait plus dans nos ports : nous devrions nous féliciter de ne pas contribuer à faire venir sur notre territoire ce type de produits.

Ils iront ailleurs.

La parole est à Mme la ministre.

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #931

Je pourrais vous suivre si les grumes livrées à Rotterdam n’arrivaient jamais en France.

Préparez le petit-déjeuner de Mme Marais-Breuil !

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #933

Non, les grumes, pas les agrumes. Les troncs, dans un langage moins forestier, arrivent ensuite par camions dans les scieries du Jura. Ils ont simplement fait le tour, sans faire travailler les entreprises françaises. Après une année, le bois ne reviendra jamais. J’ai beaucoup travaillé sur l’accord de déforestation au niveau européen, j’y crois vraiment et je pense que ce que vous proposez ne marche pas. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

Je mets aux voix l’amendement no 1474 deuxième rectification.

#935

(Il est procédé au scrutin.)

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 180 Nombre de suffrages exprimés 174 Majorité absolue 88 Pour l’adoption 53 Contre 121

#937

(L’amendement no 1474 deuxième rectification n’est pas adopté.)

Sur l’article 26, je suis saisie par le groupe Ensemble pour la République d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

Article 26

La parole est à M. Jean-Philippe Tanguy.

Profitons de la discussion de l’article 26 pour faire un point sur le système d’imposition minimale mondiale, dit pilier 2, issu des travaux de l’OCDE et du G20.Vous en conviendrez, ce pilier a été extrêmement fragilisé – pour ne pas dire mis à terre – par le retrait – ou l’exemption, selon la manière dont on le qualifie – des États-Unis et des multinationales américaines.Au moment où ce retrait est intervenu, on nous a expliqué qu’il avait été négocié en échange de l’abandon d’une taxe pénalisante que les États-Unis avaient instaurée en rétorsion. Il ne s’agissait pas d’une décision unilatérale des États-Unis, mais bien d’une décision collective, celle du G7.Vous connaissez particulièrement bien le sujet puisque vous avez probablement suivi ce dossier à l’OCDE : pouvez-vous nous exposer les tenants et aboutissants de cette décision ? La situation est très préoccupante.Nous n’avons pas […]

La parole est à M. le président de la commission des finances.

Éric Coquerel président de la commission des finances · LFI #950

Le pilier 2 nous a été longuement vendu comme une solution miracle, censée nous éviter de légiférer davantage. Mais pour cela, il doit être associé au pilier 1, lequel, à mon avis, ne verra jamais le jour.En outre, le taux d’imposition de 15 % risque de ne pas rester un taux d’imposition minimale, mais d’être très vite considéré comme un plancher d’impôt sur les sociétés – nous constatons déjà une telle évolution.Enfin, dès lors que les États-Unis d’Amérique se sont retirés du pilier 2, ce dispositif a perdu toute valeur – si tant est qu’il en ait jamais eu une.Pourquoi l’article 26 me pose-t-il problème ? Certes, il présente un intérêt, celui de transposer la directive du 14 avril 2025 relative à la coopération et à l’échange d’informations dans le domaine de l’imposition minimale effective des sociétés. Autrement dit, il renforce la transparence.Mais il prévoit aussi de nouvelles […]

La parole est à Mme la ministre.

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #958

Cet article 26 est très important. Il constitue la suite de la directive européenne, notamment sur l’échange de données, afin d’éviter la suroptimisation fiscale. Il est également essentiel pour nos coopératives agricoles. Comme vous le savez, j’ai été très impliquée dans les travaux de l’OCDE avant d’arriver au ministère, et j’ai mené ce combat avec les coopératives agricoles françaises. Ces coopératives réalisent des chiffres d’affaires considérables et exportent dans le monde entier. Elles bénéficient d’un régime fiscal favorable car elles ne peuvent pas délocaliser. C’est précisément pour cette raison que dans tous vos territoires, les acteurs de l’agroalimentaire restent implantés localement : s’ils quittent ces territoires, ils sont soumis à une imposition beaucoup plus lourde. La France est le seul pays au monde à avoir inventé ce régime des coopératives agricoles, qui a permis […]

Je mets aux voix l’article 26.

#970

(Il est procédé au scrutin.)

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 193 Nombre de suffrages exprimés 111 Majorité absolue 56 Pour l’adoption 81 Contre 30

#972

(L’article 26 est adopté.)

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #973

Très bien !

Article 27

La parole est à Mme Valérie Rossi.

Je prends la parole à l’article 27, mais surtout pour évoquer des amendements qui suivront, après l’article 27, et qui concernent la sécurité civile.Il s’agit d’abord de rendre un nouvel hommage à l’engagement des sapeurs-pompiers dans toutes leurs composantes (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe EPR) : les sapeurs-pompiers volontaires (SPV), les sapeurs-pompiers professionnels (SPP), les personnels administratifs, techniques et spécialisés (Pats), ainsi que les militaires.Il est essentiel de préserver notre modèle de sécurité civile, unique en Europe – chacun a en tête l’épée de Damoclès qui pèse sur ce modèle depuis l’arrêt Matzak, en vertu duquel un sapeur-pompier volontaire est un travailleur au sein de l’Union européenne. La France est attendue afin de faire adopter une directive sur l’engagement citoyen, et protéger les SPV.Les températures […]

La parole est à M. Jordan Guitton.

Nous arrivons à l’article 27 et je souhaite aborder la question de la taxe foncière. Comme nous l’avons appris il y a deux jours – mon collègue Jean-Philippe Tanguy a été le premier à alerter –, dans une pièce annexe d’un ministère, à Bercy ou ailleurs, sur un coin de table, vous avez décidé d’augmenter la taxe foncière pour 7,4 millions de foyers, sans passer par le Parlement.

C’est une révision de la base, ça n’a rien à voir !

Cette hausse représentera en moyenne 63 euros par foyer. C’est tout simplement scandaleux.

Mais non !

Ils font ça tous les ans !

Le Parlement n’a pas été informé et ne peut donc pas contrôler votre action. Nous n’aurions peut-être même pas été informés de cette revalorisation, préparée en secret, si les journalistes n’avaient pas révélé l’information.Cet ajustement fiscal, ou cette mise à jour comme vous l’appelez, revient encore une fois à faire payer les mêmes : la France des propriétaires, cette France qui bosse, qui a eu du mal tout au long d’une vie à payer sa résidence principale, qui a cotisé et remboursé des échéances de prêt pendant vingt ans grâce au fruit de son labeur, pour accéder à la propriété.

Ça y est, eux aussi, ils font leurs petites vidéos maintenant…

Une fois de plus, vous leur faites payer la facture – celle de votre incompétence, qui a endetté le pays depuis huit ans. (M. Jean-Paul Mattei s’exclame.)Je le répète, cette augmentation est scandaleuse. Comme notre président Jordan Bardella, nous vous demandons, à vous et à votre gouvernement, ainsi qu’au premier ministre, de renoncer à cette augmentation indue et administrative. Il n’appartient pas aux fonctionnaires de Bercy d’indexer les impôts des Françaises et des Français. Ce sujet doit être débattu et voté ici, dans cette assemblée. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Je suis saisie de demandes de scrutin public sur l’amendement no 1274, par les groupes Ensemble pour la République et La France insoumise-Nouveau Front populaire et, sur l’article 27, par le groupe Ensemble pour la République. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Manuel Bompard, pour soutenir l’amendement no 1274.

Il s’agit d’instaurer une réelle révision des valeurs locatives utilisées pour le calcul de la taxe foncière. C’est un vieux sujet : votée à l’occasion de la loi de finances pour 2020, elle devait entrer en vigueur en 2026. Elle a ensuite été reportée à 2028, et depuis, on n’en entend plus parler.Une telle situation génère des inégalités inacceptables. Dans certaines villes, les quartiers populaires paient davantage de taxe foncière que les quartiers plus aisés ou plus huppés. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Il faut y mettre un terme.Vous reportez cette réforme aux calendes grecques et, dans le même temps, nous apprenons que vous allez prendre une mesure pour augmenter la taxe foncière de plus de 7 millions de personnes.Madame la ministre, vous avez déclaré qu’il fallait une réforme d’ensemble. Si tel est le cas, faisons-la réellement : réalisons la révision des […]

article 27

Quel est l’avis de la commission ?

Philippe Juvin rapporteur général · DR #1001

La revalorisation des bases locatives est un serpent de mer de la vie politique française. Pour les locaux d’habitation, elle n’a pas eu lieu depuis une quarantaine d’années,…

C’est vrai : depuis 1978 !

Philippe Juvin rapporteur général · DR #1003

…et on la repousse sans cesse. J’avais mis sur la table une solution – je l’ai retirée ensuite compte tenu de l’impossibilité informatique de l’appliquer – qui consistait à réévaluer la base locative à chaque mutation. Certains m’ont opposé qu’une mutation pouvait intervenir au bout de vingt ou trente ans, et que le processus serait donc très long – certes, mais cela avancerait tout de même plus vite qu’actuellement, puisqu’il ne s’est rien passé depuis quarante ans !L’article 27, aussi imparfait soit-il, a la vertu de lisser la réévaluation des bases locatives pour les locaux professionnels. Je vous mets tous en garde : si nous rejetons l’article ou si nous adoptons cet amendement, cela risque de provoquer un choc brutal pour les commerces de centre-ville : ceux-ci devront encaisser une augmentation très marquée de la taxe foncière. J’estime que ce serait une erreur et je donne donc un […]

Quel est l’avis du gouvernement ?

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #1006

L’article 27 prévoit que la revalorisation des valeurs locatives des locaux professionnels sera mise en œuvre à partir de 2027. S’agissant des locaux d’habitation, je souhaite préciser plusieurs points.Il y a plusieurs années a été votée une réforme prévoyant le passage du régime déclaratoire en vigueur depuis 1959, très compliqué – chaque contribuable doit mettre à jour la surface de toutes les pièces – et source de nombreuses iniquités, à un régime reposant davantage sur la valeur vénale des biens, à savoir leur valeur effective. Quand j’ai pris mes fonctions de ministre des comptes publics à la fin décembre 2024, on m’a expliqué que, pour conduire cette réforme, il allait falloir collecter auprès de 50 millions de Français le montant des loyers perçus pour tous les biens mis en location. Compte tenu de la difficulté à organiser une telle collecte, vu ce qui s’était passé avec […]

Il vaut mieux !

Vous êtes trop gentille !

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #1015

Chacun pourra dire si son logement est concerné ou non par les critères de confort proposés. Si tous les critères prévus sont appliqués à tous les logements, 7,5 millions de foyers verront leur taxe foncière mise à jour de 63 euros par an en moyenne – à ce stade, cette mise à jour est éventuelle.Vu les questions – légitimes – que cela suscite, vu la communication qui a eu lieu à ce sujet, vu l’inquiétude manifestée par de nombreux Français, le premier ministre a souhaité que Françoise Gatel et moi recevions dans les tout prochains jours les associations d’élus.Je rappelle que la taxe foncière n’est pas un impôt que l’administration fiscale gère toute seule ; c’est un impôt que nous avons en partage avec les élus : mon administration est responsable de la mise à jour des bases ; les élus sont responsables des taux.Nous allons donc nous mettre autour de la table et travailler sur les […]

La parole est à M. le président de la commission des finances.

Éric Coquerel président de la commission des finances · LFI #1021

Je découvre à l’instant que le premier ministre propose le versement d’une prime de 500 euros à chaque maire. Chacun peut en penser ce qu’il veut. Pour ma part, je considère que cette mesure ne réglera pas les problèmes des communes, ni la question du statut du maire. En tout cas, cela représente un certain budget,.…

Environ 17,5 millions d’euros.

Éric Coquerel président de la commission des finances · LFI #1023

…et je souhaiterais savoir à quel moment et sous quelle forme cela apparaîtra dans le présent projet de loi de finances. S’agira-t-il d’un amendement du gouvernement ?Pour ce qui est de la taxe foncière, madame la ministre, vous dites qu’il faut réviser les bases locatives, notamment en raison des iniquités qui existent. Or, malgré ces iniquités, l’article 27 prévoit le report de la révision. Je ne peux m’empêcher de faire le lien avec le fait que, en dix ans, la taxe foncière a augmenté deux fois plus vite que l’inflation. En réalité, elle augmente à due proportion de la disparition progressive des autres impôts locaux, notamment la taxe d’habitation, qui permettaient aux collectivités de disposer d’une autonomie fiscale. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – M. Pierre Pribetich applaudit également.)D’un côté, on affirme supprimer certains impôts au profit des […]

La parole est à M. Jean-Philippe Tanguy.

Madame la ministre, l’exposé des motifs de l’article 27 est tout de même très succinct, au regard de l’importance de ce qu’il prévoit. Dans son rapport, Philippe Juvin – je parle sous son contrôle – évoque un lissage sur six ans de l’augmentation ou de la baisse de la valeur locative. L’exposé des motifs ne précise pas combien de locaux professionnels seront concernés par une augmentation. Je pose donc une question simple : à quoi aboutira in fine ce dispositif de lissage ? Si j’ai bien compris, la taxe foncière augmentera pour une majorité – 56 % – des locaux professionnels, sera stable pour une grosse minorité et baissera pour une très petite minorité. Nous aimerions en savoir plus, sans quoi nous allons voter un peu à l’aveugle !

La parole est à M. Manuel Bompard.

Madame la ministre, soyez cohérente ! Si vous considérez que la réforme du mode de calcul de la taxe foncière nécessite du temps, ne prenez pas maintenant une mesure qui se traduira par une augmentation de cette taxe pour 7 millions de personnes ! Il y a effectivement des inégalités à résoudre, mais intégrez plutôt toutes les mesures dans une réforme d’ensemble dont nous discuterons pour 2028, ce qui nous donnera la possibilité de tout mettre à plat. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)En vérité, nous voyons bien que vous allez encore tailler dans le budget des communes et que, pour faire passer la pilule, vous proposez de leur redonner un peu de ressources par la taxe foncière. Franchement, ce n’est pas raisonnable. Renoncez à cette mesure ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

La parole est à Mme la ministre. (Exclamations sur divers bancs.)

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #1032

Je réponds brièvement à M. Tanguy. La revalorisation des bases locatives des locaux professionnels a été votée en 2017. Elle a commencé à être appliquée en 2024. Si l’article 27 est adopté, elle montera en charge pendant six ans à compter du 1er janvier 2027. Telle que nous l’envisageons, elle se traduira par une hausse de la taxe foncière pour 56 % des propriétaires de locaux professionnels, et par une baisse pour les 44 % restants, donc près de la moitié d’entre eux.Cette révision est menée avec les élus locaux, qui siègent au sein de la commission départementale des valeurs locatives des locaux professionnels, réunie par le préfet. Les parlementaires sont associés à ces réunions – j’y ai participé dans mon département ; peut-être y avez-vous participé dans le vôtre. Il s’agit notamment d’assurer une cohérence dans les différentes zones d’activité.

Je mets aux voix l’amendement no 1274.

#1035

(Il est procédé au scrutin.)

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 186 Nombre de suffrages exprimés 170 Majorité absolue 86 Pour l’adoption 38 Contre 132

#1037

(L’amendement no 1274 n’est pas adopté.)

Je vais mettre aux voix l’article 27… (Mme Estelle Mercier brandit le règlement. – « Rappel au règlement ! » sur les bancs du groupe SOC.)Vous pourrez faire votre rappel au règlement après le vote, madame Mercier. (Protestations sur les bancs du groupe SOC.)

Philippe Juvin rapporteur général · DR #1040

Très bien, madame la présidente !

Je mets aux voix l’article 27.

#1042

(Il est procédé au scrutin.)

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 185 Nombre de suffrages exprimés 173 Majorité absolue 87 Pour l’adoption 79 Contre 94

#1044

(L’article 27 n’est pas adopté.)

Rappels au règlement

La parole est à Mme Estelle Mercier, pour un rappel au règlement.

Cet article très important appelait des précisions. Il porte à la fois sur la révision des valeurs locatives des locaux professionnels et sur celle des locaux d’habitation. Cette confusion dans la rédaction a suscité de nombreuses demandes de prises de parole pour obtenir des explications. Il est regrettable qu’elles n’aient pu être satisfaites avant le vote.

Ce n’est pas un rappel au règlement !

Pour ma part, je vous avais demandé la parole pour un rappel au règlement avant le vote de l’article et j’aurais souhaité le développer à ce moment-là et non pas une fois le vote intervenu ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

Madame la députée, au moment où vous m’avez fait signe, j’avais lancé le vote. (M. Inaki Echaniz s’exclame.)La parole est à M. Jean-Philippe Tanguy, pour un rappel au règlement.

Je le formule sur la base de l’article 98-1 relatif à l’évaluation préalable de ce que nous votons. Madame la ministre, selon le rapport de M. le rapporteur général, la TFPB devrait augmenter pour une petite majorité de redevables et cette hausse devrait s’établir, en moyenne, à + 17 %. Dans les faits, si certaines augmentations sont plus importantes que les baisses escomptées, la moyenne finale pourrait subir une hausse. Ainsi, je lis dans le rapport que, dans 6 % des commerces de centre-ville, la cotisation doublerait.Je rejoins Mme la députée Mercier : nous avons voté à l’aveugle ! C’est tout de même grave !

Ce n’est pas un rappel au règlement.

La parole est à Mme la ministre.

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #1057

Monsieur le député, je réponds toujours à vos questions et j’avais donné une explication préalable détaillée sur l’article 27. Cette revalorisation de la valeur locative des locaux professionnels est lancée depuis huit ans ; elle a été travaillée avec tous les élus locaux, les présidents d’agglomérations, les associations d’élus, avec les organisations professionnelles – Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) et France Industrie – et l’ensemble des associations du secteur logistique. L’article 27 lisse la montée en charge de la réforme sur six ans afin d’éviter que les hausses éventuelles de cotisations ne soient trop importantes ou trop brutales.

L’article ne fait rien du tout : il a été rejeté !

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #1059

La situation est compliquée : pour les locaux d’habitation, nous conservons un système empli de défauts et que tout le monde conteste. Pour les locaux professionnels, après huit ans de travail pour réformer, des contestations s’élèvent et nous ne sommes toujours pas prêts à accepter les changements. En tant que démocratie organisée, il nous faut admettre collectivement que, quand les systèmes sont obsolètes, il faut les réformer et que toute réforme fait des gagnants et des perdants. Il convient de faire les choses intelligemment. C’est ce que proposait l’article 27 à propos des locaux professionnels.Monsieur Bompard, l’idée de lancer un chantier comparable sur les locaux d’habitation est dans les tuyaux depuis longtemps. C’est un chantier gigantesque qui ne se fera pas du jour au lendemain. Peu après ma prise de fonctions, j’ai compris qu’il était prévu d’interroger 50 millions de […]

Bien sûr !

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #1062

Ne mélangeons pas tout ! Lancer une réforme sur la manière de revaloriser les valeurs locatives servant de base à la taxe foncière est un immense chantier, qui prendra des années. En 2025, nous avons mené une concertation avec les élus sur la mise à jour de la base fiscale qu’ils demandent. Nous les réunirons de nouveau pour faire le point avec eux, étant observé que, pour de nombreuses communes, cette réforme représente un enjeu financier non négligeable. Elle soulève aussi des questions d’équité : deux Français qui ont le même logement peuvent payer des impôts locaux très différents en fonction de la date à laquelle ils ont mis à jour leur dossier. Faisons les choses proprement et de manière ordonnée en avertissant chaque personne concernée et en lui donnant la possibilité de s’exprimer : notre administration fiscale en est capable ! Les Français le savent. Nous réunirons les […]

Reculez !

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #1064

Conservons une vision équilibrée des sujets !

La parole est à M. Jean-Philippe Tanguy, pour un nouveau rappel au règlement.