Séance du 23 mars 2023 /// n°189 /// 1 163 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2022-2023

Séance du 23 mars 2023 — 189e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Naïma Moutchou.

1 163prises de parole
54orateurs
28points à l'ordre du jour
13scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
1275 l'article 7 bis du projet de loi relatif aux jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 et portant diverses autres dispositions (première lecture). 31 / 6 adopté
1276 l'article 10 du projet de loi relatif aux jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 et portant diverses autres dispositions (première lecture). 55 / 8 adopté
1277 l'article 11 du projet de loi relatif aux jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 et portant diverses autres dispositions (première lecture). 55 / 11 adopté
1278 l'article 8 du projet de loi relatif aux jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 et portant diverses autres dispositions (première lecture). 54 / 10 adopté
1279 l'amendement n° 127 de M. Cabrolier à l'article 18 du projet de loi relatif aux jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 et portant diverses autres di… 8 / 44 rejeté
1280 l'article 18 du projet de loi relatif aux jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 et portant diverses autres dispositions (première lecture). 49 / 4 adopté
1281 l'article 18 bis du projet de loi relatif aux jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 et portant diverses autres dispositions (première lecture). 60 / 0 adopté
1282 l'amendement n° 649 de M. Peu et l'amendement identique suivant à l'article 12 du projet de loi relatif aux jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 e… 8 / 45 rejeté
1283 l'amendement n° 588 de Mme Lelouis à l'article 12 du projet de loi relatif aux jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 et portant diverses autres dis… 6 / 45 rejeté
1284 l'article 12 du projet de loi relatif aux jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 et portant diverses autres dispositions (première lecture). 46 / 9 adopté
1285 l'article 13 du projet de loi relatif aux jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 et portant diverses autres dispositions (première lecture). 41 / 8 adopté
1286 l'article 13 bis du projet de loi relatif aux jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 et portant diverses autres dispositions (première lecture). 51 / 0 adopté
1287 l'article 14 A du projet de loi relatif aux jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 et portant diverses autres dispositions (première lecture). 36 / 0 adopté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 1163 — page 1 / 6.

Naïma Moutchou president · HOR #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à quinze heures.)

Suite de la discussion d’un projet de loi

Naïma Moutchou president · HOR #7

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion du projet de loi relatif aux Jeux olympiques et paralympiques de 2024 et portant diverses autres dispositions (nos 809, 939).

Discussion des articles (suite)

Naïma Moutchou president · HOR #9

Ce matin, l’Assemblée a poursuivi la discussion des articles du projet de loi, s’arrêtant à l’amendement no 47 à l’article 7 bis. Sur l’article 7 bis, je suis saisie par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

Article 7 bis (suite)

Naïma Moutchou president · HOR #12

Je suis saisie de deux amendements, nos 47 et 589, pouvant être soumis à une discussion commune.La parole est à Mme Julie Lechanteux, pour soutenir l’amendement no 47.

article 7 bis · amendement 47

L’article 7 bis prévoit qu’une enquête administrative peut être demandée avant l’affectation des personnels des entreprises de travail temporaire à une mission liée à la sécurité des personnes et des biens.Si cette mesure nous paraît parfaitement nécessaire, compte tenu des risques inhérents à l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (JO) de 2024, elle nous semble insuffisante pour garantir la sécurité au niveau national. Nous proposons que les personnels concernés fassent l’objet d’une enquête administrative obligatoire, en amont de leur prise de poste, afin de vérifier la compatibilité de leur profil avec l’exercice de la mission proposée. Le but est d’écarter les profils dangereux, susceptibles de présenter une menace pour l’ordre public. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Naïma Moutchou president · HOR #15

La parole est à Mme Gisèle Lelouis, pour soutenir l’amendement no 589.

article 7 bis · amendement 589

En prévoyant qu’une enquête administrative « peut » être demandée, vous ne cherchez pas à « garantir la sécurité des Jeux olympiques et paralympiques » mais à la « semi-garantir ». Nous proposons que l’enquête administrative soit effectuée systématiquement avant l’affectation des personnels. Nous n’avons pas le droit à l’erreur. L’honneur de notre nation, la sécurité des Français et des touristes étrangers est en jeu. Je suis sûre que, dans cet hémicycle, personne ne prendra la responsabilité de rejeter cet amendement de bon sens. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

La parole est à M. Sacha Houlié, président de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, pour donner l’avis de la commission.

Sacha Houlié président de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République · SOC #18

Ces amendements présentent deux difficultés. La première est juridique : dans la mesure où l’article L. 114-2 du code de la sécurité intérieure prévoit qu’une enquête administrative peut être menée avant le recrutement de personnels, il serait étrange de la rendre obligatoire pour l’affectation d’intérimaires. La deuxième tient aux capacités de l’administration : le service concerné n’est pas en mesure d’effectuer toutes ces enquêtes. Enfin, c’est l’employeur qui doit rendre compte des personnels qu’il a affectés à ces missions temporaires ; il n’appartient pas à l’État d’assumer les responsabilités de l’employeur. Avis défavorable.

La parole est à Mme la ministre des sports et des Jeux olympiques et paralympiques, pour donner l’avis du Gouvernement.

Amélie Oudéa-Castéra ministre des sports et des Jeux olympiques et paralympiques #20

Même avis, pour les mêmes raisons. Nous avons besoin de cette faculté, pas de rigidité.

La parole est à Mme Gisèle Lelouis.

Vous trouvez des justifications hasardeuses et méprisantes pour vous défausser. Si un événement grave, lié à ces affectations, devait survenir, vous seriez responsables devant les victimes.

La parole est à M. Ugo Bernalicis.

Même si l’exécutif aimerait bien qu’on puisse effectuer toutes ces enquêtes, la vérité est qu’on n’a pas les moyens de les mener, à moins de les bâcler. L’emploi des termes « peut être » est donc plus prudent. Je l’ai déploré ce matin, et l’argumentation du rapporteur l’illustre assez bien : on cherche à se rassurer, on parle de tolérance zéro, mais on sait bien que ce ne sera en définitive pas le cas.

La parole est à M. le président de la commission des lois.

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #26

Pardon de faire preuve de sincérité, monsieur Bernalicis ! Les partisans du chaos voudraient que ça se passe mal ou qu’on n’ait pas les moyens de faire ce qu’on souhaite… L’enquête administrative que le code de la sécurité intérieure prévoit pour le recrutement de personnels est facultative. Par ailleurs, il existe un problème capacitaire, mais cela ne pose pas de difficultés dans la mesure où l’employeur est responsable des personnes qu’il embauche. Ce ne peut pas être la faute de l’État s’il embauche n’importe qui !

La parole est à Mme la ministre.

J’ajoute que les travaux en commission ont permis de donner plus de temps à ce travail de criblage, qui commencera le 1er mai et non le 1er juillet. Nous voulons être au rendez-vous de la sécurité, sans pour autant créer des rigidités inutiles.

#29

(Les amendements nos 47 et 589, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Naïma Moutchou president · HOR #30

L’amendement no 619 de Mme Élisa Martin est défendu.

article 7 bis · amendement 589
#31

(L’amendement no 619, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Naïma Moutchou president · HOR #32

Je mets aux voix l’article 7 bis.

#33

(Il est procédé au scrutin.)

Naïma Moutchou president · HOR #34

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 39 Nombre de suffrages exprimés 37 Majorité absolue 19 Pour l’adoption 31 Contre 6

#35

(L’article 7 bis est adopté.)

Après l’article 7 bis

Naïma Moutchou president · HOR #37

La parole est à Mme Clara Chassaniol, pour soutenir l’amendement no 732.

article Après_ 7 bis · amendement 732

Face aux difficultés actuelles de recrutement et pour atteindre le nombre de 22 000, voire de 33 000 agents de sécurité privés, le Gouvernement a lancé un plan de recrutement et de formation de 3 000 étudiants. Cet amendement vise à favoriser l’emploi des étudiants étrangers pendant la durée des Jeux : il prévoit que le temps de travail accompli dans ce cadre ne sera pas décompté du temps d’activité professionnelle salariée, limité à 60 % de la durée de travail annuelle.

#39

(L’amendement no 732, accepté par la commission et le Gouvernement, est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt

Je vous annonce que l’article 8 ainsi que les amendements portant article additionnel après l’article 8 sont réservés, à la demande du Gouvernement.

Article 9

La parole est à M. José Gonzalez.

La France a l’honneur d’accueillir les prochains Jeux olympiques. Depuis le début du siècle dernier, cinq cérémonies s’y sont déroulées. La France est – ou du moins était – le pays historique de l’ardente flamme olympique. Les récents problèmes de sécurité autour des événements sportifs nous font cependant craindre une averse de violences, qui pourraient éteindre cette torche brûlante devant les yeux effarés du monde entier. Espérons que les fameux supporters anglais ne ramèneront pas le temps pluvieux !L’illustre fondateur de ce grand événement mondial, Pierre de Coubertin, déclarait : « Le succès n’est pas le but mais un moyen de viser plus haut. » La logistique de ces jeux doit être parfaite en tous points, notamment pour ce qui est de la sécurité, car c’est ce que les commentateurs internationaux retiendront en premier. La France doit retrouver son image de grande nation sportive et […]

La parole est à M. Maxime Minot.

Les Jeux de Paris, rappelons-le, ne sont pas les Jeux d’une seule ville. L’Île-de-France est particulièrement concernée par l’organisation de cet événement et l’accueil de compétitions sur ses sites. Le préfet de police, sur engagement de la France devant le Comité international olympique (CIO), doit être le seul et unique responsable de la sécurité dans la région, avec une coordination totale des départements, exposés aux mêmes enjeux et menaces que Paris.Le préfet de police se verra donc confier, pour toute la durée des Jeux, les mêmes pouvoirs que ceux qu’il exerce communément en petite couronne. Il convient, évidemment, de rassurer les acteurs départementaux, à commencer par les préfets, sur leur implication durant cette période. À ce titre, d’ailleurs, le préfet de police leur déléguera certaines compétences.Même si nous ne savons pas encore quelles seront ces compétences, je ne […]

La parole est à M. Philippe Latombe.

Le groupe Démocrate soutiendra l’article 9 sans réserve. Quelques inquiétudes, cependant, se sont exprimées, notamment par la voix d’Aude Luquet, députée de Seine-et-Marne. Il semble que les forces de l’ordre, notamment de gendarmerie, craignent que cette disposition ne soit pérennisée. Pourriez-vous rassurer ces personnes en expliquant qu’il s’agit d’une mesure bornée dans le temps, visant à coordonner au mieux la protection des Jeux olympiques et paralympiques et que les forces de l’ordre des départements de la grande couronne retrouveront ensuite le fonctionnement habituel ?

Naïma Moutchou president · HOR #54

La parole est à Mme Gisèle Lelouis, pour soutenir l’amendement no 582.

article 9 · amendement 582

Dans sa version initiale, l’article 9 était assez flou : il arrogeait au préfet de police beaucoup de compétences sur la sécurité des Jeux olympiques et paralympiques. La commission des lois a supprimé la mention des « événements liés aux Jeux olympiques et paralympiques » pour éviter toute ambiguïté. La question de la délimitation de ces pouvoirs extraordinaires se pose quand même et le fait que l’article ne contienne plus les termes « Jeux olympiques et paralympiques » est dommageable. Nous proposons de les réintroduire pour une plus grande cohérence rédactionnelle. Et puisque c’est l’enjeu des Jeux de 2024, autant mentionner la « sécurité des biens et des personnes ».Par ailleurs, qu’un préfet de police soit compétent dans autant de départements est inquiétant. S’il se concentre sur les JO, il ne se concentre pas sur ses compétences ordinaires. Si plusieurs événements graves devaient […]

Quel est l’avis de la commission ?

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #58

Elles ne me conviennent pas vraiment, madame Lelouis, puisque la commission a justement pris soin de supprimer les termes que vous proposez d’ajouter. Il est nécessaire d’assurer l’unité de commandement du préfet de police sur l’ensemble de la région Île-de-France. S’agissant des tâches administratives, il est prévu qu’un arrêté du ministre de l’intérieur prévoie des délégations de signature.Pour toutes ces raisons, avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Défavorable également. Il est important que le préfet de police voie ses pouvoirs en matière de sécurité étendus le temps des Jeux. Nous n’avons pas à rentrer dans des arguties pour savoir s’il y a un lien direct ou pas. Cette extension doit être homogène, pleine et entière afin de lui permettre d’être au top de l’efficacité requise.

La parole est à Mme Gisèle Lelouis.

Monsieur le président de la commission, pourquoi le préfet d’Île-de-France n’est-il pas inclus dans le dispositif prévu par ce projet de loi ?

#64

(L’amendement no 582 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
#65

(L’article 9 est adopté.)

· ADOPTION d’un article (vote à main levée)

Après l’article 9

Naïma Moutchou president · HOR #67

La parole est à Mme Julie Lechanteux, pour soutenir l’amendement no 179.

article Après_ 9 · amendement 179

Il est évident que des risques pèsent sur la sécurité des Jeux olympiques. M. le ministre de l’intérieur nous a expliqué que la France attendait au moins 600 000 personnes, ne serait-ce que pour la cérémonie d’ouverture. Pour faire face à cet afflux massif de touristes, il manquerait près de 20 000 agents.M. Darmanin a par ailleurs indiqué aux sénateurs que les forces de l’ordre ne pourraient pas prendre de jours de congé durant les mois de juin, juillet et août 2024. Compte tenu de la gravité des problèmes de sécurité, leurs effectifs devraient être étoffés par des policiers municipaux. Ils luttent eux aussi courageusement, nous le savons, contre la délinquance et ont démontré qu’ils n’avaient pas peur d’agir face à la menace terroriste. Ainsi, à Nice, il y a trois ans, ce sont des policiers municipaux qui sont intervenus pour mettre un terme au périple meurtrier du terroriste qui […]

Quel est l’avis de la commission ?

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #72

Ce n’est pas une simple information mais une information continue que vous demandez aux représentants de l’État d’assurer. Or on imagine bien que, pendant la durée des Jeux olympiques et paralympiques, les préfets de département auront bien d’autres missions à accomplir. Cependant, il est évident qu’ils travailleront de concert avec les communes pour assurer la sécurité. Avis défavorable, comme en commission, où votre amendement a été rejeté.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Défavorable également. Il importe certes d’assurer une coopération entre État et communes et un partage de l’information fluide mais votre amendement instaurerait une rigidité qui exposerait à un risque de nullité des actes.

La parole est à Mme Julie Lechanteux.

Je suis certaine que tous les maires de France vous remercieront, surtout lorsqu’ils auront à organiser des événements à l’échelon local sans l’aide de la police nationale.

#77

(L’amendement no 179 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt

Rappel au règlement

La parole est à M. Ugo Bernalicis, pour un rappel au règlement.

Sur le double fondement de l’article 72, alinéa 3, relatif aux mises en cause personnelles, et de l’article 100, qui se rapporte à la clarté et à la sincérité de nos débats. Ce matin, le ministre de l’intérieur s’est permis de me toiser et de m’attaquer à trois reprises.

Et vous ne l’aviez pas cherché du tout !

Il a indiqué que contrairement à moi, il ne participerait pas aux manifestations. Il se trouve que cet après-midi, je suis présent dans l’hémicycle et que lui est absent. Or nous avons besoin que le ministre de l’intérieur soit au banc du Gouvernement avec la ministre des sports afin d’examiner l’organisation des JO sous l’angle aussi bien du sport que de l’ordre public.

Peut-être qu’il est dans les manifs !

Je ne sais pas s’il est parti mater du manifestant, mais nous aimerions avoir les deux ministres au banc, madame la présidente,…

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #85

C’est du sexisme !

Non, je ne crois pas que ce soit sexiste ! Mais parler à la place de Mme la ministre, ça, oui !

…pour satisfaire l’exigence de clarté de nos débats.

Nous avons bien compris, monsieur Bernalicis.

Article 10

La parole est à M. Belkhir Belhaddad.

Essayons de parler des Jeux olympiques.Notre ambition à tous, c’est de réussir à faire de ces Jeux une grande fête populaire et sportive. Sur le plan organisationnel, cela suppose de veiller à la sécurisation des sites de compétition en Île-de-France et ailleurs mais aussi des fanzones. Nous savons que de nombreuses mesures contenues dans ce projet de loi procèdent à l’adaptation de normes internationales et de règlements européens en vigueur dans beaucoup d’autres pays, qu’il s’agisse des athlètes, des participants en général ou des spectateurs.L’article 10 élargit de manière pérenne la procédure de criblage aux fanzones et aux personnes participant aux grands événements. Comme le rappelle l’étude d’impact, l’ensemble des États accueillant les Jeux olympiques et paralympiques, à l’exception de la France, ont prévu une enquête administrative visant l’ensemble des participants à ces […]

La parole est à M. Maxime Minot.

Je vais revenir, après l’intervention de mon collègue Belkhir Belhaddad avec qui je copréside le groupe de travail chargé du suivi de la préparation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, sur les fanzones. Comme le petit couac qu’a connu la billetterie…

C’est gentiment dit !

…a fait de nombreux déçus, elles auront une importance particulière en tant que lieux de festivités. Comme s’y rassembleront un grand nombre de personnes pour assister aux retransmissions de compétitions, elles seront particulièrement exposées à un risque de menaces terroristes. Or notre seule boussole doit être la sécurité des spectateurs et des participants à ce grand événement. C’est pourquoi il nous faut soutenir cet article qui permet d’étendre la procédure de criblage. Cette solution ouvre la possibilité de mener des enquêtes administratives sur l’ensemble des participants, sans distinction de nationalité. Il convient de le souligner car les fanzones ne sont pas les seules concernées. La procédure sera aussi appliquée au village des athlètes olympiques et paralympiques et au village des médias.Au-delà de cette zone et des alentours des sites, cela permettra aux collectivités de […]

Rappel au règlement

La parole est à M. Antoine Léaument, pour un rappel au règlement.

Je me fonde sur l’alinéa 4 de l’article 100 : notre amendement no 428 ne figure pas à la bonne place dans la liste des amendements à l’article 10. Comme il s’agit d’un amendement de suppression, il devrait figurer en haut de celle-ci. Il me semble qu’il y a une erreur.

La rigueur juridique !

Erreur que nous allons corriger, monsieur Léaument.

Article 10 (suite)

Naïma Moutchou president · HOR #107

Je vous donne donc la parole, pour soutenir cet amendement no 428.

article 10 · amendement 428

Alors, vous allez citer la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ?

Non, monsieur Minot, je n’aurai pas besoin de le faire. Le dispositif de criblage aboutira à mener 750 000 enquêtes administratives. Vous êtes-vous assurés que vous disposez des moyens nécessaires pour appliquer la loi ou s’agit-il de vaines paroles ?Comme nous considérons que ces enquêtes constituent en outre une intrusion dans la vie des gens, nous vous proposons de supprimer cet article.

Quel est l’avis de la commission ?

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #112

Défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Défavorable. Nous avons besoin de cet article pour étendre le criblage à la famille des athlètes, conformément aux recommandations du CIO, et aux fanzones, lesquelles constituent, comme l’a souligné très justement Maxime Minot, des extensions des compétitions et célébrations des Jeux olympiques et paralympiques d’une particulière importance.

Il serait irresponsable de s’opposer à ce dispositif !

La parole est à M. Ugo Bernalicis.

Madame la présidente, si j’ai le règlement dans les mains, ce n’est pas pour m’y référer pour un rappel, c’est simplement parce qu’y figure la Déclaration des droits de l’homme et de citoyen. Un collègue nous demandait si nous allions encore la citer,…

C’était de l’humour !

…je me dois de lui dire qu’elle est toujours en lien avec notre travail de législateur. Référons-nous à son article 2 : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. » Nous parlerions aujourd’hui de « droits humains »… « Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression. » Je passe sur la résistance à l’oppression, vous savez ce que c’est !

La première des libertés, c’est la sécurité !

Il ne faut pas confondre sécurité et sûreté. La sûreté est le droit de ne pas être mis en cause arbitrairement par le pouvoir.

Il a raison !

Ce terme recouvre aussi bien sûr le droit de ne pas être agressé par son voisin. (Exclamations sur les bancs du groupe RE.)Le criblage donne à l’administration des pouvoirs exorbitants du droit commun puisqu’il permet d’aller fouiller dans la vie des gens de manière disproportionnée.

Quel est le problème s’ils n’ont rien à se reprocher ?

Nous savons bien que cette pratique comporte des risques de biais : pourquoi ne décideriez-vous pas, par exemple, que certaines personnes, parce qu’elles ont participé à des manifestations contre la réforme des retraites, ne pourraient pas faire partie des bénévoles participant à l’organisation des JO ? Et je suis certain que vous êtes capables de les exclure de peur qu’elles ne déploient une banderole en plein milieu d’un stade.

Je suis opposé à la réforme des retraites mais cela n’a rien à voir !

Vous redoutez que les compétitions soient le théâtre de scènes tumultueuses – même si, contrairement à notre règlement, celui des JO ne fait pas référence à de telles scènes… Voilà ce à quoi l’extension du criblage peut aboutir : caractériser le niveau de dangerosité des personnes qui en font l’objet en fonction de leurs opinions politiques parce que vous vous inquiétez qu’elles ne viennent gâcher cette belle fête olympique.

La parole est à Mme la ministre.

Monsieur le député, je tiens à souligner que ces mesures de criblage ne concernent pas le public.

Mais qu’en est-il des bénévoles ?

Toutes les menaces que vous venez d’agiter n’ont pas lieu d’être. Ces dispositions ne s’appliquent qu’à la famille des athlètes olympiques, à la demande du CIO, et aux organisateurs des fanzones.

Donc, les bénévoles !

Personne ne regardera pour qui ils ont voté !

Les personnes qui viendront se rassembler dans ces lieux ne feront l’objet d’aucun criblage.

#136

(L’amendement no 428 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Naïma Moutchou president · HOR #137

La parole est à Mme Sandra Regol, pour soutenir l’amendement no 328.

article 10 · amendement 328

Nous proposons une solution de repli consistant à supprimer non l’article 10 dans son entier mais ses alinéas 4 à 6. Il est essentiel de garantir la sûreté de nos concitoyens. Nous le répétons depuis plusieurs jours, il y a une grande différence entre l’apparence de sécurité et la réalité de la sûreté.Le criblage s’appliquera à tout le monde, à l’exception des spectateurs : les journalistes, les bénévoles, les athlètes, les familles. Cela réclamera des efforts colossaux qui emboliseront nos services – imaginons ce qui se serait passé si le public avait été inclus ! La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a précisé dans son avis que le Gouvernement n’avait fourni aucune raison pour justifier cette extension du criblage.Il apparaît dès lors disproportionné d’appliquer cette procédure à autant de personnes. Elle ne répond à aucune exigence de proportionnalité et à […]

Quel est l’avis de la commission ?

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #142

Défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Même avis. Pour sécuriser les Jeux, il est nécessaire d’étendre le criblage à toute la famille des accrédités.

#145

(L’amendement no 328 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Naïma Moutchou president · HOR #146

Je suis saisie de deux amendements, nos 332 et 429, pouvant être soumis à une discussion commune.La parole est à Mme Sandra Regol, pour soutenir l’amendement no 332.

article 10 · amendement 332

À défaut de supprimer l’ensemble des dispositions qui nous semblent problématiques dans cet article 10, nous proposons, à titre de repli, d’exempter de ces criblages désormais pérennisés non seulement les spectateurs mais aussi les participants et les journalistes.Effectuer une enquête administrative sur les journalistes afin de déterminer s’ils peuvent accéder, ou non, à un événement constitue une atteinte très grave à la liberté de la presse, ce qui n’est pas acceptable dans un État démocratique – même si les votes intervenus à l’article 7 dessinent un tournant plus répressif et plus grave à ce qui devrait être le cours normal d’une démocratie.

La France n’est quand même pas un pays autoritaire !

Le texte que nous examinons devait concerner les Jeux olympiques et paralympiques. « Essayons de parler des JO ! » a dit un de nos collègues tout à l’heure. Nous aimerions bien en parler, nous aussi, mais nous constatons malheureusement que le projet de loi ne laisse aucune place ni au sport ni à la question olympique. Pire, il est contraire à l’essence même des Jeux – nous y reviendrons à l’article 12.Parce que les Écologistes ont toujours cherché le compromis – malgré la main tendue par la coalition présidentielle, ou par certaines de ses composantes, à la droite, voire à l’extrême droite, comme nous l’avons vu ce matin – et parce que les Jeux représentent un défi en matière de sécurité, nous proposons que le dispositif prévu ne s’applique que de manière temporaire, qu’il soit limité aux seuls Jeux et qu’il ne soit pas inscrit dans le droit commun, d’autant que le CIO ne le demande […]

Naïma Moutchou president · HOR #152

La parole est à M. Antoine Léaument, pour soutenir l’amendement no 429.

article 10 · amendement 429

Ma collègue Sandra Regol l’a expliqué : nous nous efforçons de circonscrire le nombre de personnes susceptibles de faire l’objet d’une procédure de criblage.Comme je l’ai déjà évoqué, un premier problème se pose s’agissant du nombre d’opérations de criblage à mener dans le cadre des Jeux olympiques : si l’on se fonde sur la rédaction actuelle de l’article 10, celles-ci sont évaluées à 750 000. Or, au cours de l’année 2022, 760 000 opérations de ce type ont été effectuées au total, tous sujets confondus. En conséquence, comment ferons-nous avec les moyens actuels ? Faudra-t-il se contenter de les appliquer aux seuls événements liés aux JO, en excluant toutes les autres opérations ?Deuxième point – sur lequel je souhaiterais obtenir une réponse qui sera notée au compte rendu : qu’en sera-t-il des syndicalistes qui se sont engagés dans le combat contre la réforme des retraites et ont […]

Ce n’est pas bien !

N’exprimant leur opposition que vis-à-vis de la réforme des retraites et n’ayant pas de problèmes particuliers avec les Jeux olympiques, ils pourraient vouloir se porter volontaires.

Ils ne veulent déjà pas bosser quand ils sont rémunérés, alors devenir bénévoles…

Ces personnes risquent-elles de se voir refuser la possibilité de devenir bénévoles lors des Jeux ? Il s’agit d’un exemple très spécifique sur lequel j’aimerais que vous apportiez une réponse précise, pour qu’elle soit notée au compte rendu, je le répète.

Vous n’avez pas besoin de menacer. De toute façon, tout est noté au compte rendu !

C’est parce que la jurisprudence en tient compte !

Quel est l’avis de la commission ?

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #163

L’extension des procédures de criblage aux participants et aux fanzones est pertinente. S’il s’agit bien d’une demande du CIO dans le cadre des Jeux olympiques, je rappelle que la France accueillera, auparavant, une compétition tout aussi importante, même si elle a moins les faveurs du grand public, je veux parler de la Coupe du monde de rugby 2023, pour laquelle la menace terroriste sera tout aussi élevée. Cela justifie donc pleinement d’étendre le criblage aux participants.En ce qui concerne les journalistes, vous avez évoqué, madame Regol, une atteinte grave à la liberté de la presse. Ce n’est pas la position du Conseil d’État qui a estimé, dans un avis rendu en 2016, que la procédure d’enquête administrative « ne portait [pas] une atteinte disproportionnée […] à la liberté d’expression (dans l’hypothèse où elle serait appliquée à des journalistes) ». La Haute juridiction elle-même […]

C’est donc un avis défavorable.Quel est l’avis du Gouvernement ?

Avis défavorable également. Pour répondre le plus précisément possible à M. Léaument, nous nous sommes donné davantage de temps, afin d’être à même de réaliser ces opérations de criblage. C’est le sens de l’amendement adopté en commission, à l’article 7 bis, qui prévoit un démarrage du dispositif le 1er mai. Nous renforcerons également le Sneas, chargé d’opérer ces criblages, en lui octroyant 15 ETP supplémentaires, soit les ressources nécessaires pour traiter les volumes que vous avez évoqués. D’autre part, ces décisions de criblage s’inscrivent dans une logique de proportionnalité ; elles sont prises sous le contrôle du juge et portent sur l’analyse du risque terroriste et l’atteinte grave à la sécurité des personnes.

La parole est à M. Antoine Léaument.

J’ai effectivement souligné que les amendes forfaitaires délictuelles pourraient servir à réprimer la contestation dans le cadre de la réforme des retraites. Mais insinuez-vous, monsieur le président Houlié, qu’il n’y a pas actuellement de répression du mouvement social ?

C’est normal si ce sont des manifestations illégales, car non déclarées !

Ce n’est pas ce que constatent les gens ! Ils se prennent des coups de matraque, ce qui est pire que des AFD ! Par ailleurs, en ce qui concerne les amendes, avant-hier…

Parlez de l’État de droit !

J’y viens, justement. J’entends certains souligner qu’il s’agit de manifestations illégales,…

Certaines le sont, en effet !

…c’est-à-dire non déclarées ; c’est bien ce que vous voulez dire ?

Il y en a quelques-unes, oui !

Très bien. Je cite l’arrêt de la Cour de cassation, chambre criminelle, du 14 juin 2022 : « ni l’article R. 644-1 du code pénal ni aucune autre disposition légale ou réglementaire n’incrimine le seul fait de participer à une manifestation non déclarée ». Il n’est donc pas illégal de participer à une manifestation non déclarée.

Mais l’incitation à la violence est punie par la loi !

Vous avez affirmé, monsieur Houlié, que les AFD n’étaient pas utilisées dans le cadre de la répression : il est vrai que nous ne l’avons pas constaté pour l’instant. Néanmoins, alors que je me suis rendu avant-hier auprès de manifestants pris dans une nasse de la police, j’ai rencontré une dizaine de jeunes à qui l’on a dit qu’ils se verraient infliger une amende de 135 euros pour participation à une manifestation non déclarée.

Quelle véracité des faits ?

Sur quelle base, monsieur le président de la commission des lois, cette répression par l’amende est-elle organisée ?

La parole est à Mme Prisca Thevenot.

S’il vous plaît, ne tombons pas dans ce jeu-là : c’est à croire que la seule compétence, sur vos bancs, a trait à la provocation ! Plus de huit manifestations, il me semble, ont été organisées par les intersyndicales ces dernières semaines, dans un cadre légal, celui de l’État de droit – et de devoir. Elles se sont très bien déroulées.

Tout à fait !

Les violences commises l’ont été en marge des manifestations, hors du cadre de la loi. Je suis donc étonnée de constater que, dans cet hémicycle où nous sommes censés faire la loi et la faire respecter,…

Nous sommes là aussi pour la modifier !

…des députés de La France insoumise expliquent que tout cela ne sert à rien, puisque dès l’instant où l’on sort du cadre de la loi, il est possible de l’enfreindre sans aucun problème ! Revenons plutôt au cœur de notre sujet et travaillons à l’organisation des prochains Jeux olympiques et paralympiques. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE et sur quelques bancs des groupes Dem et HOR.)

La parole est à M. le président de la commission des lois.

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #189

M. Léaument a tenté tout à l’heure de créer la confusion en mêlant ce qu’il appelle la répression du mouvement social à la possibilité d’infliger des amendes forfaitaires délictuelles ; puis, juste après, il a reconnu qu’il n’y avait pas eu d’AFD,…

C’est peut-être parce que je vous ai embêtés sur le sujet, justement !

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #191

…alors même que durant les débats sur la Lopmi – vous vous en souvenez certainement tous –, il nous a répété qu’une personne qui entraverait la circulation ou un jeune majeur qui bloquerait son lycée se verrait aussitôt recevoir une telle amende. Et aujourd’hui, face à l’absence d’AFD, tout ce qu’il trouve à me répondre, c’est : « On m’a dit que… » (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE.)

Voilà !

#193

(Les amendements nos 332 et 429, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Naïma Moutchou president · HOR #194

La parole est à Mme Sandra Regol, pour soutenir l’amendement no 330 rectifié.

Il s’agit d’un amendement de repli du repli, si je puis dire, visant à protéger au mieux la liberté de la presse, qui semble en ce moment faire les frais des politiques menées. Il tend à exclure les journalistes du champ des criblages administratifs, car le recours à cette procédure n’est pas justifié dans leur cas, d’autant qu’elle pourrait cibler des journalistes issus de pays où exercer ce métier représente un danger. Le fait que des enquêtes soient menées sur eux pourrait donc leur faire prendre un risque.La seule justification qui nous a été apportée en commission est que cette mesure répond à une demande du CIO. Toutefois, celui-ci n’a jamais demandé de modifier le droit commun : il a sollicité des dispositions temporaires, mais non définitives.

Eh oui !

Je le demande donc une nouvelle fois : pourquoi devons-nous légiférer sur des dispositions qui excèdent très largement le temps des Jeux olympiques, voire qui modifient le droit commun, alors que nous devrions parler premièrement de sport, deuxièmement de l’organisation de ces événements qui doivent constituer une fête, et troisièmement de la sécurité dans le cadre des Jeux ? On nous appelle sans cesse à modifier le droit commun ; ce n’est pas possible ! (Mme Lisa Belluco applaudit.)

Quel est l’avis de la commission ?

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #200

Je viens à l’instant d’évoquer la Coupe du monde de rugby de 2023, madame Regol. Avis défavorable.

Un peu plus de mépris encore !

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Avis défavorable également. Nous faisons évoluer le droit à l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques, considérant qu’il est normal, a fortiori dans un contexte géopolitique compliqué, de passer au criblage les participants aux compétitions. Or cette mesure est importante pour l’avenir de toutes les compétitions.

Ma question ne porte que sur les journalistes !

C’est la même logique pour les journalistes. Si nous forçons le trait, il suffirait de présenter une carte de presse factice pour passer au travers des criblages. Ce ne serait pas à la hauteur de l’exigence de sécurité qu’attendent de nous les Français dans l’organisation des Jeux et, plus largement, pour la tenue de nos compétitions sportives.

Les bras m’en tombent !

#207

(L’amendement no 330 rectifié n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt

Sur l’article 10, je suis saisie par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à Mme Sandra Regol, pour soutenir l’amendement no 569.

Il est proposé par mon excellent collègue Benjamin Lucas, qui est resté un peu plus longtemps que moi à la manifestation.

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #211

Grand bien lui fasse !

Les journalistes et les lanceurs d’alerte doivent être en mesure de documenter la phase de préparation des Jeux olympiques et paralympiques de 2024 à Paris. Lors d’autres Jeux, à Sotchi par exemple, leur travail a été essentiel, pour éclairer notamment sur les nombreuses dérives et atteintes à l’environnement. Ayons l’humilité de reconnaître que nous avons besoin aussi, chez nous, de gens à même de porter un regard extérieur et de dénoncer, par exemple, le fait que des travailleurs sans papiers sont employés sur les chantiers – nous en reparlerons ultérieurement –, soit ce que l’on a justement reproché au Qatar. Le travail que fournissent ces professionnels ne saurait être entravé ; la liberté de la presse ne se négocie pas. En outre, ils peuvent venir de pays dans lesquels la démocratie est bien moins vivante.

Donc, nous sommes bien en démocratie ?

Le pays des Lumières, le pays de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ne peut être celui où les droits de la presse régressent. (M. Antoine Léaument applaudit.)L’actualité révèle la grande acuité du sujet. Au côté de la population, nous avons manifesté notre colère contre le recours au 49.3 et contre le passage en force de la réforme des retraites. La mobilisation du 7 mars a été considérée comme historique, celle d’aujourd’hui bat de nouveaux records – il reste à savoir si tout le monde l’entendra. Or l’actualité nous montre que parfois, des agents de police sont obligés de porter atteinte à la liberté de la presse, parce qu’on leur en donne l’ordre.Tous ces éléments factuels et juridiques nous conduisent à vous demander davantage de transparence. Il faut donc permettre aux journalistes d’accéder aux lieux où se dérouleront les Jeux et de travailler.

Quel est l’avis de la commission ?

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #218

Défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Également défavorable. Je vous assure que cette mesure n’est rigoureusement pas tournée contre les journalistes. Bien au contraire : un vrai journaliste faisant son travail est absolument nécessaire, et il sera le bienvenu dans l’ensemble des compétitions sportives.

On est journaliste ou on ne l’est pas, il n’y a pas d’entre-deux !

La parole est à M. Antoine Léaument.

En quoi serait-il problématique de protéger les journalistes contre le criblage ? Comme M. Bernalicis l’a expliqué, nous craignons que certaines personnes soient ciblées pour leurs opinions politiques, parce qu’elles auraient participé à des manifestations – sachant que s’exerce actuellement une répression visant à inscrire au casier judiciaire de certains individus leur seule participation aux manifestations.Vous n’avez d’ailleurs toujours pas répondu à ma question concernant les amendes de 135 euros infligées à des jeunes manifestants, monsieur le président. Ce ne sont pas là des on-dit : des jeunes m’ont dit, dans une nasse, que la police comptait leur infliger des amendes.

Ce sont donc bien des on-dit !

Cela m’a été rapporté par les intéressés : je peux vous donner leur nom et leur numéro de téléphone, si vous voulez vérifier.Par ailleurs, je crains que cette disposition ne soit contraire à l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Puisque vous aimez m’entendre la citer, je n’y résiste pas : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. »

« Pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi » : c’est bien écrit !

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #229

Il oublie la fin de la phrase !

Si des bénévoles, ou plus encore des journalistes, ne troublent pas l’ordre public durant les Jeux olympiques, il n’y a pas de raison qu’ils fassent l’objet d’un criblage.

Nous parlons de vrais journalistes, avec de vraies cartes de presse !

Des journalistes peuvent avoir été inquiétés pour avoir mené des enquêtes dérangeantes. Nous voulons avant tout protéger la liberté de la presse.

La parole est à Mme la ministre.

Les mesures de criblage n’ont absolument rien à voir avec les opinions politiques des personnes. Le but est de construire une bulle de sécurité, à laquelle aucune profession n’a de raison de se soustraire, de manière à prévenir tout risque d’atteinte grave à la sécurité des personnes ou de nature terroriste.

#235

(L’amendement no 569 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Naïma Moutchou president · HOR #236

L’amendement no 745 de M. Guillaume Vuilletet, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, est défendu.Quel est l’avis du Gouvernement ?

Favorable.

La parole est à M. Ugo Bernalicis.

Je rappelle que le criblage peut permettre d’investiguer dans l’entourage d’une personne, sur sa famille ou sur ses connaissances notamment, pour savoir si elle est en lien avec des individus inscrits au fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) ou radicalisés, selon ce qu’en disent vos fichiers et selon les renseignements du ministère de l’intérieur. Certes, le criblage peut se limiter à une consultation du casier judiciaire, mais il peut aussi consister en des enquêtes administratives plus poussées. Manifestement, vous ne lui avez pas fixé de limite ; sinon, vous auriez proposé de le circonscrire à la consultation du casier judiciaire – mais, dès lors que certaines personnes viendront de l’étranger, cela ne peut pas vous suffire. Vous pourrez donc mener des enquêtes très intrusives. J’imagine que la dangerosité sera […]

#241

(L’amendement no 745 est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Naïma Moutchou president · HOR #242

Je mets aux voix l’article 10.

#243

(Il est procédé au scrutin.)

Naïma Moutchou president · HOR #244

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 65 Nombre de suffrages exprimés 63 Majorité absolue 32 Pour l’adoption 55 Contre 8

#245

(L’article 10, amendé, est adopté.)

Article 11

La parole est à M. Thomas Rudigoz.

Je salue notre rapporteur Guillaume Vuilletet, qui est malheureusement absent, mais qui suit nos débats. Je lui souhaite un prompt rétablissement, et je le remercie pour l’important travail qu’il a mené.L’article 11 tend à autoriser l’usage de scanners corporels à ondes millimétriques dans les enceintes sportives, récréatives ou culturelles. Cette mesure vise deux objectifs principaux : mieux gérer les flux, qui seront très abondants durant les Jeux olympiques, et éviter les goulets d’étranglement. Les scanners permettront aussi de détecter les objets dangereux de façon plus efficace qu’avec des simples palpations.Cet outil n’a rien d’inédit : il est déjà employé en France, en particulier dans les aéroports de Lyon-Saint-Exupéry, Paris-Charles de Gaulle, Orly, Nice et Toulouse. Un bilan très positif en a été dressé récemment, tant par les agents de sûreté qui travaillent dans les […]