Séance du 18 novembre 2025 /// n°57 /// 725 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Session ordinaire 2025 -2026

Séance du 18 novembre 2025 — 57e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

725prises de parole
115orateurs
35points à l'ordre du jour
22scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
3877 l'amendement de suppression n° 8 de M. Jean-Philippe Tanguy et les amendements identiques suivants à l'article liminaire du projet de loi de finances … 104 / 74 adopté
3878 l'amendement n° 119 de M. de Courson à l'article premier du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 (première lecture). 105 / 114 rejeté
3879 l'article premier du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 (première lecture). 141 / 80 adopté
3880 l'amendement n° 32 de M. Oberti à l'article 2 du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 (première lecture). 227 / 2 adopté
3881 l'article 2 du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 (première lecture). 232 / 0 adopté
3882 l'article 3 du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 (première lecture). 173 / 1 adopté
3883 l'amendement n° 17 (rect.) de Mme Duby-Muller et les amendements identiques suivants après l'article 3 du projet de loi de finances de fin de gestion … 104 / 116 rejeté
3884 l'amendement n° 19 de Mme Duby-Muller et les amendements identiques suivants après l'article 3 du projet de loi de finances de fin de gestion pour 202… 105 / 118 rejeté
3885 l'amendement n° 21 de Mme Duby-Muller et les amendements identiques suivants après l'article 3 du projet de loi de finances de fin de gestion pour 202… 183 / 40 adopté
3886 l'amendement n° 16 de Mme Duby-Muller et les amendements identiques suivants après l'article 3 du projet de loi de finances de fin de gestion pour 202… 89 / 97 rejeté
3887 l'amendement n° 18 de Mme Duby-Muller et les amendements identiques suivants après l'article 3 du projet de loi de finances de fin de gestion pour 202… 81 / 96 rejeté
3888 l'amendement n° 131 du Gouvernement à l'article 4 et Etat A du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 (première lecture). 90 / 0 adopté
3889 l'amendement n° 13 de M. Renault à l'article 4 et Etat A du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 (première lecture). 82 / 110 rejeté
3890 l'article 4 et Etat A du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 (première lecture). 91 / 11 adopté
3891 la première partie du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 (première lecture). 90 / 12 adopté
3892 l'amendement n° 67 de M. Le Coq à l'article 5 et Etat B du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 (première lecture). 67 / 69 rejeté
3893 l'amendement n° 103 de M. Jean-René Cazeneuve à l'article 5 et Etat B du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 (première lecture). 177 / 10 adopté
3894 l'amendement n° 129 de Mme Minard à l'article 5 et Etat B du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 (première lecture). 26 / 63 rejeté
3895 l'amendement n° 40 de Mme Diop et l'amendement identique suivant à l'article 5 et Etat B du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 (pre… 73 / 151 rejeté
3896 l'amendement n° 43 de M. Ben Cheikh à l'article 5 et Etat B du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 (première lecture). 94 / 122 rejeté
3897 l'amendement n° 6 de M. Renault à l'article 5 et Etat B du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 (première lecture). 78 / 135 rejeté
3898 l'amendement n° 74 de M. Le Coq à l'article 5 et Etat B du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 (première lecture). 66 / 65 adopté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 725 — page 1 / 4.

Yaël Braun-Pivet president · EPR #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à quinze heures.)

Libération de Camilo Castro et retour en France de Boualem Sansal

Avant d’appeler l’ordre du jour, j’aimerais que nous nous réjouissions de la libération de notre compatriote Camilo Castro. (Mmes et MM. les députés se lèvent et applaudissent. – Mmes et MM. les membres du gouvernement se lèvent également.)Cette bonne nouvelle s’ajoute à celle de la libération récente de Cécile Kohler et de Jacques Paris, ainsi qu’à celle de l’arrivée aujourd’hui de Boualem Sansal sur le sol national. (L’ensemble des députés, toujours debout, applaudissent vivement.)Je remercie chacun d’entre vous pour sa mobilisation constante.

Questions au gouvernement

Yaël Braun-Pivet president · EPR #11

L’ordre du jour appelle les questions au gouvernement.

Assassinat de Mehdi Kessaci

La parole est à M. Franck Allisio.

Monsieur le ministre de l’intérieur, jeudi dernier, un nouveau palier d’alerte a été franchi à Marseille, en pleine rue passante, en plein jour : un jeune homme de 20 ans, inconnu des services de police, a été abattu. Selon le procureur de Marseille, il s’agit probablement d’un assassinat d’avertissement, destiné à son frère Amine Kessaci, militant et responsable politique engagé contre les narcotrafiquants.

C’est honteux ! Récupération politique !

Ce mode opératoire rappelle celui des cartels sud-américains.

Vous n’avez pas honte de récupérer ça ?

Combien de morts faudra-t-il à Marseille pour que vous réagissiez véritablement, pour que vous ouvriez les yeux face aux cartels de la drogue et face à tous les fléaux qui frappent notre ville – l’insécurité, la pauvreté et l’islamisme.Il en va du narcoterrorisme comme du terrorisme islamiste : les bougies, les paroles et les réunions à l’Élysée ne suffisent plus ; les Marseillais attendent des actes depuis longtemps.Comment qualifier la responsabilité de vos prédécesseurs et de vos amis politiques qui, de 2017 à 2020, en pleine explosion du narcotrafic et des règlements de comptes, ont retiré des centaines de policiers nationaux à Marseille ? Comment qualifier les renoncements de vos amis politiques qui ont laissé notre ville s’effondrer à coups de « Marseille en grand » – qui se termine en Marseille en sang ?

Arrêtez avec vos délires qui n’ont rien à voir avec la réalité !

Face au chaos sécuritaire et migratoire, avec Marine Le Pen, voilà dix-huit mois que nous appelons à décréter l’état d’urgence à Marseille (Applaudissements sur les bancs du groupe RN) afin de permettre à nos policiers et magistrats de combattre enfin à armes égales les trafiquants de drogue et de remettre Marseille en ordre.

Quelle indécence !

Quand sera-t-il enfin en vigueur ?Je prends à témoin notre hémicycle : si Marseille tombe, la France tombera ; et Marseille est en train de tomber. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

La parole est à M. le ministre de l’intérieur.

Laurent Nunez ministre de l’intérieur #27

Vous avez raison de souligner que le crime de vendredi dernier est inédit. C’est un point de rupture, un point de bascule, un crime d’intimidation : la mafia marseillaise a voulu s’en prendre au frère d’un jeune qui combat le narcotrafic par les mots – par le verbe – et par l’action. C’est une étape supplémentaire qui a été franchie, évidemment.Mais, monsieur le député, je ne peux pas vous laisser dire que nous avons renoncé à toute action et que nous ne faisons que parler ; ce n’est pas vrai. À Marseille, vous le savez très bien puisque vous êtes un observateur de la vie marseillaise – et j’en ai été un acteur –, nous engageons des moyens colossaux pour lutter contre les trafics de stupéfiants.Si la mafia se permet désormais ce type d’action, c’est précisément parce que nous lui portons des coups très rudes. Je remercie d’ailleurs l’ensemble des forces de l’ordre qui s’engagent à […]

Livraison d’avions Rafale à l’Ukraine

La parole est à M. Laurent Marcangeli.

Madame la ministre des armées, ce lundi, nous avons appris la signature d’une lettre d’intention entre les chefs d’État français et ukrainien portant sur l’achat de cent avions Rafale et d’autres équipements de défense aérienne. Dès ce mardi, le Kremlin a accusé la France d’alimenter les sentiments militaristes et pro-guerre.Pendant que notre hémicycle travaille jour après jour à l’édification indispensable d’un budget pour la nation, les turbulences du conflit russo-ukrainien ne cessent de se rapprocher de nous : la Pologne, membre de l’Union européenne, est visée depuis plusieurs semaines par des survols de drones et des actes de sabotage inédits.Plus largement, tous les pays de l’est de l’Europe subissent des tentatives de déstabilisation et se préparent à un conflit majeur – j’ai pu le constater moi-même lors d’un déplacement ministériel en Estonie au mois de juin.La Russie attaque […]

La parole est à Mme la ministre des armées et des anciens combattants.

Catherine Vautrin ministre des armées et des anciens combattants · Les Républicains #42

Ce 18 novembre marque le 1 394e jour de guerre en Ukraine. Les menaces russes s’intensifient – elles sont de plus en plus nombreuses, les incursions également.Vous citiez votre voyage et les inquiétudes de certains pays de l’Union ; mentionnons également les travaux de l’Institut Montaigne, qui vient de publier une étude très intéressante sur les menaces pesant sur les pays baltes et sur la situation que nous vivons.Dès le premier jour, sous l’impulsion du président de la République et du premier ministre, alors ministre de la défense, notre pays s’est mobilisé pour débloquer des aides à l’Ukraine. Ces aides se sont traduites par la fourniture immédiate de matériels, mais aussi par des actions de formation, comme celle de la brigade Anne de Kiev.Notre mobilisation passe aussi par les initiatives prises par la France – la coalition des volontaires et tout le travail mené dans le cadre […]

COP30 à Belém

La parole est à M. Maxime Laisney.

Madame la ministre de la transition écologique, dix ans après les accords de Paris, la COP30 se tient au Brésil dans une indifférence coupable. Alors que les scientifiques affirment que l’objectif de limiter l’augmentation des températures à 1,5 degré n’est plus atteignable, l’ONG Oxfam, de son côté, révèle que les 308 premières fortunes du globe génèrent davantage d’émissions de gaz à effet de serre que 118 pays réunis. Pourtant, le bloc bancal s’évertue à protéger les milliardaires. C’est la première hypocrisie. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)N’en déplaise au président Macron, notre pays n’est pas sur la bonne voie : cette année, la baisse de nos émissions de gaz à effet de serre sera six fois inférieure à l’objectif fixé, et notre mix énergétique reste composé à 60 % d’énergies fossiles.Pourtant, vous emmenez Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, à la COP30 […]

La parole est à M. le ministre délégué chargé de la transition écologique.

Mathieu Lefèvre ministre délégué chargé de la transition écologique · EPR #58

Vous auriez pu ajouter une sixième hypocrisie : la vôtre ! Sous le quinquennat du président Macron, les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 20 %, contre 15 % au cours des vingt-cinq années précédentes. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur quelques bancs du groupe Dem.)

Comment pouvez-vous dire cela ?

Mathieu Lefèvre ministre délégué · EPR #60

Deuxième hypocrisie : si vous pensez qu’en jetant l’opprobre sur une grande entreprise nationale qui investit massivement dans le renouvelable, et sur l’ensemble de ses salariés, vous allez faire progresser la transition écologique, vous vous trompez lourdement. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Bravo !

Mathieu Lefèvre ministre délégué · EPR #63

Nous ne réussirons pas la transition écologique uniquement avec de l’argent public.

Mais sans le gouvernement, oui !

Mathieu Lefèvre ministre délégué · EPR #65

Dans les documents budgétaires qui vous ont été transmis, sur 115 milliards d’euros consacrés à la décarbonation en 2024, 15 milliards proviennent de financements publics, le reste de financements privés.

Il ne connaît rien à l’écologie !

Mathieu Lefèvre ministre délégué · EPR #67

C’est une forfaiture de prétendre que nous pourrons mener la transition écologique sans les entreprises de France. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR. – M. Philippe Vigier applaudit également.)Monsieur le député, vous n’êtes pas à la hauteur quand vous prétendez que l’Union européenne ne serait pas exemplaire en la matière. (Exclamations prolongées sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je tiens ici à saluer l’engagement de Mme Monique Barbut, grâce à laquelle l’Union européenne arrive unie à la COP pour soutenir l’objectif extrêmement ambitieux de 90 % de décarbonation d’ici à 2040.Au lieu de soutenir l’Union européenne et les efforts français, engagés sous la présidence de François Hollande, pour faire progresser le multilatéralisme environnemental, au lieu d’aider la France à adopter une posture constructive, à être forte à l’échelle internationale, vous vous ingéniez, monsieur […]

Menteur !

Du balai !

C’est zéro !

Mathieu Lefèvre ministre délégué · EPR #73

Au lieu de montrer une posture strictement politicienne, privilégions les effets du multilatéralisme et les postures constructives. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR. – M. Philippe Vigier applaudit également.)

La parole est à M. Maxime Laisney.

Continuez de soutenir le président des riches et de l’inaction climatique ! Nous, jeudi prochain, dans notre niche, nous défendrons un texte visant à abroger l’accord de libre-échange avec le Mercosur. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir.)

Congrès des maires

La parole est à M. Didier Le Gac.

Ma question s’adresse à Mme la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation. Le 107e congrès des maires a ouvert ses portes ce matin. Cet événement est l’occasion de montrer l’attachement de notre assemblée et celui de tout le pays à nos maires, élus préférés des Français.Ce sont nos maires qui font vivre la République et notre démocratie matin, midi et soir. Nous l’avons vu lors de la pandémie de covid-19, comme nous le voyons tous les jours face à des catastrophes climatiques ou à des drames humains.

Ça dépend où !

Ayant moi-même été maire, durant près de vingt ans, d’une commune de 2 000 habitants, je peux affirmer que c’est le plus beau, mais aussi le plus exigeant des mandats électoraux.Cependant, l’actuel mandat, commencé en 2020, aura été marqué par un nombre record et inédit de démissions d’élus municipaux, particulièrement éprouvés par la crise sanitaire ou par l’inflation des prix de l’énergie.C’est dans ce contexte que nous avons permis l’adoption, en première lecture, de la proposition de loi sur le statut de l’élu. Ce texte permettra, par des mesures concrètes, de simplifier et de sécuriser l’exercice du mandat de maire et – je l’espère – d’encourager les vocations. Je me réjouis que cette proposition de loi soit débattue en deuxième lecture les 8 et 9 décembre prochains.Madame la ministre, le gouvernement doit soutenir sans faille l’engagement de nos maires. C’est pourquoi, à l’heure […]

Et le Dilico ? Ce racket !

La parole est à Mme la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation.

Françoise Gatel ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation #88

Je vous remercie pour votre question car le congrès des maires nous donne l’occasion de rendre hommage et d’exprimer notre gratitude à ceux qui font tourner la France du quotidien.Je vous remercie également à titre personnel, ainsi que M. Delautrette (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC) et le président de la commission des lois, pour la qualité du travail que nous avons conduit sur le statut de l’élu. Je me réjouis que nous puissions enfin le conclure en décembre.Parallèlement à cette reconnaissance de l’engagement des élus et à la facilitation pour chacun d’être un élu et un citoyen engagé, vous évoquez la question des finances. L’ensemble des crédits de l’État à destination des collectivités s’élève à 104,5 milliards d’euros.Ensuite, monsieur le député, vous évoquez la DGF, qui est maintenue.

Qui est en baisse !

La DETR s’élèvera à 1 milliard d’euros.

C’est insuffisant !

Parlons du Dilico !

Les programmes Villages d’avenir et Petites villes de demain sont maintenus, le nombre de maisons France Services sera augmenté, mais aussi, comme l’a souhaité le premier ministre, le nombre de maisons France Santé, pour lesquelles l’État va s’engager de façon significative à hauteur de 50 000 euros par maison.

Personne n’y comprend plus rien, avec tous ces dispositifs !

Dans un contexte budgétaire difficile, voire douloureux pour nous tous, les collectivités sont préservées par notre volonté de redressement,…

Mensonges ! Et le Dilico ?

…puisqu’elles contribueront à une hauteur raisonnable. M. le premier ministre a eu l’occasion de rappeler l’augmentation du fonds de sauvegarde pour les départements, qui passera de 300 à 600 millions d’euros.

Assassinat de Mehdi Kessaci

La parole est à Mme Cyrielle Chatelain.

Jeudi dernier, Mehdi Kessaci a été abattu. Âgé de 20 ans, il était joyeux, généreux et voulait mettre sa vie au service des autres.

Visiblement, elle le connaissait.

Après avoir hésité à devenir infirmier, il a décidé de passer les concours d’entrée à l’école de police.Alors que les obsèques se tiennent en ce moment même, je tiens à rendre hommage à Mehdi et à apporter tout mon soutien à sa famille, à son grand frère Amine que nous connaissons bien, à ses parents, à ses frères et sœurs, à ses nièces et à tous ceux qui pleurent la vie d’un jeune homme qui manquera tant à Marseille. (Les députés de tous les bancs se lèvent pour applaudir. – Les membres du gouvernement se lèvent également.)Si la vie de Mehdi a ainsi pu être arrachée et volée à sa famille, c’est parce que Mehdi n’a pas été protégé, alors que l’État savait qu’Amine et sa famille étaient menacés. Depuis trop longtemps, les narcotrafiquants exploitent et tuent les plus fragiles, comme cet enfant de 12 ans, mineur isolé, grièvement blessé par balle dimanche à Grenoble.

La faute à qui ?

Désormais, ils tuent pour faire taire. Aucun crime d’intimidation ne doit jamais se reproduire, plus aucune famille qui se lève face au narcotrafic ne doit être laissée seule ; leur protection doit être à la hauteur du péril. La protection de la famille Kessaci, que vous avez annoncée, est indispensable.Je veux dire au grand frère de Mehdi : Amine, ton combat pour la mémoire des victimes du narcobanditisme, pour leurs familles, pour les habitants des quartiers populaires, fait l’honneur de la France. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs des groupes EPR, LFI-NFP, SOC et GDR. – MM. Gaëtan Dussausaye, Théo Bernhardt et Alexandre Dufosset applaudissent également.)Amine, tu te lèves, et nous nous levons avec toi, pour tous ces quartiers populaires victimes de la double peine : l’emprise toujours plus forte des narcotrafiquants et l’abandon coupable de l’État. […]

Et qu’est-ce que vous faites, vous ? Complices !

Je n’ai qu’une demande, la même que celle faite par Amine le 2 septembre 2021 à Emmanuel Macron : les plans faits depuis Paris étant inutiles, il faut construire un plan de lutte contre le narcotrafic avec les élus locaux, les associations et les familles de victimes. (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP, SOC et GDR ainsi que sur quelques bancs du groupe EPR.)

La parole est à M. le premier ministre.

Sébastien Lecornu premier ministre #116

Je tiens à mon tour à partager votre émotion, la colère, ainsi que la solidarité de l’ensemble de la nation avec cette famille endeuillée, qui a souffert de plusieurs deuils en luttant contre les addictions à la drogue d’une part, contre les narcotrafics d’autre part.Mon premier message est le plus simple : tout sera fait pour que la justice soit rendue. Sans entrer dans les détails, au nom de la séparation des pouvoirs et du secret de l’enquête, je peux vous dire que des moyens importants sont débloqués par la police judiciaire et par l’autorité judiciaire.La deuxième chose, c’est que nous sommes face à ce que M. le ministre de l’intérieur, reprenant les mots du procureur de la République de Marseille, a qualifié de meurtre d’avertissement, visant à propager la terreur chez les militants engagés, et au-delà même, chez celles et ceux qui servent l’autorité judiciaire ou s’investissent […]

Lutte contre le narcotrafic

La parole est à M. Laurent Lhardit.

Mehdi Kessaci a été assassiné par un commando, le 13 novembre, à Marseille. C’était le frère d’Amine Kessaci, militant engagé contre le narcotrafic. Mehdi avait 20 ans et préparait le concours de gardien de la paix. Depuis jeudi, Marseille est en deuil ; elle pleure un fils, un frère, un ami, un enfant de notre ville.Si Mehdi a été exécuté, c’est pour intimider son frère. Un nouveau seuil a donc été franchi dans l’ignominie de ces trafics.Permettez-moi de rendre hommage ici à Mehdi, à Amine, aux habitants, aux acteurs associatifs, à toutes ces mères qui tentent de protéger leurs enfants partout en France (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, EPR, DR, EcoS et Dem), avec pour seule arme leur volonté, leur colère et leur tristesse.La loi protège les témoins, mais quelles mesures concrètes votre gouvernement entend-il prendre pour assurer la sécurité des citoyens comme des élus […]

La parole est à M. le ministre de l’intérieur.

Laurent Nunez ministre de l’intérieur #135

Je ne reviendrai pas sur ce que disait à l’instant le premier ministre et sur ce que je répondais plus tôt au député Allisio.Vous avez raison de souligner que la mort de Mehdi Kessaci marque un point de bascule, une rupture. Nous engageons énormément de moyens pour lutter contre le trafic de stupéfiants, dans tout le territoire national et à Marseille en particulier, une ville qui a toujours été un laboratoire en la matière.En 2015, pendant le mandat de François Hollande, nous avons commencé à décloisonner la lutte contre le trafic de drogues, et nous n’avons de cesse de poursuivre cette lutte.Marseille restera toujours une priorité pour le gouvernement et pour le ministre de l’intérieur que je suis.Des moyens continueront d’y être alloués. Le poste de préfet de police n’y a pas été supprimé et son titulaire n’a pas changé. La lutte contre le trafic de stupéfiants sera maintenue à un […]

Ce n’était déjà pas le cas avant !

Laurent Nunez ministre #142

C’est une mesure salutaire, qui contraint énormément les trafiquants.Nous poursuivrons notre action avec beaucoup de détermination, pour obtenir de nouveaux résultats. Il faut continuer la lutte engagée depuis plusieurs années, avec la fermeté demandée par le président de la République.La famille Kessaci est protégée. De même, tous ceux qui seront menacés par les trafiquants bénéficieront, d’une façon ou d’une autre, de la protection de la République. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

Ne vous engagez pas trop, quand même !

Prix du carburant en Corse

La parole est à M. Paul-André Colombani.

J’aurai une pensée émue pour le docteur Xavier Emmanuelli, cofondateur de Médecins sans frontières et père du Samu social, qui nous a quittés ce dimanche. Il incarnait mieux que quiconque l’humanisme et le dévouement envers les plus fragiles. (Les députés de tous les groupes se lèvent et applaudissent.)Cela fait six ans que j’interpelle le ministère de l’économie et des finances sur la situation de monopole que connaît le marché des carburants en Corse. J’ai posé de multiples questions écrites et questions orales ; j’ai déposé des amendements et même une proposition de loi pour vous demander une chose simple : la régulation des prix.Je rappelle qu’elle est la règle dans les territoires ultramarins insulaires, où le décret Lurel a démontré son efficacité à réguler les prix, et ce, malgré des contraintes logistiques plus lourdes qu’en Corse.À chaque fois, la même justification m’a été […]

La parole est à M. le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat.

Serge Papin ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat #157

On peut se réjouir de la décision de l’Autorité de la concurrence : elle permettra une baisse des prix des carburants en brisant l’entente des opérateurs.Vous évoquez la situation des territoires d’outre-mer, mais la situation de la Corse ne peut pas s’y comparer.En Corse, le prix des carburants est plus élevé pour trois raisons : la géographie de l’île, qui implique des surcoûts, la saisonnalité des ventes et l’absence de stations-services attachées aux enseignes de moyennes et grandes surfaces. Il n’y a donc sans doute pas assez de concurrence.Je vous propose qu’on évalue la logistique et le transport de l’essence à l’éthanol E10, un carburant moins cher que le sans-plomb. En outre, je suis ouvert et à votre écoute, les services de la DGCCRF sont à votre écoute et attendent vos propositions – ils comptent sur vous pour identifier d’éventuelles barrières à l’entrée.En fonction de ces […]

Oh, le chantage…

Soutien aux entreprises

La parole est à M. Alexandre Loubet.

Quand une usine ferme, c’est un drame pour de nombreuses familles et un territoire entier. C’est notre souveraineté industrielle et technologique qui est menacée.Pour la deuxième année consécutive, notre pays a enregistré davantage de fermetures d’usines que d’ouvertures, car votre gouvernement organise la désindustrialisation de la France.En refusant de défendre les intérêts de la France en Europe, vous abandonnez les industries à la concurrence déloyale chinoise et aux tarifs douaniers américains.En refusant d’autoriser la préférence nationale dans la commande publique, vous subventionnez les importations avec l’argent du contribuable français.En refusant de créer un fonds souverain capable d’investir dans nos entreprises et de les soutenir, vous laissez l’épargne des Français financer l’économie américaine.En refusant de simplifier la vie de nos entreprises, vous laissez s’imposer […]

Vous n’en avez pas !

Dans le cadre de l’examen du budget, soutiendrez-vous une véritable baisse des impôts de production en supprimant la cotisation foncière des entreprises ? Le Rassemblement national le propose. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

La parole est à M. le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat.

Il faut répondre que le RN est toujours du côté des capitalistes !

Serge Papin ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat #178

Concernant la stratégie de défense contre l’envahissement de notre pays par les produits des plateformes, vous ne pouvez pas dire qu’on joue petit bras !

Vous n’arrivez pas à grand-chose !

Serge Papin ministre #180

C’est quand même important. À l’heure où je vous parle, la marketplace de Shein est suspendue et nous attendons la décision du parquet à son sujet le 26 novembre.Nous rencontrerons le 27 novembre nos homologues européens, à Paris, dans le cadre d’un partage d’expériences. Nous souhaitons fédérer toute l’Europe derrière nous et nous assurer de la mobilisation des États membres dans cette affaire.

Rendez-nous Véronique Louwagie !

Serge Papin ministre #183

En ce qui concerne la production en France, nous soutenons le programme made in France. (Protestations sur quelques bancs du groupe RN.)Après le salon du Made in France, l’exposition du Fabriqué en France s’est tenue au palais de l’Élysée et hier, à l’occasion du sommet Choose France, de nombreuses entreprises m’ont indiqué qu’elles étaient en capacité d’investir et qu’elles souhaitaient que la France se dote d’un budget concourant à sa stabilité. (« Et la CFE ? » sur les bancs du groupe RN.)

Plusieurs députés du groupe RN #185

Quelle est votre réponse ?

Ça rame !

Serge Papin ministre #187

C’est justement ce que le gouvernement veut faire : trouver un budget de stabilité, à partir d’un compromis. (M. Boris Vallaud applaudit. – Nouvelles exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Et la réponse à la question, alors ?

Colloque « L’Europe et la Palestine »

La parole est à M. Pierre-Yves Cadalen.

Monsieur le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, pensez-vous échapper au scandale ? Sous la pression d’une presse haineuse et obscurantiste, vous vous êtes réjoui d’avoir contribué à l’annulation d’un colloque au Collège de France.D’éminents chercheurs devaient y venir de partout pour discuter des liens entre la Palestine et l’Europe. La censure a pris pour prétexte des risques qui auraient pesé sur l’événement. Et alors ? La liberté ne s’annule pas, elle se garantit ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Marcellin Nadeau et Mme Dominique Voynet applaudissent aussi.)Le droit de discuter de la situation coloniale en Palestine existe, n’en déplaise à certains fanatiques ! Vous éteignez les Lumières que vous prétendez chérir ! Diderot écrivait : « La véritable liberté de penser tient l’esprit en garde contre les préjugés et la précipitation. »En […]

Plusieurs députés du groupe RN #197

Ils sont là ! (Les députés du groupe RN désignent les bancs situés à gauche de l’hémicycle.)

…pointaient du doigt les judéo-bolcheviks hier et ont toujours le même ennemi, la liberté ! N’en rien dire et n’en rien penser, c’est paver la voie à l’extrême droite !La communauté universitaire internationale est consternée. Ainsi, 120 chercheurs réunis au sein du collectif Jewish Voice for Peace vous ont écrit pour dénoncer cet abaissement (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) et 3 000 chercheurs ont signé une pétition pour demander votre démission.Je salue ceux qui ont permis que le colloque se tienne hors les murs, avec une audience exceptionnelle. Ils peuvent compter sur nous pour être d’authentiques républicains et défendre les libertés fondamentales. Vous, monsieur le ministre, vous avez failli à votre mission la plus élémentaire. Allez-vous tirer la seule conclusion qui s’impose et démissionner ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)

La parole est à M. le ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace.

Philippe Baptiste ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace #202

Ce que vous dites n’est pas vrai. Alerté par des chercheurs, des enseignants-chercheurs et des associations (« Minoritaires ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP), j’ai fait part à l’administrateur du Collège de France de ma préoccupation, notamment du risque de troubles à l’ordre public.L’administrateur a proposé que le colloque soit reporté ou qu’il se tienne à huis clos. C’est le refus de ces propositions qui a conduit à son annulation.

C’est de la censure !

Vous voulez peut-être aussi une université à huis clos ?

Maintenir ou non ce colloque relevait de la responsabilité exclusive du Collège de France.

La dernière fois que l’État a censuré, c’était au XIXe siècle !

En l’espèce, les troubles à l’ordre public étaient réels et sérieux. Des tags avaient été découverts dès le 3 novembre, qui mentionnaient le nom de deux professeurs du Collège de France, notamment celui de l’organisateur.D’autres tags, plus violents et plus nombreux, ont été découverts le 14 novembre.

Vous annulez un colloque à cause de tags ?

La décision qui a été prise est celle d’une institution responsable et autonome, dans le respect de la loi et des valeurs républicaines.Ma position sur les libertés académiques…

…est à géométrie variable !

…est claire et n’a jamais varié : défendre la liberté académique, c’est défendre un débat libre, respectueux et pluriel. Les chercheurs et enseignants-chercheurs qui m’avaient alerté s’en étaient d’ailleurs inquiétés.J’ai défendu les libertés académiques en recevant John Tolan, universitaire spécialiste de l’islam, alors qu’il était violemment attaqué. (« Quel rapport ? » sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Vous voulez qu’on vous applaudisse ? Vous préférez une médaille, peut-être ?

Je les ai aussi défendues quand j’ai soutenu l’initiative d’accueil des chercheurs menacés dans leur pays et la plateforme Choose France for science. Je les défends encore lorsque je prévois, la semaine dernière, d’accorder 2 millions d’euros de plus au programme Pause.Je suis fondamentalement attaché aux libertés académiques – je suis moi-même chercheur – et, comme ministre, j’en suis garant. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

La parole est à M. Pierre-Yves Cadalen.

Les tags dont vous parlez visaient l’organisateur du colloque. Vous auriez dû le protéger et non interdire son initiative. Vous fuyez vos responsabilités et vous devez démissionner. Vous êtes à l’image de ce gouvernement, qui doit être censuré… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent ce dernier.)

Collectivités territoriales et décentralisation

La parole est à Mme Blandine Brocard.

Nous parlons de déconcentration, de décentralisation et de partage des compétences depuis des décennies, mais nous n’allons jamais au bout de la logique. Nos concitoyens attendent de la lisibilité, et nos élus, de la simplicité ; nous devons clarifier qui fait quoi, qui paie quoi, qui est responsable de quoi. Au groupe Les Démocrates, nous souhaitons que le nouvel acte de décentralisation et de déconcentration que prépare le gouvernement détermine enfin l’articulation entre le législateur, d’un côté, qui fixe un cadre protecteur des principes et de droits, et les élus locaux, de l’autre, qui doivent disposer d’un pouvoir réglementaire plus opérationnel, eux qui connaissent le mieux leur territoire ainsi que les besoins et les attentes de leurs habitants.Si nous voulons que nos territoires et nos élus innovent, expérimentent, mutualisent leurs idées et leurs moyens à l’échelle de leurs […]

La parole est à Mme la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation.

Françoise Gatel ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation #227

Je suis sincèrement très heureuse que vous me posiez cette question cette semaine, au moment où se tient le congrès des maires…

C’est fou ça, quelle incroyable coïncidence ! (Sourires.)

Je me réjouis également que son contenu reprenne celui du courrier adressé par le premier ministre, dès sa prise de fonction, à l’ensemble des maires de France pour saluer leur engagement et leur exprimer sa volonté de faciliter l’exécution de l’action publique.

Il sait de quoi il parle !

Comment faire ?

Rendez l’argent !

Vous avez donné la recette, en quelque sorte : il faut faciliter et permettre au lieu d’interdire et d’obliger. Je prendrai l’exemple de l’application de la loi « littoral » à Ouessant. Nous sommes tous d’accord pour protéger le littoral, mais la loi ne doit pas contrevenir à la possibilité, laissée à un agriculteur de l’île, d’y installer une étable, surtout au moment où la municipalité veut y favoriser le circuit court, sans quoi nous serions face à un léger problème. Il nous faut donc simplifier, alléger, et préciser qui fait quoi. La liberté d’agir va de pair avec la responsabilité. L’acte de décentralisation promis par le premier ministre, nous le construirons avec l’ensemble des acteurs : les élus municipaux, départementaux, régionaux, et aussi avec vous, les parlementaires, si vous en êtes d’accord. Nous disposons d’une pléthore de rapports à ce sujet. Nous savons ce que nous […]

Recettes de TVA

La parole est à M. Éric Michoux.

Ma question s’adresse à M. le premier ministre, sous tutelle des socialistes. (Rires sur quelques bancs des groupes UDR et RN.)Où est passé le grisbi ?

Dans les poches de Mme Le Pen !

Il manquerait 10 milliards d’euros de recettes de TVA, soit le coût du porte-avions Charles de Gaulle, ajouté à celui du Stade de France et de quatre-vingts Airbus A321. À ce niveau, ce n’est plus une simple erreur de comptabilité, c’est de l’incompétence, de l’incohérence, de la bêtise ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR.)

En tout cas, on sait où trouver 4 millions d’euros !

À vous en croire, tout serait la faute des petits colis chinois ! En réalité, vous refusez de regarder la vérité en face. Vous détenez le triste record des faillites d’entreprises – 66 000 en 2024 –, mais aussi celui de l’augmentation de la dette publique en sept ans – 1 400 milliards ! – ainsi que celui des fraudes – au point qu’on ne plus les chiffrer ! Nos entreprises s’effondrent, étranglées par les normes – elles sont 400 000 – et leur chiffre d’affaires est en berne.Le vrai problème est celui du recul du consentement à l’impôt du peuple de France. Autrement dit, les Français ne veulent plus payer d’impôt, tout comme les entreprises qui non seulement ne veulent plus, mais ne le peuvent plus ; elles ne gagnent plus rien ! Le brillant économiste Arthur Laffer tenait un propos qu’il faudra rappeler à vos associés de gauche et d’extrême gauche : « Trop d’impôt tue l’impôt » ! (« Ah ! » […]

Ce député a un faux air de Milei ! (Rires sur quelques bancs du groupe GDR.)

La TVA est l’impôt qui rapporte le plus, mais il en manque quand même 10 milliards ! Les comptes ne sont pas bons. Quelles mesures concrètes prendrez-vous pour retrouver ces recettes de TVA ? Quand cesserez-vous vos délires fiscaux, de concert avec vos complices de gauche et d’extrême gauche ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

La parole est à M. le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat. (Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR. – Brouhaha.)

Serge Papin ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat #247

Je ne peux pas vous laisser tenir de tels propos sur notre économie, alors que la France est le pays européen qui a la meilleure croissance ! (Nouvelles exclamations.) C’est un fait : on devrait finir l’année avec une croissance en hausse de 0,7, voire 0,8 % ! (Exclamations prolongées. – « Wahou ! » sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Elle doit vraiment être très faible ailleurs !

Serge Papin ministre #249

Nous avons par exemple le double de la croissance de l’Allemagne… (« Et en Italie ? Et en Espagne ? » sur les bancs du groupe DR. – Les exclamations se prolongent.)Vous avez parlé de 10 milliards de recettes de TVA en moins. C’est faux. Dès le mois de juillet, nous avons annoncé que le produit de la TVA serait inférieur de 5 milliards à celui que nous avions anticipé. (« Ah, ce n’est pas grave, alors ! » sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.)

Une paille !

Serge Papin ministre #252

La direction générale des finances publiques conduit actuellement une enquête à ce sujet. Figurez-vous que ces moindres recettes de TVA s’expliquent. (« Ah ! » sur plusieurs bancs du groupe RN.) Il ne vous aura sans doute pas échappé que la consommation est en baisse. Quelle en est la raison ?

Il y a peut-être un petit problème de pouvoir d’achat !

Serge Papin ministre #254

Le taux d’épargne n’a jamais été aussi élevé ; il atteint 20 % ! (Exclamations prolongées sur les bancs des groupes RN et UDR. – Brouhaha.) Comment l’expliquer ?

Un député du groupe RN #255

Parce que vous êtes au pouvoir !

Serge Papin ministre #256

Parce que les gens attendent une plus grande stabilité pour pouvoir consommer en toute quiétude. Si seulement nous étions capables de leur offrir cette stabilité, nous connaîtrions de nouveau la croissance, et nous n’aurions pas ce problème de moindre produit de la TVA. Le problème, c’est que vous inquiétez les Français ! (Rires et exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Directive sur la taxation de l’énergie

La parole est à M. Jean-Louis Roumégas.

Dix ans après les accords de Paris, l’avenir climatique n’a jamais été aussi sombre. Alors que Donald Trump présente le changement climatique comme la plus grande arnaque jamais menée, la COP30 se tient à Belém. Face à la désertion américaine, le président Macron voudrait incarner le leadership climatique. Depuis le Brésil, il invite la planète entière à imiter l’Europe qui tiendrait, elle, ses engagements en matière de sortie des énergies fossiles.Ironie du sort, au même moment, les États européens renégocient la directive sur la taxation de l’énergie. Or le compromis sur la table des institutions européennes prévoit de maintenir les exonérations fiscales sur les carburants de l’aviation, du transport maritime et de la pêche. Et que fait le gouvernement français ? Il soutient ce compromis, au motif qu’un petit pas vaudrait mieux que rien du tout. Il déroule le tapis rouge aux lobbys […]

La parole est à M. le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat. (Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Décidément, c’est sa journée !

C’est un one man show !

Serge Papin ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat #265

Je vous prie d’excuser l’absence du ministre de l’économie Roland Lescure, en déplacement à Berlin avec le président de la République.La directive sur la taxation de l’énergie par les accises est…

M. François Hollande #267

On prononce « akcises » !

Serge Papin ministre #268

…en cours de révision. Nous avons regretté le renoncement à un régime de taxation des carburants visant les transports aériens, maritimes et commerciaux à l’intérieur de l’Union européenne ; nous nous attacherons désormais à soutenir un dispositif visant à mieux harmoniser les taxes nationales sur les billets d’avion. Néanmoins, le projet de compromis européen a évolué dans la bonne direction et rejeter ce texte en raison de ce qu’il ne contient pas constituerait un recul écologique.

Que contient-il ?

Serge Papin ministre #270

Si nous étions les seuls à appliquer une taxation du carburant pour les services aériens intérieurs, nous compromettrions la compétitivité et l’activité des compagnies aériennes françaises.

Vous connaissez le train ?

Serge Papin ministre #272

Ces compagnies sont particulièrement fragiles. Une telle mesure aurait des conséquences sur la connectivité des aéroports, du hub de Paris et de tous les autres, ainsi que sur l’emploi direct et indirect, l’économie et l’attractivité des territoires.

N’avez-vous pas honte ?

Plan de licenciement de Suntory

La parole est à Mme Soumya Bourouaha.

Ma question s’adresse au ministre de l’économie...Dans ma circonscription, à La Courneuve, le groupe Suntory, propriétaire d’Orangina, vient d’annoncer brutalement la fermeture d’un site pourtant rentable, puisque le groupe a réalisé 128 millions d’euros de bénéfice en France en 2024 – mais ce n’est pas suffisant pour ses actionnaires, qui en voudraient 200 millions. Cette décision va détruire un tissu industriel local déjà fragilisé. Ce plan de licenciement, d’une violence sociale inacceptable, supprime plus de 100 emplois ou les transfère dans une usine du Loiret, loin des familles et des repères. Les salariés sont présents en tribune, je leur apporte tout mon soutien. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et EcoS ainsi que sur plusieurs bancs du groupe SOC.)Ce cas n’est toutefois pas isolé. Le baromètre industriel de l’État dénombre quatre-vingt-deux fermetures d’usines au […]

Wall Street english ! (Sourires.)

À ce stade, on ne peut plus parler de naïveté de votre part, mais d’une impuissance coupable. Comment l’État accompagnera-t-il les salariés d’Orangina face à ce plan de sauvegarde de l’emploi brutal ? Plus largement, comptez-vous enfin imposer des limites aux logiques de voracité qui sacrifient l’emploi et l’industrie ? (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice. – Les députés du groupe GDR ainsi que quelques députés du groupe SOC applaudissent cette dernière.)

La parole est à M. le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.) Sous les acclamations !

C’est le gouvernement Papin !

Serge Papin ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat #284

Je vous prie d’excuser le ministre Sébastien Martin, retenu au Sénat.

Ce n’est pas une bonne excuse !

Serge Papin ministre #286

Je comprends votre inquiétude. Le gouvernement est très attentif à l’évolution de la situation sur le site de La Courneuve de Suntory France. Un mouvement de grève a eu lieu le 13 novembre et pourrait se renouveler ponctuellement. Il entend répondre au projet de réorganisation de l’activité industrielle de Suntory, qui souhaite transférer d’ici à la fin de l’année 2026 ses unités de production du site de La Courneuve vers celui de Donnery, dans le Loiret.

Avec au passage 150 licenciements !

Serge Papin ministre #288

L’État veillera à ce que les mesures d’accompagnement, de reclassement et de reconversion des salariés soient à la hauteur des engagements pris par Suntory. Par ailleurs, un processus de recherche de repreneurs a été lancé, que nous suivrons très attentivement. Soyez assurée, madame la députée, de la pleine mobilisation de l’État dans ce dossier.

On est vachement rassurés !

Festival international de la bande dessinée d’Angoulême

La parole est à Mme Caroline Colombier.

Madame la ministre de la culture, imaginez-vous Cannes sans son festival ? Dunkerque sans son carnaval ? Le Sud-Ouest sans ses ferias ? La Charente devra-t-elle imaginer un monde sans le Festival de la bande dessinée à Angoulême ? (« Ah ! » sur quelques bancs du groupe EcoS.) Telle est la question que se posent le monde de la BD, les passionnés, les acteurs culturels et économiques de mon département et, plus globalement, les Charentais.

Vous n’êtes jamais présente au Festival !

Une crise majeure couve depuis plusieurs années entre l’association du Festival et la société organisatrice 9e Art+, fortement critiquée pour son opacité – la chambre régionale des comptes avait pointé, en 2021, des pratiques douteuses et onéreuses dont témoignent aussi les éditeurs, les dessinateurs et les professionnels du secteur. Cette crise menace l’existence même du Festival qui, au-delà d’être un rendez-vous culturel incontournable, constitue un levier économique vital pour la Charente. Une annulation de l’édition 2026 serait une catastrophe dans un contexte économique fragile pour le département, déjà frappé par la crise du Cognac.

Il faudrait peut-être prendre en compte les accusations de viol !

Pourtant, jamais le Festival de la bande dessinée n’a été aussi populaire, accueillant 6 000 professionnels du monde entier et enregistrant plus de 200 000 entrées en moins d’une semaine. L’État, qui verse chaque année au Festival des subventions importantes, doit reprendre la main.

Les femmes comptent ! La lutte contre les VSS est une priorité !

Hier, l’agglomération, le département et la région ont annoncé un changement de structure. Ces annonces vont dans le bon sens mais ne lèvent ni les inquiétudes des auteurs ni les menaces de boycott. La transparence, les droits des créateurs et les conditions d’accueil sont au cœur des tensions.Madame la ministre, êtes-vous prête à agir pour éviter que le Festival de la BD d’Angoulême ne se transforme, sous nos yeux, en naufrage et afin qu’il demeure un fleuron de notre patrimoine culturel et un moteur économique pour la Charente ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

La parole est à Mme la ministre de la culture.

Rachida Dati ministre de la culture #301

Madame la députée, vous m’avez saisie directement à ce sujet. Le Festival de la bande dessinée d’Angoulême est un événement international incontournable, pour tous les passionnés de la BD et bien au-delà. C’est aussi, vous avez raison de le rappeler, un levier d’attractivité et de croissance. Le ministère de la culture a toujours soutenu ce festival, matériellement et financièrement. L’édition 2026 est fortement critiquée en raison du choix, fait par les organisateurs et les responsables du Festival, d’une association fortement mise en cause pour des problèmes de transparence financière et de transparence dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS. – Mme Fatiha Keloua Hachi et M. Erwan Balanant applaudissent également.)

Ah, tout de même !

Les écologistes vont appeler à voter Dati à la mairie de Paris !

Rachida Dati ministre #304

J’ai décidé deux choses : d’abord de réduire de plus de 60 % la subvention accordée à cette association ; ensuite de faire en sorte qu’une autre association organise ce festival à compter de 2028.

Le RN se fout des victimes !

Rachida Dati ministre #306

Cependant, évitons que ce festival ne devienne un naufrage cette année. Le président de l’association a accepté de se mettre en retrait de l’organisation pour éviter d’entraver l’édition 2026. Nous avons appelé les auteurs, les éditeurs et les passionnés de BD à être au rendez-vous de cette édition, que nous surveillerons. Les auteurs d’une pétition appelant au boycott seront reçus au ministère de la culture. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.)

Politique du logement

Je suis heureuse de souhaiter en votre nom à tous la bienvenue à Nicolas Tryzna, devenu le 13 novembre député de la 7e circonscription du Val-de-Marne, en remplacement de M. Vincent Jeanbrun. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR et sur quelques bancs des groupes Dem et LIOT.)La parole est à M. Nicolas Tryzna.

Ma question s’adresse au ministre de la ville et du logement. (« Ah ! » et sourires sur plusieurs bancs des groupes DR. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)

Quel hasard ! Plus c’est gros, plus ça passe !

Monsieur le ministre, dans votre entretien donné ce week-end au Journal du dimanche, vous avez présenté plusieurs orientations destinées à relancer une politique du logement aujourd’hui paralysée. La production de logements neufs chute et les attributions ne permettent pas de satisfaire le grand nombre de demandeurs. Vos annonces en vue de faciliter l’expulsion des locataires délinquants, relancer l’accès à la propriété ou rénover le bâti ancien répondent à une urgence face à laquelle les professionnels du secteur nous alertent.

La séparation des pouvoirs vit bien !

Les élus locaux cherchent des solutions aux besoins de leur population. Ils connaissent les détresses des familles et devraient être les piliers de la politique du logement. Celle-ci doit se piloter au plus près du terrain, avec comme seul objectif une véritable mixité sociale, cœur de la cohésion de la société. Les maires sont aujourd’hui trop souvent impuissants, aussi bien en ce qui concerne la politique de peuplement de leur ville qu’en matière de lutte contre la délinquance. Dans une banlieue comme la mienne – comme la nôtre –, l’immense majorité des locataires honore son loyer, respecte les parties communes et le voisinage. J’ai été témoin de la détresse de ces habitants qui ne demandent qu’une chose : que nous trouvions enfin des solutions pour rétablir la tranquillité à laquelle ils ont droit.Au sein du groupe Droite républicaine, avec Laurent Wauquiez, nous sommes très attachés […]

Il a raison !

Et baisser la RLS !

Le logement est un enjeu majeur du quotidien de nos concitoyens. Au-delà des difficultés de pouvoir d’achat, il conditionne la construction d’une vie de famille et d’une carrière professionnelle. Quelles mesures avez-vous l’intention de prendre pour redonner aux élus locaux les moyens d’agir pour construire, rénover et assurer la tranquillité publique dans nos communes ? (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)

La parole est à M. le ministre de la ville et du logement.

Faites semblant d’être surpris de la question !

Vincent Jeanbrun ministre de la ville et du logement · DR #321

Vous soulevez une question essentielle : celle des moyens des maires pour agir face à la terrible crise du logement. Vous m’interrogez sur leur capacité à peser dans les attributions de logements sociaux et à faire en sorte que leurs concitoyens vivent dans des quartiers sûrs.

Vous faites les questions et les réponses, maintenant ?

Vincent Jeanbrun ministre · DR #323

Je veux vous rassurer : c’est bien la volonté du gouvernement que de permettre à chaque Français de trouver un logement conforme à ses attentes, de donner aux maires les moyens de peser dans les attributions et de faire en sorte que tous les Français vivent dans des quartiers sûrs, mixtes et rénovés. (M. Inaki Echaniz s’exclame.)J’étais ce matin au congrès des maires et nous le constatons trop souvent : nombre de projets de production ou de rénovation de logements – qu’ils soient sociaux ou privés – se trouvent bloqués par des complexités administratives redoutables. C’est pourquoi nous pousserons les feux pour produire un véritable choc de simplification. (« Ah ! » sur plusieurs bancs du groupe SOC.) Permettez-moi de rêver à un Notre-Dame du logement, à des Jeux olympiques de la construction – ils seraient bienvenus dans notre pays !

C’est du blabla !

Vincent Jeanbrun ministre · DR #326

Personne ne connaît mieux que le maire l’équilibre subtil nécessaire pour conserver une mixité harmonieuse dans les quartiers. C’est la raison pour laquelle, avec le premier ministre, nous souhaitons que la politique du logement et de l’habitat se décide au plus près des élus locaux ; nous souhaitons faire en sorte que les maires aient un véritable pouvoir d’attribution dans les logements sociaux. C’est la clé et c’est ce qu’attendent les élus.

C’est du clientélisme, juste avant les élections municipales !

Vincent Jeanbrun ministre · DR #328

Enfin, pour ce qui est de la sécurité et de la tranquillité, vous avez raison de rappeler que les 5 à 6 millions de Français qui vivent dans les quartiers respectent les règles, les lois et font honneur à la République. Nous devons les protéger contre les quelques-uns qui pourrissent leur vie et mettent en péril leur sécurité. Nous nous battrons pour cela ! (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Les députés du groupe DR applaudissent ce dernier.)

Dotations aux collectivités locales

La parole est à M. Stéphane Delautrette.

Monsieur le premier ministre, entendez-vous l’appel de nos 35 000 maires à plus de liberté, alors que s’ouvre leur 107e congrès ? Sans doute, puisque vous avez annoncé vouloir engager un nouvel acte de décentralisation pour, selon vous, clarifier la répartition des compétences entre les collectivités territoriales et leur octroyer davantage de liberté. Mais de quelles libertés parlez-vous quand vous prévoyez, dans le même temps, une nouvelle cure d’austérité pour les collectivités ? (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes SOC, EcoS et GDR.)Avec une nouvelle ponction de plus de 7 milliards d’euros dans leurs financements, votre projet de budget va à rebours des ambitions affichées. Vous le savez, ce sont les Françaises et les Français qui paieront chaque jour ces coupes budgétaires, avec moins de services publics de proximité, moins d’investissements pour les collectivités […]

La parole est à Mme la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation.