Séance du 22 octobre 2024 /// n°10 /// 762 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Session ordinaire 2024-2025

Séance du 22 octobre 2024 — 10e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

762prises de parole
120orateurs
33points à l'ordre du jour
7scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
6 l'amendement n° 109 de M. Sitzenstuhl et les amendements identiques suivants à l'article liminaire du projet de loi de finances pour 2025 (première le… 144 / 107 adopté
7 l'amendement n° 2085 de M. Lefèvre et l'amendement identique suivant à l'article liminaire du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 71 / 124 rejeté
8 l'amendement n° 2086 de M. Lefèvre et l'amendement identique suivant à l'article liminaire du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 111 / 132 rejeté
9 l'article liminaire du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 162 / 116 adopté
10 l'amendement n° 1762 de M. Le Coq et l'amendement identique suivant à l'article 2 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 77 / 106 rejeté
11 l'amendement n° 464 de M. Maurel et les amendements identiques suivants à l'article 2 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 76 / 106 rejeté
12 l'article 2 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 104 / 3 adopté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 762 — page 1 / 4.

Yaël Braun-Pivet president · EPR #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à quinze heures.)

Remplacement des députés nommés membres du Gouvernement

J’informe l’Assemblée nationale qu’à compter de ce jour Mme Anne Genetet, M. Jean-Noël Barrot, Mme Agnès Pannier-Runacher, M. Antoine Armand, Mme Geneviève Darrieussecq, M. Paul Christophe, Mmes Valérie Létard, Annie Genevard, Astrid Panosyan-Bouvet, MM. Patrick Hetzel, Guillaume Kasbarian, Benjamin Haddad, Mme Maud Bregeon, M. Alexandre Portier, Mme Olga Givernet, M. Marc Ferracci, Mmes Marie-Agnès Poussier-Winsback et Marina Ferrari, nommés membres du Gouvernement, ont été remplacés respectivement par M. Remi Provendier, Mmes Anne Bergantz, Pauline Levasseur, Danièle Carteron, MM. Fabien Lainé, Pierre Marle, Salvatore Castiglione, Éric Liégeon, Mmes Emmanuelle Hoffman, Eliane Kremer, Isabelle Mesnard, Joséphine Missoffe, M. Christophe Mongardien, Mmes Pascale Bay, Sophie Delorme, Marie-Ange Rousselot et MM. David Guerin et Didier Padey, élus en même temps qu’eux à cet effet.En notre […]

Questions au Gouvernement

Yaël Braun-Pivet president · EPR #10

L’ordre du jour appelle les questions au Gouvernement.

Effectifs de police à Marseille

La parole est à M. Franck Allisio.

Dans un rapport rendu public hier par la Cour des comptes, nous apprenons que Marseille, deuxième ville de France, « aux enjeux sécuritaires hors norme », comme l’indiquent les magistrats, compte moins de policiers aujourd’hui qu’en 2016, à la veille de l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron.Pire, les magistrats précisent que « Le différentiel entre entrées et sorties au sein des effectifs marseillais fait apparaître une nette dégradation du nombre de policiers affectés à Marseille entre 2016 et 2020, toutes filières confondues », période durant laquelle le Premier ministre s’appelait Édouard Philippe et le ministre de l’intérieur Christophe Castaner.

Qu’est-il devenu ?

Et, bien sûr, le président était déjà Emmanuel Macron.Alors que, depuis sept ans, le président et les siens proclament à longueur de visites leur attachement à Marseille, ces révélations résonnent comme une forfaiture, une trahison, un mensonge d’État pour les Marseillais et les Provençaux. Ceux-ci, comme tous les Français, ont plus que jamais besoin d’ordre et d’autorité. Avec ma collègue Gisèle Lelouis nous avions proposé, il y a plusieurs mois, un plan Marseille en ordre, autrement plus concret et efficace que le plan Marseille en grand – je le tiens à votre disposition.Les Marseillais et les Provençaux n’attendent plus des paroles mais des actes. Alors, monsieur le ministre de l’intérieur, agissez ! Maintenant ! (M. Sébastien Delogu s’exclame.) Agissez en mémoire de Socayna Jean, étudiante de 24 ans, tuée d’une balle perdue alors qu’elle révisait ses examens dans sa chambre. […]

La parole est à M. le ministre de l’intérieur.

Bruno Retailleau ministre de l’intérieur #20

Nous avons reçu il y a quelques heures le rapport de la Cour des comptes que vous évoquez et nous allons l’expertiser, chiffre après chiffre : nous en tirerons les leçons.Vous avez raison, les Marseillais, comme les Français,…

Ce sont les mêmes !

…souhaitent que l’ordre républicain règne.Il y a quelques heures, je me suis entretenu avec les trois policiers qui ont été blessés il y a quelques jours à La Castellane. À chaque fois qu’un gendarme ou qu’un policier est blessé, je le contacte pour m’assurer que les soins sont prodigués et attester de notre soutien.

Très bien !

S’agissant des chiffres, permettez-moi de rappeler qu’à partir de septembre 2022, trois compagnies de CRS ont été affectées à Marseille, afin de renforcer le dispositif de sécurité. Ensuite, à la fin de l’année 2023, une compagnie de CRS de nouvelle génération, la CRS 81, qui repose sur le modèle de la CRS 8, de notoriété publique, a été déployée. Nouvelle génération, parce que ces compagnies sont très affûtées face aux violences urbaines et aux actions de haute intensité.

Oui, mais les CRS ne font pas d’investigation !

Autrement dit, nous avons engagé dans un premier temps des renforts à hauteur de 180 policiers, auxquels il convient d’ajouter désormais la CRS 81.J’ai également décidé, lorsque les différentes promotions sortiront des écoles de police, d’affecter soixante-quinze jeunes gardiens de la paix supplémentaires.

Ce n’est pas ce qu’il faut !

Certes, la question des effectifs est importante. Toutefois, elle ne suffira pas à régler le problème du narcobanditisme. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.) Permettez-moi, à cet égard, de saluer les policiers marseillais qui ont conduit le patron du clan Yoda en prison.Avec mon collègue ministre de la justice, je me rendrai prochainement à Marseille. Nous devons faire de la lutte – de la guerre, même, oserai-je dire –, contre le narcotrafic et le narcobanditisme une cause nationale, comme cela a été fait il y a dix ans en matière de terrorisme. Ne doutez pas un seul instant de notre détermination. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)

Très bien !

Dotation aux collectivités à la suite des inondations

La parole est à M. Hervé Saulignac.

Monsieur le Premier ministre, nous avons eu très peur ! L’épisode cévenol qui a touché notre pays en fin de semaine dernière a été très violent, en particulier chez moi, en Ardèche, où les dégâts sont considérables et les populations traumatisées.Heureusement, cette catastrophe n’a fait aucune victime et je veux remercier ici les sapeurs-pompiers qui ont été en tous points remarquables dans leur travail. (Applaudissements sur tous les bancs.) Je remercie également les ministres Agnès Pannier-Runacher et Nicolas Daragon qui se sont rendus sur place.J’associe à ma question Mme Sophie Pantel, députée de la Lozère, et Pierrick Courbon, député de la Loire, sans oublier les autres départements touchés. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)Nous venons de subir la colère de la nature. On ne peut pas subir la foudre du Gouvernement qui menace de s’abattre sur les budgets de nos […]

Quelle formule !

Des ponts, des routes, des murs devront être réparés, autant de biens qui ne sont pas assurables. Or il se trouve que le budget pour l’année 2025 ne prévoit que 40 millions d’euros pour la dotation de solidarité en faveur des collectivités victimes d’événements climatiques. Nous sommes très loin du compte !

Elle est en baisse !

On espère surtout ne pas en avoir besoin !

Aussi, les communes devront-elles se tourner vers leur département, leur région ou leur métropole. Malheureusement, vous avez l’intention de prélever 3 milliards sur les recettes de ces collectivités, ce qui représente, pour le seul département de l’Ardèche, 8 millions d’euros – somme qui ne couvrira même pas les dégâts de la commune d’Annonay !Quant au fonds Vert, vous envisagez de l’amputer de 1,5 milliard, alors qu’il est censé servir la transition écologique.Vous savez, comme moi, que ces mesures d’économies aveugles sont injustes. En Ardèche, 70 % des communes comptent moins de 1 000 habitants et ne pourront pas régler seules la facture.Monsieur le Premier ministre, vous dirigez le Gouvernement d’un pays très endetté. Cependant, nos villages n’y sont pas pour grand-chose, d’autant que la dette de l’ensemble des collectivités ne représente que 7 % de la dette publique. […]

La parole est à Mme la ministre du partenariat avec les territoires et de la décentralisation.

Catherine Vautrin ministre du partenariat avec les territoires et de la décentralisation · Les Républicains #49

Permettez-moi, pour commencer, de m’associer à vos propos en faveur des sapeurs-pompiers, propos que j’élargirai à la protection civile, aux agents des collectivités et de l’État, comme à tous les élus et à tous les bénévoles qui ont fait preuve de solidarité dans les départements que vous avez cités, à savoir l’Ardèche, la Loire et la Lozère. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes SOC et DR.)

Et la Haute-Loire !

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #51

Vous avez raison : les événements climatiques se succèdent semaine après semaine – il faut le souligner. Et chaque semaine, malheureusement, de nouveaux départements et de nouveaux territoires sont concernés. C’est dire si, lorsque M. le Premier ministre évoquait la dette écologique dans son discours de politique générale, il s’emparait de ce sujet des dérèglements climatiques, qui nous touchent régulièrement. Tel est le premier élément qui nécessite toute notre mobilisation.Le deuxième point que je souhaite évoquer concerne les dégâts, qui sont importants. Vous l’avez souligné, certains relèvent des assurances, d’autres pas. S’agissant des premiers, une demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle a été engagée par Agnès Pannier-Runacher dès vendredi dernier et nous devrons obtenir des réponses assurantielles. En ce qui concerne les biens qui ne sont pas assurés, l’État […]

La parole est à M. Hervé Saulignac.

Je vous attendais rassurante, madame la ministre ; je vous trouve préoccupante. Soyez à la hauteur de vos responsabilités ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

Adaptation du modèle de sécurité civile face aux intempéries

La parole est à M. Didier Lemaire.

Les récentes catastrophes climatiques, d’une intensité et d’une fréquence sans précédent, en particulier les épisodes de pluies extrêmes, soulèvent de profondes inquiétudes quant à nos capacités à faire face aux défis environnementaux. Les inondations soudaines qui ont résulté de ces pluies diluviennes ont causé des dégâts considérables dans plusieurs régions, mettant en péril la sécurité de nos concitoyens et fragilisant notre économie locale. Au nom du groupe Horizons & indépendants, je tiens à apporter notre soutien à l’ensemble des sinistrés.Face à cette situation alarmante, il est impératif d’accélérer notre préparation afin d’atténuer les effets de ces événements, comme le soulignait déjà le rapport d’information sur nos capacités d’anticipation et d’adaptation de notre modèle de protection et de sécurité civiles, dont j’ai eu l’honneur d’être l’auteur lors de la précédente […]

La parole est à M. le ministre de l’intérieur.

Bruno Retailleau ministre de l’intérieur #64

Je sais que cette cause vous est chère, parce que vous êtes un ancien sapeur-pompier professionnel. Je voudrais, moi aussi, saluer le travail extraordinaire des sapeurs-pompiers, qu’ils soient professionnels ou volontaires. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN, EPR, DR, Dem, HOR, LIOT et UDR, ainsi que sur quelques bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.)Vous avez raison, il faut se préparer, parce que le réchauffement climatique induira des épisodes de plus en plus violents et de plus en plus récurrents.Le modèle français est caractérisé par la mixité des statuts des intervenants – bénévoles, volontaires, professionnels, civils, militaires –, la territorialisation et la complémentarité des moyens, nationaux et territoriaux, en particulier départementaux. Je tiens à préserver ce modèle qui peut être menacé, par exemple, par la directive Travail. Les sapeurs-pompiers […]

Au moins, il est clair !

Le Gouvernement prendra plusieurs décisions : premièrement, il renforcera les capacités des Sdis avec 45 millions d’euros et notre flotte d’hélicoptères sera renouvelée. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe DR.) Deuxièmement, une quatrième unité d’instruction et d’intervention de la sécurité civile sera créée, ce qui intéressera les élus autour de Libourne. Je relancerai aussi les rencontres du Beauvau de la sécurité civile pour mobiliser tous les acteurs, comme vous le demandez.

Très bonne initiative !

Les quatre chantiers reprendront dès le mois de novembre – c’est pour moi un impératif. Enfin, outre son importance pour le service public de la sécurité civile, notre attachement à ce modèle se justifie par une deuxième raison, plus symbolique mais tout aussi importante : la citoyenneté. En effet, tous ceux qui concourent à la sécurité civile, qu’ils soient civils ou militaires, volontaires ou non, œuvrent au service du civisme et de la citoyenneté française. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR et sur quelques bancs du groupe HOR.)

Violences envers les élus

La parole est à M. Alexandre Allegret-Pilot.

Quand les sauvageons avancent, c’est la démocratie qui recule. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Les violences envers les élus explosent, tout comme celles envers nos concitoyens, dont l’intégrité physique et morale est en jeu. Nouvellement député, j’en ai fait les frais ce dimanche : dans les Cévennes, une quarantaine de militants d’extrême gauche m’ont agressé, menaçant ma sécurité et m’empêchant d’accomplir ma mission de parlementaire (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP). Ils refusent le verdict des urnes et ils entravent la démocratie.À leurs yeux, mon appartenance à l’UDR, groupe soutenu par le Rassemblement national, légitimerait violences et outrages (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP). Je fais désormais partie des représentants du peuple dont « on veut violer la mère et l’envoyer à l’hôpital ». (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Hanane […]

Un député du groupe LFI #76

Bolloré !

Quand dissoudrez-vous les groupuscules d’extrême gauche et quand neutraliserez-vous réellement tous ces individus qui menacent la vie de la cité, souvent avec l’argent du contribuable ? (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.) À chaque élu intimidé ou agressé, le pronostic vital de la France est engagé. (Mêmes mouvements.) Agissons sans trembler.

La parole est à M. le ministre de l’intérieur.

Ce sont les questions au Gouvernement, pas les questions à M. Retailleau !

Bruno Retailleau ministre de l’intérieur #80

Aucune violence n’est légitime. Quels que soient l’étiquette partisane et le niveau de la représentation –– élus locaux, sénateurs, députés –, aucun acte de ce type n’est justifiable. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je me suis tenu informé de ce qui s’est passé dimanche dans les Cévennes. Les gendarmes ont agi très vite pour vous exfiltrer. Nous avons interpellé la personne présumée à l’origine de ces violences : un homme de 34 ans, de nationalité française, bien connu malheureusement des services de police. J’espère qu’il sera sévèrement sanctionné. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)Les choses doivent être très claires : nous ne devons rien laisser passer. (Applaudissements sur les bancs des groupes DR, RN et UDR.) La violence est une des causes de la grande vague de démission des élus locaux, des maires et des adjoints, que nous connaissons.

C’est vrai !

Nous ne devons rien lâcher – je ne lâcherai rien ! (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Des permanences parlementaires ont été dégradées et des insultes ont été proférées vis-à-vis d’un député.

Un député du groupe LFI-NFP #84

D’extrême droite !

Là encore, j’ai demandé aux préfets et aux services de l’ordre d’être intraitables. Nous devons appliquer la loi relative à la sécurité des élus locaux adoptée en mars.

Un député du groupe EPR #86

Excellent !

Cette loi prévoit des sanctions aggravées, l’octroi automatique de la protection fonctionnelle, ainsi que la mobilisation conjointe des procureurs et des préfets. Nous disposons de la plateforme d’harmonisation, d’analyse, de recoupement et d’orientation des signalements. J’ai demandé que le signalement soit systématique. La violence envers les élus est en réalité une double violence : physique mais aussi symbolique. S’en prendre à un élu de la République, c’est s’en prendre à elle. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Applaudissements sur les bancs des groupes DR, RN, HOR et UDR et sur quelques bancs du groupe EPR.)

La parole est à M. Alexandre Allegret-Pilot.

Tant que des groupuscules pourront émettre des OQTF envers les élus, nous ne serons pas en sécurité. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

Inondations

La parole est à M. Arnaud Bonnet.

Je remercie vivement les personnels de l’Assemblée nationale pour leur professionnalisme toujours bienveillant, leur diligence, leur dévouement au travail et au bien-être collectif. Il a ainsi été fourni, à l’attention des députés qui n’auraient pas bien compris, des panneaux explicatifs intitulés « conséquences de la dépression Kirk », les intempéries liées à cette dépression ayant entraîné dans la soirée du 9 octobre le reflux d’une canalisation municipale à proximité de l’Assemblée nationale.

Il faut habiter Paris ! (Sourires)

Un député du groupe DR #94

Ce n’est pas le sujet !

Mais ce qui m’importe dans cette intervention, c’est la vie de nos concitoyens et concitoyennes touchés dans leur quotidien par les inondations, que ce soit dans les Cévennes cette semaine ou dans notre Venise briarde en Seine-et-Marne – elle a subi quatre inondations cette année. Merci à la solidarité qui fait battre le cœur de nos territoires et à nos fonctionnaires – territoriaux, météorologiques, amputés de moyens humains, policiers et militaires –, d’être toujours présents. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)J’emprunterai ici les mots de Serge Zaka, docteur en agroclimatologie, qui, je l’espère, ne m’en voudra pas : « Coup de gueule face à la désinformation ».

Je ne comprends rien à sa question.

Oui, les épisodes pluvieux qui anéantissent nos récoltes et provoquent des destructions sont largement accentués par la hausse des températures.

Un député du groupe Dem #99

Quelle est la question ?

« Il n’y a pas plus révélateur que la carte de la trajectoire du cyclone Kirk couplée à celle des anomalies de la température de la mer : Kirk a puisé son énergie dans une mer surchauffée redéversant par la suite toute cette humidité sur la France…

Qu’est-ce qu’il raconte ?

…Le changement climatique en France n’est pas une sécheresse interminable. C’est une accentuation du cycle de l’eau dans les deux sens. Les périodes humides seront plus humides et les périodes sèches beaucoup plus sèches. La simplification de nos paysages a accéléré la course de l’eau qui a alors moins de temps pour s’infiltrer dans nos sols. » (Exclamations sur divers bancs.)Je vois que le sujet ne vous intéresse pas. (Exclamations sur les bancs du groupe DR. – « On n’a rien compris » sur divers bancs.)

La parole est à Mme la ministre de la transition écologique, de l’énergie, du climat et de la prévention des risques.

Agnès Pannier-Runacher ministre de la transition écologique, de l’énergie, du climat et de la prévention des risques · EPR #105

Vous plantez bien le décor. (Sourires sur divers bancs. – Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)

Sa question est une œuvre d’art contemporain !

Agnès Pannier-Runacher ministre · EPR #107

La dépression Kirk est la conséquence du dérèglement climatique qui engendre des phénomènes climatiques extrêmes appelés à se répéter. C’est d’ailleurs dans cet esprit que le Premier ministre place au même niveau la dette écologique et la dette financière, ce qui montre le caractère prioritaire pour le Gouvernement des politiques de lutte contre le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité, et d’adaptation au changement climatique. Pour les mener à bien, nous devons d’abord planifier.

Plusieurs députés des groupes EcoS et LFI-NFP #108

Ah !

Agnès Pannier-Runacher ministre · EPR #109

Nous poursuivons la planification écologique,…

Poursuivre ?

Agnès Pannier-Runacher ministre · EPR #111

…lancée il y a deux ans,…

Un député du groupe EPR #112

Très bien !

Agnès Pannier-Runacher ministre · EPR #113

…par le lancement de la consultation du plan national d’adaptation au changement climatique et de la concertation préalable du public sur les troisièmes éditions de la programmation pluriannuelle de l’énergie et de la stratégie nationale bas-carbone. Par cette planification, l’État stratège oriente l’action des collectivités locales, des entreprises, des associations, ainsi que des habitants et des habitantes.Les financements constituent le deuxième pilier de cette politique. Outre la mobilisation des financements budgétaires, les collectivités locales réorientent l’ensemble de leur investissement pour construire mieux, développer les mobilités vertes et rénover thermiquement leurs bâtiments.

C’est faux ! Et le fonds Vert pour les collectivités ?

Il faut soutenir les classes moyennes en leur donnant accès à MaPrimeRénov’ !

Agnès Pannier-Runacher ministre · EPR #117

Ces mesures contribuent aussi à la lutte contre le dérèglement climatique, tout comme celles des entreprises – nous les mobiliserons – et les financements européens. Nous serons au rendez-vous.

Crèches

La parole est à M. Laurent Panifous.

Chacun s’accorde sur le caractère parfois insupportable ou inacceptable de l’accompagnement proposé aux plus fragiles d’entre nous. Mais les scandales se succèdent et les choses ne changent finalement pas ou si peu. Aujourd’hui, je ne parlerai pas du grand âge, mais de l’autre extrémité de la vie : l’accueil de nos enfants en crèches. Il n’est pas si surprenant d’y rencontrer les mêmes carences, les mêmes dérives. Comme en miroir des Ehpad, nos crèches sont en grande difficulté.Plusieurs enquêtes, relatives en particulier à des crèches privées lucratives, ont été publiées récemment. Si nous condamnons fermement ces agissements inacceptables, mon propos est plus large. Au-delà de l’émoi légitime lié à ces affaires, c’est tout le secteur de la petite enfance qui est en crise aujourd’hui : difficultés de recrutement, du secteur de la formation, conditions de travail difficiles, salaires […]

La parole est à M. le ministre des solidarités, de l’autonomie et de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Paul Christophe ministre des solidarités, de l’autonomie et de l’égalité entre les femmes et les hommes · HOR #125

Oui, les crèches doivent être des lieux d’accueil bienveillants et sécurisants pour nos enfants, et des lieux où il fait bon travailler. C’est tout l’enjeu d’ailleurs du déploiement à l’horizon 2025 du service public de la petite enfance, qui préoccupe particulièrement ma collègue Agnès Canayer. Ce déploiement s’opère en proximité avec les collectivités, en particulier les communes et les intercommunalités, si elles assument cette compétence. Le Sppe vise à adapter l’offre aux besoins et à faciliter l’accès aux services. Le mode de garde constitue le premier frein périphérique à l’emploi. La réforme du complément du libre choix du mode de garde qui entrera en vigueur en septembre 2025 portera une attention particulière à la situation des familles monoparentales, notamment en proposant une garde jusqu’à l’âge de 12 ans.

Les familles monoparentales ! Ce serait bien de le faire aussi pour les autres familles !

Paul Christophe ministre · HOR #127

Mais, vous avez raison, il est nécessaire de s’assurer de la qualité de l’accueil. Nous proposerons d’ici à la fin de l’année un référentiel qualité, de portée nationale, afin de repérer les signaux faibles et d’appuyer une politique de contrôle annuel à destination de tous les établissements. Ce référentiel mobilisera les services de l’État et des départements ainsi que les CAF.

Il ne faut pas oublier les PMI !

Paul Christophe ministre · HOR #129

Il s’appuiera également sur une évaluation tous les cinq ans dont les résultats seront rendus publics.Votre question porte aussi sur les métiers. Nous avons la responsabilité de proposer des solutions concrètes pour améliorer l’attractivité des métiers. Je salue d’ailleurs le travail mené, en collaboration avec la CAF, par le comité de filière petite enfance qui prévoit notamment des revalorisations dans le cadre du dispositif bonus attractivité. Nous les poursuivrons en 2025. Enfin, une campagne de communication visant à revaloriser les métiers et à susciter des vocations démarrera en fin d’année. Comme pour susciter des vocations, il faut aussi en dire du bien, je salue toutes celles et tous ceux – plus particulièrement celles car elles sont bien plus nombreuses – qui œuvrent au quotidien auprès des enfants pour leur apporter la bienveillance et l’attention qu’ils méritent. […]

Situation au Proche-Orient

La parole est à M. Thomas Portes.

Nos yeux ne savent plus où se tourner. Vers le Liban, où les crimes de guerre israéliens se multiplient ? Vers la Cisjordanie, où l’on peut mourir en allant cueillir des olives ? Vers Gaza, où le génocide continue ? Depuis seize jours, la ville de Jabalia est assiégée par l’armée israélienne ; 400 000 personnes y sont privées d’eau, de nourriture et d’accès aux soins. Les écoles sont bombardées, les hôpitaux incendiés, des corps calcinés et déchiquetés jonchent les rues. Une odeur de mort règne sur le nord de Gaza. L’enfer déclenché à Jabalia s’inscrit dans une stratégie génocidaire du gouvernement israélien. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. François Cormier-Bouligeon s’exclame.)Qui peut encore croire à la fable d’une guerre défensive menée par Israël contre le Hamas ou le Hezbollah ? L’assassinat de leurs chefs n’a pas arrêté Netanyahou ni sa folie […]

N’importe quoi !

Ce n’est pas une guerre, c’est un génocide ! Le peuple français vous le crie depuis des mois. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Plutôt que de s’attaquer à la rapporteure spéciale de l’ONU, Francesca Albanese, dont je salue le travail, la France doit proposer des actes concrets pour mettre le gouvernement israélien et son armée hors d’état de nuire. L’histoire vous jugera, monsieur le Premier ministre, et personne ne pourra dire : je ne savais pas. Quelles actions concrètes allez-vous prendre pour faire cesser le génocide en cours à Gaza ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)

La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.

Jean-Noël Barrot ministre de l’Europe et des affaires étrangères · Dem #139

Vous avez évoqué la mort de Yahya Sinouar, dont je rappelle qu’il fut l’architecte du pire massacre antisémite de notre histoire depuis la Shoah.

Un député du groupe EPR #140

Ils portent son deuil !

Jean-Noël Barrot ministre · Dem #141

La France, à cet instant, a une pensée pour les 1 200 victimes civiles – dont quarante-huit de nos compatriotes – de cet attentat terroriste odieux et pour les otages encore retenus en captivité – dont deux de nos compatriotes Ofer Kalderon et Ohad Yahalomi. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN, EPR, SOC, DR, Dem, HOR, LIOT et UDR, ainsi que sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

C’était tellement dur de le dire ?

Jean-Noël Barrot ministre · Dem #143

Vous interpellez M. le Premier ministre et vous mettez en doute la voix de la France dans cette région. La France se situe et se situera toujours dans un seul camp, celui du droit international et de la justice. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Partout et toujours, nous condamnons les violations du droit international : à Gaza par Israël, en Israël par le Hamas et par le Hezbollah, au Liban par Israël,…

Un député du groupe LFI-NFP #144

Et en Cisjordanie ?

Mais vous laissez faire !

Jean-Noël Barrot ministre · Dem #146

…en Irak et en Syrie par les bourreaux des Yézidis, en Afghanistan par les Talibans, au Soudan par les forces armées, en Arménie par l’Azerbaïdjan et en Ukraine par la Russie. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur quelques bancs des groupes EPR et HOR.) Nous n’avons qu’un seul message, celui du droit international et de la justice. Ce n’est pas un hasard si c’est la France qui, comme l’an dernier pour Gaza, organisera la première ce jeudi une conférence internationale de soutien à la population libanaise. Le Liban a besoin de la France et la France ne lui fera pas défaut. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur quelques bancs des groupes EPR et HOR.)

La parole est à M. Thomas Portes.

Quarante-deux mille Palestiniens assassinés : cessez les conférences, décrétez un embargo sur les armes, reconnaissez l’État de Palestine, prenez des décisions concrètes ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Quelques députés des groupes EcoS et GDR applaudissent également.)

Précarité étudiante

La parole est à M. Emmanuel Grégoire.

« J’ai faim », « je dors dans ma voiture », « je suis épuisé », « je suis seul » : voilà les mots de notre jeunesse. Le rapport de l’association Cop1, publié la semaine dernière, est sans appel : un étudiant sur deux affirme avoir déjà sauté un repas par manque d’argent ; 68,5 % vivent sous le seuil de pauvreté ; une étudiante sur quatre n’a pas les moyens de s’acheter des protections périodiques. L’explosion du nombre de distributions alimentaires à destination des étudiants met en lumière l’inaction du Gouvernement, qui oblige les associations de lutte contre la précarité à se substituer à l’État.Monsieur le Premier ministre, quel projet avez-vous pour notre jeunesse ? Est-ce le projet d’une privatisation accélérée, non contrôlée et onéreuse de l’enseignement supérieur ? Est-ce celui d’un ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche au rabais, dont le budget a déjà baissé […]

C’est scandaleux ! C’est nous qui avons inventé le repas à un euro par jour !

Vous avez fait de la santé mentale la grande cause nationale pour 2025. Pierre Mendès France disait que « la gravité d’une question se mesure à la façon dont elle affecte la jeunesse ». Quatre étudiants sur dix présentent aujourd’hui des symptômes dépressifs. Parler de la jeunesse, c’est parler non seulement de nos enfants mais de la nation tout entière. La jeunesse souffre et gronde, allez-vous y rester sourd ? (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, LFI-NUPES, EcoS et GDR. – Mmes Béatrice Bellay et Dieynaba Diop d’une part, M. Erwan Balanant d’autre part s’apostrophent vivement.)

La caricature n’a jamais aidé les étudiants !

La parole est à M. le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Patrick Hetzel ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche · DR #158

Vous m’interrogez sur une question importante – celle de la précarité étudiante et des difficultés rencontrées par certains étudiants pour se nourrir correctement – que l’ensemble de mon ministère et moi-même suivons évidemment avec la plus grande attention. S’agissant de la restauration, nous poursuivons l’offre du repas à 1 euro pour les étudiants boursiers et en situation de fragilité. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe SOC. – Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes DR et UDR.) En 2023, 22 millions de repas étaient servis pour les plus fragiles et les crédits affectés à cette mesure seront consolidés. L’effort se poursuit également dans l’application de la loi Levi du 13 avril 2023 visant à favoriser l’accès de tous les étudiants à une offre de restauration à tarif modéré à proximité de leur lieu d’études. Un travail est également engagé sur les zones blanches sans […]

Pas à La Réunion !

Patrick Hetzel ministre · DR #161

Nous avons étudié avec l’ensemble du réseau les moyens de poursuivre et de consolider ces actions. Nous échangeons aussi avec ma collègue Valérie Létard pour que la situation globale du logement soit améliorée.

Bla bla bla !

Patrick Hetzel ministre · DR #163

Enfin, nous travaillons évidemment aussi avec les collectivités territoriales sur cette question. Soyez assurés que le bien-être et l’amélioration des conditions de vie de nos étudiants sont au cœur des préoccupations de notre gouvernement et de mon ministère (M. Louis Boyard s’exclame vivement) : les 3,2 milliards d’euros qui y sont consacrés en 2024 seront consolidés en 2025. S’agissant du budget des établissements, le travail est engagé. Vous devriez noter qu’en période de difficultés budgétaires, l’ensemble du budget… (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur, dont le temps de parole est écoulé. – Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)

Situation au Liban

La parole est à Mme Amélia Lakrafi.

Depuis un mois, les Français du Liban que je représente expriment leur profonde inquiétude, tout comme l’ensemble des Libanais, face à la situation de guerre qu’ils vivent. Depuis le 8 octobre 2023 et sans discontinuer, le Hezbollah, en soutien au groupe terroriste du Hamas, a décidé d’envoyer massivement des roquettes vers Israël, et c’est tout le Liban qui subit les frappes israéliennes. Des attaques, prétendument ciblées, violent sa souveraineté et frappent durement la population civile, y compris femmes et enfants, depuis le Sud jusqu’à Beyrouth et même au-delà. La Finul, qui compte 700 militaires français, n’est pas elle-même à l’abri de tirs directs.Je tiens à rendre hommage à l’engagement sans faille de notre ambassade et de notre consulat à Beyrouth, du centre de crise et de soutien du ministère des affaires étrangères, ainsi que du ministère des armées. (Applaudissements sur […]

La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.

Jean-Noël Barrot ministre de l’Europe et des affaires étrangères · Dem #170

Je veux à mon tour vous rendre hommage et vous remercier, vous et votre suppléant, de porter secours au Liban à nos ressortissants déboussolés et d’y incarner la voix de la France. (Applaudissements prolongés sur les bancs des groupes EPR et DR, ainsi que sur quelques bancs des groupes Dem, HOR et LIOT.) Je vous remercie d’avoir rendu hommage aux agents du ministère de l’Europe et des affaires étrangères qui, dans des conditions parfois extrêmement difficiles, s’acquittent de leurs missions avec un engagement et un dévouement qui forcent notre admiration.Le Liban, pays qui vous est cher et qui est cher à la France, est aujourd’hui plongé dans le chaos d’une guerre dont la responsabilité première incombe au Hezbollah qui a choisi délibérément, dès le lendemain du 7 octobre 2023, de faire pleuvoir le feu de ses roquettes sur le nord d’Israël – une guerre dans laquelle Israël doit […]

Ce n’est pas le cas !

Jean-Noël Barrot ministre · Dem #173

C’est dans ce contexte que nous organisons jeudi une conférence internationale de soutien au Liban, ouverte par le Président de la République et à laquelle les soixante-dix pays et quinze organisations internationales que nous avons conviés ont répondu présent.

Bla bla bla !

Jean-Noël Barrot ministre · Dem #175

Elle sera l’occasion d’avancer dans trois domaines : le champ diplomatique, avec le cessez-le-feu immédiat suivi de l’application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, seule susceptible de garantir à la fois la souveraineté du Liban et la sécurité d’Israël ; le domaine humanitaire, avec l’objectif de recueillir l’aide la plus importante pour répondre aux besoins urgents de la population libanaise ; le domaine institutionnel pour que le Liban puisse dès demain reprendre la maîtrise de son destin. J’appelle tous les acteurs – collectivités, entreprises – qui souhaitent aider le Liban à prendre attache avec le centre de crise et de soutien de mon ministère, pour nous faire part de leur volonté d’agir. Nous les accompagnerons sur cette voie. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, DR et Dem.)

Situation en Guyane

La parole est à M. Jean-Victor Castor.

Il y a soixante-deux ans, le député Justin Catayée faisait ici même une déclaration, après avoir publié SOS ici Guyane, et informait alors ses collègues qu’il s’exprimait certainement pour la dernière fois dans cette assemblée. Le 22 juin 1962, son avion s’écrasait – bizarrement – à Deshaies, en Guadeloupe, avec à son bord d’autres militants et dirigeants politiques de la Guadeloupe et de la Martinique. C’était un militant et un député, qui se battait pour l’évolution statutaire – pour l’autonomie – de la Guyane. Il s’appuyait sur le discours du général de Gaulle, pour lequel il était normal qu’un territoire aussi lointain puisse être dirigé localement.Monsieur le Premier ministre, lors d’un échange dans les couloirs de l’Assemblée nationale, vous m’avez dit que vous étiez allé à Camopi, à la frontière avec le Brésil. Dans cette commune autochtone, le maire ne peut même pas disposer de […]

La parole est à M. le ministre des outre-mer.

François-Noël Buffet ministre des outre-mer #182

Je salue votre passion, qui traduit votre engagement au service de votre territoire. Je le rappelle, le Gouvernement n’est pas fermé aux évolutions institutionnelles de nos territoires ultramarins. Toutefois, il convient d’insister sur la méthode : nous souhaitons le dialogue et la consultation la plus large possible des acteurs des différents territoires, singulièrement de la Guyane. Bien sûr, cela n’empêchera pas de traiter les urgences.Nous sommes disposés à ouvrir avec vous une discussion au sujet de l’autonomie, d’autant que les élus guyanais ont délibéré à plusieurs reprises en ce sens. L’ensemble des parlementaires et des élus guyanais seront prochainement reçus au ministère des outre-mer pour y travailler ; nous en prenons l’engagement.Néanmoins, toute évolution institutionnelle doit avoir pour préalable la volonté de s’engager dans un dialogue profond. La modification […]

Cela fait six mois qu’on l’attend !

Vous avez raison, cela fait longtemps, mais nous n’y sommes pour rien.

Cela fait même soixante-deux ans !

Il sera remis sans tarder. Nous pourrons alors, en tenant compte de ce rapport, engager avec vous une discussion quant à l’avenir de la Guyane et des autres territoires ultramarins.

Entreprises israéliennes au salon Euronaval

La parole est à M. Laurent Jacobelli.

Tel-Aviv a annoncé vouloir agir en justice contre les autorités françaises après l’annonce du boycott des entreprises israéliennes au salon Euronaval. Elles seront finalement autorisées à y participer, à condition – tenez-vous bien – qu’elles n’exposent pas d’armes utilisées pour les opérations de défense d’Israël à Gaza ou au Liban. Cela n’a aucun sens. C’est d’autant plus scandaleux que ce salon accueillera à bras ouverts la Turquie, soupçonnée de fournir des armes à l’Azerbaïdjan, ou encore la Chine, qui menace très clairement la souveraineté de Taïwan.

Israël fournit des armes à l’Azerbaïdjan !

Ce « deux poids, deux mesures » ahurissant s’inscrit dans la continuité des revirements, des trahisons et des démissions d’Emmanuel Macron envers l’État hébreu ces derniers mois. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Tout a commencé avec son refus de défiler à la marche contre l’antisémitisme. Vinrent ensuite le boycott des entreprises israéliennes au salon Eurosatory, l’appel à l’embargo sur les armes, les propos irrationnels sur les origines d’Israël, enfin le silence assourdissant du Président de la République après la mort d’un des planificateurs des massacres du 7 octobre.

Là, vous ne réagissez pas ! (Mme Mathilde Panot se tourne vers les bancs du groupe EPR.) Vous n’avez rien à dire ? C’est incroyable !

Ma question est simple. Qui a pris la décision du boycott et qui dirige réellement la diplomatie française ? Est-ce Emmanuel Macron qui milite pour empêcher Israël de se défendre contre ceux qui veulent sa destruction, du Hamas au Hezbollah en passant par les Houthis et l’Iran ? Est-ce vous-même, monsieur le Premier ministre, et les membres de votre gouvernement, bien discrets sur le sujet ? Ou est-ce l’influence d’une extrême gauche antisémite et violente (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR. – Vives protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP), qui fait un ennemi d’une démocratie comme Israël lorsqu’elle se défend…

C’est un génocide !

Vous vous êtes sentis visés ?

…et qui qualifie de résistants les pires barbares islamistes, parfois soutenus dans cet hémicycle ou à Sciences Po ? Cette influence s’étend-elle jusqu’à notre politique étrangère ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Madame la présidente, vous ne pouvez tolérer de tels propos !

La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.

Jean-Noël Barrot ministre de l’Europe et des affaires étrangères · Dem #202

Merci de votre question. Elle me permet de clarifier la position du Gouvernement qui, sous l’autorité du Premier ministre, se tient aux côtés d’Israël comme il l’a toujours fait.

C’est ainsi que vous répondez à l’extrême droite ?

Jean-Noël Barrot ministre · Dem #204

Il n’a jamais été question d’interdire la participation des entreprises israéliennes aux salons commerciaux organisés en France ; celles qui le souhaitent pourront évidemment accéder à Euronaval. Rien dans la position du Gouvernement ne peut être assimilé à un boycott à l’encontre des entreprises israéliennes.

C’est une honte !

Jean-Noël Barrot ministre · Dem #206

Notre soutien d’Israël et de son droit à se défendre n’a jamais souffert aucune exception ni aucune équivoque, comme en témoignent la décision de maintenir l’exportation des composants pour le Dôme de fer et les autres exemples que j’ai cités la semaine dernière.En revanche, il serait incohérent de faire la promotion des armes utilisées à Gaza et au Liban, qui entraînent des dommages inacceptables sur les populations civiles, alors même que la France et son gouvernement appellent, à Gaza comme au Liban, à un cessez-le-feu immédiat. (Exclamations prolongées sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) La position de la diplomatie française est claire : nous appelons à un cessez-le-feu, seule voie pour enrayer l’escalade militaire et pour parvenir à la paix et à la stabilité dans la région. Ainsi, nous avons indiqué aux autorités israéliennes, avec lesquelles nous échangeons très régulièrement […]

Inondations et planification écologique

La parole est à Mme Mathilde Feld.

Les catastrophes climatiques s’enchaînent à un rythme effroyable. Nous venons encore de vivre, les 17 et 18 octobre, un phénomène sans précédent qui a touché des milliers de foyers, une dizaine de départements et mobilisé 3 000 sapeurs-pompiers. Je tiens ici à leur rendre hommage. Nous voulons dire aussi tout notre soutien aux personnes sinistrées. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS, GDR et sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)Pourtant, cette série de calamités, tout comme la pluviométrie erratique de ces dernières années qui frappe la France en général et les agriculteurs en particulier, correspond bien aux phénomènes décrits par le Giec dans ses rapports successifs depuis 1990. Malgré l’évidence qui se dresse devant nous, votre gouvernement emboîte le pas aux macronistes qui, non contents d’être plusieurs fois condamnés pour inaction climatique […]

La parole est à Mme la ministre de la transition écologique, de l’énergie, du climat et de la prévention des risques.

Agnès Pannier-Runacher ministre de la transition écologique, de l’énergie, du climat et de la prévention des risques · EPR #216

Je l’ai dit en réponse à une question précédente, la dette écologique constitue une priorité au même titre que la dette financière. C’est pourquoi ce gouvernement et les précédents ont agi, permettant à la France de figurer parmi les pays les plus avancés en matière de baisse des émissions de gaz à effet de serre.

Arrêtez de dire n’importe quoi !

Agnès Pannier-Runacher ministre · EPR #218

Elle a réduit ses émissions de 5,8 % en 2023. Le rythme de réduction a été multiplié par quatre par rapport au quinquennat de 2012, pendant lequel un certain nombre de partis figurant dans votre coalition étaient au pouvoir. C’est factuel, c’est étayé.

Mais arrêtez !

Agnès Pannier-Runacher ministre · EPR #220

Ces résultats s’expliquent par la planification écologique ambitieuse que nous avons menée et que nous poursuivrons. Elle s’appuie sur un budget qui n’est pas en diminution comme vous le dites, mais en augmentation. Nous pourrons discuter de chaque ligne budgétaire et de chaque enveloppe au cours du débat parlementaire à venir, mais il ne faut pas mentir aux Français (Exclamations et rires sur quelques bancs du groupe LFI-NFP) :…

C’est vous qui le faites !

Agnès Pannier-Runacher ministre · EPR #222

…le budget augmente, notamment s’agissant de notre soutien aux énergies renouvelables.

C’est du pipeau !

Agnès Pannier-Runacher ministre · EPR #224

Je suis à votre disposition pour travailler ensemble, mais j’aimerais savoir pourquoi votre groupe a voté contre le projet de loi relatif à l’accélération de la production d’énergies renouvelables (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP), contre le projet de loi d’accélération de l’énergie nucléaire, laquelle fait partie des solutions proposées par le Giec, et pourquoi vous refusez d’avancer sur plusieurs dossiers qui permettraient de mieux lutter contre le dérèglement climatique.

Quelle honte !

Agnès Pannier-Runacher ministre · EPR #226

Je compte sur vous pour soutenir le plan national d’adaptation au changement climatique. Il contient des mesures concrètes visant à protéger les Français, leur santé et à améliorer la prévention des risques ; il sera présenté dans les prochains jours. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

La parole est à Mme Mathilde Feld.

Je vous laisse expliquer aux collectivités territoriales comment elles vous accompagneront dans ce domaine avec 10 milliards en moins. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS. – MM. Stéphane Hablot et Emmanuel Maurel applaudissent également.)

Inondations dans la vallée du Gier

La parole est à M. Emmanuel Mandon.

Ma question concerne les très graves inondations de jeudi dernier. En quelques minutes, des dizaines de communes de Haute-Loire, d’Ardèche, de la Loire et du Rhône sont passées en alerte rouge, submergées par des crues extrêmes. Les eaux transformées en torrents de boue ont dépassé par endroits tous les niveaux connus de mémoire d’homme. La France a découvert, stupéfaite, des images d’apocalypse dans la vallée du Gier : l’autoroute sous les eaux, la voie ferrée coupée, le centre-ville de Rive-de-Gier dévasté, ou encore Givors – chez notre collègue Jean-Luc Fugit, que j’associe à cette question – et sa zone commerciale inondée.Bien sûr, à l’heure du premier bilan, nous nous réjouissons de ne pas déplorer de victimes. Je tiens à saluer la solidarité des habitants et l’action efficace des services publics qui a permis d’éviter le pire. Toutefois, le bilan des dégâts matériels est […]

La parole est à Mme la ministre de la transition écologique, de l’énergie, du climat et de la prévention des risques.

Agnès Pannier-Runacher ministre de la transition écologique, de l’énergie, du climat et de la prévention des risques · EPR #235

Je veux tout d’abord exprimer de nouveau notre soutien, au nom du Gouvernement, à tous nos concitoyens affectés, mais aussi à tous ceux qui ont été à leurs côtés, parlementaires, comme vous ou Jean-Luc Fugit, que vous avez mentionné et dont la circonscription a été particulièrement touchée. J’ai également une pensée pour tous les élus locaux qui étaient sur le terrain, sans compter leurs heures. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem, ainsi que sur quelques bancs des groupes EPR, DR et Hor.) Je pense évidemment aussi aux pompiers et aux forces de secours ; lorsque je me suis rendue sur place, tous m’ont dit quel travail remarquable ils avaient accompli ; eux non plus n’ont pas compté leurs heures et ils ont évité le pire, à savoir des décès ou des blessés graves.Nous allons donc agir. Agir, c’est d’abord instruire le dossier de catastrophe naturelle. S’agissant des épisodes que […]

Il faut payer maintenant ! Il ne faut pas attendre !

Agnès Pannier-Runacher ministre · EPR #238

Agir, c’est encore, comme l’a fait Antoine Armand, mobiliser le secteur des assurances pour s’assurer qu’elles interviennent rapidement, déclenchent les expertises et apportent le plus vite possible les réponses aux sinistrés qui veulent faire jouer leur assurance. Voilà ce que nous faisons dans l’immédiat.Puis il va falloir construire l’après : reconstruire de façon à mieux faire face à des risques dont on constate que l’ampleur augmente. C’est tout l’enjeu de l’adaptation au changement climatique : mieux prévoir, mieux construire, mieux se protéger ; développer une culture du risque. C’est ce que nous déploierons grâce au plan national d’adaptation au changement climatique que nous annoncerons dans les prochains jours. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.)

Usine de Solvay

La parole est à M. Pierre Meurin.

Ma question s’adresse à M. le ministre délégué chargé de l’industrie.En juin 2023, le Président de la République, décidément bien plus fort pour communiquer que pour redresser notre pays, annonce un plan de reconquête sanitaire, qui prévoit la relocalisation de la production de médicaments essentiels. Pourtant, les faits sont têtus : en octobre 2024, le Doliprane passe sous pavillon américain ; phénomène moins connu, en septembre 2024, à Salindres, dans ma circonscription, 68 salariés vont perdre leur emploi. Ils ne sont pas des cases dans vos tableaux Excel ; ils sont les seuls en Europe à produire de l’acide trifluoroacétique, principe actif indispensable dans la confection notamment de traitements antiviraux ou anticancéreux. Des générations se sont succédé dans cette usine depuis 1855.L’annonce brutale du groupe Solvay de fermer cette usine est un coup dur pour le territoire […]

La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de l’industrie.

Antoine Armand ministre de l’économie, des finances et de l’industrie · EPR #247

Vous l’avez dit, le groupe Solvay a décidé de fermer l’usine de Salindres. Il l’a indiqué au comité social et économique. Vous avez aussi rappelé qu’il s’agit d’une production extrêmement polluante. Les Pfas ont fait l’objet d’un débat dans cet hémicycle et d’une interdiction progressive à partir de 2026. Si ma mémoire est bonne, cette décision a été unanime.

Il a raison !

Antoine Armand ministre · EPR #249

Votre groupe ne s’y est pas opposé, car vous aviez conscience, comme d’autres groupes, de l’importance sanitaire de cette question. Par conséquent, cette production était, à moyen terme, définitivement compromise ; vous avez souligné qu’il s’agissait du dernier site européen ; il n’y en a plus non plus aux États-Unis. Le chemin de réindustrialisation verte que nous voulons pour la France ne peut pas passer par l’utilisation de produits dangereux non pas seulement pour les utilisateurs, mais d’abord pour les salariés. Cela ne peut pas être une option pour votre département ni pour l’ensemble des Français.Dans ce cadre, il faut évidemment se mobiliser. C’est ce qu’ont fait les services de l’État, comme vous avez pu le constater sur votre territoire : la procédure d’information et de consultation a été déployée, ainsi que des mesures d’accompagnement et de reclassement ; ils travaillent […]

La parole est à M. Pierre Meurin.

Monsieur le ministre, c’est faire preuve d’une grande hypocrisie que d’annoncer que nous renonçons à produire ces éléments indispensables pour notre souveraineté, mais que nous déléguerons ces productions à la Chine. C’est toujours pareil : on préfère la destruction du monde à une égratignure de son doigt. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Inondations

La parole est à M. Philippe Fait.

Je m’associe à Frank Riester, député de Seine-et-Marne, où s’est produite une crue historique du Grand Morin, après le passage de la dépression Kirk, et à Jean-Luc Fugit, député du Rhône, pour vous interpeller sur les récentes inondations qui ont durement frappé de nombreuses communes, telles qu’Annonay, Givors, et Rive-de-Gier. Nous pouvons aisément mesurer le traumatisme des habitants de ces territoires sinistrés, pour lesquels l’état de catastrophe naturelle devra être rapidement reconnu car de nombreux concitoyens sont dans la détresse. Je pense aussi aux commerçants, aux agriculteurs, aux élus locaux, à tous les professionnels touchés. J’associe la représentation nationale pour remercier, ensemble, les forces de sécurité et de secours, les pompiers, la sécurité civile, tous ceux qui œuvrent pour protéger les populations et répondre à l’urgence. (Applaudissements sur les bancs du […]

La parole est à Mme la ministre de la transition écologique, de l’énergie, du climat et de la prévention des risques.

Agnès Pannier-Runacher ministre de la transition écologique, de l’énergie, du climat et de la prévention des risques · EPR #259

Comme vous, je suis élue du Pas-de-Calais. Avec ma suppléante, Pauline Levasseur, qui prend ses fonctions aujourd’hui et que je salue, nous sommes particulièrement touchées par les récents épisodes répétés d’inondation qui ont affecté nos territoires.Je remercie les services de l’État, les élus de la région et des territoires, qui n’ont pas ménagé leur peine pour reloger et réaliser les travaux d’urgence nécessaires pour faire face à la situation. Vous l’avez dit, plus de 250 millions d’argent public ont été mobilisés et plus de 500 opérations ont été réalisées. Je connais votre engagement sur le sujet de la prévention des risques et de l’adaptation au changement climatique, comme celui des députés Fugit et Riester ; j’étais également aux côtés du député Riester lors des inondations en Seine-et-Marne. Je salue à cette occasion la création d’une mission d’information parlementaire sur le […]

Souveraineté industrielle, alimentaire et sanitaire

La parole est à M. François Ruffin.

« Déléguer notre protection, notre santé, notre alimentation à d’autres est une folie. » Voilà ce que déclarait le Président de la République au cœur de la crise du covid. Il ajoutait : « Nous devons en reprendre le contrôle. » J’approuvais, nous étions nombreux à approuver cette volonté de souveraineté. Toutefois, que faites-vous à présent, monsieur le Premier ministre ? La France est vendue à la découpe.Dans l’industrie, c’est la folie, et vous laissez faire. Chez moi, dans la Somme, Watts ferme du jour au lendemain et part en Bulgarie. À Saint-Nazaire, General Electric renvoie ses éoliennes en mer aux États-Unis. Stellantis, dont l’État est actionnaire, délocalise ses sous-traitants en série, malgré ses 18 milliards de profits. La casse de nos usines reprend comme avant.Pour l’alimentation aussi, c’est la folie, et vous laissez faire. Emmanuel Macron l’avait promis, juré, croix de […]

On ne fait pas de la politique avec des caricatures !

Voilà la grande question qui nous sépare, monsieur le Premier ministre : voulons-nous reprendre le contrôle ou laisser faire ? Laisser faire le libre-échange ; laisser faire le marché ; laisser faire cette folie. Vous laissez faire. Nous voulons et nous allons reprendre le contrôle. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, SOC et GDR.)

M. Pierre Cordier #271

Les Insoumis n’ont pas applaudi !

La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de l’industrie.

Antoine Armand ministre de l’économie, des finances et de l’industrie · EPR #273

Je vais essayer de répondre à vos caricatures par des faits. (Exclamations sur les bancs des groupes EcoS et SOC.) Depuis plusieurs années, nous défendons notre continent face au risque d’effacement industriel auquel il est exposé, face aux agressions venues des pays asiatiques et à la concurrence des États-Unis, qui n’est pas toujours loyale. Nous défendons notre industrie grâce au mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, qui permet de taxer davantage ceux qui produisent en émettant du carbone à l’extérieur de l’Europe. Nous défendons l’Europe et son industrie par un plan de relance et par une stratégie industrielle à la hauteur des entreprises. Nous défendons le secteur automobile que vous avez mentionné, monsieur Ruffin, et auquel je sais que vous tenez, en défendant l’Europe face aux subventions et au dumping asiatique, en décidant des droits de douane supplémentaires – nous […]

Quatre fois moins que les États-Unis !

Et le Mercosur ?

Antoine Armand ministre · EPR #276

Nous défendons notre stratégie industrielle et sanitaire, celle qu’a évoquée le Président de la République, que vous avez cité, après la crise du covid, celle qu’a réaffirmée le Premier ministre, en obtenant de Sanofi et d’Opella des garanties très fermes et précises. Vous auriez pu les mentionner : le maintien de l’emploi pour les salariés de Compiègne et de Lisieux, l’amplification de la recherche et du développement – ce n’est pas rien ! –, des investissements supplémentaires, à hauteur de 70 millions, pour le territoire français et les salariés que vous défendez – ce n’est pas rien ! Et l’actionnariat de l’État, par l’intermédiaire de BPIFrance, au sein d’une entreprise, pour s’assurer que l’ensemble de ses engagements seront respectés, ce n’est pas rien. Certes, il est sans doute plus facile de vitupérer, de critiquer, de caricaturer, de psychiatriser ses opposants, plutôt que […]

Très bien !

Les faits, ce sont des emplois qui ont disparu !

La parole est à M. François Ruffin.

Des « garanties fermes » ? On a entendu les mêmes mots pour Pechiney, Alcatel, Arcelor, Alstom ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC.) Derrière, tous ces fleurons ont été vendus à la découpe. (Mêmes mouvements. – M. Stéphane Peu applaudit également.)

Accompagnants d’élèves en situation de handicap

La parole est à Mme Sylvie Bonnet.

Je souhaite associer à ma question Laurent Wauquiez et l’ensemble des députés du groupe Droite républicaine.Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) font un travail remarquable pour permettre aux enfants d’être scolarisés dans les meilleures conditions possibles. Toutefois, les familles rencontrent toujours de grandes difficultés pour trouver un accompagnant, après avoir passé beaucoup de temps à obtenir l’accord de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Cette situation pénalise les enfants, mais aussi les enseignants et les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem).D’après un rapport de la Cour des comptes, les effectifs d’enfants en situation de handicap scolarisés ont triplé en quinze ans, passant de 155 000 en 2006 à 436 000 en 2022. Pourtant, la France comptait seulement 78 000 équivalents temps plein d’AESH en 2023.Vous […]

La parole est à M. le ministre des solidarités, de l’autonomie et de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Paul Christophe ministre des solidarités, de l’autonomie et de l’égalité entre les femmes et les hommes · HOR #289

Comme vous, je salue le travail remarquable accompli par les AESH pour permettre aux enfants en situation de handicap d’être scolarisés et les aider à gagner en autonomie dans leur apprentissage. En 2024, vous l’avez souligné, 140 000 AESH accompagnent quotidiennement 332 000 élèves. Cela représente cette année une hausse de 3 000 équivalents temps plein, laquelle se poursuivra en 2025.Toutefois, vous le dites très justement, nous savons que, dans plusieurs territoires, le vivier de recrutement ne permet pas d’honorer toutes les demandes. On observe une croissance continue des demandes d’aide humaine, alors que d’autres modalités d’accompagnement peuvent être mises en place – par exemple, des aménagements pédagogiques ou l’attribution de matériel pédagogique.À mes côtés, ma collègue Charlotte Parmentier-Lecocq est pleinement engagée sur le sujet, en appui de Mme Anne Genetet, ministre […]

Très bien !

Yaël Braun-Pivet president · EPR #295

Nous avons terminé les questions au Gouvernement.

Suspension et reprise de la séance

Yaël Braun-Pivet president · EPR #297

La séance est suspendue.