Séance du 7 novembre 2024 /// n°41 /// 550 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Session ordinaire 2024-2025

Séance du 7 novembre 2024 — 41e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Xavier Breton.

550prises de parole
63orateurs
5points à l'ordre du jour
14scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
319 l'amendement n° 2962 de M. Oberti après l'article 16 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 58 / 60 rejeté
320 l'amendement n° 920 de M. Chenu après l'article 16 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 50 / 83 rejeté
321 l'amendement n° 3337 de M. Delautrette après l'article 16 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 60 / 74 rejeté
322 l'amendement n° 2355 de M. Pribetich après l'article 16 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 60 / 80 rejeté
323 l'amendement n° 171 de M. Bonnecarrère après l'article 16 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 76 / 71 adopté
324 l'amendement n° 3645 de M. Daubié après l'article 16 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 181 / 3 adopté
325 l'amendement n° 3148 de M. Mazaury après l'article 16 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 70 / 110 rejeté
326 l'amendement n° 572 de M. Ray après l'article 16 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 74 / 102 rejeté
327 l'amendement n° 1725 de M. Lottiaux et les amendements identiques suivants après l'article 16 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture… 160 / 21 adopté
328 l'amendement n° 482 de M. Castor après l'article 16 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 179 / 0 adopté
329 l'amendement n° 3439 de M. Philippe Brun après l'article 16 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 72 / 100 rejeté
330 l'amendement n° 3352 de M. Delautrette après l'article 16 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 77 / 37 adopté
331 l'amendement n° 3344 de M. Delautrette après l'article 16 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 66 / 103 rejeté
332 l'amendement n° 969 de Mme Le Pen après l'article 16 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture). 73 / 102 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 550 — page 1 / 3.

Xavier Breton president · DR #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)

Suspension et reprise de la séance

Xavier Breton president · DR #5

En l’absence de M. le rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire, la séance est suspendue quelques minutes.

#6

(La séance, suspendue à vingt et une heures trente, est reprise à vingt et une heures trente-cinq.)

Xavier Breton president · DR #7

La séance est reprise.

Première partie (suite)

Xavier Breton president · DR #11

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion de la première partie du projet de loi de finances pour 2025 (nos 324, 468).Cet après-midi, l’Assemblée a poursuivi la discussion des articles du projet de loi, s’arrêtant à l’amendement no 1062 portant article additionnel après l’article 16.

Après l’article 16 (suite)

Xavier Breton president · DR #13

Je suis saisi de trois amendements, nos 1062, 1209 et 1210, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à M. Julien Guibert, pour soutenir l’amendement no 1062.

article Après_ 16 · amendement 1062

Pour débuter cette session nocturne, je vous propose de faire rentrer des recettes dans les caisses des collectivités locales.Dans le contexte budgétaire actuel, chaque Français est mis à contribution pour soutenir notre économie et nos services publics. Il est donc essentiel que les grandes entreprises, notamment celles produisant de l’énergie intermittente par l’éolien, participent équitablement à l’effort national.Cet amendement vise à augmenter l’imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau (Ifer) applicable aux parcs éoliens terrestres pour que les collectivités locales, notamment les communes et les départements, auxquelles est affecté le bénéfice de cette taxe, en tirent un avantage concret.Les territoires les plus touchés par les nuisances des éoliennes sont aujourd’hui exsangues. Le passage de l’Ifer de 8,36 à 83,60 euros par kilowatt soulagerait des budgets locaux sous […]

article Après_ 16 · amendement 1062
Xavier Breton president · DR #18

La parole est à M. Corentin Le Fur, pour soutenir les amendements nos 1209 et 1210, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

article Après_ 16 · amendement 1209 et 1210

Je suis très hostile aux éoliennes, dont la multiplication sature le paysage et engendre des nuisances.Au surplus, et je suis sur ce point en désaccord avec David Amiel, les éoliennes sont à l’origine d’une formidable injustice car les nuisances qu’elles génèrent sont supportées uniquement par les ruraux. Or ces nuisances sont particulièrement importantes, à la fois visuelles et sonores – les éoliennes affectent les paysages, génèrent du bruit et de la lumière –, mais également financières, car la valeur des habitations à proximité desquelles elles sont construites diminue. En certains endroits, par exemple à Tramain ou à Plumieux, il y a tant d’éoliennes que les habitants se sentent encerclés. Cela devient très pénible. Nous avons atteint un seuil de saturation.Pour rendre un peu de revenus aux collectivités, je propose de faire contribuer davantage les promoteurs en augmentant […]

article Après_ 16 · amendement 1209 et 1210

La parole est à M. Charles de Courson, rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire, pour donner l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune.

Charles de Courson rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire · LIOT #23

Ces trois amendements ont été rejetés par la commission. Le premier prévoit la multiplication de l’Ifer par dix. Est-ce raisonnable ?

Oui !

Charles de Courson Rapporteur général · LIOT #25

D’autant que l’augmentation de l’impôt envisagée est rétroactive. Que l’on soit favorable ou défavorable aux éoliennes – toutes les opinions se défendent –, la rétroactivité de l’impôt est problématique. Si vous légifériez pour l’avenir, peut-être pourrions-nous discuter.Par ailleurs, le montant de l’Ifer est revalorisé chaque année au niveau de l’inflation.Enfin, vous invoquez la justice entre communes. Actuellement, par décision du législateur, le produit de l’Ifer est affecté pour 20 % à la commune d’implantation de l’éolienne, pour 50 % à l’intercommunalité – qui peut opérer une redistribution entre communes – et pour 30 % au département. Dans certaines communes rurales, les recettes ainsi perçues sont d’ores et déjà considérables.Une commune de ma circonscription sur laquelle un champ d’éoliennes est implanté perçoit 100 000 euros par an.

Très bien !

C’est le bonheur !

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #31

Grâce à ces fonds, la mairie, l’église, la voirie ont été modernisées ; la commune investit aujourd’hui dans l’immobilier !

Merci les éoliennes !

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #33

Multiplier par dix le produit de cet impôt n’aurait pas de sens.

La parole est à M. le ministre du budget et des comptes publics, pour donner l’avis du Gouvernement.

Laurent Saint-Martin ministre du budget et des comptes publics · LaREM #35

M. le rapporteur général souligne que l’on peut être favorable ou défavorable aux éoliennes. En prévoyant des augmentations considérables de l’Ifer, ces amendements témoignent d’une claire hostilité envers l’éolien terrestre, laquelle n’a d’ailleurs pas été cachée par les orateurs qui les ont défendus. Le Gouvernement, lui, entend favoriser le développement de ce mode de production d’énergie. J’émets donc un avis défavorable sur ces amendements.M. le rapporteur général a aussi évoqué la répartition de l’Ifer. Les communes d’implantation des éoliennes – comme les communes accueillant des panneaux photovoltaïques – perçoivent actuellement 20 % du produit de la taxe. Quelle que soit votre hostilité aux éoliennes, il faut le reconnaître ! Dès lors, invoquer le manque de recettes des communes pour s’opposer aux éoliennes ne semble pas approprié.

La parole est à M. Corentin Le Fur.

S’il est exact que les communes perçoivent des recettes grâce aux éoliennes, il n’en demeure pas moins que celles-ci font l’objet d’un rejet massif des citoyens dans les territoires ruraux. Ils subissent, d’un côté, une saturation paysagère par des éoliennes de plus en plus hautes,…

Il est certain que les poteaux électriques, eux, sont magnifiques et embellissent le paysage !

…et, de l’autre, la perte de valeur de leurs biens immobiliers situés à proximité. Cela représente un coût réel pour les habitants, qui sont excédés par le développement excessif de ce mode de production d’énergie.

Un député LFI-NFP #41

Donnez-leur des pastilles d’iode !

La parole est à M. Julien Guibert.

Monsieur le rapporteur, les taxes immobilières augmentent chaque année : pourquoi ne pas augmenter l’Ifer ? Cet amendement vise à la fois à assurer une certaine justice territoriale vis-à-vis des habitants des communes d’implantation des éoliennes, qui en subissent les conséquences négatives, et à limiter le développement de l’éolien en France. Nous souhaitons favoriser un mix énergétique alternatif avec d’autres énergies renouvelables que les éoliennes. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

#44

(Les amendements nos 1062, 1209 et 1210, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Xavier Breton president · DR #45

La parole est à M. Jacques Oberti, pour soutenir l’amendement no 2962.

article Après_ 16 · amendement 2962

Depuis 2022, l’ensemble des démarches administratives ont été entièrement dématérialisées, qu’elles concernent le paiement de l’impôt, y compris immobilier, le remboursement des dépenses de santé, la perception des allocations de chômage ou du RSA. Il en va de même des formalités incombant aux commerçants et artisans vis-à-vis des Urssaf.Certains de nos concitoyens, dont le nombre est évalué à 14 millions, sont démunis pour réaliser ces démarches en ligne. Pour faciliter l’inclusion numérique et lutter contre l’illectronisme, l’État fait intervenir depuis trois ans 4 000 conseillers numériques. Il applique dans nos départements, grâce aux préfets, la feuille de route France numérique ensemble.Une enveloppe de 70 millions annuels était prévue pour financer ces actions, mais elle a été ramenée à 28 millions dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) 2025, ce qui entraînera la […]

article Après_ 16 · amendement 2962

Quel est l’avis de la commission ?

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #51

Cet amendement a été adopté par la commission. Cependant, j’y suis personnellement défavorable. Le montant de cette composante de l’Ifer est déjà revalorisé chaque année au niveau de l’inflation – soit une augmentation de 4,3 % en 2023 et de 2,5 % en 2024. La hausse de 10 % envisagée me paraît déraisonnable compte tenu de l’indexation existante qui s’appliquera en 2025.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #53

Je suis aussi défavorable à l’amendement. Je comprends vos objectifs, monsieur Oberti, mais j’appelle votre attention sur le fait que l’augmentation de l’Ifer a un effet désincitatif sur l’investissement dans les secteurs concernés. Or nous devons continuer à inciter nos opérateurs à investir dans les zones blanches, grâce à l’Ifer mobile. Augmenter cette imposition au-delà de son évolution naturelle – corrélée à la hausse des prix à la consommation, hors tabac – paraît déraisonnable et enverrait un signal négatif, contraire à nos intentions.

La parole est à M. Jacques Oberti.

Nous demandons un effort exceptionnel dans le cadre de ce projet de loi de finances qui consacre une enveloppe limitée à l’inclusion numérique. Il permettrait d’accompagner le passage à la 4G, à la 4G+, voire à la 5G, alors même que plusieurs antennes relais 2G vont disparaître. Les fournisseurs d’accès et de services ont eux-mêmes intérêt à être mobilisés puisqu’ils gagneraient ainsi de nouveaux clients, futurs utilisateurs. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Xavier Breton president · DR #56

Je mets aux voix l’amendement no 2962.

#57

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Xavier Breton president · DR #58

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 120 Nombre de suffrages exprimés 118 Majorité absolue 60 Pour l’adoption 58 Contre 60

#59

(L’amendement no 2962 n’est pas adopté.)

Xavier Breton president · DR #60

La parole est à M. Pierre Pribetich, pour soutenir l’amendement no 3293.

article Après_ 16 · amendement 3293

Nous proposons, par cet amendement, d’accélérer le déploiement de la tarification incitative dans l’ensemble du territoire : en favorisant le tri, celle-ci concourt directement à la réduction des déchets – l’un des objectifs que s’est fixés la France – et, par la même occasion, à celle des gaz à effet de serre.Alors que l’Union européenne a fixé des objectifs de collecte par matériaux ambitieux pour 2030, cet amendement vise à lever un frein au déploiement ou au maintien de la tarification incitative en France. Il offre une nouvelle liberté aux élus locaux en leur donnant la possibilité d’appliquer la tarification incitative sur une partie seulement de leur territoire et supprime le délai d’harmonisation des modes de financement du service public de gestion des déchets (SPGD).

article Après_ 16 · amendement 3293
Xavier Breton president · DR #63

Je vous informe que sur l’amendement no 920, je suis saisi par le groupe du groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.Quel est l’avis de la commission ?

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #65

Elle a rejeté cet amendement, mais j’y suis personnellement favorable. Certains territoires hétérogènes englobent à la fois une vaste zone pavillonnaire et des tours. Or on ne peut pas appliquer la Reom, la redevance d’enlèvement des ordures ménagères, de la même manière pour ces deux types de logement.

Et alors ? Ça marche très bien !

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #67

Il faut donc avoir recours à différents dispositifs – la Teom, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, ou la Reom – et les moduler en faisant confiance aux élus locaux.

#68

(L’amendement no 3293, accepté par le Gouvernement, modifié par la suppression du gage, est adopté ; en conséquence, les amendements nos 3323 et 3335 tombent.) (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Xavier Breton president · DR #69

La parole est à M. Guillaume Florquin, pour soutenir l’amendement no 920.

article Après_ 16 · amendement 920

Cet amendement de mon collègue Sébastien Chenu vise à réformer au niveau national la Teom, dite taxe poubelle, pour la rendre plus équitable et pour qu’elle soit mieux adaptée à la réalité des contribuables, car sa base fiscale est injuste. Il prévoit entre autres un abattement pour les personnes en situation de handicap.Lors de la précédente législature, mon collègue avait déjà déposé une proposition de loi visant à modifier le calcul de la Teom.Nous sommes l’un et l’autre très engagés sur cette question car, dans notre territoire, Le Hainaut, dans le Nord, le taux élevé instauré en 2021 pénalise le pouvoir d’achat de nos concitoyens. Il est grand temps de réformer cette taxe injuste. Je vous invite donc à voter cet amendement. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

article Après_ 16 · amendement 920

Quel est l’avis de la commission ?

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #74

Elle a émis un avis défavorable. Cependant, notre collègue pose une vraie question. J’ai souvent eu l’occasion de dire que la Reomi, la redevance d’enlèvement des ordures ménagères incitative, était plus facile à mettre en œuvre que la Teomi, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères incitative.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #76

Je partage l’argument du rapporteur général. J’ajouterai que la part incitative prévue dans la Teomi est déjà une façon de remédier au problème que vous soulevez avec votre amendement. Il ne me semble pas nécessaire d’ajouter une part variable. Avis défavorable.

Xavier Breton president · DR #77

Je mets aux voix l’amendement no 920.

#78

(Il est procédé au scrutin.)

Xavier Breton president · DR #79

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 135 Nombre de suffrages exprimés 133 Majorité absolue 67 Pour l’adoption 50 Contre 83

#80

(L’amendement no 920 n’est pas adopté.)

Xavier Breton president · DR #81

La parole est à M. Mickaël Bouloux, pour soutenir l’amendement no 3337.

article Après_ 16 · amendement 3337

Il vise à faciliter la tarification incitative dans les zones urbaines denses grâce à l’instauration d’une taxe d’enlèvement des ordures ménagères incitative collective, préférable à une mesure individuelle complexe.Le tonnage des déchets est calculé par secteur, par quartier ou par immeuble et réparti proportionnellement à la valeur locative foncière de chaque contribuable. Ce dispositif simplifie la gestion pour les collectivités et encourage la réduction des déchets dans les milieux urbains.

article Après_ 16 · amendement 3337

Quel est l’avis de la commission ?

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #85

Défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Même avis.

Xavier Breton president · DR #88

Je mets aux voix l’amendement no 3337.

#89

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Xavier Breton president · DR #90

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 134 Nombre de suffrages exprimés 134 Majorité absolue 68 Pour l’adoption 60 Contre 74

#91

(L’amendement no 3337 n’est pas adopté.)

Xavier Breton president · DR #92

Sur l’amendement n° 2355, je suis saisi par le groupe Socialistes et apparentés d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.Je suis saisi de deux amendements, nos 2355 et 637, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à M. Pierre Pribetich, pour soutenir l’amendement no 2355.

Il vise à faire évoluer notre cadre fiscal en prévoyant, dans le cadre des objectifs zéro artificialisation nette (ZAN) et de la reconstruction de la ville sur elle-même, une augmentation de la taxation sur les plus-values réalisées à l’occasion de cessions de terrains nus rendus constructibles par l’adoption d’un plan local d’urbanisme (PLU).La valeur moyenne d’un hectare de terre agricole s’élevait à près de 6 200 euros en 2022, alors que celle d’un hectare de terrain constructible atteignait 920 000 euros, lorsqu’un changement de zonage a eu lieu. Une telle plus-value n’est pas justifiée, l’augmentation de la valeur du terrain résultant uniquement d’une décision d’urbanisme de la collectivité et absolument pas d’un aménagement du propriétaire. Le produit de la taxe sur les plus-values doit revenir aux collectivités territoriales, qui organisent et aménagent l’espace.Nous proposons […]

article Après_ 16 · amendement 3337
Xavier Breton president · DR #97

L’amendement no 637 de Mme Lisa Belluco est défendu.Quel est l’avis de la commission sur ces deux amendements en discussion commune ?

article Après_ 16 · amendement 3337
Charles de Courson rapporteur général · LIOT #99

La commission des finances a rejeté l’amendement no 2355. Certes, la taxation sur les terrains rendus constructibles connaît des marges de progression, mais le taux que vous proposez, à 60 %, dès lors que le rapport entre le prix de cession et le prix d’acquisition est égal ou supérieur à trois, est excessif. Une telle mesure nuirait à la cession des terrains et aboutirait donc à un gel du foncier. Pour rappel, le taux est de 5 % lorsque le prix de cession est compris entre dix et trente fois le prix d’acquisition, et de 10 % pour la fraction supérieure à trente fois le prix d’acquisition.Nous devons plutôt nous orienter vers une approche globale. La hausse du taux est envisageable, mais avec un taux progressif en fonction du rapport entre le prix de vente et le prix d’acquisition. Nous devons aussi réfléchir à une révision de l’abattement pour durée de détention ou de l’exonération des […]

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #103

Même avis. J’ajoute que cet amendement présente un risque inflationniste.

Ah bon ?

La parole est à M. Pierre Pribetich.

La différence de valeur résulte uniquement du choix fait par la collectivité de rendre constructible un terrain. Or une telle opération de construction et d’aménagement entraîne des coûts, des charges pour la collectivité. Par conséquent, il est normal qu’une partie du montant correspondant à cette plus-value soit utilisée pour l’aménagement du terrain et versée à la collectivité.Je conteste donc le caractère excessif de cette disposition, évoqué par le rapporteur général. Un tel apport financier représente, selon moi, une juste rétribution de la collectivité territoriale.En réalité, tout le monde y gagne : le collectif financier et l’écologie. Cette mesure s’inscrit dans la démarche de reconstruction de la ville sur elle-même. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes SOC et LFI-NFP.)

La parole est à M. Philippe Juvin.

Franchement, 60 %, c’est petit joueur ! À votre place, j’en aurais profité pour augmenter encore un peu plus la taxe !

Si vos collectivités n’ont pas de charges…

Cher collègue, vous n’avez plus la parole !

Plus sérieusement, nous abordons ici le débat sur le ZAN. Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut réindustrialiser le pays. Or, pour augmenter de 1 % le PIB industriel, 10 000 hectares sont nécessaires. Avec votre mesure, vous freinez la réutilisation des sols – c’est d’ailleurs une volonté exprimée dans l’exposé des motifs – et, finalement, l’industrialisation.

Vous demandez tout et son contraire. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR. – Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

La parole est à M. le rapporteur général.

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #117

Monsieur Pribetich, je vous rappelle qu’il existe une taxe d’aménagement, modulable, qui peut atteindre 15 %, pour faire payer le coût des travaux aux heureux propriétaires.

Absolument !

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #119

Pour résoudre le problème que vous évoquez, une telle mesure est plus efficace que le dispositif excessif que vous appelez de vos vœux et qui aboutirait à un gel du foncier.

La parole est à M. Joël Bruneau.

Nous touchons du doigt une question très importante, la politique foncière d’une collectivité, notamment pour la raison rappelée par Philippe Juvin. La bonne réponse à apporter au vrai problème que vous soulevez n’est pas l’instauration d’une taxe, mais l’anticipation foncière de la collectivité, ce qui se traduit par des ZAC, les zones d’aménagement concerté – c’est vieux comme le monde. C’est le bon outil si l’on veut éviter l’enrichissement sans cause.Par ailleurs, je précise, monsieur le rapporteur général, que la taxe d’aménagement, fixée par la commune, est payée in fine par l’acquéreur final des mètres carrés du logement – ou de la zone d’activité – et non par le propriétaire initial du terrain.

Xavier Breton president · DR #123

Je mets aux voix l’amendement no 2355.

#124

(Il est procédé au scrutin.)

Xavier Breton president · DR #125

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 141 Nombre de suffrages exprimés 140 Majorité absolue 71 Pour l’adoption 60 Contre 80

#126

(L’amendement no 2355 n’est pas adopté.)

#127

(L’amendement no 637 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Xavier Breton president · DR #128

La parole est à M. Christophe Bex, pour soutenir l’amendement no 2538.

article Après_ 16 · amendement 2538

Nous proposons de rendre obligatoire dans toutes les communes la taxe forfaitaire sur la cession à titre onéreux de terrains nus devenus constructibles, dite TFTC.Actuellement facultatif, cet outil permettrait aux communes de récupérer une partie de la plus-value engendrée par le classement de terrains en zone constructible, classement qui profite d’abord aux propriétaires fonciers alors même que les collectivités doivent en supporter les coûts – cela a été dit à l’instant par mon collègue –, notamment pour financer les infrastructures publiques nécessaires.Cette mesure de justice fiscale constitue aussi un levier essentiel pour lutter contre l’artificialisation des terres agricoles et forestières, qui contribue à la destruction de la biodiversité et aux émissions de gaz à effet de serre. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

article Après_ 16 · amendement 2538

Quel est l’avis de la commission ?

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #133

La commission a rejeté cet amendement. La TFTC connaît des limites. Dans la mesure où elle s’applique aux terrains nus devenus constructibles par des documents d’urbanisme municipaux, elle peut inciter les communes à classer les terrains en zone constructible, ce qui a conduit la Cour des comptes, en 2013, dans un référé sur les terres agricoles, à proposer de supprimer cette taxe locale afin de rendre la fiscalité cohérente avec les objectifs de la transition écologique.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #135

La fiscalité applicable aux plus-values résultant de la cession de terrains à bâtir a connu ces dernières années de nombreuses évolutions, les derniers textes afférents l’ayant rendue plus favorable aux contribuables. Il serait bon qu’elle se stabilise car l’instabilité entraîne soit des effets inflationnistes, soit une perturbation des investissements.En outre, le principe sous-jacent à votre amendement me déplaît : rendre obligatoire une imposition qui est à la main des collectivités ne va guère dans le sens de leur libre administration, un principe que nous sommes nombreux ici à défendre.Avis défavorable.

La parole est à Mme Véronique Louwagie.

Cet après-midi, vous nous en avez présenté un certain nombre prévoyant la création de taxes nouvelles laissées à la libre administration des collectivités, au motif qu’il fallait les laisser choisir leurs modalités d’intervention. À présent, vous faites le contraire ! Alors qu’elles sont libres d’en faire ou non usage, vous voulez leur imposer ce dispositif. Vos argumentations, depuis le début de la journée, manquent réellement de cohérence.

#140

(L’amendement no 2538 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Xavier Breton president · DR #141

La parole est à Mme Mélanie Thomin, pour soutenir l’amendement no 3268.

article Après_ 16 · amendement 3268

Dans les zones qui ont connu un âge d’or industriel et dont les installations sont désormais délocalisées, dans les zones comme mon département où a prospéré l’agroalimentaire, les communes disposent de friches industrielles importantes qu’on laisse souvent dépérir. Cet amendement fiscal vise à inciter les propriétaires de friches industrielles à les céder afin qu’elles soient consacrées à une autre activité économique ou à les remettre, à prix correct, aux pouvoirs publics.Dans un contexte marqué par la sobriété foncière et la limitation des droits à construire, il s’agit ici de proposer aux maires et aux établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) un outil de redynamisation des espaces anciennement industriels.J’ajoute que ces friches, souvent situées aux abords des centres-bourgs, désaffectées et abandonnées, sont dangereuses. Il convient de conférer aux maires des […]

article Après_ 16 · amendement 3268

Quel est l’avis de la commission ?

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #146

La commission a voté contre cet amendement, qui pose un premier problème relatif à la définition des friches : qu’est-ce qui différencie une friche industrielle d’une friche commerciale ? Rien n’empêche en effet de déclarer que les zones dont vous parlez sont des friches commerciales et non plus industrielles pour les assujettir à la taxe afférente. L’existence d’une implantation industrielle n’entrave en rien une telle reconversion.Deuxièmement, il existe déjà un levier incitatif : la taxe d’aménagement. Les collectivités peuvent en effet exonérer de taxe d’aménagement les constructions sur site ayant fait l’objet d’une opération de dépollution ou de renaturation.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #149

La taxe d’aménagement constitue déjà une manière de traiter le problème soulevé, même si son assiette n’est pas la même et qu’elle n’est pas liée aux mêmes problématiques. Il ne faut pas rajouter de la taxe à la taxe, sans quoi les coûts de construction en subiraient les effets.

C’est la partie recettes !

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #151

Je sais bien, mais nous ne sommes pas pour autant obligés de prendre sans cesse des mesures aux effets inflationnistes !Avis défavorable.

Il faudrait un référendum !

#154

(L’amendement no 3268 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Xavier Breton president · DR #155

La parole est à M. Joël Bruneau, pour soutenir l’amendement no 171.

article Après_ 16 · amendement 171

Je précise, à toutes fins utiles, qu’il est possible de majorer la taxe d’aménagement.J’en viens au présent amendement, à l’initiative de notre collègue Philippe Bonnecarrère. La loi prévoit qu’une commune dans laquelle l’exploitant d’une source d’eau minérale exerce une activité peut appliquer aux revenus de cette activité une taxe lui permettant de prélever quelques recettes, à la condition que l’eau en question soit vendue uniquement sur le territoire national. Au contraire, si l’exploitant exporte l’intégralité de la production issue de la source d’eau située dans cette commune, celle-ci n’en tire aucune recette, ce qui paraît anormal.L’amendement vise donc à autoriser le prélèvement de telles recettes quelle que soit la destination de l’eau commercialisée.

article Après_ 16 · amendement 171

Très bien !

Quel est l’avis de la commission ?

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #161

Cet amendement n’a pas été examiné en commission.J’ai voulu comprendre d’où procédait l’anomalie que vous soulevez. Il est en effet très étrange que l’exploitant d’une source d’eau minérale qui livre toute sa production à l’étranger ne paie pas la taxe que vous évoquez, ce d’autant plus que, s’il la livre à l’étranger puis la rapatrie en France, il ne la paie pas non plus !

Exactement !

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #164

Notre collègue Bonnecarrère a raison : il faut taxer la totalité de la production, qu’elle soit ou non exportée. Sagesse.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #166

Défavorable.

Xavier Breton president · DR #167

Je mets aux voix l’amendement no 171.

#168

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Xavier Breton president · DR #169

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 148 Nombre de suffrages exprimés 147 Majorité absolue 74 Pour l’adoption 76 Contre 71

#170

(L’amendement no 171 est adopté.) (Applaudissements sur plusieurs bancs.)

Xavier Breton president · DR #171

La parole est à M. Emmanuel Maurel, pour soutenir l’amendement no 1662.

article Après_ 16 · amendement 1662

Il vise à introduire des barèmes différenciés de DMTO, ou droits de mutation à titre onéreux, en fonction de l’usage des locaux concernés. Ce dispositif existe ailleurs en Europe, notamment en Belgique ou en Italie. Il fonctionne de la manière suivante : certaines communes perçoivent directement une taxe communale additionnelle en prélevant les DMTO. Les conseils municipaux – suivant le principe de libre administration des collectivités locales, chère madame Louwagie – peuvent d’ores et déjà réduire le montant de cette taxe ou procéder à des exonérations.Nous proposons, pour notre part, de conférer davantage de latitude aux conseils municipaux en les autorisant à procéder à une majoration des taux, notamment pour favoriser l’affectation des locaux à usage d’habitation. Il s’agit donc d’un amendement de bon sens – ce bon sens auquel le Gouvernement nous appelle si souvent – permettant […]

article Après_ 16 · amendement 1662

Quel est l’avis de la commission ?

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #175

La commission n’a pas examiné cet amendement. Je donnerai donc mon avis personnel.Je rappelle que les DMTO français, improprement nommés frais de notaire, sont les plus élevés d’Europe. Tous les observateurs du marché immobilier estiment qu’ils freinent la mobilité puisqu’il faut les payer à chaque fois que l’on déménage.Il est question ici de multiplier par huit le taux communal – fixé à 1,20 %, tandis que le taux départemental s’élève à 4,50 % – sur les DMTO. Or augmenter ces derniers conduirait à une rigidification plus importante encore du marché de l’immobilier, déjà tendu.De plus, les DMTO ne sont pas un impôt progressif et leur hausse pèsera plus fortement sur les revenus modestes, les premiers déciles.Enfin, augmenter le taux des DMTO, surtout dans de telles proportions, ne fera qu’accroître la dépendance des départements à l’effet ciseaux lié à cette recette.Avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #182

Même avis. J’en profite pour dire un mot de l’ensemble des amendements qui prévoient une hausse des DMTO. Je comprends pourquoi on propose de faire usage de ce levier fiscal en faveur des collectivités, qu’il s’agisse des communes ou des départements. Je ne ferme pas totalement la porte à de telles mesures, qui pourraient faire l’objet d’une réflexion renouvelée dans le cadre de la navette.Elles présentent cependant deux difficultés. D’abord, leur application rend le marché immobilier encore plus illiquide, alors que son dynamisme est déjà altéré, notamment du fait de la remontée des taux, comme chacun peut l’observer dans sa circonscription.Ensuite, en France, les DMTO sont élevés. Il est paradoxal de vouloir les augmenter encore, accroissant ainsi la dépendance des collectivités vis-à-vis de ces droits, tout en déplorant la situation financière des collectivités, notamment des […]

La parole est à M. Jean-Paul Mattei.

Ce débat m’étonne beaucoup. En effet, les DMTO sont payés par l’acquéreur. Tout à l’heure, nos échanges ont porté sur les plus-values. Or c’est le vendeur qui en bénéficie.Notre discussion au sujet des terrains agricoles devenus terrains constructibles traduit une gêne. On peut adopter la taxe en question, mais son application est limitée à une période de dix-huit ans. En outre, les plus-values s’éteignent avec le temps. Nous pouvons bien sûr protéger la résidence principale, mais l’enjeu est réel. Il est plus facile de consentir à l’impôt quand on dispose de la trésorerie nécessaire. Mais le projet d’acquisition d’un bien grève le budget de l’acquéreur primo-accédant. Dans un rapport que nous avions corédigé, Nicolas Sansu et moi-même proposions d’ailleurs la création de droits de mutation rechargeables dans le cadre d’un parcours résidentiel.Une réflexion globale est nécessaire. En […]

La parole est à M. Sylvain Berrios.

Qu’il s’agisse des droits de mutation, de la taxe foncière ou encore de la taxe d’habitation, la question de la fiscalité et des recettes des communes mérite un débat global sur le financement des collectivités locales. Il ne peut être organisé au détour de l’examen d’un amendement. (MM. François Jolivet et Corentin Le Fur applaudissent.)

Monsieur Maurel, retirez-vous votre amendement ?

Non, et je vais expliquer pourquoi. Vous dites, monsieur Berrios, qu’il faudrait mener une réflexion globale… Je suis d’accord sur le principe, mais nous sommes dans l’urgence. Nombre des collègues présents dans cet hémicycle sont élus locaux et connaissent la situation des finances des communes et des départements. Quand il y a urgence, il faut chercher des recettes d’urgence.Et puis j’ai noté une contradiction dans vos propos, monsieur Mattei : quand on vous propose des amendements pour taxer les plus-values, vous n’en voulez pas. Il faut être cohérent. Nous le sommes puisque nous proposons à la fois des mesures fiscales visant l’acheteur et des mesures fiscales visant le vendeur.Enfin, je rappelle qu’il n’est pas question des départements dans cet amendement, mais uniquement d’une taxe additionnelle communale, comme il en existe en Belgique, en Italie et dans d’autres pays d’Europe […]

Très bien !

La parole est à M. Tristan Lahais.

M. le ministre nous a invités à revenir l’année prochaine sur les questions relatives à l’autonomie financière et fiscale des collectivités territoriales, mais le débat sur les DMTO est lié à une situation d’urgence qui ne peut attendre l’année prochaine pour être réglée. Quand bien même vous seriez sincère, il nous est difficile de vous croire, car le corollaire de votre invitation à ne pas toucher aux DMTO devrait au minimum être la compensation par l’État de l’augmentation de l’ensemble des dépenses sociales régies par des règlements nationaux – je pense au RSA ou encore aux allocations individuelles de solidarité. Dans la situation actuelle, les départements n’ont pas d’autre choix que d’employer le levier fiscal qui leur reste, à savoir les DMTO. L’État ne leur en laisse pas d’autres, les dépenses sociales auxquelles ils sont contraints augmentant sans que les dotations évoluent à […]

Je vous remercie de conclure, cher collègue !

Oui, évidemment, au débat que vous promettez l’année prochaine – nous y serons –, mais, en attendant, nous n’avons pas d’autre solution que de proposer ce levier fiscal.

La parole est à M. le ministre.

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #206

Je vous promets que cette intervention sera la dernière sur les DMTO, car nous devons avancer. Je tiens cependant à préciser un point : je n’ai pas dit que je fermais la porte à l’urgence, mais que je voulais que le débat ait lieu. Et je pense que la discussion pourra se poursuivre au cours de la navette parlementaire. Reste qu’il faut bien mesurer les conséquences de ce type d’amendement, liées à un problème de méthode : cette fiscalité étant directement affectée à nos collectivités, la mesure proposée aurait des conséquences inacceptables sur certains marchés et secteurs d’activité.On ne peut pas affirmer que, parce que les départements ont souvent une situation financière problématique, le levier des DMTO doit être le premier réflexe en matière de recettes. Les conséquences d’une telle approche sur le marché du logement et donc sur le secteur de la construction pourraient être […]

#209

(L’amendement no 1662 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Xavier Breton president · DR #210

La parole est à Mme Chantal Jourdan, pour soutenir l’amendement no 2823.

article Après_ 16 · amendement 2823

Cet amendement de notre collègue Peio Dufau vise à compléter le dispositif de la taxe additionnelle au droit d’enregistrement ou à la taxe de publicité foncière exigible sur les mutations à titre onéreux en donnant la possibilité aux communes d’augmenter son taux dans les cas où l’acheteur ne s’engage pas à faire du bien sa résidence principale pendant au moins cinq ans. Il s’agit de dissuader les acheteurs potentiels qui ne souhaitent pas s’installer durablement et de privilégier l’installation des acquéreurs d’une résidence principale, et ainsi de lutter contre la pression foncière.

article Après_ 16 · amendement 2823

Quel est l’avis de la commission ?

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #213

La commission a voté contre cet amendement. En effet, on ne sait jamais ce qui peut arriver dans les cinq ans qui viennent : il peut y avoir une séparation, une mutation professionnelle, et j’en passe. Une telle mesure rigidifierait encore plus le marché de l’immobilier. En outre, je rappelle que les DMTO ne constituent pas un impôt progressif mais un impôt proportionnel, d’autant plus lourd que les revenus du redevable sont modestes. Je conclurai en rappelant l’argument suivant : augmenter le taux des DMTO ne ferait qu’accroître la dépendance des départements à l’effet ciseaux de cette recette.

#214

(L’amendement no 2823, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt

Rappel au règlement

La parole est à M. le président de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire.

Éric Coquerel président de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire · LFI #217

Au titre de l’article 100.La présidente Naïma Moutchou a tenu cet après-midi des propos plutôt rassurants sur notre rythme d’examen des amendements, soulignant que nous étions bien partis pour finir demain soir. Le rythme était alors de quarante amendements à l’heure. À titre d’information, je vous annonce, chers collègues, que nous sommes revenus à vingt amendements de l’heure. Même en faisant demain soir une prolongée, il semble impossible que nous tenions notre objectif.Je suggère que pas plus d’un orateur pour et un orateur contre ne s’exprime sur chaque amendement et que chacun aille un peu plus vite, ou même dise simplement « défendu » quand il s’agit d’un sujet qui a déjà été discuté et sur lequel les jeux sont faits. Essayons d’accélérer ! (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes RN et LFI-NFP.)

Chers collègues, je vous invite à suivre les recommandations de M. le président de la commission des finances. J’invite également M. le rapporteur général et M. le ministre à formuler des avis concis. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN, LFI-NFP et SOC.)

Après l’article 16 (suite)

Xavier Breton president · DR #222

Je suis saisi de deux amendements identiques, nos 1031 et 3257.L’amendement no 1031 de Mme Eva Sas est défendu.La parole est à M. Philippe Brun, pour soutenir l’amendement no 3257.

article 16

Notre excellent collègue Emmanuel Grégoire propose d’aligner le régime fiscal des DMTO sur les cessions de parts sociales des SCI, les sociétés civiles immobilières, sur le régime fiscal des DMTO sur les cessions immobilières. Il n’est pas normal, en effet, que se forme une niche fiscale dans le premier cas. L’amendement vient corriger cette inégalité de traitement fiscal.

article 16

La parole est à M. le rapporteur général.

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #227

Cet amendement a été repoussé en commission pour les raisons que vous connaissez tous puisqu’elles ont déjà été expliquées.

#228

(Les amendements identiques nos 1031 et 3257, repoussés par le Gouvernement, ne sont pas adoptés.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Xavier Breton president · DR #229

Je suis saisi de plusieurs amendements, nos 499, 3284, 795 et 265, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 499 et 3284 sont identiques.Les amendements nos 499 de M. Emmanuel Maurel, 3284 de M. Sébastien Saint-Pasteur et 795 de Mme Eva Sas sont défendus.

article 16
Xavier Breton president · DR #231

La parole est à Mme Véronique Louwagie, pour soutenir l’amendement no 265.

article 16 · amendement 265

Je le retire, monsieur le président.

#233

(L’amendement no 265 est retiré.)

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune ?

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #235

Avis défavorable de la commission pour les motifs déjà évoqués.

#236

(Les amendements identiques nos 499 et 3284, repoussés par le Gouvernement, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
#237

(L’amendement no 795, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Xavier Breton president · DR #238

L’amendement no 2433 de Mme Marianne Maximi est défendu.La parole est à M. François Piquemal.

article 16 · amendement 265

Je tenais à intervenir pour faire plaisir à M. le ministre, qui vient de Toulouse comme moi ! Il s’y est passé aujourd’hui quelque chose d’inédit puisque des maires et d’autres élus locaux se sont rassemblés devant la préfecture pour protester contre les coupes budgétaires imposées par le Gouvernement. Même des élus de droite se sont joints à ce rassemblement. Ils avaient l’air fermement déterminés à vous interpeller !Par cet amendement, nous proposons que les départements aient la faculté d’augmenter le taux de la taxe de publicité foncière ou du droit d’enregistrement jusqu’à 6 %, uniquement pour les transactions immobilières d’une valeur supérieure à 1 million d’euros. Les départements se trouvent dans une situation financière difficile après avoir perdu leurs principaux leviers fiscaux, dont la taxe d’habitation. L’immobilier de luxe, quant à lui, n’est pas affecté par la crise […]

Quel est l’avis de la commission ?

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #243

La commission a rejeté cet amendement, toujours pour les mêmes raisons.

#244

(L’amendement no 2433, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Xavier Breton president · DR #245

La parole est à Mme Véronique Louwagie, pour soutenir l’amendement no 288.

article 16 · amendement 288

Il vise à favoriser le viager pour les terres agricoles. Cette procédure participe à organiser la transmission en permettant à un acquéreur qui n’a pas forcément un apport financier important de devenir propriétaire de terres agricoles. Je vous propose, à cette fin, d’abaisser les droits de mutation de 5,8 % à 0,7 % pour que ce mode de transmission soit moins onéreux.

article 16 · amendement 288

Quel est l’avis de la commission ?

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #248

La commission des finances a voté contre ces amendements qui visent à porter à 0,7 %, au lieu de 5,8 %, le droit d’enregistrement sur les immeubles ruraux en viager. Cette baisse drastique de taux aurait un impact sur les finances locales alors même que le droit d’enregistrement sur les ventes en viager est appliqué à une assiette réduite, ce qui implique une décote à la valeur vénale.L’exposé sommaire de l’amendement évoque les terres agricoles, mais vous ne limitez pas le dispositif au bénéfice des agriculteurs. La seule notion d’immeuble rural ne suffit pas à cibler exclusivement les agriculteurs. Il faudrait donc revoir la rédaction de l’amendement.

#250

(L’amendement no 288, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Xavier Breton president · DR #251

L’amendement no 1008 de M. Franck Allisio est défendu.

article 16 · amendement 288
#252

(L’amendement no 1008, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Xavier Breton president · DR #253

La parole est à M. Alexandre Dufosset, pour soutenir l’amendement no 1026.

article 16 · amendement 1026

Il vise à soutenir le monde agricole, actuellement en souffrance, notamment pour ce qui concerne les successions et l’installation de jeunes agriculteurs, en baisse depuis plusieurs années. Afin d’alléger les freins à cette installation, nous vous proposons de diminuer de moitié le taux de la taxe de publicité foncière ou des droits d’enregistrement. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe RN.)

article 16 · amendement 1026

Quel est l’avis de la commission ?

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #256

La commission n’a pas examiné cet amendement, mais, à titre personnel, j’y serai défavorable. Le taux réduit de publicité foncière n’est actuellement que de 0,7 % et on veut l’abaisser à 0,35 %… Ce PLF prévoit déjà une série de mesures de renforcement des leviers fiscaux applicables à la transmission d’exploitations agricoles et le taux réduit actuel est déjà très favorable. Nous n’allons pas encore le réduire et fragiliser ainsi les recettes des départements.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #258

Tout à fait d’accord avec le rapporteur général.

#259

(L’amendement no 1026 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Xavier Breton president · DR #260

La parole est à M. Aurélien Le Coq, pour soutenir l’amendement no 2476.

article 16 · amendement 2476

Il s’agit de recentrer la politique d’apprentissage sur les étudiants les moins diplômés. Cette politique est la grande supercherie des deux mandats Macron. En effet, c’est en subventionnantl’apprentissage à coups de milliards que vous pouvez faire baisser artificiellement le chiffre du chômage. Eh oui, depuis 2018, 38 % des créations d’emplois sont en réalité des créations d’apprentis ; ils sont passés de 320 000 à 837 000 !

article 16 · amendement 2476
Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #262

C’est bien !

La Cour des comptes nous alerte : 16,8 milliards ont été consacrés à cette politique en 2022 et même 25 milliards en 2024. Voilà qui permet aux grandes entreprises de bénéficier d’une main-d’œuvre pas chère et d’effets d’aubaine. On ferait mieux de mettre cet argent dans les filières professionnelles publiques dont a besoin notre jeunesse et de faire face à la réalité du chômage dans ce pays ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

article 16 · amendement 2476

Quel est l’avis de la commission ?

Charles de Courson rapporteur général · LIOT #265

Cet amendement a été rejeté par la commission. Je vous rappelle que le PLF et le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) comptent déjà plusieurs mesures relatives aux apprentis en master : abaissement du seuil d’exonération de cotisations sociales à 50 % du Smic, assujettissement à la contribution sociale généralisée (CSG) et à la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) à partir de 50 % du Smic, sans compter la fin de la prime à l’embauche pour les contrats de professionnalisation. Je crois que c’est bien suffisant, d’autant qu’un certain nombre de ces mesures n’ont pas fait l’unanimité au sein de nos assemblées.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Laurent Saint-Martin ministre · LaREM #267

Même avis.

La parole est à M. François Jolivet.

Je ne sais pas si notre collègue Le Coq a des apprentis dans son entourage ou s’il a pu parler à certains apprentis, qu’ils soient en master ou qu’ils se destinent à être chocolatiers, mais tout le monde est d’accord pour dire que l’apprentissage est une grande réussite qui ouvre à tout coup le chemin vers un emploi. Je ne comprends donc pas qu’il jette ainsi l’opprobre sur l’apprentissage et qu’il dise lui préférer ce qu’il appelle des « filières publiques ».Sachez, monsieur Le Coq, que les lycées professionnels ne forment des apprentis que depuis deux ans et que presque tout l’apprentissage est géré par les chambres de métiers et de l’artisanat et les chambres de commerce et d’industrie. C’est une forme éducative que votre groupe qualifie de privée et n’encourage pas. Je pense que vous soutenez l’insoutenable. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

La parole est à Mme Véronique Louwagie.

Je suis surprise de voir LFI défendre un amendement visant à majorer la taxe d’apprentissage alors qu’en commission des finances, lors de l’examen de la mission Travail, le groupe a voté la suppression de tous les crédits budgétaires favorables à l’apprentissage. C’est fort de café ! (Applaudissements sur les bancs des groupes DR et HOR et sur quelques bancs du groupe RN.)

La parole est à M. Jérôme Legavre.